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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 2011-06, Collections de BAnQ.

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[" PP CONVENTION : 40012169 7qh \u2022 DE REGARD PERÇANT ReLatiONS Pour qui veut une société juste NumeRO 749 JUIN 2011 f \u2022 /h-> i Les racines cTun Québec vert L\u2019urgence d\u2019un changement de société WW.Habiter le pays La ville écologique La campagne: cultiver un milieu de vie Les énergies de l\u2019avenir Le sort des communautés chrétiennes au Machrek George Corm 5.50 $ o ARTISTE INVITÉE : MIREILLE LEVERT 06538523234706 ReLatiONS NumeRO 749, juin 201 \u2022 DE REGARD PERÇANT ACTUALITÉS HORIZONS L\u2019hégémonie culturelle Oscar Mateos, s.j.LE CARNET DE BRIGITTE HAENTjENS Paroles de détresse et de révolte 4 9 îo dOSSieR LES RACINES D\u2019UN QUÉBEC VERT Quels projets, quelles orientations d\u2019avenir doivent forger le Québec de demain?Pour qui a l\u2019écologie à cœur, ce n\u2019est pas la nature qui pose problème, mais bien notre rapport à celle-ci, nos façons de vivre.Il s\u2019agit d\u2019envisager autrement la conception de nos villes et celle de nos campagnes, de gérer différemment nos ressources et de se méfier des fausses solutions «écologiques» qui confortent un capitalisme destructeur plutôt que de laisser place à d\u2019autres modèles et à une réelle et salutaire transformation sociale.JE SUIS DE CE MONDE CHRONIQUE LITTÉRAIRE La chambre végétale Louise Warren AILLEURS L\u2019Uruguay: la stratégie du Frente Amplio Gustavo Dans REGARD Le sort des communautés chrétiennes au Machrek Georges Corm 70 ANS DE RELATIONS Le tournant marxiste de Relations Gregory Baum CONTROVERSE Savons-nous débattre au Québec?Michel Rioux Diane Lamoureux 28\tLes racines d\u2019un Québec vert Amélie Descheneau-Guay\tn \tL\u2019urgence d\u2019un changement de société Serge Mongeau\t13 \tHabiter le pays\t16 30\tFrançois L\u2019Italien\t \tLe péril écofasciste Jean-François Filion\t17 32\tLa ville écologique\t19 \tAnnie Rochette\t \tLa campagne: cultiver un milieu de vie Clermont Dugas\t22 35\tLes énergies de l\u2019avenir\t25 Jean-Guy Vaillancourt 36\t- 37\tARTISTE INVITÉE EN BREF MULTIMÉDIAS LIVRES Couverture: Mireille Levert, Arbre de vie (dyptique) 2010, acrylique sur toile, 137 x 76 cm 38\tLa quête de sens, voilà ce qui préoccupe Mireille Levert depuis toujours.Les grandes questions surgissent dès la petite enfance: pourquoi la vie, pourquoi la mort?Elle crée 39\td\u2019abord des albums pour les enfants, textes et illustrations.Elle reçoit deux fois le prix du Gouverneur général du Canada pour ses images.Poursuivant sa quête, elle renoue avec la 4°\tpeinture.Elle laisse l\u2019inconscient et l'intuition la guider en peignant des tableaux à l\u2019acrylique.Le travail de la matière par des gestes larges et spontanés, le jeu des textures faisant vibrer la couleur et animant la surface, lui ouvre les portes d\u2019un nouveau langage pictural qui offre au spectateur une impression, une émotion colorée.Elle se surprend elle-même en peignant pour la première fois des paysages inventés aux titres évocateurs: Satori, Forêt-continent, Jardin suspendu.foNDée eN 1941 La revue Relations est publiée par le Centre justice et foi, un centre d\u2019analyse sociale progressiste fondé et soutenu par les Jésuites du Québec.Depuis 70 ans, Relations œuvre à la promotion d\u2019une société juste et solidaire en prenant parti pour les exclus et les plus démunis.Libre et indépendante, elle pose un regard critique sur les enjeux sociaux, économiques, politiques et religieux de notre époque.DIRECTRICE Élisabeth Garant RÉDACTEUR EN CHEF Jean-Claude Ravet RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Catherine Caron SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Amélie Descheneau-Guay TRADUCTION Jean-Claude Ravet DIRECTION ARTISTIQUE Mathilde Hébert ILLUSTRATIONS Pamela Chrabieh, Goldstyn, Sophie Lanctôt RÉVISION/CORRECTION Éric Massé COMITÉ DE RÉDACTION Gregory Baum, Gilles Bibeau, Gilles Bourque, Eve-Lyne Couturier, Céline Dubé, Guy Dufresne, Jean-François Filion, Mouloud Idir, Nicole Laurin, Sylvain Lavoie, Agusti Nicolau, fGuy Paiement, Rolande Pinard, Jacques Racine, Louis Rousseau COLLABORATEURS André Beauchamp, Jean-Marc Biron, Dominique Boisvert, Marc Chabot, Bernard Émond, Brigitte Haentjens, Vivian Labrie, Carolyn Sharp, Marco Veilleux, Louise Warren IMPRESSION HLN sur du papier recyclé contenant 100 % de fibres post-consommation.DISTRIBUTION LMPI / H DS Canada Relations est membre de la SODEP Les articles de Relations sont répertoriés dans Repère, EBSCOet dans F Index de périodiques canadiens, publication de Info Globe.ABONNEMENTS Ginette Thibault 8 numéros (un an) : 35 S (t.i.) Deux ans : 65 $ (taxes incluses) À l'étranger: 55$ Étudiant: 25$ Abonnement de soutien : 100 $ (un an) TPS : R119003952 TVQ : 1006003784 Dépôt légal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec.ISSN 0034-3781 Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada, par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d'édition.Canada BUREAUX 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P 1S6 tél.:514-387-2541 téléc.: 514-387-0206 relations@cjf.qc.ca www.revuerelations.qc.ca Q[ juin 2011 RELATIONS eDitoRiaL Mireille Levert, Le pont, 2010, acrylique sur toile, 61 x 50 cm La tragédie est actuelle Quand le dramaturge Wajdi Mouawad décida enfin de briser le silence dans lequel il persistait depuis le début de ce qu\u2019on peut appeler l\u2019Affaire Cantat, ses premiers mots furent de situer d\u2019emblée la signification de la tragédie grecque.Que voulait-il par là sinon d\u2019offrir la clé permettant de saisir sa proposition d\u2019artiste à bien des égards insensée d\u2019intégrer Bertrand Cantat dans la distribution de la trilogie de Sophocle qu\u2019il est en train de monter?Cantat ferait partie du choeur.Cet homme qui, il y a quelques années, a tué sa femme.Pouvait-on aller l\u2019applaudir sans ressentir un profond malaise, même s\u2019il avait déjà purgé sa peine?Un retour sur ce qu\u2019est la tragédie grecque, en effet, s\u2019impose.Elle n\u2019est pas une simple mise en scène d\u2019une intrigue à laquelle assisteraient des spectateurs friands de théâtre.Elle n\u2019est pas un spectacle, mais une expé- rience, une épreuve.Ceux qui y prenaient part contemplaient le désastre que deviendrait leur propre vie, suspendue au-dessus de l\u2019abîme du mal, s\u2019ils perdaient de vue la finitude et la fragilité de la condition humaine, et la beauté du monde divin dans laquelle elle s\u2019insérait, en se livrant à la démesure.Il est difficile de saisir la signification de la tragédie dans notre monde technique.Plus rien ne nous regarde d\u2019une autre rive inaccessible, ni ne garde les traces de l\u2019obscur.Tout est si imbu de lumière.Propre et défini.Classé et identifié.Ordonné et transparent.Chacun à sa place.Êtres du jour, individus sans attache, nous n\u2019avons plus part à la nuit du monde où les identités deviennent floues jusqu\u2019à se perdre ou se confondre, là où rien n\u2019est sûr - surtout pas la force.Ni le chemin, ni soi.Encore moins l\u2019autre.Cette nuit serait dorénavant conquise, soumise au règne de la raison.La maîtrise est de mise.D\u2019un côté sont les coupables, de l\u2019autre les innocents.Mais quelques artistes encore évoquent ces temps tragiques où les hommes et les femmes sont des êtres ambigus d\u2019ombre et de lumière, d\u2019argile et de souffle, qui marchent sur la crête du bien et du mal, de l\u2019espérance et du désespoir, titubants.Ils en rappellent les voix, les souffrances, les angoisses, la déchéance, la pesanteur du monde, mais aussi sa profondeur et sa grâce.Wajdi Mouawad est de ces artistes-là qui bousculent et ébranlent, nous dessaisissent de nos certitudes et de nos évidences.Il ne nous fait pas entendre ce que l\u2019on voudrait entendre.D\u2019autres s\u2019en chargent.Il s\u2019installe dans le malaise comme dans sa matière et crée.Il explore les limites de l\u2019existence, de notre société, ses marges et ses frontières, pas nécessairement pour les franchir, mais pour nous les faire ressentir, en éprouver les raisons d\u2019être: ces murs de la Cité sont-ils une protection vitale ou bien une prison?C\u2019est pour cela qu\u2019il est toujours dangereux d\u2019interdire l\u2019art.On peut le critiquer, le réprouver ou l\u2019éprouver, mais l\u2019interdire, c\u2019est risquer de bâillonner les sentinelles de la nuit aux confins de la Cité.Pourtant, c\u2019est ce qu\u2019a tenté de faire le commanditaire du Théâtre du Nouveau Monde, Hydro-Québec, apeuré par le tollé de protestation, avant que ne tranchent finalement des partis politiques en campagne électorale, invoquant l\u2019application stricte d\u2019un règlement empêchant l\u2019entrée au Canada de Bertrand Cantat.Les débats que l\u2019art soulevait étaient étouffés.L\u2019ordre et la paix rétablis.Pourtant, Wajdi Mouawad nous dit quelque chose de vital dans notre société qui carbure à l\u2019efficacité technique et cherche à s\u2019affranchir, comme d\u2019une peau morte, des dimensions symboliques de l\u2019existence.Il nous faut l\u2019entendre.La tragédie grecque, en nous rappelant que nous sommes tous solidaires du bien comme du mal - cette possibilité tapie inexorablement en chacun de nous -, dévoile, en effet, le moment symbolique de l\u2019institution de la loi.«L\u2019humanité naît dans l\u2019homme à mesure où il sait réduire les offenses mortelles à des litiges d\u2019ordre civil», dit Lévinas dans Difficile liberté (Albin Michel, 1983, p.196).La justice représente une manière d\u2019habiter le monde qui interrompt la chaîne infinie des violences et des vengeances - sans prétendre effacer l\u2019abîme que creuse l\u2019acte séparant celui qui commet le mal et la victime, ainsi que l\u2019horreur du mal et la beauté sublime du bien.C\u2019est pourquoi il faut toujours revenir à l\u2019esprit de la loi, sans quoi elle risque de devenir une simple procédure que les puissants et les riches savent monnayer - un déni de justice.La sanction juridique, la seule applicable, la seule nécessaire, ne lave jamais pleinement l'outrage, ni n\u2019apaise la souffrance des victimes et des témoins, ni ne blanchit la conscience de celui qui a commis le mal.Mais elle permet de vivre humainement, même coupables.JEAN-CLAUDE RAVET RELATIONS juin 2011 actuaLites Budget 2011 : les délires austères Le gouvernement dramatise le poids du déficit québécois pour justifier des choix impopulaires et contestables.EVE-LYNE COUTURIER L\u2019auteureestchercheure I e 17 mars dernier, le ministre à l'institut de recherche I des Finances et du Revenu, et d'informations socio- ^\u2014Raymond Bachand, déposait son économiques (IRIS) deuxième budget provincial.Au menu : augmentation des droits de scolarité, nouvelles mesures incitatives pour retarder l\u2019âge de la retraite, redevances modulées pour l\u2019exploitation des gaz de schiste et retour à l\u2019équilibre budgétaire en 2013-2014.Ce dernier objectif colore l\u2019ensemble des volumineux do -cuments qui constituent le budget.Par exemple, 25% de l\u2019augmentation des redevances pour les gaz de schiste (entre 5 et 35% selon la productivité des puits) servira à alimenter le Fonds des générations et ainsi à diminuer éventuellement la dette.La logique du gouvernement est claire: les intérêts coûtent cher au trésor québécois et si .nous ne faisons rien, les générations futures crouleront sous le poids d\u2019une dette ingérable.Afin de minimiser ces effets, il faut d\u2019abord retourner à l\u2019équilibre budgétaire au plus vite, puis commencer à rembourser la dette.Pourtant, la situation budgétaire de l\u2019État québécois est loin d\u2019être aussi préoccupante que ce qu\u2019on nous répète.Selon les chiffres mêmes du gouvernement, en 2011, le déficit en proportion du PIB est de 10,9% aux États-Unis, 6,5% en France et 2,7 % en Ontario.Quant au Québec, il se compare de manière avantageuse avec un déficit équivalent à seulement 1,2 % du PIB.Ainsi, la production de biens et services a été relativement épargnée par la crise.On pourrait croire que cette bonne nouvelle permettrait d\u2019améliorer davantage les mécanismes qui font notre distinction (services publics forts, accessibilité et gratuité du système de santé, filet social pour les plus pauvres, etc.).Or, en misant encore sur l\u2019austérité, le budget Bachand confirme plutôt sa volonté de changer le modèle en dramatisant le poids du déficit.On occulte ainsi le fait que l\u2019endettement de l\u2019État québécois représente également des investissements dans les infrastructures et les services publics.Ceux-ci profiteront tant aux ci -toyens d\u2019aujourd\u2019hui qu\u2019à ceux de demain.L\u2019équité intergénérationnelle, plutôt que d\u2019être un simple principe comptable, devrait tenir compte des avantages considérables qu\u2019une so -ciété tire de bonnes infrastructures et de services publics accessibles et de qualité.Gardons à l\u2019esprit que c\u2019est seulement en préservant le filet social - qui est payé collectivement à travers les taxes et les impôts - que les jeunes étudiants d\u2019aujourd\u2019hui pourront être les retraités en santé de demain.En mettant l\u2019accent sur l\u2019endettement public, ce budget fait l\u2019impasse sur la situation particulière de milliers de ménages québécois pris à la gorge par un endettement toujours plus élevé.Au Canada, l\u2019endettement moyen des ménages était de 147% en 20101.Cette situation est loin d\u2019être causée par des dépenses frivoles (Julia Posca et Simon Tremblay-Pepin, À qui profite l\u2019endettement des ménages?, IRIS, mars 2011).Ce sont plutôt les sa -laires des plus pauvres qui ont diminué au cours des trente dernières années, et ce malgré une augmentation impor- tante du temps de travail.Seule une redistribution assurée par l\u2019État permet à ces familles de voir leur situation s\u2019améliorer, ne serait-ce qu\u2019un peu.Par le choix de la tarification, le gouvernement actuel augmente la pression sur le budget des moins nantis et de la classe moyenne.D\u2019une part, les mesures proposées permettent aux plus pauvres d\u2019avoir un supplément qui ne compense souvent que partiellement l\u2019augmentation des frais; d\u2019autre part, elles laissent de côté la classe moyenne qui n\u2019a pas nécessairement les moyens d\u2019assumer la hausse tarifaire, mais qui est considérée comme «pas assez pauvre».Après avoir baissé les impôts en période de croissance économique (plus de 950 millions de dollars en 2007-2008 seulement), le gouvernement se retrouve avec un déficit qu\u2019il cherche à combler en mettant en place des mesures impopulaires et régressives.Celles-ci s\u2019inscrivent toutefois dans une stratégie globale qui dépasse le simple plan de sortie de la crise financière et économique.En effet, le refus d\u2019augmenter les impôts des plus riches et des entreprises, les assauts sur les systèmes publics de santé et d\u2019éducation et les recours aux partenariats public-privé, à la sous-traitance et à la privatisation sont autant de visages de la réingénierie que nous promettaient déjà les libéraux en 2004.La situation économique précaire résultant de la crise permet simplement de jouer la carte de «l\u2019urgence» et de mettre la pression sur chaque individu pour qu\u2019il se juge responsable financièrement des services qu\u2019il utilise.\u2022 1.Desjardins, Point de vue économique, 2 novembre 2010, p.l.| juin 2011 RELATIONS actuaLites Aa&epb>Tecib Ma My &Aepua& ^nepreTHKa Fu KO -£Hi MA 2^10 I ?t; 5 Les périls du nucléaire W' X\"' é SL, /r-Jrtfe* : tématiquement durant la période 1994-2008 - et la situation n\u2019a certainement pas changé depuis - car 10% de la population accapare 31,9% du revenu national, pendant que les 10% les plus pauvres n\u2019en perçoivent que 2,2 %.Il ne pouvait en être autrement.Une bonne politique sociale peut uniquement résulter d\u2019une bonne politique économique.Or, la politique économique du gouvernement du Frente Amplio a favorisé la croissance fondée sur l\u2019investissement étranger, une fiscalité favorable aux grandes sociétés, la stabilité macro-économique et des rè -gles du jeu qui bénéficient au capital.En approfondissant le modèle de développement capitaliste implanté en Uruguay, elle a alimenté la concentration de la richesse et la perte de la capacité du pays à définir ses politiques dans le cadre d\u2019un processus d\u2019intégration régionale, tout en perdant de vue que la prospérité économique actuelle est conjoncturelle alors que les problèmes de développement de l\u2019Uruguay sont structurels.LE DEUXIÈME GOUVERNEMENT DU FRENTE AMPLIO Dans ses grandes lignes, le deuxième mandat du gouvernement du Frente Amplio, avec l\u2019élection à la présidence de José Mujica en novembre 2009, s\u2019inscrit dans la lignée de son prédécesseur.Mujica considère qu\u2019il n\u2019est pas possible de penser une société de type socialiste au milieu de l\u2019ignorance et de la misère.« Le socialisme peut être le fruit mûr du développement, de la connaissance et de la richesse comme nous ne l\u2019avons peut-être jamais vu sur la Terre.Je suis donc à une étape où je dois lutter pour multiplier les biens de mon pays, de la culture et de la connaissance.» Il n\u2019est pas un technocrate et il comprend très bien le rôle fondamental que doit jouer l\u2019État dans la définition des politiques de son gouvernement.Mais comment générer la richesse et comment la distribuer pour créer les conditions matérielles d\u2019existence d\u2019une société socialiste?Le débat est posé.Plusieurs membres politiques du Frente Amplio et de la centrale unique de travailleurs de l\u2019Uruguay encouragent un programme dans lequel la politique d\u2019emploi, les inégalités sociales, la propriété et l\u2019utilisation de la terre, le modèle de production et la politique fiscale à l\u2019égard des grandes entreprises constituent les priorités.Comme les autres dirigeants des gouvernements progressistes d\u2019Amérique latine, José Mujica essaie d\u2019aller chercher dans le «marché» les ressources nécessaires pour créer les bases matérielles qui seraient le support à la construction d\u2019une société fondée sur la justice sociale, le partage équitable des richesses, la démocratie et la richesse culturelle au XXIe siècle.Selon le Frente Amplio, l\u2019internationalisation du capital et le poids décisif des entreprises transnationales dans la production et le commerce excluent l\u2019idée de favoriser les entreprises nationales, d\u2019autant que les intérêts de la bourgeoisie nationale ne sont pas contraires à ceux du capital transnational.Les ressources nécessaires pour favoriser le changement de modèle éco -nomique de développement sont, en suivant ce raisonnement, du côté des banques et des entreprises transnationales qui les possèdent.En Bolivie, par exemple, Evo Morales cherche à négocier avec Repsol ou Petrobrâs afin d\u2019obtenir les ressources dont il a besoin pour soutenir les politiques sociales et le projet d\u2019industrialisation du pays.Mais, en même temps, ces mêmes entreprises investissent dans «leurs projets», ceux qui leur garantissent la plus grande rentabilité et sont complémentaires à d\u2019autres mis en place ailleurs.De ce fait, ils ne correspondent pas nécessairement à ce que l\u2019État juge prioritaire.Faut-il vraiment négocier ainsi avec le capital international et avec les multinationales?Sur quelle base?Comment et pourquoi?Un projet de développement découlant d\u2019un accord social est-il possible?Ce qui est sûr, c\u2019est que les objectifs des entreprises n\u2019ont rien à voir avec un projet politique pour penser notre temps.Le résultat de cette négociation est que le gouvernement ne fait que faciliter la réalisation des projets des transnationales.Les quelques limites qu\u2019il applique ne changent en rien les conditions des investissements, ni leurs effets sociaux et environnementaux négatifs.Finalement, ces investissements des transnationales et des banques étrangères contribuent bien peu au développement de la société et ne peuvent justifier les multiples bénéfices que leur accorde l\u2019État.\u2022 Manifestation de soutien à José Mujica, octobre 2009.(AP Photo/Matilde Campodonico) RELATIONS juin 2011\t13 RecaRD Le sort des communautés chrétiennes au Machrek Irak, au cours des années 1920, les Assyriens chrétiens sont à leur tour l\u2019objet de violences en représailles à leur enrôlement dans l\u2019armée britannique pour réprimer la révolte des tribus locales.En fait, grâce à l\u2019action des nombreuses missions protestantes ou catholiques en Orient depuis le XVIIe siècle, de nombreux chrétiens voient leur condition socioéconomique se différencier de la majorité musulmane: l\u2019accès à l\u2019éducation de type moderne ainsi que l\u2019acquisition de langues étrangères leur permettent d\u2019acquérir des positions sociales et économiques importantes.Cet élargissement de l\u2019horizon culturel familiarise les Orientaux chrétiens avec le mode de vie et de pensée des Européens.Il entraîne aussi une plus grande facilité à émigrer, en même temps qu\u2019est entamée une diminution du poids démographique de leurs communautés, c\u2019est-à-dire la réduction de la taille de la famille du fait de l\u2019accès à un mode de vie moderne à l\u2019européenne.L\u2019émigration ne fait qu\u2019amplifier ce phénomène.Pour ceux qui restent, l\u2019anxiété ne peut qu\u2019augmenter.Quelles sont les causes du déclin démographique et du flux migratoire des communautés chrétiennes au Machrek1, ainsi que de l\u2019anxiété dans laquelle elles peuvent vivre?GEORGES CORM L\u2019auteur, professeur à l'Institut de sciences politiques de l\u2019Université Saint-Joseph à Beyrouth, a publié entre autres Histoire du pluralisme religieux dans le bassin méditerranéen (Paul Geuthner, 1998) et Proche-Orient éclaté.De la national/' -sation du Canal de Suez à l\u2019invasion de l'Irak 1956-2010 (Folio/ histoire, 2010) Pamela Chrabieh, L'oiseau de l'amour, 2006, huile sur toile.Inspiré d'un poème d'Ibn Arabi Sous l\u2019empire ottoman2, les communautés chrétiennes, tout comme les communautés juives, étaient protégées par le régime juridique des Millet.Celui-ci leur garantissait la liberté de culte, leur statut personnel religieux propre et leurs institutions éducatives sous l\u2019autorité des patriarches des différentes églises - ou des grands rabbins pour les communautés juives.Les sujets musulmans, en revanche, étaient entièrement soumis à l\u2019arbitraire des souverains.Ainsi, les Grecs, les Arméniens, les coptes égyptiens et les membres des nombreuses et diverses églises de l\u2019ensemble syro-mésopotamien (Liban, Syrie, Irak, Palestine) ont longtemps prospéré démographiquement et matériellement.Toutefois, le déclin de cet empire et les interventions européennes dans ses affaires intérieures aboutissent à son effondrement, en 1918.Cette période culmine avec le génocide arménien et les massacres et transferts forcés des populations grecques hors d\u2019Anatolie, accompagnés de l\u2019expulsion des Turcs de Grèce et partiellement de Bulgarie.Ces évènements dramatiques ne manquent pas d\u2019avoir des répercussions dans les communautés chrétiennes du monde arabe ou, du moins, de s\u2019inscrire dans leur mémoire.Cette mémoire est alimentée par les puissances européennes, chacune s\u2019étant posée dès le début du XIXe siècle comme défenseur tantôt de minorités chrétiennes parmi les nombreuses Églises orientales, tantôt de minorités musulmanes hétérodoxes - notamment les Druzes.Ainsi, en 1840 et en 1860, la sourde rivalité entre la France et l\u2019Angleterre s\u2019est traduite par des affrontements entres Druzes et maronites au Mont-Liban.À Damas, en 1860, les chrétiens sont l\u2019objet de violences dues à une dégradation des conditions de vie causée par l\u2019invasion des produits européens, affectant les artisanats locaux traditionnels.En g] juin 2011 RELATIONS LES INDÉPENDANCES: DES SITUATIONS CONTRASTÉES ET VARIÉES L\u2019indépendance est vécue de diverses façons par les chrétiens des pays arabes soumis à la domination directe de la France (Liban et Syrie) ou de la Grande-Bretagne (Égypte, Irak et Palestine).Beaucoup d\u2019entre eux, en effet, s\u2019étaient déjà lancés dès le XIXe siècle dans une participation active à la renaissance culturelle arabe (la Nahda).À la veille des indépendances ou peu après, des chrétiens ont fondé des partis politiques importants à vocation nationaliste (le Baas, le Parti populaire syrien, le Mouvement des nationalistes arabes).Certains d\u2019entre eux entreront par la suite dans la mouvance nationaliste nassérienne ou communiste; beaucoup d\u2019autres seront attirés par les partis de notables bourgeois (le Wafd en Égypte, le Bloc national au Liban et en Syrie, le Destour au Liban).Chrétiens et musulmans sont étroitement imbriqués dans tous ces mouvements politiques.Ce n\u2019est vraiment que le parti des Phalanges, au Liban, qui prendra alors une coloration chrétienne, lequel par la suite identifiera, bien à tort, les intérêts des communautés chrétiennes du Machrek au maintien de l\u2019hégémonie des puissances occidentales sur l\u2019Orient arabe.Toutefois, le mouvement migratoire ne va malheureusement pas s\u2019arrêter avec la réalisation des indépendances, en dépit des liens étroits entretenus entre chrétiens et musulmans au Machrek depuis des siècles.En effet, une série de coups d\u2019État en Égypte, en Syrie et en Irak, ainsi que les fortes tensions suscitées par la création de l\u2019État d\u2019Israël, suivie bientôt de l\u2019installation de la Guerre froide dans la région, vont susciter à nouveau la peur de massacres dont pourraient être victimes les communautés chrétiennes.La nationalisation des écoles religieuses, en Syrie et en Irak, la montée de mouvements islamistes fondamentalistes sous influence saoudienne wahhabite après la défaite spectaculaire des armées égyptienne, syrienne et jordanienne face à Israël en 1967, constitueront autant de facteurs qui vont accélérer le mouvement migratoire hors du Machrek.Le Liban sera alors considéré comme le refuge des chrétiens des autres pays arabes.Mais à partir du début des années 1970, ce refuge sombrera lui aussi dans la déstabilisation du fait de la présence de forces militaires palestiniennes que l\u2019armée libanaise ne parvient pas à réduire.Les interminables guerres gigognes qui se déroulent sur le sol libanais entre 1975 et 1990 vont évidemment accé- 1.\tMachrek signifie «Levant», par opposition à Maghreb («Couchant»), et comprend l\u2019Irak, la Syrie, le Liban, la Jordanie, la Palestine, le Koweït et l\u2019Égypte.2.\tL\u2019empire ottoman a recouvert la quasi-intégralité du monde arabe (excepté le Maroc), la Grèce et les Balkans.lérer les flux migratoires hors du Liban et contribuer à y augmenter l\u2019anxiété des communautés chrétiennes.Cette fois cependant, les musulmans libanais émigreront à leur tour d\u2019autant plus facilement que les pays européens et les États-Unis, mais aussi les pays pétroliers de la péninsule arabique, leur ouvrent les portes.De plus, au début des années 1980, les heurts entre le président égyptien Anouar el-Sadate et le pape Shénouda III, patriarche de la communauté copte, ouvrent une période de tensions et de violences sporadiques entre chrétiens et musulmans dans certaines régions rurales pauvres d\u2019Égypte, ce qui incite des membres de la communauté copte à émigrer, notamment ceux appartenant aux classes moyennes.Il en est de même en Palestine, dans les territoires conquis par Israël aussi bien en 1948 qu\u2019en 1967.Les situations dramatiques vécues sur le terrain poussent d\u2019autant plus facilement à l\u2019émigration que les États occidentaux ouvrent la porte, notamment aux Palestiniens chrétiens.Pourtant, ces derniers ont joué un rôle éminent dans la constitution du nationalisme palestinien et arabe et même dans celle des mouvements de résistance armée aux occupations israéliennes.Mais dans ce cas aussi, comme dans le cas égyptien ou libanais, l\u2019Europe, le Canada et les États-Unis facilitent cette émigration, parfois assistés par les organisations caritatives chrétiennes, catholiques ou protestantes.Les Palestiniens chrétiens, qui constituaient autrefois environ 12% de la population palestinienne, ne représentent plus aujourd\u2019hui que 2 ou 3% de celle-ci.En revanche, les chrétiens du Machrek sont très bien accueillis dans les pays exportateurs de pétrole de la péninsule arabique.Certains d\u2019entre eux - Libanais, Syriens et Palestiniens - y ont réalisé des fortunes considérables ou constitué une épargne suffisante pour permettre à leurs enfants d\u2019être inscrits dans les universités nord-américaines ou européennes les plus prestigieuses.Souvent, les parents acquièrent de somptueuses demeures ou de simples pied-à-terre dans les grandes capitales et métropoles d\u2019Europe ou d\u2019Amérique du Nord, vivant ainsi dans plusieurs lieux à la fois.Trop souvent, malheureusement, leurs enfants restent à l\u2019étranger.LE CERCLE VICIEUX DE L\u2019ANXIÉTÉ ET DU DÉCLIN DÉMOGRAPHIQUE Les évènements récents en Irak, où plusieurs centaines de milliers de chrétiens ont fui à la suite d\u2019attaques contre des églises et des prêtres, ont sonné à nouveau l\u2019alarme sur le sort des communautés chrétiennes du Machrek.Il faut La fin des dictatures dans le monde arabe et l\u2019installation de climats démocratiques ouverts devraient sans doute permettre de réduire le flux migratoire qui entraîne la quasi-disparition de certaines communautés chrétiennes dans des pays arabes.RELATIONS juin 2011 m RegaRD cependant remarquer que c\u2019est sous l\u2019occupation américaine que ces attentats ont eu lieu, aux côtés d\u2019innombrables attentats sanglants contre des mosquées.Ils sont donc encore une fois le fait d\u2019une intervention extérieure, comme au XIXe siècle et au début du XXe siècle, qui déstabilise la communauté chrétienne irakienne et la met en danger.En outre, fait à noter, la plupart de ceux qui ont fui l\u2019Irak ont été accueillis par la Syrie, où les chrétiens continuent de vivre sans être inquiétés et de disposer de positions d\u2019influence, tout comme c'était le cas des Irakiens chrétiens depuis des décennies, avant l\u2019invasion américaine.Peut-on briser le cercle vicieux de l\u2019anxiété historique des communautés chrétiennes qui, en alimentant l\u2019émigration, renforce le déclin et le sentiment de peur?Le spectacle récent de coptes et de musulmans priant ensemble sur la Place de la libération au Caire ne devrait-il pas contribuer à remettre à l\u2019honneur les sentiments de fraternité islamo-chrétienne au Machrek?Le fait que l\u2019ex-ministre de l\u2019Intérieur d\u2019Égypte soit soupçonné d\u2019avoir organisé l\u2019attentat contre une église copte à Alexandrie, au mois de décembre dernier, ne montre-t-il pas aussi que des régimes corrompus n\u2019hésitent pas à utiliser ce type de manœuvre pour faire diversion aux mécontentements de toutes sortes?La fin des dictatures dans le monde arabe et l\u2019installation de climats démocratiques ouverts devraient sans doute permettre de réduire le flux migratoire qui entraîne la quasi-disparition de certaines communautés chrétiennes dans des pays arabes.De même, un développement économique augmentant le niveau de vie des couches pauvres de la population et créant suffisamment d\u2019emplois qualifiés devrait contribuer à freiner ce flux migratoire.Mais le conflit israélo-palestinien qui ne cesse de s\u2019envenimer risque encore longtemps de continuer à semer l\u2019anxiété et la peur.À ces facteurs toujours négatifs, il n\u2019y a qu\u2019une seule réponse, soit celle qui avait déjà été donnée à la fin du XIXe siècle à la suite des massacres au Liban et particulièrement du massacre de Damas (1860) où 6000 chrétiens furent exterminés : l\u2019engagement des Arabes chrétiens pour le bien commun de leur pays aux côtés de leurs concitoyens musulmans et la création des conditions d\u2019une nouvelle renaissance, après ces décennies tourmentées.\u2022 inspirer Centrale des syndicats CSQ du Québec www.csq.qc.net La CSQ de de la est fière souligner les ans revue Relations et l\u2019importance de l\u2019engagement social dans notre société m juin 2011 RELATIONS Le tournant marxiste de Relations 7CH * DE REGARD PERÇANT GREGORY BAUM Dans les années 1970, la revue Relations reflétait les multiples engagements sociaux des catholiques du Québec.À cet égard, beaucoup de groupes catholiques d\u2019ici comme d\u2019ailleurs dans le monde avaient adopté l\u2019option préférentielle pour les pauvres, à la suite de l\u2019Assemblée des évêques latino-américains réunis à Medellin en 1968, et se sont ainsi engagés dans la lutte pour la justice sociale.Même la doctrine sociale de l\u2019Église proposée par le Vatican a alors pris un virage à gauche.La lettre apostolique de Paul VI Octogesima adveniens, en 1971, reconnaît en effet que certaines formes de socialisme sont conformes à la foi catholique et que le marxisme est un mouvement historique en pleine évolution.On se souviendra aussi que c\u2019est en 1975 que la 32e Congrégation générale des jésuites a inscrit au cœur de leur mission la promotion de la justice, comme étant indissociable de la foi.Le numéro de Relations de mai 1970 analyse l\u2019émergence de multiples groupes populaires dans la société québécoise.En lisant aujourd\u2019hui les numéros publiés à cette époque, on est étonné par l\u2019enthousiasme avec lequel ils parlent de la gauche catholique.En juillet-août 1971, la revue publie la déclaration de 80 prêtres chiliens appuyant le Parti socialiste de Salvatore Allende.En septembre de la même année, elle publie l\u2019article «Un réseau à bâtir» d\u2019Yves Vaillancourt, un jésuite membre du comité de rédaction.Il y proposait la construction d\u2019un «réseau de solidarité entre les politisés chrétiens d\u2019ici», prenant parti pour les opprimés et s\u2019opposant à la social-démocratie et à l\u2019enseignement réformiste des évêques.«Relations, ajoute-t-il, entend donner une voix [à leur] vécu et [à leurs] questions.» Dans le numéro de mai 1972, ce jésuite et le secrétaire de rédaction, Guy Bourgeault, poursuivent cette réflexion.L\u2019Évangile est reconnu comme un ferment de libération sociale qui passe par la transformation radicale des structures oppressives de la société, mais aussi de l\u2019institution de l\u2019Église qui peut être, comme toute institution sociale, «traversée par l\u2019idéologie et les intérêts de la classe dominante».En fidélité à l\u2019Évangile, un chrétien peut être conduit à soutenir la lutte des classes pour la libération de l\u2019humanité.Dans cet engagement chrétien, le marxisme est vu comme une aide complémentaire qui offre une méthode d\u2019analyse et de transformation de la société.En juin 1972, Relations rapporte la toute récente fondation au Chili des Chrétiens pour le socialisme, un événement auquel ont participé 400 chrétiens provenant de tous les coins d\u2019Amérique latine.Y ont assisté aussi quatre Québécois, dont un membre du comité de rédaction de la revue.Relations publie la traduction française du document final.En avril 1974, inspirés par l\u2019événement chilien, des Québécois constituent le réseau des Politisés chrétiens favorisant un socialisme marxiste et révolutionnaire.Un document de travail élaboré par le secrétariat de ce réseau, intitulé « L\u2019Église et les chrétiens dans l\u2019histoire du mouvement ouvrier au Québec», est publié dans le numéro de novembre 1974.En juin 1975, Relations publie une analyse sur la première rencontre internationale des Chrétiens pour le socialisme qui a eu lieu plus tôt en avril à Québec (à Cap-Rouge), ainsi que le document final de cette rencontre.L\u2019analyse reconnaît que cette tendance socialiste est très minoritaire au Québec et que peu de catholiques y jouent un rôle actif.Cependant, les chrétiens engagés socialement sont poussés « à inventer des moyens nouveaux pour célébrer et articuler leur foi», appuyant par là une Église populaire, c\u2019est-à-dire solidaire des opprimés et exclus de la société.Les prises de position de Relations en faveur de courants marxistes et révolutionnaires et d\u2019un changement radical dans l\u2019Église déplaisaient grandement à certains jésuites, ici et à Rome, ainsi qu\u2019à des évêques québécois.Entre 1974 et 1976, des membres du comité de rédaction ont quitté les jésuites et le sacerdoce tout en continuant au comité.Cela incommodait, le provincial des jésuites, Julien Harvey, qui en était aussi membre.Celui-ci décida de dissoudre le comité après le numéro d\u2019août 1976.Il nomma une nouvelle équipe sous le même directeur, Irénée Desrochers, et mit sur pied un conseil de direction qui avait pour mandat de conseiller le directeur de la revue.Il avait notamment pour tâche d\u2019approuver les nouveaux membres du comité de rédaction et les orientations générales élaborées par celui-ci.On surnomma ce changement abrupt «la crise».Le numéro de septembre 1976 n\u2019en donne aucune explication.Seuls les lecteurs qui ont scruté le cartouche ont pu s\u2019en rendre compte en remarquant les nouveaux membres du comité de rédaction, la mention de la nouvelle instance et le nom des jésuites qui la composaient.\u2022 Les prises de position de Relations en faveur de courants marxistes et révolutionnaires et d\u2019un changement radical dans l\u2019Église déplaisaient grandement à certains jésuites, ici et à Rome, ainsi qu\u2019à des évêques québécois.L'auteur, théologien, est membre du comité de rédaction de Relations depuis 25 ans.RELATIONS juin 2011 m coNtROveRse Savons-nous débattre au Québec?Hors du cirque parlementaire et médiatique, de vrais débats se tiennent.L'auteur est syndicaliste MICHEL RIOUX Bien sûr, dans les débats oratoires organisés à l\u2019époque dans les collèges classiques, l\u2019objectif était de convaincre le jury de la pertinence des arguments avancés dans la défense de la cause qui nous avait été impartie.C\u2019est ainsi qu\u2019il m\u2019est arrivé de plaider la valeur supérieure du blanc - le pain - sur le noir - le charbon.Et de gagner mon débat! Convaincre! Voilà le mot clé.Car le malaise qu\u2019on décèle quand il est aujourd\u2019hui question de débat tient justement dans le fait qu\u2019au fil des ans, celui-ci s\u2019est largement transformé en monologue dans plusieurs milieux -parlementaire en particulier.C\u2019est ailleurs qu\u2019il faut regarder pour constater que le débat, qui vise à convaincre et à persuader, a encore droit de cité.Deux exemples récents, tirés de deux événements fort différents l\u2019un de l\u2019autre, viendront illustrer mon propos : les gaz de schiste et le lock-out au Journal de Montréal.Personne ne prétendra que c\u2019est l\u2019Assemblée nationale qui a été le théâtre du débat sur l\u2019exploitation des gaz de schiste.Les échanges qui ont passionné le Québec depuis des mois y ont bien sûr eu des échos.Mais force est de constater que le véritable débat s\u2019est tenu ailleurs, sur la place publique.Et que la volonté de convaincre ou de persuader a été présente autant du côté des citoyennes et des citoyens qui se sont posé plusieurs questions et ont manifesté leur inquiétude que de celui des entreprises engagées dans l\u2019exploitation.André Caillé s\u2019est essayé le premier, sans grand succès d\u2019ailleurs, à convaincre le bon peuple qu\u2019il était dans son intérêt que s\u2019installent sur ses terres foreuses et camions.On connaît la suite.AU CŒUR DE LA DÉMOCRATIE SYNDICALE Ma longue fréquentation du mouvement syndical m\u2019a maintes fois donné à voir comment, dans ces milieux, le débat, dans son sens premier, doit primer et - dans les faits - occupe toute la place.La démocratie syndicale interdit toute approche visant l\u2019écrasement d\u2019une minorité par une majorité, comme la chose se pratique en démocratie parlementaire.Combien de fois ai-je assisté à des débats, parfois dé -chirants, dans lesquels pouvaient être engagés plus de 1000 délégués lors de congrès?Il était possible de constater physiquement comment progressaient ces débats, une majorité se dessinant pour une option ou pour une autre au gré des interventions au micro.C\u2019est bien cette démocratie, à l\u2019œuvre lors de l\u2019assemblée, qui a conduit les lock-outés du Journal de Montréal à accepter dans une proportion de 64% la recommandation du médiateur.Je suis sûr que toutes les options ont été soupesées, provoquant des interventions tantôt négatives, tantôt positives.Et au terme de dix heures de ce qui doit véritablement porter le nom de débat, l\u2019assemblée, certes déchirée, a néanmoins tranché.DES DÉBATS DÉNATURÉS Mais pourquoi en sommes-nous arrivés à croire qu\u2019il n\u2019y a plus de débats dignes de ce nom au Québec?Ce qui tient lieu de débat politique en est responsable en grande partie, à mon avis.En effet, le bien mal nommé Journal des débats, qui relate les prises de bec quotidiennes à l\u2019Assemblée nationale, fait la démonstration de ce que l\u2019intention n\u2019est surtout pas de convaincre les «gens d\u2019en face».La cause, on le sait, est entendue au départ et le vote ira dans le sens de la volonté des partis, qu\u2019importe la valeur intrinsèque des arguments soulevés.C\u2019est ainsi que ce qu\u2019on appelle la démocratie parlementaire a finalement dévoyé le sens premier du débat, que la langue anglaise appelle debate.après en avoir emprunté le mot au français.Qu\u2019est-ce qui fait que le débat public ne fleurit pas suffisamment?La responsable en est pour une bonne part cette formidable machine qui travaille à aplanir les opinions et à les chloroformer pour créer une unanimité factice.Mais convenons, pour nous rassurer, que la démocratie n\u2019est pas tout entière contenue dans ces mises en scène formalistes, qui tournent trop souvent à la foire d\u2019empoigne et auxquelles nous sommes exposés chaque jour.Convenons aussi, par contre, que le véritable débat, qui vise non pas à écraser un adversaire par le vote prépondérant d\u2019une majorité, mais plutôt à persuader, à convaincre de la justesse d\u2019un point de vue pour en arriver finalement à une décision qui rallie l\u2019ensemble, se trouve ailleurs.\u2022 m juin 2011 RELATIONS coNtROveRse Aussi étrange que cela puisse paraître, après dix ans de controverses dans Relations, ce sujet - formidable matière à débat précisément! - n\u2019a pas encore été exploré.Savourons cette chronique sous forme de mise en abyme.Et place au débat! Notre culture de la délibération publique reste à développer.DIANE LAMOUREUX Au cours des dernières années, nous avons eu un certain nombre de débats au Québec: souveraineté vs fédéralisme, lucides vs solidaires, laïcité ouverte ou non.Manifestes, tribunes dans les journaux, émissions d\u2019affaires publiques, assemblées; tout cela pourrait laisser croire que nous savons débattre au Québec.Et pourtant.À trop vouloir penser le Québec comme une grande famille, nous avons plutôt développé une culture du consensus qu\u2019un esprit de délibération.On peut se chamailler, mais il faut toujours se réconcilier et, régulièrement, un patriarche plus ou moins fouettard nous rappelle à l\u2019ordre.DÉLIBÉRATION ET DÉMOCRATIE La prégnance de la métaphore familiale sur la scène politique est certainement un reflet de notre difficulté à se penser sur un mode civique, ce qui se concrétise par l\u2019irrésolution concernant le statut politique du Québec.Mais ceci implique également une difficulté à accepter le conflit corn -me inhérent au domaine politique, comme marque même du politique.Car c\u2019est de la division, qui ne recoupe pas nécessairement les divisions sociologiques, que naît la nécessité de discuter des règles du vivre-ensemble d\u2019une collectivité et la possibilité de la démocratie.C\u2019est probablement ce qui explique la manie du consensus qui nous affecte et qui se situe à l\u2019opposé de la délibération publique.Une délibération publique requiert au moins trois éléments: une égalité entre les personnes qui participent aux débats; un espace public où les discussions peuvent se faire; un échange d\u2019arguments.Il me semble que nous avons un déficit sur ces trois plans actuellement au Québec.Force est de reconnaître que l\u2019espace public n\u2019est pas également ouvert à toutes et à tous.Encore aujourd\u2019hui, malgré toutes les luttes sociales - et leurs effets transformateurs -, toutes les paroles, notamment celles des groupes minorisés (sur une base de classe, d\u2019ethnie, de sexe, d\u2019orientation sexuelle, de scolarisation ou de localisation), n\u2019ont pas le même poids.Certaines voix demeurent encore inaudibles dans le débat public.Trop souvent, la parole est réservée à certaines personnes.Rappelons-nous qu\u2019il a fallu un « parlement de la rue » ou une «marche des femmes» pour imposer un débat public sur la pauvreté.Que reste-t-il de tout cela aujourd\u2019hui?L\u2019espace public est également soumis à une entreprise de rétrécissement: contrôle gouvernemental sur l\u2019information, concentration des mé -dias, privatisation et marchandisation des espaces publics - tout cela «formate» les débats.Il en résulte un phénomène de colonisation de nos esprits, mais aussi de rétrécissement de la culture partagée par toutes et tous.Quand les émissions d\u2019affaires publiques se transforment en spectacles et que les personnalités politiques sont soumises à des classements de popularité, on privilégie la forme et non le fond.Enfin, si certaines positions peuvent être énoncées, rarement sont-elles confrontées et soumises à l\u2019évaluation publique, comme on le voit dans des consultations publiques qui se résument à la juxtaposition de points de vue.Bref, un débat requiert une plus grande diversité de points de vue, la possibilité de disposer d\u2019une bonne information et la possibilité de confronter sa propre opinion à celle des autres, ce qui implique éventuellement de pouvoir la modifier si on estime que l\u2019argument de l\u2019autre est supérieur au nôtre.L\u2019auteure est professeure au Département de science politique de l'Université Laval MISER SUR L\u2019INTELLIGENCE CITOYENNE Pourtant, ce ne sont pas les enjeux qui manquent.En outre, une culture de la délibération publique est nécessaire pour revitaliser un espace politique atrophié par le monopole de la démocratie représentative et la prégnance des élites politiques et médiatiques.Puisque la politique concerne ce qui est commun, tous et toutes sont susceptibles d\u2019avoir une opinion.Ces opinions se forment usuellement à partir de nos expériences concrètes, en ce sens qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019experts absolus, mais seulement diverses façons de vivre et de théoriser le social qui ne sont pas toujours compatibles, mais qui doivent être prises en compte dans une démocratie se voulant inclusive.-Si l\u2019on postule que le politique ne porte pas sur le vrai mais sur le possible et le souhaitable, la délibération publique est importante et fait appel à une participation civique plus ou moins soutenue afin de contribuer à la réflexivité de la société sur elle-même dans un contexte où subsiste toujours une part d\u2019indécidable et d\u2019incertitude.D\u2019où la nécessité de débattre! \u2022 RELATIONS juin 2011 m eN BRef PRIX DES JOURNÉES SOCIALES Les Xe Journées sociales du Québec se tiendront au Collège de Valleyfield, du 3 au 5 juin, sous le thème de l\u2019écologie.Intitulé «Le cri de la Terre et le cri des pauvres », ce grand rassemblement annuel de chrétiens progressistes explorera la crise écologique dans une perspective de justice sociale.De plus, dans le cadre de cet événement, un prix est décerné à une personnalité qui se distingue par son engagement dans la société et dans l\u2019Église.C\u2019est Élisabeth Garant, directrice du Centre justice et foi et de la revue Relations, qui se mérite cet honneur cette année.Un hommage posthume sera également rendu à Guy Paiement, s.j., qui fut des années durant l\u2019âme dirigeante de ce rassemblement.LIBRE-ÉCHANGE CANADA-EUROPE En avril dernier se tenait à Ottawa la septième ronde de négociations de l\u2019Accord économique et commercial global (AÉCG), où les négociateurs du Canada, du Québec et de l\u2019Union européenne se sont réunis en secret.Cette nouvelle offensive néolibérale risque de causer une perte de souveraineté au Québec.En effet, l\u2019AÉCG vise à soumettre à la logique du marché des domaines qui relèvent de la juridiction provinciale et qui sont des piliers de notre société (santé, marchés publics, énergie, etc.).Le Réseau québécois sur l\u2019intégration continentale (RQIC) a préparé un argumentaire fort instructif sur l'Accord et un dépliant, disponibles au .Le Conseil des Canadiens invite à signer une pétition au
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