L'Avenir du Nord, 11 août 1933, vendredi 11 août 1933
Èk 1897-1933 SEUL JOURNAL du DISTRICT deTERREBONNE EXISTANT DEPUIS PLUS DE TRENTE-SIX ANS.U 1897-1933 ‘•LU Mot DE L’AVENIR EST DANS LE PEUPLE MEME; NOUS VERRONS PROSPERER LES FILS DU SAINT-LAURENT’’ ( Benjamin Suite) CHENIER ABONNEMENT: $2.00 pur année.Publié par la Cie de Publication de St-Jérôme Ltée.Directeur politique: Honorablo JULES-ED.PREVOST HENRI GAREAU, Président SAINT JEROME, P.Que.Secrétaire de la Rédaction: ANDRE MAGNANT LABELLE TRENTE-SEPTIEME ANNEE; NUMERO 32.JOURNAL HEBDOMADAIRE — CINQ SOUS LE NUMERO.VENDREDI, 11 AOUT 1933 Les prodromes du nouveau krash américain Le nouveau vicaire général de Montréal DEUX CONFERENCES QUI ECHOUENT Célébration du centenaire de Saint-Jérôme C’ext l’année prochaine, eu septembre probablement, que Saint Jérôme célébrera le centenaire de sou érection canonique et des premiers loyers établis sur sou territoire1.Sans connu I ro encore h1 programme definitif de cette célébration, nous croyons qu’elle devra être la tête du Retour au Foyer.Celte célébration devra, en ctfet, attirer ici le plus grand nombre possitdc d‘anciens résidents de Saint-Jérôme, de leurs parents et de leurs amis.Us viendront visiter leur place natale pendant les l'êtes projetées, alin d’y revoir leurs anciennes connaissances, de renouer de vieilles amitiés, de revivre dans les adroits où s’est passé leur jeunesse et de constater par eux-mêmes les progrès accomplis par Saint -Jérôme depuis leur départ.t’eut cinquante personnes, représentant toutes les catégories de citoyens et tous les corps publies de Saint-Jérôme, ont été choisies pour former un comité chargé d’organiser ht cé'elimtion du centenaire.Ce comité n élu un conseil exécutif compose comme suit : S.E.Mgr Gauthier, président d'honneur du grand comité; AL l'abbé GeolTrion, curé de Saint-Jérôme, les députés du comté de Terrebonne: I'honorable At hausse David et M.L.-E.Parent; le maire de la ville, le l)r Alfred Chômer; le maire de la paroisse, M.Wilfrid Rochon, vici pré: ideuls d'honneur du grand comité.Président actif: l'honorable sénateur .Iules Edouard Prévost; 1er vice-président, Me Charles-Edouard Marchand; Je vice-président, Me Léopold Niintcl; secrétaire, Me Camille de Martigny; secrétaire.adjoint, M.Emile Martin; trésorier, M.Rodrigue Castonguiiy ; membres du conseil: MM.les éehovias A.Lessard, .1.lbistien, Armand Filion, M.Wilfrid Desjardins, conseiller de la paroisse; MM.Charles Lorrain, Emile l.au/on, Eugène Saint-Vincent, Alfred Rirrniti, J.11.A.I.ubello.D'autres sous comités seront tonnés plus lard.1,1' conseil exécutif désire se procurer les noms et adresses de tous les anciens résidents de Saint Jérôme.Dans ce Dut, vous êtes instamment priés île remplir la formule qui suit on y inscrivant les noms et les adresses de tous les anciens jérômiens que vous commisse/, parmi vos parents et vos amis, et de la faire parvenir à Me Camille de Martigny, secrétaire, 319 rue La belle, Saint Jérôme, P.Q.NOMS ADRESSES ’ Si vous n'êtes pus déjà abonné à l’Avenir du Nord, veuillez remplir lu formule d’abonnement suivante et nous la faire parvenir.Vous serez alors tenus au courant, s.aine par semaine, de tout ce qui se rapporte à l’histoire de Saint-Jérôme et à lu célébration de son centenaire, de même que vous saurez ce qui so passe d'intéressant dans Saint-Jérôme et< les environs.Les Américains n’ont pas très bonne presse en France depuis quelque temps.On lira ici avec intérêt un ar tide publié dans "Aux Ecoutes do la Finance.” Comme ou pourra le constater on n’est pas très optimiste là-bas et les plans Roosevelt ne leur disent pas grand chose.Le temps seul dira qui a raison.— (N.D.L.R.) La conléreuce de Rtttilrcs agonise parmi les fossiles du Musée Géologique, après avoir failli provoquer les pires catastrophes.A cet organisme international, dont tout, dès son dé •but, indiquait, qu’il était capable d'entailler les plus grands maux mais non pas de produire le moindre bien, les Etats-Unis ont donné le coup de grâce.Il-, ont ainsi rendu un très grand service au monde bien involontairement sans doute.Car leur intention était de mettre cette conférence à profit pour faire prévaloir leurs propres vues et méthodes.Lu manoeuvre, par bonheur, u é-choné, grâce surtout, à l'insigne maladresse des Américains, aussi piètres executants que mauvais théoriciens, aussi malhabiles dans leurs procédés que peu qualities à s’ériger en conseils.Ainsi que l’a écrit avec vigueur dans la Sunday Chronicle, lord Snowden, le seul personnage otlicicl qui ait eu le courage de proclamer bien haut ce que ia plupart pensaient tout lias: ‘‘Ce n’est pas à un pays comme les Etats-Unis, que sa téméraire politique économique et financière a plongé dans la plus grande depression qu’on ait jamais connue et, qui a entraîné le reste du monde dans le même abîme et dans la misère, qu'il appartient d’enseigner aux autres nations la voie vers le rétablissement.’* * * * I)e ce rétablissement, les Etats-Unis -ont d’ailleurs plus éloignés que jamais.La même lord Su jwdcii a écrit : “M.Roosevelt devient la risée du momie entier.Mais, après en avoir été l'idole pendant un bref moment.Al.Roosevelt deviendra aussi sous peu, selon toutes apparences, la bête noire des Etats-Unis, l’homme le plus liai et le plus vilipendé de son pays, en tant qu’auteur responsable du [dus gland désastre qui se sera encore abattu sur l’Amérique.’” Duns le temps où lu Conférence de Londres achève de mourir misérablement arrivent des Etats-Unis les nouvelles les plus inquiétantes.Lu boom Roosevelt semble toucher à sa' lia a vaut même que les délégués du Président, les membres du fumeux trust des cerveaux qui, par leurs mesures et pratiques, ont déchaîné la dévorante lièvre spéculative de Wall Street, aient regagné Washington.Dans toutes les dépêches qui nous parviennent de l’autre Dont de l'Atlantique, dans toutes les déclarations des dirigeants américains perce déjà ia [tins folle inquiétude.L’invraisemblable programme du restauration qui, il y a seulement quelques semaines, avait recueilli tous les sulïrages, et soulevé tant d'enthousiasme, fait déjà virtuellement faillite de toutes parts.Les dangers (les expédients utilisés commencent d’apparaître, les effets nocifs de la manipulation monétaire cl de la hausse artificielle se tout sen tir.Bref, l’illusion se dissipe.Et, en même temps la resistance s’organise, les critiques se font [dus apres dans les n(ilieux parlementaires, ft la Bourse, dans lu commerce, dans l'industrie, dans la banque, dans tout lu public.L'application du l'Industrial Recovery Bill se heurte à des difficultés croissantes.Le projet de réforme bancaire ne réforme rien.Il ne réussit pas à sauver les banques malades et mi sert qu’à contaminer les établissements restés sains.Ri situation des banques empire.Il uoreatcqu un moyeu détestable [mur remédier à la paralysie qui gagne l'organisme bancaire: un large recours aux dispositions du Thomas Bill, c'est-à-dire, en pratique, la mobilisation du portefeuille t itres des banques pnr la vente de ces litres ù la Federal Rescue Bank soit l’affaiblissement graduel de le monnaie, cil d'autres termes, comme l'a dit M.Fred Kent au récent congrès de I'American Bankers Association, la course au désastre.Le nouveau dictateur de l'Industrie, le général Johnson, de son côté, jette lin cri d’alarme.Il signale que les effets de lu politique d’iiitlaliou et de hausse des prix sont une reprise de la surproduction et une persistance de lu -mis consommation qui menacent de provoquer un nouvel effondrement é-(Onomique et iinuueier dans tout le [uiys.Les directeurs de 1 'American Federation of Labor ne sont pas moins catégoriques.Leurs rapports étu-b.Usent que lu production industrielle, pour des raisons purement spéculatives, progresse à une cadence beaucoup plus rapide que la consommation et lu capacité d'achat du pays.Eux aussi concluent à une nouvelle et pro fondu dépression.Déjà la piodurtion dépasse largement le volume îles cou-Irais du vente, ce qui revient à dire que l’on assiste à lu constitution de stocks écrasants pour lesquels il n'y a [ms île débouchés.Le pouvoir d'achat il’est même pus suffisant pour absorber la moilié des produits qu'on lance sur le marché.11 équivaut à peine à ÜU% du volume des fabrications.Déjà, comme lu fait observer AI.Gignoux, les acquéreurs de valeurs, 'locks, marchandises, excités à ses acquisitions pur le risque monétaire, -ont aux prises avec lu risque économique de ne [dus pouvoir s'eu défaire.C'est-à-dire que la débâcle est proche.Déjà aussi, l’excitant monétaire a épuisé ses vertus.La baisse du dollar n'exerce plus les mêmes effets sur les prix.Wall Street se montre hésitant, les matières premieres répondent aux conditions de leurs marchés respectifs, mais ne répondent [dus ù l’incidence monétaire.On lou-ehe au moment où les marchandises achetées, et achetées en trop grand nombre, seront rejetées totalement sur le marché par leurs détenteurs et vieilli (ont concurrencer la production courante.Au lieu d'augmenter, les ventes de détail commencent, en effet, à baisser.R* Board de la Federal Reserve annonce qu’en juin le lléchisso-ment des ventes de détail est déjà de 10% par rapport au mois de mai; que le rythme des ventes est inférieur de ¦I à celui de juin 1932.Tout se passe exactement comme Benjamin A1.Anderson et les économistes de l’Amialsit ont annoncé, il y a déjà deux mois, quo les choses se [lasseraient.On s'achemine à grands pas vers une phénoménale catastrophe vers une catastrophe Roosevelt à côté de laquelle la catastrophe Hoover elle-même fera bien petite ligure.O.LES POSEURS DE TUYAUTERIE LOI NOUVELLE Lu Gazette officielle de Québec du 30 juin 1933 publie la nouvelle réglementation arrêtée en conformité du la loi concernant les poseurs du tuyaii-tciie, adoptée par la Législature provinciale à sa récente session.La régie mentation groupe en ‘‘division de metier” ou ‘‘division” les divers ty[ es de travaux de tuyauterie converts par lu loi (tuyauterie pour systèmes de chauffage, de congélation ci d'un usage automatique).L'honoraire d'une licence de con-trneteur est: Une division de mé- tier, $25; deux divisions de métier, $30; trois divisions de métier, $35.L'honoraire d’une licence il’apprenti est de *25 cents.L’honoraire d'une licence temporaire de contrnetciir est le doublo du montant des honoraires suscnumcrcs.L'honoraire pour le renouvellement (l’une licence de eontracteiir est le même qui?celui exigé [tour l'émission: celui pour le renouvellement d'une I coure de compagnon est, selon le cils, de $1, 1.50 et 2 pour une, deux ou trois divisions de métier, tandis que relui pour le renouvellement d’une li i mer d'npprriiI i est le même que celui exigé pour l’émission.Le Bureau des examinateurs émettra un duplicata (Ecrit pour L'AVENIR DU NORD) Notre nouveau vicaire général de Montréal, Mgr Anasttise Forget, est entré en fond ion, à l'archevêché, où il résidera désormais, dans les premiers jours du mois d’août.C'est un événement qui lie sera pus sans importance, on peut l'augurer, pour lu vie et l'histoire de la ville et du diocèse.Mgr Forget est plus spécialement chargé, pur Mgr l'archevêque coadjuteur et administrateur, de la direction dus oeuvres.Mgr Forget naquit, le 12 juillet 1 sS5, à .Saint-François-de-Sales, dans File Jésus.Il a donc tout juste -18 ans.Scs études faites à L'Assomption (1S93-190Ü) et au grand séminaire de .Montréal (1907-1910), il fut ordonné prêtre, pnr Algr Bruchési, le '29 juin 1910, l'année du grand congrès eucharistique de Montréal.l’ro-fessour à L'Assomption pendant deux ans, l’ubbc Forget partait ensuite, eu 1912, pour aller étudier à Route et à Lille en France.La guerre l’obligea, en 191-1, à revenir au pays [tlus tôt qu'il ne s’y attendait.Il avait eu le temps toutefois de conquérir, à Rome, le titre de docteur en philosophie, et, à Lille, le diplôme d’études supérieures.Revenu au collège de su jeunesse à l’été de 1914, il y fut depuis lors professeur, successivement, de langues.de rhétorique et de philosophie.En plus, préfet des études en 1921, puis vice supérieur en 1920, il était devenu supérieur de sa maison en 1930.Cette belle et méritante carrière d'éducateur de [tas loin de vingt-cinq ans, i| la couronnait récemment tu publiant l'Histoire du Collège de L’Assomption et eu présidant les glo rieuses fêtes du centenaire de son Alma Mater.En parlant do son volume, si précieux pour les anciens de L’Assomption, et d'ailleurs si vraiment instructif pour tout le monde, je disais, ici même, le 19 mai dernier: “Ce livre est écrit, dans l’ensemble, en sa partie historique proprement dite, d’une plume alerte et facile, par un prêtre qui ti de l’âme et du coeur, qui sait penser et rétléchir, qui nuance ses dires et varie ses formules.On le lit avec un intérêt qui ne se lasse pas.Au milieu de tant d'événements qui s'enchevêtrent et qui se bousculent, l’auteur a le talent de rester calme et à l'aise, d’être toujours ordonné et clair, ce qui fait qu'on le suit sans effort.Ce n’est pas là un mince mérite.” J'ignorais à ce montent, naturellement, que le supérieur de L’Assomption allait être appelé, huit jours plus tnrd, nu haut poste de confiance et de responsabilité qu'il occupe maintenant, et je n'avais mille intention de lui faire ma cour, ce que, ntt reste, je n'ai jamais su réussir.Mais, en appréciant et en qualifiant ninsi l’auteur du livre, en toute sincérité, je peignais un peu l’homme aussi, puisque, comme l’on sait, le style c'est l’homme.Heureusement doué et supérieurement cultivé, ayant apporté à toutes : es tâches une application et un dévouement qui ne se sont jamais dementis, le nouveau vicaire général s’était fait connaître partout fort .".vniitageusetneiit, et c’est pourquoi il est accueilli par tous, on i’enteml constamment répéter, avec autant de confiance et d’esjioir que de soumission et de respect.Ce n’est point gai, ni facile, de nos jours surtout, de remplir les charges du supériorut majeur.Il y faudrait, semble-t-il, à certaines heures, des vertus de courage et de patience quasi surhumaines.Alais le mérite de ceux qui portent le fardeau n’en’ est que [dus grand, même aux yeux des hommes, Sotthai-tons-lcs, ces vertus et ce mérite, au nouveau chef que Dieu nous donne.Qu'il soit | to tir nos évêques le bon Cy-rétiéen accompli ! I.a direction des oeuvres d’action catholique — tâche dont sera chargé surtout Algr Forget — est en nos temps d'une actualité et d'une importance qui ne se discutent pas.C’est, si l’on peut dire ainsi, la forme d’adaptation de l’apostolat qui s’impose eu premier lieu.Y travailler est un bien noble labeur, lors même que, apparemment, le succès ne couronnerait pas toujours l’effort.‘‘L’apostolat, écrivait récemment Mgi le cardinal Réunit, évêque de Lille — la ville où Algr Forget a étudié — n su revêtir aujourd’hui des formes nouvelles et moderniser ses méthodes.Ce n'est certes point une pour remplacer une licence [tordue, volée ou détruite, sur présentation des preuves nécessaires, et, dans ce cas, l'honoraire prévue est de cinquante cents.simple fringale de changements qui leur il donné naissance, mais ce sont les nécessités mêmes de la t ic qui piu gt'esse et qui évolue.L'outillage industriel, on le sait, réclame de perpé tuels ajustement.-».De même, l’Eglise catholique, avec son génie compréhensif et réalisateur, avec le sens pro fond qu'elle a des besoins des âmes, se sent parfois entraînée n réformer ses formules et se» méthodes tl’lipo.»-tolnt.8ou but, toujours le même, est de poursuivre, à travers les siècles, l'oeuvre rédemptrice inaugtitée il yj u dix neuf emits ans.Four ce taire, elle a besoin de s'adapter aux temps présents et ses tils se doivent d'uni et résolument dans ces voies nouvelles, que déliait, eu chaque endroit, lu direction diocésaine.” Dans la lumière de ces paroles si précises de l’éminent prélat ! raillais, l'un saisit mieux, il tue semble, le 'dis profond de celle.' qu'écrivait Mgr l'archevêque Gauthier, dans sa lettre du 31 mai 1933.‘‘Je veux niijour d'loti créer à l'archevêché un nouveau service, celui des oeuvres”, et l'on comprend plus exactement la nature de la charge ([tie Son Excellence en tend confier il sou nouveau vicaire général, Algr Forget.é L'abbé Elio-J.AU CLAIR L’HONORABLE M.DAVID DE RETOUR D'EUROPE L'honorable et Altulame Athaease David et leur fille Aladclciuc sont arrivés à Atout real, lundi dernier, après un séjour de cinq mois en Europe.Leur retour fut salué à la gare Windsor par quelques membres de la famille: Aime Alphonse Nautel.Al et Mme Paul Yatel, de Paris, qui pus sent l’été à Sainte-Agathe, M.Paul et Aille Suzanne Nantel.Bien que la date d'arrivée à Alout-réal de l’honorable M.David n’ait pus été annoncée à l’avance, on u-marquait aussi à la gare AIM.Victor Doré, président de la commission des écoles catholiques et président de la société Saint-Jean-Baptiste; le docteur Alfred Cherrier, maire de Sitin' .Jérôme; A.C:ark, également de Sain! Jérôme, Alex Gottr et quelques nuit e» amis personnels.Surpris de la présence de quelque.» journalistes à la gare, l’honorable Al.David ne s'est pas moins trft» aimablement prêté à une brève entrevue, laquelle, à la suggestion de ces derniers, [torta sur la récente conférence de Londres.Le secrétaire de la province, qui n suivi de près les délibérations de la Conférence économique, assure qu’elle ne [tout êt re qualifiée de fiasco.Le seul fuit que ies chefs politiques et économiques de soixante-six pays ont pu se réunir et s'expliquer, même s’ils n’ont pu s’entendre, est: déjà un beau résultat.Ou ne pouvait raisonnablement espérer que des problèmes universels allaient être réglés en quelque-semaines.Maintenant, les délégués de chaque pays, de retour chez eux, pourront engager leurs compatriotes à considérer toutes choses sous tut angle moins égoïstement national, plu» international si l'on peut dire.Quant au rôle du Canada à la Conférence, il est certain qu’il n'u pas manqué d’être brillant, surtout au début.Le premier discours île Al.Bennett a produit bonne impression et n été très utile à MacDoiniUL.Fat-malheur (et sur cela Al.David n ’insiste pas), par malheur not re premier ministre a vite repris ses t,»\bit tides de la Chambre et déc ar.f qu’il y a vait une majorité, qu’à cette majorité il fallait sc soumettre.Lors de son passage à Paris, l'honorable M.David s’est intéressé tout particulièrement au sort tics boursiers de la province.Comme nous lui parlions de la suspensions des bourses, le secrétaire provincial a déclaré espérer qu’elle no sera que temporaire, al léguant que c'est dans l'intérêt du Québec de préparer une élite [tour la génération de demain.L'honorable M.David nous informe, à ee propos, qu'il a été heureux d'apprendre que M.Gustave Longue, un boursier de la province, actuelle ment à Aix-les-Bains, vient d’être engagé par l'Opéra Comique, de Paris, qui lui fera chanter, au cours de la prochaine saison, plusieurs rôles-ti-t ros.Ajoutons, [tour terminer, que l’honorable AI.David qui parait être revenu eu meilleure santé que jamais, entend se remettre immédiatement an travail.Sir Saurai Herbert, le chef libéral anglais, membre de plusieurs cabinets d l'un des hommes d'Etat les plus en vttu de l'Angleterre, u été, lundi dernier, l’hôte d’honneur du Canadian Club de Montreal, à un déjeuner qui lui a été offert à l’hôtel Windsor.Sir Herbert n’a p:Ls caché sou sentiment sut lu Conférence d'Üttawa et la Conférence de Londres.• de u'aurai pas la naïveté, a l - il dit.de muni fester un enthousiasme quelconque à l’endroit des résultats atteints pur la conférence d'Ottawa.En fait, elle a réusis quelques faibles réductions de tu rit ici et là.Mais d'antre purl, si l’on cherche à se rendre compte de ce qui s’est produit depuis eu Angleterre et.dans les colonies britanniques, aux Indes et dans les Dominions, on s'aperçoit que loin d’être le [toiut du départ d'une réduction dan» les tarifs douanier» elle a marqué une recrudescence do la po litique protectionniste un peu partout.C’est aussi l'avis de plusieurs que In Conférence impériale d'Ottawa, pur les décisions qu'elle a [irises a rendu plus difficile la tâche du Congrès Economique mondial en compliquant les problèmes qui lui étaient soumis.Fn autre argument de sir Herbert contre l'esprit de ia Conférence d'Ottawa est l’esprit de marchandage qui a été introduit à ee moment là dans les relations des membres du Commonwealth britannique.-Je ne crois pas, pour ma part, u t d lait remarquer, quo eut esprit de niareluuidage que l’on a voulu introduire dans la sphère des relations iutcrimpériules, soit de nature, à la longue, à resserrer les liens qui doivent naturellement unir entre elles les différentes parties de l’empire.Sir Herbert admet aussi que le Congrès mondial de Houilles a été une faillite ù peu [très complète et s’il eut quelques résultats ceux-ci sont extrêmement minces.Il ne faut pas cependant se décourager et laisser les éléments d’anarchie prendre complètement le dessus.C’est là où l’orateur voit un tôle à remplir pour l'empire britannique, qui devrait mettre tout son poids et toute son inlliiencc pour aboutir à des diminutions tarifaire», à la suppression du contingentement, à une augmentation du commerce et à la stabilisation des changes.Pat lard de la nécessité potn l’cmpi-i! britannique de maintenir ses libertés morales et politiques, sir Herbert déclara que les autres peuples étaient libres d'abandonner leurs libertés à la dictature s'ils estimaient qu'ils étaient incapables de su gouverner eux-mêmes, mais (pie les peuples britanniques étaient décidés à ne suivre personne duns cette voie.UNE ROUTE DE MONT-LAURIER A L'ABITIBI L’honorable J.-E.Perrault, ministre de lu voirie, déclarait, mardi dernier, il Aientréal, que les moyens d’accès à la riche région minière et agricole de l’Abitibi seront beaucoup plus luci le» quand sera terminée la toute de 2ti() milles de Settneterre à Mont-Lau lier et Alutiiwaki, que se propose de construire incessamment le ministère provincial de la voirie.Eu ministre u eu une entrevue avec le» trois députés qui ont ee projet le [du» à coeur: AIM.Hector Authicr, de l'Abitibi, Augustin-A.Leguult, de la Gatineau, et J.-Pierre Lottie, de Ri-bclle.Ils sont venus, l’un d'Autos, l'autre de Alnniwaki, lu troisième du L,ac-de»-Hcorccs avec AI.le curé Gé-niiu-, de Ferme-Neuve, et ont eu une longue conférence avec le ministre de la voirie.L’honorable AL Perrault a assuré que les travaux de construction de eet-ti artère importante de la province commencent dès qu'Ottawa aura donné son assentiment.'ni demandé au comité de chômage, a déclaré le ministre de faire les explorations et les relevés voulus pour bien localiser les emitoi.» où [>tu«sera cette route.Les plans ont été référés à Ottawa par l'honorable Al.Fmncoetir, eu sa qualité de ministre des travaux publics.Nous avons suggéré ces travaux afin de venir en aide aux sans travail des trois comtés du nord que traversera ee réseau routier de deux cents milles.‘‘Ri route sera en gravier et les travaux ne coûteront pas cher, car i! n'y a [tas d'expropriations à faite, vu qu’elle taverse les terres de la Couronne.Le terrain est facile à travailler, ear il est relativement, plat, sauf à certain» endroits où il est valotitié.De plus il u’y a pus il'iiiqxirtmitcs rivières ù traverser.Il s’agira de cous- L'AVENIR DU NORD, Veuillez mettre mou nom sur somme de deux dolltirs pour un an.MELI-MELO TROUBLES A CUBA Le président Gerardo .Machado a imposé la loi martiale ù toute File de Cuba afin d’enrayer lu crise politique (jtti menace de le renverser.Il a refusé de démissionner ina'gié les instances des principaux partis politiques et de l’ambassadeur américain, M.traire quelque» ponceaux peu coûteux.“Cette route u déjà été localisée, d'ai leurs, du haut des airs.Son trajet est tout tracé: il ne s'agit que d'avoir l'approbation pour se mettre à l'ouvrage.Nous escomptons pouvoir l’entreprendre dès eut automne.Quelle aubaine ce sera pour les chômeurs de la région ! ‘‘D’ailleurs, quelques sections de ictte route sont déjà terminées.D'u bord sur une distance de vingt milles au sud de Settneterre, dans la direction de Alont-Riuiier; puis, sur une distance d’environ lit) milles jusqu’au Lue-dcs Ecorces, li reste doue à peu [très 120 milles non encore ouverts à la circulation.‘‘Comme ou le voit, la route projetée de Settneterre (Abitibi) à Aiont Laurier, adoptera l’ancien itinéraire adopté il y a quelques années par le Southern Abitibi Railway, pour bilitr-qtter vers Alnniwaki et prendre ensuite la route qui descend vers Montréal par Nomiiiingue.“Cette route mettra l’Abitibi à 300 milles de distance de Montréal, au lieu de 800 milles, quand il fallait faire un grand détour par North-Bay et le Té-miscantingne afin de pouvoir se rendre dans cette région minière du nord do ia province de Québec.¦'Une fois faite, cette route canalisera l’écoulement des produits vers la métropole au lieu de voir ceux-ci adopter la route de l’Ontario.La const ruction de cette toute profitera donc au commerce et à l’industrie de notre province an lieu de l’étranger.Le développement, minier de l’Abitibi sera encore [dus intense; le tourisme y prendra un nouvel essor et les ehô-tneti 's u'auront plus à s’inquiéter dos ligueurs de l’hiver qui vient et des misères qu’il |k>iutii entraîner à sa suite.SAINT-JEROME, P.Q.vos listes d’abonnés.Je vous inclus lu Summer Welles.En décrétant l'état de siège, le président u déclaré que la grève générale (|tii sévit au pays depuis plus d'une semaine u donné aux ‘‘ennemis de l’ordre publie” l’occasion de commencer une révolution culmine.La loi martiale est entrée en vigueur à six heures mercredi.Les soldats qui quittèrent Lu Havane lundi soir après y avoir tué vingt et une personnes au cours île désordres sanglants, ont reçu l’ordre de recommencer à patrouiller la ville.¦Machado a signé le décret eu vertu des pouvoirs qui lui furent accordés par le congrès, lundi dernier, ce dernier ayant voté la suspension des garanties constitutionnelles pendant trente jours.L'ENQUETE SUR LES BANQUES La commission royale d'enquête sur les banques a terminé momentanément »e» sessions publiques à Ottawa et est partie pour Victoria, où elle ouvri-re la série des audiences qu’elle tiendra à travers le pays.A PROPOS DU DOLLAR AI.Roger Picard, dans le journal Capital, de Paris, estime que lu gravité de la situation actuelle provient surtout de la désinvolture avec laquelle les Etuts l'nis eux-mêmes ont traité leurs propres engagements et joué leur parole.‘‘Lu dévaluation du dollar aura mis le comble à l’insécurité et à la confusion.Sans y être obligés par aucune pression extérieure — puisqu’ils pouvaient, grâce ù leurs réserves d’or, soutenir un change ([tie leur position créancière mettait à l’abri des menaces — les Etnts-Unis ont, de propos délibéré et dans l’espoir d’avantages d'ailleurs illusoires, détérioré leur monnaie.Sans se préoccuper des conséquences financières et morales de leur résolution, ils décidaient (discours Roosevelt du 7 mai) de tt’assurer dorénavant qu'en dollars' dévalués le service de leurs emprunts libellés en or ! ‘‘Cet abandon conscient et voulu des engagements tacites ou explicites souscrits par un grand pays ù l’égard du reste du monde ne saurait être jugé trop sévèrement.11 l’a été, d’ailleurs, et d’une manière préventive, en Amérique même, pnr de hautes per-(Suite à U dernière page) Nom .Adresse . L’AVENIR DU NORD, VENDREDI, 11 A OFT 1 VIEILLES CHRONIQUES .l'ni l'intention «!«• publier, «ou» ce li'io, une série «le chroniques se rap-po tnnt à l’histoire de Saint-Jérôme.La presse hebdomadaire, eu ces récentes années, a joué un rôle assez remarquable dans la publication et la diffusion de récits ou documents pro pies à éelnirer davantage la i'ormation et l’évolution de nos districts régie no.ix.Cette petite histoire devient une source de renseignements précieux pour l'historien qui veut alan der unit oeuvre plus vaste.A l'approehe de la eéléhration du centenaire de la fondation de ,Saint-Jérôme, ces vieilles chroniques prennent une signification toute |«url ieuliè re et de nature h intéresser vieux et jeunes de chez nous, revivifiant chez les premiers des souvenirs qui dorment en eux, évoquant chez les seconds tous les aspects d'un passé qu'ils n'ont pas connu.A mieux 'connaître, on aime mieux, (eu histoire du moins !) Outre la compilation, la classification, l’analyse, l’étude der pièces e! documents (pu se trouvent au greffe municipal proprement dit.l'archiviste de la ville a meoie pour Inactions de rechercher, soit da is le.» notes ou souvenirs de nos vieilles i'umillcs, soit dans les publications ou journaux d'autrefois, lout ce qui peut jeler une lumière plus vive sur nos origines et not re développement.(l’est ainsi que nous devons à M.Charles Fournier, (ils île feu le Dr Emmanuel Fournier, qui fui l’un do nos citoyens remarquables, de pouvoir reproduce aujourd'hui une chronique d'Arthur Unies.Ce1!.-ci parut dans le “Nord” du jeudi 21 août I882 C ne étude plus approfondie des faits démontre que, du strict point .1“ vue historique, cette chronique demanderait quelques légères reetilieu'ions.Dans son ensemble, cependant, elle est véridique.Elle donne une excellente idée de nos origines.On y retrouve en plus une note émue et ndmirative qui en éloigne la sécheresse documentaire.E le est, lions semble-t-il, toute indiquée au début de la série que nous commençons aujourd 'hui.MARYSE SAINT-JEROME AU DEBUT Lo jeudi, 21 août 1882 Il y a cinquante ans, Saint-Jérôme il'avait pas encore de nom.C’est Mgr l'archevêque Plessis qui lui donna en 1S32 son existence canonique, laquelle fut bientôt suivie de l'érection civile.Cette paroisse nouvelle, qui allait prendre rang sur le calendrier, se composait alors uniquement d’une rangée de maisons et de chaumières construe tes à des intervalles plus ou moins éloignés, le long de la rivière “Nord’’, avec un seul rang de terre en culture, et s’étendant sur une longueur d'environ sept milles.Ce qu'on appelait alors le village c'est-à-dire un groupe de sept habitations, n 'était pas situé où l’est aujourd’hui la “ville", mais à un mille et demi de là, au point d intersection de tiois chemins, dans un endroit qui a retenu le nom de I*a Chapelle, parce qu 'on y célébrait les offices religieux dans une petite chapelle longue de trente pieds, élevée sur le bord de la rivière.Jusqu'alors Saint-Jérôme n'avait été qu'une mission où AI.Poirier, curé de Sainte-Anne des Polities, paroisse voisine, venait dire la messe tous les quinze jours.Plus tard, un prêtre de descendance il landaise, mais il'éducation toute française, Al.Blytli, vint se fixer à 'loi Chapelle, où il demeurait dans une petite maison avec ses père et mère, et d'où il allait desservit deux fois par mois la mission voisine de Snint-Colomban.Cela dura ainsi quelques années, mais le jour vint où Saint-Jérôme s’étant tranquillement développé par l’action du temps, et des colonies nouvelles s’étant formées en plusieurs endroits des environs, on reconnut qu’il valait mieux construire P église sur le terrain qu'elle occupe aujourd’hui, situation plus centrale qui permettait de réunir en un seul faisceau les intérêts civils, religieux, commerciaux et industriels, choix qui indiquait en outre que quelques esprits avaient déjà le vague pressentiment de l’avenir réservé à Saint-Jérôme, et de la prépondérance que su situation géographique lui donnerait immanquablement dans la vaste région qu’il alimente.Comme on craignait qu’il ne s'élevât des discordes dans lu paroisse à l’occasion de ce changement, un curé étranger, AI.Publié Puquin, fut chargé de fixer l’emplacement de In nouvelle église dont le terrain fut généreusement offert par AL Dumont, eu ces temps-là seigneur de la paroisse.(Depuis que Saint-Jérôme est devenu ville les citoyens voulant commémorer le souvenir du cadeau fait par AI.Dumont, ont donné à leur principale rue, sur laquelle se trouve l’ég'ise et qui n’est autre que la grande avenue bordée d’arbres dont nous parlons plus haut, le nom, de l'ancien seigneur de leur paroisse.) Ce n’est toutefois qu’en 1837 que AI.l'abbé Blytli s’y rendit en qualité de premier curé résident, et que l'église et le presbytère lurent achevés sous sa direction.Alors seulement commença l’existence régu'ière de Saint Jérôme.Trois ans après, Al.Blyth quittait Sanit-Jérôme.C’était alors un tout jeune prêt e, qui comptait à peine six lustres, et il lui fallait se séparer de sa paroisse plus jeune encore que lui, dont il avait été le premier curé, qu'il avait vue encore dans son étroit berceau et dont il avait suivi les pas, de joui eu jour, petit à petit grandis- sants Il s’en alla avec bien des regrets dans l'âme; tous ses paroissiens réunis ne formaient encore qu’une fu-iniLo.Quarante ans cependant devaient s’écouler avant que le curé Blytli pût revoir su paroisse chérie.Cette fois il y vint en chemin de fer.Bartout sur la route, il jetait des regii'ds é-tounés; il ne reconnaissait plus rien; et quand, enfin, le train s’arrêta ci que le conducteur cria Saint-Jérôme le pauvre vieillard fondit en larmes.Quelque* instants il resta immobile, cloué par l’émotion sur son siège; puis se iclevunt, tout tremblant encore, il sortit et s’achcmini vers le presbytère.On dut lui en indiquer 'e chemin, à lui qui avilit vu s’élever en p'esby l:ic, pierre par pierre, sous ses yeux, fl passait maintenu:.t dans des rues, devant de belles i niison ! ombragées de g1.nids arbres, là où d y avilit .tadi .à peine quelques eh.mips qui portaient les premières moissons de Saint Jérôme.Enfin il arriva dans ce presbytère où allait le recevoir le curé Labelle, dans ce presbytère célèbre à tant de titres, vraie maison ¦ 1 u bon Dieu où, tous les jours, un ou plusieurs prêtres, de vingt cures on missions à la ronde, viennent, qui prendre un re pus, qui passer une nuit en attendant le départ du train, et où l’auteur de ees lignes jouit en ce moment de la plus large hospitalité.U lendemain, l’abbé Blyth alla visiter les lieux où il avait fuit sa pre-mère mission avant d’être curé titu luire.L’antique chapelle était démolie; mais il retrouva le même petit groupe de maisons modestement augmenté de trois ou quatre habitations nouvelles.Certes, le en ré Blyth pouvait bien regretter sou Suint Jérôme d'autrefois, car, lien n’est plus pittoresque, rien ne charme pins le regard que le dernier demi-mil e de chemin que l'on fuit avant d'arriver au village de La Chapelle, que nous serions tenté d’np peler ancien, tant nous allons vite de nos jours, tant les choses qui ont à peine un demi-siècle il’existence pot lent déjà toutes les empreintes, toutes les injures d'une vétusté hâtive, et semblent comme perdues dans le temps.Ici la rivière “Nord” u’a plus de easeades; elle coule doucement, presque imperceptiblement, entre des bords élargis, couverts de gazons el de feuillages, des eaux pures et bleues comme l’uzur d'un beau ciel.On est loin de tout bruit, de toute agitation humaine, et la nature parfois rétive, qu'on ne peut pas toujours saisir dans ses beaux jours, déploie ici sans réserve toute lu grâce, toute lu beauté des tonnes qu’elle reçut d'une main divine.Spectacles fait à lu fois pour ravir les yeux et pour rasséréner les antes, mais dont semblent ne pas jouir, hélas ! ceux à qui il est donné de les contempler à tous les instituts ! Seuls, les esprits blessés savourent les heures délicieuses qu'ils passent en leur présence, et s’abreuvent aux sources profondes de la nature qui sans cesse se renouvellent, et jamais ne s’épuisent.Eu quittant sa première cure dans le cours de 1S-10, AL Blyth la remit aux mains de l’abbé Poirier qui devint ainsi son successeur.En ce temps-là la paroisse, de Suint-Jérôme n’avait pour ainsi dire pas de limites.Elle s'étendait indéfiniment vers le nord, englobant tout l’espace où sont comprises aujourd’hui les pa-¦ oisses environnantes de Saint-Sauveur, Sainte-Adèle, Saint-J I ippolyte, Sainte-Sophie, Saiute-Lucic, etc., etc.et tous les cantons que nous avons passés en revue dans des chapitres précédents.A cinq ou six milles de l'église commençait la forêt, une forêt épaisse, infinie, regardée comme inaccessible On croyait avoir atteint la limite des terres cultivables, et le nom de “Nord” signifiait qu'il n’y avait plus au-delà de Saint-Jérôme, qu'un printemps fugitif, un été illusoire.Quels changements merveilleux accomplis en quelques années seulement, et comment pouvons-nous aujourd’hui eu croire nos yeux quand nous lisons, dans des rapports officiels et dans quelques journaux, les détails des plans élaborés pour construire un chemin de fer du -Manitoba à la baie il'Hudson d’une part, et de Saint-Jé-tôine au I>ac Téiiiiseaniingue de '.’autre, à travers de longs espaces inhabités, jusqu'aux limites c.Hrêmc-s de notre province.-Mais ne nous perdons pas dans ics abîmes de l’avenir que la destinée couvre encore de ses voiles, et revenons au beau Saint-Jérôme que nous avons été sur le point de perd 1e de vue et qui réclame toute notre attention de l'heure présente.La paroisse de Saint-Jérôme, telle qu’elle est constituée aujourd'hui, forme panic des comtés d'Argenteiiil, dus Deux-AIontagnes et de Terrebonne.Elle est située à trente mille- au nord de Alout réal, moitié dans la plaine, moitié sur le versant oriental des Laurcntidcs, el sa population dépasse cinq mille âmes.Son sol très mé-angé, très varié, est propre à decultures diverses, telles que celle des grains, celle des légumes et celle de-arbres fruitiers.Une partie de ce.sol, environ le tiers, tout en étant rocailleuse, n’eu est pas moins favorable aux pâturages, pendant que d'autre part le foin pous-e en abondance dans de vastes champs «pii s’étendent de chaque côté de la rivière du Nord.— Ou remarque aussi des espaces considérables où dominent l’argi'e et la terre grise, de même qu'un banc «h calcaire cristallin qui se p olonge jusqu'à un mille au-delà du village; mais par-dessus tout on admire une mine de fer oxvdulé d’une richesse unique, et dont l’exploitation u été retardée jusqu’à présent par certains malentendu- qui existent entre le vendeur el l'acquéreur, celui-ci un grand capitaliste uméricuin.C’est sans doute à la nature de son -o] sablonneux et élevé, (le niveau de Saint-Jérôme est h cent quarante pied» au-dessus de celui de Montréal), ainsi qu'au voisinage des montagnes cou verte.* de forêts que Saint Jérôme doit celte salubrité de climat devenue proverbiale, et l’absence absolue «le toute espèce d'épidémies.On n'y a jamais connu en effet de maladie épidémique ou contagieuse quelconque, et les quelques cas isolés qu’on a découverts ii de rares intervalles provenaient de paroisses voisines ou de Montréal, et se bornaient à leurs vie I i mes.Le village de Saint-Jérôme a été constitué en ville le 1er janvier 188), il y a à peine deux ans, et depuis lors il u pris un essor dont il n’y a pas ¦ l'exemple, croyons-nous, dans notre pays.En une minée seulement de “81 '* a “82*, la population de la petite ville a augmenté de sept, cent» âmes, ce qui est un fuit absolument inouï dans la province de Québec, tou-!
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