Relations, 1 septembre 1992, Septembre
[" relations septembre 1992 3,25$ no 583 la nouvelle Europe 9 770034 378000 977003437800009 une voix\ttun^rands^^ance » ^e efsXné\thomme de ÿJJ^ÏïK On ne VOit SéneTêo^ent un\t^sca*^ sure^^aistaf ''^ '^pjgr'^ceasùre qui\tan^aarcan 'aaaPPJ^ sa96, sur déjà accepté, deu* fois.Majsje g^ sans cesse\tecclésial n\u2019ont un continent ou\tinstances du g°u\tnasteurs.Mais ies ,-^r=Bss=SrSs;i£ SSSîM^fiïtfKWSft-^ tSSSSSS-\t, \u201e.s\u201e p~« srsRSSK Deux qaestionSe gênantes^.\u2022 mu^^J^^ise qui est à lajo-s, SK~S\u201dS>\tp\u201c \" en théologie.\tGisèle Turcot relations revue du mois publiée par le Centre justice et foi, sous la responsabilité d\u2019un groupe de membres de la Compagnie de Jésus.DIRECTRICE Gisèle Turcot SECRÉTAIRE À LA RÉDACTION Fernand Jutras ASSISTANT À LA RÉDACTION Dominique Boisvert COMITÉ DE RÉDACTION Gregory Baum, Jacques Boucher, Joseph Giguère, Julien Harvey, François Morissette, Guy Paiement, Pascale Qui-viger, Carolyn Sharp, Francine Tardif COLLABORATEURS André Beauchamp, Michel Beaudin, Jean-Marc Biron, Alain Bissonnette, René Boudreault, Marie-France Cyr, Richard Dubois, Pierre-André Fournier, Vivian Labrie, Yves Lever, Jean-Paul Rouleau BUREAUX 25, rue Jarry ouest Montréal H2P 1S6 tél.: (514) 387-2541 ABONNEMENTS Hélène Desmarais 10 numéros (un an) : 22,00$ \u2018¦W Comme l\u2019attestent la plupart des sondages, les Français sont désormais de fervents européens.On les disait pourtant méfiants, voire hostiles à la construction européenne.Il n\u2019en est rien : le processus d\u2019intégration économique, engagé depuis l\u2019adoption de l\u2019Acte unique par les douze pays membres de la Communauté, semble être à l\u2019origine d\u2019une prise de conscience « européenne » de la plupart des populations concernées.En effet, le volontarisme contenu dans le projet de Marché unique européen sollicite les imaginations de nos compatriotes.Pour la majorité d\u2019entre eux, la date symbolique du 1er janvier 1993 évoque une vie, sinon plus facile, du moins plus attrayante, pleine d\u2019opportunités nouvelles, notamment dans le domaine professionnel.Et ce sentiment enthousiaste ne semble pas amoindri de- 210 puis la signature du traité de Maastricht, quoique, sur ce point, l\u2019effet « danois » ne sera pas sans vague dans l\u2019opinion française.Il faut prendre cons- cience de ce que la survalorisation de l\u2019économie s\u2019est effectuée au détri- ment d\u2019une réflexion de nature politique sur les fon- dements de l\u2019Europe com-munautaire.relations septembre 1992 Le sentiment de satisfaction que l\u2019on éprouve à constater un tel ralliement à l\u2019idée européenne n\u2019autorise cependant pas à faire l\u2019économie d\u2019une réflexion sur les enjeux de cette Europe ; et à ceux qui vantent les mérites du Marché commun, une seule question doit être posée : de quelle Europe nous parle-t-on ?La tentation est forte, en effet, à l\u2019encontre des discours lénifiants sur les progrès apportés par l\u2019intégration économique, de brosser un tableau en noir de la situation présente dans les douze pays membres de la CÉE.Seize millions de chômeurs.Comment pourrait-on passer sous silence ce chiffre effrayant, véritable désaveu pour l\u2019ensemble des gouvernements de notre continent ?Derrière lui se dessine l\u2019ensemble des maux dont sont assaillis les laissés-pour-compte de la crise économique.Au modèle de l\u2019État-providence, dominant dans les pays occidentaux jusqu'aux années 70, s\u2019est en effet substitué un modèle économique sécrétant des exclusions de plus en plus nombreuses.Sont ainsi exclus les jeunes, qui s\u2019efforcent de subvenir à leurs besoins en échangeant un « petit boulot » contre un travail précaire, sans illusion sur leur condition à moyen terme.Exclus également, les habitants des banlieues, où la violence, toujours latente, explose de façon sporadique, signe d\u2019un mal de vivre urbain.Exclues enfin, les populations des régions touchées par des reconversions industrielles, qui détruisent le tissu social sans toujours susciter de nouveaux emplois.Le peu de place accordé à cette Europe, dans les discours des responsables bruxellois, n\u2019incite guère à l\u2019optimisme quant à l\u2019avenir de la politique sociale communautaire.Le risque est grand de voir ce projet dériver vers un utilitarisme qui vise au bonheur du plus grand nombre, sans pour autant se soucier des exclusions qu\u2019il génère.Ce n\u2019est pas qu\u2019aucune action n\u2019ait été entreprise : des directives émanant de la Commission de Bruxelles ont ainsi pour objet de maintenir la cohésion sociale dans les différents pays de la CÉE.Des programmes d\u2019aide aux personnes âgées ou handicapées et aux travailleurs victimes de maladies dues à leur activité professionnelle, ont notamment été mis en place.Ils sont censés produire des effets juridiques dans les douze pays membres de la Communauté, et ce, indépendamment de toute intervention ultérieure des parlements et gouvernements nationaux.À la suite de ces premières initiatives, une « Charte communautaire des droits fondamentaux des travailleurs » (plus connue sous l\u2019appellation de « Charte sociale européenne ») a été signée en décembre 1989 par onze États membres, la Grande-Bretagne refusant d\u2019entériner l'idée même d\u2019une Europe sociale.Cependant, l\u2019application de cette Charte sociale reste dépendante de la bonne volonté des États signataires.Ce n\u2019est donc pas tant la sympathie des responsables à l\u2019égard d\u2019un projet social qui fait problème, que leur volonté politique réelle d\u2019en faire une priorité.Priorité à l\u2019économie Ce déficit social n\u2019est d\u2019ailleurs pas nouveau.Le traité de Rome, qui donna naissance à la CÉE, effectuait déjà une stricte séparation entre les compétences économiques et les compétences sociales, ces dernières relevant du domaine exclusif de chaque État signataire.Il apparaît, par là, à quel point le volet économique est déterminant dans la construction communautaire.La logique en est simple : selon les termes du traité de Rome, « l\u2019amélioration des conditions de vie et de travail de la main-d\u2019oeuvre permettant Légalisation dans le progrès » résultera de la mise en oeuvre du Marché commun.Dans une telle perspective, c\u2019est à l\u2019intégration économique qu\u2019il revient de donner naissance à une communauté européenne, et il ne saurait, en aucun cas, être question d\u2019une politique sociale commune, au sens fort de ce terme.Certes, l\u2019union politique est devenue un objectif à terme et le Parlement européen gagne quelques pouvoirs.Mais ni l\u2019Acte unique européen de 1985, ni le traité d\u2019Union européenne décidé à Maastricht n\u2019ont fondamentalement dérogé à ce schéma initial.Ainsi, dans le domaine institutionnel en particulier, les décisions relatives à la politique sociale sont toujours votées à l\u2019unanimité, alors que la règle de la majorité qualifiée s\u2019applique désormais à un nombre croissant de décisions économiques.On com- prend mieux, dès lors, que l\u2019histoire de la construction européenne tienne en quelques dates à signification économique (voir l\u2019encadré, p.201).Ces avancées successives de la politique communautaire ne sauraient masquer l\u2019absence de réflexion démocratique sur les conséquences d\u2019une si grande valorisation de l\u2019économique.Un tel choix n\u2019est pourtant pas neutre : une certaine conception de l\u2019être humain en société lui est sous-jacente.Plus précisément, considérer que la construction d\u2019une communauté européenne sera l\u2019aboutissement de la démarche économique à l\u2019oeuvre depuis le traité de Rome, c\u2019est, implicitement, réduire la personne humaine à un individu rationnel, dont l\u2019unique souci est l\u2019amélioration de son niveau de vie, quelles qu\u2019en soient les conséquences pour certains de ses concitoyens.L'homo economicus, fondement de la pensée économique libérale, est ainsi au coeur d\u2019un projet européen défini comme la réunion d\u2019acteurs économiques dont la somme des intérêts particuliers formerait un intérêt général.Le risque est grand, dès lors, de voir ce projet dériver vers un utilitarisme qui vise au bonheur du plus grand nombre, sans pour autant se soucier des exclusions qu\u2019il génère.Que les responsables européens présentent cette option économique comme la seule susceptible de donner naissance à une Europe unifiée ne peut que confirmer ce danger.À cet égard, et au regard de la pensée des théoriciens du libéralisme, cette vision de l\u2019économie prête le flanc à la critique.En effet, pour Adam Smith, un des pères fondateurs du libéralisme, le marché n\u2019est jamais considéré comme une L\u2019Europe de Maastricht est-elle vraiment celle dont rêvaient ceux que l\u2019on a surnommés les «pères de l\u2019Europe» : Robert Schumann (à gauche) et Jean Monnet ?relations septembre 1992 211 réalité, mais comme une construction de l\u2019esprit, voire une utopie, permettant seulement de penser les rapports d\u2019échange et de production.Une telle critique a l\u2019avantage de relativiser la sphère économique, en soulignant qu\u2019elle n\u2019est pas une finalité, mais un moyen au service du bien de la communauté.Il s\u2019agit de prendre conscience de ce que la survalorisation de l\u2019économie s\u2019est effectuée au détriment d'une réflexion de nature politique sur les fondements de l\u2019Europe communautaire.Considérer que la cons- truction d\u2019une communauté européenne sera l\u2019abou-tissement de la démarche économique à l\u2019oeuvre de- puis le traité de Rome, c\u2019est réduire la personne humaine à un individu ra- tionnel, dont Tunique souci est l\u2019amélioration de son niveau de vie, quelles qu\u2019en soient les consé- quences pour certains de ses concitoyens.Relever, dans cette optique, que la signature de l\u2019Acte unique, en 1985, est intervenue dans une période de marasme économique, n\u2019est pas sans intérêt : on peut y voir à l\u2019oeuvre une logique économiste qui s\u2019efforce de parer au plus pres- sé, sans prendre le temps d\u2019engager une réflexion politique propre à gérer le plus long terme.C\u2019est ce qu\u2019illustre, par exemple, l\u2019intitulé du rapport de M.Cec-chini : Les coûts de la non-Europe.Pour un véritable débat Mais refuser « l\u2019Europe des économistes » ne conduit pas pour autant à refuser l\u2019idée d\u2019une communauté européenne.Celle-ci reposerait sur le principe qu\u2019il faut accorder la primauté aux êtres humains qui la composent, en laissant ouverte la question de la définition des groupes identitaires (commune, région, État.mais également syndicats, associations.), susceptibles de relayer l\u2019action sociale en direction des plus défavorisés.Or, précisément, la construction européenne ne permet pas l\u2019éclosion d\u2019un tel mouvement.En témoigne la position inconfortable des syndicats français à l\u2019égard de l\u2019Europe.Hormis la CGT (Confédération générale du travail), traditionnellement proche du Parti communiste et donc hostile à tout ce qui émane de Bruxelles, les syndicats réformistes, comme la CFDT, réclament la mise en oeuvre d\u2019une véritable politique sociale européenne qui n\u2019aboutisse pas à un alignement sur les législations sociales les moins protectrices (pays du Sud de l\u2019Europe, Grande-Bretagne.).Pour autant, il n\u2019y a pas de véritable remise en cause du processus engagé.D\u2019une part, les syndicats français, fortement focalisés sur la communauté du travail, ont déjà d\u2019extrêmes difficultés à intégrer dans leur démarche le phénomène de l\u2019exclusion dans la société française et n\u2019y apportent donc que des réponses parcellaires.D\u2019autre part, ils restent préoccupés par leurs divisions et leur inquiétude réside dans leur capacité à faire entendre leur voix en face des puissants syndicats unifiés allemands, britanniques ou néerlandais.On perçoit, par conséquent, à quel point la construction européenne ne peut se penser en termes de solutions univoques.À ce titre, l\u2019enjeu de la ratification du traité de Maastricht par les États membres est révélateur : placée dans une perspective de tout ou rien, c\u2019est-à-dire impossibilité de retoucher au traité après l\u2019expression de la représentation nationale de chaque pays, la ratification évacue l\u2019essence même de la démocratie, qui est d\u2019organiser un véritable débat afin de dégager un consensus vigoureux1.C\u2019est dire qu\u2019une réflexion de nature politique doit faire place au débat, à la possibilité d\u2019effectuer des choix.La constitution d\u2019un tel espace de discussion, lieu de confrontation mais aussi de respect mutuel, serait un préalable indispensable à l\u2019avènement, sur la scène poétique, des exclus de l\u2019Europe d\u2019aujourd\u2019hui.À rebours d\u2019une logique économique pour laquelle seul l\u2019intérêt du plus grand nombre a un sens, penser l\u2019Europe comme une communauté humaine consisterait en un effort permanent pour prendre en compte l\u2019intérêt de tous.¦ 1.C\u2019est cette impossibilité de répondre « oui, mais », et donc de débattre du contenu même du traité de Maastricht, qui a amené la direction de l\u2019hebdomadaire Témoignage chrétien à recommander de voter « non » dans son éditorial du 11 juillet dernier.COURS PAR CORRESPONDANCE \u2022\tCours I:\tIntroduction générale à l\u2019Ancien Testament \u2022\tCours II: Introduction au Nouveau Testament \u2022\tCours III: Un certain visage de Jésus: l\u2019Esprit (chaque cours comprend douze leçons) Les frais de participation doivent être versés au moment de l'inscription.Il couvrent les frais de correction et de poste: 40 $ chaque cours (30 $ sans correction).Hors Canada: 55 $ chaque cours (45 $ sans correction).S0CABI Société catholique de la Bible, boul.St-Laurent, Montréal H2R 2Y1, tél.: (514) 274- 4381 212 relations septembre 1992 UNE LAÏCITE SCOLAIRE POUR LE QUEBEC par Julien Harvey dans le domaine de la relation entre foi et culture dans l\u2019école québécoise, nous évoluons très lentement.Certains tolèrent avec peine cette lenteur, d\u2019autres évitent d\u2019y penser, d\u2019autres enfin tiennent à la situation présente comme à un des derniers remparts, avec la langue française, de l\u2019identité du pays.Je suis de ceux qui croient qu\u2019il est normal de changer lentement dans un domaine comme celui de la confessionalité scolaire, pour plusieurs raisons sérieuses : droits des parents, droits des enfants, impossibilité d\u2019appliquer la règle démocratique du choix à 51 %, etc.Mais à mon avis nous sommes arrivés à un moment de notre histoire où nous pouvons et jusqu\u2019à un certain point nous devons changer.Et cela sans y être contraints ; on peut encore invoquer la forte majorité qu\u2019on peut mobiliser en faveur du statu quo.Par contre, il n\u2019y a pas de situation plus malheureuse que celle où de petits groupes, parfois étrangers à notre réalité profonde, tentent de contraindre la majorité au nom de quelque principe général comme la modernité, ou le multiculturalisme, ou l\u2019exemple de la France.Une simple résistance au nom des droits acquis, des droits de la majorité ou de la base législative ne me semble pas prudente ni favorable à la transmission de la foi.Tout comme la difficulté de réalisation ne doit pas nous dispenser de l\u2019imagination créatrice.Pourquoi changer la situation actuelle ?Ce qui, à mon avis, doit inviter la majorité à considérer sérieusement une évolution de la place de la religion dans l\u2019école, c\u2019est d\u2019abord le souci de la paix sociale.Et cette évolution ne doit pas être perçue comme une démission.Le Québec a opté, depuis bientôt deux ans, en faveur d\u2019un type assez précis de contact culturel privilégié, soit la formation d\u2019une culture publique commune'.Quand on reporte cette décision sur le système scolaire, l\u2019école étant le lieu privilégié de la formation du citoyen et de la citoyenne, on est inévitablement amené, compte tenu de la diversité démocratique, au souci d\u2019une culture reli- gieuse commune'.D\u2019une culture religieuse commune dont personne par conséquent n\u2019est exempté, pas plus qu\u2019on ne peut l\u2019être d\u2019une formation à la langue, à l\u2019histoire ou aux mathématiques.Ceci vaut tout autant de la population de vieille souche que de celle qui provient de l\u2019immigration ; il ne s\u2019agit pas d\u2019éliminer les institutions de la société distincte pour plaire à une partie des arrivants, mais bien d\u2019en arriver à un contrat moral et à un accommodement raisonnable1 2.En d\u2019autres termes, l\u2019évolution de la situation ne doit pas être centrée exclusivement sur Montréal, où plus de 90 % de la population plurireligieuse se trouve.C\u2019est dans l\u2019intérêt de tout le Québec que nous devons réfléchir sur la situation religieuse scolaire.J\u2019ajoute ici que le recours à la Charte des droits et libertés, québécoise comme canadienne, ne me semble pas justifié : le droit de toute personne à la liberté religieuse est indéniable et ne souffre pas de clause « nonobstant » ; mais le droit de voir sa religion devenir une option scolaire publique n\u2019est pas un droit3.Sur les fronts de l\u2019intégration culturelle comme de l\u2019avenir national québécois, Julien Harvey n\u2019a pas esquivé les dossiers difficiles : il croit l\u2019heure venue d\u2019aborder la nécessaire laïcité scolaire.1.\tSur cette notion, voir Julien Harvey, « Culture publique, intégration et pluralisme », dans Relations no 574 (octobre 1991), p.239-241.2.\tJ\u2019emprunte ces expressions à la présentation du document Au Québec pour bâtir ensemble.Énoncé de politique en matière d\u2019immigration et d\u2019intégration, Québec, MCCI, 1990, p.15ss.3.\tVoir Julien Harvey, « Jusqu\u2019où va le droit à la langue ?», dans Relations no 551 (juin 1989), p.137-138.relations septembre 1992 213 Où chercher un modèle ?Il faut d\u2019abord mettre une chose au clair : le modèle scolaire confessionnel n\u2019a rien d\u2019attardé ni d\u2019anti-démocratique.Tous les pays d\u2019Europe, sauf la France, s\u2019accommodent d\u2019un régime confessionnel.Et le modèle de laïcité d\u2019abstention, propre à la France, est plus contesté que jamais en France même, surtout depuis l\u2019arrivée d\u2019un certain nombre de croyants non catholiques.Rappelons quelques traits de la situation européenne.1.\tTous les pays d\u2019Europe ont donné une base légale à leur situation religieuse scolaire.En Allemagne, l\u2019enseignement religieux scolaire est obligatoire d\u2019après la Constitution, avec liberté d\u2019exemption des étudiants et des professeurs.Dans la plupart des autres pays (Autriche, Belgique, Grèce, Irlande, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Scandinavie), des lois parlementaires régissent cet enseignement.Dans plusieurs autres pays, c\u2019est une convention de concordat, avec complément dans la loi nationale, qui régit la situation (Espagne, Italie, Luxembourg, Malte, Alsace).Dans les pays d\u2019Europe de l\u2019Est, des conventions analogues entre État et Églises régissent la confessionalité.En France, l\u2019école publique est strictement laïque, l\u2019initiative privée pouvant assurer l\u2019enseignement religieux (aumôneries), la loi assurant une place dans les horaires et parfois dans les locaux.Nous sommes arrivés à un moment de notre histoire où nous pouvons et, jusqu\u2019à un certain point, nous devons changer.Et cela sans y être contraints.2.\tDe cette situation légale variée découle la variété des places occupées par l\u2019enseignement religieux dans le curriculum.Il peut être une matière ordinaire et obligatoire avec résultat scolaire intégré, sauf si on a demandé et obtenu une exemption et un remplacement par une matière alternative (c\u2019est le cas des pays concordataires).Il peut être une matière ordinaire obligatoire et optionnelle, où plusieurs confessions religieuses assurent l\u2019enseignement (cas de l\u2019Allemagne, des pays Scandinaves).Il peut être aussi une matière facultative, que l\u2019école doit offrir, mais que l\u2019élève peut refuser, sans remplacement parce que sans résultat scolaire comptabilisé dans le bulletin (Pays-Bas).Ou enfin, il peut être une matière extra-scolaire ou para-scolaire, sous la responsabilité de personnes extérieures à l\u2019école (France).3.\tLe contenu de l\u2019enseignement religieux scolaire est plus ou moins proche de la confessionalité, selon les compromis historiques qui ont formé les systèmes actuels.Il peut être transconfessionnel, présentant le fait religieux comme facteur de la culture nationale et comme information objective, avec ou sans insistance sur la dimension historique (c\u2019est le cas du Royaume-Uni, de la Norvège, de certains cantons suisses, de la Finlande, du Danemark ; en Scandinavie, à l\u2019élémentaire, on donne la place principale à la religion de la majorité nationale).Le contenu peut aussi être confessionnel et présenté par des maîtres approuvés par l\u2019autorité des Églises (qui leur confie une mission ou vocation), mais non confessionnel dans ses buts éducatifs (dimension de la culture nationale) ; dans cette situation du contenu, l\u2019élève peut obtenir un remplacement par des cours de morale laïque (c\u2019est le cas de la plupart des pays d\u2019Europe de l\u2019Ouest).Enfin, le contenu peut être pleinement confessionnel, facultatif, présenté par des catéchètes, sans responsabilité de l\u2019école mais seulement des Églises (c\u2019est le cas de la France et de plusieurs pays de l\u2019Europe de l\u2019Est).Évidemment, il faut ajouter que presque partout existe un secteur privé, parfois considérable, qui peut être pleinement confessionnel.4.\tAjoutons quelques constantes.Presque partout en Europe, l\u2019enseignement religieux est offert à l\u2019élémentaire et au secondaire, parfois plus loin.À l\u2019élémentaire, il est généralement assuré par le professeur titulaire, par des professeurs spécialisés au secondaire, ces professeurs ayant les mêmes droits et devoirs que leurs collègues.Presque partout, l\u2019État et l\u2019école assurent le respect de la liberté de conscience des élèves et des professeurs, par exemption, par inscription volontaire, par garantie de non-discrimination.La motivation de l\u2019enseignement religieux scolaire est presque partout sa contribution au développement d\u2019une liberté religieuse chez les étudiants et étudiantes.Partout on a cessé d\u2019identifier l\u2019enseignement religieux scolaire à la catéchèse ; on accentue plutôt les aspects culturels, sociaux et éthiques de la foi : connaissance du patrimoine religieux du pays, recherche critique du sens de la vie, éducation à la tolérance, capacité de faire des choix éthiques et sociaux, respect des autres formes de foi.Il est bon de souligner un parallélisme entre le choix d\u2019une forme ou l\u2019autre d\u2019enseignement religieux scolaire dans un pays donné et l\u2019attitude de ce même pays à l\u2019égard du contact interculturel (assimilation, convergence, culture publique commune, intégration pluraliste, transculturalisme, multiculturalisme, ghettos juxtaposés).La question des professeurs, de leur formation et de leur légitimation demeure souvent difficile.La plupart des enseignants possèdent une formation universitaire ; la qualité proprement religieuse de l\u2019enseignement demeure un problème, de l\u2019avis de plusieurs observateurs, même si on accepte une conception assouplie de l\u2019orthodoxie4 ! Comme on a pu le constater, la laïcité européenne est loin d\u2019être une notion univoque ; la laïcité d\u2019abstention, à la française, est l\u2019exception ; mais la laïcité comme souci d\u2019une école dont l\u2019option religieuse est accessible à tous semble bien un acquis intégré de la conscience européenne et chrétienne, dans un contexte où le pluralisme est plutôt valorisé, où la tradition religieuse et culturelle de la majorité est la référence principale, dans une pédagogie de la liberté responsable en milieu démocratique.En d\u2019autres termes, l\u2019école laïque européenne, quand elle existe, est loin d\u2019être une école athée.Ceci doit, à mon avis, nous faire oublier la référence à l\u2019école française de radicaux comme Jules Ferry ou Combes, au début du siècle, et nous faire envisager plusieurs modèles qui peuvent nous être utiles.Des révisions actuelles de la laïcité Deux colloques français récents apportent des données utiles, dans la perspective de l\u2019Europe de demain5.La laïcité se présente, quels que soient les interlocuteurs, comme un acquis positif, irréversible, inséparable de la démocratie et nécessaire à la paix sociale.La laïcité fait partie des conditions pour que s\u2019expriment réellement la solidarité nationale et la démocratie.Elle doit permettre à la réalité religieuse d\u2019un pays donné de se 4.\tCette section doit beaucoup à Flavio Pajer, « Dieu au programme pour cent millions d\u2019élèves », dans Lumen vitae 47,1 (mars 1992), p.67-92.5.\tL\u2019un d'eux a été organisé par le journal La Croix, le second par le 214\trelations septembre 1992 manifester socialement, de contribuer de façon spécifique à la définition et à l\u2019équilibre des valeurs et des finalités de l\u2019existence commune.On y admet qu\u2019on peut instruire sans former la liberté de croire ou de ne pas croire ; mais on ne peut certainement pas éduquer dans une perspective de laïcité négative ; c\u2019est sans doute la première source de la remise en question de la laïcité sans contenu : le désespoir chez trop de jeunes provient d\u2019une école où on n\u2019a pas osé aborder le sens de la vie, le besoin de valeurs, la réflexion sur l\u2019éthique sociale et sur ses racines culturelles.Une deuxième source également importante de la redéfinition actuelle de la laïcité est la prise de conscience d\u2019une réalité intermédiaire entre l\u2019espace étatique (où se trouvait la laïcité négative) et la conscience personnelle (où selon le libéralisme classique se situe la foi), celle d\u2019un espace « privé-public », celui de la vie associative, reconnu et protégé par les Chartes des droits (où une laïcité peut exister, à condition d\u2019avoir un contenu spiritualiste, non sectaire, mais qui peut se prolonger en foi confessionnelle).Ici, l\u2019État n\u2019est rien de plus qu\u2019un arbitre, laissant le maximum d\u2019espace aux corps intermédiaires.Cette réalité est reconnue par Vatican II (Sur la liberté religieuse, no 4), par des autorités musulmanes (par exemple Cheik Abbas, recteur de la Grande mosquée de Paris, Figaro-Magazine du 1er octobre 1988) et par la Convention des Nations unies sur les droits de l\u2019enfant (no 24).Dans une société qui recherche une cul- ture publique commune doit se développer une culture religieuse commune.Il faut ajouter une troisième source de l\u2019évolution en cours : le fait que les Églises savent mieux que par le passé s\u2019éloigner du pouvoir et de l\u2019exclusivisme ; et le fait que les États savent reconnaître que l\u2019affirmation d\u2019une présence religieuse ne signifie pas automatiquement prosélytisme.Si bien que la vigilance requise ne signifie pas hostilité.Il faut aussi ajouter que la protestation au nom des Chartes des droits, dès qu\u2019une activité sociale d\u2019inspiration religieuse est impliquée (école, service social, activité culturelle), n\u2019est plus toujours fondée : la répartition des fonds publics n\u2019est pas telle qu\u2019elle doive rejoindre tous les citoyens et citoyennes, qu\u2019il s\u2019agisse des loisirs, des services publics ou de l\u2019enseignement.Et par ailleurs, on reconnaît aussi de plus en plus que la simple loi de la victoire de la majorité simple ne s\u2019applique pas dans tous les domaines.Cette dernière question est d\u2019une importance capitale : à première vue, comment faire comprendre et admettre aux 86 % de parents et d\u2019élèves de la CÉCM (chiffres de 1991) qui reconnaissent être catholiques qu\u2019ils doivent renoncer au monopole de l\u2019identité scolaire à Montréal, parce qu\u2019il y a avec eux 6 % qui se disent incroyants et environ 6 % qui reconnaissent appartenir à une autre religion ?Comment, par ailleurs, faire comprendre et accepter à ces 14 % de croyants d\u2019autres religions et de non-croyants que la communauté d\u2019accueil a raison de conserver dans l\u2019école, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019histoire, de littérature, de beaux-arts, une priorité dans la présentation de la dimension religieuse du patrimoine national ?Plusieurs voies de développement ont été proposées : imiter Centre Sèvres et le Centre Georges Pompidou ; tous deux rappor- tés dans Nouveaux enjeux de la laïcité, Paris, Centurion, 1990.6.Un estimé récent, toutes dépenses consolidées, comprenant les secteurs catholique et protestant, porte ce coût annuel à 270 millions de dollars.M.Claude Ryan, alors ministre de l\u2019éducation, a mené plus loin que tous ses prédécesseurs la remise en cause de la confessionnalité des structures scolaires.Mais la laïcité nécessaire doit aller plus loin.le système scolaire anglo-protestant actuel au Québec, qui a évolué en pratique vers un enseignement non confessionnel de la culture religieuse ; accepter en pratique une confessionalité plurielle, en élargissant simplement aux nouvelles religions la formule confessionnelle actuelle ; substituer discrètement aux cours de religion des cours de morale sociale, de sexologie, etc.D\u2019autres se contentent de ce que j\u2019appellerais la voie du plus petit commun dénominateur ; elle présume que les parents (et parfois la paroisse) se déchargent sur l\u2019école d\u2019un devoir de transmission de la foi qu\u2019ils n\u2019ont plus assez de convictions pour accomplir eux-mêmes.Les professeurs n\u2019ont parfois pas plus de foi que les parents et acceptent trop facilement, surtout à l\u2019élémentaire, d\u2019enseigner dans un domaine où ils ne sont ni compétents ni convaincus.Si bien que, pour les tenants de cette position, le caractère chrétien de l\u2019école, catholique comme protestante, n\u2019existe plus en réalité.La conclusion de ces réflexions est généralement : il faut sortir l\u2019enseignement religieux de l\u2019école.D\u2019autant plus que le coût de cet enseignement est assez élevé* * 6, et que les ministères actuels cherchent à déplacer des budgets plutôt qu\u2019à les augmenter avec l\u2019inflation ! C\u2019est à ce moment que les oppositions véhémentes se manifestent : défenseurs de la confessionalité traditionnelle avec exemption possible et remplacement par des cours de morale, promoteurs de la pluriconfessionalité élargie, incluant des catéchètes musulmans, bouddhistes, etc., protagonistes d\u2019une laïcité d\u2019abstention à la française, défenseurs d\u2019une distinction linguistique des écoles, etc.Plusieurs gouvernements ont abordé la question au Québec, mais l\u2019ont rapidement marginalisée, pour éviter des catastrophes électorales ; d\u2019autant plus, comme on sait, que la situation juridique de l\u2019école est différente, à Québec et Montréal, par rapport au reste du pays ; d\u2019autant plus également que la perception de la situation est très différente dans les régions où la population est presque totalement catholique.Comment dépasser ces difficultés ?relations septembre 1992 215 Une laïcité adaptée au Québec Rappelons d\u2019abord qu\u2019il serait malheureux de considérer de façon négative la situation actuelle ; c\u2019est celle de nombreux pays que nous considérons comme des modèles de progrès ; songeons aux pays Scandinaves ou à l\u2019Allemagne.C\u2019est aussi celle qu\u2019ont adoptée les « Écoles européennes », un des modèles de l\u2019école européenne de demain7.Signalons aussi que le recours au modèle des États-Unis est risqué : d\u2019une part, le premier amendement (1791 ) refuse à la fois l\u2019establishment et l\u2019interdiction de quelque religion que ce soit ; par ailleurs, la décentralisation est telle que tout dépend, en ce qui concerne la confessionalité, du board de district ; de plus, les subventions de l\u2019État vont à l\u2019étudiant plutôt qu\u2019à l\u2019institution, ce qui évite le problème et permet de doser localement comme on le désire la confessionalité.Un système qui a sans doute sa valeur, mais qui est totalement inadaptable à notre forme de gouvernement.Ceci dit, les sources de changement que nous avons vues plut haut : souci de la paix sociale dans un monde de plus en plus pluraliste et porté à la fragmentation, réalité croissante d\u2019un espace privé-public où une réalité spiritualiste transconfessionnelle se manifeste, évolution dans le catholicisme postconciliaire et dans plusieurs autres grandes religions, amenant une plus grande confiance réciproque entre les Églises et les États, tout ceci nous invite à une révision de la confessionalité scolaire, révision dont les religions devraient profiter autant que l\u2019école elle-même.Et ceci, pour reprendre une formule de Jules Ferry, père de la laïcité scolaire française, « sans choquer aucun père de famille ».Dans la perspective que nous avons considérée jusqu\u2019ici, il est évident que l\u2019école du Québec de demain ne doit pas devenir une école athée.Il est aussi évident qu\u2019elle ne peut pas devenir une école pour laquelle la dimension religieuse de l\u2019en- \u2014 \u2022 ^ Dans les classes, la diversité ethnique, culturelle et religieuse\t8.devient une réalité de plus en plus incontournable.tant ou de l\u2019adolescent(e) est sans importance.Ceci va d\u2019ailleurs contre les droits des enfants et des parents.Par ailleurs, surtout dans les villes où la proportion de personnes de foi différente et le nombre d\u2019incroyants ou d\u2019agnostiques est important, l\u2019école publique ne peut plus être uniconfessionnelle ; et à moins d\u2019accepter de retrouver sur le terrain religieux tous les inconvénients de la mosaïque multiculturelle, elle ne peut pas davantage devenir pluriconfessionnelle.À moins de considérer la foi, chrétienne et autre, comme un phénomène purement privé, objet d\u2019un choix à la carte.Reste une solution, qui me semble préférable : distinguer des niveaux.Dans une société qui recherche une culture publique commune doit se développer une culture religieuse commune.Dans le Québec, elle a naturellement son centre de gravité catholique ; mais elle requiert aussi des influences minoritaires anglicanes, protestantes et juives ; au moins trois traditions religieuses amérindiennes s\u2019y ajoutent : algonquine, huronne et iroquoise.Ajoutons que notre héritage purement séculier sans croyance est minime8.Cette culture religieuse publique commune fait partie de la mission essentielle de l\u2019école, émarge aux fonds publics, ne peut faire l\u2019objet d\u2019aucune exemption, n\u2019est rattachée à aucune Église, doit s\u2019étendre du début de l\u2019élémentaire au moins jusqu\u2019à la fin du secondaire.Le modèle des Écoles européennes (2h/semaine à l\u2019élémentaire et au secondaire l-ll, et 1 h/semaine au secondaire lll-V et éventuellement au collégial) me semble adapté.Cette culture religieuse commune comprend essentiellement trois blocs, qui ne sont pas nécessairement successifs et devront être concrétisés pédagogiquement selon l\u2019évolution des étudiants : 1)\tUne réflexion fondamentale sur le sens de la vie, incluant les raisons de croire ou de ne pas croire librement, sur les points communs de la foi des grandes religions, sur la charte des droits et libertés comme expression du sens de la vie en commun dans un pays9.Je suis conscient du risque de laisser entendre que cette réflexion est déjà de la philosophie.au niveau de l\u2019élémentaire.Mais beaucoup de ce qui est contenu dans ce premier bloc se trouve déjà dans plusieurs manuels de l\u2019élémentaire et pourrait être présenté sans lien à une foi unique : découverte de la symbolique, place de l\u2019amour, conscience de réalités non matérielles, valeur de la franchise, de la justice, de l\u2019entraide, désir de croissance, mystère de la vie et de la mort.2)\tUne connaissance du patrimoine religieux indispensable pour comprendre la culture dans laquelle nous vivons : histoire, institutions, littérature, monuments, cadre de la vie courante, éthique.Ceci sera largement connaissance de la culture chrétienne catholique, mais sans exclusivisme : tout ce qui est requis de connaissance religieuse pour lire et comprendre l\u2019histoire du Québec, pour visiter intelligemment la Place Royale de Québec ou le Vieux Montréal, pour comprendre Saint-Denys-Garneau, Émile Nelligan ou Margaret Atwood.3)\tUne connaissance générale mais structurée des grandes traditions religieuses : juive, chrétienne, bouddhiste, musul 7.Elles sont au nombre de huit (Belgique, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne, Pays-Bas), depuis 1957, avec 15 000 étudiants.Elles ont opté pour une synthèse de l\u2019option confessionnelle et de la méthode de la culture religieuse.Dans la même direction, les recommandations du Symposium européen sur l\u2019enseignement de la religion dans les écoles publiques, tenu à Rome les 13-15 avril 1991.Voir Documentation catholique no 203 (7 juillet 1991 ) ; Pierre Renard, dans Lumen vitae 47,1 (mars 1992), p.78-83.On verra les estimés de Réginald Bibby, Fragmented Gods, Concord, Ont., Irwin Publ.1987 ; trad.fr.La religion à la carte, Mon- 216\trelations septembre 1992 mane, hindoue, et des principales religions amérindiennes québécoises, avec accent sur leurs valeurs complémentaires, sur la tolérance des différences, sur la réconciliation et les choix au niveau éthique.Il s\u2019agit ici d\u2019une formation à l\u2019ouverture d\u2019esprit, et non pas à la relativisation de toute option religieuse confessionnelle.Tout n\u2019est pas compatible, mais tout doit être d\u2019abord compris avant d\u2019être accueilli ou rejeté.Et le risque de syncrétisme s'avère aussi peu élevé que celui qui fait actuellement intégrer dans les grandes religions des éléments incompatibles (réincarnation dans le christianisme !).Le niveau de l\u2019engagement confessionnel n\u2019appartient plus à l\u2019école, mais aux Eglises et autres confessions religieuses : catéchèse, sacramentalisation, engagement communautaire et social au nom d\u2019une option religieuse.L\u2019État, n\u2019étant plus confessionnel mais demeurant plus que par le passé soucieux de la richesse humaine de l'option religieuse, a açcompli son rôle ; il laisse les corps intermédiaires que sont les Églises accomplir le leur.Que pouvons-nous attendre d\u2019un tel changement ?Une meilleure adaptation de l\u2019école à la réalité moderne ; un nouvel intérêt pour la réalité religieuse, une meil- leure évaluation du passé dans ce domaine, une meilleure perspective sur nos racines culturelles ; et une meilleure chance de solidarité et de paix sociale.Ceci requiert évidemment une révision importante de l\u2019institution scolaire et aussi de l\u2019institution paroissiale ou de ses équivalents dans les diverses religions.Si la révision en cours de notre système collégial et éventuellement secondaire est une excellente occasion d\u2019introduire cette « laïcité positive ouverte », cela ne signifie pas qu\u2019on puisse faire l\u2019économie d\u2019une période de transition.À mon avis, elle doit être de cinq ans environ, permettant l\u2019établissement et l\u2019expérimentation des programmes, le recyclage des maîtres, la préparation par les groupes religieux, Églises et autres, de catéchètes paroissiaux, la réorientation des étudiants universitaires en cours de préparation pour entrer dans le système confessionnel actuel, l\u2019ajustement des questions syndicales.Mais tout ceci devrait être possible à un pays qui a vécu, il y a vingt-cinq ans, une restructuration scolaire aussi importante que celle de la Commission Parent et de la Révolution tranquille.Que pouvons-nous attendre d\u2019un tel changement ?Sans doute en premier lieu une meilleure adaptation de l\u2019école à la réalité moderne ; surtout dans les grandes villes, mais aussi dans les milieux plus homogènes sur le plan religieux, mais qui vivent en symbiose avec les métropoles à travers les médias et tréal, Fides, 1989.9.\tVoir des références utiles à des instruments pédagogiques dans Julien Harvey, « Les chartes et l\u2019éducation », dans Relations no 530 (mai 1987), p.119-121.Voir aussi Micheline Milot, « L\u2019enseignement religieux à l\u2019heure du pluralisme.Une distinction nécessaire entre « contenus » et « processus d\u2019acquisition », dans Fernand Ouellet et Michel Pagé, Pluriethnicité, éducation et société.Construire un espace commun, Québec, IQRC, 1991, p.399-428.10.\tGuy Coq, dans Esprit, février 1989; dans Catéchèse no 114 (1989).Tous les Québécois ont besoin d\u2019une connaissance de leur patrimoine religieux, indispensable pour bien comprendre l\u2019histoire du Québec.les migrations interrégionales.En second lieu, un nouvel intérêt pour la réalité religieuse, une meilleure évaluation du passé dans ce domaine, une meilleure perspective sur nos racines culturelles.En troisième lieu, une meilleure chance de solidarité et de paix sociale, à condition que tous veuillent collaborer et entrer franchement, qu\u2019ils soient musulmans, bouddhistes, mormons ou catholiques, dans ce contrat moral de l\u2019intégration, avec les accommodements raisonnables exigés pour la formation de tous, par l\u2019école publique, à une culture publique commune, tout en laissant toute la place à des communautés croyantes capables de foi sincère et de convivance hors de l\u2019école.Un collaborateur de la revue Esprit10 soulevait récemment une difficulté apparemment insurmontable contre le projet que j\u2019ai exposé : « Peut-on parler d\u2019une culture musicale où il n\u2019y aurait pas le rapport et l\u2019émotion que donne l\u2019expérience vive de l\u2019oeuvre musicale ?Peut-on de la même façon parler d\u2019une culture religieuse qui serait simplement faite de savoirs dispersés et totalement extérieurs à l\u2019expérience vive ?».À mon avis, si on oppose d\u2019une part l\u2019idéal d\u2019une école de confession unique, chez les étudiants et les professeurs, un engagement, chrétien ou autre, accompagnant et prolongeant l\u2019enseignement d\u2019une seule catéchèse associée à une seule culture, et d\u2019autre part une école à division des rôles entre l\u2019école et l\u2019Église, où les maîtres n\u2019ont pas assimilé eux-mêmes une culture et une culture religieuse, sans doute l\u2019auteur a-t-il raison.Mais il faut toutefois reconnaître que, dans l\u2019école québécoise actuelle, l\u2019expérience « musicale » décrite comme idéal est rarement réussie.Je crois qu\u2019elle le sera plus fréquemment dans une école québécoise de demain, qui ne sera pas faite des maîtres frondeurs et peu respectueux de l\u2019époque de Ferry ou de Combes au début du siècle, mais de Québécois et Québécoises respectueux d\u2019une éthique professionnelle qui fasse croître la liberté des jeunes, ne s\u2019opposera en aucune façon à la rencontre de Dieu dans la liberté et ne s\u2019opposera pas non plus au respect de ceux et celles qui le rencontrent autrement ou ne le rencontrent pas.¦ relations septembre 1992 217 Jean-Pierre Joly/Célébrations Montréal I 1 La Fédération internationale des droits de l\u2019homme (FIDH) a fêté ses 70 ans le 28 mai dernier.La préoccupation pour les droits humains ne date pas du vingtième siècle, mais il est évident qu\u2019elle y a connu un essor remarquable.Cet essor, nous le devons entre autres à la Ligue française des droits de l\u2019homme (LDH), née à l\u2019occasion de l\u2019affaire Dreyfus, et qui inspira, dans plusieurs pays, la création d\u2019organisations semblables dont une quinzaine décidaient, en 1922, à l\u2019invitation de la LDH, de former la FIDH.En plus de La lettre hebdomadaire de la FIDH qui fait état des appels et des interventions en faveur des droits un peu partout à travers le monde, signalons la publication, cinq fois par an, de la revue Hommes et libertés, magazine de 62 pages de la LDH.Pendant que le Canada révise une nouvelle fois sa loi sur l\u2019immigration dans le but de resserrer ses contrôles, l\u2019Europe s\u2019inquiète des migrations nouvelles qu\u2019entraînent à la fois l\u2019effondrement des pays de l\u2019Est, la liberté de circulation instaurée par la Communauté européenne et les disparités croissantes entre le Nord et le Sud.L\u2019Europe de toutes les migrations, c\u2019est le titre du dossier que publie en juillet 1992 la revue française Esprit.Une façon de prolonger la réflexion de notre dossier du présent numéro, de même que du Face à l\u2019actualité publié dans notre numéro précédent, p.165.Au coeur des « fêtes » célébrant l\u2019arrivée de Colomb en Amérique, la question autochtone continue d\u2019interpeller tant notre lecture de l\u2019histoire que notre conscience chrétienne.À l\u2019occasion de son 25e anniversaire, l\u2019organisme Développement et paix a choisi de préciser sa position face aux peuples autochtones.Montrant les liens étroits qui existent entre la situation des autochtones d\u2019ici et celle de nombreux peuples du tiers monde, Développement et paix prend position sur les principales revendications autochtones dans le cadre de sa campagne de solidarité qui, depuis trois ans, invite à « Rebâtir les Amériques ».On ne compte plus les luttes menées par d\u2019innombrables groupes populaires ou communautaires, dans à peu près tous les domaines de notre vie en société.Et c\u2019est d\u2019ailleurs là l\u2019une des manifestations essentielles de notre vitalité démocratique.Mais trop rares sont les victoires qui couronnent ces luttes.Signalons donc avec plaisir qu\u2019après six ans d\u2019efforts, l\u2019Alliance pour la justice fiscale, née dans la région de St-Jérôme et appuyée entre autres par le diocèse du lieu, a finalement obtenu, le 25 février dernier lors du budget fédéral, que les couples mariés cessent d\u2019être pénalisés et soient dorénavant traités, sur le plan fiscal, de la même manière que les couples en union de fait.Après un an de préparation à travers le Québec, c\u2019est le 4, 5 et 6 juin 1993 qu\u2019aura lieu à Cap-Rouge, le colloque organisé par le Centre de pastorale en milieu ouvrier (CPMO) sous le thème Un projet de société.ça presse ! Urgence d\u2019une résistance active et concertée.Après des sessions sur « femmes et résistance », « résister est-il chrétien ?», « résistance et mouvements sociaux », « résistance et travail » et « résistance et les jeunes », des centaines de personnes solidaires et impliquées dans des groupes luttant pour un monde juste, égalitaire et sans exclusion se réuniront pour voir, réfléchir, célébrer et agir ensemble dans le but de réaliser un projet de société différent.Pour informations : CPMO, 1212 Panet, Montréal H2L 2Y6 ; tél.: 527-8291.À signaler : ?La parution du premier numéro de Réplique /, petit bulletin fort intéressant du nouveau Réseau collectif d\u2019information critique et alternative, qui prévoit paraître quatre fois par année et vise à alimenter les réflexions sur les enjeux sociaux résultant des pratiques scientifiques, politiques, culturelles ou économiques, des relations hommes-femmes, etc.On peut communiquer avec le Réseau, ou s\u2019abonner à Réplique ! pour 10$ en s\u2019adressant au 2541 Édouard Montpetit, no 12, Montréal H3T 1J5 ; tél.: 340-1289.?La sortie du deuxième numéro de Vivre ensemble, bulletin de liaison en pastorale interculturelle, publié quatre fois par année par le Secteur des communautés culturelles du Centre justice et foi.Ce numéro porte sur le thème des « premiers contacts », avec ses difficultés, ses conditions et son importance.Le numéro d\u2019automne portera sur le thème « pluralité et laïcité ».Pour s\u2019abonner, s\u2019adresser au 25 Jarry ouest, Montréal H2P 1S6 ; tél.: 387-2541.?L\u2019existence, dans la région métropolitaine, du Mouvement Sauvegarde-Gaspésie, né il y a un an dans le but de regrouper les gens originaires de Gaspésie et des Iles de la Madeleine, qui continuent de s\u2019intéresser à celles-ci et qui veulent appuyer leur survie en tant que régions dynamiques dans la perspective du Ralliement gaspésien et madelinot.Sauvegarde-Gaspésie publie un bulletin, Le cormoran déchaîné, et peut être rejoint au 11, Place Gounod, Laval H7E 1P1 ; tél.: (514) 661-3223.218 relations septembre 1992 RECENSIONS DE SEPTEMBRE lectures Marc Chabot : N\u2019être rien Emmanuel Faber : Main basse sur la Cité Serge Cantin : Le philosophe et le déni du politique Revue Autrement : Dieux en sociétés Collectif : Le Nouvel Âge en question CÉCC : De la souffrance à l\u2019espérance N\u2019être rien On n\u2019aime pas la poésie.Et ça sert à quoi, au juste ?Ça ne sert à rien, la poésie : rime, pas rime, vers, pas vers, alexandrin, rejet, les Anglos « wouldn\u2019t give a damn », les Francos non plus.Et puis on n\u2019est plus à l\u2019époque de Ronsard, de Nelligan ou de Rimbaud, on est à l\u2019époque des interfaces, du sang à la Une, des satellites militaires, des images virtuelles et de la pub tous azimuts, merde (pardon pour cette prose impatiente.).Sauf que Marc Chabot vient de faire publier N'ÊTRE RIEN.À mi-chemin de Cioran (moins le pessimisme) et de Camus, le grandiose Camus de NOCES, celui qui invite à « consentir à la pierre ».Effaçons : j\u2019ai horreur des critiques qui à propos d\u2019un jeune auteur citent Joyce, Proust ou n\u2019importe quel autre grand ponte de la littérature.D\u2019abord c\u2019est tou- jours faux, et ensuite on n\u2019a que faire pour la création actuelle de ces vieilles potiches vénérables.Donc Marc Chabot.L\u2019auteur dit le retrait, le don, un peu le monde, beaucoup l\u2019amour, et petitement, comme nous tous, un pays improbable -on a le peuple et les élites qu\u2019on mérite, diable ! Le retrait - « on m\u2019emmène si loin de moi », « bonsoir merci/nous n\u2019avons besoin de rien ».Le don - « l\u2019infini du don de soi ».Un peu le monde - car il « meurt » ; « nous sommes modernes puisque nous ne sommes rien ».Beaucoup l\u2019amour - « laissez-nous la nuit/puisque vous avez déjà tout le jour », « tout ce que je peux pour l\u2019avenir/y être aussi ».Le pays improbable - « même celui qu\u2019on nous annonce ne nous ressemble pas » ; « on nous laisse exister parce que nous ne faisons pas de bruit.» Sans oublier les mots, grand-oeuvre du poète, « guetteur d\u2019humanité » - « l\u2019a- relations septembre 1992 mour des mots/pour soigner nos maux ».N'ÊTRE RIEN convie au silence, au regard par la fenêtre des yeux de l\u2019âme de l\u2019autre.Je me tais donc.Un beau recueil, superbement illustré des eaux-fortes de Bruno Bazire.Un recueil pour rien.Pour quand le blizzard reviendra, et novembre.Le calcium.Nos impers.Nos mines rentrées.L\u2019hiver infini de nos printemps trop courts.Pour nos étés un peu trop fous.Pour nous changer du Club Price.Des Multi-points.De ce qu\u2019ils appellent « la vie ».Pour nous changer de la poésie-à-papa, de Malherbes à Albert Lozeau.Pour décrocher.Rebrancher les soubassements, agiter l\u2019onde, faire Plouc ! ailleurs qu\u2019à Hampton Beach.Pour vivre « sur le bord du monde ».Pour moi seul - ou le miracle des doigts qui se cherchent.Pour naître, (puis) rien.Un dernier petit mot sur l\u2019auteur, que l\u2019on ne connaît pas assez à mon goût.219 Avec N'ÊTRE RIEN, Chabot est donc aussi poète, ce qui n\u2019étonne pas quand on sait que la poésie est oeuvre de silence, de tact, de flair et d\u2019intense disponibilité animale.Chabot était déjà poète quand il écrivait CHRONIQUES MASCULINES en 82, un essai alors fortement à contre-courant puisqu\u2019il évoquait le possible sens d\u2019une parole masculine ne voulant rien dominer ni personne.Chabot est aussi philosophe, prof, et chroniqueur littéraire au Soleil, expert en livres doux et forts.Voilà.Je n\u2019ai rien dit d\u2019essentiel.Je vous laisse donc avec l\u2019auteur, une ombre - peut-être la sienne - le secret de mille péchés, et le paradis à la fin de vos amours.¦ Richard Dubois Main basse sur la Cité dans le milieu des affaires, il existe actuellement un courant en faveur de l\u2019éthique, bien que le contenu de celle-ci soit parfois difficile à cerner.Ce courant affirme le rôle bénéfique de l\u2019entreprise dans la société et la possibilité d\u2019associer le profit et l\u2019utilité sociale.La perspective éthique apparaît soit dans la production de codes d\u2019éthique ou de déontologie de la part de l\u2019entreprise, soit dans le ralliement de l\u2019entreprise à certaines causes sociales, humanitaires ou culturelles.Dans les deux cas, ces efforts sont fortement publicisés.Emmanuel Faber, directeur adjoint d\u2019une banque d\u2019affaires britannique à Paris, dénonce avec vigueur cette tendance de l\u2019entreprise à faire main basse sur la Cité.Il s\u2019agit pour lui d\u2019une OPA (prise de contrôle) sur la morale, d\u2019une tentative de légitimation du capitalisme suite à l\u2019échec du socialisme, d\u2019une manipulation du pouvoir.Sa démonstration emprunte deux registres : celui de la dénonciation pamphlétaire et celui de la discussion rationnelle.Cette présence des deux niveaux de langage pose problème, car si les titres et les synthèses sont de style journalistique, l\u2019argumentation, pour sa part, est touffue et difficile.Pour l\u2019auteur, l\u2019entreprise ne peut pas assumer un rôle de définisseur de la morale.Il en fait l\u2019argumentation tant au plan de l\u2019approche prescriptive qu\u2019à celui de l\u2019approche descriptive.Signalons qu\u2019à l\u2019encontre de la mode actuelle chez les éthi-ciens, l\u2019auteur déteste le mot éthique qu\u2019il 220 juge stratégique et manipulatoire et montre beaucoup de respect pour le mot morale au sens de la morale catégorique.D\u2019ailleurs, il rattache l\u2019éthique à Aristote, plus proche de la pratique, de l\u2019historicité, de l\u2019expérience humaine et la morale à Kant et à Kierkegaard au sens de l\u2019exigence et du devoir (p.124-125).Sur ce point, à mon avis, la pensée est un peu courte, sinon réductrice.La thèse de fond est assez paradoxale : « la tentation éthique est là pour durer (.).La véritable morale est inaccessible à l\u2019entreprise malgré ses intentions et les devoirs que lui prête le discours éthique.L\u2019entreprise doit être amorale.La seule éthique de l\u2019entreprise, c\u2019est de ne pas être morale ; c\u2019est de résister à la tentation de mettre la morale à son service, bref, de la confisquer, de la mercantiliser.» (p.242) Un livre choc, un livre bien documenté au plan théorique et qui n\u2019hésite pas à faire des incursions dans le domaine publicitaire.Un livre qui décape les illusions d\u2019un certain discours sur l\u2019excellence.C\u2019est un livre dont il faudrait discuter.dans le monde des affaires.¦ André Beauchamp Le philosophe et le déni du politique Serge Cantin, docteur en philosophie, chargé de cours en philosophie sociale et politique à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières et professeur au Collège de Sherbrooke, nous propose ici une analyse critique du déni du politique qu\u2019opère traditionnellement la philosophie occidentale.Qu\u2019est-il possible d\u2019attendre du philosophe, dans la mesure où son entreprise donne lieu à la rupture du lien entre théorie et praxis, à la réduction de la notion de liberté à la vie intérieure du penseur, à l\u2019oubli du fait qu\u2019être homme, c\u2019est aussi - et peut-être d\u2019abord - être parmi les hommes ?Plus que de constater une attitude millénaire, M.Cantin dénonce le danger qui en constitue l\u2019envers : l\u2019homme pourrait bien devenir inapte à réfléchir sur lui-même et à transcender le cours des choses.Pour illustrer cette problématique et l\u2019ancrer dans l\u2019actualité la plus vive, l\u2019auteur commence par confronter la pensée de Marx à celle de l\u2019un de ses commentateurs, Michel Henry.Plusieurs discordances apparaissent entre eux.Cependant, ils pourraient être tous deux porteurs de ce déni du politique qui caracté- relations septembre 1992 rise la philosophie occidentale : Michel Henry, en ce qu\u2019il réduit la pensée marxienne à ses seuls fondements ontologiques, et Marx lui-même, entre autres, en ce qu\u2019il s\u2019arroge le droit de parler au nom d\u2019un prolétariat qui ignore son rôle dans la marche de l\u2019Histoire, sous couvert de remplacer la transcendance par l\u2019immanence.Derrière l\u2019analyse de M.Cantin se cache une question cruciale : jusqu\u2019où le philosophe peut-il légitimement spéculer, dans quelle mesure son attitude dominatrice porte-t-elle le germe du totalitarisme ?Afin de mettre en lumière les courants sous-jacents à la démarche de Marx, l\u2019attention de l\u2019auteur se porte alors sur les ressorts de la modernité, d\u2019une part, et sur les fondements de la philosophie platonicienne, d\u2019autre part.Cet élargissement du propos, bien qu\u2019il nous donne à suivre un parcours morcelé, enrichit considérablement l\u2019investigation.On y voit comment, à partir de Galilée et de Descartes, l\u2019homme, privé de vérité révélée, ne trouve plus son salut qu\u2019en lui-même, comment la philosophie moderne s\u2019affaire dès lors à combler le clivage entre l\u2019homme et le monde, à compenser la perte de l\u2019altérité.L\u2019auteur se sert ici de façon judicieuse du 1984 de George Orwell pour analyser le phénomène totalitaire et, plus particulièrement, celui de la perte du sens commun en tant que lieu à partir duquel la parole et l\u2019action humaines deviennent possibles.Suite à quoi, il montre dans quelle mesure la philosophie demeure malgré tout intimement liée à la démarche de ce Platon, pour lequel la mort de Socrate signifiait l\u2019urgence d\u2019une scission entre philosophie et politique, entre pensée individuelle et action publique, entre un bien idéel et un monde parent du mal.Au long de cet itinéraire, on ne manque pas de voir intervenir une pléiade de penseurs, de Hegel à Camus, en passant par Arendt, Ricoeur, Tocqueville, Fernand Dumont, voire Rimbaud et Kafka.Cela ne manquerait pas d\u2019être intéressant si M.Cantin ne tombait dans la citation à outrance.Ainsi, Hannah Arendt, qui n\u2019a certainement pas le mérite d\u2019avoir écrit le livre, a pourtant celui de répondre à la plupart des questions soulevées, d\u2019orienter la réflexion et de fournir le dernier mot de beaucoup trop de paragraphes.Par ailleurs, le style lourd et le contenu extrêmement spécialisé du développement sur le rapport entre Marx et Henry fait contraste avec le propos relativement général et abordable sur les sources platoniciennes et le renversement moderne.Ce traitement inégal nous laisse pressentir que M.Cantin lui-même prend plaisir à circuler dans l\u2019aire de jeu de la philosophie traditionnelle, théorisant volontiers sur une théorie politique qui, à ce stade de haute voltige intellectuelle, se trouve à mille lieues de la praxis.Il reste que les questions et thèmes abordés ici sont essentiels et qu\u2019ils ouvrent un champ d\u2019investigation qu\u2019on ne peut qu\u2019espérer voir grandir.Pour tous ceux et celles donc qui s\u2019intéressent au rapport de la philosophie à la politique en général, ou plus particulièrement, au lien entre le marxisme et la pensée marxienne, au spectre du totalitarisme ou aux aléas de la modernité.¦ Pascale Quiviger Dieux en sociétés dans son édition de février 1992, la revue Autrement pose la question des rapports entre religion et politique.Philosophes, sociologues, historiens, abordent tour à tour cette problématique à travers les âges et les sociétés.Cette multidisciplinarité rend la recherche féconde et particulièrement intéressante.En effet, les intervenants questionnent la société grecque, le modèle biblique, le Moyen Age, l\u2019Islam, la Renaissance, l\u2019héritage de la Révolution française jusqu\u2019à nos sociétés modernes.Assiste-t-on à la disparition ou à un retour du religieux ?La désaffection de cet univers ne signifie pas pour autant sa fin, mais plutôt un transfert, une métamorphose, dans des religions séculières : mass-media et star-system, politique, etc.Comme le soulève Paul Blan-quart : « la religion qu\u2019on cesse de prendre en compte, va subrepticement contaminer la nouvelle figure en resacralisant dans le champ de l\u2019organisation sociale (.) ; elle va faire autant de succédanés du divin, chacune cherchant à ramener à soi les autres au détriment du droit de tous ».Ainsi, à la Renaissance, la brisure religieuse de l\u2019Europe affermit l\u2019absolutisme royal.La Révolution française détruit en apparence les liens entre le politique et le religieux.Cependant, elle n\u2019y parvient que par un « transfert paradoxal du sacré au profane ».Force nous est de constater les métamorphoses du sacré comme contenu symbolique et la pérennité de ce transfert entre le religieux et le politique.En effet, la baisse de la pratique religieuse ne signifie pas pour autant l\u2019épuisement de la fonction symbolique du sacré.Les ethnologues notent la présence dans nos sociétés occidentales de rituels de passage, le premier voyage aérien par exemple, certaines façons de parler, de se protéger, qui confirment la présence même modifiée de rites qui n\u2019ont pas été balayés par la modernité.À cet égard, peut-on parler de mutation du sacré, les formes et les manifestations en changeant avec les sociétés ?Mais qu\u2019en est-il de la dimension du sacré lorsqu\u2019il se détache de l\u2019univers institutionnel ?Claude Geffré souligne : « le sacré n\u2019existe pas en soi.Le mot « sacré » sert justement à désigner ce qui est au-delà de l\u2019expérience immédiate et des possibilités du langage ordinaire des hommes ».Il se lit alors comme « revanche de l\u2019irrationnelle » ouverture sur un monde inédit, par rapport à l\u2019unique satisfaction et multiplication des besoins que favorisent nos sociétés occidentales.L\u2019écrivain Octavio Paz, dont l\u2019entretien ouvre le débat, se dit « ouvert à l\u2019infini », mais d\u2019une ouverture sans forme pour le visible.Le sacré plongerait alors ses racines dans la part de mystère de notre monde dont nous ne connaissons, selon ses propres paroles, « ni le premier ni le dernier mot », ainsi que dans ces instants privilégiés de communication qui échappent à nos sociétés gestionnaires, technocratiques et pour lesquels nous n\u2019avons pas de mots.Dans son analyse du sacré, Henri-Pierre Jeudy cite cette phrase de Georges Bataille qui apporte un éclairage inédit à la discussion : « Le christianisme a substantialisé le sacré, mais la nature du sacré, dans laquelle est reconnue aujourd\u2019hui l\u2019existence brûlante de la religion, est peut-être ce qui se produit de plus insaisissable entre les hommes, le sacré n\u2019étant qu\u2019un moment privilégié d\u2019unité communielle, moment de communication convulsive de ce qui est ordinairement étouffé.» Bref, un dossier à lire absolument pour la diversité et la richesse de son propos.¦ Louise Larose ligieuses que l\u2019on regroupe sous le nom de Nouvel Âge.Plus qu\u2019une mode passagère, le Nouvel Âge est une profonde transformation culturelle, qui interpelle le christianisme en profondeur.Les réactions des chrétiens sont parfois inquiètes, négatives ou même violentes.Saluons ici le travail intelligent du Centre d\u2019information sur les nouvelles religions (CINR), accompli depuis quelques années, et particulièrement dans ce petit volume signé par Richard Bergeron, Alain Bouchard et Pierre Pelletier.Une enquête, patronnée par l\u2019Assemblée des évêques du Québec - et dont on trouvera les résultats in extenso en annexe - rappelle d\u2019abord les différentes croyances et les pratiques de ce nouveau courant, ainsi que leur mode et degré de pénétration dans notre société.Comment les chrétiens doivent-ils accueillir le Nouvel Âge ?Avec beaucoup de prudence, bien sûr, car le Nouvel Âge est un immense marché aux puces où l\u2019on trouve de tout.et bien des charlatans.On appréciera particulièrement ici la pertinence des réflexions de Richard Bergeron et de Pierre Pelletier.L\u2019attitude de base en est une d\u2019accueil, car ces nouvelles pratiques expriment souvent des attentes profondes (des « béances ») de notre monde postmoderne.Mais un discernement s\u2019impose, et on saura gré à nos auteurs de bien démêler les concepts et de proposer des critères clairs, tant sur le plan théorique que pratique.Ces réflexions conduisent d\u2019ailleurs à des suggestions d\u2019attitudes et d\u2019actions pastorales, pour que le christianisme retrouve sa capacité évangélique de répondre aux besoins les plus profonds de nos contemporains.Le livre se termine par une remarquable bibliographie « provisoire », pour qui aimerait en savoir plus long sur cet important phénomène culturel et religieux.¦ Fernand Jutras Le Nouvel Âge en question Un coup d\u2019oeil au rayon des livres religieux de n\u2019importe quelle librairie suffit pour constater l\u2019extraordinaire popularité de ce courant d\u2019idées, de croyances et de pratiques re- De la souffrance à l\u2019espérance Cest une contribution positive à la lutte contre la violence dans la société que l\u2019Église catholique au Canada est désormais capable d\u2019apporter, si elle met en oeuvre i\u2019esprit et les recommandations du « Rapport du comité ad hoc de la CÉCC relations septembre 1992 221 sur les cas d\u2019agression sexuelle », rendu public en juin 1992.Contenu dans une brochure de 95 pages, ce rapport propose un parcours qui va « De la souffrance à l\u2019espérance ».Un parcours prometteur mais exigeant, comme la préface le signale en toute lucidité, puisque « notre Église ne passera pas instantanément « de la mort à la vie », sur cette question des agressions sexuelles, sans que de profonds changements ne s\u2019instaurent en elle en termes de quête de vérité, de passion du service, de renouvellement communautaire et d\u2019espérance indestructible ».Le Comité ad hoc, présidé par Mgr Roger Ebacher, avait reçu le mandat d\u2019élaborer des lignes de conduite sur trois plans : aider les diocèses dans le soutien à apporter aux victimes d\u2019agressions sexuelles ainsi qu\u2019à leurs familles et amis ; proposer des voies de guérison et de réconciliation des communautés diocésaines et paroissiales qui en sont affectées ; et identifier des voies de réhabilitation des prêtres abuseurs.Mission accomplie, les membres du comité ont pris l\u2019initiative de proposer aussi des réflexions sur la formation des futurs prêtres en rapport avec les abus d\u2019enfants.Le Rapport témoigne du travail d\u2019une remarquable qualité professionnelle qui a été accompli depuis 1989, avec la collaboration d\u2019une trentaine d\u2019experts répartis en quatre groupes de travail, dans un souci pastoral évident d\u2019aider l\u2019Église à rendre justice aux opprimés.Les perspectives retenues doivent beaucoup au Rapport Winter (Terre-Neuve) et aux travaux de Rix Rogers, du ministère de la Santé nationale et du Bien-être social au Canada.Les cinquante recommandations sont accompagnées d\u2019un utile glossaire et de neuf annexes thématiques.Mentionnons que le comité avait déjà publié, en mars 1992, « Comme une brisure.Les agressipns sexuelles contre les enfants dans l\u2019Église et ia société -document d\u2019animation de groupe ».La conspiration du silence qui entoure habituellement l\u2019agression sexuelle ne pourra plus trouver d\u2019appui dans l\u2019Église.Chaque évêque est invité à désigner un prêtre-délégué chargé d\u2019intervenir dans ces situations, à former un comité aviseur qui étudiera toutes les plaintes, à mettre sur pied un comité de défense des victimes d\u2019agression sexuelle - et même un fonds d\u2019aide financière - qui doit s\u2019assurer que les victimes ont accès aux services thérapeutiques nécessaires à leur réhabilitation, et enfin, à instaurer un service d\u2019évaluation du retour possible au ministère pastoral du prêtre abuseur, lorsque la preuve est établie et la sentence purgée (au plan civil).Souvent accusée de dissimulation et de non-transparence, soupçonnée d\u2019être plus préoccupée de protéger l\u2019agresseur que de venir en aide à la victime, l\u2019Église a perdu beaucoup de crédibilité dans toutes les histoires d'abus sexuels.Aucun évêque ou supérieur religieux n\u2019aura désormais d\u2019autre choix que de faire toute la lumière sur ces cas, chaque fois qu\u2019il y aura un signalement.La compassion aidera, tant les groupes chrétiens que les responsables, à surmonter l\u2019inévitable honte et à coopérer avec les services sociaux du milieu, chaque fois que la chose est possible, en vue de la réhabilitation tant des victimes que des agresseurs.Comme d\u2019autres corps sociaux, l\u2019Église participe aux situations sociales qui conduisent à l\u2019abus d\u2019enfants.Mais elle a sans doute plus que d\u2019autres la responsabilité de ne pas s\u2019esquiver devant le mal.Le Rapport du Comité ad hoc arrive à point pour indiquer les voies d\u2019une solide politique.¦ Gisèle Turcot Livres reçus Parmi les livres reçus ces derniers mois, Relations vous signale les ouvrages suivants : -\tFrançoise de Cardaillac, Divorcer sans tout briser.Et sans faire souffrir ses enfants, Montréal, Éd.Logiques, 1992 ; 130 p.-\tL\u2019Institut Vanier de la famille, Les familles canadiennes en transition.Répercussions et enjeux, Ottawa, Institut Vanier de la famille, 1992 ; 60 p.-\tÉdouard Cloutier, Jean H.Guay et Daniel Latouche, Le virage : l\u2019évolution de l\u2019opinion publique au Québec depuis 1960.Ou comment le Québec est devenu souverainiste (préface de Vincent Lemieux), Montréal, Éd.Québec/Amérique, 1992 : 182 p.-\tJean-Claude Tardif, Exclus ou déserteurs ?Les jeunes analphabètes et les difficultés scolaires vécues à l\u2019école primaire, Québec, CEQ, 1992 ; 151 p.-\tColl., La culture inventée.Les stratégies culturelles aux 19e et 20e siècles, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1992 ; 369 p.-\tComité de théologie de l\u2019Assemblée des évêques du Québec, Mission de l\u2019Église et culture québécoise.Réflexion sur les liens entre foi et culture, St-Laurent, Éd.Fides, 1992 ; 53 p.-\tAude Nantais et Jean-Joseph Tremblay, Le portrait déchiré de Nelligan, Montréal, Éd.L\u2019Hexagone, 1992 ; 115 p.-\tJacques Boulerice, Le vêtement de jade.Récits, Montréal, Éd.L\u2019Hexagone, 1992 ; 116 p.-\tChrystine Brouillet, Nouvelle France.Marie Laflamme, Paris/Montréal, Éd.Denoël/Lacombe, 1992 ; 382 p.-\tJean Monbourquette, Comment pardonner ?, Ottawa, Novalis,, 1992 ; 256 p.-\tDans la collection Bref, de Cerf/ Fides, Paris/St-Laurent, 1991 : Georges Tavard, La trinité, 127 p.; Louis Trichet, Le synode diocésain, 125 p.; Yves Hau-mont, L\u2019astrologie, 128 p.; Michel Feuillet, Le carnaval, 128 p.-\tHenri Béchard, Les audacieuses entreprises de Le Royer de la Dauversiè-re, Montréal, Éd.du Méridien, 1992 ; 401 p.-\tRaoul Blanchard, Montréal : esquisse de géographie urbaine, Montréal, VLB Éditeur, 1992 ; 281 p.¦ références Marc Chabot, N\u2019être rien, Québec, Éd.du Loup de Gouttière, 1992 ; 95 p.Emmanuel Faber, Main basse sur la Cité.Éthique et entreprise, Paris, Ed.Hachette, 1992 ; 263 p.Serge Cantin, Le philosophe et le déni du politique.Marx, Henry, Platon, Québec, Presses de l\u2019Université Laval, 1992 ; 301 p.R.Bergeron, A.Bouchard, P.Pelletier, Le Nouvel Âge en question, Montréal, CINR/Éd.Paulines, 1992 ; 191 p.Revue Autrement, Dieux en sociétés.Le religieux et le politique, série Mutations, no 127, février 1992, 181 p.Conférence des évêques du Canada, De la souffrance à l\u2019espérance.Rapport du Comité ad hoc de la CÉCC sur les cas d\u2019agression sexuelle, Ottawa, Service des Éd.de la CÉCC, 1992 ; 95 p.222 relations septembre 1992 LE GRAND HÉRON Photo-lithographie, sur papier spécial (sans acide), format 8.5x11 pouces.Chaque oeuvre est numérotée et signée personnellement par l\u2019auteur.Tirage limité.Vous ne payez que les frais de poste! O II suffit de nous envoyer 2$, plus les noms et adresse de trois personnes susceptibles de s\u2019intéresser à Relations (utilisez la feuille insérée dans ce numéro).Nous leur ferons parvenir un exemplaire de la revue et une invitation à s\u2019abonner.D Ou encore, abonnez vous-même une personne à qui vous voulez faire cadeau de Relations.Laissez votre propre nom et adresse, pour que nous puissions vous envoyer la reproduction du dessin.FAITES DÉCOUVRIR LA REVUE RELATIONS À DES AMIS ET RECEVEZ EN PRIME CE MAGNIFIQUE DESSIN D\u2019UN ARTISTE DE CHEZ NOUS ! Daniel GÉLINAS PEINTRE-ANIMALIER Résident de Sainte-Rose, Daniel Gélinas est un expert en ornithologie, qui a collaboré avec plusieurs organismes dans le domaine.Il a toujours été attiré par la nature, car c\u2019est pour lui une forme de contemplation et de bien-être.«Comme peintre-animalier, j\u2019enseigne à bien regarder tout ce qui vit autour de nous et à bien observer les sortes d\u2019oiseaux qui nous restent.Car plusieurs espèces s\u2019éteignent, rapidement».Ses oeuvres s\u2019échelonnent sur une dizaine d\u2019années.Sa technique est le pointillisme.Il utilise comme médium le crayon fusain, l\u2019encre, le pastel sec, l\u2019acrylique-aquarelle et l\u2019huile.Depuis l\u2019automne 90, il a participé à quinze expositions, dans diverses régions de la province.relations Abonnement pour un an (10 numéros): 22 $ * Deux ans: 40 $* À l\u2019étranger: 26 $ * TPS incluse \u2022\tJe désire faire cadeau d\u2019un abonnement à: Nom:.Adresse:.\u2022\tCi-joint___$ + 2$ (pour recevoir la photo-lithographie du héron).Mon nom:.Adresse:.Chèques ou mandats-postes doivent être faits au nom de: RELATIONS, a/s Mme Hélène Desmarais, 25 Jarry ouest, Montréal H2P 1S6 Cette offre est valable jusqu\u2019au 31 décembre 1992 ou jusqu\u2019à épuisement des stocks relations septembre 1992 223 relations septembre 1992 3,25$ no 583 SOMMAIRE \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\tLrEi*l gflM \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t NOS PROCHAINES SOIREES RELATIONS Deux conférences: M.Étienne LeRoy\tPaul Vaiadier, SJ Université de Paris I - Sorbonne\tUniversité catholique, Lyon «Les droits humains et le développement»\t«Questions du monde moderne à l\u2019Église» Le lundi 14 septembre 1992, 19h30\tLe lundi 28 septembre 1992, 19h30 Prix d\u2019entrée: 3,00 $ Ces conférences ont lieu au Centre justice et foi, 25 Jarry ouest (métro Jarry) septembre 1992 Envoi de publication - Enregistrement no 0143 Port payé à Montréal 25.rue Jarry ouest.Montréal H2P 1S6 "]
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