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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 2006-03, Collections de BAnQ.

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[" Envoi de Poste-publication -|\\Enregistrement no 08261 - 'CONVENTION!: 4001tjM\u20acj9 Entrevue avec Jean Ziegler ReLatiONS société politique religion NumeRO 707 maRS 2006 Les femmes sur tous les fronts Opprimées de l\u2019Inde Les-Rwandaises après le génocide dévolution paysanne au Brésil Les Philippines contre le trafic sexuel Le monde des hommes Controverse Peut-on trouver un sens à toute souffrance?ARTISTE INVITÉE : DIANE TRÉPANIÈRE 977003437800003 ReLatiONS NuméRO 707, maRS 2006 ACTUALITÉS\t4 HORIZONS Entre oubli et mépris\t9 Luis Garcia-H uidobro AILLEURS Laos : comment sortir de la pauvreté?28 Frédéric Lasserre CONTROVERSE Peut-on trouver un sens à toute souffrance?Chantal Beauvais\t30 Laure de Biré\t31 REGARD Insurrection des consciences\t32 Entrevue avec Jean Ziegler EN BREF\t35 PASSAGERS Les soirs\t36 Pascale Quiviger MULTIMÉDIAS\t38 LIVRES\t40 Couverture : Diane Trépanière, Sans titre, 2001 dOSSieR LES FEMMES SUR TOUS LES FRONTS Le mouvement féministe est présent partout dans le monde.Au Nord comme au Sud, les luttes ont le même objectif : l\u2019égalité.Mais les réalités et les enjeux sont différents.Face à la mondialisation, à l\u2019impérialisme et à leur bagage d\u2019atrocités, les femmes des pays du tiers-monde ont développé leurs propres stratégies.Ce dossier est une invitation à partager, avec quelques-unes d\u2019entre elles, leurs manières de faire pour accéder à l\u2019égalité tout en cherchant à instaurer de nouvelles façons de voir le monde.Opprimées de l\u2019Inde Christine Mongin\t12 Les Rwandaises après le génocide Godeliève Mukasarasi\tH Les objectifs du millénaire : un recul pour les femmes Céline Dubé\t15 Révolution paysanne au Brésil Corinne Dobler\t17 Les Philippines contre le trafic sexuel Liza Largoza Maza\t19 Les Femmes en noir Nada Sefian\t20 Le monde des hommes Nicole Laurin\t22 Un Comité du 8 mars Marie Boti\t24 ARTISTE INVITÉE Artiste visuelle et photographe de formation, Diane Trépanière a participé à plusieurs événements collectifs, en plus d\u2019avoir produit deux spectacles multidisciplinaires et cinq expositions solo.En 1999, à l\u2019occasion du 10e anniversaire de la tragédie de Polytechnique, elle a réalisé l\u2019installation photographique Un cri, un chant, des voix.En 2000, dans le cadre de la Marche mondiale des femmes, elle crée une œuvre dans le parc Émilie-Gamelin à Montréal, cette fois à la mémoire des 597 femmes et enfants tuées, au Québec, depuis 1989, victimes de violence conjugale.Ces dernières années, elle a réalisé de nombreux projets et expositions en collaboration avec des maisons d\u2019hébergement.Actuellement, elle anime des ateliers de photographie et d\u2019écriture dans deux centres de ressources pour femmes itinérantes.Revue foNDée eN 1941 Relations est publiée par le Centre justice et foi, sous la responsabilité de membres de la Compagnie de lésus et d\u2019une équipe de personnes engagées dans la promotion de la justice.BUREAUX 25, me Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P 1S6 tél.: (514) 387-2541 téléc.: (514) 387-0206 relations@cjf.qc.ca www.revuerelations.qc.ca DIRECTEUR Jean-Marc Biron RÉDACTEUR EN CHEF Jean-Claude Ravet RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT Marco Veilleux SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Louise Dionne DIRECTION ARTISTIQUE Mathilde Hébert ILLUSTRATIONS Jacques Goldstyn, Lino, Pascale Quiviger RÉVISION/CORRECTION Éric Massé COMITÉ DE RÉDACTION Gregory Baum, Louise Boivin, Céline Dubé, Guy Dufresne, Jean-François Filion, Élisabeth Garant, Nicole Laurin, Guy Paiement, Rolande Pinard COLLABORATEURS André Beauchamp, Dominique Boisvert, René Boudreault, Marc Chabot, Pascal Durand, Jean-Marc Éla, Vivian Labrie, Jean-Paul Rouleau, Pascale Quiviger IMPRESSION HLN, Sherbrooke Les articles de Relations sont répertoriés dans Repère et dans l\u2019Index de périodiques canadiens, publication de Info Globe.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 0034-3781 ABONNEMENTS Ginette Thibault 8 numéros (un an) : 35 $ (t.i.) Deux ans : 65 $ (taxes incluses) À l\u2019étranger : 45 $ Étudiant : 25 $ Abonnement de soutien : 100 $ TPS : RI 19003952 TVQ : 1006003784 Nous reconnaissons l\u2019aide financière du gouvernement du Canada, par l'entremise du Programme d'aide aux publications (PAP), pour nos dépenses d'envoi postal.Canada Envoi de Poste-publication Enregistrement n° 09261 mars 2006 RELATIONS eDitoRiaL Amour et justice s\u2019embrassent Si la première encyclique de Benoît XVI - « Dieu est amour » - est passée dans les médias comme une lettre à la poste et n\u2019a pas choqué outre mesure la presse libérale, c\u2019est que le conservatisme religieux dont elle fait preuve est en parfaite syntonie avec l\u2019air du temps.Je ne parle pas de la première partie, philosophique et théologique, de l\u2019encyclique portant sur la complémentarité entre Agapè (charité) et Eros, qui ne manque pas d\u2019intérêt, mais de la deuxième : une longue argumentation visant à montrer que le service de l\u2019amour doit être dissocié du combat pour la justice - le premier étant le propre de l\u2019Église, le second le propre de l\u2019État.Certes, en cela, le pape conforte la traditionnelle séparation de l\u2019Église et de l\u2019État, rassurante et nécessaire en un temps où le fondamentalisme religieux assaille l\u2019espace politique dans Diane Trépanière, l\u2019espoir de le convertir en une sorte de sans titre, 2002 pâturage pour troupeaux dociles, au nom d\u2019une vérité immuable et implacable.Cependant, la manière toute libérale dont Benoît XVI revendique cette autonomie des «pouvoirs terrestres» avalise non seulement une vision cléricale de l\u2019Église mais également un ordre social aseptisé, exempt de conflits et d\u2019acteurs sociaux, où une sphère publique de plus en plus dépolitisée sert une oligarchie financière «très respectable».Celle-ci accueille des théologiens de Rome, dans le haut lieu de Davos, pour qu\u2019ils causent d\u2019éthique et d\u2019humanité, en même temps qu\u2019elle fait de l\u2019inégalité sociale et de l\u2019appauvrissement le socle de son bien-être et de son pouvoir.Dans ce monde libéral, la domination, les rapports de force, l\u2019injustice, les inégalités sociales scandaleuses et l\u2019appauvrissement meurtrier n\u2019existent pas.Autant de réalités bannies du vocabulaire de l\u2019encyclique qui n\u2019émergent que sous les mots vagues de « problèmes », « besoins » ou « situations difficiles ».À peine le pape souligne-t-il, à la sauvette, la mondialisation de l\u2019économie.Il aurait pu, là au moins, faire allusion au néolibéralisme, à la manière de son prédécesseur, Jean-Paul II, qui ne manquait pas l\u2019occasion de dénoncer les « structures de péchés » du capitalisme en même temps que les régimes communistes.Par contre, il réussit à critiquer par trois fois le marxisme.Le capitalisme serait-il devenu maintenant innommable?Pourtant, les riches s\u2019enrichissent toujours plus pendant que l\u2019appauvrissement s\u2019accroît et s\u2019accentue.Selon le discours ambiant, personne parmi les gens aux commandes du système économique n\u2019aurait les mains sales.Ne fonctionne-t-il pas selon des « lois naturelles »?Celui-ci crée bien son lot inévitable de victimes, mais ces « problèmes » seraient d\u2019ordre conjoncturel.Une question d\u2019adaptation et de réajustement, disent les experts qui s\u2019affairent à leur trouver une solution technique.Surtout, pas de désordre populaire; cela risquerait de tout gâcher.Il s\u2019agit seulement de temporiser et d\u2019absorber le choc, notamment en déployant des œuvres de charité.À cet égard, l\u2019appel de George W.Bush, comme de Reagan avant lui, à l\u2019endroit des Égli- ses fait étrangement écho à celui du pape.Conservatisme politique et religieux iraient-ils de paire?La compassion et l\u2019attention à la souffrance, il est vrai, ne passeront pas.Elles seront toujours nécessaires, en tout lieu, en tout temps.Mais autant Y Agapè et [\u2019Eros sont intriqués l\u2019un dans l\u2019autre, autant la justice et l\u2019amour le sont également.Ce sera toujours difficile à avaler pour les maîtres du monde.Et la justice ne sera jamais le lot exclusif de l\u2019État.Quand j\u2019étais au Chili, sous la dictature, Pinochet ne cessait de sommer l\u2019Église, heureusement en vain, de se vouer à son rôle « charitable » à l\u2019égard des pauvres.De ne pas se mêler de justice.L\u2019Église - la hiérarchie mais aussi les communautés chrétiennes - l\u2019a entendu autrement et fut persécutée comme les pauvres et les opposants au régime.Comme en bien d\u2019autres endroits d\u2019Amérique latine.Cette compréhension de la justice comme un autre nom de l\u2019amour et l\u2019expression de la solidarité avec les humiliés relève de la tradition prophétique du christianisme.Celle-ci induit à une expérience religieuse qui non seulement ne s\u2019oppose pas à la liberté humaine, mais fait de celle-ci l\u2019expression même de la foi.En elle, l\u2019amour du monde et l\u2019amour de Dieu ne font qu\u2019un, le Très-Haut est Très-Bas, la toute puissance divine est fragilité humaine.Certes, reconnaître cela, c\u2019est entreprendre une longue marche vers la terre des pauvres et des opprimés.C\u2019est quitter le doux et paisible lieu de l\u2019opulence divine qu\u2019aiment à fréquenter les puissants.C\u2019est faire du combat pour la justice - le propre d\u2019hommes et de femmes libres et solidaires, en lutte contre le destin et disposés à faire de la Terre une habitation humaine - le sacrement de la présence de Dieu dans le monde.JEAN-CLAUDE RAVET RELATIONS mars 2006 actualités © Faut-il ordonner des femmes?L\u2019auteure est membre de l\u2019Institut Notre-Dame du Bon-Conseil de Montréal Diane Trépanière, Sans titre, 2001 ' \u2022 i LL ***«*%»\u2022 Èr- -Æmwm qu\u2019en soit le prix.Les dispositions du Code de droit canonique qui réservent le sacrement de l\u2019ordre aux hommes maintiennent l\u2019infériorité des femmes.Voilà une raison suffisante pour réclamer la cessation d\u2019un tel régime, surtout lorsque les demandes de dialogue restent sans réponse depuis quarante ans.Il appartenait à Olivette Genest, exégète québécoise, d\u2019évaluer les arguments bibliques invoqués en faveur de la position du magistère catholique sur l\u2019admission au sacerdoce, depuis la publication de Inter Insigniores par la Congrégation pour la doctrine de la foi, en 1976.Le bilan de cet examen révèle de nombreuses insuffisances de l\u2019herméneutique biblique utilisée et des maladresses dans l\u2019argumentation.Somme toute, nous sommes devant un argument d\u2019autorité.Pour sortir de l\u2019impasse, il faudrait procéder à rien de moins qu\u2019une révision de la théologie des ministères, et ce, à partir des grands textes christologiques - et non pas en s\u2019appuyant d\u2019abord sur les textes évangéliques qui mettent en scène des femmes, souvent sans référence au service de la communauté.Avis d\u2019exégète largement partagé par l\u2019assemblée.Finalement, un axiome de l\u2019association Femmes et Hommes en Église résume bien ce rendez-vous : le passage du patriarcat au partenariat ne peut faire l\u2019économie de l\u2019accès des femmes à l\u2019ordination.L\u2019atteinte de la parité, en effet, n\u2019est pas tant une affaire de «droits des femmes», qu\u2019un enjeu de «droits humains».L\u2019Église catholique pourra-t-elle refuser encore longtemps «l\u2019offre de disponibilité» au ministère d\u2019un nombre croissant de femmes?\u2022 groupe de parlementaires européens évalue d\u2019ailleurs présentement les répercussions d\u2019une disposition prévue au projet de constitution européenne, concédant aux grandes religions un pouvoir sur la définition des droits humains.femmes.Le même document admet que ce sont des arguments culturels et non théologiques qui ont retardé l\u2019ordination des femmes.Toutefois, chez les luthériens comme chez les réformés et dans la communion anglicane, la pression déterminante est venue des Synodes.Les femmes catholiques ordonnées contra legem («hors la loi») sont unanimes à interpréter leur transgression Quant aux enjeux ecclésiaux, ils ont été examinés grâce au témoignage de femmes ordonnées dans les Églises chrétiennes.Après une cinquantaine d\u2019années d\u2019expérience, la Fédération luthérienne mondiale a soutenu, en 1992, que sa compréhension actuelle de l\u2019Évangile continue de réclamer le ministère pour les hommes et pour les comme une nécessaire «obéissance prophétique» pour lutter contre une injustice.L\u2019une d\u2019elles, Barbara Fresen, a vécu l\u2019expérience de la lutte antiapartheid en Afrique du Sud.À son avis, quand tous les moyens utilisés pour éliminer une loi injuste ont échoué, il faut alors rétablir la justice par la transgression de cette loi, quel L\u2019accès des femmes aux ministères ordonnés est un enjeu important pour la société et pour les Églises.CISÈLE TURCOT Les 20 et 21 janvier dernier, à Paris, environ 150 personnes provenant de six pays européens, des États-Unis et du Canada ont pris part à un colloque œcuménique et international sur le thème : « Femmes prêtres : enjeux pour la société et pour les Églises».Témoignages, analyses et débats étaient proposés par l\u2019association Femmes et Hommes en Église afin de rendre compte de la réalité de femmes prêtres chez les catholiques depuis les ordinations sur le Danube (en 2002), à Lyon et sur le Saint-Laurent (en juillet 2005).Une des originalités de ce rendez-vous était de s\u2019interroger sur la signification de l\u2019ordination des femmes pour la société.Les propos du sociologue Jean Baubérot, sur l\u2019histoire de la laïcité en France, depuis la Révolution de 1789, ont démontré «l\u2019épaisseur historique» des rapports entre citoyens et citoyennes, en particulier en ce qui a trait aux stéréotypes.Par exemple, sociétés et religions continuent d\u2019attribuer aux femmes un plus grand rôle dans l\u2019éducation morale.Un enjeu déterminant est donc de lutter pour que personne ne soit enfermé dans un destin social, tel un mariage forcé ou l\u2019exclusion définitive d\u2019une fonction sur la base du genre.Pour François Becker, un scientifique délégué par un réseau d\u2019ONG chrétiennes auprès du Conseil de l\u2019Europe, le poids des religions sur la vie des femmes ne fait aucun doute: l\u2019accès à la contraception et à l\u2019ordination n\u2019est-il pas refusé aux femmes par les mêmes instances religieuses?Un actuaLités La rencontre de POMC : un bilan mitigé La 6e rencontre ministérielle de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC), tenue à la mi-décembre 2005 à Hong Kong, aura été l\u2019occasion de constater le pouvoir mystificateur des théories néolibérales.DOMINIQUE CAOUETTE Réunis à Hong Kong après l\u2019échec de la rencontre précédente à Cancun, en 2003, qui tentait de mettre en place des accords signés lors de la 4e rencontre de 2001, les dirigeants des 149 pays membres se devaient d\u2019assurer la survie de l\u2019organisation, mais surtout de démontrer sa pertinence comme mécanisme régulateur des échanges commerciaux et financiers internationaux.Qui plus est, cette rencontre devait aussi démontrer la volonté des pays riches et industrialisés de permettre aux pays les plus pauvres de bénéficier de conditions privilégiées pouvant assurer une transition à visage humain vers le grand échiquier du commerce international libéralisé.Durant les 6 jours de la rencontre, du 13 au 18 décembre, des milliers de militants altermondialistes (mouvements populaires, associations de paysans, de femmes et de travailleurs, ONG, etc.) ont marché dans les rues, devant les barricades policières, et organisé des forums parallèles pour faire entendre qu\u2019ils ne voulaient pas d\u2019une mondialisation dictée seulement par les besoins du marché.Comme il fallait s\u2019y attendre depuis la «bataille de Seattle», les autorités chinoises avaient bien préparé leur comité d\u2019accueil.Entre 700 et 800 manifestants furent entassés dans les prisons de la ville portuaire.Quel bilan pouvons-nous tirer de cette rencontre?D\u2019une part, l\u2019apparente solidarité qui avait été établie à Cancun entre les pays en voie d\u2019industrialisation les plus importants, dont le Brésil et l\u2019Inde, que plusieurs analystes avaient appelé le G-20 (groupe des vingt), n\u2019a pas tenu le coup.Cette fois-ci, le Brésil et l\u2019Inde ont choisi le jeu d\u2019une plus grande libéralisation en échange de concessions de la part de l\u2019Union européenne, en particulier dans le domaine des subventions agricoles.Ces deux géants du Sud et leaders du G-20 étaient, en effet, prêts à appuyer la formule «suisse» qui vise à réduire davantage les tarifs plus élevés des produits non agricoles, pénalisant ainsi les pays en développement qui tentent de s\u2019industrialiser en protégeant leurs industries naissantes au moyen d\u2019une série de tarifs.Deuxième concession importante, il fallait accepter une approche plurilatérale dans le domaine des négociations sur les services (Accord général sur le commerce des services ou AGCS) et donc permettre aux pays riches de négocier secteur par secteur la libéralisation des services, domaine pour lequel ils ont un avantage comparatif fort impor- L\u2019auteur, professeur adjoint au Département de science politique de l\u2019Université de Montréal, est membre de la Chaire d\u2019études asiatique et du Centre de recherche sur les politiques et le développement social mars 2006 RELATIONS RELATIONS mars 2006 actuaütes L\u2019auteur est professeur de sociologie à l\u2019Université Concordia tante et qui rend captive une partie importante de leur main-d\u2019œuvre qualifiée.Malgré l\u2019annonce d\u2019une nouvelle configuration des pouvoirs au sein de l\u2019OMC, de l\u2019élimination des subventions à l\u2019exportation des produits agricoles à la fin de 2013, d\u2019une série de mesures dites favorables aux pays les plus pauvres - dont la promesse d\u2019un accès libéralisé aux marchés des pays du Nord - et, enfin, d\u2019un nouveau programme d\u2019aide internationale pour le commerce (Aid for Trade), on reste perplexe face à la rencontre.Durant six jours, des milliers de négociateurs, de journalistes et d\u2019altermondialistes auront négocié et débattu de l\u2019avenir du commerce international, souvent dans un dialogue de sourds.La rencontre, au fond, n\u2019aura peut-être permis que de sauver la face de l\u2019OMC comme mécanisme de négociation internationale, en mal de légitimité depuis Cancun.Par ailleurs, elle aura asséné un coup d\u2019humilité à la mouvance altermondialiste qui avait cru, le temps d\u2019une rencontre ministérielle (celle de Cancun), que les pays émergents du Sud (tels l\u2019Inde et le Brésil) pouvaient dépasser leurs intérêts nationaux et assumer le leadership dans la solidarité des pays du Sud face aux grands blocs du Nord.Il importe de réfléchir sur la nécessité et la pertinence d\u2019investir autant d\u2019efforts dans le grand carnaval médiatique de ces rencontres alors que les décisions se prennent souvent entre petits groupes de négociateurs, loin des médias et des grandes plénières.Au fond, les 730 jours qui séparent une rencontre ministérielle de l\u2019autre sont sans doute plus déterminants.Il est essentiel de mobiliser et de sensibiliser l\u2019opinion publique aux enjeux des négociations et surtout aux conséquences complexes et souvent négatives d\u2019un éventuel développement durable, soutenu et équitable.Les taux de croissance, l\u2019accroissement des échanges internationaux et la montée de certains pays en développement, en particulier de la Chine, ne saurait en occulter des préoccupations plus larges d\u2019équité et de justice sociale.Si une gouvernance mondiale est à se mettre en place, il faut aujourd\u2019hui la JEAN-PHILIPPE WARREN On a dit et redit que le Nouveau parti démocratique (NPD) -qui se présentait sous le nom Co-operative Commonwealth Federation (CCF) avant 1962 - n\u2019a jamais réussi à percer au Québec, avec pour résultat que la gauche canadienne n\u2019a pas encore la voix qu\u2019elle devrait avoir au parlement fédéral.On accuse d\u2019ordinaire la question nationale d\u2019avoir empêché les forces socialistes québécoises d\u2019être solidaires des mouvements sociaux qui revendiquent, dans le Rest of Canada, davantage d\u2019égalité et de justice.L\u2019élection de 2006 semble donner raison à ceux qui désespèrent de jamais voir à Ottawa une véritable majorité de gauche.Le NPD a récolté près de 20% des voix en Ontario (17,5% pour l\u2019ensemble du pays) et à peine 7,5 % des voix au Québec.N\u2019est-ce pas là la preuve que les Québécois, aveuglés par leurs chicanes constitutionnelles, préfèrent appuyer la cause nationale au détriment des luttes sociales?Pourtant, à regarder les tendances à long terme, on observe une curieuse questionner, la comprendre et la concevoir comme un exercice qui requiert délibération et participation démocratiques.\u2022 évolution depuis la Seconde Guerre mondiale.L\u2019écart du vote pour le NPD a constamment diminué entre le Québec et l\u2019Ontario - seules provinces que l\u2019on peut réellement comparer, compte tenu des convergences entre leurs économies.Alors qu\u2019en 1958, le ratio entre l\u2019une et l\u2019autre provinces était de 5, il tombe à environ 3 en 1968, et continue progressivement de s\u2019amoindrir jusqu\u2019en 1988, où il atteint presque la parité (14,4 % d\u2019appui au NPD au Québec et 20,1 % en Ontario).Il est vrai qu\u2019à partir de 1993, l\u2019écart se creuse de nouveau et qu\u2019en 1997, le ratio remontait à 5.Toutefois, une tendance à long terme semble, insensiblement, forcer un rapprochement, puisque le ratio tombe à 4 en 2004, puis à un peu moins de 3 en 2006.Il serait donc faux de prétendre que le Québec est complètement imperméable au programme du NPD.En fait, nous constatons plutôt deux choses.D\u2019une part, que le NPD, en dépit de fluctuations parfois importantes, a sans cesse amélioré ses résultats dans la province de 1957 à 1988.D\u2019autre part, que le Bloc québécois a joué pendant un certain temps le rôle Les Québécois ont-ils peur de Jack Layton?Il est faux de prétendre que le Québec est complètement imperméable au NPD.mars 2006 RELATIONS actuaLites T*-fait, je soiç de ¦foot CO&jp.avec [aejauche-done avec (e MPP .Malgré qa.J 'c?i voté avec.mes T&ipEf rrf)\u20ac^\u20ac 6Vv .r*.>¦*-.-., \u2022¦ \u2022 \u2022*.\u2022\t.-¦¦f't-'S \u2022«.':\u2022\u2022 \u2022-.i./v- V-,\t\u2022\t.- \\ , \u201e ¦ \u2022\u2022\t, *>¦*-\u2022 ., ,f y ¦«¦'Vy \"By*- ¦'*\u2022¦ .=,>\\V- - \u2022 -v i r- ¦\u2019*'-% % V t\\ sii , ; * T-\\ _\t.\t.S', I J\t' m DianeTrépanière, endettés, comme aux Philippines et ailleurs.Il dit: sans titre, 2001\t«Vendez-moi la concession d\u2019eau potable», il entreprend quelques réformes dans le système d\u2019épuration et, ensuite, il vend l\u2019eau évidemment aux beaux quartiers uniquement.Dans les quartiers pauvres, les gens sont renvoyés aux puits pollués, aux égouts à ciel ouvert, aux rivières.Dans les bidonvilles, c\u2019est le choléra qui sévit, c\u2019est la destruction des enfants par les diarrhées sanglantes.C\u2019est effectivement la décision de Brabeck qui est à l\u2019origine de ces morts, en privatisant l\u2019eau et en la revendant à des tarifs prohibitifs pour les pauvres.Mais, plus profondément, c\u2019est le principe de maximalisation du profit qui est l\u2019origine de cette stratégie de privatisation meurtrière.Nestlé a gagné 22 % en retour sur le capital, l\u2019année dernière, c\u2019est énorme! Son pdg n\u2019a fait que ce pour quoi il a été engagé : maximaliser les profits, au bénéfice des actionnaires.L\u2019individu Brabeck, au fond, peut être un bon type.Qu\u2019il soit bon ou mauvais ne change rien.C\u2019est l\u2019engrenage monstrueux qui fait fonctionner le système qu\u2019il faut stopper.Il fait des pdg de véritables seigneurs de la guerre: pour s\u2019accaparer toujours plus de parts de profit, sans considération des conséquences humaines et sociales.Certes, il faut les dénoncer, car leur pratique est meurtrière.Mais si quelqu\u2019un à la tête d\u2019une transnationale ne pratique pas cette guerre-là, il est tout simplement dégommé - probablement avec un parachute doré d\u2019une dizaine de millions de dollars de retraite et d\u2019autres compensations du même genre mais, enfin, il disparaît et un autre prend sa place.Rel.: Vous en appelez à l\u2019insurrection des consciences.On sent bien quand même, à la lumière de ce que vous venez de dire, que si c\u2019est une condition nécessaire.elle n\u2019est pas condition suffisante! J.Z.: L\u2019insurrection des consciences est essentielle, tout part de là.Parce qu\u2019on sait ce qu\u2019on ne veut pas.On ne veut pas un monde où des centaines de milliers de personnes meurent de faim chaque jour et où 4,8 milliards de person- nes vivent dans des conditions sous-humaines, sans autre raison que l\u2019accaparement des richesses par une minorité dominante.On ne veut pas qu\u2019au Guatemala, 2 % des propriétaires possèdent 68 % des terres arables.On ne veut pas de la corruption de tant de pays africains, induite par les sociétés multinationales, ni la fuite des capitaux ni les paradis fiscaux ni les secrets bancaires suisses, etc.On sait ce qu\u2019on ne veut pas : c\u2019est l\u2019impératif moral que chacun porte en soi qui nous le fait pressentir.Nous savons aussi, en même temps, quel monde nous voulons, du moins en termes d\u2019horizon de notre action.Par contre, il est extrêmement difficile de savoir comment arriver là collectivement, comment nous organiser, comment nous battre contre cette classe de dominants.Il est certain que le pouvoir mondial des « cosmocrates » est presque total.Il s'exerce sur les peuples du Sud à travers l\u2019endettement extérieur et la faim; c\u2019est là les deux armes de destruction massive grâce auxquelles ils pillent leurs matières premières.Ici et ailleurs, l\u2019État national, comme acteur politique principal, a perdu énormément de son pouvoir.Il fond comme un bonhomme de neige au mois d\u2019avril.Mais alors, où sont les nouveaux sujets de l\u2019histoire?Ils sont peut-être à trouver dans la société civile planétaire, les mouvements altermondialistes et dans les organisations de base que les opprimés se donnent.J\u2019ai essayé de rendre témoignage à ce qui me paraît être des instruments inédits de libération, de luttes, de résistance, de revendication de souveraineté populaire.En janvier dernier, le quatrième Forum social mondial de Porto Alegre a réuni 150 000 représentants, 8000 mouvements sociaux des cinq continents.Des mouvements très variés : écologiques, féministes, paysans, manifestent des fronts de résistance, des fronts de rupture.Ils n\u2019ont pas de programme commun.C\u2019est la liberté en action! On peut le leur reprocher : « La Chase Manathan Bank a un programme.Et vous?» Dans l\u2019état actuel des choses, ils représentent une fraternité de la nuit.Il faut revenir au poète espagnol Antonio Machado pour puiser une parole d\u2019espérance.Survivant de l\u2019attaque franquiste sur Barcelone, durant la Guerre d\u2019Espagne, et arrivé enfin à la frontière française après une longue marche à travers les Pyrénées, il répondit au découragement de quelques-uns de ses compagnons devant la victoire du fascisme par ces mots: «Le bonheur est devant nous! Caminante no hay camino, el camino se hace al andar.» Marcheur, il n\u2019y a pas de chemin, le chemin s\u2019ouvre en marchant.\u2022 ENTREVUE RÉALISÉE PAR JEAN-CLAUDE RAVET L\u2019Évangile touche au cœur de cette fibre humaine, à cet impératif moral, à ce désir en nous qui nous pousse vers l\u2019autre pour rompre les chaînes de l\u2019injustice.m mars 2006 RELATIONS eN BRef AUTODÉTERMINATION ET TERRITOIRES Dans le cadre de la campagne « Argent du Nord / Terres du Sud » plusieurs activités seront organisées, en mars et avril 2006.Quatre déléguées d\u2019organisations sud-américaines défendant leur territoire contre l\u2019exploitation des ressources naturelles par des entreprises étrangères feront des conférences à travers la province.Un colloque est prévu à l\u2019UQAM, à Montréal, les 23 et 24 mars.Pour plus de renseignements, voir le site Internet du Comité chrétien pour les droits humains en Amérique latine, à .Conjointement, le Centre justice et foi propose deux événements dans le cadre des Soirées Relations : le 23 mars à Montréal et le 25 mars à Gatineau.Renseignements disponibles sur le site Internet : .MILITARISATION DU MONDE Sur la planète où des milliards de personnes luttent pour survivre avec 1 à 2 dollars par jour, les gouvernements dépensent en moyenne 162 dollars US par personne pour acheter des armes et pour payer des soldats.Selon l\u2019Institut de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), les dépenses militaires ont atteint 1,04 trillion de dollars en 2004; elles étaient de 975 milliards de dollars en 2003.Les dépenses militaires avaient chuté avec la fin de la guerre froide mais ont repris leur ascension après 1998, augmentant de façon exponentielle à la suite du 11 septembre 2001.Selon le SIPRI, à eux seuls, les États-Unis dépensent presque autant que le reste du monde : 445 milliards de dollars en 2004, soit 47 % du total mondial.35 ANS D\u2019ÉDUCATION POPULAIRE LJ année 2005-2006 marque le 35e , anniversaire du CPMO.Pour souligner l\u2019événement, l\u2019organisme a mis sur pied et offre gratuitement une démarche sous le thème «Ça nous touche.on bouge!» Cette activité de conscientisation vise, entre autres, à mieux saisir le sens de l\u2019engagement social dans le cheminement des collectivités et des groupes.À cette occasion, six régions du Québec seront visitées.Par ailleurs, le CPMO profite de ses 35 ans pour changer de nom.Dorénavant, il faudra parler du Carrefour de participation, ressource-ment et formation (CPRF).DE LA SÛRETÉ DES ÉTATS-UNIS Amnistie Internationale, de concert avec le Conseil canadien pour les réfugiés et le Conseil canadien des Églises, a annoncé, le 29 décembre dernier, qu\u2019il entamait la contestation, devant la cour fédérale, de l\u2019Accord sur les tiers pays sûrs.Cet accord, signé en décembre 2004 entre le Canada et les États-Unis, interdit aux réfugiés qui traversent l\u2019un ou l\u2019autre de ces pays, l\u2019entrée à l\u2019autre pays pour y demander asile.Ces organisations considèrent que les États-Unis ne peuvent être considérés comme un pays sûr car il ne respecte pas ses obligations en vertu de la Convention contre la torture et de celle relative au statut des réfugiés.PREMIÈRE PRÉSIDENTE AFRICAINE Ellen Johnson Sirleaf est entrée dans l\u2019histoire en devenant la première femme chef d\u2019État en Afrique.La nouvelle présidente du Liberia, candidate du Parti de l\u2019unité, a récolté 59,4% des voix, contre 40,6% pour son adversaire, l\u2019ancien footballeur George Weah du Congrès pour le changement démocratique.Le scrutin a marqué la fin d\u2019une période de transition de deux ans après l\u2019accord de paix d\u2019août 2003, qui mettait un terme à 14 ans de guerre civile qui ont laissé le pays largement en ruines et fait 200 000 morts.Le Liberia est la première république du continent africain, fondée par des esclaves affranchis, en 1847.AGIR, C\u2019EST PRIER Les Jésuites de partout dans le monde font de l\u2019année 2006 une année jubilaire parce qu\u2019ils célèbrent des évènements importants: le 450e anniversaire de la mort du fondateur des Jésuites, Ignace de Loyola; le 500e anniversaire de naissance du premier grand missionnaire jésuite, François Xavier, et le 500e anniversaire de naissance de Pierre Favre, premier compagnon d\u2019Ignace, à Paris, quand ont été jetées les bases de la Compagnie de Jésus.Les membres et collaborateurs de la famille ignatienne de la province du Canada français et d\u2019Haïti se sont réunis, le 6 janvier dernier, pour le lancement d\u2019un grand chantier intitulé: «Agir c\u2019est prier».À cette occasion, une eucharistie a été célébrée à l\u2019église du Gesù de Montréal.Toutefois, l\u2019essentiel des activités offertes au grand public se déroulera à l'automne, du 22 septembre au 8 octobre 2006 (voir le site: ).RELATIONS mars 2006 m passaqeRS Les soirs TEXTE ET ILLUSTRATION : PASCALE QUIVIGER Où est l\u2019autre botte?L\u2019autre botte de Louis?Jeanne, garde ta tuque.s\u2019il te plaît Jeanne, garde ta tuque! Mon Dieu, c\u2019est difficile l\u2019hiver, le temps qu\u2019on en habille un, l\u2019autre s\u2019est déjà déshabillé.Une chance qu\u2019on les aime.Une chance que Marc travaille.On n\u2019a pas à se plaindre.J\u2019ai oublié d\u2019acheter des œufs hier.Peut-être que je peux les prendre au retour.Quelle heure il est, là?J\u2019aime leur sommeil.Je voudrais être l\u2019oreiller, peut-être que j\u2019exagère.Ils ont le droit de rêver sans moi.J\u2019ai lu que les rêves sont importants pour mémoriser les apprentissages.Ils doivent rêver tellement plus que moi.Je n\u2019apprends plus rien, il me semble.C\u2019est répétitif.C\u2019est difficile.Je savais que ce serait difficile.Je pensais: prépare-toi.Mais c\u2019est tous les jours.Une chance qu\u2019on les aime.Sinon ça serait impossible.J\u2019avais du talent, il me semble.En tous cas je travaillais fort.Bon, avec la garderie, je vais réessayer.Quand ils vont commencer la garderie, je vais réessayer.Jeanne, garde tes mitaines.Au moins Marc a un bon emploi.Je n\u2019ai pas à me plaindre.Si j\u2019avais à m\u2019occuper des finances en plus.Peut-être qu'il est trop tard pour reprendre.Peut-être que je ne devrais même pas y penser.J\u2019ai perdu le fil, Louis, attends que je te boutonne.Tout est devenu tellement concret.C'est comme si ça écrasait tout le reste.Deux beaux enfants.J\u2019ai de la chance.Tous les deux en bonne santé.Est-ce qu\u2019on en veut un troisième?Tant qu\u2019à y être.On devrait se décider assez vite, si on attend trop on n\u2019aura pas envie de reprendre les couches, les biberons.oups, le biberon.J\u2019ai oublié de préparer le biberon.Donne la patte, ma belle Jeanne, viens que je remonte tes chaussettes.On haït donc ça quand les chaussettes tombent dans nos bottes.Moi je déteste avoir les chaussettes en-dessous du talon.Viens ma poupoune, viens ici je vais t\u2019arranger ça.Ces bottes-là, ça va pas durer.Je devrais me méfier des aubaines.J\u2019espérais pouvoir les refiler à Louis, mais bon.tant pis.Un seul salaire.C\u2019est déjà beau qu\u2019on arrive avec un seul salaire.Ce que je préférais, c\u2019étaient les répétitions.Souvent les autres préféraient les applaudissements,- moi j\u2019aimais la préparation.Quand on n\u2019avait pas encore tout décidé.Quand il y avait encore plusieurs directions possibles.J\u2019aimais le fait qu\u2019on puisse changer d\u2019idée.J\u2019aimais ça par-dessus tout.C\u2019est ce qui me manque par-dessus tout.Bon, j\u2019ai fait des choix.Comme tout le monde.Je me demande s\u2019il est trop tard.Des horaires de fous, le soir, tous les soirs, tard en plus, non, c\u2019est hors de question.As-tu besoin de te moucher, Jeanne?Va dans la salle de bains te chercher un kleenex.Peut-être un rhume qui court.C\u2019est l\u2019imprévu qui mange tout.Si tout marchait comme prévu, il resterait du temps pour les autres choses.Est-ce que moi je ferais partie des autres choses?Des fois j\u2019ai l'impression de me jeter avec l\u2019eau du bain.Mais c\u2019est interdit de penser des choses comme ça quand on a deux beaux enfants comme les miens.Ça tombe du ciel, il faut que je me le rappelle de temps en temps.Ça tombe du ciel, c\u2019est juste que des fois on dirait que même le ciel est coincé en-dessous des sacs d\u2019épicerie.Il faut que je lave le frigidaire.Tant qu\u2019à y être, je vais balayer derrière.Ils grandissent bien.Je fais tellement attention à ce qu\u2019ils mangent.Si j\u2019ai le temps ce soir je vais lire l\u2019article sur les bananes, il paraît qu\u2019il faut faire attention, qu\u2019elles sont pleines de traitements chimiques.Je vais manquer l\u2019autobus avec cette histoire de deuxième botte.Julienne va m\u2019attendre, elle déteste attendre.Où elle est Louis, ta deuxième botte?Viens ici, ma chouette, oui je sais qu\u2019il fait chaud avec ton manteau dans la maison, mais on sort là, on sort dans une minute.ou deux.Le biberon.Bon, la botte.En-dessous du recyclage?Jeanne, j\u2019aime pas ça quand tu joues avec les affaires de ton petit frère, regarde, on va être en retard à cause de ça.Bon, mon manteau.Ah oui, c\u2019est vrai, le bord à recoudre.Ce soir.Au lieu des bananes.Une chance qu\u2019il y a les soirs.Je n\u2019ai pas vu une pièce de théâtre depuis au moins six mois.Huit.C\u2019était quand, donc?Louis avait deux mois, il me semble.C\u2019était mauvais en plus.Je ne devrais pas aller au théâtre, je suis trop critique.Je suis trop critique parce que je voudrais être ailleurs que dans la salle.Mes clefs.Ouille, dans quelle sacoche?Voilà.Le biberon.On est quel jour, là?Lundi.L\u2019autobus va passer.Il neige, peut-être qu\u2019il est un peu en retard.Jeanne surveille ton frère pendant que je vais dans la cuisine une minute.Garde tes mitaines s'il te plaît, on s\u2019en va tout de suite.Le frigidaire, quelle horreur, il faut que je le lave.Ce soir.Au lieu du manteau.Une chance qu\u2019il y a les soirs.\u2022 m mars 2006 RELATIONS passageRS W» ¦m gypi?i&itiSrZi s ^\t.-O '*£rZ- Wzl 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