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Titre :
Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens
Publié à Québec, ce journal d'information d'allégeance catholique et ultramontaine appuie les partis politiques conservateurs. [...]

Le Courrier du Canada est lancé à Québec le 2 février 1857 par Hector Langevin et Joseph-Charles Taché. La fondation du quotidien précurseur de la presse d'information catholique au Canada est subventionnée par l'archevêché de Québec. Le journal reçoit rapidement l'assentiment d'une grande partie du clergé de Québec dont la faveur était passée du Canadien au Journal de Québec.

Journal d'information locale, nationale et internationale, Le Courrier du Canada accorde une plus grande importance aux questions canadiennes, particulièrement à la défense du catholicisme et à l'épanouissement de la langue française en Amérique. La publication relaie les nouvelles de l'église romaine et appuie la papauté face à la montée de la question de l'unité italienne.

Le Courrier du Canada rejette la publicité pour des divertissements impies en échange de l'exclusivité des nouvelles émanant de l'évêché de Québec. Il milite pour le maintien des valeurs catholiques traditionnelles et le provincialisme, tandis qu'il s'oppose à la démocratie, au socialisme et à l'athéisme.

Hector Langevin quitte la rédaction du journal après seulement quelques mois pour se consacrer à la vie politique. Joseph-Charles Taché en devient alors le principal rédacteur. Conservateur opposé aux libéraux radicaux, il publie sous forme d'articles, du 7 juillet au 23 octobre 1857, un plaidoyer remarqué en faveur d'une confédération canadienne. Il quitte son poste en 1859 pour se consacrer à une carrière de fonctionnaire et d'auteur.

Auguste-Eugène Aubry, juriste français venu enseigner le droit romain à la nouvelle Université Laval, prend la relève à l'automne de 1859. Critiqué pour sa hargne à l'égard des anglophones et de la classe politique en général, il quittera ses fonctions au journal en 1863 et, après avoir repris l'enseignement, retournera en France en 1865, victime par association de la crise gaumiste, lutte opposant les fondamentalistes chrétiens aux partisans « libéraux » de l'enseignement des auteurs classiques.

Eugène Renault, qui écrivait déjà au journal, prend la relève de la rédaction de 1863 à 1873. Au nombre des collaborateurs présents durant ces années, on compte le musicologue Ernest Gagnon et Adolphe-Basile Routhier, homme de loi et auteur, notamment de l'Ô Canada. Guillaume Amyot (1873 à 1875) et Roch-Pamphile Vallée (1875-1880), tous deux politiciens conservateurs, se succèdent ensuite à la rédaction du journal. Homme aux mille talents et intérêts, Narcisse-Eutrope Dionne leur succède de 1880 à 1884 alors que le politicien conservateur Thomas Chapais tient la barre de 1884 à 1901.

Bien que basé à Québec, le journal est distribué dans toutes les régions du centre et de l'est du Québec et même au-delà, où il trouve des collaborateurs et des lecteurs en premier lieu parmi le clergé.

Le Courrier du Canada déclare des tirages de 1900 exemplaires en 1869 et 1500 exemplaires en 1898. Le journal s'éteint en 1901 faute de s'être adapté aux tendances émergentes en matière d'illustrations et de nouvelles à sensation.

BARNARD, Julienne, Mémoire Chapais, t. 2, 1961, Montréal, Fides, p.149-153.

« 25e anniversaire », Le Courrier du Canada, 1er février 1882, p. 1-6.

LAVOIE, Elzéar, « Les crises au Courrier du Canada : affaires et rédaction », dans Nive Voisine (dir.) Les ultramontains canadiens-français, 1985, Montréal, Boréal Express, p.143-159.

LAVOIE, Elzéar, « La clientèle du Courrier du Canada », Culture, vol. 30, no 4, déc. 1969, p. 299-309; vol. 31, no 1, mars 1970, p. 40-57.

SYLVAIN, Philippe, « Les débuts du Courrier du Canada et les progrès de l'ultramontanisme canadien-français », Les Cahiers des Dix, no 32, 1967, p. 255-278.

SYLVAIN, Philippe, « Auguste-Eugène Aubry [1819-1899] », Les Cahiers des Dix, no 35, 1970, p. 191-225.

Éditeur :
  • Québec,1857-1901
Contenu spécifique :
mercredi 24 mars 1886
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
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Références

Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 1886-03-24, Collections de BAnQ.

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SOomc Année iVo 949-Edition quotidienne-Steme Année Mercredi 94 Mars 1880 auffier JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.J® OROIS, J'ESPERE ET JTAIMB.THOMAS CH A PAIS, Rédacteur en Chef.LEGER BROUSSE A U, Editeur-Propriétaire.FRANCE Paris, J or mars.Celte affaire dos mines de Decaze-villo promet de devenir très grave Le gouvernement, à la vérité, envoie des troupes ; mais il tolère que son préfet semble dans une certaine mesure prendre parti contre la Compagnie des mineurs en faveur des grévistes.11 tolère que les députés ouvriers Basly et Camélinat aillent au milieu de cette population, surexcitée déjà par des meneurs obscurs, encourager la guerre au capital.Il permet que dans des journaux de Paris, et notamment dans le ( ri du Peuple, des appels sanglants à la révolte et au crime paraissent tous les jours.Avant les scènes odieuses qui ont accompagné le meurtre de M.AVatrin, de pareils actes do faiblesse, sinon de complicité, eussent été dangereux.Aujourd'hui, après tout ce qui s’est passé, cette laibl» sse est de l’aveuglement et de la folie.Nous verrons bien où cela nous mènera.11 est vrai que M.de Freycinet est trop content de ses exploits en matière de politique coloniale pour s’occuper des menus détails do la politique courante.La majorité que la Chambre lui a donnée pour son fameux traité de Madagascar lui paraît une chose merveilleuse, et lui fait croire qu’il est destiné à rester longtemps ministre.Mais vous savez dans quelles conditions s'est formée, cette majorité.Des circonstances fortuites ont amené cette concentration parlementaire, ,1c d\s parlemen- ; taire cl non pas républicaine.D’autres circonstances empêcheront dès demain la concentration de se réformer.N’importe, pour io moment M.de Freycinet est un ministre heureux.Il vient de déposer sur le bureau du Sénat le projet de loi portant ratification du traité de Madagascar.Le Sénat va le voter sans grand retard, parce que M.de Freycinet est pressé.11 faut qu’avant le 17 mars la ratification du traité soit parvenue et communiquée au gouvernement malgache.Je n’ai pas besoin de vous dire que le Sénat se gardera bien, en pareille occurence, do manquer à ses traditions de docilité.On annonce pourtant que M.Milhet.do Foma-rabié, sénateur de la Réunion, doit protester contre certaines lacunes du traité.Mais cela n'empêchera pas Fs ministériels du Luxembourg do déclarer que le traite est.excellent et qu'il faut le voter.Ces messieurs les raameloucks sont plus nombreux et plus disciplinés au Sénat qu’à la Chambre.Un dit aussi que les pro-lestants du Sénat veulent répondre aux attaques de M.do Mahy contre les méthodistes français.Messieurs., les protestants, s'ils s’embarquaient dans cette voie, commettraient une lourde bêtise.Les faits que M.de Mahy a vaguement rappelés l’autre, jour ne reposent point sur des allégations en l’air.Ils reposent sur des données certaines et même sur des preuves écrites.J’ai eu naguère entre les mains une brochure (le M.Saillens, dans lequel ce pasteur méthodiste prend bravement le parti des Ho vas contre nous.Et c'est M.Pa«*sy, un député de la gauche, qui a eu le courage d'ajouter ù cotte œuvre — qu’on dirait payée par l’argent des méthodistes de Madagascar — une préface en règle.A propos de M.Pass y, ce digne personnage était à son banc, quand M de Mahy a mis en cause les méthodistes et leurs amis de France.Aujourd'hui la Chambre a commencé la discussion du rapport sur l'élection de M.Blancsnbé on Cooliin-chine.La commission demande l’invalidation ; mais M.Blancsnbé ados amis qui soutiennent que l'élection est très régulière.A en cioirc M.do Cassagnac qui, étant membre de la commission, a entendu les témoins et vu les pièces du dossier, l’élection est viciée par la fraude, par les pots de vin, et il faut invalider le Cochinchinois.Je no serais pas Fiché quo l’élection fût validée.M.Blanesuhé n’est pas plus mauvais que le premier républicain venu.Et au point de vue du respect que mérite cette jolie Chambre, présidée par M.Floquet, je ne serais pas lâché de voir la majorité qui a invalidé, sous prétexte do pression électorale, les bravos gens de l’Ardèche, de la Lozère, des Lan des, valider le cochinchinois Blancsubô.N.nos ; enfin, cette fermeté apostolique avec laquelle, comme un mur d’airain, il a résisté aux puissants do la terre pour la défense de la foi.Et le tableau de cette belle vie n’est pas chez vous une œuvre d’imagination ; vous avez emprunté pour le tracer le pinceau du cardinal lui-même.On aime, en parcourant vos pages, voir ses écrits et ses paroles se fondre, dans une?si parfaite harmonie, avec l’intéressant récit de ses actions.Pourquoi ne vous féliciterais-je pas aussi des grâces de la forme, de la sûreté des doctrines et de la modération avec laquelle vous traitez nue écolo trop célèbre, qui ne fut pas celle de votre héros et qui n’est pas la vôtre.L'Histoire du cardinal Pie est destinée à un grand succès, soyez-en sûr.Elle sera lue en France et traduite clans les langues étrangères, et grâce à elie on dira longtemps de notre illustre évêque : DHunclus h'J fi uc loquitur.Veuillez agréer, monseigneur, la nouvelle assurance de mon afi’ec-inenx dévouement.V l’i.ÛI»!W.Cunlili.il L)K:«PItKI», Ar um Toulouse *i (1*; Narl>o^ne.LETTRE î.t: îj.Em.le Cardinal Desprez AKCllKYÈQUE DK TOULOUSE A Monseigneur Eaunard sur l'Histoire du cardinal Pie Nous sommes heureux de pouvoir dire que le “ grand .vacccs ” que .Son Eminence le cardinal Desprez assure au beau livre de Mgr Beau-nard est déjà obtenu, et obtenu pacifiquement.Sans bruit de journaux, sans polémique de partis, près de cinq mille exemplaires de Y Histoire du cardinal Pie, vendus dans l’espace de deux mois, disent assez la faveur arec laquelle a été accueillie par le avec lesquels il s’est occupé de tout ce qui a rapport à l'éducation populaire, lui ont donné une telle rectitude de jugement, qu’on no peut s’empêcher de l’admirer dans l’historique de tout ce qui se rapporte à la carrière du maître, autant dans ses relations extérieures avec les populations, que dans l’intimité de sa mission avec ses élèves.Nous ne pensons pas qu’il soit possible de faire un tableau plus saisissant, des ennuis, disons des misères de la profession, que celui qu’a développé, bien au long, M.le Docteur McLelan, devant ses auditeurs.J1 y a eu charme ù l’entendre.Mais personne mieux que lui ne sait apporter le remède au mal.Ses conseils, ses exhortations vont à l'Ame, et sont bien capables de faire surmonter les dégoûts de la profession, pour n’envisager que la douce satisfaction d’un devoir, d’une noble mission consciencieusement et religieusement remplis devant la société.En prenant pour sujet de ses conférences, “ la critique des critiques M.le Docteur McLelan avait à cœur de meltro en garde, les maîtres et les maîtresses, contre les déboires auxquels beaucoup d’entre eux cèdent avant d’avoir mûri dans la carrière.11 sait lui • même combien il est regrettable que l’enseignement n’ait pas suffisamment de vétérans dans ses membres pour former un corps de résistance aux difficultés nombreuses à surmonter dans cette vocation.L’orateur a été écouté avec le plus vif intérêt : il est permis d'espérer que ses auditeurs l'auront compris, et que chacun saura mettre à profit les excellents conseils reçus.Toulouse, le 22 février I88«L Monseigneur, Aux remerciements que je me suis empressé de vous adresser dès que j’eus reçu vos deux volumes, je viens joindre aujourd’hui mes félicitations, et je puis le faire en toute assurance.# En écrivant la l ie du cardinal Pie vous avez élevé un splendide monument à l’Eglise (le France du dix-neuvième siècle.Dans cos beaux volumes nous reconnaissons notre grand évêque de Poitiers, 1 homme diuljrgé de Fran e À notre époque.Nous y r* trouvons cette intelligence vaste et pronfoude qui pénétrait dans le secret de nos dogmes avec une incomparable sûreté de jugeaient ; cet instinct du vrai qui le portait droit â la solution la plus bûre des problèmes religieux et sociaux ; cette parole tendre qui venait chercher force et consolation au pied des autels de Marie ; ce zèle ardent du salut des âmes qui (le Poitiers, comme d’un loyer lumineux, rayonnait au loin sur les autres diocèses ; ce dévouement sans borne, cette soumission filiale au Saint-Siège qui ont fait do lui un des principaux agents dont la Providence s’est servie pour détruire parmi nous les derniers restes du gallicanisme et faire refleurir les doctrines romai- CORRESPONDANCE D’ONTARIO Sandwich, le 22 mars 188G.public, et surtout par le clergé, cette j Ces deux journées de convention out couvre de (i vérité, de respect et de ! eu le plus grand attrait par l’entrain paix ”.j qu’y ont apporté tous ceux qui y ont ! pris part.M.l’Inspecteur de la cir____ _______ 'conscription, plusieurs maîtres et : maîtresses, quelques amis de l’édu-1 cation, ont alternativement traité des j sujets de circonstances : tous ont été ! heureux et applaudis chaleureuse-| ment.Cela peut s’appeler une vraie Dans notre correspondance précé- fête de famille.Un concert offert dente, nous avons parlé d’une confé- dans la soirée du premier jour, par ronce qui a eu lieu à "Windsor, les 25 une société orphéoniste de la ville, et 20 février dernier, à laquelle assis* a mûri dans une salle préparée, une tait M.le Docteur McLelan, inspec- assemblée des plus imposantes qui leur des hautes écoles d'Ontario, puissent se rencontrer.U’est dire Dans ce compte-rendu, nous avons dû combien la population de la ville de d'abord négliger bien des détails sur A\ indsor suit arec intérêt les mai-lesquels nous voulons revenir nujour- très et les maîtresses de notre jeune d'inii, persuadé que nos lecteurs génération.Disons que dans cette aimeront à apprendre plus au long soirée tout a été succès, et dans les tout ce que ces sortes de conventions discours, et dans l'exécution des publiques tout appelées â rendre chants et des récitations, d’importants services A la cause du j Nous ne voulons pas clore cotte progrès de l’instruction, dans le.; correspondance, sans parler d’un paya.traité de méthématiques, à l’usage il.le Docteur McLelan possède à des aspirants aux differents diplômes un plein degré tout ce que la carrière pour renseignement, et dont M.le de renseignement offre do viciesitu-1 Docteur McLelan est l’auteur.L'ac- res à celui qui l’embrasse.Lui-même | passé par tous les degrés hiérarchi-j quos de la profession, depuis le titre d'humble instituteur de hameau jusqu’à celui de premier, après M.le Ministre de l’éducation.On peut dire qu’il a gagné successivement ses chevrons sur le champ de bataille.Il a vu de lui-même.Sa longue expé- eueii fait par le public aux différents ouvrages dûs â cet éminent maître ayant tous rapport â l’enseignement, est une garantie de la faveur réservée â ce nouvel ouvrage qui renferme tout ce qu'il est nécessaire de savoir en méthématiques pour répondre aux questions d’examen sur cette importante matière.Déjà les félici- rience, le labeur, la persévérance tâtions les plus chaleureuses dos hommes les plus éminents, les plus compétents, sont adressées à M.le Docteur pour sou nouveau traité.Avant peu ce livre sera le moment indispensable de tout amateur des mathématiques et de tout aspirant à renseignement.Notre politique conservatrice se rassure de plus en plus dans notre comté d'Essex.L’eflervescence jetée par nos quelques grits turbulents se ralentit d’une manière sensible, et cela pour rentrer dans l’ombre d’où personne d’entre eux n’a gagné de sortir.J1 faut reconnaître que nous avons eu des gens de bonne foi qui ont d’abord prêté l’oreille aux hypocrites insinuations de ceux qui pensaient l’occasion venue de triompher : il est si facile de produire un mouvement de panique chez les gens paisibles ! Les journaux criards se sont battus les flancs, à perdre haleine, pour obtenir une volte-face politique ; l'écho des provinces surexcitées semblait devoir servir leur plan.Le bout de l’oreille n’a pas tardé à se montrer.Nos gens ont compris que dans cette manœuvre du gritisme, il n’y avait ni sentiment national, ni esprit de patriotisme.L’opposition voulait une échelle sociale pour grimper au pouvoir, très heureuse (le la mort de Kiel qui lui onrait valu cette channe.Au lieu de pleurer sur sa tombe, il est bien probable que les grils y auraient festoyé, si sur les cendres de l’infortuné, i! y avait eu lauriers à cueillir.Si à tous nos violents adversaires on avait dit : “ Que celui qui est sans tort jette la première pierre au gouvernement, ’’ combien seraient restés à la poursuite des accusés.Chacun s’examinant dans la sphère do sa charge sociale, serait rentré bien vite, qui dans sa mission, qui dans son office, qui dans sa ferme, qui dans .son atelier, al tendant que la cause publique se règle, en temps et bien, par les représentants du peuple, en ayant charge.Les choses n’en auraient été que mieux, et le pays n’aurait pas été pensé à deux doigts de sa perte, sauvé qu’il a été par la prudence des conservateurs On peut cire mécontents sans doute, dans la décision d’une affaire publique c’est le droit de chacun de contrôler un pouvoir constitutionnel ; mais oe droit ne dispense pas du devoir du citoyen à l’égard d’un gouvernement établi par un peuple sage, libre.Nous sommes eu Canada sous ie régime le plus libéral du monde entier.Pas de privilège, pas d’oppression pour personne ; pas de classes rejetées ; pas d’armées de fonctionnaires organisés pour agir dans les élections.Si la chose publique peut parfois laisser à désirer, n’avons-nous pas â notre disposition les moyens d’y remédier ?Les pouvoirs se renouvellent assez souvent ; usons de nos votes avec modération, avec sagesse.Ne nous laissons point entraîner par les agitateurs publics, par ces cervelles creuses et bouillonnantes incapables de rien améliorer, de rien édifier en législation.Changer, renverser un pouvoir, n’est pas une garantie qu’il sera remplacé par un moins imparfait.Vouloir la chute du gouvernement auquel appartiennent nos éminents compatriotes, ftir Hector Langevin, Sir A.Caron, A.Chapleau, c’est vouloir un gouvernement où nos éléments nationaux sont en danger d’être rejetés complètement.Notre part au pouvoir est déjà si faible, que tout Canadien-français devrait fermer l’oreille à tout ce qui tend à nous diviser : Nos adversaires, nos ennemis, si nous en avons, ont a cœur notre affaiblissement , c’est leur œuvre qui se fait en nous divisant : Qui de nous, sans être traître à notre nationalité, aura le triste courage de suivre les agitateurs et de leur prêter main forte ?Deuil -La mort vient de jeter dans un deuil profond la famille de M.le docteur Casgrain, de TV indsor.Madame Casgrain, après quelques jours de maladie seulement, s’est endormie dans la paix du Seigneur, le mercredi, 17 de ce mois, après avoir reçu tous les secours de la religion avec des sentiments de piété qui ont été le couronnement d’une vie chrétienne bien remplie et exemplaire.Madame Casgrain était âgée de soixante ans.Elle laisse, pour la regretter, une belle et nombreuse famille dont l’éducation, l’admirable union sont pour M.le Dr Casgrain une précieuse consolation qu'il trouvera dans sa douleur.Vertueuse épouse, mère vraiment chrétienne, ne s’occupant que de l’intérieur de sa maison et des œuvres de charité dans la ville, on peut dire que Mme Casgrain a passé en faisant le bien Nos respectueuses cl sympathiques condoléances à M.le Docteur Casgrain, et â toute sa famille, leur assurant que le comté d’Essex tout ' entier partage grandement la don-I leur dont ils sont frappés si préma-.turément.*** Le printemps s’annonce avec i ar ! rivée de cette saison.Plus de neige, plus de gelée ; nous entrons dans la période dos boues qui sont une grande incommodité pour les fermiers.Hte G irardot.Les chandelles \ oii^ souvenez-vous, étant ehl'ant.d'avoir vu des chandelles.Non, mais quand vous passiez de grandes soirées (l'hiver auprès de la cheminée, pendant !e mauvais temps, une bonne chandeiî*» éclairait l’intérieur de l’appartement.Les bougeoirs, chandeliers, figurent dans la Bib o.Les chandelles employées par les Romains et les Grecs étaient des torches de parchemin, trempées dans du goudron liquide, cl ensuite enduites de cire.En Europe, Ton so servit longtemps, au moyen âge.d'une chandelle faite de rôrine et appelée 4- orilms ”, Au XlYe siècle, les pauvres faisaient tremper des morceaux de bn:-dans l'huile ou Lt graisse et s'en soi va i eut ainsi comme éclairage.Les bougies firent leur apparition à peu près à cette époque, mais figuraient connue objet do luxe.IM us tard, la chandelle de suif lit son apparition.En 148î, une compagnie fut incorporée à Londres pour la fabrication de bon gies.Sieur le lirez, de Paris, fui feuilleton fin COURRIER l)U CANADA *21 Mors 188(5.—Ko 75 IIS DI! Ill’ll.pensif rayonne de fierté.L'accompagnement vient sous scs doigts pendant que le Tzigane, accompagné en sourdine par ses frèivs, chante d’une voix sonore et grave les lignes suivantes : * Il a n»Mgô fur les prairi» -, Les turbuns Dlanclnsteiil l'ait I.«• cimeten?brille au soleil : IL cornent devant eux, rapiilrs, ht» - -ulcrellos (l'Orient .jui dévore ni t»'Ut Si.(Suite) Ello no pouvait reculer ; tout le monde prêtait l’oreille, aussi bien les musiciens que l’auditoire.11 allait donc falloir sourire aimablement â Giselle, l’inviter à venir prendre sa place au piano, voir triompher au milieu du salon cette ' robe de mousseline blanche qui avait eu jusqu’ici le bon sens do se dissimuler derrière quelque massif de Heurs.La jeune lille est installée sur le tabouret, en vain elle a piotcslé de 8)n ignorance.Lo chef des Tziganes fredonne sur son violon l’hymne qui doit couronner la séance/ puis à pcino la dernière note envolée, il donne le signal à son obéissant orchestre.La ritournelle commence, ardente, passionnée, cl Giselle so sent emportée malgré elle par ces démons de la musique qui l’entourent.L’étrange symphonie remue son C30ur encore une fois.Son visage On ne saurait rendre l’accent j mélancolique de cette musique sans pareille.Tout à coup le chef baisse la tête brusquement ; il ferme les yeux, les rouvre, et regarde droit devant lui, comme s'il s’agissait de franchir un abîme.Alors, il frappe son violon du bout de son grand archet, ot aussitôt l’orchestre se réveille ; le voilà qui pleure* s'attendrit, s’exalte, se surexcite, qui s’apaise à la voix du maître.La tempête ne tarde pas à se déchaîner de nouveau ; on écoute ravi, transporté, subjugué, enflammé, et Giselle, emportée dans cet ouragan, s'étonne de se sentir tant d’audace.Ses doigts roulent sur le clavier sonore, ils trouvent des effets d’harmonie qu’elle ne soupçonne pas, et éprouvent un bien-être nouveau à suivre dans leur course fantastique ces diables ailés.^ Nouveau repos, nouveau silence.On respire, mais alors éclate une raarcho triomphante ; les violons, violoncellos, tambourins et cymbals v ion lient couper un chant doux comme celui des aimées.Le fifre dessine dans ses hauteurs une petite mélodie suraiguë, puis la mesure s’accélère, s’emporte ; ello monte à l’assaut, à la charge ; les hordes se précipitent, et un cri sauvage comme ie hurlement du tigre dans le désert vient terminer tout brusquement.: Cette fois, c’est fini, bien fini.Les.’ Tziganes essuient leur front ruisselant de sueur, et l’auditoire est bien près d’en faire autant.Giselle est enivrée, ello se lève haletante éperdue.sans savoir presquo où elle va ; il lui semble qu’elle sort d’une fournaise.Sur son passage elle’ entend les murmures les plus flatteurs, mais elle est bientôt rappelée à elle-même par ln voix aigre de la baronne qui s’entretient avec le jeune officier.—Ello s'appelle Duparc.C’est une de ces pauvres filles comme la Franco nous en envoie tant.Nées je ne sais où et de je ne sais qui, elles sont trop heuieuses de venir gagner chez nous le pain que leur refuse leur patrie.Collo-là est bonne musicienne, je ne puis le nier, mais il lui manque tant de choses ! Les mots remettent Giselle en situation.Certes, elle ne tient pas à sa brillante et éphémère conquête, mais quand elle regagne sa place, ello a repris tout son calme, et oublie qu’elle s’est vue un instant l’héroïne do la soirée.I Lo jeune officier no semble pus ajouter foi aux discours de la baronne d’Ostenvald.Il tortille furieusement sa moustache pour dissimuler son envie de rire Lo.couple Ostcrwald lui en a fourni déjà plusieurs occasions.11 devine une jalousie féroce sous les allégations mensongères de la baronne.—Vous m’étonnez, madame, dit-il en s’efforçant de rester grave, j’aurais été porté à croire qu’il manquait peu de choses à cette jeune Française pour réaliser un type accompli de grâce et de perfection, et voyez un peu comme chez moi l'illusion ert aussi tenace que prompte, puisque j je persiste à souhaiter à nos jouues Allemandes cette dignité d’allure, ce charme sérieux et irrésistible tout à la fois.Giselle est vengée pour cet instant, mais elle payera cher en détail les souffrances que vient de subir la baronne.Lejeune officier s’est levé, il a fait un profond salut à sa noble hôtesse, et se met à la recherche do Frida qui voltige comme un petit nuage Touge au milieu des salons.Elle a perdu Giselle et court à sa recherche comme une âme en peine.Elle est si préoccupée qu’elle entend à peine le jeune officier qui lui parle.Cependant, il a abaissé vers elle sa grande taille pour être mieux écouté et ce qu’il lui dit aurait fait battre d’aise et d’orgueil son petit cœur au commencement de la soirée.11 l’invite à danser.Il sollicite instamment la faveur de se voir inscrit sur le petit carnet de nacre, et, comme son nom est très compliqué, ajoute-t-il, il demande la permission do l’écrire lui-même.- Double sûreté, murmure-t-il de l’air le plus aimable.Frida le laisse faire, bien quelle soit un peu honteuse des barbouillages qui remplissent déjà le dit carnet.— li ost si difficile d’écrire au crayon, dit-elle avec beaucoup d’aplomb.Pour lut complaire et mettre à l’aise son amour-propre, le jeune officier semble prendre grand’peinc à écrire son nom interminable comme celui de tant d’autres Allemands.Il achève de conquérir les bonnes grâces de la petite lille en lui offrant de l’aider dans ses recherches.Frida accepte avec une reconnaissance qui s’exhale en remerciements bruyants.—Oh ! oui, s’écrie-t-elle en frappant ses mains l’une contre l'autre, vous la distinguerez bien mieux que moi, parco que vous ôtes grand.Je suis perdue dans cette foule avec cette forêt d’épaulettes.L.-s voilà maintenant les meilleurs amis du monde, ils glissent tous deux sur le parquet comme dans un galop hongrois.La rapidité de leur course n’empêche pas Frida do par- ler.Sa petite langue va comme ses pieds.Elle a tant de choses à dire ’ Les sympathies de Frida sont rares mais promptes.Ce qu’elle doit aimer, elle l’aime tout de suite, et elle aime ce grand jeune homme qui sVst montré si poli pour son institutrice.Elle lui parla donc de Giselle avec une effusion touchante, qui détruirait, si cela était nécessaire, lo mauvais effet des insinuations Je la baronne.Elle parle aussi do Raoul.On lie peut oublier lo frère quand on song.' à la sœur.Enfin, elle en arrive à son chur oncle Heinrich de Kastow.Là encore, ello trouve un écho complet dans l’esprit du jeune homme.Il a pour son colonel autant d'estime et d’admiration que do sympathie, et il s’offre volontiers à loutes les commissions de Frida.Frida est fort en peine, non pas qu’elle manque d’idées, mais elle ignore encore si elle doit les confier verbalement à ce messager ou les faire arriver avec lo secours de sa fameuse papeterie.Enfin, elle se décida.—Vous lui direz, dit-elle, en mordillant la Valencienne de son mouchoir, que M.Raoul doit s’ennuyer beaucoup à Berlin, maintenant j que nous n’y sommes plus.(A suivre) 8984 Le Courrier du Canada, Mercredi #4 Mars 18ë
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