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Titre :
L'ordre
Éditeur :
  • Montréal :[L'ordre],1934-1935
Contenu spécifique :
mercredi 30 mai 1934
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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L'ordre, 1934-05-30, Collections de BAnQ.

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1 ¦ ÜW1 SÊâÈà.llllliiMilSl X il - mm i # RÉDACTION ET ADMINISTRATION ! TARIF DF,S ABONNEMENTS 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal Téléphone : PLatcau 8511* -*'¦ 1 an 6 moil 3 moll En ville, par la poste .Canada (hors de Montreal), Royaume-Uni, France et $6.00 Espagne .Etats-Uniset Amérique du Sud $6.50 Autres pays $9.00 $4.75 $2.50 Administrateur PIERRE ASSEL1N Secrétaire de la Rédaction .LUCIEN PARIZEAU $3.2$ $1.75 $3.50 $1.85 $8.00 $4.25 $2.25 On est prié d’envoyer toute correspondance à ta case 4018 de l'Hôtel des Postes en mentionnant sur l’enveloppe le service ET « TILLES » Avant l’ouverture de l’ile Sainte-Hélène M.Alexandre Martin, le surintendant de l’ile Sainte-Hélène nous prie de communiquer à nos lecteurs les recommandations suivantes: Les enfants constituent la majorité des visiteurs de l'ile.Il appartient aux grandes personnes qui les accompagnent de les surveiller attentivement.Un accident est vite arrivé, et les enfants ne connaissent pas le danger.C’est dans l’intérêt des enfants qu’on demande aux piqueniqueurs de ne pas laisser traîner des bouteilles dans le parc, et de ramasser soigneusement tous leï débris de verre: l'an dernier, plusieurs se blessèrent en jouant sur des éclats de verre.Afin de tenir l’ile dans le plus grand état de propreté possible, il faudrait déposer tous papiers ou autres rebuts dans les paniers qui sont placés tout près des tables.Enfin, personne n'est admis à sc baigner , autour de l’ile, si ce n’est à l’endroit dési-quilibrc dans une Europe qui va à j g^ic sous le nom de * Montreal Swimming vau-l'eau depuis le mouvement de re- Camp».Depuis l’assassinat du magistrat Prince, mêlé (comme victime) à l’affaire Stavisky, il a beaucoup été question du lieu du crime, la Combe-aux-Fées, près de Dijon.«Le mot «combe», disait à ce sujet le Masque de Fer de Figaro, désigne, dans la région de Dijon, « un creux de vallée de toutes parts entouré de montagnes et n'ayant qu’une Issue ».On le trouve dans un récit d’Aloysius Bertrand que le charmant auteur de Gaspard de la nuit n'a pas fait figurer dans son recueil, mais que cite Sainte-Beuve dans la préface qu’il a écrite pour ce petit chef-d'œuvre : « Je n'ai point oublié, raconte Aloysius Bertrand, quel accueil je reçus dans une ferme à quelques 1 l'eues de Dijon, un soir d’octobre que l’averse m’avait assailli cheminant au hasard vers la plaine, après avoir visité les plateaux boisés et Qcs combes encore vertes de Chamboeuf.» « Quant aux tilles, autre mot fréquent dans la presse ces temps-ci, et que l’on rencontre aussi sous la plume de notre écrivain dUaunalq, c’est le nom générique.À lire En 2e page : Revue de la Presse, par Georges Langlois.Comment Lewis a battu Henri DEGLANE, par Jean-Roberl Bonnier.La RÉGLEMENTATION DU CRÉDIT PAR NOTRE BANQUE CENTRALE, par Jean-Marie Nadeau.En 3e page : La Pensée étrangère.En 4e page : PÉGUY RESSUSCITÉ, par Valdombie.Le Théâtre, par Georges Langlois« sovie, le rapprochement entre la Pologne et la Russie.M.Barthou a fait aussi savoir qu’il allait se rendre en Yougoslavie et en Roumanie pour procéder à un échange de vues avec ces deux importants pays de la Petite-Entente, menacée à la fois par l'Italie, l’Allemagne et la Pologne.L’association de ce groupe d’états danubiens est, plus que jamais, un facteur d'c- i : fi m t Tv 'IC8{! ¦i^B ¦ L’ORDRE—Montreal, mercredi .‘ÎU mai O 1 La réglementtion du crédit par notre banque centrale Comment Lewis a battu Henri Deglane Tout le monde partisan Mercure d’éditer les classiques Stnnccs de Morcas.Le public s'est toujours bien trouvé de cette spécialisation : la firme qu'il voyait sur la couverture du livre nouveau et de l’auteur encore inconnu constituait à ses yeux la meilleure garantie d’origine, dans un temps où il y avait des cadres et des règles.Aujourd’hui encore l’acheteur averti sait très bien qu'il ne trouvera pas dans un rode chez Plon l’esprit de la Nouvelle Revue française-, et vice versa.Et ce n’est pas une raison parce que Grasset a voulu casser les reins au roman pour qu’on ne soit pas assuré qu’il en publie encore de très bons, pour son plaisir et pour le nôtre, quand il en lance un sous sa marque.Aussi bien, que l'éditeur soit ou non un partisan, c’est son affaire et sa méthode.Libre à lui.Les lecteurs, comme les écrivains, n’ont qu’une chose à lui demander: qu’il publie beaucoup de bons livres, qu’il les fasse connaître sans trop de puffisme, et qu’il les rende aisément accessibles à tous.Mais laissons là le côté exclusivement commercial de la question, pour n’en plus retenir que le péremptoire de la forme que lui a donnée M.Van Melle.« L’éditeur doit-il être un partisan ?» Voilà bien un signe de l’époque, où, de toutes parts, qui que nous soyons, quoi que nous fassions, pensions et vendions, nous sommes tous sommés, fût-ce par interrogation dubitative, de prendre parti, d’être pour ou contre, d'être partisan.Il n’y a plus de milieu, il n’y a plus de façon désintéressée de concevoir la moindre chose ; il faut être à gauche ou à droite, blanc ou noir, et se décider, sans nuance.Oui, ou non.Pas de commune mesure ou de moyen terfne.Tel est aujourd’hui l’état des esprits, dans tous les domaines, et de quelque côté qu’on se tourne.Notre distingué confrère M.J.Van Melle dans Toute l'édition, une question qui pose, semble à première vue ne concerner que les éditeurs et les écrivains, mais qui intéresse en fait tout le monde.M.Van Melle voudrait savoir si l'éditeur doit être un partisan; et cela, à propos d’une lettre de Poulet-Malassis, l'éditeur des Fleurs du mal, à Champ-fleury.« Sans me mêler en aucune façon aux querelles et animosités littéraires des écrivains qui veulent bien s’adresser à moi pour se faire éditer, — écrivait Poulet-Malassis il y a plus de trois quarts de siècle, — j’imprime tout ce qu’ils peuvent penser les uns des autres littérairement parlant, et je fais conscience d’intervenir que lorsque la critique passe le livre pour prendre l'h à partie.» On fera d’abord observer que ce libéralisme et cet esprit d'indépendance n'ont point particulièrement réussi à Poulet-Malassis, et ne l'ont pas empêché de faire faillite, à son heure.Seconde, c’était parfaitement le droit de cet éditeur d imprimer et de publier sous sa firme des écrivains qui n'écrivaient pas de la même encre et ne pensaient pas de la même façon.Si un écrivain devait en vouloir à son éditeur d’être aussi celui d’un autre écrivain, les éditeurs n’auraient plus qu’à fermer boutique : chacun se trouvant dès lors bien fondé à leur demander des comptes et à tenir pour une d'imprimer l’ouvrage d’un confrère capable d’avoir plus de talent que lui.Sans aller même jusque là, s'il lui fallait faire état des convenances et des susceptibilités de ses auteurs, un éditeur ne pourrait plus imprimer le livre d'un critique qui aurait sévèrement parlé d’un roman ou d'un recueil de vers parus sous sa firme.Pratiquement, pour répondre à la question de M.Van Melle, nous dirons qu’il s’agit d'une question non de principe, mais d’espèce.Et cette question ne se poserait mêirte pas si, comme cela devrait toujours être et comme c’est quelquefois le cas, l’écrivain avait dans son éditeur un colla-„ , ., .boratcur et un ami.Un éditeur n’est pas Encore une fois, comment ce fin renard ; ment rudes et tout a fait dans la note a me- ufi marchand de cacahuètes ; c'est un mar- qu'est Lewis n’éventa-t-il pas la mèche ?Je j ncainc.Nous aimerions le voir avec Lewis, ^band de papier imprimé, qui a le devoir vois des lecteurs sourire dans leur barbe en Robert est courageux mais devrait se ct le droit de savoir ce qu'il y a d'écrit sur 1 corriger d’un certain tic qui lui fait perdre Le match était de deux dans trois à : du temps et l’expose à des déconfitures, finir, mais limité à 90 minutes.Deglane j Qu’il cesse de se frotter le nez et cherche s’assura la première chute et Lewis les deux : plutôt à frotter celui de son adversaire ! Sa dernières.La supériorité de l’Etrangleur (il ' tenue offensive et défensive est pitoyable.En est faux de l’appeler ainsi, car c’est un par- avançant la jambe droite, il faut avancer fait gentilhomme) ne fut pas mise en danger aussi le bras droit.Sinon, on pèche contre un seul instant malgré la première chute qu’il les lois de l’équilibre.Sa façon de se pencher concéda à son rival dans le but évident de le torse en avançant le mauvais bras est dé- , ! plorable.Espérons qu’il se débarrassera de ces petits travers s’il désire devenir une ve-: dette dans le monde des poids-lourds.Fort, souple, agile, il a tout pour réussir.Les bons ! : exemples abondent.11 n’a qu’à se modeler i par exemple sur son adversaire de lundi.Le jour où il pourra tenir tête sérieusement à la ; « Panthère », notre compatriote pourra as-! pirer au championnat.L’aspect le plus inquiétant du projet de banque centrale est.sans contredit, la répartition du crédit entre les parties nantes : le gouvernement fédéral, les vinces, les municipalités et, enfin, les syndicats financiers.En principe, rien ne s’oppose à ce que l’Etat central maintienne juste équilibre entre les provinces du Dominion.Ce n’est que lorsque notre banque aura fonctionné pendant quelque temps que nous pourrons dire si la justice sauve ou non.La disposition la plus claire de la loi de la Banque centrale interdit le cumul d’intérêts : le directeur d’une banque commerciale qui aura obtenu du crédit pour lui-même ou pour ses entreprises n’aura pas droit de vote aux réunions du conseil d’administration.Notre future Banque centrale pourra rendre de grands services à la dition qu’elle ne fasse pas fi des droits de la province de Québec et qu’elle ait à sa tête un excellent conseil d’administration.Mais avec notre régime électoral dominé, la plupart du temps, par le souci de la réélection, n’est-ce pas demander la lune ?Et puis, l’Etat qui n’est pas toujours un administrateur modèle peut-il empêcher toujours qu'on suive son exemple ?Lundi soir, ces deux lutteurs ont.vidé , lui donner bonne bouche.Ce fut un véri-querellc vieille de trois ans.L’honneur | table « shooting match », pour employer l'argot des gymnases américains.L’expérience de Lewis l’emporta malgré la résistance de Deglane.La foule ne prisa guère les tactiques de Lewis et confondit brutalité avec rudesse.Ce que les « fans » prenaient pour des coups de poing n’étaient que des parades avec l’avant-bras que tout lutteur On peut voir mieux maintenant ce que sera notre banque centrale.Le ministre des finances affirme catégoriquement qu elle sera une banque privée libérée de trôle venant des financiers nationaux et internationaux.Sans vouloir absoudre nos onze banques des péchés dont on les ac-dcvons néanmoins reconnaître I une est maintenant sauf.Lewis, on se le rappelle, avait perdu son titre dans une rencontre avec Deglane au cours de laquelle ce dernier s'était plaint à l’arbitre d'avoir été mordu.La blessure ayant été constatée de visu, Lewis fut disqualifié et la victoire concédée à Deglane malgré les protestations véhémentes du chain- avisé connaît et dont 1 efficacité pour dépion.La Commission athlétique aurait pu rnolir son adversaire est infaillible.Ce n’est prouver son utilité théorique en tirant l’ai- peut-être pas élégant.Mais ce qui compte faire au clair au lieu de nous exposer à des en somme, c’est le résultat final.Pour que quolibets de la part des étrangers.Chose Deglane devienne un véritable champion, il plus étonnante encore, Lewis prenait le train lui faudra pénétrer ces mille et un trucs qui le soir même pour les Etats-Unis.L’intclli- frisent apparemment la déloyauté mais qui gcnce la plus élémentaire de ses intérêts au- sont tout à fait permis, rait dû le forcer à demeurer ici pour récla- Lewis ne commença véritablement à justice devant les tribunaux s’il le montrer ses moyens qu’à la seconde reprise où prises de tête, coups à la nuque, parades de l’avant-bras, etc, mirent rapidement Dc-glane à sa merci.Lewis n’est plus un poulet.Sa connaissance de la lutte est telle que rien ne le surprend malgré sa faible vue.Il souffre de cette terrible maladie du trachome contractée par la malpropreté des tapis et qui cause un rétrécissement de la pupille.pre- pro- gr’os tout con- man un cuse, nous qu’elles ont maintenu à peu près intactes les assises de notre crédit national.Alors pourquoi nos gouvernants ont-ils l’idée fixe de nous donner à tout prix une banque centrale ?Sans doute parce que les Etats-Unis et l’Angleterre en ont une.S’il fallait nous mettre à nous inspirer constamment des lois de ces deux pays étrangers, il vaudrait mieux dire franchement que incapables d'avoir des législateurs qui savent fabriquer des lois qui ne soient pas des copies des législations étrangères.Les Etats-Unis et l’Angleterre ont leur politique.Laissons-la leur.Ce qui vient à l’un ne convient pas nécessairement à l’autre.Nous débarrasserons-nous donc jamais de notre esprit colonial ?Autant qu’il soit permis d’en juger par ce que la loi de la Banque centrale nous offre de clair, cette institution a deux buts principaux : la réglementation de tout le crédit national et des taux du change sur les marchés monétaires internationaux.De cela, il ne faut pas douter car M.Rhodes, notre argentier, et M.Bennett le disent eux-mêmes.Notre premier-ministre parle même de nous fourrer dans le guêpier de la Banque des Règlements internationaux.Je me demandais ce que nous irions faire dans cette galère.sera 1 ne me omme i i nous sommes i i côn- mer fallait.Comme on voit, c’était une couleuvre de forte taille que le public n’avala pas sans murmure.Pourtant, le cas était fort simple.Il fallait constater tout d’abord si Deglane avait été mordu ou non.Dans l'affirmative, faire photographier la blessure et prendre une empreinte des dents de Lewis.En cas de non-concordance la culpabilité de Lewis Malgré ce pénible handicap, il a donné une était dégagée et il ne restait qu’une hypo- leçon de lutte à Deglane tout le temps qu’a thèse : la morsure imputable à la « victime » : duré la rencontre.elle-même (un vieux truc de la lutte gréco- j En semi-finale, le jeune Montréalais romaine).La polémique se poursuivit depuis Yvon Robert fit match nul avec le vétéran lors dans les journaux, Lewis exigeant un Malcevitcz.Ce dernier ménageait visible-match-revanche et Deglane et son manager ment son adversaire pour lui mousser une se contentant d’éluder sans cesse l’aimable 1 réputation.Car Malcevitcz est un as et ne invitation.Le sieur Lewis rongeait son frein se connaît pas de supérieur.11 mérite bien dans l’intervalle, se promettant bien de don- ¦ le surnom de « Panthère ».Sans cesse en ner à Deglane en temps voulu un petit chien 1 mouvement, il sait profiter de la moindre de sa chienne.Une telle réclame à jet con- I ouverture.Rien ne lui échappe.Ses attaques tinu ne pouvait qu’attirer beaucoup de sont foudroyantes et portent la terreur chez monde.La foule se doutait beaucoup qu’il y ses adversaires.11 a l’apparence d’un boxeur, aurait de la casse.Personne ne fut déçu.1 On le voit toujours avec plaisir car il sait Il y eut de l’action jusqu'à la fin.; se renouveler.Ses tactiques sont extrême- con- ! insulte personnelle le fait Jean-Marie NADEAU Le public a l'Impression que la maison J.1>.Lnngellcr ne vend que de» Instrument» de musique.Nous tenons à.lut faire savoir que depuis environ un an elle vend tout ce qui est nécessaire & l’ameublement d'une maison : meubles, tapis, réfrigérateur» électriques, poêles, etc.Cela vous paiera do visiter son établissement, car elle vend meilleur marché qu’allleurs.510, est, rue S.-Cathorlnc Tél.: MA 8111.! I 1 I Il s’agit de choisir un dogme, hors le dogme il n'y avait plus Est-il bien sûr, ensuite, que la Banque centrale du Canada sera libérée dé toute ingérence des gros financiers ?Et si les financiers eux-mêmes contrôlent l’Etat ?Ce sera l’histoire du bonnet blanc et du blanc bonnet.Naturellement, notre banque s’arrogera le monopole de la production de l’or.A cela, il n’y a pas grand chose à redire : c’est déjà fait, car l’Etat détient la plus grande partie de notre actuelle couverture monétaire.Les banques commerciales se verront interdire toute participation financière dans la nouvelle Banque centrale.On peut voir dans cette mesure une garantie à peu près Suffisante que nous verrons moins souvent les tripotages habituels dont l’épargne publique fait les frais.comme si de salut.Mais où donc va pouvoir s’asseoir la vérité, qui aimait se tenir au milieu, comme la vertu ?Les accords de Rome S’occupant des accords économiques de Rome entre l’Italie, l’Autriche et la Hongrie, la Stampa écrit que l’Italie fasciste ne vise pas à la formation de blocs et de contre-blocs ni dans le domaine politique ni dans le domaine économique.Les accords de Rome sont ouverts à tous les Etats grands et petits situés autour du Danube.' i E.H.(Le l'emps) Le procédé Daman-AspliaH a été employé avec succès k l’étranger et au Canada.Partout il a donné satisfaction, par sa résistance & l'usure, sa rapidité d’application, et son bon marché.le papier qu’il vend et dont il est moralement responsable.La convenance élémentaire, de sa part, est de ne pas proposer à sa clientèle un ouvrage qui mettrait personnellement c.i cause, d'une façon désobligeante, un des auteurs de sa maison.Cela va de soi.Mais une fois cette réserve faite, qui n’engage que la courtoisie, il n’y a aucune raison d'interdire à un éditeur de penser plus à la littérature qu’aux littérateurs.Et l’on ne voit pas non plus pourquoi un éditeur n’aurait pas le droit de faire voisiner sur son catalogue, s’il lui plaît, des auteurs d’opinions et de doctrines différentes, voire sans amitié l'un pour l’autre, s’il fonde le succès de ses publications sur son éclectisme dans le choix de ses écrivains, en fonction de leur seul talent, quel qu’il soit, et quoi qu’ils se soient mis en tête de prouver.Il y a d'ailleurs eu des éditeurs qui ont rendu leurs firmes célèbres par une spécialisation très nette, et même exclusive, de leur activité au service d'une école littéraire déterminée.Lemerre était l’éditeur du Parnasse, et il n’aurait pas imprimé la moindre page d’un poète qui n’eût pas rimé jusqu’à la consonne d’appui.Charpentier avait fait I sienne la cause des naturalistes.Les symbo-i listes étaient chez eux au Mercure de France ; mais cela n’a pas empêché le lisant.Revenons à nos moutons.nous (r-d) Docteur Tancrêde Aeselle.chirurgien-dentiste, 5064, avenue du Parc, près rue Laurier, à son bureau de 9 h.à 6 h.sur rendez-vous.Tél.: DO 3087.Prochaine ascension dans la stratosphère e* nls, ont dans leurs divers dépôts l’auto neuve ou usagée qui vous conviendra.Avant d’acheter, téléphonez-leur : PL 8221.Vous obtiendrez dans Péchange les meilleure?conditions.PRIME par LA FORCE ET PAR LA QUALITfc t n* (r) I ;¦ de la crise et de la politique, ce sont les politiciens eux-mêmes et ce sont eux qui s’érigent en tribunal.On voit ce que cela peut donner comme résultat.Dans le Devoir, G.P.signale un petit fait très significatif qui pourra éclairer une partie du public sur l'efficacité des commissions parlementaires et sur ce qu’on peut en attendre.On s'est étonné qu'il ny ait pas eu d'interrogateur officiel, au comité des banques et du commerce, ces mois-ci, à Ottawa.Ce qui explique que rien que des députés aient participé à l'interrogatoire de sir Herbert Holt, à Montréal, ces jours derniers, tandis que le comité Stevens, lui, a un avocat pour interroger les témoins.Le comité Stevens existe en vertu d’un arrêté ministériel particulier, il a des pouvoirs extraordinaires et il a pu se faire autoriser à requérir les services d’un avocat-conseil.Quant au comité des banques il existe permancmmenl, il est nommé à chaque session et scs pouvoirs sont limités, ils ne peuvent dépasser ceux de n’importe quel autre comité parlementaire ordinaire.Cela explique qu’il n'ait pas eu d’avocat pour soumettre à un interrogatoire serré les financiers et les hommes d’affaires qu’il a entendus.Le parlement ne lui en a pas donné.Les députés qui en font partie sont astreints à leur besogne courante, ils n’ont pas le temps de se spécialiser dans tel ou tel domaine; alors qu’un avocat familier avec ces sortes de matières et qui y donne tout son temps aurait pu en savoir plus long que n’en ont appris les députés.Tu te vantes, mon bon / En lisant Lucien Desbiens, un rédacteur du Progrès de Valleyfield se demande si nous sommes devenus Marseillais.Il y a de quoi se poser cette question en effet, car ce cher petit, transporté d’enthousiasme pour sa Mauricie bien-aiméc — merveilleux pays, d’ailleurs — compare Nérée Beauche-min à Mistral.Tout simplement I C’est à se demander s'il a jamais lu Mistral.Ou si, l'ayant lu, il l'a bien compris.Le Progrès de Valleyfield écrit à ce sujet : « En croyant à des fleurs, souvent on les fait naître.» Lucien Desbiens exalte la M auricle, à la veille du troisième centenaire, et je préfère sa piété filiale au ricanement destructeur.Mais le doux poète d'Yamachiche, N crée Beauchemin, n’aurait pas souffert de s'entendre comparer à Mistral.— Serions-nous devenus Marseillais?., Cette boutade de bonne venue ne rachète pas le coup de pied de l'âne que le même rédacteur du Progrès donnait, quelques lignes plus haut, à Jean-Charles Harvey: quence, source d'économie.Economie de frais médicaux d'abord, économie de frais d'alimentation aussi, puisque la bonne cuisinière sait faire donner à sa matière première le maximum- de rendement et le moins possible abandonner aux intermédiaires.(.) Mais l’on a cru que les circonstances exigeaient qu’on fil dans l’enseignement, à tous les degrés, une part plus large aux sciences dites ménagères.Avec toute la modestie qui convient au profane, nous osons dire que cela est excellent, que cela doit être accentué et généralisé dans toute la mesure du possible.D’ailleurs, qu est-ce autre chose que l’application à l’enseignement féminin du principe général qui veut que l’éducalon soit adaptée au tempérament, aux besoins, goûts particuliers de qui la reçoit?L’éducation, après tout, est faite pour la mégalomanie détermine un gaspillage qui n’est pas toujours que matériel.Le Gouvernement avait constaté une lacune dans notre enseignement général : il y manquait l'enseignement ménager.Le Gouvernement avait les moyens de l’organiser, de le maintenir et de l'améliorer.Il n’a pas eu la peine de faire une campagne de critique, de soulever l’opinion, d’encourir des réprobations : il a créé l’enseignement ménager.REVUE IDE LA PtSJ/Æ .i et le surintendant des perceptions conçurent l’idée de diviser la ville en huit districts et d'assigner à chacun d'eux un fonctionnaire autorisé à percevoir les taxes en souffrance.Les percepteurs désignés pour ce travail étant disponibles, en attendant l’ouverture de la navigation, réussirent ainsi à percevoir, en février et mars, des arrérages s'élevant à $144,883.Ils firent en tout 2,835 visites, dont 1,291 fructueuses.Chaque matin, avant de commencer leurs tournées, ils recevaient respectivement une liste des personnes en défaut dans leur district.Il1 faut être bigrement optimiste pour trouver de bon rendement un système aussi coûteux, surtout quand moins de la moitié des visites ont été fructueuses.La Presse affirme plus loin que « les personnes qui ont soldé de cette façon leurs arrérages se réjouissent (.) aujourd’hui d’avoir pu se mettre en règle avec le • fisc ».Avec très peu d’imagination, on pourra supposer que quelques grincements de dents ont accompagné ces réjouissances.Le même journal ajoute : La « Revue du Revenu national » dit que, sous la direction du percepteur de la douane et de l’accise, la sollicitation personnelle a eu pour effet de stimuler le courage de beaucoup de gens qui désespéraient de pouvoir faire honneur à leurs obligations; pressés par les percepteurs spéciaux de district, ils se sont ressaisis, se sont imposé des sacrifices, ont cherché des expédienli pour sortir de l’impasse et ils en sont heureux maintenant.Le poids canadien-français Il ne pèse pas lourd dans la Confédération.Ce bloc-note de G.P., au Devoir, en dit long sur l’influence des députés et ministres canadiens-français à Ottawa et sur le cas que le Gouvernement fédéral fait de nous : | ( Nous ne sommes pas le Gouvernement.Nous n’avons pas le moyen de construire des immeubles, d'acheter des appareils, de recruter un personnel et de l’entraîner.Nous avons cru constater des lacunes dans notre enseignement général, mais nous n’avons qu’un moyen d'y remédier : essayer d’ouvrir les yeux, par nos critique*, à ceux qui dirigent cet enseignement.Le Gouvernement qui a créé, en marge de l’enseignement général, un epse"_ iment ménager qu’on dit de tout parts qu’encoura6e;.ients et félicitations, même de ceux qui auraient pu et peut-être dû prévenir son initiative.Nous, qui ne sommes pas le Gouvernement, ne recevons, pour les critiques que nous faisons de bonne foi et que nous croyons fondées, que désapprobations, dénonciations, en attendant les com* damnations.Si nous avions eu, comme le Gouvernement, le moyen de construire un enseignement en marge de l’enseignement officiel ou traditionnel, il est probable que I on ne nous aurait pas trop combat us, du moins pas ouvertement.Il y aurait eu un enseignement laïc en marge de l’enseignement religieux, et pas vu d'un mauvais oeil, surtout après preuve faite de son excellence.Mais nous Il ny a pas de sous-minisire aux postes depuis le 1er avril, date de la retraite de AI.Caboury.Que se passe-t-il dans la coulisse, pour que la nomination tarde?Tout un groupe de députés canadicns-français travaille afin d’obtenir le choix d'un fonctionnaire bilingue et d'origine canadicnnc-française, en remplacement de M.Caboury.A ce que l’on sait, les ministres canadicns-français seraient du même avis.Mais il ne se fait rien, apparemment, puisque la nomination tarde.On a parlé d’un sous-ministre de langue anglaise cl l’affaire est restée en suspens.Les députés canadicns-français espèrent que AI.Bennett tranchera la question en faveur de leur candidat et ils attendent.M.Bennett les fait attendre, pris qu'il est par le travail de la session.Mais après?C’est aux députés à suivre leur affaire et.à insister, — si tant est qu'insister auprès de M.Bennett, ce soit le disposer favorablement.Et comment pourrait-il en être autrement ?Tout ce qui se passe est fort logique : parmi les députés et politicailleurs d’avant-scène et de coulisse, il y a toujours quelq ambitieux, disposés à se coucher à plat ventre devant la majorité anglaise et prêts à toutes les servilités pour se maintenir en place.Naturellement, ce sera toujours ceux-là, de préférence à ceux qui ont du cran, qui recevront un portefeuille.C’est ce qui explique que nous ayons toujours des nouilles pour nous représenter dans le gouvernement fédéral et augmenter le mépris qu'ônt pour nous nos compatriotes d'autres langues.Le contraire est invraisemblable.Les disciples ont dépassé le maître.Un roman de Jean-Charles Harvey fit quelque bruit, ce mois dernier; les « Demi-civilisés », c’étaient les Canadicns-français, après trois siècles de vie catholique.Pauvre romancier, qu'il eût fallu mener, la corde au cou, de la cendre sur la tête, près d'un transatlantique, lorsque l'Afrique ou l'Océanie! On juge l'arbre à ses fruits.Cela n’est pas une galéjade: c’est muflerie.aux vie.La Presse forme des dans nos routine : voeux pou.que, cuisines, la science cède le pas à ’lier ordre, ne reçoit de toutes missionnaires parlent pour nos Le congrès pédagogique des sciences ménagères offrira une riche matière à la méditation et à l etude des personnes qui y assisteront.Souhaitons qu il aide à mieux faire comprendre du public en général l'importance du mouvement qui vise à augmenter chez nous le nombre des compétences pour ce qui a trait aux arts ménagers, à l’administration des affaires domestiqués et à l'éducation familiale, l ignorance et la routine cédant la place à la véritable science et à l'entrainement scrieux.Nous n aurons jamais trop de botmes et sages ménagères.iV- une n Un congrès pédagogique FM Il se tient actuellement, à Montréal, un congrès pédagogique.Malheureusement, il n'y sera pas question de la pédagogie des sciences, des lettres et autres inepties, mais de la pédagogie des sciences ménagères.Les journaux en espèrent beaucoup de bien et tout le monde aussi.Au Devoir, M.Orner Héroux mesure l’importance de l'enseignement ménager en général et du •présent congrès en particuli : l’aurait peut-être on ne Tout cela est excellent et nous applaudissons des deux mains.Nous ferions même une suggestion à ce congrès pédagogique si on nous permettait de nous y présenter : mettre au programme de cet enseignement, qui n est pas du tout secondaire, certains auteurs B Canadiens-Français arrivistes et ues è'.i ¦ ne pouvons créer ; nous ne pouvons que •¦upgérer, nous ne pouvons qu’indiquer cer» taV-i réformes qui nous paraissent s’impo* ; nous ne voulons que proposer, au Lu d’une concurrence indésirable, la collaboration du clergé et des Lies dans la grande et noble tâche de l’enseignement.Nous ne voulons qu’une chose qui soit de nature à déplaire à quelques individus, mais qui ne devrait pas choquer les directeurs de cet enseignement : l’égalité des chances à égalité de compétence, et la mise à l’épreuve, par des concours, de ces compétences.Cela seulement, qui est bien anodin et paraîtra simplement raisonnable aux esprits de bonne foi, cela seulement suffit pour nous faire mettre au ban de notre petite société.Aux 'ns sincères et désintéressés, nous deman-’ons : de quel côté est la mauvaise vo-onté, 1 étro.lcsse, la mesquinerie ?C'est une grosse question, par exemple, que celle de la cuisine et de ses annexes.La santé de la famille dépend, pour une bonne part, de ce qu’on y mange, de la façon dont les tnels sont apprêtés et choisis.Dans les hôpitaux, sous le nom de diététique, d'alimentation rationnelle, qu est-ce que l’on pratique, comme auxiliaire de là médecine, sinon un type de cuisine supérieure?El combien de gens n’auraient pas besoin de passer par les hôpitaux, pour y apprécier les avantages et les bienfaits de la diététique, si, à la maison, on avait tout simplement fait de la bonne et saine cuisine?Combien surtout ne traîneraient point d’ennuyeuses dyspepsies?Combien n’auraient pas à combattre, à force de pilules, tel désordre qu’aurait prévenu une bonne cuisine ?1 Voyez-vous ces hommes d’affaires écrasés sous leurs obligations qui voient leur courage renaître à la seule visite de l’agent du fisc ! C’est l’encouragement donné au condamné à mort par l’inquisiteur qui vient lui arracher un dernier aveu ! Les commissions parlementaires On n’avait pas l’habitude de s’occuper beaucoup de ce qui s’y passait.Cette année, on leur a fait une publicité presque aussi large qu’aux Chambres proprement dites.Cela permettait au Gouvernement et au Parlement de se donner l’air de remuer m'aient négligé pour une raison ou pour une j beaucoup de choses et de pourchasser les autre de verser à la caisse du revenu les im- ; profiteurs de la crise et de la politique.Le pôlt q/ils devaient, le commissaire de l'accise : bon public gobera.Les premiers profiteur* ¦ ser que notre enseignement secondaire proscrit, certains tuteurs qui sont des maîtres ès sciences M ni gastronomiques et dont la bonne humeur, alliée à .a saveur des mets que prépareront Its ménagères de demain, facilitera la digestion et prolongera la lure de miel : Rabelais, par exemple, et son fils spirituel Léon Daudet.m N'allons pas toutefois proclamer trop vite l'apparition des grandes oeuvres, avant qu'on ail attiédi le climat! — L’on fut un peu agacé, dans le « Devoir » du 17 mai, de lire cette phrase pompeuse de Lucien Desbiens: « Comme la Provence, la Mauricie aura eu son Frédéric Mistral; et le nom de Nérée Beauchemin ne pâlit pas dans les annales de la Poésie à côté de celui de l'immortel créateur de Mireille ».Tout doucement.Vers l’inquisition La Presse célèbre les résultats d’un nouveau mode de perception des arrérages d’impôts : la sollicitation personnelle.Pour parler sérieusement, louons ceux qui ont pris 1 initiative d’organiser cet enseignement et qui ne se lassent pas de le perfectionner.Ne faisons qu’une toute petite : qu on prenne garde de tomber ,ans ™ mégalomanie qui caractérise trop Je nos «mit.éprises, particulièrement celles où 1 Etat est mis a ‘contribution ; car cette L Comme beaucoup d'hommes d'affaires •erve Principe de santé, la bonne cuisine est pareillement, et par voie de claire consé- i Georges LANGLOIS I . \ mm* iSSk- Ï/ORDRE— Montréal, mercredi 30 mai 1934 = 3 LA PENSEE ETRANGERE » » Les «Normands de Paris et.d’ailleurs La politique et le désordre intellectuel La protection de l’épargne française » I A Paris vient d’avoir lieu le banquet annuel de la société Normands de Paris, « plus et mieux qu'une société régionaliste comme beaucoup d’autres.Les relations suivies qu elle entretient avec les pays Scandinaves, l'Angleterre et le Canada ont fait d’elle à la longue et au premier chef, un véritable ôrgane de propagande nationale ».A ce titre, scs manifestations nous intéressent tout particulièrement, nous du Canada- français.On ne lira donc pas sans intérêt le dis-qui a clôturé ces agapes fraternelles, prononcé par M.André Maurois, au cours duquel l'homme de lettres bien connu ici a pris plaisir à évoquer ses souvenirs d’Amé-II a ainsi débuté : Maurois » prononce avec le plus pur accent du terroir.« La prudence normande est proverbiale et il est exact que le Normand ne s'engage pas volontiers.C’est parce qu’il tient les engagements pris.Race lente à susciter une querelle, courageuse et tenace quand elle accepte la lutte.Peuple de légistes.Peuple sans romantisme dominé.Quels écrivains eurent jamais des passions plus vigoureuses que Corneille et Flaubert, que Mau-passant, quels écrivains contraignirent mieux leurs passions à se plier aux exigences des formes précises et des constructions solides?Qu il s agisse des architectes, des poètes ou des romanciers, les Normands aiment les plans clairs et simples.« Pour moi, Messieurs, je puis dire en toute sincérité que la Normandie m’a enseigné presque tout ce que je sais de la vie.Je suis né à 20 kilomètres d’Elbeuf, j ai passé mon enfance en promenade dans les campagnes normandes, dans les chemins creux bordés de haies sous les pommiers tordus et inclinés par le vent du plateau du Neubourg.J’ai respiré tout enfant l’odeur des pommes écrasées ; j’ai entendu, chaque année, à l’automne, la phrase classique : «Pour une année où qu’y a d* la pomme, y a point de pommes, mais pour une année où qu’y a point de pommes, tout d’ même y a d’ la pomme ».J’ai fait toutes mes études au Lycée de Rouen, un admirable lycée qui conservait la grande tradition cornélienne et flaubertienne.J’ai passé mes jeudis et mes dimanches à la Foire Saint-Romain, puis comme tous les Rouennais, j fli été amené pour mon baccalauréat à Caen de sorte que je ne puis plus entrer dans cette ville sans me sentir envahi d’inquiétude et de doute au sujet des affluents de la Garonne et des clauses du Traité de Westphalie, « J’ai été soldat dans un régiment mand (Eu), et c’est encore de Rouen je suis parti, le premier jour de la comme sergent, ayant été affecté interprète à l’armée anglaise ; je suis rentré chez moi avec le grade de lieutenant, ayant puisé dans un contact quotidien avec nos alliés britanniques la matière de premier livre : « Les silences du Colonel Bramble », paru à la fin de la guerre.« Et c’est ainsi que je suis devenu, comme vous, un Normand de Paris.Mais, au moment où arrive le printemps, je chanterais encore volontiers le vieux refrain : «Je veux revoir ma Normandie.C’est le pays qui m'a donné le jour.'.».Paris, au début d’avril, a beaucoup de grâce et de charme, mais, pour moi, il n’y a de vrai printemps que le printemps normand ; les pommteflrbiancs de fleurs, les chemins creux dans lesquels, au pied des haies, on voit poindre les primevères, les pervenches et les anémones, les hauts peupliers qui, au bord des fleuves, commencent à verdir et, autour de tout cela, cette brume bleutée, toujours un peu humide qui, chez nous, enveloppe toutes choses.Et je sens bien alors que si je suis devenu comme vous un Normand de Paris, nous restons, les uns et les autres, par ces souvenirs profonds de l’enfance qui sont l’essentiel de l’âme humaine, des Normands de Normandie.» On méconnaîtrait la France, aujourd’hui, si l’on ne voyait que les faiblesses de son régime parlementaire et la décadence de ses partis.Il faut voir aussi la bonne volonté qui existe presque dans tous les milieux de notre nation, à l’égard d’une oeuvre éventuelle de réforme.sites et de passions.Chez nous, les besoins, les En ces cinq dernières années, vingt mil- villages sans pouvoir placer un bout de pa-nccessités et les passions existent comme ail- liards de l’épargne française ont quitté notre pier.leurs, mais notre politique n'accepte leur m- ciel pour n’y plus revenir.Ce ne sont pas —C'est de l’or qu’il nous faut! s’en té-fluence qu’à travers une hiérarchie de raison- des papiers de Bayonne, inconnus du public, [aient les épargnants.nements.Si les raisonnements sont viciés ou qui ont provoqué pareil dommage, mais Le$ changeurs achetèrent alors la devise tiqïTtout^Vè* hlT"innocIItes"lle^ml^du mal quïn américaine sur la Placc de Paris et l’échan- vaine bataille de syllogismes incohérents.leur a fait commettre Surchauffées en vase j d"%^ dllUr^d rappellert*notÎTammnt Quand on explique l’impuissance et la : c °s.*ur .^r."larc e origine, e es on j p-,èce de cent francs ou le « monaco » d’avant-t ¦ , .• ,,i.atteint artiliciellement une temperature — .¦ • j • .• i confusion de notre vie publique par le de- je veux dire un cours _ formidablement ! fUerre’ A"ec une de vmgNcmq à s ordre intellectuel on a 1 air de philosopher : di tionnée à leur pouvoir et même à trent" ce"tl,rTes Par ^ V, retr.ouve' dans les nuages.En réalité il n y a rien de lcur potentie, dc distribution.car .bellcs tranc,hes dc metal précieux plus pratique.s achetèrent comme des petits pains.Certains Prenons, par exemple, un des problèmes , Vingt milliards!^ Nous les avions donc changeurs vendirent ainsi jusqu’à trois cent dont s'inquiète vivement l’opinion française j30 armoir.®s a in^e e c,°.r,c mille francs de dollars par jour, j .i .1 r i ' • de 1 Ltat sonnait le creux?L est precise- do toutes les classes: le problème des m- mcnt ,a ,omme prévue au projct d’emprunt , fluences dites d argent sur notre société.Ou de M pierre D Elle peut financer les va voir comment, faute d ordre intellectuel, grands travaux, réduire le chômage, éviter la politique, s étant empare de cette preoccu- ,es onéreux artifices de trésorerie, les dou-pation populaire pour la flatter, agit exacte- loureux sacrifices du fonctionnaire et du ment en sens contraire, contribuable!.Mais il est bien temps d’en parler lorsqu’elle s’est volatilisée! Cette alarme sonne trop tard.La ceinture allégée de son or.serrons-la d’un cran! Cette bonne volonté apparaît sous les inquiétudes et les colères qui ont dérangé la routine politique, depuis quelque temps.Même entre les catégories de citoyens que séparent extérieurement les malentendus les plus vifs, il n’est pas sûr, une fois écartés le formulaire des polémiques et le rituel des accusations réciproques, que l’on ne puisse reconnaître une communauté de dessein.Des informateurs hâtifs ont répandu au dehors, pendant quelques semaines, le bruit que les Français inclineraient à la guerre civile.Rien n’est plus faux que ce bruit.Dans la masse de notre population, et parmi les plus mécontents mêmes, hormis quelques aventuriers ou déments, l’idée d’une guerre civile est abhorrée.Comme l’a écrit très justement un des chefs de l'école des fonctionnaires novateurs, M.Georges Mer: «Ce n’est pas de batailles civiques que rêve le peuple : même quand il descend dans la rue, c’est pour y conquérir la paix.» D’où vient donc le désaccord constant de pensées et d’actions, et, naturellement, de paroles, où verse cette bonne volonté, dès que les Français se trouvent devant une décision de réforme à prendre?Pourquoi, dès lors, les petites préoccupations d’intérêt immédiat, les surenchères les plus grossière» ou les préjugés les plus discrédités l’emportent-ils si aisément sur le souci à peu près unanime de bien faire?On répond, d’ordinaire, pour expliquer ce fait, que les problèmes actuels sont d’une difficulté inouïe et les égoïsmes plus en éveil que jamais.D’où une sorte d'irritation permanente des esprits qui, faute de saisir aisément les phénomènes de notre époque, tantôt se replient sur leur point de vue étroit, tantôt s'associent à de grands partis pris dont le simplisme dispense d’observer et de réfléchir.Peut-être.Cependant il semble douteux que les problèmes de notre temps, compte tenu des moyens dont nous disposons, surpassent en difficulté les problèmes d’autrefois.Croit-on, par exemple, qu’il était plus facile d’administrer la France il y a cent ans, quand le voyage dé Paris à Marseille durait huit jours?Croit-on qu’il fallait moins d’autorité ou moins de diligence pour faire rentrer les impôts sous Louis XIV qu’aujourd’hui, quand la plupart des contribuables vivaient aux champs, loin des grandes routes?.Il semble également douteux que les égoïsmes d’autrefois aient été plus dociles ou moins entreprenants que les égoïsmes d’à présent.Ce qui est nouveau, à vrai dire, ce n'est ni la difficulté des problèmes, ni la résistance des égoïsmes : c’est l’extraordinaire désordre intellectuel dans lequel se meuvent la politique et les partis.Désordre tel que la politique, non seulement n’arive pas à se discipliner pour agir, mais ne saisit pas ou ne saisit que par bribes les pensées de la nation qu’elle veut représenter et qui éprouve elle-même de plus en plus de peine à s’exprimer dans un vocabulaire peuplé de quiproquos.Le désordre intellectuel n’est pas un fait spécifiquement français.Il est, aujourd’hui, universel.Mais la France s’en accommode moins bien, pour sa politique, que la plupart des autres nations, parce que, précisément, sa culture et son enseignement traditionnels l’ont habituée à toujours raisonner le moindre aspect de sa politique.Chez d’autres, la politique résulte d’une coordination de besoins pratiques, de néces- (Le Temps) cours nque.Lorsque M.Roosevelt décréta que tout l'or américain devait rentrer dans les caisses de la Federal Reserve Bank sous peine de dix ans de prison, les citoyens des Etats-Unis obtempèrent.On peut affirmer qu'il n’y eut pas de defection, car le risque encouru ne valait pas la fraude.Pourtant, la balance des pièces sorties de la Monnaie de Philadelphie et de celles rentrées à la Federal Reserve Bank accuse un écart de 18 milliards.« Vous savez qu'en Amérique, il est d’usage de commencer de tels discours (ceux après banquet) par une histoire et voici celle qu’on y raconte le plus souvent.Au temps où, à Rome, on jetait des victimes aux bêtes, le public vit un jour avec surprise dans le Cirque un homme que, tandis que tous ses compagnons avaient déjà été dévorés, les fauves semblaient respecter.Tigres et panthères s’approchaient, l’homme murmurait une phrase: l’animal s’éloignait aussitôt.L’empereur donna l’ordre de lancer dans l’arène un lion affamé et célèbre par sa cruauté.Le lion bondit, arriva près de la victime.Celui-ci se souleva, dit quelques mots et le lion fit demi-tour.Alors, la foule stupéfaite demanda la grâce du magicien et celui-ci fut amené dans la loge de l’Empereur qui lui dit : « Je te ferai grâce, mais à une condition: tu me révéleras ton charme; que disais-tu donc à ces bêtes ?» — « Oh, César, dit l’homme, c’est bien simple; je leur disais: «Tu peux me manger, mais tu devras faire un discours après ton repas ».«J’ai été plus hardi que ce lion ; et j’ai goûté avec grand plaisir les mets normands que vous nous avez offerts ce soir.Je vous avouerai même que si, bien souvent, j’ai redouté les occasions de parler en public, c’est au contraire très volontiers que je prends ce soir la parole parmi vous, car votre association et son objet me sont particulièrement sympathiques.Vous êtes des Normands de Paris, c’est-à-dire que vous maintenez, au milieu de la vie si complexe de cette ville capitale, l’amour de la province qui est notre terre natale.Il faut vous en louer.En des temps où la vieille société aux liens multiples, qui avait fait la solidité de la France, semble parfois se décomposer et fléchir, il est indispensable que restent unis des hommes qui se connaissent bien, qui sont sortis des mêmes villes ou des mêmes villages, hommes de Rouen, du Havre, de Baycux, hommes d’Alençon, de Falaise et de Caen, hommes qui peuvent répondre les uns des autres, hommes qui se sont jugés et appréciés dans les écoles et dans les combats, hommes du 39, hommes du 74, hommes du 129, hommes enfin qui apportent à la France la contribution inappréciable des vertus originales et traditionnelles de lèur province.« Je voudrais.Messieurs, me demander avec vous, ce qui fait parmi tant de types français ce caractère inimitable de la Normandie.C'est d'abord une histoire très curieuse et différente de celle des autres provinces.Sur une terre déjà latine et civilisée sont arrivés un jour des hommes du Nord.C’étaient des conquérants, mais non point des barbares.Ils étaient même singulièrement disciplinés.Bientôt, en Angleterre, ils devaient imposer les premières lois raisonnables que le monde eût connues depuis les Romains et, en France, une féodalité anarchique déchirait encore le pays que déjà le Duché de Normandie formait hoyau de sécurité.Le problème en cause n’est pas nouveau.Le peuple français se montra toujours le plus susceptible à l’égard des influences d’argent.Mais ce qu’il y a d’admirable, aujourd’hui, c’est que le système fiscal de notre démocratie ne semble conçu que pour favoriser la forme Sans doute!.,.Fort heureusement, toutefois, la situation n'est pas aussi désespérée, la plus impopulaire de l’argent: l’argent ga- La ceinture est encore lourde.Il existe en-gné par la spéculation.Ce qu’il y a d'admi- core des liasses de billets derrière les piles râble encore, c’est que le même système fiscal, de linge, prétendu démocratique, n’atteignant en fait que le travail, les activités régulières et l’épargne, affaiblit systématiquement les forces indépendantes qui, dans la société, pourraient résister aux pressions obscures de l’argent.Toute l’expérience historique enseigne que moins les fortunes sont stables ou l’effort hu- Où sont-ils?Gros de billets français et d'*or américain, notre bas de laine peut être une force pour le France ou une proie pour l’étranger.^ Le dommage énorme infligé à son pos- On ne 1 ignore pas, outre frontières, et nous sesscur pendant les six dernières années aurait sommes peut-être les seuls à ne nous en pas j jù rendre celui-là méfiant.Mais il est humain, douter’ _ i par contre, de vouloir souvent compenser une Notre humble bas de laine représenté un | très mauvaisc^spéculation par une très bonne trésor inestimable.j et de rechercher des bénéfices d’autant plus Combien l’armoire rurale ou citadine ¦ exagérés que les pertes auront été plus exces-contient-elle de papier-monnaie ?On peut approximativement l’établjr si l’on compare le nombre de devises mises en circulation par notre institut de crédit au mouvement réel de cette circulation.Avant la guerre, six milliards de francs en billets assuraient toutes nos transactions.La même somme multipliée par cinq devrait suffire aujourd'hui, soit trente milliards, car les besoins ne se sont pas accrus, au contraire, si l'on tient compte de la vulgarisation du chèque.L’épargne française est toujours riche.main garanti contre d’injustes reprises, plus la recherche hasardeuse et cynique de l’argent, et, par conséquent, la brutalité du gain, dominent une société.sives.Le petit épargnant — qu’on me pardonne l’argot des joueurs — doit être protégé de la tentation de se « refaire » et du danger d’être « refait ».nor- On se plaint de ce que disparaissent, chez nous, les vieilles positions de désintéressement intellectuelles, artistiques et sociales, ces positions sur quoi reposait, jadis, le double culte de la justice et de l’esprit.On se plaint de la corruption.Mais tout le système fiscal tend à cela! Il y tend en contradiction essentielle avec la volonté du peuple, mais par la sottise active d’une politique qui se meut au hasard, sous l'impulsion des mots, ne sachant ni comprendre les phénomènes sociaux ni même interpréter l’idée de ses mandants.que guerre comme La loi de 1916 — je l'écrivais dernièrement — qui soumettait l'introduction du titre étranger à l'autorisation du ministre des Finances, s'était pourtant avérée insuffisante.Certes, grâce à elle, nos trésoriers ont su résister à de savants plaidoyers et nous éviter , , , ., ainsi de plus formidables dégâts.M.Paul Augme» tons-la de qu.nze m.ll.ard, pour R j se souvicnt san5 doute â vingt-deux milliards.°CeMl T effondrer quelques moi, „ , , .plus tard.Il nous reste une difference de trente- sept milliards enfermés dans les tiroirs.Mais si la pièce ne roule plus, il ne s'ensuit pas quelle ait subi la désaffection de l'épargnant.Sans doute, nos beaux coqs jaunes, que les nouvelles générations n’ont pas connus, ont été cuits et recuits au bouillon d’Amérique comme une simple poule au pot.Ils n’ont plus j figure de gallinacé, mais le métal ne s est _ , point vaporisé.Pour avoir été frappé à l’effi- ' , ™fll°ns dc 1 P™ , gie d’un homme d’Etat du Nouveau Monde, ! {es.milliards qui nous restent et les employer il n’en conserve pas moins sa valeur.a la ProsPerlte de notrc P*^ Je n’étonnerai pas tous mes lecteurs •— ceux des campagnes moins que les autres — en leur assurant qu’il y a aussi dans l’armoire de France, entre la pile de serviettes et la liasse dc billets, des rouleaux de dollars.Mais : peut-être ignore-t-on comment ils y sont venus.mon Dans un pays comme le nôtre, de tradition immobilière et rurale, où l’argent dc spéculation est maudit, à tort ou à raison, par le peuple, on voit ceci: le fisc percevoir sur une petite propriété des droits de mutation qui représentent le revenu de sept années, et ne rien ou presque rien demander au spéculateur qui, achetant pour un morceau de pain ce bien en détresse, le revendra avec une grosse « différence ».Sept années de travaux forcés pour le travailleur qui veut garder son exploitation; une exonération de fait pour le spéculateur de passage!.Il est difficile d’imaginer que des cas semblables, qui foisonnent, non seulement dans la fiscalité, mais dans toute notre législation, correspondent à autre chose qu'au désordre intellectuel de la politique.Les exemples déborderaient du cadre de cet article.1 Armés par la loi de 1916, nos ministres ont pu limiter le désastre .11 leur a été néanmoins impossible de le prévoir ni de le prévenir totalement.C’est donc un renforcement de garanties qu’on pourrait souhaiter, un redoublement de sévérité.conserver Louis ROUBAUD (Le Petit Parisien) Pour réformer la société conformément aux vraies aspirations populaires, il faudrait commencer par remettre de l’ordre dans l’esprit et le vocabulaire de la politique.Il faudrait donc, d’abord, que les partis sacrifient un peu les ruses électorales à l’intelligence sociale.Mais c'est une question — une autre ! — de savoir si nos partis peuvent avoir le souci ou même le goût de l'intelligence.Le paradis des espions « C'est la France », écrit M.Charles-Robert Dumas au Témoin.La loi nouvelle contre l’espionnage ne prévoit qu’une peine maxima de cinq ans d’emprisonnement, alors qu’à l’étranger.La vente de l’or américain au thésauri- ! français s’est effectuée en quelques an- LORSQU’ON VOUS SOUHAITERA « BON VOYAGE ».seur nées, pendant la période où, pour avoir été trop frénétique, la spéculation s’endormit.Par réaction contre la fièvre boursière, à la suite de quelques krachs retentissants, le petit épargnant répudia toutes les valeurs financières.Et les démarcheurs parcoururent en vain les n'oubllez-pais que vous serez bientôt en mer, cl assurez-vous nue vous pourrez « couper » avec de l'Eau Perrier.Le buveur avisé apprécie l’Eau Perrier pour pa vitalité et son effervescence.Grâce à elle, on navigue sur le bleu de la mer sans souffrir de bleu au cerveau.En Allemagne : détention de cinq à vingt-cinq ans, prison perpétuelle et môme — depuis environ quatre mois — la mort.Lucien ROMIER un En Italie : prison à partir de cinq ans jusqu'à perpétuité.En Hongrie, en Lithuanie, en U.R.S.S., en Pologne, en Yougoslavie, en Tchécoslovaquie : la mort.En Roumanie : vingt ans de travaux « Aujourd’hui encore les Normands, ceux de chez nous comme ceux des pays Scandinaves, si bien représentés parmi *°ir, aiment l’ordre.Dans les périodes les plus troublées de l’histoire de la France, on les trouve toujours du côté de la raison.Habitant une riche province, grands travailleurs, il* demandent surtout à travailler *n paix.Ils ont compris les premiers que c c,t la politique qui doit servir le pays, et non le pays qui doit se mettre au service de la politique.« Cette province, toute proche de l’Angleterre, et qui lui donna jadis ses chefs, lui ressemble par les prairies et les forêts, la constante humidité et les caprices d’un climat presque maritime, par le caractère aussi des hommes et même par léur aspect physique.On m’a souvent demandé pourquoi j ài écrit sur les Anglais; c’est parce qu en lisant leur histoire, je retrouve des types familiers.Ces ministres pleins de bon sens et d’ironie cachée, ces généraux silen-j"Uf’ att teint coloré, je les voyais comme dés fermiers du pays de Caux.Ce goût du compromis, de la solution moyenne qui est e Pr°Pre de la politique anglaise, c’est le * ° f ête ben qu’ oui, p’t’ête ben qu’ traditionnel.Les bateaux coulés de Scapa Flow nous ce gya Une société écossaise va reprendre les travaux de sauvetage des navires de la flotte allemande coulés pendant la guerre à Scapa Flow.Elle succédera à une autre société, qui a abandonné l’entreprise l'an dernier après avoir ramené à la surface, depuis 1919, quelques-unes des plus fortes unités de cette flotte : le Von dec Tann, le Seyd-litz, le Pcinzcegent Luitpold.et surtout le croiseur de bataille Hindenbucg, de 32,000 tonnes.Il reste à relever du fond de la mer, aux fins de démolition, une dizaine de navires.Un ancien steamer, la Bertha, qui a été muni à cet effet de l'équipement le plus moderne, a été envoyé dans les eaux de Scapa Flow pour diriger les opérations ; celles-ci s'annoncent comme difficiles, car les navires qpi restent à relever sont à de plus grandes profondeurs que les précédents.forcés.Résultats : Les résultats d'un telle aberration, ce sont les chiffres qui nous les apportent.En 1931, les condamnations d’espions se chiffraient ainsi : En Pologne, près de 300.En Allemagne, plus de 100.En Roumanie, 80.En France, 12.A la fin de 1932, nous en avions eu chez nous 22.En 1935, 26.D'autre part : Sur 16 individus arrêtés chez nous en 1931, 12 seulement ont été inculpés.Sur 46 individus arrêtés chez nous en 1932, 24 seulement ont été Inculpés, Sur 63 individus arrêtés chez nous en 1933, 49 seulement ont été inculpés.Chiffres d’autant plus significatifs que l’espion allemand grouille littéralement en France sur l’ensemble du territoire, en particulier sur la frontière de l'Est et aussi dans les ports militaires, dans le Midi et sur nos côtes ouest, l’espionnage italien se localisant plutôt dans les parages de la Côte d’Azur, où il se montre extrêmement habile et actif.Les statistiques montrent que, sur le total des espions arrêtés chez nous, il y a un bon tiers de Français, Il s'ensuit que ces mauvais fila, traî; très à leur patrie, ne paieront leur infamie que de deux ans et demi de cellule.Vous le voyez, nous n’exagérons rien.« Notre pays, dit le Témoin, est le paradis des espions !» tSSSSSS -e- SOS # Le système d’issnrance-vie que l'on vient d’ineugurei » bénéfice de l'Université de Montréal n'est pas nouveau.Des projets semblables ont été mis à exécution au Canada et aux Etats-Unis pour sauver de la gêne financière des collèges, des hôpitaux et des églises.# Trois compagnies ont été autorisées è émettre cette police à 30 ans au bénéfice de l’Université: la Canada Life Assurance Co., la Sauvegarde et la Montreal Life.# Ce projet ne s'adresse pas seulement aux diplômés de l’Université de Montréal, mais à tous ceux qui ont à coeur de faire de cette institution le plus puissant foyer de culture française en Amérique.# Devenez un bienfaiteur des générations futures tout en assurant une dotation pour vos vieux jours ou la protection aux vôtres en cas de décès.Un plan simple mais très approprié non » En vous assurant dans La Sauvegarde, vous protégez votre famille contre les éven- a Montréal.(r-n) , * Le « PVête ben qu* oui, p’t’ête ben qu non », c’est ]a clef de la politique anglaise.Un moment vient, après la guerre, ®u la population égyptienne ne supporte plus a présence des Anglais.Que faire ?Faut-il évacuer?Un Latin répondrait oui ou non.n Anglo-Normand hésite : « P’t’ête ben qu oui, p t ête ben qu’ non.» Et il évacue aans évacuer.Il s’en va en restant.Faut-il Payer les dettes américaines ?Là encore un aim répondrait oui ou non.Mais l’An-g ai s : < P’t’ête ben qu’ oui, p’t’ête ben qu non.» On paiera tout de même en ne Payant pas.On paiera un peu, très peu °mme toujours, on cherchera un compro-Va" , ar* aP«s tant de siècles, les chefs de ugleterre restent Normands et les Normands ne changent guère.Je me souviens avoir été reçu jadis au Canada, sur le j 11 c u ‘a gare de Montréal, par un jeune Journ»|-t« canadien cl normand, qui m'ac-uciim d un : « Et comment qu’ça va, m sien Il sc résume à ceci: Vous achetez une police spéciale à Dotation de 30 ans, d’où découlent immédiatement des bénéfices pour l'Université, et en même temps, pour vous, la protection de l’assurance-vie payable à votre succession ou bénéficiaire.D’autre part, ce contrat constitue un fonds de $1,000., $2,000., $5,000., ou davantage, dont vous pourrez jouir dans vos années de retraite.DIAMANTSV I L Moore & Co.Ltd Marchand* de diamants Etabli» en 1020 Présentement le plus bel tinrent de lingue# de ftançalUe» et alliance» Montre* Baguette en plntlne sertie# de diamant A assor- M Diamant# A I.Moore de Co.Ltd M adrenex COMITE ju FONDS Je DOTATION detUNIWE IMITÉ dcMOMmEAL 48®,roc Urooke,«i Plateau - SOIT N 1333 ouest, rue Stc-Cntherlne Angle Crescent PL 4435 L’ONCE OR FIN -vous: NOUS ACHETONS LE VIEIL OR $34.92 Pour votre complet d'été, voyez les étoffes d’Emile Thlidule.De beaux dessins, couleurs gales, étoffes durables.Coupe selon les derniers modèles.Prix convenant à toutes les bourses.Profitez de l’expérience d’un nvir-chand qui tient avant Coût iV satisfaire sa clientèle.335 est, rue S.-Catherine, T S oïl on tenant compte de la cote Quotidienne du Gouvernement.r (r-b) ¦') H L’ORDRE—Montréal, mercredi 30 mai 1931 '4 r il : 'I LES ARTS LES LETTRES h I .M.Doumergue et les lettres gréco-latines LETHÉÂTCE Réflexions sur le fantastique retour à une époque plus normale, cette crise opère, malgré eux peut-être, une sorte de sélection parmi les écrivains et les artistes! » Dieu veuille que la crise opère dans d'autres domaines que le théâtre la sélection dont parle M.Duran.Michel Duran et la critique nous prépare ce divertissement.Elle ouvre, pents qu, sifflent sur les tele, des Eumem-Par les soins de M.René Lalou.une vaste des.les supplice, des cercles dantesques, enquête sur « la valeur psychologique et c est du merveilleux.Tandis que la rencon-artistique du fantastique ».Voilà une idée tre fortuite de circonstances peu extraordi-îolie et séduisante; et puis, pour peu que naires, un chant qui s élève à une certaine l'on y songe, un sujet qui offre matière à minute, une ombre qui passe dans un che-des réflexions plus étendues qu'il ne parait min, tout simplement un nom prononcé par d’abord.Quand j'ai voulu répondre au ques- hasard, voilà qui suffit à nous faire entrer tionnaire de la Revue des vivants et que j’y dans l'atmosphère fantastique.Dira-t-on ai eu pensé quelques minutes, c’est tout un problème littéraire qui s’est présente à mon esprit.J’ai pris le parti, pour tâcher de l’élucider un peu.de lui consacrer une de ces chroniques.La seule crainte que j'aurais pu avoir, qui était de déflorer l’enquête de notre confrère, ne m’a pas arrêté: les possibilités du fantastique déjouent trop la vertu de ma petite contribution pour risquer d'en être atteintes.Michel Duran et le cinéma Auteur dramatique bien connu, Michel Duran est aussi un chroniqueur mordant, ne mâchant pas ses mots et méritant probablement plus que moi le titre qu'un de mes amis m’a décerné, celui de critique à la dynamite.Michel Duran vient de terminer une pièce nouvelle qui devait être créée à Paris au cours de ce mois: Liberté provisoire.Ce fut un collaborateur de M.cirerions les traces avidement ! Imaginez qu’un cataclysme ait englouti, avec toutes les oeuvres de leurs historiens, les archives de I’Hellas et de Rome, en même temps que les vers de leurs poètes et les méditations de leurs philosophes ; imaginez qu’on les re-trouve soudain dans je ne sais quel 1ère du mont Athos ou quel hypogée de la haute Egypte.Une telle découverte serait considérée comme un événement capital pour le monde entier, pour l’Europe en particulier.Et c'est avec un frémissement de toutes les intelligences de l’univers qu’on se mettrait à en étudier le détail, à en dégager l’ensemble, pour s’en inspirer.On se jetterait littéralement sur Homère, sur Thucy.dide, sur Platon, sur Aristote, sur Virgile, sur Tacite, sur les vicissitudes, la gloire et la fin d’Athènes — pensons-y toujours ! _____ sur l’aventure inouïe d’Annibal, sur la vie et la mort de Jules César, sur «la grandeur et la décadence des Romains », et l’on y chercherait des lumières sur nos propres des- M.Gaston Doumergue, avant de prendre le pouvoir, avait fait l’éloge, à l’Académie des Jeux Floraux, de l’esprit méditerranéen, cet esprit qu'il est parfois nécessaire de défendre contre les mépris ingénus du nordisme, et mis en relief les bienfaits de la civilisation gréco-latine.Il avait recommencé, quelques jours à peine avant de redevenir président du Conseil, dans une lettre où il parlait de ces vieilles humanités qu il était, disait-il, désolé « de voir aujourd'hui tenues en si grande défaveur par une jeunesse désorientée au point de ne pas se rendre compte que c’est précisément ce qu’elle dédaigne ou dénigre qui lui indiquerait la bonne voie ».On ne saurait trop le remercier de ces justes paroles, et l’on voudrait insister aujourd’hui sur l’aveuglement des esprits « modernes » qui, dans la culture des nouvelles générations, négligeraient volontiers, pour une instruction exclusivement scientifique, le trésor inestimable des lettres latines • i i i monas- Voici le moment dangereux.Cet homme terrible qu’est M.Duran va sûrement ne faire qu’une bouchée de la critique et des critiques pour lesquels le délicat Sacha Guitry lui-même n’est pas tendre.Erreur! M.Duran est pour la critique et pour ment, en lui disant des choses assez peu |a critique sévère.Au fond, il est logique: amènes sur certaines personnes et certains ^ puisqu’il demande à la crise d’opérer une sujets._ | sélection pour débarrasser le théâtre du faux Sur le cinéma, en particulier, M.Duran brillant, il demandera aussi aux critiques a dit à M.Barlatier des choses assez désa- j d’achever l’œuvre de la crise, gréables pour les producteurs de films et les acteurs qui abandonnent la scène pour l’écran, donnant à ces derniers des noms d’animaux.Passons.Le cinéma n’étant pas ma partie, venons-en au théâtre.1 ! une occasion pour Comœdia, M.Pierre Barlatier, d’avoir un entretien avec M.Duran.Celui-ci a reçu le journaliste conformément à son tempéra- alors que le merveilleux est livresque, et que le fantastique surgit directement de la nature ?Mais le fantastique doit aussi beaucoup à la littérature.Je crois que si l'on veut y voir clair, il faut prendre les choses de plus haut.Ne pourrait-on pas avancer que, si le fantastique est la poésie du hasard, le merveilleux est la poésie du destin ?C’est-à-dire que, dans le merveilleux, r-, .r .l’homme se réfère à un ordre qui le dé- D abord, qu est-ce que le fantastique ?j „• ntre pas dans son univers ra- Je n aurai, jamais trouve 1 excellente rc- mais dont il accepte la loi.Le mer- la littérature fantastique à notre époque.s‘tue dans 1 mv,s.lble sans, doUtef’ qUl L’ouvrage de M.Alexandre Arnoux a pour » e" «t pas moms assure Le fantastique titre: « Poésie du hasard »; et M.Arnoux lul- n?lt de„> incertitude, de 1 incoherence, et nous révèle qu’il a trouvé dans Andersen peut-être d un scepti-isVe profond que recette admirable formule.C’est assurément une très vive sensibilité.Il produit les la plus parfaite définition qu’on puisse don- seuls miracles capables de ravir les incre-ner du fantastique.Tout développement doles.Alors que le merveilleux se rattache qu’on y ajouterait sur la valeur poétique de à 1 absolu, le fantastique se développe en ce que l’homme n'a pas prévu, de ce qu’il pleine relativité.n’a pas voulu, ne ferait que diluer sans Si bien que la première réaction des l’augmenter cette évocation saisissante: amateurs de fantastique est de douter de poésie du hasard.son existence même.C’est un doute déli- cieux.d’ailleurs, comme on en peut éprouver à la vision d’un mirage, ou au demi-ré- I ¦ I Voici un passage du dialogue qu’il a échangé à ce sujet avec M.Barlatier: € Il y a quelques années, n importe quel navel joué par des médiocres était sûr d'aller delà de la deux centième, comme n’importe quelle croûte était sûre de se vendre le marché de Montparnasse.Aujourd'hui, grâce au ciel, le public est plus difficile mieux averti peut-être, par la place de plus en plus grande que prend dans la presse la critique.Sacha Cuitry comparait l’autre jour le critique à un eunuque au milieu du sérail.Je ne suis pas de son avis et, pour ma part j’ai, à diverses occasions, reçu des avis souvent dépourvus d’aménité dont j’ai clé heureux de faire mon profil cl le seul reproche, je pense, qu'on puisse la plupart du temps adresser aux différents critiques, c’est de ne se point montrer assez sév'cres! — Attention, ce que vous avancez là n'est pas sans danger à quelques jours de la répétition générale de LIBERTÉ PROVISOIRE/ i • tinées.au et grecques.La science est une grande dame, noble et puissante, et utile.Il ne s’agit pas de l'humilier ni de l’exiler.11 s’agit de délimiter son domaine.Il s’agit de laisser coexister, à côté de l’esprit de géométrie et de logues ou dérivés, cet esprit de finesse que Pascal en distinguait par un coup d’oeil aigu, et qui est peut-être plus utile encore à l’homme.Car c’est lui qui engendre la sa-dans la vie, dans la vie des hommes Sans doute, l’histoire ne se recommence pas tout à fait, et nous aurions tort de croira qu’on peut calquer le graphique de notre civilisation sur celui de la Grèce et de Rome.Ni les conditions, ni les âmes ne sont les mêmes.Mais si elles ne coïncident pas exactement, elles sont analogues.L’histoire ne se recommence pas, soit, mais elle se ressemble.Et c’est de cette éternelle ressemblance avec elle-même que nous devons essayer de tirer les lois du développement des cités, des peuples et des empires, de scander ce qu’on pourrait appeler le rythme des civilisations, pour en faire notre profit dans la grande incertitude où se trouve le monde à l’heure trouble ' et peut-être tragique où nous sommes.Aussi faut-il remercier le nouveau main-teneur des Jeux Floraux, redevenu quelques jours après le Président du Conseil, d’avoir en quelques brèves et substantielles paroles rappelé à ceux qui pourraient l’oublier que nous avons sous les yeux, dans Rome et le Grèce, deux expériences parfaites, c’est-à-dire à la fois merveilleusement nettes et entièrement closes, et que ce serait folie que de ne pas continuer à les étudier pour les utiliser et pour régler notre conduite, à nous, la civilisation qui leur a succédé, et que nous voudrions bien ne pas voir mourir comme elles.Michel Duran et le théâtre i i sur Le théâtre, c’est proprement le domaine de M.Duran.Il l’aime et ne peut se résoudre à croire à sa disparition.Voici ce qu’il a dit à M.Barlatier à ce sujet: « Quant aux théâtre, c'est devenu un lieu de parler de sa mort prochaine.« Pourquoi donc, s’il vous plaît?« La crise dont souffre le théâtre est tout simplement, ce me semble, un aspect de la crise générale.Croyez-Vous que l’on Vende beaucoup de tableaux, de pianos ou de colliers de perles?» « Mais, à la fin de la guerre, un véritable pactole inondant le monde, de nouvelles salles de spectacles se sont ouvertes un peu partout; ainsi se construisaient ici et là de nouvelles usines, de nouveaux palaces, comme si les Vaches grasses devaient durer toujours.« A présent qu’est arrivée l’ère des vaches maigres, on s'aperçoit tout à coup qu’il devient impossible de remplir les palaces, de trouver du débouché aux usines du public aux innombrables établissements de spectacle.C'était, cependant, facile à prévoir! Mais, ici, encore, je crois qu’il y a lieu de se montrer optimiste.Celle crise, dont chacun ne cesse de se plaindre et qui n’est, en vérité, qu’un I I ses ana- commun gesse et dans la vie des nations.Or, cet esprit, où peut-on mieux l’exercer qu’en apprenant à connaître la Grèce et Rome dans leurs lettres et par conséquent dans leurs langues ?Quoi! dirons-nous aux contempteurs de ces enseignements, vous avez la chance de pouvoir tour à tour embrasser d’un seul regard deux grandes civilisations complètement évoluées, celle de l’Hellas et celle de Rome, les deux civilisations qui ont précédé, qui ont enfanté la nôtre, et, en cessant d'étudier leurs langues et leurs lettres, vous négligeriez les leçons qu’elles peuvent nous donner! D’autres civilisations les ont précédées, certes: l’égyptienne, l’assyrienne, la mède, la perse, sans compter la chinoise qui, elle, n’a pas terminé ses lentes ondulations, pareilles à celles des énormes dragons qui sont une des bêtes favorites de la Chine; aussi sa leçon ne peut-elle être entièrement dégagée.D’autre part, l’auguste civilisation égyptienne et les très anciennes civilisations de l'Asie, bien qu’elles soient, et pour cause, complètement achevées, nous les laissons aussi de côté parce qu’elles sont trop lointaines, et, bien que de proche en proche la nôtre soit leur descendante, trop différentes.Mais la Grèce, mais Rome sont nos voisines dans l’espace et dans la durée (qu’est-ce que deux mille ou deux mille cinq cents ans à travers le temps infini?), leurs civilisations sont pareilles à la nôtre, comme une mère et une aïeule sont pareilles à leur fille et à leur petite-fille.Et vous ne profiteriez pas de l’expérience magnifique que l’histoire a de la sorte instituée en notre faveur, vous laisseriez tomber dans l’abîme des siècles ces exemples congénères qui peuvent éclairer les ténèbres de notre avenir ! Mais si nous ne les possédions pas, nous en recher- 11 semble qu'une telle définition fasse déboucher nos rêves sur l’infini.Cependant, à y bien songer, le fantastique a des limites, veil qui suit un songe.Mais si l’amateur de au moins dans le domaine de l’expression.Il fantastique se met à raisonner, il ne tarde appartient à certaine catégorie littéraire, à pas à formuler la question suivante, la plus certain côté de la civilisation.Pour mieux importante de celles que pose la Revue des cerner la notion de fantastique, il faut l’op- [ f/ioanls: « La fantastique a-t-il pour vous poser à celle de merveilleux, qui appartient ' une valeur positive ou vous apparaît-il seu-à un autre monde.Le merveilleux pourtant lement comme une déformation du réel ?» est aussi ce que l’homme n’a ni prévu ni j Voilà, si l’on y prend garde, une ques-voulu.Oui, mais considérez l’histoire de la tion qui peul mener loin.11 y a là de quoi poes.e, le tableau de ses oeuvres les plus si- remuer loutes ]es hypothèses philosophiques gnificatives, et voyez comme fantastique et ^ ort$ du rée\ et l'imaginaire, merve.l eux ont chacun un champ distinct.^ tence même du monde par rapport *• ••«, C’est dire tout ce que le fantastique doit à notre sensibilité.Il peut même naître de l’exercice gratuit de la sensibilité, qui s’excite sur nos ressources internes, sur des mystères émergés de notre mémoire, sans que le hasard des choses y soit pour rien.M.Alexandre Arnoux écrit, dans Poésie du hasard: « Quatre villes de la terre ont hanté mes songes d’enfance: Pampelune, Oxford, Pittsburg, Lubeck.Pourquoi précisément celles-là et non pas quatre autres?Je vous serais bien obligé de me l’apprendre.Il faut peu de chose La plus récente époque littéraire lui a été particulièrement favorable.Le fantastique a été depuis quinze ans le meilleur refuge offert aux esprits devant un monde dont ils avaient perdu la clef.Quand les aptitudes à la foi ont été ébranlées par l’abus des systèmes, le fantastique offre de conjurer, par une sorte d’ordre poétique, le désordre que l'intelligence n’a pu résoudre.Pour trouver sa place excessive, il faudrait refuser d’admi- André ROUSSEAUX (Figaro) VOYAGES MODERNES ' Voyez les Voyage» moderne» (Genin, Trudeau & Cie, Ltée) pour tous voyages : vacances, croisières etc.Représentants d'expérience à votre disposition.42 ouest, rue Notre-Dame.(r-b) 1 DA 2261.(rl ",v.1er.Comme le dit Péguy avec son éloquence d’un seul mouvement : « Ils (les travailleurs de l’ancienne France) se levaient le matin, et à quelle heure, et ils chantaient à l’idée qu’ils partaient travailler.Travailler était leur joie même, et la racine profonde de leur être.Et la raison de leur être.Il y avait un honneur incroyable du travail, le plus beau de tous les honneurs, le plus chrétien, le seul peut-être qui se tienne debout.» Dans la bouche de l’auteur de l’Argent, cette apologie du travail prend des proportions écrasantes.Son entreprise des Cahiers de la Quinzaine est une des plus grandes aventures et des plus incroyables qui aient jamais tué un écrivain.Quelle admirable folie ! Quelle ouvrage bien faite, poussée, maintenue comme par miracle.Si on connaissait cette histoire comme je la connais, on verrait ce que peut accomplir un homme du peuple de l’ancienne France, possédé du travail.Il n’y a certainement pas dans l’histoire de la littérature française et peut-être de toutes les littératures un écrivain qui ait plus travaillé, peiné et sué que Péguy.Balzac fut un géant dans ce sens-là, mais je crois que le paysan des Cahiers le dépasse.Péguy n’avait pas seulement à lutter contre des personnages imaginaires et des dettes réelles.Il avait à lutter contre un monde puissant, contre la Sorbonne, contre sa République qu’il aimait tant, contre le journalisme en bloc, contre l’argent, contre les hommes les plus redoutables de son temps de gloire et de misère.Et dans quelles dirions luttait-il, travaillait-il ?On n’ose pas y penser.Le manque continuel d’argent, des dettes considérables, des soucis de père de famille.Il fallait que dans de pareilles circonstances il travaillât plus qu’un autre, quelque chose comme vingt heures par jour pendant vingt ans.Que les précieux limeurs de vers ou les visages pâles des proses obscures nous semblent petits à côté de ce Titan 1 Et Péguy ne se plaignait pas ; il ne se plaignait jamais.Au contraire de Léon Bloy que j’adore et à qui je pardonne tout, Péguy ne nous donne pas un journal fidèle de ses plaintes contre le proprio, le bourgeois et le commerçant.Lorsqu’il parle de l’Argent et de la misère, il le fait avec une sorte de grandeur romaine et avec une dignité que ne connut jamais le Mendiant ingrat.Lors de la fondation des Cahiers (en 1900), il recrute 200 abonnés ; en 1903 il en aura 1200.Mais les attaques redoublent contre cette publication socialiste et chrétienne.La lutte devient plus âpre et plus effroyable que jamais.«Tous les ans, par des efforts et par des dévouements incroya- à la page, tous les gnangnans de lettres, les exténués des poétiques nouvelles, les castrés de la prose, tous gens du métier, sans moelle et sans mystique.Qu’un homme possède dans sa bibliothèque (qu’on n’apporte pas avec soi dans le tram ou à la plage) les oeuvres complètes de Daudet, de Bloy, de Péguy ; qu’il relise ces ouvrages depuis vingt ans, la plume à la main ; cela prouve simplement que c’est un homme sérieux, un homme en santé physique et en santé morale, un homme à qui un auteur chic comme Paul Valail-rien ne la fera pas.Il y a trop de substance dans un auteur comme Péguy, par exemple ; il y a trop d’âme ancienne qui parle d’une voix unique; il y a trop de robustesse et d’humanité (et d’admirables faiblesses), , .# .pour que cet homme s’intéresse à des jou- de moins étudié, de moins métier, de joux littéraires fabriqués par des mercantis - moins mécanique, de.moins « fleur artifi- e[ par des princes de la farce qui tous, pour Mais chose assez extraordinaire, et qui ; cielle », de moins léché.[a plupart, écrivent comme des échappés de ne s’était jamais vue chez nous, le fondateur ! Dieu merci ! je ne me suis jamais cm- Charenton.des Cahiers de la Quinzaine venait à peine balle pour un académicien, quel qu’il fût, Heureusement que ces écrivains ne vivent de tomber, les bras en croix, au champ pas même pour Bremond, dont le débat sur pas.Ils ont passé : ils n’ont jamais régné, d’honneur (honneur ici est à sa place), la Poésie pure restera une extravagance de Et il nous aura été accordé comme suprême qu’un autre Péguy, au Canada, un Péguy savant poussiéreux, et dont l’amour exagéré jouissance de voir un Berthelot Brunet, de même rang par la culture classique, le j pour le persifleur Sainte-Beuve me paraît incapable de se priver, il y a quelques mois goût littéraire, par 1 ardeur au combat, je être une de ces fautes qu’on rachète diffi- à peine, de ces joujoux littéraires, étaler yeux parler de Jules Fournier, reproduisait cilemcnt.Dieu merci ! je n’ai jamais gobé dans I’Ordre du 24 mai 1934 le procès à pleines pages dans son journal, l’AcTION, non plus les Vildrac, les Jules Romains, les amusant d’André Gide, cette longue figure des pamphlets entiers du « Génie de Loire ».Valéry, les Picabia, les Gide, les Saint- protestante, qu’il traite, du reste, avec beau-1 un des plus passionnants de France.Léger Léger ou autres Bric-à-brac des coup d’à-propos, de «maître de ballet».Presque en même temps, ce Fournier, écoles modernes.Je les ai lus, comme tous Quand on voit un ancien disciple, l’infatigable chercheur et découvreur de ta- les snobs, mais je n’ai jamais perdu mon ancien fervent, parler de la sorte de lento inconnus ou méconnus, publiait les temps à les relire.Avec toute mon ignorance, ses idoles, c’est que le règne de la farce, pages les plus violentes et les plus mystiques avec tout le poids de l’ignorance de mes an- du maboulisme et de la folie, tire à sa fin.de Léon Bloy.Daudet, l'immense Daudet, cêtres.penchés sur le sillon de misère, je II faut revenir au bon sens, à la phrase-idée, cet autre Léon, de l’invective et de la syn- peux me rendre ce mérite et cette gloire d< à la phrase-substance et moelle.Un écrivain thèse, devait m envoûter un an plus tard.Je n avoir jamais cédé à la mode, et, pou comme Péguy, homme d’abord, écrivain en-vivais une jeunesse brûlante, inutile de vous parler grossièrement comme Péguy lui-même suite (pour exprimer l’homme), ne peut pas lo aire.A cette époque je ne connaissais je dirai que ça n a pas pris.Je dirai qui mourir.Il arrive qu'on le méconnaisse pen-aucun litterateur, aucun journaliste.J igno- i les visages pâles dont parle Béraud ne m on: dant quelque temps.Mais la raison veut rais même que cette gent existât chez nous, jamais séduit.Non pas que j’adore les qu’il ressuscite si des imbéciles l’ont tué.Ce Je vivais heureux.Les beaux livres m avaient | faces invariablement sanguines, mais j’aime génie est vivant au milieu de nous.Et si déjà perdu (ou sauvé), que mon jeune ami ce qui est naturel.J’aime 'a rougeur sous le Péguy est un écrivain dans le sens le plus Berthelot Brunet (petit homme noir intelli- ! coup de la colère, de l’indignation ; j’aime fort et le plus noble du mot, c’est qu’il a gent) apprenait à lire chez les bons pères la pâleur qui se fige à la suite d’une forte j quelque chose à dire, c’est qu’il a parlé d Jésuites dans le Musset des familles.Il lit j émotion de tendresse ou d’amour.J’adore sa langue à lui, dans sa prose à lui, non plus maintenant des auteurs plus modernes, plus ce qui est naturel, humain et vrai.Les «in- ' une forme depuis longtemps cherchée, tapée rares, mais qui à tout prendre, lorsqu’on ! variablement pâles » me dégoûtent parce que et retapée, mais dans un style qui lui est se trouve seul avec son miroir, ne valent pas je sais pourquoi ils sont pâles.aussi naturel que le chant au rossignol.Musset.11 sait bien ce que je veux dire, le On comprendra que je n’aie petit homme noir intelligent.Il y chose aussi, mais c’est une histoire vous conterai plus tard.A vingt ans, j’envoyais à tous les diables blés, nous montons à 11 ou 1,200 abonnés, et, tous les 1er septembre suivants, nous repartons à 900 », avouera-t-il à Bernard-Lazare.Péguy ressuscité m talion serrée va le servir glorieusement.Péguy ne méprise pas seulement les politiciens, mais les politiques aussi.La politique sans amour désintéressé de la politique, c’est-à-dire privée de mystique, ne vaut rien, ne peut rien, qu’elle serve la république ou une monarchie.Le pamphlétaire parle ici au nom du peuple français, le seul qui doive vivre, et non le Pouvoir.Naturellement, Péguy tient le centre, et il sera l’en déloger, car il est solide sur ses pieds de paysan, de vigneron surtout, qui sait tailler, sarcler, biner, choyer, désherber, cajoler et regarder.-Péguy fait tout cela quand il parle politique.Il démontre bien que les politiques qui se croient gens pratiques, man qui ne le sont pas en réalité, ne font rien de bon, de solide, de durable, tandis que les mystiques (lui Péguy, toujours au centre) amassent, bâtissent, façonnent les hommes et les races.Et que font les politiques pendant ce temps-là ?Ils pillent et ils ruinent.Je sais bien qu’en bon polémiste Péguy exagère, mais c’est en exagérant qu’on finira pas découvrir la vérité.Lorsque, dans une discussion un peu serrée, le bourgeois compromis, le suiveur de toutes les politiques, le salueur de morts, vous dira, croyant vous abattre : « Vous exagérez, mon ami ».c’est que la peur s’est emparée de lui, ccst qu’il redoute une attaque imprévue, cest qu’il va bientôt reconnaître son erreur.Continuez à exagérer, alors, et ne lâchez plus votre victime : elle finira par vous fournir elle-même un peu de lumière.Et la partie est gagnée.Ce fut toujours la méthode suivie par Bloy, Daudet et Péguy.Elle semble avoir profité surtout à ce dernier.Son style se prête merveilleusement à l’exagération.Son style à répétition, à répétition multipliée, variée et génialement combinée.C’est inouï de chaleur, de souffle et de puissance.De procédé favori : l’énumération ; mai* une énumération énorme, une énumération parfaite, absolue.C’est une mer dans la tempête ; c’est parfois une mer bleue et tranquille sous un soleil de plomb, mais c’est toujours la mer.C’est Péguy.C’est au milieu de ces tracas, de cette difficulté permanente, que Péguy écrira les plus beaux pamphlets, les plus graves comme les plus comiques, les plus féroces comme les plus justes, mais de tous ces pamphlets Notre jeunesse est certainement le plus extraordinaire.Il y a bien dans Victor-Marie, comte Hugo, une poussée vertigineuse de colère, d’indignation, mais elle n’est pas tenue comme dans Notre jeunesse.Ici, le pamphlétaire nous donne la pleine force de son talent et la maturité de sa pensée.Ce sont des reprises incessantes d’une donnée première.La marche est lourde, implacable, mais elle avance, mais elle fonce.Tous les éléments de la polémique y sont à l’état pur; l’ironie, le sarcasme, l’invective, l’indignation d’un écrivain « peuple » et la colère d’un roi.Au lecteur peu familier avec Péguy, je ne conseillerais pas ce cahier, car il serait dérouté, il en resterait abasourdi, mé.Qu’il lise plutôt les écrits de 1904 à 1905 et l’admirable Jeanne D’Arc.Qu’il les relise à voix haute.Cette méthode est excellente pour bien s’assimiler un penseur qui possède un style.Puis, dans la paix d’une nuit à la campagne, qu’il lise Notre jeunesse.Je demande simplement à ce bon lecteur de m’en donner ensuite des nouvelles, car c’est franchement beau.Le pamphlet débute par une apologie de la république, de la république-idée, de la république-cité harmonieuse, mais ce n’est pas encore la république française, et le polémiste porte le coup ; « Si la République marche depuis quarante ans, c’est parce que tout marche depuis quarante ans.Si la République est solide en France, ce n’est pas parce que la République est solide en France, c est parce que tout est solide partout.» Mais il va la défendre un peu plus loin ; « On nous parle toujours de la dé-giadation républicaine.Quand on voit ce que la politique cléricale a fait de la L y a vingt ans je découvrais Charles Péguy.L’écrivain, si original dans sa pensée et dans sa prose, venait de mourir comme un lion, traqué par les boches, dès les premiers jours de la guerre.Il laissa entendre un rugissement de revanche d’un accent si éternel qu’il ressuscita les morts autour de lui.Et ce fut de ce rugissement même qu’est sortie sa gloire.Avant sa mort on ignorait son œuvre, on la méprisait, ou ] vains bien encore I les boursouflés et les essoufflés du romantisme, à commencer par le père Hugo jusqu’à l’entremetteur de Rolla, pour me jeter tête perdue (ou sauve) dans ce gouffre de tonnerre, de tempête et de grandeur qui se nomme Bloy, Daudet et Charles Péguy.Je n’en suis pas délivré, de cet abîme de lumières, et je n’en sortirai pas de sitôt, pour la raison bien simple que ces trois écri-représentent pour moi, pour moi seul, - on la méconnaissait.Mais lors- | bien entendu (mais c’est l’important), ce que Péguy, pour apaiser la soif de la qu’il y a de plus grand, de plus humain, Nation, versa son sang généreux, la France : de plus fortifiant, de plus vignoble, dans la comprit quel écrivain de race elle venait de littérature française, par conséquent ce qu’il perdre.Il est de ces brutalités qui immorta- y lisent les grands hommes.( difficile de sou- .• H n.' l i ’ lî assom- / t.V.Mi# un ii y.con- i": ! •; .» - A là son ans tique chrétienne, comment s’étonner de ce que la politique radicale a fait de la tique républicaine.Quand on voit ce que les clercs ont fait généralement des saints, comment s étonner de ce que nos parlementaires ont fait des héros.» Et avec la puissance d’un fleuve qui roule ses eaux, Péguy exposera sa politique et sa mystique.Il trouve alors des qui nous vont au cœur, d’une éloquence de sa _&çon, mais excellente, et son argumen- valdombre mys- pas mis l autre j beaucoup de temps à saisir le côte ridicule, que je la mode insipide, de leurs écritures transparentes, absolument vides, qui ont fait la joie de tous les jeunes épileptiques du (à suivre) ?* ?Péguy est essentiellement « peuple ».Il n’a jamais manqué l’occasion de s’en glori-royaume fier.Mais il est du peuple de l’ancienne de France et de Navarre.La vie est trop France, de ce peuple qui savait rempailler courte pour qu on la passe à suivre le Temps .les chaises et tailler les cathédrales, qui savait et à se condamner à lire, sous prétexte d’etre | aimer son Dieu et son roi, qui savait travail- L’ORDRE est édité par les Editions de l'Ordre limitée (cette bouffonne design tlon est imposée pur le seul gouverncui1’ français d’Amérique) et imprimé Var.Cie de Publication de la Patrie lUnttÇ6' 180 est» rue Sainte-Catherine, Montreal* accents ( I ) Notre Jeunesse, Eve, réédition de U Nouvelle Revue Française.¦|i i (¦ I ¦ ¦¦¦¦üüMÜMüHMMriMüMüHMüÜüi
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