Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 15 novembre 1875, lundi 15 novembre 1875
liteme annee QUEBEC, « .s> ' > *rX Hihif—^nfirTv: VEMBRE 1875.Numéro 133 JOURNAL DES INTÉRÊTS CANADIENS.JE CROIS, J’ESPERE (ET J’AIME.Feuilleton du “ Courrier du Canada.! 15 Novembre 1875.UNE SAISON A SP A.fSUITE.J Ce ne fut pas sans un peu d’appréhension que je me déterminai à instruire madame de Villiers de ce qui s’était passé entre le comte et moi.Je craignais d’exciter son mécontentement, mais elle m’écouta avec le sourire malicieux que tu connais et qui précède presque toujours ses coups de boutoir.Cette ibis, cependant, j’en fus quitte pour la peur.—Très-bien, ma chère, me dit-elle quand j’eus fini mon récit, vous êtes une habile négociatrice ; maintenant, je me lave les mains de cette allaire.Le cher Stanislas est assez riche pour perdre une somme de dix mille francs, et, dans cette circonstance, vous pourriez bien le faire jouer à un jeu où qui perd gagne.^ Je pressai vainement madame de Villiers de m’expliquer ces paroles énigmatiques, elle s’y refusa en plaisantant, et notre petit débat à ce sujet n’était pas encore terminé, quand le dofnestique de monsieur de Lucknow vint m’apporter sous enveloppe dix billets de banque de mille francs.Madame de Villiers, devinant peut-être mon secret désir de faire moi-même la remise de ces valeurs à Valentine, m’engagea à ne pas les confier à un domestique de l’hôtel, ce qui eût été peu prudent.Je partis donc en toute luite et le cœur rempli d’une joie que tu comprendras.Je trouvai madame d’Imbert et sa pupille fort inquiètes de mon message du matin.Je m’empressai de les rassurer.Pauvres femmes! leur physionomie altéré racontait éloquemment Ls angoisses de ces derniers jours.En les entendant exprimer leur vive reconnaissance pour madame de Villiers, je t’avoue que je ne me sentis pas le courage de les détromper.A quoi bon d’ailleurs, puisqu’il m’était interdit de signaler monsieur de Lucknow comme le véritable bienfaiteur ?Madame d’Imbi d’abord ma- nifesté sa satisfaction d’une manière simple et franche qui lui assurait toute ma sympathie, mais bientôt elle crut sans doute devoir à sa dignité d’expliquer leur gène actuelle par le retard qu’apportaient ses fermiers à acquitter leurs redevances ; puis elle avait subi récemment des pertes fort import antes que son fils ignorait encore quand il s’était, par hazard, aventuré au jeu.Valentine soutirait de ses-efforts maladroits pour me dissimuler leur véritable position.J’avais sous les yeux un nouvel exemple de la différence qui existe entre l’orgueil et la vanité ; celle-ci ne se fait jamais faute de subterfuges auxquels celui-là rougirait de se prêter.Croirais-tu que j’eus toutes les peines imaginables à empêcher madame d’Imbert d’aller chercher son tils pour qu’il m’adressât lui-même des remerciements ?Aussi me hâtai-je de partir, prétextant le besoin de soins qu’avait encore ma chère malade.Si ma sympathie pour Valentine a encore augmenté, il n’en est pas de même, je t’assure, en ce qui concerne sa tutrice.On ne remet à l’instant une lettre de toi ; je l’ouvre avec un joyeux empressement, auxquel succède bientôt la plus vive contrariété.Tues convaincue, me dis-tu, que notre amie a foimé le projet do me faire épouser M.de Lucknow, et il te paraît impossible que je ne partage pas cette conviction.Mais, un tel projet me paraît si absurde, que, malgré tes assertions, malgré la partialité évidente de madame de Villiers, pour ta pauvre Marthe, je ne puis y croire encore.Comment pourrait-cl le se flutter cfh’à ving-cinq ans, sans beauté, sans talents, sans fortune, je luttasse avec avantage contre la belle et.séduisante personne qui possède déjà les affections du comte ?Mais si l’amitié peut produire un pareil aveuglement, j’espère du moins que tu îno sais incapable de la partager ; il faudrait que chez moi Tamour-pro-pre touchât à la stupidité.La crainte la plus pénible quo la lettre ait fait naitre dans mon esprit est celle que Monsieur de Lucknow n’ait pénétré L dessein tie madame de Villiers et Qu’il m’en croie la complice.Si l’état ùe notre vieille amie no réclamait encore des soins assidus r monsieur Baumart, en partant, m’a remis tous ses pouvoirs je te prierais do m’écrire une lettre qui exigeât mon retour immédiat à Villcdon.En attendant l’instant de notre départ, j’éviterai le plus qu’il me sera possible la présence du comte.Cependant, Léo-cadie, ce brusque changement aura lieu de le surprendre quand deux fois déjà, et uans des circonstances si importantes, il a prévenu mes désirs de la façon la plus généreuse, la plus délicate.11 m’accusera peut-être de caprice, d’ingratitude, mais je préfère ccs accusations à celle.Oh ’ Léocadie, j’en pleure de dépit et de honte.Tu sais, toi, combien mes espérances ont toujours été modestes, et aujourd’hui encore, je n’en forme pas d’autres que de vieillir auprès de vous, satisfaite de la part que vous me donnez dans vos affections.Te ne puis t’écrire davantage, j’ai la tête fatiguée, et je m’aperçois d’ailleurs que cette lettre a pris des proportions déraisonnables.En finissant, je ne sais, si je dois te gronder ou te remercier, toi, ma meilleure amie, qui, en voulant m’éclairer, as porté dans mon esprit un trouble si pénible*.A bientôt, j’espère, et pour ne plus vous quitter.Tout à toi, Marthe.(à suivre.) lUNCOÜltN de Noire Si.Père le Pape au pèlerins Bretons.Voici la traduction du discours que le Saint-Pcre a adressé aux pèlerins bretons : Quelles consolations, quel confort éprouvé-je donc au milieu des tristes événements de la A’ie que nous menons ?Quelle consolation de voir presque chaque jour s’accroître le contingent de la grande année qui doit soutenir les droits de l’Eglise de Jésus-Christ contre nos adversaires ?Consolation vraiment douce pour moi et douce pour tous les bons ! Cependant, l’armée à la tête de laquelle, Dieu a voulu me placer n’est pas une armée qui se serve d’instruments matériels de défense fratricide ; mais une armée qui a pour armes et pour aide la parole, l’exemple et la prière.Ainsi armés et protégés, allons en avant, car Dieu, Dieu est avec nous.Nous ne pouvons jamais conclure de trêve d’aucune sorte avec l’adversaire parce que la lumière et les ténèbres, Jésus-Christ et Bélial, la vérité et l’erreur ne peuvent se confondre.Ce n’est point le cas de la parabole de Jésus-Christ où il est parlé d'un roi qui, ayant déclaré la guerre à ses ennemis, et s’apercevant trop tard de sa propre faiblesse, est contraint de leur envoyer des parlementaires pour traiter de la paix: Legaiionem mittens, rogat ca quœ paris sont.Nous avons eu.il est vrai, des invi-talions à la paix.On nous a envoyé des parlementaires publics et des parlementaires privés ; mais la paix ne peut être conclue avec les hommes qui s’obstinent dans leurs voies mauvaises.Heureux êtes-vous, vous qui avez choisi le rôle qui convient à une âme chrétienne, à une âme qiti sait et qui n’oublie pas qu’elle a été créée non pour ce monde, mais pour l’éternité.Vous avez bien choisi, mes chers, et vous vous êtes persuadés de la nécessité d’être toujours unis à Jésus-Christ, parce que celui qui n’est, pas toujours uni à lui, qui ne va pas avec lui, est dispersé quoi qu’il fasse : Qui non colli gît mecum, dispergit.Heureux êtes-vous donc, vous qui avez été inspirés par Dieu d’entrer dans cette armée de combat qui symbolise en vérité l’état de l’Eglise appelée militante.Ah ! je le sais, vous avez été éprouvés ; vous avez été éprouvés par le feu, vous avez été éprouvés par l’eau : par le feu, sur les champs de bataille ; par l’eau, dans des tempêtes désolantes ; sur les champs de bataille, le feu a causé des massacres et amoncelé des cadavres : puis sont venus des désordres,que toute autre nation,hormis la France, bénie de Dieu, aurait trouvés insupportables ; l’eau des tempêtes s’est jetée dans vos campagnes, emportant vos demeures et dévastant vos champs.Et entendant la voix de Dieu, vous parlant au milieu des tourbillons et des fureurs des éléments, vous vous êtes tournés vers lui et lui avez consacré vos pensées, vos atiections, vos œuvres ; et vous avez dit : Q Jésus ! nous sommes avec vous : nous sommes â vous ; nccep-tcz-nous et délivrez-nous du fléau ! Et Jésus-Christ, par le fait, a répondu selon la promesse qu’il lit dans la parabole do la pauvre veuve qui demandait justice à un juge indigne.Si un juge inique, telle semble la réponse de Jésus-Christ, si un juge inique, qui ne craint point Dieu et méprise les hommes, fatigué par les supplications répétées de la veuve, finit par lui rendre justice pour se débarrasser de ses importunités, comment est-il possible que Dieu, Père plein d’amour, refuse sa grâce à ceux qui persévéreront dans la prière ?Et il a élevé sa main miséricordieuse, et il vous a réconfortés par ces faveurs et ces bienfaits que j’ai énumérés l’autre jour, en parlant à ces bons pèlerins de Franche-Comté qui m’ont réjoui aussi de leur présence.Maintenant j’ajoute seulement, mes chers enfants, qu’il vous appartient de persévérer, avec l’aide de Dieu, dans le chemin commencé ; car ce n’est que par la persévérance que nous pouvons mériter la couronne de la justice et de l’immortalité.Comment donc ! Est-il possible que lorsque nous voyons de nos yeux tant et tant de personnes qui s'obstinent dans le mal, opprimant l’Eglise par tous les moyens que suggèrent la violence et l’hypocrisie, l’on n’ait pas du moins à opposer avec une égale persévérance l’union et la fermeté pour défendre les droits de Dieu, de la religion, du Saint-Siège, et pour revendiquer à l’Eglise elle-même la liberté qui lui est due.Mais, Dieu soit loué ! vous faites cela, et je suis sûr que vous le ferez toujours, désireux comme vous êtes de ceindre vos fronts de cette couronne dont j’ai parlé.Et c’est là ce que je demande au Seigneur ! Mon Dieu ! ressouvenez-vous de votre miséricorde ! Mon Dieu ! vous voyez un peuple humilié devant le tTône de Votre Majesté infinie ! Souvenez-vous, ô mon Dieu ! que la veuve de l’Evangile fut enfin exaucée.Nous aussi, nous voulons l’être.Quelle est donc cette veuve, sinon l’Eglise elle-même, votre épouse, ô mon Dieu, qui en ce moment vous dit : J'ai frappé à la porte des nouveaux conquérants sacrilèges, et je n’ai jamais pu obtenir justice, au contraire, j’ai trouvé des rebuts, j’ai supporté des dépouillements, j’ai vu resserrer les chaînes de ma captivité ! Ah ! Seigneur, cette femme crie devant le troue de votre justice : Vcndica me de adversaria meo.Mon Dieu et Seigneur, écoutez-la, et faites que votre justice s’appesantisse sur la tête de vos ennemis.Vous voyez un nouveau Goliath qui insulte votre parole et votre Eglise ; vous voyez les adulateurs qui le redoutent et qui l’applaudissent.Ce Goliath doit être humilié par la main de quelque David, et avec lui tous ses faux adorateurs.Punissez-les ou con-vertissez-les.Mais bénissez ceux qui sont ici présents, bénissez la Bretagne et la France particulièrement ; introduisez dans les familles, la concorde, l’union et la paix, la paix avec eux et avec Jésus-Christ.Que votre bénédiction les accompagne le long de leur chemin afin qu’ils soient dignes de chanter un jour votre gloire dans votre paradis.Benedict to- Dei, etc.entier, de bénir aussi la France en la dédommageant des maux qu’elle a soufferts; de conserver sa piété et sa foi en la défendant contre tous le: dangers qui peuvent la menacer.Je sais que l’Eglise ne craint aucu-cune opposition, parce qu'elle est bâtie sur un roc inébranlable.Ses ennemis mêmes le comprennent s’ils ne l’avouent pas.Mais loin do vouloir la reconnaître pour ce qu’elle est, pour une mère aimante, ils la regar-l>iHc*(>iii*N «le Noire Trèn-fcal nt-Père I dent comme une ennemie, avec dé-le l*ape Pie IX.fiance et jalousie, lui niant la liberté Adressé aux pèlerins, belges te dim an- qui lui appartient.S’ils étaient affran-che 3 octobre.| chis des passions qui les aveuglent, ils reconnaîtraient, en considérant le Je ratifie ce qui vient d’être dit caractère de l’Eglise, que la liberté avec un si grand accent de vérité, en qui lui est accordée est toujours votre nom et au nom de vos si nom- avantageuse à celui qui la donne, breux amis et compatriotes ; et pour- Accordez, par exemple, aux religieux tant, il est douloureux pour moi, au la liberté de se constituer en corpora-momeut où j’ai ressenti tant de joie lions, et vous verrez les avantages de vos protestations d’amour si bien qui en résulteront.exprimées, protestations qui me vien- t„ ., .1 .„„ • b , .I, ., Je ne relerai pas ici leur apologie lient aussi d autre part, d avoir tou- Lia,-.', * • : ° triste cette vie mortelle et qu’elle soit comme un gage de la vie future et éternelle.BenedirAio Dei, ele.franc:*:.Jit-JiL tiuooi u.ciuut; mi i, u..Delorier, écr.Rue St Jean.Par ordre.A.J.AUGER.Soo.-Trésoricr.Québec, 1er Murs 1875.—I2tn 050 SIR 6 P~D~Ë GOMME D’EPINETTE COMPOSÉ.Marque de Commerce.«V.P.M ni':'.PRÉPARÉ PAH LES &.OUEEEET.Architecte et Sculpteur.No.12, Ruo et Faubourg St.Jean, Québec.Québec, 30 Novembre I87î.— lan-c.575 ment «jue les faux-cols el les poignets, foule le .blanchissage se fait maintenant dans 1 avant-midi.Je dirai à tous : Achetez une Machine de L.N.Allaire et Cio., et Soyez heureux.Votre dévoué, J.Houi.eau, Excise oflicor.Québec, 19 Mars 1875.—12m 028 CONDITIONS Veritable E au de COLOGNE.— ¦¦ ¦ t JE, soussigné, donne avis par es présentes, qu'un dépôt pour la vente en gros et en détail de nié VERITABLE EAU DE COLOGNE qui r, remporté les prix des grandes expositions fi*.Londres, 1855, de New-York 1853, de Londres 1802, Oporto 1805, de Cordoha (République Argentine) 1871, et de Vienne 1873, a été établi par moi à Québec, et que mon seul Agent on cette ville est M.R.MORGAN, duquel on peut obtenir la véritable Eau de Cologne.Afin d’empêcher de nombreuses impositions —DU— COURRIER JW CANADA.Prix de l'Abonnement : (Invariablement d'Avance.) 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