Relations, 1 mars 2001, Mars
[" -puDiication - tnregistrement no uykfbi Vers un Nunavik autonome ReLatiONS société politique religion NuméRO 667 maRS 2001 Sommet des Amériques La démocratie BROUILLON »£ LIBERTE AaAPt lAf emmuree La privatisation du monde Un modèle d\u2019exclusion sociale Rhétorique éducative et politiques marchandes Controverse Les délateurs : un mal ou une nécessité?ARTISTE INVITEE : CLAUDIA BERNAL sommaiRe NuméRO 667, maRS 2001 4 actuaLités émeRgeNce 9\tLA TOILE DU MONDE Guy Paiement aiLLeuRS 24 COLOMBIE : DES PAYSANS RÉSISTENT Massimo Panzino coNtROveRse 2 6 LES DÉLATEURS : UN MAL OU UNE NÉCESSITÉ?Jean-Paul Brodeur et Michel Le Bel RegaRD 28\tVERS UN NUNAVIK\tAUTONOME Gérald McKenzie 32\tLE TEMPS DE L'ESPÉRANCE Jean-Philippe Warren 51 eN BRef pRisme 36\tLE LIEU DU CRIME Wajdi Mouawad 58 muLtiméDias 40 LivRes Couverture : Garnotte DOSSieR 10 SOMMET DES AMÉRIQUES LA DÉMOCRATIE EMMURÉE À l\u2019abri des oreilles indiscrètes, dans un secret qui fait honte à la démocratie, les chefs d\u2019État des Amériques se réunissent à Québec, pour discuter de la constitution d\u2019une zone de libre-échange des Amériques.Derrière ce qu\u2019on nous présente comme un simple accord commercial, une nouvelle façon de gouverner le monde se dessine de plus en plus clairement.La table avait déjà été mise par l\u2019ALENA : la résistance s\u2019organise pour éviter que la ZLEA ne vienne consacrer la victoire d\u2019une conception marchande du monde.12 LA PRIVATISATION DU MONDE Entrevue avec Dorval Brunelle Jean Pichette 16 UN MODÈLE D'EXCLUSION SOCIALE Renato Martins 20 RHÉTORIQUE ÉDUCATIVE ET POLITIQUES MARCHANDES Jocelyn Berthelot ARTISTE INVITÉE Peintre - mais aussi vidéaste - montréalaise d'origine colombienne, Claudia Bernai s'intéresse particulièrement à la fragmentation de l\u2019espace urbain et à son rapport avec la fragmentation sociale et culturelle.Après avoir participé, l'année dernière, à des événements d\u2019intervention dans la ville (Internos, à Santiago de Cuba, Nuit Blanche sur Tableau Noir, à Montréal, et les Journées Mondiales d'Arl public et Muralisme, à Mar del Plata, en Argentine), elle présente actuellement une exposition individuelle au Gesù, à Montréal, sous le titre Femme cherche maison.Le 6 avril prochain, elle présentera une installation vidéo - Cartographie intérieure - à La Bande Vidéo, à Québec.ReLatiONS La revue Relations est publiée par le Centre justice et foi, sous la responsabilité de membres de la Compagnie de Jésus et d\u2019une équipe de personnes engagées dans la promotion de la justice.BUREAUX 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P 1S6 tél.: (514) 387-2541 téléc.-.(514)387-0206 relations@cjf.qc.ca DIRECTEUR Jean Bellefeuille RÉDACTEUR EN CHEF Jean Pichette RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Anne-Marie Aitken SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Jean-Claude Ravet DIRECTION ARTISTIQUE Mathilde Hébert RÉVISION/CORRECTION Éric Massé IMPRESSION HLN, Sherbrooke COMITE DE REDACTION Gregory Baum, Michel Beaudin, Guy Dufresne, Élisabeth Garant, Joseph Giguère, Vincent Greason, Fernand Jutras.Nicole Laurin.Françoise Nduwimana, Guy Paiement, Carolyn Sharp, Francine Tardif COLLABORATEURS André Beauchamp, Jean-Marc Biron, Dominique Boisvert, René Boudreault.Normand Breault, Marc Chabot, Jean-Marc Éla, Vivian Labrie.Jean-Paul Rouleau Les articles de Relations sont répertoriés dans Repère et dans l'Index de périodiques canadiens, publication de Info Globe.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec.ABONNEMENTS Hélène Desmarais 8 numéros (un an) : 30 $ (taxes incluses) Deux ans : 55 $ (taxes incluses) À l'étranger : 35 $ Étudiants : 25 $ TPS: RI 19003952 TVQ : 1006003784 Nous reconnaissons l'aide financière du gouvernement du Canada, par l'entremise du Programme d'aide aux publications (PAP).pour nos dépenses d'envoi postal.ISSN 0034-3781 Envoi de Poste-publication Enregistrement n\u201d 09261 ReLatiONS mars 2001 eDitoRiaL Davos, PQ Fin janvier.Bernard Landry peut enfin quitter le Québec pour Davos, afin de rencontrer les grands « décideurs » de ce monde réunis pour la kermesse se tenant chaque année dans le petit village de Suisse.Les dés sont en effet jetés pour la succession de Lucien Bouchard : après les tractations ayant tué dans l\u2019œuf la possibilité de tenir une course au leadership, le Conseil national spécial du Parti québécois fixe ni plus ni moins les modalités devant mener au couronnement du ministre des Finances comme premier ministre du Québec.Exit les débats sur les orientations sociales et économiques de ce gouvernement.Celui qui est aussi vice-premier ministre peut s\u2019envoler l\u2019esprit en paix vers l\u2019Europe.Claudia Bernal, Logements sociaux II, 1998, Photo-sérigraphie, 62 X 50 cm je.C* rt¥K !» fl +2J7 Autre hasard de l\u2019histoire?Il n\u2019est en tout cas pas anodin qu\u2019une fois virtuellement couronné, le futur (au moment d\u2019écrire ces lignes) premier ministre du Québec se soit rendu en vitesse à Davos, symbole par excellence de l\u2019incapacité croissante des élus de ce monde à gouverner.Sur place, M.Landry a déclaré fièrement, dans une entrevue télévisée, qu\u2019il « salivait » en pensant aux investissements que le Québec récolterait auprès des industriels présents en Suisse.Il n\u2019y a pourtant rien de réjouissant à voir nos dirigeants se transformer en voyageurs de commerce prêts à vendre leur pays aux plus offrants! À quoi bon la souveraineté s\u2019il s\u2019agit de sacrifier sur l\u2019autel de l\u2019économisme ambiant notre capacité de promouvoir le bien commun?Il y a là un enjeu fondamental pour le Québec (à l\u2019intérieur ou non du cadre canadien) qui ne peut plus être balayé sous le tapis au nom d\u2019une sacro-sainte unité à maintenir pour LA cause.Une souveraineté qui ne permettrait que de faire flotter le fleur-de-lys sur les entreprises profitant des largesses d\u2019un État ayant largement renoncé à ses pouvoirs (comme c\u2019est aussi le cas à Ottawa!) n\u2019est qu\u2019une souveraineté de pacotille.Il fut un temps, heureusement révolu, où le combat national au Québec aimait se penser dans le cadre du mouvement de décolonisation.Faudrait-il maintenant dénoncer le néo-colonialisme de nos dirigeants politiques?Cela vaut, encore une fois, tant à Québec qu\u2019à Ottawa.Il y a des questions que certains ténors souverainistes - peut-être hantés par l\u2019idée de ne pas voir leur rêve se réaliser de leur vivant - s\u2019acharnent à ne pas vouloir entendre.Le départ de Lucien Bouchard, dans la foulée du débat entourant l\u2019« affaire Michaud », constituait un moment propice pour procéder à un aggiornamento sérieux du projet souverainiste.11 semble qu\u2019on aura plutôt droit à d\u2019autres actions « pédagogiques » (sic) pour convaincre les Québécois de la nécessité de la souveraineté.Comme si ce projet n\u2019était pas présent dans le débat politique québécois depuis un quart de siècle! La souveraineté n\u2019est pas une fin en soi.Elle doit notamment contribuer à l\u2019établissement d\u2019une société plus juste, donc capable de limiter les prétentions individuelles à l\u2019accaparement d\u2019une part croissante des richesses collectives.En ce sens, le chemin menant à la souveraineté ne peut être dissocié de la souveraineté elle-même, sauf à se nier dans son accomplissement.En favorisant au contraire, de toutes sortes de façons, l\u2019adaptation de la société québécoise - ou plutôt des individus qui la composent - à une économie mondiale « naturalisée », c\u2019est l\u2019idée même d\u2019une communauté politique, pour laquelle ils revendiquent la souveraineté, que nos ténors souverainistes se trouvent à nier.Faut-il alors s\u2019étonner des accents ethniques que certains souverainistes donnent à leur cause?Comme si, incapables de fonder politiquement leur projet, ils pouvaient trouver là une raison le justifiant.La question nationale au Québec s\u2019est enfermée dans des discussions stratégiques faisant l\u2019impasse sur le sens d\u2019un tel projet au moment où, partout, les gouvernements s\u2019entêtent aveuglément à dissoudre la souveraineté dans des mécanismes où ne peuvent triompher que des individus - et des corporations! Cela contribue à atrophier encore davantage un espace public de débats déjà mal en point.L\u2019élection d\u2019un nouveau chef au PQ aurait pu permettre que de telles discussions se tiennent.Mais le principal prétendant au titre de premier ministre n\u2019avait pas le temps de discuter : il devait prendre l\u2019avion pour Davos.Jean Pichette (ï) mars 2001 ReLatiONS actuaLites Les auteurs SONT MEMBRES DU Regroupement pour LA SURVEILLANCE DU NUCLÉAIRE © Des obus.à l'uranium! L'utilisation d'armes composées d'uranium appauvri, lors des conflits en Irak et aux Balkans, n'en finit pas de faire des dégâts Gordon Edwards et Marc Chénier Il y a dix ans, lors de la Guerre du Golfe, les forces américaines et britanniques bombardèrent l\u2019Irak avec des armes à base d\u2019uranium appauvri : l\u2019équivalent de 350 tonnes de ce métal furent ainsi déversées.Dans la Guerre des Balkans, l\u2019OTAN en a également fait usage.L\u2019apparition de ce qu\u2019on a appelé le syndrome de la Guerre du Golfe et des Balkans, chez des milliers d\u2019anciens combattants, ainsi que des taux de cancer alarmants dans les régions bombardées d\u2019Irak, rendent légitimes les craintes sur l\u2019extrême nocivité de ces armes.L\u2019uranium est l\u2019élément naturel le plus lourd de la planète.On l\u2019utilise dans la fabrication d\u2019obus afin d\u2019en augmenter la puissance de pénétration.Mais l\u2019uranium est aussi une substance radioactive de longue durée qui constitue une menace perpétuelle à la santé humaine.Ce danger touche non seulement les combattants, mais aussi les civils qui pourraient être affectés pour des milliers d\u2019années par le rayonnement des résidus d\u2019uranium abandonnés sur les champs de bataille.L\u2019uranium appauvri est le déchet provenant de l\u2019enrichissement de l\u2019uranium, un procédé nécessaire à la fabrication des armes nucléaires et du combustible de certains réacteurs.L\u2019enrichissement est un procédé très coûteux, mais l\u2019uranium appauvri est considéré bon marché parce que c\u2019est un sous-produit indésirable n\u2019ayant, à toute fin pratique, aucune utilisation civile.L\u2019uranium appauvri n\u2019est pas dangereux tant qu\u2019il se trouve à l\u2019extérieur du corps.Le rayonnement alpha émis par l\u2019uranium est effectivement bloqué par une feuille de papier, des vêtements ou même la peau : il n\u2019y a donc pas de dan- ger d\u2019exposition externe.À l\u2019intérieur du corps, par contre, le rayonnement alpha devient l\u2019agent cancérogène le plus puissant qu\u2019on connaisse.Il est vingt fois plus dommageable que les rayons X ou les rayons gamma et cause le cancer du poumon, le cancer des os et une série de maladies sanguines, dont la leucémie.Un grand nombre de mineurs et de travailleurs ayant manipulé le radium sont morts à la suite d\u2019une exposition interne à des quantités minimes de substances radioactives à rayonnement alpha.Or, sur les champs de bataille, une partie de l\u2019uranium se volatilise au moment de l\u2019impact et produit une fumée radioactive qui peut rester plusieurs jours en suspension et être ainsi facilement inhalée.Il n\u2019existe aucune étude portant sur les effets à long terme pour la santé humaine ou animale des sujets exposés à de telles vapeurs d\u2019uranium appauvri.Comme dans le cas du programme d\u2019essais atmosphériques de la bombe ato- mique, les humains sont encore une fois utilisés comme cobayes pour permettre aux militaires de constater les effets nocifs d\u2019une arme nouvelle.Prétendre, sans preuves à l\u2019appui, que l\u2019uranium appauvri est sans danger est tout à fait irresponsable.On sait depuis longtemps que l\u2019uranium est une substance mortelle.L\u2019histoire canadienne de l\u2019exploitation de l\u2019uranium n\u2019est pas moins désolante.On a noté chez les mineurs des Territoires du Nord-Ouest, de la Saskatchewan et de l\u2019Ontario des taux de mortalité due au cancer du poumon de deux à cinq fois plus élevés que le taux normal pour cette maladie.Le coupable est sans contredit le rayonnement alpha provenant du minerai d\u2019uranium.Le Canada a toujours été le premier exportateur mondial d\u2019uranium.Puisqu\u2019on mélange l\u2019uranium sans distinction d\u2019origine lors du processus d\u2019enrichissement, il s\u2019ensuit que chaque obus à l\u2019uranium contient une proportion importante d\u2019uranium provenant du Canada.Le gisement d\u2019uranium le plus riche au monde, celui de Cigar Lake dans le nord de la Saskatchewan, est présentement en exploitation.Certains secteurs du gisement contiennent du minerai ayant une teneur en uranium de 70 %, ce qui les rend tellement radioactifs qu\u2019on devra ReLatiONS mars 2001 actuaütes peut-être les exploiter au moyen de robots.Imaginons un archéologue de l\u2019avenir découvrant des vestiges d\u2019obus de l\u2019OTAN à l\u2019uranium appauvri, comme les pointes de flèches laissées par les chasseurs préhistoriques.Ces vestiges seront aussi radioactifs que le minerai de Cigar Lake.En effet, l\u2019uranium devient plus radio- actif au fil du temps à cause de la production spontanée de sous-produits radioactifs, dont certains comptent parmi les agents cancérogènes les plus puissants : le radon, le thorium, le radium et le polonium.Les avocats de l\u2019ONU maintiennent que les obus à l\u2019uranium seraient illégaux selon les lois de droit international en vigueur parce qu'il s\u2019agit d\u2019armes inhumaines, qui endommagent l\u2019environnement, qui sont nocives aux non-combattants et qui demeurent nocives une fois les hostilités terminées.Nous nous devons d\u2019insister pour que de telles armes soient bannies.\u2022 Requiem pour l'aide sociale Les dernières mesures modifiant te régime de L'aide sociale au Québec entraîneront-elles une nouvelle diminution du nombre de prestataires?Louise Boivin Depuis 1995, le nombre de personnes aptes au travail qui reçoivent de l\u2019aide sociale a diminué de 30 %! Ont-elles toutes décroché les emplois de l\u2019économie du savoir financés à coup d\u2019exemption fiscale?Dans une société où règne désormais la compétition, le droit à l\u2019aide sociale est plutôt remplacé par la protection de la main invisible du marché et le coup de poing des programmes de travail obligatoire (workfare).Reste la charité.« Les prestations de l\u2019aide sociale se situent déjà en deçà du seuil de la pauvreté.Des pénalités en plus sont, pour nous, inacceptables! Cette approche coercitive ne fait que profiter à l\u2019État qui coupe dans ses dépenses et offre une main-d\u2019œuvre à rabais aux employeurs ».C\u2019est en ces termes que l\u2019Organisation populaire des droits sociaux, le Regroupement autonome des jeunes et le Regroupement des organismes commu- nautaires autonomes jeunesse du Québec ont dénoncé, en décembre dernier, devant les bureaux de la ministre de l\u2019Emploi, Diane Lemieux, les nouvelles mesures limitant l\u2019accès à l\u2019aide sociale chez les jeunes.La version québécoise du workfare (travail obligatoire) inspirée des programmes mis en place sous le président américain Ronald Reagan continue donc de se déployer.Depuis mai 1999, la mesure Destination emploi impose aux nouveaux prestataires de moins de 55 ans des démarches de recherche d\u2019emploi sous menace de pénalités financières.Depuis la réforme de 1998, la loi obligeait déjà les personnes à prendre et garder tout emploi respectant les normes minimales du travail.L\u2019équation est simple : ou tu acceptes de chercher et d\u2019occuper un emploi au salaire minimum, ou tu te retrouves, pendant douze mois, avec 75 $ en moins sur ton chèque mensuel de 510 $ (453 $ pour ceux qui partagent leur logement).Un deuxième man- quement entraîne une autre pénalité de 75 $ et un troisième lui ajoute 150 $.Pour pousser tout le monde vers le marché du travail précaire, l\u2019État s\u2019engage à offrir des débouchés au nom du principe de réciprocité.Dans la « novlan-gue » gouvernementale, pour reprendre l\u2019expression de George Orwell, emploi à rabais ou programme d\u2019insertion sans perspective équivaut à solidarité.Pour l\u2019instant, la machine bien rodée continue de faire disparaître un grand nombre de jeunes des listes de l\u2019aide sociale.La mécanique a d\u2019abord pris la forme, en novembre 2000, d\u2019un projet pilote appelé Solidarité Jeunesse - destiné aux 18-20 ans - et présenté comme « une solution de rechange à l\u2019assistance-emploi », selon les termes du ministre de la Solidarité sociale, André Boisclair.Par l\u2019intermédiaire des Carrefours jeunesse-emploi, des créatures dites « communautaires » sous-traitantes de l\u2019État, le programme a été offert aux jeunes sur une base volontaire et représentait ainsi une excellente opération de marketing.Depuis février 2001, le « parcours vers l\u2019insertion, la formation et l\u2019emploi » est obligatoire pour les assistés sociaux de 18-24 ans, sous la menace des actuaLités L'auteur travaille au Comité chrétien pour les droits HUMAINS EN Amérique latine fameuses pénalités financières.La pression opérée par l\u2019intermédiaire d\u2019un programme similaire, mis sur pied en 1996 et appelé Options, en avait déjà obligé plusieurs à ne plus recourir à l\u2019aide sociale.Les listes d\u2019attente des maisons d\u2019hébergement pour jeunes en difficulté s\u2019étaient alors allongées.Entre décembre 1994 et septembre 2000, le nombre de jeunes assistés sociaux de 18 à 24 ans considérés aptes au travail a diminué de 41 %! S\u2019étonnera-t-on que le nombre de jeunes de la rue augmente encore?La prochaine catégorie cible à écoper de ces mesures coercitives s\u2019annonce être celle de quelque 60 000 femmes chefs de famille monoparentale, avec ce que cela implique pour elles et pour leurs enfants dont elles sont seules à assumer la responsabilité.Dans le cadre de la mondialisation de l\u2019économie, la course à la compétitivité implique désormais que les individus s\u2019assujettissent aux conditions du marché du travail, quelles quelles soient.La politique d\u2019aide sociale exerce une pression à la baisse sur ces conditions, qui se sont déjà dégradées avec l\u2019expansion du travail atypique depuis vingt ans (temps partiel involontaire, travail temporaire ou autonome, emploi sans avantages sociaux, etc.).À terme, il s\u2019agit de réserver l\u2019aide sociale aux seuls inaptes au travail et de ne concéder que le minimum du minimum aux aptes pour les maintenir en vie le temps qu\u2019ils dénichent un boulot.De là la popularité des notions minimalistes de besoins essentiels et de sécurité alimentaire.L\u2019idée de droit à l\u2019aide sociale en fonction du besoin et sans égard à la cause de celui-ci, facteur de dignité humaine, s\u2019efface-t-elle des mémoires au profit de la promotion inconditionnelle de l\u2019emploi?\u2022 © ReLatiONS mars 2001 Le Chiapas à la croisée des chemins De passage au Québec, en janvier dernier, l'ancien archevêque de San Cristobal jette un regard d'espoir sur une région où il a vécu 40 ans Hector Poblete La mobilisation en faveur de la démocratie et de la justice prend de plus en plus d\u2019ampleur dans les pays latino-américains et constitue un signe encourageant pour l\u2019avenir, estime Don Samuel.Très engagé dans la cause des peuples autochtones et de la justice en Amérique latine, celui que les autochtones ont surnommé le Tatic (prêtre), rappelle que l\u2019implication massive d\u2019une société civile mieux organisée demeure toutefois la clé du changement, comme l\u2019illustre la défaite récente, au Mexique, du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), après 71 ans de pouvoir.Une défaite qui permet d\u2019espérer des jours meilleurs pour le Chiapas, même si tout n\u2019est bien sûr pas joué.Don Samuel se garde bien de porter un jugement sur le nouveau président, Vicente Fox, et le nouveau gouverneur du Chiapas, Pablo Salazar Mendiguchia, qui prétendent tous deux défendre la démocratie et la justice.11 préfère attendre avant de se prononcer sur leurs promesses électorales.Il reconnaît cependant que le curriculum de Vicente Fox, qui dit vouloir lutter contre la corruption et l\u2019impunité au pays, n\u2019est guère reluisant, et que la différence est minime entre le PRI et le Parti d\u2019action nationale (PAN) dirigé par Fox, ancien P.D.G.de Coca-Cola.Le PAN a d\u2019ailleurs été l\u2019associé et le complice du PRI dans l\u2019application des politiques économiques qui ont saigné le Mexique depuis 20 ans.Ils sont, ensemble, l\u2019expression d\u2019un seul parti patronal.Fox et le président sortant Francisco Labastida ont été les deux chevaux d\u2019un même cavalier : l\u2019oligarchie mexicaine associée au capital transnational.À cet égard, le programme néolibéral de Vicente Fox n\u2019est guère différent de celui du PRL II s\u2019inscrit dans la suite logique des réformes ayant mené à la privatisation du pétrole et de l\u2019électricité; au démantèlement final de la protection sociale; aux contre-réformes des lois du travail; à la destruction des organisations autonomes et à l\u2019inféodation de l\u2019éducation aux lois du marché.Le tout sans oublier l\u2019impunité et l\u2019absence de réformes dans l\u2019appareil judiciaire en matière des droits humains.Tout au long des élections, rappelle Don Samuel, Vicente Fox n\u2019en a pas moins promis que son premier souci serait de faire ratifier l\u2019accord de San Andrés entre les zapatistes et l\u2019État mexicain - un accord jusque-là ignoré par le gouvernement sortant - et de reprendre les discussions avec l\u2019Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), au Chiapas, afin de conclure une paix.Après deux années de silence, le sous-commandant Marcos a récemment annoncé que l\u2019EZLN a l\u2019intention de se présenter à Mexico, lors de la rencontre du Congrès uni, ce mois-ci, pour discuter du Traité de San Andrés : ce sera la première fois que tous les commandants de l\u2019EZLN sortiront de l\u2019État du Chiapas depuis le soulèvement de 1994.Don Samuel voit dans cette initiative la fin possible du conflit au Chiapas, ce qui permettrait aux communautés autochtones de vivre enfin sans peur.Avant de sortir du Chiapas, l\u2019ELZN a toutefois posé trois conditions : la reconnaissance du traité de San Andrés dans sa totalité, la libération de tous les prisonniers politiques de l\u2019EZLN et le retrait immédiat des forces armées dans les sept zones de conflit.Actuellement, actuaLites seulement une vingtaine de prisonniers -sur 120 - ont été libérés et les militaires n\u2019ont évacué que trois zones.Cependant, l\u2019armée n\u2019est pas sortie du Chiapas pour autant : elle s\u2019est juste déplacée dans des zones plus éloignées du conflit, sous son contrôle.Quarante pour cent des militaires mexicains se retrouvent actuellement au Chiapas, et Don Samuel rappelle que les paramilitaires y sont également bien implantés.Voilà de quoi s\u2019inquiéter quand on veut parler de paix! Au moment d\u2019écrire ces lignes, les zapatistes devaient quitter le Chiapas le 25 février dernier et prévoyaient arriver à Mexico le 6 mars.Il reste peu de temps pour trouver une solution durable à un conflit qui a fait des milliers de morts, surtout parmi les autochtones.C\u2019est pourquoi Don Samuel, qui reste optimiste, demande à tous de rester vigilants et d\u2019agir en solidarité afin que la justice puisse enfin briller pour tous.\u2022 #\"ÇvS» ' \t Des femmes zapatistes DEMANDENT LE RETRAIT Un baume sur une plaie vive Le 50e anniversaire du Haut Commissariat aux réfugiés : un appel à une révision en profondeur du système de protection des réfugiés Elisabeth Garant Le demi-siècle d\u2019existence du HCR témoigne avant tout de l\u2019incapacité de la communauté internationale à régler les conflits qui entraînent le déplacement de dizaines de millions de personnes.C\u2019est avec justesse que Madame Sadako Ogata, Haut Commissaire durant les dix dernières années, précisait - en quittant ses fonctions le 31 décembre dernier - que cet événement permet surtout de souligner le courage et la détermination de tous les réfugiés.C\u2019est en 1951 que le HCR recevait de l\u2019Assemblée générale des Nations unies le mandat de fournir une protection internationale aux réfugiés et de chercher des solutions permanentes aux problèmes soulevés par le refuge.C\u2019est la même année que la Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés (Convention de Genève) voyait le jour.Elle devenait la pierre angulaire de la mission du HCR.Créé d\u2019abord pour une période temporaire (3 ans, puis 5 ans), le HCR a vu ensuite son mandat se renouveler régulièrement.Au fil des années, les missions de l\u2019organisme ont pris de plus en plus d\u2019ampleur.Aujourd\u2019hui, plus de 22 millions de personnes sont placées sous sa protection.Un demi-siècle après la création du HCR, le nombre et la complexité des déplacements forcés sont en croissance et on assiste à un net effritement de l\u2019engagement de la communauté internationale.Depuis la fin de la Guerre froide, le problème des réfugiés a cessé d\u2019être une priorité humanitaire pour les puissances occidentales.Cette situation appelle une réflexion sur l\u2019avenir de la protection internationale et sur le rôle du Haut Commissariat.Des consultations générales ont d\u2019ailleurs été annoncées par le Département de protection inter- DES MILITAIRES DANS UNE DES ZONES DU CHIAPAS, EN FÉVRIER 2000.Photo : Canapress/ Eduardo Verdugo mars 2001 ReLatioNS actuaLités nationale du HCR.Elles se dérouleront en 2001 et 2002.C\u2019est dans cette conjoncture que M.Ruud Lubbers, ancien Premier ministre néerlandais, vient de prendre la succession de Mme Ogata.Les personnes ayant besoin de protection ne sont plus seulement les réfugiés selon la définition de la Convention de Genève.Sur les 22 millions de personnes actuellement sous la protection du HCR, près de 7 millions sont des déplacés à l\u2019intérieur de leurs frontières nationales ou des personnes ayant besoin de protection, tels les apatrides.On estime à 30 millions dans le monde le nombre de personnes qui ne peuvent traverser les frontières pour obtenir une protection.Figurent aussi au tableau les nombreux demandeurs d\u2019asile dans les pays du Nord.À la diversité des déplacements forcés s\u2019ajoute la difficulté de protéger des réfugiés qui sont de plus en plus au cœur des conflits ou la cible des agressions.Face à ces situations, les moyens politiques du HCR sont totalement insuffisants.Les nouveaux besoins de protection doivent être reconnus par la commu- Claudia Bernal, Danaé dans la ville (Bogota) ,1997, Huile et acrylique SUR TOILE, 159 X 117 CM ReLatiONS mars 2001 nauté internationale afin d\u2019y apporter des réponses adéquates.Sa responsabilité n\u2019est pas une question simple car les pays, dont le Canada, n\u2019ont d\u2019obligation juridique de protection qu\u2019à l\u2019égard de ceux qui parviennent jusqu\u2019à leur territoire.Il s\u2019agit donc de susciter une volonté politique nécessaire à un engagement plus actif des membres de l\u2019ONU au plan international.Une des premières garanties à obtenir serait l\u2019assurance d\u2019un financement adéquat du HCR.Le budget actuel de l\u2019organisation, qui s\u2019élève à un milliard de $US, est insuffisant pour assumer les nouvelles missions qui lui sont transférées.Sa fragilité s\u2019explique par un faible financement statutaire qui est complété par des appels ponctuels aux pays pour des secours d\u2019urgence.Le manque à gagner pour terminer l\u2019année 2000, en décembre dernier, était ainsi de 137,6 millions.Le Canada contribue, en huitième place, en donnant environ 18 millions, ce qui correspond à 0.58 $ par Canadien.La déléguée du HCR au Canada, Judith Kumin, faisait remarquer, lors d\u2019une conférence prononcée en novembre dernier au Conseil canadien pour les réfugiés, que les pays industrialisés dépensent 10 milliards de SUS pour la procédure de reconnaissance du statut de réfugié! Le versement de 10 % de ce montant pourrait doubler le budget du HCR, mais un tel transfert paraît bien peu probable.11 faudrait aussi remettre en question le choix des pays industrialisés de renforcer les mesures de contrôle à leurs frontières.Ces politiques restrictives peuvent porter préjudice à la protection des réfugiés par un recours croissant aux passeurs ou par un emprunt plus fréquent de la voie du refuge par des candidats à l\u2019immigration.Il est donc urgent de revoir en profondeur le système de protection.\u2022 emeRfieNce La toile du monde L'auteur est agent DE RECHERCHE ET DE DÉVELOPPEMENT au Centre Saint-Pierre La fascination des pays lointains a toujours poussé les jeunes à rêver et à partir comme missionnaire ou coopérant.Le milieu lisait avec attendrissement les lettres qui sentaient bon les soleils du Sud, répercutaient les chants de l\u2019Afrique ou se faisaient l\u2019écho du dépaysement asiatique.D\u2019ici, les voyageurs prenaient des statures de pionniers alors que, là-bas, ils s\u2019adaptaient plus ou moins vite, transposant souvent les façons de faire qu\u2019ils avaient connues sur les bords du grand fleuve.Aujourd\u2019hui, il ne manque pas de jeunes qui rêvent encore de partir.Plusieurs organismes scolaires ou communautaires refusent même des demandes de stages d\u2019été dans un pays du Sud ou aux Antilles.L\u2019attrait de Tailleurs est toujours présent, mais la fascination qu\u2019exerçaient les pays lointains s\u2019est estompée.Beaucoup de familles ont déjà traversé les mers avec leur progéniture.Des centaines de PME exportent leurs produits dans des pays de plus en plus nombreux et participent avec gourmandise aux équipes Canada ou Québec qui s\u2019en vont tâter le pouls d\u2019investisseurs éventuels.Dans les écoles montréalaises, en particulier, les jeunes ont appris très tôt à côtoyer des condisciples venus de tous les horizons.L\u2019arrivée d\u2019Internet dans les foyers continue d\u2019accélérer rapidement la réduction du globe.Le ratissage des sites et le chat international deviennent banals.Chez les jeunes, la connaissance des méfaits d\u2019une certaine mondialisation est à la hausse.À travers la préparation au Sommet des peuples à Québec, une critique multiforme vient, en effet, de trouver un objectif concret et Ton aurait tort de la ramener à une manifestation nouvelle de l\u2019opposition juvénile classique.Cette contestation parle d\u2019exploitation et de pauvreté, de respect quasi religieux pour l\u2019environnement, de démocratisation des décisions des chefs d\u2019États, de la mainmise des grandes firmes sur les Reste à favoriser une parole différente, neuve, tissée de toutes les revendications encore éparpillées.rouages de la société et des parlements.Des esprits superficiels regardent de haut ce méli-mélo de bonnes causes.Ils font fi un peu vite du changement profond qui est en train de se vivre.Cet intérêt pour l\u2019avenir de la planète a ceci de nouveau qu\u2019il touche concrètement des milliers de jeunes qui se cherchent en vain une place dans le présent.La situation précaire des « autres » devient aussi la leur.Même s\u2019ils ont de meilleures conditions économiques, ils sentent d\u2019instinct que la précarité des emplois est là pour durer et que la compétition deviendra de plus en plus féroce entre eux et tous les autres.Certains, il est vrai, n\u2019ont pas ces états dame et se mettent déjà, à vingt ans, à investir en Bourse et à tirer leur épingle du jeu.D\u2019autres se grisent dans le travail de la nouvelle économie mais ne peuvent pas s\u2019empêcher, l\u2019espace d\u2019une bière ou d\u2019un film, de s\u2019interroger sur les fermetures de l\u2019avenir.Sur le squeegee du coin de la rue et le jeune krack en création de logiciels plane ainsi la même incertitude.Elle renvoie au vide d\u2019orientation qui nous caractérise au début de ce siècle.L\u2019effondrement des grandes utopies a laissé toute la place à l\u2019économie de marché et celle-ci tend de plus en plus à mettre au monde une société de marché, où tout se vend et s\u2019achète, qu\u2019il s\u2019agisse de repas congelés, de produits culturels, de chercheurs universitaires, de talents informatiques, d\u2019embryons et même de gènes.Que de plus en plus de jeunes sentent le danger mortel de cette tendance constitue un signe non équivoque de santé.La contestation des forums de Seattle ou de Québec deviennent ainsi une brèche dans la pensée unique qu\u2019on voudrait nous distiller.Le capitalisme a ceci de sournois qu\u2019il n\u2019a plus besoin de tabler sur la possession de nos usines ou de nos entreprises.Il n\u2019a pas besoin d\u2019armées pour supprimer les mécontents et conquérir les pays.Il suffit qu\u2019il en maîtrise l\u2019accès.L\u2019accès aux décisions, l\u2019accès aux investissements, l\u2019accès aux politiques, l\u2019accès aux consciences.Le silence dont il s\u2019entoure pour le faire vient d\u2019être brisé.Reste à favoriser une parole différente, neuve, tissée de toutes les revendications encore éparpillées.La toile de la solidarité a de nouveaux artisans et artisanes.Il faut les appuyer.Guy Paiement Photo : Pascale Simard mars 2001 ReLatiONS dOSSieR Le Sommet des Amériques La démocratie emmurée Jean Pichette Nous y sommes presque.Le mois prochain, un mur -le mur de la honte - sera érigé à Québec, transformée en nouvelle citadelle afin de permettre aux chefs d\u2019État des Amériques d\u2019accoucher, d\u2019ici 2005, d\u2019une nouvelle zone de libre-échange.Après ceux de Miami, en 1994, et de Santiago, en 1998, le Sommet des Amériques contribuera à son tour à la construction de ce que Dorval Brunelle présente dans notre dossier comme une nouvelle forme de gouvernance, s\u2019érigeant sur la privatisation du monde.Les discours lénifiants de nos dirigeants politiques promettent des lendemains qui chantent aux peuples des Amériques qui auront eu la sagesse d\u2019épouser le credo libre-échangiste.Il ne s\u2019agirait selon eux que de suivre le cours « naturel » de l\u2019histoire, dont l\u2019ALENA ne constituerait qu\u2019une étape dans l\u2019établissement d\u2019une démocratie regroupant enfin tout le monde sous le chapiteau du marché.Faire l\u2019histoire, dans cette perspective, ce serait donc s\u2019incliner devant la mise en place de mécanismes qui nous enlèveraient toute prise sur elle : joyeux programme politique! GLOSSAIRE ALE : accord de libre-échange conclu, en 1987, entre les États-Unis et le Canada.ALENA : accord de libre-échange nord-américain conclu, en 1993, entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.ZLEA : zone de libre-échange des Amériques, projet de 34 pays du continent qui devrait aboutir à un accord d'ici 2005.Mercosur : marché commun du Cône sud, dont les pays membres sont l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l\u2019Uruguay, conclu en 1991.OMC : organisation mondiale du commerce.Organisation internationale, créée en 1994, qui s\u2019occupe des règles régissant le commerce entre les pays.Elle a succédé au GATT, accord général sur les tarifs douaniers et le commerce.Depuis la rencontre de Seattle, en décembre 1999, de plus en plus de voix discordantes se sont cependant fait entendre dans ce concert néolibéral.Les tentatives de faire taire ces voix - de la part de gens qui se présentent pourtant comme de grands défenseurs de la démocratie -n\u2019ont pas réussi à atténuer un malaise croissant parmi une population qui trouve de plus en plus suspect le secret entourant les grands-messes comme celle qu\u2019on s\u2019apprête à célébrer à Québec.Les échos de la résistance qui traversent le cirque médiatique laissent souvent entrevoir une opposition bigarrée, que d\u2019aucuns s\u2019empressent alors de présenter comme une somme d\u2019intérêts corporatistes trahissant le nouveau visage du conservatisme.Être réactionnaire, aujourd\u2019hui, ce serait donc s\u2019accrocher à ses « acquis ».Pour être de son temps (devrait-on dire « progressiste »?), il faudrait au contraire faire table rase du passé - des liens de solidarité qu\u2019il a tissés dans l\u2019histoire - et entonner le chant de la nouvelle internationale capitaliste.Singulier renversement historique : les « révolutionnaires » sont enfin au pouvoir, un pouvoir qu\u2019ils s\u2019acharnent à dissoudre dans les pores de la logique marchande.Les « réactionnaires », désormais à gauche, résistent à la réduction du monde en un immense marché.Du Sommet de Québec, on nous a beaucoup dit qu\u2019il pourrait être le terrain de manifestations violentes - ce qui justifierait en retour des mesures de sécurité assurant à nos élites éclairées le confort douillet leur permettant de façonner le monde à l\u2019abri des paroles de ceux qui ne savent pas comment les choses doivent se faire dans la « vraie vie ».Cette confiscation de la démocratie, inca- 10) ReLatiONS mars 2001 *\u2019* S\u201d\" Cr.i)/r 7 \"T i ?f \\ l-b\\b\\H te l\\5 - V -0*; > V\u201c/ j&X îi( pç ltr§ w'iké .,\tt- \u2018^iîn'srî, ifjDffSfifSÿkj S\tjy ' aWj?hfî< \u2018,3 Ap'^t iy ,o< ¦> 5 * ^ w\"|.|r fV'-sâts- *vj
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