Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 22 décembre 1869, mercredi 22 décembre 1869
13ème année QUEBEC, MERCREDI 22 DECEMBRE 1869 Numéro 138 (Eourrirr JOURNAL DES INTERETS CANADIENS JE CROIS, J’ESPERE ET P AIME.Chronique rcllgi«iw«.LE DERNIER CHANT DU CYONE SUU LE TUMULUS1’ DU GALLICANISME.Quiire frcmuorunt, et tnc'H-tuti sunt inauiu Y Dominus irridcbît eos.On dit que le Cygne sur le point de mourir, fait entendre son plus beau chant ; ainsi vient de faire le gallicanisme, de triste mémoire.Avant d’expirer, il a voulu faire entendre son dernier chant, par l’orgauo vibrant do l’Evôquo d’Orléans, ce grand maître d’éloquence classique.La polémique, cette reine moderne, en donnant le coup de mort au gallicanisme, dans 1’ Univers, An Cioiltà cattoli-ca, lo Monde* etc., parait avoir inspiré ce dernier chant du Cygne gallican, chant plein de véhémence, d’indignation et d’amertume.* Sans doute, avant de commencer, l’illustre chantre à du se rappeler ce vers de 6011 poète favori : lnfamlum, Regina, jubés rcnotarc dolorem ! C’était tout naturel : quand on donne le pas à Homère, Virgile, Cicéron sur St.Augustin, St.Jean Chrysostôtnc, St.Bernard, etc., parce que lu inonde moderne “couvre du ridicule” quiconque désire envoyer la jeunesse à la grande école de l’antiquité chrétienne de préférence à l’école payenne, il est to it naturel d’avoir d’abord à la pensée un passage de Virgile plutôt qu’un passage de St.Augustin, dans une discussion exclusivement chrétienne.Votre chroniqueur pouvait-il ne pas tenir vos lecteurs au courant d’un événement r-i important ?pouvait-il ne pas leur faire part du ses impressions since manifesto qui a le triste avantage de l’emporter sur le livre de Mgr Muret, par l’agitation et le scandale qu'il cause dans la société chrétienne, et la joie qu'il répand dans le camp dis ennemis Ue l’Eglise ?PREMIER CHANT.Im Musique—Le l'on—Les Inquiétudes.J Mgr.Dupanloup, dans cutte véhémente plaidoirie en faveur du gallicanisme expirant ou expiré, nous apprend quo les Evêques allemands réunis à Fulda, ont adressé au Souverain l’ontifc — 4< maie sans le livrer à l’avido publicité des journaux14—un mémoire pour lui demander de ne pas permettre que la question de son infaillibilité personnelle fut posée au prochain concile.J’admire et je loue la discrète réserve de cos dignes évêques, et je voudrais pouvoir on dire autant de l’Evcque d'Orléans.Malheureusement loin d’imiter l’exemple de ses collègues, il écrit une brochure do SS pages et l’adresse au monde entier par la publicité la plus militante.In hoc non laudo.Ce qui ne l’empécho pas de débuter par dire.Je n’ai 44 certes aucun goût A, me jeter dans une tnéléo si violenta.Je gémis de la controverse qui s’agite devant le public, et si j’écris ce n’est pas pour l’irriter, mais plutôt pour la calmar, et même s’il se pouvait, le supprimer ; car pour moi, .feuilleton ïiit € ouvrier bu €aimî)a.22 Décembre 1S69.LA FEMME D'UN OFFICIER je la crois très inopportune et très regrettable pourle Saint-Siège lui moine.” Sage remarque, sans doute ; mais l’exemple joint nu précopte n’eût rien gâté.Pourquoi ee lancer avec tant de fracas, dans cette mêlée pour laquelle il prétend n’avoir aucun goût?qu’eût-il tait de plus, s’il y avait eu du goût?Pourquoi ectto véhémence injuste, qui ne lui fait pas honneur, contre deux grands journaux catholiques si chers an Pape, et à la plupart des évêques du monde catholique ?Est-eo ainsi qu’on écrit quand on ec propose do calmer ou d’éviter ?Apparemment que c’est le genre gallico-libôial, et que c’est la note qu’il a fallu prendre pour enterrer le gallicanisme avec les honneurs de la guerre : Tu b à minim spar gens sonum ! Avouons que l’illustre auteur y a mis une grande bonne volonté ; car il en fallait une très forte dose pour entamer un chaut pacifique, sur une note si clovée.J’ai souvent regretté de n’êtro pas un musicien, et d’avoir une oreille si insensible aux
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