L'Avenir du Nord, 17 août 1934, vendredi 17 août 1934
1897-1934 DÜRNAL du DISTRICT deTEF EXISTANT DEPUIS PLUS DE TRENTE-SEPT ANS.1897-1934 “LE MOT DE L’AVENIR EST DANS LE PEUPLE MEME; NOUS VERRONS PROSPERER LES FILS DU SAINT-LAURENT’' (Benjamin Suite) CHENIER ABONNEMENT: $4.00 par aunüe.Public par la Cie de Publication de St-Jéxômc Ltée.Directeur politique: Honorable JULLS-ED.PREVOST HENRI GAREAU, Président SAINT-JEROME, P.Qué.Secrétaire do la Rédaction : ANDRE MAGNANT LABELLE TRENTE-HUITIEME ANNEE; NU.MEE< ) 33.JOURNAL HEBDOMADAIRE — CINQ SOUS LE NUMERO.VENDREDI, 17 AOUT 1934 Le Centenaire de Saint=Jérome Grandes fêtes les 2 et 3 septembre A TRAVERS CENT ANS D’HISTOIRE LE SAINT-JEROME D’AUTREFOIS ET D’AUJOURDHUI W MÆl* jlhlilllillli; mm * ' .¦ U— i *»>:**?c-t, Mmm.mm Saint-Jérôme célèbre Sun centenaire cette année.De grandes têtes auront lieu, à cette occasion, les _• et 3 septembre prochain.L’Avrmk du Nord consacre son présent numéro à cet événement important.Nos lecteurs trouveront ici des notes historiques et des souvenirs variés sur le passé de Saint-Jérôme, écrits expressément pour eux par des anciens jérômiens et des anciennes jérômiennes.Nous donnons aussi un aperçu d’ensemble du Saint-Jérôme d’aujourd’hui.11 est heureux que M.le curé Geofïrton, les conseils municipaux de la ville et de la paroisse de Saint-Jérôme aient eu l’idée de célébrer ce centenaire qui, à vrai dire, est le centenaire du premier pas de la colonisation au nord de Montréal, vers les Laurentides.Il convient de s’arrêter quelquefois pour considérer la route parcourue, tirer du passé des leçons de courage et de persévérance, afin de faire face vaillamment, à notre tour, aux difficultés de l’avenir et d’être utiles à la patrie que nous chérissons et voulons servir.A l'occasion de son centenaire, Saint-Jérôme a fait écrire son histoire.M.l’abbé Elie-J.Auclair, à qui 011 a confié cette tâche, s’en est fort bien acquitté.L’Histoire de Saint-Jérôme paraîtra sous peu.De plus’, au cours des fêtes du centenaire, huit plaques commémoratives en bronze seront apposées à différents endroits de la ville et de la paroisse de Saint Jérôme, portant (les inscriptions qui rappelleront aux générations futures des faits appartenant à l'histoire de la reine du Nord.Nous avons besoin de connaître l’histoire du passé pour apprécier à son prix l’oeuvre de 110s pères, pour rester dignes de ceux qui nous ont précédés et pour transmettre à ceux qui nous suivront les traditions séculaires et les vertus essentielles qui ont assuré notre survivance et (pii, demain encore, feront la force de la nation.I.A PREMIERE ECOLE DE SAINT-JEROME (1855 a 1874) NOTRE HISTOIRE Saint-Jérôme a été établi dans un territoire qui faisait partie de la seigneurie des Mille-Isles et de Y augmentation de la seigneurie des Deux-Montagnes.La seigneurie des Mille-Isles, située entre celle de Terrebonne et celle des Deux-Montagnes, fut concédée, une première fois, le 24 septembre 1683, au sieur du Gué de Boisbriand, puis, ayant tait retour à la couronne, une deuxième fois, le 5 mars 1714, aux gendres du même du Gué, Gaspard de Langloiserie, qui eut la partie sud, et Jean Petit, qui eut la partie nord.Le seigneur du Mont ou Dumont, gendre de Petit, qui avait reçu en héritage, par sa femme, la partie nord, obtint, le 20 janvier 1750, une augmentation de sa seigneurie.C’est cette augmentation des Mille-Isles, avec une partie de l’augmentation des Deux-Montagnes, six milles de front sur dix-huit milles de profondeur, que, le 15 novembre 1834, Mgr Signay, évêque de Québec, érigea en paroisse, par décret canonique, sous le vocable de Saint-Jérôme.Voilà le centenaire qu’011 célèbre cette année.Canoniquement érigée en 1834, Saint-Jérôme n’eut pourtant son premier curé résidant qu’en 1837.Auparavant, les catholiques, peu nombreux, qui se trouvaient à la Rivière du Nord, avaient une chapelle, ouverte au cuite en 1821, que Mgr Lartigue, auxiliaire de Québec (jusqu’en 1836) en résidence à Montréal, avait placée sous le vocable de Saint-Jean-Chrysostôme.Les curés de Sainte-Annc-des-Plai-nes, M.Grenier pendant deux ans el M.Poirier pendant une douzaine d’années, y donnèrent la "mission" de temps en temps.M.Poirier y vint régulièrement tous les quinze jours, dès 1832 et continua d’y venir, même après l’érection canonique de 1834, jusqu’en 1837, alors que le premier curé résidant, M.Blyth, y arriva.L’endroit où se faisait cette première “mission”, à un mille et demi environ du Saint-Jérôme actuel, (vers Saint-Jcan-vier), a conservé le nom de La Cha-'pelle.De 1837 à 1839, M.Blyth lit bâtir l’église et le presbytère qu’ont connus les contemporains du curé Labcllc, et il quitta Saint-Jérôme en 1840.En dix-huit ans, six curés, M.Poirier (1840), M.Burke (1841), M.Thibault (1845), M.Brunet (1855), M.Gratton (1858), et M.Groulx (1863), se sont succédé après M.Blyth et avant l’arrivée de M.Labcllc en 1868.Après la mort du curé Labcllc, survenue en janvier 189t.les curés de Saint-Jérôme ont été: en 1891, M.l’abbé Lafortunc; en 1901, M.l’abbé Lamarche; en 1902, M.l’abbé de la Durantaye; en 1919, M.l’abbé Brosscau; en 1928, M.l’abbé Gcoffrion, le curé actuel.Avant 1840, on ne connaissait pas au Canada les municipalités civiles.On vivait sous le régime féodal, plus ou moins modifié.L’ordonnance du gouverneur Syden- ¦¦ m 1 v* *' Va, - y, , V .il ¦Zl, )¦'//< i ililililililililî PS» LA PREMIERE EGLISE DE SAINT-JEROME (1S39) LE PREMIER PRESBYTERE DE SAINT-JEROME (1839) liant de 1841, celle de sir Charles Metcalfe du premier juillet 1845, celle de lord Elgin du 28 juillet 1847, et surtout l’Acte des municipalités et des chemins, (sous sir Edmund Head), de février 1855, nous ont finalement donné la municipalité telle que nous la connaissons.La municipalité de la paroisse de Saint-Jérôme, avec Melchior Prévost comme premier maire, fut constituée en juillet 1855.L’année suivante, en juillet 1856, une proclamation de sir Edmund Head, contresignée par le secrétaire d'Etat Cartier, (plus tard sir Georges), érigeait le village de Saint-Jérôme, en municipalité distincte de celle de la paroisse.Le premier maire du village fut Godfroy .Lavioletlc, qui l’était encore en 1868, à l’arrivée du curé Labcllc, et devait continuer de l’être jusqu’en 1874, puis le redevenier en 1879.Par proclamation du licutenan-gouverneur Rohitaillc, en date du 23 novembre 1SS0, le village fut érigé en municipalité de ville, le premier janviei 1891.Laviolettc se trouva être le premier maire aussi de la ville.Mais, au cours de l’année, il était nommé préfet ou pénitencier de Saint-Vincent de Paul, et le notaire de Vil-lcmure, (conseiller législatif depuis 1879), lui succédait comme maire de la ville de Saint-Jérôme.Quoique son érection canonique date de 1834, les origines de Saint-Jérôme remontent à 1821, alors qu'un groupe de colons courageux s'établit sur les bords de la rivière du Nord.v Les premières familles vinrent défricher puis coloniser à la Côte Poulilc et à I.a Chapelle.D'autres les rejoingnirent, venant de Sainte-Anne des Plaines, de Saint-Euslache, de Saintc-Scho-laslique, de Sainte-Rose, de Sainte-Thérèse, de Terrebonne, du comté de l'Assomption et d'ailleurs.Après la construction de l'église, en 1839, la vie paroisiale exista, d’une manière stable et un villag, magnifiquement situé sur les rives de la rivière du Nord, grandit rapidement.Pendant que le curé surveillait les intérêts spirituels de la paroisse naissante, encourageait l'ouverture d’écoles, la construction d’un couvent, donnait son appui aux projets favorisant le progrès, le bien-être et l’accroissement de la population, des hommes intelligents, actifs et pleins d'initiative, organisaient la vie municipale, embellissaient leur petit village, y créaient un commerce varié, et y fondaient même des industries telles que des minoteries, des scieries, des moulins à carde, des manufactures de tweeds, etc.La rivière du Nord, outre la beauté pittoresque qu'elle donnait .111 village, était riche en forces hydrauliques dont les jérômiens du temps tirèrent vite parti.Le côté intellectuel, patriotique et même artistique n'était pas non plus négligé.Dès 1849, une fanfare était fondée qui, de père en lils et petits-fils, s'est maintenue jusqu’à nous.En 1855, un Institut était créé où l'on recevait des journaux et des revues, où l’on possédait 1111e bibliothèque fort bien garnie, et où des conférences étaient données sur les sujets les plus divers par le curé, les hommes de profession: médecin, notaire, a-voeat ; et par les hommes d’affaires les plus instruits du village.Vers 1853, se fonda une Société Sainl-Jean-Baptiste qui, chaque année, célébrait en grand notre fête nationale.• Bref, le village grandissait très xite, sa population saine et laborieuse y vivait heureuse dans la paix et la gaieté.Mais, cela ne suffisait pas à l’activité généreuse des pionniers de Saint-Jérôme.Ils tournèrent leurs veux vers les vastes domaines du Nord et décidèrent d'aller y fonder de nouvelles colonies canadiennes-françaises.C’est d’ici, en ef-tct.de notre Saint-Jérôme, que partirent les défricheurs et les fondateurs des premières paroisses du nord, dans les Laurentides.Nom-tnons-cn quelques-unes: Saint-Sau-vctir-dcs-Monts, Saint-Hippolyte, Sainte-Adèle, Sainte-Agathe.Et toutes ces choses s'accomplissaient dans des conditions parfois bien difficiles.Aucun chemin de fer ne reliait alors Saint-Jérôme à Montréal : aucun chemin passable n’existait de Saint-Jérôme aux nouvelles paroisses du Nord ! Petit à petit, les routes s’améliorèrent, mais elles devaient être longtemps encore bien imparfaites.Quant au chemin de fer.Mais n'anticipons pas.Abordons la période où Saint-Jérôme et le Nord virent se lever l’aurore d’une ère nouvelle de progrès et de prospérité.AU TEMPS DU CURE LABELLE Le curé Labcllc, le grand colonisateur du nord de Montréal, a été en charge de Saint Jérôme de 18ÔS à 1891.Pendant ses vingt-trois ans d’administration pastorale, il tut, ce ! versant des Laurentides.En gé- qu’on a parfois trop oublié, d'abord prêtic et curé dans tout ce que ces termes comportent de sens élevé, c'est-à-dire dévoué aux âmes, à l'éducation de l’enfance et au bien spirituel de chacun de ses paroissiens.Mais, il fut aussi un grand organisateur et un grand animateur, pour 11e pas dire presque un créateur, dans cette riche et pittoresque région du nord, dont Saint-Jérôme est comme la porte d’entrée vers les Laurentides.C’est le curé Labcllc, plus que tout autre, qui a imprimé l’élan vers le progrès au modeste vilage de 1S6S, devenu ville en 1S81, et qui comptait pas loin de 3,(XX) âmes à sa mort en 1891.Nous ne pouvons entreprendre de résumer ici l’oeuvre gigantesque du curé Lahele.Mais nous voulons rappeler l'élan magnifique qu'il a donné non seulement à notre paroisse et à notre ville, mais aussi, au développement du Nord.Après avoir dit très sommairement où en était ce développement avant l’arrivée du curé Labcllc à Saint-Jérôme, voyons un peu la marche en avant qui s’en est suivie.Le curé Labcllc arrivait ici en t86S.Huit ans après, il avait réussi cette entreprise énorme surtout dans ce temps-là, de la construction d’un chemin de fer unissant Saint-Jérôme à Montréal.Douze ans, après 1S68, vers 1SS0, il est intéressant de savoir ce qu'était devenu Saint-Jérôme.Nous ne pouvons mieux' faire que de laisser parler le curé Labcllc lui-même qui disait ce qui suit dans une brochure sur.la colonisation : “La moitié de la paroisse de Saint-Jérôme, écrit-il, est située dans la plaine et sur le premier aérai, le sol se compose d'un bon- ne terre jaune propre à la culture des grains, des légumes et des arbres fruitiers.Un tiers seulement de notre sol est rocailleux et impropre à cette culture, mais le foin y pousse en abondance.On rencontre aussi de la terre glaise et de la terre grise.On y trouve également des mines de fer et autres.Le niveau du village est de seize pieds au-dessus de celui du Mile-End (la fin du mille depuis la Côte-à-Baron, aujourd’hui rue Sherbrooke, au nord de Montréal).Est-ce à cause de cette élévation du sol ou à cause du voisinage des montagnes, je ne sais, mais l’état sanitaire est des plus favorables.Notre rivière, la "Nord", traverse la paroisse dans toute sa longueur.A deux milles du village et au delà, l'oeil embrasse le plus beau panorama qui se puisse imaginer.La population est de quatre mille âmes, dont dix-huit cents pour le village.“En 1840, on ne voyait là pers-que partout que des forêts vierges.Saint-Jérôme s'appelait le nord et, quand on avait dit ce mot, c’était alors connue le bout du monde.Les commencements, connue ceux de toute place nouvelle, furent laborieux et pénibles.Les hommes qui ont aujourd’hui 40 ans se rappellent le temps où l’on était obligé, pour ne pas mourir de faim, de faire la soupe avec des herbes et des feuilles.Les chemins n'étaient pas ouverts encore, on s’attelait à une petite charrette ou on portait sur son dos un sac de cendres, à des lieues de distance, chez le marchand le plus voisin, qui donnait en retour quelques livres de farine de dualité inférieure à des prix exorbitants.Ces temps étaient durs et difficiles.Les constitutions pour- tant n’en ont pas souffert, car la génération qui survint immédiatement a été forte et robuste."A force de volonté, d’énergie et de persévérance, les colons ont vaincu tous les obstacles et, à mesure que les années s’écoulaient, la paroisse est devenue de plus en plus prospère.Elle a engendré d’autres paroisses qui sont maintenant Sainte-Sophie, Saint-Hippolite, Saint-Sauveur, Sainte-Adèle, Sainte-Agathe, Sainte-Marguerite, Sainte-Lucie, Saint-Donat, sans parler des cantons de Howard, Montcalm, Sa-laberry, Wolfe, Clyde, Grendison et Archambault, qui commencent à s’établir.Ces paroisses nouvelles ont fait la prospérité et la gloire de la paroisse-mère.Ne formant qu’un coeur avec elle, elles ont énergiquement défendu des intérêts qui étaient identiques.C’est là que se trouvent le secret de la vitalité de Saint-Jérôme et la raison des liens intimes qui l’attachent à toute la région du Nord.A l'arrière de Saint-Jérôme, sur une distance d’une centaine de milles, nous avons déjà une population de douze à quinze mille âmes.Saint-Jérôme est le centre commercial de toute cette région.Notre vilage, où l’on ne voyait en 1840 que deux ou trois maisons et un vieux moulin, a progressé au point d’exciter parfois la jalousie de ses rivaux.Il a été, grâce à l’esprit d’initiative de ses principaux citoyens, l’âme de tout le progrès du nord.Il est admirablement situé pour commander plus tard un commerce important et pour continuer à servir de point d’appui à un puissant mouvement de colonisation vers la vallée de l’Ottawa.Toutes les beautés de la nature s’y sont donné rendez-vous.On y jouit de la vue des montagnes, des colines et des bosquets de verdure qui lui font comme une couronne.Notre belle rivière, la “Nord", y coule ses flots, tantôt rapides, tantôt tranquilles, sur un lit de roc, en suivant, l’espace d’environ trois milles et demi, une pente graduée de trois cent cinq pieds.Le bassin, en face de l’église, a une longueur de vingt arpents et une profondeur de trente pieds aux eaux basses.Nos pouvoirs d’eau sont innombrables et peuvent être utilisés toute l’année.Une vingtaine de lacs les alimentent, dont les principaux sont le lac Masson, le lac Manitou, el lac des Sables, le lac Cornu, le lac de la Rouge, le lac Brûlé, le lac Saint-Joseph, le lac Sainte-Marie.La superficie du village couvre plus des deux tiers d’une lieue carrée.Depuis octobre 1876, Saint-Jérôme est relié à Montréal par un chemin de fer qui a son train régulier tous les jours.Il est certain que Saint-Jérôme deviendra avant longtemps une ville manufacturière importante et l’une des meilleures succursales de Montréal pour le commerce.On peut dire que sa position géographique est tratégique." Dans la même brochure, le curé Labellc donnait des précisions sur l'avancement et les promesses d’avenir des localités suivantes: La- ( Suite à la dernière page) Page deux L'AVENIR DU NORD.VENDREDI.17 AOUT 1934.SOUVENIRS par le ixutkur CAMILLE LAVIOLETTE L'honorable Jules-Edouard Prévost, Saint-Jérôme, Que.Mon cher sénateur, - A l'occasion des l'êtes du centenaire de Saint Jérôme, tu me demandes d’ccrirc quelques-unes de mes impressions et réminiscences sur le passé de notre ville.Je me rend* à ton désir et, crois-le, avec grand plaisir, car j'aime toujours ce coin de notre pays où j'ai passé mon enfance.L’étude de ma profession m'a fait le laisser en iXKq pour aller en Europe, particulièrement en Frnn-ce et en Allemagne.Je me rappelle avoir causé avec ton père avant de partir et me souviens des paroles qu’il m’a dites alors: "Je suis très content i>our toi: tu n’es pas bête et ce voyage te sera d'un grand avantage".Le curé I .airelle m'avait donné des lettres de présentation, entr’au-tres pour Paul Reclus, l'éminent chirurgien d’alors et son ami personnel.De retour, je m’installai à Montréal.Je 11e puis donc parler (pic de souvenirs d’enfance et je ne sais vraiment si cela intéressera les lecteurs de Y Avenir ilu Nord.Peut-être que ceux qui restent de ma génération y trouveront quelque agrément.Pauvre génération, il en reste si peu ! 'l'es frères Henri et Paul-Emile, mes amis intimes, par exemple, sont hélas disparus ! De mes réminiscences, l’une des plus anciennes est cependant encore vivace dans ma mémoire.C’est l’incendie de la maison de mon père, située exactement là où est celle qu’il lit construire et qui est maintenant voisine de la tienne.11 était très à bonne heure le matin, au petit jour.Je dormais profondément avec mon frère Sévère dans une grande chambre communiquant, par une porte dont la partie supérieure était vitrée, avec un immense grenier.Cette jxirte était toujours fermée.Nous fûmes éveillés par un fracas de bois et de verre-brisé et d’un jet de feu et de fumée sortit mon père qui nous tira du lit et nous sauva d’une mort certaine.Mon père porta pendant longtemps des marques de blessures aux mains et à.la figure.( )n nous conduisit chez vous où l’on m’habilla de pied en cap Je devais avoir environ cinq ans, peut-être moins.Je me rappelle qu’on m’avait chaussé de grandes bottes dont le bout était garni d’une pièce de cuivre brillant, afin de les empêcher de s’user trop vite.L’art h le en était le père Jos.Desforges qui cordonnait alors pour toute la contrée.C’est lui-même qui, plus tard, me confectionna une autre paire de grandes bottes en cuir pu lent, cette fois, et dont la partie su périeure était ornée en fil jaune-or de la lettre "N”.C’était la botte Napoléon : “Otez-vous de d’là !” Ce que nous étions fiers, mes amis et moi, de porter de telles bottes ! Plus tard, en pleine nuit, du dortoir du collège de Saint-Jérôme, je voyais brider le moulin-à-farine appartenant à mon père.Le fils du meunier Lauzé y périt.Etait-ce avant ou après la facterie où l’on fabriquait des étoffes et des couvertes, et qui fut aussi détruite ?Je ne me souviens pas de ce dernier incendie mais, cependant, je me rappelle de la bâtisse et de son intérieur contenant d’innombrables bassins jxmr la teinture des tissus, des machineries, etc.Elle était située à côté du moulin-à-scie (maintenant la Regent Knitting).De ce moulin-à-scie me revient un souvenir poignant.Herménégilde Longpré, qui y était employé, fut pris dans une courroie et eut un bras et une jambe cassés.On le transporta sur une porte et le docteur Jules amputa le bras et remit la jambe.Ton père était indiscutablement une des sommités médicales de son temps.Il n’y avait pas de chloroforme alors.Herménégilde Longpré devint, après son accident, l’allumeur des réverbères; les rues étaient alors éclairées par des lampes à pétrole, et je le vois encore portant sa petite échelle et son bidon d’huile allant clopin dopant faire sa ronde.Que de choses je revois: la vieille église et son clocher surmonté du coq.Le jubé de l’orgue où nous étions fiers d’aller chanter.J’entends encore I^ouis Labelle, le maître-chantre, et je revois M.Marchand à l’orgue que nous, les jeunes, soufflions péniblement en relais.Le curé Labelle rne réappa-rait dans la chaire.Ce bon curé était quelquefois bien distrait.L’on rapporte que pendant la période deconstruction du chemin de fer, il ordonnait à ses pénitents, assez souvent, de faire un chemin de fer au lieu d’un chemin de croix.Avant la construction du chemin de fer, le seul moyen de communication avec l’extérieur était la diligence et, croyez-moi c’en était une vraie ! LTn "coach” aux couleurs voyantes attelé de quatre chevaux dont le conducteur était Petit Labelle.Avec quelle maestria et quels claquements de fouet il parcourait la rue principale à chaque retour de Montréal ! Et, en face de l’église, je retrouve dans mon souvenir la baraque du père Saint-Michel : bâtisse carrée en bois blanchie à la chaux et qui, relevée, servait de para-pluie LE CENTENAIRE DK SA INT-JEROME REMINISCENCES PREMIER PORTRAIT ou soleil, et qui, fermée, permettait de barricader le comptoir sur lequel le père Saint-Michel nous servait la petite bière d’épinette, "la meilleure, la fraîche, la faite à ma tin", disait-il.Il ajoutait: "Lais se/, la mète !" C’était un épais résidu qui restait toujours au fond du verre.Cette bonne "mère" devait évidemment engendrer de la bière nouvelle.A côté de l’église, naturellement, était le presbytère.Que de fois, tout petit, j’y suis allé ! La mère du curé m’y recevait, m’amenant au buffet i«)ur goûter.Le curé Labelle, ce créateur enthousiaste qui ouvrit à la colonisation toute la région ou Nord de Sainte-Agathe, fut un grand prêtte et un grand homme: les bataillons qu’il arma de haches firent la conquête de la forêt.Après le presbytère, au coin «fila rue, je trouve la maison de M.Charles de Montigny, avocat et bon vivant.Ensuite, votre demeure dont faisait partie fi- bureau du Dilutes : le rendez vous de toute la paroisse.Puis, tout à côté, la demeure du boulanger André Lapier-re dont le chariot à pains était annoncé à chaque porte par le hennis sentent sonore de son étalon, son bel alezan brûlé.Venaient ensuite-nôtre maison reconstruite et où demeure aujourd’hui le docteur Dion ne, le magasin Fournier, la demeure de mon oncle, le docteur de Mar tigny, homme de haut caractère, Le Centenaire de Saint-Jérôme ! Que de souvenirs dans ma mémoire évoquent ces mots ' Souvenirs d'enfance, déjà, hélas ! ¦-i lointains, puisqu’ils datent detout près d'un demi-siècle.Que de compagnons de cette enfance n'assisteront pas à ce Centenaire.beaucoup laissés sur la route, à l'aurore même de leur existence; d'autres, hommes presque faits, fauchés avant l'heure; d'autres en M L’A mu- J.C.r, EOE ER ION cure «le Saint-Jérôme étaient près de la clôture de division, une humble clôture peut élevée, juste assez (mur permettre, en I escaladant, d’atteindre les plus belles pommes.Jointe à l’attrait du fruit défendu, quelle tentation, des deux côtés, offerte à la gent écolière ! En dépit de ma surveillance, que j’exerçais en vrai Cerbère, intéressé à protéger ce bien quasi-familial, des branches brisées attestaient que les pommiers de grand'mère recevaient de temps à autre des visites nocturnes.Quelques pommes de plus ou de moins n'étaient pas pour assombrir sa sérénité d’âme, mais briser les branches de ses beaux pommiers, et, par ce fait, occasionner peut-être leur mort, ça lui causait beaucoup de chagrin."Que tes petits compagnons viennent m'en demander, me disaii-eile souvent, je leur en donnerai tant qu'ils en voudront, mais casser les branches des arbres !’’.Quoique bonne et très indulgente, c’était la une faute qu'elle pardonnait assez difficilement.l’auvre vieille grand'mère, elle ne savait pas encore (pie l’enfance est un âge sans pitié.Mon premier professeur à ce vieux collège de Saint-Jérôme, a « té le frère Dieudonné.Je revois encore sa bonne figure tonde, grassouillette, les pommettes des joues fortement colorées.Il a- l L’EGLISE DE SAINT-JEROME ET LE MONUMENT DU CURE LABELLE médecin généreux et charitable.Et les de Villemure, les Boisseau, les Scott, etc.Un rare assemblage de gentils hommes ayant à coeur le développement «le Saint-Jérôme.Je revois encore la maison de commerce Duchesneau, les maisons de Melçhior Prévost, de Langwell, etc., le moulin-à-farine de ce dernier, si pittoresquement situé sur l'ile et qui existe encore.Saint-Jérôme possédait aussi une fonderie dont M.Alfred La violette était le propriétaire.Vis-à-vis du magasin Fournier se trouvait le pont rouge à l’endroit même où existe aujourd’hui votre magnifique pont en béton.Je me rappelle encore les alertes que la crue des eaux de.la rivière du Nord causait ei je vois un long défilé de tombereaux chargés de pierres que l'on basculait sur le tablier du pont afin de l’empêcher d’être soulevé par l’eau et emporté à la dérive.Saint-Jérôme était alors dirigé par une élite intelligente et distinguée qui le mit sur la v«3ie qui lui a permis de devenir ta ville d’aujourd'hui.Et les femmes d'alors, nos mères, y ont beaucoup aidé.Quelle force de caractère il leur fallait pour suivre leurs maris et les seconder dans leurs efforts pour créer et développer ce pays encore neuf ! Saint-Jérome leur doit une grande part de son progrès : on ne doit pas l’oublier.Mais au point de vue sentimental, le progrès n'a pu pénétrer à Saint-Jérôme sans faire disparaître bien des choses qui nous étaient chères.La plupart des souvenirs, d’autrefois sont disparus.Le progrès est un grand destructeur en même temps qu’un grand constructeur.Il roule sa houle en écrasant et rasant les obstacles.J'admire le nouveau Saint-Jérôme, mais je regrette l’ancien.Docteur Camiu.e LAVIOLETTE * * r core, perdus de vue dans le tourbillon de la vie.Dans ma pensée, je revois encore notre vieux collège, que le feu a détruit en 1891.Situé à l'endroit qu’occupe maintenant la demeure de madame veuve Dr Va-nier, il était, pour l’époque, de dimension imposante avec ses trois étages en brique.Un peu éloigné «le la rue, un jardin, toujours en fleurs, en ornait l'entrée principale.En arrière était notre cour de récréation, qui s’étendait jusqu'à la rivière du Nord, si profonde et si belle à cet endroit.Que de jeux animés, que de débats bruyants, que de disputes enfantines 11'a-t-elle pas été témoin, cette large et spacieuse cour de récréation ! Ebauche de la vie, sans scs déceptions, sans ses déboires, sans ses amertumes ! Voisin du collège, du côté sud, était le château de M.William Gauthier, le Crésus de Saint-Jérôme, avec un verger, riche en vignes et en arbres fruitiers de toutes sortes, qui s'étendait jusqu’à notre cour de récréation.Une haute clôture de planches blanchies à la chaux le protégeait contre nos larcins.A cette protection venait s’ajouter la sévérité inflexible de son propriétaire.Gare à ceux qui étaient pris en flagrant délit de vouloir faire de trop près la cour à ses arbres fruitiers.Du côté nord, était la résidence de ma grand'mère Nantel ayant, elle aussi, attenant à notre cour de récréation, un jardin de fleurs et d'arbres fruitiers.Quelques ixwmiicrs et pruniers _ _ _ Le docteur Camille Laviolette munie d’une immense porte-au-vent est le fils de feu M.Godfroy La- violette, l’un drt principaux citoyens de Saint-Jérôme, de tHy> à .• Le docteur Laviolette a été lour/temps médecin spécialiste à l'asile Saint-Jean de Dieu et il est main tenant à sa retraite à Montréal.vait les yeux bleus et portait une large paire de lunettes.Grande était sa bonté.S’il nous réprimandait.— ce qui arrivait assez rarement, — il semblait éprouver plus de chagrin d’être obligé de le faire que nous de l'être.Le devant (lésa soutane, aussi âgée que nous l’étions peut-être nous-mêmes, était saupoudré de tabac à priser, et de -a poche de côté pendait toujours une partie de son large mouchoir à carreaux blancs et rouges.Pour dissimuler sa calvitie, de longues mèches de cheveux, légèrement gris et ondulés, étaient soigneusement ramenées d’un côté à l’autre sui son front proéminent.Il voulait, sans doute, ayant à faire la classe aux bambins que nous étions, ne pas paraître trop vieux.Caquetterie bien pardonnable, et dont il se serait vite corrigé, s’il l’eut crue répréhensible, lui qui n'était qu’huinilité et sainteté.Il portait bien son nom: frère I )ieudonné.Qu'est-il devenu, ce bon vieux frère ?Après son départ de Saint-Jén'>nie, je n'en ai jamais entendu parler.Je ne doute pas qu’il soit au ciel maintenant.C’est de là qu’il verra se dérouler les fêtes (lu Centenaire de Saint-Jérôme.Un autre dont le souvenir est encore bien vivace dans ma mémoire, c’est le Père Larochellc, alors supérieur du collège.Sous son front bas, perçaient deux yeux d’un bleu clair qui nous le rendaient sympathique.Le pas long •zt rapide, toujours actif, il voyait à tout, s’intéressait à tout.Il était, matériellement et spirituellement l'âme de ce vieux collège, qu'il dirigeait avec une sagacité aimable et une diplomatie rare.Supérieur aux collèges de Saint-Césairc et de Sorcl, après son départ de Saint-Jérôme, il devint, ensuite, curé de Saint-Joseph de Laroy, dans le Dakota Il est mort octogénaire à Sorcl, le 20 août 1923.La nouvelle nais une raison toute personnelle «l’aimer ce bon Père et de m'être toujours souvenu de lui: il a-\ ait été mon premier et mon unique professeur de dessin, au collège de Saint-Jérôme.Régulièrement, chaque semaine, il faisait la visite de nos classes.Il voulait se rendre compte lui-même de nos progrès.Quelques élèves interrogés, quelques devoirs lus, il passait, ensuite, près de nos pupitres.regardant nos cahiers et nos livres de classe, pour voir si nous en prenions bien soin.Il savait que les livres coûtaient cher, et que nos parents, pour la plupart, s'imposaient de rudes sacrifices pour notre instruction.Dans une de ces visites hebdomadaires, mon voisin de pupitre, peu soigneux de ses livres, qu'il n'aimait d'ailleurs qu'assez vaguement, reçut de sa part une réprimande assez sévère.Il ne l’avait pas volée.S’il regardait les miens j’étais perdu.A ma crainte succéda immédiatement le mal.11 prit un de tries liv res, qui était sur mon pupitre, et le feuilleta avec un froncement de sourcils qui ne me fit présager rien de bon.La fatalité m’en a toujours voulu.Le livre qu’il feuilletait était justement celui que je n'aurais pas voulu qu’il vit pour tout l’or au monde.Les marges en étaient couvertes de dessins de tous genres: silhouettes d’élèves, de professeurs, et, pour camblc ch malheur, celle même du Père La rochclle.Je me souvient encore de cet m ci dent comme s’il ne datait que d'hier.Moins pénible m'est de raconter maintenant, que ne furent les minutes qui me parurent si longues — que dura l'examen de ce livre malencontreux.Il le ferma, le remit sur mon pupitre, et, sans m’adresser un seul mot, continua sa visite de classes.Que conclure de ce silence Quelle punition allais-je recevoir ?Autant de questions que je me po sais avec une inquiétude souffreteu se.La réponse à ces points d'interrogation 11’allait pas tarder, Le lendemain, qui était un jeudi jour de congé, dans l’après-midi pendant que j’étais à jouer, un élè ve vint me dire que le Père Laro-chelle me faisait demander à soi bureau.Je pensai immédiatemen à sa visite de classe du jour précé dent.Je me rendis chez lui le coeur mal à l'aise.Et c’est d'une main tremblante et l'esprit troublé que je frappai à sa porte.Il me cria d'entrer.Sa voix m'avait paru être plus grave, plus brusque qu’elle l’était d'habitude.Mauvais présage, pensai-je en moi-même.Mais je vis, peu après, que je n’avais été que le jouet de mon imagination, il me lit asseoir.Et, me regardant avec un sourire rassurant, il me demanda si au lieu d’étudier mes leçons et d’écouter les explications de mon professeur, je passais mon temps à couvrir de dessins la marge de mes livres comme ceux qu’il avait vus à sa visite de la veille.Je ne sais au juste qu’elle fut ma réponse.Je ne lui en ai donné aucune peut-être, craignant de m’incriminer.Il se leva et sortit d’une armoire, non une férule, mais un large cartable qu’il ouvrit sur sa table.Ce cartable renfermait nombre de dessins de tous genet's.Quelques-uns — et des plus beaux — portaient sa signature “Paul Laro-chelle”, dessin qu’il avait faits quand il était élève au collège de Saint-Laurent.J’ai, depuis, en Europe et ailleurs, visité beaucoup de musées d'art et de galeries de peinture ; j'ai vu de véritables chefs-d’oeuvre, et en assez grand nombre, mais aucun ne m’a procuré une émotion plus profonde, une joie plus vive et une admiration plus grande que la contemplation de quelques-uns de ccs beaux dessins au crayon.Un, entre autres, le portrait du grand peintre Rubens, le plus beau parmi les plus célèbres, captiva mon admiration.Je le revois encore ce magnifique portrait, que la gravure a popularisé, avec son large feutre, planté de côté sur cetïe tête superbe, portant moustache relevée et barbiche soyeuse, si caractéristiques aux artistes de toutes les époques et de tous les pays.Et ce chef-d’oeuvre — pour moi c’en était un — portrait la signature de “Paul Larochellc”.Cette visite, que j'avais tant redoutée, s’était changée en une joie dont le souvenir si doux ne s’est jamais effacé de ma mémoire.Attendri probablement par la joie que m’avait procurée la vue de cette véritable galerie de dessins, jointe à mon admiration si ouvertement exprimée, et, aussi, pour m’enlever la tentation de barbouiller la marge de mes livres de classe, le bon Père Larochellc m’offrit l’usage d’une chambre où je pourrais, sous sa direction, dessiner durant les jours de congé.M’aurait-il offert un trésor que je n'aurais pas été plus heureux.J'allais donc pouvoir donner libre cours à mes goûts artistiques naissants.Quels beaux rêves de gloire ont dû naître alors dans mon âme ! Je me voyais grand artiste, l’égal de Rubens même, peut-être, que sais-je ?Rêves éphémères qm: les années ont dissipés comme l'ombre et la fumée.La vie est-elle autre chose qu’un rêve, qu'une illusion ?Une fois installé dans ccs pièce, que j’appelais mon studio, la première chose que je demandai au Père Larochellc de me permettre de copier fut le superbe portrait du grand peintre Rubens, qui avait tant charmé mes yeux.C’était commencer par la fin.Mais sa Tél.public 39-40 Tél privé 160 ten® 279, rue Labelle St-Jérôme Tél.public 467 Tel.privé 26 HOTEL CHEZ A.MAURICE 19, rue Principale Sur le bord du lac SAINTE-AGATHE DES MONTS L.O.TAILLON Epicier et Quincaillier Epiceries de choix, Fleur et Grain, Ferronnerie, Vaisselle, Peinture, Vitres, Huile, Gazoline, etc., etc.Coin des rues Labelle et St-Georges Tél.No 114 ST-JEROME Ü Courtoisie de Chez José Enr.1 Horace Limoges, Prop.de son décès, que j'appris par les journaux, me causa un vif chagrin, bonté ne voulut pas me refuser ce % Restaurant et Journaux 3| 350, rue Labelle Tél.290 Ê ^ LEMAY FRERES Fabricants de Liqueurs Douces Successeurs de Antoine Desjardins La plus ancienne fabrique du genre au nord de Montréal REPRESENTANTS DE LA fameuse Eau de Javelle “Javel-O” Tél.No j20 177, rue Laviolette Saint-Jérôme -t-H-h-i-t-t-M-M-t-I-H-r-M-I-l'l' 1 M Vfj.Le plus beau et le meilleur choix d’HABILLEMENTS vous le trouverez chez .J.E.LEDUC Maison fondée en 1894 || La marchandise étant achetée d’avance, les prix sont des plus bas.:: 30, Ave.Legault Téléphone 56 Saint-Jérôme;: L’AVENIR DU NORD, VENDREDI, 1; 'AOUT 1934.Page trois plaisir.Il faut croire que cet essai difficile, une fois achevé, 11’é-tait pas trop mal, puisque le Père Larochelle, peu prodigue de compliments, osa m'en féliciter.Premier succès, première joie.Nous étions dans l’automne de 1883.Saint-Jérôme se préparait à célébrer le cinquantième anniversaire de son curé, qui n’était autre que celui que l'on appelait déjà un peu partout le Grand Apôtre de la colonisation, le Roi du Nord.C’était le grand évènement du jour.Tous paroissiens, du curé Labelle, sans exception, voulaient, pour souligner cette date, une fête imposante, grandiose, colossale comme l’était la stature de celui qui devait en être le héros.Un jeudi après-midi, pendant que j’étais à dessiner, le Père Larochelle vint me voir.Me montrant une photographie du curé Labelle, il me demanda si je voulais bien essayer de la copier grandeur nature.Que ce portrait, si je le réussissais, pourrait être encadré et orner la salle du presbytère, où devait avoir lieu le banquet donné à l’occasion de ce cinquantenaire.J’acceptai avec plaisir et sans aucune hésitation.Quand on est jeune on ne doute de rien.J’escomptais,il va sans dire, l’aide du Père Larochelle que je considérais comme un artiste consommé depuis le jour où j’avais vu les magnifiques dessins qu’il avait faits pendant qu’il était écolier.Je me mis à l’oeuvre immédiatement et, durant toute la semaine qui suivit, je n’eus l’esprit obsédé que par le chef-d’oeuvre qui devait naître de p on travail.Une semaine s’était à peine écoulée, que le portrait était quasi terminé.J’avais lu que Léonard de Vinci avait pris sept années à peindre sa fameuse Mona Lisa, connue sous le nom de “La Joconde”.Je m’étonnais qu'un si grand maître eut pris tant de temps à peindre un portrait.Son modèle, à ce que dit l’histoire, était, il est vrai, une femme d’une rare beauté.Le Père Larochelle trouva que j’avais été un peu vite en besogne.Tout de même, ce portrait, dessiné si rapidement, ne lui déplût pas.“Ça n'est pas mal”, me dit-il.“Ça n'est pas mal”, dans sa bouche, équivalait presque à un éloge.Je le savais.Après quelques retouches, qu’il m’indiqua, je mis le portrait à point, et mon idée, ensuite, fut d'aller l’offrir comme cadeau à la vénérable mère du curé.Trois ou quatre jours après, mon portrait sous le bras, je frappais à la porte du presbytère.M.Pierre Pelletier, le vicaire, vint m’ouvrir et me demanda ce que je désirais.Après lui avoir expliqué le but dénia visite, il alla chercher madame Labelle.Petite, vêtue de noir, portant un bonnet de dentelle, d'un pas menu, effacé, elle entra, me regardant avec des yeux inquisiteurs.M.Pelletier lui dit que je lui apportais un cadeau.J’enlevai la gazette qui recouvrait le portrait.Sa figure ridée, en le regardant sembla s’illuminer de bonheur.On sait qu’elle affection profonde et quelle admiration indicible elle avait pour son fils.Elle nous laissa pour revenir presqu’immédiate-ment après.Elle me prit la main et y glissa un dollar, qu’elle avait soigneusement plié en quatre, me disant de mettre cela dans mon gousset.Et, pour m’exprimer davantage tout le bonheur que lui procurait ce cadeau, elle m’embrassa.Je sortis du presbytère heureux.Il y a des souvenirs qu’on n’oublie jamais.Celui-là en est un.Le soir du banquet, qui eut lieu le 28 novembrç 1S83, ce portrait occupait une place d’honneur sur un des murs du vieux presbytère.Quelques convives, me rencontrant après* m’en félicitèrent et me prédirent un brillant avenir artistique.' Un autre rêve qui ne s’est pas réalisé, et combien d’autres ! Qu’est devenu ce portrait ?On m’a dit qu’il avait été vendu à l’enchère avec d’autres effets appartenant au curé Labelle, après sa mort, survenu en janvier 1891.Quel que soit le sort qui lui a été réservé, à cc- premier portrait s'attache un souvenir que le temps n’a pas effacé et n’effacera jamais de ma mémoire.J.-A.BEAULIEU LE CENTENAIRE DE SAINT-JEROME DELA DE LA MER ET DU TEMPS A l’évocation de ma lointaine petite patrie: Saint-Jérôme, le lumineux golfe méditerranéen, sur les bords duquel j’ai planté ma tente avec le compagnon de mon choix, se mue en une rivière argentée, sinueuse, au nom arctique : la rivière du Nord.Sur ses rives est blottie une petite ville silencieuse, pittoresque, — sentinelle au pied des Laurentides, — les belles montagnes vertes qui parent la province de Québec, et qui ont une certaine ressemblance avec la chaîne des Maures de Provence, dont j’aperçois les courbes gracieuses au fond du golfe de Saint-Tropez.Dans ses rues fraîches, dont les érables majestueux forment une voûte de cathédrale, se trouvent, impondérables, les trésors les plus précieux que rien ne peut remplacer jamais: les souvenirs d’enfance et de jeunesse.Au coeur de la ville, la vieille église aux pierres patinées, remplacée aujourd’hui par un temple plus somptueux, abritait, aux heures des offices, dans scs jubés sombres et mystérieux, d’un côté, les fillettes du couvent, et de l'autre, les garçons du collège, se jetant des regards furtifs et curieux.Le bas de l’cglise, là, où on louait les “bancs”, était réservé à des personnages considérables: les grandes personnes.Au cours des cérémonies du culte, toutes ces têtes brunes ou blondes devenaient plus sérieuses, ressentant inconsciemment l’idéal qui se dégage toujours des rites religieux.A côté de l’église ,habillé lui aussi d’une vieille robe de grisaille, le couvent.Dans la salle d’études des brochettes de clairs visages aux yeux bleus, noirs, pers, noisette.Albertine, Marie-Josèphe, Esther, Yvonne, Marie-Rose, Sarah, Blanche, Thérèse, Alice, Georgine, Estelle, fillettes aux tresses brunes ou blondes, compagnes rieuses de ma jeunesse, vous souvient-il des leçons récitées devant Soeur Marie-Lucile, si menue et si charmante ; des devoirs échangés : “Fais-moi mon problème, je ferai ta composition”; des coups de règle de Soeur Albertine sur le pupitre pour rétablir le silence dans cette ruche bourdennante; des récréations toiles dans la cour ; des distributions de prix, égayées de cantates et de compliments et présidées si paternellement par Monsieur le curé La-fortune ! Les sorties de elasse ressemblaient à un envol d’oiseaux.Des oiseaux audacieux, voulant essayer leurs ailes trop vite.Un soir d’hiver, entr’autres, — il faisait nuit noire à cinq heures, — cinq de mes camarades et moi hélions un charretier qui passait a-vcc un long traîneau chargé de “billots.” “Emmcnez-nous faire un petit tour, M’sieur.” “C’est correct.— Embarquez.” Nous voilà hissées à l'arrière sur les troncs dépassant le traîneau et “en route”.Tout alla bien jusqu’à la sortie de la ville, mais que se passa-t-il alors dans l'esprit de notre automc-don ?Il lança ses chevaux à fond de train, sur la route du cimetière, qui longeait la forêt ouatée de neige et pleine de mystère.Une peur folle s’empara des amazones intrépides que nous étions quelques minutes auparavant.Nos cris ne faisaient que redoubler l'ardeur du cocher à pousser scs bêtes.L’une de nous prit une décision w/mm LE POSTE DE POLICE ET DES POMPIERS LE PALAIS DE JUSTICE DE SAINT-JEROME héroïque: "Il faut nous laisser glisser par terre”, et Six boules roulèrent sur le chemin neigeux.Meurtries, grelottantes, penaudes, nous regagnâmes le centre de la ville, avec l’impression d'avoir échappé à un grand danger.Jamais plus un conducteur de “billots” n’eut l'honneur, en passant devant le couvent à la sortie des classes, d’entendre des gamines délurées lui réclamer un “petit tour”.Et les promenades autour du “carré” ! Les arrêts à la librairie Prévost, yeux écarquillés devant les étalages, surtout à l’époque des fêtes.La complaisance de M.le sénateur Jules-Edouard Prévost à guider la fillette avide de lecture que j’étais alors, dans le choix de ses livres, et à lui prêter les volumes qui pouvaient enrichir son esprit sans le fausser.La jolie maison familiale, au verger dévalant jusqu’à la rivière, nous attendait chaque soir.Nid douillet, où une tendre maman distribuait la pâtée aux sept bambins de sa nichée.Notre père, souvent en longues randonnées dans ses belles montagnes pour la visite des écoles dont il avait la charge, revenait avec de belles histoires, des projets de pêche, et des soucis au sujet de son jardin, si pimpant, si ordonné, où, ses amies les fleurs l’attendaient pour le remercier par leur parfum et leur éclat, des soins qu’il leur prodiguait.La grande .récompense de nos travaux scolaires, aux beaux jours, était la permission d’aller écouter la fanfare, qui sous l’habile conduite du Dr Henri Prévost, exécutait dans le kiosque en face de l'église, des morceaux de choix qui charmaient tous les jérômiens d'alors.Et toutes les réjouissances de l’hiver: parties de patinage, de “traîne sauvage”, de glissades en traîneau dans la côte devant la maison, où nous inaugurâmes un jour, mes frères, soeurettes et moi, une glissade avec les chaises de la salle à manger, renversées sur leur dossier, cpii nous valût une correction méritée de notre mère, outrée de voir ses belles chaises rouges traîner dans la neige.Aux fêtes de la Noël et du tous de l’An, l’oncle et la tante Beaulieu groupaient dans leur maison hospitalière tous les membres de la famille.Ces liesses, présidées par Monseigneur Nantel, l’oncle vénérable, respecté de tous, étaient prétexte à mille divertissements et gâteries pour les nombreux cousins et cousines qui y prenaient part.C’était ainsi dans tous les autres foyers jérômiens.Belles families canadiennes, comme le coureur romain, vous passez le flambeau à ceux qui vous suivent, qui le transmettront, à leur tour, à leurs descendants, pour garder intacts les traditions et les espoirs de la race.Chère petite pat rie de ma jeunesse, tu abrites à l’orée de la forêt verte qui te fait une ceinture d'érables et de sapins, un champ de repos où dorment des êtres chers.Dans le frisselis du vent, une pensée émue va vers ces tombes lointaines.C’est la mienne.Louise-A.NANTEL-SÔRRIAUX Saint-Tropez, juin 1934.* * • Madame I,.Sorriaux, née Al-phonsine Nantel, est la fille de feu M.Pacifique Nantel, inspecteur d’écoles.Elle vit en France depuis 1912.Mariée^ elle habite à Saint-Tropez (Var), un coin enchanteur du beau pays de France, mais elle reste attachée au Canada et en particulier à Saint-Jérôme comme le démontre son charmant article où elle évoque des souvenirs de jeunesse.DOUCES REMINISCENCES LE JARDIN DE L’ENFANCE DES SOEURS GRISES En regardant en arrière dans l’histoire de Saint-Jérôme, aussi loin cpie me le permet ma mémoire, je vois un endroit qui garde une large place dans ma pensée et dans mon coeur: le Jardin de l’Enfance des Soeurs Grises.Tant de souve nirs charmants se rattachent à cette maison, hélas disparue, détruite par le feu.Sous le même toit hospitalier, cet "asile” que je pourrais appeler familial abritait les enfants du jardin de l’enfance et les vieux de l’hospice.Etrange rencontre d'une jeunesse au matin de la vie et de vieillards à la veille du départ définitif.Une même charité discrète, un même dévouement radieux inculquaient aux petits écoliers les premières connaissances, la notion des premiers devoirs, et procuraient aux vieux indigents les heures douces et sereines d’un beau crépuscule.Sur la partie nord du terrain, occupé maintenant par les religieuses de Sainte-Anne, il y avait une longue maison de brique ; toit angulaire, trois étages.Celui du milieu était occupé par les gamins et gamines de 6 à 10 ans.C’est la génération qui, aujourd’hui, a environ 50 ans.Jérômienncs, toujours jeunes, puisque la brise légère et parfumée des montagnes vous a conservées telles, et nous tous, Jérômiens, qui fréquentions le Jardin de l'Enfance vers 1892, allons ensemble faire un pèlerinage à cet endroit où, tout petits, nous avons appris à épeler BABA — BIBI — BOBO.Les choses que nous voyons avec nos yeux d’enfants nous semblent immenses.Plus tard, lorsque nous les revoyons avec nos yeux d'hommes, ces mêmes choses nous semblent rapelissées.La salle principale du Jardin de l’Enfance était divisée par une cloison d'environ six pieds de hauteur: d’un côté, les filles; de l’autres, les garçons.Eh bien ! cette salle, je la voyais grande, à perte de vue., avec les proportions d’une aréna gigantesque.Je la reverrais aujourd'hui qu'elle me semblerait petite.C'était là que, chacun de notre côté, nous allions en classe, là que nous marchions en cadence à la tile, les bras tendus, les mains sur les épaules de notre voisin, en chantant : Un seul Pieu tu adoreras Ht aimeras parfaitement A l'heure du dîner, assis sur nos petits banc.s adossés au mur, nous voyions apparaître des planches vernies soutenues par des chevalets, puis les gobelets et les assiettes en fer blanc ! Habituellement, nous attaquions les plats avec entrain, mais, un jour, le parfum du dîner nous avait inspiré une certaine inquiéture et nous hésitions., lorsque la Soeur Aubry vint à nous avec une expression de grande surprise.“Comment ! vous ne mangez pas de ce bon plat, mais c’est de la dinde, de la dinde absente.Voyons, mangez vite !” Comment ]>ouvions-nous 11e pas manger de la dinde absente ?Notre foi naïve et notre appétit aidant, nous vidâmes nos assiettes, pendant que mon voisin me soufflait à l’oreille : “c’est pas de la dinde absente, ça, c’est de la fricassée !” C’est aussi dans cette grande salle que nous prenions nos ébats durant la récréation.Nous étions u-11e centaine d’écoliers d'un côté de la cloison et autant d'écolières de l’autre côté.La Soeur Aubry dirigeait tout ce bataillon avec son bon sourire.Elle le dirigeait avec douceur, mais avec une incomparable maîtrise.Lorsqu’elle nous disait: "J1 y a aujourd'hui 95 garçons et 06 filles; voyons mes enfants, ne pouvez-vous pas venir plus nombreux que les filles ?Allez-vous vous faire battre en nombre ?Avez-vous peur de la pluie ?” Alors nous sentions dans 110s poitrines une poussée de combativité.Nous faire battre par des filles ! non, jamais ! et nous nous réveillions le lendemain matin bien décidés à nous rendre à la classe coûte (pie coûte, beau temps, mauvais temps, malade ou non.Soeur Aubry avait le tour de faire de nous ce qu’elle voulait en développant le sentiment de fierté.Admirable Soeur Aubry ! Elle avait une figure de madone, mais de madone bien vivante.Aucune personne au monde, à part ma mère, ne me semblait aussi belle ! La salle adjacente au préau était la salle des gradins.Nous avions là certaines classes.Ainsi l’histoire sainte.Chaque leçon était illustrée par une image coloriée qui fixait l’épisode dans notre mémoire.Et le soir, nous la racontions dans 110s familles comme une information de la dernière heure: "Imaginez-vous, papa, qu’Abraham a été sur le point de tuer son fils” -"Il ne l’a pas tué” ?, questionnait mon père.— "Non, heureusement qu'un ange a arrêté son bras !" Là aussi avaient lieu les séances, et c’est pour une de ces représentations que, trois ou quatre élèves, nous avions laissé allonger 110s cheveux dans le but de les friser et de paraître dans un rôle de pages.C’est en vain qu'aujourd’hui nous tenterions le même effort.La visite des commissaires d’écoles prenait place au même endroit.Un jour d’examen solennel, mon père avait demandé: “Qu'est-ce qui pèse le plus, mes enfants, une livre de plomb ou une livre de plume !” Nous nous étions tous écrié avec beaucoup d’assurance: “Une livre de plomb”.— Mes compliments, ma Soeur ! dit mon père.Et riant, elle aussi, la Soeur supérieure lui montra son poing.Fins tard, à l’âge de dix ans, nous descendions en bas, au pensionnat.A cet âge, les caractères d’enfants devenaient un peu plus difficiles.Aussi la Soeur Mirault usait-elle de moyens plus énergiques.Une exécution avait fort impressionné nos jeunes malins et inspiré une crainte salutaire.Pour une fredaine quelconque, un nommé Beaudet avait été invité à aller casser une hart pour son propre châtiment.A son retour, l'instrument de supplice n’avait pas été jugé suffisamment fort, car le coupable n’avait rapporté qu’une branche minuscule.“Beaudet, retournez au bois et rapportez une bonne grosse h art”.Mais ce ne fut qu’au troisième voyage que la branche fut trouvée satisfaisante.Beaudet dût, devant ses camarades, enlever son pantalon.Une paire de caleçons, heureusement, protégeait la pudeur et.Barrière-partie de la victime.Il y avait, il est vrai, des heures tristes où nous hantait le souvenir de la maison et de la maman, mais il y avait aussi des heures gaies, et c’était le plus grand nombre.Un évènement sensationnel, un soir, se produisit.Pendant que nous étions assis sur nos petits bancs tout autour de la salle, après la prière du soir, la porte s’ouvrit et nous vîmes apparaître la figure joviale du Rév.M.Lafortune, cousin du curé, et desservant de la paroisse pendant l’absence du pasteur.“Je viens vous voir, mes petits enfants, vous permettez, ma Soeur ?” Et, sans attendre la réponse, il ouvre une grosse boîte de bonbons, s’installe et se met à nous raconter : “Une de perdue, deux de retrouvées”.Nous étions suspendus à ses lèvres; l’héroïsme des nègres Tim et Torn qui défendaient si courageusement leur maître, nous séduisait, nous y rêvions la nuit.Il vint ainsi plusieurs soirs, et, comme un roman-feuilleton, cette histoire dura longtemps; nous aurions voulu qu’elle durât toujours.Comme pour tous les enfants de cet âge, le moment important de la journée était la récréation.Les jours ordinaires, elle se prenait dans la cour: grande plate-forme de bois.Un des sports favoris était de jouer aux chars.Guillaume Beaulieu était le propriétaire, le président, en un mot, le magnat du chemin de fer.Aussitôt après le dîner, on entendait Guillaume crier : “All aboard, ding, ding.” La locomotive était représentée par un des plus grands qui se passait des cordes en arrière du cou et sous les bras ; les passagers s’entassaient entre les deux cordes que tenait le conducteur à Barrière.Les stations, Chaises Assécheurs Machines Permanentes Tondèuses Rasoirs Ciseaux Courroies Lotions Parfums Crèmes Blaireaux Lames Etc.BARBIER (4 Chaises) Dépositaire d’accessoires de Barbiers et de Coiffeuses Gros et détail 341a St-Georges Téléphone 349 SA IN7-JEROME Ne l’RKNEZ Ï’AS DE CHANCE AVEC VOS YEUX 0/0ATM ET Consultez notre optométriste-opticien licencié 25 noureaux modèles de montures arec ou sans tour A VOTRE CHOIX HENRI J.LE JOUR Ex-Optométriste à l'hôpital Notre-Dame de Montréal Equipé aveç des instruments des plus modernes pour examen de la vue.HF.UHES I)M Bl'HMAU : l) A.M.à !> R.M.tous 1rs jours diiiuinehu excepté.321, Rue ST QEORGES TELEPHONES 117-124 ST-JEROME Porte voisine du Théâtre Rcx y.TELEPHONE 226 LEVY VAUQUETTE EPICERIE LICENCIEE RESTAURANT et MARCHANDISES SECHES , .485, Rue LABELLE SAINT-JEROME ’ • 4 vec les compliments de JOS.GAUTHIER Agent autorisé des automobiles Buick, Pontiac, Graharrç-Paige, Ford Téléphone 66 94, rue Saint-Georges 7 SAINT-JEROME Manufacture de Portes et Chassis.Tournage, Bois préparé de toutes sortes ELTE 1V1EU1MTE|R Fabricant de la fameuse Table de jeu ” DIAMOND GAME ” Toute commande sera exécutée dans le p'us court délai possible Téléphone : Manufacture, 27w — Résidence, 27j Ave.Meunier St-Jérome :ZXZZXZXXXXXZXXXZXXXZZZZZXZZZXICZXXXXZZZZI I LE MAGASIN REGENT 5-10-15@ M m ainsi que son personnel se réjouit de pouvoir participer aux belles et grandes fêtes du centenaire de Saint-Jérôme et de pouvoir souhaiter la plus cordiale bienvenue à tous ses clients anciens et nouveaux.Le Magasin Regent continue toujours, comme par les huit années passées, à donner entière satisfaction.Notre devise est toujours la même ; nos.prix sont des plus bas ; un seul prix pour tous nos clients.Bienvenue à tous J ri MAGASIN REGENT Ttnm rage quatre L’AVENIR DU NORD, VENDREDI.17 AOUT 1934.c’étaient les arbres ; les billets, ties carrés de carton.Et nous courions ainsi autour de la cour.En route, quelques passagers, qui ne pouvaient suivre 1 allure endiablée 'le la locomotive, tombaient, 1 ar un effort d’imagination, nous réussissions à nous persuader que nous étions de véritables passagers a boni «le véritables trains.Mais, lorsque la locomotive, en grande vitesse exécutait des virages violents et faisait chavirer la grappe humaine, on entendait la cloche de la surveillante l>our avertir tic modérer l’allure «le la course et, parfois nous étions condamnes au silence pour quinze minutes a 1 ombre d’un des beaux arbres de la cour C’était la désorganisation temporaire de tout le système de voies ferrées.Déjà la question des chemins tic fer devenait angoissante dans notre pays ! l'n jour, Salvador Rodier nous dit; “Mes vieux, ça c’est un train pour rire, mais, moi, je demeure .1 côté de la station du Pacifique et je suis l’ami d'un conducteur qui m’a donne un véritable petit tram avec une petite locomotive et de petits wagons.Une vraie locomo tive à vapeur et de vrais cliars av.ee ties roues.îles portes et îles chas sis”.Mais, demandions-nous a Salvador tie nous amener voir son petit train, il nous remettait au leu demain ; lé train était toujours par li pour Sainte-1 licrèsc ou Saint [anvicr.Nous nous doutions bien que ce fameux petit train était un mythe, mais nous aimions à en vn-tendre parler.Combien de fois lui demandions-nous : — Quelle grosseur ont les roues: — Hautes comme ça !.— A quelle vitesse va-t -il ?— Au moins cent milles à I heure ! Salvador trouvait réponse à tout, il avait une mentalité de candidat politique, car il savait blaguer, et nous étions déjà de précoces .électeurs, puisque nous aimions à le croire.Rien ne semble pouvoir éclipser la sérénité de ces jeux enfantins.Et pourtant, en cherchant encore dans notre mémoire, nous nous revoyons tous, aux jours de grand congé, groupés sur le Cap I inoubliable Cap, dont nous (xmrrions di re avec Lamartine: Mon oeil trouve un ami dans | tout cet horizon, Chaque arbre a son histoire, et [chaque pierre un nom.Les roches de cette colline, pour nous, écoliers, jouaient toutes un rôle elles devenaient notre propriété.Une petite sinuosité représentait la cuisine, une autre, le salon; et |K)iir un ImuiIxiii ou |N K 404 SAINT-JEROME MARCHE DU PEUPLE G.VALIQUETTE.Prop.CHOIX VIANDES FRUITS ET LEGUMES POISSONS DE TOUTES SORTES Entrepôt frigorifique d’une capacité de 400 barils.Installation des plus modernes.Espace à louer, pour conservation de Viandes, Fruits, Légumes, Etc., — à taux raisonnable.UNE VISITE EST SOLLICITÉE.560, Labelle TEL.97 St-Jérôme TTTTTZZXZXZZZZZZZZZZ: ADELARD BEAUCHAMP EPICERIE LICENCIEE 639 RUE LABELLE TELEPHONE 123 SAINT-JEROME du village et de faire demi cercle autour «lu poêle «le la cuisine.i’ar des froids de Sibérie, malgré nos briques chaudes, nos l>ottines «le drap doublées de fourrure et nos gros chaussons de laine avec «les semelles piquées, nous avions l’onglce aux pieds et aux mains; il fallait souvent dégeler un «jrteil ou un pied en les trempant dans un bain d’eau froide.Quelle distance entre nous et les voyageuses aux bas de soie «le 1934 ! Réconfortées par une tisane chaude nous nous remettions joyeusement en route jusqu’à l'arrêt suivant.Vous en concluez facilement «iu’un voyage aussi compliqué ne se faisait pas en deux heures.Je me souviens même d’être partie, 1111 jour, «le Montréal, à sept heures du matin, par la diligence «lu père Labelle, et d'être arrivé à Saint Jérôme au son des cloches pour la messe «le minuit, veille «le Noël, i860.J'oubliais «le mentionner «pi’à l’âge «le dix-huit ans, l'âge de la coquetterie, nous avions soin «K hanger «le coiffure et «le costume, avant «l’arriver chez nos parent montréalais, afin de 11e pas être pris pour «les habitants du pole nord.Le terminus de la diligence était au marché lion secours, c’était h: point «lu départ et de l'arrivée.En été le voyage n’était pas aussi compliqué, mais il était encore assez long, car nous avions la grande ligne «le sable à traverser entre Sainte-Thérèse et Saint-Janvier ; à certains endroits les roues en fou çaient dans le sable jus«|ti’à moitié, les chevaux, blancs d’écume, 11c marchaient qu’au pas.Inutile «l’ajouter que dans des conditions aussi difficiles, le voyage ne se répétait pas bien souvent : deux ou trois fois par année; aussi, quand nous avions un voyage Montréal en perspective, v songions nous mi mois à l’avance.I.a diligence tout «le même, mal grc les nombreuses péripéties, faisait le voyage tous les jours, puisque c’était le seul moyen de locomo tion pour transporter le courrier.Ah ! combien, depuis soixante ans, le modeste et calme village de Saint-Jérôme a évolué ! Comme il a prospéré, pour devenir enfin cette ville vraiment nu>-derne dont 110s ancêtres seraient c-merveillés ! Anna LAVIOLETTE-DORION mette enflammée sur un rouleau et faillit mettre le feu au théâtre tout en brûlant les douze apôtres, Ju«las y compris.Pour se distraire, on faisait de la photographie en amateur ou «les excursions à pied ou en voiture.Parfois, la "bande” allait donner un spectacle à Joliettc et c’était tout un événement.C'est au cours d'un voyage à Juliette que j'avais chanté aux amis — il n’y avait pas de dames — la “barcarole” «le Marie Thérèse.Le sénateur Prévost doit s'en souvenir encore, car il a failli mourir de rire.C’était vraiment le bon vieux temps où l'on vivait heureux à peu «le frais et sans cérémonies.Je n'ai passé «pie quelques années à Saint-Jérôtne, mais je les compte dans les plus belles «le ma jeunesse.X'est-ce pas là que j'ai eu ce plaisir tout particulier de voir ma “prose” imprimée [xiur la première lois, en i8«>8, dans 1'./venir dn Nord, «jui avait,fait ses débuts l’année précédente.Que c'est loin, mais quels doux souvenirs ! C’est là aussi que je suis venu m’établir avec ma toute jeune femme d'uuc journée «lans une petite maison «le la rue Labelle.La vieil le maison est encore debout, entourée du iardin où j’ai tenté des essais «le culture, «lu reste malheureux.Seules les tomates pouvaient venir dans ce sol aride et cultivé par «les mains malhabiles.J’y passe souvent en auto et, quand cela arrive, nous échangeons, ma femme et moi, un court regard «le joie et aussi «le regret.Pourquoi n’a-t-on pas toujours vingt ans ?Je ne terminerai pas cette incomplète chronique sans relater un incident qui m'a fortement frappé et m’a fait comprendre le caractère «le anciens” canadiens que Gaspé est & SALON RENE EXPERT EN COIFFURE SpiVialib’: ONDULATION PERMANENTE 175 RUE SAINT GEORGES TELEPHONE 311 SAINT-JEROME La pharmacie de confiance depuis plus de 54 ans Pharmacie St-Jérôme R.1)1 MOUCIIEL, Pharmacien-licencié A ssorliment le plus complet de produits pharmaceutiques français.Cigarettes, Films, Parfums, Poudres, Kodaks, Chocolats.Prenons commandes pour fleurs naturelles.Téléphone 50 314, rue Labelle, St-Jérôme.Phi- mort SOUVENIRS D’UN JEROMIEN D’ADOPTION Le temps, qui embellit nos souvenirs ou efface la mémoire «le nos épreuves, nous fait voir en rose ce qui s’est passé il y a trente ou quarante ans et c’est pourquoi notre mémoire chérit ces jours et les qualifie de "bon vieux temps".J’avais une vingtaine d'années quand je suis arrivé à Saint-Jérôme, et c'est avec un intime plaisir que je revis cette période d’une jeunesse joyeuse et tant soit peu turbulente.Dès mon arrivée dans la petite ville .ir F Soeurs de Sainte Anne f ^ A I I k>'fh M 4 /I A jAr ' O A AA CA I , , A *.mm Ik CA A I m% 4 I /i 1 A fM ^ I I A w -X-iîlS -VU>:^ il! Ill mso méSi vais, ne point il pas ne pas venir en relations très étroites avec un chro niqueur aussi célèbre que Claude Itâcle.De là, mon amitié profonde pour un homme de lettres ralTiné, pour un journaliste de l'ancienne école, |xmr un vieux jérôtniens.C'est avec M.J.-E.l’révost que j’ai aimé la littérature, la vraie, la bonne.Que d’heures précieuses j'ai respi lées avec la poussière des vieux li vres dans son admirable bibliothèque, l’une des plus riches peut-être du Canada français.A l'époque, elle se trouvait au-dessus de son imprimerie en face du carré La-belle.J'ai vécu là les beaux moments de ma jeunesse à l'humeur si vagabonde.C’est au milieu des livres et au centre même d’un grand passé que j'ai scellé la plus chère amitié dont je tire orgueil et honneur.Je me dois de l'écrire dans son journal: il est possible que des divergences d’opinions politiques (vieille défroque du reste dont je me suis tôt défait) nous aient un moment séparés, M.Prévost et moi, mais l’incomparable lien des livres m'a ramené presque aussitôt à la sapesse d'une amitié profonde que la mort même n'ell'acera pas.Je ne veux point faire de l’histoire sentimentale, mais je ne peux me défendre d’écrire que M.J.-E.Prévost personnifie le vieux Saint-Jérôme.les hommes de lionnes volonté du temps du curé Labelle, géné ration, certes, qui ne fut pas sans défauts ni sans péchés, mais dont les admirables qualités de patience, de courage, de ténacité, d'attachement au sol et d’amour à la patrie sont encore ce tpr'il y a de plus grand, de plus durable et de plus sacré dans l'histoire.Et lorsque, plus tard, i écrivain si original que fut J.-j.Grignon, revint demeurer à Saint-Jérôme, j'y allai plus souvent encore.Celui-là m’aura fait aimer ma seconde-patrie par l'esprit même île la petite histoire qui nourrissait abondamment sa conversation.Non, non, je ne suis pas dune d’une illusion ou d’une fausse rêverie.Les rues de cette petite ville, les maisons, les arbres, la rivière, tout me parle un langage unique.celui d’un passé qui fut grand, qui fut meilleur que les autres parce qu’il aura été celui des pionniers, de ceux qui auront tenu, malgré les obstacles sans nombre que dressait partout la colonisation.Certes, Sainte-Adèle, mon village natal, me fournit d’autres rythmes et îles sensations et des ilôts d’images que je ne vois nulle part ailleurs.C’est la vision pénétrante et précise du lieu où je suis né qui m’enracine à ma première patrie.Mais quand je passe d'un pas déjà fatigué dans les vieilles rues de Saint-Jérôme, j’éprouve une émotion toute particulière, plus profonde, dirai-je, et plus sensible parce qu’elle est d’essence atavique et qu'elle me précipite dans un amas d’impressions dont mon père tient le centre et ma seule raison d'être.La première patrie ne vit que par la seconde.Et comme devait le chanter si simplement et si puissamment Jaurès: "Vous êtes attachés à ce sol par tout ce qui vous précède et par tout ce qui vous suit, par ce qui vous créa et par ce que vous créez, par le passé et par l’avenir, par l’immobilité des tombes et le tremblement des berceaux”.Ce seront sans doute là les paroles sages qui berceront l’espoir de tous ceux qui auront le bonheur d’assister aux fêtes prochaines de Saint-Jérôme.Je les fais miennes avec ardeur, car je ne saurais mieux exprimer le patriotisme qui m'ani- me à la seule pensée de ce centenaire et du vrai couronnement de l'oeuvre gigantesque du curé Label le et des premiers.Claude-1 lenri GKIGX< )N ENFANCE JEROMIENNE l'our sûr, je connais le Saint-Jérôme actuel.J’ai déjeûné ehea le bon traiteur Lapointe; j'ai constaté, comme il convenait, l'activité de la ville industrielle.Mais, ce Saint-Jérôme, je le connais en visiteur, en touriste: en étranger pour tout dire.Le Saint-Jérôme familial, qui est "chez nous", on ne le retrouve plu.-, que dans certains coins de la ville, oti dans le souvenir lie quelques anciens, Peut-être ne % it il que dans la mémoire de ceux qui, comme moi, l’ayant quitté bien avant les transformations, n'ont pas suivi chaque étape de l’évolution et se voient soudain jetés dans une ville nouvelle.Mon vieux Saint-Jérôme m'ap-Itarait maintenant comme l’endroit le plus agréable de la terre, où la vie était le plus parfaitement organisée [tour répondre à tous les besoins du corps et de l’âme, auprès duquel les autres sont en état d’infériorité à quelque égard.J’ai assez voyagé, j’ai vécu dans de grau des villes; j’y ai connu de belles heures.J'ai toujours senti qu il y manquait quelque chose; j’ai parfois eu l'impression d’y être de passage, pas tout à fait adapté.Saint-Jérôme seul.(ou plutôt avec Ber-thier-en-haut, berceau de ma famille au Canada, oû je passais mes vacances d'enfant) me paraît le pays auquel j'appartienne vraiment.Cette sensation n’a rien d’original : la ressentent sans doute tous les campagnards, ou plus exactement les provinciaux transplantés dans une grande ville, l’our conserver l'équilibre parfait de la vie subconsciente, dans ces circonstances, i! faut posséder encore, au pays natal, la maison de famille oû l’on va se retremper lie temps à autres.Il n’en a pas été ainsi pour moi, pour une raison toute simple.Mon père n’est pas d’une famille jérômienne; il n’était à Saint-Jérôme que’ par les hasards de la vie.en passant.L'emprise que garde le “petit pays” sur l'âme de l’homme s’explique facilement.C’est là qu’on s’éveille à la vie.Et la vie, pour l'être humain tout neuf qui n’est pas un paria île la civilisation dès sa naissance, est une suite de merveilles.Elle revêt ses aspects définitifs dans les manifestations qui sc présentent alors aux sens ou à l'esprit.L'expérience s’en restreint au coin de terre où elle s’écoule toute, lequel devient ainsi, sans cliché, l’univers de l’enfant.Les impressions que communique le milieu prennent de la sorte une force que rien n’aura plus, par la suite.L’enfant devenu homme voyagera, dans le monde physique et dan le monde moral.Il aura beau connaître beaucoup de ce -que la vie offre de plus séduisant, rien ne le frappera autant que ce qui a modelé sa sensibilité en éveil.Précisément, plus son existence sera riche de connaissances et d’expcrienccs, plus ses souvenirs d’enfance auront de charme et plus grande sera la part de son âme attachée au pays natal.Car, à voyager ainsi, ii dispersera sa sensibilité d’homme; il l’éparpillera sur trop de choses, dans trop de lieux pour qu'il lie son cire tout entier et définitivement à aucun, comme il se donnait dans ses jours tendres.Je quittais Saint-Jérôme l'été pour aller à Bcrthicr, ai-je dit.A Uerthier, dans la vieille maison dénia grainl’inère ou chez mon oncle le marchand, je vivais dans un luxe relatif, inconnu chez moi et qui m'émerveillait un peu.Mais, justement.ce n'était pas la vie de tous les jours, la vie solide et paisible dans le cadre de laquelle un enfant déroule l’écheveau compliqué dits imaginations infiniment subtiles aux yeux des grandes personnes.Impossible de raconter ici tous les souvenirs île mon enfance: il y faudrait ntt volume.Mais, à l'occasion du centenaire, il peut être nléressatit de rappeler un peu le Saint-Jérôme d'il y a un quart de siècle ou davantage.* * * Nous demeurions rue Saint-Louis.rue modeste à coup sûr, tuais qui avait alors un charme, perdu depuis le grand incendie.En face de chez nous, il y avait la fabrique de cigares de M.Fis-iltel.M.Fischcl était, parait-il, un Hollandais, l’eu grand; très, très vieux pour moi, il possédait une magnifique barbe blanche, signe d'un exotisme effréné à mes yeux.Bientôt, un incendie détruisit la fabrique et je ne revis plus M.l-'is-chel.Quand je dis que l’incendie détruisit la fabrique, il faut s'entendre.Le feu avait ravagé l'intérieur, juste assez pour mettre fin à une entreprise peu prospère, doit-on penser: les quatre murs res- taient debout et les planchers de l’intérieur à peu près intacts.Plu- ieitrs années après, une manufacture de pianos s’y installa, mais eut bientôt le sort île la fabrique de M.Fischel : ces gens n’attendirent même pas la vogue de la T.S.F.pout abandonner la fabrication.Dès le départ de M.Fischel, nous avions pénétré dans la bâtisse, mal fermée, t "était pour y découvrir un trésor : •les [taquets à n’en plus finir de bandes rouge et or dont on faisait les bagues des cigares.Pendant des mois, ces bagues de papier nous valurent un grand amusement.L’usine était surmontée d'une longue cheminée, sans emploi depuis longtemps.Des hirondelles innombrables y avaient leur nid.— Du moins, appelions-nous ces oiseaux des hirondelles, mais les naturalistes y auraient vu le martinet des cheminées.Les soirs d'été, dans l’embrasement du crépuscule, c’était, chaque fois, un émerveillement de contempler leur vol en rond autour de la cheminée.Quand venait l’automne, un beau jour, elles s’y attardaient plus que de coutume, puis elles partaient toutes, en longues files noires, pour les "pays chauds”.Au sud.la rue n’allait pas loin.Près de chez nous, elle escaladait une côte, ou plutôt un rocher, le “cap de roche”, disions-nous.Le "cap” me paraissait bien haut et WW £jpSjjpS]fe! mm ¦ ,üi limit INTERIEUR DE L'EGLISE DE SAINT-JEROME mm mm y ’ »- i -«- c’était une excursion que d’aller au-delà.Quanil je l'ai revu, après plusieurs années, j’ai eu peine à le reconnaître: ma côte avait fondu, elle m’apparaissait toute petite.De ce côté-là, la rue finissait à une voie transversale, à l'angle droit de laquelle demeuraient nos amis Bclair dont l’aîné devint avocat, mais mourut jeune.A gauche, se trouvait la maison de M.Vézi-na, le tourneur, qui fabriquait des rouets et toutes sortes île merveilles sur son tour magique.Son bis est mort Père du Saint-Sacrement, saut erreur.Cette rue transversale dont je n’ai jamais su le nom (pour moi, c’était "la rue des üélair”) al lait île la voie du C.l’.R.au carre-tour oil débouchaient les rues Saint-Georges et Labelle.Au fond de la place, il y avait une quincaillerie et, face à la rue des llélair, I épicerie de M.Fillon, dont le commis venait une ou deux fois la semaine "prendre les commandes” à la maison.Vers la gauche, on allait au ‘•'moulin à papier’ 'de M.Rolland.Mais, là, c’était le bout «lu monde: on s'y rendait tout au plus une fois par année.Vers le nord, dans la rue Saint-Louis.on rencontrait d’abord la rangée de quatre logis de mon oncle Pierre, le rentier; puis un terrain vague, après lequel venaient la maison et la boutique de M.I Vsormeaux qui fabriquait de la bière ou des “liqueurs douces”, je ne sait plus trop, et, dans la cave, du gaz d'éclairage qu’il enfermait en des récipients aux formes étranges.Comme ce temps est loin, où Saint Jérome ne connaissait guère l'électricité ! Au coin de notre meet de la rue de la gare, i! y avait, d'un côté, un petit marchand de bonbons où nous achetions des "mains à la mélasse” et de la "bière d’épinette”, ou bien de la “gomme Papoose”.En face, un barbier, qui était aussi policier, à je ne sais quel titre, mais exerçant ses fonctions en dehors de la ville, et qui, un jour, avait arrêté, à mon grand émerveillement, un voleur de chevaux qu’il avait conduit à la prison île Sainte-Scholastique, dans un "bogey”, menottes aux poings.Le troisième angle était occupé par la maison d'un médecin, le docteur Marle.au, et le quatrième, par le jardin de l'hôtel Beaulieu.Les quatre coins de la rue de la gare et de la rue Saint Georges étaient occupés, d’abord, par le magasin de ce M.Beaulieu qui importait des chevaux de Perche, dont la descente des wagons était, chaque année, un événement pour la marmaille; puis la grande épicerie Simard, la quincaillerie Lavio-lette et la pharmacie Gilbert.Le fils Gilbert était mon ami et un peu mon cousin.Il mourut à cette é poque-là, d’un refroidissement contracté au “rond à patiner” établi sur un terrain de M.Parent.Quand je le v is sur *on lit de mort, j'en é prouvai une sensation de malaise que je n’oubliai île longtemps.A la rue Labelle, on rencontrait tin hôtel qui existe encore ; en face, le magasin de M.Castonguay.En bordure de la rivière, il y avait le palais de justice (aujourd’hui l’hôtel de ville) qui avait bon air, avec sa brique vieillie et sa lourde |K»rte de bois sombre.A côté, M.Fottrnel, marchand de chaussures, tenait commerce dans une maison d'une grande dignité.En ce temps-là, les établissements c o m tn e r c i a u x n’étaient pas nombreux dans les villes de province (un de mes étonnements à revoir Saint-Jcrôme, il y a cinq ou six ans, a été de noter le pullulement des magasins) ; mais ils étaient solides et, pour ainsi dire.aristocratiques.Ils gardaient un air de réserve et n'envahissaient pas la rue, comme maintenant, par ietirs couleurs criardes, leurs étalages excessifs.Les marchands n’étaient pas des saltimbanques, mais des bourgeois, conscients de la fonction qu’ils remplissaient dans la société; au lieu de courir après la clientèle, ils l’attendaient chez eux, sûrs qu'elle viendrait, parc: qu’elle avait besoin d’eux et qu’ils n'auraient pas songé à la tromper.On [tassait ensuite devant le “moulin à carder" et la maison Globcn-sky qui ne s’animait que l’été: elle avait des allures de vieux manoir avec sa pierre des champs recouverte de mortier à l’ancienne mode.A côté ,on descendait au modeste pont qui conduisait à la fonderie et à un quartier presque désert, s’il est bien peuplé maintenant.Revenu sur ses pas, le flâneur passait devant le "moulin à farine”, qui a fait place au grand établissement de lainages.Il y avait, en face, le magasin Castonguay, puis la maison où demeurait alors le decteur Henri Prévost.A côté, le cercle, le “club”, maison qui avait assez grand air avec ses larges fenêtres et ses grandes verandahs.En face du cercle s’ouvrit, de mon temps, le premier cinéma de Saint-Jérôme.11 donnait deux ou trois représentations par semaine, où nous étions admis pour cinq sous.C’est loin, ce temps ! A côté, demeurait le docteur Berthiaume, é tabli maintenant à Montréal et dont j’enviais le fus, mon compagnon de classe, qui possédait un mirifique attelage de chèvres.Dans l’édifice voisin, la pharmacie, impressionnante avec scs bocaux d'eau verte XXfflOHI CHAS.ED.MENARD 1101(1/ttil-llt lîl.HH'TIKi; K.M’KHT Spécialité: Réparations, montres et horloges de toutes sortes 268 LABELLE (Voisin du Telephone Bell) SAINT-JEROME Laurentides Auto Enrg.DISTRIBUTEURS Graham et Federal.Autos, Camions.Boîte Postale 333.Saint-Jérôme.TELEPHONE 113 LIONEL LEROUX MARCHAND .le MEUBLES et POELES BELANGER Seul représentant 349, Ruo SAINT-GEORGES SAINT-JEROME MAXIMA SIGOUIN BOUT, ANGER ¦———¦U 543, rue Fournier, St-Jérôme.Entrepôt: 327 Place Christin, Montréal.Téléphone HArbour 8570 P E.LAMOUREUX TRANSPORT-G EN ER AL 259, Rue ST-GEORGES TELEPHONE 464-W ST-JEROME La Plus Ancienne Banque de St-Jérôme est La Plus Ancienne Banque du Canada C’est en 1896 que St-Jérôme — petite ville n’ayant alors que le tiers de sa population actuelle — fut dotée de sa première succursale de banque permanente.Celle-ci fait aujourd’hui partie du réseau bancaire de la plus ancienne banque du Canada, la Banque de Montréal.La Banque de Montréal, qui compte sa 117ème année de service actif et continu, a vu le Canada s’élever du rang de simple et pauvre colonie à une situation éminente parmi les nations du monde.Ainsi, sa succursale locale, bien que plus jeune que St-Jérôme, a été témoin des progrès de la ville, qu’elle a aidée à devenir un des centres industriels importants.La Banque de Montréal est heureuse d’avoir participé à la vie de St-Jérôme.A l’occasion du centenaire de sa fondation, elle exprime à toute la population ses félicitations et ses meilleurs voeux de prospérité.BANQUE DE MONTRÉAL r FONDEE EN 1817 SERVICE DE BANQUE MODERNE ET EFFICIENT .fruit de 116 années île fructueuses opérations SUCCURSALE DE ST-JEROME - - J.V.RABOIN, Gérant CAPITAL : $36,000,000 RESERVE : $38,000,000 L’ACTIF : $745,723,280 ¦ L'AVENIR DU NORD, VENDREDI, .17 AOUT 1934.Page sept ou rouge.Le "pont de fer” traversait ensuite la rivière.Le progrès l’a abattu, de même que la scierie établie sur l’autre rive.Une rue menait ensuite à la gare du "Grand-Nord”, où l’on n'allait jamais en ce* temps-là, car cette voie ferrée ne desservait aucun endroit très fréquenté.M ais, si l’on poursuivait sa route rue Labelle, on arrivait devant la maison familiale des Prévost et, de l'autre côté tie la rue, à la boutique de M.Mailhot, marchand de bonbons et de journaux.C’était un homme énorme sur qui circulait dans la ville une chanson irrévérencieuse.En face, c’est-à-dire au coin de la rue et de la place de l’église, s'élevait la maison de M.Jean Prévost, transformée depuis en hospice.Au centre de la place, le kiosque à musique, où se faisait entendre la fanfare de la ville dans des concerts très courus.Heureux temps, où nous n’avions pas à subir vingt-quatre heures par jour les se-rinades du phono et de la radio ! En bordure, la librairie de M.Jules-Edouard Prévost et, de l’autre côté, un hôtel, démoli depuis pour faire place au nouveau palais de justice.Cet hôtel me rappelle un souvenir.Des élections avaient lieu cette année-là dans Terrebonne.Les candidats en présence devaient être MM.Bruno Xante! et Jean Prévost.Il y eut une "assemblée contradictoire”, où MM.Jean Prévost et Henri Bourassa luttèrent d’éloquence et mesurèrent leurs forces qui, au dire des connaisseurs, étaient à peu près égales.Les orateurs se tenaient sur une longue galerie qui courait à hauteur du premier étage de la petite aubergt et la foule se massait sur la place de l’église.Je compris l’importance de l’événement, quand je vis arriver de nombreux trains amenant des gens de partout et, surtout, mon oncle Daviault, de Berthier, qui venait bien rarement à Saint-Jérôme.Mon père et mon oncle revinrent de la réunion enthousiasmés et ne tarissant pas d’éloges sur l’éloquence des deux orateurs.Cela se passait en 1911, dois-je penser à caus’e du rapprochement des noms de MM.Nantel et Bourassa, mais je n’en suis pas sûr, car c’est cette année-là que nous avons quitté Saint-Jérôme.(1) Au fond de la place, la rue conduisait au couvent des soeurs de Sainte-Anne, puis à l’orphelinat-hospice des Soeurs Grises.Ces bonnes soeurs rendaient de grands services aux gens de la ville.Infirmières, elles allaient dans les familles en cette qualité, tout comme de nos jours les gardes-malades diplômées.Je me rappelle la vieille soeur Piché qui était ainsi demeurée chez nous dans des circonstances douloureuses pour nous.Les Soeurs Grises tenaient un jardin de l’enfance, que je fréquentai, à cinq ans.Assis sur de longs gradins, nous apprenions à lire grâce à d’énormes lettres peintes sur de grands rectangles de bois qui se déplaçaient sur un immense lutrin.Puis les bonnes soeurs nous apprenaient des rondes, que nous dansions au son d’un gramophone à cylindres.Quand la supérieure était bien loin, deux de nos maîtresses faisaient tourner un certain cylindre pour jeter dans la confusion une de leurs compagnes, jeune religieuse qui rougissait toute et se battait presque avec les autres pour faire disparaître le fameux morceau.Quelle était cette chanson ?Rappelait-elle à la petite soeur un ancien amoureux ?Te n’en ai jamais rien su.Pour revenir à la place, le fond, (1) L’assemblée Bourassa-Pré-vost dont M.Pierre Daviault se souvient vaguement — il était alors si jeune ! — eut lieu à Saint-Jérôme en 1907 et non pas au cours d’une élection mais alors que M.Henri Bourassa tenait une série d’assemblées dans la province pour combattre la politique du gouvernement Gouin.face à l’église, s'ornait du bureau de poste.On arrivait ensuite à la maison de pierre de M.Nantel, suivie de son grand jardin, fermé sur la rue par une clôture de bois badigeonnée en gris.Au bout, s'élevait la maison du vieux docteur Vanicr, notre médecin, que j’adorais, car c'était un bon papa.Je n’aüais jamais plus loin dans cette rue.Tout à côté de chez le docteur Vanier, nous descendions la côte qui menait au “pont neuf".Les jardins du docteur dévalaient jusqu’au bord de la rivière et se terminaient par un enclos très éic vé où il gardait de jeunes chevreuil» qui faisaient notre admiration.Des chevreuils en captivité c’était très chic, à cette époque.Passé le pont, on remontait la côte, pour arriver à la maison de M.de Marti-gny, avocat, dont le fils Camille était mon.ami et qui a remplacé dignement son père.Puis c'était le collège, moins grand qu’aujour-d’hui, mais tout aussi réputé.Du collège, je me souviens surtout, — souvenir un peu baroque — îles courses en patin, grand événement de chaque hiver.Mon frère aîné, Léopold, s’y distinguait et le champion était sans conteste Dumont La violette.Le long de la cour, passait la route du cimetière, où nous nous rendions chaque année pour la fete du Calvaire.Cérémonie impressionnante, dont la solennité était encore rehaussée par le sermon qu y prononçait en plein air l’excellent orateur sacré qu’était M.de la Du-rantaye, curé de Saint-Jérôme avant de devenir vicaire-général.Sa voix aux inflexions graves, aux ac cents passionnés, dont il taisait si bon usage, m’a toujours paru la voix idéale de l’orateur.Et je me rappelle son allure aristocratique, en dépit d'une taille desavantageuse ; la noblesse de sa figure.Que dire encore ?Les souvenirs se pressent à ma mémoire, mais il faut me limiter.Vous parlerai-je de la rue du collège, où se voyaient, vers le pont de fer, trois ou quatre belles maisons, entre autres celle des Guay ; cette rue se perdait en direction du “Cordon”, dans les champs.Le Cordon, je 11e l’ignore pas, est situé sur l’autre rive de la rivière du Nord ; on s’y rendait par un pont établi près de chez ma tante Marie (nia mère appartenait à une famille de Saint-Jérôme).Sur cette autre rive, se voyait la “manufacture (te caoutchouc”, bien plus modeste qu’à l’heure actuelle, et dans l’inactivité absolue, de mon temps.Vous décrirai-je la rue Saint-Georges, que les établissement commerciaux n’avaient pas encore envahie tout à fait, mais où s’élevait le magasin de M.Thi-baudeau ?11 y avait aussi le marché.lequel renfermait le poste des pompiers et la “prison” (bien modeste, car la prison du district se trouvait à Sainte-Scholastique), antre de M.Ratel.l'unique constable de la ville, qui nous inspirait un respect craintif et dont le nom servait à nos parents pour nous imposer une sagesse salutaire ?Vous rappellerai-je le Chinois de la rue de la gare, blanchisseur comme tous les Chinois de ce temps-là au Canada, qui portait une magnifique queue, (la révolution pékinoise de 1911 était encore loin), et déambulait dans les rues vêtu d’une ample blouse, de larges pantalons de coton et de savattes ?Nous en avions bien peur de ce Chinois.Mais l’espace me manque.* * * Cette description du Saint-Jérôme de mon enfance, où je me suis laissé entraîner, paraîtra bien incomplète et parfois inexacte.Je n’ai rien vérifie, me fiant à ma mémoire.Ai-je commis des erreurs dans la topographie ou le nom des personnages ?C’est possible.Ces détails se sont peut-être déformés dans mon esprit avec le temps.Quant au reste, quant à l’essentiel, lieux et gens restent bien vivaces dans mon souvenir, s’ils y sont idéalisés.Leur évocation m’a rc- PHARMACIE OSCAR LANDRY La mieux assortie du district 339, rue Saint-Georges, Saint-Jérôme WILFRID PRUD’HOMME, Pharmacien, Gérant Pouclro Sapbo .4 bottes pour 10c.I Savon Palmolive.05c.25c.la douzaino.55c.Bonnets do bain un bon assortiment REMEDES BREVETES Castoria.29c.et 59c, Onguent Outicura 23c.et 45c.Arex composé.69c.Sol Eno.49c.et G9c.Lait Magnesia Phillip .39c.Composé Pinkham.98c.Tablettes Feinol.98c.Nujol.49c.et 69c.Listerino .25c.45c.et 89c.Bonkora.1*09 Sel Jad condensa.49c.Sel Krnschon grand .59c.PRODUITS Boldino Houdo.95c.Urodonal.$1.25 et $2.98 Coratnino Oiba.$1.35 PRODUITS DE TOILETTE Kolorbak.1-35 Pâte à dents Kolynos 29c, et 39c Pâte à dmits Colgate 21c.et 39c.Lotions Piver.98c.Crèmes Pond.38 Pâte à dents Ipana .38c.Baume Italien 15c.29c, et 57c.Talcum Johnson .3 pour 65c.Danderino .29c.49c.ot 84c.SPECIAL Uno boîte do poudre do toilotto Jasmine do $1.00 et un pot de crème de jour ou du soir de 50c.les doux pour $1.00 FRANÇAIS P Gardcnal.49c.Sirop Hcmostyl.$1.59 Sirop Hcinoglobino Deschions.$1.39 TEL.Service rapide de measurer».Télé- TEL.461 plionuz-nous vos commandes.Nous prenons les commandes pour lleurs naturelles, bouquets de noces, ect.490 porte a mes premieres années, ces années si pleines île sens el d’émo lions: ce sont celles où se forme un homme.Lierre DAVIAUI,T Ottawa, le îO juillet iy3-|.M.Pierre Daviault est né à Saint-Jérôme, le y novembre tSijg.Il est le /ils île Philippe Daviault et île ClotilJe Louent (des Lançon île Saint-Jérôme) Il fut élève au collège île Saint-Jérôme et quitta notre ville en ///, pour aller demeurer à llcrtliicrville, puis' à Montréal.Il a suivi les cours de la faculté des lettres de l'université de Montréal et étudia pendant quelque temps à Paris, à la Sorbonne.1 près avoir été journaliste à la Presse, dont a fut le courriériste parlementaire à Ottawa, il devint traducteur aux liéluils de la Chambre des communes.M.Pierre Daviault a été secrétaire- foiulatcur de la section française de l’Association des Auteurs canadiens ,(tout il est encore directeur.Il est président actuel de l’Association technologique du Canada el secrétaire de la Société des conferences de l'université d'Ottawa.Il a publié quatre livres: "le Mystère des Mille-Iles”, roman; “/’Expression juste en traduction ”, écoles de traduction, icrc série (prix d'.1 e t i o n intellectuelle, 11)33) ; “Questions de langage”, .Cotes de traduction, je série, t Prix d'Action intellectuelle, 1034); “la Grande Aventure île Le Moyne d'Iberville”, /biographie romancée, primée au > encours de i')31 des éditions Albert Lévesque et qui paraîtra ces jours-ci).Je'1 ô- "1 ï -, 3317y\ ti ]t i 'jj! mv n: i —% * V ' ¦ * - .USINE DE LA DOMINION RUBBER CO.UN BON JEROMIEN JOSEPH-i.GRIGNON C'est moins à titre de journaliste, j’en conviens avec plaisir, qu'à celui de tille de son ami disparu et son fidèle collaborateur, Joseph-J.Grignon, que le sénateur Prévost m’a coin iée à cette fête du souvenir.De quel sujet parlerais-je qui me tient plus au coeur que ce grand jérômien — mon père — qui a tant contribué, par sa plume et par sa parole, à faire connaître et aimer Saint-Jérôme et le curé Eabelle.Un ami allant un jour s’installer aux Trois-Rivières, découragé* de l’accueil qu’il y recevait, demandait aux trilluviens de vieille souche dont l’exclusivité et le chauvinisme sont reconnus - - à tel point que du fil fabriqué en série dans la métropole et \ endu dans la cité de Là-violette est réputé auprès d’eux meilleur qu’ailleurs — combien tl faut de temps pour devenir un bon trilluvien.Trente ans, lui fut-il répondu de façon peu encourageante.J’ignore combien d’années sont requises pour devenir un bon jerô-rnien, mais je crois que les fils de la Reine du Nord restent jérômien» par le coeur, toute leur vie.Mes parents l’étaient tellement qu'après avoir habité vingt ans à Sainte-Scholastique, nous 11’étions pas encore des gens de la place et que l'on nous désignait en ces termes : ils viennent (le Saint-Jérôme.Dès que j’eus l’âge de connaissance, j’appris par coeur la roule qui conduit à Saint-Jérôme, chaque tournant du chemin marqué par la parole paternelle d’un trait caractéristique.Une chanson remplaçait une histoire el une histoire, un bon mot.L'été, ma mère tenait précieusement ses boîtes de peintures, sur ses genoux, tout le long du trajet et elle allait peindre, sans relâche, les sables roux en contraste harmonieux avec tous les verts des bois nordiques: oeuvre d’amour se traduisant en des tableaux qui sont aujourd'hui l’orgueil de notre maison.Aucune tempête 11’était assez forte, l'hiver, aucun froid assezz vif pour nous retenir de partir, au temps des Fêtes.Au moins deux fois, perdus en pleine nuit dans le désert blanc d'un champ, notre attelage ayant par inadvertance quitté la route balisée, nous nous crûmes en péril.Mais arrivés à Saint-Jérôme, c’était le jour de l’An et seule la joie nous habitait.Quand, ayant bâclé ma dernière année d’études, je fus invitée a prendre place à la table de travail de mon père, je crus, avec l'insolence de la première jeunesse, que j'allais lui rendre un fier service.C’est au contact de cet homme érudit, dont l’intelligence s’esxerçait dans tous les domaines et qui restait le plus humble de tous, que je connus mon ignorance.Musicien qui a chanté Saint-Jérôme et la jé-rômienne, poète amoureux des lacs du Nord, mais surtout écrivain, collaborateur prodigue à L’Avenir du \ TKS IMPORTANTES M.Louis «le B.Corriveau n’est plus en charge «le l'organisation des fêtes du centenaire de Saint-Jérôme.MM.Emmanuel 1 Sertie et Emile Lauzon ont pris conjointement la direction de ccttei organisation, avec le concours de M.Adolphe Clark.Les quartiers généraux du Centenaire sont plus .utifs que jamais.Le public y trouvera toutes les informations désirables sur les prépara tifs et le programme «les fêtes.* • • Que tout le monde pense dès maintenant à la décoration et à l'il lumination «le leur maison.On peut se procurer chez les marchands de Saint-Jérôme, oriflammes, drapeaux, écussons, etc.Que tous voient d’abord à la propreté et au bel aspect «le leur propriété.Ceux «pii ont des chambres convenables à louer aux v isiteurs .«x).* » * —¦ Une équipe d’hommes ont commencé, la semaine dernière, sous la direction «le l'ingénieur Latour, It; creusage «le l’égout de l'avenue Legault.Les travaux avancent assez rapidement et fournissent «le l’ouvrage à plusieurs de nos braves jérômiens.' C' C i ."ssî"- Z !P flAKè n'." ,».•*; s'-r’-j- mmm m ic© JB é ¦ **ÜÜÜÜ \ÊÊm -/~1 a ; 'mmrngM En vente cliez les marchands suivants : L.-C.TAILLON OCTAVE GINGRAS I M.PRUD’HOMME BON an, mal an, les Flocons de Blé d’Inde Kellogg sont les plus profitables «les céréales.Maintfiuinl, durant les chaleurs, les Flocons de Blé «l’Inde Kellogg s«>nl mis en vente plus avantageusement «pie jamais.Rien n’est aussi savoureux, un malin «l'été, «ju’un bol «le Flocons de Blé d’indc Kellogg, croustillants, servis avec «!«• la crème on «lu lait frohl.Accompagnés «le fruits inûrs, ils constituent un déjeuner royal! 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Un effet, ce fonctionnaire reçu une allocation annuelle de soixante piastres, pour son travail Au cours de l'été de la même année, le Dr Jules-Edouard Brévost soumet au conseil: "que les musiciens et quelques amis du village de Saint-Jérôme, désirent donner une représentation au profit île la "Bande" (fanfare) de musique de Saint-Jérôme, mais que le local manque Si seulement on faisait une allonge de trente pieds à l'édifice du Marché public, ils auraient une salle assez,vaste." Eh bien ! je vous le donne en cent ! On aimait vraiment la musique, au conseil municipal, car la proposition fut acceptée à l'unanimité et l'on vola immédiatement la somme de quatre-vingt-deux piastres pour cette construction.Il est a jouté quelques lignes plus loin, dans le livre des minutes de la municipalité, "le secrétaire-trésorier emprunta la somme de quatre-vingt-deux piastres et la donna au directeur-fondateur de la "boude”, le Dr J.-E.Prévost".Quel beau geste !.Il faut croire que la misère et le chômage existaient avec autant d'intensité en décembre 1871 qu'en tgjq, à Montréal,'puisque je relève dans les notes du temps, la visite des écdevins Wilson et Bastien, de cet te municipalité, venant solliciter du bois de chauffage pour les indigents de la métropole.A cette séance émouvante du conseil municipal du vil loge de Saint-Jérôme, un comité fut formé de MM.J.-E¦ Prévost, J.-B Villemure, Jean Latour, J.Desforges, Jos Boisseau et W.Gauthier afin d'aviser aux moyens les plus prompts de faire parvenir à Montréal la quantité de bois demandée par cette corporation .Aussitôt après la lecture de la résolution, MM.William Gauthier, Dr J.-E.Brévost, Clts.Testard de Montigny, le notaire Melchior Prévost et J.-A.Hervieux, offrirent gratuitement aux échevins de Montréal, chacun, la quantité de cent cordes de bois à prendre sur leurs propriétés près du village.Ils aiscutcrent amicalement de la difficulté qu'ils auraient à faire transpor ter cette quantité de bois à Montréal car, est-il spécifié dans les minutes du conseil: "les hommes pour le bûcher et les charretiers pour le transporter étant extrêmement rares dans le village.” Ceux qui ont lu: Récits Lnurenticns, du frère Marie-Victorin, ont connu ce voyage épique des colons du Nord, sur des routes enneigées, avec leur charge de bois de chauffage pour les foyers sans feu de la métropole.De pauvre à plus pauvre ! Dans la petite colonie jérômieimc, une courtoisie de bon aloi el bien française subsistait à cette époque.Ne faites pas la moue, mesdames, ne soyez pas piqués, messieurs, par de propos de chroniqueuses ! Mais convenez-avee moi que, depuis l’avènement du soi-disant progrès-de l’auto et du cinéma, il y a plus de confraternité entre l’américanisme et LA PLUS GRANDE VENTE DES GINS GENEVA AU CANADA Rectification quadruple .patience et soin à vieillir le produit .tout cela ne suffit pas à expliquer les subtiles qualités qui distinguent le Geneva de Melchers.C’est au tour de main du maître-distillateur, bien plutôt qu'à un simple procédé mécanique, qu’il faut attribuer ces qualités du gin CROIX D’OR de Melchers.GIN CANADIEN MELCHERS CROIX D'OR f 10 onces $1.00 26 onces 2.30 40 onces 3.30 MELCHCRS DISTILLERIES LIMITED MONTREAL ET BERTH 1ER VILLE l'-i le canadianisme que nom avons d'ahltisme français qui subsiste en nous, Enfin, passons l'éponge sur nos petits truster S Nous sommes à la veille de célébrer ta fete de notre terre natale, touchons-nous les cou des et soyons bien heureux d'être de ht famille jcrômicnnc.Nous eûmes des ancêtres qui laissèrent des noms honorables et vénérés parmi nous, depuis des generations La force de la race a pénétré jusqu'à la moelle de nos os, nous Sommes restés un peuple travailleur et courageux Et si la foret 11 a jamais effraye nos aïeux, les colons t T'\E nouveau en 1934—tout comme en 1933 •**^ et 1932 — Chevrolet a dû produire plus d’autus que tout autre manufacturier pour répondre à la demande publique.Et s’il y a une caractéristique qui ait contribué plus qu’une autre à cette grande suprématie, c'est certainement le genou mécanique qui élimine les chocs et les secousses du roulement! 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l'érection canonique suit treize ans après, en 1834.La première église est érigée, de 1837 à 1839, à un mille environ au nord de la chapelle primitive.Le village de Saint-Jérôme liait alors, là où se trouve la ville d'aujourd’hui.Le premier curé, 1 abbé Blyth, organise la vie paroissiale, des écoles s’ouvrent, la population augmente, le commerce, puis l’industrie s’impantent, se développent.De l’humble village, des défricheurs hardis se dirigent vers le Nord, car ils savent que derrière l’épais rideau de la forêt vierge tl y a un réseau serré de lacs, de rivières, de chutes, de montagnes, de belles vallées, des richesses naturelles latentes.La petite bourgade de Saint-Jérôme devient bientôt un gros village, puis, sous l'élan puissant donne par le curé Labclle, une ville prospère.Ce rapide développement de Saint-Jérôme et du Nord est vraiment merveilleux, quand on sait les mille et un obstacles qu’on a eu à franchir.Plusieurs chapitres de ('histoire de Saint-Jérôme s’imposent à notre admiration.Que nous nous rappellions l’énergie, l’intelligente initiative, la ténacité des pionniers de notre premier village; que nous regardions la marche accélérée de Saint-Jérôme vers le progrès et la prospérité ; que nous nous tournions vers les Laurentides sauvages et désertes de 1S34, maintenant parsemées de villages, de villes, où se trouvent un diocèse, un district judiciaire, et qui attirent des milliers de touristes dont elles sont devenues le paradis terrestre, en face de cette valeur des hommes d’autrefois et de cette magique transformation nous somm tous, avec raison, étonnés et émerveillés.Toutefois, la mémoire des valeureux paysans qui illustrent de leurs qualités viriles l’origine de notre paroisse et les débuts de la colonisation du nord nous est tout particulièrement chère.Essayons de retracer la vie de ces “premiers rendus” qui vécurent ici de 1820 jusqu’au jour où les aises et le confort ont pénétré chez nous avec le développement de notre village.Pouvons-nous nous imaginer la vie de sacrifices et de privations de ces braves colons vivant à trente mille et plus de Montréal, sans communications faciles, sans chemins de fer et sans bonnes routes, sans maichés voisins pour la vente de leurs produits, sans autre distraction que leur franche gaieté qui caractérisait ia vie simple et familiale de ce temps-là ?J’ai connu, il y a quarante ans, quelques-uns des hommes de cette génération, arrivés au soir de la vie.Avec moi, regardez-le, ce paysan jérômien d’autrefois.Il a près de quatre-vingts ans.Il en a connu des périodes politiques, des évolutions, des crises, des perturbations mondiales.11 a eu aussi ses épreuves, ses peines, ses combats personnels.Mais il supporte avec confiance le poids du jour et il ne se plaint pas.Il fauche son champ et il aiguise bien sa faulx pour que son travail soit bien fait.Pendant combien d'années fauche-t-il ainsi ?Combien de temps fauchera-t-il encore ?11 11e se pose pas de question.11 11c sera jamais riche que de la satisfaction d'un travail bien accompli et ne demande, comme salai.e de ce travail qui assure la nourriture quotidienne tie sa famille et de ses frères les autres hommes, que de pouvoir conserver sa rustique et modeste maison dans laquelle se sont multipliés des descendants qui font comme lui, et de vivre en paix avec lotis; en paix avec le Maitre de toutes choses, dont il va chanter les louanges chaque dimanche dans la vieille église, le Maitre auquel il va demander l'aide dont il sent le besoin.Ce qui nie frappe le plus dans le paysan canadien et, d’une façon générale, chez le> gens de la campagne, c’est un bon sens non dépourvu d'ironie et un prodigieux équilib.e mental et moral qui a été la condition de notre durée quatre fois séculaire.Les paysans d'aujourd'hui n’ont pas vécu la vie dure de leurs pères, mais ils connaissent quand même d’autres difficultés auxquelles ils font face sans lléehir.Le centenaire de Saint-Jérôme 11e trouve pas en eux une race dégénérée.Je causais avec l'un d’eux, dernièrement.Voici, en substance, son entretien: “.La crise?Oui.Eh bien ! oui, nous la sentons comme tout le monde.Mais, enfin, faut-il se mutiner derrière les agitateurs dont nous recevons, de-loin, les appels et qui travaillent pour des motifs que nous ne connaissons pas ?A la terre, ce ne sont pas les discours qui remplacent le travail de tous les jours.C’est entendu, nous vendons mal nos produits et nos animaux Mais il a été un temps où nous avons pu faire réparer nos maisons, a-méliorcr notre vie rurale, faire quelques économies, — et Dieu sait si les marchands de titres en ont su tirer parti ! “Aujourd’hui, notre travail rapporte peu, mais nous ne mourons pas de faim, et nous n’avons pas besoin des secours de chômage, car là, dans la cour, il y a toujours des poules et ries dindons; à l’étable, des vaches, pour nous donner du lait avec lequel on fait du beurre et du fromage, et de la crème pour mélanger, sur la poêle, aux produits d nos jardins.Tenez, ça vaut encore mieux que les plats compliqués des grands restaurants à la mode, et c’est meilleur à l'estomac.“Et notre liberté sous le ciel bleu, devant des horizons sans fu niées et dont on ne voit pas la fin, tellement ils sont profonds, nos horizons qui se perdent dans les Laurentides ?Croyez-vous que ça ne vaut pas toutes les richesses des hommes d’argent, de ceux-là qui en deviennent neurasthéniques de tracas ?"Nous 11e voulons que garder ces biens précieux plus que tous les autres: la liberté, la paix, la santé pour travailler.Les agitateurs, ce ne sont pas des paysans”.En ce paysan d’aujourd’hui se reflètent le caractère, les robustes qualités et le bon sens du paysan d'hier dont le centenaire de Saint-Jérôme réveille la mémoire.Le souvenir des paysans reste lié à l’histoire de notre paroisse et de notre région.De père en fils ils y ont joué un rôle prépondérant qui est tout à leur honneur.JjV.V.V.1.1, * ¦a V ¦ ¦ ¦ AUTREFOIS L’ECLAI RAGE DOME ST I QU E L’éclairage domestique se faisait à la nouvelle lampe à pétrole, à la chandelle de suif, et bien souvent à la seule lueur du poêle.Ma grand’ mère fabriquait de grandes quantités de ces hcandelles.Si leur éclairage fuligineux n’avait rien de bien attrayant, par contre, on aime à se rappeler l’illumination des salons aux candélabres de bougie ou chandelle de baleine.L’éclairage des rues n'existait pas.On se promenait avec les lanternes en main, quand la nuit nous refusait le clair de lune.Cette obscurité favorisait les espiègleries et les tours tantôt plaisants, tantôt pendables.D’autre part, le commerce de lunettes pour myopie était inconnu.L’ABREUVAGE L’abreuvage ne se faisait qu’au moyen de puits maçonnés; les pansies, à la brimbale, les riches, au treuil.L’eau des puits, inutilisable au lavage, était en général excellente àboire le sol étant un peu argileux.Aussi plus tard, le premier projet d’aqueduc en bois fut-il combattu avec une vive opiniâtreté par un élément considérable de la population, qui, à certaine heure, se tit menaçant pour les autorités.Mais ceux qui ont connu le maire du temps, Godfroi Laviolette, savent qu'il n’était fias homme à capituler devant la menace.Ceci me remet en mémoire la lutte incroyable que lit naître quelque temps après, l'initiative qu’avaient prise des jérômiens dirigeants, d’établir dans le comté le système des chemins d'hiver doubles ou croches, comme les appelaient les adversaires.Ceux-ci comptaient des ci- ¦.w.v.¦ .".V ¦ > SOLIDARITE .¦ Pratiquons l’économie qui consiste à tirer le "¦ meilleur parti de toutes choses.Déposons nos épar- ¦“ gnes dans une grande institution de crédit qui prête "¦ une large part de ses ressources à l’agriculture, à ¦" ., , ¦¦ l’industrie et au commerce.Ainsi, nous ferons d’une pierre deux coups : notre capital d’épargne sera en «JJ sûreté et nous rapportera des intérêts, et il alimentera l’activité économique dont tout le monde prolite.¦" ¦¦ ¦¦ % ;¦ Banque Canadienne Nationale :¦ Actif : plus de $126,000,000 \l • mm \ 553 bureaux au Canada !¦ SUCCURSALE A SAINT-JEROME ) A, BOYER, Gérant V.v.v^vvv.v.v.v.v.v.v.v.v.v.v.vv.'.’.v.v.v.v.v.v.: toyens éminents, des maires de villages, (pii se désintéressaient île l'avantage général du trafic, croyant eu jeu leur passion de la vitesse du troiteu.La récrimination fuit un caractère d'acrimonie remarquable au nord de Saint-Jérôme."Casse encore, disait-on, fmur les gens de la plaine, qui ont tous le moyen de voyager en double.Mais nous, des montagnes, voyager ainsi avec un faux côté, toujours prêts à verser” ! J'ai entendu de mes oreilles un brave cultivateur île Sainte-Adèle se lamenter pitoyablement en assurant qu’il 11e pousserait plus u-nc seule récolte sur les terres du nord.Et il s’étonnait de l'étonnement îles autres."Quoi ! disait-il, vous paraissez tout surpris, vous 11e pensez pas long.Comment ! croyez-vous que le bon Dieu va bénir nos semences, quand tout l’hiver, il aura entendu les sacres des gens obligés de voyager en croche f” Quelle bénédiction, cinq ans après ! Mais il devait rester plus longtemps une scission souterraine entre le nord et le sud du comté.Inutile de rappeler qu'à Saint-Jérôme, comme partout ailleurs, triomphe des grandes mesures impopulaires ne fut presque jamais dû à la persuasion victorieuse, mais aux manoeuvre s habiles, aux semblants de confé; ences, aux ma toiscrics et tours de passe-passe lé gale, dont le motto était: ' Décrochons le fait accompli et le reste viendra de soi”.L’humanité est ainsi faite, et je ne suis pas loin de croire qu’un matin, le Canada, quelque aversion qu’il en témoigne maintenant, s'éveillera avec le fait accompli de l’impérialisme, ce qu'à Dieu ne plaise ! LE VOYAGE A MONTREAL La promenade et le voyage à Montréal.Les quelques bourgeois emplumés et les extravagants qui se piquaient de les imiter, disposaient d'un genre unique de voiture île promenade, la 'va g gin ne couverte qui disait bien son nom île louid wagon éreintant pour l'attelage,' mais vernissé, astiqué, capitonné sur tous les modes.Heureux, à nos yeux d’enfants, l'oifii qui pouvait paraître sur un de ces sièges luxueux, semblant faire des nielles dédaigneuses aux voyageurs du boghei.Le voyage à Montréal était lin é-vénemenl préparé de longue main." tnt dis années où il comportait d'assez fortes émotions.On devait même porter des armes.On parlait le sinistres guet-apens dans la grande ligne de Saint-Janvier, qui avaient ajouté à la triste répu ta tion de pays des tueurs faite au Nord île Sainte-Thérèse et trop répandue à Montréal, réputation que le curé Labclle dût même s'employer à combattre pour assurer le succès de son chemin de fer.Quant au public, il voyageait à Montréal et au no.il eu diligence, alors tout simplement la poste.Le trajet par la poste à Montréal, durant le long règne du postillon Lierre Labclle, -.’accomplissait avec une remarquable rapidité.Les chevaux brûlaient les étapes et on sacrifiait, sans merci, les pauvres bêtes.C'était un orgueil, bien concevable encore de nos jours, qu’un cheval vite.On a raconté des Units fabuleux, tel celui de Patte d'argent du père M.trains de chemin de fer du Pacifique, partit de Montréal à la même minute que le train de Saint-Jérôme et fut à notre gare à temps pour prendre un visiteur dont on s’était sépa é à la gare du Mile-End.JOSEPH GRIGNON 1 F.xtrait de "Vieux Temps” publié en 1921 ) JULES RAYMOND EPICIER et RESTAURATEUR LU LITS et LEGUMES 46, Rue LAVIOLETTE Téléphone 436 SAINT-JEROME AUG.BOUVIER MARCHAND TAILLEUR PRESSAGE et REPARATION DE TOUS GENRES 62, AVE LEGAULT Ouvrage garanti TELEPHONE 140 ST-JEROME SALLE “CHEZ AIME” A.ALLAIRE, Prop.RESTAURANT et SALLE DE POOL 503, RUE ST -GEORGES TELEPHONE 131 ST-JEROME CORDQWNFRIF de CHOIX Jl ALITE, ISA.s PRIX, Service île livraison à domicile E.BLONDIN, Prop.35 ans il'cxpcriencc 39 AVE LEGAULT TELEPHONE 380 SAINT-JEROME Compliments de R.BELANGER A S S U K \NUES GENERALES 169 RUE ST-GEORGES TELEPHONE CO J ST JEROME - ¦vA # i O O 0 O 0 © O © O © G © MOTEUR HUIT EN LIGNE DE 84 C.V.GENOUX MECANIQUES COUVERTS VENTILATION SANS COURANTS D’AIR AMELIOREE FREINS BENDIX A CABLES D'ACIER STYLE AERODYNAMIQUE DISTINCTE GROSSES CARROSSERIES FISHER SPACIEUSES VERITABLE ECONOMIE D'OPERATION POIDS ADDITIONNEL SCIENTIFIQUEMENT EQUILIBRE PHARES A RAYONS MULTIPLES RADIATEUR A CIRCULATION CROISEE STABILISATEUR DE BALANCEMENT T A souplesse du style aérodynamique n’est pas le seul point de distinction du Pontiac! 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TEL.451 437, RUE LABELLE CHACCV SAINT JEROME txxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx A PROPOS ft?5S r\ DE VICAIRES g Théâtre REX I,a première fanfare de Saint-Jérôme fut fondée en 1850.No micr plan, de gauche à droite, MM.Hilaire 1 nté.Iule- Lapointe, l.d.xne, Jules Vali(|iiette, Stauis Deschanibault, ( harlette Valiqucttc, Milan tie gravure représente «giclquc- un- île >es menihres.Ce sont: au pre-Marchand, Louis Labelle, Clis.Moranville ; en arrière, David Prud’hom-Vali(|iiette.LE CENTENAIRE DK SAINT JKK< >MK LE CHARME DE NOTRE COIN DE TERRE L’autre soir, dans le charmant parc où, il y n bientôt dix ans, nous célébrions le curé Labelle en inaugurant son monument, je me suis senti envahi île souvenirs en songeant au centenaire prochain de Saint-Jérome.Tout le passé m’est remonté à la mémoire.Dans ce décor pittoresque, je subissais l’inlluence du terroir et cherchais à bénéficier de ses vertus.Je reconstituais, dans mon imagination, sa beauté d'autrefois, je revoyais Saint-Jérôme, il y a plus de cinquante ans, plein de verdure, orné de grands jardins et de beaux arbres, partout.Luis la vie de ma jeunesse m’enveloppait de scs belles séductions.Le passé montait doucement des rives de la rivière du Nord et chantait dans ses cascades.Le charme s’exerçait à demi-voix, comme autant de confidences recueillies peu à peu dans I intimité de la connaissance et de la flânerie.La vie d’hier était* comme une présence et non plus comme un souvenir.Je l’ai beaucoup aimé, cc coin de terre, pour l’avoir, dans mon enfance et ma prime jeunesse, bien connu et souventesfois parcouru.Il est certain que d’avoir passé les vingt premières années de sa vie dans une petite ville charmante, aux vieux logis familiers, à la vieille église de pierre, à la jolie rivière courant entre des falaises toutes vertes l’été et si agréablement glissantes, l'hiver, aux collines couvertes de beaux érables, aux bois épais qui, de toutes parts, cernent en quelque sorte la petite cité, on garde pour toute la vie, même sans être né poète, une impression singulièrement bienfaisante.Après bien des années, je retrouve la beauté et l’originalité de mon coin de terre dans le souvenir de la profusion et du charme de ses arbres._ Qu’a-t-on fait de cet attrait imcomparablc qui donna un caractère séduisant à Saint-Jérôme dès 1837, alors que le notaire I.a vallée planta le long de fi os deux rues principales de superbes érables t Certes, les choses ne peuvent toujours demeurer en état et il faut bien qu une ville change, selon ses besoins et son destin particulier.Nous avons aimé, avant la construction du bureau de poste et des immeubles qui cachent la riante rivière du Nord, cette promenade ombragée de grands érables et que l’on appelait “le boulevard”, et les charmants alentours de la vieille église, de la rue principale, séjour sans bruit et d’où, av ec bonheur, on plongeait la vue dans la verdure de la campagne servant d’avenue aux Laurentides.La petite ville, ou mieux le village, comme l’on disait alors, avait une grâce originale qui n’était pas celle de ses voisins.' Le rythme de là vie, les besoins du commerce ont eu.peu à peu, raison de cette beauté improductive en face de l’impôt alourdi.Sans doute, il y a l’inévitable: c’est le sort des grandes et mcine des petites villes de peu à peu se défigurer.Le propriétaire d’aujourd’hui cherche son intérêt: rien à dire â cela.Mais il n’est pas que 1 inevitable dans ces transformations, il y en a qui se produisent par un coupable laisser-aller, par la négligence de nos moeurs, et notre peu de rigueur dans ces questions.J’ai déjà souvent'parlé de la nécessaire et bienfaisante beauté de nos arbres.J’y reviens aujourd’hui parce que je voudrais obtenir gain de cause, parce que j’y suis encouragé par la voix des “anciens”, parce que c’est une question où le goût s’alite avec la renommée de Saint-Jérôme et l’intérêt général.Nos arbres et nos jardins rendent témoignage du goût et du souci de la beauté chez nos pères qui ont voulu que Saint-Jérôme fût vrai ment le portique des Laurentides, formant par sa splendeur verdoyante comme un défilé qui escorte magnifiquement ceux qui y demeurent, ceux qui nous visitent, comme ceux qui passent, en route vers les montagnes.On doit tout accomplir pour protéger 110s arbres.Et l’on y a songé, heureusement.Mais ne nous relâchons pas.Epargnons ce qui peut être épargné.Contre les inévitables métamorphoses je n’oppose pas une vainc mauvaise humeur ; mais agissons contre le mauvais goût et les destructions inutiles.Plantons des arbres là où il en manque.Respectons et aimons ceux qui vivent.Je sais que cette suggestion est bien accueillie par ceux dont il dépend qu’elle se réalise.Les amis de la tradition jén.miaine, les pro tccteurs du caractère de distinction et de la beauté naturelle de Saint Jérôme y insistent et le demandent fermement.* * * * Mais ce serait rapetisser l'influence du ‘‘coin de terre" que de le réduire à n'étre qu’un excitant à poétiser.Louis Madelin a écrit une jolie page là-dessus.‘‘La poésie elle-même qu’est-elle", dit-il, “smon le cri d’une âme émue et aimante ?Si l’âme, an contact de la terre aimée, s’exalte facilement et s’exprime, c’est parce qu’auparavant elle s'c~!, T longues années, fortifiée de la saine atmosphère respirée." Et nous .lous fortifions tous, à chaque retour vers le coin de terre qui nous a vu naître et où nous avons vécu nos premières années.En premier lieu, il nous aide à placer dans la ligne des tradition les réalités de l’heure.Que de choses paraissent changées dans le mon de, la terre, elle, ne change guère."Elle est ce qu'elle a été, ce qu'elle sera toujours, ne donnant ses fruits qu’à un travail sans défaillance La RESTAURANT PAQUETTE Spécialités: pipes, tabac en feuilles, cigares, cigarettes terre our ceux qui l’ont connu —, la figure sympathique de l’homme secourable à tous, le "bon docteur Henri”, comme on le nommait.il savait avec une gaieté sagace réparer les désastres, aplanir les malentendus, faire trinquer ensemble des ennemis qui, à cause de lui, se tendaient la main brusquement, dans une sorte d’intime relâche qui leur ouvrait soudainement des horizons d’amitié.11 réalisa pleinement son désir de faire de notre cimetière un lieu de pèlerinage.La route fut élargie et gravelée, le trottoir longea le petit bois du côté sud ; Ici et là, furent placés des bancs rustiques pour le repos des piétons.Mais là ne pouvait s'arrêter l’oeuvre en si bonne voie, l’our la réaliser pleinement, il fallait que le gazon reverdît les tertres et qu'un tangible hommage de regret et d’amitié refleurit les tombes.Avec un zèle admirable, chacun s'empressa d’élaguer, de faucher et de planter arbrisseaux ou (liantes vivaces.On constata vite l’absence d’eau dans ce vaste terrain à moitié sablonneux et aride.Dès lors, un puits artésien fut creusé au centre du cimetière afin que tous y vinssent puiser l’eau nécessaire à l’entretien des fleurs, offrandes de douleur et d’amour à ceux qui ne sont plus.Et depuis, les morts se rapprochèrent des vivants car ceux-ci vinrent plus souvent chez ceux-là.L'émouvante cérémonie qui rassemble, à chaque automne, toute la grande famille jérômienne au cimetière, fut, depuis cette année 1914, rehaussée d'un éclat nouveau, tant par l'aspect coordonné et symétrique des terrains bien entretenus que par une recrudescence de visiteurs étrangers.Quel sentiment de gratitude nous devons conserver à l'égard de ceux qui, avant de dormir leur dernier sommeil dans le cimetière, eurent la pieuse pensée d’y faire plus facilement agenouiller les vivants.S’il est, pour chaque être, un (joint du monde où soudain lui apparaissent, groupés, les rayons de son rêve épars, s’il s’y sent retenu par des racines anciennes, si profondes qu’en lui circule toute une sève enclose depuis des siècles, c'est bien en ce lieu qu’est pour moi le mystérieux terrain auquel s’aimante ma vie.Penser à eux, vouloir être près d’eux, c’est tout l’effort, tout le sublime de l’amour qui se souvient.Ne les oublions pas dans le cours de nos fêtes.Ils ont été ceux par qui nous sommes.C EC ILE PR EVOST-LA M A R R E Montréal le 14 août 1934.- ?^ LE RECTEUR DE L’UNIVERSITE DE MONTREAL Mgr J.-V.Piette a quitté son poste de recteur de l’université de Montréal qu’il occupait depuis douze ans.L’arhcevêque de Montréal vient de lui confier l’importante paroisse du Saint-Nom de Jésus, à Maisonneuve.L’âge et la fatigue sont les raisons invoquées par Mgr Piette dans sa lettre de démission.L’ancien recteur de l’université a été un homme très discuté, depuis quelque temps.Mais une chose indiscutable c’est le dévouement constant de Mgr Piette pour l’université de Montréal.Le malaise économique a entravé la réalisation des grands projets conçus dans l’intérêt de l’oeuvre universitaire.Après tant de labeur et d’efforts mis au service d’une cause qui lui est tout particulièrement chère, il est émouvant d'entendre Mgr Piette déclarer dans sa lettre de démission: "Je n’ai pas eu le bonheur d’offrir à notre oeuvre universitaire des sendees aussi éminents que je les aurais voulus.Mais je me crois en droit de retenir la consolation de lui avoir consacré le meilleur de ma vie, dans les intentions les plus droites et le plus pur dévouement.Tant mieux si la souffrance endurée sans amertume de coeur peut ajouter quelque noblesse et quelque mérite au grand sentiment qui a dominé toute ma conduite." L’histoire rendra justice à l'ancien recteur de l’université de Montréal et reconnaîtra le travail énorme qu’il s’est imposé et le zèle désintéressé qu'il a déployé pendant douze ans [jour assurer la vie et le développement de la grande université catholique et française de Montréal.On annonce que M.l'abbé Mau-rault, supérieur de l'externat classique de Saint-Sulpice, succède à Mgr Piette comme recteur de l’université.Le nouveau titulaire est un homme d’une haute compétence et d'une grande distinction.NAISSANCE Le 30 juillet 1934, Madame Jules-Edouard Prévost a donné naissance à un garçon.L’enfant est né à l'hôpital Notre-Dame, de Hawkesbury, et a été baptisé à L’Orignal, le 12 août.Il a reçu les prénoms de Charles-André-Gaston.Le parrain et la marraine furent le docteur et Madame Charles Smith, de Montréal.L’Université d’Ottawa Enseignement bilingue complet Classique et Commercial Les élèves de langue française, tout en étudiant à fond leur langue maternelle, acquièrent à l’Université d’Ottawa la connaissance et l’usage pratique de l'anglais.Les cours qu’ils reçoivent et le contact quotidien avec les élèves de langue anglaise leur donnent cet avantage.Edifices des plus modernes complètement à l’épreuve du feu, laboratoires, bibliothèques, gymnase, terrains de jeux et tous les avantages de la capitale du Canada.Prix: $290.00 à $330.00 selon la claaso (tout compris) l’uitr autres renseignements demandez l'annuaire en vous adressant aie secrétaire, Université d’Ottazva, Ont.Tél.Rideau 3860 St.Agathe Lumber & Construction Coy.Limited Pour votre maison : nos planchers de bois durs “ LAURENT1ËN ” sont sans égaux.Nos 25 années d’expérience sont une garantie de satisfaction.Menuiserie générale.Bois cL Malériaux de construction.Planche murale Ten '/'estel Donnacona, zrjcsm^.— Sainte-Agathe des Monts, P.Q.SOUVENIRS INTIMES \i>.
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