L'ordre, 25 juillet 1934, mercredi 25 juillet 1934
." .sSÉR__________ # RÉDACTION ET ADMINISTRATION TARIF DES ABONNEMENTS 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal Téléphone : PLateau 8511e, .PIERRE ASSELIN Secrétaire de la Rédaction .LUCIEN PARIZEAU E ï 1 an 6 mois 3 mois En ville, parla poste.Canada (hors de Montréal), Royaume-Uni, France et $6.00 Espagne .Etats-Unis et Amérique du Sud $6.50 Autres pays .$9.00 $4.75 $2.50 $3.25 $1.75 $3.50 $1.85 .$8.00 $4.25 $2.25 Administrateur M On ait prié efenvoyer toute correspondance a la caie 4018 de l'HOtel des Postes en mentionnant aur renveloppe le service (Rédaction ou Administration) auquel on veut «’adresser.Quotidien de culture française et de renaissance nationale Directeur-fondateur % OLIVAR ASSELIN L'abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.) Un ordre imparfait vaut mieux que le désordre.Première année—No 114 Le numéro: 5 sous Montréal, mercredi 25 juillet 1934 La justice poursuivant le crime Un Khalifat en perspective L’enseignement religieux L’histoire vivante .C'est une nouvelle très intéressante que cette dépêche de source anglaise sur la nouvelle orientation de la politique islamique de Simla.Le gouvernement de l’Inde a décidé de donner un royaume à l'Agha Khan, potentat oriental sans terres, fabuleusement riche, très influent et chef incontesté des musulmans de l’Inde, par sa descendance en droite ligne du Prophète.L'Agha Khan, beauf-coup plus connu en Europe et en Amérique par ses succès d écurie, n'en de> meure pas moins un personnage d'envergure au sens politique très aigu et inféodé à l’Angleterre.Au moment qû la menace russe se dessine de nouveau à la frontière du Nord-Ouest de l’Inde, au moment où l'agitation musulmane reprend d’une façon inquiétante et où l’Afghanistan est redevenu un centre d’intrigues et de brigues, le gouvernè-mnt, indien, ou pour préciser, le vice-roi lord Wellingdon, va tenter une manœuvre politique qui, si elle réussit, sera un coup de maître.L’Angleterre s’apprête à créer un Khalifat dans l'Inde et pour cela choisit un descendant dû Prophète.Du chef spirituel elle va faire un chef temporel.Simla auriait l’intention de donner la couronne du Cashmir à l’Agha Khan, ce qui réglerait en même temps la situation inté- rieure de cet état, en majorité musulman, mais actuellement gouverné par un maharajah de religion hindoue.La création d’un royaume musulman en Cashmir, sous le gouvernement de l'Agha Khan, aurait une immense portée politique.Tout d’abord, au point de vue régional.Ce serait la suppression quasi immédiate des troubles religieux qui durent dans le pays depuis plusieurs années.Puis, un gouvernement musulman dans le Nord-Ouest serait un contrepoids puissant à l’action extérieure venant d’Afghanistan et arrêterait tout progrès de l’influence de Caboul dans l'Inde.Au point de vue général ce serait le raffermissement de l’influence islamique dans la péninsule, ce qui rallierait bien des œahométans mécontents du régime anglais.Ainsi donc, Simla ferait d’une pierre trois coups en créant l’Agha Khan roi de Cashmir.Il ne s'agit plus que de savoir si la création d’un pireil état entre les mains du descendant du Prophète ne risque pas d’entraîner dans l'avenir de graves répercussions.Avec les mahométans, particulièrement dans l’Inde, on ne sait jamais s'ils ne vont pas vous tomber dessus au moment où vous vous y attendez le moins.Il y a quelques mois, le P.Archange faisait une causerie dans une paroisse ouvrière de Montréal.Il invita ensuite l’auditoire à l'interroger sur toute question de doctrine ou de morale.Un ami, présent à l’assemblée, recueillit, entre autres perles, celles-ci: «Pourquoi Dieu permet-il la guerre entre les chrétiens?Admettez alors sa cruauté.» — «Y a-t-il des fous au ciel?» — « En quelle année le purgatoire a-t-il commencé?» — « Si Dieu est bon, pourquoi le craindre?.» Etc.L’histoire connaît une vogue qui dépasse de beaucoup celle de l'époque romantique.Autre signe des temps: elle est délibérément plus humaine en ce sens que les historiens, français et anglais surtout, redonnent aux faits de l’histoire leur filiation spirituelle.C’est à cette tâche par exemple que se sont voués des historiens tels que Jacques Bainville, Pierre Gaxotte, Funck-Brentano, Gabriel Hano-taux et plusieurs autres.Nous n’en sommes plus à cette conception de l'histoire qui faisait d’elle un système ou, comme à la fin du siècle dernier, un casier à fiches.Nous rapprocherons brièvement deux études historiques qui portent, la première sur la vie extraordinaire du Cardinal de Richelieu et la seconde sur le moyen âge.MM.Hano-taux et le duc de la Force publient, dans la Revue des Deux-Mondes, une biographie du Cardinal-ministre qui fut un des plus grands hommes d’Etat de tous les temps.C’est lui qui disait des Français ce qu’on en peut dire encore aujourd'hui: « Ce peuple qui, ne se tenant jamais au bien, revient si aisément du mal.» Les auteurs des articles sur Richelieu ressuscitent la vie de l’époque.Ils interprètent les faits de façon à leur donner toute leur signification spirituelle.Il est des pages admirables, par exemple, sur la conversion du bon roi Henri IV et son influence sur le redressement français et la préparation du grand siècle.L’autre livre, dont je voudrais vous dire quelques mots, est de M.Christopher Dawson et porte le titre suivant: The making of Europe.An introduction to the history of European unity.M.Paul Colin, qui a donné une excellente présentation de ce livre dans la Nation belge, préfère, avec raison, le titre français (Les origines de l’Europe et de la ciüilisation européenne).De l’étude de M.Colin, détachons le passage suivant qui souligne, comme il convient, la grande valeur de.l’oeuvre de M.Dawson: « Le grand, l’incomparable mérite de M.Dawson est d’avoir résolument posé le problème de l’influence orientale dans cet amalgame de croyances, de tendresses , et de traditions dont est sorti ce qu’on est convenu d'appeler la culture européenne.Dans la première partie de son livre, il établit les éléments fondamentaux du drame: d’abord Rome et l’Empire; ensuite, l’Eglise catholique qui fut -l’implacable ennemie de la civilisation hellénistique que Rome incarnait, mais qui profita des cadres de l’Empire, de ses volontés et de son prestige; enfin les Barbares qui furent non pas le ferment, comme on l’a dit souvent, mais le matériel humain, la pâte que le ferment va faire lever, la source de l’élément national dans la vie de l’Europe.» Il n’est pas sans intérêt d’ajouter que M.Louis Halphen, un des meilleurs médiévistes français, a donné une excellente préface à la traduction française du livre de M.Dawson.Ce dernier livre et les études de MM.Hanotaux et de la Force apporteront aux amateurs friands de bonnes et belles lec-tues les plaisirs les plus délicats.« L’exécution sommaire de John Dillinger, le bandit que la police américaine recherchait depuis plusieurs mois », dit I’ÊVÉnement, «confirme le dicton que le criminel finit toujours par tomber sous le bras de la justice.» Exemple; l’assassin de Blanche Carneau, celui du directeur des coupes de la St.Maurice Paper Co., celui du jeune Delorme, celui de Beaudry, celui de la fillette Caron, celui du veilleur de nuit de la Northern Electric Co., qui courent encore.11 est bon que des dictons comme celui que cite I’ÉvÊnement s’accréditent dans le public: autrement, qu’adviendrait-il de nos pauvres carcasses ?Ne connaissons-nous pas un brave homme homme d’Italien qui, il n’y a pas un an, refusait de nous assassiner — eh oui! de nous assassiner — comme le lui proposait, avec quelque argent à l’appui, un avorteur notoire, professionnel du patriotisme ?Et cette histoire n’est pas uu conte.Il ne faudrait pourtant pas oublier que l’automobile est quelquefois pour l’assassin un précieux quoique aléatoire moyen d’évasion; que les renseignements et indications qu’il trouve jour par jour et heure par heure dans les journaux à sensation lui sont parfois d’un secours inestimable; quedes égards auxquels la police judiciaire et les juges d’instruction sont tenus envers lui l’ont souvent, en pays britannique, sauvé de l’échâfàud et réhabilité; que le désir de certains juges de se singulariser par un respect exagéré de la procédure a sauvé du châtiment bien des criminels; que le jury, en matièlre de justice criminelle, h’eif -guèfe plus infaillible qnè 16 frage universel en matière électorale; — que tout cela, dis-je, tend à infirmer de plus en plus fréquemment la vérité du dictoq.Dans la lointaine villégiature où je réfléchis à loisir sur la sagesse relative des dictons et l’infaillibilité relative de la justice comme de la police, je lisais l’autre jour qu’un président d’assises, au cours du procès d’un individu «accusé du meurtre de cinq personnes, avait permis la lecture d’une singulière « confession », si l’on peut dire.H paraît que, lorsque l’inculpé fut interrogé par la police, il accusa du crime — sans la moindre preuve, semble-t-il, — un de ses voisins.C’est cette « confession » sur le dos d’un tiers que le juge aurait laissé communiquer au jury, quand tant d’autres (de juges) se préoccupent surtout de savoir si de véritables aveux d’authentiques criminels n’ont pas été obtenus déloyalement.De telles fantaisies peuvent avoir des conséquences graves pour la société.Mais peut-être le journal où j’ai lu cela s’est-il trompé du tout au tout.Quoi qu’il en soit de la crédibilité de cette nouvelle, il est sûr que le criminel ne finit pas toujours par « tomber sous le bras de la justice », et que dans certains pays particulièrement fiers de leurs institutions judiciaires, y compris le jury, il vit parfois très vieux, entouré de la considération de ses concitoyens, grâce à un acquittement dû à un respect excessif de la loâ et des fôôôrmes par les juges d’instruction et les présidents d’assises.Soit dit malgré notre vénération bien connue pour la « Magna Charta » qui doit servir de programme électoral à M.Calder et à ses collègues de la Partie Carrée, pardon, du « Square Party », et pour tout ce qui en découle.1 •- ¦ OWvar ASSEUN P.S.— On a rarement vu des juges révoqués pour malhonnêteté: on n’en a jamais vu de révoqués pour stupidité.Ol.A.\ A l’école primaire.les enfants apprennent le catéchisme et les éléments de l’apologétique.Les prêtres de nos paroisses se dévouent à cette oeuvre d’éducation ; nos instituteurs, laïques et religieux, y consacrent plusieurs heures par jour.Vous les dimanches, des prédicateurs rappellent et expliquent aux fidèles les principaux dogmes de l’Eglise.A la radio, l’archevêché présente chaque semaine l’Heure catholique.La foi de notre peuple manque cependant de virilité.Le nombre des athées, parmi les hommes de profession libérale, inspirait à un éducateur d’amères réflexions sur le succès de l’enseignement religieux dans nos collèges secondaires.Les chômeurs de Montréal sont actuellement travaillés par toutes les doctrines subversives qui peuvent avoir cours dans les milieux populaires.Des candidats, lors de la récente élection municipale, se sont faits les propagandistes des idées révolutionnaires.La population ouvrière, dans le monde entier, confond certaines réformes économiques qu’elle croit apportunes avec les doctrines religieuses.Peut-il en être autrement?Dans la pratique, le communisme et le socialisme se sont avérés, jusqu’à présent, anticléricaux et irréligieux.Le peuple, à tort ou à raison, est appelé à diriger et à juger la politique de l’Etat.11 importe, en ces temps de crise, de diffuser (’enseignement religieux.Les fidèles ne sont point toujours attentifs aux sermons; les écoliers suivent distraitement les leçons de leurs maîtres.Il faut à tout prix vivifier l’enseignement religieux, le rendre abordable et intéressant.En France, des hommes comme -l’abbé^Loutil-, et le- chanoine -Beau-pin s’y emploient: ils s’efforcent d’introduire dans leurs leçons un élément d’actualité qui fait, souvent défaut dans les nôtres.Les questions posées au P.Archange témoignent que notre peuple porte de l’intérêt aux problèmes de doctrine religieuse.Un grand nombre de prêtres ont André BOWMAN Montréal en tutelle T Plusieurs conseillers trouvent lourde- la tutelle que fait peser la Commission municipale sur Mbngféal.Les commissaires exercent un droit de contrôle sur chaque emprunt de la Ville.Comme les travaux publics-dépendent d’emprun.successifs, à cause de* embarras du Trésor, les commissaires^exa-iûmentAÜssislès:cdhtràfsvétsôumitiion’;¦ S AAONTREAL LIGHT HEAT £ POWER CONSOLIDATED i m i m üli C[22Z> H • Cette lettre ouverte fait partie d'une série publiée au sujet du service d'électricité Montréal, le 23 juillet 1934.La consommation détermine les tarifs SUJET: A nos abonnés: „ i=S5SE~=~= Chaque compagnie a donc besoin du même revenu total pour rencontrer les dépenses et tirer sonnable de l’exploitation.Pour obtenir un tel revenu, chaque compagnie devra recevoir de chaque abonné domiciliaire " 'moyen annuel, drsons, de $18.00.Mais .~ Dans un cas, la consommation moyenne par abonné n'est que de 50 kilowatt-heures par mois ou 600 kilowatt-heures par année.Le tarif devrait donc, si chaque n abonné doit payer ce qu'il en coûte pour fe servir, être de $18.00 divisés par 600 .soit 3 cents le kilowatt.Dans l'autre cas, cependant, la sommation moyenne par abonné est de 150 kilowatt-heures par mois, ou de 1,800 kilowatt-heures par année, parce qu'en plus de l'éclairage, l'électricité est beaucoup utilisée pour les appareils domestiques, tels que réfrigérateurs, radios, chines à laver et autres.« i 1 m m un profit raï- B K m# É ! » un revenu - I K H trop faciles et sans fondement des tarifs au kilowatt-heur ou involontairement injustes ou délibérément tromp a if e sont euses.A Montreal, jusqu'à récemment : core, l'usage de l'électricité était limité à l'éclairage.La consommation moyenne était donc restreinte.L'augmentation du volume dépendait dans une large mesure du développement de la ville.Et naturellement, les tarifs d'électricité obéissaient à ces conditions.en- ÿ f SERVICE D'ECLAIRAGE ELECTRIQUE I Tarif net par Ulewatt-heure (cants) I 1 Année con- m # F a 1908.% I2.75 m 1909 m I0.00 1910 9.00 I9II 7.50 Depuis 1908, chaque phase du développement de la région, chaque économie rendue possible grâce à de meilleures conditions d'exploitation, à un meilleur outillage de production et de distribution, se traduisît immédiatement en diminutions progressives des tarifs, comme en fait foi le tableau ci-joint.Nous avons toujours reconnu l'importance des tarifs bas: c'est là en effet le facteur essentiel qui contribue à développer notre entreprise et le centre qu'elle citoyen k: «vantage, du 'JvCTllk^l'flcWdeuJdT as ' “ 1912 7.00 1913 6.40 ma- m 1914 6.00 m m 1916 5.00 1919 4.80 Encore une fois, le revenu moyen quîs par abonné dans les deux cas est le même .I923 re- 4.25 1924 4.00 g ( $ 18.00 par an.C'est dire que dans le deuxième cas, le tarif auquel pourra se vendre l'électricité pour que le revenu par abonné soit le même, sera de • $ 18.00 divisé par 1,800 mont UN CENT par kilowatt.1925 3.50 1928 3.25 1930 3.00* g * Décroissant Jusqu'à 1.50 cent le kilowattheure Pour consommation en quantité— cuisson, chauffage, etc.soit seule- - ! De toute évidence, la différence fondamentale entre les deux tarifs c'est que l'utilisation moyenne du service d'électrî-cité varie avec les districts et que l'augmentation de la consommation a pour effet de diminuer le coût de distribution.Et si la première entreprise est sous le régime de l'initiative particulière et doit payer des impôts, tandis que la seconde est étatisée et exempte d'impôts, il ressort que les M » 0# « i s E as La compagnie a toujours pratiqué la diminution sive des tarifs à mesure que le permettait la cette pratique est encore direction.§m N progrès-consommation.Et aujourd'hui le premier objectif de la n ¦ comparaisons Montreal Light Heat & Power Consolidated : I iKlf * S* $8 m ï.» y S§ i * • Une autre lettre de la série paraîtra dans ce journal la semaine prochaine I t 'înnn,Ï7* 'h& t I Un cent dépensé en électricité à Montréal procure à la famille plus de confort et d'agrément qu'un cent dépensé pour tout autre service ou marchandise .de plus, si nous pouvons mettre à exécution notre projet de diminution de tarif, reprenant ainsi la pratique établie par la compagnie, le pouvoir d'achat du cent électrique accusera une augmentation progressive substantielle N (ENTEIECIRIQUE «0.F J! 4 L’ORDRE—Montréal, mercredi 25 juillet 1934 Lettres Arts Sciences Histoire L’ORDRE LETtÉiTEC LA TRIBUNE DU LECTEUR QUESTIONS DE LANGUE Ne brûlons pas le Stella Bibliobus d) À M.Olivar Asselin.directeur de I'Ordre.pulations flottantes de nos campagnes québé* coises, mais rien n’empêche à priori, il me semble, que le bibliobus ctend^ son rôle.Peut-être pourrait-il ne pas se borner à accommoder les excursionnistes, mais combiner ce rôle avec celui de pourvoyeur des bibliothèques paroissiales destinées plus particuliè- indépendamment de l'intervention de la volonté, soit à des sensations, soit à des phénomènes de sensibilité sans conscience »; en d’autres termes, c’est une « réaction nerveuse inconsciente qui résulte d’une impression extérieure ».A ceux qui n’aimeraient pas ré-[lexe d'infériorité, mon confrère pro* pose humeur ou complexion d’in/érfonte.Ces deux termes pouvant être synonymes, arrêtons-nous au dernier.Il a plusieurs sens, en premier lieu celui d’union, que l’on trouve sous la plume de Descartes : « Par ma nature, j’entends la complexion de toutes les choses que Dieu m’a données.» En mé* decine, il désigne « l’ensemble des caractères physiques que présente une personne considérée par rapport à sa santé ».On dira d’une personne qu’elle a une; solide complexion, une compte-xion sanguine, etc.L’état physique ayant ses répercussions sur l’état moral, complexion prendra le sens de caractère, d'humeur : on peut très bien parler d’une complexion amoureuse.Est-ce à dire que ce terme puisse désigner ce que l’on entend par complexe dans la locution dont il est question ?Je n’en suis pas sûr.La complexion, comme le réflexe, est d’ordre biologique.Le complexe est d’ordre psychologique.Je veux bien que complexe soit ad* jectif.N’oublions pas cependant que les adjectifs deviennent facilement substantifs.Dans une démonstration, ne passe-t-on pas du simple au complexe?Que mon confrère R.D.n’ait aucun scrupule à faire usage de complexe.Le mot est entré dans le langage dès philosophes, et pour y rester.Dans son Vocabulaire de la Philosophie (2 vol.» Paris, Alcan), M.André Lalande en donne la définition suivante : « Groupe d’éléments de représentation associés en un tout et passés dans une puissance affective qui, par le refoulement, prend! une sorte d’autonomie et détermine des rêves, des névroses, des idées de grandeur, etc.» Pourrait-on en faire dire autant à réflexe ou à complexion ?, Consolez-vous, mon cher confrère, non pas à la lecture de mes Propos.mais à la pensée que l’intérêt que vous portez à l’étude de la langue est une preuve que vous n’êtes pas de la confrérie des bacheliers satisfaits.On lisait hier matin au Canada, dans les Choses du Temps.'cette note relative à l’emploi de la locution complexe d'infériorité : Je retrouve, sous la plume d’André Bowman et Lucien Parizeau! l’expression « complexe d'infériorité ».Sauf erreur, on l’a lue pour la première fois dans un article de Pierre Wanner.Notre haute estime pour ces camarades ne nous empêche pas (les observations de Ménage à Georges Langlois nous ent donnent d'ailleurs l’exemple, à propos de « contenancer ») de la trouver, passez-moi l'expression, tout à fait vide de sens.« Complexe d'infériorité », ce n’est même pas.à notre avis, la traduction littérale d'« infériority complex ».Il faudrait dire « humeur » ou « complexion » d’inférieur ou d'infériorité.Mais veut-on rendre en français la même idée, sans tenir compte de l'expression anglaise, on choisira avec profit le substantif « réflexe ».« Réflexe d’infériorité : réaction subconsciente de l'inférieur.» Je suggère le terme et la définition, me souvenant d’avoir lu, dans un livre français : « réflexe de défense raciste.» « Complexe » est adjectif ; il signifie, selon Larousse : « qui embrasse plusieurs choses ».Je propose donc «.réflexe d’infériorité » pour « inferiority complex ».Et si l’on me convainc d’erreur, je me consolerai à la lecture des « Propos » de Ménage, passé maître dans l’art de la correction.—« R.D.Mon sympathique confrère R.D.a pour moi des paroles flatteuses dont je le remercie vivement, bien que je n’aie pas le sentiment de les mériter.Je suis très touché d’apprendre que la lecture de mes Propos lui apporte de la consolation.M’en voudra-t-il de lui faire remarquer qu’il a lu avec quelque hâte peut-être ou un peu distraitement la .question que m’a posée un lecteur au sujet de contenancer ?Pour reprocher à MM.Bowman et Parizeau une locution qu’il considère « vide de sens », il s’autorise des « observations de Ménage à Georges Langlois ».Il se méprend comme ce lecteur qui a dit à M.Parizeau son étonnement de me voir ouvertement chercher querelle à mon camarade Langlois à propos de contenancer.Or, ce n’est pas M.Langlois qui est visé.C’est au contraire le rédacteur de I’Evénement qui a fait usage de cet anglicisme, péché qu’il commet souvent, m’affirme-t-on.On s’en rendra compte én relisant la question qu’on m’avait posée: « M.Langlois a parlé.d’un article de I’Evéne-MENT.Dans un des passages qu’il a cités, je relève la phrase suivante : « Un moyen honnête de contenancer l’œuvre d épuration.» Dans sa Revue de la presse.M.Langlois cite tels qu’ils sont écrits les articles qu’il commente.Il corrige à l’occasion les fautes de ponctuation ou d’accord imputables à la distraction ou à la négligence ; mais on ne saurait lui demander de corriger les fautes de langue ou de style : il n’a pas à refaire les articles de qui ne sait pas le français.Mais je m’attarde.Passons.Je veux vous entretenir de la locution que mon confrère R.D.trouve « vide de sens » : complexe d’infériorité.Il suggère réflexe d’infériorité.Je crains qu’il ne s’abuse.Un réflexe, en effet, est un « mouvement qui succède, Au cas où quelques personnes auraient pris à la lettre la phrase par laquelle je commençais mon article de samedi, je m’empresse de la retirer.veau sans hésitation par un autre bail dont, espérons-le, il n'aura rien à regretter, non plus que le public.Une autre troupe, sérieuse celle-là, occupera prochainement cette scène.Et il y a beaucoup à parier que cela va marcher à la satisfaction de tout le monde.Pendant un mois, la salle va rester fermée, mais non pas vide et silencieuse.Le foyer, naturellement, voudrait bien ne pas rester vide, car il ne ferme pas et ses « coquetels-maison » et autres affriolants liquidés aux diverses couleurs restent toujours accessibles à qui veut les déguster.Dans la salle contiguë au foyer, on entendra des coups de marteau et des coups de balai : il y aura des appels, du va-et-vient, beaucoup d’activité.Cela ressemblera beaucoup aux bruits d'un théâtre qu’on met en train et d’une troupe qui répète.Cela durera un mois exactement.Et puis, le 24 août, un vendredi, pour taquiner les gens superstitieux, les portes du Stella s’ouvriront de nouveau au public, les trois coups qu’il est de tradition d'appeler traditionnels se feront entendre, les lumières de la salle s’éteindront en même temps .que s’éclairera la rampe, et le rideau se lèvera devant une troupe nouvelle que dirigera Mlle Antoinette Giroux.Théâtre français pas mort tout à fait, à Montréal.Il ne faut donc pas encore brûler le Stella.Monsieur, Nous avons eu à la fin du mois de juin, à Montréal, le congrès annuel de Y American Les commentaires des grands quotidiens exp'°|tat'ons agricoles, à cette occasion n’ont pas manqué d’intérêt., ~ne enc’“ete falte *n >930 « etabb 9ue-Tous ont regretté l’insuffisance du développe- da"s la pr?vlnce d.e Quebe«> 24 Pour cent ment des bibliothèques dans la province de dement .des paroisses rurales étaient pour-Québec et exprimé le souhait que des efforts vu.esdc b»«oweque» paroissiales.Or.ne pa-soient faits pour susciter parmi les populations l;311"'1/35 fv,den* 9ue toul, « ?ul peut tendre urbaines et rurales un goût plus vif pour la 3 re,ndre p!us »ntare»ante la vie du villageois lecture saine, récréative et instructive.f.1 du cultivateur, a donner plus d attrait a En lisant ces commentaires et en joignant.1 cim™nt est 3 encourager, en mon for intérieur, mes souhaits à ceux qu’on afln de luller Plus efficacement contre le dan-X exprimait, je songeais à une catégorie nom- gCreU,X et trompeur mirage exercé par les breuse de gens dont il n’était question nulle grande$ Vllles sur les P°Pulat,ons campa-part.Je songeais à cette nombreuse population gnar eSl flottante que constituent chaque année, pen- .H y a là un problème complexe difficile dant la belle raison, les villégiateurs.a résoudre et qui requiert une étude appro- Pour une large part, les villégiateurs corn- fondie.Ce n'est pas tout d’ailleurs d’arriver prennent des personnes pourvues d’un degré a créer des bibliothèques paroissiales, il faut, d’instruction plus ou moins élevé, des citadins ™ outre, trouver le moyen de renouveler les et des ruraux, temporairement transplantés en livres de manière à retenir les lecteurs.L’ini-des endroits où trop souvent ils s’ennuient et l*vc gouvernementale ou privée pourrait, à ce votre est muette; et V01*a POUj" ne savent comment occuper leurs loisirs.9u'il semble, établir, avec le concours d’un 9"°' je 9ala annoncé pour vendredi On ne peut pas faire du canotage, pêcher, groupement de paroisses intéressées, un ou des solr n eut Pas lieUl se baigner, chasser, pratiquer le tennis ou depots de livres où s’alimenterait un service Que va devenir le Stella ?se de- autres sports tous les jours, du matin au soir, de b'bliotus qui approvisionnerait les biblio- mandait lundi matin un « journaliste- pendant des semaines ou des mois.En outre! chèques paroissiales et permettrait entre elles à-ses-heures » qui a beaucoup fré- il en est, qui n’ont qu’un faible pen- *es.échanges, dans des conditions pécuniaires quenté cette salle.Le jour même, M.chant pour ces distractions actives ou 9ui ne seraient pas ruineuses.Perrino se débarrassait de locataires qui, pour une raison ou pour une autre, , Si je mentionne ici la question des biblio- à qui il regrettait d avoir confié la des-ne peuvent s’y adonner.Et puis, il faut comp- ! deques paroissiales rurales, ce n’est que parce tinée de sa maison et il se liait de Muter avec les jours de pluie où, pendant des 9ae.ie crois à la possibilité de faire servir le heures, on ne peut pas sortir.bibliobus à une double fin, à savoir: accom- Fréquemment, pour un très grand nombre moder a 1® f°>» populations fixées et les d’hommes et de femmes de tout âge qui font P°Pylat*ons flottantes de nos campagnes, durant les mois d’été ou d’automne un séjour Mais- en ce 9U' concerne les villégiateurs, je prolongé à la campagne, la lecture est la pria- suls persuadé que l’entreprise est pratique-cipale, sinon l’unique distraction.Lorsqu’elle ment réalisable, relativement facile et que si leur manque, ils ne savent comment passer une' bibliothèque roulante, venant de Mont-leur temps et les journées leur paraissent in- r
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