Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Juillet - Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Relations, 2011-07, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" PP CONVENTION : 40012169 7o> J^0 JQ^f J Pour qui veut une société juste NuméRO 750 août 2011 '0 A V \u2022 »* au Lire délivre Parcours d\u2019une lectrice engagée Les promesses et périls du numérique Les chefs d\u2019État et la lecture Repérer son noyé et le hisser dans sa barque Livres sacrés Carnet de Brigitte Haentjens: Rencontres essentielles Louise Warren: Lire, revenir à soi, scintiller! 5.50 $ Hüü ARTISTE INVITÉE : MARIE SURPRENANT 77176685879108 ReLatiONS 7© NuméRO 750, juiLLet-août 2011 I^V) DE REGARD PERÇANT ACTUALITÉS\t4 HORIZONS Ne sont-ils pas des êtres humains?\t9 Victor Codina, s.j.LE CARNET DE BRIGITTE HAENTjENS Rencontres essentielles\t10 JE SUIS DE CE MONDE CHRONIQUE LITTÉRAIRE Lire, revenir à soi, scintiller!\t28 Louise Warren AILLEURS Le développement industriel de l\u2019Argentine 30 Gustavo Dans REGARD Les JMj : une Église au cœur de la jeunesse?32 Sylvain Lavoie Depuis des années et soudain\t34 Nancy R.Lange dOSSieR LIRE DÉLIVRE L\u2019été offre des plages de temps précieuses pour lire, se captiver pour de fascinantes intrigues ou se plonger dans des œuvres profondes et denses, loin du zapping de l\u2019information et des lectures obligées.Nous en profitons pour réfléchir à l\u2019acte de lire.N\u2019est-il pas un outil de politisation et d\u2019émancipation fondamental?Une force de la tradition humaniste et chrétienne?Qu'en font d'ailleurs les puissants, à l'ère de la mondialisation et des nouvelles technologies?Et les auteurs, sans qui il n'est point de plaisir de lecture?Lire délivre\t11 Catherine Caron Parcours d\u2019une lectrice engagée\t13 Lorraine Cuay Savoir lire peut-il changer une vie?\t14 Christiane Tremblay Les promesses et périls du numérique\t16 André Mondoux Les Classiques des sciences sociales : lire des œuvres-phares\t18 Amélie Descheneau-Cuay Les chefs d\u2019État et la lecture\t19 Claude Vaillancourt 70 ANS DE RELATIONS Relations au féminin\t35 Ginette Boyer\t CONTROVERSE\t Quels accès publics avons-nous aux plans d\u2019eau?\t Léonce Naud\t36 Karen Reshkin\t37 EN BREF\t38 MULTIMÉDIAS\t39 LIVRES\t40 Couverture: Marie Surprenant, Le livre du voyageur n°jg, 2001, livre d'artiste, huile sur papier, 62 x 13 cm Repérer son noyé et le hisser dans sa barque\t22 Robert Lalonde Livres sacrés\t24 Jean-Claude Ravet ARTISTE INVITÉE Initiée très jeune à la richesse philosophique des courants de recherche en peinture, Marie Surprenant vise « à exposer le plus vivement possible ce que nous apprend le mystère de vivre».Les illustrations de ce dossier proviennent de ses «livres d\u2019artiste», sortes de documents à exemplaire unique créés à l\u2019occasion de lectures, d\u2019événements tragiques, dans les replis des trajets de vie.Le Dormeur debout répond avec enthousiasme à la proposition de « pacte » faite au lecteur par Jean Cocteau dans La difficulté d'être.Le Perdu est un journal en pages détachées des premiers mois de la guerre en Irak.Les Livres du voyageur cartographient les possibles du paysage intérieur.Le Mur note la trace laissée par un aveugle qui avance en se guidant avec les mains.Consulter: .foNDée eN 1941 La revue Relations est publiée par le Centre justice et foi, un centre d\u2019analyse sociale progressiste fondé et soutenu par les Jésuites du Québec.Depuis 70 ans, Relations œuvre à la promotion d\u2019une société juste et solidaire en prenant parti pour les exclus et les plus démunis.Libre et indépendante, elle pose un regard critique sur les enjeux sociaux, économiques, politiques et religieux de notre époque.DIRECTRICE Élisabeth Garant RÉDACTEUR EN CHEF Jean-Claude Ravet RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Catherine Caron SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Amélie Descheneau-Guay TRADUCTION Jean-Claude Ravet DIRECTION ARTISTIQUE Mathilde Hébert ILLUSTRATIONS Jacques Goldstyn, Sophie Lanctôt, JeanVillemaire RÉVISION/CORRECTION Éric Massé COMITÉ DE RÉDACTION Gregory Baum, Gilles Bibeau, Gilles Bourque, Eve-Lyne Couturier, Céline Dubé, Guy Dufresne, Jean-François Filion, Mouloud Idir, Nicole Laurin, Sylvain Lavoie, Agusti Nicolau, *Guy Paiement, Rolande Pinard, Jacques Racine, Louis Rousseau COLLABORATEURS André Beauchamp, Jean-Marc Biron, Dominique Boisvert, Marc Chabot, Bernard Émond, Brigitte Haentjens, Vivian Labrie, Carolyn Sharp, Marco Veilleux, Louise Warren IMPRESSION HLN sur du papier recyclé contenant 100 % de fibres post-consommation.DISTRIBUTION LMPI / HDS Canada Relations est membre de la SODEP Les articles de Relations sont répertoriés dans Repère, EBSCO et dans \\ Index de périodiques canadiens, publication de Info Globe.ABONNEMENTS Ginette Thibault 8 numéros (un an) : 35 $ (t.i.) Deux ans : 65 $ (taxes incluses) À l\u2019étranger : 55 $ Étudiant : 25 $ Abonnement de soutien : 100 $ (un an) TPS: RI 19003952 TVQ:1006003784 Dépôt légal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec.ISSN 0034-3781 Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada, par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d'édition.Canada BUREAUX 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P 1S6 tél.:514-387-2541 téléc.: 514-387-0206 relations@cjf.qc.ca www.revuerelations.qc.ca | juillet-août 2011 RELATIONS éüitORiaL Politique girouette ou point de bascule Le raz-de-marée NPD au Québec, aux dernières élections fédérales, a causé tout un émoi.Beaucoup a été dit sur cet étrange coup du sort, allant dans tous les sens, comme si l\u2019étrangeté de l\u2019événement défiait l\u2019entendement.Mais deux considérations s\u2019imposent dont il faut tirer les leçons, au-delà de notre adhésion ou non au Nouveau parti démocratique.En premier lieu, le vote, aussi étonnant soit-il, remet les choses à la normale.Il y avait quelque chose d\u2019incongru d\u2019être représenté par un parti souverainiste à Ottawa et d\u2019avoir un parti fédéraliste au pouvoir à Québec.La raison d\u2019être du Bloc québécois était de faire entendre haut et fort la voix de la souveraineté du Québec au Parlement canadien.Mais comment le faire sans que cette voix occupe d\u2019abord l\u2019Assemblée nationale?Sans cela, elle ne peut faire Marie Surprenant, écho qu\u2019à un immobilisme fossoyeur L\u2019éventail de de tout projet politique.Seule une Njinsky, 2003, victoire de députés souverainistes/ livre d'artiste u indépendantistes aux prochaines dormeur debout, élections du Québec soutiendrait la acrylique sur\trésurrection bloquiste.papier de soie, Autre conclusion d\u2019importance.22 x 56 cm L\u2019écrasante députation néo-démocrate au Québec ne signifie évidemment pas qu\u2019une forte majorité de Québé -cois soit devenue, comme par en -chantement, résolument de gauche, ou tout au moins social-démocrate, en plus d\u2019être fédéraliste.Un facteur expliquant ce résultat se trouve plu- tôt dans les vices de notre système électoral de type britannique, qui favorise le bipartisme et la figure du chef de parti.Le rejet massif au Québec de l\u2019ultra-conservatisme de Harper aura fait son œuvre, poussant l\u2019électorat à voter de manière stratégique et non par conviction.Mais un autre facteur plus important et plus inquiétant encore est passé sous silence.Le vent néodémocrate qui a emporté presque tout sur son passage au Québec révèle la dépolitisation rampante de la société québécoise.Comment ex -pliquer autrement que l\u2019on vote massivement pour un parti sans en connaître ni les députés, ni le programme, sinon par bribes mais le plus souvent que des slogans?L\u2019image du chef - la séduction faisant son œuvre - suffit à rallier les masses.Cet état de chose ne peut être que le fruit amer d\u2019une dépolitisation qui s\u2019est installée sous l\u2019effet répété et délétère des médias-spectacles et d\u2019un espace «politique» de plus en plus privatisé, colonisé par une mentalité marchande et technocratique qui aseptise les débats.Cela ne rassure pas pour l\u2019avenir.Car les heureux élus de cette girouette électorale pourraient bien être, une autre fois, de la droite dure.Ceci dit, à l\u2019heure actuelle, on peut quand même espérer que les nouveaux venus insufflent un air frais dans l\u2019arène politique.Mais le revers de la dépolitisation d\u2019une société est toujours sa massification et son uniformisation autour de consensus factices et fictifs, façonnages à souhait, reproduisant à peu de choses près le statu quo, fut-il intenable.Et il l\u2019est en ces temps où le capitalisme triomphant se conjugue avec une rapacité et une déprédation des ressources sans vergogne, et un clivage social éhonté.Comment ne pas constater cet apolitisme à l\u2019œuvre dans la façon servile dont nos parlementaires réunis en commission se sont comportés en vulgaires valetailles, il n\u2019y a pas si longtemps, devant le représentant de l\u2019industrie gazière (Lucien Bouchard)?Ou dans le projet de loi privé faisant la part belle à un « gé -néreux» pdg de l\u2019industrie médiatique (Pierre-Karl Péladeau), exigeant le bradage du droit et le musellement des citoyens, au nom de l\u2019amusement du peuple?Seuls quelques députés, à la suite d'Amir Kadhir, se sont vraiment levés pour mettre un holà à ce cirque.Dans cet univers complaisant envers les puissants et les riches, ce qui brille par son absence et son oubli, c\u2019est toute référence aux conflits sociaux, aux rapports de domination et aux intérêts de classes.Tant de vilains mots d\u2019un autre âge! Il y a là quelque chose de désolant si l\u2019on tient compte des enjeux énormes de notre époque.Les af -fronter nécessiterait une action politique vigoureuse et des changements radicaux - qui ne se contentent pas de faire payer les pauvres tout en les rendant coupables - à mille lieues de cette résignation devant un ordre social injuste et destructeur.Une insurrection démocratique en écho au printemps arabe! Celui-ci nous prouve que la ca -pacité politique par excellence, celle de commencer du nouveau - le miracle de l\u2019agir, comme l\u2019appelait Hannah Arendt - n\u2019est certes pas disparue de notre monde, le politique y fut-il si rétréci.Un inattendu, comme l\u2019a été cette girouette électorale qui a déjoué tout réalisme planifié, pourrait s\u2019avérer cette fois un point de bascule.Ne baissons pas les bras.JEAN-CLAUDE RAVET RELATIONS juillet-août 2011 I actuaLites Développement et Paix © dans le collimateur L\u2019auteure est directrice de l\u2019Entraide missionnaire Des groupes catholiques ultraconser-vateurs, soutenus par quelques évêques, cherchent à saper le travail de promotion de la justice sociale de l\u2019organisme.SUZANNE LOISELLE Organisme de solidarité internationale de l\u2019Église catholique canadienne, Développement et Paix (D&P) est né dans la mouvance libératrice de Vatican II et de la lettre encyclique Populorum Progressif) de Paul VI sur le développement des peuples.Au cours de ses 40 ans d\u2019histoire, cet organisme est sans cesse intervenu pour défendre les droits des populations les plus vulnérables tout en s\u2019alliant, sur le terrain, à de nombreux groupes voués à la promotion de la justice sociale et du développement durable.Ses campagnes d\u2019éducation sur la gestion éthique de l\u2019eau, la responsabilité sociale des compagnies minières actives à l\u2019étranger et sa lutte contre la faim dans le monde, pour ne nommer que celles-là, en font un acteur incontournable en matière de solidarité internationale.Malgré une réputation qui n\u2019est plus à faire, D&P est l\u2019objet d\u2019attaques insidieuses.On se souviendra qu\u2019au printemps 2009, le site Web LifeSiteNews avait mené une campagne contre lui et les évêques ca -tholiques du Canada, en raison du possible financement accordé à des groupes mexicains accusés de défendre le droit des femmes à l\u2019avortement.Cette campagne avait causé un profond malaise dans l\u2019épiscopat canadien comme au sein de D&P.À la suite de ces allégations, un comité mandaté par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) s\u2019était rendu au Mexique pour enquêter sur leur bien-fondé, tant auprès de la Conférence de l\u2019épiscopat mexicain que des cinq organisations mises en cause.En conclusion de leur enquête, les évê -ques affirmaient que les allégations de LifeSiteNews selon lesquelles des subventions de D&P auraient servi à des projets reliés à la promotion de l\u2019avortement ne sont pas fondées dans les faits.Présentement, une nouvelle crise secoue D&P et ébranle ses 13 000 membres répartis aux quatre coins du Canada.Dans le cadre de sa campagne annuelle «Carême de partage», un des conférenciers invités, le jésuite Luis Arriaga, directeur du réputé Centre Pro pour la défense des droits humains de Mexico (d\u2019ail -leurs mis en cause par LifeSiteNews en 2009) a été interdit, une fois dé- barqué au Canada, de participer à cette campagne de carême.C\u2019est l\u2019archevêque d\u2019Ottawa, Terrence Prendergast, également jésuite, qui a annulé cette visite après consultation avec le directeur général de D&P, Michael Casey.Cette mise à l\u2019écart du père Arriaga est le résultat d\u2019attaques répétées de groupes fondamentalistes chrétiens qui n\u2019ont pas lâché prise depuis 2009.Elle a suscité une vague d\u2019indignation parmi les membres et sympathisants de D&P et dans plusieurs organismes engagés dans la défense des droits et la promotion de la justice sociale.La chaîne de lettres adressées aux évêques et les pétitions signées dans plusieurs paroisses ont révélé le profond malaise qui existe quant au silence de la CECC face au harcèlement de groupes d\u2019idéologie conservatrice.Ceux-ci ne cessent de s\u2019attaquer vicieusement à D&P et à ses soi-disant «penchants gauchistes et laïcistes ».Beaucoup s\u2019inquiètent que la direction de D&P se laisse actuellement prendre au jeu des manœuvres de division des groupes religieux intégristes et de quelques évêques, surtout anglophones, qui souscrivent au travail de diffamation de ces groupes.Dans la tempête actuelle, il devient de plus en plus difficile pour l\u2019organisation de garder le cap sur sa mission.La confiance en ses partenaires du Sud est d\u2019ailleurs durement malmenée par de nouvelles mesures de contrôle qui leur sont imposées comme, par exemple, l\u2019obligation de se procurer une lettre de recommandation de l\u2019évêque local pour obtenir du financement, sans quoi il y aura arrêt pur et simple de l\u2019aide.JK Développement et Paix | juillet-août 2on RELATIONS actuaLites Il est navrant de constater que les premières victimes de la tourmente actuelle sont les populations appauvries du Sud.On est en droit d\u2019espérer que les autorités ecclésiales brisent leur silence pour, d\u2019une part, défendre la mission et les actions solidaires de leur organisme et, d\u2019autre part, pour faire taire les mouvements intégristes religieux qui, par leur conservatisme rétrograde, minent de plus en plus les institutions civiles et religieuses du pays.Le nouveau comité épiscopal permanent, chargé des relations avec D&R aura-t-il les coudées franches pour y parvenir?L\u2019autonomie de l\u2019organisme et l\u2019avenir de sa mission risquent d\u2019en dépendre.Consulter: .\u2022 La mobilisation contre le gaz de schiste Du 16 mai au 17 juin, la marche de la Campagne pour le moratoire d\u2019une génération entre Rimouski et Montréal a redynamisé l\u2019opposition au gaz de schiste au Québec.PHILIPPE DUHAMEL Le 15 novembre 2010, au cours d\u2019une audience du Bureau d\u2019au -diences publiques sur l\u2019environnement (BAPE), un homme de 21 ans lit une lettre qu\u2019il aurait écrite en 2030 et dans laquelle il remercie la population du Québec et le président du BAPE d\u2019avoir posé, vingt ans plus tôt, un geste courageux pour prévenir la catastrophe écologique des gaz de schiste.On sait en effet que la technique de la fracturation hydraulique par laquelle on casse et fissure la substance argileuse de la roche mère datant de l\u2019ère précambrienne pour en extraire des bulles de mé -thane, est un procédé extrêmement polluant (voir Lucie Sauvé, «Gaz de schiste: un faux rendez-vous», Rela -tions, n° 744, novembre 2010).Au terme de sa lecture, le jeune homme invita les personnes dans la salle à se lever et à dire après lui, en se nommant, la phrase suivante: «Merci de laisser les gaz de schiste dans la terre pour une génération», ce que firent à tour de rôle une quarantaine de personnes participant à cette action.Ce fut le point de départ de ce qui est devenu la campagne citoyenne en faveur d\u2019un moratoire d\u2019une génération (20 ans), lancée le 1er mars 2011.Celle-ci veut répondre à deux problèmes anticipés dès la fin de 2010.D\u2019une part, il s\u2019agit d\u2019éviter que l\u2019opposition au gaz de schiste au Québec n\u2019aboutisse à un pseudo-moratoire de quelques mois, une simple pause dans l\u2019exploitation de cette nouvelle filière d\u2019énergie fossile.D\u2019autre part, il faut empêcher que le mouvement s\u2019essouffle avec le temps en se plaçant en mode d\u2019attente face à une stratégie gouvernementale misant sur l\u2019usure.La Campagne pour le moratoire d\u2019une génération vise ainsi à redonner aux citoyens l\u2019initiative et un contrôle sur l\u2019agenda politique dans ce dossier controversé.Elle le fait de différentes façons.D\u2019abord, en fixant des dates butoir lors desquelles le gouvernement devrait rendre des comptes, sous peine de s'exposer à de nouvelles actions citoyennes; ensuite, en organisant des camps de formation à l\u2019action directe non-violente et à la désobéissance civile; enfin, en menant des projets de sensibilisation de la population.La marche de 660 km qu\u2019elle organisait entre Rimouski et Montréal du 16 mai au 17 juin, traversant ainsi l\u2019ensemble du territoire menacé par l\u2019industrie du gaz de schiste, entrait dans cette stratégie.En s\u2019arrêtant dans une trentaine de municipalités, elle a cherché à stimuler la mobilisation des populations locales directement touchées.Au terme de cette marche, l\u2019unité des groupes citoyens s\u2019est renforcée.Ils en auront besoin.Car il n\u2019est pas vain de penser que le gouvernement libéral n\u2019entend toujours pas le message que des centaines de milliers de citoyens demandant un moratoire complet sur l\u2019exploitation du gaz de schiste au Québec lui envoient depuis des mois - tous ceux et celles qui ont participé massivement à des assemblées, aux audiences du BAPE, qui ont manifesté, signé des pétitions, etc.En effet, bien des signes montrent que son choix est fait dans le sens contraire.On sait déjà que l\u2019évaluation environnementale stratégique (ÉES) qui s\u2019amorce au Québec risque de servir de prétexte à la poursuite de l\u2019exploration gazière sous couvert de L'auteur, formateur à l\u2019action non-violente, est un membre fondateur du réseau Campagne pour le moratoire d'une génération RELATIONS juillet-août 2011 actuaütes recherche scientifique, ce que dénoncent plusieurs opposants, en particulier le Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste.N\u2019est-il pas préoccupant que les écologistes soient exclus du comité chargé de l\u2019ÉES, tout en laissant une place privilégiée aux représentants de l\u2019industrie gazière?On apprenait en outre dans Le Devoir du 6 mai 2011 que le gouvernement du Qué- bec « confiera aux industriels des gaz de schiste la responsabilité de consulter le public sur leurs projets de forage et de fracturation et de lui faire rapport de ses préoccupations avant de donner le feu vert à leurs projets »! C\u2019est ce désolant constat qui motive les citoyens rassemblés au sein de la Campagne pour le moratoire d\u2019une génération à ajouter l\u2019action directe non-violente et la désobéissance civile à leur arsenal - en se for- mant adéquatement - pour résister et entraver les forages eux-mêmes s\u2019il le faut, si le gouvernement et l\u2019industrie du gaz de schiste persistent à vouloir développer une filière énergétique dont la nécessité est loin de faire l\u2019unanimité au Québec.Consulter:
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.