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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1968-12, Collections de BAnQ.

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[" L'adolescent dans un foyer authentique L\u2019encyclique \u201cHumanae Vitae\u201d et la liberté de conscience La mort du fédéralisme coopératif \u201cLes Soleils des Indépendances\u201d SOMMAIRE Décembre 1968 Editoriaux.333 De l'inflation et de l\u2019abus des mots.\u2014 La mort du fédéralisme coopératif Articles L\u2019encyclique \u201cHumanæ Vitæ\u201d et la liberté de conscience.Marcel Marcotte 335 Méditation: Noël.Paul Labarre 342 L\u2019adolescent dans un foyer authentique Claire Campbell\t343 Chroniques Au service du français : Pouvons-nous encore espérer ?Joseph d\u2019Anjou\t347 Opinion libre : \u201cMesses\trythmées\u201d\t.Paul Legault\t349 Littérature : \u2018\u2018Les Soleils des Indépendances\u201d Gabrielle Lapointe\t351 Le théâtre.Georges-Henri d\u2019Auteuil 353 Ce Soir on improvise.\u2014 L\u2019Avare.\u2014 Volpone.\u2014 Tartuffe.Lecture du mois: Virgile\tparmi\tnous\t.\t.\tGeorges Robitaille\t355 Les livres .356 Notes bibliographiques\t3gj Table de l'année 1968\t352 RELATIONS REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus Directeur: Richard Arès.Rédacteurs: Luigi d\u2019Apollonia, Marcel Marcotte.Collaborateurs: Joseph d\u2019Anjou, Georges-Henri d\u2019Auteuil, lrénée Desrochers, René Dionne, Fernand Potvin, Jean-Paul Rouleau.Secrétaire de la rédaction: Georges Robitaille.Administrateur: Albert Plante Rédaction et abonnements : 8100, boul.Saint-Laurent, Montréal-351.Tél.: 387-2541 M.Jean-Robert Gendron est autorisé à solliciter des abonnements pour la revue.Relations est une publication des Editions Bellarmin, 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Téléphone: 387-2541.Prix de l\u2019abonnement: $5 par année.Le numéro: $0.50.Relations est membre de Y Audit Bureau of Circulations.Ses articles sont répertoriés dans le Canadian Periodical Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques, et dans le Répertoire canadien sur l\u2019éducation.Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication CONSERVEZ RELATIONS Cartable en similicuir rouge avec titres or.Jeu de 12 cordes.au comptoir $2.50 par la poste $2.65 Reliure de votre collection 1968.Le lecteur fournissant sa collection : $3.00 Si nous fournissons la collection : $8.00 Ajouter $0.25 pour frais d'expédition Écrivez ou téléphonez 8100, boul.Saint-Laurent Montréal-351 387-2541 RÉGULIÈRES ET \u201cKING' CIGARETTES EXPORT BOUT UNI OU FILTRE rnontréal numéro 333 décembre 1968 relations S-dltotiaux De l\u2019inflation et de l\u2019abus des mots Il n\u2019y a pas que le coût de la vie qui ne cesse de monter, le ton des revendications de certaines classes sociales, en particulier des jeunes et des étudiants, est aussi à la hausse.De la monnaie, l\u2019inflation s\u2019étend maintenant aux mots, sinon aux idées et aux actes.On ne parle plus guère que de protestation, d\u2019occupation, de contestation, de manifestation, de violence et de révolution.L\u2019ordre établi, Y Establishment comme on dit, apparaît \u201cle pelé, le galeux d\u2019où provient tout le mal\u201d, l\u2019adversaire, par conséquent, qu\u2019il ne suffit plus de contester, mais qu\u2019il faut renverser et détruire pour ensuite reconstruire à neuf.À ces manifestations, les catholiques, qui se veulent présents au monde, tiennent à participer; mais certaines des raisons qu\u2019ils invoquent sont ambiguës, sinon abusives.On lit ou entend, par exemple, des propos comme ceux-ci: \u201cLe Christ fut le premier et le plus grand des révolutionnaires; il a prescrit de rechercher la justice, béatifié ceux qui souffrent pour elle persécution et son Évangile est un Évangile de la justice.Nous devons donc, parce que chrétiens, être à la pointe du combat pour la justice, et nous faire, s\u2019il le faut, révolutionnaires, les prêtres en tête.\u201d Certes, dans tout ordre existant, il y a des réformes et des améliorations à apporter, il y a des injustices à corriger, la chose est évidente.Et les chrétiens ont le devoir d\u2019être présents et de livrer le combat pour opérer ces réformes, pour redresser ces injustices, personne ne songe à le contester.Encore faut-il qu\u2019ils agissent alors en disciples du Christ et utilisent des moyens ou procédés qui ne relèvent pas directement de la loi de la jungle et que ne condamne pas l\u2019Évangile.Le Christ, dit-on, fut un grand révolutionnaire.Il le fut en ce sens qu\u2019il contesta un ordre où Dieu n\u2019avait point sa place et où les choses de Dieu, tel le Temple, étaient profanées par la recherche immodérée du pouvoir et de l\u2019argent.Cette révolution qu\u2019il prêcha \u2014 et qu\u2019il prêche toujours \u2014 fut une révolution intérieure et spirituelle, par laquelle l\u2019âme se tourne vers Dieu, se donne à Lui et par amour pour Lui se donne à tous les hommes.Il n\u2019a point prêché de révolution politique pour libérer sa patrie, ni de révolution sociale pour renverser, en faveur des pauvres, l\u2019ordre établi.Au contraire, il a osé dire, malgré les duretés des Romains et les abus des chefs de la nation: \u201cRendez à César ce qui appartient à César\u201d, et \u201cLes Scribes et les Pharisiens occupent la chaire de Moïse; faites donc et observez tout ce qu\u2019ils vous disent, mais n\u2019imitez pas leurs actions\u201d.Sans doute il a prêché la justice, mais d\u2019abord la justice qui rend à Dieu ce qui est à Dieu, la justice du Royaume de Dieu à rechercher avant tout le reste.S\u2019il a proclamé bienheureux les affamés et les assoiffés de justice ainsi que ceux qui souffrent persécution pour la justice, il a promis aussi le même bonheur aux pauvres, aux humbles, aux doux, aux pacifiques, aux artisans de la paix.Sa révolution fut la révolution de l\u2019amour, de l\u2019amour qui, prenant racine en Dieu et découvrant en Dieu la grandeur de l\u2019homme, se donne à Dieu et se donne aux hommes en les secourant et en les soulageant.Telle est la révolution de l\u2019amour.La révolution de la haine méconnaît la grandeur intérieure de l\u2019homme, elle ravale, elle méprise, elle violente, elle blesse et tue.Le Christ a subi la violence jusqu\u2019à la mort, néanmoins il a toujours refusé d\u2019y recourir contre qui que ce soit.À ses Apôtres comme à ses disciples, il a donné peur mission de prêcher l\u2019Évangile de l\u2019amour: l\u2019amour du Père céleste pour les hommes et l\u2019amour que les hommes Lui doivent et qu\u2019ils se doivent entre eux.DÉCEMBRE 1968 333 La grande tentation du chrétien d\u2019aujourd\u2019hui est d\u2019oublier son origine et sa destinée, c\u2019est de ne plus croire à l\u2019efficacité de cet Évangile de l\u2019amour, mais de croire à la force et aux moyens de la violence.Le chrétien a le devoir d\u2019être présent au monde, d\u2019y dénoncer le désordre établi et d\u2019y combattre l\u2019injustice, mais par les armes qui lui sont propres: les armes de l\u2019esprit et de la charité.Maniées avec intelligence et ténacité, ces armes sont, en définitive, pour l\u2019instauration des vraies valeurs humaines, bien plus efficaces que les armes physiques de la violence et de la guerre inventées par les hommes.Car ce sont les armes du Christ.Seulement, il faut y croire et s\u2019en servir.Au cœur de l\u2019homme de ce temps, un vide spirituel s\u2019est creusé qui le laisse à la merci de ses appétits terrestres et en révolte contre les structures sociales qui lui paraissent oppressives et déshumanisantes.Il cède alors à l\u2019inflation verbale et prône la révolution comme remède à ses maux.Mais aucune révolution limitée aux seules structures sociales ne pourra combler ce grand vide qui l\u2019angoisse; si elle n\u2019est pas d\u2019abord interne et spirituelle, si elle ne s\u2019accompagne pas d\u2019un redressement des esprits et d\u2019une maîtrise des appétits, cette révolution n\u2019ira point à la racine du mal et sera toujours à reprendre.La mort du fédéralisme coopératif IA conférence fédérale-provinciale des 5 et 6 novembre sur la fiscalité a définitivement sonné le ^ glas du projet de fédéralisme coopératif lancé avec fanfare dans les premières années du gouvernement Pearson.Désormais, avait-on alors proclamé, avant, pendant et après l\u2019élaboration de toute mesure concernant les provinces, celles-ci seraient consultées et participeraient non seulement aux discussions mais encore aux décisions et à leur exécution, bref, tout s\u2019élaborerait avec elles et rien ne se déciderait sans elles.Ce beau projet a vécu ce que vivent les roses: l\u2019espace d\u2019un matin de régime.Aujourd\u2019hui le ton a changé et le monologue de l\u2019injonction a remplacé le dialogue de la coopération.Unilatéralement, Ottawa a décidé de se retirer de ces plans conjoints qu\u2019il avait engagé, et parfois même forcé, les provinces à entreprendre avec lui.Partant du principe, sain en lui-même, que l\u2019objet et le contenu de ces programmes sont de compétence provinciale et que les provinces, en conséquence, doivent en supporter le coût au moyen de leurs propres impôts, le gouvernement fédéral, après avoir tout mis en chemin et chargé les provinces d\u2019obligations financières extrêmement lourdes, déclare maintenant qu\u2019il ne marche plus, qu\u2019il lui faut faire des économies et que les gouvernements provinciaux n\u2019ont qu\u2019à se débrouiller tout seuls, en taxant davantage, chacune, leurs contribuables.Protestations et récriminations n\u2019y feront rien: sa décision est irrévocable.Dans le même temps, il annonce d\u2019autres projets qu\u2019il a en vue et qui, évidemment, touchent à la juridiction des provinces.Devant pareille façon de concevoir et de pratiquer le fédéralisme, un homme aussi foncièrement pacifique et aussi profondément canadien que M.Jean-Jacques Bertrand, premier ministre du Québec, n\u2019a pu contenir son indignation.Dans son mémoire à la conférence des ministres des finances, il n\u2019hésite pas à qualifier d\u2019 \u201carrogante et impérialiste\u201d cette attitude d\u2019Ottawa et à affirmer que \u201cle Québec ne tolérera pas qu\u2019on en vienne maintenant à un fédéralisme dominateur\u201d.Car, précise-t-il, le gouvernement canadien a encore entrepris de \u201cs\u2019immiscer dans un nombre étonnant de secteurs provinciaux, de façon directe ou indirecte\u201d, comme, par exemple, dans le développement régional, l\u2019aménagement urbain, les valeurs mobilières, la recherche scientifique, la radio-télévision scolaire et les affaires culturelles.Et voici un cas tout particulier et tout récent: Qu\u2019on pense à l\u2019assurance-santé et à l\u2019imposition, par le gouvernement fédéral, d\u2019une taxe curieusement qualifiée de \u201ctaxe de progrès social\u201d, qui, quoi qu\u2019on dise, doit effectivement servir à mettre en œuvre un programme de sécurité sociale qui relève clairement de la compétence constitutionnelle des provinces .Nous avons l\u2019intention d\u2019établir un programme québécois d\u2019assurance-maladie, mais nous le ferons quand nous le voudrons et comme nous le voudrons.Nous ne pouvons cependant tolérer que le gouvernement fédéral vienne imposer des taxes supplémentaires à nos citoyens, et ce, dans le but de mettre en œuvre, à l\u2019extérieur du Québec, un programme que nous considérons, à bon droit, être de la compétence provinciale.Une telle façon de procéder est inacceptable.On ne saurait dire mieux ni plus juste.Une fois de plus, le fédéralisme canadien évolue de la coopération à la domination.Une fois de plus, Ottawa s\u2019arroge le droit de décider seul et de dire aux provinces quoi faire; encore une fois, il cherche à s\u2019immiscer dans des domaines de compétence provinciale, sous prétexte qu\u2019il connaît mieux qu\u2019elles la situation et qu\u2019il a de plus vastes moyens de taxation; encore une fois, devant les objections du Québec, il se montre intraitable.Ainsi, donne-t-il raison à tous ceux qui soutiennent que le Québec n\u2019a rien à espérer des futures conférences constitutionnelles.\u201cSi le Québec, a écrit par exemple René Lévesque, s\u2019engageait dans des pourparlers de revision des cadres actuels et qu\u2019il y persistait, dans cent ans il ne serait pas encore sorti du bois\u201d (Option Québec, p.35).Il est aisé de qualifier ces propos de pessimistes, mais fort difficile, quand on examine attentivement les relations du Québec avec le gouvernement central durant les cent premières années de la Confédération, d\u2019en contester le bien-fondé.Ottawa a maintenant l\u2019occasion d\u2019en apporter par les faits la confirmation ou le démenti.S\u2019il est vrai, comme vient de le déclarer à Montréal le premier ministre du Canada, que jamais l\u2019influence canadienne-française n\u2019a été aussi grande dans l\u2019administration fédérale, le Québec \u2014 le Québec comme tel, non le Canada français dans son ensemble \u2014 n\u2019en a guère jusqu\u2019à maintenant ressenti les bienfaits et, au rythme où croît de conférence en conférence l\u2019intransigeance outaouaise, il pourrait bien regretter le temps où cette influence était à peu près nulle et où il ne pouvait compter que sur la bonne volonté et le fair play de la majorité anglophone.334 RELATIONS L'encyclique \"Hnmanae Vitae** et la liberté de conscience Marcel Marcotte, S.J.Paul VI avait prévu que les positions doctrinales et pratiques de sa dernière encyclique se heurteraient, inévitablement, à de vives résistances, tant chez les croyants que chez les incroyants, et que l\u2019écho de ces résistances, amplifié à plaisir par les moyens modernes de communication, se répercuterait douloureusement dans la conscience de l\u2019Église.Aussi bien, ce n\u2019est pas la première fois, dans les temps modernes, qu\u2019une encyclique papale suscite des controverses.Quand parut Rerum Novarum, le capitalisme libéral y flaira des relents de marxisme, et la même accusation, l\u2019an dernier, fut lancée par la haute finance américaine contre l\u2019encyclique Popu-lorum Progressio.Plus proche d'Humanœ Vitœ par le sujet traité, l\u2019encycüque Casti Connubii de Pie XI avait pareillement reçu \u2014 auprès des libéraux, qui en blâmèrent le ton cassant et les exigences drastiques; auprès des conservateurs, qui lui reprochèrent son style direct et sa crûdité de langage \u2014 un accueil très réservé, avant de devenir, une fois la poussière retombée sur le champ de bataille, la grande charte du mariage chrétien.Non, Paul VI ne pouvait pas se faire d\u2019illusions.Encore tout récemment, son encyclique sur le célibat ecclésiastique, loin de clore le pénible débat qui agitait l\u2019Église, n\u2019avait-elle pas eu pour premier résultat de le relancer de plus belle ?Or, un enseignement autoritaire sur la régulation des naissances était naturellement voué à soulever des contestations encore plus véhémentes et passionnées.Car les prêtres, cette fois, ne seraient pas seuls directement mis en cause: pour des millions de couples, la décision du Pape aurait des conséquences immédiates et précises, des conséquences peut-être dramatiques, dans un domaine vital où l\u2019homme et la femme, par toutes les fibres de leur être, sont personnellement impliqués à fond.Cette décision, par ailleurs, était attendue depuis quatre ans avec anxiété par le peuple chrétien.Le Concile, comme en font foi les textes nuancés de la Constitution pastorale Gaudium et Spes, n\u2019avait pas fermé la porte à toute possibilité de révision ou de rajustement de l\u2019enseignement traditionnel sur la contraception.En confiant au Pape le soin d\u2019exprimer en temps et lieu le jugement et la volonté du Magistère, il avait entretenu, ou n\u2019avait pas aboli, chez les partisans de la réforme, l\u2019espoir que cette réforme, sur des points d\u2019importance, devînt bientôt un fait accompli.Paul VI eut beau multiplier les mises en garde, cet espoir têtu se mua petit à petit, pour un grand nombre, en certitude, à mesure que l\u2019attente se prolongeait, que la Commission pontificale ad hoc tardait à rendre son verdict, que le Pape, en apparence, continuait à chercher sa voie.Paul VI, alla-t-on jusqu\u2019à dire, laissait tout doucement s\u2019établir une situation de fait, qu\u2019il n\u2019entéri- nerait officiellement que plus tard, avec toutes les précautions et les réserves requises, pour n\u2019avoir pas l\u2019air d\u2019infliger à l\u2019enseignement constant du Magistère et, plus particulièrement, à celui de ses trois prédécesseurs, un démenti trop brusque et trop voyant.C\u2019était bien mal connaître le Pape, qui entendait respecter l\u2019engagement de parler qu\u2019il avait pris solennellement devant le Concile et l\u2019Église.C\u2019était surtout faire trop peu de cas de la compétence du Magistère, qui ne pouvait évidemment pas résoudre par prétérition ou par défaut, pour ainsi dire, un problème qui intéresse d\u2019aussi près la destinée des personnes et l\u2019avenir de l\u2019humanité.L\u2019amour, le mariage, la paternité sont, de toutes les réalités humaines, les p^s hautes et les plus graves.Si l\u2019Église n\u2019était pas capable de prononcer à leur propos les paroles décisives et lumineuses dont les hommes, en pratique, ont besoin pour les faire fructifier au maximum dans leur vie, comment pourrait-elle encore se targuer d\u2019être, au nom du Christ, \u201cmère et éducatrice des peuples\u201d ?Cependant, Paul VI se taisait, dans ce sens tout au moins qu\u2019il tardait à articuler la réponse élaborée et précise après laquelle languissait l\u2019Église.Et, dans cette espèce de vacuum, des opinions se faisaient jour, des attitudes s\u2019instauraient, des pratiques tendaient à s\u2019installer, qu\u2019il serait d\u2019autant plus malaisé, au besoin, de combattre et d\u2019extirper, qu\u2019elles auraient, entre-temps, poussé dans la pensée et dans les mœurs de plus profondes racines.C\u2019est ce qu\u2019on a vu le jour où l\u2019Encyclique, à la surprise générale, a condamné ces nouveautés sans ambages, mettant les croyants de toutes conditions \u2014 évêques, théologiens, prêtres, laïcs \u2014 en posture de rebrousser dare-dare la pente qu\u2019un grand nombre, de bonne foi, avaient, à petits pas, commencé de descendre, et qu\u2019une poignée de casse-cou ou de cyniques avaient déjà déboulée jusqu\u2019au bas.Faut-il s\u2019étonner que ce coup d\u2019arrêt tardif et en partie inattendu ait suscité tant d\u2019émotion dans l\u2019Église et que, dans la confusion du moment, le peuple de Dieu, pris d\u2019ensemble, tarde tellement à donner au Magistère officiel cet \u201cassentiment loyal, interne et externe\u201d, que l\u2019Encyclique réclame ?1 Le problème à résoudre : comment concilier les droits de la conscience personnelle avec ceux du Magistère pontifical ?Habemus pontificem: nous avons un pape, et le Pape détient dans l\u2019Église du Christ l\u2019autorité suprême en ma- 1.Humanæ Vitœ, no 28.DÉCEMBRE 1968 335 tière de doctrine et de discipline.Cette autorité, il peut et il doit, autant que possible (c\u2019est la leçon du dernier concile), l\u2019exercer collégialement, c\u2019est-à-dire en communion avec l\u2019épiscopat universel, quand l\u2019objet de l\u2019enseignement et les circonstances s\u2019y prêtent, mais il n\u2019y est pas absolument tenu, et la collégialité n\u2019est pas le principe, l\u2019essence et la mesure de son autorité, non plus que de l\u2019obéissance qui lui est due par le peuple chrétien tout entier.2 Aussi bien, suivant l\u2019enseignement formel de la foi catholique 3, assumé et réitéré par Vatican II4, l\u2019infaillibilité en matière de foi et de mœurs est pour le Pape un privilège personnel, lié à sa fonction et son mandat de Vicaire du Christ, et auquel, de droit divin, rien ni personne dans l\u2019Église ne peut imposer de restrictions ou assigner de limites.A fortiori jouit-il de la même liberté souveraine quand, dans l\u2019exercice de son magistère ordinaire, il promulgue avec force \u2014 sans y employer, toutefois, la plénitude de son autorité \u2014 quelque point de doctrine ou de discipline à l\u2019intention de toute l\u2019Église.Pour n\u2019être ni collégial ni infaillible, son enseignement, à ce moment, n\u2019en reste pas moins \u201cauthentique\u201d et requiert, comme tel, de la part des croyants, \u201cune soumission religieuse de la volonté et de l\u2019intelligence\u201d proportionnelle à \u201csa propre pensée\u201d et à \u201csa volonté manifeste\u201d.5 Il suit de là que, dans une perspective doctrinale, l\u2019enseignement de l\u2019Encyclique et, notamment, la condamnation explicite qu\u2019elle porte contre la contraception, constituent, au regard de la foi, les vraies \u2014 et les seules \u2014 normes objectives du bien et du mal d\u2019après lesquelles tout croyant, en principe, est appelé à régler sa pensée et à ordonner sa conduite.On a le droit de penser que, dans une Église idéale, tous les fidèles, sans exception, épouseraient, dans le présent litige, les vues du Pape, non pas qu\u2019ils dussent, nécessairement, avoir tous l\u2019évidence que ces vues sont justes, de fait et de droit, mais parce que, le Magistère authentique ayant arrêté sa décision, tous les tiendraient hic et nu ne pour sages, en raison de l\u2019autorité dont elles émanent et de la garantie divine dont elles sont revêtues.Nous vivons, hélas ! dans une Église d\u2019hommes, où l\u2019on constate sans étonnement qu\u2019un nombre important de croyants, pour toute espèce de raisons, en sont arrivés, 2.\tLe texte de la Constitution dogmatique Lumen Gentium est parfaitement clair sur ce point: \u201cLe Pontife romain, en vertu de son office de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l\u2019Eglise, a sur celle-ci un pouvoir plénier, suprême et universel, qu\u2019il peut toujours exercer en toute liberté.\u201d La note explicative authentique expose dans les termes suivants le sens de ce passage: \u201cIl relève du jugement du Pape, qui a la charge de tout le troupeau du Christ, de déterminer, selon les besoins de l\u2019Eglise, qui varient avec les époques, de quelle manière il convient d\u2019exercer cette charge, soit personnellement, soit collégialement.\u201d (no 3) \u201cEn tant que pasteur suprême de l\u2019Eglise, le souverain Pontife peut exercer en tout temps et à discrétion son pouvoir, comme le reqmert sa charge même.Quant au Collège, il existe bien toujours, mais il n\u2019agit pas, pour autant, en permanence, de manière strictement collégiale, comme le montre bien la tradition de l\u2019Eglise .Ce n\u2019est que par intervalles qu\u2019il pose un acte strictement collégial, et jamais sans le consentement de son chef.\u201d (no 4) 3.\tConcile Vatican I, Constitution dogmatique Pastor æternus.4.\tLumen Gentium, no 18.5.\tLumen Gentium, no 25.Cfr notre commentaire de ce texte dans Relations, septembre 1968: L\u2019Encyclique \u201cHumanœ Vitœ\u201d et l\u2019obéissance catholique.336 les uns à mettre en doute le bien-fondé ou la sagesse des règles fixées par l\u2019Encyclique, les autres même à leur opposer, en théorie comme en pratique, un refus global et définitif.Les doutes ou la contestation ne portent pas, évidemment, sur les principes généraux qui, à l\u2019intérieur de la vision chrétienne de l\u2019homme et de sa vocation, inspirent et commandent au Pape sa conception de l\u2019amour conjugal et de la paternité, mais sur les applications qu\u2019il fait, autoritairement, de ces principes au problème particulier de la régulation des naissances et, singulièrement, à celui de la contraception.Compte tenu du vaste éventail des doutes, des réserves, des critiques qui se sont exprimés là-dessus jusqu\u2019à ce jour, la question de fond à laquelle la pastorale de l\u2019Encyclique est actuellement affrontée pourrait donc se formuler brièvement en ces termes: Comment concilier, face à la condamnation portée par le Pape contre tous les moyens et tous les actes contraceptifs, les droits de la conscience personnelle avec ceux de l\u2019autorité légitime ?Le problème a été obscurci, des deux côtés de la barricade, par tant d\u2019imprécisions, d\u2019ambiguïtés, de réticences verbales ou, à l\u2019inverse, par tant de pronunciamientos sans nuances, de déclarations fracassantes, qu\u2019il paraît nécessaire, avant d\u2019en arriver aux conclusions pastorales pratiques, de soigneusement établir l\u2019état de la question.La tradition et la foi catholiques réclament, en même temps, le respect de la conscience personnelle et celui de l\u2019autorité légitime.La tradition catholique, en dépit de quelques avatars historiques, a toujours fait grand cas des droits de la conscience personnelle.Intransigeante en matière de foi, elle s\u2019est habituellement montrée beaucoup plus tolérante et plus souple en matière de morale, à moins qu\u2019il ne s\u2019agît de règles clairement révélées.Au surplus, le concile Vatican II a mis en circulation dans l\u2019Église des aspirations à la liberté de pensée et d\u2019action qui, en regard des normes précédemment reçues, revêtent parfois un caractère incongru, mais qui n\u2019en sont pas moins, au total, saines, humaines et créatrices, en ce sens qu\u2019elles favorisent l\u2019ouverture du chrétien au monde et son insertion active dans l\u2019histoire en marche.Il est encore trop tôt pour comparer sur pièces les avantages et les inconvénients de cette transformation.L\u2019apprentissage de la liberté, pour les groupes comme pour les individus, est toujours long et laborieux.En abaissant en tout domaine le seuil de la censure et en prenant, chaque fois que c\u2019était possible, parti pour la liberté, le Concile a délibérément exposé l\u2019Église à des dangers inédits dont les tensions actuelles, autour de différents points de doctrine et de discipline, sont l\u2019illustration et le prélude.Mais, comme c\u2019est sous la mouvance de l\u2019Esprit de Dieu que le Concile a opté pour le risque, le chrétien doit croire, en dépit des apparences contraires, que ces discordances sont nécessaires et fécondes, ces déchirements provisoires, et que l\u2019Église, à travers les RELATIONS affres d'une parturition éprouvante, est en train de renaître à une vie nouvelle.Une fois reconnus les droits de la conscience personnelle, il faut, en régime de pensée et de vie catholique, reconnaître également les droits de l\u2019autorité légitime, qui coïncident, en dernier ressort, avec ceux du magistère officiel de l\u2019Église.Dans le domaine des articles de foi au sens strict, ces droits sont illimités et ne tolèrent aucune contestation.Quand le Magistère engage explicitement la plénitude de son autorité en proclamant ex cathedra une vérité à croire ou une règle de vie à pratiquer, le chrétien, en tant que tel, est tenu d\u2019obéir coûte que coûte.S\u2019il ne le fait pas, il s\u2019exclut lui-même, automatiquement, de la communion catholique, même s\u2019il prétend \u2014 à la façon du \u201ctroisième homme\u201d \u2014 y rester rattaché.Cependant, le domaine des vérités infaillibles, irréformables dans leur substance sinon dans leur formulation, est, en matière de morale surtout, relativement étroit.En règle générale, les lois morales fixées par le Magistère ne sont pas des articles de foi et ne lient donc point, de soi, les consciences chrétiennes de façon inconditionnelle et absolue.Mais on aurait tort d\u2019en conclure que la conscience, vis-à-vis d\u2019elles, est libre de ses choix.Restreindre l\u2019obéissance catholique aux vérités de foi clairement définies, c\u2019est se faire du rôle de l\u2019Église et de l\u2019infaillibilité même de son magistère une conception étriquée et fausse.Suffirait-il donc à l\u2019Église, pour remplir sa mission dans le monde, de proclamer solennellement le petit nombre de vérités fondamentales qui forment le noyau de la Révélation, en abandonnant aux individus le soin d\u2019en tirer, au fur et à mesure de leurs besoins, les conclusions doctrinales et pratiques que leur conscience approuve ?Et suffirait-il aux chrétiens, pour marquer leur appartenance à l\u2019Église, d\u2019obtempérer aux règles de pensée et de vie strictement imposées par le Magistère, sauf à prendre leurs distances vis-à-vis de toutes les autres ?Le christianisme n\u2019est pas seulement un corps articulé de doctrine, mais une sagesse intégrale, qui illumine et gouverne toutes les activités de l\u2019homme.Le chrétien sait que, dans n\u2019importe quelle situation, il y a pour lui une façon de penser et d\u2019agir qui colle de plus près que toute autre à l\u2019esprit de l\u2019Évangile et à la volonté de Dieu sur sa vie.Pour la découvrir, il se tourne d\u2019abord vers les enseignements infaillibles du Magistère, quand ils existent; mais, quand ils n\u2019existent pas, il n\u2019en est pas réduit aux seules lumières de sa conscience.À propos de tous les problèmes importants de foi et de morale, l\u2019Église, au cours des siècles, a été amenée à prendre parti.Elle l\u2019a fait, il va sans dire, dans le prolongement et le rayonnement des vérités fondamentales qui constituent l\u2019ossature du message chrétien.En sorte que, dans la plupart de ces enseignements, de soi faillibles, le croyant, à l\u2019écoute de l'Esprit, perçoit l\u2019écho des enseignements infaillibles dont ils émanent et leur donne sa foi.C\u2019est ainsi qu\u2019il réussit à faire, en tout temps et en tout lieu, le lien entre l\u2019Évangile et sa vie.La distinction, nécessaire au plan doctrinal et juridique, entre les vrais articles de foi et les propositions simplement authentiques du Magistère, ne doit donc pas, au plan de l\u2019agir, être poussée trop loin.Sous peine de réduire l\u2019enseignement moral de l\u2019Église à quelques affirmations centrales, sans prise directe sur l\u2019existence, il ne faut pas contester au Magistère ordinaire le droit d\u2019approuver ou de dénoncer, d\u2019autorité, les comportements concrets à travers lesquels ces affirmations sont vécues; il ne faut pas non plus restreindre peu ou prou le devoir d\u2019obéissance aux seules règles morales qui portent le sceau de l\u2019infaillibilité.Tel est, nous l\u2019avons vu 6, l\u2019enseignement exprès du Concile comme de toute la tradition catholique.Peut-on reprocher au Pape de l\u2019avoir, sur un point important de la morale, pris au sérieux et mis en exercice ?Les conflits apparents entre les droits de la conscience chrétienne et ceux du Magistère sont à résoudre, en principe, au profit de l\u2019autorité.En traitant séparément des droits de la conscience et des droits de l\u2019autorité, nous ne voulons pas donner l\u2019impression que la conscience et l\u2019autorité sont des notions antinomiques, qui ne peuvent s\u2019affirmer, dans les faits, qu\u2019au détriment l\u2019une de l\u2019autre.N\u2019est-ce pas, hélas ! en termes de conflit que, trop souvent, les parties à l\u2019actuel débat posent le problème et tentent de le résoudre, en rognant, l\u2019une sur les droits de la conscience, l\u2019autre, sur les droits de l\u2019autorité ?C\u2019est un tort grave.En réalité, conscience et autorité sont, au regard chrétien, deux pouvoirs complémentaires destinés, de soi, à s\u2019achever et se renforcer mutuellement.La conscience est la voix de Dieu qui parle à l\u2019homme du dedans, l\u2019autorité est la voix de Dieu qui parle à l\u2019homme du dehors.Est-il pensable que ces deux voix, qui n\u2019en font qu\u2019une, se contredisent ?Les conflits, quand ils surgissent, ne peuvent donc être qu\u2019apparents.Sur quelle base doit-on chercher à les résoudre ?Nous posons en principe que, en toute question controversée de morale chrétienne, la présomption, avant tout examen, joue en faveur de l\u2019autorité.Le chrétien est un homme qui, par un acte conscient et libre de contrainte, a donné sa foi à l\u2019Église et s\u2019en remet à elle, globalement, de fixer pour son bénéfice les normes objectives du bien et du mal, dans l\u2019assurance qu\u2019elle ne le forcera jamais, par le truchement de ces normes, à agir contre sa conscience.Cet abandon confiant n\u2019a rien d\u2019une abdication; il est, au contraire, face à l\u2019orgueil, aux partialités, à l\u2019inconstance de l\u2019esprit, l\u2019affirmation suprême de la liberté intérieure des enfants de Dieu.N\u2019empêche que, à vue humaine, il se traduit par une limitation des droits de la conscience personnelle.Cette limitation, de toute évidence, est particulièrement rigoureuse dans le champ des règles morales infailliblement définies par le Magistère: l\u2019assentiment interne et externe qui leur est dû est total; il se confond avec l\u2019adhésion à l\u2019Église elle-même; la conscience n\u2019a plus de choix qu\u2019entre l\u2019obéissance et la rupture.Elle est assurément moins stricte 6.Cfr note 5.DECEMBRE 1968 337 dans le cas des règles morales qui n\u2019engagent pas l\u2019infaillibilité du Magistère.L\u2019assentiment de la conscience n\u2019est plus alors, par définition, inconditionnel ni absolu, et le chrétien, en principe, peut avoir et invoquer des raisons proportionnées pour le différer et même, à l\u2019occasion, pour le refuser.Seulement, il n\u2019a pas le droit de le faire a priori, en présumant, sans vergogne, que ces règles sont impraticables ou erronées, ni de le faire même a posteriori, à moins d\u2019être en mesure de démontrer qu\u2019elles le sont.Aussi bien, le chrétien n\u2019est pas, face à l\u2019autorité du Magistère, dans la même situation que le non-chrétien.Puisqu\u2019il reconnaît cette autorité et y adhère, préalablement à toute autre considération; que le Magistère, au regard de sa foi, est en possession comme on dit, c\u2019est lui qui porte le fardeau de la preuve et doit payer les frais de sa dissidence.Faute de quoi, en bonne logique, les droits de l\u2019autorité restent intacts et l\u2019emportent sur ceux de la conscience personnelle.Il faut ader plus loin: pour que la démonstration ou la preuve susdite soit valide, il est essentiel que les arguments qui militent en faveur de la liberté soient de même ordre et de même poids que ceux qui militent en faveur de l\u2019obéissance.En pratique, cela veut dire que tout débat de ce genre est gouverné de bout en bout par la théologie et ne peut, en définitive, être tranché que par elle; cela veut dire aussi que, conformément aux lois de la théologie, l\u2019autorité doctrinale la plus forte doit prévaloir sur les autorités plus faibles.Dans le cheminement intérieur de la conscience perplexe ou récalcitrante, ces deux points sont d\u2019extrême importance et demandent d\u2019être examinés de près.L\u2019autorité du Magistère joue dans l\u2019ordre de la foi et la valeur de ses décisions ne se mesure pas aux qualités scientifiques de la démarche qui y conduit.Le Magistère de l\u2019Église n\u2019est pas un magistère scientifique.Il n\u2019est pas de son rôle ni de sa compétence d\u2019arbitrer les conflits entre savants, de faire un choix parmi leurs opinions, de condamner les unes, d\u2019approuver les autres et de régler doctement, à partir de là, la pensée et la conduite du peuple chrétien.Le Magistère de l\u2019Église est un magistère d\u2019autorité.Sa mission, dans le domaine de la foi, consiste à exprimer dans toute sa richesse et sa pureté le contenu de la Révélation que Dieu nous a faite, en Jésus-Christ, de son mystère intime et de son dessein d\u2019amour envers l\u2019humanité.Dans le domaine de la morale, elle consiste à manifester, sous le même éclairage surnaturel, les exigences de Dieu quant aux actes que l\u2019homme doit poser ou ne pas poser pour que ce dessein d\u2019amour, en lui et à travers lui, s\u2019accomplisse.Fondamentalement, ces exigences sont inscrites dans la nature humaine elle-même et la conscience, en théorie, est toujours capable de les reconnaître.Mais elles risquent d\u2019être méconnues, ou d\u2019être perçues moins clairement, quand l\u2019homme est laissé à ses seules lumières.C\u2019est pourquoi, le Magistère intervient, et doit intervenir, soit pour remettre sous les regards des croyants les règles morales explicitement révélées, soit pour en rappeler d\u2019autres qui n\u2019existent dans la Révélation qu\u2019à l\u2019état implicite.Dans les deux cas, il n\u2019y a qu\u2019une source de vérité et d\u2019autorité: la Parole de Dieu que l\u2019Esprit saint prononce à l\u2019oreille de l\u2019Église.Gardons-nous d\u2019en conclure que le Magistère boude la raison et les sciences, ou qu\u2019il ne leur est pas attentif.Dieu parle aux hommes de bien des manières: par leur conscience, par les événements, par les découvertes scientifiques, par l\u2019expérience des individus et des peuples.Dans la recherche de la vérité morale et pour sa transmission, l\u2019Église fait état de toutes ces compétences.Ainsi, par exemple, en créant, sous Jean XXIII, puis en élargissant, sous Paul VI, la Commission d\u2019experts chargée de l\u2019éclairer \u201csur les nouvelles questions relatives à la vie conjugale, et en particulier sur celle de la régulation de la natalité\u201d 7, le Magistère a clairement montré qu\u2019il entendait se mettre à l\u2019écoute des sciences et tenir compte de leurs indications.Mais ces indications, à ses yeux, ne pouvaient pas être décisives et ne l\u2019ont pas été, pour la bonne raison que c\u2019est d\u2019une autre source, plus divine, qu\u2019il tient ses certitudes, et dans une autre lumière, plus limpide, qu\u2019il approuve ou condamne, en leur nom, toutes idées et pratiques nouvelles, selon qu\u2019elles servent ou desservent le vrai progrès de l\u2019homme.8 Ainsi, encore, on constate que Paul VI, dans son Encyclique, fait à la discussion et aux arguments rationnels leur part, fort large en vérité, pour expliquer, justifier et défendre ses prises de position.Il ne s\u2019agit pas là d\u2019un simple jeu de l\u2019esprit, pour la satisfaction ou la consolation des chrétiens raisonneurs.Dans la genèse de la décision papale, ces analyses intellectuelles ont certainement tenu un rôle important.Rôle positif, en articulant la recherche et en couronnant ses conclusions; rôle négatif, en opposant les raisons aux raisons et en écartant les obstacles du chemin.Mais ce rôle, à tout prendre, est d\u2019ordre instrumental et ne constitue pas, dans l\u2019itinéraire doctrinal du Pape et par rapport à son aboutissement, l\u2019élément essentiel.L\u2019essentiel, c\u2019est l\u2019assistance de l\u2019Esprit dont jouit le chef de l\u2019Église dans la recherche de la volonté divine et c\u2019est, finalement, la règle morale elle-même qu\u2019il en arrive à promulguer au nom de Dieu.Pour parler bref, l\u2019autorité de l\u2019Encyclique ne tient pas aux qualités intellectuelles de la recherche pontificale, 7.\tHumanæ Vitæ, no 5.8.\tDans son discours du 29 octobre 1966 aux gynécologues italiens, Paul VI marquait très bien les différences d\u2019origine et d\u2019inspiration entre le savoir profane et le savoir sacré.\u201cVos recherches, leur disait-il, portent sur un domaine scientifique où l\u2019expérience sensible et la raison sont mises en œuvre et apportent leurs certitudes.Pour nous, notre recherche emprunte les voies de la connaissance historique, spéculative, théologique.Vous êtes sûrs, fiers de vos conclusions si positives, mais dont tout de suite vous reconnaissez le caractère incomplet, en raison des éventuels progrès à venir, ou en raison du mystère, toujours plus présent, de l\u2019être, de la vie, de l\u2019origine et du pourquoi des choses.Nous sommes nous aussi sûr et joyeux de la lumière invisible qu\u2019il Nous est donné de trouver dans la foi et dans le soupirail de la mystique, mais toujours assoiffé d\u2019une vision béatifique dont le désir Nous tourmente et l\u2019espérance Nous console.\u201d 338 RELATIONS à la rigueur de sa méthode, à la validité des raisonnements qui la sous-tendent, mais uniquement à ses résultats.Une question était posée au Pape: la contraception constitue-t-elle toujours un désordre ?Avant que de répondre, le Pape, comme l\u2019Encyclique en témoigne, a longuement réfléchi, consulté les savants, les philosophes et les théologiens; il a scruté l\u2019enseignement de ses prédécesseurs et la tradition de l\u2019Église; surtout, il a prié, comme il l\u2019a dit lui-même, afin que l\u2019Esprit l'illumine.Et puis, le temps venu, il a rendu sa réponse: Est absolument à exclure toute action qui, soit en prévision de l\u2019acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre la procréation impossible.Humaœ Vitæ, no 14.C\u2019est cette réponse, désormais, qui fait loi dans l\u2019Église, ce ne sont pas les raisons qui la motivent et l\u2019étayent.Les raisons, de l\u2019aveu même du Pape9, peuvent être, à la rigueur, contestées, et le sont, de fait, par un grand nombre.Mais la réponse, elle, au regard de la foi, ne peut pas l\u2019être validement, non plus que la règle morale qu\u2019elle promulgue en termes nets et péremptoires.Elle ne peut pas être contestée, du moins, au nom d\u2019aucun savoir profane, d\u2019aucune expérience humaine, individuelle ou collective.\u201cCela, dirait Pascal, est d\u2019un autre ordre, surnaturel\u201d.10 L\u2019autorité qui s\u2019attache à l\u2019enseignement authentique du Pape est d\u2019un tel poids qu\u2019elle prévaut sur l\u2019autorité de tout autre enseignement en sens contraire.Mais la contestation, dans certains cas, n\u2019est-elle pas le fait de théologiens, et ne s\u2019exerce-t-elle pas, justement, sur le terrain du savoir sacré et de l\u2019expérience chrétienne où l\u2019Encyclique se situe ?Sans doute.Mais, outre qu\u2019il ne faut pas confondre, ici, les vrais théologiens avec les professeurs de catéchisme qui s\u2019en donnent le nom, on peut affirmer sans crainte que, à de rares exceptions près, les théologiens, sur le fond même de la question, sont d\u2019accord avec le Pape, qu\u2019ils reconnaissent du moins l\u2019authenticité et la validité de son enseignement.Leurs réserves, quand ils en font, portent plutôt sur la forme de l\u2019Encyclique, son langage, son style, la nature et la portée de son argumentation, et, davantage encore, sur son mode de préparation, trop peu collégial, ecclésial ou démocratique, au gré de quelques-uns.Leur position critique peut se résumer ainsi: l\u2019enseignement de l\u2019Encyclique est un enseignement authentique et valable, qui lie la conscience des fidèles, mais, dans l\u2019optique de Yaggiornamento conciliaire et de la théologie nouvelle qui en est issue, il eût dû revêtir des allures moins doctorales, moins catégoriques, moins autoritaires, et faire la part plus large aux initiatives de l\u2019Esprit et à la responsabilité chrétienne des couples; il est surtout regrettable que le Pape, avant de rendre son verdict, n\u2019ait pas 9.\tS\u2019adressant aux prêtres, Paul VI écrit: \u201cSoyez les premiers à donner dans l\u2019exercice de votre ministère un assentiment loyal, interne et externe, au Magistère de l\u2019Eglise.Cet assentiment est dû, vous le savez, non pas tant à cause des motifs allégués, que plutôt en raison de la lumière de l\u2019Esprit saint dont les Pasteurs de l\u2019Eglise bénéficient à un titre particulier pour exposer la vérité.\u201d Humanæ Vitæ, no 28.10.\tPensées, no 793, éd.Brunschvicg.jugé bon ou trouvé moyen de consulter davantage les évêques, les théologiens, les fidèles, et que le verdict rendu fasse trop peu de cas des avis et des aspirations en sens différent qui ont cours dans l\u2019Église.Ces reproches mesurés, auxquels nous avons répondu dans nos articles précédents, ne touchent pas à la substance même de l\u2019enseignement pontifical et, dans le climat décontracté de la théologie d\u2019après-Concile, n\u2019ont rien d\u2019inattendu ni de scandaleux.Dans la mesure, encore fort imprécise et discutable, où ils sont fondés, nous avons l\u2019assurance que, tôt ou tard, le Magistère y fera droit.Nous regrettons seulement, avec bien d\u2019autres, que les théologiens en cause n\u2019aient pas mieux prévu et prévenu l\u2019usage intempéré, voire les distorsions dont leurs critiques, fatalement, devaient être et ont été l\u2019objet en se répandant dans l\u2019opinion publique.\u201cIl est dangereux de dire au peuple que les lois ne sont pas justes; car il n\u2019y obéit qu\u2019à cause qu\u2019il les croit justes.\u201d 11 II est dangereux même d\u2019avoir l\u2019air de le dire, car d\u2019autres en concluront qu\u2019on le dit, et le peuple, trompé par les apparences, perdra toute envie d\u2019obéir.Quant aux rares théologiens qui se sont ouvertement dissociés de l\u2019enseignement papal, nous voudrions savoir, entre autres choses, ce qu\u2019ils pensent de ces textes de celui qui fut, et qui reste, le plus grand parmi eux: Il faut s\u2019en tenir au jugement du Pape plutôt qu\u2019à la position de n\u2019importe quel théologien, fût-il extrêmement versé dans les Saintes Ecritures.St-Thomas d\u2019Aquin: Quodl., 9,6.Contre l\u2019autorité du Pape, ni Jérôme, ni Augustin, ni aucun des saints Docteurs ne défendent leur opinion personnelle.Somme théol., II-II, a.2, ad.3um.La théologie est une science fondée toute sur l\u2019autorité.Celle des théologiens, pris un à un, ne pèse pas très lourd.De fait, elle n\u2019a de poids que celui des sources où ils puisent (Écriture et Tradition, définitions de foi, enseignement constant de l\u2019Église, consensus des théologiens et du peuple chrétien au sens fort de ce terme) et celui, au bout du compte, qu\u2019il plaît au Magistère de lui reconnaître en l\u2019assumant, pour ainsi parler, dans son autorité propre.Pour le théologien, émettre des opinions contraires à l\u2019enseignement authentique du Magistère, taxer le Pape, comme certains l\u2019ont osé faire, de négligence, de collusion, d\u2019ignorance et de despotisme, prétendre ouvertement ou dire à mots feutrés qu\u2019il est dans l\u2019erreur, c\u2019est, au plan professionnel, une sorte de suicide.À partir de ce moment, le théologien n\u2019est plus qu\u2019un sage entre bien d\u2019autres, dont l\u2019opinion, sur les balances de la foi, pèse tout juste le poids des arguments \u2014 la plupart du temps rationnels \u2014 sur lesquels elle repose; pour toutes fins pratiques, il a cessé d\u2019être, et ne doit plus être considéré \u2014 en rapport avec l\u2019objet de la contestation \u2014 comme un vrai théologien catholique, c\u2019est-à-dire comme un témoin autorisé de la foi de l\u2019Église.C\u2019est dans cette optique qu\u2019il faut comprendre la protestation indignée de Paul VI, au lendemain de la publication de son Encyclique: Aujourd\u2019hui, certains théologiens recourent à des expressions doctrinales ambiguës; d\u2019autres s\u2019arrogent la permission d\u2019énon- 11.\tPascal, Pensées, no 326, éd.Brunschvicg.DECEMBRE 1968 339 cer des opinions qui leur sont propres, et auxquelles ils confèrent l\u2019autorité qu\u2019ils contestent, plus ou moins ouvertement, à celui qui, de droit divin, possède ce charisme soigneusement gardé et formidable.Discours à l\u2019inauguration de la Conférence du Comité épiscopal latino-américain, à Bogota.1'2 Cela ne veut pas dire que la liberté de pensée n\u2019existe pas dans l\u2019Église, que le théologien ne peut que répéter ou commenter les enseignements officiels: la théologie catholique, à ce régime, perdrait tout dynamisme, toute volonté et capacité de progrès.Mais cela veut dire que, là où le Magistère a clairement pris parti sur un problème de doctrine, la liberté d\u2019expression, surtout à une époque de crise, n\u2019est pas illimitée.Le théologien est imprudent ou naïf qui reporte sur son rôle public les privilèges attachés à son rôle privé, sans tenir compte de l\u2019impact \u2014 multiplié à l\u2019infini par la presse écrite et parlée \u2014 de ses critiques sur l\u2019opinion populaire.13 Est-ce à lui, isolé parmi ses pairs, ou est-ce au Pape, en communion avec l\u2019Esprit, avec l\u2019Église, que le chrétien indécis demandera de lui servir de guide ?Nous tenons donc pour certain que, faute de preuve valable en sens contraire, toute confrontation, chez un croyant, entre les droits de la conscience et les droits de l\u2019autorité, doit déboucher, en fin de course, sur la reconnaissance des positions de l\u2019Encyclique.Reconnaissance théorique: cette doctrine est vraie, sage, juste et salutaire.Reconnaissance pratique: ces prescriptions morales sont à respecter hic et nunc comme la norme objective de la conduite chrétienne.Telle est la conclusion à laquelle l\u2019Épiscopat français \u2014 pour ne parler que de lui \u2014 paraît en être arrivé quand, à la suite du Pape, il affirme nettement: \u201cLa contraception ne peut jamais être un bien.Elle est toujours un désordre.\u201d 14 La contraception est toujours un désordre, comme le Pape l\u2019affirme, mais elle n\u2019est pas toujours un péché, puisque la conscience peut, de bonne foi, la juger innocente.Cependant, le sort de la moralité ne se joue pas tout entier au niveau des exigences morales objectives, mais à celui, également, de l\u2019appréciation subjective qui en faite, 12.\tLe texte complet de ce passage sur la fonction des théologiens a été publié dans Relations, octobre 1968, p.291.13.\tCfr la Déclaration de l\u2019épiscopat canadien, no 16.\u2014 Sur le rôle des théologiens dans la controverse actuelle, le P.Karl Rahner a exprimé des vues fermes et nuancées qui devraient, nous semble-t-il, rallier tous les suffrages.Cfr The National Catholic Reporter, 18 septembre 1968: Rahner on Encyclical.14.\tNote pastorale de la Conférence des évêques de France, no 16.Ces deux lignes \u2014 ou leur équivalent \u2014 sont portées manquantes dans la Déclaration de l\u2019épiscopat canadien, et cette absence, comme chacun sait, a donné lieu à des interprétations laxistes de leur enseignement contre lesquelles, à bon droit, les Evêques protestent et se proposent de réagir dans les mois qui vont suivre.Que, pour des raisons pastorales, ils aient omis d\u2019endosser explicitement la condamnation de la contraception prononcée par le Pape, cela ne veut pas dire qu\u2019ils la contestent, mais simplement que, au plan où ils avaient résolu de se placer, ce rappel ne leur paraissait ni nécessaire, ni opportun.à hauteur d\u2019homme, par chacun de ceux qui doivent en faire l\u2019application dans leur vie.C\u2019est pourquoi, après avoir déclaré que la contraception, objectivement, est toujours un désordre, les Évêques français ajoutent aussitôt: \u201cMais ce désordre n\u2019est pas toujours coupable\u201d.Ce disant, ils ne font rien d\u2019autre que de reprendre à leur compte et appliquer à la contraception la règle traditionnelle de la morale chrétienne qui veut \u2014 comme nous le rappelions dès notre premier article \u2014 que ce soit la conscience, \u201cen dernier ressort, qui prononce, en conformité ou non avec la loi, l\u2019ultime jugement pratique sur la bonté ou la malice des actes humains\u201d.15 Quand on parle de liberté de conscience, il faut savoir ce qu\u2019on dit et peser ses termes avec soin.La conscience est tout ensemble libre et soumise.Libre, parce que c\u2019est elle, en définitive, qui, selon les lumières dont elle jouit dans une occasion donnée, choisit sa voie et, par ce choix, détermine la qualité morale des actes où il s\u2019exprime.Soumise, parce que le choix lui-même n\u2019est pas livré à l\u2019arbitraire mais doit, en toute loyauté, se conformer, précisément, aux lumières reçues.La conscience, en somme, est mère et fille d\u2019elle-même: elle enfante les règles auxquelles, ensuite, elle est tenue d\u2019obéir.Au surplus, de toutes les lumières dont la conscience dispose pour éclairer ses choix, la plus précieuse et la plus sûre, au regard de la foi, est celle qui émane du Magistère.D\u2019où, pour l\u2019objet qui nous occupe, le rappel insistant du Concile: Dans leur manière d\u2019agir, que les époux chrétiens sachent qu\u2019ils ne peuvent pas se conduire à leur guise, mais qu\u2019ils ont l\u2019obligation de toujours suivre leur conscience, une conscience qui doit se conformer à la loi divine, et d\u2019être dociles au Magistère de l\u2019Eglise, interprète autorisée de cette loi à la lumière de l\u2019Evangile.Gaudium et Spes, no 50.Il suit de là que \u201csuivre sa conscience\u201d, pour un chrétien, cela ne signifie pas \u2014 comme on le va répétant \u2014 que l\u2019homme est à lui-même sa propre loi et qu\u2019il peut, sans faute et sans remords, ajuster sa conduite à ses choix spontanés.Cela signifie, tout au contraire, que la conscience n\u2019est un bon guide qu\u2019à condition d\u2019être éclairée, qu\u2019elle doit prendre les moyens de l\u2019être, et que sa plus haute dignité, somme toute, consiste à mettre sa lucidité et sa liberté au service de l\u2019obéissance: Plus la conscience droite l\u2019emporte, plus les personnes (et les groupes) s\u2019éloignent d\u2019une décision aveugle et tendent à se conformer aux normes objectives de la moralité.Gaudium et Spes, no 16.En même temps que des droits, la conscience a donc des devoirs, dont le premier, pour tout croyant hésitant ou rétif, consiste à fournir un effort loyal pour se mettre progressivement au diapason du Magistère.Effort spirituel, d\u2019abord, car c\u2019est la pensée et la volonté de Dieu que la conscience a pour tâche de découvrir, et Dieu parle à l\u2019esprit et au cœur de l\u2019homme dans la prière.Effort intellectuel, aussi, car il serait stupide et malhonnête, sur la foi des slogans, rumeurs et préjugés véhiculés par l\u2019opinion, de renier superbement l\u2019enseignement du Pape, sans prendre le temps ni la peine d\u2019en jauger, personnellement, 15.\tRelations, septembre 1968: L\u2019Encyclique \u201cHumana Vita\u2019\u2019 et l\u2019obéissance catholique, p.251.340 RELATIONS l\u2019autorité et la valeur.Effort moral, enfin, car il est de la nature des règles qui gouvernent l\u2019amour, le mariage, la sexualité, de ne révéler pleinement leur rectitude et leur sagesse qu\u2019à ceux qui, pleinement, s\u2019appliquent à en vivre, qui jouent leur sort sur ce risque.Ce devoir accompli \u2014 ou en cours d\u2019accomplissement \u2014, il est possible que la conscience reste perplexe ou rebelle tant il y a, pour les chrétiens d\u2019aujourd\u2019hui, d\u2019obstacles à surmonter, au plan du connaître et au plan de Vagir, pour se sentir et se mettre, intérieurement, d\u2019accord avec la loi.Paul VI était conscient de ces complications.Il savait bien, par exemple, que la publicité massive faite aux motifs et aux moyens de contrôle artificiel des naissances avait déjà étouffé à demi \u201cla voix de l\u2019Église\u201d 16 dans le monde, et que les chrétiens eux-mêmes, étourdis par la propagande, risquaient de prêter à l\u2019Encyclique une oreille moins docile.Il n\u2019ignorait pas non plus que les raisons invoquées, ces dernières années, par nombre de moralistes chevronnés, en faveur d\u2019un élargissement de la loi de l\u2019Église, avaient fait leur chemin dans les consciences catholiques et qu\u2019il serait difficile d\u2019en conjurer l\u2019influence.C\u2019est pourquoi, aux arguments des uns et des autres, il s\u2019est évertué, tout au long de son Encyclique, à répondre de son mieux.17 Mais ces réponses, pour l\u2019emporter, dans l\u2019esprit de certains, sur les opinions qu\u2019elles combattent, demanderaient à être développées et approfondies.En attendant, il y a bien des chances que le flottement dans les consciences se perpétue, voire que les résistances, dans certains cas, s\u2019exaspèrent.La perspective est navrante, bien sûr, mais il faut, pour être réaliste et juste, en tenir compte comme d\u2019un fait.Paul VI se montre pareillement fort sensible aux difficultés, aux drames même que les époux, dans l\u2019ordre de l\u2019agir, peuvent avoir à affronter et à surmonter avant d\u2019être en mesure d\u2019intégrer effectivement \u201cla doctrine de l\u2019Église\u201d dans leur vie d\u2019amour conjugal.18 Pour y remédier, il a parlé d\u2019effort, d\u2019ascèse et de sacrifice, de confiance dans l\u2019aide de Dieu, d\u2019espérance de la vie éternelle.19 Mais ces remèdes, comme lui-même le prévoit,20 n\u2019empêcheront jamais que faiblesses et chutes, au fil des travaux et des jours, pullulent dans les foyers.À telle enseigne que, las de lutter, de prier, d\u2019espérer et incapables, en pratique, de vivre tout à fait comme ils pensent \u2014 ou comme ils devraient penser \u2014, certains chrétiens se mettront \u2014 ou se remettront \u2014 à penser plus ou moins comme ils vivent.Cela est déplorable, encore un coup, mais on doit derechef en faire état comme d\u2019un fait.Compte tenu de ces deux faits dont, à vrai dire, l\u2019ampleur seule, réelle ou prétendue, étonne, il est permis de penser que, chez nombre de chrétiens, par ailleurs fortement attachés à l\u2019Église et résolus à lui rester fidèles, le 16.\tHumanæ Vitœ, no 18.17.\tA relire en particulier, dans cette perspective, les nos 6.10.14, 16, 17, 22, 23.18.\tHumcinœ Vitœ, nos 20 et 25.19.\tIbidem.20.\tHumanæ Vitæ, nos 25 et 29.DÉCEMBRE 1968 jeu normal de la conscience est à ce point faussé et sa lucidité à ce point compromise, qu\u2019ils peuvent en arriver, de bonne foi, à mettre en doute et même à contester, pour eux-mêmes ou pour d\u2019autres, la validité, la légitimité, l\u2019opportunité des règles morales que le Magistère vient de promulguer.Face à la règle objective, qui reste intacte, l\u2019innocence subjective que la bonne foi confère n\u2019est que provisoire et relative Insistons-y: ces hésitations, ces résistances ne font point partie de la condition naturelle du croyant et ne se justifient \u2014 comme l'ignorance 21 d\u2019où elles procèdent \u2022\u2014 qu\u2019à titre accidentel et provisoire, et de façon toute relative.La condition naturelle du croyant est de croire et d\u2019aligner sa vie sur ses croyances.Quand donc \u2014 et aussi longtemps \u2014 qu\u2019il s\u2019éprouve en conflit avec les normes objectives fixées par le Magistère, il a, nous l\u2019avons vu, le devoir de s\u2019éclairer, de faire effort pour coïncider intérieurement avec ces normes, de rester à tout le moins ouvert et disponible aux illuminations ultérieures de l\u2019Esprit, \u2014 ce qui ne veut pas dire qu\u2019il doive remettre sans cesse sur le tapis un problème qu\u2019il a loyalement débattu et réglé devant sa conscience et devant Dieu, ni, encore moins, que d\u2019autres soient tenus \u2014 au confessional par exemple \u2014 de le faire à sa place.\u201cPaix aux époux de bonne volonté.\u201d 22 Par ailleurs, l\u2019innocence que, dans l\u2019immédiat, l\u2019ignorance invincible confère à ceux qui en sont affligés, n\u2019a rien que de très relatif.Qu\u2019elle soit parfaite dans certains cas où, en raison des circonstances, la conscience, de fait, n\u2019y voit goutte, nous ne le nions point.Mais ces cas, même au creux de la crise actuelle, sont rares et le deviendront, sans doute, de plus en plus, à mesure que la règle chrétienne, longtemps tenue sous le boisseau, reprendra sa place sur le chandelier.Le plus souvent, la responsabilité morale \u2014 comme la clairvoyance qui la mesure \u2014 n\u2019est pas nulle, mais simplement atténuée.23 Atténuée jusqu\u2019à 21.\tCe terme technique n\u2019a rien d\u2019offensant, comme le montre bien ce texte du Concile: \u201cIl arrive souvent que la conscience s\u2019égare, par suite d\u2019une ignorance invincible, sans perdre pour autant sa dignité.\u201d (Gaudium et Spes, no 16).22.\tNote pastorale des évêques de France, no 16.23.\tLe Cardinal John Heenan, commentant devant la magistrature et le barreau de Londres la Déclaration des évêques de Grande-Bretagne sur \u201cHumanæ Vitæ\u201d, a fait cette mise au point éclairante: \u201cEn tant qu\u2019hommes de loi, vous êtes familiarisés avec le problème de la responsabilité atténuée.Dans le langage juridique, cette expression est employée à propos de quelqu\u2019un qui est mentalement déficient ou psychologiquement anormal.Mais elle a une acception plus large.Si on a dit à quelqu\u2019un qu\u2019une manière d\u2019agir est bonne, il peut être devenu pratiquement incapable de reconsidérer rapidement son jugement ou de changer ses habitudes morales du jour au lendemain.Jusqu\u2019au moment où, grâce à Dieu, il sera capable de faire l\u2019une et l\u2019autre chose, sa responsabilité est atténuée.C\u2019est dans ce contexte que les Evêques ont rappelé aux fidèles que ni l\u2019Encyclique, ni aucun autre document de l\u2019Eglise n\u2019ont jamais nié la primauté de la conscience.Mais ce n\u2019est pas tout à fait la même chose que de présenter le jugement privé comme un guide plus sûr que la voix du Vicaire du Christ.Au pays de saint Thomas More et de saint John Fisher, il n\u2019a pas surgi d\u2019évêques pour prêcher la désobéissance au Pape\u201d.(Allocution du 1er octobre 1968.) 341 quel point ?C\u2019est difficile à dire.Mais étant admis, selon les principes traditionnels de la morale, qu\u2019il suffit d\u2019un défaut de délibération ou d\u2019advertance pour changer un péché grave en péché véniel, il faut en conclure, au gré des mêmes principes, que la conscience mi-aveugle mi-lucide dont il est ici question, ne doit pas se considérer, ni être considérée, comme \u201ccoupée de l\u2019amour de Dieu\u201d,24 et donc que les époux dans cette situation peuvent aller communier sans se confesser et se confesser sans accuser, obligatoirement, les fautes ainsi commises.C\u2019est, à notre sens, sur la base de considérations et de conclusions toutes semblables que nos évêques et ceux de nombreux autres pays ont proposé tour à tour à leur fidèles les élucidations pastorales de l\u2019Encyclique que l\u2019opinion, inquiète et fiévreuse, leur réclamait.C\u2019est à partir de là, également, que moralistes et casuistes seront amenés, par la suite, à fixer, pour le bénéfice des confesseurs et de leurs pénitents, les règles practico-pratiques applicables à l\u2019extrême diversité des consciences et des situations.Tout ce travail d\u2019interprétation et d\u2019adaptation, il va sans dire, laisse, doit laisser et laissera intact l\u2019enseignement doctrinal du Magistère.Une explication n\u2019est pas une correction.Objectivement parlant, les règles morales et la discipline édictées par le Pape sont inaliénables.C\u2019est seulement pour des considérations subjectives que, dans certains cas et à certaines conditions, elles sont, pour ainsi dire, suspendues.Advenant le retour d\u2019une conjoncture favorable, elles reprennent à l\u2019instant force de loi.Telle est, selon nous, la position de fond de Paul VI lui-même.Tout à la fin de l\u2019Encyclique, s\u2019adressant aux prêtres, il écrit: Parlez avec confiance, chers Fils, bien convaincus que l\u2019Esprit de Dieu, en même temps qu\u2019il assiste le Magistère dans l\u2019exposition de la doctrine, éclaire intérieurement les cœurs des fidèles, en les invitant à donner leur assentiment.Humanœ Vitœ, no 29.Le Pape reconnaît donc qu\u2019il n\u2019a pas le monopole du Saint-Esprit, que les fidèles aussi, à titre individuel ou collectif, ont part à ses lumières.Il souligne du même coup que l\u2019Esprit n\u2019agit pas du dehors sur les âmes, par force et par contrainte, mais qu\u2019il se contente de les éclairer et les inviter du dedans.Comment mieux faire droit aux aspects subjectifs de la formation des consciences chrétiennes ?Mais il n\u2019oublie pas pour autant que le Magistère de l\u2019Église jouit d\u2019une assistance spéciale du Saint-Esprit pour exposer la doctrine, et qu\u2019à cette doctrine, les fidèles sont appelés à donner leur assentiment.Les aspects objectifs ne sont donc pas abolis.Mais l\u2019assentiment requis n\u2019est pas nécessairement, comme on dit, \u201cpour aujourd\u2019hui ou pour demain\u201d.Le Saint Esprit n\u2019a rien d\u2019un caporal qui exige l\u2019obéissance au doigt et à l\u2019œil; il ressemble plutôt à un bon pédagogue qui, pour être obéi, vise à la conversion de l\u2019esprit et du cœur.La méthode est plus lente, elle compte avec le temps.Mais le temps a-t-il tellement d\u2019importance ?Puisque Dieu lui-même est patient, qu\u2019il laisse toujours au figuier stérile la chance de refleurir, n\u2019aurions-nous pas, pauvres humains, mauvaise grâce à réclamer qu\u2019il soit jeté au feu tout de suite ?24.Cfr.Déclaration de l\u2019Episcopat canadien, no 26.Tloël Un Sauveur nous est né (Luc 2, 12) Lange resplendissant dans la nuit dit aux bergers: \u201cRassurez-vous, car je vous annonce une grande joie qui sera celle de tout le peuple: aujourd\u2019hui, dans la cité de David, un Sauveur vous est né, qui est le Christ Seigneur .\u201d Et les bergers, en hâte, se rendirent dans la ville de David, trouvèrent le nouveau-né couché dans une crèche, emmaillotté comme les autres enfants, et l\u2019adorèrent.Cet Enfant n\u2019est pas comme les autres, car II a droit qu\u2019on L\u2019adore.Les autres nous signifient que nous sommes mortels et qu\u2019un jour ils prendront notre place.Lui nous enrichit de son immortalité.Les autres seront ici nos héritiers, Lui nous lègue le Royaume des Cieux.Les autres enfants ont besoin, combien de fois ! qu\u2019on les sauve de l\u2019erreur, de la maladie et de la mort.Lui vient nous sauver du Mal, à jamais.Il sauve les esprits du chaos des philosophies aberrantes.Il ouvre l\u2019énigme de la faute et de la souffrance, de la vie et de la mort.Il est le Sel de la Terre, Il est la Lumière du Monde.Il sauve nos cœurs de l\u2019absurdité du néant et de l\u2019abîme du désespoir.Il donne la clé à l\u2019existence.Il entend ce qui appelle en chacun et, pour chacun, Il se fait \u201cle Chemin, la Vérité et la Vie\u201d (Jean, 14,6).Il épouse notre misère, et notre pauvre nature, en Lui, épouse Dieu; en Lui, elle découvre sa dignité plénière, sa liberté nouvelle, sa destinée divine.Au monde qui s\u2019unifie, Il apporte l\u2019unité suprême: l\u2019Esprit d\u2019Amour qui unit le Père et le Fils.Aux hommes que ronge l\u2019orgueil et que divise l\u2019égoïsme, Il présente la paille de sa crèche et la tendresse de son sourire, aux mages comme aux bergers.Image parfaite du Dieu invisible, 11 est l\u2019exemplaire parfait de l\u2019homme visible.Fils de Dieu descendu en notre chair, cet Enfant de Noël, rayonnant de douceur et de bonté, de sa main toute puissante et menue prend notre main et nous conduit au Père.Paul Labarre, S.J.342 RELATIONS L\u2019ADOLESCENT DANS UN FOYER AUTHENTIQUE Claire Campbell Ies parents en leur foyer font face à l\u2019humanité dans ce qu\u2019elle a de plus délicat, de plus grand et de plus complexe: leurs enfants.En les aidant à devenir des ADULTES, ils contribuent directement à la qualité de la vie du pays.Ce n\u2019est pas le produit national brut ou le nombre des garderies d\u2019État ou l\u2019émancipation de la femme ou le nombre de contestations qui d\u2019abord y contribuent: c\u2019est la qualité des foyers.En effet, je vois les foyers authentiques comme des carrefours: carrefours d\u2019idées, d\u2019attitudes, de convictions et d\u2019idéaux, indispensables dans la société.Dans ces foyers naissent et se développent l\u2019éveil de l\u2019esprit, la vigueur de la pensée, le goût du travail et de l\u2019enrichissement personnel, la force morale, une vie intérieure et une calme assurance.Cette vie, éclose au foyer, les éducateurs compétents l\u2019alimentent et la complètent.Au départ, l\u2019effort des parents est à l\u2019avant-garde.Certes, cet effort aura ses limites, suivant la mesure de leur intelligence, de leur formation et de leur culture.Mais, à leur effort doit s\u2019ajouter l\u2019amour.Or, l\u2019amour fait des miracles.L\u2019écrivain anglais bien connu Evelyn Waugh compare la vie à une immense roue qui tourne rapidement sans arrêt.Seuls les forts et les biens équilibrés demeurent assis sur les rayons de cette roue.Les uns tombent au premier tour, d\u2019autres s\u2019accrochent désespérément pendant quelques tours puis tombent, tandis que d\u2019autres tant bien que mal se balancent péniblement en gémissant.L\u2019adolescence est la dernière chance qu\u2019ont les parents de préparer leurs jeunes à demeurer \u201cbien assis\u201d sur cette roue de la vie.Pour réussir, il leur faut une grande disponibilité.Il leur faut être là et prendre la peine de regarder et d\u2019écouter.Vous est-il déjà arrivé, durant un voyage en train d\u2019être frustré de la vue d\u2019un paysage enchanteur par un autre train roulant vis-à-vis ?Vous n\u2019aperceviez que des bribes du panorama.Il en est ainsi des parents qui vont trop vite, sans comprendre: ils ne voient pas d\u2019ensemble leurs adolescents.Ils n\u2019en voient que des bribes.C\u2019est pourtant l\u2019heure où il est impératif de voir le TOUT.Vous connaissez la chanson des Beatles ?\u201cShe\u2019s leaving home after living alone for so many years ?\u201d (Elle quitte le foyer après y avoir vécu solitaire si longtemps ?).Une travailleuse sociale d\u2019une clinique de psychiatrie affirmait l\u2019an dernier que, dans un grand nombre de familles américaines, les parents et leurs adolescents se retrouvaient, en moyenne, véritablement ensemble dix minutes par semaine.Bon nombre de foyers canadiens ne font guère mieux.Les rencontres deviennent des temps de petites guerres où les parents s\u2019apitoyent sur tout et où les enfants frustrés, hostiles, se referment sur eux-mêmes.Qu\u2019est-ce donc qu\u2019un foyer authentique ?C\u2019est un foyer où les enfants apprennent à vivre.La mère en est l\u2019âme, le père en est la force.Il y a présence et accueil.Dans un tel foyer, les parents ne s\u2019annihilent pas devant leurs enfants.Point d\u2019attitude passive ni de démission néanti-sante.Tout y est positif.On prépare progressivement les enfants à la LIBERTÉ.Chaque étape y est soigneusement assurée d\u2019après le rythme du développement de l\u2019enfant.Ce foyer est synonyme de force et de motivation.Il devient pour l\u2019adolescent un oasis, comme je l\u2019indiquais dans mon article de novembre.Il doit devenir une source d\u2019inspiration.Au dire du sociologue qui a écrit \u201cThe Vanishing Adolescent\u201d, les adolescents ne se battent pas aujourd\u2019hui contre les parents, ils les abandonnent.N\u2019est-ce pas effroyable qu\u2019avec tous les progrès des sciences humaines, l\u2019on n\u2019arrive pas à saisir le plus grand malaise qui engouffre les adolescents: jamais ils n\u2019ont eu autant besoin de foyers authentiques qui les aident à devenir équilibrés et forts dans un monde toujours en mouvement.Dans un foyer authentique, les parents inspirent l\u2019adolescent par leur manière de vivre comme homme et femme, par leur hiérarchie des valeurs, par leur vie intérieure et intellectuelle, par leur sens des responsabilités, par leur sens social.Commençons par leur manière de vivre.Leur manière de vivre L\u2019adolescent dans un foyer où il sent l\u2019amour, où il voit se manifester tendresses, gentillesses, délicatesses et dialogue, apprend vraiment ce qu\u2019est le mariage.Le foyer, en effet, demeure la seule école où il puisse le comprendre.Il voit, chez ses parents, le partage des responsabilités, le respect des personnalités et des goûts, le soutien mutuel et psychologique, leur effort pour se comprendre.Il perçoit aussi leur courage devant les épreuves, les peines, les difficultés.S\u2019il devine des conflits et des heurts, il se rend compte que c\u2019est passager et que l\u2019amour toujours triomphe.Lentement et presque inconsciemment, il apprend que le bonheur conjugal est fait d\u2019estime mutuelle.Il apprend aussi, bien à son insu, qu\u2019il n\u2019y a pas de supériorité d\u2019un sexe sur l\u2019autre.En effet, le père, bien masculin, fait ressortir ce qu\u2019il y a de plus féminin chez sa femme et vice versa.Cette science compliquée est absorbée d\u2019une façon toute simple par l\u2019adolescent d\u2019un foyer où ces valeurs sont comprises.Que de féministes sont nées en des foyers où c\u2019était mal compris ! Dans un foyer où il n\u2019est jamais question de la supériorité d\u2019un sexe sur l\u2019autre, l\u2019adolescent grandira avec le respect des différences DÉCEMBRE 1968 343 humaines, ce qui est une condition de la plénitude de la vie.L\u2019adolescent apprend en outre de visu qu\u2019il n\u2019y a dans une maison aucune besogne en soi dégradante ou humiliante.C\u2019est la manière de s\u2019y adonner qui compte.Le partage des tâches dans ce domaine l\u2019impressionne aujourd\u2019hui et le guidera plus tard.Le mari qui fait la lessive quand sa femme est malade, qui prépare un repas pour qu\u2019elle puisse sortir, qui lave la vaisselle pour lui faire une surprise, qui lui apporte au lit, quand elle est fatiguée, une tasse de café, qui se charge du foyer pour qu\u2019elle puisse entendre un cours ou une conférence, etc.contribue directement au comportement d\u2019un futur mari.La mère, de même, joue un grand rôle dans la préparation de ce futur \u201cbon mari\u201d.Que cela doive se faire plus subtilement, il n\u2019y a aucun doute.Ainsi, de menus détai\u2019s sur le comportement féminin seront retenus par le subconscient et donneront plus tard une grande compréhension de la psychologie féminine.Et que dire des futures maîtresses de maison ?Elles apprennent à le devenir dans un foyer où la mère sait allier dans l\u2019équilibre les tâches ménagères variées.Faire un nettoyage quelconque fait partie de l\u2019ensemble ménager.Tout comme pour l\u2019infirmière, la préparation de la salle d\u2019opération; cela fait partie du travail d\u2019équipe requis pour une intervention chirurgicale.Je trouve absurdes les propos qu\u2019on entend depuis quelques années sur les pertes de temps que sont pour les femmes instruites les tâches domestiques bana\u2019es.Toutes les professions ont leurs tâches banales.On en exagère la monotonie quand il s\u2019agit du foyer.Par paresse, ou manque de courage ou désir de s\u2019esquiver ?Si la mère a développé chez ses filles les possibilités d\u2019une vie intérieure intense, laver la vaisselle ou faire un lit devient tout simplement l\u2019occasion de réfléchir et non de grogner.\u201cA quoi penses-tu, maman ?Tu souris !\u201d La force intérieure se développe quand on y a été bien préparé et qu\u2019on a eu le cœur de continuer à s\u2019alimenter.Pour une femme formée à vivre en profondeur, laver la vaisselle ou écrire une belle page de littérature a valeur relative.L\u2019essentiel dans la vie est d\u2019accomplir son devoir d\u2019état, et cela comporte toujours des tâches banales.Les adolescents peuvent l\u2019apprendre très tôt en voyant à l\u2019œuvre leurs parents dans leur vie quotidienne.La vie intérieure Passons maintenant à la vie intérieure.Est-il à ce point singulier de vouloir donner à ses enfants un souci de la vie intérieure ?Les parents qui y réussissent (c\u2019est un travail à longue échéance, à commencer dès le bas âge, comme je l\u2019expliquais dans Relations de juin) n\u2019éprouvent point de panique devant la crise de vie intérieure qui fait des ravages en ce moment.Ils ne se laissent pas séduire non plus par les nombreuses thèses de certains intellectuels, pseudo ou vrais, qui trop souvent jettent le désarroi dans les idées.Actuellement, de nombreux adolescents (et leurs parents) se débattent désespérément comme dans un sable mouvant.Un foyer authentique assure aux adolescents une force mystérieuse, En conséquence, ils ne se laissent pas abattre par la \u201ccrise de 344 civilisation\u201d ou \u201cla société pas heureuse\u201d ou une grande crise de ci et de ça dont on nous parle à tout propos.J\u2019ai dit force \u201cmystérieuse\u201d.Il n\u2019y a pas de qualificatif à la mode pour décrire cette force.Elle n\u2019assure pas telle position de cadre, tel statut social ou des succès éclatants.Non ! Elle aide à développer sa vie humaine au plus haut degré malgré les crises, les contestations, les périls.Qu\u2019est-ce que cette vie ou cette force intérieure ?L\u2019historien anglais bien connu Arnold Toynbee écrit: \u201cLes maux présents de l\u2019humanité sont spirituels et c\u2019est à ce niveau seulement qu\u2019on peut les guérir.\u201d Les Beatles ont consacré en Inde des semaines à des périodes dites de réflexion.La jeune actrice de cinéma Mia Farrow (à l\u2019apogée du succès) est allée d\u2019Hollywood en Inde à la recherche de \u201cquelque chose\u201d.Le nombre grandit aujourd\u2019hui de ceux qui cherchent ainsi sous toutes formes de spiritualisme.Que cherchent-ils ainsi désespérément ?Comment éviter à nos adolescents d\u2019être ainsi de ces pauvres chercheurs ?Les parents tout au long de l\u2019enfance (selon leur formation et avec l\u2019aide des éducateurs) ont travaillé à achever dans l\u2019âme de leurs enfants l\u2019œuvre du Créateur.Ce n\u2019est pas par de beaux discours qu\u2019ils accomplissent ce travail, mais par des actes confirmant leurs paroles inspiratrices.Moins nous sommes superficiels et égoïstes, plus nous nous engageons.Moins nous considérons notre foi comme seulement une conviction personnelle, plus nous avons force pour la transmettre, la manifester, la communiquer, la faire rayonner.On ne \u201cprêche\u201d pas la foi.On la vit.Elle donne chaleur à notre vie et à celle de nos enfants.Ne nous imaginons pas que nous pourrons leur imposer notre façon de voir.Notre foi est liée à notre vie; nos épreuves, nos joies, nos peines, nos succès, bref, les années l\u2019ont fait évoluer.Nos jeunes ont une foi jeune.Ils ont besoin d\u2019une foi qui soit véritablement synonyme d\u2019amour.Trop d\u2019adultes ont une foi lourde, ankilosée par la tradition.Les jeunes ont besoin d\u2019une foi qui \u201cbouille\u201d, ayant ce \u201cquelque chose\u201d qui donne non seulement la sérénité et l\u2019espoir, mais qui engendre l\u2019action.A l\u2019adolescence, nous disposons nos jeunes à la vie intérieure.(Je ne répéterai pas ce que j\u2019ai écrit antérieurement dans les numéros de mai et juin).En leur ménageant des moments de recueillement, de dialogues paisibles, des lectures inspiratrices, des paroles (toujours brèves va sans dire) invitant à la réflexion, par un climat de quiétude, en leur assurant un coin paisible où se reposer et penser.Que de jeunes souhaitent un tout petit coin où être seuls ! Que de jeunes se désespèrent à entendre les parents toujours parler et se répéter ! Que de foyers où la TV et la radio semblent avoir le monopole de la pensée ! S\u2019arrête-t-on aux besoins intérieurs des jeunes ?La course à je ne sais trop quoi aveugle trop de parents.Les parents sont insensibles à ces besoins parce qu\u2019ils n\u2019en devinent pas l\u2019existence.L\u2019alimentation de l\u2019âme et de l\u2019esprit de nos enfants est tout aussi importante que l\u2019alimentation de leurs corps.Les parents qui prient, qui boivent à la Source, qui prennent le temps de réfléchir, de dialoguer, de lire de façon sérieuse (cela veut dire s\u2019arrêter, s\u2019étonner, RELATIONS comprendre), les parents qui savent \u201cse calmer\u201d, se reposer, voir le beau et en parler peuvent donner à leurs enfants un supplément d\u2019âme.C\u2019est tout aussi important qu\u2019un supplément de vitamine C.Il échappe à l\u2019œil parce qu\u2019il ne se donne pas à la cuillère ou sous forme de cachet.Avec ce supplément d\u2019âme, on n\u2019a pas besoin de parcourir l\u2019univers en quête de ce \u201cquelque chose\u201d que tant de gens cherchent en vain.Nombre de jeunes l\u2019espèrent de la drogue et des relations sexuelles.Or, l\u2019un est très dangereux psychologiquement et physiquement et l\u2019autre, sans amour véritable, est bien éphémère.L'alimentation intellectuelle L\u2019alimentation intellectuelle va de pair avec la vie intérieure.Donner une synthèse de ce que les parents peuvent transmettre à leurs adolescents dans ce domaine est assez difficile.La qualité ici dépend, pour une large mesure, non seulement de la formation et de la culture des parents, mais de leur personnalité, surtout de celle de la mère.Car, c\u2019est elle qui habituellement crée le climat.De son goût de l\u2019étude et de sa curiosité intellectuelle naîtront des méthodes tout à fait personnelles.Par exemple, des babillards dans la cuisine, dans la chambre des jeunes, dans un hall où il y a beaucoup de va et vient, sont des accessoires absolument merveilleux pour développer l\u2019éveil de l\u2019esprit et la vigueur de la pensée.On y expose une pensée profonde, une coupure de journal relatant un fait portant à réfléchir, stimulant l\u2019âme et l\u2019esprit à des recherches sur le sujet.On y aligne parfois des petites reproductions d\u2019art (elles sont peu cher), disposées avec goût et originalité, de manière à frapper l\u2019esprit.Vous aurez plus tard, vers la fin de l\u2019adolescence, d\u2019agréables surprises: les jeunes reconnaîtront un Vermeer aussi rapidement qu\u2019une photo de Maurice Richard ou de Jacqueline Kennedy.Des \u201ctrucs\u201d tout à fait prosaïques peuvent aussi servir.Vous disposez sans rien dire, à des endroits stratégiques, des articles, des revues, des livres, des coupures de journaux, etc.Vous laissez les dictionnaires à la main (ils ne sont pas destinés à orner des rayons de bibliothèques).Vous laissez à la vue votre liste de mots nouveaux.A table, au lieu de vous quereller, vous en discutez.Les sujets s\u2019enchaînent.Vous travaillez en même temps à la facilité d\u2019élocution des enfants.Que de jeunes ne peuvent pas s\u2019exprimer avec lucidité et intelligence parce qu\u2019ils n\u2019ont jamais eu la chance de parler ! Le happening, depuis quelque temps, est à la mode chez les jeunes.Pourquoi ne pas improviser des happenings après le repas du soir, disons le dimanche ?On choisit (démocratiquement) un sujet et chacun aura une minute pour en parler; plus tard, deux minutes.Les sujets ne manquent pas: depuis le beurre d\u2019arachide du garde-manger de maman au livre qui a le plus impressionné, au défaut qui engendre le plus de problèmes, aux questions politiques du jour.Le président (il change à chaque happening) fait ensuite la critique.Imagine-t-on la valeur de telles discussions ?Elles habituent à s\u2019exprimer d\u2019une manière lucide et concise, à accepter la critique des siens (généralement sévère et pas toujours charitable !) Le happening peut se terminer par une remarque succinte du père qui DÉCEMBRE 1968 félicite et encourage.Ensuite, il y aura des rires, des taquineries, des reproches et même des pleurs.La liste des activités de l\u2019esprit est infinie.Ces méthodes, ces petits moyens employés avec nuances font prendre aux jeunes de bonnes habitudes, j\u2019ai mentionné plus haut la profondeur d\u2019esprit, c\u2019est dans des foyers où les esprits s\u2019alimentent que percent chez les adolescents les premiers rayons de certaines grandes visions.Je suis toujours déconcertée quand j\u2019entends nos femmes modernes dire (à grand tapage) qu\u2019elles s\u2019ennuient lorsque leurs enfants sont en classe.N\u2019est-ce pas à ce moment qu\u2019un champ d\u2019action merveilleux s\u2019ouvre devant nous ?Dans un article antérieur j\u2019ai déjà parlé de conjuguer l\u2019étude et le banal quotidien, de s\u2019habituer, par exemple, à synchroniser les tâches les plus banales et les programmes de radio intéressants.Cela demande, bien sûr, un petit effort.Mais c\u2019est une source d\u2019idées; or, il faut des idées pour stimuler un foyer, elles ne tombent pas du ciel et il faut les nourrir longtemps avant qu\u2019elles apparaissent sous une forme concrète et précise.Ici, je rends hommage à la Société Radio-Canada (réseaux français et anglais).La radio peut-être un médium précieux au service de l\u2019intelligence.Elle peut contribuer directement au climat intellectuel d\u2019un foyer (et à l\u2019équilibre des femmes ! ) Repasser des chemises en écoutant un Jean Éthier-Blais transmettre, d\u2019une voix superbe, dans un langage magnifique, sa passion pour la poésie d\u2019Emile Nelligan me semble tout aussi \u201cexcitant\u201d que d\u2019aller s\u2019épanouir \u201cen ville\u201d.La femme moderne répète aussi: \u201cLes contacts humains me manquent\u201d.Mais Ira Dilworth, faisant lecture d\u2019une belle page de littérature anglaise, puis l\u2019analysant avec passion, Arthur Phelps, si vif et si plaisant par son esprit et son vocabulaire quand il commente un fait d\u2019actualité, ou encore Anne Francis, vous débrouillant une situation politique complexe dans tel coin éloigné de l\u2019univers et vous intéressant par là à la politique internationale \u2014 ne sont-ils pas des contacts enrichissants ?Beaucoup plus intéressants assurément que tant de gens superficiels des professions ou occupations de notre société ! Ces contacts enrichissants de la radio subtilement se transforment et alimentent la vie familiale.Notre société a toutes sortes d\u2019amateurs.Pourquoi n\u2019en pas susciter une nouvelle espèce par une diligente alimentation intellectuelle au foyer ?Nous arriverons peut-être ainsi à créer un type nouveau, capable de changer ce qui ne va pas aujourd\u2019hui ! Le sens de la responsabilité J\u2019ai lu quelque part qu\u2019on développe chez nos enfants le sens de la responsabilité comme on leur enseigne à jouer le piano.Il y faut à la fois des leçons, de la pratique et du temps.Plus il y a de pratique, plus il y a de chance de réussir.Le climat familial doit donc favoriser l\u2019apprentissage de la responsabilité.Point de raccourcis ! On les prépare, on les encourage, étape par étape.Tout comme la conscience, la volonté et la liberté, il faut éduquer le sens de la responsabilité.Ce n\u2019est qu\u2019après avoir acquis suffisamment de connaissances et un jugement raisonné qu\u2019on peut faire un choix sérieux.Parallèlement, ce n\u2019est qu\u2019après avoir été encouragé à des initiatives de toutes sortes qu\u2019on 345 peut avoir un véritable sens de la responsabilité.Cela peut commencer très tôt, dès la petite enfance: ranger ses jouets, faire son lit, mettre sa chambre en ordre, prendre des petites responsabilités dans les activités de la vie familiale quotidienne, gérer son allocation hebdomadaire, faire \u201cles commissions pour maman\u201d, faire des dépôts à la banque, etc.Cela, selon une progression, sans se presser.On l\u2019oublie trop, tout ce que suppose la vie adulte pour parvenir à une vie heureuse et utile a sa source au foyer.Dans tous les domaines de l\u2019activité humaine, il faut avoir passé par une lente évolution.Que de jeunes aujourd\u2019hui sont désemparés devant ces phénomènes sociaux qui les dépassent ! Le jeune qui a vécu une lente évolution ne précipitera pas \u201cles choses\u201d.Il les envisagera en toutes les étapes.Absolument TOUT s\u2019enchaîne dans le développement de TOUT l\u2019adolescent.Il n\u2019y a pas de compartiments séparés.On ne dit pas: \u201caujourd\u2019hui, je vais enseigner le courage, ou la patience ou la tolérance ou la compassion; le mois prochain, je commencerai à développer le sens de la responsabilité\u201d.C\u2019est pour cette raison que je répète si souvent: \u201cunité d\u2019action\u201d.A la première adolescence, le jeune déborde d\u2019énergie.Avec doigté, on peut canaliser cet excès; les éducateurs et chefs de groupe jouent ici un rôle vital.On peut assister à l\u2019éclosion de nouveaux talents.Il faut se garder de demander trop.On risque de décourager.Il faut se garder de demander trop peu.Un adolescent devenu craintif risque de devenir un homme sans initiative.Ceci est lourd de conséquences pour la société et pour lui car la passivité sous toutes ses formes annihile la personnalité.Le sens social Quel vaste domaine ! Les parents ouverts au monde, ayant un véritable sens de l\u2019humain et n\u2019ayant jamais cessé de s\u2019informer, d\u2019essayer de comprendre et de se donner, pourront léguer à leurs adolescents leur expérience personnelle dans ce domaine.Ici, comme pour le reste, le transfert se fait subtilement.De l\u2019amour de son pays à la contribution directe de sa personne et de ses talents au bénéfice de la société, il y a un éventail gigantesque.L\u2019adolescent qui voit sa mère aider une voisine malade, prendre soin d\u2019un enfant afin que la mère puisse sortir, faire des courses pour une personne âgée, pour une mère astreinte au travail, faire un appel téléphonique pour réjouir une malade, acheter une petite plante et la porter à quelqu\u2019un qui vit seul, envoyer un mot d\u2019encouragement à quelqu\u2019un dans une grande peine, consoler un enfant qui a peu de tendresse dans sa vie, cet adolescent apprend de visu ce qu\u2019est la charité et reçoit la meilleure des initiations au véritable sens de l\u2019humain.Pas nécessaire d\u2019aller dans la société pour être ouverte au monde.On peut l\u2019être dans son voisinage.De même, le père qui s\u2019occupe de loisirs dans le quartier, qui organise un groupe de scouts pour une vacance, qui se dévoue dans la paroisse, la ville ou le comté, etc.apprend à son adolescent le sens social.Évidemment, il faut respecter les priorités.Les responsabilités du foyer sont premières.Ce jeune l\u2019aura compris à entendre ses parents en discuter et faire un choix raisonné.Ce qui me rend perplexe c\u2019est que tout le monde semble attendre les grandes causes sociales.Mais les grandes causes ne sont-elles pas faites de petites ?Pourquoi ne pas commencer par elles ?La femme moderne croit qu\u2019il y a un malentendu fondamental dans la société.Elle ne peut pas occuper les mêmes postes que les hommes dans la politique, dans tous les domaines.Pourquoi ne commence-t-elle pas par les petites causes: dans son quartier, dans son village, dans sa ville ?Les grandes causes viendront plus tard.Pourquoi, par exemple, ne pas commencer au niveau municipal ?Ce domaine est devenu si complexe.Ce n\u2019est plus comme autrefois alors qu\u2019il n\u2019était question que de trottoirs et d\u2019égouts.Cette expérience et l\u2019expérience unique du foyer pourraient représenter un premier échelon.Ensuite, on pourrait continuer, étape par étape, d\u2019après sa formation, ses goûts et ses temps libres.Mais, on est impatient, on veut absolument les grandes causes ! Réalise-t-on qu\u2019on ne peut s\u2019engager dans les grands problèmes de l\u2019automatisation, de la civilisation des loisirs, des gigantesques questions de l\u2019urbanisation, des réformes de l\u2019organisation sociale, des nouveaux modes de participation, etc.sans une formation préalable et sans l\u2019expérience de la vie ?Préparons-nous et ensuite nous pourrons apporter notre contribution.Et nos adolescents suivront.Avant de discuter à l\u2019infini sur le non-engagement des jeunes, parlons du non-engagement des parents, aujourd\u2019hui.Oui, c\u2019est un champ vaste, le sens social.Le climat familial (aux niveaux humain, politique et social) et l\u2019exemple de parents engagés me semblent la seule réponse à cette question complexe.Tous, de la femme au foyer qui accomplit son devoir, à l\u2019économiste Barbara Castle, à Indira Gandhi, à l\u2019apogée de sa carrière politique, nous sommes des êtres historiques.Tous, le petit contribuable qui donne son temps à l\u2019organisation de loisirs dans sa paroisse, comme le géant financier qui achète des chaînes de journaux et les chefs d\u2019État de grandes puissances.Ce n\u2019est pas surtout la cause qui importe, c\u2019est le degré et la qualité de l\u2019engagement.L\u2019adolescent doit l\u2019apprendre de nous, les parents.Nos adolescents sont des êtres de grand prix.Bien préparés, ils sont des êtres très importants, pour nous et pour la société.Ils ont sur nous des effets thérapeutiques, ils nous stimulent à changer, à évoluer.L\u2019époque-frontière qui sépare la fin de la deuxième adolescence de l\u2019âge adulte n\u2019est-elle pas la scène où se jouent actuellement des pièces très importantes ?Et n\u2019est-elle l\u2019arène où sont lancés et relevés de nombreux défis ?L\u2019adolescent, bien préparé constitue, sur cette scène et dans cette arène, une richesse pour la société.Il dépend avant tout de nous, les parents, qu\u2019il y soit bien préparé.Le directeur de collège nous répète tous les ans, en septembre, cette phrase simple mais fondamentale: \u201cNe vous attendez pas à ce que nous fassions des miracles avec vos adolescents.Nous travaillerons avec ce que vous nous avez préparé.\u201d Si je peux me permettre un conseil aux parents, je leur dirai: \u201cNe lâchez-pas, il y va de trop grandes réalités.Votre adolescent est une richesse qui un jour vous émerveillera !\u201d 346 RELATIONS AU SERVICE DU FRANÇAIS POUVONS-NOUS ENCORE ESPÉRER?Joseph d\u2019Anjou, S.J.y \u2019indépendance et l\u2019unilinguisme au Québec ne me répugnent pas.Mais de quelle langue s\u2019agira-t-il ?Du français, du franglais ou du \u201cca-naouiche\u201d ?Je connais le prétexte des paresseux: l\u2019usage fait loi.Par bonheur, même le plus laxiste des théoriciens, Maurice Grevisse, intitule sa grammaire le Bon Usage.Il y en a donc un mauvais: celui que patronne trop souvent l\u2019auteur précité, celui que diffusent, à longueur d\u2019année, de semaine et de journée, notre presse, nos ondes, nos chaires d\u2019église et de classe, les conversations de nos salons et de nos rues.Qui s\u2019en émeut ?Notre chronique entretient, depuis dix ans, le souci de la correction française.À ceux et celles qui la lisent et l\u2019apprécient favorablement, quel profit reste-t-il ?Apparemment aucun, dans la mesure où je peux en juger par moi-même.Le Comité de Linguistique de Radio-Canada, avec ses fiches nombreuses, riches de précisions, et son utile bulletin C\u2019est-à-dire; l\u2019émission \u201cLangue vivante\u201d que la télévision présente le samedi soir; le feuillet Mieux dire, de l\u2019Office de la Langue française; les causeries radiophoniques et le Dictionnaire des difficultés de la langue française au Canada, de M.Gérard Dagenais; les observations piquantes de M.Jacques Poisson, publiées dans le Devoir: quelle amélioration opèrent-ils chez nous ?Seuls, les étrangers, que l\u2019unilinguisme anglais de notre capitale Canadian porte à nous assimiler tous à des anglophones, ont une certaine excuse de s\u2019étonner en constatant la compréhension généralisée du français de France par notre peuple, même inculte, et la qualité de la parlure de nos artistes de la scène et des ondes.Mais finira-t-on par se convaincre, surtout dans les milieux intéressés à l\u2019enseignement et à la culture, qu\u2019on n\u2019a pas le droit de considérer une langue comme un simple organe de communication verbale ?\u201cOn me comprend\u201d, objectent les sauvages attachés à leur jargon.Hélas ! Tous du même terroir, il faut bien que nous nous comprenions.Mais les francophones des autres parties du monde ?Ils ont parfois besoin d\u2019un interprète.Et puis, et d\u2019abord: dans cette perspective étriquée, à quoi rime la réclamation de l\u2019unilinguisme français au Québec ?Entourés par deux cents millions d\u2019anglophones, nous communiquerions avec eux dans leur langue plus aisément que dans la nôtre.Il n\u2019y a qu\u2019une raison, pour nous, de décréter le français seule langue officielle: la raison culturelle.Nous désirons garder, mieux: épanouir une culture française ici.A notre façon, québécoise ou laurentienne, et non belge ou malgache, mais une culture française.Et cela commande que nous parlions, que nous écrivions un français aussi correct que possible.Or, la réalité quotidienne nous contraint de le confesser: le français du Québec, inférieur en qualité, pour la prononciation, le vocabulaire, la syntaxe et le style, à celui des autres peuples de la francophonie (même si, chez eux également, il se dégrade et se corrompt), étale une gangrène mortelle.Et quel remède applique-t-on au mal ?Je n\u2019en aperçois guère.Je note plutôt un entêtement de mulet ou de sourd à répéter, répéter, répéter, oralement et par écrit, les mêmes incorrections, les mêmes niaiseries, cent fois signalées avec explication justificative des tournures et des mots à employer.Pour la dernière fois, \u2014 car, à moins que les autorités n\u2019entreprennent immédiatement une action radicale auprès des enseignants, la bataille me semble perdue, \u2014 j\u2019énumérerai quelques-unes des anoma'ies les plus grossières dont il importe de débarrasser le langage de nos écoliers, en forçant (j\u2019insiste: en forçant), par d\u2019implacables sanctions au besoin, tous les enseignants, à tous les niveaux, dans toutes les classes et pour toutes les disciplines, à épurer tout de suite leur langue.Prononciation.\u2014 De quiconque enseigne ou veut enseigner, il faut exiger, non pour demain, mais pour au- jourd\u2019hui et pour toujours, l\u2019articulation parfaite des consonnes t et d devant les voyelles i et u, puisqu\u2019on ne peut endurer davantage les ts et dz de notre patois national.Empressons-nous d\u2019ajouter qu\u2019il n\u2019y a pas deux manières d\u2019énoncer un i, un u, un ou en français, mais une seule: celle que tous, même les ignorants, respectent sans effort en articulant des mots comme lire, ou dure, ou bourre.Le même son voca-lique, exactement, doit s\u2019entendre si l\u2019on dit: pige, fac/le et pét/lle, ou pwr, sud et prélude, ou tour, foule et route.Pourquoi préciser que le mot attitude se prononce comme il s\u2019écrit, et non pas \u201catsetsede\u201d, horrible baragouin.Le son ë suivi de la consonne r ne doit jamais donner la sensation que produit une diphtongue.Aux mots familiers de père, de mère et de frère revient la même sonorité que celle dont nul ne fausse la justesse en prononçant la deuxième syllabe des mots superfluité, émerger, enferrer.Sabrons, par conséquent, les \u201cpa-ères\u201d et les \u201cma-ères\u201d et les \u201cfra-ères\u201d qui nous écorchent les oreilles en trop d\u2019occasions.Il ne faut jamais nasaliser ce son ê, même s\u2019il précède les consonnes m ou n.Voilà un des plus irritants défauts de notre prononciation.Que partout l\u2019on sévisse contre \u201cblin-me\u201d et \u201crin-ne\u201d, afin d\u2019obtenir le pur son ê, légèrement allongé, qui sied à blé-me et à rê-ne, et le même son, mais plus bref et un peu moins ouvert, dans l\u2019emploi des mots étrenne et dilemme.A quel ridicule s\u2019expose une personne instruite quand de sa bouche sortent les cacophonies suivantes:\t\u201can-me\u201d pour fl-me, \u201cflan-me\u201d pour fla-me (flamme)! Enfin, comment prétendre que nos écoliers ne peuvent donner aux nasales françaises an, in, on, un une sonorité ronde et chaude, fort agréable dans le parler de France ?Mais l\u2019exemple doit venir des titulaires de classes.Il y aurait lieu de relever vingt autres vulgarités du langage habituel au Québec: \u201cicitte\u201d, pour ici; \u201ctoué\u201d, au lieu de toi; \u201couais\u201d, pour oui; \u201cpi\u201d et DÉCEMBRE 1968 347 \u201cyâbe\u201d et \u201ckosque t\u2019â ?\u201d remplaçant puis et diable et qu\u2019as-tu (ou qu\u2019est-ce que tu as ?).Pourquoi ne pas écouter, avec l\u2019intention de le reproduire, le délectable ramage de nos meilleurs annonceurs (hommes et femmes)?La quasi-perfection que ces gens ont acquise, dans la prononciation du français, tout québécois qu\u2019ils sont, nos enseignants devraient rougir de ne pas la posséder avec plus de raffinement encore.Vocabulaire.\u2014 Si l\u2019on aborde le problème du vocabulaire, on a la douleur d\u2019avouer que même nos experts en diction, sans mentionner nos pauvres journalistes et nos hommes publics, les religieux et le clergé, les écrivains de profession eux-mêmes, dans toute la francophonie, auraient besoin d\u2019un sévère recyclage.Contentons-nous d\u2019indiquer aux lecteurs de bonne volonté quelques bourdes popularisées chez nous et particulièrement détestables.\u201cA date\u201d, anglicisme, se traduit correctement par à ce jour ou jusqu\u2019à présent.\u201cDéfinitivement\u201d, imitation stupide de l\u2019anglais definitely, mais qui a résonné des dizaines de fois au cours du reportage télévisé, le matin de la retombée des astronautes, ne signifie jamais autre chose, en français, que sans retour, ou pour de bon, pour toujours, sans recours.On se rendit coupable d\u2019une lourde erreur en usant de cet adverbe, car en français on souligne une affirmation par décidément, assurément, certainement.\u201cCharger\u201d (un dollar), pour demander ou faire payer (un dollar), constitue un des fréquents anglicismes de nos bavardages.\u201cÀ l\u2019effet que\u201d, aussi: entendu lors du reportage susdit, imprimé dans tous nos journaux, ce solécisme, calqué littéralement sur l\u2019anglais to the effect that, a pour équivalent français la tournure selon lequel ou laquelle.On écrira donc et l\u2019on dira: le bruit selon lequel, la rumeur selon laquelle, et le reste.\u201cSauver\u201d du temps ou de l\u2019argent n\u2019a pas cours, en français, dans le sens de gagner, d\u2019épargner.On peut sauver quelque chose ou quelqu\u2019un d\u2019un naufrage ou d\u2019un incendie.A ce dernier mot ne se substitue pas le mot \u201cfeu\u201d.Les pompiers n\u2019éteignent pas un \u201cfeu\u201d, mais un incendie.Des troubles peu-ment déranger le fonctionnement de l\u2019organisme humain (cœur, estomac, système nerveux), ou bouleverser plus 348 ou moins gravement l\u2019ordre social, menacer la paix, à l\u2019occasion d\u2019émeutes ou de \u201ccontestations\u201d avec violence ou non.Mais on ne laisse pas un importun se débrouiller avec ses \u201ctroubles\u201d (d\u2019argent, de famille, de caractère); on l\u2019aide à régler ses embarras, ses ennuis, ses tracas, les complications de sa vie.\u201cPlancher\u201d ne désigne pas un étage (espace évalué en hauteur), mais la surface plane sur laquelle on marche et qui peut séparer des étages.Vous montez ainsi au troisième étage; et vous ne logez pas au deuxième \u201cplancher\u201d.Maintes gens croient masquer leur banalité ignare en copiant les fausses originalités des autres.Le plus souvent, chez nous et même en Europe, on commet alors un anglicisme.\u201cOrgueil\u201d n\u2019a jamais le sens de fierté, en français; l\u2019anglais n\u2019a qu\u2019un mot pour ces deux idées: pride; tant pis pour lui ! Challenge, mot anglais fort expressif et commode, ne saurait, sans ridicule et incongruité, se rendre en français par \u201cdéfi\u201d dans n\u2019importe quel contexte.Lorsqu\u2019on présente \u201cla région\u201d comme un \u201cdéfi\u201d, on cesse de parler français, n\u2019en déplaise à la Société Saint-Jean-Baptiste de la vieille capitale.Un chroniqueur de théâtre bafouille s\u2019il écrit \u201csur scène\u201d, au lieu de sur la scène.L\u2019adjectif valide a un sens juridique ou médical et ne supporte pas qu\u2019on l\u2019utilise à la place de valable.Enfin, pour ne pas nous éterniser sur ce chapitre (consultez le Dictionnaire de M.Dage-nais), le ministère de l\u2019Éducation offre un très mauvais exemple (entre mille) par son emploi de l\u2019anglicisme \u201catelier de travail\u201d {workshop), que le français appelle un groupe de travail.Les rédacteurs du Canada ecclésiastique, la majorité des religieux et des religieuses n\u2019ont pas encore reconnu ou refusent d\u2019admettre la sottise qui consiste à écrire en minuscules les sigles distinguant, en abrégé, les ordres et congrégations.Le religieux de la Compagnie de Jésus, celui qui se réclame de saint François ou de saint Dominique doivent (ça ne se discute même pas, vu qu\u2019ils se servent d\u2019un sigle et de l\u2019abréviation d\u2019un nom propre, le nom d\u2019une personne morale) écrire, au bout de leur nom: S.J., ou O.F.M., ou O.P., en majuscules.De même les religieuses de la C.N.D., ou de la C.S.C., ou des S.S,A., qui appartiennent à la Congré- gation de Notre-Dame, à la Congrégation de Sainte-Croix, à celle des Sœurs de Sainte-Anne.Et ainsi de tous, de toutes les autres.Mais on aggrave son irréflexion si, comme dans le Canada ecclésiastique, on attife en majuscules de simples abréviations, qui ne tiennent lieu ni de sigles ni de noms propres, par exemple: v.g.(vicaire général), p.d.(prélat domestique), d.th.(docteur en théologie), 1.ph.(licencié en philosophie).Un cardinal de langue anglaise signera:\tFrancis Cardinal Spellman, et je suppose qu\u2019il n\u2019offense pas son idiome.Mais en français, il faut signer: Pierre cardinal (avec une minuscule) Veuillot.Orthographe et syntaxe.\u2014 Les derniers détails qu\u2019on vient de lire concernent déjà l\u2019orthographe.D\u2019autres caco-graphies et cacophonies barbouillent le visage, brouillent l\u2019harmonie de notre langue.Même les Français oublient ou ignorent que le verbe interpeller garde toujours ses deux /.Qu\u2019on ne le confonde point avec appeler ou rappeler.Le petit mot ès a le sens d\u2019en les.On cède à une déplorable négligence quand on l\u2019accole à un mot écrit au singulier.\u201cÈs religion\u201d n\u2019a aucun sens; \u201cès grammaire\u201d non plus.Mais ès arts, ès lettres et ès sciences, cela se comprend; et nul besoin d\u2019ajouter un trait d\u2019union.Sur la présence ou l\u2019absence du trait d\u2019union, il y aurait un long chapitre à rédiger.Mais que ne consulte-t-on le dictionnaire ! Vis-à-vis prend deux traits d\u2019union.Mais on devrait toujours lui accorder un complément précédé de la particule de ou des articles composés du ou des.À la rigueur, tolérons vis-à-vis le, sans la particule de liaison, mais uniquement lorsque cette locution signifie en face de (physiquement).L\u2019église se dresse vis-à-vis la mairie; ou Pierre s\u2019assoit vis-à-vis sa sœur (à table).Même alors, l\u2019autre construction vaut mieux, et elle seule a droit de cité lorsqu\u2019on attribue à vis-à-vis (abusivement, protestent les grammairiens conservateurs) un sens figuré (à l\u2019égard de).Écrire ou dire: vis-à-vis \u201cla\u201d mode, ou \u201cla\u201d guerre, ou \u201cle\u201d nationalisme, ou \u201cle\u201d cinéma, c\u2019est galvauder le français.Écrivons et disons correctement: vis-à-vis de la mode, de la guerre, de la patrie .Par une maladresse semblable, qui traîne dans les ouvrages européens aussi, on supprime la particule de après l\u2019expression au point de vue.RELATIONS Recourez à l\u2019adjectif, quand il existe: au point de vue financier, militaire, scolaire, religieux; sinon, vous devez écrire et dire: au point de vue de l\u2019argent ou de la finance, de la milice ou de la guerre, de l\u2019école ou de l\u2019enseignement, de la religion .Il me paraît nécessaire de condamner un autre tour qui dépare presque tous les textes français de nos jours.On écrit: cet article \u201cveut\u201d montrer; plus discutablement encore: le livre de l\u2019auteur \u201cse veut\u201d .ceci ou cela (clair, positif, ou \u2014 avec un substantif \u2014 un plaidoyer pour .ce qu\u2019on voudra).Eh bien, non ! Seul un être personnel peut vouloir quelque chose et se vouloir tel ou tel.Par ou dans un article, par ou dans un livre, un auteur peut vouloir établir un fait, démontrer une vérité; il peut se vouloir théorique ou pratique; ainsi convient-il, logiquement, de s\u2019exprimer en français.Pour la même raison, il faut réprouver l\u2019application des mots soi-disant (toujours invariable) et responsable à des objets inanimés, à des plantes et à des animaux.Que d\u2019entorses on inflige à la syntaxe de la conjugaison des verbes, à celle qui concerne les compléments des locutions prépositives ! Bornons-nous à quelques exemples pour finir.Faites suivre après que de l\u2019indicatif, non du subjonctif.Donc: après qu\u2019il eut (sans accent circonflexe) et non pas qu\u2019il \u201cait\u201d débité son discours.Écrivez et dites: de manière et de façon que, non \u201cà ce que\u201d.Toutes les prépositions et locutions prépositives ne reçoivent pas la même sorte de complément.Il y aurait faute à déclarer: \u201cgrâce ou en dépit de\u201d cela, ou \u201cpar et au travers de\u201d la maladie .On doit absolument ou bien joindre des prépositions qui s\u2019accommodent d\u2019un complément de même forme, ou bien tourner autrement son expression.Exemples:\tà travers et par l\u2019expérience .Mais: en dépit de la difficulté ou grâce à elle; par ces embarras ou au travers d\u2019eux.Pointerai-je du doigt le contresens qu\u2019il y aurait (or, on le rencontre) si on disait d\u2019une personne qu\u2019elle a frôlé la mort \u201cgrâce à\u201d (!) une crise cardiaque ?Concluons.Entre l\u2019anémie, la lèpre même de notre langue et la conception DÉCEMBRE 1968 de l\u2019enseignement qu\u2019au nom de la pseudo-réforme Parent \u2014 système de dégradation culturelle et de dissolution pédagogique \u2014 on impose despotiquement à notre jeunesse, dans une anarchie d\u2019ailleurs et un gaspillage inaugurés il y a plus de cinq ans, n\u2019y a-t-il pas un rapport de cause à effet ?Qu\u2019est-ce qui compte le plus chez l\u2019homme: sa faculté de parole ou son aptitude à se forger de nouveaux instruments de production ?Mettez au premier rang sa faculté de parole, et tout ce qui est important pour lui dans le facteur économique est sauvegardé.Mais donnez la préférence à l\u2019aspect économique, et c\u2019en est fait de la valeur essentielle du langage.Les mots cessent d\u2019être les véhicules d\u2019une vérité vivante pour n\u2019être plus que la fausse monnaie des rapports sociaux.(J.Farthing, Freedom Wears a Crown, Kingswood House, Toronto, 1957, pp.153-154.Traduction de Jean Dar- belnet.) Ouvrons les yeux et l\u2019esprit avant que disparaisse tout espoir.Un de nos meilleurs économistes, M.François-Albert Angers, qui a le mérite d\u2019avoir un sens aigu des valeurs culturelles, philosophiques et religieuses, plaide courageusement pour une vraie réforme du catastrophique chambardement de notre régime scolaire (voir l\u2019Action nationale, oct.1968, p.159).Il a mille fois raisons.N\u2019attendons pas pour nous sensibiliser à son cri d\u2019alarme qu\u2019élèves et professeurs aient renoncé pour jamais à valoriser leur condition de francophones et d\u2019humanistes nord-américains.OPINION LIBRE MESSES \" RYTHMÉES\u201d C\u2019est une mode lancée depuis quelque temps: on la présente comme un progrès liturgique, une nécessité; on affirme que c\u2019est là le meilleur moyen de garder la pratique religieuse, chez les jeunes et les autres; que les églises sont \u201cbondées\u201d à ces messes; qu\u2019il y règne une grande émotion religieuse; qu\u2019autrement la liturgie traditionnelle est froide, rigide, inadaptée; qu\u2019il faut, dans cette assemblée fraternelle, garder une gaîté exhubérante; que David dansait devant l\u2019Arche, au son des tambourins; que la liturgie de différents pays comporte une musique de même genre; qu\u2019il faut bien utiliser la musique d\u2019aujourd\u2019hui; que les laïcs peuvent enfin se faire valoir par là, et qu\u2019ils y ont droit, etc.11 peut, il doit y avoir quelque chose de vrai et de valable dans ces affirmations; mais leur contenu sentimental et partisan risque fort de déplacer la question, qu\u2019il faut \u201cresituer\u201d.Pour des chrétiens, la question essentielle demeure celle-ci: \u201cLa messe est-elle et doit-elle rester avant tout un sacrifice ?Est-elle le Mémorial de la Passion ?Par suite, doit-on, autant que possible, conserver l\u2019attitude de foi vive de la Sainte Vierge et des amis du Sauveur, au pied de sa Croix ?\u201d Si on répond franchement \u201cOui\u201d à ces questions, le problème est résolu avant d\u2019être détaillé davantage.Mais une \u201cnouvelle catéchèse\u201d insiste sur les aspects secondaires de la messe (réunion, repas, Parole, musique ou danse !), et semble se donner pour tâche de faire oublier que la Messe est Cène et Croix.Si, depuis les débuts, l\u2019Église a rendu obligatoire la messe du dimanche, ce n\u2019est pas d\u2019abord pour engager les fidèles à jouir d\u2019une rencontre en \u201cagapes\u201d (saint Paul: \u201cVous avez des maisons pour manger\u201d), ni même en vue d\u2019une \u201ccélébration de la Parole\u201d, laquelle peut fort bien se séparer du Sacrifice: e.g.toutes les messes privées, encouragées ou ordonnées par l\u2019Église.Dès que le Sacrifice n\u2019est plus suffisamment mis en lumière, tout le reste risque fort d\u2019être du simple ritualisme, ce que, précisément, on prétendait éviter par des messes rénovées.Rien ne doit faire oublier que le Sacrifice est, 349 à lui seul, toute la messe, en ce sens que, dans l\u2019économie actuelle du salut, la Résurrection n\u2019aurait pas lieu, pour le Sauveur et pour les élus, si le Sacrifice ne la précédait, ne la préparait et ne la motivait (cf.Mc.X, 38 et 45).Ailleurs, saint Paul nous met en garde contre une illusion commode et très grave, qui, à force d\u2019insister sur la résurrection (notre résurrection), pourrait nous faire déprécier le Sacrifice (II Tim., 2,18).C\u2019est enfin de ce Sacrifice que les autres sacrements, notamment le Baptême et la Pénitence, tirent toute leur valeur et leur efficacité.La Cène et la Croix furent F \u201cengagement\u201d du Christ: elles doivent être aussi le nôtre, et elles méritent, à ce titre, un infini respect.L\u2019Église a toujours estimé obligatoire, pour tous les fidèles, de prendre une part active et personnelle au Sacrifice unique et perpétuel du Christ, qui à la Croix versa son Sang et à la messe offre ce Sang versé pour les péchés du monde, pour nos péchés personnels.C\u2019est l\u2019amour du Christ qui nous oblige également d\u2019accepter tous les sacrifices de notre vie, et de les unir réellement et mystiquement à son Sacrifice.Ainsi, comme saint Paul, nous \u201ccompléterons en nous-mêmes ce qui manque à la Passion du Christ\u201d.Refuser de le faire, c\u2019est refuser d\u2019 \u201cavoir part avec lui\u201d dans son Royaume, et à sa Résurrection.L\u2019œcuménisme, s\u2019il n\u2019est pas galvaudé, ne demande pas que l\u2019Église garde matériellement dans son troupeau le plus grand nombre possible de \u201cfidèles\u201d, si ceux-ci n\u2019acceptent pas la foi tout entière: on n\u2019a qu\u2019à relire le 6e chapitre de l\u2019évangile de saint Jean, spécialement la fin; on y verra que Jésus laisse aller, avec regret bien sûr, mais sans aucune concession ni compromission, les disciples qui, après avoir mangé le pain multiplié, se refusent à croire au Pain de Vie: \u201cCes paroles sont insupportables\u201d, disent-ils après avoir entendu l\u2019annonce de l\u2019Eucharistie.Et parmi ceux-là, nous rapporte l\u2019évangéliste fort à propos, se trouve celui qui allait trahir son Maître.Seulement, la fermeté, la sévérité de Jésus ont éclairé et fortifié la foi de Pierre: \u201cJésus dit alors aux Douze: Et vous aussi, voulez-vous vous en aller ?\u2014 Seigneur, répondit Pierre, à qui irions- 350 nous ?Vous avez les paroles de la vie éternelle\u201d.Donc, pour le bien de l\u2019Église même, mieux vaudrait supprimer l\u2019obligation de la messe dominicale, que la maintenir en dévalorisant l\u2019aspect sacrificiel; le respect des fidèles au pied de la Croix est autre chose que du formalisme: il est la foi même.Les messes dominicales n\u2019ont pas d\u2019abord pour but de faire nombre, et la présence d\u2019une foule n\u2019indique pas la présence de la vérité ! Lorsqu\u2019on dit que l\u2019Église est et doit être universelle, on ne veut pas dire qu\u2019elle sera assez facile d\u2019accès pour que n\u2019importe qui en fasse partie, ni qu\u2019il faille prendre tous les moyens de réclame moderne pour y attirer les foules; mais simplement que le monde entier arrivera à la connaître, et aura l\u2019occasion d\u2019y adhérer.Les moyens à prendre doivent rester apostoliques, et non pas devenir démagogiques.L\u2019Église ne peut rien céder de sa dignité, de ses valeurs profondes.Que reste-t-il des affirmations énoncées au début, en faveur des messes \u201crythmées\u201d ?Quelque chose, bien sûr ! et cela justifie les initiatives sérieuses et prudentes.Mais c\u2019est à l\u2019Église elle-même à se réformer, s\u2019il y a lieu: elle possède en elle-même et garde le privilège de le faire, conformément à un autre de ses \u201ccaractères\u201d, la sainteté.Elle ne pourrait pas être convenablement \u201ccorrigée\u201d par des groupes ou des individus plus ardents et pressés qu\u2019éclairés et convaincus (au sens religieux de ce terme).Bien des réformes légitimes, valables et durables, se trouvent déjà et depuis longtemps dans des édits pontificaux ou conciliaires, que trop de \u201créformateurs\u201d ignorent.Si l\u2019Église a tolérée, puis recommandé diverses réformes (la langue maternelle, l\u2019adaptation et la simplification des rubriques, etc.), ce n\u2019était pas pour que l\u2019on en arrive à se servir du Saint-Sacrifice comme un enfant se sert d\u2019un jeu de chimie: en mêlant tout pour voir ce que ça donnera ! L\u2019Église ne peut abandonner son pouvoir de permettre et de défendre, qu\u2019elle exerce pour le bien des vrais fidèles, selon leur âge mental et spirituel.On peut légitimement se demander si bien des \u201cexpériences\u201d actuelles sont nécessaires et profitables, et si elles correspondent à l\u2019esprit des textes officiels émanant de Rome et des différents Ordinaires.De toute façon, placer, imposer ces messes \u201crythmées\u201d aux heures où les fidèles, autrefois, venaient déjà nombreux, n\u2019est-ce pas fausser les statistiques, ou même narguer ceux des prêtres et des laïcs qui, en conscience, ne peuvent en accepter le principe ou les modalités ?Quant à \u201cutiliser la musique de notre époque, comme faisaient les premiers chrétiens\u201d, il faut bien noter que lorsque ceux-ci voulaient se servir d\u2019un ancien temple païen, par exemple, ils commençaient par l\u2019exorciser .Également, lorsque les musiciens du XVIe siècle se furent donné toute liberté dans leurs savantes et irrespectueuses extravagances, le Pape fut bien près de sacrifier l\u2019art au respect liturgique.Heureusement que Palestrina et ses disciples purent rétablir la situation en composant d\u2019innombrables chefs d\u2019œuvre où la dignité, la grandeur, la simplicité, la spiritualité, servaient admirablement la liturgie; et la musique universelle reçut de là un élan incomparable.La musique préconisée aux messes \u201crythmées\u201d ne saurait revendiquer une pareille valeur; dérivée du jazz, elle est trop souvent le triomphe du matérialisme: et elle ne s\u2019en cache même pas ! Si certains prétendent avoir besoin de cette sorte d\u2019émotion \u201creligieuse\u201d pour pratiquer leur religion, on est en droit de craindre que ce ne soit pas pour longtemps .Us compareront la musique de l\u2019église à celle de la boîte à chansons visitée la veille, et l\u2019église y perdra.Sans cesse ils exigeront plus de mouvement, plus de tintamarre, plus d\u2019 \u201caction\u201d, et ne seront jamais satisfaits.Si, par les concessions qu\u2019on lui demande, l\u2019Église cherchait une facile popularité, elle perdrait bientôt non seulement ces \u201cfidèles\u201d, mais bien d\u2019autres, autrefois plus sérieux.La persévérance dans la foi est le fruit du sacrifice, non de la mode, de la facilité, ou de la démagogie.Paul Legault, S.J.Maison Saint-René Goupil, Cité de Jacques-Cartier.RELATIONS cJdeô dddoleiL deô ^diéidi de omceô V Gabriellc Poulin C\u2019est à la rencontre de l\u2019Afrique que nous invite M.Ahmadou Kourouma, l\u2019auteur ivoirien du roman Les Soleils des Indépendances 1.Une Afrique qui continue progressivement de sortir de l\u2019ombre où l\u2019ont maintenue pendant des siècles tous ceux qui ne lui ont pas demandé autre chose que sa force, ses rythmes et des masques.Car jusqu\u2019à ce jour, comme Salimata, l\u2019héroïne du roman de M.Kourouma, l\u2019Afrique avait caché jalousement son visage et son âme à ceux qui tentaient de la violer et qui n\u2019ont jamais connu d\u2019elle que ses grimaces et ses cris.Il a fallu que brillent les Soleils des indépendances 2 pour que, étonnée, peut-être éblouie, elle osât lever son visage et livrer dans un langage accessible à tous ses plus intimes secrets, des secrets qui nous concernent tous.Ce sera en effet le grand pouvoir de la parole de réussir à nous révéler ce que ni les gestes, ni les couleurs, ni les formes n\u2019avaient pu jusqu\u2019ici nous faire voir clairement.Des poètes, Senghor, Césaire, Damas, ont été les premiers à prononcer devant le monde occidental, cette parole dans laquelle nous entendons battre le \u201ccœur d\u2019ambre\u201d de l\u2019Afrique \u201cqui germe dans le silence et le Printemps.\u201d (Senghor, Hosties noires.) Et c\u2019est maintenant un romancier africain qui tente par l\u2019écriture \u201cde creuser et tirer la vérité pure et blanche comme une pépite d\u2019or\u201d (p.116).Car l\u2019écriture est cette puissance seule capable de capter la parole qui est force du feu, force du vent et de l\u2019eau et de la libérer, douée d\u2019une énergie accrue et d\u2019une fécondité sans limite.Mais pour que la voix de l\u2019Afrique nous parvienne, elle a dû s\u2019amplifier et cette parole, pour nous rejoindre, a dû jaillir d\u2019un affrontement.Ce n\u2019est que lorsque l\u2019Afrique 1.Montréal, les Presses de l\u2019Université de Montréal, 1968, 172 pp.\u2014 Ce roman a valu à son auteur le Prix de la revue Etudes françaises.2.Les Soleils des Indépendances c\u2019est, pour le peuple malinké, l\u2019époque qui succéda chez lui aux Soleils de la colonisation.s\u2019est trouvée dressée, non plus contre l\u2019étranger qui ne connaissait pas son langage, mais contre elle-même, lorsque l\u2019Afrique tout à coup s\u2019est découvert deux visages et deux voix que poètes et romanciers ont pu creuser et tirer cette vérité.Or le roman de M.Kourouma est fait de la rencontre de ces deux visages, de la fusion de ces deux voix: l\u2019Afrique traditionnelle et l\u2019Afrique moderne dressées l\u2019une en face de l\u2019autre vont tenter de chercher dans la parole la vérité qui devrait leur permettre de découvrir leur identité propre et les acheminer, dans la liberté, vers la reconnaissance mutuelle, vers l\u2019amour et vers la fécondité.11 ne faudrait pas croire pourtant que ce roman de M.Kourouma soit une œuvre de rhétorique, qui présenterait, en les opposant, deux idéologies politiques.Non, ils s\u2019agit bien ici d\u2019un roman et tous ceux qui liront Les Soleils des Indépendances reconnaîtront cette unité et cette cohérence qui caractérisent l\u2019univers d\u2019un romancier authentique, doué d\u2019un sens unique de la vision; ils rencontreront des personnages attachants, complexes, voués par la grâce de l\u2019art à une renaissance perpétuelle.En effet, si Fama, prince sans couronne et sans postérité d\u2019un petit royaume d\u2019Afrique, le Horodou-gou, peut représenter cette puissance d\u2019un passé qui refuse d\u2019abdiquer devant les nouveaux maîtres, il est surtout un être au destin tragique, aux prises avec le visage moderne de l\u2019antique fatalité.Fama fuit les Soleils des Indépendances comme Phèdre cachait son visage du soleil, le dieu accusateur et implacable.Et M.Kourouma raconte cette douloureuse fuite du dernier des Doumbouya, fier comme la panthère, condamné maintenant à tirer sa subsistance, ainsi que les vautours et les hyènes, des débris d\u2019un passé auquel il s\u2019accroche comme à un mort dont on refuse de se séparer.Mais cette fuite, elle n\u2019est au fond qu\u2019un retour constant vers le point initial; car le héros tragique qu\u2019est Fama livré à la fatalité ne peut échapper à l\u2019encerclement et à la solitude.Les jours et les nuits de Fama le ramènent sans cesse à ce point unique, toujours le même où il se retrouve pauvre, inutile, seul.Le jour, Fama erre de cimetière en cimetière pour tenter de ressaisir quelque chose de sa grandeur passée.Pour vivre et pour ne pas perdre tout espoir, il compte sur ces palabres récités sur la tombe des morts.N\u2019est-ce pas \u201cla parole qui transfigure un fait en bien ou le tourne en mal\u201d ?(94).Mais après l\u2019échec de chaque tentative pour exorciser ce présent voué à la \u201cbâtardise\u201d, Fama éprouve davantage la honte et la solitude du dernier des Doumbouya.Les multiples prières dont Fama, en vrai musulman, s\u2019acquitte fidèlement, ramènent, elles aussi, irrésistiblement, le prince déchu, l\u2019époux de Salimata, à ses préoccupations de plus en plus envahissantes et desséchantes et Fama, en présence d\u2019Allah, se retrouve encore lui-même pauvre et inutile et seul.Au moins la nuit lui apportera-t-elle le repos, faisant échapper Fama au remous qui l\u2019emprisonne ?Non, la fatalité veille qui empêche le héros tragique de fuir son destin.Salimata, l\u2019épouse stérile, sous l\u2019emprise d\u2019un génie malfaisant et jaloux, est restée marquée par les horreurs du champ de l\u2019excision, \u201cpar le viol dans sa plaie d\u2019exci-sée\u201d et par ce désir d\u2019avoir un enfant qui est une fièvre brûlante et qui, au lieu de la rapprocher de Fama pour des nuits de paix et d\u2019amour, fait d\u2019elle la proie des sorciers.Et Fama, devant cette femme qui pourrait l\u2019aider à vaincre sa solitude et son destin, est rejeté, chaque fois qu\u2019il l\u2019approche, à sa solitude invincible.Et les nuits, comme les jours, entraînent Fama vers sa déchéance totale.C\u2019est, semble-t-il, tout naturellement que l\u2019auteur a donné à l\u2019Afrique les traits d\u2019une femme, cette Salimata, \u201cfemme sans limite dans la bonté du cœur, les douceurs des nuits et des caresses, une vraie tourterelle\u201d (p.25), DÉCEMBRE 1968 351 mais une femme dans le sein de laquelle l\u2019enfant ne germe pas.Et pourtant, Salimata est mère: elle est la mère de tous, des mendiants, des affamés, de son mari lui-même et de tous \u201cces bébés\u201d qu\u2019elle invente, que ses prières appellent et qui peuplent ses rêves.Mais Salimata, pas plus que cette Afrique tournée vers l\u2019avenir, ne peut répondre à ceux qui viennent à elle pour perpétuer un passé qui refuse de mourir.Comment l\u2019époux de Salimata, familier des cimetières comme les charognards, pourrait-il féconder la femme si belle et si vivante qu\u2019il aime ?Dernier souverain légitime du Horodougou, il doit être le dernier des Doumbouya et son alliance avec la terre d\u2019Afrique est vouée à la stérilité.Fama, \u201cparasite de ses serviteurs\u201d (111), est le prince pitoyable d\u2019un royaume dérisoire: \u201cDe loin en loin une ou deux cases penchées, vieillottes, cuites par le soleil, isolées comme des termitières dans une plaine\u201d (89), et Fama s\u2019avance vers ce royaume \u201cavec les pas souples de son totem panthère, des gestes royaux et des saluts majestueux (dommage que le boubou ait été poussiéreux et froissé), en tête d\u2019une escorte d\u2019habitants et d\u2019une nuée de bambins\u201d .(90).Autant ce Fama qui s\u2019accrochait désespérément à sa grandeur passée a pu nous paraître pitoyable et burlesque, autant le Fama parvenu au terme de sa longue fuite, celui que le destin a ramené à son lieu d\u2019origine, le Fama des dernières pages, s\u2019élève jusqu\u2019à la P ntic A t Réparations d'automobiles de toutes marques Débossage Soudure électrique \u2014 Peinture Équilibrage des roues Pièces et accessoires PROVOST AUTO ÉLECTRIC, Ltée 8305, boul.St-Laurent 387-7133 352 stature du héros épique.M.Kourouma a su nous rendre son héros attachant dans l\u2019un et l\u2019autre cas.Fama, c\u2019est un peu le Quichotte noir que nous avons suivi tout au long de son périple et qui pourrait bien être l\u2019ombre tragique de chacun de nous.Les dernières pages des Soleils des Indépendances nous laissent d\u2019ailleurs une image inoubliable.La mort de Fama a troublé le matin et le Horodougou, qui voit finir la dynastie Doumbouya, est inconsolable.Le dernier cri de Fama est repris par la nature entière, la seule qui ait été fidèle au prince déchu, cette nature sur laquelle brille le soleil de l\u2019harmattan, le seul que Fama reconnaisse et que les Soleils des Indépendances ont tenté en vain de masquer.Pendant ce temps, Salimata, elle, vit désormais dans la capitale où elle peut espérer maintenant avoir une descendance parce qu\u2019elle a emporté le pardon de Fama qui a reconnu enfin sa propre stérilité.L\u2019Afrique nouvelle peut naître de Salimata.Fama a accepté de disparaître pour que celle qu\u2019il n\u2019a jamais cessé d\u2019aimer soit heureuse et libre.Fama, prince solitaire, terrassé par les caïmans sacrés, meurt abandonné de tous, Fama, emporté dans un dernier songe, sur le coursier blanc de son enfance, mais Fama à qui la lune elle-même refuse le dernier présage de la gloire.L\u2019épopée s\u2019achève en même temps que la longue quête du dernier des Doumbouya.Mais l\u2019échec apparent de Fama était nécessaire à la renaissance de l\u2019Afrique.Car l\u2019ombre de l\u2019Afrique ancienne s\u2019est réincarnée dans l\u2019Afrique nouvelle et de cette réincarnation, les Soleils des Indépendances sont le témoin le plus sûr.Écrit dans une langue neuve où passe le souffle purificateur de l\u2019harmattan fait de soleil, de tourbillons, de lointains feux de brousse \u201csur un ciel profond et bleu\u201d, ce premier roman de M.Ahmadou Kourouma est un gage de la survivance et de l\u2019immortalité de l\u2019Afrique.Et la langue française, elle-même, nous paraît avoir retrouvé ici une vigueur nouvelle.Portés par les rythmes de la musique africaine, dans lesquels la phrase de M.Kourouma se coule tout naturellement, les mots, pour traduire des réalités nouvelles, sans les travestir, ont dû subir mutations et mé- tamorphoses.Des adjectifs deviennent ainsi des substantifs: \u201cLe chaud bienfaisant\u201d (37), \u201cle frais de la lagune\u201d (40); des verbes changent d\u2019espèce et acquièrent un sens nouveau: \u201cun destin se dévie à coup de sacrifices\u201d (103), \u201c.un vent, un soleil et un univers graves et mystérieux descendirent et enveloppèrent.\u201d (102), \u201cLes ronflements de Fama ébranlaient;\" (30), \u201cLa pluie tombe la foudre et l\u2019eau nourricière,\u201d (102), \u201cLes chants criards des matrones qui encadraient.(32).D\u2019aucuns diront que ces emplois inhabituels trahissent une méconnaissance de la langue.Nous croyons plutôt qu\u2019ils résultent d\u2019une poussée irrépressible du verbe qui emporte les cadres trop rigides.Loin de choquer, cette vitalité nous étonne et nous entraîne.Nous renonçons ici à appliquer les normes traditionnelles, car nous nous sentons en présence d\u2019un phénomène qui s\u2019est produit en dehors de toute structure conventionnelle.Formules bien frappées, proverbes, comparaisons audacieuses donnent à l\u2019écriture de M.Kourouma un caractère insolite et coloré.\u201cLe vrai et le mensonge portent le même pagne\u201d.(138); \u201cleurs noms frappaient dans Fama des tam-tams de regrets\u201d (87).Le soleil, la forêt, le sang viennent jeter dans toutes ces pages des couleurs vives: vert, jaune, rouge; des couleurs qui s\u2019appellent sans cesse tout au long du roman et qui produisent pour l\u2019œil l\u2019éblouissement même de l\u2019harmattan, pendant que nous parviennent, à travers rythmes et sonorités, les danses, les cris et les hurlements de l\u2019Afrique primitive.Le lecteur pourra être surpris devant l\u2019univers recréé par M.Kourouma, il ne sera pourtant pas dépaysé.Car si ce livre présente à l\u2019Afrique un reflet de son visage divisé et lui renvoie l\u2019écho des deux voix qui l\u2019interpellent, il témoigne surtout de la recherche personnelle de l\u2019un de ses fils qui s\u2019est posé, devant son pays retrouvé, le problème de sa propre identité et de sa propre liberté.Et, parce que cet homme est un poète, par-delà l\u2019espace et par-delà le temps, nous entendons son interrogation; et c\u2019est du plus profond de notre propre conscience que cette interrogation nous parvient, éclairant d\u2019une nouvelle lueur le chemin de notre propre liberté.RELATIONS Franco Zeffirelli prétend que \u201cla bonne entente des comédiens et du metteur en scène est la base d\u2019un bon travail\u201d, car, estime-t-il, les comédiens \u201cont beaucoup à apporter à l\u2019œuvre commune.Cinquante pour cent des choses viennent d\u2019eux.\u201d Ce Soir on improvise Il est possible que Pirandello partageait les opinions de son compatriote et a voulu les expérimenter, quand il a composé Ce Soir on improvise, pièce que le Rideau Vert nous a présentée le mois dernier, au Stella.Improvisation d\u2019ailleurs prévue jusque dans les plus infimes détails, donc assez artificielle.Si cela lui ressemble, ce n\u2019est pas toutefois la vraie Comedia delP Arte où l\u2019acteur apportait à un texte souvent très rudimentaire toute la fantaisie de son imagination, au cours même de la représentation.Quoique composé avec habileté et finesse, Ce Soir on improvise ne nous donne pas tout à fait le change.Pas désagréable pour autant, car la vraisemblance paraît suffisamment gardée, aidée de l\u2019interprétation de quelques-uns des acteurs.Grâce à une allure plus vive et inusitée, la première partie de la pièce est fort plaisante, mais ensuite, quand les acteurs veulent s\u2019assimiler à leurs personnages imaginaires et les faire vivre réellement, on tombe dans le genre larmoyant et le mélodrame sombre peu convaincant, même frisant le ridicule.L\u2019équilibre de la pièce s\u2019en trouve rompu et nous laisse une impression ambiguë.La mise en scène de Ce Soir on improvise, en même temps que le meneur de jeu, le docteur Hinkfuss, ont été confiés à Guy Hoffmann et à son ingéniosité, nécessaire dans le cadre physique imposé par la scène et la salle du Stella.De la nombreuse distribution \u2014 une double douzaine d\u2019interprètes \u2014 deux acteurs surtout, DÉCEMBRE 1968 LE THÉÂTRE Georges-Henri d\u2019Auteuil, S.J.comme il fallait s\u2019y attendre, éminent spécialement:\tDenise Pelletier, une Madame Ignazia haute en couleur et d\u2019un brio éclatant; André Cailloux, remarquable Palmiro aussi juste dans le cocasse que dans l\u2019émotion.A cause de l\u2019exiguïté du plateau, les mouvements de groupe étaient peu aisés, Hoffmann a évité la confusion et même a réalisé quelques trouvailles intéressantes.L\u2019Avare Au sortir du Théâtre National une jouvencelle interrogeait sa compagne: \u201cAs-tu aimé cela ?Ils sont bons, hein ?\u201d Ce sont les comédiens du Théâtre Populaire du Québec qu\u2019elle appréciait ainsi après leur représentation de l\u2019Avare de Molière.Elle avait donc l\u2019impression d\u2019avoir passé une bonne soirée et vu un bon spectacle dramatique.Tant pis pour moi alors.En effet, après avoir assisté à tant de représentations de cette célèbre pièce, on devient plus exigeant.Or l\u2019Avare du TPQ n\u2019avait rien d\u2019emballant.Cela n\u2019accrochait pas, les répliques mêmes les plus drôles tombaient à plat; aux scènes comiques si connues de la querelle d\u2019Harpagon et La Flèche, du \u201csans dot\u201d, même de Frosine, ce morceau de roi, à peine quelques maigres réactions dispersées; la salle ne s\u2019est vraiment dégelée qu\u2019à la deuxième partie, après l\u2019entr\u2019acte.C\u2019est que l\u2019interprétation manquait de chaleur, de mouvement, de vigueur et de ce souci de faire valoir les nuances du texte, de les dégager, de les projeter dans la salle, de les souligner fortement aux spectateurs.On aurait pu penser que les acteurs ont voulu nous plonger dans l\u2019atmosphère triste et mélancolique du mois des Morts commençant.Pourtant, en dépit de toutes les ingénieuses et psychologiques interprétations des pièces de Molière par certains critiques, leur but premier, dans l\u2019esprit de l\u2019auteur, était de peindre les ridicules des hommes et d\u2019en faire rire.Or on n\u2019a guère ri de Y A vare du Théâtre Populaire du Québec.Preuve que l\u2019effort et la bonne volonté ne suffisent pas à créer une œuvre d\u2019art.Il y faut encore ce je ne sais quoi qui s\u2019appelle inspiration.Outre talent, métiers, moyens techniques, il faut encore l\u2019étincelle qui établit le courant entre l\u2019artiste, son œuvre et le public.Comme une symphonie, une sonate, une pièce de théâtre suppose une création constante.Molière une fois pour toutes a écrit l\u2019Avare, mais ce texte mort, chaque soir, le comédien doit le ressusciter, le recréer par la grâce de son génie.Parfois la grâce fait défaut ou manque de vigueur et le miracle ne s\u2019accomplit pas.Volpone Qui dit théâtre élisabéthain évoque infailliblement Shakespeare et souvent lui seul.La postérité impose parfois ainsi ses jugements, négligeant au profit d\u2019un nom illustre des contemporains de moindre valeur ou que la chance et le succès ont moins favorisés.Ainsi Ben Jonson, auteur dramatique pourtant fécond, a été éclipsé par la gloire trop radieuse de son compatriote et ami, le grand Will.Son œuvre et son prestige en ont souffert, et on peut le déplorer quand on constate avec plaisir son grand talent par une pièce comme The Fox, par exemple, jouée récemment, dans l\u2019adaptation française de Jules Romains et sous son titre à l\u2019italienne de Volpone, par la troupe de la Nouvelle Compagnie théâtrale, au Gesù.Comme l\u2019a fait plusieurs fois Shakespeare, Jonson place l\u2019action de sa pièce en Italie \u2014 plus précisément à Venise \u2014 très en vogue, auprès surtout des artistes et intellectuels, à l\u2019époque, à cause du grand prestige de la Renaissance italienne dans le reste de l\u2019Europe.La somptueuse et commerçante Venise d\u2019alors s\u2019avérait au reste un cadre merveilleux et approprié au conflit des passions que dépeint Jonson 353 dans sa pièce.Féroce tableau, en effet, des jeux de la luxure et, surtout, de la cupidité.Pas de l\u2019avarice.Non, aucun des personnages de Volpone n\u2019est vraiment avare.Pas même ce vieil usurier de Corbaccio, encore moins le jouisseur et roublard Volpone qui, certes, aime bien l\u2019argent, mais pour les plaisirs et avantages qu\u2019il procure.Sa richesse précisément lui fournira l\u2019occasion perverse de sonder la profondeur abjecte de la cupidité humaine, par l\u2019habile simulation d\u2019une grave maladie, puis l\u2019annonce fallacieuse de sa mort qui feront éclater au grond jour les vrais sentiments de ceux qui se disent ses amis, mais qui n\u2019en veulent qu\u2019à son or.Il verra son stratagème réussir, mais pour trébucher, à son tour, par la ruse et le cynisme de son serviteur et élève, Mosca.Au contraire de la fable, la mouche vengera le corbeau et roulera le renard en lui soustrayant le fromage.A canaille, canaille et demie, ce proverbe pourrait servir de morale à cette pièce, morale non pas de Jonson, plus rigoureuse et plus vraie, mais celle de Romains.C\u2019est cet étrange bataillon zoologique que Georges Groulx a fait évoluer sur la scène du Gesù, avec le concours des comédiens de la Nouvelle Compagnie théâtrale, habillés par Claudette Picard, dans les décors de Robert Prévost.Selon les indications du metteur en scène, ils ont insisté particulièrement sur les turpitudes des hommes ravagés par la passion de l\u2019argent qui les poussera aux pires bassesses, comme de vendre leurs femmes ou de déshériter leurs fils: la plus odieuse curée.L\u2019ordonnateur de cette chasse, si on peut dire, c\u2019est Volpone, incarné brillamment par Henri Norbert.Ce rôle permet à un acteur de faire valoir toutes ses qualités de comédien.Norbert n\u2019y a pas manqué.Ronald France s\u2019est affirmé avec beaucoup de brio dans son rôle de \u201cmouche à vers\u201d qui pique ici, pique là et toujours distille son venin.Les victimes \u2014 qui méritent bien leur sort, d\u2019ailleurs \u2014 de ces deux compères en fourberie sont Jacques Galipeau, un imposant et prétentieux Voltore, Jean-Marie Lemieux, le jaloux Corvino capable toutefois de sacrifier sa femme pour de l\u2019argent, comme d\u2019ailleurs le Corbaccio de Robert Rivard, fripouille que rien n\u2019arrête dans sa quête des 354 sequins.Gilles Renaud sait rendre le fougueux emportement du soldat Leone, le seul honnête homme de la bande, mais pas de taille, dans sa franchise naïve, contre la rouerie de Mosca et Voltore.En dehors de l\u2019argent, les femmes, pour Volpone, jouent simplement un rôle de passade, que ce soit l\u2019épouse de Corvino, la pieuse et fidèle Colomba, ou Canina, l\u2019opposée de la colombe, fille facile qui pratique volontiers le don de soi.Françoise Graton et Dyne Mousso interprétaient ces deux seuls personnages féminins si différents de la pièce.Christian Delmas et Louis Aubert rendirent proprement et avec dignité leurs personnages de Juge et de Chef des sbires.Quant à la chanson de Selim Bichara, composée par Georges Savaria, j\u2019avoue n\u2019avoir été impressionné ni par la musique ni par la voix du chanteur.En fait elle n\u2019a aucune importance dans la pièce.Tartuffe On avait annoncé un Tartuffe rajeuni.Le personnage, en effet, au Théâtre du Nouveau Monde, l\u2019a été.De plus, sans toucher au texte, on a transposé l\u2019action \u2014 non sans un fort danger d\u2019anachronisme \u2014 en Neuvelle-France vers 1680, avec décor et costumes de l\u2019époque, mais canadiens.Éléments plaisants mais purement extérieurs qui n\u2019influencent en rien le sujet de la pièce ni la psychologie des personnages.Au reste, la vraie \u2014 et peut-être unique \u2014 manière de rajeunir une œuvre dramatique ne serait-elle pas de la jouer, tout simplement, le mieux possible, mieux que tout ce qu\u2019on aurait fait auparavant ?Et Molière, représenté sous les chandelles de Versailles, sur une scène encombrée des courtisans du roi, est-il moins valable, comme on dit, que le Molière joué à la mode d\u2019aujourd\u2019hui, affublé d\u2019ornements, brillants sans doute, mais plus ou moins insolites et disparates ?Ainsi tout en admirant le beau manteau à capuchon, orné de fourrure, et le joli et commode manchon, aussi de fourrure, de Madame Pernelle nous aurions fort désiré la bien entendre dans la scène d\u2019ouverture de la pièce, si originale et importante pour nous présenter les personnages, leurs carac- tères et leurs fonctions.Mais Marthe Thiéry, c\u2019est dommage, parlait trop vite et sa voix ne portait pas suffisamment dans la salle.Jean Besré, lui aussi, doit se surveiller.Son débit est facilement trop rapide.Et sa scène de Valère avec Mariane, au deuxième acte, est si charmante qu\u2019on ne veut en rien perdre.Quant à Élisabeth LeSieur qui joue Mariane, elle pleure très bien, ce qui est difficile sur commande, mais les sanglots, parfois, lui font escamoter des mots utiles.Pascal Rollin, lui, est victime de la mise en scène.Il fait Cléante, personnage assez pâle, chargé de défendre morale, raison et bon sens contre les folies d\u2019Orgon, en particulier dans un long monologue ardu, extrêmement difficile à faire passer.Or, il en débite les trois quarts le dos tourné à la salle.Pas étonnant alors qu\u2019on ne l\u2019entende pas bien et nous paraisse ennuyeux.Au contraire, le bouillant Damis de Jacques Brouillet, à la voix sonore et bien timbrée, sait rendre avec justesse l\u2019ardeur juvénile de son personnage de fils d\u2019Orgon, outré des jobarderies de son père incapable de découvrir l\u2019ignoble conduite de Tartuffe.Guy L\u2019Écuyer, le \u201cdéloyal\u201d monsieur Loyal est amusant dans son incarnation d\u2019un poisseux et matois huissier.Mais, bien sûr, le Tartuffe, c\u2019est Tartuffe, bêtement admiré par Orgon, finement joué par Elmire et ridiculisé par Dorine.Tartuffe, hypocrite, vilain singe de vertu, apparemment confit en dévotions, en fait goinfre, voleur et paillard.Personnage foncièrement méchant donc pas comique, sauf parfois, par l\u2019excès même de son cynisme.La comédie se joue autour de lui, par le benêt Orgon dont le ridicule et la niaiserie passent presque la vraisemblance, par Elmire qui, pour dessiller les yeux de son mari et lui montrer la perfidie de Tartuffe, imagine la scène peut-être à la fois la plus subtile et la plus cocasse de Molière, par Dorine, enfin, la servante au franc parler, au solide bon sens, d\u2019une naturelle justesse de jugement assez rare.La pièce repose principalement sur ces quatre personnages très différents.Sur le plan comique, Dorine est le plus réussi.Presque toutes ses répliques font mouche et mettent en liesse les spectateurs.Pendant les deux premiers actes RELATIONS surtout, elle mène le bal, et rondement.Marjolaine Hébert a rendu ce rôle avec un abattage remarquable.Sur un rythme endiablé, elle a lancé la pièce et préparé magnifiquement l\u2019entrée de Tartuffe qui, comme on sait, n\u2019apparaît qu\u2019au troisième acte.Une très intéressante interprétation, peut-être la mieux équilibrée de toute la distribution.Sans forcer la voix, et pourtant facilement audible, avec un jeu aisé et naturel parfait, Huguette Oligny a été une Elmire très humaine, manifestant une sagesse contrôlée, tenant un équilibre raisonnable, à l\u2019égard de Tartuffe, entre le stupide aveuglement de son mari et la violence irréfléchie de Damis.Personnage clé pour faire éclater la tartufferie imposée à sa maison, Elmire semble bien porteuse des idées de Molière sur les faux et vrais dévots; mieux que Cléante lui-même, Huguette Oligny a bien rempli sa mission.Paul Hébert a joué un Orgon colérique, irrité des entraves, rencontrées dans sa famille même, à sa folle affection pour le fourbe Tartuffe dont il est \u201ccoiffé\u201d.Son siège est fait: néophyte intransigeant et buté, il ne veut rien entendre, écarte jusqu\u2019à le briser tout obstacle à sa foi nouvelle.Aucune sensiblerie ou pieuserie affectée, mais conviction sincère qu\u2019il est dans le vrai, enfin.Attitude qui explique la violence de son désenchantement et son retournement contre tous les dévots à la fin de la pièce.Le Tartuffe d\u2019Albert Miliaire présente le plus justement, il me semble, l\u2019idée de nouveauté, de rajeunissement que Jean-Louis Roux a voulu réaliser.Son aspect physique d\u2019abord.Il évoque la dignité, la retenue, un peu la raideur d\u2019un jeune pasteur protestant.Autant par son allure froide et compassée que par ses paroles, il condamne la légèreté de mœurs des membres de la famille d\u2019Orgon.Jusqu\u2019à ce qu\u2019il se trouve seul avec Elmire; alors sa passion explose avec une impudence et aussi une imprudence à laquelle on ne s\u2019attend pas chez un homme habitué comme lui à surveiller son comportement et à toujours donner le change.Comme une bête sauvage trop longtemps contenue, il s\u2019élance sur sa proie pour assouvir sa faim de plaisir.Le jeu alors l\u2019em- DÉCEMBRE 1968 porte sur les mots, surtout dans l\u2019entrevue capitale du quatrième acte.On écoute d\u2019une oreille distraite le texte pourtant si riche pour tendre toute son attention sur la poursuite agressive d\u2019Elmire par Tartuffe, cherchant à l\u2019atteindre pour la dévorer.Le papelard sournois cède définitivement la place au carnassier.Après cette grande scène, la pièce est de fait terminée.L\u2019action ensuite piétine.La famille se réunit à nouveau, dans la confusion.On s\u2019attend au pire, représenté par Monsieur Loyal qui LECTURE DU MOIS C\u2019est une surprise et un enchantement qu\u2019en notre petit monde canadien français, ébranlé si profondément en ses valeurs traditionnelles, sociales et religieuses, ait paru le Virgile du Père Viateur Beaupré, édité par le Centre de Pédagogie et de Psychologie.Alors que des étudiants de toutes classes contestent et entendent contester de plus en plus, comme si c\u2019était aujourd\u2019hui leur premier devoir, il est réconfortant qu\u2019un professeur de chez nous nous parle si bien de Virgile.L\u2019ouvrage attire déjà par sa présentation, la typographie, les illustrations, signes de la correspondance entre les arts.Il plaît surtout par la compétence supérieure que demande la présentation d\u2019un très grand poète.Il faut être du métier ou plutôt de la famille, être poète et ici grand poète, puisqu\u2019il s\u2019agit de Virgile.Le Père Beaupré possède cette compétence.Son ouvrage pourrait s\u2019intituler: Entretiens avec Virgile, sur la poésie, sur le rythme, sur les grands thèmes de l\u2019homme et du monde: la nature inanimée, les animaux, l\u2019homme et la guerre, la race et la patrie, la Divinité précède de peu la venue brutale de Tartuffe jusqu\u2019à ce qu\u2019on nous apprenne que \u201cnous vivons sous un Prince ennemi de la fraude .\u201d.En fait, l\u2019avons-nous appris ?Je ne crois pas avoir retenu un traître mot du boniment loufoque de Victor Désy, exempt facétieux, création tout entière \u2014 très drôle d\u2019ailleurs \u2014 de l\u2019imagination de Jean-Louis Roux.Ainsi au contentement de tout le monde, la vertu, une fois de plus, sera récompensée et Mariane pourra épouser Valère.et son appel profond sous les masques décevants, enfin l\u2019amour en son vaste éventail.En ces \u201centretiens\u201d Virgile est toujours présent, toujours sous notre regard et sous le regard du maître qui l\u2019interroge et nous le découvre en ses aspects multiples, comme une caméra perspicace faisant le tour de son modèle.Virgile est présent de façon plus vive encore en ce que, par la magie de son interprète, nous entendons sa voix, son timbre, et nous entrons, jusqu\u2019à les partager, dans sa vision et son amour.Car tel est le mystère de la poésie: elle rend présent, elle donne d\u2019expérimenter la présence secrète des choses telle qu\u2019elle existe, ici, dans le cœur de Virgile.Avec lui et comme lui nous comprenons, en les aimant, les grandes réalités du monde.La vision virgilienne des choses et sa sagesse s\u2019offrent à nous en de grands contes, en des héros qu\u2019il suscite: Énée, Didon, Lausus, Orphée, Eurydice, etc.Il est faux que la technique soit première et que d\u2019elle et du Progrès dépende la connaissance des valeurs suprêmes.L\u2019homme de tous les temps discerne que sa grandeur est dans la fidélité à son âme, à ses origines, à sa patrie, à son histoire, à la Divinité; 355 \\Jircflle parmi noms il est grand par son travail, plus grand encore dans l\u2019épreuve qu\u2019il surmonte; grand certes par l\u2019intelligence qui domine le monde, mais grand surtout par le don total de lui-même à ceux qu\u2019il aime.Un autre mérite du Père Beaupré en ce Virgile, signe, je crois, du maître authentique, est qu\u2019en son dialogue avec Virgile, il a toujours en son cœur les traits joyeux et douloureux du Canadien-français de 1968.Il lui arrive ainsi, spontanément, sans recherche comme sans hiatus, d\u2019éclairer soudain de l\u2019opulente lumière virgilienne notre paysage tourmenté: notre Vigneault en sa gloire naissante, le Rapport Parent et ses théories discutables, les théologiens progressistes, la boxe commercialisée et les Yéyés, etc.La tonalité de l\u2019ensemble n\u2019en est point entamée; nous demeurons dans la sérénité de Virgile, perçue peut-être alors de façon plus vive parce que plus actuelle et familière.Si on a pu douter, depuis le Rapport Parent, de la valeur supérieure de l\u2019humanisme nourri aux grandes œuvres classiques, il suffit d\u2019ouvrir les pages de ce Virgile et de s\u2019v abandonner, pour comprendre que les grands poètes demeurent les maîtres par excellence en humanité.L\u2019amour n\u2019a pas d\u2019âge.Or, \u201cla première qualité de la poésie, c\u2019est l\u2019amour\u201d (p.24).Georges Robitaille.Les livres Théologie, Spiritualité Romano Guardini: Christianisme et culture.Trad, de l\u2019allemand par le R.P.Groenendael, S J.\u2014 Tournai, Casterman, 1967, 264 pp., 19 cm.Ce volume reproduit des études parues entre les années 1923-1938.Elles portent la marque d\u2019une époque, celle des années où les penseurs allemands voyaient monter autour d\u2019eux un socialisme qui ne respecterait ni la religion ni la personne humaine.Guardini joua un rôle de chef de file, presque de prophète, en ces années troubles.Il revint sans cesse sur les thèmes de liberté et de culture autour desquels se groupent les études du présent ouvrage.L\u2019A.se demande (ch.I à V) ce qu\u2019est la personne humaine, dans quelle mesure elle peut entrer dans une collectivité (Gemein-schaft) sans y perdre le meilleur d\u2019elle-même.Quelle autonomie ou liberté peut légitimement réclamer la personne devant l\u2019Etat socialisant ou totalitaire ?Par une fine analyse des données immédiates de sa conscience religieuse, par l\u2019observation du comportement humain qui paraît le plus normal, P A.en vient à justifier certaines requêtes de la personne humaine soucieuse de s\u2019épanouir.A vrai dire, l\u2019A.se plaît à \u201cpréciser le plus possible les questions \u2019 plutôt qu\u2019à les résoudre.C\u2019esQ pourquoi sa pensée stimule tellement la nôtre, l\u2019engage sur les voies de la recherche.Une deuxième section de l\u2019ouvrage (ch.VI à IX) analyse les rapports que le christianisme entretient avec la culture.Dans quelle mesure la foi chrétienne peut-elle être le levain de la culture ?Que demande-t-elle de la culture profane: l\u2019obéissance ou la collaboration ?L\u2019A.présente le christianisme comme un phénomène hors-série, qui n\u2019est pas une culture parmi d\u2019autres.Il dénonce vigoureusement les \u201créductions naturalistes et vitalistes\u201d qu\u2019on voulait élaborer de la foi chrétienne.Il désire jeter le plus de ponts possibles entre culture humaine et foi chrétienne, mais sans sacrifier l\u2019originalité ou certains éléments de sa foi.Il refuse la politique du compromis, qui lui paraît tenir de l\u2019ignorance autant que de la faiblesse.Ces pages gardent une étonnante actualité.Nous connaissons la montée d\u2019un Etat envahissant, la \u201ccontestation\u201d de la foi par une culture qui revendique son autonomie, pour ne pas dire sa souveraineté absolue.La lucidité et le courage de l\u2019A., le soin avec lequel il poursuit l\u2019analyse, l\u2019introspection, dirions-nous, de la vie de foi personnelle, l\u2019importance des questions engagées dans le débat, rendent aussi captivante que féconde la lecture de ces pages.Paul-Émile Langevin.Faculté de théologie S.J., J855 est, rue Rachel, Montréal (34e).En collaboration: Des chrétiens interrogent l\u2019athéisme.\u2014 Tome I : L\u2019athéisme dans la vie et la culture contemporaine, 2 volumes.\u2014 Tournai, Desclée, 1967, 1er volume: 500 pp.; 2e volume: 488 pp., 22.5 cm.Cette encyclopédie d\u2019envergure, publiée sous la direction de J.Girardi et J.F.Six, voudrait cerner tous les aspects du monde très vaste de l\u2019athéisme.Le 1er tome, en deux volumes, considère l\u2019athéisme dans la vie et la culture contemporaine: ses aspects sociologiques et psychologiques, l\u2019athéisme des jeunes et des croyants, le phénomène des conversions du christianisme à l\u2019athéisme (1er volume).Le deuxième volume étudie l\u2019athéisme par rapport aux sciences de la nature, aux différentes littératures, au cinéma contemporain; viennent ensuite des études sur l\u2019athéisme militant marxiste en Tchécoslovaquie, en Chine et dans les pays non marxistes; pour terminer, deux chapitres sur la pédagogie de l\u2019athéisme.L\u2019impression d\u2019ensemble est que les AA.n\u2019ont pas cherché à faire de l\u2019apologétique, mais à présenter une réflexion objective en face du problème de l\u2019athéisme.Les collaborateurs sont tous catholiques car, ainsi que l\u2019indique le titre: des chrétiens interrogent l\u2019athéisme, il ne s\u2019agit pas d\u2019un dialogue entre chrétiens et incroyants.Ce dialogue pourra venir, mais il fallait d\u2019abord déblayer le terrain et bien préciser la question; faute de quoi, le dialogue aboutirait à une impasse.Des nombreux collaborateurs de ces volumes qu\u2019il serait trop long d\u2019énumérer, disons seulement qu\u2019ils se carac- térisent par le sérieux et l\u2019objectivité.N'est-ce pas la meilleure recommandation qu\u2019on puisse faire de cet ouvrage de recherche et d\u2019approfondissement ?lean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Union des Religieuses éducatrices paroissiales: Accomplir l\u2019Evangile dans le creuset du inonde.Coll.\u201cLa religieuse dans la pastorale d\u2019aujourd\u2019hui\u201d.\u2014 Paris (31, rue de Fleurus), Editions Fleurus, 1967, 148 pp., 20 cm.Prix: 11F.J.-M.-R.Tillard, O.P.: Les Religieux au cœur de l\u2019Eglise.Coll.\u201cCahiers de Communauté chrétienne\u201d.\u2014 Montréal (2715, chemin de la Côte-Sainte-Catherine), Communauté chrétienne, 1967, 214 pp., 19.5 cm.Prix: $3.Irénée Hausherr, S.J.: L\u2019Obéissance religieuse.Théologie de la volonté de Dieu et obéissance chrétienne.\u2014 Toulouse (9, rue Monplaisir), Prière et Vie, 1967, 114 pp., 18 cm.UN recueil échappe rarement au risque de l\u2019inégalité.Dans le rapport du 8e congrès de l\u2019U.R.E.P., le premier exposé détonne.L\u2019auteur croit jeter un \u201cregard objectif sur le monde\u201d en sacrifiant avec légèreté les valeurs de la nature et de la personne à celles de la culture et de ses variations sociales.Les autres chapitres rachètent l\u2019ouvrage: ceux du laïc Éélix La-cambre, du Père Auguste Le Toullec et de S.Exc.Mgr Renard.Le premier connaît et décrit avec justesse aux religieuses les réalités souvent laides, parfois héroïques du \u201cmonde\u201d auquel des femmes consacrées doivent porter la foi, l\u2019espérance et la charité.Le deuxième, entre autres réflexions pertinentes, souligne l\u2019efficacité de la présence féminine dans notre univers trop masculin.Or, je pense qu\u2019aujourd\u2019hui la femme, selon sa grâce propre, on la rencontre surtout dans les couvents.Mgr Renard, spécialiste de la vie religieuse, offre aux congrégations \u201cactives\u201d des conseils d\u2019une spiritualité solidement équilibrée, mue par la vraie charité: non pas d\u2019abord aumône ou dévouement extérieur, mais intimité avec Dieu d\u2019où jaillissent œuvres de salut et de sainteté.356 RELATIONS Plus unifié, même s\u2019il s\u2019agit encore d'un groupe d\u2019articles parus ici et là, le livre du P.Tillard satisfait davantage l\u2019esprit.Les principales questions que soulève la vie des religieux et des religieuses reçoivent une attention sérieusement et même audacieusement théologique.Les quatre premiers chapitres traitent de la nature de la vie religieuse sous autant d\u2019aspects particuliers.Cinq autres (v-vm, x) insistent sur les problèmes communautaires:\t\u201cmystère\u201d de la vie commune, rapports entre obéissance et autorité, à l\u2019intérieur des maisons et avec la hiérarchie; chapitres courageux, sereins dans les principes, et dont chaque congrégation nuancera la pratique selon sa forme de gouvernement.Restent des pages (chap, ix) qui justifient solidement la vocation des Frères enseignants (mais le Frère André Parenteau, F.I.C., le fait mieux encore dans Relations, janv.1968) et un développement relatif au \u201cvrai renouveau\u201d que demande le concile.Excellent cahier, qui se distingue par le culte de l\u2019A.pour l\u2019Eglise, par son respect harmonieux des personnes et des institutions, par l\u2019énergie avec laquelle il exalte la pure charité, l\u2019attachement au Seigneur Jésus, le rôle épanouissant du célibat lucidement voué par amour du Christ Jésus, la capacité d\u2019autonomie et de gouvernement dont font preuve les femmes consacrées.Discutables, cependant, les pages (163-164, 209) qui concernent l\u2019école chrétienne (peu conformes, il me semble, à la déclaration du concile) et agaçants les tics de vocabulaire et de style auquels l\u2019A.cède trop souvent.Lopuscule du P.Hausherr, expert en pa-< tristique, interprète exigeant des nuances de la Bible, se lit avec plaisir et grand profit.Au début (ire partie), une atmosphère de paix et de confiance se dégage d\u2019heureuses réflexions sur la foi en Dieu créateur et en son Fils sauveur.Ensuite, l\u2019A.étudie la double obéissance à l'événement et au commandement (à la loi, réhabilitée avec adresse) qui regarde tout chrétien.Puis (me partie), il traite avec une spéciale vigueur et une piquante ironie (pp.86, 90, 99, 100, 102) la nature et les conditions de l\u2019obéissance religieuse, non seulement chez les gouvernés, mais chez les gouvernants.Pages fortes, qu\u2019inspirent l\u2019Ecriture, l\u2019exemple de la sainte Famille, la tradition ascétique, singulièrement illustrée par un Ignace de Loyola.A la fin, parlant du \u201cdialogue\u201d, l\u2019A., comme le P.Tillard, souligne, parfois en des formules d\u2019une rude frappe, l\u2019importance de cet élément essentiel (difficilement et trop peu mis en œuvre) de la paix, de la joie et de la sainteté religieuses.Pour finir, je tiens à recommander, de la collection à laquelle appartient le premier ouvrage apprécié ici, deux livres du cardinal Garrone (publiés chez Fleurus): la Religieuse, signe de Dieu dans le monde (n° 1), et la Religieuse présente à Dieu et au monde (n° 9): ils contiennent des pensées d\u2019une saine pastorale qui nourriront la prière quotidienne des femmes consacrées.Joseph d\u2019Anjou.Marie-Josèphe Beccaria, Anne-Marie de Besombes, Marie-Françoise Dutertre: Les femmes ont-elles leur place dans l\u2019Eglise.Coll.\u201cLe poids du jour\u201d.\u2014 Paris (17, rue de Babylone), Editions du Centurion, 1967, 176 pp., 18 cm.Prix: 9,30 F.Il y a de tout dans le recueil de témoignages que commentent trois femmes dési- DÉCEMBRE 1968 reuses de s\u2019identifier dans l\u2019Eglise.Un livre suffirait à peine pour départager l\u2019excellent du mauvais.On applaudit quand des femmes deviennent non plus objet, mais sujet de réflexion (p.16) sur leur propre compte.Elles ne s\u2019ignorent pas plus que les hommes ne les déprécient.Mais ont-elles la philosophie et la théologie requises pour s\u2019étudier avec compétence ?On n\u2019en a pas l\u2019impression.Des plaintes sérieuses, dans tous les domaines, même religieux, elles en ont à formuler.Qu'on les écoute.Mais si on cherche la place de la femme dans l\u2019Eglise, il semble normal qu'on accepte la femme comme différente de l'homme, ce que tantôt l\u2019on reconnaît et tantôt l\u2019on nie avec allégresse ici; il paraît, en outre, convenable de savoir qu\u2019avec l\u2019Eglise on n\u2019a pas affaire à une institution purement humaine, où les enquêtes, statistiques et majorités auraient force de loi.La réputation de Ménie Grégoire ne gagne rien aux puérilités qu\u2019on cite d\u2019elle dans le recueil (120-123).Que des femmes intelligentes ne voient pas dans la contraception le signe évident de leur déchéance, voilà un mystère à mes yeux.Si la responsabilité de la misère féminine \u2014 la vraie, d\u2019ordre moral \u2014 repose sur l\u2019homme d\u2019abord (mais qui a le souci de penser et d\u2019ordonner le masculin?), on estimera curieux le désir fou qu\u2019ont les femmes de nous concurrencer.Une illusoire égalité les ruinerait; Y équité les sauvera: mais qu\u2019on essaie d\u2019en fixer les conditions.Dans les témoignages et les commentaires du livre que nous apprécions, si maints éléments détournent, maints autres rapprochent de la solution souhaitée.Joseph d\u2019Anjou.Hervé Carrier et Lucien Roy: Evolution de l\u2019Eglise au Canada français.Cahiers de l\u2019Institut Social Populaire, n° 9.\u2014 Montréal (8100, boul.Saint-Laurent), Editions Bellarmin, 1968, 78 pp., 21 cm.L introduction explique bien l\u2019origine et le sens de ce nouveau Cahier: \u201cAu lendemain du Concile, les Jésuites du Canada français entreprenaient une enquête de sociologie religieuse en vue de procéder à une révision méthodique de leur action apostolique.L\u2019enquête dura plus de deux ans et fournit un ample matériel à la commission chargée de formuler des recommandations pratiques aux supérieurs de la Compagnie de Jésus.\u201cLes résultats de cette enquête furent l\u2019objet d\u2019une édition restreinte et privée; aujourd\u2019hui les Editions Bellarmin publient deux des principaux travaux préparés à cette occasion: une analyse de la Situation de l\u2019Eglise au Canada français par le P.Lucien Roy, S.J., et des Perspectives socio-pastorales par le P.Hervé Carrier, SJ.Ce dernier, après avoir décrit les traits socioculturels de notre milieu, indique quelles sont, selon lui, les urgences pastorales pour l\u2019Eglise canadienne-française: la formation d\u2019un laïcat chrétien pleinement responsable, l\u2019approche théologique des réalités socioculturelles, la promotion socio-économique à favoriser, la collaboration pastorale à développer, une formation apostolique ouverte, une Eglise en état de recherche.Cahier sérieux, lucide, bien documenté, de grande actualité, qui intéressera ceux qui se préoccupent de l\u2019avenir de l\u2019Eglise au Canada français.Richard Arès.Ralph M.Wiltgen, S.V.D.: The Rhine Flows into the Tiber.The unknown Council.\u2014 New York (70 Fifth Avenue), Hawthorn Books, Inc., 1967, 304 pp., 23.5 cm.Prix: $6.95.Une fois acceptée la terminologie de l'A., qui distingue, chez les Pères du concile et leurs conseillers, des \u201clibéraux\u201d et des \u201cconservateurs\u201d, une \u201cAlliance européenne\u201d, dont le noyau a pris forme près du Rhin, et un \u201cGroupe international\u201d, qu\u2019a fait surgir une réaction de religieux et d\u2019évêques de partout à l\u2019activité envahissante de l\u2019Alliance européenne, on suit avec intérêt le récit impartial des événements liés à la préparation, aux discussions et aux votes des quatre sessions du second concile du Vatican.Que d\u2019humain dans l\u2019Eglise de Dieu, pense-t-on spontanément ! Quelle puissance, en même temps, manifeste l\u2019Esprit de Jésus-Christ à l\u2019œuvre dans les manœuvres des hommes ! Quel bienfait que la souveraineté absolue du pape, surtout quand il s\u2019appelle Paul VI et allie à la cordialité d\u2019un Jean XXIII la fermeté doctrinale d\u2019un Pie XII ! Lisez.Histoire passionnante.Journaliste polyglotte, l\u2019A.a bénéficié des sources les plus diverses, et il les utilise avec pertinence et charité.Vous conclurez sans aucun doute à la transcendance de notre Mère et Reine l\u2019Eglise au milieu de ses imperfections, et vous rendrez grâce au Seigneur de lui garder, avec un visage humain, marqué de balafres (comme le corps même de son Chef ressuscité), la lumière éclatante de la vérité, la blancheur immarcescible de la sainteté.Au lecteur peu familier avec l\u2019anglais, je me permets de recommander de nouveau le livre de l\u2019abbé R.Prévost: Pierre ou le chaos (voir Relations, janv.1967, p.24), qui raconte en maître le drame, toujours actuel, de la collégialité.Joseph d\u2019Anjou.Philosophie Pedro Lain Entralgo: Panorama historique de la science moderne.Traduit de l\u2019espagnol par Paul Werrie.Préface du Dr Paul Chauchard.Bibliothèque européenne, section historique.\u2014 Paris, Des-clée de Brouwer, 1967, 435 pp., 23 cm.Plus qu\u2019une simple histoire des sciences, on retracera dans ce volume le cheminement de l\u2019esprit humain à la découverte de la réalité.Impressionnant dans sa lenteur et sa fécondité, le laborieux passage de l\u2019atome de Démocrite à l\u2019atome de Bohr et de Fermi, de l\u2019alchimie de Paracelse à la synthèse des polymères supérieurs, de la théorie humorale de Galien aux hormones, enzymes, gênes et plasmagènes de nos laboratoires .Le développement progressif du savoir au cours des siècles a vu s\u2019écrouler les unes après les autres toutes \u201cles conceptions du monde\u201d dont chacune, cela va sans dire, se revêtait de la rigueur et de l\u2019exactitude scientifiques.Les savants d\u2019aujourd\u2019hui en sont devenus plus profonds, plus humbles, plus conscients des limites de leurs disciplines, dans lesquelles ils se tiennent plus volontiers y découvrant toujours des richesses insoupçonnées.Du même mouvement ils admettent tout aussi volontiers qu\u2019il y a d\u2019autres façons, qui échappent à la mesure mathématique et qui sont tout aussi humaines, d\u2019aborder et de connaître le réel, à savoir, la métaphysique, les arts et la religion.Ces façons ou ces moyens, le physicien, en tant qu\u2019homme, peut et doit les utiliser.Cette attitude est toute nouvelle et toute 357 récente.Elle met bien en relief les ambitions impérialistes des sciences positives des trois derniers siècles.A travers ce panorama des sciences défile comme en filigrane l\u2019histoire de la philosophie.Entre objet et sujet, matière et esprit, singulier et universel, l\u2019oscillation n\u2019a pas connu de repos, l\u2019action d\u2019équilibre étant toujours appelée par un contre excès.Tenant le juste milieu entre ces excès et toujours en accord avec les données des sciences et du christianisme, l\u2019aristotélisme de saint Thomas d\u2019Aquin et de la philosophie traditionnelle apparaît à la réflexion dans une constante et perpétuelle actualité.Par l\u2019amplitude du sujet traité (moins vaste en fait que le titre ne l\u2019annonce) et la clarté de l\u2019exposé plus évocateur que descriptif, le \u201cPanorama historique de la science moderne\u201d fera les délices de tout savant et de tout métaphysicien, et plus encore du savant métaphysicien.P.Labarre.Maison Bellarmin.Pax Christi: Problèmes de la Paix à l\u2019ère atomique.En route avec \u201cPacem in Terris\u201d.\u2014 Paris (13, Quai de Conti), Aubier-Montaigne, 1967, 160 pp., 18 cm.Ardent plaidoyer pour la paix, ce petit livre mérite d\u2019être lu par tout ceux qui s\u2019intéressent à cette brûlante question d\u2019actualité.Grâce à la technique moderne, l\u2019homme est maintenant en mesure d\u2019anéantir le monde.\u201cIl en a la possibilité, mais il n\u2019en a pas le droit.Une innombrable suite de générations a habité le monde avant nous, et beaucoup pourront l\u2019habiter après nous.Plus grande la possession, plus grande la responsabilité: cela vaut aussi pour la possession du monde.Tout cela est si fondamentalement chrétien qu\u2019en aucun cas on ne saurait le négliger sans mutiler gravement le contenu du message évangélique\u201d (p.53).Il faut donc travailler à bannir le phénomène de la guerre.Comment ?Les auteurs suggèrent trois objectifs à atteindre: le désarmement, la cœxistence pacifique et le renforcement des Nations unies.Aux chrétiens de poursuivre inlassablement ces objectifs, car \u201cla paix est pour nous à l\u2019heure actuelle le plus haut impératif humain .C\u2019est toute l\u2019humanité qui aujourd\u2019hui se trouve englobée dans une même communauté de destin: vivre ou mourir\u2019\u201d (p.144).Richard Arès.En collaboration: L\u2019animation.\u2014 Montréal (506 est, rue Ste-Catherine), les Cahiers de l\u2019Institut canadien d\u2019Education des Adultes, septembre 1967, 190 pp., 21.5 cm.jP^E plus en plus on parle au Québec d\u2019animation et d\u2019animation sociale; non seulement on en parle, mais on en fait dans bien des milieux, tant urbains que ruraux.Les Cahiers de 1T.C.E.A.présentent à la fois un exposé de principes et un aperçu de ce qui se fait actuellement dans ce domaine.Voici des titres de chapitres plutôt théoriques: \u201cQuelques clarifications sur la notion d\u2019animation\u201d, \u201cMéthodes et techniques d\u2019animation\u201d, \u201cPlanification et animation sociale\u201d, \u201cAnimation, pédagogie et éducation des adultes\u201d, etc.Parmi les nombreuses définitions de l\u2019animation sociale que contient ce Cahier, en voici une à retenir: \u201cUn ensemble de moyens et de techniques qui ont pour but d\u2019amener une population (groupe, 358 collectivité, ensemble de collectivités) à participer de façon rationnelle à la définition du sens et du rythme des changements sociaux, en cours ou à venir\u201d (p.48.) Un ouvrage quelque peu technique mais très utile en son genre.Richard Arès.Trevor Evans and Margaret Stewart: Pathway to Tomorrow : the Impact of Automation on People.\u2014 Toronto (6 Adelaide St.East), Pergamon of Canada, 1967, 124 pages.24 cm.En juin 1967, s\u2019est tenue à Rome une conférence internationale sur l\u2019automatisation, le plein emploi et une économie équilibrée, groupant des experts de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et de la Suède.Deux journalistes, présents à cette conférence, présentent ici un aperçu des travaux et leur signification pour l\u2019avenir.Les changements techniques sont-ils trop rapides ?Y a-t-il trop ou pas assez de travailleurs ?Qui doit faire le premier mouvement: le patron ou l\u2019employé ?Allons-nous vers une civilisation de collets-blancs ?Comment contrôler la négociation collective, l\u2019inflation, le chômage, etc.?Toutes ces questions y sont abordées et discutées à la lumière de l\u2019expérience de chacun dans son propre pays.Au chapitre Learning and Earning, tous se déclarent unanimes à reconnaître que le problème par excellence est celui de parvenir à former assez de gens assez vite et sur une échelle assez considérable pour répondre aux exigences de mobilité et d\u2019adaptabilité d\u2019une société industrielle moderne.Un ouvrage qui se lit facilement en dépit de son caractère technique; un ouvrage aussi très instructif par les vues qu\u2019il projette sur la société humaine de l\u2019avenir.Richard Arès.Roger Dehem: Initiation à l\u2019Economique.-\u2014 Québec, Presses de l\u2019Université Laval, 1967, 286 pp., 22 cm.Depuis la parution, il y a environ cinq ans, de la quatrième édition de ldInitiation à l\u2019économie politique de François-Albert Angers, aucun manuel de science économique, à notre connaissance, n\u2019avait été publié au Québec.C\u2019est dire déjà tout le mérite de Roger Dehem qui propose maintenant au public francophone du Canada un ouvrage où le contexte économique de leur pays sert de toile de fond à la théorie.Signalons aussi une innovation qui sera tout à l\u2019avantage du public et des éditeurs: une édition européenne de cet ouvrage est publiée simultanément à Paris.Grâce à un minimum de modifications dans le texte et le remplacement de quelques chapitres, le marché du manuel peut donc être considérablement élargi.Une \u201cinitiation à l\u2019économique\u201d n\u2019a pas de modèle stéréotypé à suivre puisqu\u2019elle vise à présenter les principales avenues de cette science.L\u2019auteur a largement profité de cette liberté pour consacrer quelques chapitres, de caractère historique, aux institutions internationales, à l\u2019économie canadienne, à celle des pays socialistes, aux problèmes enfin des pays en voie de développement.Au surplus, de fréquentes allusions dans les autres chapitres au contexte canadien rappellent constamment au lecteur le caractère très concret des problèmes économiques.Dans le reste de l\u2019ouvrage, l\u2019auteur aborde succintement les principales questions de la science économique et c\u2019est ici peut-être qu\u2019on aurait souhaité un peu moins de concision.Cette observation concerne en particulier les chapitres VII et VIII sur les relations entre les grands agrégats nationaux et sur les fluctuations économiques; elle vaut également pour la première partie du chapitre sur les \u201cavantages comparés\u201d du commerce international.Toutes ces pages comportent en effet nombre de graphiques, d\u2019équations dont certaines paraîtront assez obscures au débutant.On risque ainsi de créer l\u2019impression qu\u2019un écart considérable sépare les problèmes économiques quotidiens de la formulation nécessairement abstraite qu\u2019en donnent les économistes.Un des thèmes favoris de Roger Dehem est que la science a pour fonction de rétablir la vérité des faits alors que l\u2019idéologie tend à les simplifier et à les rationaliser de façon excessive.Son texte fait la preuve en maints endroits de ce souci d\u2019objectivité bien que les lecteurs originaires des pays en voie de développement trouveront sans doute trop sévère le portrait qu\u2019il en trace et trop indulgent celui des anciennes métropoles.L\u2019origine belge de l\u2019auteur, que l\u2019on devine facilement, n\u2019aidera guère à corriger cette impression.Pour chaque chapitre, l\u2019auteur a prévu un certain nombre de questions ou d\u2019exercices et une courte bibliographie signale un excellent choix d\u2019ouvrages récents de théorie ou d\u2019histoire économique.L'Initiation à l\u2019Economique de Roger Dehem mérite incontestablement qu\u2019on lui fasse une large place dans les CEGEP et les autres institutions de niveau collégial.Sa concision même permettra au professeur d\u2019élaborer un cours encore plus personnel.Fernand Potvin.le 13 août 1968.Psychologie Karl Stern: Refus de la Femme.Essai.Coll.\u201cConstantes\u201d, 15.\u2014 Montréal, Editions HMH, 1968, 251 pp., 20.5 cm.Voilà un ouvrage qui invite beaucoup à la réflexion, tantôt sous forme abstraite, comme au début et à la fin, tantôt à partir de l\u2019étude de grandes personnalités philosophiques ou littéraires des temps modernes:\tDescartes, Schopenhauer, Sartre, Tolstoï, Kierkegaard, Goethe, etc.L\u2019objet central de la réflexion est le rôle ontologique de la féminité dans la composante humaine.Il est extrêmement intéressant de suivre le docteur Stern en ses explorations et commentaires.Aux données fournies par l\u2019histoire, l\u2019art, la philosophie, il ajoute l\u2019interprétation du psychanalyste.Comment n\u2019être pas saisi par cette constante qu\u2019il décèle chez ces penseurs, tous marqués par une carence grave dans l\u2019intelligence vécue de la féminité ?Plus encore que l\u2019acuité, il faut souligner la justesse et surtout l\u2019amplitude de son regard ouvert à tout le champ de la culture et qu\u2019intègre une pensée profondément catholique.Il en résulte qu\u2019étudiant une donnée particulière, la féminité, nous nous sentons au cœur des grands problèmes du monde actuel; toute la toile entre en vibration parce qu\u2019on l\u2019a touchée en un point majeur et que tout s\u2019y tient: la pensée, la civilisation, la foi.Le psychanalyste, l\u2019artiste, le penseur, le chrétien ici sans cesse nous interpellent et nous éclairent.Vraiment un grand et bon livre.Georges Robitaille.RELATIONS L.Chertok: Féminité et Maternité.Etude clinique et expérimentale sur l\u2019accouchement sans douleur.\u201cBibliothèque neuropsychiatrique de langue française\u201d.\u2014 Bruges (23, quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1966, 281 pp., 24 cm.Prix: $7.95.Si l\u2019on définit l\u2019accouchement comme un processus psychosomatique: mécanisme organique et événement vécu qui entraîne une dépense considérable d\u2019émotion (p.259), on doit admettre que le fait de le vivre consciemment et sans torture peut avoir un heureux effet psychologique pour la mère et sa relation à son enfant (192).Alors, rechercher l\u2019indolorisation de l\u2019accouchement par des méthodes psychologiques (instruction, suggestion, maîtrise de soi) équivaut à désirer connaître le jeu des facteurs de personnalité dans l\u2019accouchement (188): acceptation ou refus de la féminité, de la génitalité, de la maternité, avec ce que cela implique d\u2019antécédents personnels, familiaux et sociaux chez la parturiente.L\u2019A.raconte en détail la recherche qu\u2019il a dirigée, avec de nombreux collaborateurs, dans une clinique de Paris: difficultés d\u2019intégrer la psychologie en obstétrique, moyens d\u2019enquête (questionnaires et entrevues visant à obtenir la fiche psychologique des primipares, préparées ou non par la méthode psychoprophylactique), statistiques dressées, analysées et comparées, conclusions relatives à l\u2019efficacité de la méthode quant à la réussite de la grossesse et de l\u2019accouchement, compte tenu de l\u2019histoire psychophysiologique de la parturiente.Ouvrage précis, nuancé, instructif, qui démontre la nécessité du recours à la psychologie clinique pour aider au moins les primipares pendant la grossesse et lors de l\u2019accouchement.Moments privilégiés dans l\u2019ensemble de la trajectoire de la féminité (154), ces deux événements, pour se dérouler avec succès, supposent une activité jointe à une technique en vue d\u2019aboutir à une maîtrise de soi et à une coopération avec le spécialiste assez parfaites pour atténuer la douleur, participer affectivement à la naissance et goûter une relation positive à l\u2019enfant dans la joie de la réalisation maternelle (55).On s\u2019étonne que les Etats-Unis boudent la méthode psychoprophylactique (259).Le Québec ferait mieux d\u2019imiter la France sur ce point.L\u2019étude de l\u2019ouvrage du Dr Chertok devrait attirer l\u2019attention de tous les services obstétricaux de chez nous.Joseph d\u2019Anjou.Suzy Rousset: Conseils d\u2019une psychiatre.Coll.\u201cProblèmes de vie religieuse\u201d.\u2014 Paris, Editions du Cerf, 1966, 263 pp., 22.5 cm.On doit savoir gré aux Editions du Cerf d\u2019avoir recueilli cet ensemble d\u2019études, articles et conférences laissés par le docteur Suzy Rousset, psychiatre, longtemps chargée d\u2019un service dans un hôpital psychiatrique.Le Christ un jour lui avait \u201cbarré la route\u201d, avouait-elle à une amie; elle ne vécut plus ensuite que pour Lui, jusque dans sa profession, une seule chose comptant pour elle: \u201cque chaque être puisse, dans sa condition charnelle d\u2019ici-bas, réaliser au mieux sa vocation à la communion divine\u201d.Les religieuses, entre toutes, profitèrent de ses travaux; l\u2019étude psychologique de leur condition de vie est au cœur de ces pages.Après le rappel des principes de base (notions de psychologie et de psychanalyse, critères de maturité), l\u2019A.décrit la psychophysiologie de la femme puis étudie quel- DÉCEMBRE 1968 ques problèmes de la vie religieuse féminine (examen médical d\u2019entrée, santé et équilibre nerveux dans les noviciats, majorité psychologique et obéissance, aspects psychologiques de la chasteté, motivation, vie communautaire, etc.Ces pages, entre toutes, s\u2019imposent et s\u2019imposeront longtemps aux religieuses et à ceux qui les dirigent, pour leur solidité, leur clarté, leur délicatesse et leur équilibre.Georges Robitaille.Robert Claude et Louis Sarot: Un Caillou dans le soulier.\u2014 Coll.\u2018Adolescent qui es-tu ?\u201d Série \u201cRoman\u201d.\u2014 Tournai, Casterman, 1967, 168 pp., 19 cm.Ce roman, qui s\u2019adresse aux adolescents, véhicule une excellente leçon de foi, d\u2019optimisme et d\u2019énergie.Il est frais comme une source et dégage une impression de pureté à laquelle ne nous ont pas accoutumés trop de romans d\u2019aujourd\u2019hui.C\u2019est le journal d\u2019un jeune garçon de seize ans qui, atteint de poliomyélite, à travers luttes et difficultés, décide de faire quand même sa vie comme tout homme et d\u2019occuper sa place normale parmi les autres.Plus, d\u2019exercer un apostolat auprès de ses frères handicapés et même de se marier.Les thèmes de la souffrance, de la maladie et de la mort sont ici abordés avec franchise, mais ils n\u2019écraseront pas le jeune lecteur qui prendra contact avec ces réalités inéluctables de l\u2019existence.Philippe trouve une raison de vivre dans son amour de Dieu, mais aussi dans des présences humaines qui, elles aussi, le soutiennent et le relancent: son admirable mère, son père original qui, après la mort de sa femme, se rapproche de son fils, ses fidèles amis Jean et Bernard, le professeur Baland, lui-même frappé dans un accident, qui demeurera un maître de réalisme et de courage, enfin, la jeune Ariane, qui découvre à Philippe le grand Amour et que celui-ci épousera, on le prévoit.Il trouve aussi sa vocation dans l\u2019enseignement de jeunes handicapés mentaux.A nos jeunes portés à être blasés, qui se cherchent et remettent tout en question, ce livre sera un tonique et un stimulant.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Jeanne Taillieu: Crises, chimères et révolte de l\u2019adolescence.\u2014 Amiens (25, rue de Mercey), Editions Sodi, 1967, 276 pp.19.5 cm.ON l\u2019a dit: le milieu du XXe siècle est l\u2019époque de l\u2019adolescence, l\u2019époque où la vedette appartient aux adolescents, que ce soit sur la place publique ou sur le campus universitaire.Voici un auteur, une éducatrice, qui analyse le comportement des adolescents un peu à la lumière de sa propre expérience et beaucoup en s\u2019inspirant des travaux des écrivains qui ont abordé et décrit cet âge passionnant: Julien Green, Hervé Bazin, Jean Cocteau, Henri de Montherlant, etc.Tout y passe, tout y est analysé: l\u2019évolution intellectuelle, le désir et le pouvoir, la vie affective, l\u2019affirmation de soi, la vie familiale, la recherche de soi à travers les autres, l\u2019idée et le sentiment de la mort, le déchirement intérieur, etc.L\u2019analyse est bien menée et nous fait parcourir toute la littérature française contemporaine sur le sujet.On aurait souhaité, cependant, qu\u2019après la description des crises, chimères et révolte de l\u2019adolescence, l\u2019A.eût esquissé davantage le traitement positif à apporter à ces maux dont souffrent les adolescents.Richard Arès.Marie Fargues: Le 3e âge.\u2014 Tours, Marne, 1967, 224 pp., 18 cm.Après avoir, durant tant d\u2019années, scruté les mystères de l\u2019enfance, Marie Fargues tourne ses regards vers un autre champ d\u2019observation, à l\u2019autre bout de la vie: la vieillesse ou le troisième âge.Elle en parle avec d\u2019autant plus d\u2019à-propos qu\u2019elle est elle-même parvenue à cette étape décisive.Elle ne s\u2019adresse pas seulement aux vieillards, mais aussi à nous qui voyons venir ces années où il nous faudra vivre dans le détachement, loin du pays de l\u2019action.Marie Fargues, moraliste profond en même temps que solide auteur spirituel, enseigne l\u2019humilité, la pauvreté, la conformité à la volonté de Dieu, la sérénité acquise dans la foi, et elle l\u2019enseigne avec ce sourire qui est son charme.Mais qu\u2019on ne s\u2019y méprenne pas, la pensée est vigoureuse, l\u2019expérience de la vie très lucide.L\u2019A.rappelle aux vieillards qu\u2019aucun moment de leur vie n\u2019est inutile, que Dieu est alors un soutien et un rocher, que le dialogue est encore possible avec les autres générations, que la prière s\u2019adapte aux capacités de l\u2019âge, bref qu\u2019il fait bon vivre aux derniers temps de la vie, malgré les limites de la vieillesse et ses épreuves.Ce livre sera un tonique pour les vieillards, mais nous le conseillons également aux plus jeunes: cela les rendra plus compréhensifs envers ceux qui, avant eux, ont bâti le monde et préparé l\u2019univers actuel.L\u2019ouvrage jouera, croyons-nous, le même rôle bienfaisant que celui de Mgr Baunard au début de ce siècle.Jean-Paul Labelle.Maison Bellarmin.Langue française Fernand Criqui: Mots et Concepts.Lexique permanent.4 fascicules.\u2014 Strasbourg-Meinau, France (30, rue du Maréchal Lefebvre), Editions Panthos, 1967, 27 cm.Chaque fascicule: 2 pages d\u2019index et 26 pages de Lexique.Instrument de conception tout à fait nouvelle et d\u2019une grande richesse, destiné surtout aux écrivains de toutes catégories auxquels il rendra de précieux services.Partant d\u2019un mot clé, le lexique donne tous les substantifs, adjectifs, verbes et locutions qui s\u2019y rapprochent.Par exemple, sous le mot \u201clumière\u201d, plus de deux pleines pages sur trois colonnes développent substantifs, adjectifs, verbes et locutions qui ont de près ou de loin quelque rapport avec ce mot.S\u2019ajoute même une brève chronologie scientifique de la lumière.Nous avions déjà de multiples dictionnaires des idées suggérées par les mots; ce nouveau lexique les dépasse tous par son ampleur et sa richesse.En cours de publication, il comptera en tout une trentaine de fascicules.Richard Arès.Gérard Tougas: La Francophonie en péril.\u2014 Montréal (8955, boul.Saint-Laurent), Le Cercle du Livre de France, 1967, 184 pp., 19.5 cm.Sur le thème qu\u2019annonce le titre de son ouvrage l\u2019A.brode un développement ambigu.On le dirait soucieux de conjurer le péril qui menace la francophonie, sa langue et sa culture; mais on le sent touché d\u2019admiration pour l\u2019efficacité américaine et la séduction qu\u2019elle exerce sur les peuples non communistes.Le lecteur, à la fin, se demande si l\u2019A.a opté pour ou contre la survie française dans le monde; en Afrique surtout, puisque ses observations, conjectures et citations (d\u2019un érotisme qui gâte un essai apparemment sérieux) se rapportent à ce 359 continent partagé entre deux influences étrangères: l\u2019anglo-américaine et la française.Nous savons quel danger la francophonie court au Québec, par la faute de notre peuple et de son \u201célite\u201d.Le livre de l\u2019A.contribuera-t-il à l\u2019atténuer ?J\u2019en doute: on y exprime une pensée trop mal assurée dans une langue qui manque de correction.Joseph d\u2019Anjou.Ernest Richer, S.J.: Syntaxe I.30 questions sur l\u2019analyse du langage articulé.Syntaxe II.L\u2019Analyse syntaxique selon la théorie des lieux linguistiques.Coll.\u201cEssais pour notre temps\u201d, 4 et 5.\u2014 Bruges et Paris, Desclée de Brouwer, 1967, 158 et 163 pp., 21.5 cm.PROFESSEUR DE LINGUISTIQUE STRUCTURALE aux Universités de Montréal et de Sherbrooke, le Père Richer travaille, depuis plusieurs années, à faire connaître sa théorie des lieux linguistiques (voir Relations, 26, (1966) : 27).Il l\u2019a d\u2019abord exposée dans \u201cLieux linguistiques\u201d et latin classique (Montréal, Centre pédagogique des Jésuites canadiens, 1962, 213 pp.), puis dans Français parlé, français écrit (2e éd., coll.\u201cEssais pour notre temps\u201d, 1, Bruges et Paris, Desclée de Brouwer, 1964, 197 pp.) et Grammaire française pour notre temps (coll.\u201cEssais pour notre temps\u201d, 2, Bruges et Paris, Desclée de Brouwer, 1965, 224 pp.).Dans les deux présents volumes, c\u2019est le professeur et pédagogue qui continue de préciser et vulgariser sa théorie.Syntaxe 1 répond à trente questions sur l\u2019analyse du langage articulé; le Père Richer s\u2019efforce d\u2019y définir et répartir l\u2019objet propre de la linguistique qu\u2019il distingue soigneusement de la grammaire.La première partie de Syntaxe II répond, elle aussi, à des questions; elles ont trait, cette fois, à l\u2019analyse syntaxique selon la théorie des lieux linguistiques.La deuxième partie du volume est d\u2019un grand intérêt pédagogique; elle contient vingt spécimens d\u2019analyses syntaxiques effectuées selon la méthode exposée aux pages 145-164 de Français parlé, français écrit.Du sérieux de la théorie du Père Richer témoigne éloquemment l\u2019usage qu\u2019en ont fait Jean-Pierre Béland et Roland Arpin dans la Linguistique et ses applications (Montréal, Centre de Psychologie et de Pédagogie, 1967, pp.14-28).On pourra également lire le judicieux compte rendu de Michèle Lavoie dans Prospectives (vol.3, no 6, déc.1967, pp.416-417).René Dionne.Etudes de linguistique franco-canadienne.Communications présentées au XXXIVe Congrès de l\u2019ACFAS (Québec, novembre 1966) et publiées par Jean-Denis Gen-dron et Georges Straka.Bibliothèque française et romane (Centre de Philologie et de Littératures romanes de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Strasbourg).SERIE E: Langue et littérature françaises au Canada, no 3.\u2014 Paris, Klincksieck; Québec, Presses Univ.Laval, 1967, 175 pp., 23 cm.Intéressante collection de 9 communications présentées au XXXIVe Congrès de l\u2019ACFAS, à Québec, en 1966.Textes plutôt concis, mais très au point.Il sera toujours utile de relire l\u2019étude historique de \u201cl\u2019anglicisme au Canada français\u201d de Gaston Du-long: on y voit l'influence de la population anglophone dans les grandes villes, l\u2019apport des vagues d\u2019immigrants, les conséquences de la mainmise anglophone sur le commerce, la contamination par l\u2019anglais de la langue 360 de l\u2019administration et de l\u2019industrie, et jusqu\u2019à l\u2019influence de l\u2019anglais sur la toponymie du Québec; enfin, \u201cdevenue de droit colonie anglaise par le traité de Paris en 1763, l\u2019ancienne province française de la Nouvelle-France, le Canada français, a bien failli subir le sort des anciennes colonies espagnoles, françaises et anglaises, c\u2019est-à-dire, voir sa langue supplantée par celle de la nouvelle métropole.\u201d (p.14) Quatre communications traitent de phonétique canadienne-française: \u201cLe phonétisme du français canadien du Québec, face à l\u2019adstrat anglo-américain\u201d, par Jean-Denis Gendron; \u201cLe test phonétique pour l\u2019audio-métrie vocale au Canada français\u201d, par l\u2019abbé René Charbonneau; \u201ch et r en patois normand et en français canadien\u201d, par Pierre-R.Léon; \u201cè et j en saintongeais et en français canadien\u201d, par Jean-G.Chidaine.A côté de cela, Marcel Boudreault présente \u201cRythme et mélodie: étude instrumentale comparative entre sujets québécois et français\u201d et Gilles Lavoie, pour sa part, nous offre une \u201canalyse rythmique de \u2018Visions du soirs\u2019, poème en prose de F.-A.Savard.\u201d Pour compléter, Ls-Edmond Hamelin tente un quadruple classement des noms de lieux du Canada, selon 12 catégories génétiques, 5 cadres linguistiques, 6 groupes spatiaux et un certain nombre de classes chronologiques.Et Henri Dorion demande: \u201cDoit-on franciser les noms de lieux du Québec ?\u201d, pour répondre oui, et proposer deux manières de le faire.Toutes ces communications, choisies parmi tant d\u2019autres, se groupent donc autour de problèmes concernant le français parlé chez-nous et leur publication dans la Bibliothèque française et romane de Strasbourg pourra certainement rendre service à plus d\u2019un chercheur.Ernest Richer.Collège Jean-de-Brébeuf, Montréal.Littérature canadienne René Chicoine: Un homme, rue Baubien.Roman.Montréal, le Cercle du Livre de France, 1967, 223 pp., 20 cm.Jean Danou, jeune architecte montréalais, revient chez lui un soir d\u2019hiver lorsque des appels à l\u2019aide le font se précipiter chez ses voisins, les Laudry, pour y éteindre un début d\u2019incendie.Il rencontre là une jeune fille dont les yeux tristes le fascinent depuis une rencontre faite par hasard dans la rue, quelque temps auparavant.Le lendemain, le journal apprend à Danou le meurtre d\u2019un certain Joseph Bravin.Cet homme était le mari de Françoise Laudry, la femme aux \u201cyeux tristes\u201d; les époux vivant séparés depuis assez longtemps, la femme avait repris son nom de jeune fille.Poussé par un intérêt croissant pour cette mystérieuse voisine, Jean Danou se lance lui-même à la recherche du meurtrier de Joseph Bravin.Il se rappelle d\u2019ailleurs avoir croisé un inconnu près du domicile des Laudry le soir de l\u2019incendie.Au cours de son enquête, qui dure près d\u2019une semaine, le jeune architecte fait la connaissance de nombreux et pittoresques personnages: Bidou Ménard, ancien condisciple, brutal et sans scrupules; Ti-Loup Boulai, curieux mélange de bonté et de fourberie; Parenteau, détective, très humain, vieil ami de Jean; Rodolphe Maranda, élégant chef d\u2019un réseau de cambrioleurs; le père de Françoise, âgée et aveugle, etc .Grâce à son imagination et grâce, en partie, à son métier, Jean finit par aboutir à la conclusion que le meurtre a eu lieu au logis même des Laudry.Françoise, plus mystérieuse que jamais aux yeux du jeune célibataire, confirme cette intuition par le récit qu\u2019elle lui fait.Ce que Jean Danou a avant tout découvert pendant les huit jours qu\u2019à duré son enquête, bien plus que la clé d\u2019une énigme policière, ce sont les hommes et les femmes qui vivaient et souffraient autour de lui sans qu'il s\u2019en rende compte.Le déroulement de l\u2019intrigue, un vrai suspense, fait sortir Jean Danou de sa tour d\u2019ivoire et lui apprend à rechercher désormais chez ceux et celles qu\u2019il rencontre la personnalité riche qui se cache parfois sous des apparences extérieures trompeuses.Cet intérêt porté à l\u2019humanité en ce qu\u2019elle a de plus complexe, la coexistence du bien et du mal en chacun des hommes, donne au roman de René Chicoine une authentique valeur littéraire.Jean Hardy.1855 est, rue Rachel, Montréal 34.Yvette Naubert: Contes de la solitude.\u2014 Montréal, le Cercle du Livre de France, 1967, 149 pp., 20.5 cm.Ces quinze récits ont tous la solitude pour thème; dans aucun d\u2019entre eux cependant, elle n\u2019est exactement la même.Il y a celle, méchante, de la belle-mère (\u201cC\u2019est ce soir qu\u2019il revient\u201d); celle, pénible, d\u2019une toute petite fille qui vient de commettre son premier péché charnel (\u201cLe Péché d\u2019Hélène\u201d); ceLe, émouvante, de \u201cla Vieille Emi-grée\u201d; etc.Dans plusieurs de ces contes perce un certain sadisme (v.g.\u201cC\u2019est ce soir qu\u2019il revient\u201d; \u201cL\u2019Assassin insensé devant une glace\u201d); dans d\u2019autres, le narcissisme (v.g.\u201cLe Dîner\u201d).Yvet.e Naubert manie assez bien l\u2019humour noir (v.g.\u201cVa te coucher, Walter\u201d).Elle connaît la psychoogie de l\u2019enfance (\u201cLa Mort de Pierrot\u201d) et de l\u2019adolescence (\u201cLes Garçons\u201d).Les mécanismes du rêve ne lui échappent pas non plus (\u201cRêves\u201d); malheureusement, son écriture en recrée souvent bien mal le climat (\u201cL\u2019Homme à la valise\u201d).On peut être obsédé de bien des façons (\u201cSur une plage anglaise\u201d; \u201cLa Porte fermée\u201d; \u201cLa Montagne déplacée\u201d), et il arrive qu\u2019un mari cocu (\u201cL\u2019Homme qui regardait couler la Seine\u201d) et une femme qui s\u2019ennuie (\u201cUn matin de printemps\u201d) recourent au suicide.Tout cela, et bien d\u2019autres choses encore, Yvette Naubert le sait, ou le connaît, parce qu\u2019elle a observé les gens et qu\u2019elle a le don de voir.Elle n\u2019a pas, pour autant, celui de raconter.Elle décrit sans illustrer assez.Ce n\u2019est pas que les mots manquent; ils sont même trop nombreux, car il en faut beaucoup à Yvette Naubert pour nous montrer ce qu\u2019elle a vu.On dirait que sa plume n\u2019arrive pas à cerner les images.Celles-ci ne naissent ni spontanément ni naturellement; Yvette Naubert les fabrique, et elles en gardent un petit air compassé.Il manque à Yvette Naubert un grand souffle d\u2019inspiration; elle ne sait pas avaler l\u2019air goulûment, à grandes bouffées.Sa respiration est mesurée, stylée, maîtrisée; elle n\u2019est jamais laissée à la saine et bienheureuse arythmie de la vie.La solitude est pétrifiante, je veux bien l\u2019admettre, et avec des pierres artistement travaillées on peut construire un beau musée.Il se trouve d\u2019ai.leurs que celui d\u2019Yvette Naubert n\u2019est point laid.Mais comme j\u2019aurais souhaité qu\u2019il s\u2019animât tout à coup ! Cela arrivera-t-il dans le prochain volume d\u2019Yvette Naubert ?Je le souhaite, et le dernier de ces contes peut en donner le pressentiment: une petite fille aux jambes paralysées se met à marcher miraculeusement de par la foi qu\u2019elle a en son idole.Or, Yvette Naubert croit en l\u2019acte d\u2019écrire.René Dionne.RELATIONS NOTES BIBLIOGRAPHIQUES François Gagnon et Jean-Yves Desjardins: Ton sexe et l\u2019autre.\u2014 Montréal (1130 est, de La Gauchetière), Sextant, l\u2019Atelier de Sexologie, Agence de Distribution populaire, 1968, 28 pp.Texte du disque et du message aux enfants de 10 à 12 ans sur la connaissance de leur sexe.En dépit de quelques conseils opportuns, ce message, foncièrement naturaliste et sans aucune ouverture sur le spirituel, ne peut convenir à de jeunes chrétiens, surtout quand il invite les enfants à imiter dans leurs jeux les gestes sexuels de leurs parents.Aussi ne pouvons-nous le recommander ici.\u2022 Marie-Claire Monchaux: La vérité sur les bébés.\u2014 Paris (122, bd Saint-Germain), Editions Magnard, 1968, 95 pp.Pour aider les mamans à initier leurs enfants jusqu\u2019à 10-12 ans.Excellent, quoiqu\u2019il n\u2019y ait aucune référence religieuse.Etablit une fois de plus qu\u2019il revient à la maman de dire ces choses avec le tact qui convient.L\u2019information sexuelle est donnée du même coup mais dans la grande lumière de la vie à susciter qui l\u2019éclaire, sans rien d\u2019une appréciation surfaite du plaisir.\u2022 M.Bélair, G.David et A.Desjardins: Avant la violence ou la Révolution de Mai comme préliminaire ?\u2014 Montréal (369 ouest, avenue Laurier), Editions Leméac, 1968, 60 pp.Manifeste étudiant pour \u201cune restructuration totale de l\u2019Université\u201d.La plus grande partie de ce Manifeste porte sur la structure actuelle des cours, la participation étudiante à l\u2019administration et la création de différents organes de participation.Conclusion des auteurs: \u201cTout est encore à faire .avant la violence.\u201d Relations industrielles, juillet 1968, \u201cLa langue de travail dans l\u2019industrie au Québec\u201d, Québec (C.P.2447), Les Presses de l\u2019Université Laval.Une douzaine d\u2019articles et de textes sur une question de grande actualité: quelle est et quelle doit être la langue de travail dans l\u2019industrie au Québec ?Excellent dossier à conserver et à consulter.\u2022 Almanach Moderne \u201cEclair\u201d 1969.\u2014 Ville d\u2019Anjou (8320, Place de Lorraine), les Editions Eclair, 1968, 576 pp.Contient un nombre incalculable de renseignements en toutes matières, principalement sur le Canada.Almanach du Peuple Beauchemin 1969.\u2014 Montréal (450, avenue Beaumont), Editions Beauchemin, 1968, 480 pp.Edition du 100e anniversaire d\u2019un almanach très populaire dans le milieu canadien-français.Mots croisés bi-glotte.\u2014 Tic-Tac-To bi-glotte.\u2014 Québec (C.P.1797), Editions Bi-Glotte, 1968, 26 et 16 pp.Edition bilingue de mots croisés et de Tic-Tac-To.Réception de M.Fernand Ouellette et M.Marcel Trudel à la Société royale du Canada.\u2014 Ottawa, 1968, 112 pp.Cinq allocutions dans ce livre: celle de M.Gérard Parizeau sur Pierre-O.Chauveau, et celles des récipiendaires et de leurs parrains: MM.Fernand Ouellett, Marcel Trudel, Louis-Edmond Hamelin, Jean-Charles Bo-nenfant.René-Salvator Catta: Comment vaincre la gêne et la timidité.\u2014 Montréal (1130 est, rue de La Gauchetière), Editions de l\u2019Homme, 1968, 140 pp.Conseils par un homme d\u2019expérience sur la manière de vaincre la gêne, tout particulièrement quand il s\u2019agit de parler en public et de s\u2019exprimer avec gestes.Jean-Louis Morgan: L\u2019anglais par la méthode choc.\u2014 Montréal (1130 est, rue de La Gauchetière), Editions de l\u2019homme, 1968, 160 pp.Ouvrage qui s\u2019adresse spécialement aux personnes qui ne peuvent consacrer à l\u2019étude de l\u2019anglais que quelques minutes par jour et qui désirent être en mesure de \u201cse débrouiller\u201d dans leurs relations quotidiennes avec les anglophones.\u2022 Scholarship in Canada, 1967: Achievement and Outlook.Edited by R.H.Hubbard.\u2014 Toronto, University of Toronto Press, 1968, 104 pp.Travaux présentés au symposium organisé par la Société royale du Canada sur l\u2019état actuel du savoir dans les humanités et les sciences sociales.A lire, en particulier, les études sur l\u2019histoire, l\u2019économique, la science politique et la religion.En collaboration: Notre Père qui es aux cieux.\u2014 Paris (29, bd Latour-Maubourg), Editions du Cerf, 1968, 118 pp.Etude sur l\u2019oraison dominicale, ses origines, son sens profond et sa nouvelle version française qui a permis aux catholiques et aux protestants de dire ensemble les mêmes mots.Marcel DubÉ: Bilan.Coll.\u201cThéâtre Canadien\u201d.\u2014 Montréal, Editions Leméac.1968, 188 pp.Texte de la pièce du même nom que notre chroniqueur théâtral, le P.Georges-Henri d\u2019Auteuil, a déjà analysée dans Relations de novembre 1968, p.324.Ce volume contient, en outre, une présentation d\u2019Yves Dubé, puis \u201cLe Mot\u201d d\u2019Albert Miliaire et de Marcel Dubé lui-même.En collaboration : Le Centre des Dirigeants d\u2019Entreprise et l\u2019Education des Adultes.\u2014 Montréal (506 est, rue Ste-Catherine), L\u2019Institut Canadien d\u2019Education des Adultes, 1968, 186 pp.Divers chapitres sur les activités du Centre des Dirigeants d\u2019Entreprise dans le champ de l\u2019éducation des adultes, des dirigeants d\u2019entreprise, du personnel de cadre.Suit une description des activités régionales et des activités de consultation et de représentation du C.D.E.Pierre Talec: Le signe de la foi.\u2014 Paris (27, rue Jacob), Editions du Seuil, 1968, 126 pp.Excellent essai sur le baptême.Empruntant la triple voie de la théologie, de la spiritualité et de la pastorale, l\u2019A.réfléchit sur le sens fondamental du baptême et indique la meilleure manière de le conférer avec fruit aux enfants.Vient de paraître L'URBANISATION DE LA SOCIÉTÉ CANADIENNE-FRANÇAISE Marc-André Lessard et Jean-Paul Montminy, édit.Cet ouvrage réunit les textes des communications du quatrième colloque de la revue Recherches sociographiques et du département de Sociologie et d\u2019Anthropologie de l\u2019Université Laval tenu à Québec du 22 au 24 février 1968.Dans notre société comme ailleurs, le phénomène de l\u2019urbanisation est à la fois le point de convergence et la cause des p\u2019us profondes transformations technologiques et sociales.Les auteurs de cet ouvrage étudient ce phénomène selon les perspectives du géographe, du démographe, de l\u2019économiste, du politicologue et du sociologue.7 x 1 0 V2, 216 pages, broché, $4.00 En vente chez votre libraire ou chez l\u2019éditeur LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL C.P.2447, Québec 2, (Qué.) DÉCEMBRE 1968 361 28e année Montréal 1968 RELATIONS TABLE DE L'ANNÉE 1968 (numéros 323-333) I.- AUTEURS D'ARTICLES ARES, R.\u2014 Québec ou Canada français ?: 8.\u2014\tLa prochaine conférence fédérale-provinciale: 36.\u2014\tLa colossale entreprise de rebâtir un Canada à deux: 72.\u2014\tAndré Laurendeau et la Commission B.B.: 210.\u2014\tUn prophète de l\u2019Eglise des pauvres, le P.Paul Gauthier: 270.AUCOIN, L.\u2014 Dieu, l\u2019Eglise et le couple: 320.BEAUBIEN, I.\u2014 235 Eglises \u2014 Upsal: 239.BOUCHARD, A.\u2014 « Persona » : Quand le visage supplée à la parole: 18.BOUCHARD, J.\u2014 Message à l\u2019Afrique: 13.BOURGAULT, R.\u2014 Je vous précéderai en Galilée: 148.\u2014\tUne expérience d\u2019enseignement de la religion en douzième année: 188.BROPHY, L.\u2014 Chateaubriand, cette nature riche et forte: 253.CAMPBELL, C.\u2014 L\u2019avilissement de la femme: 14.\u2014\tBâtir au foyer des âmes fortes: 77.\u2014\tPour une mère, aimer, c\u2019est se cultiver: 145.\u2014\tUne étape à bien conduire, entre la première enfance et l\u2019adolescence: 186.\u2014\tL\u2019adolescence: 315.\u2014\tL\u2019adolescent dans un foyer authentique: 343.CHAMPAGNE, R.\u2014 Quand passe l\u2019oiseau de Minerve: 49.d\u2019ANJOU, J.\u2014 Au service du français: 45, 125, 151, 227, 289, 323, 347.d\u2019APOLLONIA, L.\u2014 Un laïc théologien: Frank Sheed: 42.\u2014\tEn souvenir de Gandhi: 79.\u2014\tMartin Luther King: 138.\u2014\tL\u2019inquiétude de Paul VI: 176.\u2014\tRequiem pour Robert Kennedy: 216.\u2014\tVicaire du Christ: 242.d\u2019AUTEUIL, G.-H.\u2014 Le théâtre: 19, 47, 87, 122, 158, 190, 224, 286, 324, 353.DIONNE, R.\u2014 Avons-nous une littérature ?: 81.\u2014\t« La guerre, yes sir ! »: 279.DORAIS, F.\u2014 Les CEGEP après un an: 212.\u2014\tNotes conjointes sur Péguy et Bremond: 288.¦\u2014 Nos CEGEP à l\u2019heure de l\u2019occupation: 312.DURAND, G.\u2014 Le mariage civil: 112.FORTIN, P.\u2014 Méditation (Chron.): 24, 53, 89, 162, 195, 204, 264, 300.GERVAIS, E.\u2014 De bons moments à la T.V.: 126.\u2014\t« Un train passe »: 157.\u2014\tUn chrétien, Miville Couture: 192.\u2014\tDébut de saison à la T.V.: 321.HARVEY, J.\u2014 L\u2019homme d\u2019ici et le salut offert: 154.\u2014\tNos évêques et la vie humaine: 309.HEBERT, G.\u2014 Les unités de négociation et le C.C.R.O.: 7.\u2014\tPour un Conseil supérieur du travail rénové: 74.\u2014\tLes syndicats de cadres, I, Il : 117, 140.\u2014\tLes options nécessaires du syndicalisme: 181.LABARRE, P.\u2014 Méditation (Chron.) : 120, 342.LAPOINTE, G.\u2014 « Les Soleils des Indépendances»: 351.LEDIT, J.\u2014 Le Saint-Siège et la guerre de 1939-45: 256.LEGAULT, P.\u2014 « Messes rythmées »: 349.MARCOTTE, M.\u2014 Vers une nouvelle loi du divorce: 2.\u2014\tL\u2019avortement, la morale et la loi: 30.\u2014\tL\u2019Episcopat, les catholiques et l\u2019avortement: 66.\u2014\tCatholiques et non-catholiques devant l\u2019avortement: 106.\u2014\tLes expériences sexuelles précoces: 178.\u2014\tLes expériences prémaritales face à l\u2019amour: 206.\u2014\tL\u2019encyclique « Humanæ Vitæ » et l\u2019obéissance catholique: 245.\u2014\tLa pastorale de la fécondité au lendemain de l\u2019encyclique « Humanæ Vitæ »: 272.\u2014\tL\u2019encyclique « Humanæ Vitæ » et la paternité responsable: 303.\u2014\tL\u2019encyclique « Humanæ Vitæ » et la liberté de conscience: 335.MARIE-NOELLE, Sœur \u2014 Conférence internationale de chrétiens et de Juifs: 318.MASSE, M.\u2014 Le Québec et le grave problème de l\u2019immigration: 39.PARENTEAU, A.\u2014 Les raisons de vivre profondes du Frère enseignant: 3.PLANTE, A.\u2014 Le regroupement de nos commissions scolaires: 11.POTVIN, F.\u2014 Conscience chrétienne et pauvreté: 221.\u2014\tLes élections scolaires à Saint-Léonard: 226.ROBITAILLE, G.\u2014 Un livre discuté et discutable: 156.\u2014\tUn défenseur résolu du célibat sacerdotal: Karl Rahner: 218.ROULEAU, J.-P.\u2014 Un congrès sans précédent: celui des religieuses de Montréal: 121.SAINT-ARNAUD, Y.\u2014 Quelques prérequis au dialogue pastoral dans un monde sécularisé: 152.SHEED, F.J.\u2014 La crise de la foi chez les jeunes: 43.TREMBLAY, R.\u2014 Les prêtres aujourd\u2019hui doivent travailler en équipe: 103.VALIQUETTE, S.\u2014 Les Eglises du Canada en quête d\u2019unité chrétienne: 16.II.- MATIÈRES Articles, Au fil du mois, Éditoriaux (Édit.), Commentaires (Comm.), Correspondance (Corr.), Documents (Doc.).ABUS DES MOTS.\u2014 De l\u2019inflation et de 1\u2019\u2014 (Edit.) : 333 ADOLESCENCE.\u2014 Une étape à bien conduire, entre la première enfance et P\u2014, C.C.: 186.___ L>_ q Q - 315, ADOLESCENT.\u2014 L\u2019\u2014 dans un foyer authentique, C C : 343.AFRIQUE.\u2014 Message à P\u2014, J.B.: 13.AMES FORTES.\u2014 Bâtir au foyer des \u2014, C.C.: 77.AMOUR.\u2014 V.Expériences prémaritales, Expériences sexuelles, Mère.ANTITRIOMPHALISME.\u2014 Le complexe d\u2019\u2014 (Comm.), J.D.: 325.AVORTEMENT.\u2014 L\u2019\u2014, la morale et la loi, M.M.: 30.\u2014\tL\u2019\u2014 (Corr.), C.C.: 53.\u2014\tL\u2019Episcopat, les catholiques et 1\u2019\u2014, M.M.: 66.\u2014\tL\u2019\u2014, la morale et la foi (Corr.), G.G.: 85.\u2014\tCatholiques et non-catholiques devant 1\u2019\u2014, M.M.: 106.BIAFRA.\u2014 Tragédie au \u2014 (Edit.) : 238.\u2014\tLe\u2014-sacrifié (Edit.): 301.BOGOTA.-, centre de ralliement au Pape, J.G.: 284.\u2014\tParoles de Paul VI à \u2014 (Doc.) : 290.BREMOND.\u2014 Notes conjointes sur Péguy et \u2014, F.D.: 288.CANADA.\u2014 La colossale entreprise de rebâtir un \u2014 à deux, R.A.: 72.\u2014\tV.Fédéralisme.CANADA FRANÇAIS.\u2014 V.Canadiens français, Québec.CANADIENS FRANÇAIS.\u2014 V.Laurendeau (André), Manitoba, Québec, Trudeau, Fédéralisme.CARDINAL LEGER.\u2014 V.Dieu.CARDINAL ROY.\u2014 Le \u2014 et l\u2019Encyclique (Hum.Vitæ) (Doc.) : 259.C.C.R.O.\u2014 V.Unités de négociation.CEGEP.\u2014\u2022 Les \u2014 après un an, F.D.: 212.\u2014\tNos \u2014- à l\u2019heure de l\u2019occupation, F.D.: 312.CELIBAT SACERDOTAL.\u2014 V.Evêques américains, Rahner (Karl).CHATEAUBRIAND.\u2014 \u2014, cette nature riche et forte, L.B.: 253.CHRETIENS.\u2014 Sommes-nous encore \u2014 ?(Edit.) : 269.\u2014\tConférence internationale de \u2014 et de Juifs, Sr M.-N.: 318.CHRISTIANISME.-\u2014 Le \u2014 et les religions humaines (Comm.), H.de L.: 163.\u2014\tV.Antitriomphalisme, Chrétiens, Dialogue pastoral, Salut.CINEMA.\u2014 V.« Persona ».COMITES DE CITOYENS.\u2014 V.Conférence sur la pauvreté.COMMISSION B.B.\u2014 V.Laurendeau (André), Québec.COMMISSIONS SCOLAIRES.\u2014 Le regroupement de nos \u2014, A.P.: 11.CONFERENCE CONSTITUTIONNELLE.\u2014 V.Canada.CONFERENCE FEDERALE-PROVINCIALE.\u2014 La prochaine \u2014, R.A.: 36.CONFERENCE SUR LA PAUVRETE.\u2014 Les comités de citoyens et la \u2014 (Edit.) : 175.CONGRES DE PASTORALE.\u2014 Un \u2014, L.D.: 22.\u2014.\tJeunes.CONGRES EUCHARISTIQUE INTERNATIONAL.\u2014 V.Bogota.CONGRES INTER AMERICAIN DE PHILOSOPHIE.\u2014 V.Oiseau de Minerve.CONSCIENCE.\u2014 L\u2019encyclique «Humanæ Vitæ» et la liberté de \u2014, M.M.: 335.CONSEIL ECONOMIQUE DU CANADA.\u2014 V.Croissance.CONSEIL ŒCUMENIQUE DES EGLISES.\u2014 V.Upsal.CONSEIL SUPERIEUR DU TRAVAIL.\u2014 Pour un \u2014 rénové, G.H.: 74.CONTESTATION.\u2014 V.Foi.COUPLE.\u2014 Dieu, l\u2019Eglise et le \u2014 (Hum.Vitæ), L.A.: 320.COUTURE (MIVILLE).\u2014 Un chrétien, \u2014, E.G.: 192.CROISSANCE.\u2014 La \u2014, remède à la pauvreté ?F.P.: 285.DEVELOPPEMENT.\u2014 Nos évêques, le \u2014 et la paix (Edit.) : 102.DIALOGUE PASTORAL.\u2014 Quelques prérequis au \u2014 dans un monde sécularisé, Y.S.-A.: 152.\u2014\tV.Salut.DIEU.\u2014 «Cette certitude que \u2014 existe» (Edit.): 1.\u2014\tV.Couple.362 RELATIONS DIVORCE.\u2014 Vers une nouvelle loi du \u2014, M.M.: 2.\u2014\tLes Eglises et le \u2014 (Comm.) : 23.EDUCATION.\u2014 V.Enfance.EDUCATION CHRETIENNE.\u2014 Pour une \u2014 au Québec (Edit.) : 101.EGLISE.\u2014 « L\u2019\u2014 en nos jours » (Edit.) : 29.\u2014\tL\u2019\u2014 reverdit, G.R.: 283.\u2014\tV.Couple, Divorce, Gauthier (P.Paul), Livre, Prêtre, Unité chrétienne, Upsal.ENFANCE.\u2014 Une étape à bien conduire, entre la première \u2014 et l\u2019adolescence, C.C.: 186.ENSEIGNANTS.\u2014 La présence des journalistes aux négociations des \u2014, G.H.: 194.EQUIPE.\u2014 V.Prêtres.EVEQUES.\u2014 Nos \u2014 et la vie humaine (Hum.Vitœ), J.H.: 309.\u2014\tV.Développement.EVEQUES ALLEMANDS.\u2014 Les \u2014 et l\u2019annonce de la foi (Doc.) : 90.EVEQUES AMERICAINS.\u2014 Les \u2014 et le célibat sacerdotal (Doc.): 89.EXPERIENCE D\u2019ENSEIGNEMENT.\u2014 Une \u2014 de la religion en douzième année, R.B.: 188.EXPERIENCES PREMARITALES.\u2014 Les \u2014 face à l\u2019amour, M.M.: 206.EXPERIENCES SEXUELLES.\u2014 Les \u2014 précoces, M.M.: 178.FEDERALISME.\u2014 Le Québec, le \u2014 et les relations internationales (Edit.): 173.\u2014\tV.Trudeau.FEDERALISME COOPERATIF.\u2014 La mort du \u2014 (Edit.): 334.FEMME.\u2014 L\u2019avilissement de la \u2014, C.C.: 14.\u2014\tSur les femmes-femmes et leurs débordements (Corn), L.M.: 52.\u2014\t« Femmes-femmes », « femmes ordinaires », femmes journalistes et femmes, tout simplement (Corn), M.-M.H.et F.-H.T.: 85.FOI.-et théologie (Edit.) : 1.\u2014\tDes revues parlent de la \u2014, R.A.: 86.\u2014\t«L\u2019âge de la \u2014 coûteuse commence» (Edit.): 175.\t' \u2014\tDevant l\u2019Encyclique: de la contestation à la \u2014 (Hum.Vitœ) (Edit.): 237.\u2014\tV.Dialogue pastoral, Evêques allemands, Jeunes, Mythes, Religion, « Un train passe ».FRANÇAIS (Au service du), J.d\u2019A.: \u2014\tNous-mêmes et par nous-mêmes: 45.\u2014\tNi faute vivante ni correction morte: 125.\u2014\tIl nous suffit de le vouloir: 151.\u2014\tUn outil de qualité: 227.\u2014\tDeux témoignages: 289.\u2014\tProgrès ou régression ?: 323.\u2014\tPouvons-nous encore espérer ?: 347.FRERE ENSEIGNANT.\u2014 Les raisons de vivre profondes du \u2014, A.P.: 3.GANDHI.\u2014 En souvenir de \u2014, L.d\u2019A.: 79.GAUTHIER (P.PAUL).\u2014 Un prophète de l\u2019Eglise des pauvres, le \u2014, R.A.: 270.GUERRE.\u2014 Le Saint-Siège et la \u2014 de 1939-45 J.L.: 256.\u2014\t« La \u2014, yes sir ! », R.D.: 279.HUMANÆ V1TÆ.\u2014 L\u2019encyclique « \u2014 » et l\u2019obéissance catholique, M.M.: 245.La pastorale de la fécondité au lendemain de 1 encyclique « \u2014 », M.M.: 272.L\u2019encyclique « \u2014 » et la paternité responsable, M.M.: 303.L\u2019encyclique « \u2014 » et la liberté de conscience, M.M.: Y', Cardinal Roy, Couple, Evêques, Foi, Mère, Témoignage.IMMIGRATION.\u2014 Le Québec et le grave problème de 1\u2019\u2014, M.Masse: 39.INFLATION.\u2014 De 1\u2019\u2014 et de l\u2019abus des mots (Edit.) : 333.INSTITUTIONS CHRETIENNES.\u2014 Pour les \u2014 (Comm.), J.D.: 51.JEANNE-MANCE.\u2014 Hommage franco-canadien à \u2014, E.G.: 193.JEUNES.\u2014 Une enquête auprès des \u2014, L.D.: 22.\u2014\tLa crise de la foi chez les \u2014, F.J.S.: 43.\u2014\tV.Ames fortes.JOHNSON (DANIEL).\u2014 Le Québec après \u2014 (Edit.): 302.JUIFS.-de langue française au Québec, R.A.: 193.\u2014\tConférence internationale de chrétiens et de \u2014, Sr M.-N.: 318.KENNEDY (ROBERT).\u2014 Requiem pour \u2014, L.d\u2019A.: 216.KING (MARTIN LUTHER).-, L.d\u2019A.: 138.\u2014\tL\u2019héritier de \u2014, L.d\u2019A.: 193.LARAMEE (ARTHUR).\u2014 Le juge \u2014, J.P.: 161.LAURENDEAU (ANDRE).-et la Commission B.B.R.A.: 210.LIBERTE DE CONSCIENCE.\u2014 V.Conscience.LITTERATURE.\u2014 Avons-nous une \u2014 ?R.D.: 81.LITURGIE.\u2014 L\u2019Eglise reverdit, G.R.: 283.LIVRE.\u2014 Le \u2014 du mois ?G.R.: 86.\u2014\tUn \u2014 discuté et discutable, G.R.: 156.MANITOBA.\u2014 « L\u2019hémorragie de la vie française au \u2014 », R.A.: 162.MARIAGE CIVIL.\u2014 Le \u2014, G.D.: 112.MEDITATION.\u2014 Avant la prochaine année, P.F.: 24.\u2014\tDu cœur et des yeux, P.F.: 53.\u2014\tSes mystères et les nôtres, P.F.: 89.\u2014\tLa gloire de Pâques, P.L.: 120.\u2014\tAlléluias de mai, P.F.: 162.\u2014\tLe cinquantième jour, P.F.: 195.\u2014\tNoël, P.L.: 342.\u2014\tNotre-Dame des Autres, P.F.: 204.\u2014\tUn fardeau, une épaule ., P.F.: 264.\u2014\tCe jour qui reviendra, P.F.: 300.MERE.\u2014 Pour une \u2014, aimer, c\u2019est se cultiver, C.C.: 145.\u2014\tImpressions d\u2019une \u2014 de famille (Hum.Vitœ) (Comm.), C.C.: 252.« MESSES RYTHMEES ».-.P.L.: 349.MINISTERE DU TRAVAIL.\u2014 Au \u2014 (Edit.): 103.MYTHES.\u2014 La foi et les \u2014 (Comm.) : 23.NEGOCIATIONS.\u2014 La présence des journalistes aux \u2014 des enseignants, G.H.: 194.OBEISSANCE.\u2014 L\u2019encyclique « Humanæ Vitæ » et 1\u2019\u2014 catholique, M.M.: 245.OCCUPATION.\u2014 V.CEGEP.OISEAU DE MINERVE.\u2014 Quand passe 1\u2019\u2014, R.C.: 49.PAIX.\u2014 V.Développement.PAPE.\u2014 V.Bogota, Vicaire du Christ.PASTORALE.\u2014 V.Humanæ Vitœ.PATERNITE.\u2014 V.Humanæ Vitœ.PAUL VI.\u2014 L\u2019inquiétude de \u2014, L.d\u2019A.: 176.\u2014\tV.Bogota.PAUVRETE.\u2014 Conscience chrétienne et \u2014, F.P.: 221.\u2014\tV.Conférence sur la pauvreté, Croissance, Gauthier (P.Paul).PAVILLON CHRETIEN.\u2014 Le \u2014 1968, J.-P.L.: 258.\u2014\tV.Unité chrétienne.PEGUY.\u2014 Notes conjointes sur \u2014 et Bremond, F.D.: 288.« PERSONA ».-: Quand le visage supplée à la parole (Cinéma), A.B.: 18.PHILOSOPHIE.\u2014 V.Oiseau de Minerve.PRETRE.\u2014 Les \u2014 aujourd\u2019hui doivent travailler en équipe, R.T.: 103.\u2014\tLe \u2014, l\u2019Eglise et la civilisation (Comm.), J.D.: 128.\u2014\tJe vous précéderai en Galilée, R.B.: 148.\u2014\tHeureux d\u2019être \u2014, R.A.: 259.\u2014\tDes \u2014 .au 34e de la Bourse, A.B.: 282.QUEBEC.-ou Canada français ?R.A.: 8.\u2014\tCorrespondance, L.C.: 24.\u2014\tV.Education chrétienne, Fédéralisme, Immigration, Johnson (Daniel), Juifs, Littérature.RAHNER (KARL).\u2014 Un défenseur résolu du célibat sacerdotal: \u2014, G.R.: 218.RELIGIEUSES DE MONTREAL.\u2014 Un congrès sans précédent: celui des \u2014, J.-P.R.: 121.RELIGION.\u2014 V.Christianisme, Expérience d\u2019enseignement, Foi.RELATIONS INTERNATIONALES.\u2014 V.Fédéralisme.SAINT-LEONARD.\u2014 Les élections scolaires à \u2014, F.\tP.: 226.SAINT-SIEGE.\u2014 V.Guerre.SALUT.\u2014 L\u2019homme d\u2019ici et le \u2014 offert, J.H.: 154.SERVICE DE CONSULTATION MORALE.\u2014 Des prêtres .au 34e de la Bourse, A.B.: 282.SHEED (FRANK).\u2014 Un laïc théologien: \u2014, L.\td\u2019A.: 42.« SOLEILS DES INDEPENDANCES ».\u2014 Les \u2014, G.\tL.: 351.SYNDICALISME.\u2014 Les options nécessaires du \u2014, G.H.: 181.SYNDICATS DE CADRES.\u2014 Les \u2014, G.H., I, Il : 117, 140.TEMOIGNAGE.\u2014 \u2014 (Hum.Vitœ) (Comm.), M.\t-M.G.: 253.TERRE DES HOMMES.-(Edit.) : 176.\u2014\tDu nouveau fidèle à l\u2019ancien, G.R.: 258.\u2014\tV.Pavillon chrétien.THEOLOGIE.\u2014 V.Foi.TRUDEAU.\u2014 M.\u2014, le fédéralisme et les Canadiens français (Edit.): 137.\u2014\tV.Victoire libérale.T.V.\u2014 De bons moments à la \u2014, E.G.: 126.\u2014\tDébut de saison à la \u2014, E.G.: 321.UNITE CHRETIENNE.\u2014 Les Eglises du Canada en quête d\u2019\u2014, S.V.: 16.\u2014\tV.Pavillon chrétien.UNITES DE NEGOCIATION.\u2014 Les \u2014 et le C.C.R.O., G.H.: 7.« UN TRAIN PASSE».-, E.G.: 157.UPSAL.\u2014 235 Eglises \u2014 Upsal, I.B.: 239.VICAIRE DU CHRIST.-, L.d\u2019A.: 242.VICTOIRE LIBERALE.-, victoire d\u2019un homme (Edit.) : 205.VIOLENCE.\u2014 V.Abus des mots.VIRGILE.-parmi nous, G.R.: 355.NOUVEAUTÉ Évolution de l\u2019Église au Canada français Études de sociologie pastorale par les PP.Hervé Carrier et Lucien Roy Ces deux études traitent des problèmes actuels de l\u2019Église et de la pastorale chez nous.Le P.Hervé Carrier écrit dans l\u2019introduction: \u201cLes deux études que nous présentons sont le fruit de nombreux travaux antérieurs.Elles dégagent les implications spirituelles et pastorales d\u2019une recherche poursuivie en commun sur notre milieu.Nous ne prétendons pas avoir dit le mot définitif: la réalité est trop mouvante et nous connaissons nos limites.Nos considérations sont plutôt une invitation au dialogue.La révision de notre action est toujours à reprendre.Ce qui importe par-dessus tout, c\u2019est l\u2019esprit, c\u2019est l\u2019attitude de recherche, la volonté d\u2019être toujours fidèle au réel.Nous avons à apprendre ensemble à lire les événements et à y discerner les voies nouvelles de l\u2019action du Seigneur.\u201d $1.50 l'exemplaire.LES ÉDITIONS BELLARMIN 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-351.DÉCEMBRE 1968 363 III.- LIVRES A.\u2014 ANONYMES ET EN COLLABORATION ANONYMES (Auteur unique non identifié; auteurs multiples sans désignation collective.) \u2014\tDes chrétiens interrogent l\u2019athéisme, 1: L\u2019athéisme dans la vie et la culture contemporaine (J .-P.Labelle) : 356.\u2014\tEtudes de linguistique franco-canadienne (E.Richer) : 360.\u2014\tLe Boréal express (R.Arès) : 231.\u2014\tLes mémoires du sénateur Raoul Dandurand (1861-1942) (L.Pouliot): 193.EN COLLABORATION (Divers auteurs sous la désignation En collaboration ou sous un nom collectif.) AMERICAN ASSEMBLY (THE).\u2014 A World of Nuclear Powers ?(R.Arès) : 55.EN COLLABORATION.\u2014 Comprendre les groupes d\u2019adolescents (J.-P.Labelle): 261.\u2014\tEsquisses du Canada français (R.Arès) : 295.\u2014\tEtre père aujourd\u2019hui (J.-P.Labelle): 166.\u2014\tFrance et Canada français du XVle au XXe siècle (R.Arès) : 26.\u2014\tHistoire de la littérature française du Québec (R.Dionne) : 81.\u2014\tHistoire du Canada (R.Arès) : 94.\u2014\tL\u2019animation (R.Arès) : 358.\u2014\tLa nouvelle image de l\u2019Eglise (R.Arès); 164.\u2014\tPax Christi:\tProblèmes de la Paix à l\u2019ère atomique (R.Arès) : 358.\u2014\tPierres vivantes (J.-P.Labelle) : 261.\u2014\tQui est notre Dieu ?(G.Robitaille) : 165.\u2014\tSainteté et vie dans le siècle (J.d\u2019Anjou) : 260.\u2014\tLes valeurs chrétiennes et l\u2019éducation (R.Arès) : 27.GOUVERNEMENT DU QUEBEC.\u2014 Rapport du Comité d\u2019étude de l\u2019enseignement professionnel agricole (R.Arès) : 56.GROUPE LYONNAIS D\u2019ETUDES MEDICALES.\u2014 La liberté et l\u2019homme du XXe siècle (J.d\u2019Anjou) : 55.JUSTINIEN 66.\u2014 Travaux du quatrième Colloque international de droit comparé.Proceedings of the Fourth International Symposium on Comparative Law (R.Arès) : 93.SEMAINE DES INTELLECTUELS CATHOLIQUES.\u2014 Morale humaine, morale chrétienne (J.d\u2019Anjou) : 93.SEMAINES SOCIALES DE FRANCE.\u2014 Le développement, la justice et la paix (R.Arès): 231.\u2014\tL\u2019opinion publique (R.Arès) : 56.\u2014\tUnion des Religieuses Educatrices Paroissiales: Accomplir l\u2019Evangile dans le creuset du monde (J.d\u2019Anjou) : 356.VATICAN IL \u2014 L\u2019Eglise dans le monde de ce temps (R.Arès): 129.B.\u2014 AUTEURS IDENTIFIES ANCIAUX, P.Sacrement et vie (J.-P.Labelle) : 327.ANNE-MARIE.\u2014 Maintenant et toujours.(R.Dionne) : 131.AUBERT, J.-M.\u2014 Loi de Dieu, lois des hommes (J.d\u2019Anjou) : 93.AUGEREAU, J.\u2014 La chance suprême de l\u2019homme (J.d\u2019Anjou) : 196.AUMONT, M.L\u2019Eglse écoute (R.Arès): 195.BARREAU, J.-C.\u2014 La foi d\u2019un païen (R.Arès): 91.BASILE, J.\u2014 Joli tambour (R.Dionne) : 27.BASSET, B.\u2014 Mes ouailles et moi (G.Robitaille) : 58.BEA, Card.\u2014 Le chemin de l\u2019unité (J.Ledit) : 129.BECCARIA, M.-J.\u2014 Les femmes ont-elles leur place dans l\u2019Eglise (J.d\u2019Anjou) : 357.BELLET, M.\u2014 La peur ou la foi (G.Robitaille) : 327.BERGE, A.\u2014 Educaton familiale (J.d\u2019Anjou) : 262.BERNARD, A.\u2014 La chèvre d\u2019or (D.Pion): 199.\u2014 Le soleil sur la façade (D.Pion) : 199.BERNARD, C.A.\u2014 La prière chrétienne (J.Ledit) :229.BERTHIAUME, A.\u2014 La fugue (R.Dionne): 28.BERTON, P.\u2014 Les bien-pensants (R.Arès) : 232.BESNARD, A.-M.\u2014 Ces chrétiens que nous devenons (R.Arès) : 293.BILLAULT, S.\u2014 Du signe au synthème, du symbole au sacrement (J.d\u2019Anjou) : 196.BIOLLEY, O.\u2014 Une âme d\u2019élite (J.d\u2019Anjou) : 94.BLAIS, M.-C.\u2014 L'insoumise (J.Hardy) : 95.BLANCHET, A.\u2014 Histoire d\u2019une mise à l\u2019index, la Sainte Chantal de l\u2019abbé Bremond (F.Dorais) : 288, (R.Arès): 295.BOLTE, P.-E.\u2014 \u201cMater et Magistra\u201d (R.Arès) : 260.BOUCHARD, F.\u2014 Jeunesse de l\u2019Eglise ou la grande tentation moderne (R.Arès): 197.BOUGE, Y.\u2014 D\u2019elle à moi (J.d\u2019Anjou): 58.BOURGEAULT, G.\u2014 L\u2019Eglise s\u2019en va chez le diable (G.Robitaille): 156.BOUYER, L.\u2014 Notre foi (R.Arès): 327.BROSSARD, J.\u2014 Les pouvoirs extérieurs du Québec (R.Arès) : 198.BUHLMANN, W.\u2014 Afrique (J.Bouchard): 294.CARBONELL, C.-O.\u2014 Le grand octobre russe, 1917: la révolution inimitable (J.Ledit): 197.CARON, J.\u2014 L\u2019Eglise s\u2019en va chez le diable (G.Robitaille): 156.CARRIER, H.\u2014 Evolution de l\u2019Eglise au Canada français (R.Arès) : 357.CARRIER, R.\u2014 La guerre, yes sir ! (R.Dionne) : 279.CATTA, J.-S.\u2014 Le grand tournant (J.-P.Labelle): 263.\u2014\tSavoir parler (J.d\u2019Anjou): 167.CHAPUT-ROLLAND, S.\u2014 Regards 1967 \u2014 Québec année zéro (F.Potvin) : 295.CHENE, Y.\u2014 Peur et amour (J.d\u2019Anjou) : 28.CHENU, M.-D.\u2014 Théologie de la matière (R.Arès) : 164.CHERTOK, L.\u2014 Féminité et Maternité (J.d\u2019Anjou): 359.CHICOINE, R.\u2014 Un homme, rue Beaubien (J.Hardy) : 360.CLAUDE, R.\u2014 Un Caillou dans le soulier (J.-P.Labelle) : 359.COGNET, L.\u2014 Histoire de la spiritualité chrétienne (J.d\u2019Anjou): 328.COLLET, P.\u2014 L\u2019hiver dans le roman canadien-français (R.Dionne) : 27.CONGAR, Y.M.-J.\u2014 Notre foi (R.Arès) : 327.\u2014\tSituation et tâches présentes de la théologie (P.-E.Langevin) : 260.COÔK, R.\u2014 Le Sphynx parle français (R.Arès) : 232.COSTE, R.\u2014 Les communautés politiques (R.Arès) : 230.\u2014\tDynamique de la paix (R.Arès) : 55.\u2014\tMorale internationale (R.Arès) : 92.\u2014\tNotre Père sur le monde (R.Arès) : 54.COUFFIGNAL, R.\u2014 Apollinaire (J.Hardy) : 263.CRIQUI, F.\u2014- Mots et Concepts.Lexique permanent (R.Arès) : 359.CRUCHON, G.\u2014 Psychologie pédagogique, 11 (J.d\u2019Anjou) : 261.CUTTAT, J.-A.\u2014 Expérience chrétienne et spiritualité orientale (R.Arès): 91.DAGENAIS, G.\u2014 Nos écrivains et le français, 1 (R.Dionne) : 166.DANIELOU, J.\u2014 Les évangiles de l\u2019enfance (R.Arès) : 293.\u2014\tNotre foi (R.Arès) : 327.de BESOMBES, A.-M.\u2014 Les femmes ont-elles leur place dans l\u2019Eglise (J.d\u2019Anjou) : 357.de BOVIS, A.\u2014 Vivre de la foi (R.Arès): 54.de FABREGUES, J.-\u2014- Christianisme et civilisations (R.Arès) : 294.de FINANCE, J.Connaissance de l\u2019être (J.d\u2019Anjou) : 25.DEHEM, R.\u2014 Initiation à T Economique (F.Pot-vin) : 358.DELATTE, P.\u2014 Contempler l'invisible (J.d\u2019Anjou) : 229.DELBREL, M.\u2014 Nous autres, gens de la rue (G.Robitaille) : 58.de LOCHT, P.\u2014 Harmonie des vocations (J.d\u2019Anjou) : 260.de LUBAC, H.\u2014 Méditation sur l'Eglise (R.Arès) : 163.DESRAMAUT, F.-\u2014 Don Bosco et la vie spirituelle (Eue.Gervais) : 328.de VIENNE, L.\u2014 Nouveau traité de diction (J.d\u2019Anjou): 167.de VRIES, W.\u2014 Orthodoxie et catholicisme (J.Ledit) : 261.DONUM DEI 12.\u2014 Orientations nouvelles dans le gouvernement des religieux (G.Robitaille) : 130.DUCLOS, J.\u2014 L\u2019Eglise s\u2019en va chez le diable (G.Robitaille) : 156.DUFOUR, R.\u2014 La spiritualité du week-end (J.-P.Labelle) : 230.DUGAS, G.\u2014 Essai de prospective en coopération (R.Arès) : 56.DUHAMEL, R.¦\u2014 Manuel de littérature cana-dienne-française (R.Dionne) : 329.DUPRIEZ, B.\u2014 Apprenez seul l'orthographe d\u2019usage (J.d\u2019Anjou): 166.DUPUY, J.\u2014 Dialogue dans l\u2019infini (F.Cou-lombe) : 54.DURANDEAUX, J.\u2014\u2022 Question vivante à un Dieu mort (J.d\u2019Anjou): 196.DUTERTRE, M.-F.\u2014 Les femmes ont-elles leur place dans l\u2019Eglise (J.d\u2019Anjou) : 357.DUVAL, Card.\u2014 Laïcs, prêtres, religieux dans l\u2019Eglise (J.d\u2019Anjou) : 230.ENTRALGO, P.L.\u2014 Panorama historique de la science moderne (R.Labarre) : 357.EVANS, T.\u2014 Pathway to Tomorrow: the Impact of Automation on People (R.Arès): 358.FARGUES, M.\u2022\u2014 Le 3e âge (J.-P.Labelle) : 359.FARIBAULT, M.\u2014 Vers une nouvelle constitution (R.Arès) : 198.FOURNIER, R.\u2014 Journal d\u2019un jeune marié (R.Dionne) : 199.FRANKL, V.\u2014 Un psychiatre déporté témoigne (P.Mongeau) : 166.FRIEDLANDER, S.\u2014 Kurt Cerstein ou l\u2019ambiguïté du bien (G.Robitaille) : 197.GABORIAU, F.-\u2014 Interview sur la mort avec Karl Rahner (R.Arès): 165.GABOURY, P.\u2014 Devenir religieux (R.Champagne) : 293.\u2014\tMatière et structure (Sr.P.Seers) : 131.GAREAU, M.\u2014 L\u2019attente de la nouvelle terre (R.Arès) : 230.\u2014\tVolontairement optimiste (R.Arès) : 230.GARIGUE, P.\u2014 Analyse du comportement familial (R.Arès) : 200.\u2014\tBibliographie du Québec 1955-1965 (E.Desrochers) : 26.GAUTHIER, P.\u2014 L\u2019évangile de justice (R.Arès) : 230.GAUVREAU, A.\u2014 Rituels sacramentaires (L.Charbonneau) : 130.GEBHARDT, G.\u2014 L\u2019éducation sexuelle, de 5 à 25 ans (J.d\u2019Anjou) : 57.GENDRON, L.\u2014 L\u2019adolescente veut savoir \u2014 L\u2019adolescent veut savoir (J.d\u2019Anjou) : 262.GIL, A.\u2014 Désormais comme hier .(R.Dionne): 167.GINGRAS, J.-B.\u2014 Education à l'américaine (G.Robitaille) : 296.GODIN, G.\u2014 Les cantouques (R.Dionne) : 28.GORREE, G.\u2014 \u201cD\u2019autres récolteront .\t(J.d\u2019Anjou): 295.GUARDINI, R.\u2014 Vie de la foi (R.Arès): 164.\u2014\tChristianisme et culture (P.-E.Langevin) : 356.GUCHT, R.V.\u2014 Témoins du théâtre et du roman français (D.Maccabée) : 262.GUITTON, J.\u2014 Les Davidées (J.-P.Labelle) : 294.\u2014\tOeuvres complètes (J.d\u2019Anjou) : 263.HAAG, H.\u2014 Bible et évolution (J.d\u2019Anjou): 91.HAAS, A.\u2014 Bible et évolution (J.d\u2019Anjou): 91.HAMELIN, J.\u2014¦ Economie et société en Nouvelle-France (R.Arès):: 231.HAUSHERR, I.\u2014 L\u2019Obéissance religieuse (J.d\u2019Anjou) : 356.HECKEL, R.\u2014 Le célibat sacerdotal (G.Robitaille) : 327.HENRY, A.-M.\u2014 Morale et vie conjugale (J.d\u2019Anjou) : 57.HENRIPIN, J.\u2014 Tendances et facteurs de la fécondité au Canada (R.Arès) : 295.HERMANN, I.\u2014 Initiation à l\u2019exégèse moderne (G.Robitaille) : 195.HICKMAN, W.H.\u2014 Le Québec tradition et évolution (P.Gaboury): 95.HOEFNAGELS, H.\u2014 L\u2019Eglise et la société pro-méthéenne (R.Arès) : 54.HOESL, P.\u2014 Ma vie de femme (J.d\u2019Anjou): 57.HUDON, S.\u2014 Au fil des côtes de Québec (J.-P.Labelle): 198.HURZELER, J.\u2014 Bible et évolution (J.d\u2019Anjou) : 91.JASMIN, C.\u2014 Les cœurs empaillés (R.Dionne) : 28.JEAN XXIII \u2014 Attentifs à Dieu (R.Arès): 91.JEAN-NESMY, C.\u2014 Pourquoi se confesser aujourd\u2019hui ?(R.Arès): 164.JEANNIERE, A.\u2014 Anthropologie sexuelle (J.d\u2019Anjou) : 57.JOESTER, J.La vérité sur le cas Jack Ruby (G.Robitaille) : 94.JOY, R.J.-\u2014 Languages in Conflict (R.Arès): 295.KERR, D.G.G.\u2014 Atlas historique du Canada (R.Arès) : 231.KIERANS, E.\u2014 Le Canada vu par Kierans (R.Arès) : 94.KIERKEGAARD, S.\u2014 Les soucis des païens (R.Arès) : 164.KLEINHEYER, B.\u2014 La messe aujourd'hui (G.Robitaille) : 230.KOCH, R.\u2014 Grâce et liberté humaine (G.Robitaille) : 164.KOLODZIEJ, L.\u2014 Il y a mille ans naissait la Poligne (966-1966) (J.Ledit): 93.KUNG, H.\u2014 Liberté du chrétien (J.d\u2019Anjou) : 327.LACOUR-GAYET, R.\u2014 Histoire du Canada (R.Arès) : 94.LACROIX, J.\u2014 Panorama de la philosophie française contemporaine (J.Racette): 200.LALONDE, R.\u2014 Ailleurs est en ce monde (R.Dionne) : 59.LANDRY-GUILLET, S.\u2014 L\u2019itinéraire (J.Hardy) : 199.LAPRADE, G.\u2014 Adolescents en détresse (G.Robitaille): 86.LAURENTIN, R.\u2014 Bilan du Concile Vatican 11 (R.Arès) : 130.\u2014\tL\u2019enjeu du Synode, suite du Concile (R.Arès) : 261.LAVAUD, R.\u2014 Les troubadours, Il (B.Carrière) : 59.LEBEAU, P.\u2014 Jean Daniélou (J.d\u2019Anjou) : 94.LECLERCQ, J.\u2014 Croire en Jésus-Christ (G.Robitaille) : 92.364 RELATIONS LEGASSE, S.\u2014 L\u2019appel du riche (M.Girard) : 197.LE PENNEC, J.-C.\u2014 L\u2019univers poétique de Félix Leclerc (R.Dionne): 131.LIMOGES, T.\u2014 La prostitution à Montréal.Pourquoi, comment certaines femmes deviennent prostituées (G.Robitaille) : 56.LOCHET, L.\u2014 Apparitions (R.Arès) : 164.LOURIE, A.\u2022\u2014 Profanation et sanctification du temps (J.-P, Labelle) : 26.LYONS, D.\u2014 Vietnam Crisis (J.Ledit): 197.MAC AVOY, J.\u2014 Mari et femme (J.d\u2019Anjou): 53.MAERTENS, T.\u2014 La promotion de la femme dans la Bible (J.d\u2019Anjou) : 56.MALOUIN, R.\u2014 Princesse de nuit (J.-P.Labelle) : 59.MANARANCHE, A.\u2014 Le Célibat sacerdotal (G.Robitaille) : 327.MARECHAL, A.\u2014 De mes peurs à ma personnalité (J.d\u2019Anjou) : 165.MARITAIN, J.\u2014 L\u2019intuition créatrice dans l\u2019art et la poésie (J.d\u2019Anjou): 25.MARSOLAIS, G.\u2014 La mort d\u2019un arbre (R.Dionne) : 131.MASSARD, M.\u2014 Foi chrétienne, vérité de l\u2019homme?(J.d\u2019Anjou): 92.MAUCO, G.\u2014 Psychanalyse et éducation (J.d\u2019Anjou) : 200.MAYOUX, P.\u2014 Paul Doncœur, aumônier militaire (J.-P.Labelle) : 58.MENTHA, J.-P.\u2014 Le Québec tradition et évolution (P.Gaboury) : 95.MERCURE, G.\u2014 Messe pascale (J.-P.Labelle) : 130.MONCHANIN, J.\u2014 De l\u2019esthétique à la mystique (J.-P.Labelle) : 328.MOISAN, C.\u2014 Les débuts de critique littéraire de Henri Bremond (F.Dorais) : 288.\u2014\tHenri Bremond et la poésie pure (F.Dorais): 288.\u2014\tLettres modernes (F.Dorais) : 288.MOREAU, G.\u2014 Le Québec tradition et évolution (P.Gaboury) : 95.MOSSAND, M.-J.\u2014 Profils de prêtres d\u2019aujourd'hui (R.Arès) : 91.MOUSSE, J.\u2014 Foi en Dieu, foi en l\u2019homme (R.Arès) : 92.NAUBERT, Y.\u2014 Contes de la solitude (R.Dionne) : 360.NELLI, R.\u2014 Les troubadours, II (B.Carrière) : 59.NICOLAS, J.-H.\u2014 Dieu connu comme inconnu (J.d\u2019Anjou) : 92.ONIMUS, J.\u2014 La connaissance poétique (J.d\u2019Anjou) : 25.\u2014\tRéflexions sur l\u2019art actuel (J.d\u2019Anjou): 166.ORBAN, E.\u2014- Le Conseil législatif de Québec, 1867-1967 (R.Arès) : 199.OSLER, E.B.\u2014 La Salle (L.Pouliot) : 231.PAGEAU, R.\u2014 Pays intérieur (J.-P.Labelle) : 329.PAN, S.\u2014 Vietnam Crisis (J.Ledit) : 197.PAPLAUSKAS-RAMUNAS, A.\u2014 Dialogue entre Rome et Moscou.Vladimir Soloviev, porte-parole du mouvement œcuménique en Russie (J.Ledit): 93.PARADIS, S.\u2014 François-les-oiseaux (D.Macca-bée) : 167.PATFOORT, A.\u2014 L\u2019unité d\u2019être dans le Christ d\u2019après saint Thomas (J.d\u2019Anjou) : 196.PATRY, A.\u2014 Les pouvoirs extérieurs du Québec (R.Arès) : 198.PAUL VI.\u2014 Le célibat sacerdotal (G.Robitaille) : 327.PELLE-DOUEL, Y.\u2014 Etre femme (J.d\u2019Anjou) : 231.PEPERSTRAETE, M.\u2014 Témoins du théâtre et du roman français (D.Maccabée) : 252.PETROWSKI, M.\u2014 Le passage (R.Dionne) : 28.QUINET, G.\u2014 Profils de prêtres d\u2019aujourd\u2019hui (R.Arès) : 91.RABY, R.\u2014 Tangara (R.Dionne) : 59.RACETTE, J.\u2014 Thomisme ou pluralisme ?(R.Champagne) : 49.RAHNER, K.\u2014 Appels au Dieu du silence (J.d\u2019Anjou) : 54.\u2014\tEléments dynamiques dans l\u2019Eglise (J.Ledit) : 164.REGAMEY, P.-R.\u2014 Pauvreté chrétienne et construction du monde (R.Arès): 91.RENARD, A.-C.\u2014 Le Concile et les religieuses (J.d\u2019Anjou) : 55.RENARD, Card.\u2014 Notre foi (R.Arès) : 327.RENAUD, A.\u2014 Le roman canadien-français du vingtième siècle (R.Dionne) : 58.RICHER, E.\u2014 Syntaxe, 1, Il (R.Dionne) : 360.ROBICHAUD, E.\u2014 Adolescents en détresse (G.Robitaille) : 86.ROBIDOUX, R.\u2014 Le roman canadien-français du vingtième siècle (R.Dionne) : 58.ROBILLARD, E.\u2014 L\u2019unicorne (G.-H.d\u2019Auteuil) : 263.ROBINSON, J.A.T.\u2014 Le Corps (J.d\u2019Anjou) : 293.ROCHE, J.\u2014 Eglise et liberté religieuse (J.d\u2019Anjou): 293.ROLDAN, A.\u2014 Les crises de la vie religieuse (G.Robitaille): 130.ROSE, M.\u2014 Proclamez la Parole (J.d\u2019Anjou) : 130.ROUSSET, S.\u2014 Conseils d\u2019une psychiatre (G.Robitaille) : 359.ROUX, H.\u2014 Détresse et promesse de Vatican II (R.Arès) : 129.ROY, L.\u2014 Evolution de l\u2019Eglise au Canada français (R.Arès) : 357.RUMILLY, R.\u2014 Histoire de l\u2019Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal (R.Arès): 232 SAMSON, J.-N.\u2014 Félix Leclerc (R.Dionne) : 95.SARRAZIN, J.\u2014 De mémoire d\u2019homme (R.Arès): 329.SAROT, L.\u2014 Un Caillou dans le soulier (J.-P.Labelle): 359.SAVARD, P.\u2014\u2022 Jules-Paul Tardivel, la France et les Etats-Unis, 1881-1905 (L.Pouliot) : 232.SCHELKLE, C.-H.\u2014- Introduction au Nouveau Testament (J.d\u2019Anjou) : 55.SCHOONENBERG, P.\u2014 Le monde de Dieu en devenir (R.Arès) : 195.SCHURMANN, H.\u2014 La première lettre aux Thessaloniciens (P.-E.Langevin) : 229.SIRI, C.A.\u2014\u2022 La Preeminencia de la Civitas y la insuficiencia de la Polis (J.Ledit) : 294.SK.ROBUCHA, H.\u2014 Le message des icônes (J.Ledit) : 54.SOMCYNSKY, J.F.\u2014 Les rapides (D.Maccabée) : 199.STERN, K.\u2014 Refus de la Femme (G.Robitaille) : 358.STEWART, M.\u2014 Pathway to Tomorrow: the Impact of Automation on People (R.Arès) : 353.TAILLIEU, J.\u2014 Crises, chimères et révolte de l\u2019adolescence (R.Arès): 359.TARDIEU-DEHOUX, C.\u2014 Cabanons (R.Dionne) : 296.THERESE-DU-CARMEL, Sr.\u2014 Bibliographie analytique de l\u2019œuvre de Félix-Antoine Savard (R.Dionne) : 198.THILS, G.\u2014 Syncrétisme ou catholicité ?(P.-E.Langevin): 195.THIRY, A.-\u2014 Liberté religieuse et liberté chrétienne (J.d\u2019Anjou) : 55.THOMAS, J.\u2014 Croire en Jésus-Christ (R.Arès) : 164.THURIAN, M.\u2014 Marie, mère du Seigneur (R.Arès) : 164.TILLARD, J.-M.R.\u2014 Les Religieux au cœur de l\u2019Eglise (J.d\u2019Anjou): 356.TOINET, P.\u2014 L\u2019homme en sa vérité (J.Racette): 230.TOUGAS, G.\u2014 La Francophonie en péril (J.d\u2019Anjou) : 359.TOUPIN, P.\u2014 Les paradoxes d\u2019une vie et d\u2019une œuvre (R.Dionne): 27.TRUDEL, M.\u2014 Histoire de la Nouvelle-France, 11 Le Comptoir, 1604-1627 (L.Campeau): 26.VAC, B.\u2014 Mes pensées « profondes » (R.Dionne) : 131.VALENSIN, A.\u2014 La joie dans la foi (R.Arès) : 91.VASTEELS, R.\u2014 Témoins du théâtre et du roman français (D.Maccabée) : 262.VERGOTE, A.\u2014 Psychologie jeligieuse (J.d\u2019Anjou) : 165.VERNEAUX, R.\u2014 Le vocabulaire de Kant (J.Racette) : 294.VIGNEAULT, R.\u2014 L\u2019univers téminin dans l\u2019œuvre de Charles Péguy (F.Dorais) : 283.VILLEMINOT, J.et P.\u2014 La Nouvelle-Guinée, 700,000 Papous, survivants de la préhistoire (B.Saint-Laurent) : 56.VOILLAUME, R.\u2014 Frères de tous (R.Arès): 91.von GAGERN, F.\u2014 Partenaires pour la vie (G.Robitaille) : 231.WEISER, E.\u2014 Les pouvoirs extérieurs du Québec (R.Arès) : 198.WEYERGANS, F.\u2014 Vie du docteur Tom Dooley (J.d\u2019Anjou) : 328.WILTGEN, R.M.\u2014 The Rhine Flows into the Tiber (J.d\u2019Anjou) : 357.WYCZINSKI, P.et autres.\u2014 François-Xavier Garneau, aspects littéraires de son œuvre (L.Campeau): 199.ZDZIECHOWSKI, G.\u2014 Le problème-clef de la construction européenne (J.Ledit) : 56.IV.- THÉÂTRE (G.-H.d\u2019AUTEUIL) Amant (L\u2019): 123.Anatole: 21.Architecte et l\u2019Empereur d\u2019Assyrie (L\u2019): 324.Avare (L\u2019): 353.Belles Sœurs (Les): 286.Bérénice: 122.Bilan: 324.Ce Soir, on improvise: 353.Chemin du Roy (Le) : 191.Cheval évanoui (Le): 224.Collection (La): 123.Dactylos (Les): 325.Des Clowns par Milliers : 47.Docile: 191.Drôle de couple: 87.Equation à deux Inconnus: Exécution (L\u2019): 158.Fausses Confidences (Les): Fourberies de Friponneau: Genousie: 225.Goût de miel (Un): 160.Grands Soleils (Les): 190.20.124.286.Hamlet, prince du Québec : 88.Homme pour homme: 224.Jalousie du Barbouillé (La): 88.J'S m\u2019appelle François Sigouin : 287.Malentendu (Le): 19.Matin comme les autres (Un): 123.Médecin malgré lui (Le): 88.Menteur (Le): 47.Mouette (La): 159.Oiseau bleu (L\u2019): 48.Orage (L\u2019): 159.Partage de Midi: 190.Pendu (Le): 123.Pinocchio : 286.Promenade du Dimanche (La): 20.Pygmalion: 48.Rhinocéros: 159.Sacrés Fantômes: 21.Tartuffe (Le): 354.Tigre (Le): 325.Volpone: 353.UN CADEAU PAS COMME LES AUTRES\u201d dont vous parlerez longuement, chaque mois, avec l'ami qui le recevra.Abonnement-cadeau à RELATIONS.Prix : $5.00 Ce geste plaira à vos amis et aidera RELATIONS à grandir.UNE CARTE SERA ENVOYÉE EN VOTRE NOM À VOS BÉNÉFICIAIRES.ADRESSEZ VOTRE CHEQUE A RELATIONS 8100, boul.Saint-Laurent Montréal-351. 9 marabout Actuattu Ÿ «DES CADEAUX EXCEPTIONNELS* .V»»\" «e«5, ¦ \u2022: gftfti pour toute la famille.et pour les Flash bricolage (14 volumes) Encyclopédie des jeunes (14 volumes) à ; \u2022 ~ ; j0.r «^W~> 1 Encyclopédie universelle (8 vol.) / 2 Histoire universelle (12 vol.) / 3 Histoire mondiale de l\u2019art (6 vol.) / 4 Bob Morane et l\u2019Ombre Jaune (10 vol.) / 5 Le monde animal (7 vol.) / 6 Histoire du cinéma (3 vol.) / 7 La seconde guerre mondiale (4 vol.) /8 Economie contemporaine (4 vol.).et les derniers nés : 4 coffrets AUTOMOBILE de 2 volumes Distributeur général pour les Amériques : KASAN Ltée - 226 Est, Christophe Colomb, QUEBEC P.Q."]
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