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Titre :
Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens
Publié à Québec, ce journal d'information d'allégeance catholique et ultramontaine appuie les partis politiques conservateurs. [...]

Le Courrier du Canada est lancé à Québec le 2 février 1857 par Hector Langevin et Joseph-Charles Taché. La fondation du quotidien précurseur de la presse d'information catholique au Canada est subventionnée par l'archevêché de Québec. Le journal reçoit rapidement l'assentiment d'une grande partie du clergé de Québec dont la faveur était passée du Canadien au Journal de Québec.

Journal d'information locale, nationale et internationale, Le Courrier du Canada accorde une plus grande importance aux questions canadiennes, particulièrement à la défense du catholicisme et à l'épanouissement de la langue française en Amérique. La publication relaie les nouvelles de l'église romaine et appuie la papauté face à la montée de la question de l'unité italienne.

Le Courrier du Canada rejette la publicité pour des divertissements impies en échange de l'exclusivité des nouvelles émanant de l'évêché de Québec. Il milite pour le maintien des valeurs catholiques traditionnelles et le provincialisme, tandis qu'il s'oppose à la démocratie, au socialisme et à l'athéisme.

Hector Langevin quitte la rédaction du journal après seulement quelques mois pour se consacrer à la vie politique. Joseph-Charles Taché en devient alors le principal rédacteur. Conservateur opposé aux libéraux radicaux, il publie sous forme d'articles, du 7 juillet au 23 octobre 1857, un plaidoyer remarqué en faveur d'une confédération canadienne. Il quitte son poste en 1859 pour se consacrer à une carrière de fonctionnaire et d'auteur.

Auguste-Eugène Aubry, juriste français venu enseigner le droit romain à la nouvelle Université Laval, prend la relève à l'automne de 1859. Critiqué pour sa hargne à l'égard des anglophones et de la classe politique en général, il quittera ses fonctions au journal en 1863 et, après avoir repris l'enseignement, retournera en France en 1865, victime par association de la crise gaumiste, lutte opposant les fondamentalistes chrétiens aux partisans « libéraux » de l'enseignement des auteurs classiques.

Eugène Renault, qui écrivait déjà au journal, prend la relève de la rédaction de 1863 à 1873. Au nombre des collaborateurs présents durant ces années, on compte le musicologue Ernest Gagnon et Adolphe-Basile Routhier, homme de loi et auteur, notamment de l'Ô Canada. Guillaume Amyot (1873 à 1875) et Roch-Pamphile Vallée (1875-1880), tous deux politiciens conservateurs, se succèdent ensuite à la rédaction du journal. Homme aux mille talents et intérêts, Narcisse-Eutrope Dionne leur succède de 1880 à 1884 alors que le politicien conservateur Thomas Chapais tient la barre de 1884 à 1901.

Bien que basé à Québec, le journal est distribué dans toutes les régions du centre et de l'est du Québec et même au-delà, où il trouve des collaborateurs et des lecteurs en premier lieu parmi le clergé.

Le Courrier du Canada déclare des tirages de 1900 exemplaires en 1869 et 1500 exemplaires en 1898. Le journal s'éteint en 1901 faute de s'être adapté aux tendances émergentes en matière d'illustrations et de nouvelles à sensation.

BARNARD, Julienne, Mémoire Chapais, t. 2, 1961, Montréal, Fides, p.149-153.

« 25e anniversaire », Le Courrier du Canada, 1er février 1882, p. 1-6.

LAVOIE, Elzéar, « Les crises au Courrier du Canada : affaires et rédaction », dans Nive Voisine (dir.) Les ultramontains canadiens-français, 1985, Montréal, Boréal Express, p.143-159.

LAVOIE, Elzéar, « La clientèle du Courrier du Canada », Culture, vol. 30, no 4, déc. 1969, p. 299-309; vol. 31, no 1, mars 1970, p. 40-57.

SYLVAIN, Philippe, « Les débuts du Courrier du Canada et les progrès de l'ultramontanisme canadien-français », Les Cahiers des Dix, no 32, 1967, p. 255-278.

SYLVAIN, Philippe, « Auguste-Eugène Aubry [1819-1899] », Les Cahiers des Dix, no 35, 1970, p. 191-225.

Éditeur :
  • Québec,1857-1901
Contenu spécifique :
lundi 6 avril 1863
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
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Références

Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 1863-04-06, Collections de BAnQ.

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îcine année.QUEBEC, LUNDI 6 AVRIL 1863.Numéro 26.£e (£mûrier î)n |anak t JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.)t6dwct«ur:—A.B.AURRY ^dlt*«r-Pro»rléialre :—L^GER R ROUSSEAU TT*’ OROIS J’ESPÈRE ET J* A .'ME, €érémonlen DU MARIAGE DU PRINCE DE GALLES.Nous empruntons à deux correspondances, datées l’iino de Windsor et l’autre de Londres les détails suivants : Windsor, 10 mnrs.Aujourd’hui, à midi et demi, a été célébré, à la chapelle de Saint-Georges, du château n»yal de Windsor, le mariage d’Albert-Edouard, prince de Galles, duc de Saxo, prince de Saxe-Cobourg-Gotlia, grand-stward d’Ecosse, duc de Cornwall et Rothesay, comte do Chester, comte de Carrick et de Dublin, baron de Renfrew, lord des lies, chevalier de l’Ordre de la Jarretière, avec Son Altesse Royale la princesse Alexandra Caroline-Ma-rie-Charlotte-Louisc-Julie, iiilo aînée de LL.AA.RR.le prince et la princesse Chrétien «le Danemark.Ce mariage indépendamment de l’in-;érôt spécial que lui donnent l'affection mutuelle des deux époux et l’origine commune des deux nations auxquelles ils appartiennent respectivement, offre beaucoup plus d’importance (pie toutes les solennités semblables racontées par notre histoire.Jusqu’ici, l’union d’un prince de Galles n’est arrivée qu’une fois en trois générations.La Grande-Bretagne a eu dix-huit princes de ce titre, et, chose étrange, notre prince de Galles d’aujourd’hui n’est que le sixième (pii se soit marié étant en jouissance du rang de premier sujet de la Couionne ; ii n’est que le cinquième dont l'union ait été célébrée en Angleterre.Ce fut en France, au château d’Am-boise sur Loire, que le fils d’IIenri VI épousa lady Anne Neville, fille du fumeux de rois, le comte de War- wick, le père du royal fiancé était alors prisonnier à la • Tour de Londies, et Edouard IV régnait à sa place.Entre l’union du prince Noir, qui fut célébrée aussi dans la chapelle royale du château de Windsor, et celle du prince Arthur, fils aîné d’1 Leu ri VIT, 140 ans se sont écoulés sans a ’ prince de Galles se soir marié ; bien plus, 235 années séparent le mariage du prince Arthur «le celui de Frédéric-Louis, lils de Georges IL En moyenne, nous avons donc eu un prince do Galles marié pour chaque centaine d’années.L'union du dernier prince de Galles eut lieu à Londres, dans la chapelle royale du palais de Saint-James ; mais ce mariage fut si malheureux sous tous lus rapports, que la population de la métropole s’est généreusement réconciliée à l'idée que celui du prince de Galies d’aujourd’hui ne tut pas célébré dans un édifice qui évoquait tant de souvenirs néfastes, et dans sa loyauté inépuisable, elle a applaudi au choix que la Reine a fait de la chapelle royale de Windsor.Ce choix est très heureux sous beaucoup d’autres rapports.C’est là que le troisième et le plus illustre des dix-huit princes, qui ont porté le titre de prince de Galles, fut marié, ii y a près de six siècles, à sa cousine, la comtesse de Kent.Comme l’heureux événement d’aujourd’hui, ce fut une union basée sur une mutuelle inclination ; les deux époux turent ardemment aimés de la nation, et cet amour accompagna la princesse jusqu’à la tombe, ou elle descendit longtemps après la mort de 1 illustre guerrier à l’armure noire et aux trois plumes de neige.Depuis la conquête, c'est la quatrième bis (pie les maisons royales d’Angleterre et de Danemark s’allient ; mais c’est h JrcnÜlcton ï>u «fiourritr bu €anoba.DU 0 AVRIL 1863.r_______i— NATALIE CHAPITRE IV L1C COMBAT.Sir John n'eut pas besoin d’une bien igné enquête pour savoir quels étaient i défauts les plus saillants de M.de uii’val, et quelles qualités par conscient il devait chercher à mettre en tnpaguc pour piano a Natalie.Cette Liiuc voix publique qui jadis exaltait .de Noir val comme un cavalier compli, le proclamait alors bote et ichant au premier chef, et un court jour qu’il fit aux Eaux-Bonnes sullit ur montrer à sir John qu’alors elle i se trompait point.Driller aux dopons d’un être pareil était pas chose diflicile.11 ne fallait sir John aucun effort pour montrer n esprit, qui de lui-même éclatait dans i moindres détails de sa conversation, i ces nobles sentiments qui lui étaient naturels qu ils semblaient être como la respiration do son àmo.Banni a pauvretés qui défrayent, aux Byré-îcb comme à Baris, la plupart des cn-otiens, Natalie distingua tout naturel-mont l’esprit délicat et l’instruction iriéo de sir John.Habituée û voir n époux bâiller, hausser les épaules i prendre son chapeau, dès que l’on iveuturait à parler raison ou dévoue- ¦ la première fois qu’un princo de Galles s’unit avec une princesse danoise ; cette circonstance est plus frappante encore, soit par le petit nombre de familles royales protestantes en dehors du cercle des princes allemands, soit à cause de l’origine presque commune et des sympathies protestantes des deux pays.Sauf une déplorable exception, les précédentes alliances matrimonialesentre lesdoux familles ont été très-heureuses.Si les bons souhaits de la nation anglaise, exprimés samedi dernier d'une façon si énergiquement enthousiaste non-seulement à Londres, mais encore d’un hunt de l’empire à l’autre, peuvent contribuer au bonheur futur (les augustes époux, certes l’avenir le plus brillant et Jus fortuné leur est réservé.Cet enthousiasme fi uouï, indexe» iphble, j digne* cependant et n ayant aucun caractère de basse flagornerie, je l’ai trouvé ce matin dans l’antique bourg de Windsor.Ses rues sales et étroites, ses maisons chétiv' et lézardées, qui contrastent d’une L.çonsi navrante avec le château de la délicieuse campagne environnante, sontfcachées sous les tentures, le feuillage, les fleurs et les bannières.Aujourd’hui, du moins, Swift ne pourrait pas répéter à 44 Stella que Windsor is a delirious *itua-I ** tion, /ntt, t he town is .scoundrel." Je no crois pas non plus que la ville royale fut jamais plus populeuse et pl us joyeusement agitée qu’aujourd’hui.C’est a peine si l’on peut s’y mouvoir, s’y frayer un passage pour monter au château, bâtiment grandiose, véritable sanctuaire domestique de Idas rois et de nos reines.Londres, 10 mars au soir.Quoique la cérémonie du mariage ne fût pas célébrée à Londres, tout Londres était en esprit, sinon en corps à Windsor.C’était jour de gala dans toute l’Angleterre ; il n’y avait pas nue âme qui ne lut à la cérémonie religieuse.Dès le matin, les deux petites villes qui précèdent Windsor, Slow et Elin, étaient en fête, toutes les maisons étaient ornées de tentures brillantes et de draperies, tous les habitants étaient sur pied, portant à la boutonnière les couleurs des royaux époux, blanc et rouge.I ne députation des élèves d’Hlin, la plus célèbre et la plus arLtocratique des écoles d’Angleterre avait envoyé* une députation en robe qui a été reçue dans l’enceinte du vieux château.Los cloches sonnaient à toutes volées, l’artillerie tonnait à intervalles réguliers.Samedi avait été la fête nationale, ou tout le monde, grands et petits, étaient appelés à jouer un rôle.Aujourd’hui, c’étaient les sommités de l’ordre social (pii avaient le privilège d’assister à l’accomplissement de l’auguste cérémonie, j Tous les membres de la famille royale, les membres du corps diplomatique, les grands dignitaires de la couronne, le I personnel de la maison royale, les gra-1 vus fonctionnaires de l’ordre politique et judiciaire, les illustrations ‘le l’armée de terre et de mer, de la magistrature, les représentants do cette vieille et antique aristocratie qui remonte au temps des invasions dernières, de la complète saxonne et normande, des croisades, étaient là.C’était un peuple de princes, de ducs, de hauts barons, de comtes, de vicomtes, tous ensevelis sous des montagnes de velours, de broderies dorées, le j cou et les épaules chargés de colliers ues ordres tie tous les souverains.A onze heures, le cortège a quitté le château pour se diriger vers la chapelle royale.Il se composait de vingt voitures suivies de détachements de la garde à pied et â cheval.Les salles d'attente et ment, Natalie ne pouvait (pie goûter beaucoup ce séduisant baronnet, qui racontait si bien, si plein d’enthousiasme, —dont les yeux se mouillaient de larmes involontaires et la voix devenait vibrante, s’il Ii ait quelque louchante histoire, —qui i semblait rien ignorer des vraies sources d'éiuotion, et applaudir du moins aux vertus dont il se reconnaissait incapable.En habilestratégistc, sir John eut bien vite reconnu (pie ses qualités étaient appréciées â leur juste valeur,—plus qu’à leur valeur même, du moins pour les qualités de son cœur ; car il était bien des choses dont Natalie, et d’autres aussi, faisait honneur à l'exquise sensibilité do sir John, aux généreux instincts de son âme, et qui se rapportaient tout simplement à l’ingénieuse souplesse de son esprit.On pouvait lui appliquer ce mot profond do M.do Montalembert à propos do la plupart des romantiques, qu’ils rêvent dans les églises où ils no savent plus prier.Sir John en était venu au point d’admirer avec sa seule imagination, et en artiste, ce qu’il avait jadis vénéré comme chrétien, ce qui, s’il eût été moins avant dans l’oubli de Dieu n'aurait dû lui causer que do poignants remords.—Natalie no savait point discerner ces nuances, et attribuait trop souvent aux sentiments de l’homme ce qui résultait seulement do la vive impressionnabilité du poète, du peintre ou de l'archéologue.Les lectures à haute voix furent un des moyens employés avec le plus de succès par sir John pour s’avancer dans l’amitié de Natalie.—Avec un art infini, les galeries (le la chapelle étaient gnr- ! A trois heures les nobles époux sont j “ rait-cllc mieux être confiée qu’au neveu du plus i I,î,r k*s organes «loi opposition en Prusse, nous nies ar un temps magnifique, R.mt d’un éclat pm.it .rendre un .lovely,.vment sérieux que mom.Lu dome de bainl-1 uni, inonde \ tualitc qu'il a cru devoir faire envisager comme • porte un bonnet de veuve en tulle noir, 1 de flots lumineux, fait tout pâlir autour ! prochaine.; une robe de soie noire, un col blanc, des ; de lui.il y a spectacle gratis à tous les Dn atiirme de plus en plus que l'emprunt i ta - [ manches blanches, des gants noirs.Cet- 1 théâtres, iourlu Pologne.Dans •«le entre tous les citoyens, sans «listinction «le classes, entre les religions et les communautés, se sacrifiant également I pour la eau>e commune, nous donnera une force et une unité qui reluiront nos forces , ., , .terribles pour l'ennemi et assureront l’inclé- mirait fait luire .les representations verbales a 1H.ndancc île notre pays.Aux armes ! ! ! Aux armes et l'Indépendance de notro la chapelle dans le meme ordre qu en \arsovie, signée parle comte Plater, le général rent ht conventual du menu* point de vueet«pi*on En vertu «le la proclamation ci-dessus, le venant.Les dociles vibraient à toutes Kmazeuitz, etc., à la date du 2Saoût 1831.Cette ! «luvrait s'attendre à «tes démarches analogues de ! trônerai Langiewicz s’ost proclamé dictateur volées les clairons sonnaient l’artillerie ,ollre ôtait portée par une députation secréte qui , la part des autres Etats «h* la Confederation, me- [}e j.t j»0i,Mr,‘7o tonnait, toutes les cours du'château re- “ roni IIUV U\U|I.V-.'.I|'WIV«II UV.-v- VUIIIUIb' ttciutavi U'III.-, ovü u/m v .v.- w.• • .• • tclltissaient d tin immense lionrrii, auquel mettre à la tête do la nation polonaise.On y Ht.vies journaux français, qui ne tende t pas préei- joint de Langiewicz., , répondait avec un égal enthousiasme ces mots : sèment à tranquilliser les esprits, sont répandues L administration civile acte confiée à toute la population de Windsor et d'Elin.I “ A qui la direction «le notre entreprise pour- 1 activement par la presse allemande et notamment Boniatowski.il débuta, devant Mme de Noirval et quatre ou cinq autres personnes, par des livres dont l'inattaquable orthodoxie et la parfaite pureté ne donnaient prise à aucun soupçon : Silvio Pellico, le Lépreux de la cité d'Aoste, VJilotjc du jenèral Drouot.—Sir John, qui goûtait tout cela en dilettante littéraire, quelque étranger qu’il fût personnellement au sentiment chrétien, lisait avec une vive émotion, une vérité, une éloquence, un entrainement, qui arrachaient des larmes à tous les yeux.Et lorsqu'à la suite de ces lectures, quelque controverse s'élevait, il avait soin, tout en se montrant à Natalie comme un homme à convertir, de paraître touché de ses raisons, et rapproché de plus en plus par le cœur de cette foi dont son imagination n'avait jamais renié le côté poétique.Le charme do ces lectures,—la douceur de trouver enfin ce dont elle était sevrée depuis dix ans, uno intelligence et un cœur avec qui échanger des idées et des sentiments,—quelque bons conseils que sir John lui donnait, en passant, sur l'éducation do ses enfants,—la persuasion où elle était qu’elle lui faisait du bien et l'amènerait peu à peu à une vérité pour laquelle il avait de si heureuses dispositions,—tout cela rendit la société de sir John extrêmement agréable à Natalie.Elle s'habituait à le voir tous les jours quelquefois seule.Car les promenades en voiture et les ascensions équestres faisaient bien souvent le vide dans l’hôtel vers le milieu du jour ; les souffrances de M1110 de Noirval ne lui pcruiot- | taient pas de prendre sa part de ces di-1 vertissements.Et c'était alors que sir John, également retenu chez lui par sa santé délicate, venait au salon faire ses lectures, et paraissait fort étonné lorsque Natalie s'y trouvait seule.11 s'établit par suite de ces lectures et de ces causeries, entre sir John et Natalie, une intimité que celle-ci, âme naïve s'il en fut, acceptait en touto simplicité comme une consolation «pie le bon Dieu lui envoyait ; tandis que, pour sir John, c’était chaque jour un pas de plus vers l’attaque décisive qu’il méditait contre la pauvre femme.Un jou: il fut malade,—ou plutôt il feignit do l’être, afin de constater les progrès qu'il avait faits dans le cœur de Natalie.Le malheureux jugeait cette vraie chrétienne d’après ce qu'il avait vu des femmes du monde.Aussi sa tactique, habile peut-être, s'il eût eu affaire à celles-ci, Appliqué à Natalie, fut pour sir John le point du départ de sa défaite.—Natalie ouvrit les yeux et vit l’abitne vers lequel elle avait marché jusqtn -Ià d’un pas si confiant.Vraie ou simulée, l’indisposition de sir John dura cinq jours.Triste et inquiète dès le premier jour, Natalie, le lendemain, sentit qu’il lui manquait ce qui, depuis un mois, était devenu le grand intérêt de sa vie.Le troisième jour, en récapitulant les sentiments qu’elle éprouvait pour sir John, et qu'elle avait crus calmes, raisonnables, presque chrétiens, puisqu'elle se berçait de l’espoir de ramener à la vérité cette âme d'élite, Natalie s’aperçut de l'illusion qu’elle s’était faite.A l’agitation qui la travaillait, pou-vait-011 reconnaître lu sérénité d’une affection complètement honnête ?Comment avait-elle pu s’aveugler jusque-là sur le danger qu'il y avait à recevoir si fréquemment, seule souvent, un jeune homme doué de qualités si séduisantes, de celles jirécisément qui manquaient à M.de Noirval ( En s’interrogeant avec bonne foi, elle reconnut qu'a cet aveu désolé des cruels défauts de son mari, a (pioi elle avait su borner sa vengeance jusque-là, avaient succédé, depuis quelques semaines, un mépris profond, une aversion violente qu’elle ne s'était jamais connus, et qui, tout justifiés qu ils pussent être au yeux du momie, étonnaient le cœur du chrétien de Natalie, et alarmaient sa conscience.Natalie sentait bieu dans quelle tendre et ardente estime pour sir John ce mépris et cette aversion avaient la source principale.T # Le premier sentiment do Natalie, en reconnaissant au fond de son cœur ces terribles hôtes, fut un élan de reconnaissance pour la bonté divine qui la prévenait à son temps.—Buis, dans ce coin de i’àtne ou les plus vertueuses conservent un reste do sympathie pour les attraits du mal, elle se prit à regretter cette douce intimité, co commerce d'un esprit distingué, ces causeries et ces lectures où les échos les plus délicats de l’âme s’éveillaient si délicieusement, toutes ces choses qui répondaient si bien à son organisation, pauvre femme! et qui n’auraient eu que des jouissances permises sans le poison perfide dont elle corn tuonçait à goûter les funestes savours.Mais ces regrets pour des joies qui aboutissaient au mal durèrent peu chez un cœur si complètement épris du bien ; —ou du moins, chaque fois qu’ils se montrèrent, ils furent rejTOtissés |>ar une volonté résolue de tout faire pour s’arracher à un j)éril qui devenait coupable, maintenant qu’elle en avait pleine conscience.Avant tout elle se confessa.Les chrétiens 11e connaissent point d’autre remède aux maladies de l’âme.Mais, toujours indulgente, et ne croyant au mal chez les autres qu’à la dernière extrémité, elle excusa sir John, ou plutôt n’eut pas besoin de l’excuser, pensant qu'il ignorait le poison qu'il lui avait versé.Le confesseur conseilla de rompre, mais avec prudence et progressivement «le peur d’éveiller, chez le jeuue élégant, par une brusque rupture, des sentiments qu’il pouvait à toute force avoir inspirés sans les éprouver lui-même .Le soir du jour où Natalie s’était confessée, sir John fit sa rentrée dans le salon où elle se trouvait avec quelques autres personnes.Il était pâle, et les traces de la maladie ajoutaient une grâce de plus à son visage toujours si intéressant.Mme de Noirval l'accueillit avec une certaine émotion.Sir John se montra plus tendre encore que de coutume, et l'embarras visible de Natalie, comparé nu calme avec lequel elle avait jusque-là reçu ses assiduités, fut interprété tout de travers par notre pauvre baronnet.11 crut que le temps était venu de brusquer le déuoùinent.(«I continuer.) 26 I.K rorRRlKK LMJ CANADA.Cracovie, 12 mars.On mande do Lithuadie: ‘* I n rapport adressé par treize popes a 1 archimandrite do Vilna, Liemiaski, dénonce les dispositions des paysans de leurs paroisses comme favorables à l’insurrection dans les palatinat6 de Vilna et de Grodno.Ces populations, contraintes par l’empereur Nicolas à embrasser le schisme, attendent du gouvernement national t)olonais la liberté de revenir au culte de eurs pères, c’est-à-dire à l'église catholique.Des massacres ont eu lieu à Dzierno-wico, district de Biala.Les églises ont été profanées et pillées." Cracovie, 13 mars.“Un décret de Langiewicz, du qnar- Que sera-ce donc si, au lieu de cette gnors cela.Ils ont lutté.Le défunt.clarté, de cette précision et de cette concordance, l’on n'y rencontre qu'obscuri-tés, qu'incohérences, qu’invrai6Ctnblan- j était le plus âgé et, je crois, le plus fort des deux.” Grand Dieu ! et c’est sur le témoigna- ces, qu’impossibilités et que contradic- ge d'un pareil homme que deux infortu- tions ?C'est cependant ce que l'on rencontre nés ont été condamnés à périr sur l'échafaud ! à chaque ligne, pour ainsi dire, de cet j Mais ce témoignage même est-il sé- incroyable témoignage, que l'on ose donner comme sérieux et qui forme la hase de tout le procès ; c’est aussi ce quo l'on rencontre dans les autres témoignages, qui n'ont d'ailleurs de valeur que par celui-ci, notamment dans celui de Mary Ann Macrae : et voilà pourquoi rieux Vit-on jamais entassées plus d'invraisemblances, d’impossibilités et de contradictions i Alexander Munro a vu le prisonnier se retourner avec le fusil.“ Je n'ai pas vu, ajoute-t-il immédiatement, que le défunt ait d'abord essayé de s’en empa- c _ nous voulons poursuivre cet examen afin ! rer.Le prisonnier ne 'portaitpas le fn- ticr-général de Sosnowice, a la date du J je montrer au lecteur que ce n'est pas j sil à l'épaule.J une l'ai pas vu essayer 12, institue un gouvernement ci\i corn , sans motif maîs nar amolir de la.justice j de tirer la détente.Le défunt a saisi .posé de quatre directeurs, pour la guerre, , , , , -, , „ [’intérieur, l'extérieur et les finances, et trum*%nt ae 'a jorcc, le supplicie un* .1 .victim*' ” * des héros imaginaires.k* J’ai vouiu simple- Et voilà comment les inlversai.es .lu me,lt co,n,,,c 11 le ,lil lui-m,î",c’ c'0,,siyllc‘r jour confondent la victime avec le criminel : j 'luu|,ll,es «I»«*!«•" •*" bo" v'e,ix «e»'!**.quelques souvenirs d'une jeunesse, liélis ! bien éloignée : voilà toute mon ambition." Pour demeurer fidèle à ce plan qu'il s'ôtait tracé d'avance, M.de Guspé a dépouillé avec autant de patience que d'intelligence et lomL‘s ,le S!l^a,:it*’ (lc's al“-‘‘" savons-nous que Dieu a donné aux hommes i féré son pavillon à boni «lu Your demander au pape, au nom duezar, de condamner l'insurrection polonaise.Le saint-père refuse.De son côté, le gouvernement provisoire noms ont aille et un gn (G de la Pologne va envoyer, lui aussi, un re- I législateurs en gaîté.—Les législateurs présentant à Rome, chargé «le faire savoir I du Wisconsin ont l’esprit bien fait, et prati-a Sa Sainteté que la nation polonaise se lève quent la morale du cathéchisme poissard, ou en masse pour rejiousser l’invasion mosco- la manière Je,.s'amuser en société sans se vite et pour la prier «le bénir ses armes, \ Jucher.Il y a quelques jours, un des liono-comme jadis Sobieski le demandait à Clé- râbles membres do cette assemblée, M.Hilde- braud, proposa de donner ordre au serpent tVarmes de “ fuire sortir tous les voleurs qui pouvaient se trouver dans la salle.” M.Lap ham se leva et dit : li M.le speaker, je désirerais savoir si, dans ce cas, nous resterions assez pour former un quorum.” L’assemblée rit à gorge déployée, et le speaker s’empressa de répliquer : “ Monsieur, il m’est impossible de vous le dire.” —Un grand incendie a dévoré pour un mi J.lion de propriétés du Sud à Richmond.On lit dans le Daily Teleyraph du 10 mars ; “ Parmi les nobles et distingués personnages qui ont assisté au dernier lever, on parle d’un individu, présenté par un noble duc, «jui, en juillet 1853, a été jugé comme parjure ù Chelmsford, reconu ù coupable et condamué à sept ans de transportation, et qui ultérieurement fut autorisé à être rendu à la liberté avec un ticket of leave.Il n’y a pas d’exemple plus frappant à donner de la nécessité d’employer de plus grandes précautions dans le choix des personnes admises à être présentées à la cour de Saint James.u —Un«' dépêche télégraphique de Reuter, pu biffe .üjourd’hui mardi dans les journaux auglais, au nonce que u Son Altesse Royale le Prince Alfred est maintenant ou pleine convalescence.On lui a permis «le sortir librement en voiture et de prendre ses repas comme autrefois.La maladie a compté teinent disparu ||7 ' «MU 111 *1 11» G * I 0, Memphis tombaient au pou- j signers ont demandé à un navire «le gucr-mx; il ne restait plus aux con- i ^ l»ntamuque, le Fhaeton, une j.ndeetbm fédérés sur le grand fleuve «jue la place presque ignorée de Vicksburg.Us n’avaient plus un pouce «le terrain dans le Kentucky, et la retraite d'Albert Johnston à Coriutli avait amené l’évacuation de Nashville et as moins de §1.*» la j»ièce.Les noirs s'achètent «le *1 Ji00 à **J,000.lux C'orrcspouilanfM.“ I/amour du prochain " est forcément remis à mercredi.NOUVELLES D’EUROPE.Le steamer Hum*«/, jiarti «le Southa le 18 mars, est entré le soir du 31 mars, dans h* port de New-York, aj»]>ortant quatre jours ment V' et à innocent XI.(Par le Washington.) New-York, 1er avril 1803.Le stainer City oj Washington, parti «le Liverpool le 18 et de Queenstown le 19 mars, est entré dans ce j>ort hier au soir.L'einju'unt des Confédi’rés a otiî formellement introduit sur le marché et a très bien réussi.Il est à raison «le 5 pour cent de prime.Le steamer «/«mi, «le Portland était de retour à Liverpool.Liverpool, jo.—marché «les céréales est lourd, mais ferme.Provisions en baisse.Londres, 19.—Consolidés fermés «le ü*2 i à 92j.Sucre ferme.Thé variant «le prix.n important engagement a eu lieu le 1(3 à Loinleck en Pologne.Les Russes ont été contraints à la retraite, et la ville a été incendiée.Les insurgés étaient au nombre de 300.Les Russes ont reçu des renforts plus tard.Le Sultan est sur le point «le visiter l’Egypte.Le prince Constantin Czartoriski, en roule pour Stockholm, a reçu la plus brillante réception dans toutes les villes suédoises qu’il a traversées.Les malles de la Chine et des Iiules sont arrivées à Suez le 1 7.Shanoai, 8 février.—Les affaires sont peu actives.Les nouvelles «le l'intérieur sont satisfaisantes.La ville rebelle «le Changhoo s’est rendue aux troupes impériales.Les nouvelles «lu Japon annoncent la Bureau des Travaux Publics.—T.Trudeau.Grand Concert au profit dos Ouvrit* s Français.— Célestin Lavigueur.Pouvoir d’eau à louer sur le Canal Rideau.Trudeau.T.COMMERCE.LISTE DE FUNDS ET D’ACTIONS.chassés «lu Kentucky, et combien do fois y sont- fin—symtôme significatif—l'administration ils revenus?des postes de Varsovie a annoncé «jue les On ne saurait nier que la confédération du trains express entre cette ville et Vienne Sud no touche à une grande crise à ce moment, cessaient de circuler.crise qui provient surtout de l'insuffisance de Le journal la Fnnice garantit l’exactitude ses ressources matérielles et du peu «le cousis- «les renseignements suivants qui lui parvien-tauce des résultats obtenus relativement à ce nent sur la situation dijdomatique jwiso jiar que lo cabinet de Richmond avait pu un nio- l’Angleterre dans les allaires de la Polo-ment espérer.Il est clair aussi «jue l’indif- true : fércnce déclarée de l’Europe, impassible de- “ Lord John Russell a adressé, il y a vaut une lutte inégale, a dû découcerter beau- quel «pies jours, aux puissances signataires coup de sécessionnistes.Devant ces «lisposi- ,Ju traité de Vienne, une dépêche dans bilious de l’ancien monde, il n'y aurait rien de quelle le secrétaire «l'Etat de la reine, consi-trop étonnant à ce que le gouvernement con- déraut l'état actuel des c.hoses en Pologne, fédéré désertât Richmond, cotte capitale qu il provoque «lo la part de ces puissances une n’a gardée dans le teni|>s que pour prévenir intervention diplomatique pour obtenir «le l’effet moral qui aurait été le résultat de sa ht Russie l'exécution pleine et entière «le chute en Europe.Aujourd’hui que cette l'article 1er de l'acte final «lu 9 juin 1815.considération n’existe plus, il se peut «jue M.“ Cette «léj»êche a été adressée à la Fran-Joffurson Davis renonce à défendre Richmond ce, à la Prusse, à l'Autriche, à l'Espagne, à et li»s bords du James, où non seulement lits la Suè«le, au Portugal, puissances qui étaient soldats mais encore les habitants ont toutes les toutes représentées au congrès «le Vienne, peines du monde à trouver les subsistances | u La 1*'rance ne peut voir dans cette ini- nécessaires à la vie.Cependant il est prudent «le douter jusqu’au dernier moment et de ne pas escompter à l’avance comme un succès une démarche qui ne sera peut-être pas effectuée.Il est également sage de ne pas faire troj) tiative «lu cabinet anglais «ju'un écho de ses j»ro|»res vues.u La Suède* et le Portugal ont déjà répondu par une acceptation aux communications «le lord John Russidl.“ L'Autriche s'est montrée disposée à de fond sur le passage de Port Hudson par l’iiccuillir.La Prusse et l'Espagne n'ont l’amiral Farragut.Cet événement, suivant le | jms encore réjumdu.” La (iiizctte t/c Cologne donne «les renseignements semblables à ceux «le la Fram e, et la Fatric, «le Paris, dit qu'elle a des raisons «h* i croire ces renseignements j>arlâitem«*nt ex- ! Tinas, sépare en deux la confédération «lu Sud et coupe les communications entre le département cis-mississippien et le trans-missis-sippicn.Sans doute ces communications seront considérablement gênées, sans doute l'approvisionnement de Vicksburg et «le Port Hudson va d» v* nir extrêmement difficile, sinon impossible : nous avons fait cette remarque des premiers.Mais il ne faut pas oublier «ju’il y a un un le Mississippi était ouvert do sa source à son «unbouchure, et que toutes les places FAIT* Dit FUS.—Vendredi, vers midi, un incendie a éclaté dans la boutique de M.Routier, boulanger, à l’encoignure des rues Artillerie et Lâchevrotière, dans le faubourg Saint-Louis.La boutique étant en bois, a été en |»cu d’instants réduite en cendres, mais les voltigeurs et les hommes du corps de police ont réussi à empêcher le feu de «e propager aux maisons voisines.— Vendredi soir un antre incendie s’est déclaré dans la maison occupée par M.Dérocher, rue St.George, pros de 1*Université Laval.Les pompiers arrivés promptement sur les lieux parvinrent à le maîtriser, après deux heures d'efforts énergiques.Los dégâts sont assez considérables, et sont en partie couverts par l'assurance.nécrologie.—Nous avons appris avec peine la mort île l'honorable Hollis Smith, Conseiller Législatif pour notre Division Electorale de Wellington.M.Smith est mort à sa résidence, à Sherbrooke, dimanche, le 29 mars des suites d'une attaque il'apojdexie.M.Smith était américain de naissance mais habitait le ]L(is-Cana«la depuis son bas âge.Il était estimé de tous ceux qui le connaissaient par ses manières affables dans la vie privée comme dans ses nombreuses relations publiques.Tl avait assisté à la présente session «lu parlement et n'etait «le retour «le Québec «pie depuis «juehjues jours lorsqu'il tomba malade.M.Smith fut élu Conseiller Législatif lors «les premières élections pour le Conseil, en 1850, pour la division Wellington «jui comprend les comtés Stanstead, Comptou, Richmond, Wolfe et partie «le Drummond ainsi quo la ville «le Sherbrooke.La mort «le M.Smith va nécessiter une élection j>our le remplacer au Conseil.—(Défricheur.) Dimanche de la semaine dernière, fo- uets.riveraines, sauf Vicksburg, s'inclinaient devant le pavillon fédéral ; l’Arkansas of lo Texas en «pie le gouvernement «Te l’empereur a fait ont-ils moins cotmnuuhiué avec Richmond ?I et e glisc Episcopale do Sheflbrd Ouest a été ’’lin France, la commission «lu s«5imt a fait c-onsidôrnbleinont endommagée par le leu.«on rapport sur les pétitions adressées à ce : 1-l> Kévérend Messiro Boucher, curé catlio-corps en faveur de la l’oloi'nc.Le rapport lique tltt lieu, informé
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