L'Avenir du Nord, 17 janvier 1930, vendredi 17 janvier 1930
TRENTE-QUATRIEME ANNEE NUMERO 2.JOURNAL HEBDOMADAIRE — OINQ SOUS LE NUMERO VENDREDI, 17 JANVIER 1930.CHENIER SEUL JOURNAL DISTRICT de TERREBONNE 1897-1930 EXISTANT DEPUIS PLUS DE TRENTE ANS.1897-1930 ' -‘-—-—-— “LE MOT DE L’AVENIR EST DANS LE PEUPLE MEME; NOUS VERRONS PROSPERER LES FILS DU SAINT-LAURENT” (Benjamin Suite) Editeur-Propriétaire: LUCIEN PARENT.Directeur politique: JULES-EDOUARD PREVOST.Secrétaire de la Rédaction: ANDRE MAGNANT.ABONNEMENT : $2.par année.SAINT-JEROME, Comté de Terrebonne.A L’ETRANGER: $2.50 par année.LABELLE L ^ • a v ^ I LES FINANCES DE LA PROVINCE UN EXCEDENT DE $6,500,000 Détails sur les revenus, les dépenses et la dette.L’honorable A.-R.McMaster, trésorier de la province, reste dans la bonne tradition libérale en annonçant un excédent de $6 500,000 dans les finances provinciales.Les revenus annuels de la province ont été portés au chiffre de $40,000,000 et une diminution totale de la dette publique atteint le montant de $4,500,000.Sous l’administration libérale, notre province a vu se réaliser des oeuvres immenses et des progrès inouïs.Durant l’année financière close le 30 juin 1929, les revenus de notre province ont atteint $40,000,000, soit $5,000,000 de plus que l’année précédente; et ce résultat a été obtenu sans obérer le peuple d’impôts.Cette situation florissante de nos finances a permis au gouvernement d’augmenter les dépenses en vue de l’utilité publique et des intérêts généraux de la province.Au 30 juin dernier, les dépenses atteignaient le chiffre de $35,964,487.62 soti une augmentation de $3,143,261.04.compte de ces dépenses, il faut inclure la somme de $2.500,000.qui constitue des dépenses extraordinaires, soit $1,000,000.pour le rachat d’un égal montant de la dette de notre province, $500,000.pour un octroi à l’Université de Montréal et $1,000,000.pour le fonds de l’Assistance Publique.Si l’on retranche cette somme de $2,500,000.des dépenses ordinaires pour la placer au compte des dépenses extraordinaires comme cela se fait généralement, on voit que le surplus total de la province, cette année, est de $6,511,795.62.Il sera sans doute intéressant pour nos lecteurs de connaître quelles furent les principales sources de revenus du Gouvernement, où il a dépensé scs millions et de faire la comparaison avec les chiffres de l’an dernier.RECETTES Au compte des recettes, on voit que les subsides fédéraux, pour l’année terminée le 30 juin dernier, lurent de $2,315,739.32.Les Terres et Forêts ont rapport*., cette année, à la province la somme de $6,523,529.98.Il y a eu ici une diminution de $279,966.76 dans le chiffre des revenus en comparaison de l’année 1927-28.Les Mines, Pêcheries et la Chass* ont rapporté un montant de $1,005,551.63, soit une augmentation de $28,186.36 sur l’an dernier.C’est la taxe sur la gazoline et le commerce de la Commission des Liqueurs qui ont enregistré les plus fortes augmentations.En 1927-28, la taxe sur la gazoline avait donné un revenu de $1,680,409.99; ce revenu s’est élevé, cette année, à la somme de $3,253,039.78, soit une augmentation de $1,572,548.79.Le compte de commerce de la Commission des Liqueurs était de $5,500.000 et il est de $7.000,000.cette année, c’est-à-dire qu’il y a une augmentation de $2,500,000.Et si l’on poursuit cette comparaison, on voit les chiffres suivants: (le premier chiffre est pour l’année 1927- 28 et le second pour l’année 1928- 29) Timbres judiciaires: $728,260.90 — $778,367.30, augmentation de $50,106.40; Fonds des bâtisses et des jurés: $58,622.25 — $71,114.56, augmentatoin de $12,492.31; honoraires judiciaires : $29,799.16 — $22,417.56, diminution de $7,381.50; Taxe du palais de justice de Montréal; $6,206 — $3,761.61, diminution de $2,344.68; administration de la justice: $27,817.32 — $31,787.63, augmentation de $3,970.31; Timbres d’enregistrement: $383,976,36 — $371,282.60 ,dimniution de $12,693.75; licences (hôtels, magasins, etc) $1,809,099.59 — $1,934,132.93, augmentation de $125,125.34; Taxes sur les corporations commerciales: $3,113,223.13 — $3,066,395.41, les successions: $3,740,629.61 — $4,1783 576.57, augmentation de $442,946.96; taxes sur les transports d’actions, débentures, etc: $554, 441.89 — Loi des véhicules moteurs : $3,997,001.41 —• $4,880,739.86, augmentation de $8,738.45.L’on voit par ces chiffres que le Gouvernement, par suite des diminutions de taxes que l’honorable M.J.Nicol, trésorier de la province, a fait adopter lors de la session de 1928, a diminué les revenus là où c’était la population en général qui paie.Les surplus dans les recettes ont été enregistrés là où ceux qui ont de l’argent peuvent plus facilement contribuer à l’administration de notre province.DEPENSES Les principales dépenses du gou-vernemnt sont aussi intéressantes à considérer.Nous procédons comme plus haut en citant d’abord les cihf-fres^de l’an dernier, puis ceux de cette année.Dette publique: $5,317,788.41 — $5,337,307.60, augmentation de $19,519.19; Législation: $705,882.33 — $761.595.20, augmentation de $55,712.87 ; salaires du gouvernement civil: $1,587, 086.30 — $1,718,311.44, augmentation de'$131,225 IA • ,odm:-nistration de la justice: $2,281,534.71 — $2,364,682.34, augmentation de $83,147.53; Instruction Publique: $2,863 666.97 — $3,485,377.73, augmentation de $621,710.76; Asiles d’aliénés: $1,359,340.00 — $1,619,340.{)().augmentation de $260.000,00; Travaux Publics: $1,290,957.41 —¦ $1,904,624.92, augmentation de $613,667.51; Agriculture: $1.912,407.33 — $2,074,930.75, augmentation de $162,623,42; Voirie: $8,470,184.56 — $7,560,915.04 ; Colonisation : $1,895,466.—- $2,271,834.75, augmentation de.$376,368.75; Travail: $120,420.85 — $301 613.66, augmentation de $181,192.81.LA DETTE La dette consolidée de la province de Québec a été diminuée1 de $2,076,390.34 au cours du dernier exercice financier.Elle était, en effet, de $58,827.531.61 au 30 juin 1928 et elle fut réduite à $56,751,141.27, cette année.Au compte de la dette consolidée de la province, le Trésorier ajoute le chiffre des emprunts temporaires, du fonds de retraite des instituteurs, du fonds du comité protestant de l’Instruction Publicque et des dépôts en garantie et fidéieommis.Ce chiffre était, à la fin de juin 3928, de $7,767,662.53 etè ajouté au montant de la dette nette d’alors, il formait un tout de $66,595,194.14.Ce chiffre accuse une forte diminution cette année et n’est que de $5,297,154.87, soit une différence de $1,470.507.66 et si l’on ajoute ce chiffre de $5,297,154.87 au montant de la dette consolidée de cette année on obtient un total de $62,048,296.14.Il y a entre ce total et celui de juin 1928, une différence de $4,546 898.00 Au cours de l’année financière 1927-28 les emprunts temporaires avaient été au montant de $5,000,000.et ils sont baissés ,cette année, à 2,000,000, soit une diminution de $3,000,000.Lesr dépôts en garantie et fidéicom-mis se sont chiffrés, cette année, à $2,832,381.03.Ces quelques chiffres montrent que le gouverneemnt Taschereau, par une.sage politique, sait, en administrant selon les revenus qu’il reçoit, augmenter le chiffre des dépenses pour l’encouragement de la population dans toutes les sphères de son activité et diminuer en même temps la dette de notre province.RECPECT A LA LOI DU DIMANCHE Le Procureur Général de la province vient d’autoriser plusieurs poursuites pour infractions à la loi du dimanche.Cette autorisation avait été sollicitée par la ville de Granby contre John Costis, propriétaire d une salle de cinéma.La cité de Montréal a pris des actions semblables contre les personnes suivantes : Dame Ida Goodstone, propriétaire d’une salle de danse (Deux accusations) : • Max Weiser, fabricant d’habits; Israël Axelrad et Moose Fox, fabricants d’habits; Isaac Gold, fabricant de gants et de vestes de cuir; Saul et Maurice Davis, fabricants de vestes de laine; I.-E.Ostroff, fabricant de fourrures; J.Homrnon, propriétaire de salle de danse ; Tubia Treyer, barbier; Julius Winstan, chapellier; oMntreal Cabarets oC.Ltd, propriétaire de salle de danse.Comme on le voit la cité de Montréal a pris plusieurs actions pour des infractions à la loi du dimanche.Avec la ville de Granby, elle donne ainsi l’exemple aux autres municipalités de notre province.Si celles-ci voulaient surveiller l’application de la loi du dimanche et prendre les procédures nécessaires contre les contempteurs de la loi ce serait évidemment système le plus pratique pour faire respecter la loi.LE PERE EDOUARD LECOMPTE A QUEBEC [Ecrit pour.L’AVENIR DU NORD] Le père Edouard Lecompte, de la Compagnie de Jésus, né à Côte-desNeige, le 24 février 1856, l’auteur justement estimé de l’Histoire des Jésuites au Canada au XIXe siècle et de plusieurs autres ouvrages de haute valeur, vient de mourir, quasi subitement, au collège Jean-de-Bréboeuf à Montréal, ce 20 décembre 1929, quelques jours avant Noël, à l’âge de près de 74 ans.Je le connaissais depuis au moins quarante ans.Je me rappelle avoir-passé, en juin 1889, un examen de théologie morale devant un jury dont il faisait partie, avec le Père Ruhl-man et le Père Pouliquin —• mon professeur de l’année, celui-ci, au collège Sainte-Marie.Mais, je n’ai guère eu autrement l’avantage de jouir de son commerce, bien que je l’aie rencontré assez souvent.Je l’ai surtout'connu par ses articles et par ses livres, car je l’ai beaucoup lu.C’était un homme grand, plutôt maigre et fluet, à la figure longue et osseuse, à l’oeil clair, aux pommettes saillantes et roses, à la large bouche, d’aspect maladif, d’air grave et un peu distant, mais toujours affable et souriant, qui paraissait aimable autant qu’énergique et bon autant que digne.Il rappelait tout naturellement, à ce qu’il me semblait, l’illustre Ignace de Loyola, son maître, dont l’imagerie populaire a rendu la physionomie accessible à tous.On saisissait vite, à son allure et à ses manières d’être, qu’il ne portait pas pour rien la livrée du Jésuite — l’ample soutane, le crucifix et le chapelet —¦ mais qu’il en possédait aussi éminemment l’esprit.Simple et modeste, prévenant et obligeant, reserve où digne en tout, il inspirait d’abord le respect en même temps que la confiance.Il parlait peu d’ordinaire et savait écouter — ce qui est très rare.Il ne se répandait pas au dehors et ne s’éparpillait pas.Il fallait avoir besoin de lui, de ses lumières et de ses conseils, et, à cause de cela, l’amener à causer plus longuement, pour s’apercevoir jusqu’où il était renseigné en doctrine, en morale et en histoire.Sa voix était plutôt faible, douce et pénétrante.C’était celle d’un poitrinaire que la tuberculose minait, mais qui savait y résister a-vëe une énergie peu commune.Il avait eu, en effet, des hémorragies très jeune, avait longtemps suivi des régimes et vécu dans les sanatoriums.On peut dire que c’est sa force de volonté, une volonté de bronze, qui l’a conservé à la vie jusqu’à l’âge de 74 ans.Et ce fut, pour nos lettres canadiennes, aussi bien que pour l’avantage de sa chère Compagnie de Jésus, une vraie faveur du ciel.C’est sans doute cette faiblesse de ses poumons et ce besoin de ménagement qui l’ont, en effet, empêché de se vouer aux oeuvres de prédication, pour lesquelles son esprit si net et si vif et son très grand coeur lui eussent par-ailleurs fourni de précieuses aptitudes, et l’ont fait plutôt consacrer sa vie, pour une partie, aux charges et à l’administration dans son ordre, et.pour une autre partie, aux travaux de la plume, où il s’est si brillamment distingué.Ses études faites, de 1868 à 1876, au collège de Montréal, sous la direction sulpicienne, le jeune Edouard Lecompte entra chez les Jésuites, au Sault-au-Récollet, le 31 juillet 1876, à 20 ans.Son noviciat terminé, il fut envoyé, par ses supérieurs, en France et en Angleterre (à Saint-A-cheul et à Stonyhurts), pour y poursuivre ses études littéraires et philosophiques.Revenu au pays, il fit sa théologie à Troig-Rivières, où les Jésuites avaient alors une maison, et vint ensuite achever son seolasticat à l’Immaculée-Conception, rue Rachel à Montréal, où il fut ordonné prêtre, par feu Mgr Fabre, le 31 juillet 1887.De 1887 à 1903, le Père Lecompte fut successivement préfet des études au collège Sainte-Marie et à celui de Saint-Boniface, Père spirituel, puis assistant maître des novices et enfin supérieur et directeur du noviciat, à Sault-au-Récollet.De 1903 à 1912.il fut supérieur et bientôt provincial des Jéfuites du Canada.Dans la suite, il résida a la "V ilia Saint-Martin et s’occupa des retraites fermées qui s’y donnent.Mais, depuis 1912, après un séjour au sanatorium de Gabriels, épuisé par les fatigues et miné par la consomption, “il passa, écrit l’un de ses confrères, par des alternatives d’améliorations et de rechutes dont il se relevait toujours avec une incroyable énergie”.“Il vivait sa règle”, dit le même Père, ce qui est la meilleure façon de la prêcher aux autres.En outre de son grand ouvrage sur l’histoire de la Compagnie au Cana- da depuis 1842, en deux volumes, dont le premier (le seul paru je crois) va jusqu’à 1872, et l’autre (à paraître, mais écrit) jusqu’à 1914, on a de la plume savante et agile, discrète et nuancée, du Père Lecompte, ses deux notices sur les missions anciennes et actuelles de la Compagnie, préparées pour l’exposition missionnaire du Vatican en 1925, son Sir Joseph Dubuc, l’une des biographies les mieux faites et les plus édifiantes que je connaisse, sa Catherine Tekakwitha, un petit chef d’oeuvre du genre, son Père Louis Leboeuf, également prenant et sanctifiant, sa brochure sur la Notre-Dame-de-Liesse du collège Sainte-Marie et je ne sais combien d’articles de revue, “où l’on retrouve son esprit, son coeur et son bon sourire,” ainsi qu’il a été dit déjà.Quand le premier tome de Les Jésuites au Canada au XIXe siècle parut en 1920, j’écrivais dans la Revue Canadienne (livraison de juin 1920) : “Voilà pour nous un maître livre! C’est de l’histoire, et de l’histoire de chez nous, que, en un style sobre et vigoureux et d’une plume alerte et sûre, le Père Lecompte, ancien provincial des Jésnitës, nous donne.Le tome deuxième conduira le lecteur jusqu’en 1914.Celui-ci, le premier, va de 1842 à 1872.C ’est un peu, et même beaucoup, l’hsitoire catholique de Montréal, sous l’administration du grand Mgr Bourget, qui nous est racontée en ces 334 pages.Nous connaissons nombre de Montréalais qui diront “Enfin!” avec un profond soupir de soulagement.Car la Vie de Mgr Bourget n’est pas encore écrite et elle devrait l’être.Il y a, dira-t-on, le livre de Savaëtée (tome neuvième de la collection Vers l’abîme) qui est consacré à Mgr Bourget.Mais, ce livre-là, quelque soit la valeur de sa documentation, à cause de son esprit frondeur et du parti-pris évident des compilateurs, est un mauvais livre au sens réel des mots.Le livre du Père Lecompte, au contraire, se distingue par sa pondération et sa mesure, tout autant que par sa facture absolument correcte et élégante.” Depuis ce temps et il y a je pense une couple d’années, le regretté Père Lecompte avait été chargé par Mgr l’archevêque Gauthier — qui n’aurait certainement pas pu meiux choisir d’écrire une Vie de Mgr Bourget.Il y travaillait quand la mort l’a emporté en quelques heures.Comme je l’avais appris et m’étais permis de l’en féliciter, il m’écrivait le 24 septembre dernier (1929): “Ce n’est pas la vie de Mgr Bourget, mais une vie du grand évêque, faite surtout pour le faire aimer et invoquer, que Mgr Gauthier m’a demandée et que j’écris en effet.La vie s’écrira plus tard Mais déjà une vie, c’est un grand travail —¦ opus grande est! Il faudrait être un saint et un docteur ès-lettre^ pour l’écrire convenablement ” Le cher Père avait raison en disant cela, mais il se trompait, s’ignorant lui-même, en mettant son tour de phrase au conditionnel.Ce docteur et ce saint, il l’avait lui-même.Si nous ne devions pas tout d’abord nous incliner devant l’arrêt de la Providence, je serais tenté d’écrire, ne serait-ce que pour ce motif, qu’il est mort un ou deux ans trop tôt.L’un de ses frères de la Compagnie, j’en exprime tout haut la confiance, reprendra la plume tombée de sa main défaillante, et nous aurons bientôt une Vie de Mgr Bourget, dont la première page peut-être évoquera le nom et le labeur du regretté Père Lecompte.En attendant, je dépose sur sa tombe mon trop • modeste mais bien sincère hommage de respect, de gratitude et de regrets.L’abbé Elie-J.AUCLAIR LA CONFERENCE TOUCHANT LES POUVOIRS HYDROELECTRIQUES A la suite d’un échange de correspondance entre les intéressés,-la date de la conférence entre les honorables Mackenzie King, Taschereau et Ferguson, au sujet des développements hydro-électriques a été fixée au 24 janvier.Cette date fut suggérée par le premier ministre du Dominion et a été acceptée par le premier ministre de Québec.Il est entendu que M.Ferguson a fait de même.Cette conférence devait avoir lieu au cours de l’automne dernier, mais elle fut contremandée à cause des élections générales en Ontario.On y discutera de tout ce qui a trait aux droits des provinces et du gouvernement fédéral touchant le développement des pouvoirs hydro-électriques sur les rivières Ottawa et St-Laurent.Le débat sur l’adresse en réponse au discours du trône se poursuit à la législature de Québec.Le chef d’opposition, M.Camilien Houde, a parlé sans produire un grand effet.Tout son effort a son-sisté à refreiner la violence de son tempérament.Il a essayé de rester dans les limites des convenances parlementaires.Ce fort en diatribes a du coup perdu sa force.Il a ressassé ses critiques habituelles, contre le gouvernement, mais sur un ton convenable auquel il n’est pas habitué, ce qui l’a rendu faible et monotone.M.Houde appartient à ce genre d’orateurs qui n’excellent que dans la violence et l’insulte.L’honorable M.T achereau, premier ministre, lui a donné la réplique, avec sa manière calme, sérieuse, plausible et raisonnée qui est la sienne.Nous reviendrons sur ces deux discours et sur ceux de quelques autres prononcés au cours de ce débat à Québec.UN INTERESSANT ARTICLE REMIS Nous avons reçu de notre collaborateur Louis Dantin un article intitulé: “Notre littérature est-elle morte1?” A notre vif regret, un malentendu dans la distribution de la matière à publier cette semaine, nous force à remettre cet intéressant article à la semaine prochaine.MELI-MELO AU CLUB DE REFORME Samedi dernier, l’honorable A.-R.McMaster, trésorier de la province, a été l’hôte d’honneur au déjeuner-causerie du club de Réforme.M.Armand Daigle présidait à la table d’honneur.L’honorable M.McMaster a fait avec éloquence un véritable cours de droit constitutionnel.Il a parlé de la juridiction du fédéral et du provincial dans l’application des lois.En parlant d’éducation, le conférencier a effleuré la délicate question des é-eoles juives.“Il faut aborder l’étude du problèmes sans étroitesse d’esprit et avec un sentiment de charité les uns envers les autres”, a dit l’honorable M.McMaster.M.F.-A.Monk, vice-président du club do Réforme, remercia le conférencier.LE COMMERCE DU CANADA AVEC LES ANTILLES, Le colonel J.-C.Brown, assistant du président de la Canadian National Steamships ,a porté la parole devant le congrès annuel des commerçants de fruits et légumes de l’est du Canada à Toronto.Il a déclaré qu’en trente ans le commerce total du Canada avec les Indes Occidentales étit monté de $2,500,000 à $45,000,000 par année.Au cours de l’été se terminant le 30 novembre 1929, le Canada a importé des Antilles pour $31,500,000 de fruits tropicaux ,noix de coco et légumes hors de saison ici.Cinq navires du Canadian National maintiennent un service régulier hebdomadaire entre les ports canadiens et les îles.Avant l’inauguration de ce service le peu de bananes que nous recevions des Antilles devaient passer par les Etats-Unis; au cours de sept mois en 1929, le Canada a reçu directement $2,500,000 régimes de ce fruits.Le colonel Brown parla aussi du développement de la culture des oranges, citrons et autres fruits de cette famille, disant que le Canada aurait intérêt à les acheter des Antilles.LA CONFIANCE PREDOMINE DANS L’OUEST Le Manitoba Free Press vient de publier son étude annuelle sur les affaires du pays, et de l’ouest en particulier.On y voit que l’Ouest canadien n’a pas souffert en 1929 de la diminution de la récolte, comme la chose se produisit dans les années précédentes.La situation actuelle ne permet plus de faire comme dans le passé une classification des conditions qui se résumait tout simplement à deux mots : Bonne, ou mauvaise.“L’Ouest est devenu trop fort pour être enseveli de cette façon”, dit le Free Press.“En dépit du fait que la récolte de blé dans les trois provinces des prairies n’a atteint en 1929 que 266,000,000 boisseaux contre 540,000,000 l’année précédente, notre enquete démontré que certaines LA JEUNESSE CANADIENNE D’AUJOURD’HUI CONFERENCE FAITE, LE 15 DECEMBRE 1929, AU CLUB DAVID-PREVOST, DE SAINT-JEROME, PAR M.CLAUDE PREVOST, DE MONTREAL, ETUDIANT EN DROIT ET FILS DE FEU L’HONORABLE JEAN PREVOST.[Suite] Mais d’où vient ce modernisme?est-ce l’effet d’une évolution normale?Je.ne le crois pas; l’évolution ne fait pas de bonds.Le modernisme est la conséquence normale et logique du grand développement des sciences appliquées depuis 1860.Les conditions de vie ne sont plus du tout les mêmes, la vie même des êtres humains a été intensifiée, machinisée si je puis dire, et pour les jeunes qui ne connaissent que “l’aujourd’hui”, “ l’autrefois”, c’est-à-dire il y a 25 ans est perdu dans l’histoire.D’ailleurs, les sciences ont toujours eu le don de capter les esprits, non seulement par ce qu’elles contiennent de purement rationel, mais aussi, ce qui peut paraître paradoxal, elles ont toujours offert à l’imagination une certaine pâture à cause d’un certain élément de merveilleux.C’est ce qui séduisit la jeunesse du dernier quart du XIXèmé siècle; le côté purement pratique des sciences ne lui apparut pas, leur domaine propre lui échappa, et c’est ce qui explique la myriade de théories philosophiques qui prirent naissance à cette époque; mais devant l’écroulement de tous ces systèmes, devant la banqueroute du matérialisme des idées, la jeunesse contemporaine se borne' à voir dans les sciences un moyen de rendre la vie matérielle plus séduisante et plus agréable et par le fait même entrevoit de nouveaux besoins.Et ces besoins nouveaux que la science a fait naître la jeunesse veut y satisfaire et les moyens qu’elle prendra pour y arriver sont encore des manifestations de son modernisme.L’industrie, le commerce la séduisent et l’attirent, s’assimiler cette puissance, voilà son idéal.Elle voit que le Canada et en particulier la province de Québec sont en plein essor, elle le sait, le constate et en est Itère.Elle se rend compte aussi qu’un pays est fort et s’impose aux nations, par sa richesse et sa puissance économique, et elle place son patriotisme à maintenir le Canada à son rang et à le faire avancer si c’est en son pouvoir.Cette tendance chez la plupart est poussée jusqu’à l’engouement.Mais disait Raymond Poincaré: “On est toujours le réactionnaire de quelqu’un”, ce qui veut dire qu’on ne peut penser une chose sans faire naître immédiatement un contradicteur.En effet, on trouve parmi la jeunesse des réactionnaires; ils analysent le modernisme et découvrent à côté d’é- régions jouissent d’une prospérité exceptionnelle.Dans d’autres districts la diversité des activités est une garantie contre toute dépression.Il y a aussi des sections où la culture mixte remédie de façon certaine à toute diminution dans la récolte de blé”.Le Free Press; continue en disant que la dernière récolte n’a causé qu’un retard temporaire dans l’ouest et que les préparatifs sont en marche pour une autre année.L’activité dans l’industrie de la construction est unepreuve que l’ouest a confiance dans l’avenir.L’HONORABLE FERNAND RINFRET ET LE FEMINISME Dimanche dernier, l’honorable Fernand' Rinfret, secrétaire d’Etat, a pris la parole devant les membres de l’Alliance Canadienne du Vote des Femmes, à un thé servi à l’hôtel Windsor, de Montréal.Le secrétaire d’Etat a rappelé que le mouvement féministe a pris origine en Angleterre d’où il s’est répandu dans tous les pays du monde.Il s’est franchement déclaré parti-sad du féminisme: il ne voit pas pourquoi on refuserait aux femmes le droit de suffrage si elles le désirent réellement.Sur ce point délicat, l’honorable M.Rinfret fait des réserves aussi sensées qu’habiles.“Le problème, a-t-il dit, si en théorie, le vote des femmes est une bonne chose, est de savoir si, lorsque vous allez jusqu’au coeur de la famille Canadienne-française de la province de Québec, le désir du droit de suffrage féminin est vraiment général ou s’il est localisé dans quelques asso-eiations seulement ’ ’.Jusqu’à ce que l’on ait fait la preuve de la généralité de ce désir, l’honorable M.Rinfret comprend les hésitations du gouvernement de Qué- léments de puissance de terribles germes de destruction, ce sont des individualistes qui refusent l’absorption de l’individu dans la grande machine à produire, pour eux, c’est une magnifique prison mais c’est toujours une prison.On trouve aussi des indécis: ils sont séduits par la vie moderne mais par contre doutent de sa vérité, ils ont peur d’un “je ne sais quoi” indéfinissable qui les fait hésiter devant leur propre orientation.Mais ces réactionnaires et ces indécis se trouvent surtout parmi le pstit nombre d’intellectuels que nous comptons encore chez la jeunesse et cette analyse qu’ils veulent bien faire de la vie d’aprésent, n’est-ce pas un genre de modernisme.Est-ce que ce genre d’intellectualisme qui s’occupe des choses courantes et les discute ne semble pas vouloir se situer délibérément dans la durée, caractéristique surprenante de la littérature d’aujourd’hui.Et puisque j’en suis à l’intellectualisme, notre époque n’offre-t-elle pas le paradoxe presqu’inconvenable d’une jeunesse universitaire sans intellectualisme proprement dit.En général le jeune homme studieux se donne lui-même des bornes, restreint son champs d’action; chaque étudiant a son domaine et ne pense même pas à en sortir et.à regarder un peu par dessus le mur pour voir ce qui s’y passe; l’étudiant en droit se confine à son code et à ses textes, l’étudiant en médecine à son traité d’anatomie et je ne crois pas me tromper en disant qu’il en est ainsi dans toutes les branches.De nos jours il y a spécialisation, la jeunesse l’a acceptée et s’y®résigne.Les causes de cet état de fait je ne puis que l’attribuer au pragmatisme outré de nos voisins des Etats-Unis.Ils semblent imbus de l’utilitarisme de William James et de cette théorie qui proclame qu’une chose n’est vraie qu’en temps qu’elle est utile; et ils poussent jusqu’à lui demander une utilité immédiate.Mais c’est à se demander si les théories ont tellement d’influence et s’il ne faudrait pas attribuer en grande partie cette insouciance des choses de l’esprit, a ce besoin de jouir qui succède toujours à des grands cataclysmes comme la guerre.On se rappelle l’époque de la Régence, l’époque du Directoire et la détente qui a suivi les guerres napoléoniennes.Tous, même ceux que l’épreuve n’a pas touché de près, entraînés par l’exemple des autres, veulent s’étourdir ,se délivrer de l’angoisse qui étreignit l’univers à la gorge, et pendant un certain temps le sérieux et l’étude sont relégués comme vieilles marottes désuètes jusqu’à ce que peu à peu le monde se replace pt reprenne une vie normale.[A suivre] bec a accorder le droit de vote aux femmes.^“Peut-être serez-vous désappointées de vos déclarations”, a dit le secrétaire d’Etat à ses auditrices, “mais j’y ai mûrement réfléchi et trop de femmes m’on dit que tout en jouissant du droit de vote, elles voudraient bien s’en voir débarrassées et^ trop d’autres m’ont exprimé leur repugnance à la politique" activf* pour que je puisse dire que la causa du suffrage féminin dans Québec soit absolument mûre.” A LA COUR SUPREME Ee juge L.-A.Cannon, de la cour d’appel de Québec, succède au juge Migneault à la cour suprême.LE CANADA A LA CONFERENCE DU DESARMEMENT A la veille de son départ pour Londres, où il va représenter le Canada à la conférence du désarmement naval, 1 honorable J .-L.Ralston, ministre de la defense nationale, a déclaré que Ip Canada, tout comme les grandes nations, espérait beaucoup des avantages qui ne manqueraient pas de résulter du succès de cette conférence.On ne peut rien dire d’autre chose, avant la conférence, dit-il, que le Canada est profondément intéressé à ce que 1 on adopte les méthodes voulues pour régler les disputes internationales d’une autre façon que par le moyen des armes.Outre Mme Ralston, le ministre de la défense est accompagné par le major S.-H.Brown, secrétaire d’état-major, et Joseph Howe, secrétaire privé.Le Lt.-col.Georges-P.Vanier, d.s.o., et -M.L.-B.Pearson, font aussi partie du groupe qui s’embarquait, le 10 janvier, sur le “Duchess of Richmond” navire du Canadien Pacifique.et PETITE CHRONIQUE DE FRANCE POUR L’AVENIR DU NORD L'ARRIVEE DES RECRUES A LA CASERNE EN FRANCE C’est un curieux speetaele que celui des jeunes gens qui vont faire leur service militaire obligatoire pour tout Français âgé de vingt et un ans.Je me rappellerai toujours ce que je vis quand fut arrivé mon tour de partir : le train était rempli de conscrits, en majorité des campagnards portant en bandoulière des sacs en toile qui renfermaient leurs provisions de route.On les en voyait sortir pain, lard, cidre; chacun faisait honneur à sa bouteille.Tous faisaient un vacarme assourdissant en hurlant des chansons.A chaque station c’étaient des cris de toutes sortes.Si par hasard il y avait sur le quai d’autres conscrits, ils les hélaient et leur faisaient signe de venir.Quand ceux-ci s’étaient joints à eux, ils questionnaient chacun sans arrêt: “D’où es-tu?Où vas-tu?” Quand, arrivés à destination, nous eûmes avec force démonstrations dit adieu à nos compagnons de route qui allaient plus loin, nous nous dirigeâmes vers la sortie de la gare où nous attendaient quelques chefs de notre régiment.Il fallut se mettre en rang et nous fûmes invités à ne pas faire de tapage.C’est aussi morne et muette qu’elle était tout à l’heure gaie et bruyante que notre petite troupe traversa la ville.Midi sonnait quand on arriva à la caserne.Cinq minutes plus tard, le sous-officier de garde avait aligné nos noms sur le cahier et nous enjoignait d’attendre dans la cour l’arrivée du trésorier.Un rude gaillard, ce sous-officier, avec son brûle-gueule vissé dans les dents ! Quant à ses hommes tous armés du même ustensile, et les mains dans les poches, ils remplissaient consciencieusement le corps de garde (lieu où les soldats montent la garde) d’un épais nuage de fumée.Trompette à l’adjudant (sous- officier), grogna le sous-officier.C’était la première sonnerie que nous entendions.Les dernières notes à peine lâchées, les fenêtres se garnissent de têtes curieuses.Des remarques saugrenues, des plaisanteries bizarres arrivent à nos oreilles légèrement effarouchées de ce langage aux saveurs inconnues.“C’est des Parisiens bons à rien”, disait l’un.“Regarde donc ce grand-là avec son bennoc, a-t-il l’air empaillé”, dit un autre.“J’ai bien envie de lui acheter ses gants pour ramasser le crotin.Je gante du neuf et j’ai, les mains fines ’ ’.1 ‘ Le premier qui met le nez à la fenêtre quarte jours do prison ” ! Le chef n’avait pas achevé que le vide absolu s’était fait.Il souligna cette consolante apostrophe d’un puissant jet de salive aussi noire qu’odorante.“A ma botte les valontaires et au trot”, commanda le sous-officier! Puis l’on nous présente aux hommes.Pour ma part la présentation fut sommaire : un vin blanc offert à point me met de suite dans les bonnes grâces de mon chef qui m’assura que je serais le plus bel ornement de sa troupe.Quand nous gagnâmes nos chambres, nous nous trouvâmes dans une sorte de grand dortoir.Les lits tous rectangulaires étaient placés les uns à côté des autres; au mur étaient fixés des râteliers d’armes.A dix heures nous étions dans les toiles un peu rudes du gouvernement.La nuit se passa sans àccident, chose rare pour un novice, lorsque vers les quatres heures du matin, une voix de stentor nous fit bondir en sursaut : “Hors du pieux (lit) les fainéants!” en même temps que retentissait la sonnerie du ‘ ‘ réveil ’ ’ ! Un soldat, une chandelle d’une main, et une vaste cruche de l’autre, nous octroya un plein quart d’un liquide noirâtre et bouillant que chacun se mit à déguster avec des raffinements de gourmet.“Pas mauvais, ce matin, le jus de chapeau”, disait l’un.“Riche métier, hein!, s’exclamait l’autre.On vous sert votre moka (café) dans votre lit! Manque de crème par exemple! Le soir, en allant promener par la ville nos nouveaux costumes, plus d’un s’allongea sur le pavé grâce à cet a- Le thé du lapon “Salada" a un arôme doux et délicat II SALADA (VE 1ST) 'Tout frais des plantations’ II iMPANYUMÏTÉgl wmsmm VC35Z BESOIN URGENT pour chaleur réconfortante Comme un voleur dans la nuit, survient une douleur aiguë.Quelle que soit sa cause ou sa gravité, une application immédiate de chaleur apportera du soulagement, Fréquemment c’est tout ce qui est nécessaire.Dans pareils cas, un thermo-plasme vaut plusieurs fois son coût.Pas une seule minute de perdue : simplement raccordez à la prise de courant, ajustez ses plis moëüeux sur la partie sensible, et là il demeure pour vous soulager avec une chaleur invariable aussi longtemps que nécessaire.Soyez prêt en cas d’urgence.• Thermoplasmes : $6.00 et plus Gatineau Electric Light Company Limited PO yoftP VgNDRBDl, ir JANVIER iôâô, nimal de sabre qui se fourrait toujours entre nos jambes.Et dans les escaliers, quelques culbutes avec les éperons.Notre chef, surnommé Boquillon, est insupportable.Au pansage du soir il me donne trois chevaux à nettoyer.Un ancien n!y serait pas arrivé, d’autant plus que sur les trois, il y en avait deux blancs mais d’un blanc pisseux, indélébile, résultant de longs services dans les écuries de l’Etat.Pendant une heure, je sue sang et eau sur mes trois rosses pour m’entendre appeler: “rosse, flemmard, maladroit, propre à rien”.L’abreuvoir sonne, on me laisse les deux chevaux blancs qu’il avait fallu laver et qui n’étant pas secs paraissaient encore plus jaunes qu’avant.Enfin je sors dans la cour et j’enfourche l’un pour prendre l’autre en main.Nous rompons: ma monture se met à sauter et mon autre vache à ruer.On arrive, cependant, aux auges.En rentrant, impossible de les retenir: ils sentent l’avoine et m’emballent jusque dans une écurie qui n’est pas la leur naturellement.D’où arrêt forcé dans la colonne, puisqu’il faut faire demi-tour en remorquant mes deux maudits carcans?Un autre jour, Boquillon m’envoie, toujours pour le pansage, à ce chelo-ton qui n’avait pas assez d’hommes.Vous ferez le pensage à ce cheval” me commande-t-on.Et on me désigne une belle bête, ma foi! Seulement, à peine le bouchon a-t-il effleuré le poil, qu’un coup de sabot formidable me l’enlève des mains et l’envoie voler à quinze pas.‘ ‘ Tiens ! c est vrai, j’avais oublié de vous dire qu’il était un peu chatouilleux, me dit sans s’émouvoir celui qui m’avait intime l’ordre.La rage m’empoigne : “Si c ’est une plaisanterie ce n’est pas fort! me mis-je à crier dans l’écurie; un centimètre de plus et je' recevais le coup de chausson en pleine poitrine”.Pour le nettoyage de l’écurie on dirait que ces maudits carcans se donnent le mot: ils suivent d’un oeil goguenard tous mes mouvements et ont vite reconnu un novice; quand je ramasse des marrons à un bout de l’écurie je vois une queue s’élever à l’horizon.Je m’élance mais trop lard.Pour ne pas dérouler la litière il faut délicatement glisser les doigts sous l’objet fumant et d’un petit coup sec le faire sauter dans la pelle.C’est la consigne, affaire d’habitude d’ailleurs.Je ne parle pas des repas qui se composent de la soupe appelée communément ‘ ‘ rata ’ ’, ni des exercices avec le fusil.Les débuts au régiment sont assez pénibles, mais on s’y fait et quand on est “ancien”, on se décharge des travaux ennuyeux en les donnant à faire aux nouveaux arrivants.Ce n’est pas très charitable, mais c’est un privilège qu’ont toujours eu les Anciens et qu’on ne discute pas.Quand le jour de la libération est venu, on ne regrette pas ces journées de bonne camaraderie et de franche gaieté, car si on a eu parfois des difficultés, on a appris à servir la Patrie.VELOX LES ECOSSAIS TOUT PASSE Une agréable soirée chez M.le Notaire Damien Filiatreault.i Les jours se succèdent, mais ne se ressemblent pas.Hélas.! Les matins triomphants même pour nous qui sommes au printemps de la vie, vite nous amènent des nuits sombres, oh sombres comme jamais sur terre il ne s’en voit.Car qu’est-il de plus sombre, de plus pénible pour nous étudiants et étudiantes où la vie, à travers un nuage azuré, nous apparaît toute fleurie et parsemée de rose, qu’est-il de plus sombre et pénible qu’une rentrée au pensionnat après une courte mais délicieuse vacance.Parmi tant de plaisirs, de divertissements, ressentis au cours des vacances, qui sont aujourd’hui des souvenirs puissants et dont le brasier encore tout ardent enflamme nos coeurs et notre pensée, il en est un qui hantera longtemps nos mémoires: “La soirée donnée par Mlle Jeanne Filiatreault, le cinq dernier, à ses amies et amis-Un véritable et ébouriffant succès.En effet plus de cinquante invités remplirent bientôt salon, salle, boudoir fumoir, et même le bureau du notaire; hum! on a même vu le futur notaire Gérard A.confortablement assis dans le fauteuil notarial rédiger plus d’un contrat de mariage! c’était de la pratique .Passons, et nous remarquons au salon M.et Mme Damien Filiatreault, leurs fils Georges-Etienne, Eugène, Paul Emile, Mme V.Urbain, Mme.E.Dansereau Mme Joseph Lonergan et son petit-fils de Montréal, M.Jos.Filiatreault frère du notaire.Mlles Marcelle et Jacqueline Dansereau, Mlles Alice, Annette, Jeanne et Aline Kimpton, Mlle Suzanne Qui: doz, Mlle Germaine Gadbois, Carmel Senécal, Marcelle Laroche, Aunette Urbain, Mlles Cherry Scane et Adèle Morris, Mlle Agnès Arbour, Mlle Cécile Waddell ; Mlles Germaine Mo-nastèse, Madeleine Kimpton, Lucien-i ne Corbeil, Marie-Jeanne Bousquet, I Mirette Girard, de Montréal.MM.Rémi et Gérard Desjardins.; M.C.Wurtele, M.R.Godbois, M.Gé-! rard Arbour; MM.Paul et Gérard Quidoz, Maurice et Albert Kimpton, Gérard Amplemen, Dr L.R.Roy, Lionel Bertrand, Haldo Laroche, Benoit Turbide, Courtemanche, Roland Cloutier, Yvon Paquette, Jean Descham-bault, J.-B.Hogue, et Simon Latour.Comme vous le voyez pàr la nomenclature, le plaisir ne se disputa pas — Il y a une couple de mois, mourait à Toronto, un homme d’Etat dont la disparition inattendue causa un deuil universel dans le Dominion.Je veux parler de l’honorable James Robb, ministre des finances dans le cabinet King.M.Robb, plusieurs le savent, appartenait à cette race si noble, si généreuse, si hospitalière, qui de temps immémorial habite les montagnes pittoresques de l’Ecosse.L’Ecosse, si l’on excepte quelques' grandes villes comme Glasgow, centre manufacturier, et Edimbourg, la capitale, est avant tout, un pays montagneux.— Séparée de l’Angleterre par les Monts Chenots, l’Ecosse est arrosée par la Clyde, grand fleuve qui se jette dans la mer d’Irlande, ainsi que par de nombreux cours d’eau.Ses lacs profonds ont été célébrés à l’envi par le grand poète national Robert Burnes (1759-1896) dans ses “Ballades” et le romancier lauréat Sir Walter Scott (1771-1832) dans ses ouvrages, évocateurs saisissants deà périodes chevaleresques.Ainsi que je l’ai dit plus haut, l’Ecossais appartient à une race reconnue pour la noblesse de son caractère, pour la générosité et l’hospitalité de ses gens.Un voyageur ne frappera jamais en vain à la porte d’une demeure écossaise.Si modeste que soit la situation pécuniaire de ses hôtes, il est certaine do trouver une table frugale, d est vrai, mais sûrement réconfortante.Il en est de même pour l’abri, '/hospitalité écossaise est passée en proverbe.—-L’Ecossais est connu pour sa noblesse d’âme, faite de franchise et le loyauté à la parole donnée.Incapable de mentir, encore moins de tra-dr, l’Ecossais est un homme absolument fiable.— Doué d’un grand sens des affaires, l’Ecossais est conséquemment économe, d’une économie telle, que des gens non avertis, la prennent pour de l’avarice.Erreur! l’Ecossais sait être généreux, même très généreux devant la détresse, la misère.Mais sa générosité étant discrète, fuyant le tapage, elle passe inaperçue aux yeux des profanes.Enfin, et, c’est ce qui doit nous intéresser davantage, nous Canadiens-Français.—-C’est qu’à l’encontre des autres races de l’élément anglo-saxon, la race écossaise est celle dont la mentalité, non seulement se rapproche le plus de la nôtre, — je parle de l’esprit français en général — mais offre des similitudes frappantes.Le Français a l’esprit clair, d’une lucidité parfaite.La logique rigoureuse et méthodique dont Descartes, entr’autres, s’est chargé de donner au monde, un spécimen incomparable dans son “Discours” sur la Méthode, est le fondement inébranlable de l’esprit français.D’où la lucidité éclatante du génie gaulois, produit des deux plus belles civilisations de l’antiquité Athènes et Rome.L’Ecossais, lui, ne possède pas un esprit d’une lucidité aussi parfaite que le Français.Les origines saxonnes, le climat humide et brumeux de son pays, borné à l’ouest par l’océan Atlantique, à l’est, par la Mer du Nord, qui se rejoignent tous deux, ont tait que sa pénétration d’esprit n’est pas aussi profonde que chez le Français.En revanche, il a le sens des affaires beaucoup plus développé, à tel point que cet esprit mercantile, com-uun à toutes les races d’origine ;t la gaieté animée par un mousseux /erre de vin y régna en maître.Les invités, de distingués artistes îous égayèrent par de charmants norceaux de piano, des soli de violon, des chansons très goûtées ,tandis que Mme Filiatreault nous prépara t ui.délicieux goûter savouré de tous ce: “conquérants”.Il y eut ensuite déclamations de tous genres, et l’immortel phonographe — j’oubliais d’en parler — y renit la gaieté, plus que ça, la chaleur, les sueurs même au front des favoris de la danse.Hum ! n ’est-ce pas, Benoit et Albert, que nous en savons quelque chose nous.! que voulez-vous c’est le proverbe: “Rien pour rien”.; pour pouvoir se faire aller les pieds au gré de la “mesure” il faut y verser des sueurs.! Pour vous dire que le plaisir régna jusqu’au bout, on a même vu certains invités, sur le point de partir, mais au son du candidus Am I Blue, ne pouvoir s’y décider et danser, danser encore, .et cela se renouvela., imaginez trois fois.! c’était pire que l’é-¦ lixir du ‘ ‘ Révérend Père Gaucher ”.personne ne sacrifia son âme, mais quelques-unes y sacrifièrent leur fins souliers.et va s’en dire leur délicats petits pieds.! Mais les heures se succédaient si rapides si rapides qu’il fut tard très ’tard.même, et après un cordial merci aux hôtes de cette agréable soirée, chacun gagna sa demeure, joyeux, contënt.Hélas tout passe.Hier le plaisir, les vacances avec ses charmes, les soirées et leur intimité.! aujourd’hui la rentrée.ô mot lugubre et triste pour un coeur de collégien.Mais pourquoi penser à ces choses?n’est-ce pas assez d’en être les victimes.Et puisque je me dois de remercier Mlle Jeanne Filiatreault et ses parents, au nom de tous les invités, je vous dirai que dans le profond silence d’une salle d’étude, souvent sur l’aile de la rêverie notre pensée s’envole, alors elle ira se réconforter, se réchauffer au brasier encore tout ardent de cette agréable soirée.Paul GREZI saxonne tient du génie, le génie saxon.Le fait que l’Ecosse comme l’Angleterre est baignée de tous côtés par la mer, est un facteur important dans la formation de ce génie.Il a développé dans l’esprit des races de l’élément anglo-saxon, cette idée des voyages pour s’approvisionner de vivres, autour des côtes, aux premiers temps, ne s’en éloignant que peu, puis plus tard, ces expéditions pleines de péril sur les mers dans des vaisseaux d’une fragilité inouïe.Ces voyages hasardeux avaient généralement un but mercantile échange de produits d’une contrée à une autre, quelquefois, ils étaient entrepris dans un but de découverte de contrées nouvelles d’où l’origine de l’esprit mercantile et aventureux de cette race.Tout ceci explique pourquoi les gens de langue anglaise et particulièrement les Ecossais, sont des hommes d’affaires et les marchands d’une habileté hors ligne, des financiers remarquables.“Race de boutiquiers!” a dit Napoléon.Ce qui apparente le plus, l’Ecossais au Français, c’est sinon sa lucidité d’esprit, du moins, la finesse de son esprit.Sur cette base, il est de taille à lutter avec le Français.Rien de plus charmant, de plus séduisant, que la conversation d’un Ecossais, spécialement d’un lettré.Elle se compare favorablement à celle d’un Français spirituel.L’Ecossais racontera avec un esprit merveilleux une histoire drolatique, par exemple.Je crois en avoir assez dit sur cette race curieuse, à la fois spirituelle et affairée, généreuse et hospitalière, noble et franche; race qui a donné à l’Angleterre plus d’un homme d’Etat et plus d’un financier, nation qui a fourni au Canada des hommes politiques comme Macdonald, Alexandre, Mackenzie, Thompson, Lord Elgin, George Brown, Lord Aberdeen, Lord Lansdowne, Borden, IVIackenzie King.Fielding, James Robb, Chrisholm Elliot, Malcolm, des financiers comme Larry Wilson, Lord Strathcona, Beatty, tous amis des Canadiens-Français ! Ayant eu le précieux avantage d’avoir été élevé par une bonne écossaise, et d’avoir puisé sur ses genoux l’amour de la liberté et de la tolérance ; j’ai donc été à même d’observer les qualités de cette race éminemment sympathique.A la mémoire immortelle de cette femme admirable, au coeur d’or, je dédie ces lignes émues.Georges ST-AUBIN Ste-Agathe-des-Monts 29 décembre 1929.Mlles E.et D.Lyrette sont chez leur père M.E.Lyrette ainsi que M.F.Lyrette son fils et P.-E.Vaillan-eourt son gendre et sa femme.Le 2 janvier, eut lieu une grande veillée chez M.Jos.Dufour.Les invités revinrent enchantés.M.et Mme Albert Therrien sont de retour d’un voyage chez leurs parents à Notre-Dame de la paix.Ils nous assurent avoir passé un joyeux Jour de l’An.^ M.et Mme Joseph Garcau ont donné un souper à l’occasion du premier de l’an.Parents et amis des environs y étaient présents.Sont de retour dans leurs familles pour les fêtes: Mlles Simonne et Pauline Gareau, pensionnaire au Couvent de Montebello; MM.Maurice et Bernard Gareau du Séminaire de Ste-Thérèse; M.Jacques Demers du Séminaire, Jean de Bréboeuf.Montréal ; MM.Fernand Giroux et René Fleurant du Collège de Ste-Agathe.Mme Absolon Légaré est en promenade à Sutton, chez ses parents, avec ses trois enfants; nous lui souhaitons un beau voyage.M.et Mme E.Malboeuf ont passé le jour de l’an à Montréal chez des parents.“'TIzt spirit of iht best tradition'^ An aged smooth mellow perfect ^oz.blend Î jgpcdilXiqannuuipkj New handy screw cab- No corkscrews SAINT-FAUSTIN La Messe de minuit fut célébrée par M.l’abbé Lalonde assisté de MM.l’abbé Eanschagrin vicaire et de M.l’abbé Beaulieu comme diacre et sous-diacre.La chorale fut dirigée par M.Dinelle.M.O.Boivin chanta le Minuit, Chrétiens.M.A.Roberge l’A-deste fideles, Mlle J.Gareau donna le cantique à la communion, J’ai vu' l’Agneau, et les religieuse avec leurs élèves chantèrent la Messe de l’aurore avec leurs élèves.Mlle Demers touchait l’orgue.M.Nap.Grand’Maison est revenu de l’Ouest canadien depuis Noël.Mlle Sarah Fleurent est en visite chez ses parents.Mlle Germaine Gareau, garde-malade de Ste-Anne de Bellevue était en risite chez ses parents le jour de l’an.Mlle M.A.Brunet était chez sa 1ère pour le temps des fêtes.Chaque poste Bell est un poste de “Longue Distance’ Tarn réduits des appels de “longue distance” maintenant ci vigueur Les nouveaux taux réduits du service de “longue distance” dans Québec et Ontario sont maintenant en vigueur depuis le 1er janvier.Les nouveaux taux affectent principalement les appels à des endroits éloignés de 75 à 800 milles, ces réductions variant de $.05 à $.20 par appel.Cette mesure fera épargner quelque $200,000 aux usagers.Le service téléphonique de “longue distance” est de plus en plus rapide et étendu.Chaque poste Bell est un poste de “longue distance” qui vous permet de communiquer à l’extérieur avec plus de satisfaction — et à des taux plus bas que jamais, h .\ 10 AM à 11 PM.,\y / LM Y y s - g PTLEÇARE Ste-Thérèse St-Jérôme Mont-Laurier je le félicite.Je préfère cet article au précédent que je serais tenté d’intituler: Considérations sur les fins dernières,” l’émule de Bossuet, quoi! Je me suis laissé dire que des “normaliennes” avaient fait leur lecture spirituelle de ce sujet en quatre points.Et que même, (pour plus de précision, informez-vous auprès de Dzinn) quelques-unes voulaient entrer au Coin des Polémiques afin de nous faire connaître le fruit de leur méditation'.Je brûle du désir d’apprécier à sa juste valeur, par les exemples, les talents de prédicateur de notre chroniqueur.Fera-t-il un prêche à notre adresses?Laure Hacle, ouvrez votre coeur et votre entendement et oyez les sages remontrances que nous fera Céliber que j’estime grandement.Meilleur souvenir.GUY M.A Guy M.Après vision de sa “ Silhouette ’ ’ du 29 décembre 1929.Félicitations à vous, vainqueur contre “l’Ennemi Flirt”!.Vrai, je suis heureuse que ce titre : vainqueur puisse compenser un peu pour ceux de moqueur et flâneur !.Je vous bapt.serais volontiers “Passe-partout” ou “Rit de Tout”! Avant que la saison des souhaits soit tout-à-fait terminée je souhaite à tous vos.' ‘ assiégés ’ ’ une forte dose de courage pour pouvoir digérer le “piquant”., qui fait plus qu’assaisonner vos é-c.rits ! ( Je me tais.car vous m’en voulez déjà.avant même de me connaître.SIM.PETITES POLEMIQUES “SI J’ETAIS RICHE” A Céliber On dit qu’il faut régler ses dettes en décembre afin de commencer l’année nouvelle, le coeur neuf d’impressions, l’âme légère de soucis, l’être entier allégé des pi’éoccupations de l’année qui meurt.C’est ce que je n’ai pas fait, cette année puisque je suis entrée en 1930.chargée de la dette d’une réponse qui vous était destinée : .Vous aviez déclaré, dans le numéro du 18 décembre 1929, que c’était à moi de clore la querelle du “ si j’étais riche” qui, convenez-en, n’a de querelle que le nom.—¦ Je le fais volontiers en déclarant que tous les’ correspondants et correspondantes avaient raison, même Guy M.qui prétend utiliser sa supposée fortune en flânant.Cependant, entre vous et moi, il existe un point noir.Je dis qu’il est mieux d’évangéliser les nations et vous me répondez qu’il est préférable de soulager vos pauvres.Céliber, si vous appreniez qu’une misère extrême sévissait en un pays éloigné, vous ne feriez rien pour ces pauvres gens parce que près de vous d’autres misères existent?Ainsi, supposons que vous apprenez que la guerre civile sévit en Chine, que la population meurt de faim, que les catholiques sont persécutés, que les enfants sont dévorés par des loups et autres animaux (suppositions toujours) et qu’il existe près de vous d’autres misères “moins grandes” plus supportables, vous n’hésiteriez pas à secourir ces dernières parce qu’elles sont plus près de vous?Votre générosité est étrange, et je bénis le ciel de m’avoir fait naître dans vos parages.Si j’étais malheureux, vous n’hésiteriez pas à me secourir, je supposq?, C’est une consolation de penser que si je le devenais, j’aurais au moins votre secours! DZINN L’HISTOIRE DE LA MUSIQUE CONFERENCE DE M.ARTHUR LETONDAL Mardi, le 14 janvier, avec un auditoire jéromien nombreux et distingué, eut lieu l’ouverture de la 3e série de conférences données à l’Association Chorale de Saint-Jérôme.Dans l’assistance, on remarquait M.le curé Geoffrion et M.Jules-Edouard Prévost, M.P.M.Antony Lessard, Président de la Chorale, présenta le conférencier, M.Arthur Letondal, docteur en musique, organiste à la cathédrale de Montréal et la gracieuse interprète de “Chopin” sujet de la conférence, Mlle Germaine Malépart, prix d’Europe.“Frédéric-François Chopin est né en 1809 à Zelowa-Wola près de Varsovie.Il était fils d’un père d’origine française et d’une polonaise.Frêle, mélancolique, doué d’une vive intelligence et d’un rare sentiment poétique, il se fit remarquer de bonne heure par une personnalité rêveuse.A huit ans, il donne son premier concert.Il jouait du piano comme chantent les oiseaux et le professeur qu’on lui donna lorsqu’il entra au collège des jésuites, en 1824 conseillait de laisser l’enfant à ses aptitudes personnelles: “s’il a des manières personnelles, c’est qu’il a des dons personnels”.A dix-huit ans, il s’exile et ne reviendra jamais dans sa patrie.Il en conservera la nostalgie que l’on retrouve dans toutes ses pièces.11 aura soif d’amitiés.On le verra conserver toute sa vie une coupe d’argent remplie de terre du pays natal que des amis polonais lui avaient o£-I ferte en cadeau.Sur sa tombe, au cimetière du Père Lacliaîse, à Paris, lorsqu’on l’enterrera, une main amie jettera cette terre sur le mausolée nu.1829 est pour lui une année de ’ grands concèrts et de succès retentissants.Au dire de ses contemporains* Litz excepté, personne n’improvisa comme Chopin.Il fit une tournée musicale; tour à tour, Varsovie, Vien ne, Prague, etc.11’acclamèrent.11 passa deux années à Vienne où il se fit entendre en public.Ses divers séjours en Allemagne le mirent en relations directes avec tous les grands pianistes de l’époque.Mais Chopin était profondément patriote.La révolution de Pologne de ±8ôü lui ; rendit insupportable le séjour de j Vienne.On le fuyait et ;1 entendait ! parfois des mots injurieux, des blasphèmes contre la Pologne et les siens tel: “La seule erreur de Dieu, est d’avoir fait les Polonais”.Il se rendit à Paris où il se fixa.Il se produisit d’abord dans un concert qu’il donna au Théâtre-Italien: peu satisfait do son succès, il se réserva désormais pour l’intimité et se consacra surtout à l’enseignement et à la composition.Dans la Ville Lumière, il est l’homme à la mode.On le nomme le ‘ ‘ sublime contrebandier.” La vie mondaine le prend.Saint-Saëns et Berlioz en parlent dans leurs Mémoires.Des phrases de fine ironie furent dites sur lui, entr’autres: “Il se meurt tous les jours”.Il avait la rare chance d’être malade phtysique dans un temps où il n ’était pas de bon ton de jouir d’une parfaite santé.Georges Sand, la romancière, eut une grande influence sur Chopin dans les dernières années de sc.vie.I! fut ami du peintre Eugène Delacroix.Ils n’avaient do commun que la maladie et étaient frères par le tempéram-ment car leur conception de l’idéal n’était pas la même.Chopin était romantique.Il aimait Mozart, Back et il avait peur de Beethoven et de tous les compositeurs de grande envergure, il aimait que Litz jouât sa musique parce que, disait-ii, il la comprenait très bien.En 1848, la révolution éclate à Paris; il voyage en Angleterre et en E-eosse.Il est à remarquer que les révolutions ont joué un grand rôle dans sa vie.Mais il s’ennuie et revient à Paris.Le mercredi.16 février 1848, il donne son suprême concert.Tout y était exceptionnel, depuis les auditeurs dont la liste avait été repassée par Chopin lui-même, les programmes gravés au burin.etc.Malgré l’avancement de sa maladie, Chopin donne un si grand effort et se surpasse si bien qu’il manque de s’évanouir à la fin du concert.Il meurt à Paris, en 1849, d’une phtysie-laringite.Il remercie le prêtre ami qui l’a préparé à la mort par ces mots : “Grâce à toi, je ne mourrai pas comme un animal”.En peu d’années il écrivait, outre ses deux grands concertos, ses sonates et ses recueils d’études, ses nombreux recueils de mazurkas et de nocturnes, ses ballades, ses polonaises, < ses préludes, ses scherzo, ses valses et une foule de morceaux de genre.Le programme interprété par Mlle Malépart est celui-çi: 1 — Préludes: 22e, 23e, 24e; 2 —-3e balade en bémol; 3 —- Etude; 4 —• Valse en la bémol; 5 —• Mazurka; 6 ¦—• Nocturne; 7 — Scherzo; La musique de Chopin est d’un caractère essentiellement personnel, d’un accent romantique plein de mélancolie, parfois d’une tristesse poignante.Elle s’écarte profondément des doctrines classiques dans les harmonies ou dans l’allure même de la forme mélodique.Si l’on peut lui reprocher une sorte de sentiment maladif, elle n’en ,est pas moins pleine de charme, de saveur et tout empreinte d’une poésie intense et pénétrante.Quand an génie d’exécutant que possédait Chopin, on ne saurait rendre la grâce élégiaque, l’élégance exquise, la poésie et parfois la vigueur qu’il donnait à son jeu essentiellement personnel.Nous empruntons à M.Jules-E.Prévost les mots par lesquels il remercia M.Letondal et Mlle Malépart : “Il est.vrai que lorsque quelque chose nous émeut et nous transporte, nous sommes pauvres en paroles et nous ne pouvons réaliser les vers de Boileau : “Ce'qui se conçoit bien s’énonce clairement, “Et les mots pour le dire arrivent aisément.La musique est non seulement un art mais c’est une science, surtout chez Chopin.Elle prend un caractère spécial, elle nous bouleverse, nous jette dans l’émoi, nous met dans une atmosphere douce, caressante, troublante.C ’est que son talent est purement idéal, exempt de matière., Il exprime des sentimens intenses : j la gloire, l’ambition, le patriotisme.Chopin, présenté par M.Letondal est un sujet doublement intéressant.M.Letondal est un musicien de carrière d’une culture raffinée*; il est artiste par l’art et par le coeur.Il est compositeur, professeur adroit, conférencier capable d’analyser ses sentiments et de nous les faire connaître.Il possède un talent trascen-dant, une âme profonde comme celle de Chopin.Il représente la distinction, la délicatesse jointe à l’éducation, dans le monde musical.Au plaisir que nous avons de l’entendre, s’en joint un autre: celui d’entendre Chopin nous parler de lui-même par sa gracieuse interprète, Mlle Malépart.Elle a fait elle -même son éloge et elle s’est montrée à la hauteur de son talent et de sa réputation.Saluons-la comme une des plus grandes pianistes actuelles, comme l’élève de M.Letondal.” La prochaine conférence est intitulée: “Du classique au jazz” et sera donnée par Mlle Camille Bernard, mardi prochain, le 21 janvier.DZINN Banque Canadienne Nationale SITUATION AU 30 NOVEMBRE 1929 ACTIF 1.Argent.$ 13,679,498.87 2.Montant dû par d’autres banques.7,674,178.09 3.Obligations canadiennes des gouvernements et munici- palités.37,462,337.96 (comptées au-dessous de la valeur marchande) 4.Obligations publiques étrangères.1,444,756.49 (comptées au-dessous de la valeur marchande) 5.Autres valeurs.2,704,685.78 (comptées au-dessous de la valeur marchande) 6.Prêts à demande.15,011,988.30 '(garantis par des titres d’une valeur marchande largement suffisante) 7.Prêts courants et escomptes.68,764,952.93 (déduction faite de toutes créances douteuses et des fonds de prévoyance) 8.Immeubles, créances hypothécaires et autre actif.1,823,628.06 (comptés au-dessous de la valeur marchande) 9.Immeubles et mobilier de la Banque.5,550,503.03 (comptés au-dessous du prix coûtant et de la valeur marchande) 10.Divers (valeur réalisable).1,129,109.47 $155,245,638.98 PASSIF 1.Billets de la Banque.$ 11,915 894.00 2.Dépôts (épargne, comptes courants, correspondants).127,997,864.83 3.Divers.1,025,514.31 Passif envers le public.140,939,273.14 Passif envers les actionnaires (capital, réserve et profits non divisés).14,306,365.84 $155,245,638.98 MAGASIN INDEPENDANT VICTORIA Epfff St-Faustin Station Spéciaux du 20 au 25 janvier POUR DU COMPTANT 6c SUCRE GRANULE la lb.Au sac le 100 lbs'.BEURRE VICTORIA la lb.LAIT Condensé Eagle Pour .: .¦.SIROP LAMBERT La bouteille.ALLUMETTES Buffalo ou Blue Ribbon le paquet.MACARONI, VERMICELLE, SPAGHEtti boîte de 20 lbs Oiffe Pour.JL.Z/U» Nettoyeur OLD DUTCH La boîte.DATTES 5 lbs.pour.SAUMON Rover Rose La boîte.BISCUITS MELANGES la lb.SARDINES Brunswick 4 pour .BEURRE DE PEANUT la lb.CAFE VICTORIA la lb.CAFE L.M.L.la lb.45c 19c 29c Hue Rib- 23c 10c 49c 17c 10c 25c 19c 65c 49c GRAISSE COMPOSEE chaudières de 20 lbs très spécial Q pour.O j JL'U THE NOIR VICTORIA la lb.THE NOIR LAVAL la lb.THE VERT JAPON la lb.THE VERT SIFTING la lb.Je viens de recevoir 1 char d’AVOINE de l’ouest en sacs de 981bs au sac $2.50 par 10 sacs spécial $24.00 HUILE DE FOIE DE MORUE du Dr Hervay la bouteille.WAMPOLE la bouteille .'.POUDRE de condition pour les animaux.seaux 12 lbs."fl A pour.J.o 41: il Boîte en métal 6 lbs.pour.POUDRES spéciale pour volailles à.ECAILLE D’HUITRES la sac .Coupons de COUVERTES EN FLA-NELLETTE, très spécial Profitez de mes bas prix.75c 59c 49c 29c 55c 1.00 75c 75c 2.09 mm l:, ' amss.Sport Coupe Coupé Sport Ford 1930 .AU.Salon Lauzorç & Allaire 263, rue Saint-Georges Tel.254 Saint-Jérôme Toutes les lignes Sedan, Coach, etc.Aussi le Fameux Radio-Phonographe combiné Freed - Eisemann $318.00 Le seul radio combiné à ce prix sur le marché.Nous prenons en échange les vieux chars, les vieux gramophones ou radios.Vos conditions sont les nôtres. L’ÀVÜSNÏÏt OU tfôftn, V»M8»IID1, if' JANViSK 10&O.^wwwwvtMwwwwvwwwwwwHWHWvwvwwMwwwww ^wmwwwmwvvwv Le Coin de Caliber •^HWWWWWWWWWWWWWWWWWMWVWmWWWWWWjWWMUMtiWWWWWW L’ENVIE Une vieille fable rapporte ce fait: Un oiseau chantait un jour dans un grand bois.Jamais la forêt n’avait vu semblable oiseau, tout de bleu habillé, à la voix si prenante et si tendre, venu on né sait d’où, par un matin de soleil.Un merle orgueilleux et jaloux tua d’un mauvais coup de bec l’oiseau bleu qui modulait si doux .Morale: voyez ce qu’est l’Envie.J’écris cet article sans arrière-pensée, désireux de peser l’envie sous ses divers aspects, m’attardant moins à la stricte définition qu’à un exposé de faits personnels ou, indirects.Peut-être trouverai-je des lecteurs qui m’approuveront et d’autres qui admireront au moins l’effort que je manifeste.Quelques-uns se reconnaîtront: ils crieront au scandale que produit ma plume en les frappant en leur mentalité.Peu importe ce qu’on en dira de cet article que je commence.Hier, j’écrivais des romans d’amour et brodais de badins sujets; demain ma plume chantera à nouveau les refrains amoureux et les délices du coeur; aujourd’hui je me réserve le droit d’écrire sur un sujet palpable.Depuis que le monde est monde, depuis que l’humanité porte en elle les funestes conséquences du premier péché, l’envie n’a pas cessé d’exister.Comment est-elle venue sur terre?Le péché de Lucifer, s’il a été un péché d’orgueil, a été avant tout un péché d’envie: devenir égal ou supérieur à Dieu.Avec Adam et Eve naissait la jalousie, autre forme de l’envie.C’est Caïn qui tue Abel, c’est Joseph abandonné par ses frères, c’est Goliath voulant exterminer David, c’est après vingt siècles d’histoire où à chaque page l’envie a signé son nom, l’ambition sans limites de l’Allemagne jetant sa patte de fer sur la France, eu 1914.C ’est le péché maudit qui renverse les gouvernements et détrône les rois, c’est le fondement de la Révolution et des guerres de toujours, c’est l’étemel brandon de la discorde, le fouet du courtisan, l’arme des lâches, le poison des civilisations.L’Envie contient tous les défauts comme pieuvre résume l’exécrable.Faite d’orgueil, elle a comme la pieuvre huit tentacules qui sont: l’or- gueuil, la haine, la ruse, la honte, i’hypocrésie perfide, le sarcasme, le déshonneur et l’ultra-laideur.Celui que possède l’envie est le rejeton du démon, et celui que frappe l’envie sent de l’enfer dans sa blessure.L’Envie a pour enfant, la jalousie.Entre la mère et la fille établissons un parallèle.L’envie signifie le désir d’avoir; la jalousie est le désir d’a-l’hypocrisie perfide, le sarcasme, le mière se dresse contre tous sans distinction de classes, tandis que la seconde ne s’exerce qu’entre gens de même profession ou courant le même but.Le chagrin que donne la vue des avantages des autres, telle est l’Envie; la crainte de voir passer à un rival un bien possédé ou désiré pour soi seul, introduit la jalousie.A l’envie adhèrent les épithètes : timide et honteuse, obscure et lâche; les plus secrète menées sont ses chevaux de bataille.Soigneuse de se cacher, la jalousie plus que l’envie doit paraître à cause de sa violence intrinsèque.Telle la morphine sur le morphinomane, l’envie produit ses effets sur l’envieux : il est dévoré et rongé : il sèche et crève d’envie.Il en est de même de la jalousie sous son aspect particulier.Ceci dit, passons.Un de nos hommes publics, dans un exposé sur les défauts de la race canadienne-française soulignait: “Son grand défaut se nomme la jalousie’’.Cette race dont le passé est fait de fierté et d’héroïsme a en elle toutes les énergies d’une race supérieure.Les p ges de son histoire écrites dans le sang et à la pointe des épées, sont une longue épopée où la lutte pour le droit se dresse fière et sublime.Elle a traversé des crises, cette race, et elle a conquis ses droits.Elle représente encore de nos jours l’élément de jadis, respectueuse des lois pourvu qu’elles soient justes; soumise à la religion catholique qui fût sa force, orgueilleuse de sa langue à laquelle elle tient plus que sa vie, fidèle encore aux vieilles traditions de jadis qui malheureusement semblent vouloir disparaître sous le flot du modernisme américain.Plus que toute autre nationalité existante au Canada, elle a en soi d’étonnantes puissances.Créatrice d’hommes d’Etat éminents, de financiers avertis, de savants reconnus, le Canada ne peut pas se passer de la race canadienne-française ni passer outre.Elle a un mot à dire dans les destinées du pays, et on la craint.Cependant, à diverses étapes, elle est trop nonchalante: tolérante par un principe de charité inné, elle ne donne pas sans cesse le rendement de sa valeur.Le jour où les Canadiens-français, groupés par un même but, comprendront que la coopération et l’union peuvent seules assurer son succès et établir sa force, ils deviendront plus forts que toute autre nation canadienne parce qu’ils ont une valeur à nulle autre comparable.Mais l’union manque! La jalousie est notre défaut.Nous nous étran- CASSEZ MINT iSStl .y.VAv.v.vAv.WiViVV à La plus moderne installation d’optique de Montréal Possédant les instruments scientifiques les plus modernes Etablie depuis 18 ans.Fournissant les plus hautes qualités de VERRES et de MONTURES à des prix raisonnables Confiez donc vos yeux à cette maison reconnue, sous la direction du Spécialiste OUIMET.Méfiez-vous des '•peddlers'’ ou marchands à tout faire.Institut cTOptique Ouimet 4228, St-Denis, près Rachel, Montréal Téléphone BElair 1661 ¦ a ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ a \ Votre Café et Barbecue Le restaurant le plus attrayant de St-Jérôme.Ouvert jour et nuit.Dîner table d’hôte, 11J4 à 2:00 Souper, 5:00 à 8.00 Dîner et souper au poulet ou dinde, le dimanche, 75 cts.WM.BOWMAN.PROP.39, Ave.LEGAULT Phone 444 glons les uns les autres et faisons de l’industrie, du commerce comme de la finance, un système d’affaires individuel, quand, pour réussir, ce système devrait impliquer la coopération.Aujourd’hui plus que jamais, celui qui veut monter, qui en a les talents et s’en sent la force, n’a pas le droit de parvenir au succès.Plutôt de s’en-tr’aider, on s’assassine.Celui-ci a du succès: l’envie ne lui accorde pas ce droit.Et quand par des ruses perfidement conduites, la calomnie a fait tomber cet homme plein d’idéal, on le plaint avec un sourire mielleux.Sous un masque honteux, le rire sarcastique applaudit.L’homme publie est odieusement maltraité.Ses adversaires sont des lâches.Le politique a tenté de faire une oeuvre.Elle est humainement juste, elle mérite une haute approbation.“L’oeuvre ne vaut rien!” s’exclame les adversaires gourmands du pouvoir, insouciants du progrès de la province.La critique honnête ne suffit pas ! Il faut tuer l’homme, et par tous les moyens.Il arrivera que les vrais politiques, ceux-là sur qui une race ou une province comptent, se dégoûteront des choses publiques.Et alors.Un flot de nullités s’arrogeront les droits de conduire un gouvernement, travailleront contre la race en protégeant leurs propres intérêts, seront pour ainsi dire des meurtriers, et ce qui est pis encore, des criminels qui auront craché sur leurs semblables et sur la patrie.Et on s’étonne.On a des yeux et on ne voit pa§.L’intelligence qu’on possède se complait dans l’abrutissement.On s’arroge les droits de la censure, mais on n ’en' observe pas les principes.La critique est si facile! Qu’un homme ait une idée, que cette idée soit la résultante d’un jugement quelconque, sûr ou erroné, qu’il défende ouvertement ses convictions, cet homme mérite qu’on lui tende la main car il combat avec une épée qui brille au soleil.Qu’il ait des adversaires consciencieux, courtois et polis : ceci s’appelle opposition et introduit la franche émulation.Mais cette catégorie de gens qui ont l’ombre pour théâtre d’action, qui n’ont comme épée que le guet-apens et la ruse, qui manquent à ce point de fierté personnelle qu’ils sont trop lâches pour dire ouvertement ce qu’ils trament dans la nuit, ne méritent pas de vivre.Ils sont nombreux, hélas! Ils disent sans cesse: “Cet homme est un im- bécile! Cet autre pour diriger telle organisation ne vaut rien! Celui-ci est trop audacieux: il faudrait lui couper la tête! Celui-là à une promotion et ne la mérite pas ! Ils ont la critique et l’envie dans le sang.La calomnie et la médisance ne les effraient pas : ils s’en servent comme d’un jouet.L’honneur d’un homme ne compte pas pour eux.Et ainsi, par ces idées propagées au jour le jour, transmises aux amis, il en résulte une chaîne de murmures qui s’accentuant, blesseront demain le pays et les hommes qui le mènent.Et on s’étonne! Nous sommes nos propres meurtriers et nous l’ignorons.Et ceci se produit partout, dans l’industrie, dans le commerce, dans les choses municipales, dans tous les recoins de la vie, et même en littérature.On n’a pas le droit d’arriver par ses soûles forces.Un Robert Choquette, qui à mon avis représente la crèmê de nos poètes canadiens, qui par un vers ciselé de puissance et d’ampleur peut s’élever de la terre jusqu’à l’ultra-sublime, créateur de poèmes que la génération actuelle ne peut pas surpasser, ne peut tenter l’ascension d’un sommet sans qu’un flot d’écrivains canadiens de quatrième ordre crient à l’imposture.On reconnaît là les bas esprits.Et tant que notre littérature sera empestée de ces petits rimeurs qui veulent disputer la cime à nos géants du vers, notre littérature ne progressera pas.Il serait si simple, si dans l’ordre et d’ailleurs si juste que ceux qui ont du talent soient reconnus, que ceux qui en ont moins se bornent à la mesure qu’ils1 possèdent sans disputer au voisin ce que Dieu lui a donné; que tous nos écrivains aient l’entente de se stimuler, de s’applaudir et de pouvoir compter peut-etre plus sur certaines trop fanatiques envers certains au-figures littéraires de notre province, teurs et trop indifférents à certains autres.Passons.Je parle à vous maintenant, les jeunes qui comme moi aspirez a 1’ideal.Je m’adresse à vous d’abord amoureux de chez nous.La brutalité contient de l’enfer: la ja- GRATIS Magnifique plat à patate non couvert—10 pouces—valeur $1.00, donné Gratis avec le Thé et Café MIKADO meilleur que tout autre thé et café du même prix.En vente partout à .75^ la livre.Dcmandez-le à votre fournisseur GLOBE TEA CO.MONTREAL lousie est brutale quand elle désunit les coeurs.Voulez-vous un fait?Dans notre comté de Terrebonne, en une ville, il s’est produit il y a quelques mois une histoire horrible.Deux coeurs s’aimaient et pariaient d’avenir.Un imbécile dont je ne soulignerai pas le nom par déférence pour sa famille que j’estime, en était amèrement jaloux.Autant il aurait aimé la jeune fille, autant il méprisait celui qu’elle aimait.Il inventa une odieuse aventure qui racontée à deux jeunes filles, ne tarda pas à parvenir à la fiancée de demain.Il en résulta ce qu’on pense.Cette jeune fille me lit toutes les semaines, et je me permets de lui dire, sur mon honneur do gentilhomme, qu’elle a été lâchement trompée et que celui qu’elle aimait "était digne de son amour.Le jeune homme est actuellement découragé : il essuie l’insulte mais gare à l’insul-teur! Que dire de ce jeune homme qui à l’étranger prît le nom d’un de ses amis, à seule fin de lui faire du tort, qui se conduisit alors d’une manière indécente et scandaleuse sous ce nom d’emprunt?Un jour, la nouvelle franchit l’espace, et celui qui portait ce nom ,sans comprendre ce qui lui arrivait, vit fermer sur lui la porte de celle qu’il aimait et cela sans retour.C ’est odieux ! La haine ne se lasse jamais.La jalousie l’accompagne et les mauvaises langues sont ses valets.Aujourd’hui, celui qui veut sortir les mains nettes de la mêlée, doit s’astreindre a la ligne de conduite la plus stricte, surveiller ses actes, ses paroles, et même s’il est un gentilhomme parfait, on trouvera le point noir pour le vilipender.Les mauvaises langues sont des plaies vivantes où fourmillent la jalousie, l’envie à son minimum.Elles sont les soeurs de l’envie et n’ont comme passe-temps que la dissection du prochain.Pauvres commères qui sur le seuil de vos portes vous entretenez de ce qui se paisse dans les foyers voisins, comme je vous plains! Vous faites pitié : vous avez un passe-temps qui vous dégrade.Que vous importe la mauvaise tenue du foyer de votre voisine si le vôtre est propre?Que vous importe l’ivrognerie, du voisin si votre mari fait pire encore?Et vous, femmes, à potins, qui dans vos petites réunions d’après-midi, apportez à tour de rôle toutes les nouvelles désagréables pour les étaler et juger, quelle dignité vous affichez ! Et vous, hommes sans scrupule, jeunes gens sans âme, quel spectacle vous domiez quand groupés, vous salissez les robes des honnêtes femmes! La femme pêche paisa langue, mais elle est moins violente, moins pernicieuse que la langue de l’homme qui, à un nom, accouple la boue.Hommes, pourquoi ce dénigrement du sexe que pourtant vous cherchez, pourquoi ces jugements téméraires, pourquoi ces mot.' ux à l’égard des demoiselles, pourquoi ces déclarations émises, seulement pour faire parade d’amour-propre, et que vous inventez pour vous donner du prestige?Pourquoi salissez-vous la réputation d’une jeune fille à qui un jour vous avez donné le bras?Pourquoi?Pour vous amuser, pour vous venger: vraiment vous avez de la gloire! Vous devriez vous en féliciter car vous n’êtes pas alors un homme n’ayant plus l’intelligence, et vous êtes moins que la bête car il vous manque l’instinct de la conservation .Et je ne comprends pas alors le mysticisme de certaines gens qui tous les matins s’approchent de la Table Sainte avec une ferveur d’ange et les yeux baissés, qui dépensent leur journée à salir le prochain et qui devant Dieu à l’égard du pharisien de l’Evangile disent: “Seigneur,, je ne suis pas comme les autres.” Hypocrisie! Je ne comprends pas non plus que certaines gens font du temple saint un poste d’observation, un lieu où entre deux Ave récités des lèvres, ce qui à mon avis ne compte pour rien devant Dieu, se font un mémoire des toilettes vues, des personnes présentes, pour servir de sensation à leur réunion de la soirée.Quelle imbécilité ! Moi-même, j’ai rencontré sur ma route des amis qui m’ont souri et qui cependant m’ont frappé dans le dos, des copains hypocrites, des lâches qui ont craint de croiser le fer.Parce que j’écrivais dans un journal local, enfant du comté, raison de plus pour être soutenu, la critique lâche s’est acharnée sur ma plume.La franche et honnête critique, celle-là qui stimule, n’est pas apparue bien que je l’aurais aimée.Quand j’ai manifesté le désir de rester au journal, quelle tempête en quelques coins.J’avais du succès: la pieuvre veillait.Je dis la pieuvre car c’est l’animal le plus hideux qui soit.Que de critiques malhonnêtes pour un babillage d’enfant! Que de mauvaises paroles de la part de certaines têtes âgées qui auraient pu, si elle avaient eu de l’esprit, ne considérer dans mon chant qu’une chanson de vingt ans,' et me laisser chanter même à faux! Un é-' tranger eut conquis leurs bonnes grâces pour un temps fixé, mais un jeune du coin de terre n’avait pas le droit à cela.Je ne vaux réellement pas grand’chose ,mais j’ai du moins cette valeur palpable que j’étais assez intéressant pour qu’on s'occupe de moi.Ce sont les gens selon Rostand, qui n’ont jamais eu de cervelle et juste assez de lettres pour former à la suite de leur nom les trois lettres du mot: “sot”.Je leur ai dit: “Venez prendre ma place!” mais personne ne s’est présenté de ces nullités, incapables d’écrire une lettre de cinq lignes sans recourir à des formules.Ceux qui m’ont dit alors! Martèle-les! ont conquis mes sympathies.Mais j’ai passé.Je passe encore la tête haute devant qui que ce soit, MONT ST-MICHEL AVEC NOEL ET LE JOUR DE L’AN L’année s’achève, une grande activité règne par tout le monde: Je vois dans ma pensée les navires, les chemins de fer, les voitures, les traîneaux emporter des ballots entiers d’innombrables cartes, des calendriers, des lettres, de petits feuillets; etc, sur lesquels sont écrits de ses courts petits poèmes en vers mignons brillants comme le givre, purs comme la neige délicats comme des bonbons exquis et destinés à être lus en un jour de fête ou l’on n’aura pour eux que le sourire de la joie.Toutes ces petites choses blanches tomberont tantôt dans la hutte du colon au milieu de la forêt tantôt chez le millionnaire, chez le pauvre, chez le fiancé qui cherche au loin la fortune, chez l’homme d’affaires, dans la poche de tablier de la fillette, sur les draps du malade, de l’agonisant de l’exilé du marchand, que sais-je encore; toutes ces personnes liront avec joie ces petites choses qui nous disent toutes.“J’espère pour vous”.Une lueur de joie s’allume devant notre horizon.Ce n’est qu’un éclair, parfois.Qu’importe cet éclair a lui; leur but est atteint à ces petits bristols dorés coloriés gravés enluminés.Ce sont leur oeuvre.Noel et le Jour de l’An sont des jours de fêtes de réjouissances, mais n’oublions pas non plus que les jours se succèdent aux autres jours en égrenant fatalement notre vie d’un mouvement égal, soyons assez sages pour considérer la marche du temps, cela nous portera à la réflexion.Mais nous sommes frivoles et faibles nous escamotons volontiers les pensées austères qui nous rappellent la fuite continue des jours.Réservons-nous au milieu des réjouissances un moment de solitude mettons les préoccupations trop humaines à l’écart et demandons-nous loyalement.Qu’ai-je fait de bien cette année?Il est si sans rougir et indépendant.Des murmures parviennent encore jusqu’à moi et j’en souris, car c’est une preuve qu’on me lit toujours.J’ai des lecteurs assidus : a ceux-là je dis merci.Ils comprennent eux que la plume d’un jeune n’a pas l’envergure d’un^ écrivain de cinquante ans.Ils ont été mon soutien moral et les lettres d’appréciation que je reçois me donnent la certitude que je fais bien de continuer d’écrire.Jaloux, envieux, qui allez sans ideal, sans respect de vous-mêmes, sans charité pour vos semblables, sans idée de patrie, continuez votre oeuvre.Si un jour cependant la race trop faible se voit mourir, elle vous montrera du doigt ignomineusement.Il me semble que la race canadienne-française a trop en elle de ressources pour s’éteindre, un champ d’action trop vaste à fertiliser, car au Canada, quels ont été les grands hommes?Ceux qui sont issus de la race canadienne-française.Groupons-nous donc pour le maintien de notre race, resserrons-nous pour présenter au groupe envahisseur la barrière d’une puissance morale effective, travaillons pour l’avenir', pour notre avenir à nous.N’oublions pas d’appuyer nos hommes publics, et ne répétons pas, de grâce, l’acte odieux des mains canadiennes-françaises tombant la plus grande gloire de notre pays, sir Wilfrid Laurier, il y aura bientôt deux décades.CELIBER aisé de reconnaître nos imprévoyances et nos étourderies, il est si simple de discerner nos erreurs quand les résultats de ces erreurs sont voyants.D’un autre côté, ne craignez pas de voir clairement tout ce qui en vous mérite d’être loué, ce serait un procédé maladroit de s’obstiner à ne regarder que ses défaillances et ses erreurs.L’esprit faux nous nuit dans tous ses excès en exagérant notre indignité nous risquons d’arriver au découragement.Tandis que si nous savons reconnaître avec justice les progrès réalisés nous garderons l’espoir de nous améliorer, ce sera un utile réconfort.Au début de l’année un bon examen nous donnera le désir de remplir encore mieux nos devoirs et d’être secourables à notre prochain, une bonne méditation nous mettra à l’abri de l’influence des passions, des jalousies, des déceptions, des emballements qui nous font regretter amèrement notre .conduite irraisonnée.De cet examen complet que nous commencerons en ces jours de Noël nous tirerons des conclusions bien claires, celles justement dont nous avons besoin pour que l’année nouvelle soit moralement supérieure à celle qui finit.Je souhaite à notre Pasteur, à la direction de l’Avenir du Nord, à ses Collaborateurs, à ma paroisse, aux amis, aux ennemis, aux riches, aux pauvres, aux petits, aux grands, à toutes et à tous que les trois cent soixante-cinq jours de 1930 soient bénis par un sourire du Bon Dieu.Blanche LONG-PRE Note de la Rédaction: N’ayant pas ¦sorti de numéro le 3 janvier, nous reproduisons cet article reçu aux environs des Fêtes.STOCK* Minier; et Pétrolier; Achetés — Vendus — Cotés STATISTIQUES FOURNIES sur demande Mount Cie LIMITÉE _ Membres du Consolidated Mining and Oil Exchange 204, rue Hôpital, Montréal MArquette 6193* Fils privés directs à Montréal Si-Jérôme, Edif.Gatineau, Tél.441 -ENVOYEE GRATIS- Envoyez “MOUNT'S MINING REVIEW” à Nom.Adresse.Une merveille | pour la femme § La Nouvelle ?Planche à repasser “Eclipse” (DANS LE MUR) Brevetée le 14 mai 1929 Philippe Sauner .61 H-itmt and ready ~io wear/ Nettoyé à Sec - et - prêt à porter Un nouveau complet pour cette réception ?Folie, monsieur ! Apportez-nous le complet que vous portez actuellement dans ces occasions et dans 24 heures nous le transformerons pour satisfaire les plus exigeants.Buanderie Canadienne TEINTURE, NETTOYAGE ET PRESSAGE Ed.Boivin, Prop.Téléphone 289 Consultations 9 a.m.à 6.p.m.Tél.HArbour 1435 LORSQU’IL S’AGIT DE VOS YEUX • CONSULTEZ Ceux qui se spécialisent dans l’examen de la vue et l’ajustement de lunettes.Piché-Bordeleau, Optométristes-Opticiens 1593, RUE ST-DENIS En face du Théâtre St-Denis flONTREAL IL A GAGNE ¦£> SES EPAULETTES Distillerie: Berthierville, Qué.Bureau Chef: Montréal.DISTILLATEURS DEPUIS 1898 S FINEST CANADIAN Trois Grandeurs de Flacons GROS: 40 onces $3.65 MOYENS: 26 onces $2.55 PETITS d0 onces $1.10 DisTiutDteonTKi rim*» CM » MTC0HOUANO BlSmUKUlA AnO mer MAIvACOMtO M ELCHSR5 DISTILLERIES LIMITED Montreal Canada Gin Canadien JWelchers Croix dor Melchers Distilleries Limited/Montreal -S: : -*r - .rs:/,r>cr^ss MIXTURE Agit comme 40 DOSEZ % 7St f *rr i r?/ eclaii L’ Avenir du Nord donne avis aux propriétaires qu’au 1er février, ils auront besoin de baux pour leurs locataires.Procurez-vous les dès maintenant chez Henri Parent ou au bureau de L’Avenir du Nord Les bons écrits font les meilleurs amis.Locataires, exigez les baux faits par l’Avenir du Nord; ils sont bien rédigés.(Prive) Pour personnes invalides, âgées ou convalescentes.Cas de maternité strictement privés.Pension d’enfants si désiré ISiT Attention spéciale aux médecins et aux familles qui ont des enfants à faire adopter.Mme DAGENAIS, Prop.1302, Mont-Royal E.Montreal Tél.AMherst 2684 ïw7 ife GRATIS Vous pouvez gagner facilement la montre-bracelet ci-dessus, ou n’importe quelle autre de nos primes dont la valeur va jusqu’à $20,, en vendant quelques bouteilles de parfum.Vous n’avez pas un sou à débourser.La Parfumerie Canadienne 2010, ST-ANDRE, MONTREAL _ L’AVENIR DU NORD est publié à Saint-Jérôme, comté de Terrebonne, par Lucien Parent, édit.-prop.\
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