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Titre :
Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens
Publié à Québec, ce journal d'information d'allégeance catholique et ultramontaine appuie les partis politiques conservateurs. [...]

Le Courrier du Canada est lancé à Québec le 2 février 1857 par Hector Langevin et Joseph-Charles Taché. La fondation du quotidien précurseur de la presse d'information catholique au Canada est subventionnée par l'archevêché de Québec. Le journal reçoit rapidement l'assentiment d'une grande partie du clergé de Québec dont la faveur était passée du Canadien au Journal de Québec.

Journal d'information locale, nationale et internationale, Le Courrier du Canada accorde une plus grande importance aux questions canadiennes, particulièrement à la défense du catholicisme et à l'épanouissement de la langue française en Amérique. La publication relaie les nouvelles de l'église romaine et appuie la papauté face à la montée de la question de l'unité italienne.

Le Courrier du Canada rejette la publicité pour des divertissements impies en échange de l'exclusivité des nouvelles émanant de l'évêché de Québec. Il milite pour le maintien des valeurs catholiques traditionnelles et le provincialisme, tandis qu'il s'oppose à la démocratie, au socialisme et à l'athéisme.

Hector Langevin quitte la rédaction du journal après seulement quelques mois pour se consacrer à la vie politique. Joseph-Charles Taché en devient alors le principal rédacteur. Conservateur opposé aux libéraux radicaux, il publie sous forme d'articles, du 7 juillet au 23 octobre 1857, un plaidoyer remarqué en faveur d'une confédération canadienne. Il quitte son poste en 1859 pour se consacrer à une carrière de fonctionnaire et d'auteur.

Auguste-Eugène Aubry, juriste français venu enseigner le droit romain à la nouvelle Université Laval, prend la relève à l'automne de 1859. Critiqué pour sa hargne à l'égard des anglophones et de la classe politique en général, il quittera ses fonctions au journal en 1863 et, après avoir repris l'enseignement, retournera en France en 1865, victime par association de la crise gaumiste, lutte opposant les fondamentalistes chrétiens aux partisans « libéraux » de l'enseignement des auteurs classiques.

Eugène Renault, qui écrivait déjà au journal, prend la relève de la rédaction de 1863 à 1873. Au nombre des collaborateurs présents durant ces années, on compte le musicologue Ernest Gagnon et Adolphe-Basile Routhier, homme de loi et auteur, notamment de l'Ô Canada. Guillaume Amyot (1873 à 1875) et Roch-Pamphile Vallée (1875-1880), tous deux politiciens conservateurs, se succèdent ensuite à la rédaction du journal. Homme aux mille talents et intérêts, Narcisse-Eutrope Dionne leur succède de 1880 à 1884 alors que le politicien conservateur Thomas Chapais tient la barre de 1884 à 1901.

Bien que basé à Québec, le journal est distribué dans toutes les régions du centre et de l'est du Québec et même au-delà, où il trouve des collaborateurs et des lecteurs en premier lieu parmi le clergé.

Le Courrier du Canada déclare des tirages de 1900 exemplaires en 1869 et 1500 exemplaires en 1898. Le journal s'éteint en 1901 faute de s'être adapté aux tendances émergentes en matière d'illustrations et de nouvelles à sensation.

BARNARD, Julienne, Mémoire Chapais, t. 2, 1961, Montréal, Fides, p.149-153.

« 25e anniversaire », Le Courrier du Canada, 1er février 1882, p. 1-6.

LAVOIE, Elzéar, « Les crises au Courrier du Canada : affaires et rédaction », dans Nive Voisine (dir.) Les ultramontains canadiens-français, 1985, Montréal, Boréal Express, p.143-159.

LAVOIE, Elzéar, « La clientèle du Courrier du Canada », Culture, vol. 30, no 4, déc. 1969, p. 299-309; vol. 31, no 1, mars 1970, p. 40-57.

SYLVAIN, Philippe, « Les débuts du Courrier du Canada et les progrès de l'ultramontanisme canadien-français », Les Cahiers des Dix, no 32, 1967, p. 255-278.

SYLVAIN, Philippe, « Auguste-Eugène Aubry [1819-1899] », Les Cahiers des Dix, no 35, 1970, p. 191-225.

Éditeur :
  • Québec,1857-1901
Contenu spécifique :
lundi 2 février 1863
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
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Références

Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 1863-02-02, Collections de BAnQ.

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7ème année.QUEBEC, LUNDI 2 FEVRIER 1863.N uméro JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.Héificteur ; — A.W.AUBRY ''MH^iir-PronrlétfiIre:—LEGER RROÜ88EA ( TB «TROTS J'ESPERE ET J Noua trouvons, dit le Monde, dans la | scr les rebelles d’une petite ville appelée (Vous savez que c’est sur les instances réité- 1 irnière livrainon des Etudes religieu-ees, Nô-Kio.Nô-Kio est située à six lieues au 1 rues des chefs qu’il a consenti a suivre l’ex- sud de Chang-Haï, dans un pays où nous pédition.Le motif qui l’a déterminé, c’est avions naguère nos chrétientés les plus que, connaissant la langue et le pays, il riches et les plus florissantes, hélas ! aujour- pourrait, au besoin, fournir à tous indistinc-d’hui presque entièrement détruites par le ment les secours de la religion.Aussi a-t-pillage, les massacres et la captivité! il eu le bonheur de baptiser un grand nom- Le 17 mai, vers cinq heures du soir, far-1 bre de païens à l’article de la mort.Euro-tuée expéditionnaire arrivait devant Né-Ivio.péens, impériaux ou rebelles, ce sont tou’ I Les taïpings avaient fait de la ville un camp jours des frères à sauver pour le cœur d’un retranché.Au nombre de sept à huit mille, missionnaire.Dieu seul sait tout le bien doni _ revue que publient à Paris des Pères de la Compagnie de Jésus, une lettre sur tu mort de Vamiral Protêt, nui offre trop d'intérêt aux lecteurs catiioliques pour que nous puissions nous dispenser de la reproduire.Nous la ferons précéder de l’extrait suivant qu’on a bion voulu nous communiquer, d’une lettre adressée par le U.P.Lemaître au T.R.P.Iieckx, général de la Compagnie de Jésus.Voici cet extrait : Chang-IIal, 18 août 1802.L’empereur do Chine a ordonné pour l’amiral Protêt les grands honneurs dus aux généraux qui meurent à la tête de leur armée.Je craignais «les superstitions ; notre brave consul a dit aux mandarins de s’entendre avec moi pour l’exécution des ordres de Sa Majesté.Nous avons tout réglé sans difficulté avec notre ami Tao taï.Une messe solennelle de Requiem a été célébrée le 7 de ce mois; l’église était tendue en noir, et un morceaux , funèbres alternant avec la musique de la marine française.On voit bien que nos alliés tiennent à donner une preuve éclatante de la part qu’ils prennent au deuil commun.Us ont la plusieurs compagnies représentant leurs divers corps u Conrritr î>u îanaîia.DU 2 FÉVRIER 1863.j église ne pouvait contenir que les personnes 1 mes parlent de prières.Pour ce pauvre pays | qui composaient le cortège.A gauche se j de Chine il semble «pie jamais empire si : placèrent les mandarins et tous les fonction- \ vaste ne fut menacé d’une désorganisation naires civils ; à droite, les autorités militai- ! plus complète.3Iaîtrcsse de Nankin, Pin; res ; dans la nef, les troupes rangées sur plu- j surrection étend impunément ses ravages sieurs lignes derrière le catafalque, qu’on 1 sur les deux rives du grand fleuve Yatig-! avait adressé à l’entrée du chœur.Mon- Tse-Kiang.Les provinces les plus riches •seigneur entouré du clergé, officia pontiff- et les plus populeuses sont aujourd’hui à sa calcinent.Le Dies irœ, si grave et si pieux, discrétion.On estime que le Kiang-Nang- entrain terrible, et les colonnes se précipité- Toutes les autorités militaires et les trou-rent dans la place.Tout rebelle pris les i pes s’y trouvaient réunis.Sur les places armes à la main fut passé au til de l’épée, et les rues voisines se pressait une foule im-On ensevelit de deux à trois mille cadavres i mouse, attirée par la sympathie autant que fut chanté, partie par un chœur nombreux, sous les décombres des maisons, qui devin- par la curiosité.Voulant prévenir le dé- partie par un dé nos jeunes séminaristes, avec accompagnement du petit orgue en i bambou.Puis la 3Iusique militaire exécuta ; des airs funèbres.rent la proie des flammes.Telle était l’ex- «ordre, la police avait interdit la circulation aspération du soldat, que le Rev.K.Le-J dans les rues que nous devions suivre.Pour maître, revenu depuis quelques heures de 1 la population de Chang-Hai, quel spectacle Chang-Haï, eut besoin de toute son influe»- j imposant et nouveau que le long défilé de ce pour sauver la vie à une trentaine de notre procession ! prisonniers rebelles, qui l’avaient recon- Les Anglais ouvrent la marche.Pendant nu et entouré en implorant sa protection.le parcours, leur musique exécute des La messe terminée, M.l’aumônier de la seul, par suite de la guerre civile et des maux qu’elle entraîne, a perdu, dans ces dernières années, plus do cinq millions d’habitants, c'est-à-dire plus du dixième de sa population.Tout ce qu’on avait dit des excès commis i Borderie, attaché au service de l’hôpita!, par les rebelles nous paraît aujourd'hui au-prit la parole.Devant un auditoire atten-: dessous de la réalité.Un cercle de fer et de I tif et recueilli, il esquissa à grands traits la | feu nous entoure.Des milliers de malheu- reux, fuyant la mort, accourent ici chercher asile et protection.Les routes en sont tellement couvertes sur le canal jusqu’au Wam-Pou, qu’on n’y peut plus passer qu’aux grandes marées.U n’y a pas moins de trois millions d’âmes dans fa ville et la banlieue de Chang-Hai.Si admirable qu’elle soit, la générosité des autorités européennes et des habitants ne saurait subvenir à tous les besoins.La famine, jointe à rabattement moral, à des chaleurs excessives et à l’odeur pestilentielle des cadavres charriés par les eaux , nous a amené un nouveau fléau, le choléra.La mortalité est effrayante.11 faut vous dire mon Révérend Père, qu'au milieu de tant de maux irrémédiables, Dieu sait faire éclater les desseins de sa miséricorde sur ces pauvres chinois.Nous en voyons tous les jours qui, pour avoir perdu toute espérance sur la terre, peuvent plus facilement et plus vite aller au ciel.Que de malades dans nos hôpitaux, que de moribonds dans les campagnes et sur les routes, ont trouvé, sans le chercher, le véritable bonheur dans l’eau sainte du baptême ! Il arrive souvent à nos frères scolastiques, dans leurs promenades aux environs de Zi-Ka-Wei, de baptiser chacun quinze, vingt, trente personnes à l’article de la mort.L’un d’eux, assisté de quelques chrétiens chinois, a même été assez heureux dans une seule matinée pour administrer le baptême à plus de cent païens.Qui pourrait dire, mon Révérend Père, la joie de ces bons chasseurs d'âmes lorsque, le soir, en récréation, oubliant leurs fatigues, ils se racontent les uns aux autres leurs exploits de la journée ?Avec de telles consolations, n’est-il pas permi à des cœurs d’apôtres de peu regretter le coin de terre d’Europe qui les a vus naître, ce coin de terre fut-il même en France ?Nous ignorons l'avenir que Dieu nous prépare.U lui a plu de nous renvoyer, depuis quelques mois, de terribles épreuves : nos Pères missionnaires, forcés par l’insurrection de quitter leurs districts et de se replier sur Chang-Hai ; plus de cent églises ou chapelles pillées et incendiées : nos orphelinats abandonnés ; nos chrétiens dispersés et ruinés ; nos œuvres de vingt années presque aunéanties ; six de nos missionnaires succombant sous le poids de la fatigue ou sous les coups des rebelles ; parmi ceux qui survivent, les uns malades, les autres suffisant à peine ici à tous les besoins du ministère! Ne semble-t-il pas, mon Révérend Père, que si l’abondance de la grâce répond au sentiment de nos pertes et de nos impuissance, nous avons lieu d’espérer pour un prochain avenir une riche moisson dans notre chère province de Kian^-Na:i ?° Un autre motif de notre confiance, ce sont les milliers de païens baptisés dans ces derniers-jours : ils prient maintenant dans le ciel pour la conversion de leurs compatriotes.Le pays qui a fourni tant d’élus depuis deux siècles doit nécessairement, tôt ou tard, ouvrir les yeux à la lumière do P Evangile, 3Iais ce n’est ni par les armes, ni par la politique, ni par aucune force humaine, que viendra définitivement le salut.Que les puissances chrétiennes avec tous les moyens dont elles disposent, cherchent à rétablir la paix et à faire tomber des barrières rendues infranchissables par les préjugés séculaires : voilà assurément un beau ; rôle, qui mérite les sympathies de tous !es cî .• s# C’était le rôle que voulait jouer ici notre brave amiral Protêt, en même temps qu’il protégeait les intérêts eu-i péens.On dit que sa généreuse initiative i et sa mort ont déc dé la France et l’Angleterre à intervenir dans la guerre civile ; que des renforts sont déjà embarques pour la Chine ; qu’on assiégera Nankin, princi-pàl boulevard de l’insurrection.Nous ne pou-j vous qu'applaudir à cos expéditions civili-; satrices de la France.Qui dira jamais tout | ce que nous devons à notre patrie, à sa marine, à son armée, spécialement à la bien-veil lance de 31.le général de Moutauban ' et de son chef d’état-major ; l’excellent co! Ipnel Schmilz ?3Iais, après tout, nous no AVANT, PENDANT ET APRES.(Voir le* numéro* de* 28 et 3é janvier.) I.AVANT.Ma première tentation vintd’nm de mes ousins, César Dufon, enfant charmant n’en juger que par les apparences, mais ?rôfbndôtnént corrompu et hypocrite lOUBOtlltllé.L’aimée que j?ous quinze ans, ses^ pa-ente étant malades, les miens le firent ’cuir à Saint-Vigor, pendant les vacan-es.Ce garçon eutreprit do me rendre sein-fiable à lui.D’abord, il tue fit horreur.Tout ce [tie je respectais, il le méprisait.11 l’appelait jamais les prêtres autrement [uc les calotin*.Quelquefois je lui parais avec entraînement du plaisir que jo goûtais dans la compagnie de mes chers Barents ; je lui disais combien nous liaient douces, à mes sœurs et à moi, ces dngiies promenades du jeudi et du di-minche, entremêlées do causeries sérieu-o et gaies à la fois avec notre j pore ou lotro mère.Çj&sar alors prenait un air uonsieur ; il haussait les épaules.44 Tu 4 n’es qu’un enfant, me disait-il.Tu 4 n’oserais jatpais quitter d’une ligne les 4 jupons de là maman !” Puis, il me vantait le collège, non pasVbitetitoDtendiii les charmes du travail, mais l’agrément qu’il y avait à no rien faire, à tromper la surveillance des maîtres à chiper dans la crédence les pommes et le raisiné, à faire toute sorte de tours au\pions et aux professeurs, surtout à sortir seul.—Comment, soul î • —Oui.On a un correspondant.Le correspondant, cela l’ennuie do promener toute une journée un gamin de quinze ans.On fait avec lui le bon apôtre.11 vous laisse donc la bride sur lq cou, depuis dix heures du matin jusqu’à six heures du soir.Nous sommes plusieurs lotis de la sorte, et jo t’assure que nous passous ainsi de fameux jeudis.Je sentais, à ces récits, un désir ôflréné d’indépendance naître en moi.Ingrat à tous les bienfaits do la Providence, oublieux dos fatigues do tout goure que mes parents embrassaient avec joie pour me mieux élever, do la vie douce que je menais à Saint-Vigor, j’en vins à désirer, comme le nec plus ultra du bonheur, d’êtro caserne dans un collège.^ % Pourtant, à mesure que ces idées-là prenaient possession do mon aine attisées sans cesse par mon méchant cousin, je sontis, pour la première fois, l’aiguillon du remords.Dieu permit que je visse tout de suite bien loin dans l’avenir.—C’est tonte mon existence que je joue, me dis-je, si je cède à ces odieuses suggestions.C’est peut-être mon salut.Je suis ici dans le port.Qeul besoin ai-je d’affronter les tempêtes ?” Je répétai ces bonnes ponsées.La pas- sion de la liberté, le désir de voir de près tout ce mal que César me peignait sons de 6i vives couleurs, cela me mena non point seulement à l’ingratitude, mais à l’hypocrisio.La fin des vacances approchait.Mon père était malade.La santé de ma mère semblait aussi un peu altérée.—Mes chers parents, leur dis-je, lais-scz-iiioi aller à ce collège de Paris, avec César.Je ne suis plus un enfant j’ai quinze ans.Ma foi est solide, et no saurait ressentir aucune atteinte du contact d’autres jeunes gens moins heureux.Que j’aille à quinze ans finir mes classes, on, à dix-huit, commencer nïon droit, c'est bien la même chose.Grâce - à Dieu, je ne craius rien des mauvais exemple.Tôt ou tard, il faudra que je voie le mal.Laissez-moi partir, et prenez ainsi un pou de ce repos dont vous avez si grand bcèoiu.” L’hypocrisie est un vice si rare chez les enfants, tout mensonge avait été jusque-là si loin de mes lèvres, jusqu’à l'arrivée de César, mes principes, en effet, avaient semblé si fortement enracinés en moi, que mon péro y fut pris et me laissa partir.Ai-je besoin de vous dire qu’en montant ainsi pour la première fois de ma vie, en mentant à mes parents, qui étaient la droiture même, en invoquant d’une voix sacrilèges des convictions qui avaient déjà cessé d’être les miennes, j’éprouvai un redoublement de remords, et une honte telle que j’osais à peine regarder dans mon âme.Tout cela eût pu, — eût dû — m’ar- rêter.Mais je voulais absolument aller à Paris, et je no voyais pas d’autre moyen d’enlever le consentement paternel.v Mo voici donc, en seconde, dans un des premiers collèges do 44 la capitale.J’étais, hélas ! tristement avancé pour mon âge.Ce n’était pas par hazard et comme par surprise que je tombais dans la tentation.Je cherchais le mal de propos délibéré.Je n’eus pas do peine à le trouver, et j’y lis, en deux ans, des progrès si rapides, je devins un parressèux si éhonté, un mauvais sujet si déterminé, que ma pauvre mère, dont les forces avaient tou-jou 1*8 été eu déclinaut depuis mon départ, eut une rechute du mal très grave qui la minait sourdement________Elle en mourut.Le premier mouvement de mon père fut de me reprendre auprès de lui.Mais la mort de ma mère avait brisé son énergie.Il exit pu continuer l’éducation d’un enfant doux et docile, comme j’étais autrefois.Entrer en lutte avec un esprit rebelle, gronder sans cesse, menacer, punir.il n’en avait plus la force.Et puis, il me fallut passer mon baccalauréat.Mon père choisit une bonne école préparatoire.J’ai honte de diro que jo n’y fis rien, absolument rieu.J échouai deux ou trois fois devant Recueil de la seconde guerre punique et du carré d’hypothé-nuse.U ue quatrième fois je «passai.par procuration.Mon prête-nom ni moi nous ne fûmes découverts.En possession du parchemin menteur qui attestait mon aptitude au grade de bachelier ès-lettres, et qui me conférait co titre, m’autorisant à en jour avec tous les droits et prérogatives y attachés, je pus aller passer mes vacances à Saint-Vigor.A la reutrée, jo devais aborder Justinien et le Code civil.Je ne vous dirai rien de ces deux mois écoulés de nouveau sous le toit paternel.Je sentais parfaitement que j’otais indigne de ce séjour béni,*et que mon souf fie le 6oullait presque.Le tendre abandon de mon père, qui mo croyait revenu à de bons sentiments, les naïves confidences de mes sœurs, les conseils qu’elles me donnaient, les prières qu’elles adressaient pour moi à toii6 les saints du Paradis, l’église de Saint-Vigor, et le petit’ bois et le cimetière fleuri et le bord de l’eau, et tout co pays plein du souvenir de ma mère, la conscience que j’avais que ma précoce inconduite avait lnïté 6a fin, tout cela remuait de plus en plus dans mon cœur la pointe du remords.J’aurais pu revenir au bien.Mais déjà, tout en sentant l’amertume de la vie mauvaise, je n’avais plus le goût de la bonne.Comment, à l’heure où j'allais enfin, en prenant uia première inscription, entrer dans cette pleine possession de la liberté que je rêvais depuis si longtemps, ,comment mettre à cette liberté de sottes entraves et revenir à des senti- monts et à des pratiques que j’avais si facilement désertés ?J’allai donc à Rennes, où mou père avait décidé que je ferais mon droit.J'y passai plusieurs années dans un abandon complet de l’école et dans une série do distractions, parmi lesquelles le billard, le café, l’ab&inthe, le culottage des pipes, et la*lecture de Paul de Kock étaient encore, et de beaucoup, les plus innocentes.Mon père, que je trompai d’abord, finit par voir clair dans mes désordres.J'allais décidément tourner à l’étudiant de dixième année, lorsqu’un beau matin on fut, chez moi, surpris autant qu’édifié nar l’annonce positive que je venais de passer coup sur coup mon deuxième et mon troisième examen, et qu’avant la fin de l’année scolaire je passerais mon quatrième.D’où venait cette subite révolution î llôlas I un jour que, selon mon habitude, je m’ennuyais à bouche que veux-tu, couché sur un divan et fumant une énorme pipe d'écume de mer, j’avais pris machinalement un numéro de la I Gazette des Tribunaux.J'y avais lu l’histoire d’un notaire qui venait d'être condamné, par les assises d’illo-et-Vilaine, à vingt ans de travaux forcés, pour un ‘jrand nombre de faux que, pendant pies d’un quart de siècle, il avait su cacher à tous les veux.! Je ne fus pas révolté par cette lecture, mais bien plutôt attiré.Eug.de Margk&ik.(il continuer.) 99 ^446 1 * 1 LK (OVRR1KK IH CANADA.saurions oublier, nous, missionnaire?, (luc nous avoua à remplir ici un apostolat tout-pacifique.Nous irons bientôt, quoi qu il arrive, réunir et fortifier nos chrétiens, jeter la bonne semence parmi les infidèles, offrir à tous sans distinction de partis,, les secours et les consolations de notre ministère.Dieu fera le reste.Je me recommande à vos bonnes prières, mqn Révérend Pères ainsi que nos Pères missionnaires, nos chrétiens et tant de millions d'infidèles à convertir.De Votre Révérence, Le serviteur en Jésus-Christ.F.Ravaky, S.J.C A !\ A * » / QUEBEC, 2 FEVRIER 1863.I*e* iylward.Nos lecteurs peuvent se rappeler que ces deux infortunés, le mari et la femme Aylward, ont été condamnés à la peine de mort aux assises de Belleville, llaut-Canada, et exécutés en cette ville, le S décembre, fête de l'immaculée Conception, comme meurtriers d'un nommé Munro, qui était venu les provoquer dans leur propre maison.Aylward et sa femme étaient catholiques; Munro était protestant ; les jurés étaient protestants ; le jnge, qui a prononcé la peiue de mort, était protestant.Le jury left avait recommandé à la clémence de la cour, mais bn n'eut aucun égard à cette recommandation ; deux pétitions, couvertes de signatures de protestants et de catholiques, l’une pour demander grâce, l’autre pour obtenir au moins un sursis à l’exécution, furent adressées au gouvernement, mais tout fut inutile, et le6 deux malheureux furent pendus le jour de la fête de l'immaculée Conception.Cependant ce jour là même et devant leurs cadavres apportés à l'église, le rév.M.Brennan affirmait hautement leur innocence ; nous avons traduit en partie le discours de M.Brennan, et nous l’avons inséré dans notre numéro du 29 décembre.Nous avons dit en même temps que nous nous réservions de faire ultérieurement, lorsque les faits seraient mieux connus, toutes remarques que nous croirions utiles, et nous avons ajouté qu’eu égard à la gravité des faits allégués par M.l’abbé Brennan, il était du devoir du gouvernement de donner à ce sujet les Bollcvillc, 0 Déc.1862.“ A MES CHERES PETITES FILLES.Que Dieu vous béuisso ! Qu’il vous protège, mes chers petits enfants.C'est la dernière fois qu’il me sera donné de vous dire, mes chères filles, mes sympathies et mon amour pour vous.Dieu veut que votre papa et votre maman souffrent la mort lundi prochain.J’espère que Dieu fera miséricorde à nos âmes.J’e.spère aussi, mes chers petits enfants, que parveuusà l’âge de raison, vous prierez le Dieu tout-puissant pour le repos des âmes de votre papa et de votre maman qui vous aimaient si tendrement.Je saisjque nous vous laissons à un monde sans charité, mais Dieu qui voit tout, vous preudra sous sa divine protection.Oh ! combien il m’en coûte de vous laisser ! Quels plaisirs j’éprouvais à caresser voint un remède secret, et que la vente en devait être autoriséer ELIXIR DU DU.GUILLIE, LE SEUL AUTHENTIQUE, PRÉPAIE K PAIE A PARIS, Rue de Grenelle-Saiot-Germain, Mo.13.ASTUMKS, CATARRHE, COQUELUCHE, UUU-MK8, TOUX CONVULSIVE, INFLAMMATION* de poitrine, etc.—Ces atfectioua sont le résultat d'une accumulation, daus le tissu meme du poumon et sur la surface des brouchoe, d’une matière glaireuse, ACRE, VISQUEUSE, EPAISSE, uui s’est développée daus le poumon à la suite d'une itiflaination.La trachée-artère est bouchée, le poumon ne se dilate plus, la respiration devient impossible.Lu nature cherche à expulser cette humeur ulaiuluse par des accès de toux convulsive, et le malade meurt asphyxié, si on ne se hate de lui administrer l’Elixir pour suppléer aux efforts impuissants de la nature.apoplexie, paralysie.—Le cerveau es traversé par une quuutité infinie de vaisseaux sanguins et lymphatiques ; il est enveloppe d’une pellicule ou membrane muqueuse, qui exsude uue humour glaireuse chargée d'entretenir cet organe daus un état d'humidité convenable.Aussitôt que, par uue cause quelconque, un peu d'inflammation se développe, soit dans les vaisseaux sanguins ou lymphatiques, soit dans la pellicule ou membrane muqueuse, et que, par suite, l'humeur glaireuse est sécrétée plus abondante qu’il ne convient, il y a EPANCHEMENT de cette humeur dans le cerveau, et, peu après, apoplexie et paralysie.Il n’y a qu'un moyen d’empêcher un pareil malheur, c’est d’user de XElixir de Guillié AVANT, PENDANT ET APRES L’EPANCHEMENT, pour le prévenir, et pour en opérer la résorption par uae dérivation puissante sur le tube intestinal, s'il y a eu lieu.BILE, MALADIES BILIEUSES, FIÈVRE JAUNE, JAUNISSE, INDIGESTIONS, CHOLERA-MORBUS, etc.—Lorsque le foie est devenu le siège d’uuc inflammation violente, cette inflammation se communique à la rate, à l’estomac et aux intestins par suite d’un débordement de bi!c dan» ces divers organes.Une véritable iufec-tion purulente par la bile se développe ; la jaunisse, la fièvre jaunt?, les fièvres putrides et bilieuses, les fièvres de marais, le choléra e: à a maladies pestilentielles sc déclarent, les cai.u.s biliaires se forment dans la vésicule du fiel, etc.Pour prévenir ces désordres, il faut expulser du foie la bile putréfiée par l'inflammation, au fur et à mesure qu'elle se produit, et employer à cet effet Y Elixir de Guillié préparé par Paul Gage, qui réunit, à.une action purgative douce, des qualités toniques et antiputrides.CATARRHE DE LA VESSIE.— Lorsque les urines sont surchargées d’une matièro glaireuse, QUELQUEFOIS BOURBEUSE OU ROUUEA- l’ont recommandé.Prise: 3 ei IO fr.in boite, prisa Pari* ri H fr et il fr.Franco poor ion* te* point* sic ta MBeigiQue.On trouve à la même adresse le Taffetas gomme de .Paul Gage, pour la guérison radicalo des cors, oignons et durillons, dont vingt années do succès attestent l’efficacité incontestable.—Prix : *2 fr.pour la France, et *2 fr.25 pour la Belgique.M.Paul G ago ayant à sc plaindre de la contrefaçon, a pris la détermination d’envoyer j ran co son Elixir, son Tissu et son Taffetas aux prix ci-dessus fixés pour touto lu Belgique; les malades, eu s’adressant à lui, seront donc sûrs de n’avoir que des médicaments authentiques.A vendre chez LEGER BROUSSEAU, Libraire, 7, Rue Buade, Haute-Ville.ANUEL des - JXL composé lo.Du prêtre sanctifié par fad-ministration charitable et discrète du sacrement de pénitence ; 2o.De la pratique des confesseurs de saint Liguori ; 3o.Des avertissements aux confesseurs et du traité de la oonfession générale de B.Léonard do Port-Maurice j 4o.Des infitruction* de saint Cnarlcs aux confesseurs ; 5o.Des avis du saint François de Salles aux confesseurs ; 6o.Des conseils do saint Philippe de Néri ; 7o.Des avis de saint François'Xavier aux confesseurs, par l’Abbé J.Gaumk, docteur en théologie de T U ni ver sité de Prague, membre de l’académie de la religion catholique de Rome et de l’académie des inscriptions et belles lettres do Besançon.Septième édition publiée en 1854.Ouvrage en 1 volume relié.A vendre chez LEGER BROUSSEAU, Libraire, No.7, Rue Buade, Haute-Ville.LE CONSEILLER DUS DAMES ï DEMOISELLES JOURNAL D’ECONOMIE DOMESTIQUE KT DK TRAVAUX A L'AIGUILLE.Hrdiyé par Us sommités Littéraires et Artistiques.TOUS LES ABONNEMENTS PARTENT DU PREMIER NOVEMBRE.OS NE s’aUONNE TAS POUR MOINS lï’UNP.ANNÉE.IES ABONNEES reçoivent dans k* courant d«* j l’année : île* aquarelle*, d»*s sépia*, quarante feuille» «!• musique inédite, douze gravure* de modes, deux gravures de lingerie, «les planche* de tapisserie coloriée, quinze cents dessins de broderie, douze feuilles de patrons grandeur naturelle pour Dame*.Demoiselle* t»t enfants, des gravure* dur acier, de.» planche* de costume*, etc., etc.tre, quelquefois *1- tte et pour ainsi dire huileuse, cette matière irrite les parois de lu vessie et y développe le catarrhe vésical.Gue-iuson : empêcher la matière glaireuse de séjourner dans la vessie et d’y pénétrer eu usant de Y Elixir de Guillié préparé par Paul Gage.goutte et rhumatisme.—Ces deux maladies graves doivent leur origine à une matière glaireuse, acre, qui s’est fixée sur les membranes synoviales des articulations et sur les aponévroses qui enveloppent les muscles.Indiquer la cause de ces maladies, c’est indiquer le remède; c’est dire que Y Elixir de Guillié préparé par Paul Gage est le meilleur agent qu’on puisse employer pour soulager vite et guérir solidement.La guérison se complète par l’usage du Tissu Electro-Magnétique.Nous pourrions passereu revue la série corn-piété des maladies occasionnées par les glaires.Nous préférons renvoyer le lecteur au petit livre dont sont extraits les paragraphes qui précèdent, et qui se délivre gratis avee chaque bouteille à!Elixir de Guillié.Chaque bouteille est entourée du traite des glaires dont le dépôt legal a été fuit h Paris et à l’étranger pour conserver aux auteurs et éditeurs la propriété littéraire exclusive, et chaque bouteille qui sera livrée sans eu être accompagnée doit être refusée comme contrefaite.Cette brochure est traduite daus toutes les langues de l’Europe.Sommaire k S/.biüny.5.Petits travaux de Dames : Canezou montant.— Tapi* de table en soutache.—Pouf au crochet tunisien (n° 3).— Dessous de lampe en drap.6.Explication de la gravure de Mode*.7.Explication de la planche de Broderies.8.Explication de U planche de Patrons.9.Explication de la planche de Tapisserie.0 Aquarelle.Les altonnêes rcrcrrcnt avee ce numéro: tînt feuille de ttroderies (double format).Une planche de Fatrons pour la saison d'hiver.Sur la Plauuhe de Patrons (petits travaux de Miennes).Une gravure etc Jlioetcs coloriée.Une xravurc etc conféré ion s ei cossu mes d9 hiver.Une planche de Tapisserie coloriée.Lu petite iiucheronne, aquarelle.E’Fiegani, quadrille par A.D* Lkikih.iBOUr toi, mélodie, par E.Donukt.ttATECHlSML de Persévérance l ou exposé historique, dogmatique, moral, liturgique, apologétique, philosophique et hociai de la Religion, depuis l'origine du monde jusqu’à nos jours, par l’Abbé Gaumk, ancien vicaire-général du diocèse de Nevers, chevalier de l’ordre de St Sylvestre, membre de d'académie de la Religion Catholique de Rome, etc.Septième édition, revue et augmentée de notes sur la géologie et d’une table générale de» matières.8 volume» reliés.A vendre chez LEGER BROUSSEAU, Libraire No.7, rue Buade, Haute-Ville.I7VLEGANTS PORTE-CIGARRE, en crin, en IA cuir et en panama.A vendre chez LEGER BROUSSEAU, Libraire, 7, Rue Buade, Haute-Ville.JOURNAL d’un MISSIONAiRL au Texa* et au Mexique, pur l'Auné E.l)o* menkcii, 1846-1852.Ouvrage en 1 vol.broché.A vendre chez LEGER BROUSSEAU, Libraire, No.7, rue Buade Haute-Ville.j^|AG NI Fl Q U ES STERE! )SCOP£S, - .reçues ifX par le dernier steamer A vendre chez LEGER BROUSSEAU Libraire, Rua Buade, Haute-Ville.C TOLLE LIQUIDE (mucilage).Un assoru-J ment considérable de bouteilles de différente* dimensions, avec pinceaux.A vendre chez LEGER BROUSSEAU, Libraire, 7, Rue Buade, Haute-Ville.Ï^V''UIES*I>LUMES élégants, en métal et mu 1 j is d’une toutlc de crin.A vendre chez LEGER BROUSSEAU, Libraire, Buade, Haute-Ville.2° 3° 5° 6° 7e 8° 9° Frix de* Maçons : 3 fr.30 ei R fr., .prié a F arts, ei 4 ir.*43 et O fr.73 Franco pour tous ie* points de ta iictfique.AVIS IMPORTANT.—-Un annonce dans les journaux de Bruxelles, comme étant de M.Guiilié, uu Elixir préparé selon la formule de DorvauiL; M.Guillié et ses ayant-cause protestent énergiquement contre cette prétendu formule et le produit, qui «ont l’un et l’antre deux mensonge* destinés à tromper le public.10° Z*lit, polka-mazurka par Dxloh.Avec le numéro de JAJNVT H 1862, toutes les Ahounée* recevront, à titre de prime» et
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