L'Avenir du Nord, 14 mars 1901, jeudi 14 mars 1901
Cinquième Année — No 11, Journal Hebdomadaire — Deux cents le numéro.Jeudi, le 14 Mars 1901 m ORGANE LIBERAL ou DISTRICT de TERREBONNE.LC MOT DE L'AVE KIR EST OAKS LE PEUPLE MIME NOUS VERROH} PROSPkfUR ua FILS DUS?UUJRLXT .ga.3uL-nO At>opT'cTrier,tS s Un an.$1.00 Six mois.0.00 Jules-Edouard Prévost fils, Wilfrid Gascon, Directeur.D 'dauteur politique ADMINISTRATION : SAINT-JEROME (TERREBONNE) Appopces ¦ Le pouce : Un mois.$1.00 “ Un an.$3.00 S t-'VBE.Ul.tL SOMMAIRE Vers jour être chantés Armand Sylvestre Les forces en présence Francœur La réforme de l’instruction publique Ignotus La mort de Jules Leclair Pour le monopole d’Etat Notes de la semaine Chronique des idées Méli-Mé’o Paul Frédette Au Parlement d’Ottawa Au Parlement de Québec Nouvelles de Saint Jérôme J.E.P.F.Paul Falcon Nature Mathias Filion Cyrano Jérôme VERS POUR ETRE CHANTES COMME L EAU Veux-tu que nous allions ensemble, Chcre âme, le long des ruisseaux Où l’image de l’arbre tremble, Où passe le vol des oiseaux 1 L’azur, dans le Ilot qui frissonne, Met son reflet capricieux.— Vos yeux sont comme l’eau, mignonne, Qui mire la clarté des cieux.Tour chasser les rêves moroses Dont pâlit la fleur de ton teint, 'Chère âme, viens cueillir les roses Pleines des larmes du matin.La goutolette qui rayonne Se fond en un brouillard vermeil.—Vos pleurs sont comme l’eau, mignonne, Que boit un rayon de soleil.Ruisseau qui fuit, roses qui meurent, Sous l’aile des autans jaloux, Qu’au moins nos tendresses demeurent Quand tout périt autour de nous ! Fuyant du printemps vers l’automne, Sans merci, s’écoulent nos jours.— Mon cœur est comme l’eau, mignonne, Qu’à vos pieds entraîne son cours.Armand Silvestre LES FORGES EfJ PRÉSENCE M.Henri Bourassa croit fermement que l’impérialisme britannique est entré dans sa phase dangereuse pour le Canada.Je suis bien de son opinion.Le député de Labelle va porter la question devant le parlement fédéral, sous forme d’un vœu en faveur de l’indépendance des républiques sud-africaines, et inviter le gouvernement anglais à cesser le recrutement de ses mercenaires sur le territoire canadien.C’est attaquer à sa base même la théorie impérialiste du cabinet Salisbury.Il est douteux que le gouvernement accepte la proposition de M.Bourassa.T'ai bien peur qu’il ne lui fasse même pas l’honneur do la déclarer une question libre, .comme il l’a fait pour la motion Costigan, .qui nous intéressait pourtant beaucoup :moins que la préservation au nom de l’hu-.inanité, d’un peuple aussi digne de la liberate que l’est le peuple bocr.C’est, cependant, à cette décision que de-wrajt s’arrêter le chef du gouvernement.:Sera-i-il toujours de bonne politique de (Comprimer les cœurs de ses partisans de la province de Québec ?Il est permis d’en douter.C’est dur de défendre de parler à des gens qui s'aperçoivent do plus en plus qu’on profite de leur inaction et de leur silence pour avancer l’exécution de la trame dont ils seront un jour ou l’autre les intéressantes victimes.Il est souverainement regrettable que notre grande et petite presses ne tiennent pas mieux leur clientelle canadien ne-française nu courant de ce que les têtes dirigeantes de la population anglaise, qui est, notez-le, la majorité dans la Confédération, ¦.manigancent en faveur de l’impérialisme, (Cet Ogre qui s’apprête à nous dévorer.Jeudi de la semaine passé, la section to-Tontonienne de la Ligue de l’Empire britannique tenait sa réunion annuelle dans la capitale d’Ontario.Le président de la section, le docteur Parkin, et le président-général Denison ont pris successivement la parole devant les ligueurs.Avant de pnsser au fond dt leur discours, rappelons que tous les membres anglais du Parlement fédéral, les membres des législatures provinciales, la plupart des ministres, font partie de cette infernale Ligue, ex-officio ; plusieurs mêmes sont des propagandistes.Voyons maintenant le compte-rendu du Globe.Parlant des obligations du Canada envers l’Empire, M.Parkin dit que ce pays n’a jamais rien donné sur l’ériorino dette extérieure de la Grande-Bretagne, et il estime qu’il est du devoir de la Ligue d’instruire le peuple sur ce sujet La guerre a coûté à la Grande-Bretagne $700,000,000 et le Canada n’y a contribué que pour S2,-250,000, quand sa part aurait dû être de $16,000,000.Le Canada est la calonie la plus importante de la • Grande-Bretagne.Il a pris l’initiative de la fédération impériale, et il doit encore donner l’exemple, en prenant à sa charge une partie des dépenses militaires de l’Empire.Le lieutenaut-colouel Denison parle de l’état de défense du Canada et il dit qu’aucun pays n’est moins que le nôtre préparé aux évantualités.Le Canada a grandi sous l’aile protectrice do la Grande-Bretagne, la première puissance navale du monde ; et il s’est remis à celle-ci du soin de sa défense.L’orateur cite des statistiques qui montrent qu’en ’ mps de paix le citoyen anglais paie $5.b0 par tête pour la défense nationale, tandis que le contribuable canadien s’en tire honteusement avec 40 cents.M.Denison trouve que le Canada est trop heureux de vivre en paix à si bon marché.Aussi, la Ligue dont il est le digne président va-t-elle s’efforcer dé changer tout cela.Pour atteindre ce but, le colonel recommande d’entretenir aux frais des farmers anglais et des habitants canadiens une armée entière qu’on pourra envoyer dans n’importe quelle partie de l’Empire.—Est-ce que je traduis exactement ?h He made several recommendations, including the maintenance of a mixted force of all branches of the service, which would be ready to be despatched to any part of the empire ¦¦ N admirez-vous pas le génie incomparable de ce colonel de milice qui a trouvé le vrai moyen de mettre le Canada en état de défense : lever une armée et l’envoyer servir aux antipodes ¦ Si tous les chefs de l’armée anglaise sont de cette force-là, on ne s’étonne plus guère qu’ils soient tenus en échec par quelques bandes de paysans et de pastoraux.M.Denison y ajoute encore des fortifications dans les ports maritimes du Canada, une augmentation considérable du budget de la milice pour l’établissement de camps d’instruction, pour l’élévation de la paye des soldats et de la solde des officiers, etc., etc., et même un troisième etaetera, l’expropriation et la fortification de l’île d’Anticosti ! Après ce beau discours, la section a réélu ses officiers.Président : Dr G.-R, Parkin, C.M.G.: vice-président : l’hon.G.-W.Ross, premier ministre d’Ontario, etc.Observons en terminant que toutes les classes de la population anglaise en Canada, hommes d’état, professions libérales, industriels, politiciens de toutes couleurs, de haut et de bas •.tage, poussent avec ensemble et persévérance à la roue de l’impérialisme.Contre toutes ces forces réunies, contre les éléments formidables de la politique et de l’urgent, les Canadiens-l’rançais n’ont opposé jusqu’à ce jour, que la force d’inertie.Fkaxcœuk — LA — Réforme de l’Instruction ique La Patrie mène avec vigueur et hardiesse la campagne qu’elle a entreprise pour la réforme de l’instruction publique, Ses articles incisifs, basés sur des statistiques indéniables, des faits nombreux et des extraits topiques de rapports d’inspecteurs d’écoles, ont piqué la curiosité de plusieurs, provoqué les protestations des routiniers et aiguillonné l’énergie de tous les amis de l’instruction du peuple.Il ressort de tout ce qui a été écrit de part et d’autre que la réforme de l’instruction publique est urgente.Les provinces soeurs nous distancent rapidement et arrivent plus vite et mieux armées que nous dans l’arène où se décidera notre avenir.L’instruction primaire Surtout est en souffrance.Elle est insuffisante et insuffisamment donnée.Les maisons decole sont en général petites, basses et tristes : le mobilier scolaire est déplorable ; les livres sont dépareillés et mal choisis ; les cartes souvent absentes ; les instituteurs et institutrices maigrement rétribués ; l’assistance peu nombreuse et irrégulière ; les commissaires trop souvent ignorants et pingres.La Patrie insiste surtout sur l’insuffisance du traitement des instituteurs et des institutrices.Et elle a sans doute raison, en thèse générale,— mais elle n’a, si je ne me trompe, encore rien dit de leur compétence.C’eSt pourtant là qu’est le noeud de la question." On ne peut jamais trop payer un lion serviteur, mais on paie toujours cher les services d’un serviteur incapable.Cet axiome, pour ainsi dire, élémentaire, est d’usage universel chez tous les hommes d’affaires.Or, peut-on affirmer que les instituteurs et les institutrices de notre province soient, comme corps, à la hauteur do la mission qui leur est confiée ?Possèdent-ils le don do la discipline et l’art de la pédagogie ?Ont-ils choisi l'enseignement comme carrière ou n’y sont-ils entrés qu’en attendant mieux, c’est-à-dire le mariage ?Je parle ici des filles.— Vocation ou pis-aller ?Hélas ! hélas ! A toutes ces questions, il faut répondre non.Je sais d’expérience que la plupart des institutrices des campagnes — pour ne parler que d’elles — sont d’une ignorance à faire dresser les cheveux la tête.Il y en a de tellement ignorantes qu’elles sont indignes de porter le beau nom d’institutiiccs et d’en exercer les fonctions sacrées.J’en ai connu dans les comtés de Joliette, de Berthier, dè Ghâ- teauguay, de Terrebonne, qui lisaient avec peine et en chantonnant, qui n’avaient qu’une idée vague de la grammaire et de l'orthographe d’usage, qui parlaient leur langue aussi incorrectement et avec le même accent (pie les cultivateurs illettrés de leur entourage, qui n’avaient jamais vu les fractions, jamais ouvert l'histoire du Canada, jamais vu un globe terrestre ; qui n’étaient pas sûres (pie la terre tourne, (pie Paris est la capitale de la France et qui lie savaient pas un mot d'anglais.J’ai connu une institutrice de village, possédant un brevet d’école modèle, ayant quinze ans d’enseignement, qui faisait jusqu’à trente-deux fautes d’orthographe dans une lettre de deux pages, et plusieurs de ses élèves, après sept ans de son enseignement.ne pouvaient distinguer la lettre A de la lettre B.Elle vit encore et enseigne encore, surtout le catéchisme où elle est d’une jolie force.Un grand nombre do ees institutrices n’ont pas de brevet, ne lisent presque jamais.Comment voulez-vous (pi elles intéressent, instruisent et disciplinent nos enfants ?Elles ne savent pas même respecter la dignité humaine, car j’en ai connu qui faisaient embrasser le plancher do l’école, même lécher des crachats à leurs élèves en forme de punition ! Pas assez rétribuées, ees institutrices-là ! On me paierait pour leur confier mes enfants, que je refuserais avec indignation.Je me bâte d'ajouter qu’il y a des institutrices et des instituteurs bien doués, suffisamment instruits et possédant la vocation de renseignement.Ceux-là méritent notre admiration, car malgré le traitement dérisoire qu’on leur fait et qu’on leur paie, souvent en rechignant, ils enseignent avec courage, parfois avec enthousiasme, et font de bons élèves.Mais, je le répète, que l’on fasse le relevé exact des instituteurs et des institutrices incompétents et l’on verra qu’ils sont la principale cause de l’ignorance relative de nos enfants de six à quatorze ans.Les mettre à la retraite et les remplacer par des personnes QUALIFIÉES pour l'enseignement est la première et la plus urgente réforme à faire.Les bien payer est la deuxième, car l’une ne va pas sans l’autre.Le conseil de l’instruction publique, appuyé par le gouvernement et soutenu par le peuple, aura-t-il le courage de faire sans tarder cette double réforme ?C’est douteux, car il existe encore trop de municipalités où les contribuables pingres demandent encore des " maîtresses " au rabais.Et pourtant, nos gouvernants doivent se rappeler que s’ils sont les représentants du peuple, ils en sont aussi les leaders.Ignotus mettre la publication ù la semaine proehai Pour le monopole d’Etat L’associaticn des marchands de bois d'Ontario est une corporation puissante, possédant une influence considérable, et les opinions qu’elle exprime méritent toujours qu’on y prête quelque attention.A son assemblée annuel le, tenue récemment à Toronto, le rapport des présidents contient le passage suivant: m L’administration moderne du chemin de fer, favorisant l’accumulutiou de la richesse dans quelques mains, qui ne l’emploient pas pour le bien de l’humanité, mais s’en servent pour absorber les compagnies de transport, de façon ù augmenter la richesse des riches en élevant les tarifs de fret jusqu’à l’extrême limite, provoquera à la fin uno recrudescence de socialisme au grand désavantage de tous.Nous croyons que cetto catastrophe peut-être évitée en Canada si les gouvernements, tant fédéral que provinciaux, mettent enfin un ternie à la coutume de donner des subsides pour ces entreprises.Que les gouvernements construisent et exploitent eux-mêmes 1rs chemins do fer, à l’exemple des municipalités à qui appartiennent les grandes routes, u Cet avertissement est assez significatif.Nos gouvernements en prendront peut-être note.C’est un signe du temps quand on voit une assemblée de capitalistes recommander à l'attention des pouvoirs publics les plus chères théories du socialisme d’Etnt.Le monopole municipal et le monopole national sont inscrits en tête du programme de la démocratie sociale.Ça marche ! • F.MORT DE JULES LECLAIR La culture du tabac.Une importante délégation a été présentée par M.J.A.C.Ethier, député des Deux-Montagnes, aux ministres fédéraux.Pas moins de quinze députés de la province de Québec accompagnaient M.Ethier.M.Cléophos Giguère, industriel en tabac, avait été expressément délégué par la Chambre de Commerce de Montréal.Le but de cette délégation était d'obtenir du gouvernement les encouragements que mérite dans notre province la culture du tabac.Des résolutions pratiques ont été pr'ses Le manque d’espace nous oblige à en re- J u les Lcolair est mort dimanche dernier, à 7 heures du matin.Nous en ressentons un indicible chagrin et, avec nous, tous ceux qui l’ont connu, tous ceux aussi, nous en sommes certain, qui ont lu avec étonnement et admiration les touchants articles de Moriturus, publiés ici depuis quelques semaines.Nous n’avons pas à faire un éloge banal de ce jeune homme de 27 ans volé à la vie et à ses espérances par la cruelle phtisie pulmonaire.Pour nous rendre au désir souventes fois exprimé de celui dont le cœur vient de cesser de palpiter, nous no ferons pas de lui les compliments dont on couvre ordinairement tous les cercueils.Nous nous tairons.D’ailleurs, pas n’est besoin de nos paroles.La grandeur, l’énergie, la vaillance des derniers actes de Jules Leclair font de lui le plus éloquent éloge.Sur son lit de mort, Jules Leclair, qui voyait pourtant tous ses rêves d'or s’envoler à tire-d’aile, a parlé de la vie sans pleurer, a envisagé la mort sans trembler.C’est déjà là une supériorité peu commune.Nous prions les amis de Jules Leclair, nous demandons à tous nos lecteurs de relire les quatre articles courageusement signés Moriturus, et que notre pauvre ami nous a envoyés dans les quatre dernières semaines de sa vie.Tout son éloge est là.Son caractère avec sa vigueur et sa trempe d’acier ; son intelligence avec sa puissance de pensée et sa culture soignée ; son esprit avec son originalité et son bri lant ; son coeur avec sa délicatesse et sa noblesse, tout lui-même nous le retrouvons dans ces lignes écrites sur le seuil de l’éternité.LTn jeune homme qui meurt en parlant de la vie comme un vieillard, en envisageant la mort mieux que bien des philosophes et des chrétiens convaincus, aurait été dans la vie une personnalité remarquable.Relisons avec une respectueuse émotion l’avant-dernier article do » Moriturus " écrit quinze jours avant sa mort, et que nous avons publié le 28 février.Nous nous éloignerons par là de la ba milité des nécrologies que Jules Leclair avait tant en horreur et nous laisserons apparaître dans tout lour éclat les brilla» tes qualités de notre ami.L’ART D’JÎTRE MALADE Tous les matins, je suis saisi par une merveilleuse bonne humeur au moment où je constate, eh bien ! que je ne suis pas encore mort.La douce joie de renouveler un si bon tour au médecin qui vous a condamné ! Puis je me remets en observation.11 vient îles amis me voir.Des gros, des petits, il en vient (le toute sorte.Il y neeux qui veulent que je sois mieux.— u Mais non.M—nAh ! oui ! ta figure.Tout indique.Ah ! tu vas revenir ! Tu vas voir !n Il y a les désespérés qui ne savent pas cacher leur sentiment ! Et ceux qui ne savent que dire! Et ceux qui s’arrogent le rôle du prêtre on nous faisant de la doctrine Ceux qu’on croyait nos amis la» plus intimes no sont pas ceux qui viennent le plus souvent.Ils font dire que ça leur fuit trop do peine de nous voir dans cet.état et s’abstiennent.Nos plus fréquents visiteurs sont nos amis prêtres.Ce sont les seuls, nu reste, qui conversent vraiment à l’aiso dans une chambre de moribond.J’ai reçu, de plus, un visiteur éclatant en pleurs, et opérant sa ictraite avant de pouvoir me dire ce qui le prenait- Enfin, l’un des derniers est celui qui avait appris ma mort.Voilà une rencontre agréable ou je me trompe fort.Avez-vous jamais pensé nu plaisir qu’on a de préparer sa mort, en détail, de longue et petite main ?ix-s petits papiers qu’on revoit, arrange ou détruit ! Les udcrnièresi.lettres solennelles aux amis éloignés, et pourquoi pas les invitations aux funérailles—avec la dato en blanc î J’ai eu le temps de faire faire ma biogra phio ; juste do la longueur de colonne que les jeurnaux consacrent aux décès des gens do ma classe.J’ai reviser ça ! en faisant retrancher les mots : u c’était un jeuno homme do talent et d’avenir ! u Comme, depuis 10 ans, il n’est jamais mort do jeune avocat qui n’ait été sacré u homme do talent et d'avenir n, j’ai récusé ce stéréotype.Voyez vous cette masse do gens tous égaux, pareils et semblables à moi ?A quoi m’eût servi d’avoir professé l’horreur de la banalité tout le long du bout do vie qui m’a été donné ! Quand au reste du document obituuire il contenait quantité d’éloges sur eo que j'aurais pu faire, c’est-à-dire sur ce que je r.’ai pas fait.L'auteur est déterminé à publier quand même.Que voulez vous : Jo n'y serai plus ! Vous êtes au moins prévenus de n’en rien croite.Moriturus.En nous envoyant son quatrième et dernier article, Jules Leclair nous écrivait: " Je ne suis pas certain de "respirer" jus" qu’à la publication du No.4.Tu pourras " bien publier après mon p’tit saut." Nous avons, cependant, son cinquième article commencé.Le pauvre malade n’a pu écrire que dix lignes.Le cours de la maladie s’est précipité et la mort seule lui a fait tomber la plume des mains.Samedi, quelques heures avant le dénouement, nous avons visité Jules Leclair.Nous ne l’avions pas vu depuis plusieurs semaines, et nous remercions la Providence do nous avoir procuré cette dernière entrevue.• Le mal incurable avait ravagé ce pauvre corps où la vie luttait encore mais faiblement.Comment jamais oublier ce regard éteint fixé sur nous, ces traits fanés ne devant jamais plus fleurir sous un rayon do vie robuste, ce cœur oppressé d’où un reste de vie s’échappait goutte à goutte, ces membres alourdis déjà glacés par le contact de l’éternité ?Et cependant ce pauvre Jules fit des eflorts pour nous parler de Saint-Jérôme, des nôtres, de I’Avenir nu Nord ! Cette bouche qu’on aurait cru à jamais vide de sourires, souriait, cependant, par intervalles, quand nous parlions de certaines personnes.Des noms, des mots s’échappaient de ses lèvres pâlies, comme des derniers vestiges de vie.Le cher mourant s’est intéressé à tons les collaborateurs de l’Avenir DU Nord: Francœur, Ignotus, J.J.Grignon, Paul Falcon ont eu de lui un souvenir particulier.Sa dernière parole a été une invitation à son enterrement.Il venait de nous apprendre lui-même que ses funérailles auraient lieu à Saint-Jérôme! Tout est fini maintenant.Quinze lieu-res après cette entrevue, Jules Leclair expirait doucement.Malade depuis trois ans sans le moindre espoir de guérison, la mort a été pour lui une délivrance Notice biographique Jules J .éclair est né à Saint-Jérôme, le IG novembre 1873.Sa famille est bien comme et très estimée dans notre ville où M.et Mme J.II.Leclair ont vécu de nombreuses années et qu’ils n’ont quitté qu’à regret.J ules était leur fils aîné.- En 1885, Jules Leclair commença au séminaire de Sainte-Thérèse, son cours classique qu’il termina en 1893.8a bonne tenue, son esprit si bien doué et son amour du travail le placèrent tout naturellement à la tète de ces sociétés littéraires et autres, dont les hautes fonctions sont si recherchées et i di-putées dans les collèges.II remporta, pendant scs études, do beaux succès dont lo plus brillant est son discours sur le grand curé Libelle qu'il admirait comme un génie et aimait comme un pète.Ce travail lui fit décerner le premier rang dans l’important concours (lu baccalauréat, en 1891, quoiqu’il eût à lutter contre les élèves de tous les collèges affiliés à l’Université Laval.Pendant sou droit, Jules Leclair manifesta son goût et ses aptitudes pour la politique.Conservateur par traditions et, ce qui mieux est, par conviction, il fit voir, au parlement modèle où il fut le chef de son parti, quo la cai rière politique lui aurait merveilleusement convenu.Reçu avocat en 189G, il exerça sa profession avec MM.Henri Archambault et L.A.Chauvin, alors député de Terrebonne Il fit do la politique sérieuse en 1897, dans le comté de Terrebonne où il prononça un excellent discours au point do vuo conservateur, lors de la nomination do MM.Nantol et Carrier.Studieux et actif, l’esprit toujouis en éveil, débordant d’une saine ambition, Jules Lechtir ne se contentait pas d être un nvocut sérieux, un jeune politicien renseigné, il so fit journaliste.Pendant quelque temps, il fut le rédacteur du WordA cette époque, il rompit plus d'une lance avec Wilfrid Gascon, notre réduc teur politique dont il a toujours reconnu et admiré la franchise et lo talent.En 1898, I’affrcuso phtisie pulmonaire fit sa vittiino de co jeuno homme distingué à qui souriaient de si beaux rêves et un si brillnnt avenir.Le reste do son histoire est connue ! La mnlndic implacable n’a pas lâché sa proie et elle vient de conduire nu tombeau celui qu’elle harcelait et poursuivait depuis au-delà do deux ans.Nous offrons à M.et Mine J.II.Leclair, ainsi qu’à toute leur famille, nos profondes sympathies.enveloppant de ses rayons lo cercueil d'un jeuno homme de 27 ans ! Mais heureux présage du séjour où doit resplendir l’ûmo qui vient do quitter la terre.La dépouillu mortelle est arrivée à Saint Jérôme pur le train de dix heures, Lo convoi funèbre se dirigea immédiatement vers l’église.Le deuil était conduit par M.J.IL Leclair et AI E Imour Leclair, père et frère du défunt, par MM.Hennas et Edmond Leclair, scs oncles, MM.Jos.et Paul Saucier ses cor -ms.Remarqués paimi les nombreux am>» étran gers : L’hon.G.A.Nuntel.M.Adolplio Chauvin, M.J.O.Lacroix, M.Jos.Beaulieu, M.Philemon Cousineau, avocats do Montréal ; lo Dr Groulx, de Saint-Laurent ; M.J.J.Grignon, protonotuiro, Sainte-Scholastique; M.lo notaire léonard de Sainte-Monique, lo Dr Wilfrid Grignon île Sainte-Adèle, MM.Loncr-gaii, Wadilei, Dr H.Dosclmmbuult Bernard Gaudette.avocat ; Wilfrid Deslauricrs do Sto-Tliérèse, Les principaux citoyens do Saint-Jérôme osaient présents.La levée du corps fut faite par M.l.ubbé Antoine Nnntel, supérieur du Séminaire do Sainte-Thérèse.J .a messe funèbre fut chantée par M.l’abbé Desnoyers, parent du défunt, assisté, comme diacre et sous-diacre, de M.l'abbé Herménégil-de Bastion, curé aux Etats-Unis, et du Rvd Père G.E.Villeneuve, O.M.T.de Laclnne.J.E.P.Notes de la Semaine Les funérailles de ce pauvre Jules Leclair ont eu lieu à Saint Jérôme, le 13, pnr une do ces belles et brillantes journées d'hiver Pénible contraste que cc joyeux et flnmboynnt soleil Pour les lecteurs de I’Avenir du Nord et plus encore pour ses rédacteurs, cotte semaine relût un caractère de profonde tristesse.Il y aura désormais un vide ù nos côtés.Un nom va disparaître pour toujours des colonnes du journal.Et toute la sympathie qui s’attachait à co nom, toute l’adiniiutio'i qu’on éprouvait pour celui qui l avait choisi, comme un effroyable symbole, se ré-olvent en pleurs à l’idée que c'est fini, que le courageux collaborateur de quelques heures a cessé de tenir la plume.Je reviens des funérailles do ce pauvre Jules Leclair.il fait un temps superbe et jamais ie printemps n’a paru si près.Tout le long du parcours, de la gaie à l’église, les amis qui sont venus lui rendre les derniers devoirs ont dit : " 11 fait trop beau pour un enterrement!» On n dit encore—et ces paroles ont été prononcées avec une attendrissante douleur :— C est trop jeune pour mourir ! " Y a t-il, en effet, rien de plus triste que cette mort d’un si jeune homme dans un si beau printemps ! Je lisais, l’autre jour, ce bel article publié par Lu Patrie : " Contre les années ! " C’est signé d un des noms les plus connus de la littérature française, Ernest Legouvé.Ne vous semblo-t-il pus que ce seul nom évoque en l’idée quelque chose de solennel ?11 représente tant de choses, il rappelle tant de souvenirs.Il a gardé une si splendide auréole do son passage au milieu des gloires disparues.On voit avec respect co vieillard entrer dans un siècle jeune avec toute l'autorité que donnent le mérite, les vastes connaissances, "expérience, la sagesse des cheveux blancs.Toute uno grandeur ruyonne de cette tête et c'est presque avec crainte qu'on lui demande : " Comment avez-vous donc fait pour vivre si vieux?" Il nous répond: " lxi bonheur conserve ! " Hélas! toute son expérience n’a rien appris à Ernest Legouvé.Le bonheur no conserve pas toujours.C’est bien souvent un appât do plus pour la Mort.Elle est impitoyable, puisqu’elle ne respecte même pas la jeunesse.Lo bonheur ne " conserve " pas toujours ! Mais déjà mes devoirs de chroniqueur doivent me faire tourner ailleurs mes regards.Il y a une bonne nouvelle à enregistrer pour Ottawa.M.Carnegie vient de faire à cette ville un don do $100,UOO pour l’érection d’une bibliothèque publique.Il so fait décidément un mouvement un peu partout pour améliorer l’instruction du pay».Depuis deux ou trois ans, on parle avec plus de ténacité que jamais de bibliothèques gratuites, de sociétés pour l’encouragement des études, de réformes dans le système d’éducation, cte.Hâtons-nous de profiter do cotte tendance généralo.Voilà combien de discussions auxquelles j'assiste Hur l'utilité do l’instruction publique telle que donnée dans notre pays, sur la tournure impriméo aux intelligences, sur la valeur du cours classique ! Jo ne les compte plus.Et puisque l'on discute tant, co no doit, pas être sans raisons.Tout se transforme.Lu vie et les idées changent d’axe d’une façon continue.On ne saurait ariivcr à les comprendre avec la préparation qui convenait il y a uno couple do siècles.C’est cela que plusieurs se disent — et très logiquement, il me «omble.Il fuutjprendro de nouveaux moyens pour atteindre un nouveau but.Ixj cours classique, tel qu’il est et tel qu’on le donne dnnr nos collèges ntteint toujours son but, jo veux bien le cioire Mais co but n’est plus celui qu'il est le plus désirable do viser, en tenant compte des condi ions économiques actuelles.Tout cela ne tient que par un fil à mon sujet du commencement.C’est le truc des chroniqueurs de ne jamais parler exactement de ce dont ils ont l’air de parler.En tout cas, il convient de remercier M.Carnegie de Ra générosité envers les Canadiens ot de regretter seulement que Montréal se soit laissé devancer.A moins quo M.Carnegie no veuille continuer.Ça no doit pas être amusant d’être nn hom-' me grand.Montréal a été amusé tonte la semaine par uno sorte do colosse qui mesurer 7 pixls ot 8 pouces.C’est- à décourager d'essayer à grandir.Et quels bénéfices en retire-t-on 1 r# L’AVENIR DU NORD, 14 MARS 1901 On voit passer les processions dans les rues, sans être obligé lie se hisser sur le bout des pieds.Dans une assemblée politique, nu milieu de la foule des électeurs, on aperçoit avec moins de difficultés quo les autres les acrobaties de de l’orateur.Au théâtre, on prend un billet de " standing-room » et quoiqu’on arrive en retard, on est certain de bien voir.On n'a pas besoin du monter sur une cbniso pour aller chercher un volume sur le plus haut rayon de sa bibliothèque, etc., etc.En somme, on domino les fuule3.Mais, en revanche, que d’ennuis ! Songez donc que Beaupré, le géant en question, chausse 15, qu’il n lui faut 10 verges d'étoffe pour un habi u ; que u en chapeau a pouces de contouru ; qu'il mange comme " tout nous aut’ ensemble.» Et puis il nu peut trouver de lit qui l'accommode ; il est forcé de se pencher pour passer lu porte ; il doit su plier en deux pour écrire sur un registre.Et lors qu’il vole un baiser à une femme, il ne peut lui donner pour excuse que sa joue a efileuré la sienne.par hasard! Que d’ennuis, mon Dieu, que d’ennuis ! Aussi avons-nous décidé mon ami, Jean-le-Gai, et moi de rester toujours petits.+ Et à propos, que fait-il Jean le-Gai, le barde de Sainte-Scholastique ?Depuis la chanson Beauchamp, ou n’a plus entendu parler de lui.Scholastique serait-elle muette 1 Aurait-elle dans sa monotonie étiolé pour toujours l’esprit vivace de notre ami ?Pourquoi laisser refroidir la belle anleurdes premiers jours, mon cher Jean ?Nous admirions déjà ta féconde imagination et ton extraordinaire faconde ; nous nous demandions réellement où tu trouvais tout ce que tu nous racontais.Nous savions bien que tu en inventais un peu, car déjà tu possédais le tour de main des journalistes ; mais enfin, la plupart du temps, ce que tu disais était vrai et ça nous amusait tous de voir qu’il se passait réellement tant de choses à Sainte-Scholastique.Donc, à quand la prochaine chanson 1 Paul T'ai.con.Chronique des idées LE JOURNALISME — LA CRÉMATION DES CORPS Vous êtes sur la rue Saint Jacques, devant VÉtendard.Près de vous babille un essaim de fillettes ayant des "aietés de renouveuu dans le minois, des rêves de lilas dans le sourire.A travers la nuit moite du sous-sol voisin, vous voyez quelque chose se débattre misérablement ; on dirait un vieux chien dans les sueurs et l’é-trunj'lemrnt de l'agonie ; vous approchez : c’est Morrissette qui est après mourir.X Vous avez remarqué, n’est ce pus, que ce n’est pas en plein pays de Boxers que ce fait s’est produit ; c’est sur la rue des millions, presque dans l'ombre des tours Notre-Dame.X U n’est pins temps de parler des plantureuses pensions d’aliments qu’on lui servait.Pour celui qui a connu tant soit peu la logique du ventre, pour celui qui a vu Morissette supplier, en étouflunt un sanglot, ses anciens amis de lui donner en argent a monnaie de la consom xn a ion qu’on lui offrait et courir au pioclmin café inangi unt-, pour celui-là, Morissette est bel et bien un journaliste mort de faim, à Montréal.X Oui, mort de faim, à Montréal, le journaliste flont la plume a supporté tant de millions, plus ou moins fantaisistes, si l’on veut, mais millions aussi sonnants, aussi tentants que les millions des millionnaires authentiques ! X Et la confrérie a vu là un fait-divers passable.X J’y vois une question : Y a-t-il dans le journalisme canadien des possibilités de dévoiement qui mène à l’hôpital ?Si oui, comme le fait est patent, pourquoi n’en pas donner avis aux pères de famille in considérés, qui, au lieu d’établir leurs fils soli dement sur le sol, toujours en besoin de bras et d'intelligences, se saignent à les pousser | dans les carrières classiques, sans pouvoir les équiper ensuite pour la lutte professionnelle?Je n’hésite pas à dire que, à moins que la vocation journalistique ii'éclato sur les bancs du collège, à moins rie preuves indubitables de la transcendance d’opinions et du goût encyclopédiste qui dénotent cette vocation, l’étudiant doit être paternellement détourné «1 u journal, caressât il le rêve de sauver l’Eglise à un sou la ligne.X Lisons-nous beaucoup de vrais journalistes ?Question délicate, et, pas de comparaison, surtout.X Mon pauvre Morissette, que j’appréciais si bien au débotté, me pardonnera de ne pas dire, en parlant du journaliste, que j'ai eu l’honneur de l’approcher et même do croiser la plume avec lui.Mais je ne puis m'empêcher de juger en lui le journalisme de son milieu qui est à peu près le nôtre X f Sans doute, Morisscte n’était pas le polémiste à grande envergure, le profond publiciste dont la pensée remue un continent, ni l’àprc lutteur dont les coups d’épinglo sont des coups de sabre, il n'était pas l'ironiste dont la plume tue ; non, sans doute.Mais il se croyait tout cela.Et combien d'entre nous lui ressemblons, qui appartenons à la catégorie des folliculaires gouvernant l’Europe du fond d’un premier et portant des coups mortels aux Rochefort et autres do même volée ! Disons-le hardicmcnt : dans la jeunesse du jour, à défaut d’aptitudes sérieuses, d’amour du travail, c’est l’audace qui manque le moins.Il en coûte peu de traiter Laurier ou Cbapleau d'orateurs bien ordinaires, selon son point de vue politique : cela pose un homme, sans grand travail.Et qui ne tente pas la bohème ?Il est si doux de ressembler aux Mussets, aux Brizieux et aux décadents, ne fut-ce que par l’excentricité.Trancher le mal, en tout, sans effort, cela ne manque pas d'être voluptueux, surtout avec accompagnement de coup de chevelure olympienne et de clignotement fi-naudeur.X La conclusion de cette mercuriale est, lo quo la rage de se faire lire est la plus enrngée des rages.2o qu’un colon qui mange une tranche de chevreuil au Nominiiiguo n’est pas plus à plaindre qu'un rédacteur qui s’écoute crier l’estomac devant les restaurants de la rue Saint-Jacques.3o qu’une bonne prière ne fera pas de mal à lame de Morissette et don liera peut-êtie la paix à ses cendres.X A moins qu'elles ne passent par le four crématoire, disent les tenants de l'inhumation, car la question revit avec une nouvelle vigueur.L’incinération des trépassés nous menace, paraît-il, d’un retour offensif au paganisme.Où est le mal ?La raison et l’intérêt public veulent cette mesure: l'inhumation est une,chose absurde en soi, pas un decret canonique de l’Eglise, pas une decrctule des papes ne l'établit ni ne la sanctionne comme point de croyance, et l’on nous dit : N’v touchez pas, cela nous vient des Juifs ! Et comment Abraham a-t il trouvé la sépulture en honneur chez les Egyptiens ?Comment existait-elle de temps immémorial chez les anciens chinois et chez les indigènes d’Amérique ?U est vrai que tous ces infidèles y rattachaient vaguement l’idée de résurrection et approvisionnaient le défunt de tout le confort désirable pour le grand voyage, tandis que les Juifs se contentaient de professer, en vue de la ré .-u rectiun, que le germe doit pourrir en terre pour revivre dans la plante, physique assez gé-néra’ement abandonnée aujourd’hui.Qu'avons-nous affaire des coutumes juives?Souhaiterait on voir ressusciter la circoncision?Serviteur.L’eau du Saint-Laurent est trop limpide, pour regretter cet usage.En écartant l’idée de polythéisme, je ne se rai pas plus effrayé que nos morts montassent au ciel à la mode païenne que de voir notre eau bénite figurée dans l’eau lustrale des ro mains, nos sœurs cloîtrées, dans leurs vestales, la confession auriculaire dans celle des prêtres sacrés d’Isis, notre baptême, dans lo batêmedu (Jauge que notre sainte religion a épurés et sanctifiés, connue on suit, et même élevés à la dignité de sacrements chrétiens.X J’ai vu, à Saint Eustaclie, l’urne où reposent les cendres de Chénier, Jamais spectacle ne m’a plus piofondément remué.Quelle imposante conception du néant des vanités humaines s’échappe de cetto réduction de l’homme terrestre à ce peu, informe et innommable ! Quel émouvant tableau que le patriote et savant Murcil méditant la science et l’histoire, la tête inclinée sur le précieux vase aérien d’où semblent sortir eucore des mots de combat du patriote Chénier ! La touchante pensée, que les êtres chers que la mort a moissonnés, habitent toujours le toit béni, vivent dans nos fleurs, se mêlent à notre existence et uu’en eux la patrie voyage avec nous et ne nous quittera plus ! Vous ne connaîtrez plus l’angoisse du chef indien qui, pressé d’abandonner ses terres, s’é criait : Nos pères y dorment ; dirons nous aux ossements de no*» pères : Levez-vous et .-suivez-nous ?X Donc, à moins qu’on ne formule nettement la doctrine canoniqjc contre l’innovation pro posé, elle a de bonnes chances de s’acerédi er dans plus d’un cercle.X Au reste, cette question est comme une fou le de grandes questions, qu’on expose docte ment, qu’on tranche vite et qu’on laisse aux autres à ré>o:i(’r.i Si l’on fait de si vives discussions parce qu’on a objection à l’incinération des morts, juge un peu, mon bon, s’il devait s’en faire de rudement belles, au bon vieux temps, où l’on avait un peu moins objection à la crémation des gens en santé.Nature |-» MELI-MELO — 1 -o- L'Avenir du Noun en France.M.Junius Gondy, de Besançon, en France, est devenu, sans «nie nous sachions comment, un ami de I’Avenih DU Nolîl).Plusieurs fois, il nous a adressé des journaux français parlant du Canada.Nous avons répondu à cette gentillesse en lui adressant régulièrement notre journal, ce qui nous a valu la charmante lettre suivante : Besançon, le 0 février 1901 Monsieur Prévost (ils, Saint-Jérôme.Cher Monsieur, Je vous prie de me continuer l’envoi de votre journal qui m’intéresse beaucoup.Permettez-moi de vous féliciter de l’ardeur et du talent avec lesquels vous défendez votre nationalité contre les prétentions anglaises.Et pourquoi n’y aurait-il pas une nation canadienne bilingue, comme la Belgique, comme la Suisse, qui sont deux pays prospères et tranquilles ?Agréez mes cordiales félicitations.Junius Goxdy Ces félicitations d’un français de Franco qui ne nous connaît que par les écrits de 1’Avenir du Nord, sont touchantes et précieuses : elles doivent rendre fier notre rédacteur Wilfrid Gascon dont le patriotisme éclairé est si méconnu par quelques-uns.Les protestants demandent par un bil que M.Hutchison,aprésentéiiluChumbrede Québec, l’autorisation de construire un four crématoire dons leur cimetière, à Montréal.Ce projet de loi a donné lieu iv un débat intéressant auquel ont pris part plusieurs députés.M.Jean Prévost a fait sur cette question quelques remarques dont voici la substance : m Le refus de In législature de Québec d’accepter ce projet de loi peut soulever des discussions religieuse : ce quo nous devons éviter avec soin.il Ceux qui s’opposent à la mesure, le font, disent-ils, tant comme catholiques que comme chrétiens.u Comme catholiques romains nous n’avons pas le droit d’imposer nos vues aux protestants, pas plus qu’ils ont le droit de nous imposer les leurs.u Comme chrétiens, les anglicans, les baptistes, les presbytériens nous demandent le droit d’incinérer leurs cadavres.Si, sur cette question, ils comprennent le christianisme autrement quo nous, devons-nous leur imposer notre manière do voir ?u Pouvons nous empêcher un homme de demander que son corps soit livré apiùs sa mort au four crématoire î u Je dis : non ! u Pouvons-nous empêcher un homme d’a voir un four crématoire, s’il so conforme aux règles do l’hygiène 1 u Je dis également: non ! u La crémation n’est pas immorale en elle-iiiêine ; et, si elle ne l’est pas, nous ne pouvons pas nous interposer, u Le débat a été ajourné.Si nous avons vil les jérômiens s’engager si courageusement et en si grand nombre à suivre les lois de la tempérance, dimanche dernier, c’est dû sans doute à notre collaborateur n Nature n dont la chro nique sur \’Alcoolisme a convaincu les esprits et touché les cœurs ! jgjLcx pommes de terres sont une maladie.La vérité et la science m’obligent à cette constatation, si humiliante pour tous ceux qui aiment les n frites u.Les pommes de terre sont aussi conservatrices.Physiologiquement, politiquement, il faut condamner les pommes de terre.Nous devons à M.Noël Bernard cetto découverte cruelle : le savant chez lui a tué l'homme, et c’est pourquoi sans doute il n’a pas eu pitié de nos illusions.C’est M.le professeur Bonnier (pii a entretenu l’Académie des sciences d’un événement dont l'importance n’échappera à personne.Il faut toujours savoir à quoi s’en tenir sur les êtres et les choses.Or, il résulte des recherches de M.Bernard, n que la pomme de terre n’est que le produit d’une réaction maladive de la plante sous l'influence d’un champignon du genre fusarium.n Le plus austère de nos journaux résume ainsi nos rapports avec ce précieux comestible : ce sont des pieds malades dont nous ¦mangeons les tumeurs.(!!!) Ce n’est pas tout : vous pensez bien que M.Noël Bernard a voulu appuyer son assertion d’une expérience : il a donc semé deux lots de pommes de terre, l’un dans un terrain ordinaire où il avait préalablement reconnu la présence dudit champignon, l’autre dans un terrain soigneusement désinfecté.Or, le premier a produit vingt-trois tubercules de grosseur normale, le second quatre tubercules chétifs et avortés.Sans être très versé dans les mathématiques et la philosophie, on peut cependant apprécier la différence des effets et l'intérêt des causes.Nous devons éclairé les fervents de la n Pomme de terre n : ce qu’ils mangent, eu qu’ils aiment, c’est la maladie d’une plante.Et cette maladie, qu’ils lo sachent, est due à l’iuHuencc d’un champignon ironique.Moralité: du haut en bas de l’échelle sociale, nous ne devons jamais rien qu’aux inilucnces.Une société américaine de savants vient d’envoyer une circulaire, comme on n’.en avait jamais vue jusqu’ici, à toutes les personnes éminentes, les priant de lui léguer leur cerveau.Un des membres de ladite société déclare, pour encourager les timides, les hésitants, qu’il est à la veille d’une importante découverte sur le cerveau humain, et il se plaint, en même temps, de ne posséder pour ses études que des cerveaux de pauvres bougres ou de criminels.Il lui faudrait des cerveaux supérieurs.Allons, Messieurs, Mesdame, vous qui formez l'élite des nations, un peu de courage, un bon mouvement ' Notez que l’idée de cette société est excellente, qu’elle fera faire, si elle se propage, de grands progrès à la science.Il fallait seulement avoir l’audace de la lancer.La meilleure preuve, c’est que dans le monde américain on a déjà aouiescé à cette demande de laisser son cerveau — avec quelques restrictions, il est vrai.M.Chaun-cey Depey, le millionnaire connu, a répondu à la circulaire : n Avec plaisir, quand je n’en aurai plus besoin n Glanurcs :— Ceux qui n’ont d’esprit que pour être méchants ne conçoivent pas, qu’on puisse être bon sans être bête.Saint-Martin.Les hommes ont rarement le courage d’être tout à fait bons ou mauvais.Machiavel.— Est-ce que ce pays est sain ?— Je vous crois.On y devient centenaire en rien de temps.Douleurs dans le dos Ducs fréquemment à un foie paresseux ou il des troubles dans les rognons JA Frank Wallers, d: Fréter, parle det sonj-Jranee et raconte, comment les Pilides poses du Dr Williams Vont guéri après (pie les antres remèdez eurent été sans effet.De VAdvocate, Exeter : M.Frank Walters est un jeune homme personnellement connu de la plnpart des résidents de Exeter, où il a vécu presque toute *a vio.Parlant récemment à un éditeur de VAdvocate, M.Walter a dit : n En justice pour les Pilules Uoses du Dr Williams, je crois do mon devoir, vu ce qu’elles ont fait pour moi, d’ajouter mon témoignage aux milliers d'autres qui ont déjà été publiés.Depuis plusieurs mois je souffrais de douleurs dans le dos.On pensait que ces douleurs étaient ducs à des dérangements du foie r.t des rognons ; mais quelle qu’en fut la cause, elles nie faisaient Nouvcnt souffrir une terrible agonie.Les douleurs n’étaient pas toujours confinées au dos ; elles se faisaient aussi h ntir dans d'autres parties du corps.A cause de cela je n’evs que très peu de repos, mon appétit disparut et je diminuai beaucoup en poids.J’ossaà différends remèdes qui m’étaient indiqués par mes amis.Ces remèdes n’eurent aucun effet et je fus presque dégoûté des remèdes.C'est alors qu’un ami personne) me pria d’essayer les Pilules Boses du Dr Williams.Je me laissai difficilement convaincre, parce quo j’en avais presque conclu que les médecins ne me guériraient jamais Mais comme il insistait, je décidai finalement d’essayer.J’achetai d'abord une boîte de ces pilules, et, à mon grand étonnement, j’éprouvai un grand soulagement avant que la boîte fut épuisée.J’en achetai de nouveau une couple de boîtes, qui m’ont rendu à ma première santé.Je n’iiéiite pas de recommander cette médecine, afin qoe les autres puissent profiter de mon expérience, et cesser d’endurer les tortures qu’ils souffrent, n les Pilules Uoses du Dr Williams guérissent jusqu’aux derniers vestiges de la maladie.Elles renouvellent et purifient le sang, réconfortent les nerfs, et rejettent aussi la maladie du système.Si votre marchand ne tient pas cette médecine, on vous les enverra franc de psi t, sur réception de 50 cents pour une boîte, ou six boîtes pour §2.50, si vous adressez à Dr Williams Médecine Co„ Broekville, Ont.Paul Fredette C’est un type, un type unique, qui vient de disparaître.Paul Frédette, qui ne l’a pas connu dans le Nord, qui ne lui a pas donné une partie de son terrain à défricher, quelle forêt n’a pas vu se» plus beaux «libres succomber sous les coups vigoureux de sa hache, quelle ménagère n'a pas gémi en lui voyant avaler les p'us beaux morceaux de la dernière boucherie.11 II mange comme trois hommes, disaient les ménagères exaspérées.» 11 travaille comme cinq," reprenaient les maris ; et c’était vrai.Comme tra vaillant, Paul Frédette n’était pas surpassé, comme mangeur, le curé Lubelio était un enfant à côté dr lui ; comme.pas menteur, mais d’une imagination fertile, il était hors de pair ; comme philosophe et courageux, ceux là seuls qui ont- connu sa famille, ses enfants, peuvent en diie quelque chose.T! ne fut pas con-eiller municipal, ni.mar-guillier, ni même inspecteur de voirie, mais longtemps au coin du feu on parlera de Pau! Fredette parce que lui seul pouvait vous racon ter avec tant de sérieux et même d’élégance les histoires les plus invraisemblables, les aventures les plus grotesques.Et tout cela lui était arrivé à lui.Il avait une prédilection spéciale pour scs prouesses de chasse et de piêclie, et s’il y a.encore uujourd hui des oiseaux dans l’air, des poissons dans fonde et des bêtes'à fourrure dans les bois, c’est que Dieu s’est de nouveau fait créateur, car Paul Frédette avait capturé les plus beaux spécimens, ne laissant que des avortons incapables de propager une race.Je n’oublierai jamais sa manière de calculer, de compter les victimes de son adresse, les profits qu’il en retirait.Un jour, travaillant dans la.forêt, au service de mon père, une troupe de petits oiseaux de neige passèreiU au-dessus de sa tête.Mon frère Mugloire, qui est un peu mystificateur, s’écria tout bonnement : — Pmi, des ou a (les ! Paul regarda, donna un coup de nez et se remit à l’ouvrage.Le soir, au souper, entretien sur la chasse et comme toujours, Paul te liait la clef de la conversation.— Comme des outardes, finit il par dire, je croyais qu’il n’y en avait plus, mais j'en ai vu passer un gros » voilier “ aujourd’hui, hein! Magloire.Elles passaient tout bas et on les entendait coing, coing, coing ! — En avez-vous déjà tué, des outardes, M.Paul ?— Si j’en a( tué ! Une fois, un " voilier " pareil comme aujourd'hui passait.J’avais mon fusil à deux coups.Bang ! y en tombe huit ; bang ! y en tombe sept, ça faisait une grosse di uzaine.Je les vends une piastre le couple, dix belles piastres.Mais là où il était éloquent, c’est- quand il vous racontait comment i! avait sauvé la vio à son ami, le vieux Saintonge, une espèce de juif-errant mort il y a une couple d’années à Saint-¦lovite.Tous deux revenaient de la pêche; Paul naturellement avait été chanceux et gaiement, avec une centaine de livres de truite sur le dos, se frayait un passage dans la forêt vierge, tandis que le père Saintonge, qui n’en avait pris qu’une, une toute petite encore, et, comble de malheur l’avait perdue en route, suivait péniblement de -loin, fatigué, exténué.Paul, qui n’abandonnait jamais ses amis, tournait souvent la 1ère, s’assurant de la présence dt son compagnon, quand une bonne fois, plus de présence ni de compagnon.Il revient sur ses pas, s’arrête ébahi sur le bord d’un abîme dans lequel son compagnon avait disparu.Il avait pourtant passé à ce même endroit, il avait bien trouvé le terrain un peu " mollet," mais toujours chanceux, il s’était-, malgré sa charge de truites, tiré sans encombre.— Paul ! Paul ! criait une voix du fond de l’abîme.Et Paul, qui ne perdait jamais la tête, abat une épinotte, longue do quarante pieds et la descend dans le trou.mais trop courte, trop courte, il en faut- une autre, puis une deuxième, puis une troisième réunies ensemble par de bonnes écorces de bois blanc.La quatrième prend fond, Paul sent une ré istance et retire le tout, épinettes, et au bout des épinettes, le père Saintonge blanc comme la neige de peur et noir comme le charbon de saletés de toutes sortes.Et dire que le père Saintonge m’a déjà assuré que tout était vrai de point eu point.Sur cette terre, chaque homme a son histoire, c’est-à dire une histoire que, dans les grandes circonstances, il aime à raconter de préférence aux autres.Paul avait la sienne : la pèche à la morue.Ne fuyez pas, lecteur, Paul est mort, et si je sais l’histoire mot pour mot, je vous en ferai grâce, parce que j’en ai été la victime.La pèche à la morue, mais c’était un récit de trois heures, c’étrât lo cauchemar, 1’eflïoi, le mauvais rêve de tous ceux qui avaient des relations avec Paul.C’était la coqueluche des enfants, le désespoir des amoureux, la sangsue qui s’attache aux jambes, en déchire les jarretières, c’était un des côtés sombres de la vie.Et comment l’éviter, ce terrible récit.?A la porte do l’église, le dimanche, si Paul common çait son histoire, vous manquiez la messe, l’assemblée des anciens et nouveaux marguilliers, lo discours obligatoire do Charles Campeau et plus tard de M.David Morin , sous la bise gla cée, vous attrapiez une iluxion de poitrine ; sous une bonne averse, vous étiez trempé jusqu’aux os, rien n’y faisait, vous deviez connaî tre l’histoin: jusqu'à la fin.Essayer de fuir, prendre une tangente, une retraite honorable, impossible.Il vous faisait violence, douce vio ¦Iciice, mai» énergique, irrésistible.Aviez-vous sommeil, il vous frappait l’épaule de son.poing, coup de massue ; vouliez-vous fuir, il vous serrait- une main comme dans un étau et se servait de l’autre qu’il agitait violemment comme image di s queues do morue su débattant captives au fond de la goélette.Ma mère, dans les jours maigres, en temps de carême, par exemple, évitait avec un soin scrupuleux, de mettre de la morue sur la table lorsque Paul était à notre service, afin d’éviter tout prétexte à !a fumeuse histoire, maison î.’y échappait pas toujours, et mon pèle eu a gardé un bon souvenir.Un soir, après une journée fatigante, précédée d’une nuit sans sommeil, il se mettait au lit, lorsqu'un coup violemment- frappé à la porte le lit sursauter.C'était Paul qui entrait, couvert de neige, la barbe blanche de frimas.Le pauvre homme venait du village; en route, la faim de turner le prit, il n’avait pas d’allumettes et tout bonnement il arrêta chez Ma gloire, histoire de mettre un charbon sur sa pipe.Il faisait très froid, ce soir là, si froid que Paul en vint à réfléchir qu’il avait eu froid un jour, alors qu’il était en pleine mer, à la pêche à la morue, et l’histoire, la fameuse histoire commença.Comme toujours, elle dura trois heures et nous qui, éveillés, écoutions tout, avons passé une veillée aussi bonne que le pauvre père en a passé une mauvaise.X Je n’irai pas plus loin.Pour raconter les hi toires de Frédette, il faudrait des volumes et Louis Fréchette y trouverait là de beaux sujets de contes canadiens.Pour moi, j’en arrive au côté triste, au revers de la médaille.— Puisque vos chasses et vos pêches vous rapportaient chaque année des milliers de piastres, pourquoi êtes vous si pauvre ?demanda un jour un jeune garçon sans malice, mais un peu étourdi.— Pauvre, pauvie.Avec une famille comme j’en ai une, répondit Paul, il est bien difficile d’être riche.Et pour la première fois, je le vis pleurer.Sa famille, ses enfants, lui si vigoureux, il n’engendra que des nains et des infirmes.Clia que jour, il avait l'humiliation, la douleur de voir ses enfants être l’objet de.risée et de persécution pour les uns, de pitié, do commentaires charitables trop souvent bien haut exprimés, des autres.L’humiliation, toujours l’humiliation.Toujours le travail ardu, pénible pour donner le pain à ces affamés incapables de gagner quelques sous, bons tout- au plus à apporter chaque soir un nouveau sujet de tristesse à l’homme déjà cciasé par le labeur, démoralisé par un lendemain sans espoir Et c’est ainsi qu’il est mort, gardant jusqu'à la dernière heure un cu’te pour les familles Morin et Filion qui furent toujours pour lui des protecteurs et dis amis.Pauvre Frédette ! Ton histoire gaie ou triste, je l’aimais et elle me manquera dans l’avenir.Tu fus une leçon efficace, terrible même.Eri perçant la forêt pour livrer un terrain à la charrue, espoir dil cultivateur, de l’avenir, tu as souvent- heurté le rocher qui fermait tout horizon à l’espérance, et tu n’as pas perdu courage.Tu fus, homme souffrant et philosophe, l’image vivante de l’humanité telle qu’elle est, telle qu’elle sera toujours.Mathias Filion Au Parlement d’Ottawa (De notre correspondant spécial) Ottawa, 13 mars 1901.Les lecteurs de I’Avenir du Nord me sauront gié d’être court puisque, les événements parlementaires sont si peu nombreux.Le gouvernement a trois bills importants à soumettre à l’approbation de la Chambre.Un bill pour refondre les lois relatives aux sauvages Un bill pour la création d'un Hôtel des Monnaies au Canada.Un bill pour modifier l’Acte relatif à l’importation et au travail des aubains.Je mettrai les lecteurs de ! Avenir du Nord au courant de» débats auxquels ces importants projets de loi vont donner lieu.Le dernier bill que je viens de mentionner est présenté par .Sir AVilfiid Laurict et e»t le résultat de l’entievue des délégations ouvrières avec le Premier-Ministre.De longues discussions ont pris de nombreuses séances, ces jouis derniers, concernant l’a-mélioiation de la voie- du Saint-Laurent et l’importance du poit de Montréal.Les crédits demandés .pur l’hon.M.Tarte pour augmenter les facilités do transportation sont §079,000 dont §419,000 pour creuser le chenal du Saint-Laurent et §150,000 pour Port Colborne.L’hon.M.Tinte à ce sujet a exposé sa politique sur la question des transports.Il entend faire du Port Colborne le peint de départ des grains passant par le Saint-Laurent, pour ensuite les conduire à Montréal qui deviendra point-de concentration, en veitu de cet nxionie que n tout chemin mène à Montréal n puis il veut continuer le creusage du chenal du Saint-Laurent jusqu’à 30 pieds pour permettre aux plus grands vaisseaux de remonter.Pour en arriver à cela, il faudra dépenser §2,000,000.On en a déjà dépensé §3,500,000 et le total en somme ne sera pas exorbitant si on le compare à ce qu’ont dépensé d’autres pays.Actuellement le ministre fait creu»er le chenal à 450 de large et 30 pieds-do profond.La dernière saison, celle dans laquelle ce travail a été inauguré, 10 milles de chenal ont été activés à ces dimensions et il reste encore cinquante milles à faire, mais, dit l’hon.M.Tarte, cous les matériaux à enlever du Luc Saint-Pierre sont de nature molle et avec la drague à succion qu’il fait construire à Philadelphie, il espère avancer considérablement l’ouvrage.De fait, les 90 milles de verges cubes à enlever du Lac Saint-Pierre pourront être déblayées pour la fin du mois d'août.De plus le ministre a annoncé que le Lac Saint-Pierre ne se remplissait pas et que le chenal creusé il y a quinze ans ne s’est pas modifié ni comblé.Au contraire, il se creuse.NOTES DIVERSES — Un rapport déposé par le ministre des douanes indique que, do 1S9G à 1900 inclus, le gouvernement a remboursé §245,149 do rabais de droits aux manufacturiers d’instruments agricoles destinés à l’exportation.Sur ce montant, la compagnie Massey Harris a touché §221,3S9.— Jeudi l’hon.M.Fielding prononcera le discours sur le budget.— M.Robinson, député conservateur d’On- tario, présentera la redoutable motion nui vante : n Quand l’intégralité de l’Empire sera menacé, quand la vie, la liberté et les biens de ses sujets se trouveront mis en danger, par un ennemi de l’intérieur, ou de l’extérieur, les citoyens du Canada contribueront cordialement à la défénse de l’ordre et delà loi.u __Un groupe de personnes in Dressées dans la cultuio du tabac, a été reçu jeudi dernier par Sir Wilfrid Laurier, Sir R.Cartwright et l’hon.M.Fisher.Cette députation avait à sa tête M.J.A.C.Etliier et M.Cléophas Giguère, maire c’e Contrecœur et était accompagnée d’une vingtaii e de députés du district de Montiéal.La députation a demandé trois choses : L’établissement de fermes modèles pour apprendre aux jeunes cultivateurs la culture raisonnée du tabac : La nomination d’inspecteurs pour examiner et classer le tabac mis en vente sur le marché ; La distribution gratuitement parmi les cultivateurs de graines de tabac, comme fait la Ferme Expérimentale pour les autres semences.Les ministres ont assuré les membres de la délégation qu’ils étudieraient leurs demandes.Cyrano C’est du Ma! (TEsIoaîe et de Régnons Dort je souffrais, c' î t H .Totcpii Lambert, lor-sque j'ai cor.i-mcncê à prendre Là PILULES HORO.G ___________ L’homme doit avant tout 1 icii digérer les vivres qu'il] r**i’d t’ois fois par jour, pour soutenir «.t augmenter ses forces Un repas mal digéié cause dos-malaises et dos fatigues au lieu d’apporter cette nouvelle force, cette vigueur et ce Lieu-étio que l’homme éprouve après un bon repas, pris avec npiétit il avec la conviction qu’il sera bien digéré L’homme qui souffre de dyspepsie se lève le matin la langue chargée et la bouche mauvaise, il a mal au cœur, qti.lquefois il vomit, ses repas goûtent mauvais c-t digèrent très mal.Il travaille avec peine toute 1 i journée, il est morose c t malheureuse, tous les dyspeptiques o.t des idées noires.Tout homme qui a à gagn-r sa vie au bout de ses bras, a b, soin d'un bon estomac, ou bien il i • pourra résister longtemps et sera vite obligé île laisser son travai1.Le remède par excellence povr guérir ces troubles c t donner de Ii force aux hommes faibles sont Us Pilules Moro.Lisez plutôt le témoignage de* M.Lambert : M.JOSEl-H I.AMBERT.11 Lorsque je commençai à prendre “ les Pilules Moro, j’étais arrête de Ira-“ vaillerdepuis troismois.J’ctais cm “ ployé dans un moulin et l’ouvrage q “ je faisais était assez dur.“ Je souffrais de celle maladie dep-' “ deux aus ; c’étail mon esluim-.c it m.“ rognons gui me faisaient souffrir.J “ continuai cependant à travailler aus-“ longtemps que je pus, mais â la fin, j “ fus obligé de laisser mou onv agi .“ m’étant impossible de travailler un.“ minute de plus.“ C'est là qu'après avoir consulté v “ grand nombre de médecins, je i “ décidai de prendre les Pilules Mo; ." Biles me firent dès le couiuicr-Cemei : “ un grand bien et en aidant mon anji • “ tit et ma digestion mo guérirent d “ mes autres troubles.Elles sont lose .: “ remède qui m’ait donné du soulagi-“ ment.Pour la dyspepsie et pour doi.-“ ner des forces à un homme faible, elb ; “ ®out certainement la meilleure méfie-“ cine possible à prendre.” JOSEPH LAMBERT, Boite 174.Augusta, Maine.Les Pilules Moro guérissent aussi, à part la dyspepsie et le mal de rognons, toutes les autres maladies dont les hommes ont si s::\ -vent à souffrir, comme le rhumatisme, les douleurs de névralgi- .les maux de tête, les humeurs, l'impureté du sang, et desqu’u.; homme commence à se sentir faible, il devrait les prendre, afin de ne pas être obligé de laisser son ouvrage, comme l’a fait Monsieur Lambert.Les Médecins de la Compagnie Médicale Moro peuvent être vus à leur bureau, au No.1724 rue Ste-Catheriue, tous les jours de la semaine excepté le dimanche, jusqu’à huit heures du soir.Aux hommes qui demeurent à la campagne et qui ne • peuvent venir facilement à Montréal, un blauc de traitement leur sera envoyé sur demande, ainsi qu’un petit livret ¦rempli de conseils et d’avis.Les consultations par lettres sont aussi gratuites et absolument confidentielles.Les Pilules Moro -se vendent 50c.la boite, ou six boîtes pour $2.50.Si votre marchand ne les tient pas, elles vous seront envoyées sur réception du prix.Adressez vos lettres comme suit : COMPAGNIE MEDICALE MORO, 1724 ru* $te-C*therInc, Montreal, L’AVENIR DU NORD 14 MARS 1901 Au Parlement de Québec (Dr notre correspondant spécial) Québec, 13 mars 1901 Nous avons eu d'intéressante» escarmouches à la Chambre des députés, depuis ma dernière lettre.t.o député de Terrebonne, M.Jean Prévoit est entré en lice.Il a fait plusieurs discours qui l’ont mis avantageusement en évidence.M,.Jules Allard, député d’Yutnaska, a présenté un projet do loi ayant pour but do rendre la rétribution mensuelle .scolaire facultative d’obligatoire qu’elle est maintenant.L’hon.M.T urge o a s’ust opposé a ce bill, disant, entre autres choses, que le payement de cette rétribution est de nature à forcer les r " '9 miraculeuse de deux Dames bien souffrantes et découragées, par les* Pilules Bouges de la Ole Chimique^ France-Américaine et les conseils de leurs Médecins Spécialistes.— Comme lo public le sait déjà, M.J.P.Durand a acheté la pharmacie du Dr C.D.Longpré.M.Durand a été nci/.o ans au service de MM.Lavioletto it Nelson pharmaciens hicn connus do Montréal.Prix modérés, attention délicate pour les clients, drogues, remèdes brevetés, parfumerie de première qualité, c’est ce que l’on trouvera toujours à la pharmacie Durand.En face du marché.Téléphone No 48.No 33—GARDEZ L’ENFANCE.L’enfant est sujet A tant d’accidents do la gorge.A la moindre aleite fuites prendre du Ruume Rliuuml.Un revd Pere Franciscain Hotel O.H.H.(Ancien hôtel Crevier) OVIDE PERRAULT, PROP.Tel.5] Saint-Jerome, P.Q.Hôtel tenu avec le plus grand soin.Service rapide, table excellente, chambres confortables, etc.Ecuries spacieuses et chaudes.Repas à 20 cts les jours de marché.L'hôtel du C.P.11.est situé en face do la gare du C.P.R.et est voisin de Péglise et du marché.Guérit le Rhume en un Jour^ggp-wr .I Le BEAU MAL chez les femmes commence toujours par une douleur soit dans le côté droit ou dans le côté gauche et quelquefois môme dans les deux côtés.Comme les femmes n’apportent généralement pas d’atteutiou à cette maladie dès son commencement, cette douleur s’accroît et se change en une pesanteur, des tiraillements et des souffrances dans tout le bas du corps.Biles out aussi mal aux reins et aux jambes.Le moindre travail qu’elle font les fait beaucoup souffrir et les épuise.Ces femmes souffrent aussi du mal de tête, de mauvaise digestion.Elles ont beaucoup de trouble avec leur vessie et sont obligées d’uriner souvent.Elles sont nerveuses et affaisées.Elles dorment mal la nuit et sout à peine capables de travailler pendant la journée.Nous rencontrons ces femmes qui souffrent ainsi principalement parmi celles qui travaillent fort comme les jeunes filles aux manufactures ; les mères qui ont beaucoup d’ouvrage à la maison et qui sont à la tête d’une nombreuse famille; chez les femmes sur le retour de l’âge, qui u’out pas donné à leur sauté le soin qu’elles auraient dû, à cette époque critique de leur vie, et aussi chez toutes les femmes qui sont faibles en sang.C’est une maladie terrible qui a rendu malheureuses un grand nombre de femmes, mais qui est toujours guérie par les Pilules Rouges pour les Femmes Pâles et Faibles, si elles sont prises avec soin et avec patience.Les Pilules Rouges de la de Chimique Franco-Américaine, tonifient ces organes essentiellement féminins et eu assurant leur fonctionnement régulier, guérissent le BEAU MAL et les troubles qu’il occasionne.Elles guérissent les points de côté, les tiraillements et les douleurs dans le bas-ventre.Elles donnent appétit, aident la digestion et donnent aux femmes faibles et nerveuses, la force et l’énergie.Elles guérissent le BEAU MAE et les maladies propres aux femmes parce qu’elles ne sont que pour les femmes et les maladies propres à leur sexe, et c’est de ce fait qu’elles tienuent leur force et leurs vertus.Le Témoignage qui suit de MADAME MALENFANT, est un exemple frappant de ce que les PII/UIÆS R OU GUS peuvent faire pour la santé des dames qui souffrent : “ En réponse à voire lettre me demandant des nouvelles de ma 44 santé il me fait plaisir de vous dire que je suis parfaitement guérie “ des maux dont je souffrais lorsque je vous ai écrit.Comme vous le „ i lorsque je % 44 savez, j’étais affecté du Beau Mal au point qu’il m’était impossible “ de faire mon ouvrage.J’avais mal dans le dos et dans les côtés.“J’avais toujours mal à la tête et mes vivres ne digé' “ raient pis.J’étais toujours fatiguée, nerveuse et dé« 44 couragéc, toujours prête à pleurer et le moindre trou* 44 ble m’affectait beaucoup.J’avais aussi du trouble avec 41 mon urine que j’étais obligée de passer souvent et ma 44 vessie tue faisait beaucoup souffrir.“ Quelques boîtes de Pilules Rouges et les bons 44 conseils que vous m’avez donnés dans vos lettres m’ont “complètement ramenée à la santé et maintenant, je 44 suis forte et heureuse.Je fais tout mon ouvrage sans 44 fatigue et enfin, je jouis de la vie comme toute femme “ en bonne santé.Je vous en remercie beaucoup.“Il y a longtemps que je n’ai pas pris de Pilules “ Rouges et ma santé se tient toujours eu parfait état.“'DAME VEUVE DÉ LIMA MALENFANT, “ No, 26 Walnut Street, * Willimantic, Conn.** i Témoignage de MADAME PAYEUR : 44 C’est un plaisir pour moi de pouvoir vous dire 44 toute la reconnaissance que je dois aux Médecins “ Spécialistes et aux Pilules Rouges.Je suis par-44 faiteinent bien, je puis faire tout mou ouvrage et je 44 travaille toute la journée.44 J’avais été condamnée par mon médecin à subir 44 une opération qui m’effrayait beaucoup et qu’on “ m’avait dit être très dangereuse.Vos bons conseils 44 et les Pilules Rouges m’out guérie de mes dou- 44 leurs et ont fait de moi, pauvre femme sans force et 44 sans énergie, une femme forte et courageuse.Douze 44 boîtes de Pilules Rouges out suffi pour accomplir “ ma guérison.J’avais dépensé beaucoup plus d’ar-“ gent que cela sans avoir eu aucun soulagement, “ j’encourage beaucoup toutes les femmes qui souf-44 lrent de faire ce que j’ai fait : de consulter les Méde-44 cins Spécialistes et de prendre les Pilules Rou-*4 ges.44 DAME LOUIS PAYEUR, 44 Broughton Station, Beauce, P.Q.Nous recommandons aux femmes et aux jeunes filles qui souffrent du BEAU MAL de porter u.ne bande, de mettre cette bande le matin avant de se lever de leur lit et de la teuir bieu ferme et bien solide toute là journée et de la rajuster si elle se défait.Cette bande peut-être faite en flanelle ou eu cotou.Elle aura pour effet de tenir les organes à leur place et d’éviter aux femmes qui souffrent, beaucoup de mal et de douleurs.Ces femmes devront aussi tenir leurs intestins réguliers et si toutefois elles étaient constipées, se servir des Tablettes Purgatives de la Cie Chimique Franco-Américaine.Nous conseillons aussi aux femmes qui souffre depuis longtemps, et qui ont pris les Pilules Rouges et qui se seraient découragées trop vite et les auraient abandonnées après en avoir pris que quelques boîtes, de recommencera les prendre, car ces femmes doivent savoir qu’une maladie qui dure depuis des mois, des années ne peut-être guérie eu quelques jours ni même en quelques semaines.A b i i 'J A ! ¦ 3 F*ATi£HTES.Noi-a’* -oî> >*e • t-en ter.«m - *«?rff' *¦ tr« s J toper-tant que 11 -’.13 avoi-.j Cuti.r.Uj i.oai du Le.CoJc-iie rtM-msiv's remèdes.Nos FZLULÎÎS ROUGES, sernaï l’.cnc connues à l’avenir sous le nom de: l'ÏXULIîS LOUGHS de la CIL CHIMIQUE l'KANCO-AMERICAINE.Ptuir le pin;, grand intérêt de nos patientes, nous avons cm-faire ce c b an en c n t ^ e lies pin T -> ANTCO - A T*T £ Ml C AI N devront .Tone cïunnie par le passé, et plus que jamais, exi .ht que le non de la CI 6 CHIMIQUE - ¦ ¦ .‘ * le seul moyen d’avoir les veriiables FAC-SIMILE OU PAGUET Motif, invitons aurai uns patientes venir ran a-s j C>!SSpécialistes de ia CSF CHIMIQUE FRANCO-AM CAINE, ci elles désirent avoir plus de renseignement leurs maladies ou sur le mode d’emploi des PILI >.w .w.soit sur chaque boite, c’est- .pïT.ULEI- I:t> -îîîES et de se guérir rapidement.Elles devront refuser comme imitation, toutes FI LULL ^ ROUGES vendues "de porte en porte et aussi celles vendues nu 100 ou n 25c.la boite.Nous invitons aussi nos patientes à venir voiries Méde- - - - -AHCO-AMEM- nts sur .ULES ROUGES, ou de leur écrire; lc3 eov.r.uBr.tini'r.personnelles ou par lettres données par ne.r, Médecins sont absolument ara mit 01 et ne iwrrt nra'ieer d’etre tuil-s aux femmes qui souliront et veulent se ,'r.u vir.Nos 1MI.TJX.7ÎS ROUGES t e vendent 50c la boite ou 6 boites pour $2.50, envoyées par la malle au Canada et au Etats-Unis sur réception du montant.comme suit : WsSk________________ ."•”* frC'.ï Va T.V;.-> V\ \ '
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