Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 14 juillet 1875, mercredi 14 juillet 1875
lOeuic milice Numéro *70 JOURNAL DES INTERETS CANADIENS «TE CROIS.J’ESPERE ET J'AIME, »> Feuilleta du “ fourrier du Canada.14 JuiT.TÆT 1875.RAPHAELA DE MËBAM Histoire d'imc jeune femme, .qui n'a pus voulu de conseils.5 MOV AMIEHTINA.(Suite.) - Je n’osais pas me soustraire complètement à cette salutaire pratique, (]«’approuvaient mou père et ma mère ; mais avec quelle mauvaise gràceje m’y soumettais ! Presque invariablement ma réponse était, lorsque, Mlle Marthe me demandait la pensée qui m’avait le plus frappée : “ Est-ce que je sais, moi ?Choisissez vous-même ; toutes ces phrases se ressemblent.—Si vous gardiez de préférence cette maxime, qui est.de Notre-Sei-gneur?—Ce n’est pas du tout de Notre-Seigneur.Je n’en ai jamais entendu parler.—Regardez ait bas de la page, mon enfant ; il y a un renvoi.Vous verrez de qui est la citation.—J’avais raison ! Ce n’est pas malheureux, eniin.—C’est saint Jean qui a dit cela.—11 y a Evangile St.Jean, parce cet apôtre a écrit la vie de Notre-Seigneur.Il rapportait les pensées et les paroles de son Maître.—Oh ! je suis bien sûre que j’ai raison ! Mais vous n’en conviendrez jamais !” • • Mon Albcrlinc, ne te demandes-tu pas comment une patience humaine résistait à tant d’épreuves ?Peu m'importait le ridicule de mes arguments, ou l’évidente fausseté de mes excuses ; je persistais jusqu’à ce que Mlle Marthe, se taisant, me laissât le dernier mot.Le dernier mot ! -Ma superbe aimait à se draper dans cette apparence de triomphe ; et cependant, je comprends intérieurement que, pour être restée seule sur le terrain, je n’en avais pas davantage la victoire.Le calme de Mlle Belliot n’excluait pas une fermeté, que je sentais inébranlable sous son silence, Je lui en voulais de se taire presque autant que je lui en eusse voulu de continuer la lutte.Mais s’il arrivait qu’elle me fit entendre un langage sévère, — sa conscience l’y obligeant en certaines circonstances ;—mon irritation et ma colère étaient au comble.Plus d’une fois je portai plainte à mes parents.Tout en cherchant à me consoler, ils se rangèrent toujours du côté de mon institutrice.Voyant que je ne devais rien attendre d’eux à ce sujet, je me vengeais de Ml Je Marthe par un redoublement de reproches.Je prenais le rôle de l'offensée ; je me prétendais opprimée.“ Elle abusait de la confiance, de mon père et de ma mère.Ils la (‘royaientpatiente,tandis qu’elle était colère ; indulgente, quand elle était d’une exigence sans bornes.Tôt ou tard, je réussirai à les détromper.— Vous m’avez grondée injustement ; jamais je ne T oublierai.C’est vous qui avez tort, et vous dites que c’est moi ! —Ne voyez-vous pas ma chère entant, me répondait-elle quelquefois ; que si vous ne pouvez m’accuser qu’aux dépens de la vérité, vous me rendez un témoignage bien conso- O O lant ?” ^ Cela m’exaspérait, tant c’était exact.( Mlle Marthe s’ouvrit sérieusement à mes parents sunna conduite et mes défauts.Je traitais les domestiques avec une arrogance sans pareille.Ils me paraissaient n’ôtre au service de mes parents, que pour subir tous mes caprices.Mlle Marthe inc rappelait, inutilement.’:'qu’ils sont aussi bien que nous les enfants de Dieu : qu’en les maltraitant., nous L’otlènsons.— .le les menaçais continuellement de les faire renvoyer, .l’étais leur supplice et leur terreur.' Mon père convint de la nécessité de travailler vigoureusement à me corriger ; mais il espérait que la jeune institutrice s'exagérait le mal.Absorbé par d’autres pensées,—il suivait avec une anxiété fébrile les phases de la guerre en Espagne et dans toute l’Europe ; — son esprit fatigué avait liesoin que la yaix régnât dans sa maison an moins.Ma mère s’affligea bien plus que lui, en écoutant ces douloureuses confidences.Quoiqu’elle cherchât sans cesse à s’illusionner, elle en devinait assez de ma paresse, mes résistances et mes désobéissances, pour être convaincue que Mlle Marthe ne se trompait pas.lin redoublement de souffrance et d’abattement fut chez elle la conséquence immédiate do cet entretien ; et chaque fois que Mlle Marthe essaya d’y revenir, il en fut de même.—Mais ce fut tout : ma pauvre mère n’eut lias le courage de m’adresser, de sévères remontrances.— Seulement, elle me dit un jour : li Si tu continues, Knphacla, tu me feras mourir.” Cette parole entra dans mon cœur comme un glaive, que je retournai immédiatement contre Mlle Marthe* C’était elle qui tourmentait ma mère, en se plaignant de moi.Comment ne pas lui on vouloir du mal qu’elle causait, et qu’elle mettait ainsi sur mon compte.Ma pauvre institutrice n’avait parlé qu’à la dernière extrémité ; voyant qu'il valait mieux se taire, elle me dit : “ Puisque les forces physiques manquent à votre tendre mère, ma chère Raphaële, je ne m’adresserai plus qu’à vous.Il était de mon devoir de ne rien lui cacher de ce qui vous concerne.Malheureusement sa santé ne lui permet pas de remplir, aussi complètement qu’elle le voudrait, sa tâche maternelle ; mais c’est un motif de plus pour vous, de la dédommager.Vous ne voudrez pas ajouter à ses maux.Vous n’ignorez point qu’elle s'aperçoit de votre mauvaise conduite,— que je lui en parle ou non.—Alors, pourquoi lui en parlez-vous ?demandai-je insolemment.—Parce que je souhaitais m'entendre avec elle sur les moyens de combattre vos defauts.L’autorité qu’elle me remet sur vous, je préférerais de beaucoup ne l’exercer qu’avec elle sous sa haute direction.S’il me faut renoncer à ce puissant secours, je ne désespérerai pas néanmoins.Je fais appel à votre cœur, Raphaëla ; toutes les difficultés seront levées, le jour où vous vous déterminerez sincèrement à consoler vos bons parents.—Ils ne.sont pas malheureux, Mademoiselle : vous dites toujours des choses ! —J’ai vu ce matin même des larmes dans les yeux de votre bonne mère, lorsque vous avez déclaré ne plus vouloir suivre le catéchisme.—Elle pleurerait bien plus, si je tombais malade par excès de fatigue.Te répéterai mon catéchisme tout aussi bien à la maison qu’à l’église, et je n’aurai plus l’ennui de recevoir de mauvaises notes devant cent cinquante petites filles.—Si vous saviez vos leçons, vous n’auriez plus de mauvaises notes.—Je ne peux pas les savoir, lorsque tout, le monde m’écoute.Elles m’agacent, avec leurs airs moqueurs, quand je me trompe.Je suis sûre qu’elles sont jalouses de moi.—Je 11e vois pas, ma chère enfant, ce qui peut les rendres jalouses, puisque la plupart d’entre elles répètent mieux que vous leurs leçons.[à suivre.] ('rance.Paris, lt! Juin 1875.Si réduite que soit, par la faute des circonstances, la cérémonie célébrée aujourd’hui à Montmartre, dont la piété des promoteurs du vœu national au Sacré-Cœur aurait voulu faire une grande manifestation catholique, elle n'en est pas moins importante, puisque les ennemis de l’Eglise s’en irritent.La pose de la première pierre d’une église élevée en plein dix-neuvième siècle, au plus haut de Paris, pour être le témoignage éternel de la consécration de la France catholique au Sacré-Cœur de Jésus, est un grand acte, meme accompli sans toute la solennité que le concours des évêques et des fidèles venus de toutes les pro vinces lui aurait donné.Les feuilles radicales ont tout fait pour empêcher le vote de l’Assemblée qui a permis l’érection de l’église, eues ont tout dit contre la bénédiction de la première pierre, allant jusqu’à la menace du communard et du prussien pour entraver la cérémonie.Aujourd’hui, n’ayant pas devant elles l'immense manifestation de la foi nationale qu’un seul mot de l’archevêque de Paris eût fait éclater, elles cherchent à rabaisser l’événement de ce jour à une mise en scène de la coterie jésuitique.La République française s’écrie lié rement que “ la France n’a jamais été et ne sera jamais cléricale ”.Mais toute snperbo de mépris qu’elle veuille paraître pour la secte des dévots de Marie Alacoque, elle éprouve le besoin do se rassurer contre les signes nombreux du réveil de la foi que présente notre temps.Elle s’exhorte elle-même à ne pas avoir peur, en se répétant pompeusement que la France du dix-neuvième siècle est la France de Voltaire et de Y Encyclopédie, la fille aînée de la Révolution, la société laïque par excellence ; elle regarde tour à tour avec complaisance le Code civil et les chemins do fer, les immortels principes de 80 et le gaz, pour bien se persuader que quelques bandes de “ pèleri-nards ”, doublés de“ jubilants, ” ne sont pas capables de mettre en péril les glorieuses conquêtes de la société et de la science modernes.Pourquoi craindrait-elle d’ailleurs ?Libre aux fondateurs de la nouvelle église de triompher du siècle on posant la première pierre d’un édifice “ destiné à être le temple d’une dévotion inventée par la compagnie de Jésus ” ; la République française n’y voit qu’un triomphe du jésuitisme.Cette pierre, c’est le tombeau de l’ancienne Eglise de France, 11 le monument de la défaite du vieil esprit gallican sous toutes ses formes, depuis la rudesse indépendante des légistes des vieux Parlements jusqu’à l’âpre piété des jansénistes, depuis lahaute et souveraine fierté de l’orthodoxie royale de Bossuet, jusqu'aux souples et accommodantes théories du catholicisme libéral des Lacordaire et des Montalemberl.” Mais lti République française ne voit-elle pas que ce triomphe sur les vieilles hérésies est le triomphe même de l’Eglise?Non, ce n’est pas tout un passé glorieux qu'on enterre sous les fondations de la nouvelle église du Sacré-Cœur.Du passé, on retient toutes les gloires ; on n’en abdique que les erreurs.Bossuet, dans l’élévation de sa doctrine comme dans la majesté de son langage, survit au concile du Vatican aussi bien qu’à la dévotion du Sacré-Cœur, mais corrigé par l’Eglise elle-même.Bien des préjugés, beaucoup de sourdes révoltes qu’entretenait l’ancien esprit gallican sont vaincus, il est vrai, avec le culte du Sacré-Cœur ; mais ce n’est pas là un avantage momentané de secte contre secte, ni de jésuites contre jansénistes, c'est la victoire de l’orthodoxie, toujours plus complète à mesure que les siècles s’avancent et que la lutte se circonscrit davantage entre l’Eglise et Satan.De même que la foi s’est complétée par la proclamation successive des grands dogmes du catholicisme, de même l’oriho-doxie s’est accrue par la chute successive de toutes les hérésies.Le gallicanisme a été vaincu au concile du Vatican ; à l’Eglise du Sacré-Cœur, ce n’est pas une erreur seulement qui succombe, c’est l’esprit du siècle, c’est le scepticisme en qui se résument toutes les hérésies et tous les schismes qui est confondu.If acte de foi au Sacré-Cœur est l’affirmation la plus entière de la personnalité divine ét humaine de Jésus-Christ, l’acquiescement le plus humble aux enseignements de l’Eglise.Tout ce qu’il y a d’orgueil dans la raison de l’homme se brise devant cette forme de croyance et d’adoration qui lui est demandée.Et c’est là précisément la grande, la dernière victoire remportée non par la secte de Loyola ni par la curie romaine, comme dit la République française, mais par l’Eglise de Jésus-Christ sur l’esprit d’hérésie et d’opposition.C’est l’importance de la cérémonie célébrée aujourd’hui de montrer que la France catholique adhère d’esprit et de cœur à la plus pure, à la plus entière orthodoxie, en faisant sien et national ce culte du Sacré-Cœur, dernière expression de la foi au Christ fait homme, dernier hommage de la raison à la révélation.Le peuple qui en est venu à ce degré de croyance en Jésus-Christ et do soumission à l’Eglise, est vraiment et profondément établi dans le catholicisme.Une religion semi-rationnelle peut s’accomoder d’une vague croyance en Jésus-Christ ; il faut toute la foi pour croire au Sacré-Cœur, une foi aussi pleine qu’ affectueuse.Les ennemis dé l’Eglise comprennent à ce signe qu’un grand progrès s'est fait de nos jours au soin du peuple chrétien, qui n’a eu qu’un même élan pour embrasser ce culte du Sacré-Cœur, nouveau dans sa forme, mais aussi ancien que l’amour des fidèles pour ,1’Hommc-Dicu et qui confond la raison dés plus orgueilleux, eiK-sa-tisfaisant la foi la plus amoureuse.L’incrédulité avec tous ses raisonnements et scs objections ne peut plus rien contre les croyants du Sacré-Cœur ; la révolution n’a plus de prise sur un peuple ainsi soumis d’esprit et de cœur à l’Eglise.L’une et l’autre le voient et se sentant vaincues en ce jour de triomphe pour le catholicisme, s’irritent dans leur impuissance à détruire ce qu’elles proclament mort.Aimimt Drni.t-ions et de mourir.L’école de Voltaire continua ses plaisanteries.Elle fit la Révolution, emprunta au jansénisme la constitution civile du clergé, rite-Marie qui lui transmit le Sacré-Cœur, c’est-à-dire un ravivement de la Rédemption.Nous voici au second centenaire du Paris, 7 juin 1875.Nous recommandons aux méditations des libres penseurs ce fait, près duquel ils semblent vouloir passer sans le voir, quoiqu’ils ne laissent pas d’en parler souvent.Il y a deux siècles dans un petit couvent de France nouvellement bâti, vivait une jeune religieuse d’humble condition, sans parents, sans relations dans le monde, sans littérature et sans rien de particulier, sinon que, comme à beaucoup d’autres religieuses, Jésus-Christ lui apparaissait, ce qui ne fut une chose bien rare en aucun temps et ne la tirait guère du commun.Malgré ces apparitions, elle réunissait toutes les conditions désirables pour vivre inaperçue et mourir inconnue, comme une goutte de pluie qui tombe du ciel dans la mer.Cependant cette petite religieuse a une histoire, et son nom après deux cents ans, lait assez de bruit parmi les hommes.Elle se nommait Mlle Alacoque.Corneille, Molière, Racine, La Fontaine, Mme de Sévigné, Ninon de Linclos, Bossuet, Turenne^ une quantité d’illustres vivaient de son temps et n’entendirent jamais parler d’elle.Aujourd’hui, tous ceux qui connaissent ces noms célèbres connaissent aussi le nom de Aille Alacoque, et beaucoup d’autres le prononcent avec vénération qui ne connaîtront jamais ses grands contemporains.Dès à présent, c’est à elle qu’est échue la renommée populaire et impérissable.On peut douter qu'il soit aussi question, dans l’avenir, des hommes qui font maintenant personnage.Croyez-vous que les enfants qui voient M.Gambetta et M.Thiers se souviendront d’eux lorsqu’ils seront hommes ?Et nous, nous avons oublié Béranger, et la toile d’araignée commence de vêtir enfin les muses qui lurent nos Sévignés.Ce qui a fait la gloire incomparable, dominante et immortelle de la religieuse de Para y, c’est le rayon que Jésus-Christ jeta sur elle, et la parole qu’il l’a chargée de redire pour l’amour de l’humanité.11 avait ainsi aimé l’âme brillante de sainte Thérèse, mais sans lui laisser un gage aussi précieux de sa piété pour les misères humaines.A la dernière apparition, le 16 juin 1075, lui découvrant son cœur sacré, il lui a dit : “ Regarde voici ce cœur qui a tant aimé les hommes.” Cette parole, adressée dans l’ombre d’un cloître à un seul témoin, n’a pu périr.Le cloître ne l’a pas tenue captive ; ayant franchi ses murailles, elle n’est pas morte méprisée sur les chemins du monde ; livrée sans défense aux commentaires ignorants ou méchants des hommes, elle n’a pas été étouffée.Le jansénisme, à qui elle portait une atteinte mortelle, a voulu la combattre ; il y a perdu sa science, si puissante alors.L’impiété n’a pas mieux réussi.Voltaire s’y est mis en vain.Assurément ce serait faire à Voltaire un bonheur immérité que de dire qu’il a senti ou pressenti la force divine du coup dont l’impiété recevait l’atteinte aussi profondément que l’hérésie.8a vanité et son ignorance étaient trop folles et trop sottes pour admettre la divinité de J ésus* Christ ou pour croire que J ésus-Christ osât le combattre avec ce dédain.Quoi ! même en supposant l’existence de Dieu et Jésus-Christ Dieu, une parole obscure dite à une obscure religieuse peur lutter contre le génie de Voltaire ! Autant croire à l’ange qui on une nuit tua les deux cents mille homme§ de 8ennachérib.Voltaire était complètement incapable d’un raisonnement qui le conduisit à croire que le Dieu des chrétiens fût plus sa go et plus fort que lui.S’il admettait à la rigueur, académiquement, que Dieu d’une seule parole eût créé le monde, cela était bon à dire en vers et du Dieu académique seulement ; mais que le Dieu des ¦chrétiens n’eût besoin que d’une parole, lui aussi, pour borner le torrent de Voltaire, Voltaire, en cela semblable à Sarcey, ne le croyait pas plus qu’aujourd’hui Sarcey.La vision de “ Mlle Alacoque ”, ne lui paraissait qu’une folie christicole ; H s’en moquait avec sincérité, suivi de tous les beaux esprits de France.Voltaire et les beaux esprits n’em-pèchorent pas le Sacré-Cœur de faire son chemin dans la France et dans l’Eglise, ni le jansénisme, si savant, si grave et si pieux, d’avoir des convoi- ter beaucoup de “ Mlle Alacoque” A Paris, toujours capitale de l’intelligence, Voltaire était au Panthéon et l’on rendait un culte religieux au cœur de Marat.Tous les jours, sur une place publique, quelques précurseurs des couches nouvelles allaient processionncllemcnt chanter : Cor Marat sacratissimum, ora pro nobis ! Le cœur de Jésus n’était guère invoqué que d’un petit nombre de guillotinés.Cependant, les soldats de Calhelineau, de Bonchamp, de Lescure, de Charctte, le portaient sur leur poitrine.—Ils moururent, dit M.8arcey.M.Sarcey dit la vérité.Mais quand ceux-là furent morts, 1 loche conseilla aux généraux républicains d’aller à la messe, pour eu finir, et le Sacré-Cœur resta dans le pays.L’empire vint bientôt après.Certainement, il n’adora pas le Sacré-Cœur, mais il rétablit la messe, relégua Voltaire et mil an débarras une partie de la constitution civile.On ne remarque pas assez que depuis l’empire, et môme depuis 80, la France de Dieu est en reconstitution.Sans doute, la reconstitution est lente, mais pourtant elle s’accomplit.La Révolution s’est faite de 1682 à 1780.Depuis 80 on reconstruit lentement, mais continuellement, Dieu relève pierre à pierre tout ce qui est nécessaire à la France de Dieu.le Saint-Père, s’adressant au monde, qui le supplie, lui dicte une prière, pour que “ tous ceux qui voudront “se consacrer au cœur de Jésus, y “ trouvent un abri eûr, un remède “ contre les périls qui menacent les “ âmes, la patience au milieu des “ épreuves qui assaillent aujourd’hui “ l’Eglise du Christ ; enfin, dans tou-“ tes les angoisses, une confiance ab-“ solue et la consolation.” Nous voudrions savoir comment les libres penseurs expliquent raisonnablement que la vision de la petite religieuse de Faray-le-Monial, morte depuis deux siècles, ait fait ce chemin.Pour nous, il nous semble que la prière du Saint Père est toute l’explication possible, et qu’il n’en est point d’autre qui puisse les contenter.Nous engageons les libres penseurs à prendre pour guide en cette recherche le petit livre pieux et sans nulle prétention que vient de publier un de nos confreres de la presse belge, M.Guillaume Verspcyen, avocat et rédacteur du Lien publie de Gand, homme d'ailleurs tort distingué.11 ne se lance pas dans des considérations scientifiques et théologiques,qui leur apprendraient peu de choses et qu’ils ne comprendraient pas beaucoup ; mais il est bon qui manquent Loins Veuiulot.A propos de Hl.noutre.écrivain, il commit le temps et il a Que j autant de piété que de bonne foi.Ce lui importe le reste ! Le Sacré-Cœur j sont les meilleures conditions pour profite de tout.Lui ne se relève pas : instruire of celles qui manquent le depuis 1675, il n’a cessé de grandir, plus.Tout ce qui est pour lui, croît avec lui et par lui.Tout ce qui n'est pas pour lui, tout ce qui se fait sans lui ou contre lui, tombe.C’est ce qui nous rend compte très suffisamment .— de beaucoup de détails qui restent .^ous signalons a 1 attention des obscurs dans les révolutions subsé- liberaux sincères 1 article suivant, queutes, et de ces révolutions elles- écrit par l’éminent rédacteur du mêmes.La Restauration se constitua ( Courrier de Si.Hyacinthe : pour n’avoir pas l’appui du Sacré-' “Déjà une semaine s’est écoulée Cœur.Elle remit en place beaucoup depuis la publication de la lettre de de révolutionnaires, beaucoup de vol- M.Joseph Doutre à M.Grange, élec- t 1— ^ e | tour du comté de Soulangesr Cette renaissance et ccf te recrudescence de lettre contenait ni plus ni moins vieux mauvais ferments lui furent ‘ qu’une renonciation de la doctrine funeste.Dieu donna à tout cela un ’ catholique, et M.Doutre, en l’écri-demi-siècle pour mourir ou pourrir.! vaut, se séparait de l’Eglise de Rome, On rappela Voltaire, on eut ce crapu- ; aux dogmes de laquelle il refuse son leux Béranger, déshonneur de la Fran- J adhésion.Ce document en lui-mè-ce.et cent autres.T.os cordico/es [ ma avait une portée d’autant plus ‘eurent beau jeu !” Quatre ou cinq .grande qu’il était lancé dans un mo- gouvemements périrent de mort vio- J ment de lutte électorale, dans un but lente, de plus en plus, honteusement i de parti politique, afin d’exciter le emportant leurs constitutions si bien ; préjugé protestant contre un des can-faitcs.Le dernier fera certainement .didats du parti conservateur.On ne l’accusera pas d’avoir ! “En présence de cette lettre a époque.anti- été cordicole.11 y a bien de l’appa- catholique, quelle a été l’attitude des rence qu’il en périra d’autres et que ! organes du parti libéral ?A-t-on dé- , - ir i “wmuit icijuui un nu buuriiii ces catastrophes, dont chacune lui < sympathiser et dont on réprouve la apporta un accroissement assez ’ ligne de conduite ?Aucunement, promptement visible.On ne peut C’est en vain que nous avons cher-nier que ce ne soit une dévotion en ; ché dans les colonnes de nos confrè-somme qui se porte assez bien.Pour j res une protestation et une réproba- nous, sans doute, nous désirons plus, ¦ tion ; nous n’en avons point trouvé, mais nous avons bon espoir et nous , Le National est resté muet comme sommes contents.une carpe ; il n’a fait aucune allusion La bienheureuse Marguerite-Marie, “ Mlle Alacoque ” comme ils disent, à cette lettre et pour lui, il n’a semblé y voir rien de grave, rien lui ont pas fait all'ront.Elle élève au | tage les idées de son parti.Ce Sacré-Cœur, “ pieuse et pénitente, ” i silence est fort compromettant pour une église qu elle veut faire sinon ( lui et, avec les tendances mauvaises la plus belle au moins lu plus riche j qu’il possède, nous devons conclure de Paris.Du portail de cette église qu’il ne peut blâmer son ami intime on pourra voir, il est vrai, la statue de Voltaire, mais elle ne paraîtra pas plus grosse et plus grande que la brochure de M.Dcsonnaz, lequel, avec M.Sarcey, fait présentement la qu M.Doutre et qu’il partage ses opinions religieuses.“ Le Bien Public qui a compris le mal que pouvait faire une telle lettre à son parti, cependant s’est contenté force et l’honneur des anticordicoles.j de dire que M.Doutre était en dehors On verra aussi la statue de Jeanne j de la politique, mais sans le repousser, d’Arc, et peut-être celle.île saint Louis.On verra encore le gouverne* j nient aller à la messe, par ordre des représentants du peuple, chose qui ne se fait qu’en France.Et l’œil de la foi qui franchit l’horizon noir et perce les montagnes,’ n’aura pas de peino à découvrir le Pape sur son trône, per Francos.Allons, allons ! en dépit des orages, tout va bien, et la reconstitution de la France de Dieu s’accomplit.La France, regnum Maria-, a reçu du ciel en présent quelques femmes qui ne paraissent nulle part en pareil nombre ni avec le même éclat : Clo-tilde, qui lui donna Clovis et lo baptême, Radegoiule qui lui donna les monastères, Blanche de Castille qui lui donna Saint-Louis, Jeanne d’Arc qui la rendit à elle-même, Margne- sans le renier.Il sentait qu’exciter les protestants contre le candidat conservateur M.Dunn pouvait avoir un bon résultat politique, et, pour lui, l’esprit de parti l’a emporté sur tonte autre considération.“ La politique avant la religion ; l’élection de Soulanges avant le Syllabus ! Il sera toujours temps après la votation de dire qu’on a des principes religieux ; telle a été l’attitude des journaux libéraux do Montréal ; telle a été celle suivie par leurs amis de Québec.“ Quelles tendances malheureuses ! “ Comme les besoins politiques aveuglent quelquefois ! Comment peut-on nuire à son parti en se montrant partout et toujours catholique dévoué, prêt à prendre la défense de sa religion, chaque fois qu’elle est .» Y**-.— LE COURRIER DII.jüMADA v+M «U.A iirun-s i*.P" neuf personnes ! ht il Moliou relus6e.M.a Ja i;n de inun «lis- une cela a\ ee la memo îmnuden- • * * - • i i i jure cela avec la mémo împuden ce qu’il bourre une colonne de .Tournai d’avancés faux et provocateurs * Hélas ! il faut l’avouer ! la doctrine de Y Evénement, de MM.Tremblay ci Joly, au sujet du ser-son.M.^T^Page \rchi- ment à formule banale sans impor- Sr u.s W,ni‘ifi"rUn t,auce *t îlui n„ensagc à rien, menace y avau h i.ou près, à (le prévaloir, bn presence des docu- cours, j ai etc trapp* à la tempo gauche par une pierre :jc ne connais pa: qui a lancé A* cailloux.J«* coiin.ii ' J’Honoia-E.Gingras.le Dr.Sam- peu ] mon opinion.3,000 .i •4,000 personnes présentas.Avant de recevoir lé cailloux j’cntonüais crier : descends le, d*?-cend le ^tc.rt après ils se r.ont mis à crieiul'au- Tnents que nous venons de citer in extenso, ne sommes-nous pas autorisé à dire que M.Cauchon a affirmé sous serment un fait qu'il ne connaissait pas, qu’il a affirmé devant Dieu la vérité d’un fait dont il n’avait an- ires injures.Pas d autre vinimco ouue connaissance personnelle ?!Mi^téjaif.‘^iirmape: .; ^[ajs au moins, y avait-il cause Jr ,\',n tu pcrs'oi • probable
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