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Titre :
L'ordre
Éditeur :
  • Montréal :[L'ordre],1934-1935
Contenu spécifique :
jeudi 10 janvier 1935
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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L'ordre, 1935-01-10, Collections de BAnQ.

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_________________________________________________________________________________________1 aHsfêjjfiSBfaEllSSBaiaSI - il » L’ORDRE RÉDACTION F.T ADMINISTRATION TARIF DES ABONNEMENTS 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal Téléphone : PLateau 8511* 1 an 6 mois 3 mois Administrateur Kn ville, parla poste.$9.00 $4.75 $2.50 Canada (hors de Montreal), 1 Royaume-Uni, France et | $6.00 Espagne .J Etats-Uniset Amérique du Sud $6.50 Autres pays PIERRE ASSELIN Secrétaire de la Rédaction .PIERRE , BOUCHER #3.25 *1.75 .$3.50 $1.85 $8.00 54.25 $2.25 On prié d’envoyer toute correspondance m la Case 4018 de 1 Hôtel des Postes en mentionnant •ur l’enveloppe le service (Rédaction ou Administration) auquel on veut s’adresser.Quotidien de culture française et de renaissance nationale Directeur-fondateur : OLIVAR ASSELIN L’abonnement est payable d’avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.i.Un ordre imparfait vaut mieux que le désordre.Première année — No 252 Le numéro: 5 sous Montréal, jeudi 10 janvier 1935 Notre Dévidoir national et la Radio-Etat Autrefois, le gouvernement d'Ottawa, quel qu’il fût, mettait gratis les chemins de fer de l’Etat à la disposition de ses candidats, pour le transport de leurs électeurs.L’usage que fait M.Bennett du réseau radiophonique de l’Etut pour propager des vues plus que contestables, en tout cas largement contestées, est encore plus odieux.Un homme plus délicat comprendrait cela.Que l'heureux héritier de Madame Eddy ne l’ait pus compris, cela nous donne, avec la mesure de son sens moral, le droit de lui appliquer sans vainc dépense d’eau bénite ces épithètes de « bouvier » et de « brute ignare » qui scandalisent des journalistes « cathodiques » dont la stupidité fait le désespoir de leur Ordinaire.Quant aux serviles directeurs de la régie, MM.Charlcsworth, Steele et Cartier, indignes de l’espèce de magistrature dont ils sont investis, le seul vœu que leur conduite puisse inspirer à tout honnête homme, c’est qu’ils soient jetés dehors dès le lendemain du prochain scrutin, comme une fiente, sur une pelle.LES IDÉES ET LES FAITS 1 littéraire, laquelle enseigne que Stéphane Mallarmé a existe avant lui.On a defini l’histoire, dit Léon Daudet, la mémoire de iliumanilé, la leçon du passé.Elle est la grande école cl sans elle l'homme demeurerait un naufragé de l'actualité.Que pcnscraicnt-on d'un homme de guerre qui négligerait les enseignements de la guerre européenne de 1914 ?Ceux qui font fi de l'histoire, tels les aveugles de Breughel, sont destinés à choir dans le fossé.De la coupe aux lèvres I.-Une jeunesse déclassée P61*1 séminaire du diocèse le goût sinon le désir de la vie facile ?Notre collaborateur Dollard Danse- On nouj fait quelque fois observer à ~.£IUI P^se actuellement ses examens propos de nos critiques de l’enseignement : d admission au barreau — signe dans le « Toute vérité n’est pas bonne à dire et, SEMEUR de décembre un article très juste pour cent lecteurs de I’Ordre qui en juge-sur le chômage de notre jeunesse.Je note ront sainement, un illettré en jugera d’un ma-avec plaisir certaines de scs vues, mainte nicrc fausse et outrée, fois exprimées ici, quant à 1 encombrement l’argument : en principe, les établissements des carrières libérales au détriment des pro- de culture secondaire ne seront jamais trop fessions techniques ou autres.nombreux ; dans la pratique, vu l’état d'es- ll arrive, dit-il.que des milliers ' de pril de nol,re P^K1,ils j°ucnt dan* les r,é' jeunes hommes, doués d’un talent très moyen g,ons rarale3, un .roj5 nettement demorah-mais possédant un certificat d'études pri- satcur’ Cc n,cst ni_ Qmchat, ni les racines maires, dédaignent le métier qu'a exercé leur grecques, n.les themes aims qut «lèveront père et se cherchent une situation dans les d un pou=e .,a ,noblessa de la, condlt,°n lef bureaux.Le jeune paysan remplace, dans ^"ne II faudra calculer le nombre de les villes, l’ouvrier dont le fils est devenu )eu,lcs bachehcrs ,ssus de fa"Vlles.ru,rales *>UI rond-de-cuir ; celui-ci fera de son fils un in- 56 soat I,vres.avcc succcj.a } inculture._ génicur ou un avocat.Il s’ensuit que ccr- ' cn a"j.,u,n sur dlx ' " 'out n laines carrières sont encombrées au détriment P35’ com.™ d,t 1 aulr.c- de dress« des stat,s-d'autres.Une nouvelle distribution du travail ll,queS : ” faul e,n te.n,r c°mple‘ Un.oint que c’en est devenu un cliché, que la situation économique ne redeviendra normale que le jour où la confiance sera revenue dans les esprits et dans les coeurs.La PRESSE reprend cette formule pour l’appliquer non à la situation économique, mais à l’ordre politique et social à propos des désirs de réformes qui s’expriment dans tous les milieux, de « l’ordre nouveau » dont tout le monde parle plus ou moins sérieusement et que M.Bennett se fait fort d'instaurer.Quelle que soit la forme que l'on donne h l’ordre nouveau dont on parle de plus en plus et que certains observateurs Bailments Inévitable.11 faudra l’établir et, en attendant, l’œuvre de restauration économique qui en tiendra lieu, sur le fondement de la confiance publique.C’est lit la base essentielle il l'édifice, au nument que l’on veut construire.L'expérience démontre en effet que, dans les pays où l'on a le mieux réussi il s’arracher à l’étreinte de la dépression, les progrès réalisés sont à la mesure de la confiance que l'on a fait passer dans la masse populaire.Il en sera de môme pour notre pays, où la confiance a commencé il renaître, mais où elle n’est pas encore assez générale.Quand des projets de réforme se cristallisent autour d’un homme, c’est cet homme qui doit posséder la confiance générale que la PRESSE juge indispensable à l'instauration de l’ordre nouveau.Mussolini a su inspirer et imposer cette confiance.Cela lui a permis d’accomplir une œuvre admirable dans l’ensemble, même si elle ne l’est pas dans le détail et si elle s’appuie sur des principes ou doctrine qui peuvent ne pas plaire à tous.Cette confiance générale, M.Bennett ne l’a pas et ne saurait l’inspirer à la population canadienne.L’« ordre nouveau », si jamais on le connaît au Canada, ce n’est pas lui qui l’aura établi.gages réformiste, M.Bennett se fasse réformateur, qu’il sera à tout moment par le Parlement, la Qu’on lise plutôt à l'AcTION CATHOLIQUE, Constitution et les oppositions qu'il rencon-cette page d'anthologie comique où M.L’Hcu- trera de toutes parts, reux, tout en reconnaissant les inconvénients de la démocratie, est prêt à pardonner à M.Bennett ses préoccupations électorales.pas le seul élément d’une bonne acuité visuelle.Il faut encore que l’œil ait une réfraction normale.Je me souviens que Cari Vogt, lorsque son cours l'amenait à parler de l'œil, entrait soudain dans une grande fureur.11 frappait du poing sur la table, et déclarait, joignant le geste à la voix, que si jamais un opticien lui apportait un instrument aussi mal construit que l'œil, il le précipiterait dans l'escalier, avec un coup de pied quelque parti II s’agissait de l’œil humain, qui cependant, sauf quelques défauts insignifiants de structure, est fin appareil merveilleux.Qu'eut dit notre illustre maître des yeux des poissons, des batra-de beaucoup de reptiles, que M.Ro- Lei singes exceptés (ils voient à peu près comme nous), nous ne savons que fort peu de chose de la vision des animaux.Meme celle des vertébrés, dont l’oeil est pourtant construit sur le même type que le nôtre, même celle de nos amis les animaux domestiques, est encore entourée d’inconnues.A quelle distance un chien, un chat, un cheval (leur odorat ne pouvant intervenir), reconnaissent-ils leur maître ?Comment voit un cheval ?On recueille à ce sujet les affirmations les plus contradictoires.Dans un ouvrage sur la psychologie du cheval, un physiologiste hongrois, qui fut longtemps officier de cavalerie, le Dr S.de Maday, déclare que cette bête n'a qu’une très faible vue.Un cheval aveugle, dit-il, fait aussi bien son métier de cheval qu’un cheval voyant.Les Arabes, bons connaisseurs de chevaux, sont d’un autre avis, à en croire tout au moins cette légende de leur pays: « Le lion et le cheval disputaient pour savoir lequel avait la meilleure vue.Le lion vit, pendant une nuit obscure, un poil blanc dans du lait, le cheval, un poil noir dans du goudron; les témoins se prononcèrent en faveur de.ce dernier.» Peut-être ces jugements contraires proviennent-ils de ce que les chevaux, comme les hommes, ne jouissent pas tous d’yeux normaux.Des examens oculistiques ont donné 54 p.100 de chevaux myopes, et une notable proportion aussi d'hypermétropes et d’astigmates.Il faut donc prendre garde de généraliser, de conclure de la vue de tel cheval à la vue de tous les chevaux.•Û Mais puisque M.Bennett parle de réforme, 11 peut bien avoir aussi l’idée de cette réforme.A côté de vérités manifestes, 11 expose des théories qu’on sera curieux de le voir appliquer, plus tard.Mais pourra-t-il les appliquer ?On se demande déjà jusqu’où il pourra aller, dans la mise en pratique de ses mesures, et môme, s’il réussira à les faire voter aux deux Chambres.Et, dès le début do sa campagne à la radio, des gens ont pesé la question de savoir s’il ne se heurtera pas vite aux limites imposées par la constitution au pouvoir central et st certaines des lois qu’il a promises ne relèveraient pas plutôt de l’initiative provinciale.Tout de suite M.Roebuck, à Toronto, et M.Taschereau, à Québec, ont soulevé cette question, de la part du parti libéral.Ce qui devrait d’abord préoccuper l'électeur, c'est le sérieux et le bien-fondé des nouvelles promesses de M.Bennett.A supposer que ces promesses assurent sa réélection, M.Bennett aura après 1935 de meilleures excuses qu'après 1930 pour ne pas tenir ses promesses électorales.C’est peut-être au fond son véritable calcul.Au point de vue électoral, ce ne serait sans doute pas ai bête.Pendant que se mêlent ainsi les cartes, I’Illustration accomplit son devoir en défendant son chef des accusations de socialisme et même de communisme portées contre lui, et la Tribune, également dans son rôle, exploite l’article désormais fameux de la Gazette et cherchent à montrer le parti conservateur livré à l’anarchie.Un nouvel exploit Exploit qui n’est ni sportif ni militaire; celui dont un douanier canadien vient d’être l’auteur.Il s’ajoute à la série de ceux qui s’accomplissent presque quotidiennement à la censure de l’administration des douanes au détriment des publications françaises qui pénètrent dans notre pays.Avec mes confrères Francoeur, de I’Illustration, et Carneau, du Canada, j’ai déjà signalé ici plusieurs de ces exploits.Voici le plus récent que rapportait mardi L.F.à I’Illustration: J’en signale une belle à mes deux camarades Garneauj du Canada, et Langlois do l’Ordre, co-fondateurs avec mol du « Front commun contre les imbéciles ».Dans le numéro de Détective (français) que j’ai reçu hier soir, un douanier a barbouillé d’encre de Chine.l'Hercule, du Palais de Farnèae, qui offusquait sa pudeur virginale.C’est le record jusqu’ici.Evidemment, ce sombre crétin à cervelle de veau aurait besoin de se faire traîner en la Basilique vatlcane, où il en verrait qui feraient tourner en jus de navet son sang trop faible.M.Maurice Dupré, qui est un homme de sens et de culture, ne pourralt-H obtenir de son collègue du Revenu national que des instructions soient données aux ânes de la Douane qu’lis laissent en paix les journaux et les revues de France ?Ce puritano-jansénlsme, qui tient lieu de sens moral et de discernement chez tant de « Canayens » bouchés, donne presque 1’envte de se faire colporteur de cartes postales transparentes, histoire de narguer la Douane.Pour l'Instant, et M.Dupré veut voir la pièce à conviction, je la lui enverrai avec plaisir pour qu'il la produise à M.Matthews, %.v André BOWMAN M.Bennett champion de la réforme sociale, voilà ce à quoi peu de gens s’attendaient, même après la création de l’office des débouchés commerciaux, qui était cependant un pas dans la bonne vole.C'est tellement surprenant que beaucoup se demandent si M.le Premier Ministre est sincère.Et franchement, M.Bennett devra donner des gages de son esprit nouveau, s’il veut être pris très au sérieux.Par exemple, il devra fermer aux trustants la dizaine de portes du sénat présentement ouvertes, de même que celle de la Banque du Canada.Il devra refuser à la Beauhar-nols réorganisée (allas Montreal Light & Power) les privilèges qu'elle sollicite en ce moment.Il lui faudra arracher à la caste financière les leviers de commande de la machine économique, pour les remettre aux véritables Industriels, aux véritables commerçants, etc.La loi des compagnies ou sociétés commerciales devra subir une transformation profonde dans le sens de l'honnêteté.Le « mouillage » des stocks devra être l’objet des sanctions les plus sévères.Les compagnies qui payent des salaires de famine à leurs petits employés devront cesser de gaver leurs hauts officiers qui mènent de front une dizaine do firmes dont ils ne connaissent que la finance.Etc., etc.SI.M.Bennett n'était que Premier Ministre du Canada, nous admettrions Immédiatement et sans hésitation sa sincérité.Malheureusement, la démocratie offre le grave inconvénient de jeter sur les mêmes épaules le fardeau de l'administration publique et les responsabilités de la stratégie électorale.Ce cumul fftcheu'x rend toujours suspects les hommes publics même les plus enclins à la droiture.M.Bennett est-11 suffisamment sincère pour mériter la confiance commandée par une attitude qui semble la meilleure dans les circonstances ?Nous le désirons ; nous l’espérons môme ; mais noua voudrions avoir la certitude que ces nouveaux propos sont ceux non seulement d’un chef de parti intéressé à conserver la faveur de l’électorat, mais aussi d’un homme d’Etat suffisamment courageux pour mettre à la raison les grands exploiteurs sociaux.M.le Premier Ministre parle avec un tel entrain que l’hypothèse de sa sincérité nous parait plausible.Au reste, M.Bennett peut être considéré comme sincère même si sa conversion a pour cause des préoccupations électorales, pourvu que cette conversion soit véritable et durable, pourvu qu’il réalise généreusement Ici le programme social annoncé. t * El K Le COKE LASALLE tient dans la maison une température égale et confortable, par tous les temps.Commandez-en une tonne aujourd’hui et vous comprendrez pourquoi des milliers de gens préfèrent cet excellent combustible et son économie de $4 par tonne.L ï llu Ÿ  Chirurgie esthétique La chirurgie esthétique est-elle un art moderne ?Non.Bien que cet aït soit parvenu à son apogée dans la période qui a suivi la guerre, durant laquelle des certaines de milliers d'hommes ont été défigurés, son origine remonte aux temps les plus reculés.Il y a vingt-cinq siècles, des Hindous savaient modifier la forme du nez, mais le premier texte connu se rapportant à la chirurgie esthétique est beaucoup plus récent: il date de 1597.CW» % SE ifs E v V % T P DE VOTRE FOURNISSEUR OU DIRECTEMENT DE—MARQUETTE 6221 an m y, l-'.•¦'•’.V-''.-r, V-".-,-.- "• .v Ssb 1 I/ORDRE —Montreal, jeudi 10 janvier 1935 4 - LA MUSIQUE Auri sacra fames!m QUESTIONS DE LANGUE Stcele n'a probablement rien de la fia-gcllante.Mais elle risque fort d'apprendre les beautés de la flagellation si elle persiste à vouloir épouser son S.S.au crâne blond.Et pour finir : la princesse Nadcdja Tchcrbatoff.« jeune » russe de trente ans.réclame au comte Louis de Brantcs la coquette somme de 67 mille dollars.Un adage anglais dit que « the Queen can do no wrong ».mais il n'existe pas d'équivalent russe pour couvrir d'un voile pudique l'inconduite d'une princesse, même des plus authentiques et des plus racées.La belle « trentenaire » accuse le comte d'une paternité assez embêtante et réclame des dommages-intérêts.Le Huron n'y voit aucune objection puisque ce n’est pas lui qui paye.Il se demande simplement si la belle princesse ne « cherre pas un peu dans les bégonias ».Un million de francs pour une pécheresse, même jolie, même titrée, c'est un denier respectable par les temps qui courent.Le HURON philosophe et scabreux macabre.La pianiste Henrietta Schumann, que nous avons entendue il y a un an, jouait la partie du soliste.On pensera ce qu’on voudra, mais on ne me fera pas prendre cette pianiste sérieux.Jouer comme elle, ce n’est pas loin d’être du cabotinage.Jeune et jolie femme, elle impressionne davantage l’auditoire par les charmes de sa personne que par ceux de son art.Elle pose devant son piano, sc permet diverses fantaisie, « flirte » avec l’auditoire, comme disait un de mes voisins, joue toutes les notes de sa partition avec une excellente technique, mais en se f.comme de sa première chemise du sens de l’œuvre qu’elle interprète.Cette Dansa macabre — ne pas confondre avec celle de Saint-Saëns — est une paraphrase du Dies Irac, dont le thème initial ne cesse de revenir au milieu de variations, manière Liszt.Mlle Schumann en a fait une moquerie, presque une farce.L’Orchestre a suivi la soliste comme il a pu et l’on ne saurait lui en faire le reproche.L'Orchestre avait joué au début du concert deux extraits de Parsifal, de Wagner: les scènes du jardin magique de Klingsor et des femmes-fleurs — qui n’ont rien de commun avec les Jeunes filles en fleur, de Proust.Le concert sc terminait par une amusante Jigue en forme de fugue, de Bach, qui montre bien que la fugue n’est pas par définition un genre austère.L’Orchestre l’a exécutée avec un tel brio que, hissé par l’auditoire, il a dû la répéter.I E HURON n’a point l'habitude, ni 1—< d'ailleurs le goût, de se repaître des nouvelles scandaleuses qui paraissent avec une touchante régularité dans les gazettes quotidiennes et même dans celles qui ne le sont pas.Si.d'aventure, il lui arrive de lire quelque histoire épicée ou quelque compte rendu faisandé, on peut être assuré que ce n'est par plaisir: c'est par devoir professionnel d’abord, et ensuite pour trouver confirmation de ses théories morales, sociales et psychologiques, que le Huron avale des proses avancées comme un bon camenbert.Or donc, le Huron a suivi ces derniers jours plusieurs procès scandaleux.II a lu tout ce que les journaux ont publié sur l'affaire Lindbergh, il a avalé une bonne demi-douzaine de chroniques qui ne sont pas précisément à l'usage Au figuré, ce mot désigne une suite des nonnains de la province de Québec de formalités, d’épreuves, d’emplois à nt d ailleurs.Le Huron a parcouru avec remplir avant d’arriver à un certain ré- lllieret T»cs ^e^fations edi/wntes de sultat; de là les expressions : suivre la , ,IC Vanderbilt, la Vanderbilt qui filière, passer par la filière, et en an- cherche d abord a rentrer en possession glais : to go through the regular de sa llllc pour pouvoir rentrer ensuite channel.« Votre requête devra, bien e.n possession de l heritage de son te-entendu, suivre la filière administra- joton.Cette dame a osé demander au five» (G.Mis.Le style commercial), tribunal quon lui alloue la modeste « Dans certaines entreprises bien or- somme de $925 par semaine, afin qu elle données, chaque employé fait sa car- PUISSC maintenir son rang* dans une rière en suivant la filière, le rang hié- société quelque peu truffée.Apres avoir rarchique, c’est-à-dire en passant suc- 9emi suf triste sort quon lui fait cessivement par tous les échelons, par e;z *m otant la garde de son enfant, tous les grades, depuis le plus modeste cftte mere exemplaire fait une réclama-jusqu'au plus élevé» (Savigny).9111 se passe de commentaires, c ., c .meme huromens.Les innombrables lec- mrnmmm FiPBili Classier.— Le classier est 1 cm- lectrices une galerie des horreurs fichu-ployé d une maison de commerce ment longue : il ne veut que donner à chargé d’assurer le classement de la ses contemporains une petite leçon de correspondance, des pièces comptables vertu.et des documents divers.Cet employé est aussi appelé archiviste.L'Orclicstrc de Montréal Filer.Filage.Filière.— Ces mots sont bien français, mais les employés de bureau leur donnent une signification impropre.Les vocables classer, classement et classeur devraient leur être subtitués.Ces termes techniques, clairs et précis, enrichiraient notre vocabulaire.Nous les définirons le plus explicitement possible.* Classer.— Ranger dans les classeurs les lettres reçues ou envoyées et autres pièces justificatives des écritures comptables d’une maison d’affaires.Exemples: classer des factures, des lettres: pièces, documents à classer; le commerçant doit classe• et conserver les lettres commerciales reçues, ainsi que les copies des réponses.Le terme impropre ou plutôt l’anglicisme «filer» (to file) devrait être remplacé par classer.Classement.— Action de classer les pièces comptables et les documents de toute nature : classement de la correspondance.On dit aussi le rangement des documents.Un bon classement permet de consulter une pièce ( facture, lettre, etc.) et de la remettre en place dans le minimum de temps.Le classement peut être chronologique, alphabétique, numérique, géographique, idéologique, etc.C’est improprement que l’on emploie «filage», qui signifie action, manière de filer, et non de classer.S’il s'agit de l'ordre dans lequel les comptes doivent être inscrits au grand livre, on emploie alors le mot classification : « A la réouverture des livres en fin d'année, nous classifierons les comptes du grand livre.» Quand, dans une faillite, l’on inscrit les créanciers dans l’ordre suivant lequel ils doivent être payés, on dit que l’on fait la collocation des créanciers: colloquer les créanciers de N.Classeur.— Carton ou appareil, meuble en bois ou en acier, servant à classer méthodiquement les pièces comptables et les documents commerciaux, et aussi à conserver les dossiers: consulter le classeur B.« Pour le classement de vos lettres, factures et toutes pièces comptables, employez les classeurs Québec, p Le classeur, selon le cas, porte différentes appellations : 'classe-lettres, classe-papiers, classe-fiches, chemise, farde ou dossier, boite à documents, pique-notes, serre-feuilles, etc.Nous devrions substituer le mot classeur à « file » et à « filière ».Ce dernier terme est du domaine de la mécanique et ne devrait pas être employé dans les bureaux pour désigner un classeur quelconque.« Eviter avec soin le français filière pour rendre l'anglicisme file.Il n'a aucune rapport avec le classement des documents » (P.Da-viault, L’expression juste en traduction ).A son premier concert de l’année 1935, l'Orchestre de Montréal a voulu nous donner de l’inédit.C’était la première fois au Canada, prétend on, que se jouait la Troisième Symphonie du compositeur anglais Arnold Bax, un contemporain.M.Bax doit être € bruiteur » dans quelque poste de radio, car il a des recettes connues de lui seul pour faire les mélanges et les combinaisons les plus inattendus de sons, de timbres et de rythmes.Seulement tout cela est-il bien de la symphonie ?Chez lui l'ingéniosité du développement ou de l’orchestration tient lieu d’inspiration et le souci de faire neuf et imprévu l’empêche de donner quelque signification à une œuvre dont chaque mouvement s’ouvre par une belle promesse.Certes il ne faut pas s'attendre à ce qu'une symphonie d’un compositeur contemporain ait la coupe classique de celles d’Havdn ; mais ou peut lui demander, il me semble, quelque chose de plus étoffé et de plus soutenu qu'une œuvre présentant plusieurs passages d'une incontestable valeur, mais qui en comportent d’autres qui ne sont guère que de la musiquette ou de l'instrumentation fantaisiste.Le commentateur du programme appelle cela du néo-romantisme.C’est peut-être cela en effet.Avec cette symphonie, nouvelle pour nous, l'Orchestre de Montréal nous présentait une autre œuvre sans doute peu connue ici, un concerto pour piano et orchestre que Liszt a intitule Danse au A Livres nouveaux Almanach du Peuple de France.Editions Spes, 17.rue Soufflot, Paris Ve.96 pages, I fr.50.Prix spéciaux pour quantités.Illustrations photographiques en héliogravure.Donne droit de participer à un concours doté de 600 prix d’une valeur globale de 8,000 francs.L'Almanach du Peuple de France réalise un méritoire effort de présentation artistique.Le tirage en héliogravure a permis d’insérer de nombreuses reproductions photographiques, tirées de la vie réelle, qui, jointes à l’emploi de deux couleurs, donnent à la publication un caractère vivant et un cachet inégalé.George* LANGLOIS I '#, Les conventions isrwv-p ïïsirt salaires qu’elle paie.collectives de travail Fidèle à sa formule de large diffusion.l'Almanach du Peuple de France présente un choix judicieux d’articles de doctrine, sous une forme aussi intéressante et attrayante que possible.Religion, apologétique, morale, éducation, sociologie, ont leur part.La partie récréative offre un concours auquel parents et enfants peuvent collaborer.Les récompenses comportent 17 prix en espèces et 583 prix sous forme d’ouvrages de librairie, d'une valeur unitaire de 15, 12, 8 francs; ensemble, 8,000 francs.1’ fl-;- Il est extrêmement difficile d'unifor- II existe en français, sinon en iro-quois, un dicton célèbre : « Et s'il me plaît d'être battue.» Il renferme plus de philosophie que vingt-quatre gros volumes.On pourrait croire que ce n'est qu'une boutade et qu’une femme préfère être embrassée plutôt que rossée.Point du tout ! Il y a des femmes qui éprouvent un penchant inexplicable à se faire donner une tripotée par un représentant du sexe fort.Que pareils sentiments puissent exister en Patagonie ou en Iroquoisie.c'est ce dont le Huron, dans sa profonde sagesse.ne saurait douter et encore moins s'étonner.-Mais que dans le pays de lord Dillinger il existe une femme qui préfère se faire battre par un homme au lieu de lui cogner dessus, c'est ce que le Huron n'arrive pas à comprendre.Les Yanks des deux sexes ont une propension marquée a .donner des coups plutôt qu'a en recevoir.Et cependant il se trouve dans le beau pays des universités sportives une femme.Miss Isobel Steele, de Los Angeles par-dessus le marché, qui a décidé de se marier avec un officier nazi des S.S.Le fait, en soi, n’aurait rien d'extraordinaire si Isobel n'était la soeur de cette jeune fille qui fut jetée en prison et traitée d'une façon indigne durant son séjour au paradis germanique et hitlérien.Quand on a la chance d’avoir vu dans sa famille un exemple aussi remarquable de la douceur allemande, on devrait, semble-t-il, montrer un peu plus de circonspection.Miss Isobel miser dans tout un pays, — chez nous, dans toute une province — les conditions de travail d’une industrie ; d’un autre Le principal obstacle auquel on s'est ' côte, si l’on établit une différence entre heurté dans l’application de la loi sur l’cx- les groupes urbains et les groupes ruraux, tension juridique des conventions codec- ; l’un des deux se prétend lésé.La déccii-tives de travail a été la concurrence qui existe entre les industries urbaines et les industries rurales.La première difficulté s’est présentée dans l’industrie de la chaussure, mais l'accord sc fit à la satisfaction des deux groupes intéressés.Dans l’industrie de l’imprimerie, les concessions qu'on a dû faire aux entrepreneurs ruraux ont placé ceux de la ville dans une situation désavantageuse.Enfin, la demande que les chefs de l'industrie du vêtement à Montréal viennent d’adresser à M.Arcand, à amendements rendus opportuns par le l'effet d’uniformiser les conditions de tra- changement des conditions de l’industrie.\ ail pour tous les employés de cette in- Quoi qu’il en soit, il faudra réglementer dustrie, soulève une grande opposition celle-ci de façon équitable pour tous, chez ^‘manufacturiers des petites villes.I APPLICATION BILINGUE Desk file cabinet Document file .File.Classeur à rideau.Classe-documents.Classeur, classe-lettres, chemise, farde ou dossier, boite à documents, classe-fiches.pique-notes, serre-feuilles, collection, selon le cas.Classer, chemiser, mettre en liasse.Reclasser une lettre.Classer une affaire.Classer des factures.Classer des lettres.File letters in order of date (to) .Classer des lettres par ordre chronologique.Classement.M euble-classetir.Boîte-classeur.Appareils, fournitures de classement.Classement des factures.Classement des lettres.Système de classement.Pique-notes arqué ou mural.Factures classées.Let us file letters received yesterday.Classons les lettres reçues hier.Letter file .Classe-lettres, classeur de lettres.Letters filed .Lettres classées.Our file M .Notre classeur M.« Quebec » file .Classeur « Québec ».Spike, straight file .Pique-notes vertical.Steel file .Classeur métallique.Please give me the letter file No.2 .Veuillez me donner le classeur à lettres ou classe-lettres no 2.Consultez le classeur C.Les classeurs, les dossiers, les archives.Classeur vertical.Votre classeur no 1275.realisation de l'industrie serait-elle avantageuse ?En tout cas, il ne faudrait pas la pousser trop loin.On devra tenir compte de cet aspect du problème quand on le discutera à la session provinciale qui vient de s’ouvrir.Peut-être serait-il bon, ainsi qu’on songe à le faire, d’instituer une commission, semblable à celle qui s’occupe du salaire minimum des femmes pour étudier les moyens d’apporter à la loi sur les conventions collectives les -j.File (to) .File a letter again (to) : File an affair ( to) .1 File invoices (to) .File letters (to) .Quand vous rencontrez une boisson en usage depuis plus de 250 ans.dites-vous qu'elle a du mérite.C’est le cas du genièvre (r-e) > (gin) de Knyper.Filing .Filing cabinet .Filing case .Filing devices .Filing of invoices Filing of letters .Filing system .Harp, arch file .Invoices filed .A nos lecteurs de Saint-Laurent k ir Jean-Claude MARTIN Nos lecteurs de Saint-Laurent peuvent maintenant se procurer l’« Ordre > au Restaurant Lau-renticn, 202, rue Principale.Dans ce dernier cas comme dans les autres, la difficulté vient de ce que la main-d’œuvre est moins chère dans les centres ruraux que dans les centres urbains.Cette situation a déjà amené nombre d’établissements à quitter la ville pour la campagne, parce que les entreprises urbaines ne pouvaient supporter la concurrence des entreprises rurales.Celles-ci, d’autre part, prétendent que si on les force à élever les salaires de leurs employés, leur existence sera mise en danger.En ce qui concerne l’industrie du vêtement, on espère parvenir à un accord; mais il semble peu probable qu’il se fasse, à cause des exigences de V Union internationale des travailleurs, qui demande que les contrats actuellement en vigueur à Montréal soient W.Une mère de 53 enfants ¦A Dans l'église de Bobcnneheim, près de Stuttgart, on a inauguré le mois dernier une plaque à la mémoire de celle qui, dans l’histoire, passe pour avoir été la mère allemande la plus prolifique; il s’agit de Barbara Schmotzcr, décédée en 1504 à Bobcnneheim.11 ressort, en effet, de documents parfaitement authentiques et enregistrés, que Barbara Schmotzer donna le jour à 53 enfants; 38 garçons et 15 filles.; THEATRE DE SA MAJESTE SEMAINE DU 14 JANVIER Ü A Lucienne Boyer ET SA TROUPE Refer to file C.The files .Vertical filing cabinet Your file No.1275 .BILLETS MAINTENANT EN VENTE Soiri orehentre, $3.25, $2.83, $2.23; balcon, $2.83, $2.25, $1.70: 2c balcon, $1.70, $1.15; loge* de 6 *lègen, $27.Mntinle (mer.et *nm.)i orehentre.$2.25, $1.70 ; balcon.$2.23, $1.70, $1.13 ; 2e balcon: $1.50, 83c; loges de 6 sièges, $10.30.Tonte* taxe* comprime*.E (t) Prière de ne pas traduire: Sacrées femmes en or.Adjutor FRADET Contes et légendes est de ne pas dépasser la mesure.Ra- I ce fut le pauvre Cambrinus qui fut bêlais fut bien heureux de vivre à une condamné à un mois de prison pour époque où personne ne rougissait de voies de fait et tapage nocturne.En s amuser franchement au récit des aven- sortant de prison, Cambrinus était tel-tures de Gargantua et de Pantagruel, lement honteux et désolé qu’il décida L orgueil et la susceptibilité de 1 hom- d’en finir avec la vie ; me moderne sont, incommensurables.Rodin a pu écrire en toute vérité que « le peuple n’apprécie plus les chefs-d’œuvre parce qu'ils a perdu le sens de leur simplicité ».M.Charles Deulin connaît les hommes et son métier.On se repose, on se divertit bonnement à la lecture de ses Contes d'un buveur de bière ou, autrement dit, d’un Flamand.La Flandre (je veux dire le nord de la France et la Belgique flamande) est un pays de légendes.Presque chaque ville y a la sienne, dont, à quelques endroits, on fête périodiquement le héros.Il y a les légendes de Thyl l’espiègle, de Ghéam, de Jean de Nivelle, etc.Le livre de M.Deulin c’est d’une voix lente et quelquefois paresseuse qu’ils parlent.Les contes de M.Deulin n'ont pas seulement le mérite d’être une œuvre particulièrement réussie dans son genre.Ils constituent un modèle de littérature régionaliste que nos « indigénistes » étudieraient avec profit.Mais il est temps de dire quelques mots de M.Jean Hée, l'artiste profondément original qui a signé les nombreuses illustrations hors et dans le texte qui enrichissent inappréciable-ment le volume.M.Hée aussi est très Flamand d’inspiration, autant par sa pittoresque trivialité que par son outrance, son goût de la « démesure » uni à celui de l'inattendu.Mais il a l'imagination plus sombre et plus tourmentée que celle de M.Deulin.La plupart de ses dessins sont en discordance plus ou moins grande avec les scènes qu’ils illustrent.Ainsi, celle où nous en sommes rendus dans la légende de Cambrinus, on le voit, n'est le moindrement tragique.Ce Belzébuth, pareil à ceux du Grand Guignol, nous amuse.Le conteur n’essaie à aucun moment d’effrayer et, quoique le diable y soit un personnage important, ses histoires n’ont rien de diabolique.Or l'illustration qu'en a faite M.Hée, cédant à son inquiétude et à son besoin d'exagérer, est terriblement hallucinante.Devant ce tableau au milieu duquel se dresse un Satan difforme, maigrelet efflanqué, dont les ombres s’allongent en gesticulant dans la clarté violente qui émane d’une lanterne et qui donne aux arbres l’apparence de fantômes se tordant dans une immense flamme blanche, on imagine quel chef-d’œuvre il créerait si un éditeur, lui confiait la tâche d'illustrer certaines pages de Dostoïevski, d’Edgar Poe, ou encore quelques drames de Shakespeare.Même dans les scènes les plus drôles des Contes.M.Hée ne réussit pas à faire rire, quoiqu’il y mette une verve prodigieuse.Certes il possède à un très haut point le sens du grotesque et du fantastique, mais son grotesque est d'une qualité singulière.il est presque complètement dépourvu de comique.Avant de retourner à Cambrinus.souhaitons que les éditeurs français nous donnent bientôt l'occasion de reparler de M.Hée, qui est bien l'un des dessinateurs les plus personnels de notre siècle.La conversation de Cambrinus avec le diable se termina par un compromis.Le second promit au premier de lui fournir le moyen d'oublier Flandrine et le premier de livrer à l'autre son âme au bout de trente ans.Ni le jeu ni le vin n'ayant procuré la paix du cœur à Cambrinus, Belzébuth lui livre un secret qui fait aujourd’hui le bonheur de bien des hommes: il lui enseigne à fabriquer la bière.Le nouveau vin devint rapidement la boisson favorite des Flamands, et le roi des Pays-Bas, pour récompenser celui qu’il croyait en être l'inventeur, fit Cambrinus duc de Brabant et seigneur de Fresne.C’est alors que le nouveau duc, qui bien entendu avait oublié Flandrine, fonda la ville de Cambrai; mais le titre qu’il préféra à tout autre fut celui de « roi de la bière » que lui décernèrent les qens du pays.On se doute bien que Ôambrinus, les trente ans écoulés, trouva le moyen d'échapper aux mains de l’envoyé de Belzébuth.Celui-ci revint pour chercher Cambrinus le jour de sa mort, mais il fut bien attrapé car il ne trouva à sa place qu’un tonneau de bière.Cette légende perd naturellement beaucoup à être ainsi résumée.Cependant je crois que, telle que je l'ai rapportée, elle rend assez bien l'esprit général des Contes d'un buveur de bière.On n'aurait que des éloges à faire de ce recueil de contes si l’auteur avait voulu en sacrifier le dernier, sorte de fable satirique bien amusante certes, mais qui n'y avait pas sa place.TL EST vrai de dire que le feuillcto-1 nistc, dont le travail consiste à bien comprendre avant que de les juger les œuvres les plus diverses dont il rend compte et qu’il n’est pas libre de choisir.doit posséder une souplesse d’esprit particulière qui lui permet de se mouvoir à l'aise dans toutes les atmosphères, d'apprécier tous les genres, toutes les espèces littéraires, tous les styles, et de passer facilement de l’un à l’autre.Un monstre en quelque sorte, cet éclectique qui s'efforce de rendre justice à chacun! Aussi ne s'adresse-t-il la plupart du temps qu'à un certain nombre des abonnés du journal auquel il collabore.Il y a des gens qui aiment le roman historique et d'autres qui ne lui accorderont la moindre importance à aucun prix.Plusieurs personnes qui font leurs délices de la biographie des poètes ne supportent pas la lecture des vers.Des adeptes de la philosophie n’entendent rien au roman.Et ainsi de suite.De gustibus non est disputan-dum! Le feuilletoniste n’y peut rien.Quelquefois, cependant, le plaisir lui est accordé d’entretenir ses lecteurs (supposé qu'il en ait) d’œuvres appartenant à un domaine de la littérature qui intéresse à peu près tout le monde.Le recueil de contes que vient de publier M.Charles Deulin, un Belge, est de celles-là ( 1 ).Il suffit de la brève incantation — trois petits mots formant une expression magicienne — par laquelle le livre commence, ainsi que chacune des histoires qu’il contient, pour que le charme s’opère.Au temps jadis.et nous nous retrouvons au pays de l’enchantement par excellence, du merveilleux, du fan- tastique, qui est celui de notre enfance.Si nous exceptons les malheureux que désigne bien le mot de Gogol, les « âmes mortes », il n’est pas un homme qui n’en éprouve la nostalgie, qui n’aime s’y évader de temps à autre, quoique plusieurs, à cause d'une sotte vanité d’adulte, craignent de l’avouer.Combien de parents qui, le soir d’une fête, n’attendent que la minute où les petits enfants dormiront pour ouvrir avidement les livres de contes féeriques que ces derniers viennent de recevoir?D’où vient alors que tout à coup vous les voyez refermer ces livres brusquement avec l’air de ne pas être très contents d'eux-mêmes?Leur premier mouvement n'avait rien que de naturel, et ils s’y sont livrés sans penser que pour que ces aventures les intéressent il faut qu’elles soient racontées dans un tout autre style.Pour être différente, la difficulté n’est pas moins grande de raconter des histoires fantastiques aux grandes personnes qu’aux enfants, de faire croire à ceux-ci que ces histoires ne sont pas seulement de leur âge, que de faire oublier à ceux-là qu’elles ne sont plus du leur.A vrai dire, il est impossible de le leur faire oublier tout à fait.L'art du conteur le plus habile n’empêchera pas le sentiment des réalités de suinter à travers les parois de l’imagination.Il suffit d’un rien pour que le charme soit rompu, pour que cesse tout à coup le plaisir qu’on prend aux fictions de l'enfance.Il faut que le narrateur n’ait jamais l’air de s’être laissé prendre lui-même complètement à ses yeux, afin que le lecteur, au moment opportun, reçoive la certitude qu'il n'est pas mys-(i) Charles Deulin: Contes d'un tifié, qu'il reconnaisse celui qui lui parle buveur de bicrc.Paris, Editions Jean Crûs, comme un complice.Le point difficile Il détacha la corde de son puits, qui était toute neuve, et gagna le bois d’Odomez.Arrivé au carrefour le plus sombre, il grimpa à un chêne, s'assit sur la première branche, attacha solidement la corde et se la passa autour du cou.Cela fait il releva la tête, et il allait sauter le pas quand il s'arrêta soudain.Devant ses yeux était planté un homme de haute taille, vêtu d'un habit à boutons de cuivre, coiffé d'un chapeau à plumes, armé d'un couteau de chasse et portant un cor d'argent par-dessus sa carnassière.Cambrinus et lui se regardèrent quelque temps en silence.M i ; S i Que je ne vous gêne point! dit enfin l'inconnu.— Je ne suis mie pressé, répondit l’autre, un peu refroidi par la présence d'un étranger.— Mais je le suis, moi.mon bon Cambrinus.•— Tiens vous savez mon nom ?•— Et je sais aussi que tu vas danser ta dernière gigue, parce quon t'a fourré en prison et que l'aimable Flandrine refuse de t'enrôler dans la grande confrérie.Et.ce disant, l'inconnu ôta son chapeau.— Quoi ! c'est vous, mijn heer van Belzébuth.Eh bien! par vos cornes, je vous croyais plus laid.commence par une autre moins connue, celle de Cambrinus, roi de la bière et fondateur de la ville de Cambrai.Légende extrêmement savoureuse qui vaut d’être résumée.m y ; Cambrinus, simple garçon verrier, aimait bien la superbe Flandrine aux joues « rouvelèmes », mais celle-ci, fille de souffleur, était trop fière pour agréer ses aveux.L’idée vint à Cambrinus de se faire musicien.« Flandrine voudra peut-être d'un artiste », se disait-il.Il apprit donc à jouer de la viole et s’essaya un soir à faire danser les jeunes gens.Mais Flandrine ayant paru, il perdit la tête, joua si mal que les danseurs, croyant qu’il se moquait d’eux, brisèrent sa viole sur ses épaules et le renvoyèrent.Malheureusement, à cette époque, la justice était rendue dans le pays par un mauvais juge à tête de singe nommé Jocko.Celui-ci, ayant appris l’affaire, fit citer les perturbateurs à son tribunal.Ils s'y rendirent, portant chacun une couple de poulets qu’ils offrirent au magistrat.Et r Cette longue citation, mieux que n’importe quelle analyse, donne une idée juste du ton mi-grave mi-gamin sur lequel notre buveur de bière raconte les aventures extraordinaires de ses héros, du rythme à la fois rapide et posé de son style.Les Flamands, gens peu nerveux, sont ainsi.Quel que soit le nombre de choses qu'ils aient à dire, Gérard DAGENAIS
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