L'Avenir du Nord, 5 février 1937, vendredi 5 février 1937
1897-1937 SEUL JOURNAL du DISTRICT de TERREBONNE EXISTANT DEPUIS PLUS DE QUARANTE ANS 1897-1937 "LE MOT DE L’AVENIR EST DANS LE PEUPLE MEME ; NOUS VERPvONS PROSPERER LES FILS DU SAINT-LAURENT” (Benjamin Suite) CHENIER SAINT-JEROME, P.Qué.Abonnement : $2.00 par année Directeur et Propriétaire Honorable JULES-EDOUARD PREVOST Publié par IMPRIMERIE J.-H.-A.LABELLE, Limitée Saint-Jérôme I.AREI.T.E QUARANTE-ET-UNIEME ANNEE.NUMERO 6 JOURNAL HEBDOMADAIRE — CINQ SOUS LE NUMERO LE VENDREDI, 5 FEVRIER 1937 RAPPELONS-NOUS 1911 La presse conservatrice et les journaux pseudo-indépendants continuent à attribuer au gouvernement King les pires desseins au sujet de la défense nationale et de la participation du Canada à une guerre étrangère.Après avoir débuté par un procès de tendance, par des insinuations, on en est rendu à affirmer que “le Canada participera à la guerre” : — que "le parti libéral imposera la conscription.” Tels sont bien les titres flamboyants que nous trouvons dans l’Illustration Nouvelle et que reproduisent à satiété les autres organes au service du parti tory.Et cela, sans la moindre preuve, bien plus, malgré la franche attitude canadienne du premier ministre Mackenzie King et ses déclarations formelles, précises, faites, il y a à peine quelques jours, à '.a Chambre des députés.Pour se donner une fausse apparence de sincérité, cette presse aux gages du parti conservateur désapprouve aussi — oh ! combien faiblement ! toutefois — l'opinion de ses chefs impérialistes qui reprochent au gouvernement libéral de ne pas assez dépenser pour la défense du Canada en vue de coopérer aux guerres de l’empire.Le double jeu de la presse bleue et des feuilles pseudo-nationales crève les yeux.L’histoire d'hier éclaire le présent et laisse deviner l'avenir.Rappelons-nous 1911.Notre province connut alors de semblables parangons du nationalisme.Que disaient-ils dans leurs journaux et sur les tribunes publiques ?Pour faire croire a la sincérité de leur opposition à la politique navale de Laurier, ils proclamaient qu'ils condamnaient également la politique navale de Borden, le chef conservateur.Nous les entendons encore tonner contre les bleus et les rouges et s'engager, en j face de toutes les églises de la province de Québec, à combattre la politique navale de Borden et de Laurier Que firent ensuite ces vertueux nationaux ?Après avoir, par leur violente campagne, trompé l'opinion publique sur le sens, l'esprit et le but de la politique de Laurier ; après avoir aveuglé l’électorat sur leur propre compte et avoir réussi à cacher leur turpitude sous un simulacre de nationalisme, ils renversèrent le gouvernement libéral.Et après ?Eh bien ! après, ils se firent les fidèles servants de la politique impérialiste de Borden et votèrent aux communes une contribution de $35,000.000 à la marine britannique ! C'est grâce à la majorité libérale du Sénat que cette mesure essentiellement impérialiste fut rejetée.C'est le même jeu qui recommence en 1937 Les nationaux artificiels de nos Jours sont de la même dynastie des conservateurs-nationalistes de 1911.Ces castors n'ont pas changé.Us essayent encore une fois de gruger sourdement le parti libéral en faisant claquer la queue plate de leurs faux patriotisme.Comme leurs devanciers de 1911, ils affichent un désintéressement de commande, ils affectent de dénoncer les idées de leurs chefs pour poser à la vertu nationale.Mais, un homme averti en vaut deux.Soyons certains que tous ces partisans métamorphosés en nationaux aujourd'hui, approuveraient demain leurs chefs impérialistes s'ils revenaient au pouvoir, comme il arriva après 1911.Ces politiciens sont coutumiers du fait : ils sont les spécialistes de ce nationalisme de castor dont ils se servent pour escalader le pouvoir.N'est-ce pas ce qu'ils font sous nos yeux dans notre province ?Ainsi que de vulgaires contrebandiers, n'ont-ils pas caché leurs marchandises sous le drapeau de l'Union Nationale qui devait tout régénérer en tuant l'esprit de parti ?Par ce stratagème, ils sont entrés dans la place.Or, voyez-les à l'oeuvre : ils s'affichent les plus impitoyables partisans de la plus étroite politique conservatrice.Tous ces prétendus réformateurs des mauvaises moeurs politiques dues à “l'esprit de parti", avalent sans sourciller les erreurs, les bévues, les impostures, les calembredaines, les injustices de leur chef Duplessis qui chiffonne à chaque heure du jour le beau programme électoral de l'Union Nationale.Il en serait de même à Ottawa si les chefs conservateurs qu'ils font semblant de désapprouver, retournaient au pouvoir.Heureusement, le peuple connaît trop bien ces farceurs pour les prendre encore une fols au sérieux.La province de Québec se souvient.En 1911, les conservateurs nationalistes dénoncent leur chef Borden.L'année suivante, ils votent les $35,000,000 que Borden leur demande pour la marine britannique.En 1925, les conservateurs-patenaudistes renient leur chef M Melghcn.En 1926, ils sont tous sous la bannière de ce même M.Melghen qu’ils élèvent jusqu'aux nues.En 1935 et 1936.lis adorent Duplessis et chantent autour de l’Arche d’alliance de l’Union Nationale qui doit transfigurer notre politique et tuer à jamais l’esprit de parti.En 1937, Us se rient sans vergogne de leur programme, redeviennent ce qu'ils furent toujours : des bleus qui se ruent sur la crèche au cri de : "ôte-toi de là que je m'y mette".Et le peuple croirait encore en la sincérité de ces fantoches ?Allons donc ! Les libéraux ont pu commettre des fautes, mais ils n'ont jamais été des hypocrites.Ils n'ont jamais troqué leur nom et leur programme pour un nom d'emprunt, un programme perfide, en un mot pour une défroque d'arlequin ainsi que l’ont fait si souvent les conservateurs.Les Canadiens n'ont Jamais eu à reprocher à Laurier, non plus qu'à Mackenzie King de telles tactiques déshonorantes.Le canadianisme sincère et éprouvé du gouvernement libéral d'Ottawa domine la basse cabale des conservateurs-tories déguisés sous une étiquette qui, à la lumière de l'histoire, ne dit rien qui vaille.(1) JEP.PAUVRES ANTI-CRECHARDS ! “Honnissons et flétrissons tous les massacres," décrétait, récemment, le "grincheux," du Devoir."Quand.” ajoutalt-il aussitôt, “M.Godbout, toutefois, parle de congédiements faits dans un esprit d’étroite par-tlsannerie politique, cela ne s’applique-t-il pas exactement à l'esprit dans lequel l’ancien gouvernement faisait ses engagements." A supposer que la pieuse insinuation fût vraie, comment se fait-il que le Devoir, qui jadis ne cessait de protester avec des pudeurs de vierge ingrate contre un tel “esprit d'étroite partisannerie politique,” garde-t-il, depuis .août dernier, de Conrart le silence prudent ?Au fait, — oui, au fait, — M.Georges Pelletier, directeur-gérant, bloc-notiste et rédacteur-en-chef-bouche-trou, du Devoir, n’a-t-il pas obtenu lui-même de l’ancien régime “corrompu et corrupteur" l'oc- tes Publics de 1935-36.) Une soeur est commis au secrétariat provincial au traitement annuel de $1,200; une autre soeur est sténo-dactylo intermédiaire au même département, celle-ci au traitement annuel de $1,000 ; un frère, dentiste, est fonctionnaire à la prison des femmes, de Québec ; un autre frère, M.Adolphe Hamel, est commis senior au ministère de l'agriculture au traitement annuel de $1,800.L'honorable Elysée Thériault, conseiller législatif, (un oncle) reçoit comme tel $2.500 et, comme avocat de la ville de Québec, un autre petit $4,000 par année.Une nièce du dénommé docteur Philippe Hamel est sténo-dactylo intermédiaire au secrétariat provincial au traitement annuel de $1,600.Un autre oncle dudit dénommé docteur Philippe Hamel, M.Geor- troi nécessaire pour assurer à l'une ;ges Valüères.est comptable au bu-de ses propres soeurs un traitement reau de poste où il reçoit $1,700 fort rémunérateur ?] par année.Le “grincheux” est-il bien con- j Un neveu.M.Paul Vallières, a vaincu que la nomination de a ' été surnuméraire jusqu’en 1929.soeur du dénommé Georges Pelle ¦ j Ou est anti-créchard ou on ne tier fut faite dans “un esprit d'é- l'est pas.Or, nous pouvons affir-troite partisannerie politique” com- mer Que, l’an dernier du moins, une me celles, du reste, des multiples nièce toujours du dénommé doc-parents cte M.Ernest Grégoire et du ' leur Philippe Hamel, était fonc-docteur Philippe Hamel, dont noos, tionnaire, à Ottawa, au traitement parlerons plus loin ?“Comment a-t-il (l’ancien ernement) nommé d'indépendants en-chef de la ville de Québec au et qui pouvait le rester une fois en traitement annuel de $6,000.place," se demandait le "grincheux".! Mais on nous permettra de tirer Nous l’ignorons.Mais une chose 1 la chaîne .pour aujourd'hui, certaine c'est que les Pelletier, les j Nous en avons déjà assez dit.Grégoire, les Hamel, pour ne citer croyons-nous, pour permettre au que le cas de trois familles bien lecteur de juger de "l’esprit dans connues, n’ont jamais été, que nous lequel l'ancien gouvernement fai-sachions, de bien chauds "tasche- sait ses engagements," selon l'ex-reautistes,” pas plus après avoir pression, une fois de plus, du "grin- (1) Quand, au cours de cet article, nous parlons des farceurs nationalistes de 1911, nous exceptons, naturellement.M.Henri Bourassa et deux ou trois qui restèrent fidèles à leurs Idées.Ces rares exceptions ne font que faire ressortir le manque de franchise et de sincérité de tous les autres.J.LETTRE DE QUEBEC Chômeurs mécontents.- Un congrès de libéraux Environ 250 ouvriers de l’Association des Ouvriers-Unis se sont rendus, le 27 Janvier, au parlement pour demander que le travail soit repris Immédiatement à Chainpl-gny ou qu'ils reçoivent des secours directs comme autrefois.En l’absence du ministre de la voirie, Ils ont été reçus par M.Arthur Bergeron, sous-ministre, et ensuite par l'honorable Joseph Bilodeau.M.Bergeron leur a exposé le point de vue du ministre et M.Bilodeau leur a promis de soumettre leur demande à la première séance du Cabinet.Il n'y a pas eu de désordre, mais plusieurs ouvriers paraissent mécontents.Il est pratiquement décidé que le congrès du parti libéral provincial sera tenu à la fin du mois d’août on au commencement de septembre, à Montréal.Les chefs ont préféré attendre un an après les élections, afin de pouvoir juger la nouvelle administration arrivée au pouvoir le 18 août 1936.Durant l'été, 11 y aura différentes manifestations dans la province et l’on commencera de bonne heure la pré parution du congrès auquel la jeu liesse libérale apportera, dlt-on, une sérieuse collaboration.JEROME.• de $900 par année, et un de ses irè-gou- res- M- Edouard Hamel, ingénieur- goûté à la crèche provinciale qu’avant ou pendant.Voici, à tout événement, ce que révèlent les désormais fameux Comptes Publics de la province de Québec, édition de 1935-1936, celle de l'an dernier n'ayant pas encore été distribuée, à notre connaissance.M.Edgar Vézina, beau-frère de M.Ernest Grégoire, maire de la ville de Québec et député, est auditeur de la province et inspecteur général de l'exécutif, à un traitement annuel de $6.000.M.Gérard Vézina.neveu, est au département du secrétaire provincial où, comme commis junior, il reçoit un traitement annuel de $1.200.M.Gérard Cloutier, un autre neveu.est comptable au département de l’auditeur de la province, M Edgar Vézina, encore une fois beau-frère de M.Ernest Grégoire, maire de la ville de Québec et député.Son traitement est de $2,000 par année.M.Jean-Paul Bolduc, un autre beau-frère de Son Honneur Ernest Grégoire, maire de la ville de Québec, est premier commis au ministère de la colonisation, et son salaire annuel est de $2,200.M.Maurice Bolduc, un troisième beau-frère de Son Honneur Ernest Grégoire, maire de la ville de Québec, est Inspecteur au ministère de la colonisation et, comme tel, il reçoit $1,600 de salaire par année.M.Lucien Bolduc, un quatrième beau-frère de Son Honneur Ernest Grégoire, maire de la ville de Québec, est auditeur et reçoit, quant à lui, $200 de plus que son frère, c’est-à-dire $1,800 par année.Les Comptes Publics de 1935-36, auxquels nous venons de faire allusion, établissent donc que, sous l’ancien régime, quatre beaux-frères et deux neveux de Son Honneur Ernest Grégoire, maire de la ville de Québec et député, recevaient du dit régime, soi-disant “corrompu et corrupteur," la modeste somme de QUATORZE MILLE HUIT CENTS DOLLARS par année, cependant que le dénommé Ernest Grégoire touchait quant à lui, (entre parenthèses.) toujours annuellement, SEIZE MILLE QUATRE CENTS DOLLARS, soit $7,000 comme maire, $2,600.comme chauffeur de SON automobile, $4,000 comme professeur à l'université Laval et $2,800 comme député de l'Union Nationale du comté de Montmagny.Le docteur Philippe Hamel, député de l'Union nationale de Québec-Centre, dont nous voulons parler maintenant, a, du moins, nous sommes heureux de le reconnaître, le mérite d’avoir un peu plus de variété dans sa famille.(Nous nous en rapportons toujours aux Comp- cheux” du Devoir.i"En avant !”l Paul LUX.M.Maurice Duplessis hier et aujourd’hui Nous détachons ce qui suit d’un article de M.Edmond Turcotte dans le CANADA : "Pensez-vous parfois, ô lecteur, à l'insupportable hypothèque de S483.000.000 que détiennent sur “le glorieux patrimoine national que nous ont légué nos aïeux" toute une clique de ploutocrates "sans coeur et sans entrailles,” dont un bon nombre sont “des étrangers ?” "Si vous y pensez encore, c’est que vous avez bonne mémoire.Il y a si longtemps que M.Duplessis et les siens n'en ont pas parlé ."Le premier ministre a eu la faiblesse d'accepter de prendre la parole la semaine dernière au diner annuel de la Canadian Pulp and Paper Association, et.ce qui est encore plus troublant pour ses amis des temps durs, de parler à ce diner comme doit le faire un chef du gouvernement qui s’adresse à des hommes d’affaires."En vérité, on nous a changé notre Maurice.S'il continue à s'assagir, on ne le reconnaîtra bientôt plus.“Devant tous ces puissants barons de la pâte et du papier.M.Duplessis n’a pas une seule fois fait allusion à la fameuse hypothèque de $483,000,000.C'est une impardonnable omission.Où va la province, grands dieux !.A moins que cete sacrée hypothèque n’ait jamais vraiment existé que dans l’imagination du ci-devant chef rie l'Opposition."C’est après tout bien possible.Pour enlever le pouvoir, le cimen teur de l’Union nationale n’en a jamais été à une invention près."Si cette opprimante hypothèque de $483.000.000 existait vraiment, n'aurions-nous pas dû en entendre parler à la session extraordinaire de l'automne dernier ?Car s’il est quelque chose d'urgent, ce doit bien être, semble-t-il, de décharger la province de ce poids qui l’étouffe."Non.M.Duplessis n'a pas dai gné faire un seul reproche, même bénin, à ceux qui jouissent de cette fameuse hypothèque.Au contraire, 11 les a chaudement félicités des progrès accomplis l’année dernière, et il leur a offert tout son concours pour l'avenir."Nous acceptons aussi avec plai- MELI- MELO ON VEUT EMBELLIR LA PLACE DES PATRIOTES M.Olivier Maurault, p.s.s., recteur de l’Université de Montréal, a proposé aux membres de la Société Historique de Montréal, de suggérer à la ville de Montréal de prendre les mesures nécessaires pour embellir sa "Place des Patriotes” "Je ne sais s'il vous arrive souvent de visiter cet endroit, déclara M.Maurault.mais il est certes très désagréable d’y voir les nombreux poteaux de téléphone qui y sont plantés.Il y en a tellement, qu’on jurerait qu’ils s’y sont donnés rendez-vous.Il conviendrait assurément, je crois, qu’à l’occasion du centenaire de 1837, on fasse disparaître ces laideurs, en enfouissant les fils sous la chaussée, par exemple".Une lettre sera donc adressée à l'administration municipale par la société, dont tous les membres se sont déclarés du même avis que M.Maurault.• • • MORT DE M.SUZOR COTE M.Marc-Aurèle de Foy Suzcr-Côté, peinte et sculpteur canadien-français de renom, est mort, le 29 janvier, en Floride, des suites d’une attaque de paralysie.Il était âgé de 66 ans.M.Suzor-Côté alla en Floride en 1929 se remettre d'une première attaque de paralysie qui avait immobilisé son bras et son côté gauche.A l'exception de deux hivers passées à La Havane, il vécut à Daytona-Beach et c'est là qu'il termina son oeuvre.Né à Arthabaska.dans la province de Québec, Suzor-Côté étudia à Paris où il acquit la célébrité en remportant le Grand Prix du Salon de Paris alors qu'il n’était âgé que de 28 ans.Après avoir parcouru l'Europe, il revint dans son pays en 1907 et ouvrit son atelier à Montréal.Il y a trois ans, il épousa Mlle Mathilda Savard, la garde-malade qui l’accompagnait depuis qu’il avait été frappé.M.Suzor Côté était âgé de 66 ans.• • • LES BANQUETS CONTINUENT.Quand les ministres et les députés ministériels de Québec ne voyagent pas, on leur offre des banquets .Plusieurs de ces festins sont annoncés, entre autres, en l’honneur de M.Gérard Thibault, député de Mercier ; un autre offert à l'honorable William Tremblay, ministre du travail ; un autre offert à l'honorable Joseph Bilodeau, ministre du commerce et de l'industrie ; un autre en l’honneur de l'honorable F.-J.Leduc, ministre de la voirie.Bonne appétit, messieurs de l'Ordre nouveau ! * # • LES CINQ VOLONTAIRES CANADIENS PARTIS POUR L’ESPAGNE Une dépêche de Paris annonce ce qui suit, en date du 28 janvier : "Cinq Canadiens et vingt-cinq citoyens des Etats-Unis faisaient partie du contingent de volontaires internationaux qui ont quitté Paris hier soir pour se rendre à Perpignan dans li’ntention de passer en Espagne et de s’enrôler dans les rangs de l'armée rouge.Les volontaires des Etats-Unis et du Canada ont été logés dans les permanences des associations du gauche à Paris et on leur a remis des vêtements chauds et des cigarettes à leur dé part.Les volontaires comptent se rendre au camp d’Albacete où ils recevront leur entrainement afin d’être versés dans une unité de l'armée rouge.Les volontaires canadiens, qui semblent être de Toronto, se nomment Tom Beckett, Frederick Lackey, Lawrence Ryan, Clifford Bud-gen et Henry Beattie.Tout comme leurs camarades des Etats-Unis, les volontaires canadiens sont munis de passeports qui valent pour tous les pays à l’exception de l'Espagne.” Notre problème oatio PQ IIUI (i) Par AJAX XV Le Nationalisme devant la pensée chrétienne sir,” dit-il, "le capital étranger et lui assurons une complète sécurité." "Tiens, tiens ! encore un autre premier ministre qui veut "vendre le patrimoine national à l’étranger." C'est désespérant ! Ne serons-nous donc jamais "les maîtres chez nous," comme le jurait solennellement M.Duplessis au pied du Flambeau, et serons-nous donc éternellement "les valets" des capitalistes anglo-américains ?" L’amour ordonné de sa nation comme de sa patrie doit être subordonné au bien commun de l’humanité.Et s'il y a incontestablement.dans cet ordre de relations humaines comme dans tous les autres, une gradation des devoirs qu’impose la charité à la solidarité humaine, imposant un amour plus impérieux et plus intimes de nos parents, puis de nos proches, de nos co-nationaux, de nos concitoyens, et enfin de l'ensemble de l'humanité, il reste cependant que notre amour des derniers venus, dans cette énumération, impose quelquechose de réel, et que l’ordre de la charité national et international, parti de l'individu, n’aboutit pas à zéro, dans l’atténuation de nos devoirs envers le prochain.Mais il faut encore noter que ce devoir positif de charité qui nous impose des obligations impérieuses et réelles n’est que le couronnement d'un ensemble de préceptes plus strictes qui, eux, relèvent de la justice sous toutes ses formes.Aimer son prochain consiste à lui vouloir et à lui faire du bien qui ne lui est pas nécessairement dû.Mais précisément il y a.dans l'ordre physique et économique comme à la hauteur des valeurs intellectuelles et morales, une série de biens qui sont dûs au prochain, que celui-ci soit considéré dans chacun des individus qu'il désigne ou qu’il vise les groupes ethniques ou autres qui sont encore inclus sous ce vocable.Et c’est une question de justice, et non plus simplement de charité, pour un groupe ethnique donné, de respecter le bien dû aux autres groupes nationaux.Rendre aux autres leur dû : — et il faut entendre par là respecter non seulement ce qu'ils ont déjà, mais encore les aider à acquérir ce à quoi ils ont droit.— c’est là l’objet, le but et la fonction de la justice.Et il en est dans les relations de groupe à groupe national différent comme dans les échanges entre individus : la droiture de la justice naturelle, dans l’ordre international comme dans l’ordre privé réclame que les nations comme les individus s'abstiennent même de la simple convoitise du bien d'autrui.Car l'expérience a démontré, et tout récemment encore, en Ethiopie comme en Allemagne, que la convoitise du bien d'autrui n’est pas lente à se traduire en mesure effective de violation du droit international.Ces principes condamnent donc derechef tous les nationalismes modernes fondés sur l'ambition du bien d'autrui.L'on comprend que dans une période de crise économique aussi longue que celle que nous venons de traverser, la masse des peuples regarde avec envie et jalousie le lot meilleur de son voisin ; mais l’on ne s'explique pas que les soi-disant chefs d'une élite intellectuelle et nationale, quand ils sont catholiques et visent à constituer un état catholique et français sur les bords du Saint-Laurent, oublient ces principes du catholicisme qui sont, après tout, des vérités de simple bon-sens, exploitent ces sentiments immoraux et créent de véritables préjugés dans la masse qu'ils sont censés diriger vers un catholicisme meilleur.Mais il faut aller plus avant pour préciser encore les exigences de la véritable fraternité internationale issue d'un catholicisme sainement compris.Il est nécessaire de pénétrer jusque dans l’analyse des différentes formes de justice pour déterminer ce qui tst dû à chaque groupe national, le respecter et le lui rendre.Tout d’abord, rappelons que la justice commutative impose ses obligations aux relations entre les différents groupes ethniques comme à celles d’individus à individus.Et ce principe comporte deux obligations : la première vise directement chaque groupe.Il a droit de conserver son existence distincte, à l’intérieur de l’Etat, et même de se développer et de progresser dans les limites du droit positif légal où il vit ; et ce double droit engendre une obligation correspondante de respect chez les autres groupes.De ce principe découle immédiatement une conclusion ; c’est que les immigrants ou les conquérants qui viennent de surajouter à une civilisation existante doivent respecter l’état de choses qu’ils trouvent établi, et qu’ils ne peuvent le modifier que dans la mesure où la constitution en vigueur dans le pays le leur permet.Par contre, la nation mai-tresse de la constitution doit aux nouveaux venus de respecter les conditions auxquelles elle leur a donné le droit de citoyens, dans son propre territoire.— D’un autre côté l'Etat, — et pour préciser le Pouvoir civil qui est l’autorité de l’Etat, a la double mission de protéger ces droits de justice et de ses nationaux et des immigrants qu’il admet légitimement sous sa domination.Ce n’est donc que par des moyens légaux, conformes à ces principes de la droite raison naturelle, qu’E-tats ou groupes particuliers, nationaux ou autres, peuvent modifier le statut des majorités ou des minorités ethniques, et delà dans des mesures différentes, selon que le régime établi est monarchie absolue ou dictature politique, démocratie ou république.Signalons immédiatement une application directe de ce principe à notre situation canadienne-française.— Nous sommes, sans aucun doute, les premiers occupants du sol canadien.Mais nous avons à traiter avec les vainqueurs de 1760 qui, avec d’autres races établies ici en vertu de nos lois d’immigration, constituent maintenant une majorité.C’est notre droit, à l’intérieur des limites morales et constitutionnelles, de viser à assurer notre propre survie.Mais ce serait une utopie dont ne semblent pas complètement indemnes certains chefs nationalistes partisans du sépara-' tisme.que de raisonner dans l’abstrait.sans tenir compte du fait de notre situation minoritaire, dans l'ensemble du pays, du régime d’immigration qui, relevant du fédéral, suppose dès lors le consentement d'une majorité à la modification de la loi.D’ailleurs, tout changement dans cette loi d’immigration, re-marquons-le bien, pourrait sans doute amener certaines restrictions quant au nombre et à la qualité raciale ou nationale des immigrants, mais n’arrivera jamais à supprimer toute notre immigration au pays.Malheureusement, on semble raisonner, en certains milieux, comme si un décret-loi devait suffire à supprimer à tout jamais l'apparition d'un groupe d’étrangers au pays.Ce splendide isolement aboutirait.nécessairement et par ricochet.à l'abrutissement définitif des nôtres, qui ne seraient guère bienvenus dans les autres pays où ils se présenteraient pour parfaire leurs études, exercer leur.profession ou leur métier.Nos séparatistes-isolateurs auraient quelque chose à gagner s’ils daignaient étudier les conséquences de leur logique à la lumière des principes et des pratiques de l’Allemagne hitlérienne.C'est très beau de spéculer sur les préjugés populaires et d’exalter la beauté de fascisme racial comme du corporatisme politique ou économique à base d’exclusivisme et de protectionlsme national ; mais la réalité nous fait voir un malheureux envers à ce tableau.Pour plusieurs siècles à venir, sans être prophète, on peut prévoir que les moyens de communications continuant à se perfectionner, il sera utopique de prétendre grouper les hommes sur un territoire donné en prenant pour base de leur répartition sur la surface du globe le sentiment national ou l'instinct racial.Les conditions de la vie matérielle ou économique, comme intellectuelle et morale, s’orientent au contraire vers une évolution de plus en plus complexe et compliquée des relations humaines, sociales et politiques, et de compénétration des intérêts intellectuels et moraux tout aussi bleii que financiers l ïs individus et des groupes, à travers les cadres et les cloisons politiques.AJAX.(à suivre) (1) Voir l'Avenir du Nord du 25 septembre, des 2.9, 23 et 30 octobre, des fl, 13, 20, 27 novembre, des 4, 18 et 25 décembre 1936, 15 et 22 Janvier 1937, Page deux L’AVENIR DU NORD Opinions Du salaire ridicule des institutrices de nos écoles rurales Comment y remédier Ce n'est certes pas la première fois que cette question du juste salaire que nos trop patientes institutrices de la campagne ne cessent de réclamer — et cela avec combien de raison pourtant — se pose devant l'opinion publique et qu'elle sollicite l'attention de tous, en particulier de nos autorités scolaires ou gouvernementales, qui se doivent à détaut d'autres de la résoudre dans le sens de la justice et de l'équité.Depuis les Meilleur et les Chauveau — ces premiers surintendants de notre système d'instruction publique — à venir jusqu’à nos jours, on n'a cessé, en eiîet.d'agiter cette question, en vue d'y apporter le remède nécessaire.Malheureusement, les multiples efforts tentés jusqu'ici auprès de nos commissions scolaires et même ailleurs, ont p>eu contribué, en somme, à relever le salaire de nos maîtresses d'école — celles-là surtout de la campagne que l’on retrouve à l'école de rang ou école élémentaire, et dont le salaire moyen pour l'année 1933-34 dépassait à peine $200.00, soit exactement $212.00 il), ainsi que nous l'indique le dernier rapport (2) du Surintendant de l’instruction publique, page XIX.$212.00 !.N'est-ce pas vraiment ce qu'on peut appeler un salaire de misère ou de famine que dédaigneraient sûrement d'accepter la plupart de nos servantes, voire même de simples bonnes d'enfants.Aussi, nos inspecteurs d'écoles sont-ils forcés d'admettre, mais non sans amertume que dans maints cas la domestique est mieux rétribuée que l'institutrice.M.C.-J.Miller, inspecteur général des écoles primaires, nous apprend de son côté, p.152 du même rapport ce qui suit : “On constate, dit-il, que l'an "dernier 4771 institutrices séculières, soit plus de la moitié des "institutrices sous le contrôle de “la province, ont reçu un salaire “ne dépassant pas S25Q.0Û, et que “2840, plus du tiers, ont reçu un “salaire inférieur à $200.00.“ Nous pouvons encore ajouter, selon que le démontre le tableau en page 153 du même rapport toujours, que 1253 institutrices ont enseigné pour un salaire variant de $250.00 à $300.00.Ce sont des privilégiées, sans doute.Il apparaît, cependant, en réfé-'rant toujours à la même source de renseignements, que 2290 sur un total de 8314 f3) institutrices laïques — soit donc un peu plus du quart — ont pu obtenir un traitement supérieur à $300.00, pour la bonne raison que nous les retrouvons pour la plupart dans nos gros villages ou dans nos villes, où l’on est plus en mesure de les mieux rétribuer, surtout dans nos grandes cités.Cette situation de notre personnel enseignant de la campagne n'est pas brillante pour nos institutrices.ni guère non plus à notre louange.• • • Et cependant les parents sont particulièrement intéressés à faire instruire leurs enfants, comme aussi à leur procurer une éducation soignée, afin de les préparer à bien remplir dans la vie leur rôle de bons citoyens et.d’excellents chrétiens.Aussi, pour faciliter cette oeuvre d’éducation.importante autant qu’indispensable, et à laquelle a droit toute notre prime jeunesse, nos commissaires d’écoles — ces représentants autorisés des parents — se doivent en conscience de mettre à la disposition des enfants à instruire et à former des maîtres et des maîtresses dûment qualifiés et de rétribuer ces derniers d’une façon convenable, généreuse même.Il faut bien convenir cependant que pour s’acquitter du mieux possible des obligations qu’ils assument et mener à bien l’oeuvre d’éducation à laquelle ils président, il est juste et raisonnable pour nos commissaires d’écoles de compter non seulement sur la juste collaboration des parents, mais aussi sur la bonne volonté et la générosité des contribuables.Ces derniers, pour le plus grand nombre, du moins, ne manquent pas de se plaindre fort — et non sens raison — des effets déprimants de la crise économique qui depuis quelques années les atteint si durement, comme aussi du fardeau des taxes de toutes sortes qu’il leur faut assumer bon gré mal gré.(1) Le salaire moyen était cependant de $245.00, l’année précédente.
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