Relations, 1 novembre 1958, Novembre
[" PIE XII Novembre MONTRÉAL N« 215 PIE XII, PAPE .Luigi d\u2019APOLLONIA PIE XII ET L\u2019ÉGLISE DU SILENCE .\t.\t.Joseph LEDIT PIE XII, L\u2019ARTISAN DE L\u2019ANNÉE SAINTE .\t.\t¦\t¦ Georges ROBITAILLE A Tenseigne du Théâtre national populaire.Georges-Henri d\u2019Auteuil Du gaz, ou du désintéressement en politique.Maurice Lamarche La déclaration canadienne des droits de l'homme .Richard Arès Le financement de l'enseignement secondaire aux Pays-Bas .\t.Mgr Frans Op de Coul 35* REVUE DU MOIS PROFESSIONNELS et HOMMES D'AFFAIRES Economisez 50% sur le coût de votre assurance-vie pendant les dix premières années \u2022\tValeurs de rachat dès la 3e année \u2022\tMontant minimum : $10,000 VOYEZ VOTRE REPRESENTANT REGIONAL LUCIEN LADOUCEUR, gérant Division Montréal 7 1555 est, rue Jean-Talon, MONTRÉAL RA.9-1805 CAISSE NATIONALE D\u2019ÉCONOMIE Compagnie-mutuelle Assurances-Vie et Rentes Viagères 41 ouest, rue Saint-Jacques, Montréal - VI.5-3291 L\u2019épargne Solution à pluiieuxi ptoolèntei .INDIVIDUELS .FAMILIAUX .SOCIAUX .NATIONAUX C\u2019est l'épargne qui vous permet de payer le premier versement sur votre maison, l\u2019hypothèque ou l'instruction des enfants.C\u2019est l'épargne qui vous assure une pension supplémentaire.Sans obligation de votre part un de nos représentants vous fournira tous les renseignements nécessaires.DEVENEZ MEMBRE DE : MTRAIDE IMMOBILIÈRE LAIMTIEIJE 1344 est, rue Sherbrooke \u2014 MONTRÉAL LA.1-3698 SOMMAIRE Novembre 1958 Éditoriaux.281 Une grande joie.\u2014 Le syndicalisme et la reconnaissance de la Chine rouge.\u2014 La mort de Pie XII et Radio-Canada.Articles Pie XII, pape.Luigi d\u2019Apollonia 282 Pie XII ET l\u2019église DU silence.Joseph Ledit 285 Pie XII, l\u2019artisan de l\u2019Année sainte.Georges Robitaille 288 La déclaration canadienne des droits de L\u2019HOMME.Richard Arès 291 Au service du français: Prononçons bien le son « i ».J.d\u2019Anjou 293 Au fil du mois.294 Dernières directives de Pie XII concernant la morale médicale.Lucidité et paix à la C.T.C.C.\u2014 Le congrès des commissaires d'écoles.\u2014 Fidélité française et prix Champlain.Le ciné-club à CBFT.\u2014 Camillien Houde.Articles A l\u2019enseigne du Théâtre populaire.Georges-Henri d\u2019Auteuil 297 Le financement de l\u2019enseignement secondaire aux Pays-Bas .Mgr Frans Op de Coul 299 Du GAZ, OU DU DÉSINTÉRESSEMENT en politique.Maurice Lamarche 300 « Relations » devient membre de l\u2019A.B.C.Albert Plante 302 Les livres .302 Avec ou sans commentaires: l\u2019Église de Chine dans l\u2019épreuve.306 Notes bibliographiques\t 307 Le pape nous parle.308 (Relation& REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus.Directeur : Richard Arès.Rédacteurs: Luigi d\u2019Apollonia (Vie religieuse et Politique internationale), Jacques Cousineau (Vie ouvrière), Joseph-H.Ledit (Communisme international).Collaborateurs : Joseph d\u2019Anjou, Joseph P.-Archambault, Marcel Marcotte.Secrétaire de la rédaction : Georges Robitaille.Administrateur : Albert Plante.Rédaction et administration: 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Publicité: Jacques Séguin, du Service de Publications Seg, Limitée: Montréal, 4234a, rue de Laroche, LA.6-6638; Toronto, H 6, Norris Crescent, CL.9-9742.# Relations est une publication des Éditions Bellarmin, 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11.Téléphone: DUpont 7-2541.Prix de l\u2019abonnement: Canada: $4 par année.Hors du Canada: $5.Le numéro: $0.35.Relations est membre de Y Audit Bureau of Circulations.Ses articles sont répertoriés dans le Canadian Index, publication de l\u2019Association canadienne des Bibliothèques.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa. XVIIIe année N° 215 Novembre 1958 Montréal Æditotiaux Une grande joie AU MOMENT où nous allons sous presse, le con- clave ne s\u2019est pas encore réuni.L\u2019élection sera-t-elle prompte comme celle du 2 mars 1939 qui choisissait Pie XII dès le premier jour?Verra-t-on, pour la première fois depuis Adrien VI, un pape non italien ?Quel nom prendra-t-il ?Nous ne le savons pas.Ce dont nous sommes certain, c\u2019est que lorsque montera la sfumata bianca \u2014 la fumée blanche \u2014 une foule immense et impatiente se sera massée sur la place Saint-Pierre, hommes de toutes classes, de toutes langues, de toutes races, de toutes nations, fragment symbolique de l\u2019Église universelle et romaine.Peu après, le doyen des cardinaux-diacres aura prononcé du haut de la loggia de Saint-Pierre, la formule consacrée: « Je vous annonce une grande joie: nous avons un Souverain Pontife.»; et cette parole amplifiée par les haut-parleurs pour la foule rassemblée, et reprise, à l\u2019instant même, par les techniques modernes de diffusion, aura porté au monde entier en attente l\u2019écho glorieux de l\u2019annonce des anges, la nuit de Noël.Tous les hommes de bonne volonté auront trouvé en leur cœur un motif pour s\u2019associer à la joie des catholiques.Pour nous, cependant, quel que soit le nom qu\u2019aura choisi le nouvel élu \u2014 Pie, Benoît, Grégoire, Léon, Clément,.\u2014 qu\u2019il soit ou non italien, qu\u2019il vienne de l\u2019Europe ou de l\u2019Amérique, du Proche-Orient ou de l\u2019Asie, il sera le successeur de Pierre sur la chaire de Rome, et le vicaire de Jésus-Christ sur terre, à la charge de qui aura été confié, à ce moment de l\u2019histoire, le trésor vivant de la révélation.Les souverains de ce monde, qui savent le nom et le rang des princes héritiers, s\u2019inquiètent de la destinée de leur trône.Le Pape, qui laisse à d\u2019autres de désigner son successeur et ne possède pas d\u2019armée pour l\u2019imposer, qui ne saura même jamais son nom, est cependant le seul qui soit assuré de la pérennité de son royaume.L\u2019Église continue.A l\u2019hommage qui monte de toutes les nations de la chrétienté, qu\u2019il nous soit permis, prosterné en esprit aux pieds de notre nouveau Père, de joindre filialement NOVEMBRE 1958 nos sentiments de respect, de soumission et d\u2019amour: nous avons reçu l\u2019annonce d\u2019une grande joie.Le syndicalisme et la reconnaissance de la Chine Rouge LE CONGRÈS DU TRAVAIL du Canada exerce des J pressions auprès du gouvernement canadien pour que celui-ci reconnaisse le gouvernement communiste de Pékin.De la part des syndicats ouvriers, cette ligne de conduite nous paraît un flagrant illogisme.Voici pourquoi.A la fin d\u2019avril 1956, la C.I.C.R.C.(Commission internationale contre le régime concentrationnaire), une organisation non gouvernementale qui jouit du statut consultatif B auprès du Conseil économique et social de l\u2019O.N.U., publiait un rapport sur la détention et le travail forcé en Chine.La commission spéciale d\u2019enquête comprenait des membres de six pays, savoir: la Belgique, le Danemark, la Norvège, l\u2019Espagne, l\u2019Allemagne, la France, et cinq personnalités du monde syndical asiatique, désignées par la Confédération internationale des syndicats libres.Le Congrès du Travail est affilié à cette confédération.Quand la C.I.C.R.C.voulut, quelques années plus tôt, vérifier les accusations portées contre l\u2019Espagne, la Grèce et la Tunisie, elle put le faire, parfois, il est vrai, après de pénibles débats.L\u2019U.R.S.S., elle, refusa catégoriquement toute enquête, tandis que Chou En-lai ne prit même pas la peine de répondre à la lettre qui sollicitait son autorisation.Le rapport de la C.I.C.R.C.sur le régime concentrationnaire en Chine a donc été rédigé sur la foi de témoignages oraux.Les conclusions, qui remplissent un cahier de treize pages, reconnaissent les trois faits suivants: premièrement, la législation pénale de la Chine rouge « livre le citoyen à l\u2019arbitraire du gouvernement » ; deuxièmement, le travail forcé apparaît comme l\u2019instrument pénal universellement appliqué dans un but de coercition politique, et le travail des bagnards « constitue une part 281 appréciable de l\u2019économie nationale » ; troisièmement, la réjorme de la pensée, de pair avec la réforme par le travail, « est une des caractéristiques les plus marquantes.du système de répression politique en Chine continentale ».Ce système est dû non à l\u2019initiative individuelle d\u2019un fonctionnaire ou d\u2019un dirigeant, mais fait partie « d\u2019un système éducatif répressif et punitif, organisé et appliqué sur l\u2019ensemble du territoire de la Chine communiste ».Bref, le rapport reconnaît « l\u2019existence et l\u2019importance des camps de travail forcé dans la Chine populaire, et dénonce à l\u2019opinion mondiale ses pratiques persécutrices et inhumaines ».En vertu du principe de la solidarité ouvrière, le Congrès du Travail du Canada devrait faire connaître ces documents, et élever sa voix puissante contre ces gouvernements qui nient les droits de la personne ouvrière: droit de s\u2019associer, droit de choisir librement son travail, droit à un juste salaire.En tout premier lieu, il devrait se faire un point d\u2019honneur, en tant que centrale syndicale, de dénoncer ces régimes dont l\u2019économie est, en grande partie, fondée \u2014 n\u2019ayons pas peur du mot exact \u2014 sur le travail d\u2019esclaves à la merci de leurs maîtres.Il vaut mieux laisser à des firmes commerciales, à certaines banques comme la Banque Royale du Canada, à des journaux comme le Financial Post le rôle ambigu de favoriser la reconnaissance diplomatique de la Chine rouge, puisqu\u2019ils tiennent à y voir a golden opportunity, une affaire d\u2019or.La grande tradition du syndicalisme est ailleurs: défendre les libertés politiques, sociales et ouvrières, le droit de chaque être humain à être traité comme une personne, et non comme une chose.Pourquoi le Congrès du Travail du Canada se désolidarise-t-il du mouvement syndical des États-Unis, avec qui il a tant de liens, pour imiter les lointaines trade-unions britanniques ?Ne devrait-il pas s\u2019inspirer de la sagesse de la C.T.C.C.qui, guidée par ses principes, a su mettre dans son comportement plus de logique sociale, de solidarité ouvrière et de fidélité syndicale ?La mort de Pie XII et Radio-Canada 1E MERCREDI 8 octobre, à 10 h.52 du soir J (c\u2019était le jeudi 9 octobre, 3 h.52 du matin à Rome), Pie XII mourait à Castel Gandolfo, à 18 milles de la Ville éternelle.Dès 11 h., le Canada tout entier en était informé, grâce à la merveille des techniques modernes de diffusion.Radio-Canada donna aussitôt la nouvelle, puis, entrant dans la douleur de tous, suspendit ses programmes pour ne présenter que des expressions de deuil.A partir de ce moment, cette nuit-là même, travaillant en équipe, de jour et de nuit, avec des collaborations empressées de l\u2019extérieur, Radio-Canada prépara un long programme (radio et télévision) dédié à la mémoire de Pie XII.Par la suite, au programme Lectures de chevet, aux nouvelles et aux commentaires, aux rubriques hebdomadaires même de Vie économique et de Vie ouvrière, aux Actualités et au Carrejour de la télévision, supprimant des émissions de caractère léger, consacrant des émissions régulières à l\u2019œuvre et aux écrits de Pie XII, donnant des émissions particulières de musique religieuse, de films religieux, de reportages directs comme celui de la cérémonie grandiose des obsèques du pape, Radio-Canada, par le nombre et la qualité de ses émissions, fit magnifiquement les choses.Mirandaprorsus ( Vraiment admirables), tel est le titre d\u2019une encyclique de Pie XII sur les moyens modernes de diffusion.Les services de Radio-Canada méritèrent et justifièrent cet éloge du Saint Père.Nous voudrions aussi féliciter les autres postes anglais et français de la région de Montréal, les agences de presse, les grands journaux quotidiens et hebdomadaires.De la part des journaux anglais, dirigés par des hommes qui ne sont pas de notre foi, et tout particulièrement de la part de la Gazette de Montréal, ce fut un touchant témoignage à la très grande figure de notre temps qui avait toujours voulu dire « la vérité dans la charité ».PIE XII, PAPE Luigi d'APOLLONIA, S.J.A L\u2019AUBE DU JEUDI, 9 octobre, Pie XII mourait dans le baiser du Seigneur.Ayant aimé les siens jusqu\u2019à la fin, n\u2019ayant jamais interrompu l\u2019exercice direct du gouvernement universel de l\u2019Église, il demandait, jusque dans le délire de sa maladie, pourquoi les audiences avaient été suspendues: Père, il appelait ses enfants à son chevet; Pasteur, il rassemblait ses brebis, à la fin d\u2019une longue journée.N\u2019en doutons pas: Pie XII fut un très grand pape.Il alliait à des dons remarquables d\u2019intelligence, de sympathie, de culture, de sens pratique, une sainteté personnelle où souffrait, consolait, rayonnait, à une profondeur insondable à l\u2019affection humaine, un Amour qui n\u2019est pas de ce monde, et une Présence dont il était humblement le vicaire parmi les hommes.Autour de son lit de mort, les prélats du Saint-Siège entonnèrent, 282 RELATIONS comme malgré eux, le Magnificat, brisant ainsi avec les traditions qu\u2019ils étaient là pour maintenir; et déjà, comme au lendemain de la mort de saint Pie X, la voix populaire proclame Pie XII bienheureux, rapportant de lui des choses merveilleuses.Son activité fut étonnante.Aucun pape n\u2019aura été aussi accessible, n\u2019aura laissé tant d\u2019écrits sur tant de sujets, n\u2019aura prononcé tant de discours dans tant de langues.Au temps déjà où il était secrétaire d\u2019Êtat, Pie XI l\u2019avait appelé « l\u2019orateur de la Pentecôte ».De sorte qu\u2019il faudra de longues années encore avant de faire l\u2019inventaire complet et ordonné des richesses de son pontificat.Lui-même l\u2019a dit, à mots couverts, dans un testament empreint d\u2019humilité : Je n\u2019ai même pas besoin de laisser un testament spirituel, comme tant de prélats vigilants ont coutume de faire, suivant un usage louable, puisque le nombre considérable d\u2019actes et de discours que j\u2019ai faits ou prononcés pour des raisons d\u2019office, suffiront a éclairer celui qui, par aventure, voudrait connaître ma pensée sur différentes questions religieuses et morales.Si féconde, toutefois, que fut l\u2019action de son long pontificat, et si riche son enseignement, ce qui frappe, \u2014 cet article voudrait le souligner, \u2014 c\u2019est une continuité manifeste avec l\u2019action et l\u2019enseignement des papes qui furent ses prédécesseurs.Qu\u2019il s\u2019agisse des valeurs surnaturelles du royaume de Dieu ou des valeurs suprêmes de la civilisation temporelle, il y a fidélité à une même pensée, épanouissement d\u2019une même tradition, sous le souffle et l\u2019assistance de l\u2019Esprit.Il ne saurait en être autrement.Nihil innovetur nisi quod traditum est, disait déjà saint Étienne Ier.Le Suprême Pontife est ce Maître de la Maison qui tire de son trésor nova et vetera, du neuf et du vieux.VALEURS DU ROYAUME DE DIEU Le 28 octobre 1939, les Acta Apostolicae Sedis, en un fascicule de 181 pages, publiaient le texte latin, suivi de la traduction intégrale en langues italienne, française, espagnole, anglaise et allemande de la première encyclique de Pie XII, Summi Pontificatus.C\u2019était là une nouveauté: jamais encyclique n\u2019avait connu mode de promulgation aussi universel.Cette encyclique, cependant, portait la date de la fête du Christ-Roi, introduite dans la liturgie par Pie XI comme un élargissement du geste de Léon XIII qui, quarante ans auparavant, avait consacré le genre humain au Sacré Cœur.Pie XII, qui donnera la grande encyclique Haurietis aquas (15 mai 1956) sur le Sacré Cœur, en est parfaitement conscient.Comment pourrions-Nous ne pas saisir avec joie cette occasion du culte au Roi des rois et Seigneur des seigneurs comme la prière d\u2019introït de Notre pontificat, dans l\u2019esprit de Notre inoubliable prédécesseur et en fidèle réalisation de ses intentions?Comment n\u2019en ferions-Nous pas l\u2019alpha et l\u2019oméga de Notre volonté et de Notre espérance, de Notre enseignement et de Notre activité, de Notre patience et de Nos souffrances, toutes consacrées à la diffusion du Règne du Christ ?Cette prière d\u2019introït terminée, Pie XII énonce quelle est la tâche du suprême pontificat: « Rendre, avec une apostolique fermeté, témoignage à la vérité.» Cette vérité, entièrement contenue dans la tradition et close avec la mort du dernier apôtre, est une vérité à la fois immuable et vivante.Depuis que le Verbe a parlé par la voix des prophètes et des écrivains de l\u2019ancienne Loi et par celle des apôtres et des évangélistes de la Loi nouvelle, il y a la parole qui garde, explique, définit cette Parole par le magistère ordinaire et extraordinaire de l\u2019Église.Deux encycliques surtout ont eu pour objet la fidélité des chrétiens dans l\u2019approfondissement du dépôt révélé: Divino afflante Spiritu (30 septembre 1943) sur les études bibliques, et Humani generis (12 août 1950) sur certaines tendances doctrinales.Si Pie XII indique, dans Divino afflante Spiritu, les conditions d\u2019un nouveau progrès: recours aux textes originaux, études des langues bibliques, critique textuelle, exégèse fondée surtout sur le sens littéral et ordonnée vers la théologie, attention donnée à la personnalité des auteurs sacrés et surtout aux genres littéraires employés par « les écrivains des temps éloignés », il prend soin également de rappeler la tradition immédiate, puisqu\u2019il donne cette encyclique en l\u2019année même du cinquantenaire de la lettre Providen-tissimus Deus (18 nov.1893) de Léon XIII, et retrace, dans une première partie historique, l\u2019œuvre de ses prédécesseurs.L\u2019encyclique Humani generis a voulu mettre en garde théologiens, philosophes et savants contre des déviations nullement imaginaires.De même qu\u2019il y eut autrefois des gens pour demander si l\u2019apologétique traditionnelle de l\u2019Église ne constituait pas plutôt un obstacle qu\u2019une aide pour gagner les âmes au Christ, il n\u2019en manque pas non plus aujourd\u2019hui pour aller jusqu\u2019à demander sérieusement si la théologie et la méthode qu\u2019elle emploie, telles qu\u2019elles se pratiquent dans les classes avec l\u2019approbation de l\u2019autorité ecclésiastique, ne doivent pas être non seulement perfectionnées, mais encore complètement réformées pour que le règne du Christ soit plus efficacement propagé dans le monde entier parmi les hommes de quelque culture ou de quelque opinion religieuse que ce soit.Il s\u2019agissait moins d\u2019une doctrine cohérente comme au temps du modernisme que de tendances « iréniques » et de dispositions d\u2019esprit qui « par manie de nouveauté et par un propos mal réglé d\u2019apostolat », mettaient en cause.ce qui en fait est fondé sur les lois mêmes et les principes posés par le Christ et sur les institutions établies par lui, ou bien constitue la défense et le soutien de l\u2019intégrité de la foi et ne saurait, en disparaissant, qu\u2019assurer l\u2019union dans la ruine.Pie XII condamne des issues, balise la voie, reconduit sur la route royale de la tradition.Humani generis renvoie, en somme, aux enseignements d\u2019Aeterni Patris de Léon XIII, de Studiorum ducem de Pie XI, et répète Vite ad Thomam de Pie X.Quant aux grandes encycliques missionnaires Evan-gelii praecones (2 juin 1951) et Fidei donum (21 avril NOVEMBRE 1958 283 1957), il est manifeste qu\u2019elles mûrissent les principes et les consignes de Maximum illud (30 novembre 1919) de Benoît XV, et de Rerum Ecclesiae (28 février 1926) de Pie XI.D\u2019ailleurs, Pie XII annonçait dans son encyclique inaugurale qu\u2019il allait répéter un geste de Pie XI: Ceux qui entrent dans cette Église, quelle que soit leur origine ou leur langue, doivent savoir qu\u2019ils ont un droit égal dans la maison du Seigneur, où régnent la loi et la paix du Christ.C\u2019est en conformité avec ces règles d\u2019égalité que l\u2019Église consacre ses soins à former un clergé indigène à la hauteur de sa tâche, et à augmenter graduellement les rangs des évêques indigènes.Et pour donner à Nos intentions une expression extérieure, Nous avons choisi la fête prochaine du Christ-Roi pour élever à la dignité épiscopale, sur le tombeau du Prince des Apôtres, douze représentants des peuples ou groupes de peuples les plus divers.Peu après, le 8 décembre 1939, un décret de la Sacrée Congrégation de la Propagande autorisait certaines cérémonies en l\u2019honneur de Confucius et des ancêtres, et supprimait le serment sur les rites chinois.C\u2019est encore Pie XII qui, par la constitution apostolique Quotidie Nos (11 avril 1946), établissait la hiérarchie épiscopale en Chine, et qui donnait, plus tard, leurs premiers cardinaux à la Chine et à l\u2019Inde.A la hâte, il remplissait la promesse de Summi Pontificatus : c\u2019est que le sol avait été préparé par Benoît XV et Pie XI.Un jour et une heure exacts fixent le moment suprême du magistère de Pie XII.La grande encyclique Mystici Corporis (29 juin 1943), qui marque une date dans l\u2019ecclésiologie et l\u2019histoire de la vie spirituelle, contenait des pages très denses sur le rôle de Marie, mère non seulement du Christ historique mais du Christ mystique.Après avoir résumé les grandes thèses de la théologie mariale, Pie XII terminait par cette imploration: Nous supplions donc la très sainte Mère de tous les membres du Christ, au Cœur immaculé de laquelle nous avons consacré avec confiance tous les hommes et qui maintenant au ciel resplendit dans la gloire de son corps et de son âme et règne avec son Fils.Ce fut un tressaillement dans le monde chrétien, car c\u2019était sa foi dans « la dormition de la Vierge » que confirmait explicitement la voix de Pierre.Cette voix infaillible était, cependant, celle du magistère ordinaire.Les chrétiens appelaient une définition plus solennelle encore: celle du magistère extraordinaire.Elle leur fut donnée, le 1er novembre de l\u2019an de grâce 1950, quand, devant une foule immense massée sur la place Saint-Pierre, Pie XII proclama, déclara et définit pour l\u2019honneur de son Fils, Roi immortel des siècles et Vainqueur de la mort et du péché.que c\u2019est un dogme divinement révélé que Marie, l\u2019immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste.Cet enseignement infaillible et irréformable de Pie XII sur l\u2019Assomption n\u2019est que l\u2019épanouissement du dogme de l\u2019Immaculée-Conception, défini par Pie IX.Mieux encore, cette matinée du 1er novembre 1950 décrite par Pie XII comme « lumineuse, d\u2019une 284 insolite et mystérieuse beauté » saluait, par-delà les siècles, la nuit bénie de l\u2019an 453 où, à Éphèse, les chrétiens dansèrent de joie dans les rues et, allumant des torches, firent cortège aux Pères du Concile qui venaient de proclamer Marie, Mère de Dieu.VALEURS DE CIVILISATION A ce magistère ordinaire et extraordinaire de l\u2019Église rompant pour ses enfants le pain de la vérité surnaturelle, il convient de rattacher ces messages, surtout de Noël, qui sont l\u2019insertion dans l\u2019histoire des vérités de l\u2019Évangile, et l\u2019épanchement de la charité de l\u2019Église sur les besoins temporels des hommes.Parmi tous les besoins de notre temps, le plus grand sans conteste est celui de la paix.Sans conteste aussi, la paix fut la grande préoccupation de Pie XII.Il la portait dans son nom prédestiné : Pacelli \u2014 Pax coeli; il la grava dans ses armoiries « d\u2019azur à colombe d\u2019argent, tenant au bec à senestre un rameau d\u2019olivier.l\u2019arc-en-ciel en chef »; il en fit sa devise: Opus iustitiae pax : la paix est l\u2019œuvre de la justice.A peine monté sur le trône de Pierre, Pie XII multiplie appels et démarches en faveur de la paix.A un monde penché sur l\u2019abîme, il lance un grand cri (29 août 1939) : « Rien n\u2019est perdu avec la paix.Tout peut l\u2019être dans la guerre.» En vain.Les jeux sont faits.La folie des hommes choisit la guerre.Mais ce cri, il s\u2019épuisera maintenant à l\u2019épeler et à l\u2019expliquer: durant la guerre, par-dessus le fracas des armes; après la guerre, pardessus le bruit des querelles.Chaque Noël, sa voix descend comme une rosée du ciel sur la fièvre des hommes.Elle explique les conditions d\u2019une paix juste, les victoires de l\u2019esprit évangélique, les présupposés essentiels de l\u2019ordre international, les « bornes milliaires» du chemin de la paix, les principes d\u2019une vraie paix, la vraie volonté chrétienne de paix, la coexistence dans la vérité, le vrai et le faux réalisme, l\u2019optimisme chrétien.Elle insiste sur l\u2019unité juridique de la communauté des nations qu\u2019elle appelle la famille humaine, sur l\u2019organisation d\u2019institutions internationales, sur l\u2019équitable répartition des richesses économiques, sur le droit d\u2019immigration, sur les droits culturels des minorités; et toujours elle remonte à la source de tout ordre: à la volonté créatrice et ordonnatrice de Dieu, répétant de mille manières que la dignité^de l\u2019homme est la dignité de l\u2019image de Dieu; celle de l\u2019État, la dignité de la communauté morale voulue par Dieu; celle de l\u2019autorité politique, la dignité de sa participation à l\u2019autorité de Dieu.(Noël 1944.) Aucun pape n\u2019aura autant que Pie XII parlé de paix, de ce qu\u2019elle est et de ce qu\u2019elle n\u2019est pas.Sortant comme un ressuscité des ombres de la mort où l\u2019avait conduit une très grave maladie en décembre 1954, et embrassant d\u2019un regard d\u2019ensemble son pontificat, il pouvait dire en vérité : Il Nous semble que la divine Providence ait le dessein de Nous confier la mission particulière de contribuer à recon- RELATIONS duire l\u2019humanité, par une action patiente et presque épuisante, sur les sentiers de la paix.Un fleuve de paix sur le monde.C\u2019est là le voeu que Nous avons le plus longtemps nourri en Notre âme, pour lequel Nous avons prié avec le plus de ferveur et auquel Nous Nous sommes consacré depuis le jour où il plut à la divine Bonté de confier à Notre humble personne la haute et redoutable charge de Père commun des peuples.Mais ces conseils de Pie XII, ces prédécesseurs aussi les avaient donnés; ces appels, ils les avaient aussi multipliés; ces solutions constructives, ils les avaient au moins ébauchées.Saint Pie X n\u2019a-t-il pas plaidé, jusqu\u2019au dernier jour de sa vie et de toute l\u2019énergie de sa voix paternelle, la cause de la paix ?Benoît XV ne fut-il pas le pape douloureux dont les belligérants repoussèrent les propositions de paix (1er août 1917) et la médiation diplomatique ?Pie XI, le jour même de son avènement pontifical, n\u2019a-t-il pas formulé des vœux pour Rome et pour l\u2019Italie, mais aussi pour toutes les nations et tous les peuples, en vue d'une pacification universelle?Sa devise n\u2019était-elle pas: la paix du Christ dans le règne du Christ ?Et n\u2019offrait-il pas de tout cœur sa vie pour le salut et la paix du monde: soit que le Seigneur de la vie et de la mort voulût mettre un terme à l\u2019inestimable don d\u2019une vie déjà longue, soit qu\u2019il voulût prolonger encore la journée de labeur de l\u2019Ouvrier affligé et fatigué?Nul doute, cependant, que l\u2019œuvre de paix de Pie XII dépasse celle de ses prédécesseurs, et par la hauteur et l'ampleur des exposés, et par la précision des directives, et par l\u2019accent des exhortations, et par les appels à la prière.Mais elle prolonge un travail déjà commencé: celui de donner un véritable ordre international à un monde à peine sorti de son âge féodal et où le droit et la politique parlent encore les langues confondues de Babel.Cependant, une nouvelle civilisation se dessine au milieu des craintes et des angoisses de notre temps.Un jour, elle fera éclater les nationalismes étroits et ces souverainetés d\u2019État, sources de conflits et de guerres.Fille du Créateur, fondée sur l\u2019ordre même des choses, elle ne sera restreinte ni à un pays, ni à une race, ni à un bloc de nations, mais embrassera tous les peuples de la terre dans l\u2019unité diverse d\u2019une même famille.A l\u2019élaboration de cette catholicité temporelle et humaine, Pie XII a apporté les levains de la catholicité surnaturelle et divine de l\u2019Église, Corps mystique du Christ.Quand surgira cette véritable société internationale, le monde se rendra compte combien le pape que nous pleurons aujourd\u2019hui fut grand.L\u2019histoire l\u2019appelle déjà le pape de l\u2019ordre international, et lui-même n\u2019a voulu pour tout monument sur sa tombe que l\u2019épitaphe: Père de la Paix.* Nous n\u2019avons rien dit de son action pastorale et liturgique; rien dit de ses discours sur les sciences, les arts et les professions; rien dit de son enseignement social et familial; rien dit de l\u2019action catholique et des instituts laïques; rien dit de ses œuvres pour les sans-patrie et les sans-toit.Mais comment clore ces lignes sans ajouter un mot sur la papauté elle-même ?Ce qui la rend intelligible et infiniment douce aux cœurs catholiques, ce n\u2019est pas le prestige intellectuel d\u2019un homme, sa culture ou son don de commandement.Ce n\u2019est même pas, osons le dire, la nécessité d\u2019un magistère qui rassemble les disciples du Seigneur dans l\u2019unité de la foi.Pour valables et exactes qu\u2019elles soient, ces vues ne sauraient rendre compte de notre attachement passionné au pape où ne joue nulle contrainte légale ou politique.Ce qui l\u2019explique, c\u2019est Jésus-Christ et son amour pour les hommes qu\u2019il a rachetés.Le pape est sur terre, nous le savons, le vicaire de Jésus-Christ, de l\u2019Amour plus fort que le temps et la mort: Qui vous écoute, m\u2019écoute.Il continue ici-bas le mystère du Christ, Sauveur du monde.HORIZON INTERNATIONAL PIE XII ET L'ÉGLISE DU SILENCE Joseph LEDIT, S.J.PARLANT directement aux catholiques allemands, réunis à Berlin le 17 août 1958pour leur Katholikentag ou congrès annuel, Pie XII s'adressa en même temps aux millions qui l'écoutèrent des deux côtés de la frontière qui sépare le monde libre de l'empire rouge, car les postes émetteurs d'Allemagne et d'Autriche furent synchronisés, pour cette occasion, avec Radio-Vatican.«Berlin, dit-il, est le symbole d\u2019un peuple divisé; malgré cette déchirure, les chrétiens sentent qu\u2019une chose les unit les uns aux autres par delà toutes les frontières: l\u2019unité de la foi.» Même les incroyants, les athées se rendent compte qu\u2019on prie et NOVEMBRE 1958 qu\u2019on souffre pour eux.« C\u2019est pourquoi votre congrès, continua le Pape, fut une vraie coexistence dans la vérité et la grâce.» Cette présence du Pape dans tous les journaux du monde, sur tous les écrans, sur toutes les ondes, sauf où l\u2019incompréhension communiste l\u2019écarta pour d\u2019autres nouvelles, comme si les peuples n\u2019avaient le droit de savoir que ce que leurs oppresseurs veulent bien leur communiquer, montra que le Pape coexistait avec tous, dans la paix et dans la vérité.Quant à ceux qui inventèrent le terme de coexistence pacifique, ils prouvèrent uniquement qu\u2019ils 285 n\u2019étaient pas capables de coexister, eux, avec des valeurs vraiment humaines et désintéressées.Jusqu\u2019à sa mort, Pie XII fut meurtri par les barbelés qu\u2019on tendit entre lui et les quatre-vingt millions de catholiques qui lui sont héroïquement fidèles.Le dernier acte solennel de son pontificat fut l\u2019encyclique du 29 juin 1958 sur l\u2019Église de Chine.Elle ne parut que le 8 septembre, un mois avant sa mort, car il avait tenu à ce qu\u2019elle parvienne d\u2019abord aux enfants auxquels elle était destinée, avant qu\u2019elle ne soit disséquée par les bourreaux.H avait tant espéré que la Chine aurait enfin des jours radieux.H aimait sa civilisation millénaire; il trouva des paroles délicieuses pour confier cette joie intime au premier ambassadeur que la République chinoise lui envoya, en 1947.\tLe 18 février 1946, tout de suite après la guerre, au cours de ce consistoire de Pentecôte où l\u2019Esprit toujours nouveau descendit sur l\u2019Église en trombe œcuménique, il avait élevé un chinois, Thomas Tien, à la dignité cardinalice.Quatre mois plus tard, le 6 juillet, il établit des rapports diplomatiques avec la République chinoise, et ce grand pays eut la délicatesse de lui envoyer, comme premier chef de légation, un catholique chinois.Cette marque de courtoisie alla droit au cœur du Pontife.Il était tellement plein d\u2019égards envers autrui que la moindre gentillesse lui causait, à lui, la joie de la surprise.Le 24 novembre de cette même année 1946, il plaça sur les autels 29 chinois, tués pour la foi catholique lors de la persécution des Boxers; 56 autres devaient suivre en 1955.Il faut lire cette épopée dans la lettre Scisso ex Corde Jesu, du 17 avril 1955.Le 11 avril 1948,\tun peu plus de deux ans avant l\u2019effondrement de la Chine libre, il créa de toutes pièces cette magnifique hiérarchie chinoise, avec 70 provinces ecclésiastiques et 88 diocèses; d\u2019autres diocèses devaient naître les deux années suivantes.Le Pontife pouvait alors s\u2019écrier avec Tertullien que le sang des martyrs était semence de chrétiens.Survint alors la catastrophe dont nous avons été témoins au Canada par le retour de nos missionnaires; pas un mot d\u2019amertume ou de désappointement ne jaillit des lèvres du Pape, qui avait pourtant vu s\u2019effondrer un de ses plus beaux rêves.Feuilletez YAnnuario Ponîiftcio, et vous mesurerez l\u2019immensité de la tragédie.A peu près partout, après le nom de l\u2019évêque, vous lirez la mention: empêché, emprisonné, emprisonné puis expulsé, ou encore des points de suspension laissent entendre que, depuis la mort du dernier titulaire, il n\u2019y a plus rien.Quelques rares chiffres, mais ils sont tous de 1950.Il n\u2019y a plus de contact administratif.Ce n\u2019est pas que la liaison entre le Pape et ses enfants soit entièrement brisée.On sait ce qui se passe! L\u2019encyclique du 29 juin 1958 l\u2019indique assez clairement.Quant au gouvernement de l\u2019Église, les prêtres chinois devront s\u2019accommoder de directives générales.L\u2019Esprit de Dieu et la ferveur des fidèles feront le reste.L'Osservatore Romano rapporte d\u2019affreux détails de persécution, en citant Le Livre blanc sur le travail forcé dans la République populaire de Chine, Paris, mai 1957.Le lavage de cerveau, qui brise les volontés au point qu\u2019elles deviennent presque (hélas! il faut dire presque) incapables de poser un acte humain, a eu son effet.Le 13 avril de cette année 1958, deux prêtres acceptèrent de se laisser consacrer évêques sans l\u2019autorisation du Saint-Siège; quatre autres les suivirent le 20 avril et quatre autres encore le 1er juin.Retournez cela comme vous voudrez! En dernière analyse, ces dix hommes ont osé accepter du régime communiste et athée l\u2019autorité divine de pardonner et de retenir les péchés, d\u2019ordonner des prêtres et de faire descendre le Saint-Esprit.Ainsi, le sang du Christ devient instrument de politique athée, et il y a des gens qui appelleront ça de la liberté religieuse.C\u2019est tellement monstrueux qu\u2019il n\u2019y a pas de mots pour décrire ce forfait, et c\u2019est pourquoi ces dix malheureux et ceux qui les sacrèrent tombent sous l\u2019excommunication réservée specialissimo modo au Saint-Siège! Pie XII reconnut, sans doute, qu\u2019ils avaient subi d\u2019effrayantes violences.C\u2019est le lavage de cerveau.C\u2019est l\u2019agonie de Gethsémani qui recommence, cette fois, dans tout le Corps mystique.Ces horreurs n\u2019auraient jamais été consommées s\u2019il n\u2019y avait pas eu des complicités décisives en dehors de Chine, ailleurs que chez les communistes.Mieux que tout autre, le Pape sait ces choses.Il a sondé l\u2019abîme des misères humaines.Avez-vous jamais entendu s\u2019échapper de sa bouche une parole qui prononçât une condamnation irrévocable, qui fermât la porte à la miséricorde?Non, mais nous comprenons pourquoi l\u2019agonie du Souverain Pontife fut si douloureuse.H souffrait, mais dans sa solitude qui fut complète du côté des hommes, il reçut la visite de Dieu.En Chine, comme partout où les communistes ont pris le pouvoir, on est prêt à tolérer l\u2019existence d\u2019Églises nationales, pourvu qu\u2019elles soient émancipées de l\u2019autorité du Pape.Cette idée est vieille de plusieurs siècles; elle est familière, en Occident, à de nombreux non-catholiques.Dans les circonstances qui ont prévalu en régime communiste, l\u2019Église de Dieu devient servante de l\u2019État athée; elle sert à préparer l\u2019apostasie universelle.Beaucoup de nos contemporains, hélas! ne se rendent pas compte que cette tentative d\u2019assujettir Dieu lui-même à l\u2019auteur de toute révolte est horrible.Le drame chinois tient en partie au fait que les catholiques sont une infime minorité, noyée dans une immensité païenne.On a quelque chose de semblable dans l\u2019Union soviétique.Là, l\u2019Église officielle, « orthodoxe », a fait sa soumission au gouvernement.Elle connaît, à ce prix, une autorité et un pouvoir politique plus grands encore que sous les tsars! Elle a pu écraser les Églises catholiques-unies de Galicie, de Russie carpathique, de Roumanie, de Slovaquie, de Bulgarie.Le patriarche Alexis est décoré.Sauf erreur, il est membre du Soviet suprême où il peut siéger en soutane et en mitre.En mai 1958, on fêta à Moscou le quarantième anniversaire du rétablissement du patriarcat.Toutes les Églises « orthodoxes » d\u2019Orient y furent représentées.Les patriarches d\u2019Alexandrie, d\u2019Antioche, de Bulgarie et de Roumanie, de Géorgie et d\u2019Arménie (il s\u2019agit ici du chef de l\u2019Église « grégorienne ») vinrent en personne.Les patriarches de Jérusalem et de Serbie s\u2019excusèrent, ainsi que l\u2019archevêque de Chypre.Le patriarche de Constantinople, l\u2019archevêque d\u2019Athènes, les Églises de Serbie, de Pologne, de Finlande, d\u2019Albanie, de Tchécoslovaquie envoyèrent de brillantes délégations.Moscou n\u2019avait jamais vu, au cours de son histoire millénaire, une solennité aussi universelle.Seules les Églises « orthodoxes » de l\u2019émigration russe refusèrent de s\u2019incliner, restèrent debout et sauvèrent l\u2019honneur de l\u2019antique Orient; mais comme elles sont divisées! 286 RELATIONS Quant aux diocèses catholiques de Russie proprement dite, c\u2019est une vision de désolation.Il n\u2019y a pas de titulaire de l\u2019archevêché de Mohilew.L\u2019administrateur apostolique est toujours Mgr Sloskans.Il fut arrêté en 1927, fit six ans de prison ou d\u2019exil sibérien, fut expulsé d\u2019U.R.S.S.en janvier 1934 et il vit en Belgique depuis lors.L\u2019administrateur apostolique de Kamieniec est encore Mgr Wierbicki, arrêté en 1932, et il y a longtemps qu\u2019on ne sait plus s\u2019il est vivant ou mort.Celui de Zitomir est toujours Mgr Skals-ki, arrêté lui aussi en 1932 pendant la grande déportation de la famine artificielle.Il doit être mort depuis longtemps.Il n\u2019y a personne pour le beau diocèse de Tiraspol, dont presque tous les fidèles étaient de langue allemande, depuis la mort de Mgr Frison en 1927.En 1940, Stalin dispersa ces pauvres Allemands de façon tellement violente qu\u2019on les retrouve n\u2019importe où, de Sibérie jusqu\u2019à l\u2019ouest canadien.De temps à autre, maintenant que le tourisme est un peu ouvert, il nous arrive quelques bribes de nouvelles du fond de la Sibérie, où de rares noyaux de catholiques se reconstituent et où quelque revenant de prêtre, ayant purgé sa sentence avec les suppléments, recommence à dire la messe.Une des dernières joies de Pie XII fut justement de recueillir un écho de la vie chrétienne qui avait surgi en Sibérie et qui lui parvint à travers d\u2019étranges vicissitudes.Il en fut profondément ému.La dernière guerre enrichit l\u2019Union soviétique de plusieurs provinces, qualifiées par le sarcasme communiste de « Républiques souveraines ».Il ne reste plus un seul évêque catholique en Ukraine occidentale, où il y avait une province ecclésiastique de rite ruthène, un autre de rite latin, une troisième de rite arménien.Une rumeur veut que le métropolite Mgr Slipyj soit revenu de son bagne sibérien et qu\u2019il soit empêché d\u2019exercer son ministère.Officiellement, tous nos catholiques de rite oriental se sont soumis « avec joie » à l\u2019obédience moscovite I Pie XII écrivit deux encycliques pour déplorer la persécution de l\u2019Église ukrainienne.Il eut la joie de multiplier les diocèses ruthènes à travers le monde: quatre au Canada, trois aux États-Unis, un au Brésil, un en Australie, un autre en Europe.A côté de la destruction soviétique, nous pûmes ainsi contempler, dans nos pays, la coexistence des rites dans la liberté.Tous les évêques de Lithuanie ont été écartés de leur siège, sauf Mgr Paltarokas, évêque de Panevezys, qui mourut le 3 janvier 1958.Le 11 novembre 1955, avec la permission du Saint-Siège il sacra deux évêques.Depuis la « libération » soviétique, le nombre des églises catholiques tomba de 1202 à 700; en mai 1958, il ne restait plus que 741 prêtres sur 1496 qu\u2019il y avait vingt ans auparavant.En Lettonie, depuis la mort de l\u2019archevêque de Riga, Mgr Springowicz, il n\u2019y a plus que Mgr Pierre Strods, sacré le 25 juillet 1947 avec la bénédiction du Siège apostolique.En mai 1952, désireux de montrer au monde que le Gouvernement soviétique était pacifique durant la guerre de Corée, le patriarcat soviétique mobilisa tous les chefs d\u2019Églises: « orthodoxe », starovière, molokane, catholique, luthérienne, baptiste, juive, musulmane, bouddhiste! C\u2019était pour engager ce monde dans la « lutte pour la paix », si on veut bien nous permettre l\u2019euphémisme gauchiste! Et tous, rabbins, lamas, muftis, évêques et surintendants, s\u2019inclinèrent devant l\u2019autorité patriarcale, vinrent à Moscou, firent leurs discours et signèrent une adresse « au chef bien-aimé des peuples de notre grand État et sage dirigeant de sa politique de paix, porte-drapeau de la paix dans le monde entier ».C\u2019était, vous l\u2019avez deviné, Joseph V.Stalin! Les discours de Mgr Paltarokas et de Mgr Strods me parurent tellement alambiqués, même s\u2019ils étaient « authentiqués » par des photographies des deux prélats, que je les montrai à un confrère de Mgr Strods.La substance du discours est peut-être authentique, répondit celui-ci, car quelques bribes rappellent la thèse de doctorat de Mgr Strods.La rédaction dans son ensemble est manifestement l\u2019œuvre d\u2019une officine soviétique.Et il ajouta: « Ceux qui souffrent le martyre le plus douloureux sont les chefs de l\u2019Église du silence.Ils doivent endurer ces calomnies sans mot dire.Ils seraient bien plus contents si on les envoyait au bagne ou à la mort.» On raconte que, durant la guerre, le Pape aurait fait faire une démarche auprès de Stalin par un homme d\u2019État ami: « Combien de divisions a le Pape ?» demanda le chef soviétique.On sait ce qui arriva à Joseph Stalin, et tout l\u2019univers entendit l\u2019oraison funèbre fortement pimentée que Nikita Khrushchev lui asséna le 25 février 1956.Pie XII, lui, se tourna vers la sainte Vierge.Par sa lettre du 7 juillet 1952, il consacra les peuples de Russie au Cœur immaculé de Marie.En Pologne, la ténacité héroïque du pauvre peuple a eu jusqu\u2019ici raison de la persécution.L\u2019éducation de la jeunesse est sans doute terriblement entravée; les magnifiques œuvres de presse, créées entre les deux guerres mondiales, ont disparu.Le monde a été témoin, en juillet 1958, de l\u2019attentat sacrilège contre Notre-Dame de Czestochowa.La presse officielle se livre, de temps à autre, à quelque attaque contre l\u2019Église, ou un ambassadeur maladroit écoule, à l\u2019étranger, la propagande d\u2019une Église « patriotique » encore moins patriote que religieuse.Parfois, cette pauvre Église « nationale » que les communistes s\u2019efforcent de promouvoir, en Pologne comme ailleurs (comme si la religion était l\u2019affaire d\u2019un État communiste et athée), tente de saisir quelques temples et doit se retirer devant l\u2019irrésistible indignation des fidèles.Car ceux qui n\u2019ont pas vu les masses polonaises ameutées contre une tyrannie qui voudrait leur arracher leur liberté religieuse n\u2019ont pas idée de ce que peut être une colère populaire.Ces gens sont prêts à lutter et à mourir pour leur foi vingt-quatre heures par jour, trois cent soixante-cinq jours par an.Partout, grâce à cette foi irréductible, les évêques sont à leur poste; ils gouvernent leurs diocèses, ordonnent les nouveaux prêtres dans des séminaires qui n\u2019ont jamais connu une telle prospérité.En Pologne, à ma connaissance, il n\u2019y a plus un seul évêque en prison ou aux arrêts.Les statistiques sont, comme pour les autres diocèses du monde libre, de 1957.La grande nouvelle éclata le 31 août.Ce jour-là, YOsservatore Romano annonça, comme la chose la plus naturelle du monde, et comme s\u2019il se fut agi de la France, du Canada ou du Congo, que Pie XII avait créé quatre nouveaux évêques polonais.Il n\u2019y a, bien sûr, aucune garantie du côté du gouvernement que cette liberté sera longtemps maintenue.La dévotion du peuple fidèle en Pologne comme ailleurs, c\u2019est quelque chose.La Pologne apporta beaucoup de consolation à Pie XII.Toute autre est la situation en Tchécoslovaquie, où, après l\u2019emprisonnement du noble archevêque de Prague, Mgr Joseph Beran, le gouvernement communiste créa un Bureau des Affaires ecclésiastiques pour gouverner l\u2019Église NOVEMBRE 1958 287 à la place des évêques et du Pape.Pour les douze diocèses, il n\u2019y a plus que quatre évêques; les huit autres diocèses, en l\u2019absence de leur titulaire emprisonné, arrêté, ou défunt, sont administrés par des ecclésiastiques nommés par ce bureau et par conséquent excommuniés, s\u2019ils acceptent ce mandat contre la volonté de l\u2019évêque légitime ou du Saint-Siège.Aucune trace du diocèse de rite oriental de Preshov; depuis longtemps, Mgr Goiditch est en prison et ses fidèles ont été rattachés à l\u2019Eglise orthodoxe autocéphale de Tchécoslovaquie qui n\u2019est, le lecteur l\u2019a deviné, ni Église, ni orthodoxe, ni autocéphale, puisqu\u2019on voit son archevêque à Moscou chaque fois qu\u2019on lui offre une occasion de s\u2019y promener.Le personnage ecclésiastique le plus important, en Tchécoslovaquie, est le prêtre (ou ex-prêtre) Plojhar, ministre de la Santé, et excommunié depuis qu\u2019il s\u2019est rendu coupable de l\u2019arrestation de son archevêque Mgr Beran.Ce défroqué prétend que le gouvernement communiste de Tchécoslovaquie ne veut pas créer une Église nationale.Le 24 avril 1958, YOsservatore Romano rendit compte du congrès de Caritas, qui eut lieu à Prague le 19 décembre 1957.Ce M.Plojhar y vint dire que les « mouvements patriotes catholiques dans les pays socialistes reconnaissent l\u2019autorité spirituelle du Vatican, mais qu\u2019ils regardent avec beaucoup de réserve la politique vaticane.nous sommes fils de l\u2019Eglise catholique, notre mouvement n\u2019est pas dirigé contre les ordinaires et les évêques ».Il y eut au moins un évêque légitime qui fut obligé d\u2019écouter ce langage sans pouvoir gifler le polisson.Disons tout de suite que cette association Caritas n\u2019est pas plus légitime que l\u2019Action catholique tchécoslovaque, fille elle aussi de ce bureau des Affaires ecclésiastiques.La place nous manque pour décrire ce qui se passe dans les autres pays de l\u2019Église du silence.Les catholiques du Viêt-nam du Nord qui n\u2019émigrèrent pas, lors de la division de leur pays, se trouvent dans une situation identique à celle de leurs frères de Chine, ou peu s\u2019en faut! Les dernières statistiques de Hongrie remontent à 1948.Après que S.Exc.Mgr Groesz fut sorti de prison, on le photographia alors qu\u2019il serrait la main à M.Krushchev; cette photographie voulait dire exactement ceci: à savoir que S.Exc.Mgr Groesz était obligé de se prêter à la comédie de se faire photographier, pour fins de propagande, avec celui qui avait la clef de sa prison.En Roumanie, depuis la destruction totale de l\u2019Église catholique en 1949, en Bulgarie où Mgr Bossilkoff fut condamné à mort et disparut sans nouvelles, il n\u2019y a plus que des fidèles dispersés, des prêtres et évêques emprisonnés, des pauvres gens qui s\u2019appuient sur le Corps mystique de Jésus-Christ.La persécution de l\u2019Église du silence fut la croix sur laquelle Pie XII fut crucifié.Il ne pouvait pas aider beaucoup; du point de vue administratif, il était obligé de se limiter à transmettre des directives qui parvenaient difficilement à ceux auxquels il les destinait.Quand il en parlait ce n\u2019était pas pour soulever l\u2019indignation du monde contre la fourberie des bourreaux et leur hypocrite cruauté, mais uniquement pour rétablir la vérité dans les esprits égarés par la persistance des propagandes mensongères.Surtout, il s\u2019adressa au monde pour demander des prières.Ici, Pie XII fut infatigable.Il multiplia les discours, les encycliques, les appels, les années mariales locales et universelles.Il mit l\u2019Église à genoux.Le grand service que l\u2019Église du silence nous a rendu, grâce à lui, a été de nous faire prier.Et c\u2019est peut-être surtout pour avoir compris et prêché cela que le jour de sa mort Pie XII fut universellement acclamé comme un saint.SOUVENIRS PIE XII, L\u2019ARTISAN DE L\u2019ANNÉE SAINTE Georges ROBITAILLE, S.J.ENNÉE SAINTE DE 1950 dut singulièrement à Pie XII sa physionomie et sa réussite hors pair.Elle lui dut même l\u2019existence; car en 1948,1949, les prophètes de malheur foisonnaient à Rome.L\u2019Allemagne de l\u2019Est vivait sous la menace d\u2019une invasion éclair par la Russie; l\u2019Italie, ressaisie de justesse aux élections de 1947, restait largement ouverte, par suite des misères sociales, de la défaite, de la révolution politique, à la propagande communiste.Des bombes éclatèrent à deux pas de Saint-Pierre.La guerre de Corée risquait d\u2019entraîner le monde dans un nouveau conflit.Surtout, la santé du Saint Père alarmait; n\u2019avait-il pas eu plusieurs défaillances à l\u2019autel ?Le Pape laissait dire.Le 26 mai 1949, en la fête de l\u2019Ascension, estimant « la situation générale suffisamment améliorée », il annonçait par la bulle Jubilaeum maximum la prochaine Année sainte.Le 23 décembre, alors que la Voirie de Rome hâtait l\u2019achèvement de la grande voie d\u2019accès à Saint-Pierre, la Via della Conciliazione, sous la bise qui pince et fait chercher le soleil, dans le narthex de Saint-Pierre, le Pape entouré d\u2019invités de marque et des premiers pèlerins, ouvrait la porte symbolique.Le branle était donné.288 Désormais, de semaine en semaine, de mois en mois, au rythme des congrès, des béatifications, des canonisations, \u2014\tcelles-ci quasi tous les quinze jours d\u2019avril à juillet, celles-là de janvier à mars, puis en octobre et en novembre, \u2014\tle flot ne fit que grossir.Depuis l\u2019inauguration des grands jubilés par Boniface VIII en 1300, Rome, vraisemblablement, n\u2019avait jamais reçu pareille affluence.Il ne paraît pas exagéré d\u2019avancer que trois millions de pèlerins vinrent à la « Maison de famille », à ce « Rendez-vous de famille » qu\u2019est le jubilé, selon les expressions heureuses de louveteaux français sur leur album de Roumieux.Ce grand jubilé, le premier depuis le règlement de la Question romaine en 1929, allait permettre à l\u2019État italien d\u2019exprimer au Saint Père la gratitude de la nation apaisée, qu\u2019il avait soutenue de sa parole, de sa présence navrée aux heures des bombardements puis dans les affres de l\u2019après-guerre.Cette participation de l\u2019État italien conferrait aux grandes cérémonies un éclat de haut prix.Jamais non plus, d\u2019Afrique, d\u2019Asie, d\u2019Amérique les peuples n\u2019étaient venus si nombreux et ceux d\u2019Europe revenaient à une papauté rétablie dans la pure beauté de sa royauté spirituelle.Jusqu\u2019aux protestants, RELATIONS aux orthodoxes et aux juifs qui pouvaient secrètement s\u2019acheminer vers Rome, car Pie XII priait pour eux et savait leur parler sans froisser leurs susceptibilités, fidèle à la vérité et à la charité.Mais plus que tout et que tous, ce qui devait assurer le succès sans égal de l\u2019Année sainte 1950, c\u2019était l\u2019exceptionnelle richesse de la personnalité de Pie XII.Grand par la taille, la distinction, la culture, le prestige des légations illustres qu\u2019il avait accomplies jusqu\u2019en Amérique; grandi jusqu\u2019à l\u2019héroïsme par ses interventions pour éviter la guerre, assister Rome bombardée, la défendre contre les nazis, pour dénoncer sous tous ses masques la persécution communiste, il possédait encore à un degré exceptionnel les dons qui feraient de ces contacts incessants avec l\u2019humanité de tous rangs et de tous visages, l\u2019inoubliable rencontre du Père et de ses enfants.Mentionnons avec Mons.Sergio Pignedoli: « sa paternité accueillante et simple, cet aspect ascétique mais doux, sa connaissance des langues, sa dignité tranquille mais pleine d\u2019affabilité, son geste large et désireux d\u2019atteindre chacun en particulier par la bénédiction et l\u2019amour ».« Aucun pape n\u2019a eu pareil spectacle », écrivait l\u2019archevêque d\u2019Avignon.Est-il téméraire d\u2019ajouter qu\u2019aucun pape ne donna à tous ceux qu\u2019il accueillit, entretint, bénit, salua, le choc d\u2019une bienveillance à ce point personnelle ?« Quand il vous regardait; a-t-on dit, il était tout à vous.» Les audiences Les audiences du Saint Père furent ainsi des moments essentiels de l\u2019Année sainte.En a-t-on jamais établi le nombre?Audiences privées, spéciales, de groupes reçus dans les salons du Vatican ; il y eut 102 audiences générales à Saint-Pierre, l\u2019immense basilique suffisant seule puis ne suffisant plus à contenir les 80,000 pèlerins accourus à la fois saluer leur père.Deux fois la semaine, même au plus fort de la canicule, le pape descendait de sa villa à Rome.Il arrivait à 2 h.30.Peu après, le cortège débouchait par la porte de bronze sur la place, le pape saluant, bénissant, improvisant dans leur langue, pour des groupes, des mots d\u2019ordre griffonnés sur le bras du fauteuil; puis il entrait dans la basilique soulevée de vivats.Tous les groupes étaient appelés et pour chacun en sa réponse le Saint Père avait une parole dans leur langue, car le discours commencé en itaüen ou en latin, devenait allemand, anglais, espagnol, portugais, flamand et autre chose encore, si le Saint Père avait pu préparer un texte.La basilique et les alentours pendant des heures retentissaient des paroles du Saint Père et des vivats de ses fils comblés.Vers les 5 heures, le pape rentrait à Castel Gandolfo.Là-même, il ne se barricadait point.Les foules l\u2019ayant suivi, il paraissait jusqu\u2019à 3 fois le jour au balcon de la cour intérieure et leur parlait avec encore plus de bénignité et d\u2019abandon.Toujours il adressait une courte exhortation, étonnante souvent d\u2019à-propos; ses thèmes préférés étaient la nécessité de la prière et de la grâce de Dieu, l\u2019amour des humbles, des travailleurs, des familles, le souvenir de ceux qui souffrent, la défense de la paix dans les nations et entre elles.Puis, l\u2019entretien devenait intime, familier.Le Pape ne parlait plus à la première personne du pluriel et les auditeurs en venaient à lui dire: « Oui, Père », « Oui, Monsieur », « Oui, Monsieur le Pape.» Il apprend un jour qu\u2019il y a dans la foule deux jeune mariés: « Il y a ici deux jeunes mariés », dit-il aux milliers de pèlerins qui remplissent la cour, et au jeune couple: « Vous avez les vœux de cette belle assemblée.Tout le monde est d\u2019accord.N\u2019est-ce pas ?» Et tous d\u2019applaudir les heureux époux.Ainsi, surmontant avec le sourire les dérangements, les lassitudes, à longueur de l\u2019Année sainte, le matin, l\u2019après-midi, le soir, tard même dans la nuit quand la foule s\u2019attroupait sur la place et sollicitait sa bénédiction, le Saint Père ouvrait son cœur, déversant sur tous, à la mesure de son immense bénédiction, le flot de la divine charité.C\u2019est elle, en effet, qui s\u2019épanchait, comme un baume sur les cœurs joyeux ou meurtris.Les béatifications, les canonisations Les audiences révélaient le Père; les béatifications et les canonisations découvraient le Saint.Pie XII régulièrement descendait présider la bénédiction du Saint Sacrement célébrée en l\u2019honneur du nouveau bienheureux et, en personne, il proclamait les nouveaux saints et chantait en leur honneur la messe pontificale.Ces grandioses cérémonies à la gloire des grands serviteurs de Dieu dont l\u2019Église après des siècles garde la mémoire, qu\u2019elle couronne soudain d\u2019une gloire immortelle, attestant leur présence et leur puissance en notre faveur auprès de Dieu, rappellent admirablement la fin première de l\u2019Église maîtresse de sainteté.Il lui appartient de la susciter et de la proclamer.Pie XII, par le rayonnement de sa sainteté personnelle, assurait à ces grandioses célébrations leur authentique portée spirituelle.Si vous aviez cédé à la curiosité et admiré, au point d\u2019oublier de prier, les marbres, les ors, les tentures, la réussite des éclairages, si vous aviez acclamé le pape à son entrée dans la basilique comme vous l\u2019auriez fait sur la place, brusquement dès que le Saint Père descendait de la sedia et s\u2019agenouillait, puis montait à l\u2019autel et poursuivait dans le plus profond recueillement l\u2019offrande du sacrifice, la réalité spirituelle devenait palpable.A le voir, à l\u2019entendre, vous ne pouviez plus vous méprendre sur ce qui l\u2019occupait tout entier.Par sa présence, par ses gestes, par ses paroles, il vous entraînait dans son silence, sa prière, son sacrifice devant Dieu.De toutes les journées glorieuses où l\u2019Église sanctificatrice couronna en l\u2019Année sainte la sainteté, la plus belle incontestablement fut celle du 24 juin, où fut canonisée l\u2019humble vierge et martyre, sainte Maria Goretti.Répondant aux vœux de la foule, le Saint Père décida que la cérémonie se ferait sur la place Saint-Pierre.D\u2019une fenêtre du palais pontifical, la vénérable mère de la sainte assisterait à la glorification de son enfant.Elle serait quelques jours plus tard reçue par le Saint Père avec les plus grands honneurs, ceux mêmes des réceptions royales.L\u2019après-midi était splendide, lumineuse et douce.L\u2019encadrement de la vaste place, les tribunes installées de chaque côté sur les abords de la colonnade et occupées par les pèlerins de marque, l\u2019autel dressé sur le porche donnaient à la cérémonie une majesté exceptionnelle.La parole du Saint Père couronna cette réussite par l\u2019homélie vibrante qu\u2019il prononça en italien, avant la bénédiction, la gloire de la jeune martyre.Pasteur angoissé par le spectacle des âmes qui se perdent, exalté par celle qui poussa jusqu\u2019à la mort la fidélité, il fut à un moment si inspiré, si pressant qu\u2019il interpella les jeunes puis leurs parents: « O jeunes gens, garçons et fillettes bien-aimés, pupilles des yeux de Jésus-Christ et des Nôtres, NOVEMBRE 1958 289 dites! Etes-vous bien résolus à résister avec fermeté à tout attentat que d\u2019autres oseraient faire à votre pureté ?» Les jeunes d\u2019une seule voix répondirent, puis leurs parents.Nous étions loin des splendeurs de chair déployées sous nos yeux, elles-mêmes prenaient leur sens et nous rappelaient indiscutablement, grâce à la parole du pape, le prix de la virginité héroïque que Dieu par son Église glorifiait.La définition de l'Assomption Enfin, il faut dire un mot du 1er novembre 1950, jour où fut proclamé le dogme de l\u2019Assomption de Notre-Dame; ce fut manifestement le sommet de cette année de grâce, et, singulièrement encore, l\u2019œuvre personnelle de Pie XII.Depuis un siècle déjà, l\u2019espoir de cette définition soulevait les cœurs, puisqu\u2019en 1854, lors de la définition du dogme de l\u2019immaculée Conception, deux cents évêques adhérèrent au projet.Depuis 1920, des pétitionnaires par millions exprimèrent au Saint Père ce souhait; de 1941 à 1950, leur nombre s\u2019accrut considérablement.En 1946, Pie XII ouvrait discrètement une enquête dans toute l\u2019Église, auprès de la Hiérarchie et des fidèles, sur l\u2019état de cette croyance dans l\u2019Église et demandait aux cardinaux, archevêques et évêques de lui exprimer leur sentiment sur la possibilité et l\u2019opportunité d\u2019une telle définition.Leur réponse fut unanime: 1169 cardinaux, archevêques et évêques, sur 1191 interrogés, jugeaient possible et opportune la définition de l\u2019Assomption.Cet accord révélait à quel point, sous l\u2019action de l\u2019Esprit Saint, la foi en l\u2019Assomption était devenue universelle; c\u2019était la foi commune; c\u2019était une vérité de foi.Était-il à propos de proclamer cette vérité en la définissant solennellement?Il appartint à Pie XII de prendre cette décision historique, après de longues et ferventes prières, nous avoue-t-il.Soudain, en pleine Année sainte, le 15 août, parut dans YOsservatore Romano l\u2019entrefilet suivant: « Nous sommes informés que Notre très Saint Père a l\u2019intention de tenir, le lundi, 30 octobre prochain, un Consistoire secret, afin de faire connaître son intention de proclamer, le mercredi suivant, 1er novembre, fête de tous les Saints, dans la Basilique patriarcale vaticane, le dogme de l\u2019Assomption de la bienheureuse Vierge Marie au ciel.» L\u2019Année sainte, du coup, bouillonna d\u2019une ferveur nouvelle.Cardinaux, archevêques, évêques, prêtres, religieux, religieuses, fidèles, comme une vague de fond déferlèrent sur Rome.Saint-Pierre prit un nouveau visage; des tribunes d\u2019une étendue, d\u2019une hauteur inusitées furent dressées dans la vaste abside; la colonnade, les statues qui la surmontent se parèrent pour une illumination sans exemple.Enfin se leva, dans le bourdonnement des pèlerins accourus de nuit sur la place, le jour radieux, mis en réserve par Dieu pour la gloire de sa Mère.Une matinée d\u2019or, limpide comme un jour d\u2019avril, douce et paisible, sans chaleur, sans froidure, pure comme il s\u2019en voit très peu à Rome en cette saison; en effet, dès le lendemain, la brume reparaissait et le surlendemain, c\u2019était l\u2019habituelle pluie d\u2019automne.Dès 8 h.l\u2019immense place était remplie et la foule débordait par la Via della Conciliazione jusqu\u2019au Tibre: peut-être un million de fidèles, recueillis dans la prière des litanies, le chant du Credo, repris de temps à autre par les haut-parleurs.Vers 8 h.30, de la porte de bronze, s\u2019ébranla vers l\u2019obélisque pour monter ensuite vers la façade devenue un immense retable, le cortège papal.Plus de six cents cardi- 290 naux, archevêques et évêques, en dalmatiques, chasubles ou chapes dorées ou blanches, coiffés de la mitre blanche, précédaient et suivaient la s edi a où le pape lui aussi portait la mitre blanche: présence visible du magistère vivant formé du Pape et des évêques, de l\u2019Église enseignante au milieu de l\u2019Église enseignée, autour de son Chef infaillible.Une dernière demande en faveur de la définition ayant été adressée au Saint Père par le cardinal-doyen et le Saint Père ayant acquiescé et ordonné une dernière prière silencieuse puis publique par le chant du Veni Creator, qu\u2019il entonna, Pie XII prit la parole et d\u2019une voix nette et vibrante qui portait jusqu\u2019au Tibre, proclama l\u2019infaillible vérité: C\u2019est pourquoi, après avoir adressé à Dieu d\u2019incessantes et suppliantes prières et invoqué les lumières de l\u2019Esprit de vérité, pour la gloire du Dieu tout-puissant qui prodigua sa particulière bienveillance à la Vierge Marie, pour l\u2019honneur de son Fils, Roi immortel des siècles et Vainqueur de la mort et du péché, pour accroître la gloire de son auguste Mère et pour la joie et l\u2019exultation de l\u2019Église tout entière, par l\u2019autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et par la Nôtre.Nous proclamons, déclarons et définissons que c\u2019est un dogme divinement révélé que Marie, l\u2019immaculée Mère de Dieu, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste.Un tonnerre d\u2019allégresse s\u2019éleva partout de la place et de ses alentours.L\u2019Église universelle clamait sa foi: par ses évêques, et ses fidèles accourus de partout; blanche, noire, jaune, brune, de tous rangs, de tous costumes, de toutes langues, de tous pays; tous dans l\u2019allégresse filiale acclamaient leur Mère.L\u2019Église millénaire s\u2019y entendait de même, car la louange nouvelle fixée par la définition était l\u2019aboutissement, l\u2019arrivée à maturité d\u2019un mouvement de réflexion, en travail dans l\u2019Église depuis mille ans et plus.Ces voix innombrables des papes, des docteurs, des fidèles des siècles passés comme un murmure harmonieux s\u2019exprimaient en ce jour, alors que le Souverain Pontife, récapitulant dans la définition nouvelle les définitions anciennes, proclamait, dans une saisie plus profonde des gloires de Marie, que « l\u2019immaculée Mère de Dieu a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste ».Ainsi par la définition de l\u2019Assomption, Pie XII donnait à l\u2019Église l\u2019expérience ineffable de sa vitalité souveraine dans l\u2019exercice de son magistère infaillible.Et il la donnait à tous les fidèles, tant la vérité définie était accessible.L\u2019Église en ce jour vivait son unité, sa pérennité; elle vivait la grâce d\u2019être assistée indéfectiblement par l\u2019Esprit et d\u2019être conduite par Lui en la possession de jour en jour plus profonde de l\u2019inépuisable lumière léguée par le Christ son Epoux.Dieu visiblement bénissait son Église et son Pasteur; il faisait réussir exemplairement ces journées de lumière et de grâce.Tous les espoirs étaient comblés et dépassés.A qui devions-nous tant de faveurs?Qui sur la terre les avait sollicitées et obtenues?Quand quatre ans plus tard le voile se leva sur les faveurs accordées en ces jours par Notre-Dame à celui qui l\u2019avait glorifiée, et plus tard, sur celle, plus sublime encore, accordée par le Christ en personne à son vicaire, beaucoup comprirent et s\u2019expliquèrent le charme mystérieux qui de Pie XII n\u2019avait cessé de rayonner: sa bonté inconfusible, son zèle flamboyant à proclamer la sainteté, sa passion d\u2019enseigner à tous la parole de Dieu avaient rendu sensible à tous, comme une présence palpable, l\u2019Église sanctificatrice et le Christ qui par elle sauve les hommes.RELATIONS LA POLITIQUE FÉDÉRALE LA DÉCLARATION CANADIENNE DES DROITS DE L'HOMME Richard ARÈS, S.J.1E CANADA aura donc bientôt sa déclaration des droits de l\u2019homme.Après quinze ans d\u2019efforts tenaces en ce sens, M.Diefenbaker est maintenant en mesure de réaliser son ambition de doter notre pays d\u2019un Bill of Rights.Déjà, le 5 septembre dernier, il a déposé à la Chambre des Communes un projet de loi sur le sujet, projet dont il demandera l\u2019adoption le plus tôt possible à la prochaine session du parlement, lorsque, a-t-il déclaré, les organismes et les particuliers qui s\u2019intéressent à cette question « nous auront fait tenir leurs observations ».Ici pour le moment suffiront quelques remarques sur le but et le contenu de cette déclaration ainsi que sur le problème constitutionnel qu\u2019elle soulève.I.\u2014 LE BUT DE LA DÉCLARATION M.Diefenbaker sait que les gouvernements, surtout quand ils sont puissants, ont tendance à rechercher une action rapide et efficace aux dépens parfois des libertés et des droits de leurs citoyens.Il le sait et s\u2019en inquiète.Aussi a-t-il voulu élaborer une loi qui soit comme un rempart entre l\u2019action gouvernementale fédérale et ces droits et libertés.D\u2019où le titre officiel du nouveau projet: « Loi ayant pour objets la reconnaissance et la protection des droits de l\u2019homme et des libertés fondamentales ».Sur cet objectif général, est-il besoin de le dire?nous sommes entièrement d\u2019accord.La doctrine sociale catholique fait des droits de l\u2019homme un élément essentiel du bien commun dont l\u2019État a la charge; elle assigne à ce dernier le devoir de les reconnaître, de les protéger et de les promouvoir; bien plus, elle soutient qu\u2019 « en aucun cas, ils ne peuvent être sacrifiés à une prétendue raison d\u2019État » (Pie XII, 15 juillet 1950) et que le respect de ces droits par les États est une des conditions de la paix dans et entre les nations: Qui veut que l\u2019étoile de la paix se lève et repose sur la société doit concourir, pour sa part, à rendre à la personne humaine la dignité qui lui a été conférée par Dieu dès l\u2019origine.(il doit, en particulier,) promouvoir le respect et l\u2019exercice pratique des droits fondamentaux de la personne.(Pie XII, message de Noël 1942.) A ne considérer donc que l\u2019intention qui l\u2019inspire, le projet Diefenbaker mérite non seulement approbation, mais éloge.On peut se demander cependant si dans la pratique la nouvelle déclaration constituera vraiment une protection efficace des droits de l\u2019homme et des libertés fondamentales.En effet, pour qui s\u2019en tient au texte littéral et aux exposés très explicites du premier ministre du Canada, la déclaration ne s\u2019applique qu\u2019au champ de compétence du parlement fédéral et n\u2019assure guère de protection \u2014 du moins en principe \u2014 aux droits et libertés qui relèvent de la juridiction provinciale.De plus, en dépit de son allure solennelle, elle demeure une loi ordinaire d\u2019un parlement fédéral.Les autres parlements qui suivront s\u2019estimeront-ils liés par elle ?En droit britannique, le parlement est souverain; ce qu\u2019un parlement a fait, un autre peut le défaire.Sans doute, est-il peu probable qu\u2019un prochain gouvernement transgresse directement et ouvertement les dispositions fondamentales de la loi Diefenbaker; s\u2019il ne l\u2019ose pas, cèdera-t-il à cette loi ou à la tradition britannique respectueuse des droits de l\u2019homme?Il est permis certes de se poser la question.De ces défauts et faiblesses le premier ministre Diefenbaker est conscient, mais dans les circonstances, dit-il, c\u2019est le mieux que le gouvernement fédéral puisse faire.Il s\u2019agit à ses yeux d\u2019une première étape; aussi ajoute-t-il: « Cette mesure représente le premier pas vers la réalisation d\u2019un projet que les Canadiens ont en tête depuis de nombreuses années.» IL \u2014 LE CONTENU Que contient ce nouveau Bill of Rights?Il comporte essentiellement deux grandes parties: il énonce les droits et les libertés à sauvegarder pour l\u2019avenir au Canada, il traite de certaines dispositions à prendre en temps de guerre.Des six paragraphes qui le composent, le deuxième, sous sa forme déclarative, est le plus important et dit l\u2019essentiel.En voici la teneur: Il est, par les présentes, reconnu et déclaré que les droits de l\u2019homme et les libertés fondamentales ci-après énoncés ont toujours existé, et continueront à exister au Canada: a) le droit de l\u2019individu à la vie, à la liberté, à la sécurité de la personne ainsi qu\u2019à la jouissance de ses biens, et le droit de n\u2019en être privé que par des voies de droit régulières; b) le droit de l\u2019individu à la protection de la loi sans distinction de race, d\u2019origine nationale, de couleur, de religion ou de sexe; c) la liberté de religion; d) la liberté de réunion et d\u2019association, et f) la liberté de la presse.Le paragraphe qui suit détaille ce qu\u2019il faut entendre par le droit de l\u2019individu à n\u2019être privé de sa liberté que « par des voies de droit régulières » {by due process of law): interdiction de la torture, de traitements inhumains ou dégradants, obligation de donner au plus tôt la raison de l\u2019arrestation, présence nécessaire d\u2019un avocat, etc.Il s\u2019agit d\u2019un énoncé classique des droits de l\u2019homme, de ceux que les nouvelles constitutions tendent de plus en plus à reconnaître un peu partout dans le monde.Le projet Diefenbaker incorpore, et souvent dans les mêmes termes, un bon nombre des droits proclamés, il y a une dizaine d\u2019années, par les Nations Unies dans leur Déclaration universelle des Droits de l\u2019homme, mais il laisse de côté, \u2014 est-ce chez son parrain conviction personnelle, prudence ou crainte d\u2019un conflit juridictionnel ?\u2014 ce que l\u2019on appelle aujourd\u2019hui les droits sociaux : droit de se marier et de fonder une famille, droit à la sécurité sociale, droit au travail, droit de fonder des syndicats, droit à l\u2019éducation, etc., tous droits reconnus et proclamés dans la Déclaration universelle des Nations Unies.Il ne dit rien non plus des droits minoritaires, ni des droits culturels.A propos de la formulation des droits dans le projet canadien, une observation me paraît s\u2019imposer.La déclaration est rédigée en termes très simples, à la portée de tous: c\u2019est là l\u2019une de ses grandes qualités; mais elle revêt aussi, et peut-être par le fait même, un cachet individualiste NOVEMBRE 1958 291 et absolutiste qui ne nous donne pas entière satisfaction.Ce sont les droits et les libertés de Y individu \u2014 of the individual \u2014 qu\u2019elle énonce, et elle le fait d\u2019une façon absolue.Nulle part elle ne mentionne que cet individu fait aussi partie intégrante d\u2019une société envers laquelle il a des obligations; nulle part elle ne laisse soupçonner que ces droits de l\u2019individu puissent avoir des limites, ou qu\u2019ils se fondent sur des devoirs à accomplir.Soit, par exemple, la liberté d\u2019expression par la parole et par la presse.Un partisan d\u2019un ordre public d\u2019inspiration individualiste et libérale souscrira volontiers à l\u2019assertion suivante: There is a market place of ideas where, like goods, ideas may be bought and sold.This market is governed by free trade.Any idea may be expressed, and it will be driven from the market only by its own failure to win a following.(Edwin S.Newman, The Law of Civil Rights and Civil Liberties, 1957, p.9.) Par contre, un philosophe catholique comme Jacques Maritain précisera à propos de la même liberté d\u2019expression: Il n\u2019est pas vrai que toute pensée comme telle, et du seul fait qu\u2019elle est née dans une intelligence humaine, a le droit d\u2019être propagée dans la communauté politique.Celle-ci a le droit de s\u2019opposer à la propagation du mensonge et de la calomnie; aux activités qui ont pour but la dépravation des mœurs; à celles qui ont pour but la destruction de l\u2019État et des fondements de la vie commune.{Les Droits de l'homme et la loi naturelle, p.91.) Sans doute s\u2019agit-il, dans le projet Diefenbaker, d\u2019une déclaration, non pas des devoirs mais des droits du citoyen canadien; on aurait désiré cependant y retrouver un accent social, un rappel des obligations que comporte la vie en société.Les articles 29 et 30 par lesquels se termine la Déclaration universelle des Droits de l\u2019homme en fournissaient pourtant l\u2019inspiration.En effet, après avoir souligné que « l\u2019individu a des devoirs envers la communauté », et que l\u2019exercice des droits est soumis à certaines limitations, notamment à celles qui visent à « satisfaire aux justes exigences de la morale, de l\u2019ordre public et du bien-être général dans une société démocratique », ces articles concluent que rien dans la Déclaration n\u2019accorde à « un individu un droit quelconque de se livrer à une activité où d\u2019accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés ».Il y a là un équilibre et un tempérament qui manquent à la Déclaration canadienne.UI.\u2014 LE PROBLÈME CONSTITUTIONNEL Nos observations sur le projet Diefenbaker pourraient s\u2019arrêter là si le Canada était un État unitaire à l\u2019instar de la Grande-Bretagne ou de la France.Mais, \u2014 et c\u2019est là que surgit l\u2019inévitable problème constitutionnel \u2014 le Canada forme un État de type fédératif: il est doté d\u2019une constitution qui partage l\u2019exercice des pouvoirs entre deux ordres de gouvernement, maître chacun et souverain dans sa sphère d\u2019activités.D\u2019où la nécessaire question: de quel ordre gouvernemental relève la législation sur les droits de l\u2019homme et les libertés fondamentales: de l\u2019ordre fédéral ou de l\u2019ordre provincial ?La réponse n\u2019est pas simple et ne saurait être ni tranchante ni globale.Il y a une dizaine d\u2019années cependant, la tendance à cet égard favorisait nettement l\u2019ordre provincial.J\u2019en donne deux preuves de fait.292 En 1947-1948, siège à Ottawa un comité mixte du Sénat et de la Chambre des Communes; il a pour tâche d\u2019étudier le projet de déclaration des droits de l\u2019homme par les Nations Unies ainsi que le problème constitutionnel que soulève pour le Canada l\u2019application d\u2019un tel projet.Ée comité décide de consulter les autorités provinciales et les facultés de droit du pays; il leur pose la question suivante: de quel pouvoir, à leur avis, relève la juridiction sur les droits de l\u2019homme ?Seule la Saskatchewan reconnaît la juridiction fédérale, les autres provinces ou ne répondent pas ou soutiennent que les droits de l\u2019homme relèvent principalement de leur autorité.Quant aux doyens des facultés de droit, la plupart sont d\u2019avis que le parlement fédéral n\u2019a que des pouvoirs restreints en la matière; pour les uns, les droits de l\u2019homme se rattachent à la propriété et aux droits civils, qui sont de la compétence exclusive des provinces; pour les autres, il s\u2019agit d\u2019un cas de juridiction mixte, mettant en cause les deux pouvoirs, un cas par conséquent qu\u2019aucun d\u2019eux ne saurait régler à lui seul.En cette même année 1948, les Nations Unies adoptent à Paris leur Déclaration.Notre ministre des Affaires extérieures, M.Pearson, prend part aux délibérations.Nous sommes prêts, déclare-t-il, à souscrire aux principes généraux de la Déclaration, mais certains articles concernent plutôt la juridiction des provinces que celle du gouvernement central.La Constitution canadienne limite l\u2019action du gouvernement du Canada dans le domaine des droits de l\u2019homme; et M.Pearson d\u2019ajouter dans sa langue: I wish to make it clear here, that, in regard to any rights which are defined in this Document, the Federal Government of Canada does not intend to invade other rights which are also important to the people of Canada.By this I mean the rights of the Provinces under our Federal Constitution.We believe that the rights set forth in this Declaration are operated and well protected in Canada.We shall continue to develop and maintain these rights, but we shall do so within the framework of our constitution which assigns jurisdiction in regard to a number of important questions to the legislatures of our Provinces.Depuis 1948 toutefois, s\u2019est développée une nouvelle tendance beaucoup plus favorable à la juridiction fédérale, tendance à laquelle sans doute n\u2019ont pas été étrangères telles décisions récentes de la Cour suprême.Or le projet Diefenbaker va non seulement renforcer cette tendance mais encore la solidifier, la cristalliser pour ainsi dire; il constituera en la matière une sorte de point of no return : une fois ce point dépassé, plus de retour possible à la juridiction provinciale.M.Diefenbaker agit exactement, dans cette affaire des droits de l\u2019homme, comme M.Louis Saint-Laurent dans l\u2019affaire de l\u2019amendement constitutionnel de 1949, par lequel le parlement fédéral se fit reconnaître par Londres le droit de modifier la constitution canadienne dans les matières qui le concernent.Dans les deux cas, Ottawa affrontant une question mixte prend l\u2019initiative, agit seul, tend à faire trancher en sa faveur le problème de juridiction, et met les provinces devant le fait accompli.Sans doute le premier ministre du Canada a-t-il multiplié les déclarations rassurantes: il a voulu, dit-il, «s\u2019en tenir strictement aux limites des pouvoirs constitutionnels du parlement fédéral », et « respecter scrupuleusement toute compétence provinciale qui existe en la matière ».En théorie et au sens littéral, c\u2019est vrai.Dans la pratique RELATIONS en sera-t-il bien ainsi?Peut-il exister dans un même pays sur le même sujet deux ordres publics différents et même opposés: un ordre public fédéral qui reconnaîtrait libéralement les droits de l\u2019homme, et un ordre public provincial qui en limiterait ou même en supprimerait l\u2019exercice?Après l\u2019adoption du projet Diefenbaker, sera-t-il encore loisible aux parlements provinciaux de réglementer l\u2019exercice des libertés qui y sont proclamées: libertés de religion, de parole, de réunion, d\u2019association et de la presse, sans qu\u2019aussitôt leurs lois soient déclarées inconstitutionnelles?Dans cette question des droits de l\u2019homme où les juridictions sont imprécises, le nouveau Bill of Rights me paraît devoir déterminer une opération de transfert à la juridiction fédérale de tout ce qui relève encore de la compétence provinciale.L\u2019opération s\u2019accomplira d\u2019autant plus vite que se prolongera davantage l\u2019inaction des provinces.Encore une fois Ottawa a pris l\u2019initiative et adopté des mesures positives dans un domaine mixte où il y avait un vide; si les provinces ne veulent pas être totalement dépouillées de leur droit de regard en ce domaine, elles se doivent d\u2019imiter le geste d\u2019Ottawa et de passer au plus tôt à l\u2019action.Cette situation démontre encore une fois pour les politiques provinciales l\u2019importance et la nécessité d\u2019organismes de coordination.La récente initiative fédérale aurait dû déterminer une réaction collective des gouvernements provinciaux; rien ne s\u2019est produit et rien probablement ne se produira, parce qu\u2019il n\u2019existe aucune institution pour traduire et donner corps à cette réaction collective.C\u2019est pour parer à une telle éventualité que le Rapport de la Commission Tremblay précisément recommandait la création d\u2019un organisme coordonnateur: Les provinces devraient pourtant régler entre elles, sans intervention du gouvernement fédéral, les problèmes qui sont proprement de leur ressort.La création d\u2019un Conseil permanent des Provinces, sur le modèle du Council of State Governments américain, répondrait à un grand besoin.Un tel organisme est d\u2019autant plus désirable que, malheureusement, de profondes différences de conceptions politiques séparent les provinces entre elles \u2014 divisions dont le gouvernement fédéral s\u2019autorise pour étendre et asseoir son contrôle.Sans doute, à cause de ces divergences, serait-il difficile de créer un tel Conseil et de le faire fonctionner.Mais l\u2019effort mérite d\u2019être tenté, car cet organisme nous paraît nécessaire à la préservation du fédéralisme canadien.Si les provinces n\u2019acceptent pas de collaborer entre elles sur le plan qui leur est propre, l\u2019intérêt même du pays finira par exiger que le gouvernement fédéral assume la haute direction.(Vol.Ill, T.2, p.268.) Même si, dans cette affaire des droits de l\u2019homme, les provinces ne réussissaient pas à se mettre d\u2019accord et à présenter un front commun, il leur resterait de pouvoir agir individuellement.La Saskatchewan a déjà adopté sa déclaration des droits de l\u2019homme; par le fait elle a réaffirmé d\u2019une façon concrète sa compétence en la matière.Pourquoi les autres provinces ne l\u2019imiteraient-elles pas ?Pourquoi le Québec n\u2019aurait-il pas, lui aussi, sa propre déclaration?Si des conflits surgissent entre la loi fédérale et la loi provinciale, la Cour suprême aura au moins devant elle deux textes législatifs, et non pas seulement la déclaration fédérale.Dans cette question, me semble-t-il, les juristes et le gouvernement de la province de Québec ont une grave responsabilité; ils se doivent de dire leur mot, le plus tôt possible.NOVEMBRE 1958 AU SERVICE DU FRANÇAIS Prononçons bien le son « i » 1E MOIS DERNIER (p.269), nous annoncions des re-marques destinées à réveiller notre souci de corriger les fautes qui déparent notre parler et nos écrits.Commençons par relever, dans notre prononciation, un défaut grave qui, malheureusement, nous caractérise.En français, la voyelle i n\u2019a qu\u2019un son, celui qu\u2019on lui donne spontanément lorsqu\u2019on dit: ni, vit, lie, cire, servir, dîner.Aux Canadiens, qui entendent souvent les deux sons, l\u2019un ouvert, l\u2019autre fermé, que l\u2019anglais attribue à la voyelle i, il arrive de fausser, dans certains mots, l\u2019émission de cette voyelle.En anglais, Yi ouvert se rencontre dans des mots comme le pronom it, le substantif pill; Yi fermé, dans des mots qui s\u2019écrivent soit avec un i, comme machine, soit avec deux e, comme feet, soit avec la diphtongue ea, comme meat.(On sait que la voyelle i reçoit encore un autre son en anglais: dans le verbe divide, par exemple, la deuxième syllabe se prononce vaïde.) En français, qu\u2019il s\u2019agisse des mots riz, pie ou fit, lire ou partir, qui ne présentent aucune difficulté; ou qu\u2019il s\u2019agisse des mots dans lesquels la voyelle i est suivie d\u2019une syllabe muette introduite par une consonne autre qu\u2019un r (la consonne r force naturellement à allonger le son i), on doit toujours donner à la voyelle le son qu\u2019on obtient d\u2019emblée en disant: mie, devenir, nuire.Pour bien parler, il faut donc purifier le son hybride qu\u2019émettent ordinairement la plupart des nôtres et qui, au lieu des beaux vocables famille, doeîle, malîce, gamme (dont Yi est fermé comme dans vie et rire), produit des horreurs voisines de fameille, docile, malice, gamine, où le son i ressemble à celui des mots anglais it et pill.Il me semble que c\u2019est à redresser d\u2019abord ce défaut que parents et maîtres doivent s\u2019appliquer.Une autre correction est peut-être plus urgente; j\u2019ai presque honte de la mentionner.Non seulement des gens du peuple, mais des prêtres, des professeurs de français disent habituellement ouais (ou oua, ouaille) pour oui.Comment exiger que les enfants parlent bien?Signalons enfin un autre défaut, commun aux Français et aux Canadiens: le nasillement du son i, qu\u2019il apparaisse isolé dans un mot (si, ami, folie), ou suivi de la consonne r (ravir, élire).Inconscience phonétique, sans doute: on ne s\u2019entend pas parler; ou négligence de l\u2019entourage qui ne prend ni la peine ni le risque de suggérer la correction.On devine ici l\u2019importance du magnétophone pour l\u2019éducation phonétique des nôtres.Dans un pays où la prononciation souffre de vices nombreux, il est rare qu\u2019on puisse parvenir à la perfection du langage parlé à moins d\u2019écouter sa voix sortir d\u2019un appareil qui dégage de façon cruelle toute imperfection sonore.Pour émettre convenablement le son i, l\u2019effort à faire ne paraît pas exténuant: il suffirait, je pense, à propos de vocables comme famine, caprice, réplique et autres semblables, de prononcer séparément les syllabes en faisant une légère pause entre chacune : fa - mi - ne, ca - pri - ce, ré - pli - que puis de rapprocher peu à peu les sons de chaque mot: fa-mî-ne, ca-prî-ce, ré-plî-que, en prenant soin d\u2019allonger, comme il convient (et même un peu plus qu\u2019il ne faut d\u2019abord), le son i.Celui-ci s\u2019obtient, très pur, en serrant les dents et en tirant les lèvres vers les commissures; quant au nasillement, on l\u2019évite en abaissant la langue vers le fond de la bouche au lieu de la coller au voile du palais.Tout ce tintouin pour un son, une syllabe! Oui, et nous ne songeons nullement à nous en excuser: c\u2019est bien davantage que réclame le respect dû à notre parler.J.d\u2019Anjou.293 4).(Strictement en gros) Le temple de la lumière » Beldnd INCORPOREE 7152, boul.Saint-Laurent, Montréal CR.4-2465* C\u2019est au pied du mur qu\u2019on voit le maçon .et c\u2019est à ses travaux qu\u2019on jujje une maison spécialisée en chauffage-plomberie, comme la nôtre.Nos travaux ne se comptent plus pour les églises, maisons d\u2019enseignement, hôpitaux, édifices commerciaux et industriels, particuliers.Nos équipes de techniciens et d\u2019ouvriers spécialisés connaissent leur affaire, et leur concours est apprécié dans les provinces voisines.Inslalleurs experts Victor 9-4107 360 EST, RUE RACHEL, MONTRÉAL CHAUFFAGE-PLOMBERIE NOVEMBRE 1958 307 cAchete bien qui achète chez dupuis ¦i RAYMOND DUPUIS, p» évident fr/mvj Magasin à rayons \u2014 865 est, rue Sainte-Catherine Comptoir postal \u2014 780, rue Brewster Magasin pour hommes \u2014 Hôtel 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août: Radiomessage à la 78e Journée des Catholiques allemands.\u2014 « L\u2019Église luttera jusqufà la dernière extrémité pour le droit des parents catholiques à n\u2019envoyer leurs enfants qu\u2019à des écoles qui assurent à ceux-ci la vie spirituelle et où ils puissent s\u2019épanouir.Le chrétien d\u2019aujourd\u2019hui se trouve dans la même situation qu\u2019aux premiers jours du christianisme, au milieu d\u2019un monde païen qui étouffait.Nous ne craignons même pas d\u2019ajouter que les circonstances actuelles rendent la vie du chrétien plus pénible qu\u2019alors.» 25\taoût: Message au congrès biblique international tenu à Bruxelles (le message, daté du 28 juillet, n'a été lu que le 25 août, à la séance d'ouverture du congrès).\u2014 Sollicitude de l\u2019Église à l\u2019égard des études bibliques.26\taoût: Lettre au R.P.Riccardo Lombardi, S.J., directeur du Mouvement pour un Monde meilleur.\u2014 Éloge de l\u2019œuvre accomplie par les dirigeants du Mouvement.5 septembre: Allocution aux participants du VIIe congrès de la Société internationale de la Transfusion du sang.\u2014 « L\u2019Église ne reste point indifférente, toutes les fois que sont en jeu les problèmes qui engagent la destinée humaine, individuelle et sociale, temporelle et éternelle, toutes les fois qu\u2019elle peut, par sa présence ou par une intervention opportune, faire beaucoup de bien ou éviter beaucoup de mal.» 7 septembre: Allocution aux participants du VIIe congrès international d'archéologie classique.\u2014 L\u2019Église s\u2019est toujours intéressée aux recherches archéologiques.Elle « sait que la doctrine chrétienne, à commencer par la croyance en un seul Dieu personnel et en Jésus-Christ, Dieu fait homme, est complètement exempte de toute infiltration païenne ».8\tseptembre: Allocution aux délégués du IIIe congrès international des officiers judiciaires.\u2014 « Jésus enseigna sans doute qu\u2019il faut rendre à César ce qui appartient à César, mais voulut aussi que l\u2019obéissance à César découlât toujours et restât inséparable de l\u2019obéissance à Dieu.» 9\tseptembre: Allocution aux délégués de la première réunion générale du Collegium Internationale Neuro-Psycho Pharmacolo-gicum.\u2014 Exigences de la loi morale dans l\u2019usage des stupéfiants et des tranquillisants en thérapeutique.Il faut en tout respecter la dignité de l\u2019homme: « Même s\u2019il est tellement malade dans son psychisme, qu\u2019il paraisse asservi à l\u2019instinct ou même tombé en dessous de la vie animale, il reste cependant une personne créée par Dieu et destinée à entrer un jour en sa possession immédiate, infiniment supérieur Par conséquent à l\u2019animal le plus proche de homme.» 14 septembre: Allocution aux participants de la IIIe assemblée générale de l'Office international de l\u2019Enseignement catholique.\u2014 Conditions pour qu\u2019une école soit dite vraiment chrétienne; moyens à prendre pour former de solides chrétiens.18 septembre: Allocution aux délégués du XIIe congrès international de philosophie.\u2014 Rôle de la philosophie et des philosophes; rapports de la philosophie avec la foi chrétienne.\u2014 « L\u2019esprit, qui se détourne de la lumière, qui se ferme à toute révélation surnaturelle et croit pouvoir interpréter l\u2019existence en termes purement humains, se livre sans défense au mal qui le ronge, condamnant à la ruine les valeurs mêmes qu\u2019il voulait sauvegarder.Sans doute l\u2019acceptation de la foi chrétienne ne résout-elle pas tous les problèmes spéculatifs, mais elle oblige le philosophe à sortir de son isolement; elle le situe dans un univers plus vaste; elle lui fournit des points de repère solides, dans l\u2019ordre de la connaissance et dans celui de l\u2019action.Au lieu d\u2019entraver sa recherche, elle la suscite et la stimule; elle lui découvre la vraie splendeur de l\u2019homme, celle qu\u2019il reçoit de l\u2019Incarnation du Fils de Dieu, qui le sauve et l\u2019associe à la gloire de son œuvre rédemptrice.» LE TESTAMENT DE PIE XII « Miserere mei, Deus, secundum (ma-gnam) misericordiam tuam.» Ces mots que j\u2019ai prononcés, sachant mon indignité, au moment où, avec émotion, j\u2019avais accepté l\u2019élévation au pontificat suprême, je les répète avec encore plus de raison à un moment où la certitude des déficiences, des échecs, des fautes commises durant un pontificat si long et à une époque si difficile m\u2019ont fait comprendre plus clairement mon insuffisance et ma médiocrité.J\u2019implore humblement le pardon de tous ceux que j\u2019ai pu offenser, blesser ou scandaliser par mes paroles ou mes actes.Je prie ceux que la chose concerne de ne pas se donner le souci d\u2019ériger un monument en mémoire de moi: il suffira que mes pauvres restes mortels soient simplement déposés dans un endroit sacré, le plus obscur possible.Je n\u2019ai nul besoin d\u2019implorer des prières pour mon âme: je sais combien nombreuses sont celles qu\u2019offrent à un pape qui meurt la tradition du Siège apostolique et la piété des fidèles.Je n\u2019ai même pas besoin de laisser un testament spirituel, comme tant de prélats vigilants ont accoutumé de faire, suivant un usage louable, puisque le nombre considérable d\u2019actes et de discours que j\u2019ai faits ou prononcés pour des raisons d\u2019office suffiront à éclairer celui qui, par aventure, voudrait connaître ma pensée sur différentes questions religieuses et morales.Ceci dit, je nomme comme seul légataire, le Saint-Siège apostolique qui m\u2019a tant donné, comme la plus aimante des mères.» (signé) Pie XII, pape.15 mai 1956.308 RELATIONS Apprenez à connaître les avantages de l'épargne en ouvrant un compte à la BANQUE CANADIENNE NATIONALE 590 bureaux au Canada L\u2019épargne Solution à pluiieuxi ptoblèmei ¦ INDIVIDUELS .FAMILIAUX .SOCIAUX .NATIONAUX C\u2019est l\u2019épargne qui vous permet de payer le premier versement sur votre maison, l'hypothèque ou l'instruction des enfants.C est l'épargne qui vous 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hommes publics, de nos chefs ouvriers, de nos dirigeants sociaux, ainsi que dans le clergé et les communautés rehgieuses.Cette élite représente, per capita, le plus grand pouvoir d\u2019achat au Canada français et exerce une influence prépondérante sur le marché.PUBLICITÉ Service de publications SEG Ltée Jacques Séguin, représentant Montréal : 4234a, rue de La Roche, LA.6-6638 Toronto : H 6, Norris Crescent, CL.9-9742 § "]
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