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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 2003-12, Collections de BAnQ.

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[" Les sens de Noël Guy Paiement ReLatiONS société politique religion NuméRO 689 DécemBRe 2003 Le scandale des famines Les stratégies de la faim La face cachée de l\u2019aide alimentaire Un pain rompu et partagé i L'histoire H tortueuse de la Slovaquie >mr 4.95 $ ARTISTE INVITÉE : SOPHIE LAVIGNE 977003437800012 sommaiRe NuméRO 689, DécemBRe 2003 4 actuaLités HoRiZoNs 9\tEN QUÊTE D'AUTHENTICITÉ Pierre Bélanger 25 eN BRef aiLLeuRS 2 6 L'HISTOIRE TORTUEUSE DE LA SLOVAQUIE Stanislav J.Kirschbaum coNtROveRse 28\tRÉFÉRENDUMS ET GOUVERNEMENT « EN LIGNE » : UNE SOLUTION?Claude Rioux Réjean Pelletier RegaRD 50\tLES SENS DE NOËL Guy Paiement 32\tCOMPASSION EMPOISONNÉE Françoise Nduwimana aLeNtouRS 36\tPAIN BLANC Hélène Monette 38 muLtiméDias 40 LiVRes Couverture : Janice Nadeau, Le roi, 2003 ReLatiONS foNDée eN 1941 DOSSieR ÎO LE SCANDALE DES FAMINES Dans un contexte mondial de surabondance de denrées alimentaires, les famines qui persistent aujourd\u2019hui représentent un pur scandale.Celles-ci sont d\u2019autant plus cyniques que certains régimes politiques ou mouvements rebelles les suscitent afin de trouver de nouveaux profits.Pour sa part, l\u2019aide alimentaire fournie par les pays du Nord est souvent subordonnée à leurs intérêts économiques et commerciaux.Loin de succomber à la tentation de baisser les bras, cela nous invite à ne pas être dupes, mais à nous assurer que notre aide parvient bien à ses destinataires.Des contrôles stricts doivent encadrer sa distribution et servir la promotion d\u2019une plus grande souveraineté alimentaire des populations.12 LES STRATÉGIES DE LA FAIM Entrevue avec Sylvie BruneL Anne-Marie Aitken l6 LA FACE CACHÉE DE L'AIDE ALIMENTAIRE Sylvie Bélanger 21 UN PAIN ROMPU ET PARTAGÉ Fabien Lebœuf ARTISTE INVITÉE Très engagée socialement, Sophie Lavigne peint depuis une vingtaine d\u2019années.À l\u2019occasion d\u2019une exposition qui a eu lieu en mars 2001, à Montréal, à la galerie Artus, elle écrivait : « Ma démarche s'inscrit dans le désert intérieur, le désert social et le désert physique de ce monde.Ces trois déserts sont omniprésents et ils dessinent nos jours à venir.Où mettre notre foi lorsque la religion et la science sont mortes?Reste-t-il de l\u2019espoir face à l'absurdité grandissante de la vie?Est-il possible de combattre cette apathie et de réinventer le monde, malgré le mépris que les hommes entretiennent envers tout idéalisme?Le rêve est-il encore possible sans qu\u2019il soit un extrême sectaire?» La revue Relations est publiée par le Centre justice et foi, sous la responsabilité de membres de la Compagnie de Jésus et d\u2019une équipe de personnes engagées dans la promotion de la justice.BUREAUX 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P 1S6 tél.: (514) 387-2541 téléc.: (514) 387-0206 relations@cjf.qc.ca www.revuerelations.qc.ca DIRECTEUR Jean-Marc Biron RÉDACTRICE EN CHEF Anne-Marie Aitken RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT Jean-Claude Ravet SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Marco Veilleux DIRECTION ARTISTIQUE Mathilde Hébert ILLUSTRATIONS Janice Nadeau Lino (ecco_lino@hotmail.com) Jacques Goldstyn RÉVISION/CORRECTION Éric Massé IMPRESSION HLN, Sherbrooke COMITÉ DE RÉDACTION Gregory Baum, Céline Dubé, Guy Dufresne, Élisabeth Garant, Fernand Jutras, Nicole Laurin, Guy Paiement.Rolande Pinard COLLABORATEURS André Beauchamp, Dominique Boisvert, Louise Boivin, René Boudreault.Marc Chabot, Hélène Monette, Jean-Marc Éla, Vivian Labrie, Jean-Paul Rouleau Les articles de Relations sont répertoriés dans Repère et dans l'Index de périodiques canadiens, publication de Info Globe.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec.ABONNEMENTS Hélène Desmarais 8 numéros (un an) : 32 $ (taxes incluses) Deux ans : 56 $ (taxes incluses) À l'étranger : 40 $ Étudiants : 25 $ TPS: Ri 19003952 TVQ : 1006003784 Nous reconnaissons l'aide financière du gouvernement du Canada, par l'entremise du Programme d'aide aux publications (PAP).pour nos dépenses d'envoi postal.ISSN 0034-3781 Envoi de Poste-publication Enregistrement n° 09261 ReLatiONS décembre 2003 eDitORiaL Menaces sur l'eau Il y a quelques semaines, la présidente du Conseil du trésor tenait des propos inquiétants, lors de discussions concernant la réingénierie de l\u2019État.Émoi et perplexité s\u2019ensuivirent.En effet, madame Jérôme-Forget s\u2019interrogeait sur la qualité de l\u2019eau potable à Montréal et sur sa possible privatisation.Bien que rappelée à l\u2019ordre par le premier ministre, il n\u2019en demeure pas moins que ses propos ont de quoi poser question à la population.Le maire, Gérald Tremblay, a quant à lui rejeté les affirmations de Monique Jérôme-Forget, disant que ce n\u2019est pas la qualité de l\u2019eau qui est en cause, mais les infrastructures : le réseau montréalais est en mauvais état, les fuites entraînent 20 à 40 % ¦s .Sophie Lavigne, Homme en MÉDITATION, 10 X 12 PO, ENCRE DE CHINE SUR PAPIER KRAFT, 2000 de l\u2019eau traitée.Il nécessite donc des investissements majeurs.La privatisation des systèmes d\u2019eau de la planète est à l\u2019ordre du jour, non seulement au Québec, mais aussi dans de nombreux pays.On affirme haut et fort que les partenariats privés-publics sont la seule voie pour financer les coûteuses constructions et rénovations d\u2019aqueducs et d\u2019égouts.Et pourtant, qui ne se souvient de l\u2019épidémie de bactérie E.coli qui a coûté la vie à sept personnes et en a rendu malades 2300 autres, à Wal-kerton, en Ontario.Une des conclusions du rapport d\u2019enquête est que les compressions au ministère de l\u2019Environnement ainsi que la privatisation des laboratoires d\u2019analyse d\u2019eau ont empêché une surveillance adéquate de la qualité de l\u2019eau! La privatisation fait flamber les prix et n\u2019abreuve pas les assoiffés du monde.Pour rentabiliser les investissements, les compagnies privées haussent les tarifs et privent d\u2019accès à l\u2019eau des millions de personnes appauvries, comme c\u2019est le cas dans plusieurs pays d\u2019Amérique latine, d\u2019Afrique, et même en France.L\u2019eau est un bien commun dont la valeur est hautement supérieure à toute valeur commerciale et, en ce sens, trop précieuse pour être confiée aux forces du marché.L\u2019eau potable est une responsabilité collective, un héritage transmis de génération en génération.Elle mérite une gestion transparente et responsable en ce qui concerne son accès, sa gestion et son contrôle démocratique.La commission des affaires sociales de la Conférence des évêques du Canada s\u2019est engagée dans cette direction dans un beau texte quelle a publié récemment sur l\u2019impératif écologique chrétien : « Dans notre propre pays, les Canadiennes et les Canadiens doivent insister pour que le gouvernement intervienne pour interdire les exportations d\u2019eau en vrac, pour assurer des standards élevés de qualité pour l\u2019eau potable et que toutes et tous y aient accès, et pour garantir que les services d\u2019eau demeurent publics et ne deviennent pas des biens privés.» Nous pouvons l\u2019entendre comme une lutte à mener en vue de défendre le bien commun, mais aussi comme un appel à la vigilance et au changement dans nos manières de vivre, de nous comporter envers notre environnement.Nous sommes conviés à faire de la Terre une amie et de l\u2019eau une compagne qui nous transmet la vie, irriguant le sol et chacune de nos cellules, nous mettant sans cesse au monde dans un mouvement de naissance incessante.Comment alors mettre la main sur l\u2019eau, la laisser confisquer par quelques-uns au détriment de nombreux autres?Comment arrêter sa course pour la mettre en bouteille alors que c\u2019est elle qui nous entraîne dans son surgissement et son passage?La folie nous guette à tout instant et nous rend aveugles.Accepterons-nous un jour d\u2019ouvrir les yeux à la lumière crue de notre accaparement dévoilé?La fête de Noël qui pointe à l\u2019horizon nous fournit l\u2019occasion de nous arrêter un peu et de prendre le temps de nous laisser habiter par ce questionnement aux dimensions de l\u2019univers.* * * En cette fin d\u2019année, Relations est fière de fêter les 20 ans du Centre justice et foi dont elle fait partie, même si elle a vu le jour bien avant lui.Tout anniversaire, s\u2019il suscite un regard reconnaissant envers le passé, ouvre aussi l\u2019avenir.Misant sur la confiance que lui accordent les jésuites et de nombreux amis et collaborateurs, le Centre va de l\u2019avant en actualisant son analyse sociale; les liens qu\u2019il tisse entre foi, justice et transcendance; son engagement dans la question nationale et sa proximité avec le mouvement communautaire.Nous lui souhaitons de beaux jours devant lui.Anne-Marie Aitken décembre 2003 ReLatiONS 3 actuaLites Un think tank du gouvernement Charest L'auteüre est PORTE-PAROLE DE la Coalition Solidarité Santé Depuis des années, L'Institut économique de Montréal fait la promotion de l'idéologie néolibérale; il trouve auprès du gouvernement actuel une oreille plus qu'attentive Marie Pelchat LJ Institut économique de Montréal (IEDM), bien connu pour la publication du palmarès des écoles, publie aussi des textes clairement conservateurs sur des sujets d\u2019intérêt public : la santé, l\u2019éducation, l\u2019eau, le logement, les dépenses sociales, la lutte à la pauvreté, l\u2019environnement, etc.Même si les sujets varient, l\u2019orientation est invariablement la même : l\u2019ouverture des marchés, la remise en question des «monopoles» d\u2019État et la promotion de la privatisation de tous les outils collectifs dont le Québec s\u2019est doté.Pour l\u2019IEDM, le bien individuel se substitue au bien commun, et les droits individuels aux droits collectifs.Force est de reconnaître qu\u2019il y a là une certaine communauté de pensée avec le plan de « réingénierie » de l\u2019État proposé par le gouvernement Charest.Sur le site de l\u2019IEDM (www.iedm.org), on peut lire la déclaration suivante de Jean Charest : « Je veux vous dire de vive voix mon appui pour l\u2019Institut.[.] la présence et la création de l\u2019Institut est absolument essentielle pour avoir un vrai débat politique au Québec et pouvoir s\u2019inspirer de nouvelles idées.D\u2019idées qui vont nous permettre, à nous qui sommes à un autre niveau, de s\u2019inspirer et de s\u2019alimenter des choix, des vrais choix que nous avons dans la société québécoise.» Le nouveau premier ministre du Québec ne se contente pas de s\u2019inspirer de l\u2019IEDM et d\u2019en faire l\u2019éloge.Lui et son entourage du PLQ auraient consulté l\u2019Institut à maintes reprises au cours des derniers mois.C\u2019est ce que confirme, dans un article publié dans The Gazette le 28 septembre 2002, Michel Kelly-Gagnon, directeur exécutif de l\u2019IEDM.Selon le même article, un proche conseiller du premier ministre, Ronald Poupart, aurait été membre de l\u2019Institut.Le rapport annuel de 2000 de l\u2019IEDM nous apprend aussi que l\u2019actuel ministre des Finances, Yves Séguin, siégeait à l\u2019époque au comité de direction.Le 1er juin 2002, lors du Conseil général du PLQ, M.Pierre Desrochers, directeur de la recherche à l\u2019Institut, était conférencier dans un atelier intitulé : « Productivité et innovation ».L\u2019IEDM est également dans la liste des experts dits « indépendants » qui ont validé le cadre financier du PLQ.Il est impossible de savoir qui garnit les coffres de l\u2019Institut et lui assure son budget annuel de trois quarts de millions $.Puisque l\u2019IEDM a un lien organique avec l\u2019Institut Fraser, il est légitime de présumer que, comme ce dernier, il est financé par de grandes compagnies qui ont tout à gagner de la privatisation et de la déréglementation.Son enregistrement comme « organisme charitable» lui permet de recevoir des dons qui permettront, par la suite, des dégrèvements d\u2019impôts pour ses fortunés donateurs.À cette fin.l\u2019IEDM se définit comme « institut de recherche et d\u2019éducation indépendant, non partisan et sans but lucratif».Une lecture de ses publications nous fait vite comprendre qu\u2019il s\u2019agit plutôt d\u2019un organisme de propagande de droite, chantre des « bienfaits» du marché dans toutes les sphères de la société.Dans ses déclarations annuelles de 2000 et 2001 à Revenu Canada, l\u2019Institut affirme ne pas avoir « tenté d\u2019influencer l\u2019opinion publique ou d\u2019obtenir la modification d\u2019une loi ou d\u2019une politique en recourant à l\u2019un des moyens suivants : annonces dans les médias; congrès, ateliers, allocutions ou conférences; publications ou déclarations dans la presse parlée ou écrite-, rencontre avec des représentants élus ou des membres de leur personnel; exposés ou mémoires à des représentants élus ou nommés».En effet, les organismes qui ne se conforment pas à cette exigence s\u2019exposent à perdre leur numéro de charité.Pourtant, les multiples interventions publiques de l\u2019IEDM contreviennent manifestement à cette exigence d\u2019apolitisme.Pourquoi Revenu Canada maintient-il alors sa reconnaissance comme organisme de charité?Cela est étonnant lorsqu\u2019on sait que Greenpeace ou l\u2019Association des chrétiens pour l\u2019abolition de la torture (ACAT), par exemple, se sont vus retirer leur numéro de charité parce que Revenu Canada juge leurs actions trop politiques! En fait, l\u2019IEDM est un lobby puissant.11 se définit lui-même comme un think tank au Québec.Pourtant, l\u2019Institut n\u2019est pas enregistré dans le registre des lob-byistes du Québec.Le plan de « réingénierie » du gouvernement Charest, et son parti pris pour les partenariats public-privé, risque de miner les missions fondamentales de l\u2019État, dont celle d\u2019assurer l\u2019avenir d\u2019un système de santé public, universel, accessible et gratuit pour tous.11 faut débusquer les groupes d\u2019intérêts et d\u2019influence qui inspirent ce plan et rappeler « qu\u2019on ne construira jamais un paradis économique sur un cimetière social, environnemental, culturel et politique».Pour une version plus étoffée de cette enquête, voir : www.solidaritesante.qc.ca \u2022 4 ) ReLatiONS décembre 2003 actuaLites De Porto Alegre à Mumbai Le Forum social mondial rassemble les mouvances, les contestations et les mobilisations déjà existantes, mais il donne aussi naissance aux grands mouvements planétaires à venir Gfyce- A\tvêeuiï&MZrtr / A/lDHd&tfp ue VP&s&pfi ittcoGrfrro AJ -4*\t.Ci'(5AP£ PoOPRArr TPAMip MOMSEâ/fZ HAVANE © ZCoT> Marcela Escribano Du 16 au 21 janvier 2004, le quatrième Forum social mondial (FSM) se tiendra dans la ville de Mumbai (anciennement Bombay), en Inde, et non à Porto Alegre.En effet, en tant que mouvement international, le FSM devait maintenant se déplacer ailleurs dans le monde.Ses organisateurs s'attendent à rassembler environ 100 000 participants, soit dix fois plus que lors de la première rencontre tenue en 2001.Une telle progression ne va pas sans imposer des défis organisationnels considérables.Pour que la société civile mondiale soit représentée dans toutes ses dimensions, le FSM doit rejoindre les citoyens et citoyennes de tous les continents.Or, cette mission est impossible si l\u2019on organise le forum au même endroit chaque année.Il était donc clair que le FSM 2004 n'aurait pas lieu au Brésil.La ville de Porto Alegre a été un formidable incubateur pour le FSM.La conjoncture politique était particulièrement favorable: le Parti des Travailleurs, déjà au pouvoir dans la région, apportait un appui financier et logistique à l\u2019événement.Il ne restait plus qu\u2019à organiser le Forum et à mobiliser les troupes, ce qui fut accompli avec succès.Depuis sa création, le FSM a pris de l\u2019ampleur.11 est maintenant prêt à affronter de nouveaux défis.L\u2019un des objectifs fondamentaux du FSM est de démocratiser le dialogue et de permettre au plus grand nombre de citoyens du monde de prendre la parole.Il paraissait donc évident que le FSM se déplace en Afrique ou en Asie, là où la concentration de la population est la plus élevée et où.malheureusement, elle est aussi la plus défavorisée.Après de longs débats, le Conseil international du FSM a choisi l\u2019Inde comme hôte du FSM 2004 pour des raisons politiques et logistiques.Ce pays offre un espace démocratique intéressant, rendant possible l\u2019organisation de l\u2019événement.Le comité organisateur a choisi la ville de Mumbai, qui a une longue tradition de lutte ouvrière et d\u2019activités politiques de contestation face au néolibéralisme.Le FSM se déroulera dans un grand centre de congrès, localisé dans la région nord-ouest de la ville.À cet endroit, seront aménagées des salles pouvant contenir les milliers de délégués qui vont se rencontrer dans les nombreux séminaires, colloques, ateliers et discussions, mais aussi au fameux Campement de la jeunesse.Comme lors de chaque édition du forum, des axes thématiques orienteront les débats et le contenu des activités.Cette année encore, l\u2019accent est mis sur la militarisation et sur la lutte contre la guerre et pour la paix.Des questions comme l\u2019information, la communication, la démocratie, l\u2019environnement, la sécu- L'auteure est RESPONSABLE DE LA MOBILISATION À Alternatives décembre 2003 T*) actuaLites Les 40 ans de la Ligue Quarante ans après sa création, la Ligue des droits et libertés est devenue une institution québécoise indispensable à la défense des droits rité alimentaire, l\u2019exclusion, la dignité et les droits humains seront aussi abordées.Le FSM n\u2019est pas seulement un événement grandiose.11 est, d\u2019abord et avant tout, un point de convergence où des organisations et des mouvements issus des quatre coins du monde viennent dialoguer, analyser et élaborer de nouvelles stratégies d\u2019action pour contrer le néolibéralisme.Le FSM rassemble les mouvances, les contestations et les mobilisations déjà existantes, mais il donne aussi naissance aux grands mouvements planétaires à venir.La Charte des principes adoptée au lendemain du FSM de 2001 établit clairement le sens de la démarche proposée.Il s\u2019agit d\u2019un lieu de rencontre qui favorise les « débats d\u2019idées, la formulation de solutions, d\u2019alternatives et de pistes d\u2019action, ainsi que la mise en réseau entre les associations et les mouvements de la société civile qui sont opposés à la mondialisation néolibérale des marchés, à la domination du capital et à l\u2019impérialisme, et qui sont engagés dans la construction d\u2019une société planétaire plus humaine, respectueuse des droits et de l\u2019environnement ».Aujourd\u2019hui, le FSM joue un rôle fondamental entre les mouvements progressistes du monde entier, construisant des ponts entre les différents types et secteurs d\u2019engagement et de luttes.Le processus de construction du FSM auquel nous assistons actuellement permet de renforcer les solidarités dans la lutte contre le néolibéralisme.11 permet aussi d\u2019approfondir le débat sur les solutions de rechange au développement et encourage les mouvements, réseaux et initiatives de lutte contre la domination du capital.\u2022 Élisabeth Garant L5 actuelle Ligue des droits et libertés est née en 1963.Elle s\u2019appelait alors «Ligue des droits de l\u2019Homme», nom quelle a porté jusqu\u2019en 1978.C\u2019était l\u2019époque où le Québec se dotait d\u2019institutions qui allaient lui permettre de prendre en main d\u2019importants secteurs de sa vie collective.Trop rares sont les personnes qui savent que la Ligue est présente dans les régions du Québec.Pourtant, il existe une section de la Ligue en Estrie, depuis 1977, et au Saguenay-Lac-St-Jean, depuis 1987.La création de la section de Québec remonte à 1994.Si le Québec a pu adopter une Charte des droits et libertés en 1975, c\u2019est en grande partie grâce à une campagne de sensibilisation publique que la Ligue a organisée et qui a mobilisé de nombreux secteurs autour du projet.C\u2019est grâce aussi à la rédaction d\u2019un document dont le texte final de la Charte québécoise s\u2019est fortement inspiré.Encore aujourd\u2019hui, alors que la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse vient de faire le bilan de la Charte, la Ligue se prépare à demander des modifications, notamment sur les droits économiques et sociaux qui sont des éléments faibles et peu contraignants de la Charte actuelle.Cette démarche est d\u2019autant plus nécessaire que le projet politique mis de l\u2019avant par l\u2019actuel gouvernement québécois vise à réduire considérablement les acquis sociaux et à démanteler les outils collectifs dont bénéficie l\u2019ensemble de la population.Parmi les campagnes qui ont marqué les 40 ans de la Ligue, il est inspirant de se rappeler l\u2019Opération Libertés, lancée le 1er mars 1978 dans le contexte de surveillance et de répression policière que connaissait alors le Québec.À l\u2019initiative de la Ligue et des centrales syndicales, l'Opération Libertés devint un projet rassembleur pour de nombreuses organisations de la société civile.L\u2019intervention des forces policières et de la GRC furent au cœur des préoccupations de cette campagne qui a mis sur pied des actions et produit des analyses permettant de résister au climat généralisé de sécurité nationale.La guerre au terrorisme déclarée par les États-Unis, à la suite du 11 septembre 2001, remet à l\u2019avant-scène ces discours sécuritaires et donne lieu aujourd\u2019hui à une panoplie de mesures qui portent atteinte aux droits et libertés: loi antiterroriste, restriction du droit de manifester, projet «accès légal », etc.La Ligue entreprend donc de nouveau une campagne d\u2019envergure sur les atteintes aux droits, qui mettent en péril la vie démocratique.L\u2019immigration a fait également l\u2019objet d\u2019interventions régulières de la Ligue depuis ses débuts.Dans le processus qui a mené à l\u2019adoption de la Loi fédérale sur l\u2019immigration, en 1976, la Ligue a été un acteur central de l\u2019analyse critique du projet de loi.Elle a participé à toutes les instances de délibération.Vingt-cinq ans plus tard, lors de l\u2019instauration de la nouvelle Loi sur l\u2019immigration, en 2002, la Ligue a davantage soutenu le travail d\u2019organismes spécialisés dans cette question, 6 ) ReLatioNS décembre 2003 actuaütes m LIGUE m DROITS El LIBERTES tel le Conseil canadien pour les réfugiés.De son côté, la Ligue a toujours choisi de défendre des personnes immigrantes, individuellement et collectivement, Pensons à l\u2019affaire Regalado, durant les années 1980, ou aux sans-statut algériens qui risquent la déportation.De la lutte des chauffeurs de taxi haïtiens à l'observatoire sur les discriminations à l\u2019égard des communautés arabomusulmanes, la Ligue a sensibilisé au racisme et mené des actions pour le contrer.Bien que son action soit principalement à l\u2019échelon national, la Ligue intervient aussi sur le plan international par son affiliation à la Fédération internationale des ligues des droits de l\u2019Homme, depuis 1979.Le Québec a régulièrement assuré l\u2019une des 15 vice-présidences.Il a également contribué à une meilleure prise en compte des droits économiques et sociaux, ainsi que des droits des femmes et des Autochtones dans la dynamique internationale.La Ligue pilote la rédaction d'un rapport alternatif pour le Comité des droits économiques et sociaux de l\u2019ONU, afin de permettre aux groupes du Québec de répertorier et de dénoncer les violations en cours.L\u2019ampleur du travail réalisé par la Ligue, sa contribution unique à la vie démocratique de la société québécoise et son indéniable pertinence confirment que les personnes qui furent à l\u2019origine de sa fondation ont eu une bonne intuition.La Ligue est devenue une institution québécoise indispensable à la défense des droits.À ce titre, elle a droit à une place dans notre mémoire collective et à l\u2019assurance d'un avenir.Pour ce faire, la Ligue doit pouvoir compter sur l\u2019engagement solidaire de nombreuses organisations engagées dans la défense des droits, mais aussi sur un membership significatif.Le 40e anniversaire peut être une bonne occasion de lui apporter cet appui nécessaire.\u2022 Une critique chrétienne de la mondialisation Organisé par le Jesuit Centre for Social Faith and Justice, un séminaire international réunissait récemment à Guelph, en Ontario, une trentaine de personnes autour du sujet : « La pensée sociale de l'Église dans le contexte actuel de la mondialisation » Jean-Marc Biron En considérant les dimensions économique, sociale, politique, juridique, culturelle et écologique de la mondialisation, les participants au séminaire, universitaires et gens du terrain, devaient identifier ce qui, dans le phénomène de la mondia- lisation, appelle une réflexion éthique à laquelle la tradition sociale catholique peut contribuer, et ce, en vue d\u2019une publication ultérieure aux éditions Novalis.D\u2019entrée de jeu, le professeur Johan Verstraeten, du Département de théologie de l\u2019Université de Leuven, a situé la pensée sociale de l\u2019Église catholique dans la tradition du discernement.En effet, à Vatican II, le pape Jean XXIII a donné une impulsion nouvelle à cette pensée en invitant les chrétiens à scruter les «signes des temps».Il ne s\u2019agissait plus tant d\u2019élaborer un ensemble de concepts théoriques constituant une «doctrine sociale» à transmettre, que de développer un processus de discernement à la lumière de l\u2019Évangile.Tous les baptisés, membres d\u2019une communauté de destin avec les autres humains, étaient ainsi appelés à participer au développement d\u2019une vision et d\u2019une action sociales qui ne soient pas du seul ressort du pape ou des évêques.Les chrétiens et les chrétiennes qui s\u2019engagent à favoriser une mondialisation des so- décembre 2003 ReLatiONS 10 ,*l : n \u2018tffÜÜÉÉ g i: $5 ,x /1 4 : 4v-*ï ¦'V J ¦ â si VSS2 r \u2019 > R^C.' 'i: 4 -i 1J!I *¦> ?ZiJ f fir 1 j /.r v < .ÙÈis- 2* :/ J'¦¦*% AllSi&i VJ*l,v \u2018¦'y /t«SS$; \u2022¦ ¦ : i \u2019\t.- Ÿ\t¦ , ;§t .\u2022«¦ ¦ 44S' r^WfikmJÊbM L w ¦ >:*% \u2018\ts4^ \"W : ^kM .*! mm Mi en Jamaïque, et ailleurs dans les Caraïbes, malgré la controverse qui prévalait au pays autour des effets pervers.À la fourniture de surplus céréaliers sont venues progressivement s\u2019ajouter des interventions d\u2019urgence plus complexes tout en favorisant parallèlement, selon l\u2019ACDI, le développement durable.Puis, désireux de soutenir la sécurité alimentaire - mais aussi de renforcer l\u2019ajustement structurel là où il est jugé indispensable -, le Canada a décidé, dans les années 1980, d\u2019utiliser l\u2019aide alimentaire pluri-annuelle pour répondre à ces deux objectifs majeurs simultanément.Dans plusieurs cas, la « monétisation » de l\u2019aide alimentaire a été de mise.Le fondement de cette approche est le suivant : la sécurité alimentaire sera davantage assurée dans les pays qui connaîtront la croissance économique, et celle-ci ne peut être possible, aux dires de la Banque mondiale, du FMI et de l'OCDE, que grâce à l\u2019ajustement structurel qui vise à corriger les déséquilibres à la source de la pauvreté.Autrement dit, la croissance économique constituait une sorte de remède miracle que devait couronner la sécurité alimentaire des populations par effet de percolation.Comme les autres donateurs membres de l\u2019OCDE, le Canada n\u2019a pas jugé simpliste ni ambiguë cette approche selon laquelle la faim peut être éradiquée par la croissance économique.Il s\u2019est au contraire résolument engagé dans cette voie néolibérale.Le cas du Mali illustre bien les limites de cette stratégie canadienne que l\u2019ACDl n\u2019a pas hésité à expérimenter dans plusieurs pays africains.À partir de 1981, les recettes de l\u2019aide alimentaire canadienne ont été versées dans un fonds de contrepartie commun à plusieurs donateurs pour cofinancer le Programme de restructuration du marché céréalier (PRMC), reconnu par le FMI et la Banque mondiale comme la première mesure d\u2019ajustement structurel au Mali - une expérience encore considérée comme un modèle non seulement par les institutions de Bretton Woods, mais aussi le PNUD, la FAO et la communauté internationale.Son objectif fondamental était la sécurisation alimentaire des populations, en particulier dans les zones déficitaires, mais celle-ci ne pouvait être atteinte sans une libéralisation des marchés agricoles, une restructuration de plusieurs des institutions et la privatisation d\u2019autres organisations.Dans les années 1990, après plus de 15 ans de PRMC, les marchés étaient réputés être devenus plus fluides et la restructuration de plusieurs secteurs de l\u2019économie (l\u2019énergie ou l\u2019éducation, par exemple) effective.Mais l\u2019impact sur les populations vulnérables des zones déficitaires et qui souffrent le plus de l\u2019insécurité alimentaire fut mitigé, en particulier sur les enfants, dont l\u2019état nutritionnel est même en voie de détérioration.En outre, une nouvelle génération de pauvres a vu le jour.Les programmes d\u2019ajustement structurel ont entraîné des mises à pied massives dans le secteur public, accroissant la précarité des ménages et exacerbant l\u2019insécurité alimentaire de ces nouvelles couches sociales.Les nombreuses mesures du PRMC n\u2019ont pas non plus empêché, fin 2002 (année de sécheresse), une nouvelle chute de la production vivrière et un déficit céréalier important.En mettant son aide alimentaire bilatérale au service de l\u2019ajustement structurel en même temps que de la sécurité alimentaire, le Canada souhaitait pourtant « contribuer de manière économique à la réduction durable de la faim et de la malnutrition », suivant en cela les principes mis de l\u2019avant par le Comité d\u2019aide au développement (CAD) de l\u2019OCDE.La nouvelle stratégie canadienne de l\u2019aide alimentaire Depuis sa création en 1978, le Centre d\u2019aide alimentaire a pour mandat principal d\u2019améliorer l\u2019efficacité de l\u2019aide alimentaire.Le Centre a joué un rôle clé dans la détermination de la stratégie canadienne aussi bien que dans la planification et la réflexion.Le Canada a, de plus, joué un rôle de premier plan au sein du PAM pour encourager cette organisation à exercer un contrôle accru sur ses finances et ses activités.11 a toujours été un fervent partisan du multilatéralisme, en particulier pour l\u2019écoulement de son aide alimentaire d\u2019urgence.Le PAM permet d\u2019envoyer des denrées dans des pays où le Canada n\u2019exécute pas de programme d\u2019assistance.Récemment, les priorités du Centre d\u2019aide alimentaire ont nettement basculé du côté de la santé/nutrition pour s\u2019inscrire désormais dans le cadre du nouveau Programme de lutte contre la faim, la malnutrition et les maladies.Est-ce pour concrétiser la vocation socio-humanitaire de l\u2019aide alimen- SOPHIE LAVIGNE, Femme du Mau, 15 x 20 PO, MÉDIUM MIXTE SUR PAPIER JAPONAIS, 2001 décembre 2003 ReLatiONS 19 dOSSieR taire?Il est pour le moins curieux que cette approche centrée sur la santé/nutrition des populations vulnérables s\u2019accompagne de l\u2019objectif fondamental suivant : contribuer de manière économique à la réduction de la faim et de la malnutrition, en répondant d\u2019abord aux exigences de rendement et du meilleur rapport coût/efficacité.11 est tout aussi curieux que ce changement de cap intervienne au moment où le budget d\u2019aide alimentaire est à son plus bas niveau depuis dix ans.Peut-être est-on bien loin des considérations de croissance économique des années 1980 et 1990 pour lutter contre l\u2019insécurité ali- mentaire, mais l\u2019ACDl a conservé les préoccupations à caractère économique de ses stratégies antérieures, même si les objectifs nutritionnels lui confèrent un caractère humanitaire, La stratégie d\u2019aide alimentaire continue de couvrir simultanément trois grands secteurs reflétant les intérêts que poursuit le Canada dans ses rapports avec les pays en développement : 1) sa propre politique agricole et commerciale et les contraintes qui lui sont associées, 2) sa politique étrangère et ses exigences, 3) sa politique humanitaire et de développement.De toute évidence, si ces objectifs peuvent s\u2019avérer complémentaires, ils s\u2019avèrent plus que jamais conflictuels voire contradictoires dans un contexte mondial où les intérêts protectionnistes deviennent de moins en moins compatibles avec la vocation humanitaire de l\u2019aide alimentaire.\u2022 Des alternatives aux OGM Éric Darier l'auteur est membre\tT es pays du Sud n\u2019ont pas besoin des OGM pour résoudre de Greenpeace\tI\tles problèmes de la famine, car les solutions de re- I À change existent déjà.En fait, l\u2019introduction des OGM dans les pays du Sud risque d\u2019augmenter la dépendance de ces pays envers les entreprises agrochimiques et agrobiotechnologiques des pays du Nord (brevetage, herbicides chimiques, monocultures, dépendance sur les marchés extérieurs, etc.).Notre responsabilité dans les pays du Nord est de cesser de croire que refuser les OGM, c\u2019est être contre la lutte contre la faim et la malnutrition dans le monde.Il s\u2019agit d\u2019un odieux chantage auquel nous ne devons pas nous soumettre.Pour les entreprises de l\u2019agrobiotechnologie, les OGM font partie d\u2019une stratégie de contrôle du marché et de l\u2019ensemble du secteur agro-alimentaire - des semences à la table.Ils font appel au brevetage du vivant, qui en lui-même est une menace pour l\u2019autonomie des agriculteurs et des pays du Sud.Greenpeace a produit deux rapports détaillés sur les alternatives aux OGM existant déjà dans les pays du Sud et qui font partie d\u2019une agriculture écologiquement durable: Nichola Parrott et Terry Mardsen, The Real Green Revolution - Organic and agroecological farming in the South (février 2002) et Greenpeace et.Brot für die welt, Les secrets de la réussite pour une agriculture durable, octobre 2001.Ces rapports contiennent des renseignements sur 208 projets répartis dans 52 pays.C\u2019est la plus vaste étude menée sur l\u2019agriculture durable dans le monde.Dans le cadre de ces projets et initiatives, près de 9 millions d\u2019agriculteurs ont mis en œuvre des pratiques et des technologies agricoles écologiquement durables couvrant près de 30 millions d\u2019hectares - l\u2019équivalent de 3 % des terres agricoles permanentes et des terres arables en Afrique, en Asie et en Amérique latine.11 y a une décennie, cette superficie ne dépassait pas 100 000 hectares.Les pays les plus représentés par ces projets sont l\u2019Inde (23 projets): l\u2019Ouganda (20); le Kenya (17); la Tanzanie (10); la Chine (8); les Philippines (7); le Malawi (6); le Honduras, le Pérou, le Brésil, le Mexique, le Burkina Faso et l\u2019Éthiopie (5 chacun); et le Bangladesh (4).Parmi les exploitations agricoles recensées, 90 % ont une surface moyenne par agriculteur inférieure ou égale à 2 hectares.Ces études ont distingué neuf types d\u2019améliorations agricoles écologiquement durables parmi les 208 projets recensés : un meilleur usage des ressources naturelles locales; une intensification des micro-environnements dans les systèmes agricoles (jardins, vergers, mares); une diversification par l\u2019ajout de nouveaux éléments régénérateurs; un meilleur usage des intrants non renouvelables et des technologies extérieures; des pratiques sociales et participatives entraînant une action de groupe-, des programmes d\u2019éducation permanente; un accès à des financements abordables (crédits, allocations, subventions); une augmentation de la valeur grâce aux procédés utilisés pour réduire les pertes et augmenter le rendement; une augmentation de la valeur grâce au mode de commercialisation, organisée ou directe, auprès de consommateurs.Les résultats furent plus que probants ; une plus grande biodiversité locale entraîne une plus grande sécurité et diversité alimentaire; les approches écologiques préservent et améliorent le sol en maximisant les intrants écologiques locaux plutôt que des intrants chimiques provenant de l\u2019extérieur de la localité; les rendements augmentent (jusqu\u2019à 250 % au Brésil ; de 175 % au Népal); avec des retombées économiques plus grandes et sous contrôle local (diversification, transformation alimentaire, commercialisation).Bien entendu, il existe aussi des obstacles au développement de ces initiatives de rechange : l\u2019hostilité de certains gouvernements et bureaucraties dans les pays du Sud; beaucoup d\u2019ONG basées dans les pays du Sud manquent de ressources par rapport aux entreprises agrochimiques et agrobiotechnologiques; pas assez de transfert des connaissances autochtones et paysannes d\u2019une région à l\u2019autre ; une domination des intérêts commerciaux sur la souveraineté alimentaire et l\u2019autonomie paysanne; un manque de recherches d\u2019envergure globale sur les agricultures écologiquement durables.20 ReLatiONS décembre 2003 Un pain rompu et partagé L'existence de l'humanité affamée crie vers Dieu car elle apparaît comme le démenti de l'alliance, de la présence active de Dieu dans l'histoire, dont l'eucharistie est le signe efficace.qui ont faim, parce que la communauté de Corinthe est « duale », « cassée en deux », l\u2019eucharistie ne peut pas se célébrer.Elle n\u2019est qu\u2019apparence d\u2019eucharistie, mensonge.Elle est le repas des riches et non « le repas du Seigneur ».Fabien Lebœuf Un jour, dans le diocèse de Dorn Helder Camara, situé dans le Nordeste du Brésil, un pauvre s\u2019introduisit par effraction dans l\u2019église pour voler.Il défonça la porte du tabernacle, s\u2019empara du ciboire et s\u2019enfuit avec objets sacrés et argent.Quelqu\u2019un retrouva les hosties que le voleur avait jetées dans la boue.Les fidèles se scandalisèrent de ce « sacrilège » et parlaient des peines les plus sévères qu\u2019on devrait infliger au criminel.Dom Helder exprima un point de vue tout à fait différent, qui révélait sa compréhension profonde de l\u2019eucharistie : « Nous sommes choqués parce que notre frère, ce pauvre voleur, a jeté les hosties, le Christ eucharistique, dans la boue.Mais le Christ vit tous les jours dans la boue, chez nous au Nordeste! Ouvrons-nous les yeux! Tous les jours, les pauvres sont condamnés à une existence de boue! Et le Christ, qui vit en eux, vit aussi avec eux dans la boue.Le meilleur de la communion au corps du Christ dans l\u2019eucharistie serait qu\u2019elle nous ouvre les yeux sur les pauvres et nous aide à reconnaître l\u2019eucharistie des pauvres, des opprimés, de ceux qui souffrent.» Les pauvres sont par excellence l\u2019image, le visage du Christ parmi nous.En effet, pour les premiers théologiens de l\u2019Église - les Pères de l\u2019Église - les pauvres sont ceux par qui et en qui Jésus se rend présent parmi nous.Ils en sont en quelque sorte le premier «sacrement», le signe efficace.C\u2019est pourquoi il y a un lien vivant, organique entre ceux et celles qui ont faim dans le monde aujourd\u2019hui et l\u2019eucharistie.Ces deux sacrements primordiaux du Christ - les pauvres et l\u2019eucharistie - s\u2019appellent l\u2019un l\u2019autre, renvoient l\u2019un à l\u2019autre.Et cela, dans tous les sens et tous les aspects de l\u2019eucharistie.« Ce n\u2019est pas le repas du Seigneur.» Saint Paul le rappelle brutalement aux chrétiennes et aux chrétiens de Corinthe (1 Co, 11,17-34).«Je n\u2019ai pas à vous féliciter », s\u2019emporte-t-il.Car les uns mangent et boivent pendant que les autres ont faim et soif.Quand vous prétendez vous réunir pour célébrer l\u2019eucharistie, « ce n\u2019est pas le repas du Seigneur que vous prenez », mais c\u2019est votre propre condamnation que vous mangez et buvez.Car vous faites de l\u2019eucharistie un mensonge.Ainsi, parce qu\u2019il existe dans la communauté chrétienne de Corinthe des fractionnements, des divisions, fondées sur le refus de partager avec celles et ceux Les fruits de la terre Ce n\u2019est pas par distraction ni pour la beauté d\u2019une phrase bien équilibrée que ÏOrdinaire de la messe présente le pain et le vin eucharistiques comme les « fruits de la terre ».L\u2019Église\tl'auteur est se donne la peine de préciser que sous les symboles du pain\tdirecteur de socabi et du vin, ce qui devient le corps et le sang du Christ, ce sont les fruits de la terre transformés en nourriture par le travail des hommes et des femmes.Qu\u2019en est-il alors du milliard d\u2019affamés qui n\u2019ont pas accès aux fruits de la terre dans le monde aujourd\u2019hui?Des dizaines de millions de paysans sans terre, des centaines de millions de chômeurs acculés par une éco- Alors que le Christ dit être venu pour le salut de tous, se peut-il que ces millions de personnes ne puissent s'associer à l'offrande du Christ?nomie injuste à ne pas pouvoir nourrir leur famille?De la terre elle-même, cette mère nourricière de l\u2019humanité qu\u2019on conscrit pour la production de profits et qu\u2019on empêche de nourrir ses enfants?Exclus par la violence du signe sacramentel, sont-ils exclus de la communion avec le Christ et de la communion des saints?Alors que le Christ dit être venu pour le salut de tous, se peut-il que ces millions de personnes ne puissent s\u2019associer à l\u2019offrande du Christ?L\u2019eucharistie n\u2019est-elle pas plutôt en elle-même la dénonciation de leur exclusion sociale?L\u2019eucharistie n\u2019est-elle pas la proclamation que le corps du Christ est « rompu » dans le corps de celles et ceux qui souffrent la passion de la faim, et qui sont son corps eucharistique autant que le pain et le vin?N\u2019appelle-t-elle pas à l\u2019éradication des structures de péché qui excluent les affamés du repas des humains et empêchent l\u2019eucharistie d\u2019être pleinement le repas du Seigneur?Un mémorial de l\u2019alliance Comme signes de sa compréhension nouvelle de la foi et du salut, Jésus a choisi le pain et le vin consommés lors d\u2019un repas de la pâque.Les Juifs comprenaient immédiatement qu\u2019il proclamait un nouveau « culte de communion ».En effet, le pain eucharistique rappelle les douze « gâteaux de farine » - les pains d\u2019oblation ou de proposition - qu\u2019on plaçait en permanence devant le Saint des Saints du temple et que les décembre 2003 ReLatioNS 21 dOSSieR Sophie Lavigne, Sans titre, 10 x 12 PO, ENCRE DE CHINE SUR PAPIER KRAFT, 2000 prêtres devaient manger chaque sabbat.Ces pains, repas agréable aux yeux de Dieu, représentaient les douze tribus du peuple juif.Le repas sacré - l\u2019eucharistie de l\u2019Ancien Testament - scellait à nouveau chaque fois l\u2019alliance du peuple avec Dieu et des membres du peuple entre eux.Ce pain de vie était source et signe d\u2019une solidarité qui s\u2019étendait à tous les domaines de la vie en société et garantissait la survivance du peuple de génération en génération.Tous les récits du repas pascal dans le Nouveau Testament le présentent comme gage et signe de la nouvelle alliance entre Dieu et son peuple.L\u2019eucharistie, que nous faisons en mémoire de Jésus, est le mémorial de cette alliance.Or l\u2019alliance, profondément spirituelle, est en même temps l\u2019annonce d\u2019une nouvelle année jubilaire (Le 4,16-21).Le jubilé n\u2019est pas une simple institution plutôt dépassée de l\u2019Ancienne Alliance, tout au plus capable de nous inspirer quelques réflexions édifiantes.Tout le Nouveau Testament est jubilaire.La foi de Jésus est jubilaire.Le jubilé contient comme en une capsule l\u2019essence du message évangélique - et de la mission de l\u2019Église.Le jubilé, créé « afin qu\u2019il n\u2019y ait pas de pauvre chez toi » (Dt 15,4), décrétait périodiquement de libérer les esclaves, de remettre les dettes, de laisser la terre se reposer, de rentrer chacun dans son patrimoine, de renvoyer le pauvre avec un « capital de départ » suffisant pour qu\u2019il puisse relancer sa subsistance autonome.Le jubilé cherchait par là à contrer les inévitables dérives de la société vers l\u2019injustice, l\u2019exclusion et l\u2019oppression.Et parce que la dynamique de dérive est inscrite au coeur même de la logique d\u2019accumulation des richesses et d\u2019intérêts économiques, le jubilé doit revenir périodiquement casser la fatalité de la faim, de la pauvreté et de l\u2019esclavage.Car cette dynamique met en échec l\u2019alliance de Dieu avec son peuple.Elle est, comme le proclament Isaïe et Ézéchiel, un blasphème, une insulte au nom de Dieu, et même une négation pure et simple de Dieu.Elle revient à affirmer qu\u2019il n\u2019y a pas de Dieu libérateur et créateur, que Dieu n\u2019est pas présent dans l\u2019histoire pour le salut de son peuple.Tant qu\u2019Israël est en esclavage, « je ne suis rien ici » (Is 52,5).Par le biais de l\u2019eucharistie « mémorial de l\u2019alliance », nous rejoignons donc ici ce que Paul disait du «repas du Seigneur».L\u2019existence de l\u2019humanité affamée «crie vers le Seigneur » parce quelle apparaît comme le démenti de l\u2019alliance, comme le démenti de la présence active de Dieu dans l\u2019histoire, dont l\u2019eucharistie est le signe efficace.22 ReLatiONS décembre 2003 L\u2019envoi dans le monde pour la vie C\u2019est pourquoi l\u2019alliance - que commémore et scelle perpétuellement l\u2019eucharistie - engage le croyant dans la lutte pour l\u2019éradication de la pauvreté et dans un mouvement permanent de réorganisation sociale.L\u2019invitation «Allez dans la paix du Christ! » n\u2019est pas le signal que l\u2019eucharistie est finie et qu\u2019on peut retourner à ses affaires habituelles, mais que l\u2019eucharistie doit être transportée au cœur du monde.« Je ne suis pas venu apporter la paix mais le feu sur la terre.» La « messe » n\u2019est pas compatible avec une fausse concorde qui laisserait intactes les exploitations et les injustices.Les toutes premières communautés chrétiennes avaient compris le potentiel révolutionnaire - jubilaire - de l\u2019eucharistie : « Nul ne considérait comme sa propriété l\u2019un quelconque de ses biens; au contraire ils mettaient tout en commun.Nul parmi eux n\u2019était indigent.Chacun recevait une part selon ses besoins» (Ac 4,32-35).Le partage du pain eucharistique allait de pair avec le partage du « pain quotidien » (Ac 2,42).En retour, l'engagement des chrétiens pour la justice sociale n\u2019est pas un simple devoir moral ni seulement l\u2019une des multiples pastorales autour desquelles l\u2019Église organise sa mission.Il est d\u2019abord et avant tout une œuvre de création à travers laquelle se concrétise l\u2019expérience de la présence de Dieu ici et maintenant pour « la libération de toute situation oppressive ».C\u2019est ainsi que « la situation actuelle du monde, considérée à la lumière de la foi, nous appelle à retourner au noyau même du christianisme, et nous permet d\u2019acquérir une conscience nouvelle de son vrai sens et de ses exigences pressantes.La mission de prêcher l\u2019Évangile exige, aujourd\u2019hui, l\u2019engagement radical pour la libération intégrale de l\u2019homme, dès maintenant, dans la réalité même de son existence en ce monde » (Synode universel des évêques, La justice dans le monde, 1971).« Je hais, je méprise vos fêtes » Déjà sous l\u2019ancienne alliance, les prophètes dénonçaient le cuite qui ne changeait rien aux structures sociales de péché.Déjà ils réclamaient le culte en esprit, le seul culte qui soit compatible avec l\u2019alliance conclue dans la libération de l\u2019esclavage et de la pauvreté, et dont les rites liturgiques ne pouvaient être que le symbole sous peine d\u2019être un mensonge public.«Je ne puis sentir vos réunions solennelles.Écarte de moi le bruit de tes cantiques.Mais que le droit coule comme de l\u2019eau, et la justice, comme un torrent qui ne tarit pas » (Am 5,21-24).La parabole du Samaritain porte le même message central.Si nous tenons notre regard fixé sur le Samaritain, nous y verrons le geste de compassion individuel par lequel commence déjà la contestation d\u2019un ordre social inhumain, et le germe de nouveaux rapports sociaux fondés sur la solidarité.?Tenaillé par la faim Félicien Ngakoutou Tout le monde ne vit pas la faim de la même façon.Tout le monde ne la ressent pas de la même façon.Dans la tradition africaine en général, et tchadienne en particulier, un homme digne de ce nom n\u2019avoue presque jamais sa faim.Pourtant, il en endure les effets.La faim avouée devient mendicité.Mais je vais briser le tabou.Arrivé à N\u2019Djaména, la capitale du Tchad, où j\u2019avais pu m\u2019inscrire en première année à l\u2019Université, j\u2019avais à assurer seul ma subsistance.La rigueur dans la gestion et la modestie qui me caractérisaient en ces temps-là ne m\u2019avaient pas mené bien loin : au bout de trois mois, j\u2019avais « mangé » toutes mes économies.Je ne comptais sur personne, pas même sur mes parents! Alors, j\u2019étais rendu à n\u2019avoir parfois que 100 FCFA (20 cents) par jour.11 m\u2019arrivait même, quelquefois, de connaître des jours « maudits » et des nuits blanches! La faim me tenaillait le ventre pendant que l\u2019esprit, dans un voyage imaginaire, fréquentait toutes sortes de plats succulents.Je vivais ainsi entre la dure réalité et l\u2019espoir qu\u2019un beau jour un peu d\u2019argent me tomberait sous la main.J\u2019ai accepté de vivre sous l\u2019emprise de la faim non pas toujours parce que je n\u2019avais rien à manger.Face à la rareté de la nourriture, j\u2019avais intérêt à me familiariser avec la faim.Je me formulais également une réflexion ; je ne vivais pas seulement pour manger, car vivre c\u2019est aussi s\u2019occuper de beaucoup d\u2019autres choses (études, loisirs, religion, amitiés, etc.).Par ailleurs, j\u2019ai réalisé qu\u2019être affamé était pire qu\u2019être malade, car ce vers quoi la faim pousse l\u2019affamé, le malade ne l'auteur, tchadien peut pas toujours y prétendre.Les dangers que cache la faim est étudiant a sont là : vol, endettement, jalousie, violence, malhonnêteté.N'djamena Lorsque malade, je venais voir le médecin, la discrétion ci-haut évoquée m\u2019empêchait de lui dévoiler tous les renseignements sur mon état.Et puisque ce dernier ne savait pas que je traînais une faim chronique et une situation sociale très précaire susceptibles de faire le lit de mes souffrances, je m\u2019en sortais souvent avec des ordonnances bien coûteuses et de fermes interdictions alimentaires.Seul Dieu savait si je respectais ces prescriptions médicales, car je n\u2019en parlais à personne! Mon seul objectif était de travailler pour passer en deuxième année et bénéficier de la bourse d\u2019études.Cinq ans après cette rude épreuve, j\u2019en ai tiré quelques leçons : la maîtrise de soi et l\u2019endurance sont pour moi des qualités acquises alors que l\u2019attention aux démunis me préoccupe constamment.Je me prends maintenant en charge grâce à de petits métiers.Enfin, ma relation aux choses matérielles est assez libre; la faim intellectuelle et spirituelle ayant également forgé ma personnalité.décembre 2003 RelatiONS dOSSieR Sophie Lavigne, Enfant des steppes, 8 X 10 PO, ENCRE DE CHINE SUR PAPIER KRAFT, 2000 Mais si nous tournons notre regard vers Jésus lui-même et nous demandons pourquoi il raconte cette parabole, nous découvrirons une histoire autrement plus explosive.Pourquoi choisit-il de mettre un prêtre et un lévite à l\u2019avant-plan du récit?Et pourquoi ceux-ci se détournent-ils du blessé abandonné au bord de la route?C\u2019était sur la route menant de Jérusalem, ville du Temple, à Jéricho, ville où résidaient les prêtres et les lévites attitrés au culte.Le prêtre et le lévite revenaient donc de célébrer le culte ou se rendaient le célébrer, et pour cette raison la loi juive leur interdisait de s\u2019approcher du «sang», des blessés et des mourants.En dénonçant leur comportement, Jésus conteste l\u2019édifice théologico-idéologique qui légitimait ce comportement, qui laissait, au nom de la pureté du culte, mourir sur le bord de la route un homme à qui Dieu avait pourtant donné la vie.Le Samaritain, non emprisonné dans le carcan de l\u2019orthodoxie meurtrière, est libre de servir gratuitement la vie.Le jubilé remettait en question l\u2019édifice sociopolitique qui permettait de réduire des fils et des filles de Dieu à la pauvreté et à la servitude; Jésus remet en cause l\u2019édifice théo-logico-idéologique qui légitimait cette structure sociopolitique, et qui faisait de la « liturgie » (de leitos, public, et ergon, travail, œuvre, action) non plus une action collective de libération et de création de la vie, mais la justification du chacun pour soi et de l\u2019indifférence aux souffrances des affamés et des assoiffés.Parole magique ou signe efficace?On résiste difficilement à la tentation de donner un caractère magique aux sacrements en général et à l\u2019eucharistie en particulier.11 suffirait que le grand magicien, à qui seul est réservé cet exploit miraculeux, prononce les mots magiques et paf! le pain et le vin sont transmutés en chair et en sang.Mais le sacrement est un « signe efficace », le signe de quelque chose qui se réalise vraiment.Le pain rompu et le vin partagé sont le signe - et l\u2019engagement, la promesse, l\u2019annonce - que Jésus acceptera d\u2019être condamné et exécuté par fidélité à Dieu et à sa foi.« Faire ceci en mémoire de Jésus » signifie que nous ferons la même chose : nous consentons à rompre notre vie par fidélité à l\u2019alliance de vie et de libération, nous acceptons d'être envoyés dans le monde pour la rémission des structures de péché, nous engageons notre vie au service des blessés laissés mourant au bord des routes du progrès économique, de l\u2019accumulation des richesses par quelques-uns et de l\u2019immense faim des autres.Nous devenons le corps vivant et agissant du Christ aujourd\u2019hui, le signe efficace de sa présence dans le monde.Notre engagement à réaliser le partage universel du pain quotidien clame la vérité du partage du pain eucharistique, qui est alors vraiment « le repas du Seigneur».\u2022 Pour prolonger la réflexion LIVRES BÉLANGER, Sylvie, Le poids des intérêts politiques et commerciaux dans la sécurisation alimentaire des populations, Québec, L\u2019action humanitaire du Canada, PUL, 2002 BRUNEL, Sylvie, Famines et politique, Paris, Presses de Sciences Po, La bibliothèque du citoyen, 2002 BRUNEL, Sylvie, Frontières, Paris, Denoël, 2003 BRUNEL, Sylvie, La faim dans le monde, comprendre pour agir, Paris, PUF, 1999 MADELEY, John, Le commerce de la faim, la sécurité alimentaire sacrifiée à l'autel du libre échange, Montréal, Écosociété.Collection « Enjeux planète », 2002 McLAUGHLIN, Martin M.Perspective catholique sur la politique alimentaire du Nouveau Millénium, Washington D.C.Center of Concern.2002 RUFIN, Jean-Christophe, Le piège.Quand l\u2019aide humanitaire remplace la guerre, Paris, Jean-Claude Lattès, 1986 SOGGE, David, Les mirages de l\u2019aide internationale.Quand le calcul l\u2019emporte sur la solidarité.Montréal, Écosociété, collection « Enjeux planète », 2003 SEN, Amartya, Un nouveau modèle économique, Paris, Odile Jacob, 2000 WAAL de, Alex, Famine business, l\u2019entreprise humanitaire en Afrique, Bruxelles, Colophon Éditions, 1999 ZIEGLER, Jean, Le droit à l\u2019alimentation, Paris, Fayard, Mille et une nuits, 2002 SITES Droitshumains.org/aIimentation/4 Fao.org Thehungersite.com Undp.org/french 24! ReLatiONS décembre 2003 eN BRef Ordre national du Québec Mgr Maurice Couture (avec 30 autres personnalités, dont le père Emmett Johns) a été nommé l\u2019automne dernier à l\u2019Ordre national du Québec.Successivement supérieur provincial et supérieur général de sa communauté, évêque auxiliaire à Québec et évêque de Baie-Comeau, il a occupé de 1990 à 2002 la fonction d\u2019archevêque de Québec et de primat de l\u2019Église canadienne.Homme éminemment respecté, Mgr Couture a apporté une contribution notable au domaine de l\u2019éducation.Son engagement envers les démunis et en faveur des droits de la personne est remarquable.Communicateur exceptionnel, il a contribué (entre autres lors du Sommet des Amériques) à promouvoir une justice sociale enracinée dans l\u2019Évangile et à traduire avec intelligence le discours de l\u2019Église au sein de la société québécoise contemporaine.Prix œcuménique Le Festival des films du monde de Montréal, par son Prix œcuménique, prime une production qui se distingue autant par ses qualités artistiques que pour son apport à la promotion de valeurs humaines, sociales et spirituelles.Il est décerné par Interfilm et Signis, les organisations internationales protestante et catholique pour le cinéma.Le lauréat de cette année est le film Gaz bar blues du réalisateur québécois Louis Bélanger.En lui décernant ce prix, le jury a souligné le talent et la sobriété de cette mise en scène d\u2019un groupe d'hommes ordinaires, confrontant une mondialisation néolibérale avec les seules forces de leur fraternité et d\u2019une profonde humanité.Conseil œcuménique des Églises Samuel Kobia a été élu premier secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises (COE).Ce pasteur méthodiste kenyan remplace l\u2019Allemand Konrad Raiser qui occupait cette fonction depuis 11 ans.C\u2019est la première fois qu\u2019un Africain est élu à ce poste.Son élection symbolise une réelle évolution au sein du COE dans lequel les représentants des Églises d\u2019Europe et d\u2019Amérique sont maintenant minoritaires.L'avenir du Congo Une délégation de la Conférence épiscopale nationale du Congo a effectué une tournée au Canada en octobre dernier.En partenariat avec Développement et paix, ces évêques venaient présenter leur plan d\u2019action pour la formation civique en République démocratique du Congo.En effet, à travers ses structures pastorales et paroissiales, l\u2019Église au Congo opte pour la mobilisation et l\u2019éducation de la population.Convaincue que la cause primordiale de la crise actuelle est le manque d\u2019un État de droit, elle s\u2019engage à faire pression pour que des élections libres et transparentes soient tenues dans les délais prévus.Elle s\u2019engage aussi à promouvoir des habitudes démocratiques de contrôle des dirigeants et de la gestion des ressources dans le pays.Enfin, elle propose un processus de réconciliation et de lutte contre l\u2019impunité, exigeant que les criminels et les pilleurs des richesses du Congo soient traduits en justice.Trame sonore Ceux et celles qui ont apprécié la télésérie « Simonne et Char-trand » (diffusée cet automne à Télé-Québec) se réjouiront d\u2019apprendre que la trame sonore de cette dramatique, signée par Jean Corriveau, est disponible en magasin.L\u2019album reprend le thème musical principal de la télésérie ainsi que les différentes pièces qui l\u2019agrémentent.Il contient des discours importants de Michel et de Simonne, lus par les interprètes Luc Picard et Geneviève Rioux.On y trouvera aussi la magnifique chanson de Claude Gauthier, « Ô toi Simonne », et un extrait du Cantique des cantiques lu par Michel Chartrand lui-même.11 est à noter qu\u2019une contribution sera versée au Centre des femmes de Montréal pour chaque album vendu.Une nuit de paix Depuis cet automne, le Carrefour de pastorale en milieu ouvrier (CAPMO) distribue une vidéo cassette d\u2019une trentaine de minutes, réalisé par Diane Arsenault.Elle relate les moments forts de la « Nuit de spiritualité pour un monde en paix» qui a eu lieu du 20 au 21 avril 2002 à l\u2019église Saint-Pierre, de l\u2019Église unie, à Québec.Des représentants de neuf traditions spirituelles - autochtone, baha\u2019ïe, bouddhiste, brahma kumari, hindoue, juive, musulmane (tant sunnite que chiite), humaniste laïque et, bien entendu, de différentes confessions chrétiennes - se succédèrent, durant toute cette nuit jusqu\u2019à l\u2019aube, afin de répondre, chacune à sa manière (prière, chant, musique, discours), à une question commune: « Qu\u2019est-ce que dit votre tradition à propos de la paix?» Renseignements : (418) 525-6187 ou capmo@clic.net décembre 2003 RelatioNS aiLLeuRS L'histoire tortueuse de la Slovaquie L'auteur est PROFESSEUR À l'Université York de Toronto La République slovaque célèbre cette année son dixième anniversaire.Issu de la dissolution de la Tchécoslovaquie, cet État représentait un pari non seulement pour la population, mais aussi pour l'Europe centrale.Dix ans plus tard, il n'y a plus lieu de mettre en cause sa viabilité ni son avenir.Stanislav J.Kirschbaum En 1918, cette petite nation de cinq millions d\u2019habitants, située au cœur de l\u2019Europe, était rattachée à la nation tchèque pour former avec elle un État.Ce mariage de deux peuples slaves représentait la mise en œuvre du droit des peuples à disposer d\u2019eux-mêmes, droit préconisé par le président américain Woodrow Wilson comme solution à la réorganisation de l\u2019Europe centrale au lendemain de la désagrégation de l\u2019empire austro-hongrois.Il signalait aussi le début d\u2019une nouvelle expérience politique de cohabitation volontaire de deux nations voisines, aux langues apparentées.Soixante-quatorze ans après sa création, en 1993, l\u2019État commun se désagrégeait, l\u2019expérience de cohabitation s\u2019étant avérée un échec.L\u2019échec d\u2019une cohabitation Comme la plupart des nations d\u2019Europe centrale, les Slovaques s\u2019étaient lancés sur la voie de la réalisation de leur droit de disposer d\u2019eux-mêmes au début du XIXe siècle, quand les droits his- toriques furent reconnus comme arguments politiques et juridiques suffisants et nécessaires pour justifier la formation d\u2019un État national.Bien que la tradition orale ainsi que la littérature slovaque célèbrent la formation politique médiévale de la Grande Moravie (dissoute en 905) comme leur premier État national, les Slovaques n\u2019ont pas été perçus comme possédant de tels droits, parce qu\u2019ils contribuaient depuis près de mille ans au développement ainsi qu\u2019à l\u2019histoire de la Hongrie septentrionale.Grâce à leur langue et à la géographie de leur pays montagneux, ils avaient pu préserver leur identité nationale, sans pour autant avoir de pouvoir politique propre, pas même celui de s\u2019auto-administrer.Leur position devint précaire, à l\u2019ère des nationalismes, lorsque les Magyars, inquiets de leur propre avenir, se lancèrent dans une politique d\u2019assimilation des allogènes de Hongrie pour s\u2019assurer rapidement une majorité démographique.Pendant cette lutte contre la «ma-gyarisation », qui parfois leur semblait sans espoir, les Slovaques se battirent pour leur survie jusqu\u2019en 1918.Dans la recherche d\u2019une porte de sortie, certains hommes politiques slovaques avaient compris que les Tchèques étaient leurs alliés naturels: par les liens tissés à travers l\u2019histoire et l\u2019utilité de s\u2019unir pour quitter un jour l\u2019Autriche-Hongrie.Tant du coté des Tchèques que du coté des Slovaques, l\u2019idée d\u2019un État commun où chaque nation pourrait poursuivre son destin, tout en partageant sa gestion, était reçue avec enthousiasme.En fait, il y avait deux visions d\u2019État commun.La vision slovaque était celle «Pra^X^ POLOGNE\t\tr\t \u2022Cracovie\t/\t\u2022 L\u2019vov RÉP.TCHÈQUE\t .\tSLOVAQUIE Vienne) \u201e \u2022\t) Bratislava AUTRICHE j*\tr' \u2022 Budapest / Graz \u2022\t( 2\tHONGRIE /\tUKRAINE islovénieW\ty b\tr t: scikvts iFUran 'SKS 42 ReLatiONS décembre 2003 Prochain numéro Le numéro de janvier-février de la revue Relations sera offert en kiosques et en librairies durant la troisième semaine de janvier 2004.Il comprendra notamment : \u2022\tUn dossier sur l\u2019éthique.À l\u2019heure où l\u2019éthique est dominée par la technique, la judiciarisation et en passe d\u2019être confisquée par les experts, comment redonner la parole aux citoyens dans un contexte pluraliste afin de retrouver du sens pour nos sociétés et pour chacun d\u2019entre nous?\u2022\tUn article sur le Vietnam dans le cadre de la rubrique Ailleurs.\u2022\tUne entrevue avec Antoine Sfeir sur la situation au Moyen-Orient.\u2022\tUne controverse sur une éventuelle limite d\u2019âge à l\u2019exercice de la fonction papale.\u2022\tLa suite de la chronique de l\u2019écrivaine Hélène Monette, illustrée par Janice Nadeau.\u2022\tDes œuvres de notre artiste invitée, Céline Boucher.Une ibée cabeau pour Atocl?« Oui, je désire un abonnement de________________an(s), au montant de_________________$ NOM__________________________________________________________________________________________ ADRESSE______________________________________________________________________________________ VILLE _______________________________________________________________________________________ CODE POSTAL ______________________________ TÉLÉPHONE (________) _____________________________ Je désire offrir en cadeau un abonnement de_______________an(s), au montant de_______________$ à la personne suivante : NOM__________________________________________________________________________________________ ADRESSE______________________________________________________________________________________ VILLE _______________________________________________________________________________________ CODE POSTAL ______________________________ TÉLÉPHONE (________) _____________________________ Montant total :_______________$ Je paie par chèque (à l'ordre de Relations) CH Visa CH Mastercard CH NUMÉRO DE LA CARTE __________________________________________________________________________ EXPIRATION_________________________ SIGNATURE________________________________________________ ReLatiONS société politique religion 8 NUMÉROS PAR ANNÉE, 44 PAGES 4,95 $ PLUS TAXES ABONNEZ-VOUS.Un an : 32 $ Deux ans : 56 $ À l'étranger (un an) : 40 $ Étudiant : 25 $ (sur justificatif) par téléphone : (514) 387-2541 par télécopieur : (514) 387-0206 par courriel : relations@cjf.qc.ca par ta poste : Relations a/s Mme Hélène Desmarais 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P 1S6 Céline Boucher, La vision, 2000, techniques mixtes SUR PAPIER, 97 X 64 CM jH'H Présent sur toutes les scènes culturelles Abonnements : (514) 985-3355 1 800 463-7559 LE DEVOIR "]
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