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Titre :
Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens
Publié à Québec, ce journal d'information d'allégeance catholique et ultramontaine appuie les partis politiques conservateurs. [...]

Le Courrier du Canada est lancé à Québec le 2 février 1857 par Hector Langevin et Joseph-Charles Taché. La fondation du quotidien précurseur de la presse d'information catholique au Canada est subventionnée par l'archevêché de Québec. Le journal reçoit rapidement l'assentiment d'une grande partie du clergé de Québec dont la faveur était passée du Canadien au Journal de Québec.

Journal d'information locale, nationale et internationale, Le Courrier du Canada accorde une plus grande importance aux questions canadiennes, particulièrement à la défense du catholicisme et à l'épanouissement de la langue française en Amérique. La publication relaie les nouvelles de l'église romaine et appuie la papauté face à la montée de la question de l'unité italienne.

Le Courrier du Canada rejette la publicité pour des divertissements impies en échange de l'exclusivité des nouvelles émanant de l'évêché de Québec. Il milite pour le maintien des valeurs catholiques traditionnelles et le provincialisme, tandis qu'il s'oppose à la démocratie, au socialisme et à l'athéisme.

Hector Langevin quitte la rédaction du journal après seulement quelques mois pour se consacrer à la vie politique. Joseph-Charles Taché en devient alors le principal rédacteur. Conservateur opposé aux libéraux radicaux, il publie sous forme d'articles, du 7 juillet au 23 octobre 1857, un plaidoyer remarqué en faveur d'une confédération canadienne. Il quitte son poste en 1859 pour se consacrer à une carrière de fonctionnaire et d'auteur.

Auguste-Eugène Aubry, juriste français venu enseigner le droit romain à la nouvelle Université Laval, prend la relève à l'automne de 1859. Critiqué pour sa hargne à l'égard des anglophones et de la classe politique en général, il quittera ses fonctions au journal en 1863 et, après avoir repris l'enseignement, retournera en France en 1865, victime par association de la crise gaumiste, lutte opposant les fondamentalistes chrétiens aux partisans « libéraux » de l'enseignement des auteurs classiques.

Eugène Renault, qui écrivait déjà au journal, prend la relève de la rédaction de 1863 à 1873. Au nombre des collaborateurs présents durant ces années, on compte le musicologue Ernest Gagnon et Adolphe-Basile Routhier, homme de loi et auteur, notamment de l'Ô Canada. Guillaume Amyot (1873 à 1875) et Roch-Pamphile Vallée (1875-1880), tous deux politiciens conservateurs, se succèdent ensuite à la rédaction du journal. Homme aux mille talents et intérêts, Narcisse-Eutrope Dionne leur succède de 1880 à 1884 alors que le politicien conservateur Thomas Chapais tient la barre de 1884 à 1901.

Bien que basé à Québec, le journal est distribué dans toutes les régions du centre et de l'est du Québec et même au-delà, où il trouve des collaborateurs et des lecteurs en premier lieu parmi le clergé.

Le Courrier du Canada déclare des tirages de 1900 exemplaires en 1869 et 1500 exemplaires en 1898. Le journal s'éteint en 1901 faute de s'être adapté aux tendances émergentes en matière d'illustrations et de nouvelles à sensation.

BARNARD, Julienne, Mémoire Chapais, t. 2, 1961, Montréal, Fides, p.149-153.

« 25e anniversaire », Le Courrier du Canada, 1er février 1882, p. 1-6.

LAVOIE, Elzéar, « Les crises au Courrier du Canada : affaires et rédaction », dans Nive Voisine (dir.) Les ultramontains canadiens-français, 1985, Montréal, Boréal Express, p.143-159.

LAVOIE, Elzéar, « La clientèle du Courrier du Canada », Culture, vol. 30, no 4, déc. 1969, p. 299-309; vol. 31, no 1, mars 1970, p. 40-57.

SYLVAIN, Philippe, « Les débuts du Courrier du Canada et les progrès de l'ultramontanisme canadien-français », Les Cahiers des Dix, no 32, 1967, p. 255-278.

SYLVAIN, Philippe, « Auguste-Eugène Aubry [1819-1899] », Les Cahiers des Dix, no 35, 1970, p. 191-225.

Éditeur :
  • Québec,1857-1901
Contenu spécifique :
jeudi 9 juillet 1891
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Références

Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 1891-07-09, Collections de BAnQ.

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85ème année No 29-Edition quotidienne.-14ième année Jeudi, 9 Juillet 1891 k (Üamiiia t JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.JE CROIS, J’ESPERE ET J’AIME TIIU MA S Cil AP A ISt Directeur-Propriétaire LEGER B RO U SSE A U-, Editeur et administrateur, CAUSERIE LITTERAIRE JfHdHino do Clintonubrlnnd (Suite) de repère, c'est qu’on n’y trouve rien, absolument rien, qui soit personnel Mine de Chateaubriand.M.Maxime du Camp dit, il est vrai, dans ses Souvenirs tittër aires, à la suite du passage que j’ai cité au début de cet article : “ Plusieurs anecdotes, relatées dans ces mémoires avec une sincérité toute conjugale, expliquent l'enuui morbide quia toujours pesé sur Chateaubriand ; elles ont traits a des faits intimes, à des faits de famille que je ne crois pas avoir le droit de révéler.” Les souvenirs de M.Maxime du Camp l’ont ici mal servi.Les “ faits hi- ll cidents de la vie de famille, les impressions personnelles de Mme de Chateaubriand ne pouvaient pas trouver place dans les Mémoires de son mari ; elle il’avait pas dès lors à en parler,—et elle n’en a pas parlé.111 Quel parti Chateaubriand a-t-il tiré des que Victor Hugo était jeune en ce temps là (11).Et maintenant vous figurez-vous cette sainte femme, tout entière vouée aux œuvres de charité, dont elle ne veut pas Une républicaine veut-tu dire ?I se laisser distraire même parles ouvra-1 ourquoi non ?Je liai pas dantécédents g0iS Je son mari, vous la figurez-vous se politiques, moi ; je puis, des qu elle ur- mettant à sa table de travail et écrivant livera, accepter la République ; et vous l’histoire de sa vie, comme Mine George autres hommes d Etat du présent et du Sand ?J’en suis fâche pour M.Maxime passé, vous avez tant fait et vous faites du Camp, mais il la calomnie, sans le trop de bêtises pour qu’elle n'arrive pas.vouloir, lorsque il nous la représente D ailleurs, Saint-Malo, ma patrie “ écrivant ses Mémoires qui se déve- plus que la sienne, n a-t-il pas toujôurs loppent parallèlement aux Mémoires etc une république sous la protection ou d'outre-tombe ”.— Et pourtant le Ca- j times”, les“ anecdotes conjugales ”, bril sans protection de la I rance : Peut-être fL{cr rouge existe : voyons ce qu’il con- lent, dans le Cahier’ rouge, par l’absence» logera-t-il encore, qui qu en grogne (6) tient et dans quelles circonstances, coin- | leur toujours par le même motif.Lesin-Ma toute chère, tu as le don de se-1 ment et pourquoi il a été écrit, coude vue, tu parles et prophétises comme les grandes druidesses de l’ilede Sein, dont la voix soulevait la mer et appelait les tempêtes ; mais par ton I Chateaubiiand a commencé d’écrire refus d’impôt, ce n’est pas toi que tu ses mémoires le 4 octobre 1811.“ Ce 4 mettrais enjeu, on ne te dirait rien ; ce octobre 1811, écrivait-il; anniversaire serait moi que tu ferais fourrer en pri- (^e uni lête et de mon entrée a Jérusu- lem, me tente à commencer l’histoire de —Qu’est-ce que ça fait?tu as des ma vie.L’homme (pii ne donne au- I ^otes et Souvenirs écrits par sa femme amis.D’ailleurs, tu en as vu bien jourd'hui l’empire du monde à la France à son intention et sur sa demande ?d’autres, et ce n’est pas toi qui es mort.fiue pour la fouler a ses pieds, cet hum- Loisqu on rapproche les deux textes.Ah ! si j’étais député, moi ! Les horn- me» dont j’admire le génie et dont j’ab- Cahier Rouge et les Mémoires d'oit-mes sont des lâches, ils se laisseraient pe- horre le despotisme, cette homme s’en- t) e-tombe, ce qui frappe tout d abord, 1er comme une pomme par un rouleau J vcloppc de sa tyrannie comme d une J uesl que Chateaubiiand napas roman- de bois.Dès qu’ils ont fait quelques J autre solitude ; mais s il écrasé le pré- < (-’ souvenirs de sa femme.11 les a gros discours, c’est assez, ils ne sail-1 sent, le passé le brave, et je reste libre sui\ is pas a pas, sinon mot a mot, sans raient jouer du poing.J dans toutjee qui a précédé sa venue (12).” è ht*n ajoutei de son chef, sans lien in_____Xon, mom amie, on ne joue plus j ^u mois de septembre 1822, uinba6sa- ^cntci.A tous les autics mérités, les deurà Londres, il terminait la première célèbres Mémoires joignent celui d’être partie de scs récits, celle qui s’achève au moins dans la partie qui va de 1804 avec son émigration et se clôt par sa U 1815, scrupuleusement, minutieuso-rentrée en France au printemps do 1800.nient exacts.J’en donnerai quelques “ Nous mîmes quatre heures à passer exemples.de Douvres à Calais.Je me glissai dans Eu 1805, Chateaubriand et sa femme, ma patrie à l’abri d’un nom étranger : en compagnie de leur ami Ballanche, caché doublement dans l’obscurité du visitèrent la Grande-Chartreuse.On suisse Lassagne et dans la mienne, j’u- lit dans les Mémoires d'outre-tombe : bordai la France avec le siècle (13) ”.“ l 11 frère lai était demeuré là, pour Il avait retracé plus tard, à des dates I prendre soin d’un solitaire infirme qui diverses, sa carrière politique, la seconde venait de mourir : la religion avait im- restauration, la revolution de juillet, les posé a l’amitié la fidélité et l’obéissance, deux voyages à Prague, le voyage à Ve- Nous vîmes la fosse étioito fraîchement nisc, ses relations avec la famille royale recouverte : Napoléon, en ce moment déchue, si bien qu’en 1834,lorsqu’eurent en avait creusé une immense à Auster- lieu, dans le salon de Mme Itécamier, Etz (14).” Plus d’un docteur, j’imagine les premières lectures des Mémoires, les sera tenté de croire que Chateaubriand deux ailes du monument étaient nclie- a creusé lui-même cette “ fosse étroite ” vées, mais il restait à les relier entre el- (hi “ solitaire infirme ”, afin de pouvoir les, à édifier la partie centrale, à faire mettre en regard la “ fosse immense revivre ces années éclatantes qui vont d’Austerlitz”, et placer là son grand de 1800 à 1815, d'Alala et du Génie du coup de pinceau.christianisme à la brochure de Bona- | ^ le récit du Cahier Rouge : parte et les Bourbons et à la Monarchie Nous fûmes tous confiés à l’hospita- selon la Charte.lité de deux pauvres frères lais mainte- nant d’entreprendre cette dernière nus au collvei,t P°ur soiSuer un -vieui I « I • At* • • 1 que du gobelet.— Gobcs-le8 tant que tu voudras, je ne les gobe pas, moi.(7) On le voit, avec son esprit mordant, sa verve railleuse et “ sa plume vive et leste ”, Mme de Chateaubriand était bien armée pour écrire des mémoires.Mais, d’autre part, cette femme d’un homme de génie n’était, à aucun degré, une femme littéraire.Chez elle, pas h moindre tache de bus-blcuisme.Elle était “ adverse aux lettres”, selon le mot de son mari qui ajoute : “ Mme de Chateaubriand m’admire sans avoir jamais lu deux lignes de mes ouvrages.(8).” Tenant les livres en très mince estime, elle vendait au rabais, petit à petit, au profit de ses pauvres, mémo la bibliothèque de son mari.L’auteur des Martyrs n’en était pas , d’ailleurs autrement faclié.Elle écrivait, le 10 juillet 1839, à leur ami, l’abbé Bonnevie, chanoine de la cathédrale à Lyon : “ Le bon abbé Deguerry vous aura dit qu0 nous sommes très contents de notre appartement ; M.de Chateaubriand surtout en est enchanté, parce qu’il n’y a pas moyen d’y placer un livre : vouscon- partie de sa tâche, et pour la rendre plus chartreux fou, à qui on avait permis de naissez l’horreur du patron pour ces nids facile â la fois et plus sûre, Chateau- 1110111,1 1 ,lIU SI1 ce •> 1 • 1 cia.t mort, t\ rats qu’on nomme bibliothèque “(9).briand prie sa femme de jeter sur le pa- e" enut' ,Ielm|s Pcu 10 J°urs ! 110113 Pour elle,elle n’aimait guère que les lec- picr les souvenirs qui lui sont restés de v,uies eilcorc ;l ^-"chôment re- tnrpq do niéténû “ fille trouvait ses délices I cette éi>oque.Mme de Chateaubriand îlllUl SU1 sa torn 3c ( o).turcs de piété où “ elle trouvait ses délices I cette époque."(10).Sa grande affaires,c’était la charité, sc met ù l’œuvre ; elle prend un grand la visite des pauvres ou l’œuvre de la Ste- cahier et commence d’écrire tout en haut Enfance, c’était surtout l’infirmerie de do la première page, sans laisser le plus Marie-Thérèse fondée par elle et qui était petit espace pour un titre général.A vraiment sa maison.Son couvert y était | quoi bon un titre, pour des notes qui no Loujourstmis elle 11e passait jamais une semaine sans aller dîner avec les sœurs.Les fêtes de l’Infirmerie étaient ses fêtes.En connaissait-elle d’autres?Elle prenait part, sans jamais y manquer, aux solennité dans le parc.En fait de livres, cc qui la préoccupait surtout, c’était de vendre beaucoup de livres.de chocolat.Elle en avait établi une fabrique dans son infirmerie,et ses amis n’avaient pas le droit de se fournir ailleurs II leur restait, il est vrai, la ressource de l’appeler lavi-comtessc Chocolat, titre dont ello était aussi fièro que de celui do vicomtesse de Chateaubriand.Ses succès comme marchande ne so comptaient pas ; il lui arriva mémo un jour de faire un vrai miracle: ello vendit à Victor Hugo trois livres de chocolat, au prix fort ! Tl est vrai (G) C’est le nom de la principale tour de Saint-Malo.Il rappelle un mot do la popu- laire duolicsFQ Anne.(7) Danxeïo, 7oc., cit.(8l Mémoires d'outre-tombe, t.I p.408.(9) Lettre de.Mme de Chateaubriand à Vabbi Bonnevie pubiido par M.F.Z.Collorn-bet à la fin de son volume sur Chateauheiand sa vie ctses écrits Lyon, 1851.(10) DàNIELO, loc, cit, seront lues que par une seule personne ?Elle entre en matière, sans autre préambule, par une simple date : 1804, et débute ainsi : “ Lorsque M.de Cha- teaubriand revint de Rome au mois de février, nous prîmes un logement à Y Hôtel de France, rue de Beaune.” D’elle-même et de sa vio ayant 1805, pas un met parce que ce n’est pas sa vie, ce 11e sont pas ses mémoires qu’elle écrit.C’est en 1804 qu’a eu lieu, après une séparation de douze années, sa réunion avec son mari ; c’est donc à partir de cc moment seulement que ses souvonirs pourront être utiles à ce dernier, et comme c’est pour lui seulqu’cllo écrit, ello 11e songe pas un instant à reprendre les choses de plus haut.De même, elle terminera ses notes avec la fin des Cent-Jours, parce qu’au delà de cette date elles 11e serviraient do rien à M.do Chateaubriand.Ce qui achève de prouver que le Cahier rouge 11’avait pas d’autre objete que do fournir k l’illustre écrivain des notes et des points (11) Vector Hugo raconté par vu témoin de sa vie ; t.II, p.13.(12) Tome 1, p.16.(13) Tomo II, p 159.À son retour de Jérusalem, en 1807, Chateaubriand acheta une maison à Auluay, appelée alors Vallée-aux-Loups, et qui fut baptisée par Fontancs le Val-de-Loup.Pendant qu’on travaillait à la réparer, se passa un petit incident, que l’autour des Mémoires raconte ainsi : .Vers la fin de novembre, voyant que les réparations de ma chaumière 11’a-vançaicnt pas, je pris le parti de les aller surveiller.Nous arrivâmes le soir à la Vallée.Nous 11e suivîmes pas la route ordinaire ; nous entrâmes par la grille au bas du jardin.La terre des allées, détrempée par la pluie, empêchait les chevaux d’avancer ; la voiture versa.Le buste en plâtre à!Homère, placé auprès de Aime de Chateaubriand, sauta par la portière et se cassa le cou : mauvais augure pour les Martyrs, dont je m’occupais alors (IG) Cet Ilomùre qui se casse lo coup 11e serait-il pas là, par hasard, pour amener le mot de la fin ?Pas le moins du monde.Mme de Chateaubriand racon-presque dans les mêmes termes la visits au Val-de-Loup : “ Vers la tin de novembre voyant que les réparations de (14) Tome II, p.351.(15) Madame de Chateaubriand, p.13.(16) Mémoires d'outretombe, t, II, p (16) 400.notre chaumière n’avançaient pas, nous prîmes le parti d’aller les surveiller nous-mêmes.Nous arrivâmes le soir à la Vallée par un temps épouvantable : les chemins du côté d’Aulnay, très difficiles en tsut temps, sont impraticables en la mauvaise saison.Nous entrâmes par une grille qui se trouve au bas du jardin et qui 11’est pas l’arrivée ordinaire, La terre des allées fraîchement remuée el démêlée par la pluie, empêchait les chevaux d’avancer, et, par un effort qu’ils firent pour dégager les roues des ornières, la voiture versa.Nous 11e nous finies aucun mal, mais Homère, que je tenais dans mes liras, passa par la portière et se cassa le cou (17.”) En attendant la fin des réparations, AI.et Aline de Chateaubriand s’étaient logés dans un hôtel garni, rue des Saint-Pères.“ Quittant notre appartement chez Mme de Goislin, lisons-nous dans les Mémoires, nous allâmes d’abord demeurer rue des Saints-Pères, hôtel de Lavalette, qui tirait son nom de la maîtresse et du maître de l’hôtel.M.de Lavalette, trapu, vêtu d’un habit prune— de Monsieur — et marchant avec une canne à pomme d’or, devint mon homme d’affaires, si j’ai jamais eu des affaires.Il avait été officier du Gobelet chez le roi et ce que je 11e mangeais pas, il le buvait (18).” .Ici encore, pas un petit détail qui 11e soit exact.“ Nous louâmes, écrit Aline de Chateaubriand, un appartement dans un hôtel garni, rue des* Saints-Pères.Cet hotel où depuis longtemps nous avions coutume de loger quand nous n’avions pas d’appartement, était tenu par un ancien officier du Gobelet de Louis AT VI, coi lie à l’oiseau royal et royaliste enragé.M.de Lavalette — c’est ainsi qu’il s’appelait — était le meilleur homme du monde ; il se serait mis au feu pour nous, et même nous aurait donné sa bourse, si ce n’est qu’il prenait souvent la nôtre pour la sienne.Le pauvre homme, Dieu ait son Ame, 11e pouvait aimer quelqu’un sans se mettre de suite en communauté de biens avec lui.11 était d’une obligeance extrême, et, pour être phis tôt prêt à se mettre en course pour rendre un service, il ne quittait jamais sa canne à pomme d’or (19).” Lu dernier exemple emprunté au chapitre des Mémoires d'outre-tombe sur l’entrée des alliés à Paris, le 31 mars 1814 : Loin de forcer auciui à être légitimiste, les puissants déclaraient que personne 11e serait obligé de changer de rôle et de langage, que l'évêque d’Autun 11e serait pas plus contraint de dire la messe sous la royauté qu’il n’avait été-contraint d’v aller sous l’empire.Mme de Talleyrand, que Bonaparte avait attachée à son mari comme un écriteau, parcourait les rues en calèche, chantant des liyiniues sur la pieuse famille des Bourbons.Quelques draps pendillant aux fenêtres, des familiers de la cour impériale faisaient croire au bons cosaques qu’il y avait autant de fis dans les cœurs des bonapartistes convertis que de chiffons blancs à leurs croisées.C’est merveille en France que la contagion, et l’on crierait à bas ma tète! si 011 l’entendait crier à son voisin.Les impérialistes entraient jusque dans nos maisons et nous faisaient, nous autres bourbonistes, exposer en drapeau sans tache les restes de blanc renfermés dans nos lingeries : c’est ce qui arriva chez moi ; mais Mme de Chateaubriand n’y voulut entendre, et défendit vaillamment ses mousselines (20).Tous ces traits, nous allons les retrouver dans le Cahier rouge, et souvent dans les mêmes^termes.“ L’hôtel de Talleyrand fut préparé pour recevoir l’empereur deHIussio, là fut le rendez-vous de tous les royalistes improvisés que le bon empereur prit argent comptant.Chacun savait par eux que le prince de Bénévent, en chan- geant de maître, 11e serait obligé de changer ni de rôle ni de langage ; que l’ex-évêque d’Autun ne serait pas plus obligé à la messe sous les Bourbons que sous les Bonaparles.Mme do Talleyrand parcourait les rues dans une calèche découverte, en chantant des hymnes 9 V 0 à la louange de la pieuse famille des Bourbons.Elle et les dames de sa suite avaient fait autant de drapeaux de leurs mouchoirs, quelles agitaient avec une grâce infinie.Cinquante calèches suivaient et imitaient le mouvement donné, d e sorte que les alliés, qui arrivaient en ce moment par la place Vendôme, crurent qu’il y avait réellement autant de lis dans le cœur des Français que de drapeaux blancs en l’air.Les bons Cosaques n’auraient osé croire que ces belles bourbonuiennes du 31 mars étaient des enragées bonapartistes le 30.11 11’y a qu’en France qu’on sait si bien se re-retuurner.On crierait : A bas ma tète ! si on Tentendait crier à ses voisins.On envahissait les maisons pour avoir des rubans et même des jupons blancs, que Ton coupais pour pour faire des cocardes, les boutiques ne pouvant y suffire.Le bleu et le rouge étaient foulés aux pieds, surtout par les bonapartistes, et tout cc qui restait des trois couleurs fut, dit-on, porté dans les cachettes du Luxembourg en attendant que leur tour revint.U11 de 110s amis vint aussi 111e demander la permission de faire main-basse sur ma garde-robe ; mais il 111e trouva peu disposée à chanter la victoire avant de connaître les résultats du combat, et je gardai mes jupons (21) ”, Du reprocliement des Méinoires d’ov-treiombe et des Souvenirs de Chateaubriand, il ressort donc que Chateaubriand ne s’est jamais écarté, si peu que ce fût dans ses récits des indications qui lui étaient fournies par les notes de sa femme.Il 11e cesse de les suivre que lorsqu’il y renconre sur quelques-uns de ses contemporains des jugements trop rigoureux.Charitable envers les pauvres, douce aux malheureux, Mme de Chateaubriand n’était pas toujours tendre pour les puissants du monde surtout s’ils étaient soupçonnés de n’admirer pas suffisamment son mari.Sui le cardinal Fescli, en particulier, et sur le duc de Richelieu, elle a des passages extrêmement durs.Elle a de très jolies malices à l’endroit de Aime de .Staël, de M.Beu-gnotoudeM.Pasquier.Chateaubriand reproduit ce qui précède et ce qui suit, il supprime les duretés et les malices.Dans un certain sens, au moins il v avait quelque chose de vrai dans le mot que répétait souvent Tailleur du Cahier rouge : *• M.de Chateaubriand est meilleur que moi.tt (17) Madame de Chateaubriand, p.24.(18) Mémoires d'outre-tombe, t.II, p.400 (19) Madame de Chateaubriand, p.24.(20) Mémoires d'outre-tombe, T.III, p.394.’ * * * 7 * 9 10 * A l’exception de ces passages et d* un très petit nombre d’autres, Chateaubriand a fait entrer dans ses Mémoires tout le manuscrit de sa femme.Lo plus souvent il en reproduit le texte même.Rien n’est donc moins exact que la phrase de M.Charles Lenormant dans son étude, d’ailleurs si remarquable, sur les Mémoires d'outre-tombe: “ Jamais Chateaubriand n’aurait souffert que personne écrivit une ligne pour lui (22).” La vérité est qu’il a reproduit,’non-seulement des, mais des lignes pages entières écrites par sa femme.Bien des traits, les uns exquis, les autres superbes,que Ton admire dans les immortels Mémoires, viennent du cahier rouge.Et qu’on n’aille pas croire que les passages que Chateaubriand n’a pas utilisés soient inférieurs à ceux dont il a fait usage.Les premiers 11e le cèdent en rien aux seconds ; témoin, par exemple ; cette anecdote, qui peint si bien au naturel et au vif le caractère de la pétulante vicomtesse et celui du bon Uallau-chc.Madame de Chateaubriand est seule à Venise, où son mari vient de la (21) Madame de Chateaubriand, p.42.(22) M.de Chateaubriand et ses mémoires.Cette excellente étude, publiée en 1850, a été reproduite, eu 1S74, dans le volume qui a pour titre i Souvenirs d'enfance et de jeunesse de Chateaubriand, manuscrits de 1825, suivi de lettres inédites,— Michel Lévy, frères, éditeurs.quitter pour aller s’embarquer à Trieste.Elle attend Ballanche, qui doit venir la chercher afin de la ramener en France Je restai plusieurs jours, continue-t-, elle , attendant Ballanche, qui n’arrivait pas.Je commençais à me désespérer, mourant d’ennui et du désir de me retrouver en France avec des amis auxquels je pusse confier mes inquiétudes 11 arriva enfin, c’était le soir : je lui fis une scène.Je lui dis que j’allais l’emmener sur la place Saiut-Marc, et 411e c’était tout ce qu’il verrait de Venise, parce que nous partirions le lendemaiu, à cinq heures du matin : “ Allons, me dit-il, puisque vous le voulez, je le veux; bien.Mais alors il faudra que je revienne.’ —“ Vous reviendrez sûrement,mon cher Ballanche, mais Tannée prochaine ”.Il comprit cela, et le lendemain, à cinq heures, nous nous embarquâmes pour Fusina( 23).Et un peu plus loin, ce croquis du duc de Lévis : En fait de femmes de la société, il n’y avait de Françaises à Garni que Mme la duchesse de Duraz, la duchesse de Levis, la duchesse deBellune, la marquise de la Tour du l'in et moi ; encore la duchesse de Lévis y vint-elle fort tard avec son mari, qui arriva en si piteux équipage que M.de Chauteaubriand fut obligé de lui prêter jusqu’à des bas pour aller chez le roi : les bas allaient encore mais pour le reste, c’était une vraie toilette de carnaval ; le bon duc 11e s’en mettait pas plus en peine à Gand qu’aux Tuileries, où sa garde-robe n’était guère mieux montée.Los souliers, par exemple,manquaient toujours ; il s’était abonné aux savates parce que, disait-il, il avait eu une blessure au talon qui l’empêchait de relever les quartiers de son soulier (24).U11 jour viendra sans doute ou Tou donnera des Mémoires d'outre-tombe une édition définitive, moins défectueuse que les editions actuelles, qui laissent étrangement à désirer ; force alors sera d’y joiudre les Notes et Souvenirs de Mme de Chateaubriand, et le petit cahier rouge ira ainsi tout droit à la postérité, comme le petit canot qui entre au port, suspendu aux cordages du majestueux navire.(23) Madame de Chauteanbriand, p.(24) Ibid.P.57.19 D’après une statistique officielle, le conseil ottoman de l’instruction publique a autorisé pendant la dernière année financière la publication d’un certain nombre d’ouvrages en langue étrangère; parmi ces ouvrages figurent 22 en français 2 anglais, 2 en allemand.Ou voit que la langue française garde sa place en Orient malgré la triple ou la quadruple alliance.* * t* Mgr Freppel, dont la récente maladie a inspiré des craintes à ses amis, a repris possession de son siège au palais Bourbon, à Paris, L’état de santé de l’évêque d’Angers paraît aujourd’hui des plus satisfaisants.On contredit de Vienne la nouvelle des fiançailles de l’archiduchesse Marie au prince Ferdinand de Bulgarie.Est-ce un nouveau gage de paix Le gouvernement allemand diminue graduellement lo nombre des ouvriers dans ses fabriques d’armes.• AUX ABONNES RETARDATAIRES Nous sommes décidé à suivre l’exemple de plusieurs de nos confrères, et à prendre des mesures île rigueur contre les abonnés qui ne soldent pas leurs arrerages.D’ici à quelques jours nous allons mettre tous les comptes pour arrérages d’abonnement au Courrier du Canada et au Journal des Campagneè entre les mains do nos avocats.Personne ne pourra se pleindre d’avoir été pris par surprise, ot s’il y a des frais d’encourus ce sera la faute de ceux qui n’auront pas voulu êtro raisonnables. i-ie vUU.11 loi U.u.V^auauci, ^ ^ :t VIS.’abonnement au u Courrier du Caiiuifa ” ent uniformément ilxé a\ fl payable* d'avance.JL’nbouiienicut un “lounial de* C'aiupaKDCH^ 91« nnssi paya* bien li’avaitee* Toutes les lettres concernant la rédaction, FmlminUtrutioxi, les abonueuieuts.Ifs annonces, les arrérages, etc., de i ront être adics-sées ail so assigné.M.Léger Krousseau, propriétaire de l’Imprimerie et M.Klzéar ^(•d/ird, gérant, continueront à s'occuper pour nous de PiidiuinU-tration.THS CHIPAIS, Direct eu r-$ropr\êta ire du 14 Courrier du Canada," Rue Ruade, Québec, ANNONCES NOUVELLES Grande téductien—'Klie Bédatd.Avis.—MM.Lr-uis lioivin dw Fils.Avis.—Jonas Gosselin.Canada Life Assurance Co—Frank Pennée.Compagnie .lu Richelieu et Ontario.Tapis ! PréUrts—Gîover, Fry Cic.Pianos ! Pianos 1—Bernard, Fils dr* Cio.Instruments de musique, dec.—L.N.i rait -, IjC Magasin du Louvre.—Côté ér* Faguy.Etoffes A robes.— Behan Bros.C ATST AD A QUEBEC, 9 JUIILLLT 1891 CORRESPONDANCE D’OTTAWA Ottawa, S juillet.J’aurais voulu voir hier, à Ottawa^ ceux qui ont cru aux jactances de VElec* leur et autres journaux rouges, que les libéraux étaient confiants, unis et prêts à monter a.l’assaut du pouvoir.La mine déconfite de M.Laurier et de ses amis hier, n’aurait pas manqué de faire disparaître toutes illusions à ce sujet.Et ce n’est pas sans raison que la tristesse était peinte sur les figures libérales."Depuis bien longtemps ils n’avaient subi un tel désastre.Dans le comité des privilèges et élections le témoignage sur lequel ces bons rouges basaient toutes leurs espérances a été démoli de fond en comble par le témoin Murphy lui-même.Dans la Chambre des Communes M.Montague a achevé de porter la consternation dans les rangs libéraux en cinglant sans merci, deux heures durant, Sir Richard Cartwright et M.Patterson (de Brant), qui l’avaient précédé dans la discussion siale budget.Le discours de M.Montague est à lire en entier.Jamais encore la chambre n’avait assisté à une exécution aussi eu règle des doctrines libérales, de libre échange, union commerciale ou réciprocité illimitée.L’effet de ce discours a été considérable, et les rouges ne parlent plus de combinaisons ni de formation de cabinet libéral.Ils paraissent accepter maintenant avec une résignation toute chrétienne la perspective de passer encore quelques années à la gauche de l’orateur.M.Montague leur a prouvé que le pays n’était pas encore prêt à leur donner la clef du trésor.• .*.* * M.Perley sera examiné dès demain eu réponse à l’histoire des bijouteries de Murphy.*».¦»>»• * - — — LE TEMOIN MURPHY La Gazette de Montréal se permet quelques réflexions très flatteuses sur le Compte du témoin Murphy.Parlant do l’accusation, notre confrère montréalais dit : D’abord, tout lui semblait favorable.M.Murphy, son témoin principal, a raconté toute une histoire de conspiration et de vol qui a eu un triste effet daos tout lo pays.L’histoire n’a pas aujourd’hui autant de valeur qu’il y a trois jours passés.M.Murphy est obligé de nous dire qui il est et ce qu'il fait.Il a déclaré lui-même qu’il était un dé/alcataire, qui a employé une position honorable et de confiance pour voler au peuple de New-York quelque chose comme $50,000.Il a avoué sous serment qu’il faisait partie d’une conspiration organisée pour obtenir du gouvernement du (Canada des argentsaux-quels lui et ses associés n’avaient pas droit.Son témoignage a été intéressant dès le commencement ; hier il n’a pas perdu de son intérêt, quoique Murphy ait perdu la mémoire.“ Il mérite qu’il soit lu attentivement, surtout par scs associés.Son histoire concernant la manière dout les billets de boodla-ge étaient préparés, négociés et payés, porte & réfléchir, venaut surtout de la part d’un individu du caractère de M.Murphy, tel qu’il se l’est donné lui-même.Maintenant, les journaux de l’opposition ont essayé de farder un peu les choses quant à Vembezzlement dont Murphy s’est rendu coupable à New-York.C’était dans la fièvre d’une lutte électorale, ont-ils dit, Murphy, emporté par son zèle, a fourni l’argent à sts amis politiques, à même lu caisse qu’il avait en soin, espérant que son parti le rembourserait.Et son parti no l’ayant pas remboursé, il s’est trouvé dans l’embarras.Mais c'est bien pire que cela.Murphy a commencé par soustraire §20,000 de sa caisse durant les élections.Puis il a soustrait $30,000 dont il avait besoin pour lui-même.Et il a levé le pied.Ce n’était pas encore assez.Une fois parti ut arrivé au Canada, il a poussé l’audace jusqu’à tiror une traite de $10,000 sur lu caisse qu’il avait déjà saignée de $50,000.C’en était trop ; l’éveil était donné, et la traite fut traitée comme elle le méritait.De sorte que si le sieur Murphy n’a empoché que $50,000 ce n’est pas de sa faute.Voilà l’un des exploits de cet illustre témoin.L'AFFAI 3E__BANCROFT Les aboyéurs de l’opposition ont un plaisir ineffable avec une histoire nouvelle.C’est l’affaire Bancroft.Le département des Travaux Publics ayant demandé des soumissions pour le dock de Kingston, parmi les soumissions envoyées, il s’en est trouvé une d’un nommé Bancroft, qui était la plus basse,et une autre des MM.Connolly qui était l’une des plus hautes.Le département des Travaux-Publics après avoir considéré les soumissions accordable contrat au plus bas soumissionnaire, Bancroft.Alors ce Bancroft fît connaître qu'il était en société avec les MM.Connolly et le contrat fut signé en conséquence.Maintenant les gens do l’opposition sont dans une excitation effrayante.Bancroft n’était qu’un paravent pour cacher les Connolly, s’écrient-ils, il n’y avait pas de Bancroft, c’est un truc da3 Connolly.Et après ?Disons que le nom de Bancroft servait à couvrir les Connolly, et que cette soumission était la leur.Ils on avaient une autre eu leur nom propre» qui était la \ lus haute et qui n’a pas été acceptée.Et c’est la plus basse qui a été acceptée.Où est lu faute du département ! Où est la malversation ?Les aboyeurs disent : le département n’a seulement pas vu Bancroft ; c’était Connolly qui menait tout.Qu'est-ce que cela fait, si la soumission Bancroft • était la plus basse ?Lorsque le département des Terres de la Couronne, à Québec, a vendu le Table-Itock à George Rowe, il n’avait jamais vu ce George Kowe ; c’était un mythe pour le département, et c’était le député de Québec-Ouest qui menait toute la transaction.Et cependant le parti libéral n’a rien trouvé de blâmable dans cette manière d’agir.Mais, dit-on, il y a eu des extras sur le dock de Kingston.Que MM.les libéraux nous montrent donc les entreprises où il ne se produit pas d’extras, de dépenses imprévues.Voilà cette affaire autour de laquelle on fait tant de vacarme.’ • C’est un parti pris, de la part de l’opposition, de soulever des clameurs à propos de tout et de rien.On-s’acharne surtout contre le département des Travaux-Publics, et l’on espère, par ce moyen,terrasser Sir Hector Lange vin.Mais l’opposition finira par s'apercevoir qu’elle ne gagnera rien par cette tactique, et elle en sera pour ses frais d’attaques injustes, et d’accusations calomnieuses.»* * • • |» # • ^ - •»• « CE BILLET On lit dans YElectcvr de ce matin : Notre confrère du Courrier du Canada apprendra sans doute avec un sensible plaisir que sea insinuations contre l’honorable Ch.Langelier et M.Pacaud n’avaient aucun fondement quelconque.Le compte-rendu de la séance voua renseignera amplement sur cet incident.La déclaration franche et catégorique de M.Fitzpatrick a anéanti les vilains soupçons que certaines langues de vipères avaient cherché à exciter dans le public.Je dois dire qu’ici personne ne partageait ces doutes et que la dénégation n’a surpris personne.En effet, personne n’avait* un instant même songé à associe* le nom de MM.Langelier et Pacaud à l’affaire scandaleuse qui se déroule devuDt le comité.Voici le passage du rapport de la séance d’hier, qui a trait à cet incident : Avant de procéder à l’examen du témoin, le président lit une lettre de MM.Chs.Langelier et Ernest Pacaud niant qu’ils aient reçu $700 de la société Larkiu & Connolly demandant à être entendus comme témoin pour nier ccttc accusation portée daus la Gazette de Montréal, la Minerve et le Courrier du Canada.M.Fitzpatrick dit que ce billet de $700 s’est trouvé parmi les documents de la société Larkin et Conuolly par accident.M.Nicolas Conolly déclare au nom do la 'société Larkiu & Conuolly qu’il n’a jamais escompté de billet do $700 pour MM.Chs.Laugelier et Ernest Pacaud et que les signataires et endosseurs de ce billet l ont payé eux-mêmes.Eh bien, qu’est-co que le reporter de la Gazette de Montréal avait dit l Qu’on avait vu un billet de $700 signé par M.Pacaud et endossé par M.Chs.Langelier, daus les papiers do MM.Connolly.C’est cela qui a paru dans la Gazette, et e’est cela que nous avons reproduit.Or c’est strictement vrai; comme le prouve l’extrait du rapport quo nous venons de citer.Nous avions donc dit la vérité, et s indignations grossières do M.Ernest Pacaud étaient absolument injustifiables.L’honorable M.Chapleau a repris son siège à la chambre des communes, mardi, pour la première fois, depuis l’accident qui lui est arrivé à Montréal, il porte encore ses béquilles.- Parlement Fédéral Ottawa,8 juillet.Eu réponse à M.McMullen, sir JOHN THOMPSON dit que les services de 3131.Osler et Henry, avocats, ont été retenus pour représenter le département des Travaux publics à l’enquête qui se poursuit maintouant devant le comité des privilèges et élections, mais qu’il uo peut dire quels seront leurs honoraires, aucun paiement ne leur ayant encore été fait.31.TARTE demande copie des soumissions et de la correspondance au sujet de la construction du caisson au bassin de radoub d’Esquimalt.les noms des sonmissiounaircs et de celui ou ceux qui ont obtenu le contrat et le montant payé pour cet ouvrage.En faisant” cette demande, 31.Tarte dit que depuis que les circonstances lui ont permis de se renseigner sur l’administration du département des Travaux publics, il a constaté que des décb1 us très contradictoires y étaient souveut rendue4* suivant le temps et les personnes.Ainsi à une époque on établit comme règle d’accepter la plus basse soumission, à une autre époque ont refuse de suivre cette pratique.Cinq soumissions ont été envoyées pour le caissou du bassin d'Esmalt.Celle de 3131.Carrier & Lainé était la plus basse, mais le 3 juin 1SS5, 31.Perley déclare que »a soumission est trop basse, et le 19 juin sans que l’on puisse savoir la raison, 31.31.Carrier et Lainé demandent à retirer leur soumission.C’est un état de chose étounant et scandalous que de voir refuser des contrats à des maisons puissantes et responsables comme la maison Carrier et Lainé.La soumission n’était que de S40,000 et la maison Carrier et Lainé était parfaitement en mesure de remplir son contrat.Sir HECTOR LANGEVIN ropoud qui1 n’a aucune objection h produire les papier* demandés qui sont déjà devant le comité des privilèges et élections.Il n’a pas pu en conséqueuee les examiner.Tout ce qu’il sait c'est que 3131.Carrier et Lainé ont demandé le 17 juin à retirer leur soumission, et que le 24 ou le 25, le contrat pour lo même ouvrage a été accordé à la “ Dominion Bridge company.” 31.VAILLANCOUHT demande copie de toutes requêtes, correspondances et documents concernant l’octroi d'un subside au chemin de 1er Québec Oriental.M.Vaillan-court dit que les électeurs de son comté sont très auxieux de voir le gouvernement accorder un subside à ce chemin dont la construction aurait l’effet de développer sur la rive sud du St-Laurent un pays riche en mines d’amiante et autres, ainsi que le commerce arec les Etats-Unis.31.A31YOT dit qu’il est heureux d'appuyer la motion de 31.Vaillancourt.Il espère que le gouvernemeut se rendra à la demaude qu’il lui est faite.Si le gouvernement est décidé à st retrancher derrière les compagnies de chemins de fer pour ne pas construire le pont de Québec, il faudra alort établir entre Ica deux rives du St-Laureut un service de steamers pour traverser les trains de chemin de fer d’une rive à l’autre.M.CHOQUETTE dit que le caudidat du gouvernement daus sou comté s’est engagé à obtenir des subsides pour ce chemin de fer et a dit avoir la promesse du gouvernement à cct effet.Il espère que le gouvernement rachètera la parole de ton caudidat.Sir HECTOR LANGEVIN félicite M.Vaillancourt sur son début et dit que H gouvernement entend traiter sa demande avec justice.Mais il est impossible au gouvernement de régler ces questions importantes du jour au lendemain.Paris n’a pas été bâti en un jour.Il faut que ces sujets soient discutés en cabinet avant d’être soumis h la Chambre.M.Vaillaucourt ne doit pas perdre patience si les choses ne vont aussi vite qu’il lo voudrait, et il est bon qu’il continue à agiter cette quea-tiou devant la Chambre.31.TllOW demaude copie de toutes soumissions pour l’agrandissement ou la construction de presque tous les cauaux du Canada.La motion couvre deux pages des ordres du jour.31.B OWE LL répond que la réponse à cette adresse couvrirait 412 rames de papier, coûterait quelques années de travail et occasionnerait uue dépense évaluée entre $29,000 et $34,000.Sir JOHN THOÎlPSpN dit que cette motion pourrait être simplifiée, et propose que la discussion soit ajournée afin de donner à 31.Trow occasion de reconsidérer la proposition—Adopté.La Chambre discuto cnsuiU jusqu’à six heures une demande de documents par 31.KAULBACH concernant le bran de scie jeté dans la rivièro la Hayes, comté de Lu-nenbourg, N.D.MEAXCK 1>U 801 li 31.CURRAN propose la troisième lecture du bill du chemin de for de la Bale c‘es Chaleurs.31.Cockburu propose d’ajouter a la clause 5 le mot “ lieu 31.Currau et 31.Joncas s’opposent à cet.amendement.31.Jcncas dit que la clause 5 protège suffisamment les créanciers et que l'amendement de 31.Cockburu u est^ proposé que daus l’intérêt do la Banque d Ontario.Comme question de fait, 31acFarlano n a pas de jugement coutre la compagnie et les cours n’ont pas encore donné leur décision au sujet de ses réclamations.M.LANGELIER dit que quand bieu même 31acFarlaue aurait obtenu jugement, ce jugement aurait un lieu sur le chemin même et non sur la compagnie.Sir HECTOR LANGEVIN propose que lo bill soit renvoyé devant le comité des chemins de fer afin que la question do l'amendement y soit discutée et décidée.31.CHARLTON soulève une question de privilège et oke le Globe de 18S3 pour prouver que 31.31ckenzie Bowell avait dû à sa qualité d’oraugiste d’être choisi comme membre du cabiuct de sir John.M.BOWELL dit que lo nommé Reynolds qui a porté cette accusation a tout simplement dit un mensonge.Ce Reynolds a été chassé do l’ordre des orangistes et il a voulu fonder un ordre rival au service des libéraux.Sir RICHARD CARTWRIGHT dit que 31.MacKcuzie Bowell a été désigné comme ministre par les oraugistes, parce qu’il avait participé à la procession des orangistes à 31ontréal en 1878.3i.Mackenzie bowell uie raccu- sation.Au contraire il a fait tous ses efforts pour empêcher cette procession.La chambre considère ensuite en comité le bill de M.Burdett modifiant la loi des élections fédérales et y apporte quelques amendements.M.ALLAN demande qu’au ordre de la chambre soit émis pour copie de toutes correspondances, lettres et télégrammes concernant lo renvoi de 31.3IcCormiek de la charge do sous-percepteur du port de File l’elé et de toutes lettres, télégrammes et messages téléphoniques au sujet de la nomination de J.II.C.Atkinson comme titulaire de cette charge.Aussi copie de toutes correspondances relatives à la destitution d’Atkinson et à la réinstallation de 31cCormick.Cette motion donne lieu à une passe d’armes entre 3131.Devlin et 31acDonnell (d’Algowa), au sujet de l’intervention d’ofiiciois publics daus les élections, et à 11 h.15 la séance est levée.AVIS DK MOTIO.V M.Frémont demandera vendredi si M.Schrieber a lait un rapport de son explora tion du fleuve St-Laurent daus le voisinage de Québec eu vue de la construction d’uu pont et si le gouveruemeut se propose de mettre ce rapport sur le bureau de la Chambre.Pendant plus de cinquante aHS Le Sirop adoucissant, de 3Iadamo Winslow a été employé pour la dentition des enfants.11 soulage l’enfant, adoucit les gencives, diminue la douleur, guérit les coliques tiatulcntes, et est le meilleur rcrnèdo pour la ^ Diarrhée.Vingt-cinq contins la bouteille.Vendu par tous les droguistes do Tunivors.Québec, 27 Mai 1891 —I an H.VEXTII.U m I.'i'ti'1* Cnnada Life Assurance ( 0 Bureau Principal, II.lBIILTUiV, Oui.U Bill .II.MANUFACTURIER A LA VAPEUR D’Ouvrages e/i GRANIT, En MARBRE Et en VIER R R ! -t- lïiONUMENTS ET PI ERRE TU IYIULAI RES -t- .Entourages de lots de cimetière, Etc., Etc*, Etc.—1~ .-COIN DK* RUES- Capital et Fond* de Garantie au-dessus de.$12,000,000.00 Revenu Annuel au-dessus de.2,000,000,00 Assurances en force le 31 Dé-canbre 1891*.54,080,801.21 Prank Pennée, Agent et Inspecteur pour la Ville et le District de Québec.Quél.cc, 20 juin 1F91—fm 21 mpiGiiï m minis Sî-Jospph, Dure limiter et St-Franrois, ST-ROCU, QUÉBEC.• 14 .T> KLANGER a y-ni à >on emploi un bon ivJ • JD nombre 4’ uvrers habiles et expérimentés, tt poss'd'.nt un %aste atelier mûri de much neries les plus amélior es pour t.iiller, tourner et polir le granit, le ma bre et la picr.e manufacturée, son ouvrage avec 0 lé »té et bon marché.11 c.-^t dans l’intérêt d .• ceux qui 011 b.-soiu d’ouvra.e de cc genre, de 1 ui f i e uue us'te et de voir so> prix.Québec, 16 avr 1 1S91—30*.ifps.13S â 1 IX 1st viUa Mastai Hier soir, sur la gracieuse invitation de M.Ph.Landry, à la villa 3Iastaï, les élèves qui finissaient leurs cours eu 18GG, se sont réunis pour célébrer le 25ième anniversaire du leur sortie de collège.Depuis vingt-cinq ans les élèves de cette classe se sout réunis deux fois, eu 187G, au presbytère de la jeune Lo-rette et eu 1881 à la villa Mastai.Les noms des élèves finissant en 1SG6, étaient A.Papineau.Théophile Houdc.Louis Sansfaçon, Charles Gingras, Georges Côté, Philippe Laudry, N.LeVasseur, Elzéar DJry, Octave Simard, Ernest Audet, Wil-brod 3Iyrand, Wilbrod Couture, F.X.Gosselin et Guillaume Giroux.Voici l'état civil de chacuu d’eux : A.Papineau, prêtre, séminaire de Québec ; Théophile Houde, prêtré, curé de St-3Ia-gloire et ensuite de St-Aubcrt ; Ernest Audet, prêtre, séminaire do -Québec ; Louis .Sansfaçon, prêtre, curé aux Uroudi-nes, et eu ce moment vicaire ù St-Joseph do la Beauce.Georges Côté, prêtre, vicaire à la Basiliquo et aujourdhui curé de Ste Croix.Wilbrod Couture, prêtre préfet d«s études, au collège de Rimouski, et maintenant curé à Hawkesbury, dans le district d’Ottawa.Octave Simard, prêtre, curé de Rimouski ; F.X.Gosselin vicaire à Suint-Roch de Québec, puis cure à Saint-Joseph de la Beauce.Guillaume Giroux, prêtre, curé de St-Ambroise.Elzéar Déry, avocat, recorder de la ville de Québec.Charles Gingras, médecin pratiquant à Québec.Wilfrid 3Iayraud, médecin, pratiquant aux Grondines.Philippe Landry, agronome, ancieu député, commandeur de l'ordre de St-Grégoiro, aide-de camp d'honneur de S°n Excellence Lord Stanley de Preston, gouverneur-général du Canada, propriétaire de l’asile d’aliéués, à Beauport.N.Levasseur, journalPsto, officier d’Etat-major du 9e bataillon, secrétaire de la chain de commerce, inspecteur du gaz, à Quéccc etc.Total, 14, dont neuf prêtres, un avocat dans la magistrature, deux médecins, un agronome et politicien et un jouianlibte.Ils étaient sept internes et sept externes à [a sortie.Sur ce nombre quatre sont décédés.Cc sout les Rvds A.Papineau, E.Audet» Théophile Houdc et Octave Simard.Il reste donc cinq prêtres et cinq laïques.La réunion a été charmante et 31.Landry a fait les honneur de sa villa d’une manière tout à fait princière.- L'hon.M.Royal, lieutenant-gouverneur des territoires du Nord-Ouest, est à Montréal.’i CREAIS «iRl in plus pur#, la pins forte, ln meilleure NB CONTIENT PAS d’Alun, d’Àmmonii.quo, do Choux, dû Phosphates „ Xi uucurm autro substance injurient K.W.GILLET, Cuicaco, lu.FABRICANT DES (Vlfbrc* Ontcnux Mn I.cvtiro Rojnle I Elixir Résineux Pectoral Voulee-vou* no pin» tousser ?Fnlfca n«Huo es consignataires sont priés de matquer au long l’endroit où ils envoient leurs marchandises, nfin d’éviter les erreurs dans le déchargement Four le fret et le passage S’adresser à ARTHUR AHERN, Secrétaire, Quai Atkinson R M.STOCKING.Agent des passagers, En face de l’hôtel -1 Louis i Quebec, 2 avril 1801 • v_' ¦ I .S'.V] ' * '-WlL .- .L.«V - ^ .T - T>*-: gdT*¦—1 - ._ - - j- ' i .- - Pour la Rive Nord I E SS.- OTTEIS, ” Capitaine Geo.N LJ.M.y.pameajEC01 matin,le I6JUILLET.S MtüKfcS, et tous bs quinze jours ensuite, pou i’ASKOUAN, arrêtant RlMOUSKI, pour h ma.les de Uhrsimis et à difï» ici ts endroits jusqu •a I ointe aux Esquimaux.Pour la Rive Sud l'EKS.“ KF.AVEK.” capitaine J.-J Masson, partira le MARDI après-midi JUILLET, i 4 HEURES, e, tous les qûiîTre jou ensuite, pour PAsptBiac, arrêtant i Sainte-An.n des Monts et au* endroits intermédiaires.Four le Fret et le passage, s’adresser à _ ^ ^ A.FRASER Cik.Québec 2\ mai 18.1 -6in.fSf LA COMPAGNIE DH NAVIGATION —: DU Richelieu et Ontario -: entre - QUEBEC ET MONTREAL Le steamer Québec, capitaine Nelson, partira du quai Napoléon, les MARDIS, JEUDIS et SAMEDIS, a 5 HEURES de l’après-midi.Le steamer Canada, capitaine Koy, partira du quai Napoléon, les LUNDIS, MERCREDIS et VENDREDIS, à 5 HEURES dcl’après-midi.C es deux ttcamers arrêtent à Batiscan, Trois Rivières et Sorel.— ENTRE — MONTRÉAL &T TORONTO, A partir de LUNDI, le 1er JUIN, jusqu'à* 15 SEPTEMBRE, un bateau laissera Montréal tous les jours à 10 a.m.t excepté les dimanches et après cette date trois fois par semaine, les Lundi, ilKRCRkDi et Vendredi jusqu’au 30 Septembre, de Lachmc ù 12.30 p.m., et de Céteau Landing A 6.30 p.m.La ligne du Saguenay.Le '.vapeur Saguenay, capitaine Lccours, partira ?rïxMt;JVn,drT6' à 7*j° DU MATIN, le MARDI et VENDREDI pour la Unie St-Paul, Eboulc-ments, Malbaie, Rivière-
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