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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1976-05, Collections de BAnQ.

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[" relations MONTRÉAL\tMAI 1976HHHHHHHHHVOL.36 41PRIX: 75(t HH Une Église TRANQUILLE dans une société VOLCANIQUE par Jacques Grand\u2019Maison Un \u201cFeedback\u201d: LE LUNDI ET LE DIMANCHE par Julien Harvey Éducation: Négociations et LOI SPÉCIALE par Maurice Ruest LIBÉRATION et ÉVANGILE - Interview exclusive avec Juan Luis Segundo CHINE et liberté religieuse par Denis Legris \u2014relations\u2014-1 revue du mois publiée sous la responsabilité d'un groupe de membres de la Compagnie de Jésus RÉDACTION Irénée Desrochers, directeur Marcel Marcotte, secrétaire Guy Bourgeault, Jacques Chênevert, Gabriel Dussault, Michel Dussault, Julien Harvey, Pierre Lucier, Guy Ménard, André Myre, Yves Vaillancourt ADMINISTRATION Maurice Ruest RÉDACTION, ADMINISTRATION et ABONNEMENTS : 8100, boul.Saint-Laurent, Montréal \u2014 H2P 2L9 tél.: 387-2541.PUBLICITÉ: Liliane Saddik, 1700, rue Allard, Ville Brossard.Téléphone: 678-1209.M.Jean-Robert Gendron est autorisé à solliciter des abonnements pour la revue.numéro 415 mai 1976 SOMMAIRE Chrétiens et société Une Eglise tranquille dans une société volcanique Jacques Grand\u2019Maison 131 Le dimanche et le lundi (Rapport du \u201cProjet Feedback\u201d de la C.C.C.)\tJulien Harvey 135 Quelques témoignages\t137 Négociations dans le secteur de l\u2019éducation Pourquoi cette loi?\tMaurice Ruest\t139 Ethique sexuelle Homosexualité et morale I- Les données phénoménales de base\tMarcel Marcotte\t142 La Chine Eglise et Evangile en Chine\tDenis Legris\t147 Théologie de la libération Libération et Evangile\tJuan Luis Segundo\t151 Chroniques CINÉMA: \u201cCarcajou et le péril blanc\u201d de Arthur Lamothe Yves Lever 156 LITTÉRATURE: LE PAYS RÉINVENTÉ entre rivières et jardins a\tGabrielle Poulin 157 THÉÂTRE: Il y a drames et drames Georges-Henri d\u2019Auteuil 158 Relations est une publication des Editions Bellarmin.Prix de l\u2019abonnement: $8 par année.Le numéro: 75C Les articles de Relations sont répertoriés dans le Répertoire analytique d\u2019articles de revue du Québec (RADAR) de la Bibliothèque nationale du Québec, dans l\u2019Index analytique de périodiques de langue française (PERIODEX), dans le Canadian Periodical Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques, et dans le Répertoire canadien sur l\u2019éducation.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 0034-3781 Courrier de la deuxième classe - Enregistrement no 0143.NOUVEAUTÉS Courtepointes Poèmes par Gaston Miron 14\tx 21 cm., 56 pages \u2014 Prix: $2.00 Un arbre chargé d\u2019oiseaux par Louise Maheux-Forcier 13x23 cm., 144 pages - Prix: $4.80 Travaux du 11e Colloque de droit comparé 15\tx 21 cm., 204 pages - Prix: $5.00 Critique épistémologique de l\u2019analyse systémique de David Easton par Denis Monière 15 x 23 cm., 320 pages - Prix: $9.00 En vente chez votre libraire et aux: Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa 65, avenue Hastey Ottawa, Ont.K1N 6N5 LE LANGAGE DES CHIFFRES 45.000 13.000 Total 1 TITRES EN STOCK PERMANENT PIEDS CARRÉS D\u2019ÉTALAGES LIBRAIRIES EN UNE (h) Sciences humaines (j) Jeunesse © Lettres, arts, loisirs (M) Médecine et sciences de la santé (s) Sciences et techniques SERVICES INTÉGRÉS les commandes spéciales les commandes d\u2019office les livres reliés et catalogués le service universel d\u2019abonnements QUALITÉ : LA MEILLEURE LIBRAIRIE DUSSAULT la grande librairie du 8955 SAINT-LAURENT - MONTRÉAL Tél.:\tMétro :\tAutobus 384-8760 Crémazie 53, 55, 98, 100 130 RELATIONS une Eglise tranquille dans une société volcanique par Jacques Grand\u2019Maison* Depuis la parution du Rapport de la Commission Dumont (1970), j\u2019ai noté systématiquement les indices qui permettaient de qualifier les diverses tendances dans l\u2019Eglise d\u2019ici.Qu\u2019il s\u2019agisse des orientations majeures dans les rencontres de différents groupes, qu\u2019il s\u2019agisse des initiatives ou programmes pastoraux, ou encore des expériences nouvelles assez largement diffusées.Déjà pendant plus de trois ans à la Commission, je m\u2019étais astreint à pareil travail.Je me suis donc mis à la tâche pour faire un premier bilan, sans doute bien sommaire, de mon lourd dossier.Après avoir fait la même démarche au plan profane, j\u2019ai été frappé par le recoupement des tendances majeures que l\u2019on retrouve d\u2019une part, dans l\u2019Eglise d\u2019ici et d\u2019autre part, dans la société québécoise.Je vais m\u2019attarder d\u2019abord sur notre univers religieux, tout en évoquant dans un deuxième temps les correspondances saisissantes des attitudes profanes chez les catholiques québécois.6 TENDANCES MAJEURES 1.\tUne pastorale du dedans 2.\tUne foi plus combattante dans la cité 3.\tUne Eglise \u201cordonnée\u201d, permanente à restaurer 4.\tUn renouveau mystique 5.\tDes communautés satisfaites, un christianisme de \u201cbon sens\u201d 6.\tDécrochage et religion \u201cpopulaire\u201d à réinventer 1.Une pastorale du dedans Une Eglise qui se reconstruit par le dedans, voilà une première tendance exprimée de diverses façons: utiliser les moyens propres de l\u2019institution ecclésiale.Par exemple, la pastorale sacramentelle.On va donc consacrer beaucoup de temps aux activités liturgiques et para-liturgiques, au renouvellement des pratiques religieuses, particulièrement les rites de passage et les temps forts de célébration.Ces démarches prendront même le pas sur les efforts catéchétiques qui avaient marqué la décennie \u201960.- \u201cLe temps est venu de raffermir - \u201cIl faut renforcer l\u2019école con-la foi de ceux qui sont à l\u2019intérieur fessionnelle.Elle reste l\u2019unique lieu de l\u2019Eglise\u201d.Pour y arriver, il faut public de transmission de la foi, dont dispose encore l\u2019Eglise\u201d.Importance majeure, puisqu\u2019on peut par ce truchement rejoindre l\u2019ensemble de la jeunesse et des parents.\u201cOn devra se battre politiquement si c\u2019est nécessaire pour maintenir cette pièce maîtresse de la transmission de la foi chrétienne.\u201d -\tLa formation d\u2019agents pastoraux est devenue une priorité dans bien des Eglises locales.Pour la justifier, il n\u2019y a pas que la baisse des effectifs chez les pasteurs, mais aussi une nouvelle politique pastorale des ministères et des services dans l\u2019Eglise.On met ici en veilleuse les identités particulières du prêtre, du religieux et du laîc, un peu dans la foulée de l\u2019ecclésiologie de Vatican II.Quant au danger de cléricalisation interne, on en parle de moins en moins.(Restons factuel!).Je sais qu\u2019il faudrait apporter ici beaucoup de nuances en creux ou en bosse.-\tLa paroisse demeure la structure de base, et même s\u2019affirme davantage par rapport à la pastorale régionale et urbaine des années \u201960 et par rapport aux pastorales spécialisées qui sont nées surtout entre 1945-1960.Cette tendance paroissiale renouvelée n\u2019est pas étrangère au \u201cretour à la base\u201d qui s\u2019exprime un peu partout dans notre société, en dépit de la centralisation grandissante.Mais il y a d\u2019autres raisons: * Prêtre, sociologue, professeur à la Faculté de théologie de l\u2019Université de Montréal, l\u2019A.a participé à plusieurs \u201cexpériences\u201d populaires, dont la plus récente est celle de Tricofil.Son dernier livre, Au mitan de la vie (Leméac, 1976), a une saveur d\u2019autobiographie.MAI 1976 131 le fort mouvement communautaire des dernières années, d\u2019une part et d\u2019autre part, la prise de conscience des conséquences graves qui découleraient de nombreuses faillites paroissiale.La paroisse n\u2019est-elle pas encore la structure fondamentale d\u2019encadrement des catholiques?Par ailleurs, on ne voit pas encore d\u2019expériences nouvelles assez diffusées qui indiqueraient un renouvellement des rôles traditionnels et une émergence de nouveaux rôles dans cette institution.Il y a bien sûr les clubs de l\u2019âge d\u2019or.Quelques initiatives aussi en relation avec la rénovation urbaine, les centres locaux de services communautaires, etc.Nous reparlerons des mouvements mystiques qui développement leurs cellules sur le terrain paroissial.Au bilan, la remarque qui va suivre, résume bien la tendance: \u201cIl faut se ressaisir, se ramasser, se relancer.On a perdu trop de temps dans le profane.On doit réaménager notre propre terrain religieux et renforcer nos propres institutions\u201d.Une deuxième tendance va noter dans cette option une disproportion entre les préoccupations internes et les énormes défis de la société, par exemple entre les soucis paroissiaux et la crise urbaine, entre l\u2019autodéfense confessionnelle et le monde explosif de l\u2019éducation.2.Une foi plus combattante dans la cité Une Eglise tranquille dans une société volcanique.Voilà l\u2019image religieuse de la décennie \u201970, dira une seconde famille spirituelle, elle-même passablement éclatée en diverses orientations.Qu\u2019il s\u2019agisse des croyants, du leadership pastoral, ou de l\u2019Eglise comme telle, on trouve que l\u2019instance chrétienne est trop absente des débats et combats de notre société.Y a-t-il un vrai discours chrétien identifiable dans l\u2019expression des profonds malaises sociaux, économiques et politiques actuels?Pas de ferment évangélique, non plus, dans nos institutions séculières et notre vie matérialiste.132 Qui a encore, même chez les fidèles, une conception chrétienne de l\u2019amour, de l\u2019éducation, du travail, de l\u2019argent?Tout se passe comme si on devait réapprendre à marcher en chrétiens.A ce niveau profond, le plus décisif, le plus quotidien, l\u2019Eglise et sa pastorale ne rejoignent pas les hommes, les croyants eux-mêmes.\u201cCar la débarque continue, malgré quelques retours à la pratique.La vie réelle se déchristianise toujours davantage malgré les courants mystiques parallèles, compensatoires, nostalgiques qui ne cliquent pas chez la majorité des gens.\u201d Et puis, à quoi bon ces renouveaux liturgiques à l\u2019Eglise, si on ne sait plus prier sa vie ou dans sa vie, s\u2019il n\u2019y a plus de liturgie familiale, si on est incapable de témoigner autre chose que sa pratique culturelle ou même ses expériences en laboratoire religieux.Quant à la confessionnalité, c\u2019est un mythe, une farce monumentale chez les jeunes, chez les professeurs.On dit que les parents y tiennent (selon les enquêtes), mais est-ce bien par conviction chrétienne?Ce système sera de plus en plus intenable; et l\u2019on ne se prépare pas aux lendemains de la confessionnalité.Non, la foi des hommes d\u2019ici et leur Eglise revivront à même leur conversion évangélique aux tâches libératrices, aux croix réelles des combats quotidiens.Une Eglise tranquille dans une société aussi inquiète et secouée, c\u2019est un contresigne.Il y manque la Passion et des passions croyantes, espérantes, combattantes jusque dans les lieux politiques décisifs.La foi, comme la vie, se trempe dans la lutte, dans son affrontement au réel.L\u2019Eglise ne peut montrer le Dieu qu\u2019elle porte sans dire quel homme elle promeut.comme Jésus-Christ l\u2019a fait lui-même dans son être propre.De même le chrétien ne peut s\u2019accommoder d\u2019une société qui est une gri-nace du Royaume.Il faut donc des croyants et une Eglise plus \u201ccoltail-lés\u201d aux vrais défis de libération, même pour découvrir les autres dimensions du salut.Comme Moïse et son peuple en Egypte, comme les exilés de Babylone, comme Jésus devant Pilate et les autres pouvoirs, comme les premiers chrétiens qui sabordaient tout le système d\u2019esclavage, etc.Cette deuxième tendance reste très minoritaire.Face à l\u2019Eglise ac- tuelle, elle est scandalisée et même amère.Elle lui reproche \u201cune attitude réactionnaire et stérile de contre-réforme\u201d.Par ailleurs, d\u2019aucuns s\u2019interrogent sur une foi trop exclusivement centrée sur la démarche politique, ou même sur une idéologie, aussi généreuse et pertinente soit-elle.\u201cLa foi elle-même s\u2019y noie et le chrétien comme tel y perd son identité.Ne faut-il pas une critique proprement chrétienne de sa propre idéologie et de celle des autres?Par exemple, les croyants peuvent-ils accepter cette conception de l\u2019homme producteur, qu\u2019il soit capitaliste ou socialiste?\u201d 3.Une Église \u201cordonnée\u201d, permanente à restaurer - L\u2019Eglise est une institution divine, bien définie par l\u2019Ecriture, la tradition et le Magistère.Une institution à long terme, très différente des autres institutions.Or, à force de changements, de flirts mondains, l\u2019Eglise d\u2019ici s\u2019est reniée.On a sacrifié l\u2019essentiel.Du jour au lendemain, tous les signes de solidité, de permanence ont été compromis: départs de prêtres et religieux, dévalorisation du culte des saints, de la Vierge, affaissement des communautés religieuses, délaissement du réseau de pratiques qui tissaient la trame de l\u2019existence chrétienne, initiatives farfelues en liturgie, sécularisation de la catéchèse.On a défié non seulement le bon sens, mais l\u2019essence même de l\u2019Eglise.L\u2019épiscopat a été trop mou et bien des pasteurs ont démissionné.Il faut mettre de l\u2019ordre dans la boutique.La religion, c\u2019est profond, c\u2019est permanent; on ne joue pas avec ça.Le désarroi actuel des consciences en témoigne.La crise des valeurs aussi.- L\u2019Eglise a été longtemps la colonne vertébrale de notre société.Elle ne pouvait pas se désister aussi rapidement et aussi passivement de son rôle historique majeur.Car c\u2019était elle qui apportait la structure de base à la conscience individuelle et collective, à la philosophie de la vie, à la morale, à la famille, à l\u2019école, etc.Qu\u2019on l\u2019admette ou pas, RELATIONS notre société a des fondations historiques religieuses.Depuis une certaine révolution, on les a plus ou moins détruites, sans les remplacer.Et les constructions nouvelles vacillent aujourd\u2019hui sur un sol mouvant, déstructuré.Voici que même des incroyants lui reprochent de ne plus jouer son rôle \u201cstructurant\u201d surtout à la base sociale et culturelle d\u2019un peuple encore majoritairement catholique de mentalité.Dans ce contexte, l\u2019Eglise devrait exercer son autorité morale d\u2019une façon plus ferme.En dépit des apparences, elle est encore la plus forte structure d\u2019encadrement et de consensus.Certains flairent derrière cette insistance unilatérale sur les caractères divin et permanent de l\u2019Eglise, une idéologie inavouée de conservatisme et de cléricalisme.Ils remettent en cause un système religieux historique qui repose plus sur la relation d\u2019autorité que sur la Parole de Dieu, la communauté des croyants et la responsabilité de la conscience chrétienne.4.Un renouveau mystique De nouveaux mouvements spirituels foisonnent, au point de devenir le trait religieux principal de la décennie \u201970.Charismatiques, Cursil-los, Biscum (La Rencontre) et au moins une vingtaine d\u2019autres courants mystiques.La démarche est d\u2019abord intérieure, tout en étant fortement communautaire.On ne donne pas ce qu\u2019on n\u2019a pas.Il faut rebâtir l\u2019être chrétien.Et pour cela: prier, se convertir, renouer directement avec l\u2019évangile, redécouvrir la fraîcheur de l\u2019Esprit comme aux premiers temps de l\u2019Eglise.Cette quatrième tendance semble pratiquement ignorer les trois autres.Des esprits critiques lui reprochent de poursuivre une mystique décrochée des enjeux cruciaux de la société et de l\u2019Eglise.Récurrence d\u2019un certain fondamentalisme simpliste qui est réapparu dans l\u2019histoire à chacune des périodes d\u2019éclatement.Cette fois, les sectes s\u2019installeraient à l\u2019intérieur de l\u2019Eglise.pacifiquement.N\u2019assisterait-on pas à une résurgence des religions à mystère que Paul, et plus tard les Pères de l\u2019Eglise, ont été amenés à combattre.On craint donc ici une fuite des crises réelles qui accompagnent des changements historiques profonds, sociaux ou ecclésiaux.Les néo-mystiques rétorquent que leur foi renouvelée change vraiment leur vie concrète, en plus de leur redonner l\u2019intériorité chrétienne que tant d\u2019hommes ont perdue.\u201cNous sommes ces petits restes avec lesquels l\u2019Esprit a relancé la foi et le peuple de Dieu tout au long de l\u2019histoire du salut.\u201d On y recrute surtout des femmes, des personnes âgées et un certain type de jeunes angoissés.La population active y est peu présente, peu encline à ce genre d\u2019expérience.Mais en certaines régions, on constate un véritable phénomène populaire qui défie la catégorisation précitée.Voilà un mouvement encore trop jeune pour le juger marginal ou déterminant, signe des temps irrécusable ou compensation quasi pathologique.Nous aurions besoin d\u2019études systématiques sur la population de ces organismes.Déjà, j\u2019ai cru percevoir qu\u2019ils ont permis à des gens plus spontanément religieux de retrouver des lieux spirituels pratiquement disparus de la société et même de l\u2019Eglise sécularisée.Je me demande aussi si ces expériences ne sont pas en train de renouveler l\u2019initiation chrétienne, les apprentissages de base de la foi.et même une appartenance plus vitale, plus intériorisée, plus évangélique à l\u2019Eglise.Certains s\u2019interrogent sur les implicites sociaux et idéologiques mal élucidés dans ces démarches.Voilà une question qui irrite les esprits religieux, parce qu\u2019elle semble purement sociologique.A ce compte-là, toutes les encycliques sociales ne devraient pas faire partie de la réflexion et de l\u2019action ecclésiales.Comme si les conditions profanes aussi ne relevaient pas des responsabilités chrétiennes.N\u2019est-ce pas une caractéristique propre du christianisme que ce lien entre l\u2019amour de Dieu et l\u2019amour du prochain?Un lien qui a amené le Christ jusqu\u2019au prétoire devant Pilate, les chefs religieux et le peuple.Cette foi évangélique vécue à même les drames de la cité est sûrement plus inconfortable et fatigante, pour ne pas dire subversive.5.Des assemblées pratiquantes satisfaites, un christianisme de bon sens On rejoint ici l\u2019Eglise tranquille dans son profil général.Il s\u2019agit du catholique moyen, pratiquant plus ou moins régulièrement.Pour lui, le bilan des changements est positif.Il a maintenu sa fidélité de base; il a commencé à assimiler les changements, les accents nouveaux de liberté, d\u2019espérance.Il trouve normal les appels à la générosité, telle l\u2019aide du Tiers-Monde.Il a pris aussi certaines distances, par exemple, face à Humanae Vitae.Sa pratique religieuse est plus volontaire, d\u2019où un regain de son sentiment d\u2019appartenance, particulièrement à la paroisse.Mais ce lien reste assez marginal, sectoriel ou parallèle par rapport aux autres appartenances plus déterminantes.Comme les non pratiquants, le fidèle moyen sera parfois très critique face à la hiérarchie et au pouvoir romain surtout.Mais avec une certaine ambivalence, puisqu\u2019il sera souvent positif devant son curé et l\u2019évêque du lieu.A l\u2019Eglise, il n\u2019accepte pas d\u2019être confronté aux conflits profanes actuels; il y cherche plutôt la paix de l\u2019âme et un ressourcement spirituel.Ce portrait modal pourrait s\u2019appliquer aux assemblées dominicales comme telles.Un public peut-être moins diversifié et pluraliste qu\u2019on le prétend habituellement.Il faudrait vérifier cette hypothèse d\u2019une certaine homogénéisation par le truchement religieux.Hypothèse à jumeler avec celle de l\u2019Eglise tranquille.6.Une masse qui s\u2019éloigne, une religion populaire à réinventer?Malgré renouveaux et retours, le décrochage continue.Décrochage de la pratique et aussi de la foi.On rencontre de plus en plus de gens imperméables à l\u2019expérience religieuse explicite, même s\u2019ils véhicu- MAI 1976 133 Né en 1931.en pleine crise (!) d\u2019un père chômeur, j\u2019ai vécu dans un climat de colère mêlée de tendresse.Cette dure et douce sauvagerie de mon enfance m\u2019a donné un jour le goût d\u2019être un radical tendre.(P- 18) J\u2019appartiens à une famille spirituelle qui vit de l\u2019espérance folle d\u2019une libération immortelle.Elle ne revendique aucune science.Elle a fait le pari de Dieu et de l\u2019âme au beau milieu de la vie et de l\u2019histoire.(p.143) Une étrange fièvre s'est diffusée dans mon pays un peu comme la rage.Sous prétexte d'effardocha-ge vigoureux du chiendent, on déracine à l'aveuglette le pire, mais aussi le meilleur.Et cela dure depuis un bon moment.On ne cultive plus, on ne fait que se battre.Les saccages intérieurs sont toujours plus féroces.Chacun connaît si bien le terrain; mais ce qu'il y a de grave, c'est que ce terrain n'est même pas encore à nous.Où mènent-ils nos combats entre locataires ?Demain, le propriétaire sera toujours maître et encore plus fort.Ce sont des oeuvres et manoeuvres de mort.Un gigantesque avortement.Je nous souhaite un revirement d'amour pour risquer une nouvelle naissance.Je sais ce voeu toujours vivant au fond de nos tripes et consciences.(p.188-189) Jacques Grand\u2019Maison, Au mitan de la vie (Leméac, 1976).lent une religiosité latente dans leurs attitudes mythologiques et même politiques.Mais l\u2019agressivité contre l\u2019Eglise de chrétienté est en voie de se résorber.Le style de vie est ici pratiquement a-religieux.Certains observateurs ecclésiastiques ne s\u2019arrêtent pas à cette hypothèse pourtant plausible, à savoir un agnosticisme à peine amorcé et susceptible de croître dans l\u2019avenir, en deçà et par-delà des renouveaux religieux minoritaires.Après tout, historiquement l\u2019athéisme est très jeune.Encore plus en Amérique, et chez nous particulièrement.Mais on devrait parler davantage d\u2019agnosticisme.Le phénomène est frappant dans les générations montantes.Et si ce mouvement gagne de plus en plus les couches populaires, il aura d\u2019énormes répercussions.L\u2019histoire nous a appris qu\u2019en pareil cas, même les efforts missionnaires les plus purs, les plus audacieux sont très peu efficaces.Tel est le cas de la classe ouvrière en France.Les débats récents sur la religion populaire en France et en Amérique du Sud remettent en cause bien des diagnostics théologiques et sociologiques aux deux extrêmes, ceux d\u2019une pastorale pour une foi épurée et exigeante, ceux d\u2019une foi plus sécularisée et politique.Quand un peuple perd sa tripe religieuse dans sa culture première, on peut difficilement l\u2019éveiller à une nouvelle conscience religieuse.Chez lui, tripe et conscience sont indissociables.Cette liaison conditionne ses appartenances profondes qu\u2019il ne distingue pas, ne sépare pas.C\u2019est ce que prétendent certains nouveaux définisseurs qui refusent en même temps de s\u2019enfermer dans le dilemme trop superficiel:\tminorités de diaspora ou chrétienté.Comme l\u2019ont fait Danié-lou et Rahner.Les nouvelles théologies et pastorales ne mordent pas plus sur ce défi que les courants de la mort de Dieu et de la sécularisation.Les uns et les autres auraient perdu la trace de la tripe religieuse, un peu comme ces leaders idéologiques et ces scientifiques occidentaux qui ne savent plus la tripe culturelle de leur peuple.Nous voilà rendus passablement loin dans la prospection du sous-sol religieux.Déjà, il serait intéressant de signaler les recoupements saisissants des attitudes profanes correspondantes chez les catholiques face aux problèmes socio-politiques de leur société.Ce sera l\u2019objet d\u2019un prochain article.Limitons-nous aux questions plus directement reliées à cette première problématisation que j\u2019ai tirée des débats intra-ecclé-siaux.Des questions importantes à résoudre Y a-t-il un consensus possible?Sur quelles bases?A quelles conditions?Ne doit-on pas laisser sa chance à chacune des familles spirituelles, quitte à établir des plates-formes ecclésiales de confrontation et de concertation épisodiques?Ne risque-t-on pas ici un pseudocompromis au nom d\u2019un pluralisme démocratique superficiel?Ni chair, ni poisson.Selon certains, il faut forcer le débat et amener les uns et les autres à se brancher face à ces options de fond.L\u2019Eglise hiérarchique, les pasteurs et bien des croyants hésitent.Ils craignent ici des luttes internes, des divisions et même des cassures irrémédiables.Je soupçonne que la population québécoise en général a la même attitude face aux grandes alternatives des combats idéologiques et politiques actuels.Bien sûr, les catholiques de tous bords et pour des raisons différentes, sont critiques face aux autorités religieuses, un peu comme on l\u2019est face aux gouvernements.Mais bien peu veulent des brisures radicales, disons le mot, une petite ou une grande révolution.D\u2019ailleurs, le courant sécuritaire souterrain déborde les tenants d\u2019un conservatisme explicite.Nous retenons ici les questions plus reliées à l\u2019Eglise.Avouons que les problèmes en suspens s\u2019accumulent: Le peu de présence signifiante de l\u2019Eglise et des chrétiens comme tels dans le tournant historique de notre société.Que ce soit au plan des choix politiques, des malaises sociaux et économiques, des débats idéologiques, de la révolution culturelle québécoise.134 RELATIONS LE DIMANCHE ET LE LUNDI Difficultés et aspirations de la vie chrétienne d\u2019après le rapport du \u201cProjet Feedback\u201d de la C.C.C.La relative tranquillité de l\u2019Eglise fait-elle de l\u2019institution ecclésiale un lieu de repli, de refuge, de consolation, de paix anticipée?Est-ce que les tendances dominantes ne favorisent pas une sorte d\u2019introversion qui installe l\u2019Eglise progressivement dans une situation de secte?On serait alors très loin de l\u2019objectif conciliaire: un vrai peuple de Dieu au milieu de chacune des nations.Le dossier moral de l\u2019Eglise catholique, plus que tout autre, a retenu l\u2019attention de l\u2019opinion publique.Que se passerait-il si, par exemple, on ouvrait un forum intra-ecclésial sur ce sujet: Humanae Vitae 10 ans après, qu\u2019est-il arrivé?Ce serait peut-être un beau test de vérité, de liberté et de virilité évangéliques.A quoi bon s\u2019en prendre aux journalistes, aux sociologues ou autres observateurs, si nous n\u2019avons pas le courage de confronter nos diverses positions entre nous.Sur ce sujet précité, les laïcs mariés auraient bien des choses à dire.A moins que la plupart d\u2019entre eux aient déjà désespéré de tout dialogue ecclésial sur les positions morales et sociales officielles.Avant de céder à pareil pessimisme, il faudrait se retrousser les manches et miser sur la force de l\u2019Esprit qui nous rassemble et sur une appartenance ecclésiale commune, de plus en plus optée, libre et ouverte.Dans un contexte aussi éclaté, n\u2019est-il pas urgent de redéfinir ensemble ce que j\u2019appellerais l\u2019expérience historique de l\u2019Eglise chez nous et ses prolongements actuels et futurs?Mieux cerner aussi nos expériences chrétiennes en situation.Quels contenus chrétiens met-on dans la pastorale du dedans, dans la foi combattante au coeur de la cité, dans l\u2019ordre ecclésial à restaurer, dans la néo-mystique?dans le \u201cchristianisme ordinaire\u201d, dans la religion populaire, etc?Ce sera plus utile que la \u201cquerelle des rites\u201d (messe en latin) ou les disputes cléricales sur le célibat.Pour ma part, je voudrais suggérer dans la prochaine étape des pistes autour de quelques cibles prioritaires: une base socio-ecclésiale à refaire, des spiritualités à réinventer, une politique pastorale d\u2019anticipation et d\u2019auto-développement, et en creux des débats et combats de fond à assumer.par Julien Harvey Le printemps 1976 n\u2019est peut-être pas le moment idéal pour présenter et discuter un sondage sociologique! La querelle CROP-IQOP sur les méthodes d\u2019anticipation du résultat é-lectoral a rejoint les manchettes et la télévision et elle met en question l\u2019un des instruments les plus vénérés de notre vie sociale, le sondage.Et l\u2019analyse du présent document est rendue plus difficile encore par le fait que son auteur, le sociologue Grant Maxwell, refuse de faire lui-même la synthèse et nous invite à la faire à travers la lecture des témoignages eux-mêmes.Tout de même, la question demeure: si nous ne croyons pas à un sondage ou à une enquête, quelle est l\u2019alternative?La réponse est simple, dans le cas où un sondage est fait méthodiquement: si on le rejette systématiquement, l\u2019alternative est de ne rien savoir ou de se fier à son intuition personnelle ou éventuellement à son préjugé.Le \u201cProjet Feedback\u201d est une initiative de la Conférence Catholique Canadienne, commencée en 1974.Le responsable, Grant Maxwell, a parcouru pendant huit mois le Canada entier, s\u2019est arrêté dans 40 villes et villages et a interviewé 750 personnes, en tenant compte de diverses grilles d\u2019âge, de sexe, de langue, d\u2019instruction, de revenu, de confession religieuse.Il a posé à chacune six questions, centrées sur celle-ci: \u201cCertaines personnes cherchent un sens plus profond à leur vie.Qu\u2019en pensez-vous?\u201d.La relecture des cassettes d\u2019enregistrement a fourni le rapport de 115 pages, rempli de citations directes, que nous livre la CCC.Le kaléidoscope canadien Maxwell a choisi de classer ses matériaux par régions: Atlantique, Québec, Ontario, Ouest.Les témoignages ainsi classés, il indique fréquemment l\u2019appartenance religieuse et la langue des témoins.Une première conséquence est que le rapport révèle beaucoup plus la diversité canadienne que son unité.Mais en même temps, si des lignes de force s\u2019avèrent communes aux quatre régions ou si des problèmes communs s\u2019y retrouvent, nous avons l\u2019indice de valeurs sérieuses ou de malaises profonds.Les malaises, par exemple, apparaissent contradictoires.Dans les provinces de l\u2019Atlantique et dans la plaine de l\u2019ouest, bon nombre de témoins trouvent que les Eglises ont été trop rapides dans le changement, alors que dans le Québec et l\u2019Ontario, plusieurs reprochent le contraire.Dans la plaine et dans la région de l\u2019Atlantique, plusieurs regrettent que les institutions ecclésiales soient affaiblies, alors que dans l\u2019Ontario et le Québec, on se réjouit fréquemment de ce fait.Il n\u2019y a là en fait rien de neuf; nous savons que le changement culturel s\u2019effectue plus rapidement dans les centres plus massivement MAI 1976 135 urbanisés et plus industrialisés.Il y a cependant un fait qui peut orienter l\u2019action: lorsque nous envisageons des planifications nationales, comme celles de la CCC, de la Conférence Religieuse Canadienne ou du Canadien Council of Churches, nous devons les qualifier et les rendre réalistes à travers au moins quatre organismes régionaux.Les convergences d\u2019une mer à l\u2019autre Elles sont d\u2019autant plus significatives qu\u2019elles se révèlent en-dessous de divergences régionales si marquées qu\u2019elles sont souvent contradictoires.La première est la coexistence de la turbulence et de l\u2019espoir.Maxwell insiste sur le fait que les Canadiens croyants refusent de se laisser entraîner à une mentalité apocalyptique et refusent également de s\u2019arrêter par prudence ou de revenir en arrière.Il relève deux aspects plus visibles de cette attitude intérieure d\u2019espérance au milieu d\u2019une situation bouleversée: le sentiment d\u2019avoir déjà vécu une révolution intérieure et de l\u2019amener progressivement à la conscience pour construire une nouvelle signification de la vie; le sentiment d\u2019avoir été ramenés à des réalités simples et fondamentales au niveau même de la foi.La description de l\u2019atmosphère de turbulence persistante est assez précisément localisée par les per- sonnes interrogées: sous des formules variées, désolées ou agressives, le centre de la crise est le peu de cohérence entre le dimanche et le lundi, pour reprendre une formule spontanée d\u2019un des témoins.C\u2019est-à-dire la concentration d\u2019un trop grand nombre sur une religion trop exclusivement cultuelle, sans portée dans la vie quotidienne, collective et personnelle; c\u2019est également la difficulté d\u2019un consensus sur le contenu et les formes de la vie de prière et sur l\u2019expérience de Dieu; c\u2019est enfin l\u2019absence d\u2019unanimité et même les oppositions fermes sur ce que peut et doit être le retentissement de l\u2019engagement chrétien sur la vie quotidienne.Il serait peu utile de décrire en détail les évaluations opposés du langage et des interventions des Eglises, certains limitant ces interventions à un minimum sur le plan socio-politique, d\u2019autres requérant un engagement total dans la lutte; certains réclamant des communautés réduites et chaleureuses, d\u2019autres les rejetant pour insister sur la militance de la grande Eglise au nom de la foi commune.Mais au-delà de ces solutions opposées, un souci profond se révèle partout: un christianisme exclusivement dominical est vomi parce que tiède, et par ailleurs le temps des illusions est passé, où on pouvait croire qu\u2019une action chrétienne engagée est possible et durable sans le support d\u2019une expérience de Dieu et d\u2019une connaissance personnelle de l\u2019Evangile.Devant cette double perception d\u2019une faiblesse et d\u2019une division, plusieurs répondants en arrivent à une perception d\u2019un troisième palier: l\u2019urgence d\u2019un examen de conscience collectif, la prise de conscience du caractère \u201cpécheur\u201d de toutes les entreprises chrétiennes, rendant possible une réconciliation qui ne soit pas une démission.Les chemins de la croissance Maxwell a rencontré beaucoup de critique et de pensée négative dans son enquête, mais il a également rencontré des personnes dont la nouvelle expérience de foi est source de motivation et parfois même d\u2019allégresse.Sans vouloir juger la valeur objective de ces expériences de foi, il indique cinq localisations de ces expériences.1.L\u2019expérience de la croissance humaine entraîne chez certains la découverte de la foi.Cette expérience est décrite de diverses façons, mais elle inclut spécialement la libération à l\u2019égard de la société de consommateurs, la redécouverte de l\u2019amitié désintéressée, la conquête de l\u2019amitié désintéressée, la conquête de la paix intérieure devant le choc du futur, l\u2019accès à une vérité de l\u2019action plus grande que celle des paroles.Foncièrement, c\u2019est là la voie de la sagesse au sens biblique du terme; elle est encore ouverte chez nous.2.L\u2019expérience de Dieu dans la prière est redevenue importante 0 Papeterie Jacques Enrg.\t\tDES\tNEIGES\t Spécialités\t0 /*\t\t2
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