Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 13 août 1891, jeudi 13 août 1891
;?5ème année ÜSTo 59.-Edition qnotidienne.-14ième année Jeudi, 13 Août 1891 iouffief îm JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.JE CROIS, J' ET J’AIME.77iOMA S C1JA PA IS, Directeur-Propriétaire LEGER BROUSSEAU, Editeur et administrateur, KKJm fi cau/ruN du COURRIER DU CANADA 13 Août 1891.—No 29 —_ LES DRAMES DU FOYER (Suite) Elle relisait toujours, obstinément, avec les yeux de l’esprit, le portrait tracé par Nanteuil de la provinciale naïve transplantée subitement dans le inonde éblouissant de Paris, y prenant la place qu’on daignait lui faire, se parant de la gloire de son compagnon comme elle eut fait d’une parure nouvelle, recueillant les miettes de son intelligence, et s’en contentant à merveille.Elle s’abreuvait de l’amertume que laissaient au fond de son unie certaines confidences j dans le mari qui l’avait rendue heureuse, elle ne voulait, plus voir qu’un hypocrite lui faisant l'aumône de certains égards, dont il se vengeait pendant ses soupers dans les cabarets à la mode.Elle pleurait ses illusions, sa jeunesse, ses croyances, elle roulait dans sa tête malade des projets dont l’issue pouvait être doublement fatale, quand la porte de sa chambre s’ouvrit sans bruit ; et une forme blanche se glissa jusqu’à elle.Qoiqu’elle eut plus d’emportement dans le caractère et d’obstination dans la volonté que de tendresse et de sensibilité vraie, Cécile, reste maître a bsolu ; la mère ne peut que pleurer sur son enfant.Augustine et Cécile sc séparèrent fort avant dans la nuit.Le lendemain, Mine Nanteuil dut s’occuper des prépan tifs de la fête donnée eu honneur de l’anniversaire de la naissance de sa fille.Elle vit peu son mari durant la journée.Toussaint et le romancier eurent ensemble plus d’une conférence et le valet de chambre remplit la valise de cuir de son maître qu’il devait accompagner en Belgique.Les préparatifs du bal et ceux du départ s’achevèrent à la fois.Vers quatre heures, Nanteuil se trouvant dans son cabinet, Kasio Vlinski fut introduit.• A la vue du Polonais, le visage du romancier se couvrit d’une pâleur trahissant, chez lui, une violente colère.—Monsieur, lui dit-il, je vous ai interdit l’entrée de ma maison, et je m’étonne,.—Pardon, fit le jeune homme d’une voix humble, oui, pardon d’avoir bravé celte défense.J’ai seulement deux mots vous dire, ccs deux mots contiennent l’arrêt de ma vie.J’aime mademoiselle Cécile, voulez-vous me faire l’honneur de m’accorder sa main.—Jamais ! répondit Nanteuil, et vous saviez à l’avance quelle serait ma réponse.—Je pouvais la redouter.Il était de mon devoir de l’entendre.désormais je ne franchirai plus le seuil de votre porte sans que vous me rappeliez.—Insolent ! s’écria Nanteuil.Kasio s’inclina plus has encore, une sorte de sourire railleur glissa sur ses lèvres, et i quitta à reculons, le cabinet du romancier.Comme il traversait l’antichambre, il tira trouvant sa mère en proie à une telle douleur, ne Put s’empêcher de tressaillir de pitié.Elle de la P°.che Jc Sil reJΓSote 1,11 trùsPetit V0‘ lume soigneuseniet relié, le posa sur la table, et sortit.A peine eut-il disparu que Cécile passa rapidement dans l’antichambre, prit le livre, qui était une ravissante édition de Conrad Wallenrod^o feuilleta avidement, et lut deux lignes sur la dernière garde.Alors, emportant U volume, elle regagna tomba à genoux, les mains tendues vers Augustine, et répéta d’une voix que voilait l’émotion : —Ma mère ! ma mère ! A ce eri, Augustine tressaillit, se releva à demi, et attira sa fille sur son cœur.—Tu as deviné ma souffrance ?lui déni .indu* t-cl le.—J'ai compris que nous pouvions pleurer b‘l c^lam^lc c.t s) enferma, ensemble.Un “oulcut aPrc'3> 11,1 co coup léger fut Irap- —Pauvre enfant ! dit Mme Nanteuil, sa porte.^ parce que tu rencontres un obstacle entre toi ' ^ m°l * ^ -^“^èle.et ton premier désir, tu crois tout perdu ! Mais l’aveuir appartient à tes vingt ans, ma fille, tandis qu’il ne me reste pas d’espérance.—Eh bien î moi, reprit Cécile, je n’en ai que dans ton intervention.Parle à mon père, dis-lui que je ne saurais accepter ses craintes pour des faits ; que j’écoute mon cœur plus que sa raison.Si le malheur Cécile ouvrit lentement à sa cousine.—Tu t’occupais de ta toilette ?demanda Angèle.LE REPOS DU DIMANCHE AU SENAT FRANÇAIS Séance du 1C juillet 1891 PRÉSIDENCE DE M.LE ROYER, PRÉSIDENT (SU1TEJ J’entre dans une fabrique où le jour de repos est le dimanche ; demain il plaît au patron de changer de jour, et je suis obligé d’aller chercher de l’ouvrage ailleurs ! Vous allez aggraver ma condition déjà si dure et à tant de tristesses vous allez encore ajouter celle-là.Ce n’est pas possible.Pour ma part, messieurs, je în’y refuse ; je 11e peux pas donner au patron le droit de choisir et de changer le jour du repos, et ce no sera pas de ma faute si aux assujettissements qui pèsent sur l’ouvrier on ajoute encore celui-là.(Très bien ! très bien ! au centre, et à droite.) En outre, chacun a besoin d’arrêter Tordre île sa vie, n’est-ce pas messieurs, j’en appelle à vous ; un des chagrins de la vie parlementaire est de ne pouvoir y arriver.(Sourires) L’ouvrier tient à assurer cet ordre de sa vie.Eh bien î voici un père de famille, qui pour placer un fils clioisit un etelier où le jour de repos est le meme (pie dans le sien ; c’est à cause de cela qu’il le clioisit, et le lendemain un caprice du patron va désigner un autre jour., Si le choix du jour est laissé à l’initiative du patron, il pourra arriver que le père, la mère, et les enfants aient chacun un jour de repos différent ; est-ce acceptable ?e^t-ce supuortable ( Et cette misère énorme leur serait imposée par la loi ?.Ou peut, on doit se résigner aux misè-ree qui sont dans la nature des choses mais introduire dans la société, par voie législative, une misère qui n’est point dans la nature des choses, c’est une barbarie.Vive approbation à droite.) Le jour do repos doit être un jour de satisfaction.Eli bien ! ce ne serait pas un jour de satisfaction* pour l’ouvrier, —Oui, répondit Cécile, ma mère m'a en- que le jour où il se reposerait tandis que voyé une robe ravissante, et mon père m’a | sa femme et ses enfants seraient à lu fa- fait cadeau de ces deux perles.* —11 est si bon qu’il m’en a donné deux semblables.—Chère petite sainte, dit Cécile qui se prédit m’arrive, jamais je ne me plaindrai.Domain, M.Kasio Vlinski lui demandera sentit cnvahic Par ““ attendrissement subit, ma main, obtiens qu’il lui réponde d’une pTOuaete-moi de ne jamais m’oublier.—Toublicr ! te maries-tu donc si vite ?briq ue.Ce 11e serait pas un jour de satisfaction pour les enfants, que celui où ils auraient la liberté de courir et de se divertir, pendant que le père, la mère se verraient retenus à leur travail.(Très façon favorable.• , _ .-C’est inutile inutile ! répéta Augustine ~Blu"tôt- 0ui bi“‘K "-«Pondit Cécile, bien ! très bien ! au centre et a droite.) d’une vois brisée.Tu connais les prctvonl Alors la maison semblera vide, il y aura des | Je vous le dis, si vous fuites cela, dons de ton père coutro ce jeune homme, jamais il ne cédera.Mes paroles et tes armes n’y feront rien, et, en agissant de la sorte, il croit travailler à ton bonheur.La seule chose possible, c’est qu’il rcuonoe à to marier à Darthos.—Et tu refuses de parler pour moi ?larmes versées.Je sais qu'on me regrettera malgré.¦Mais le mariage ne t’éloigne pas do la famille.Mon oncle te donne le deuxième étage de l’hôtel.—On pleurera, te dis-je,et tu les consoleras vous les rendez misérables.(Applaudissements sur plusieurs bancs.) Est ce que la joie, pour les pauvres gens, plus encore que pour les autres, n’est-ce pas dans les épanchements de famille, dans les amusements en commun ?Est-ce que la joie, pour le père de tou parti, je ferais cause commune avec toi, mais je partage l’opinion de ton père.Si faite que tu sois pour être payée, Kasio Vlinski ne convoite que ta fortune.—Tu te trompes, il m’épousera sans dot.—Parce qu’il est convaincu que Victor Nanteuil, qui gagne deux cent mille francs par au, ne laissera pas sa fille sortir de chez lui comme une mendiante.Avec quels revenus te soutiendrais Kasio ?on ne lui eu ne avec leurs enfants ?tu I Craignez, messieurs, craignez d’aller réitéras.— 11 ne tous deux.Vois-tu Angèle il faut me faire —Si je croyais ton boubeur attaché àcetto I unc P,0,1,C8SC.une parole de toi est sacrée., .r.Jure-moi de ne jamais emitter mon nère 11 iu mere de famille, n est pus de pas- de forces pour essayer de ramener tou pêro à Pourrait arriver que des circonstances impré-1 scr quelques heures .le loisir par soniai- d’autres idée., je me rangerais ouvertement vues le rendisStîüt mlbliUniUX> et le laissas de ton narti ie ferais causa commune avec I SCut “ul- Tu resteras, to', dis-moi que t.contre le but de la loi.ma point abandonnée quand Oui, celte loi, si le repos du dimanche j’étais seul au monde, je ne le quitterai ja- eu egt oxoltl| fent lieut.ôtre plus de mal Merci ! dit Cécile eu embrassant su cou- ‘Icelle réalisera de bien.(Mouvement.) sine.Tu seras, un jour, tout pour lui.Tu On vous a déjà signale plusieurs in-remplaceras sa fille.’Tu lui parlcras.de moi convénients pratiques, les difficultés do quand il le permettra.Enfin, quoi qu’il ad- l’inspection par exemple, qui résulte- vienne, ajouta-t-elle en couvrant les joues raient de l’absence d’une fixation précise ^ awuwvuunup «««U * u.“° 11,1 v“ I d'Angèle do baisers et de larmes, ue m’accu- us.emploi.Non ! non, Kasio n’est point l’ami, 30 P“S’ "® 1U ou.blw J!UUa,s 1 ct PU,BS I l’T S5S’0!'° ,d,e !’cttCS lV L« lfWn !\ Express de St-Jcan «*t Halifax,.to 40 vu le nom de 31.laite sur cette liste, mais Accommodation «le la Riviôrc-du-Loup.’6.45 n’a pu voir le nom de Carroll et Mercier, i’a-Fxptcssdc Dalhousie et Ubièrc-du-Loup.20.05 Caud a dû soumettre ce memorandum à Gar., .„ .ncau.Garncau faisait des difficultés pour Le char dortoir attaché au train Lxpress qui I ,, -.I art de Lévis .\ 7.25, se rend il Dalhomi-, et celui P^scr 1 arret en conseil et 1 ac.nud a menace du train express qui part de Lévis n 14.va jusqu'à de télégraphier a 31ercier.Halifax.Pour l’amour de Dieu, ne faites pas cela, Tôt s les chars de ce train sont éclairés à L aurait dit 31.Garncau, et l’ordre en conseil lumiè.c électrique et thauITér.à la vapeur.L tfté passé quelques jours plus tard.I.c tram qu.arrive it Lévis à te 40, ere,, era j témoignage do .M.Armstrong sera eou-tous les jours i\ partir de la Kmèic-du-Lc up.” ?o » t&rr ous les trains circulent d'après le t-a.-ten» tlliuc demain.# Standard Time.’ Ottawa, 12—On ne parle ce mutin, que On sc procurera des billets et des iiifurmation.- d’une grave altercation survenue entre M.pour la route, les taux du fret et dos passagers en Laugelier d’une part et l’hon.Cockburn et v .resent a l’avocat Barwick d’autre part.L'Agenck de Quebec, 49» kub Daliiousik.Ccg dornieM aeCusèrcnt le gouvernemout -i,-f Mercier'd’avoir payé tout l’argent qui reve-R111 eau du chemin de*fer, ( la compagnie du chemin de 1er de a Moncton, 17 Juin 1891.\ Baie des Chaleurs, voulant par là frustrer la Qui-hcc, \ij juin iS8r.| compagnie Thom, Fairman, Cooper, Dawes Oie, de ce qui lui était dû et ruiner scs actionnaires.lia moutarde monta au nez de 31.Langc-lier et dans un moment d’exaspération il répondit que l’argent n’avait pas été volé, mais seulement emprunté pour les élections, mais que c’était l’intention do ceux qui l’ont eu de le remettre.De là on passa aux plus gros mots du vo-hulaire.31.Laugelier porta les plus sérieuses insinuations contre 3131.Cockburn et Barwick disant qu’ils voulaient faire chanter la compagnie, menaçant la banque d’etre rui-nétL etc.La clioso a été si loin, dit-ou,
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