L'Avenir du Nord, 3 octobre 1930, vendredi 3 octobre 1930
TRENTE-QUATRIEin xi n.n'JTJI.NUMERO 39.«rurffKNAL HEBDOMADAIRE — CINQ SOUS LE NUMERO.VENDREDI, 3 OCTOBRE 1930.CHENIER SEUL JOURNAL du DISTRICT deTERREBONNE ï397-1930 EXISTANT DEPUIS PLUS DE TRENTE-TROIS ANS.1897-1930 ‘LE MOT DE L’AVENIR EST DANS LE PEUPLE MEME; NOUS VERRONS PROSPERER LES FILS DU SAINT-LAURENT” (Benjamin Suite) Directeur politique: JULES-EDOUARD PREVOST.Publié par la Cie de Publication de St-Jérôme Ltée.Secrétaire de la Rédaction: ANDRE MAGNANT.ABONNEMENT : $2.par année.SAINT-JEROME, Comté de Terrebonne.A L’ETRANGER: $2.50 par année.LABELLE • O \ Les consommateurs trahis et exploités Comme nous l’avions prévu et déclaré, le nouveau tarif canadien a pour résultat premier et direct d’éle ver les prix et d’accroître le coût de la vie aux dépens des consommateurs.Une dépêche de la presse canadienne nous apprenait, ce matin, que le prix des vitres avait été accru par les intermédiaires dans de fortes proportions.Los importateurs, vendeurs et marchands ont majoré la cote de ce produit, dans le but avoué de se conformer au nouveau tarif, qui augmente les droits sur la vitre jusqu’à 300 pour cent.Il s’ensuit immédiatement une"augmentation du coût du bâtiment et le paiement d’une taxe nouvelle et assez lourde par les petits consommateurs.Un t"êl changement affectera toutes les classes de la société et ne bénéficiera qu’à deux fabricants qui semblent avoir beaucoup d’appétit et qui ont bien attendri le coeur de M.Bennett.Celui-ci a pitié des forts et ne se soucie guère des faibles, car il sait d’où proviennent les fonds électoraux.Dans la dépêche susdite, on déclare qu’il existe, au Canada, une compagnie capable, avec du temps, de vitrifier tout le pays.L’usine de cette compagnie est située à Hamilton.Jusque-là, la concurrence belge faisait sécher de dépit les deux manufacturiers ontariens ; M.Bennett va leur rendre leurs bonnes couleurs et leur embonpoint : ils mangeront désormais du consommateur.Le premier ministre, en présentant son tarif d’urgence, donnait au peuple l’assurance que l’augmentation des droits n ’entraînerait pas, pour lui, une hausse du coût de la vie.“Là-dessus, disait-il, j’ai la promesse foi me le des manufacturiers ’ ’.Mais, dès le lendemain, les f.iis démentaient le chef du gouvernement et démontraient la naïveté de celui-ci en même temps que le peu de bonne foi des fabricants.On vit, tout d’abord, monter le prix du beurre, puis, deux ou trois jours après, celui de la gazo-| ine.Le haut coût de l’essence, comme force motrice, alïecte une multitude | de petits industrie.s de la campagne et les milliers de cultivateurs qui font usage de moteurs et de machines à ! traction mécanique.Là encore, l’agri-t culture est sacriüée, comme elle l’a été pour les instruments aratoires.A ce sujet, M.Frank Eliason, secrétaire des fermiers-unis du Canada, section de a Saskatchewan, déclarait: “Le gouvernement n’a peut-être pas songé jusqu’à quel point l’augmentation du prix de l’essence, on ce qui concerne les coopératives, affecte directement les consommateurs.11 est facile aux chefs de raffineries de dire que les commercants vont seuls absoi'bcr la majoration des prix, mais dans le cas des coopératives, le commerçant et le consommateur ne font qu’un.D’ailleurs, toute augmentation dont le commerçant est frappé atteint le consommateur.” Voilà ce qu’on pense des lois de M.Bennett.Mais ce n’est que le commencement.L’exploitation des petits par les gros va se continuer jusqu’à ce que la nation, lasse des abus commis pour favoiiser quelques individus au dépens de plus de neuf millions d’habitants, secouera le joug et reviendra vers ses véritables amis, vers ceux qui ne la trompèrent jamais.¦r*i«3aTOx-,nnaainr»*B»T?rar.T3«xsn^.-',aaj -i rszzsarææaiKamgszBSZ-iTïzzzï.æTvrxrrzTsaHiMnKzatmmBzamFBi L’iudustrie et le commerce en baisse sons le nouveau gouvernement Dans le dernier rapport mensuel de l’office fédéral, au sujet de l’état économique du Canada, on constate que l’activité économique du pays est en baisse, en comparaison des mois précédents.Lo 1er septembre dernier, 7,334 établissements canadiens employaient 1,023,033 travailleurs, tandis que le mois précédent, ce chiffre s’élevait à 1 042,-141.Diminution : 19,808.Il y avait donc, à cette date, près de 20,000 chômeurs de plus qu’à la chute du gouvernement King.On n’a pas compté, dans les chiffres précités, les pauvres victimes du changement, libéraux ou de partisannerie douteuse, renvoyés do divers services publies pour faire place à des bleus orthodoxes.De plus, d’après un organe mensuel très exactement renseigné, la revue “The Commerce of the Nation’’, destinée aux hommes d’affaires, le chiffre indice des affaires canadiennes, a baissé, depuis deux mois, de 166.2 à 154.9, soit une baisse de douze points.En outre, sous le nouveau régime, le stock industiiel a diminué d’une moyenne de 165.4 à 162.2; le stock des utilités publiques, de 124.2 à 122.3; le stock des mines, de 73.2 à 68.7.La valeur des actions s’est donc affaissée de plusieurs points.La moyenne do production du fer a baissé de 112.1 à 109.8; celle de l’acier, de 145.5 à 104.5 ; celle du bois de construction, de 82.6 à 75.4; celle des automobiles, de 157.6 à 118.1; celle du zinc, de 870 à 692; celle de i’amiante, de 114.9 à 101.3; celle du ¦charbon, de 88.5 à 83.4; celle du transport marchand par chemin de fer, de 268.99 à 264.18; celle du bâtiment, de 195.8 à 165, et ainsi de suite.La liste pourrait s’allonger indéfiniment.On remarquera que ce sont les industries les plus protégées par M.Bennett, nommément le fer, l’acier l’automobile et le charbon, qui enregistrent quelques-unes des dépressions les plus fortes, depuis l’avènement du nouveau régime.A quoi attribuer ce malaise?Nous n’aurons pas l’audace de dire, comme le diraient nos adversaires, s’i’s étaient à notre place, que le malaise régnant en septembre 1930 est dû aux prodiges législatifs des thaumaturges fédéraux.Nous savons mieux qu’eux rester dans les limites du bon sens.Mais nous constatons une chose : c ’est que le gouvernement Bennett n’a pas encore rétabli la confiance dans le pays, dans le monde canadien des affaires, et que, pour cette raison, la crise, accentuée par le dénigrement national, menace de devenir plus gra-vc.Si les nouveaux maîtres fédéraux avaient créé de l’optimisme et encouragé les espoirs canadiens, en ces derniers mois, s’ils avaient fait moins de promesses, ils auraient probablement été pris au sérieux et auraient ralenti le mouvement de dépression.Mais i s ont agi tout auti'ement, et leurs premiers mois d’office coïncident maintenant avec de nouvelles dégringolades économiques.Par là, ils ne sauraient échapper au ridicule d’une situation dont ils portent moralement la responsabilité.Us donnent d’autant plus dans l’équivoque que même les chiffres de notre commerce extérieur, à l’heure jjrésente, démontrent des résultats absolument opposés à ceux qu ’ils promettaient.Sous leur court régime, les importations ont été accrues et les exportations ont diminué.Voici les chiffres : la moyenne des importations s’est é’evée de 142.5 à 151.6, tandis que la moyenne des exportations a fléchi de 122.3 à 117.9.Qu’en pensent les électeurs canadiens, qui ont voté pour M.Bennett sous la promesse fennelle qu’il empêcherait les importations et accroîtrait les exjiorta-tions ?Un député indépendant disait, vers la fin de la session d’urgence, que notre peuple pourrait bien avoir à se repentir d’avoir changé de régime.On n’a jamais dit si vrai.Association Chorale de Saint-Jérôme — La première réunion de cette association a eu lieu, lundi soir dernier à la salle municipale.i • Une centaine de personnes environ avaient répondu à l’invitation des officiers de l’Association.La plupart se sont enrôlés pour faire partie de la Chorale et des Cours de Solfège.Mardi prochain aura lieu la réunion de la section des hommes pour procéder aux élections des officiers.Les listes d’inscription sont encore ouvertes et ceux qui désirent se joindre à cette association peuvent communiquer avec le directeur musical, M.Joseph Fortier, par téléphone ou à son bureau.Les cours de solfège commenceront lundi prochain dans la salle paroissiale, pour tous les élèves actuelle ment inscrits et pour tous ceux qui voudraient s’y joindre.NOS VIEUX MAITRES (Ecrit pour l’AVENIR DU NORD) Je me rappelle que, i! y a quelques années, quand parut l'Histoire du Petit-Séminaire de Sainte-Thérèse de M.l’abbé Emile Dubois, un magistrat en vue s’étonnait qu’il fût tant question du dévouement des membres du clei'gé, de M.Ducliarme, le curé-fondateur, et do ses confrères, ses as-si ,tants ou ses continuateurs.C ’é-tait pourtant bien naturel.Là comme ailleurs dans tous nos collèges classiques, ce sont les curés qui ont presque tout fait, et il n’en pouvait guère être autrement.Dans l’état où se trouvaient nos pèi'es d’il y a cent ans, le clergé catholique seul —¦ M.l’abbé Lionel Gi'oulx l’éciivait récemment — pouvait recruter et grouper le personnel des collèges et lui imposer, par son idéal de pauvreté, l’abnégation héroïque qu’exigeait la fondation de nos maisons d’enseignement secon daire.Et M.Groulx citait, à ce propos, les témoignages d’Etienne Parent et de Louis-Joseph Papineau qui sont fort explicites.Parent disait de nos collèges qu’ils étaient autant de “citadelles nationales’’ et que “ce sont eux qui ont fait qu’il y a encore un peuple eanadien-français et que ce peuple pèse toujours dans la balance des destinées de notre pays’’ et Papineau proclamait que “si les efforts de nos ennemis; pour décourager l’éducation u’avaient pas été contrebalancés par les sacrifices du clergé, nous fussions devenus des hommes asservis et méprisés’’.C’est d’ailleurs, pour ceux qui savent l’histoire, l’évidence même.Nos vieux maîtres, c’est vrai, n’avaient pas eu l’avantage d’aller cher-lier en Europe un complément de formation comme celui dont peuvent se prévaloir plusieurs de nos contemporains.Us étaient en plus, la plupart du temps, bien pauvrement outillés.Us y suppléaient pur un travail ardu et par un dévouement inlassable.Et, après tout, les hommes formés par eux, n’ont pa,s fait, dans l’Eglise et dans l’Etat, si mauvaise figure, depuis cinquante ou soixante-quinze ans.Est-ce que, peut-être, quelques-uns de ceux qui, de nos jours, parlent sans cesse do “réforme” ou d’“orientation nouvelle” ne paraissent pas parfois enclins à oublier ce que nous devons au passé?Je conviens qu’il faut aller de l’avant et nous perfectionner encore, pourvu qu’on tienne compte de nos possibilités, qu’on n’aille pas trop vite et qu’on ne s’aventure pas dans des initiatives trop coûteuses et disproportionnées à nos moyens.Mais encore convient-il do ne pas parler inconsidérément de ces vieux maîtres d’antan.Je lisais à ce sujet, ces jours derniers, les réflexions, un peu pessimistes peut-être, mais en somme justifiées, que Mgr Lapointe, de Chicoutimi, no craint pas de signer de son nom, dans la fort belle notice nécrologique qu’il a consacrée, dans l’annuaire de son collège de juin dernier, au regretté Mgr Huard.“On parle avec -amertume parfois, écrit-il, et en termes peu flatteurs pour nos maîtres dans l’enseignement, de ce qu ’on appelle nos déficiences.Mon Dieu, qui les nie?Mais pourquoi les exagérer d’abord?Pourquoi ne pas reconnaître loyalement ensuite l’effort presque surhumain que nos prêtres-éducateurs ont fait de tout temps, avec si peu de moyens, pour l’avancement des sciences comme des lettres en notre pays?Où sont les pionniers dans ce domaine?Où donc ’se trouvent encore les travailleurs intellectuels, obscurs bien souvent, qui comme Mgr Huard, consacrent leur vie entière avec tant de désintéressement et de dévouement à explorer le champ des sciences positives et à y intéresser une jeunesse malheureusement trop portée, par l’exemple de ses aînés, à s’engager dans le sentier battu ds professions libérales, voire même de la politique?On déplore a-vee raison qu’un nombre relativement trop petit de nos bacheliers ait embrassé jusqu’ici des carrières scientifiques.Mais depuis quand ces carrières sont-elles ouvertes à notre jeunesse?, Où étaient, il y a vingt-cinq ans, les écoles spéciales canadiennes-françaises qui y préparent?Et ceux de nos jeunes gens qui sont entrés dans ces carrières, qui donc les y a poussés?Et puis, quand ils sont allés aux universités anglo-canadiennes, ne pouvant aller ailleurs, y ont-ils fait si mauvaise figure?.Des hommes comme Mgr Huard n’étaient pas fermés aux exigences de leur temps.Leurs disciples et leurs émules ne le sont pas davantage.Pourquoi insinuer ou même affirmer si légèrement le contraire ?.Esprit large, d’une culture complète, très au courant, n’ignorant aucune dos expériences heureuses ou malheureuses ODIEUSES INSINUATIONS CONTRE L’HONORABLE RODOLPHE LEMIEUX Depuis quelque temps, certaines' gens se mettent en embuscade pour lancer des rumeurs dont le but est de faire naître des soupçons dans l’esprit du public, sur la rectitude de la conduite de l’honorable Rodolphe Lemieux qui a continué d’occuper ses fonctions de président de la Chambre des Communes jusqu’à l’élection de son successeur, le 8 septembre courant.L’honorable Rodolphe Lemieux est bien au-dessus de ces attaques perfides.Toutefois nous croyons qu’il est i uste de rétablir les faits dans toute leur exactitude et leur vérité.U est vrai que l’ancien président de la Chambre des députés a été appelé à la Chambre Haute en juin dernier.Mais il est non moins vrai que cette nomination n’a pris effet que le 8 septembre.En effet, la commis sion par laquelle, en vertu de l’article 24 de l’Acte de l’Amérique britannique du Nord, le gouverneur général mande au Sénat, au nom du Roi et sous le grand sceau du Canada, une personne ayant les qualifie:]-, tious voulues, cette commission, disons-nous, n’est remise au nouveau sénateur qu’à l’ouverture des Cham-rbes, alors qu’il la met entre les mains du greffier de la Chambre Haute en séance et qu’avant do prendre son siège il doit prêter serment devant le président et ses collègues du Sénat.L’honorable Rodolphe Lemieux n’est devenu véritablement membre du Sénat canadien que le 8 septembre, lors de l’ouverture des Chambres.Sa nouvelle fonction h n’a donc pu venir en conflit, comme on l’insinue, avec celle du président de la Chambre des communes qu’il a occupée jusque-là.Au Surplus, la tradition et la loi justifient l’honorable M.Lemieux d’avoir continué d’agir comme président jusqu’à l’élection de son successeur.Cela ressort clairement de l’article 15 de la loi concernant là.Chambre des communes qui dit explicitement: “La personne qui remplit la char-“ge de Président lors de la dissolution du Parlement, est, et pour les “fins des dispositions ci-dessous de “là présente loi, censée le Président “jusqu’à ce qu’un Président soit “nommé par le nouveau Parlement.” La conduite tenue par l’honorable Rodolphe Lemieux a donc été abso lunient conforme à la loi et aux coutumes les mieux établies.Notre très distingué compatriote ne peut-être le plus légèrement atteint par les insinuations sournoises qu’on a lancées contre lui dans l’ombre.Nous avons cru devoir mettre, une bonne fois, les choses au point afin que le public juge et condamne des attaques aussi odieuses que peu fondées.“Le Canada” qu’ont tentées dans l’enseignement secondaire ou supérieur depuis un demi-siècle plusieurs pays civilisés, Mgr Huard, s’il appelait des réformes appropriées, savait les vouloir où elles sont possibles et opportunes.” Ce sont là des choses que nombre de gens, chez nous comme ailleurs, auraient grand profit à méditer.Je sais que l’Avenir du Nord, à cause de la valeur do son principal directeur depuis trente ans.l’honorable sénateur Prévost, est un journal lu, dans nos meilleurs milieux, par ce qu’on appelle notre classe dirigeante.Je laisse ces distingués lecteurs sur ccs paroles si pleines de sens : on peut certes désirer et appeler des réformes appropriées, mais il faut savoir les vouloir là où elles sont possibles et opportunes.Défions-nous des critiques inconsidérées et de ceux qui les formulent.L’abbé Groulx, dans l’étude que j’ai déjà citée sui- Les fondateurs de nos collèges (Revue nationale de janvier 1930, page 11), les fustige de mots cinglants: “Par la faute des conditions sociales et politiques du pays, dit-il, nos collèges ont fait trop de déclassés pour n’avoir pas fait des ingrats.O’est le propre de tous les ratés de se venger de leur faillite sur leurs études et sur leurs maîtres.Je n’aimerais guère, pour ma part, à être de ceux qui ont à coiffer ce bonnet! Mais, sans doute, les plus condamnables ne s’en rendront pas compte.Quand même, ceux qui critiquent à tort nos vieux maîtres en peuvent prendre là largement pour guérir leur manie.Us en ont pour leur rhume, comme on dit ! L’abbé Elie-J.AUCLAIR CONTRE LES INCENDIES La semaine du 5 au 11 octobre sera observée, dans tout le Canada, comme la semaine de prévention con-tro les incendies.On ne saurait prendre trop de précautions contre ce fléau qui a occasionné, en 1929, au Canada, des perte,; matérielles évaluées à $47,000.000, et causé 233 pertes de vies.En conséquence, on devra lire, mé-di or et mettre on pratique les conseils suivants que le chef Arthur Lesage nous demande de publier.LES DIX COMMANDEMENTS 1.-— Faites bien nettoyer tous les tuyaux et cheminées avant do tenter de vous en servir.2.— Examinez soigneusement vos cheminées à l’endroit du comble où e les passent, ear la partie en dessous peut' avoir cédé tandis que la p, rtie à l’extérieur, étant supportée par la charpente, laisserait une solution de continuité ou bris qui permettrait aux étincelles de se glisser dans ,e grenier ou dans des endroits cachés.¦ 3.-— Soyez certains que tous les trous de cheminée qui ne serviront pas cotte année soient fermés avec-les bouchons métalliques, vu qu’un grand nombre de feux soiff causés par des étincel es quand ces trous ¦ont recouverts par de la tapisserie.4.— Nettoyez les collets de venti,-ation autour de tous les tuyaux, en ¦nlevant filasse, toiles d’arraignées t poussière et ne laissant rien dans e ventilateur, ce qui permettra à ’air do rafraîchir le tuyau par où i passe.5.— Ayez soin que votre bois di hauff >ge ne soit pas placé d.ns vo »ro cour, de manière à ce qu’il amen.:c feu chez vous dans le cas où la maison voisine viendrait à être incendiée.6.•—- U est mieux de garder les é-clisses, le bois mou et les boîtes bien empilés dans fes hangars, les étables ou les caves, et de n’y pas mêler de papier ni de paille à emballage (ex-ce:sior).7.— On ne devrait manipuler la gazoline qu’avec un soin tout particulier.En hiver toutes les fenêtres et portes* sont fermées, en.evant toute possibilité de chasser dehors les gaz inflammables.8.— Ne vous servez jamais de gazoline pour nettoyer dans votre maison, et si vous êtes obligé de le faire pour toute autre raison, n’oubliez pas que vous manipulez un explosif puissant qui peut mettre en danger votre vie et votre propriété.9.—• Enlevez l’herbe sèche et les feuilles de votre terrain avant qu’un individu sans précaution n’y jette une allumette.10.— Ne mettez pas sécher de linge ni autre objet inflammable au-dessus ou près de poêles qui chauffent.Si vous obéissez aux commandements ci-dessus, vous pouvez prévenir bien des feux et des pertes de vie et de propriété.Essayez! Cela en vaut la peine.SURETE A LA MAISON Jhaque membre de la famille doit ê-:re capable de répondre à ces questions.1.— Vous servez-vous des allumettes de sûreté?2.-—- Los planchers sous les poêles, sont-ils protégés avec des tuiles, de a pierre, de la brique, du béton ou du métal, afin d’empêcher qu’ils ne prennent feu par la chaleur qu’ils dégagent ?3.—• Les murs, les plafonds et les divisions, sont-ils protégés d’une manière semblab’e dans tous les endroits où ils pourraient être exposés à une température élevée par le surchauffage des poêles ou des fournaises?4.—- Les cendres sont-elles déposées dans des réceptacles en métal et enlevées de l’édifice chaque soir?5.— Y a-t-il un espace enclavé sous la maison où les matières inflammables pourraient s’accumuler?6.—¦ Les cheminées sont-elles construites sur la terre ou sur des sup ports?Sont-elles en bon état de réparation?Ont-elles été nettoyées pour l’hiver?7.— Les tuyaux de poêles passant à travers les divisions sont-ils suffisamment protégés?Est-ce qu’il y .a des tuyaux de poêles qui passent à travers les greniers, les armoires ou es chambres inoccupées où ils pourraient venir en contact avec quelque matière combustible ?8.— L’usage de la gazoline est-il défendu à l’intérieur de la maison?9.— Avez-vous quelques extincteurs chimiques?Est-ce que tous les membres de la famille savent comment s’en servir?10.— Savez-vous où se trouve située la boîte d Vanne contre l’incendie la pins proche?Connaissez vous le numéro de téléphone du departement des incendies?CHRONIQUE LITTERAIRE LES OASIS>; par Rosaire Dion Ce volume, jugé en lui-même et comparé aux premiers vers de M.Rosaire Dion, fournirait une réponse à la question: Comment on devient poète.Il déroulé un tracé de la marche Constante., à partir de débuts infimes et a travers dû rudes chemins, d’un talent, d’une vocation poétiques.L’auteur y démontre, y incarne, les phases de cette évolution: tout d’abord les germes du rêve semés au fond de l’âme, qui sont la grâce d’en haut, le don des dieux, et que rien ne remplace; puis l’instinct éveillé par la beauté des êtres, les “voix” imposant leur appel; les premières ascensions tentées vers l’idéal qui se dérobe; le labour patient à chercher, à poursuivre; lo savoir-faire d’abord novice, acquérant peu à peu l’habileté, l’expérience; l’oeuvre, pour commencer, informe, puis revêtant une symétrie et se rapprochant ,par degrés de la splendeur et de la dignité de l’art.Cet achèvement serait beau, môme précédé de disciplines classiques et aidé d’ambiances amies; mais ici que d’obstacles entravaient l’essor! Nashua, New Hampshire, n’est pas précisément le berceau des muses: c’est une ville de machinés,.danp.un pays banal et farci de “bon sens”, qu’on parcourrait d’un bout à l’autre asns rencontrer une idée abstraite.Les fumées qui en montent n ’ont rien de grisant : elles exhalent en toussant l’âme •oire de la suie; — les sirènes qui y chantent son]/ celles des “moulins à coton”; — et, en fait de langage, celui qu’on y entend n’a pas un son com-nun avec le rythme dos Trophées.O’est là pourtant que Rosaire Dion a vé-îu, et qu’il peine "comme tant d’autre; en des besognes viles et pratiques.Et, malgré cet air étouffant, il a senti l’ha’eine de brises éthérées; à travers ce bruit del rouages, son oreille a perçu de lointaines musiques ; tout le moule des pensées, des amours, des formes splendides s’est révélé à lui par delà ?es murs et ces brumes.Sans guides et sans chemins pour pénétrer dans ;e royaume, il s’est ouvert lui-même une route, il s’est forgé des armes et les clefs; il est parti tout seul, comme un preux de jadis, voué à gravir le lonjon et à gagner le coeur de dame Poésie.Pour le dire en langue d’ôc, l’est-ce pas un rare exemple de voir ce tout jeune homme ce canadien des Etats-Unis, muni d’une simple instruction primaire, enchaîné à une job [uolconquc, éprouver l’ambition de l’art, cultiver des sons, des images qui ne servent à rien; s’isolant pour cela des tourbes futiles et se faisant une rie d’ascète, lisant tous les poètes, tous les traités do prosodie, s’exerçant i des rimes sans nombre, acharné à vaincre l’obstacle et à capter le grand secret ?t Cet apprentissage, sans doute, ne pouvait être l’oeuvre d’un jour; il y fallait le temps autant que l’effort et l’enthousiasme.Peut-être se termi-ua-t-il trop tôt.La hâte d’apprendre entraîna celle de produire, et le pre-nier volume de M.Dion fut une oeuvre, à mon sens, prématurée.Les per-'es étaient rares parmi ce Chapelet des Jours (c’est curieux, un chapelet que ¦éeite un rosaire ! ) ; les pater, mieux que les ave, en eussent compté les pièces passables, et l’ensemble, malgré de fugitives réussites, faisait l’effet l’une prière inexaueée.Henri d’Arles, en préfaçant ce recueil, rendit à ’auteur un douteux service: il eut fallu lui conseiller d’attendre.Les vrais imis de Rosaire Dion eurent plus de franchise, et constatèrent alors jusqu’à [uel point la modestie, l’absence de présomption, le désir sincère de criti-|ue, s’alliaient chez, lui à l’espoir et à la persévérance.U se remit à l’oeu-rre, gardant confiance en lui-même, mais avec plus de précaution; cherchant les évocations plus fortes et des formules plus magistrales; s’escrimant à lompter le mot riche, la.rime elusive, à faire de l’idée et de l’image une ¦synthèse logique et serrée.Comme résultat, il nous offre ees nouvelles strophes, de beaucoup en avance sur les premières, et qui décidément le posent lonime un poète de mérite et d’avenir.La poésie pour lui cesse d’être ce lésert où, à grande sueur, il luttait pour son existence; il a atteint des iasis rafraîchies par des sources, où il s’asseoit, reprend des forces, et où 1 élève à loisir des pagodes votives.Mes oasis, ce sont les îles Rêveuses du recueillement, Le fugace miroitement D’archipels lointains et de villes.• Au gré d’illusions subtile^ : J’enclos en mon sonnet fervent ' .L’or et la fumée et le vent ' Qui teintent mes bonheurs futiles.Ayant pour matière et couleur Amour, Orgueil, Beauté, Douleur, Sables d’or que le vent soulève, • ' ’ Au désert immense du Rêve, , .' ' • J’érige en l’ouragan pervers - Ces bleus minarets de mes vers.Or, vous îe constatez, ceci est très gentil, est beaucoup mieux qu’une intention, contient l’imagerie, la diction, la touche qui marquent des vers d’ouvrier.Et ces vers abondent dans le livre; au lieu d’être, comme jadis, me minorité impuissante, ils comptent, et ils dominent ce qui reste du vulgum pecus.Le poète, de plus en plus, y pose ses qualités essentielles, qui sont d’esprit, de réflexion, autant que de sensibilité fine.Ces pièces ont toutes une conception, parfois subtile et personnelle, mais au moins précise, définie, formant un noyau au poème.Et l’on aime ce chanteur qui s’efforce -à penser, qui n’ouvre pas la bouche sans savoir ce qu’il veut transmettre.Sans doute cette pensée n’a guère de système, de lien collectif; elle se pose sur les choses un peu au hasard, y puisant des sucs disparates: leçons, symboles, apologues, mais sans la sève de théories vitales.— Mais n’exigeons pas d’un si jeune esprit une philosophie toute faite et toute mûre.Il a déjà la curiosité du mystère, l’instinct de le creuser; il a, pour guider son enquête, le culte ardent de la Beauté, plus sûre, plus lumineuse que la vérité même.Oes forces lui créeront un jour des convictions plus fermes et des tendances plus définies.Mettons encore que ses allégories sont parfois usées: qu’il n’est pas renversant de trouver en Tantale le Symbole de nos soifs inassouvies (Tantale) ; en Icare l’aventure de nos coeurs téméraires (Idéal) ; de voir dans la mémoire le miroir du passé (Le Souvenir), ou dans le sommeil l’ombre de la mort (Sommeil).C’est ici la jeunesse redécouvrant un monde très vieux en voyant tout en neuf parce que tout est nouveau pour elle.Mais d’autres aperçus, ne sont pas communs, montrent une invention plus directe.La parabole de Neige, peut-être trop voulue, trop bien amenée, est pourtant pénétrée de sens intime.Prismatiques splendeurs, étincellements froids Qui recouvrez du sol les morsures tragiques , De l’éclat lilial de vos tapis magiques, ; Que ne pouvez-vous pas tapisser quelquefois ' Les décombres poudreux d’un coeur lourd d’avanies! —- Il est rare qu’il neige au désert.de ma vie.C’est un assez joli symbole que celui du beteau-jouet qui voudrait flotter, tenter l’onde, fatigué de son rôle: de bibelot futile: Mais parfois, quand un vent furtif gonfle ses voiles, La charpente s’agite et tremble jusqu’aux moelles, Comme un oiseau captif perdu dans le néant.— Et nous sommes pareils ail bateau languissant Qui rêve d’archipels, d’inconnu, d’aventure, Mais dont frissonne seu’e, aux brises, la voilure ! L’eau qui coule sous la glace est une image bien juste du temps qui nous emporte, même quand des heures sereines semblnt le fixer (Mirage glacé) — Et ce tercet enclôt une idée forte en même temps qu’une terrifiante peinture : Car ce bruit, c’est le Temps, ce vide, c’est la Yie ' Et la minute affreuse et jamais assouvie Roule des flots d’humains vers d’effroyables ports.[Suite à la deuxième page] m I'AWIB DU NORD, V» ?«*«*.ît
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