Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 14 juin 1879, samedi 14 juin 1879
&»£emc Aimot Ac 9~Editior quotidieiino-3oim: aiinee Samedi 14 Juin 1879 (Eourricr tin ianaîia JOURNAL DES INTERETS CANADIENS •JE CROIS, .rESP^RE ET J’AIME.I : I.ellrCN de Itomo Rome, 12 mai.• Ou ne suit à quoi s’en tenir sur l’élut de Garibaldi.Dans les feuilles dites modérées, silence : le héros est complètement démodé.Dans les autres, il est facile de comprendre un sentiment peu flatteur : le héros a été pavé : 300,000 francs d’un côté, 180,-ikji) de l’autre, le tout ajouté à la liste civile de 100,000 francs et aux traitements affectés au général»!, aux campagnes, etc.Il y a de.quoi exciter la jalousie des pauv res diables dont Garibaldi dépeint la misère dans ses épi 1res.Mais la Capitale, qui a la couleur ollicielle démocratique, et qui a lancé la première des nouvelles alarmantes, s’efforce aujourd’hui de jeter un voile sur la vérité.*• Pour rectifier les bruits alarmants mis en circulation ces jours derniers sur la santé du général Garibaldi, nous dirons ce que nous tenons du docteur ligidi d'Albano qui le soigne présentement.Pc.s douleurs articulaires dont il vient d’être plutôt gravement atteint sont celles auxquelles il est périodiquement sujet, mais elles n’ont pas été plus fortes que d'habitude.Elles ont de préférence intéressé le thorax gauche.mais non le cœur, et.se sont por-Uhls sur les muscles intestinaux.“ Depuis hier elles sont limitées aux parties inférieures et aux genoux, avec îles souffrances lancinantes et fréquentes.•• Quand le général soutire d une recrudescence de son mal, il a cinq nuits d’insomnie : c’est ce qui est a l-venu maintenant ; il a pu dormir (lans’la nuit du 10 au 11 c’est-à-dire la sixième apparition de son mal.“ La mauvaise saison a inline ou pour mieux dire a été la cause unique de cette recrudescence, et le général se trouve en outre incommodé par un léger cori/.a qui, du reste, ne trouble pas la tranquilité de son esprit.•• L’aspect est toujours bon, sauf i|,«o 1 u »¦* pif o v» tj 4.J>«» 1 o • » i>»« itou dv.O médicaments.“ 11 ne reçoit personne, pas mémo les plus intimes.Le médecin et la famille ne veulent pas qu’il se luti-îiiie en parlant.” A mon avis, ces explications sont assez embarrassées.Les plus intimes n’ont pas de quoi se réjouir.Mais le gouvernement doit, plus encore que les plus intimes, être contrit d’avoir donné un demi-million au héros.Ce sera en pure perte, si le chef de la Ligue démocratique, réduit a l’incapacité absolue, ne rend pas des services payés d’avance.Comme je l’ai écrit, toutes les société ouvrières et républicaines tombent une à une, comme des capucins de carte, dans le traquenard du manifeste du 20 avril.On lient des meetings.Il y en a «•u un hier à Rome, au théfitre Argentina.Sous prétexte de discuter des questions relatives aux droits de consommation sur les matières brutes et travaillées, les patrons et ouvriers en macaroni ont dit des énormités.I n de ces ouvriers a iini par jeter sur le bureau un morceau de pain noir en criant : “ Voilà le pain que mangent nos l’rères ! Faites-le voir au gouvernement ! ” (Sensation.) Une voix.—Faites-le lui manger, au gouvernement ! .La Société des doreurs sur bois s’est donné un banquet sur le .Tanieule : autres incandescences.La Société des Revenants (tes patriotiques batailles a tenu une réunion dite préliminaire électorale, et a voté lin ordre du jour qui nomme vingt citoyens chargés de préparer le travail électoral.A Milan, un comice de la.paix s’est réuni au théâtre du Venue.D’après une dépêche de la Capitale, il y avait plus de cinq mille individus.L’ex-triumvir de la République romaine a présidé et a ouvert la.séance par un discours philosophique inspiré des sentiments les plus élevés, montrant la nécessité de la fraternité des nations fondée sur l’autonomie des patries nationales et sur la liberté intérieure assurée.Enthousiasme extrême suscité par ce discours.Joseph Muni, député républicain des plus avancés, a prononcé aussi un discours “ long et brillant.” Il a présenté des considérations profondes sur la nécessité du désarmement, de l’arbitrage international, du su tirage universel, et développé les idées du manifeste de Garibaldi aux Italiens.A WtPO 01 uua .Ont parlé également : Lemonnier, au nom de la ligue pour la paix de toutes les nations ; Ilippolyte Pidcr-zolli, au nom des frères de VItalia irretendu ; Viola, au nom de la ville de Crème ; l’ouvrier Locatclli.au nom des travailleurs, et Bruno Onnis, au nom de je ne sais quoi.Ordre parfait.Banquet donné à Au-rello Salli et à sa dame.La Capitale rapport un discours entier de M.Salvatore, Morelli, qui s’est plaint à la Chambre de Y Univers, derrière lequel le bonhomme a déclaré qu’il voyait le Vatican.—— ——— Statistique et calomnie INSTITUTEURS CONGKÉOAMSTK.S-INS- x 1 1 U i L J!.-?lin exécution de nous ne savons quel ordre des chefs de la majorité républicaine, le ministre delà justice a fait dresser un état des condamnations encourues par les instituteurs laïques et congréganistes.Bien que ce tableau ait été communiqué, nous dit-on, aux deux Chambres, les journaux républicains ne se sont pas hâtés de le reproduire.Trois petites feuilles populacières, de celles qui vivent principalement de calomnies contre le clergé, l’ont cependant publié, mais en faussant les chiffres avec une perfidie qui leur permet de s’en servir contre les congrégations religieuses enseignantes.co o o D’abord, nous ne savons pas quelle est l’autorité de celte prétendue statistique ministérielle que la Lanterne, la Petite République française, et le Petit Parisien publient comme ayant été distribuée aux membres du Parlement.Pour les années 1874, 1S75, 187G, 1877, et 1S7S, nous n’avons pas de moyen absolument sûr de contrôle, attendu que le Compte générât de /’administration de la justice criminelle en France, le seul document officiel à cet égard, s’arrête à 1874.Quant aux années précédentes, 1871, 1872 et 1873, le livre annuel du ministère de la justice nous permet de voir que la susdite statistique, dressée sur l’ordre du parti républicain, est inexacte.Les ch i lires ne concordent pas.Il y a erreur pour les instituteurs congréganistes comme pour les instituteurs laïques.Cette différence, sûrement constatée, empêche d’ajouter foi au chiffre des années suivantes, qui reposent vraisemblablement sur des données aussi arbitraires.Admettons cependant la statistique en question.L’addition des crimes et des délits, durant cette période de huit ans, donne pour les instituteurs laïques un total de 170 condamnations et pour les instituteurs congréganistes un total de 09.La proportion en faveur de ces derniers serait donc, d’après les chiffres mêmes fournis par les adversaires, de 1 à 3.La mauvaise loi des feuilles radicales précitées n’a pu admettre ce résultat.Pour le changer à leur prolit, elles ont recours à la plus audacieuse falsification.Elles affirment que, d’après la plus récente statistique, il existe en France 42,249 instituteurs laïques et 9.108 instituteurs congréganistes seulement.ia\ \n\\s recente statistique à cet égard est Y Etal des congrégations, communautés cl associations retiirieu- o ses, autorisées ou non, dressé en exécution de ta loi (lu 28 décembre 1870, et distribué cette année aux Chambres.Nous y lisons, p.VIII : Associations religieuses vouées à /'enseignement et légalement autorisées ; —écoles publiques ou libres dirigées par ces associations.Nombre des associations.23 Nombre «les écoles publiques qu’elles dirigent.2,328 Nombre des écoles privées.70S Nombres des membres.20,341 Ainsi les seules congrégations religieuses d’hommes vouées à l’ensei- gneinenf et légalement autorisées ____A.l_i, a**»£«*««s» ic* okULioijqne oill- cielle, 20,341 membres, c’est-à-dire plus du doul>le du chiffre donné par la Petite République française, la Lanterne et le Petit Parisien.A ce nombre de 20.341, il faut ajouter celui des membres des associations religieuses d’hommes vouées à renseignement et non légalement autori- o c sées.L’ 44 Etat ” en question donne, de la page 215 à la page 270, le tableau par départements de ces associations avec l’indication de leur emploi.Le total manque, mais, à la page 7.nous lisons : Associations religieuses d'hommes, non autorisées.Nombre des établissements 384 Nombre des membres.7,444 En attribuant à l’enseignement la moitié seulement de ce dernier chiffre, et en additionnant avec le chiffre précédent, on arrive pour les membres de congrégations enseignantes, que les statistiques appellent “ instituteurs congréganistes ”, à un total de 24,000.Ce n’est pas tout.La statistique de la criminalité publiée par le ministère de la justice s’applique, comme on peut le voir par les tableaux an- i nuels, aux instituteurs des deux sexes sans distinction.' Aux hommes il faut donc ajouter les femmes.Le nombre de religieuses employées à l’enseignement dans les écoles publiques et libres n’est pas donné par Y.Etal des congrégations.ün y voit seulement, aux pages VI et VII, le total du personnel des congrégations et communautés religieuses de femmes.Soit : 93,215 pour les congrégations légalement autorisées ; Et 14,003 pour les congrégations non autorisées.Les deux tiers au moins de ces 107,218 religieuses sont employés à l’enseignement, comme ou peut en juger d’abord par le tableau comparatif des congrégations enseignantes et des congrégations • hospitalières de la page VII ; puis, par ce fait que les écoles dirigées par les seules congrégations, légalement autorisées, s'élèvent au chiffre de 10,478 (p.VIII).Sur ces bases officielles, on peut estimer à 75,000 au moins le nombre des religieuses enseignantes, pour la France.Ainsi, le personnel des congrégations religieuses enseignantes d’hommes et de femmes, autorisées ou non, compte, en chiffres ronds.100,000 membres.r’est à ces 100,000 41 instituteurs congréganistes et non aux 9,408 donnés par les feuilles radicales, que ’s’appliquent les 09 condamnations ! pour crimes et délits relevés dans la * statistique.Encore n'a-t-on pas là les éléments i d’une exacte répartition pour les congrégations enseignantes, car, sous le nom d’instituteurs congréganistes la statistique criminelle comprend tous les professeurs et instituteurs appartenant au clergé séculier aussi bien qu'aux congrégations religieuses.La proportion dans la criminalité s’abaisse donc encore pour les instituteurs congréganistes.Ge ne sont meme pas 09 condamnations pour crimes et délits (et quels délits ! ) qu’il iiuu aiuiimer en nuit ans aux 100,000 membres des congrégations religieuses ; la part des autres instituteurs ecclésiastiques est à faire sur ce mince total.On voit par ces chiffres ce que devient la calomnie dont les journaux radicaux, grands et petits, ont coutume de se servir contre eux ; on voit également ce que vaut la comparaison qu'ils veulent établir sur des données absolument fausses entre les instituteurs congréganistes et les laïques en faveur de ceux-ci.En s’en tenant même au chiffre des membres des congrégations religieuses d’hommes, soit 24,000, et en acceptant pour vrai celui de 42,249 instituteurs laïques, l’avantage reste encore aux premiers.D’une part 09 condamnations, de l'autre 170.La proportion est approximativement de: 0.28 pour 100 pour les instituteurs congréganistes ; * ü740 pour 100 pour les instituteurs laïques.En d’autres termes : 1 condamnation pour 347 instituteurs congréganistes ; 1 condamnation pour 210 instituteurs laïques.—[Univers.) Le Canal de Nicaragua* Horace affirme que celui-là avait un triple airain autour du cœur, qui le premier osa confier une frêle barque aux flots mugissants de la mer.Il n’était guère moins intrépide celui qui doubla pour la première fois le cap des Tempêtes, et surtout celui qui affronta le premier la mer terrible du cap Horn et du détroit de Magellan.C’est encore aujourd’hui par le détroit de Lemaire que les paquebots venant d’Europe pénètrent dans le Pacifique et gagnent les ports de la côte occidentale du continent américain.S'il existait un canal maritime entre les deux Amériques, on gagnerait cinq mille lieues pour aller à San-Francisco.Or, cinq mille lieues de moins, ce n’est pas seulement un temps considérable gagné, ce sont d’immenses ruines conjurées, ce sont des milliers d’hommes arrachées à la mort.Comment donc se lait-il que l’isthme de Panama soit encore fermé ?Cet isthme, qui a 200 kilomètres de longueur, n'est large que de soixante dans sa partie la plus étroite, et la Cordillière des Andes s’y abaisse au point de n’avoir plus qu'une cin- /I mr.lvne /la 1*1 nil tail v on.dessus du niveau des deux Océans.11 était donc naturel de chercher à percer un canal au point où l’isthme est le plus étranglé.Mais ce qui parait le plus naturel n'est pas toujours praticable.Et s’il faut en juger par la multiplicité et la diversité des projets, un canal par le Darien est une entreprise, sinon irréalisable, tout au moins hérissée de difficultés.Les uns préconisent un canal à ciel ouvert et sans écluse, comme le canal de Suez.Ce sont les utopistes.Creuser une tranchée de vingt mètres de profondeur moyenne et de soixante kilomètres de long dans le roc pur, voilà certes une entreprise grandio- ., •.î-w olU tv’ (|\*0 tviivltUOC.Un ingénieur a proposé de percer un tunnel ; il faudrait démâter les navires et les remorquer.Je ne parle pas des collisions entre bâtiments marchant en sens inverse.Bon nombre d’ingénieurs s’en tiennent à un canal ordinaire avec écluses.Avec ceux-ci nous quittons le domaine de la fantaisie franche, et nous touchons au possible.Mais nous ne faisons qu’y toucher.Par les nombreuses centaines de millions que le projet nécessite, il appartient peut-être encore au domaine de la fantaisie ; mais admettons qu’on les trouve, d’autres difficultés se présentent.Je ne citerai que la principale.Le pavs ci -i-," i époque de la construction du chemin de fer de Panama, plusieurs milliers d’ouvriers ont succombé à son influence délétère.* On s’explique donc que 1 isthme soit toujours à percer : on a toujours voulu faire le canal en un point où un canal n’est pas possible.En 1S29 cependant, le roi des Pays-Bas obtenait une concession pour un canal interocéanique dans une région située à 000 lieues plus au nord.11 croyait qu’il était plus rationnel de percer un canal de 300 kilomètres Fe lilleton du Courrier du Canada Qukbec, 1-1 Juin 1879—No 103 ILE Désert d© Crlace# Aventures du Capitaine llattcras.Par Jules Vkknk.[suite ] A partir de ec moment, le pays s'abaissa sensiblement, d’où le docteur conclut qu'il ne pouvait avoir une grande étendue vers le nord ; d’ailleurs, il était Irès-vrnisomblablc que la Nouvelle-Amérique n’était qu'une i le et no se développait pas jusqu’au' pôle.Le sol s’aplanissait peu à peu ; à peine dans l’ouest quelques collines nivelées par l'éloignement se montraient baignées dans une brume bleuâtre.¦Tusquc-là, l’expédition se faisait sans fatigue ; les voyageurs ne souf Iraient que de la réverbération des rayons solaires sur les neiges ; cette réilexion intense pouvait leur donner des snow-blindess (1) impossibles ».I) Maladie des paupières occasionnée par la réverbération (les neiges.à éviter.En tout autre temps, ils eussent voyagé la nuit pour éviter cet inconvénient : mais alors la nuit manquait.La neige tendait heureusement à se dissoudre, et perdait beaucoup de son éclat lorsqu’elle était sur le point de se résoudre en eau._ .La température s'éleva, le 28 juin, à quarante-cinq degrés au-dessus de zéro (t 7°centig.) ; celte hausse du thermomètre fut accompagnée d’une pluie abondante, que les voyageurs reçurent stoïquement, avec plaisir même ; elle venait accélérer la décomposition des neiges ; il iallut reprendre les mocassins de peau de daim et changer le mode de glissage du traîneau.La marche fut retardée sans doute, mais, en l’absence d'obstacles sérieux, on avançait toujours.Quelquefois le docteur ramassait sur son chemin des pierres arrondies ou plates, à la façon des galets usés par le remous des vagues, et alors il se croyait près du bassin polaire ; cependant la plaine se déroulait sans cesse à perte vue.Elle n’oflïaii aucun vestige d’habitation, ni huttes, ni cairns, ni caches d’Esquinaux ; les voyageurs étaient évidemment les premiers à fouler cette contrée nouvelle ; les Groën-landais, dont les tributs hantent les terres arctiques, ne poussaient jamais aussi loin, et cependant, en ce pays, la chasse eût été fructueuse pour ces malheureux, toujours affamés ; on voyait parfois des ours qui suivaient sous le vent la petite troupe, sans manifester l'intention de l’attaquer : dans le lointain, des bœufs musqués et des rennes apparaissaient peu- tau des nombreuses ; le docteur aurait bien voulu s’emparer de ces derniers pour renforcer son attelage ; mais ils étaient très-fuyards et impossibles à prendre vivants.Le 20, Bell tua un renard, et Alta-mont fut assez heureux pour abattre un bœuf musqué de moyenne taille, après avoir donné à ses compagnons une haute idée de son sang-froid et de son adresse ; c’était vraiment un merveilleux chasseur, et le docteur, qui s’y connaissait, l’admirait fort.Le bœuf fut dépecé, et fournit une nourriture fraîche et abondante.Cos hasards de bons et succulents repas étaient toujours bien reçus ; les moins gourmands ne pouvaient s’empêcher de jeter des regards do satisfaction sur les tranches de chair vive.Le docteur riait lui-même, quand il se surprenait en extase devant ces opulents morceaux.“ No faisons pas les petites bouches, disait-il ; le repas est une chose importante dans les expéditions polaires.— Sur'out, répondait Johnson, quand il dépend d’un coup de fusil plus ou moins adroit ! -Vous avez raison, mon vieux Johnson, répliquait le docteur, et l’on songe moins à manger lorsqu'on sait le pot-au-leu en train de bouillir régulièrement sur les fourneaux de la cuisine.” Le 80, le pays, contrairement aux pvC t Idiuuo, île V illL UOCiClülllC| connue s’il eiü été soulevé par une commotion volcanique ; les cônes, les pies aigus se multiplièrent à l'infini, et atteignirent do grandes hauteurs.Une brise du sud-est se prit à souffler avec violence, et dégénéra bientôt en un véritable ouragan ; elle s’engouffrait à travers les rochers couronnés de neige, et parmi des montagnes de glace, qui, en pleine terre, affectaient cependant des formes d’hummocks et d’ice-bergs ; leur présence sur ces plateaux élevés, demeura inexplicable, même au docteur, qui cependant expliquait tout.A la tempête succéda un temps chaud et humide ; ce lut un véritable dégel ; de tous côtés retentissait le craquement des glaçons, qui se mêlait au bruit plus imposant des avalanches.Les voyageurs évitaient avec soin de longer la base des collines, et même do parler haut, car le bruit de la voix pouvait, en agitant l'air, déterminer des catastrophes ; ils étaient témoins de chutes fréquentes et terribles qu’ils n’auraient pas eu le temps de prévoir ; en effet, le caractère principal des avalanches polaires est une effrayante instantanéité ; elles différent en cela de celles de la Suisse ou de la Norvège ; là, en effet, se forme une hoirie, peu considérable d’abord, qui, se grossissant des neiges et des rocs de sa route, tombe avec une rapidité croissante, dévaste les forêts renverse les villages, mais cniin emploie un temps appréciable à se précipiter ; or, il n’en est point ainsi dans les contrées frappées par le froid arctique ; le déplacement du bloc de glace y est inattendu, foudroyant ; sa chute n’est que l’instant de son départ, et qui le verrait osciller dans sa ligne de projection serait inévitablement écrasé par lui ; le boulet de canon n’est pas plus rapide, ni la foudre plus prompte ; se détacher, tomber, écraser ne fait qu’un pour l’avalanche des terres boréales, et cela avec le roulement formidable du tonnerre, et des répercussions étranges d’échos plus plaintifs que bruyants.Aussi, aux yeux des spectateurs stupéfaits, se produisait-il parfois de véritables changements à vue ; le pays se métamorphosait ; la montagne devenait plaine sous l’action d’un brusque dégel ; lorsque l’eau du ciel infiltrée dans les fissures des grands blocs, solidifiait au froid d’une seule nuit, elle brisait alors tout obstacle par son irrésistible expansion, plus puissante encore, en se faisant glace qu’en devenant vapeur, et le phénomène s’accomplissait avec une épouvantable instantanéité.Aucune catastrophe ne vint heureusement menacer le traîneau et ses conducteurs : les précautions prises, dans des conditions avantageuses, qu’un canal de G0 dans des conditions impossibles.La révolution de 1830, qu’inventa la Belgique et quelques autres choses, fit oublier le canal.This tard, ce rêveur intelligent qui devint par la suite Napoléon III, se passionna à son tour pour lé canal hollandais par le lac de Nicaragua.Il est bien regrettable qu’il ait abandonné cette belle entreprise pour se vouer à une politique fâcheuse qui nous vaut le joli régime dont nous jouissons présentement.Que n’a-t-il continue ses ernacs sur le rs icaragua ! Nous aurions aujourd’hui un canal, et nous n’aurions pas M.do Freycinet.Le projet par le Nicaragua vient d’être repris par un français, M.Blanches Un demandait à Newton comment il avait fait ses admirables découvertes.—Eu y pensant toujours, répondit-il.Depuis quinze ans, M.Blanchet n’a pensé qu’au canal de Nicaragua.Le canal s'est emparé de lui, s'est identifié avec lui.C’est le canal qui s’appelle Blanchet, et M.Blanchet qui s’appelle Nicaragua.M.Blanchet a pris du reste possession du lac comme jadis Cézar de la terre d’Egypte, et Guillaume le Conquérant du sol de l'Angleterre : il est tombé /loue l#x 1 or* t passée nu loetut est choisie à la main.S’nilresser ur «*tre Salle d'Kncan.rue et Eau bourg Si.à no Québec.JeanOCT.LEMIEUX A GIE , Kncantciu s.Québec, V’S mai 1879.759 Québec, 30 mai 1870- -22 avril 1879— la ri.—c 740 Al! BOI MARCHE!! HAUTE-VILLE.• • Nouveautés pour le Printemps et l’Eté 1879.UN ASSORTIMENT complet de marchandises de goût et d’utilité provenant des meilleures manufactures FRANÇAISES, ANGLAISES jet AMERICAINES est maintenant en vente au plus lus prix.Ces marchandises ayant toutes été reçues avant le changement du tarif.VOYEZ.I.A LISTE ( I-OESSOÜS : ^ Ltofic8 a Robes, depuis 7c et plus.Brochés Français et Popelines Françaises, les plus hautes nouveautées du jour.Draps Ciciliens, Cashe-mircs Français et Ecossais, Draps Alexinatz pour costumes.Chapeaux en paille, depuis 15c.Fleurs, Plumes, depuis 15c.Gants Kid à 2 Boutons pour 45c la pr.Corsets, Bas et Chaussettes depuis 10c.Tweeds tout laine depuis 40c.Serges noires depuis 95c.Draps noirs depuis 55c jusqu’aux Draps les plus fins de 1 Ouest de l’Angleterre.Casimirs noirs, Caleçons et Camisoles depuis 40.Chemises Blanches depuis 75c.Vestes Blanches, Cols, Cravates, Bretelles, Etc., Etc.“ SrÉCIALllÉS.Un assortiment complet de Gants de Kid, première qualité, laits à ordre, vendus à 90c la pr.Riches Soies Noires des célèbres manufactures GOURD CROISAT, FILS et DUBOST et de PONSON& CIE., vendues à 25 PAR CENT au-dessous de leur valeur.UNE VISITE EST RESPECTUEUSEMENT SOLLICITEE.HOLMAl P A 1) ( 0 M PAX V, 32, RiicG;irn u u.uèboc.pli REMÈDE MERVEILLEUX qui VJ n’a.jamai- failli cl qui agit mu* h* principe «l’absorption guérit sans application médicale mémo les cas les plus vieux et les plus malins Québec, 22 mai 1879.G est avec plaisir que je cerlilio, «propres avoir port** deux Sachols % Sk*util.i«rr TiU2S-Ua£S.d’Holmai! pour la dyspepsie et lu foie, j’ai été entièrement guéri «lu celle maladie dont je souffrais depuis quinze à dix-huit ans.Je profite de cette occasion |tour I«3 recommander à toute personne qui serait atteinte «le cette maladie, comme étant un remède très-ellicace, et que toute personne dyspeptique devrait avoir.En remerciant la providence «le m’avoir fait connaître e«* remède.Je suis votre dévoué serviteur, L.DROUIN, Libraire, St.Roeh, Québec.Ti ronto.19 février 1879.COMPAGNIE DE SACHET DU KOI K HOLMAN : la Mkssikit.s :—J’éprouve un grand plaisir à attester «lu lVxlrème «‘lllcacilé d»* voire remède pour a dyspepsie.Manière, Ma«laine W.A.Murray, No.146; me Wellington, Toronto, a été une martyre par suite des soulfranccs que cette maladie lui a causées pendant au-«lelà «b* six ans, n’obtenant que péoial S3.59 l»«*guli«T S2.5 » Enfant $2.A«Ir»-ssez par la malle sur la réception «lu prix Québec, 29 mai 1879—lan.700 M S O B IL E § Médaillés et Diplômes A lion ÎTIai'dié ! ! rÀ ****.>SSC.% • ^ 4 W'r * 1W/,.V' • 1 Compagnie de Navigation à Vapeur DU ST.LAURENT.LE VAPEUR “ .ST.** Capitaine LeCOURS, LAISSERA, jusqu’à nouvel avis, le quai St.André les MARDIS el VENDREDIS à 8 HEURES A.M., pour Chicoutimi et la Baie «les Ha! 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Manufactures expressément pour J.B.LALIBERTE, No*.|24 u('passés pour la qualité et le genre.Le stock ayant été acheté avant la hausse du tarif, !•* soussigné continuera comme paj* le passé à vendre s«'S effets à prix réduits.Nous appelons l'attention sur nos chapeaux «le tweed et en poil de chameau pour dames, modes «lu printemps, et qui ont tant d*'vogue aujourd'hui à Londres.Québec, 4 avril 1S79.-O-I - I Dr.Pointier & Fils, 761 ‘iincu V VIS.Québec, 28 mai 1879.773 £ ASSEMBLÉE LÉG IS L ATIVE, Qukukc, 20 mai 1879.IL est donné avis (pie, conformément à la 50e règle «le l’Assemblée Législative «le lu Province de Québec, toute pétition pour bill privé doit être présentée, le, ou avant le 3 JUILLET prochain.% 1 G.M.MUIR, Grefller de I Ass.Lég.Québec, 21 mai 1879—I fps.H’»0 GRAND CONCERT st.imüTina m LE 17 JUIN aura lieu «lans la grande salle du couvent des RR.SS.de la Congrégation «h* Notre-Dame, à S Romuald, un concert dont h* produit sera pour venir en a’ule à c«.*lt«' Institution.DIRECTRICES DU CONCERT.UciiioIncIIcs ouInc Lemoine «le Dlnrtlgny et Antonia Dennnc.Assistées des [Elèves du Couvent.No.35, Rue St.Jean, Ilaute-Ville, Succursale No.187, Rue St.Joseph, St.Roeh, Yis-à vis P Eglise, QUEBEC.Québec, 27 mai IS79—Im.772 Toii*itfii:int A Pinsinlt, AVOCATS, ‘ No.*28, Rue Sic.Anne) Haute-Ville, QUEBEC.Suiv«Mit le district d«; Moutmagny.J.O.TOUS1GNANP.L.F.M.PINAULT Québec, 17 février 1879—1 an.704 LAISSERA le quai St.André à 7 HEURES — A.M., les MERCREDIS et SAMEDIS, pour Il SI II «f CHIC Vit (1' Berthicr, Isles aux Grues, lTslet, St.Jean Port ** Joli, Rivière Ouelle et Kamouraska.nnnTTnpnTA-»Y Au retour il laissera Kamouraska suivant que Jtv EDUCTION IDE S PRIX.la marée le permettra et la Rivière Oti«*lle à 6 ________ A.M.,Mes LUNDIS et JEUDIS.a »»U>i;rj l)Ei 11iv, FIAT, COMPARUTION, DECLAARATION SUR BILLETS, DECLARATION SUR COMPTES, DECLARATION ACTE HYPOTHECAIRE, SUBrŒNA, AFFIDAVIT, INSCRIPTION, INVENTAIRE DE PRODUCTION -non- Pour Notaire*»: l)e ee.WALDANSIAN le ou vois le 8 Mai.PHOENICIAN.“ •• 15 “ CANADIAN, MANITOBAN, PRUSSIAN, m 4 • 4 ê • • • < • » % % 29 4 » • 4 « • ê * D» lldn I!» •• IA N, Prix du Passage de Québec : Chambre.$G0 Intermédiaire.$40 Entrepont .$25 L* s billets de retour sont à prix réduits.Lits payables d’avance Chaque vaisseau possède un chirurgien expé-menté.L’n vaisseau d«* service contenue t l»*s malle> et Fs passagers destinés aux steamers de la malle de Liverpool, laissera le quai Napoléon J tous tes SAMEDIS malin, à NEUF HEURES ’ précises.Pour plus amples détails s’adresser à ALLANS, R > i CIE., A^»*ni Québec, 7 mai 1879 c-1.CONDITIONS —DU— Papier et papeterie PAPIER à écrire, Enveloppes blanches et do couleurs ; Livres blancs, Encres, Plumes et Fournitures de bureau en général, nui seront vendus à très-bas prix.J.à W.REII), rue St.Paul.Québec, 20 avril 1878.927 lapis de velours.Tapis Hruxels.'lapis Tapisserie.lapis impérial.c?' • /« .j apis Ecossais.l apis Américain (Union).Tapis pour escaliers.Tapis de Manille.Tapis de Cocoa.Prelarts Anglais et Américains.Rideaux en point a la verge et au patron Ropp et Damas pour rideaux.Corniches et Poles en cuivre, Mains en cuivre pour rideaux.Baguettes pour escaliers, etc., etc,, Nattes en moutons.Nattes en velours.Nattes en tapisserie.Nattes en laine.Nattes en cocoa Nattes en prelarts.* Glands et frange en laine.Un mcubhei est attaché à / établissement pour jtoser les lajns, prelarts cl v idéaux.Toutes commandes seront exécutées sous le plus court délai.•los.Hamel et Freres, NO.58, RUE SO US-L E- V OR T, R, V.Quéhe-*, 22 février 1879.• BLANCS DE BILLETS, QUITTANCE, PROCURATION, TRANSPORT, CONTRATS DE VENTE, CONTRATS DE MARIAGE, PROTÊT, D’OBLIGATION, BAUX A LOYER, SAISIE-ARRET APRES, JUGEMENT, BREF UE SAISIE-GAGERIE, PROCES-VERBAUX DE SAISIE, OPPOSITION CONTRE VENTE DE MEUBLES, MÉMOIRE DE FRAIS, ETC.Courrier du Canada Prix «le l’Abonnement (EDITION QUOTIDIENNE.) % CANADA — Un an) .?.$ 'lo .} Six mois.8.00 do .J Trois mois.1.541 Etats-Unis d’Amkiuquk) Un an.0.00 do .I Six mois.8.4)41 do .J Trois mois.1.50 ANGLETERRE.) Un an 85m st* do V Six mois.lO “ do j Trois mois.O '• FRANCE.) [Jn an 50 Fran.do .I Six mois.Ji5 *• flo .j Trois mois.15 4- TARIF DES ANNONCES 000 Pour Huissiers 2 BLANCS DE PROCÈS-VERBAUX DE SAISIE, BLANCS D’AVIS, ETC., ETC., ETC Les ordres envoyés par écrit recevront toute l’attention et seront executes sans delai.; -000- Los annonces sont insérées aux conditions su vantes, savoir : Six lignes et au-dessous.50 cent* Pour chaquo insertions subséquente I2J •• Pour les annonces d’une plus grande étendu»-elles seront insérées àraison de 10cents, par Jign.pour la première insertion, et de 5 omis puni t: Insertions subséquentes, RECLAMES :—20 cents l« ligne.Tout ce «pii o rapport h la rédaction don ml rossé à K.PAMPHILE VALLEE, Rédacteur-en- Ch Les annonces, les réclames, les abonnement doivent être a«lressé à Léger Brousse»n, EDITEUR-PROPRIETAIRE, RUE RUADE, HAUTE-VILLE QUKKEC.IMPRIMÉ KT PUBLIÉ PAR LEGER B RO US SEA b Edi leur-Propriétaire.x No il, Rue Ruade, H.V., Quélm.
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