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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1957-04, Collections de BAnQ.

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[" LE PLAN DOZOIS Maurice LAMARCHE LA GRANDE IDÉE DU SIÈCLE : REFAIRE L'EUROPE Luigi d\u2019APOLLONIA L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR DANS UN CANADA EN CROISSANCE Pierre ANGERS Horizon international ¦¦¦¦¦¦¦¦ Joseph-H.LEDIT Le sens de la Semaine sainte ¦¦¦¦¦¦¦ Jules PAQUIN Autour du Festival d*art dramatique ¦ ¦ ¦ ¦ Georges-Henri d AUTEUIL T La Gaspésie : terre du passé/ pays d*avenir ¦ ¦\t¦ ¦\t¦ Jean BLANCHET REVUE DU MOIS SOMMAIRE Y AVRIL 1957 \\ N \\ \\ \\ \\ Éditoriaux .\t.\t.\t.\t.\t.\t.\t.\t.\t85 L\u2019Église et les partis politiques.\u2014 Québec et le Conseil fédéral des Arts.\u2014 L\u2019O.N.U.et les Hongrois.\u2014 L\u2019exemple de la France.Articles Articles \\ LA GASPESIE : TERRE DU PASSE, PAYS D\u2019AVENIR.Jean Blanchet 100 HORIZON INTERNATIONAL .Joseph-H.Ledit 104 LA GRANDE IDÉE DU SIÈCLE : REFAIRE L\u2019EUROPE.Luigi d\u2019Apollonia 87 LE SENS DE LA SEMAINE SAINTE.Jules Paquin 90 L\u2019ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR DANS UN CANADA EN CROISSANCE.Pierre Angers 91 LE PLAN DOZOIS.Maurice Lamarche 94 AUTOUR DU FESTIVAL D\u2019ART DRAMATIQUE.Georges-Henri d\u2019Auteuil 97 Au fil du mois.98 Le drame Houle.\u2014 Alibicratie.\u2014 La Fraternité française d\u2019Amérique.\u2014 Pauvre culture française ! \u2014 Succession apostolique.\u2014 La chanson canadienne.\u2014 Un événement sinistre.Les livres.109 Religion.\u2014 F.Sheen: Il faut choisir sa vie (R.Arès).-L.Estang: Ce que je crois (J.d\u2019Anjou).- A.Fréchette: Le Lis marial de la vallée (B.de Saint-Maurice).109 Education, Humanisme.\u2014 H.LUBIENSKA DE LENVAL: La Liturgie du geste.X.Lefebvre et L.Perin: L\u2019Enfant devant^Dieu (B.Clément).- A.Kriekemans: Principes de l\u2019Éducation religieuse, morale et sociale.R.Pons: Procès de l\u2019amour (J.d\u2019Anjou).- A.Carrel: Jour après jour (R.Arès).- A.Brunot: Le Génie littéraire de saint Paul (J.Harvey).110 Canadiana.\u2014- La SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU Canada: Études sur le parler français au Canada (B.Clément).-Bulletin de la Société historique franco-américaine (Al.D.).-Bureau des Statistiques de Québec: État financier des corporations scolaires (A.Plante).112 LAVALLÉE, BÉDARD, LYONNAIS, MESSIER, GASCON Hector Lavallée, C.A.Roger Lyonnais, C.A.Lionel Gascon, C.A.Paul-L.Noiseux, C.A.René Sénécal, C.A.Maurice Saint-Louis, C.A.Guy Préfontaine, C.A.Comptables agréés Romain Bédard, C.A.Roger Messier, C.A.Jean Lussier, C.A.Jacques Desmarais, C.A.Émile Fortin, C.A.,\tDavid Crockett, C.A.Emile Fortin, C.A.\tRobert Jacques, C.A.Syndic licencié \u2014 Liquidateur 10 est.rue SAINT-JACQUES MONTRÉAL \u2014 Tel.: MA.7085 TROIS-RIVIÈRES SHERBROOKE POUR 2 Millions DfOUUDim Banque de Montréal Aa P%e*uiene Seutque eue @a*uzda, .AU SERVICE DES CANADIENS DANS TOUTES LES SPHÈRES DE LA VIE DEPUIS 1817 SD2V5P Autorisé comm* envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa XVII* année, N° 196 Montréal Avril 1957 ÉDITORIAUX / - J^Cqliâe et le* patti* politique* DANS LEUR RÉCENTE déclaration collective sur le civisme, les évêques du Canada ont cru opportun de rappeler les quelques grands principes sur lesquels doivent se fonder les rapports entre les partis politiques et la religion elle-même.De leur enseignement se dégage une triple règle de conduite, à laquelle tous les catholiques sont invités à se conformer.1.\tUne règle négative : pas d'usage indiscret de la religion.\u2014 Dans leur ambition de conserver ou de conquérir le pouvoir, les partis politiques s\u2019efforcent de s\u2019attirer les bonnes grâces des corps influents de la nation, en particulier des Églises et de leurs ministres.A ce sujet, l\u2019épiscopat canadien rappelle, d\u2019une part, que « le nom de la religion ne peut servir à patronner aucune conception politique particulière » et, d\u2019autre part, qu«e « vouloir engager l\u2019Église dans les querelles de partis et prétendre se servir de son appui pour triompher plus facilement de ses adversaires, c\u2019est abuser indiscrètement de la religion ».En termes concrets, cela veut dire qu\u2019il n\u2019y a pas au Canada, et au Québec en particulier, de parti catholique, de parti qui serait de jure ou de facto le parti de la religion, de l\u2019Église ou du clergé.Le parti, quel qu\u2019il soit, qui prétendrait à ce titre fausserait la vérité, abuserait de la religion et se couvrirait à tort du manteau clérical pour promouvoir ses intérêts.Ajoutons que c\u2019est aussi un abus de la religion, en même temps qu\u2019un geste détestable de cléricalisme, que de faire intervenir dans les débats politiques l\u2019autorité du clergé, en disant, par exemple, que tel projet de loi doit être appuyé ou rejeté par les députés parce que le clergé le favorise ou parce que les évêques s\u2019y opposent.Si le projet est bon en lui-même, c\u2019est-à-dire s\u2019il est conforme ou répond aux exigences du bien commun, il devrait être adopté sans que le gouvernement recoure à l\u2019argument clérical; s\u2019il est mauvais, que nos législateurs le jugent comme tel et ne reportent pas leur responsabilité sur le dos du clergé.,.2.\tUne règle permissive : liberté d'adhérer à n'importe quel parti, sauf au parti communiste.\u2014 Aucun parti politique n\u2019ayant au Canada le monopole de la défense des intérêts religieux, il s\u2019ensuit, au dire de l\u2019épiscopat, que les catholiques sont libres d\u2019adhérer au parti de leur choix, « du moment que la doctrine ou les procédés de ce parti ne sont pas opposés à leur foi religieuse, comme c\u2019est le cas du parti communiste ».Les évêques se contentent de ce bref énoncé, parce que déjà, le 13 octobre 1943, ils s\u2019étaient plus longuement expliqués sur le même sujet, disant, entre autres choses, que les catholiques « ont toute liberté d\u2019adhérer à un parti politique quelconque, pourvu que ce parti maintienne les principes fondamentaux du christianisme qui sont traditionnels au Canada, pourvu aussi qu\u2019il favorise, dans l\u2019ordre économique et social, les réformes .réclamées avec tant d\u2019insistance dans les documents pontificaux » (voir Relations, nov.1943, p.281).3.\tUne règle positive : union de tous pour la défense des intérêts supérieurs.\u2014 L\u2019épiscopat formule ensuite une règle claire et précise : Elle (l\u2019Église) demande à tous les catholiques, à quelque parti qu\u2019ils appartiennent, d\u2019oublier leurs divergences politiques et de s\u2019unir chaque fois que doit être adoptée une mesure nécessaire à la sauvegarde de la moralité publique, au respect des lois divines ou de quelque liberté fondamentale comme celle de l\u2019enseignement.En d\u2019autres termes, les catholiques, qu\u2019ils soient électeurs ou députés, doivent savoir s\u2019élever au-dessus des simples considérations partisanes quand sont en jeu des intérêts supérieurs, quand il s\u2019agit, par exemple, des valeurs morales et religieuses ou des libertés fondamentales.L\u2019épiscopat mentionne explicitement la moralité publique: voilà, certes, un terrain sur lequel tous les catholiques du Québec, oubliant leurs divergences politiques, devraient se rencontrer et s\u2019unir pour exiger une législation efficace contre l\u2019immoralité sous toutes ses formes.Tant qu\u2019ils ne le feront pas, ils n\u2019auront pas accompli entièrement leur devoir de citoyens et de chrétiens.AVRIL 1957 85 Quel?ec et le Conseil federal de* c4xt* NOUS AURONS donc un nouvel organisme fédéral, qui s\u2019occupera, d\u2019une part, de favoriser le progrès des arts, des humanités et des sciences sociales au Canada et, d\u2019autre part, de distribuer « des subventions de capital aux universités ».Déjà pourvu de l\u2019imposante somme de $100,000,000, le Conseil des Arts pourra, en outre, recevoir, à l\u2019avenir, tant du gouvernement que des particuliers et de l\u2019industrie, des dons et legs en vue d\u2019alimenter sa caisse générale de bourses et de subventions.Même si nous n\u2019admettons pas le principe de la compétence fédérale dans le domaine universitaire, il nous faut reconnaître que le gouvernement d\u2019Ottawa a bien fait les choses au moins sur un point : il a pris toutes les précautions possibles pour assurer à ce conseil une large autonomie dans l\u2019exercice de ses fonctions, et donc pour le mettre à l\u2019abri des pressions et de l\u2019ingérence des politiciens.Devant ce geste d\u2019Ottawa, faisant suite d\u2019ailleurs à un autre de même nature à l\u2019avantage de la Conférence nationale des Universités canadiennes, comment ne pas regretter qu\u2019une semblable initiative n\u2019ait pas été prise par le gouvernement du Québec et que nous n\u2019ayons pas encore un conseil provincial des arts, institué pour les mêmes fins et sur le même modèle?Il y a déjà quatre ans que l\u2019Université Laval a publiquement suggéré la création d\u2019une commission provinciale d\u2019aide aux universités ainsi que d\u2019un fonds provincial des universités; il y a déjà plus d\u2019un an que le rapport Tremblay a secondé, d\u2019une façon explicite, cette suggestion créatrice.Mais de Québec rien n\u2019est venu, et rien, prétendent certains, ne viendra.Le temps presse cependant.Car le gouvernement fédéral, lui, n\u2019hésite pas; il agit à la moindre occasion, et ses projets se présentent avec un air de désintéressement et des conditions de liberté auxquelles les universités ne peuvent demeurer longtemps insensibles.Aussi, dans les circonstances présentes, c\u2019est travailler contre l\u2019autonomie provinciale que de vouloir traiter avec les universités une à une.Le procédé permet sans doute de mieux dominer chacune; mais, s\u2019il se prolonge, il risque de les tourner toutes vers Ottawa, d\u2019où leur viennent des offres de sécurité et de liberté.Le gouvernement québécois peut, s\u2019il le veut, régler ce problème d\u2019une façon satisfaisante, qui serve les universités sans les asservir et confirme l\u2019autonomie du Québec en la matière.S\u2019il ne le fait pas, Ottawa finira par être prié d\u2019intervenir; car le temps où les gouvernements provinciaux pouvaient conserver leurs droits dans l\u2019inertie et la fantaisie est définitivement révolu.J^O.j\\f.U.et le* J4ongxoi* NOUS ÉCRIVONS « les Hongrois », parce que le gouvernement de la Hongrie ne représente personne, si ce n\u2019est l\u2019U.R.S.S.L\u2019O.N.U.le sait, qui refuse d\u2019accréditer les nouveaux représentants de la Hongrie de Kadar.Hélas! son action s'arrête là.Et nous en disons notre profonde déception à MM.Louis Saint-Laurent et Lester B.Pearson, qui se sont montrés pleins d\u2019initiative en d\u2019autres circonstances.Les trois délégués du Comité révolutionnaire hongrois: Anna Kethly, ministre d\u2019État du gouvernement Nagy, Joseph Kovajo, maire de Budapest, le général Keraly, chef d\u2019état-major de l\u2019insurrection, ont été invités à déposer devant la Commission d\u2019enquête de l\u2019O.N.U.Donc, plus de trois mois après l\u2019écrasement barbare de la Hongrie par l\u2019U.R.S.S., quoique en possession de faits indéniables et forte de onze résolutions de l\u2019Assemblée générale, l\u2019O.N.U., à toutes fins pratiques, se borne toujours « à mener des enquêtes ».Kadar peut étouffer, l\u2019un après l\u2019autre, tous les conseils nés de la révolution.Il peut jeter en prison, pêle-mêle, chefs syndicalistes, paysans, intellectuels, étudiants.Il peut reconstituer l\u2019A.V.O., cette affreuse Gestapo hongroise.Il peut offrir des primes pour tout réfugié, amené mort ou vif.Il peut assassiner en toute paix et toute tranquillité.L\u2019O.N.U.mènera une enquête.Ce n\u2019est pas avec des déclarations qu\u2019on aide une personne qui se noie.La Hongrie a besoin qu\u2019on agisse beaucoup plus vite, beaucoup plus efficacement.Il faut d\u2019abord que le secrétaire général des Nations Unies vienne tout de suite à Budapest.Pas demain.Aujourd\u2019hui même.Sur la tragédie hongroise, on a beaucoup trop discuté et voté.Il est plus que temps de passer à l\u2019action! C\u2019est au début de novembre que le cardinal Mind-szenty lançait cet appel.Le peuple hongrois, a déclaré M.Kovajo, se demande « pourquoi l\u2019O.N.U.envoie une force de police internationale en Égypte et ne le fait pas en Hongrie ».Non seulement le peuple hongrois se le demande, mais tous les peuples civilisés.Derrière le rempart de son veto, l\u2019U.R.S.S.attend.Elle attend que passe le temps, qu\u2019on s\u2019accoutume et qu\u2019on oublie.Puis, un jour, quand les pays auront tous eu le temps de s\u2019accoutumer et d\u2019oublier, elle demandera pourquoi l\u2019O.N.U.refuse d\u2019accréditer, en son enceinte, les représentants de la Hongrie de Kadar, comme elle demande, aujourd\u2019hui, pourquoi l\u2019O.N.U.refuse d\u2019accréditer les représentants de la Chine de Mao Tse-tong.Ne dit-on pas, dans les sphères gouvernementales, que la reconnaissance diplomatique ne comporte aucune approbation morale?Si, par malheur, il devait en être ainsi, l\u2019U.R.S.S.aura non seulement broyé la Hongrie, elle aura également réduit l\u2019O.N.U.en servitude.Le « monde libre » ne pourra, ce jour-là, que blâmer sa propre indifférence, et l\u2019O.N.U., sa propre lâcheté.86 RELATIONS exemple de la Stance 1E GOUVERNEMENT FRANÇAIS déniait toute J compétence aux Nations Unies dans le conflit algérien, en vertu du paragraphe 7, article 2, du premier chapitre de la charte de l\u2019O.N.U.Or, le gouvernement de M.Guy Mollet n\u2019a finalement pas fait obstacle à l\u2019inscription de cette affaire à l\u2019ordre du jour de l\u2019Assemblée.Pour souligner, toutefois, la thèse de l\u2019incompétence de l\u2019O.N.U.sur le fond, les délégués de la France n\u2019assistèrent ni à la présentation de la résolution ni au vote sur le texte proposé.L\u2019Assemblée générale reconnut que la crise algérienne était un problème intérieur auquel il fallait apporter une solution pacifique et démocratique.La thèse française triompha donc.Une question, cependant, surgit à l\u2019esprit.Si l\u2019affaire algérienne était d\u2019ordre strictement intérieur, pourquoi la France a-t-elle accepté qu\u2019elle fût soumise à l\u2019O.N.U.?A première vue, la situation semblait fausse: le gouvernement français se mettait dans la position d\u2019un plaignant qui récuse le jugement d\u2019un tribunal auquel, en même temps, il accorde sa confiance.La situation n\u2019était pas non plus sans danger: au cours du débat-marathon qui dura une semaine, la Commission politique de l\u2019O.N.U.entendit une quarantaine d\u2019orateurs.A bien y réfléchir, il y avait, dans ce débat porté devant l\u2019O.N.U., plus qu\u2019un calcul qui s\u2019avéra juste et donna à la France un succès tactique.Si le gouvernement français a ouvert le dossier algérien et, partant, a couru de graves risques, c\u2019est parce qu\u2019il acceptait, en dernière analyse, le principe qu\u2019un problème, fût-il strictement intérieur, peut avoir des répercussions mondiales.L\u2019apparente contradiction française ne trouve de solution logique que dans le concept d\u2019un droit naturel international.Pour le bien de la communauté des peuples, les problèmes intérieurs doivent être, parfois, sinon débattus, du moins expliqués, et cela même dans les enceintes internationales et les parlements étrangers.« Vous n\u2019avez qu\u2019un droit: celui d\u2019être informé », a dit M.Christian Pineau, qui plaidait à la fois et le droit de regard et l\u2019incompétence des Nations Unies.Le président du Conseil, M.Guy Mollet, a répété la même chose, à Ottawa, le 4 mars, devant les Chambres réunies.En d\u2019autres termes, le gouvernement français a, par son attitude, soutenu la thèse que le libéralisme doctrinal, qu\u2019il soit politique ou économique, est inacceptable.Nous ajouterons qu\u2019il est à répudier non pas à cause de nouvelles circonstances historiques, mais parce qu\u2019il est contraire à la nature même des relations internationales.Pie IX l\u2019enseignait, il y a déjà cent ans.Il serait grand temps que d\u2019autres gouvernements, intraitables dans leurs affaires intérieures ou dites intérieures, suivent l\u2019exemple de la France: les pays arabes et les pays communistes qui suppriment les droits de l\u2019homme, l\u2019U.R.S.S.qui écrase la Hongrie, l\u2019Inde qui vient d\u2019annexer purement et simplement le Cachemire, l\u2019Égypte qui a fait main basse sur le canal de Suez.Car tous ces gouvernements ont crié, à qui mieux mieux, haro sur la France « d\u2019où venait tout le mal ».Il serait au moins décent qu\u2019ils cessent d\u2019appliquer à ce pays qui s\u2019est montré beau joueur, tant dans l\u2019affaire algérienne que dans l\u2019affaire de Suez, des vérités et des disciplines qu\u2019ils rejettent pour eux-mêmes.LA GRANDE IDÉE DU SIÈCLE : REFAIRE L\u2019EUROPE Luigi d'APOLLONIA, S.J.DEPUIS LA GUERRE, les institutions européennes se sont multipliées: Organisation européenne de coopération économique (O.E.C.E.) avec siège à Paris, Conseil de l\u2019Europe (C.E.) avec siège à Strasbourg, Communauté européenne du charbon et de l\u2019acier (C.E.C.A.) avec siège à Luxembourg, Institut européen de recherches nucléaires (I.E.R.N.) avec siège à Genève.Partout se développent, avec revues et échanges culturels, des sections du Mouvement européen, des instituts d\u2019études européens, des collèges d\u2019Europe, tous à la recherche d\u2019une unité perdue.Le traité du Marché commun et de l\u2019Euratom (l\u2019Europe atomique), longuement mûri, patiemment négocié par les gouvernements des Six (France, Italie, Allemagne occidentale, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg), se situe dans cette ligne de force.Refaire l\u2019Eu-ropre, telle en est l\u2019intention première et dernière.I.\u2014 LE MARCHÉ COMMUN L\u2019expansion de l\u2019économie européenne, au cours des dernières années, ne doit pas donner le change.Elle est distancée de loin par l\u2019économie américaine.Elle progresse même moins vite que l\u2019économie russe, d\u2019une barbarie savante et technique.L\u2019avènement des robots, de l\u2019énergie nucléaire, de l\u2019automation risque d\u2019aggraver ce retard.Riche de ses colonies, grand argentier de l\u2019univers, mère des inventions, l\u2019Europe, jadis, était l\u2019usine de la planète.Elle assurait, à elle seule, la moitié de la production mondiale.Voici qu\u2019elle court le danger d\u2019être administrée, un jour, par des managers américains ou des komissars russes.A moins de se redresser dans un effort commun, les vieux pays, retranchés derrière leurs remparts douaniers, pourraient devenir, d\u2019ici cinquante ans, de l\u2019aveu même de leurs économistes, des protectorats des États-Unis ou la marche occidentale de l\u2019empire communiste.AVRIL 1957 87 Ce n\u2019est ni le génie de ses inventeurs, ni la qualité de ses techniciens, ni l\u2019abondance de sa main-d\u2019œuvre, ni le nombre de ses consommateurs qui manquent à l\u2019Europe.La raison de sa sénescence économique est à chercher ailleurs: les marchés intérieurs de l\u2019Europe sont restreints.Or, les marchés intérieurs restreints ont touché les limites de leur expansion.Ils ne répondent plus à ce qui pourrait être l\u2019unité idéale de production.La grande industrie moderne \u2014 sidérurgie, automobile, avionnerie, énergie nucléaire \u2014 n\u2019est rentable, à cause des capitaux énormes qu\u2019elle demande, de la mobilité de main-d\u2019œuvre qu\u2019elle exige, des matières premières qu\u2019elle dévore, que dans une économie dite de grand espace.Le grand espace est nécessaire à sa respiration.Elle étouffe dans des aires limitées par des protectionnismes avares et des nationalismes jaloux.Six marchés, six frontières.Achetez français! Achetez italien! Achetez allemand! A l\u2019époque des trains, des avions, du téléphone, c\u2019est artificiellement qu\u2019on recrée des distances qui sont, en fait, moins grandes de Rome à Paris ou à Bonn que de Los Angeles à Chicago ou à New-York.Les États-Unis et l\u2019U.R.S.S., malgré des systèmes économiques fondamentalement différents, disposent tous les deux de vastes marchés intérieurs: l\u2019U.R.S.S., de 200 millions, et les États-Unis, de 160 millions de consommateurs.Le marché commun, dévalorisant l\u2019idée de frontières, donnera à l\u2019Europe des Six un ensemble comparable à l\u2019ensemble américain.Il permettra à ces pays de rajeunir leurs entreprises, de baisser leurs prix de revient, de hausser leurs niveaux de vie.Car il n\u2019est pas besoin d\u2019être diplômé de Harvard pour comprendre qu\u2019il n\u2019y a pas moyen d\u2019accroître le niveau de vie si ce n\u2019est en accroissant la productivité.Hélas! c\u2019est là un truisme dont l\u2019Europe, pour mille raisons, mille penchants et mille routines, ne prend conscience que lentement et dans l\u2019humiliation.Rien mieux que les faits ne plaide la valeur de certains principes.Prenons le fait de la Communauté européenne du charbon et de l\u2019acier.Depuis les quatre ans qu\u2019elle est en marche, la C.E.C.A.a augmenté sa production de 39 pour 100, contre 19 pour 100 en Grande-Bretagne et 15 pour 100 aux États-Unis.Ses frais de transport ont diminué considérablement; ses prix, en dépit d\u2019une forte hausse mondiale, sont restés relativement stables; ses salaires évoluent plus favorablement que ceux des autres entreprises.Ce n\u2019est pas à dire que le marché commun soit une formule magique.Les difficultés de sa mise en œuvre seront nombreuses, sérieuses, immédiates, alors que les avantages seront lointains.Tel est le sort de toute idée généreuse et créatrice.Il faut pallier les différences entre les législations sociales: égalité des salaires masculins et féminins, congés payés, durée légale du travail, rémunération des heures supplémentaires.Il faut parer aux conséquences sociologiques: sort de l\u2019agriculture, chômage, déplacement de main-d\u2019œuvre (d\u2019un pays, d\u2019une région, d\u2019une profession aux autres).Il faut harmoniser les politiques fiscales: mécanismes douaniers, tarifs extérieurs communs, suppression des contingentements, formalités administratives, fonds de réadaptation des entreprises, fonds d\u2019investissement européen.Il faut tenir compte des régions sous-développées et, notamment, du Mezzo-giorno italien, des territoires d\u2019outre-mer où l\u2019on dépensera, en cinq ans, 581 millions de dollars, dont 200 millions à la charge de la France.Bref, le marché commun ne saurait surgir que progressivement.Aussi le traité a-t-il établi un calendrier.Il fixe trois étapes de quatre ans, et prévoit des délais possibles.Chacune des étapes pourra être allongée, mais non raccourcie, la réalité n\u2019étant pas cartésienne.Protégé par des transitions, balisé par « des clauses de sauvegarde », le chemin vers l\u2019intégration économique sera long, harassant, semé d\u2019embûches techniques.La ratification du traité, si importante qu\u2019elle soit, n\u2019est donc pas le but.Elle ouvre la voie seulement.C\u2019est alors qu\u2019il faudra avancer avec énergie et recueillir les bienfaits du marché commun, sous peine de donner raison aux adversaires.Il y a les prudents et les sceptiques qui veulent régler d\u2019abord les « problèmes intérieurs ».Il y a les idéalistes qui rêvent d\u2019une meilleure Europe, « de l\u2019Océan à l\u2019Oural ».Il y a les métaphysiciens de l\u2019économie qui parlent de « l\u2019Europe sans rivages ».Ceux-ci sont, pour la plupart, sincères et se rallieront aux gouvernements.Mais il y a les autres: les anticléricaux coriaces qui préféreraient l\u2019anarchie à cette « Europe vaticane » sous la coupe du Pape et des Jésuites, ces hommes « noirs » ; les capitalistes nationaux, devenus romantiques, qui exaltent « la dignité des patries » et les drapeaux qui claquent au mât de leurs industries; il y a surtout les communistes, qui, pleins de mépris pour cette « petite Europe réactionnaire », brandissent, devant les syndicats, l\u2019épouvantail de « l\u2019ennemi héréditaire », comme si l\u2019Allemagne, même divisée, n\u2019existait pas forte et dynamique.La réussite du marché commun n\u2019est pas inscrite dans la conjonction des astres ni, bien entendu, dans le déterminisme de l\u2019histoire.Certaines circonstances peuvent la favoriser, d\u2019autres pourront lui nuire.Le marché commun sera une œuvre de lucidité et de souplesse devant les faits, de sacrifice et de résolution devant l\u2019effort.Il sera la conquête de gouvernements (et de leurs électorats) animés d\u2019une haute pensée politique et convaincus qu\u2019on ne peut, avec les « histoires » d\u2019hier, faire l\u2019Europe de demain.Le marché commun de l\u2019économie européenne suppose le marché commun de l\u2019idée européenne.IL \u2014 l\u2019idée européenne Il importe, en effet, de souligner que le marché commun n\u2019est pas la première option.Il est la première exécution.La première option est politique.Le 88 RELATIONS pool charbon-acier, l\u2019Europe atomique, le marché commun sont les matériaux d\u2019une architecture politique.L\u2019idée séminale, l\u2019idée exemplaire, l\u2019idée-force, c\u2019est l\u2019idée européenne.La solidarité économique et sociale est commandée par une philosophie de l\u2019ordre international qui refuse de considérer l\u2019intérêt national comme un absolu, mais qui, attentive à la voix du passé comme à l\u2019appel de l\u2019histoire, travaille à refaire une communauté européenne, fidèle au monde parce que fidèle à elle-même.Réduite à ses seules applications économiques, l\u2019Europe unie ne saurait durer.Pas de marché commun sans économie commune; pas d\u2019économie commune sans politique commune, au-dedans de laquelle les patries, ouvertes les unes aux autres, nouent des liens vivants, organiques, sauveurs.C\u2019est pourquoi le marché commun ne groupera, au départ, que ces États, et ces États seulement, qui se sentent assez près les uns des autres, géographiquement, historiquement, spirituellement, pour affronter ensemble le même risque en vue d\u2019un même avenir.Partir tout de suite, au grand galop, c\u2019est peut-être ne jamais arriver.Attendre la libre adhésion de tous les pays, c\u2019est se condamner à ne jamais commencer.A mesure que progressera l\u2019intégration économique, l\u2019idée européenne poursuivra un chemin parallèle dans les esprits.Et le reste viendra par surcroît.Certes, il n\u2019est pas exagéré de penser que d\u2019autres pays, convaincus de la sagesse de cette politique, viendront, d\u2019eux-mêmes, demander la fédération.Par le jeu des idées et les règles d\u2019une concurrence loyale, les États-Unis d\u2019Europe se feront contre eux s\u2019ils refusaient qu\u2019ils se fassent avec eux.La Grande-Bretagne s\u2019en aperçoit déjà.Avec le réalisme qu\u2019on lui sait, elle s\u2019est ménagé une porte d\u2019entrée en acceptant le principe d\u2019une zone de libre échange partielle.L\u2019Europe des Six ose à peine y croire, tant elle est habituée à voir une Grande-Bretagne mener le peloton ou n\u2019être rien, et, jalouse de sa puissance, s\u2019opposer, avec plus ou moins d\u2019habileté, à tous les projets sérieux de fédération.La Grande-Bretagne fait un premier pas; elle en fera d\u2019autres, à mesure que les pays du Commonwealth, industrialisés, à leur tour (l\u2019Australie et l\u2019Inde surtout), réduiront ses marchés.On peut s\u2019impatienter de ses atermoiements.Il faut comprendre, cependant, qu\u2019il s\u2019agit pour la Grande-Bretagne d\u2019un repli historique, aussi important, sinon plus, que son repli de l\u2019Inde.Revenir à l\u2019Europe, c\u2019est, pour elle, retourner sur quatre siècles de grandeur qu\u2019elle estime sans égale.Les répercussions ne s\u2019arrêteront pas à l\u2019Europe libre.L\u2019idée européenne sera l\u2019espérance des pays captifs.S\u2019ouvrant sur les territoires d\u2019outre-mer, elle donnera à l\u2019émancipation coloniale, attendue avec impatience, une solide base économique et sociale, c\u2019est-à-dire une indépendance réelle.S\u2019appuyant sur la réalité géographique et puisant à un patrimoine commun, première expression historique du christianisme, elle assignera à l\u2019Europe des Six un rôle à la mesure de son génie et de ses moyens.Le drame de la Hongrie, la crise de Suez ont montré qu\u2019il n\u2019est plus de grande puissance en Europe.L\u2019évidence et la brutalité des faits sont là: il n\u2019y a que deux Grands.Seule une Europe unie pourrait faire entendre sa voix.L\u2019U.R.S.S.trouverait alors, en face d\u2019elle, un interlocuteur à sa taille, et les États-Unis, un partenaire valable.Il ne s\u2019agit pas pour les Six de restaurer une prétendue hégémonie ou d\u2019associer leurs nationalismes en un nationalisme agrandi.Il s\u2019agit pour l\u2019Europe de défendre des valeurs de civilisation.Les États-Unis, d\u2019ailleurs, ont témoigné leur faveur à l\u2019idée européenne.Dans son message au Congrès, en janvier dernier, le président Eisenhower salua « les efforts accomplis par beaucoup de nos amis européens, dans le but de réaliser une communauté intégrée, qui leur permette d\u2019établir un marché commun ».Il salua aussi « leur effort de coopération dans le domaine de l\u2019énergie atomique ».La simple promesse de livrer à l\u2019Euratom de l\u2019uranium enrichi prouve assez que les États-Unis ne nourrissent pas l\u2019ambition de s\u2019entourer de pays satellites.L\u2019Église aussi a quelque chose à dire à ce sujet.A maintes reprises, sans toutefois se prononcer sur le mérite des moyens techniques et politiques, Pie XII, pape de l\u2019ordre international, a insisté sur l\u2019idée européenne.Dans son message de Noël 1953, il disait: Tout cela peut se faire, et il est même urgent que cela se fasse en Europe, en réalisant l\u2019union continentale entre ses peuples, différents, certes, mais liés l\u2019un à l\u2019autre géographiquement et historiquement.Cette union trouve un encouragement sérieux dans l\u2019échec manifeste de la politique contraire et dans le fait que les peuples eux-mêmes, dans les milieux les plus humbles, en attendent la réalisation et l\u2019estiment nécessaire et pratiquement possible.Le temps semble donc mûr pour passer de l\u2019idée à la réalité.La fin est claire, les besoins des peuples sont sous les yeux de tous.A qui demanderait d\u2019avance la garantie absolue du succès, il faudrait répondre qu\u2019il s\u2019agit certes d\u2019un risque, mais nécessaire, d\u2019un risque, mais adapté aux possibilités présentes, d\u2019un risque raisonnable.* L\u2019idée européenne est une idée neuve et ancienne à la fois, hardie et féconde, annonciatrice de prospérité économique et de progrès social.C\u2019est une idée de paix.Elle mettra fin à cette sorte de guerre civile froide qui avait pour nom « équilibre européen » et qui éclata en guerre fratricide, deux fois en vingt-cinq ans.Elle dissipera cette confusion entre nationalisme intransigeant et amour vrai de la patrie, qui, après avoir fait le malheur de l\u2019Europe, est aujourd\u2019hui la tentation des pays jeunes ou des peuples en voie de libération.Quarante ans après l\u2019U.R.S.S., les vieux pays d\u2019Europe qui ont compris tentent, dans le respect de la liberté et de l\u2019originalité de chaque patrie, une réforme qui dépassera, par ses effets politiques, la révolution d\u2019octobre 1917.L\u2019Europe n\u2019a pas fait son temps.Elle écrira, demain, une de ses plus belles pages.Quelle que soit sa forme de réalisation, l\u2019Europe des Six est la grande idée du siècle.AVRIL 1957 89 Le sens de la Semaine sainte Jules PAQUIN, S.J.I\u2019INSTRUCTION de la Sacrée Congrégation des Rites qui promulgue la liturgie rénovée de la Semaine sainte -J demande que les fidèles participent aux offices avec intelligence et ferveur.Les notes qui suivent n\u2019ont pas d\u2019autre but que de faciliter cette participation vivante, \u2014 selon une autre expression du même document, \u2014 en soulignant le sens de la grande Semaine.1.\tIl faut d\u2019abord établir un principe de base.La liturgie est un symbole, un signe, et c\u2019est comme tel qu\u2019il faut la comprendre.Cela, qui est vrai de toute la liturgie, l\u2019est particulièrement de la liturgie des jours saints.Or, signe dit nécessairement chose signifiée.Les réalistes que nous prétendons être en arrivent parfois sinon à nier, du moins à méconnaître plus ou moins, en pratique, la plus réelle des réalités: la réalité surnaturelle, cela qui est en définitive la fin de toute la création, l\u2019explication ultime de l\u2019histoire du monde et de notre histoire à chacun de nous.Dans la liturgie, tout est signe: les paroles, mais aussi la musique, les gestes et l\u2019agencement même de ces divers éléments dans des cérémonies \u2014 des drames \u2014 où chacun a un rôle bien défini.Au delà de ces signes, mais par leur intermédiaire, la liturgie nous introduit jusqu\u2019au signifié, jusqu\u2019au mystère de Dieu fait homme pour nous.C\u2019est l\u2019Incarnation qui se continue, le divin inséré dans le sensible.En somme, il faut en arriver par la foi à une vision surnaturelle des choses qui fait découvrir le divin dans chaque être créé, et à plus forte raison dans ces rites dont c\u2019est la raison même de le signifier.La réalité la plus réelle des choses sensibles est la valeur d\u2019expression, de signe qu\u2019elles recèlent.2.\tC\u2019est donc la chose signifiée qu\u2019il s\u2019agit avant tout de découvrir.Nous disons bien la chose signifiée, car au fond il n\u2019y en a qu\u2019une: le mystère de la Vie jaillissant de la mort, le mystère de la Résurrection glorieuse du Christ mort en croix, le mystère de la Pâque ou du passage de la mort à la vie.« Mort, où est ta victoire ?» On peut parler, au pluriel, de mystères et de choses signifiées: le mystère du dimanche des Rameaux, le mystère du Jeudi saint.Mais ce ne sont là que des éléments de l\u2019unique mystère, et c\u2019est celui-ci qui donne son sens total à chacun des mystères partiels.Le Vendredi saint est inséparable de Pâques.Et s\u2019il faut passer par le Vendredi saint pour parvenir jusqu\u2019à Pâques, le terme cependant n\u2019est pas le Vendredi saint: celui-ci n\u2019est qu\u2019un acheminement, et il est toujours suivi de Pâques.On peut, selon les jours, insister davantage sur l\u2019un ou l\u2019autre de ces deux aspects complémentaires: la mort conduisant à la vie, la vie jaillissant de la mort; mais on ne saurait les séparer totalement.Le mystère de la passion et de la mort serait inintelligible si, dans les ténèbres du Vendredi saint, ne brillait l\u2019espérance de Pâques; et la gloire pascale de la Résurrection n\u2019a de sens que parce qu\u2019elle est issue du Vendredi saint.L\u2019hymne que fait retentir l\u2019Église en ces jours de deuil de la Semaine sainte est un chant de triomphe et de gloire: « Vexilla Regis prodeunt.L\u2019étendard du Roi s\u2019avance.» De même, \u2014 les exemples pourraient se multiplier, \u2014 dans la liturgie du dimanche des Rameaux ou second dimanche de la Passion, la procession triomphale est déjà l\u2019annonce de la victoire finale; mais cette partie de l\u2019office Le P.Faquin est professeur de théologie morale au Sco-lasticat de V Immaculée-Conception, à Montréal.est suivie de la messe, et plus particulièrement du chant ou de la lecture de la passion, qui nous introduit dans la semaine du sacrifice rédempteur.3.\tCe mystère de la Passion et de la Résurrection n\u2019est cependant pas le mystère du Christ seul; c\u2019est le mystère du Christ total: Notre Seigneur et son Église, donc nous.Ce que le Christ a mérité par sa mort, c\u2019est non seulement sa glorification personnelle, mais c\u2019est aussi la nôtre, à chacun de nous qui sommes les membres de son Corps mystique; ce qu\u2019il a mérité, c\u2019est la glorification du Christ mystique total: sa glorification à lui, la tête, est à la fois le modèle et le prélude ou le gage de la nôtre.Le Christ total a commencé à être glorifié dans la personne de Notre Seigneur; mais cette glorification n\u2019est pas terminée.Compagnons de ses souffrances ici-bas, et complétant par là ce qui manque à sa passion, \u2014 à la passion du Christ total, \u2014 nous serons compagnons de son triomphe, complétant ainsi ce qui manque à sa gloire \u2014 à la gloire du Christ total.Le baptême nous a incorporés au Christ, en nous faisant membres de l\u2019Église.Désormais, nous vivons de sa vie, nous parachevons en nous son mystère de vie jaillissant de la mort.Nous, c\u2019est-à-dire chacun de nous, mais en tant qu\u2019unis au Christ par et dans l\u2019Église: c\u2019est dans la mesure où la branche est unie au tronc qu\u2019elle reçoit la sève qui est sa vie, et c\u2019est dans la mesure où la main est unie au corps qu\u2019elle vit de la vie de tout le corps.On comprend mieux ainsi le symbolisme de l\u2019union de tous les fidèles autour de leur pasteur, dans chacun des grands offices de la Semaine sainte.4.\tPrécisément parce que le mystère ici célébré est le mystère du Christ total, il ne se restreint pas à un seul moment de l\u2019histoire: inauguré il y a deux mille ans (après la préparation plusieurs fois millénaire de l\u2019Ancien Testament), il ne cesse depuis lors de se continuer, et ce n\u2019est qu\u2019à la fin des temps, avec le retour définitif de Notre Seigneur, qu\u2019il sera consommé.La valeur de symbole des offices liturgiques ne se limite pas à un simple mémorial.Ils sont cela sans doute, mais pas uniquement.En nous rappelant le mystère réalisé au Calvaire et au sépulcre (passé), la_ liturgie l\u2019actualise et l\u2019applique à tous les membres de l\u2019Église (présent), et elle en annonce, elle en prépare le parachèvement (futur).Ce parachèvement, c\u2019est, pour chacun de nous, à la mort qu\u2019il s\u2019accomplit; pour l\u2019Église entière, ce sera à la fin du monde, quand le Corps mystique aura atteint la stature de l\u2019âge adulte, quand, selon une autre comparaison de saint Paul, le temple de la société des élus, fondé sur le Christ et actuellement en voie de construction, sera définitivement édifié.Insistons sur cette idée.Si les offices de la Semaine sainte sont un pieux souvenir de la mort et de la résurrection de Notre Seigneur, ils sont infiniment plus que cela: ils renouvellent ce mystère pour l\u2019Église et, en elle, par elle, pour chacun de nous; par là même, ils sont aussi plus qu\u2019une promesse de son plein épanouissement dans l\u2019au-delà: ils préparent, en le réalisant déjà de façon moins parfaite, ce qui aura là-haut sa parfaite consommation.Mystère de foi, d\u2019espérance et d\u2019amour.5.\tNon seulement les mystères plus spécialement commémorés les divers jours de la Semaine sainte ne sont que des éléments partiels du mystère de la vie jaillissant de la mort, mais tous les mystères de toute la liturgie au cours de l\u2019année entière ne sont ce qu\u2019ils sont que par référence à cet unique et grand mystère.Le mystère pascal est celui du 90 RELATIONS Christ total, et il ne cesse pas un seul instant de s\u2019actualiser dans les membres du Christ.Toute l\u2019année, nous vivons du mystère de Pâques.Aussi n\u2019est-ce pas sans raison que l\u2019eau devant servir toute l\u2019année aux baptêmes est bénie durant la veSlée pascale: l\u2019eau n\u2019a de valeur régénératrice que celle qu\u2019elle tire de la mort et de la résurrection de Notre Seigneur.De même, ce n\u2019est pas sans raison que le saint chrême et les saintes huiles devant servir aux différents sacrements au cours de l\u2019année entière sont consacrés ou bénis, eux aussi, durant la grande Semaine: c\u2019est du mystère de la croix et de la résurrection que tous les sacrements tirent leur valeur sanctificatrice.Quant à l\u2019Eucharistie, perpétuée grâce au sacerdoce, c\u2019est chaque jour qu\u2019elle renouvelle en le commémorant le sacrifice triomphal de la croix.\u2022 \u2014- L \u2019enseignement supérieur dans un Canada en croissance Pierre ANGERS, S.J.E~~î COLLÈGES et les universités du Canada ont toujours été liées depuis leur origine aux traditions religieuses et culturelles qui ont inspiré leur fondation et soutenu leurs activités.L\u2019histoire de ces institutions reflète fidèlement, dès les dernières années du dix-huitième siècle, le niveau intellectuel de la nation et les aspirations de ses classes dirigeantes au cours de l\u2019évolution qui a conduit le Canada du régime colonial à l\u2019autonomie politique.Il n\u2019y a donc rien de surprenant à ce que l\u2019essor prodigieux de notre pays depuis la seconde guerre mondiale et les transformations radicales qu\u2019entraîne cette expansion exercent aujourd\u2019hui sur l\u2019enseignement supérieur une pression puissante: celle que produit un état de crise qu\u2019il faut redresser avec promptitude et discernement.Trop nombreux dans les milieux d\u2019enseignement, des esprits timides, amis de la lenteur et de la sécurité, hésitent à courir les risques de cette situation inconfortable qui commande de façon impérieuse; et ils s\u2019emploient à retenir l\u2019élan de ce rythme accéléré.Mais on ne réprime pas à son gré l\u2019impétuosité de la vie.Pour le moment, il n\u2019y a guère lieu de se rabattre sur des demi-mesures.Qu\u2019on s\u2019arrête un instant à réfléchir sur l\u2019immense développement du Canada depuis les années 1900 \u2014 la durée d\u2019une vie d\u2019homme.Le bond d\u2019une population qui a monté de cinq à quinze millions; la découverte de richesses naturelles insoupçonnées et la demande croissante dont elles sont l\u2019objet; la capacité de la production multipliée prodigieusement; le développement de la recherche scientifique associé à l\u2019essor industriel; l\u2019entrée sur la scène internationale; l\u2019énergie et l\u2019esprit d\u2019entreprise qu\u2019ont dé- La Semaine sainte, c\u2019est cela.Une participation intelligente et fervente aux offices ne suppose pas nécessairement que l\u2019on comprenne le symbolisme précis et particulier de chacune des paroles et de chacun des gestes.Mais elle suppose qu\u2019on saisisse les grandes lignes du plan divin sur l\u2019humanité pécheresse et rachetée, morte et régénérée; elle suppose qu\u2019on pénètre par la foi dans les grandes réalités surnaturelles que nous avons exposées, et dont l\u2019ordonnance générale de la liturgie nous présente un si sublime symbole.Du coup, les divers rites de détail s\u2019éclaireront de la lumière de ces grandes réalités qui, en les unifiant, leur donnent tout leur sens.Dans ses épisodes divers, c\u2019est toujours le même mystère de mort et de vie que représente la liturgie, toujours le même mystère pascal du Christ et de l\u2019Église, le mystère du Christ total.« Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire?» {Luc, xxiv, 26.) Voici la première partie d'une étude sur les problèmes que pose à P enseignement supérieur la croissance de notre pays en tout domaine.L'auteur est professeur de littérature française à V Université de Montréal.ployés les Canadiens pour conserver et réaliser ces œuvres: autant de facteurs, autant de traits qui manifestent le caractère dynamique du Canada de 1957, pays jeune et confiant, de jour en jour plus conscient de sa force.Urgence des problèmes financiers Une croissance soudaine et gigantesque, l\u2019appel des besoins spirituels et intellectuels que font naître les progrès d\u2019ordre économique contraignent nos maisons d\u2019enseignement à des adaptations aussi rapides que l\u2019apparition subite des facteurs qui les provoquent.Ces ajustements créent des problèmes dans tous les secteurs du haut enseignement, notamment dans les grands centres universitaires; problèmes d\u2019une acuité doublée par l\u2019urgence des solutions à trouver.Et tous ces problèmes soulèvent la question financière.Sans doute, jamais n\u2019a-t-il été possible aux collèges et aux universités de négliger impunément le facteur financier.La maigreur des ressources mises à leur disposition dans le passé a même longtemps paralysé leurs efforts, et les fruits de cette pauvreté se récoltent encore de nos jours.Notre société a été et est encore portée à croire que l\u2019enseignement est un luxe de l\u2019esprit ou un de ces dons spirituels auxquels il faut le dénuement pour s\u2019épanouir.Pareil désintéressement de la part d\u2019un public distrait et mal informé a été entretenu par la discrétion excessive des enseignants et de leurs administrateurs.Maintenant que la demande de diplômés excède de loin les capacités de l\u2019enseignement supérieur et que la société les réclame avec la sourde impatience de celui qui veut éviter un désastre quand il en est encore temps, il y a lieu d\u2019espérer que l\u2019opinion publique en arrivera à comprendre que la haute éducation ne peut ni se développer, ni se maintenir, ni même AVRIL 1957 91 exister par le seul dévouement des maîtres et de vaines paroles d\u2019estime platonique.Car, dans le haut enseignement, le problème financier ne s\u2019est jamais posé avec le caractère d\u2019urgence qu\u2019il revêt aujourd\u2019hui.Le peuple canadien se voit obligé, à ce moment de sa croissance, de préparer une plus forte proportion de citoyens instruits, munis de disciplines rigoureuses, désormais requises de la majorité pour diriger ou manipuler les rouages complexes du monde technique et industrialisé qui est devenu le nôtre.Le pays ne réussira à former ses élites et ses classes instruites qu\u2019en faisant appel à ses maisons d\u2019enseignement.Et, à leur tour, celles-ci ne pourront répondre à la demande accrue que par une expansion correspondante de leur cadres ou par des fondations nouvelles, toutes mesures impraticables, dans l\u2019état présent des revenus, sans un surcroît de ressources financières.La réponse véritable à ces problèmes dépend, en définitive, et de l\u2019effort des institutions d\u2019enseignement pour élaborer un régime adapté aux besoins nouveaux, et de l\u2019assistance financière effective que leur fournira la société.Deux facteurs d\u2019une portée considérable conjuguent leur action et contribuent à poser le problème dont nous analysons ici les données.Le premier facteur, c\u2019est la montée en flèche des inscriptions dans l\u2019enseignement supérieur durant les prochaines années; le second, c\u2019est la demande accrue de diplômés pour remplir les cadres élargis de notre société urbaine et industrialisée.Augmentation des inscriptions Le premier phénomène est le résultat de l\u2019augmentation de la natalité au lendemain de la seconde guerre mondiale.Le phénomène est accentué par une hausse de l\u2019indice de fréquentation scolaire dans les classes bourgeoises et ouvrières, mieux nanties et désireuses de pourvoir leurs fils d\u2019une meilleure instruction que par le passé./ ' Lors de la réunion de l\u2019A.U.C.(Association des Universités canadiennes), à Toronto, en juin 1955, le docteur E.F.Sheffield, chef de la division de l\u2019éducation à l\u2019Office national de la Statistique, a exposé, pour la prochaine décennie, les prévisions de la fréquentation scolaire au niveau des quatre dernières années du collège et dans les facultés universitaires.Les estimés du docteur Sheffield, fondés sur un examen méthodique des données statistiques, sont révélateurs.En projetant dans l\u2019avenir les tendances déjà observées depuis 1941, M.Sheffield prévoit une augmentation du double des effectifs étudiants.Le chiffre des inscriptions de l\u2019année académique 1954-1955 au Canada s\u2019établissait à 67,148; celui de 1964-1965 atteindra, selon les prévisions, 128,000.Les chiffres des inscriptions futures sont moins des prédictions que des faits.Les enfants qui accéderont demain aux facultés sont déjà nés.Ils fréquentent l\u2019école primaire et les premières années du secondaire.L\u2019augmentation de l\u2019indice de fréquentation scolaire est aussi un fait.En 1941-1942, ce taux était de 3.4; en 1946-1947, il grimpait à 4.4; il atteignait 7.0 en 1954-1955.Prolongeant le mouvement de cette courbe ascendante, le docteur Sheffield prévoit un indice de 11.0 en 1964-1965.L\u2019étude de M.Sheffield s\u2019étend aux effectifs étudiants des dix provinces canadiennes.Mais le Québec révèle, pour sa part, une courbe montante aussi accusée.Il est même à prévoir qu\u2019avec l\u2019établissement des sections classiques et à la suite de la fondation de l\u2019école secondaire publique, intervienne une croissance des populations d\u2019étudiants plus rapide que dans les autres provinces.En outre, il serait inexact de tenir cette augmentation pour un excédent provisoire et de penser que, la vague passée, l\u2019inscription retombera à son niveau normal des années 1952.Bien au contraire.Dans la province de Québec, depuis 1946, l\u2019indice de fréquentation scolaire accuse une augmentation constante.La surcharge des effectifs d\u2019élèves et le surpeuplement de certaines facultés est le résultat d\u2019un accroissement régulier de la population et le fruit d\u2019une civilisation urbaine.Nous n\u2019assistons pas au flot passager d\u2019une marée qui se retirera demain.Il s\u2019agit de l\u2019accès à un nouveau palier numérique.Le second facteur a aussi été analysé et mis en lumière par une initiative de l\u2019A.U.C.Cette association a établi, il y a trois ans, une commission destinée à faire enquête sur la demande de l\u2019emploi au Canada.La commission a révélé qu\u2019en 1954, les 15,000 diplômés qui sortirent des universités canadiennes furent immédiatement absorbés dans les cadres de la vie nationale.Leur nombre fut même gravement déficient: la demande dépassait l\u2019offre de 10,000.La commission a aussi tenté une évaluation approximative des années futures.Elle a déclaré qu\u2019en prenant pour acquis l\u2019indice actuel de fréquentation au collège et à l\u2019université ainsi que le rythme accéléré de l\u2019économie canadienne, cette marge ira s\u2019aggravant.En 1965, environ 190,000 diplômés manqueront au pays: ingénieurs et chimistes, médecins et juristes, professeurs, économistes et chefs d\u2019industrie; feront défaut encore davantage des hommes doués de large vision, capables de pensée forte et audacieuse, de liberté créatrice et d\u2019initiative désintéressée.Ces besoins urgents sont ceux d\u2019un peuple jeune, parvenu récemment à la maturité et qui réclame pour des postes nouveaux des hommes qui ont à les remplir pour la première fois.Attitude des collèges et des universités Devant le problème que pose la montée rapide des inscriptions, les collèges et les universités ont le choix entre deux solutions: adopter une attitude restrictive 92 RELATIONS et fermer au surcroît des étudiants l\u2019accès de l\u2019enseignement supérieur, ou bien étendre les disponibilités et ouvrir les portes à tous ceux qui se présentent.Ce problème a soulevé des discussions dans les milieux universitaires, et les deux points de vue opposés ont leurs partisans.Certaines institutions ont déjà signifié leur décision de plafonner le chiffre de leurs inscriptions.Elles invoquent des raisons sérieuses: pouvoir limité d\u2019expansion, souci de maintenir la qualité des normes académiques, dessein de préserver l\u2019intimité de la vie communautaire entre les maîtres et les étudiants.Ces considérations, fondées sur l\u2019expérience, sont le fruit de la sagesse.Elles méritent notre attention.S\u2019il se trouve des institutions capables de recevoir un surplus d\u2019étudiants, ce n\u2019est pas le cas de toutes les facultés.Quelques-unes d\u2019entre elles se voient déjà dans l\u2019obligation de recourir à des mesures rigoureuses pour limiter le nombre des inscriptions.A bon droit, elles désirent éviter l\u2019écueil de la masse.Elles savent que l\u2019encombrement a pour effet de vicier l\u2019excellence de l\u2019enseignement, toujours menacé quand le surnombre établit des distances entre les professeurs et les étudiants.En outre, les fortes concentrations administratives établissent dans les institutions le risque de l\u2019anonymat: le professeur et l\u2019étudiant sont noyés dans la multitude, on est alors plus proche de l\u2019atmosphère d\u2019usine que du foyer de culture.Il faut bien convenir qu\u2019aucune institution, si amplement pourvue soit-elle en ressources financières et en moyens d\u2019expansion, ne peut étendre ses cadres au delà d\u2019une certaine mesure sans nuire à la vie communautaire des maîtres et des étudiants et sans perdre, par le fait même, son caractère universitaire.Les collèges et les universités ont raison de borner leur expansion à certaines limites.Mais, en présence des besoins urgents du Canada et de la demande toujours plus forte de diplômés, l\u2019enseignement supérieur, considéré en son ensemble, ne saurait se replier sur des positions de réserve et se borner à former à l\u2019avenir une proportion plus faible de la population que dans le passé.Il y a ici des raisons décisives.En premier lieu, la fraction actuelle des étudiants universitaires n\u2019est pas élevée.Elle ne constituera sans doute toujours qu\u2019une étroite minorité dans la société.Toutefois, il paraît certain que, dans les centres français du Canada, de véritables talents se perdent faute de jamais dépasser le niveau du cours élémentaire.Plusieurs facteurs concourent à créer cette situa- tion: l\u2019ignorance des parents, le défaut de motivation, l\u2019ambition à courte vue de gagner tôt de l\u2019argent.Pour la société canadienne et notamment pour sa portion française, la perte de ces talents est incalculable \u2014 tout comme pour les individus qui, faute de formation technique et de large culture, sont incapables d\u2019occuper un poste de commande dans le monde de l\u2019industrie, du commerce ou des professions libérales.Ils sont souvent tôt déclassés par des immigrants de fraîche date mieux qualifiés, sur qui l\u2019industrie jette son dévolu, parce qu\u2019elle a un besoin pressant de techniciens et de chefs de service.Pour diriger son développement et alimenter en personnel ses nouveaux cadres économiques, notre pays réclame une classe dirigeante élargie, mieux équipée et capable d\u2019initiative.C\u2019est dire que l\u2019enseignement supérieur, pour être fidèle à sa mission, ne peut pas répondre à la hausse des inscriptions par un parti pris de restriction.Ce serait une dérobade.Pareille attitude n\u2019est pourtant pas une fiction.Elle existe, elle est une tentation à laquelle cèdent certains cercles canadiens-français.Elle est inspirée par une vue défectueuse de la situation, par une vague méfiance à l\u2019égard de la science et de la culture, par la volonté craintive de ne pas desserrer l\u2019emprise sur le haut enseignement et par la crainte que ne manquent les revenus pour le financer.Ce dernier motif est l\u2019un des plus répandus.Or, il convient, nous semble-t-il, d\u2019inverser les termes du problème.Pour répondre aux tâches présentes, les collèges et les universités doivent, avec l\u2019audace et l\u2019intelligence que réclame une action réaliste, élaborer un programme d\u2019expansion et d\u2019amélioration de l\u2019enseignement supérieur.Et pour défrayer ces développements, il importe que les institutions s\u2019efforcent de découvrir de nouvelles sources de revenus.Sans doute, il n\u2019est pas aisé de réunir de fortes sommes, et les postes du budget courant sont parfois comprimés par l\u2019insuffisance des crédits.Mais il y a lieu ici de poser un principe.Parce que l\u2019éducation est une œuvre nationale, et que ses vertus et ses défauts ont une répercussion immédiate sur chaque citoyen, on doit sacrifier le moins possible les besoins réels à des intérêts financiers.Normalement, ce n\u2019est pas la quantité des revenus qui doit diriger le fonctionnement de la vie académique, c\u2019est le cours régulier et l\u2019expansion naturelle de la vie académique qui doivent créer l\u2019appel des revenus.Paraîtra au début d\u2019avril amiâ.leâ damneâ de la texte Rolland BOYLE, S.J.Brochure de 48 pages, réunissant les six articles parus dans Relations sur le problème des alcooliques et ses remèdes.L\u2019exemplaire: $0.25\tLa douzaine: $2.50\tLe cent: $18.75 AVRIL 1957 93 Le plan Dozois Maurice LAMARCHE, S.J.IE PLAN DOZOIS n\u2019est sans doute pas parfait, mais il a du bon.Il faut donc se montrer sympathique et collaborer avec ceux qui sont chargés de l\u2019exécuter.Tout le monde a entendu ou lu cet argument.Est-ce un bon argument ?Tout dépend de ce bon que contient le plan Dozois.Mon appareil de télévision n\u2019est pas parfait, mais il a tout de même du bon.Je m\u2019en contente.Croyez-vous que je fais bien ?\u2014 Tout dépend du bon dont vous parlez.D\u2019abord, est-ce que votre téléviseur télévise ?\u2014 Non.Et c\u2019est pourquoi je dis qu\u2019il n\u2019est pas parfait.Par ailleurs, il constitue un magnifique ornement pour le salon.En outre, il sert de support à une statue et à un pot de fleurs.\u2014 Je vote contre votre appareil.Il est clair qu\u2019il résout plusieurs problèmes, celui, par exemple, de votre pot de fleurs.Mais il laisse entier le problème essentiel, celui de vous distraire et de vous instruire.Alors, ce n\u2019est pas le problème à résoudre qu\u2019il résout, mais d\u2019autres.Et cela est un inconvénient tellement sérieux que, sur 100 personnes, 99 au moins vont voter contre votre téléviseur, malgré qu\u2019il ait beaucoup de bon.On affirme que le plan Dozois a du bon, et qu\u2019il sera la solution de bien des problèmes.Mais quels problèmes réglera-t-il?Le vrai problème ou seulement d\u2019autres problèmes ?Pour le savoir, il est important de bien se rappeler quel est le vrai problème.Mais, pour avoir une idée exacte du vrai problème, il est nécessaire de ne le confondre avec aucun autre qui pourrait lui être connexe.Il est donc à propos, avant de dire de quel problème il s\u2019agit, de rappeler de quels problèmes il ne s\u2019agit pas.UN PROBLÈME SECONDAIRE Il ne s\u2019agit pas de l\u2019élimination des taudis.Ce serait, certes, une excellente chose de faire disparaître de notre ville les taudis, comme ce serait très bien de voir à enlever les vieilles clôtures, les expositions de ferraille rouillée, de bidons d\u2019huile et de vieux pneus.Mais ce n\u2019est pas là le problème urgent, le problème numéro un qu\u2019il faut absolument régler.En somme, la suppression des taudis et de toutes ces laideurs est une question d\u2019esthétique.Nous ne méprisons pas l\u2019esthétique.Dans les retraites et chaque fois que nous en avons la chance, nous exhortons les mères de famille à faire goûter le beau à leurs enfants : la belle musique, les beaux couchers de soleil, notre grand fleuve.Nous leur demandons d\u2019élever leurs enfants, c\u2019est-à-dire de les placer haut, plus haut que Le P.Lamarche dirige depuis plus de vingt ans la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul au Collège Jean-de-Brébeuf.Sa connaissance expérimentale des pauvres et des taudis lui inspire les réflexions suivantes concernant la situation faite aux familles dans le plan Dozois.la basse et grossière matière.Un enfant que ses parents ont élevé, lorsqu\u2019il sera devenu un adolescent, sera apte à vibrer devant un bel acte de vertu, tout comme son voisin, moins dégrossi, moins désanimalisé, tressaille aux contorsions d\u2019un Presley.L\u2019esthétique a donc sa grande importance.Mais il faut tout de même qu\u2019elle garde son rang.Lorsque le pauvre a faim et n\u2019a pas où reposer sa tête, l\u2019esthétique doit passer au second plan.La plupart des saints aimaient passionnément le beau, surtout pour les temples.Le curé d\u2019Ars, si admirablement pauvre et pénitent, voulait pour sa petite église les plus riches ornements.Mais, lorsque les pauvres manquaient de pain ou de remèdes, les saints, pour payer ce pain ou ces remèdes, vendaient les vases sacrés.Un jour, il y eut du nouveau sur la terre.Ce ne fut pas l\u2019esthétique, ce fut l\u2019amour.Or, Celui qui apporta ce nouveau donna sa vie.Il donna sa vie non pour l\u2019esthétique ou les belles maisons, mais pour les hommes et surtout pour les hommes pauvres.Si jamais un rayon d\u2019amour venait à s\u2019égarer dans les salles où l\u2019on délibère sur la chose publique, le plan Dozois pourrait bien en recevoir un coup mortel.Le problème de l\u2019élimination des taudis, de l\u2019esthétique de notre ville pourra être résolu un jour, mais ce n\u2019est pas le grand problème actuel.LE VRAI PROBLÈME De quoi s\u2019agit-il alors?Il s\u2019agit des familles qui sont dans les taudis.Encore ici, pour dissiper toute confusion, disons d\u2019abord de quelles familles il ne s\u2019agit pas.Voici une cinquantaine de familles.Il se trouve que ces familles sont composées de deux personnes: le mari et la femme.Il se trouve que cet homme et cette femme n\u2019ont pas d\u2019enfant et n\u2019en auront jamais parce qu\u2019ils ne peuvent pas en avoir.Il se trouve qu\u2019ils habitent un taudis.Cela est certainement ennuyeux.Et, pour cet homme et cette femme, cela peut constituer un vrai problème.Mais, nous sommes d\u2019avis que c\u2019est leur problème.Ce n\u2019est pas le nôtre, ni surtout celui des gouvernants.La raison, c\u2019est que, généralement parlant, ces couples peuvent se tirer d\u2019affaire par eux-mêmes.Comme il y a beaucoup de chambres à Montréal et beaucoup de petits appartements neufs; comme, d\u2019autre part, un couple sans enfant a beaucoup moins de dépenses qu\u2019une famille nombreuse, on peut dire qu\u2019habituellement les ménages sans enfant pourront trouver à se loger humainement.94 RELATIONS Donc, le problème qu\u2019il s\u2019agit de résoudre est bien de loger les familles, mais pas les familles qui se trouvent dans la situation que nous venons de décrire.Quel est alors le vrai problème ?Où commence-t-il ?Par qui est-il amené ?Le vrai problème commence avec Yenfant.Il est amené par l\u2019enfant.Il s\u2019agit de savoir comment on va loger ailleurs que dans les taudis les familles qui ont plusieurs enfants et qui sont pauvres.Le problème est à l\u2019état suraigu.Je le sais parce que c\u2019est mon problème, et cela depuis des années.J\u2019ai tout essayé, et rien n\u2019a réussi.Il y a près de deux ans, après avoir cherché en vain, pendant des mois, un logement pour une famille de sept enfants demeurant dans un taudis de la rue Bercy, je décidai de confier ma cause à une agence qui se charge de trouver des logements, à condition qu\u2019on fasse un dépôt de cinquante dollars.Après avoir écouté ma demande, le propriétaire de cette agence me dit: « Parce que vous êtes prêtre, je vais prendre le cas.Je devrai m\u2019en occuper personnellement.Mes employées sont de bonnes personnes, mais comme ce que vous me demandez est très difficile, je crains qu\u2019elles ne mettent pas à s\u2019en occuper le zèle tout à fait particulier que cela exige.Alors, je vais m\u2019en occuper moi-même.» On voit comme le problème est compliqué, a) Il a fallu déposer cinquante dollars, b) Le propriétaire de l\u2019agence a dû prendre la chose en main personnellement.c) Cela a pris une vingtaine de mois, d) Surtout, la famille est encore dans son même taudis de la rue Bercy.C\u2019est un cas sur un grand nombre.Il n\u2019y a vraiment rien à faire.Dans les chambres, on ne veut pas d\u2019enfants.Dans les appartements propres, on ne veut pas d\u2019enfants.Il n\u2019y a que dans les taudis qu\u2019on en accepte.On avouera que c\u2019est là un très sérieux problème pour les familles nombreuses: personne ne veut d\u2019elles.Est-il possible de se désintéresser du problème et de ne pas tenter de le résoudre ?Une solution a été trouvée, paraît-il.Les familles nombreuses et peu fortunées vont être bien logées, grâce au plan appelé Dozois.LES GRANDES LIGNES DU PLAN DOZOIS Nous voudrions ici parler rigoureusement, mathématiquement.Nous voudrions pouvoir argumenter au millième.Ce n\u2019est pas tellement facile, malheureusement.Les seuls documents où l\u2019on puisse trouver des renseignements manquent de rigueur.Ce que sera le plan Dozois, ces documents ne nous le disent qu\u2019à peu près.Nous en savons tout de même assez pour porter un jugement solidement fondé.Tout le monde sait que cette oasis de fraîcheur, cette campagne verdoyante va se trouver non pas aux environs de la mer ou près d\u2019un lac, mais en bordure de la rue Sainte-Catherine: exactement entre les rues Sainte-Catherine et Ontario, Saint-Urbain et Sanguinet.Dans ce secteur, après avoir démoli et nivelé, on va construire des maisons de rapport.Le premier plan Dozois parle de seize énormes maisons.Dans le second plan, modifié par le comité Field, on n\u2019en parle plus.Dans leurs discours, les conseillers municipaux ne nous ont pas dit si c\u2019est seize ou dix ou vingt maisons qu\u2019on va construire.Le premier plan Dozois fixait assez exactement le nombre d\u2019étages: treize maisons de huit étages, trois maisons de douze étages.Le plan Dozois-Field parle d\u2019un certain nombre de maisons de douze ou treize étages, « probablement douze ou treize étages, sans dépasser toutefois les limites de hauteur imposées par les règlements de la cité » (rapport Field, p.20).Le même plan propose en outre qu\u2019on élève des maisons de quatre ou six étages pour les familles plus nombreuses.Encore là, il est impossible de savoir si les maisons en question vont avoir six ou quatre étages.Ce qui semble certain, c\u2019est que toutes ces maisons donneront un total de 800 logements, les uns plus grands, les autres petits.Les grands logements contiennent sept pièces; les petits, trois pièces.Ceci étant, posons maintenant la question: lorsque le plan Dozois-Field aura été exécuté, lorsque les 800 logements nouveaux seront prêts, le problème à résoudre aura-t-il été réglé ?Nous ne demandons pas si des problèmes auront été réglés, mais si le problème dont il s\u2019agit exactement aura été résolu.Ce problème, nous le répétons de nouveau, ce n\u2019est pas l\u2019élimination des taudis; ce n\u2019est pas davantage le relogement des petites familles et encore moins des familles sans enfant.Le vrai casse-tête, ce sont les familles nombreuses.Le plan Dozois règle-t-il, oui ou non, le cas des familles nombreuses ?Nous venons de dire que les seize maisons, ou les X maisons, vont donner en tout 800 logements.Nous avons dit également que les plus grands de ces logements auront sept pièces.Sur 800 logements, combien y aura-t-il de sept-pièces ?600 peut-être ?400 ou 300 ?Il y en aura 50! (50 au plus, puisque le plan Field mentionne 50 logements de six ou sept pièces.) Nous avons dit qu\u2019il y aura de petits logements de trois pièces.Combien y en aura-t-il ?Une cinquantaine ?Il y en aura 300.Ces 300 logements sont destinés à des couples sans enfant.Il y aura, en plus, 300 logements de quatre pièces pour des familles d\u2019un ou deux enfants.Donc, sur 800 logements, il y en a tout de suite deux fois 300, c\u2019est-à-dire 600, dans lesquels les familles nombreuses ne peuvent pas entrer.Peut-on dire que le plan Dozois a été conçu en faveur des familles nombreuses ?Si jamais on ose continuer de le prétendre, il ne faudra pas manquer d\u2019expliquer au touriste étonné comment il se fait que, dans ce paradis des familles nombreuses, il y a surtout des familles pas nombreuses.Un congrès de médecins AVRIL 1957 95 réunissant surtout des avocats ne se comprend pas facilement sans explications.On demandera peut-être comment il se fait que ceux qui ont proposé le plan Dozois n\u2019aient pas tenu compte des familles nombreuses, comment il se fait qu\u2019ils aient passé à côté du vrai problème à résoudre.Si on posait la question aux membres du Comité de l\u2019habitation salubre, que répondraient-ils ?Probablement ceci: « Vous voulez savoir comment il se fait que nous avons réservé seulement 50 logements pour les familles nombreuses, alors qu\u2019il y en a 300 pour des couples sans enfant ?C\u2019est pourtant bien simple à comprendre.Nous avons visité le secteur à reconstruire et nous avons fait une enquête serrée.L\u2019enquête nous a révélé que, dans le secteur en question, il y a 50 familles qui ont besoin de sept pièces et 300 qui ont besoin de trois pièces.Alors, nous avons décidé de construire 50 logements de sept pièces et 300 de trois pièces.N\u2019est-ce pas logique ?« Nous allons procéder de la même façon dans les autres secteurs de Montréal.Nous allons faire une enquête et nous construirons d\u2019après les besoins.Si, par exemple, dans un secteur de la Pointe-Saint-Charles, il y a 1,000 familles de dix enfants et une famille sans enfant, nous construirons 1,000 logements de sept pièces et un seul logement de trois pièces.« De cette façon, toutes les grosses familles de Montréal vont être logées convenablement, les petites familles aussi, et les taudis vont disparaître; il va y avoir des parcs, un système central de chauffage, un réfrigérateur, de l\u2019eau chaude à l\u2019année.Est-ce qu\u2019on peut demander mieux ?» INCONVÉNIENTS DES LOGEMENTS SUR MESURE Que faut-il penser de cela?Il faut remarquer d\u2019abord que, dans ce système, les logements sont faits sur mesure.Faire l\u2019enquête, c\u2019est prendre la mesure de la famille.Ici, il n\u2019y a pas d\u2019enfant: cela prend un trois-pièces.Là, il y a l\u2019enfant: donc, un quatre-pièces.Voici maintenant deux familles de douze enfants : dans la colonne des sept-pièces, marquons deux croix.Est-ce qu\u2019il ne peut pas y avoir de très sérieux inconvénients à construire ainsi les logements sur mesure ?Un enfant de treize ans à qui on a fait faire sur mesure un habit qui doit absolument lui durer dix ans ne tardera pas à rencontrer bien des problèmes.Si c\u2019est vraiment son seul habit, et s\u2019il lui faut l\u2019habiter, il ne lui restera qu\u2019une chose à faire: prendre des remèdes pour ne pas grandir ni grossir.Après avoir pris avec soin la mesure de 800 familles, on va construire des logements qui vont faire juste.(A cause de certaines circonstances, nécessité de ménager du terrain, coût des matériaux, non seulement les logements sont faits sur mesure, mais ils sont ajustés.) Mais ne faut-il pas supposer que, sur ces 800 familles, un certain nombre vont grandir ?Est-il possible que les 300 familles qui seront dans les trois-pièces soient toutes, sans exception, des vieux couples ou bien des couples jeunes, mais tous incapables d\u2019avoir des enfants ?N\u2019est-il pas plus que probable que, sur les 300 autres familles, celles qui habiteront les quatre-pièces, il y en ait un grand nombre qui peuvent aussi avoir des enfants?Cela est tellement probable que c\u2019est certain.Donc, il faut s\u2019attendre à ce que la famille grandisse.Mais elle ne le peut pas.Le logement a été fait sur mesure.Alors, il faut empêcher la famille de grandir.Et, par conséquent, la mesure de la famille ne sera plus la volonté de Dieu, ou l\u2019amour des parents pour de nombreux enfants, ou le dévouement envers la patrie; la mesure de la famille sera le nombre de pièces fixé par le plan Dozois.LE PLAN DOZOIS ET LE PLAN PROVIDENTIEL Le plan Dozois et le plan providentiel ne parlent pas la même langue.« Croissez et multipliez-vous, dit le plan providentiel.N\u2019ayez pas peur.Vous êtes beaucoup plus que les oiseaux du ciel.Vous savez que les oiseaux du ciel ont la nourriture, ils ont l\u2019espace.» Le plan Dozois garantit l\u2019espace, mais dehors,.dans le beau parc du silence, entre les rues Sainte-Catherine et Ontario.Il paraît qu\u2019on a visité Regent Park et que tout le monde est content.Même si c\u2019était vrai, \u2014 et des rapports sérieux nous permettent d\u2019en douter,\u2014 qu\u2019est-ce que cela prouverait ?Est-ce que, dans les barbottes, tout le monde n\u2019est pas content?Est-ce que, dans les fréquentations seul à seule, dans les bois du Nord, tout le monde n\u2019est pas.content?Et pourtant, les honnêtes gens s\u2019opposent à ces sortes de maisons et à ces fréquentations.Pou-quoi?C\u2019est parce que, pour les honnêtes gens, il ne suffit pas que tout le monde soit content; il faut que la morale aussi soit contente.Un homme qui ferait la moue sur la morale, qui prétendrait que la morale n\u2019a: rien à voir dans un domaine comme celui de la construction, serait une drôle de sorte d\u2019honnête homme.Que ce soit à Regent Park ou à New-York, à Paris, ou à Montréal, nous avons la conviction que, là où les logements mis à la disposition des familles sont construits sur mesure, il y aura beaucoup moins de naissances que de limitations de naissances.Si l\u2019on réfléchit au sévère avertissement de Pie XI r « Aussi ne faut-il pas s\u2019étonner de voir les saintes Écritures attester que la divine Majesté déteste au plus haut point ce forfait abominable et qu\u2019elle l\u2019a parfois, puni de mort », on ne peut s\u2019empêcher de trembler à la pensée de ce que le plan Dozois ne peut manquer d\u2019occasionner.96 RELATIONS LE THÉÂTRE AUTOUR DU FESTIVAL D\u2019ART DRAMATIQUE Georges-Henri cTAUTEUIL, S.J.UNE FOIS ENCORE, cette année, nous avons eu, à Montréal, un Festival d\u2019art dramatique.Comme d\u2019habitude, aussi, l\u2019événement s\u2019est déroulé à la salle du Gesù, entre deux spectacles du Théâtre du Nouveau Monde.Cette institution des Festivals, dont Relations a souligné déjà l\u2019importance, continue de justifier son utilité.De jeunes auteurs, qui, sans cela, n\u2019auraient peut-être pas d\u2019auditoire, peuvent faire jouer leurs œuvres, les faire applaudir et critiquer; de jeunes troupes d\u2019amateurs peuvent se rompre à la mise en scène et au nécessaire métier théâtral.Quand se conjuguent les deux avantages, alors, c\u2019est l\u2019idéal.Petit à petit se forme ainsi un répertoire d\u2019œuvres dramatiques canadiennes et se préparent des comédiens nombreux et expérimentés, capables de se faire du théâtre une carrière.Malheureusement, je n\u2019ai pu voir tous les spectacles du Festival de mars dernier.Le malheur n\u2019est pas trop grand, semble-t-il, puisque les trois pièces que j\u2019ai vues se sont mérité presque toutes les faveurs du juge du Festival, M.Cecil Bellamy.Importé d\u2019Angleterre, comme à l\u2019accoutumée, le juge de cette année est un bon bonhomme, savoureux et sympathique, plus intéressé, peut-être, à la représentation des pièces qu\u2019à leur texte.M.Bellamy parle très convenablement le français: leçon pour plusieurs de nos compatriotes anglophones qui se proclament souvent emballés pour la culture française et oublient, en même temps, d\u2019apprendre quelque peu notre langue.Un vers fameux de Corneille nous vient à l\u2019esprit: « La valeur n\u2019attend pas le nombre des années », au moment d\u2019apprécier le dialogue dramatique de Michèle Lalonde: Ankrania, interprété par le Proscenium.En effet, l\u2019auteur est une toute jeune fille, encore aux études, qui manifeste pourtant des dons rares d\u2019écriture: une phrase riche et harmonieuse, des images neuves et pittoresques, une précision et une correction verbales étonnantes.A cela s\u2019ajoutent un effort loyal d\u2019approfondissement de la pensée et un souci de ne pas faire banal.Mais ce « dialogue dramatique » n\u2019est pas une pièce: aucune action dramatique, aucune progression, ni même une certaine relation de nécessité entre les scènes, juxtaposées et non rattachées l\u2019une à l\u2019autre.Et les personnages ne sont que des abstractions symboliques, des idées incarnées, qui apparaissent, récitent leur boniment et passent à tour de rôle.Une discussion philosophique ou morale peut être passionnante pour l\u2019esprit; elle n\u2019est pas pour autant œuvre dramatique, même si on y parle une langue aux couleurs somptueuses.En dépit de tout cela, Ankrania a retenu l\u2019attention, non seulement de quelques pimbêches à la tête en voyage de foin mal tassé ou de quelques barbus tout frais déballés des cavernes préhistoriques, mais d\u2019un auditoire assez considérable et sérieux.On n\u2019a pas tout compris, ni tout accepté; mais on a été intéressé et, par endroits, charmé.A vrai dire, les interprètes ont bien servi le texte de Michèle Lalonde; ils ont essayé de le rendre, le plus possible, concret, de lui faire passer la rampe.Jacques Zouvi, en particulier, dans le rôle de Léomètre, a changé une classe de mathématiques en un enchantement pour l\u2019œil.* Au contraire de la débutante Michèle Lalonde, Roger Sinclair est un habitué des Festivals.Voilà trois années de suite qu\u2019il présente une de ses œuvres.Accablée, cette fois, sous les honneurs, sa pièce, Quand la moisson sera courbée, a remporté le prix de la meilleure production canadienne en langue française, et trois de ses interprètes ont mérité des palmes: Mariette Duval, meilleure actrice de l\u2019ensemble; Colette Courtois, meilleure actrice d\u2019un rôle secondaire, et Nathalie Lambert, meilleure actrice à ses débuts.C\u2019est la récompense, pour Sinclair, d\u2019une constance courageuse et d\u2019un réel talent dramatique.Dans toutes les pièces de Sinclair, on subit la même atmosphère étouffante: étouffante jusqu\u2019à en mourir, comme dans Ceux qui se taisent et la Boutique aux anges, ou allégée, enfin, par un orage bienfaisant, sur les deux plans: temporel et spirituel, comme dans Quand la moisson sera courbée.De cette dernière pièce se dégage aussi une impression beaucoup plus saine.La souffrance n\u2019est pas absente, ni les pleurs; mais pas de place pour le désespoir.Au lieu de s\u2019évader de la vie avant de la vivre, comme ce freluquet d\u2019Ankra-nia, la Constance de Sinclair, à qui pourtant on n\u2019a pas trouvé de « grand amour » dans sa ligne de cœur, décide courageusement d\u2019accepter sa vie, qui sera une vie de travail et de renoncement.Et cela n\u2019a pas diminué la valeur artistique de la pièce.* Le grand prix Calvert a été attribué par le juge Bellamy à la Tour Eiffel qui tue, pièce loufoque que le théâtre de quat\u2019sous a fait valoir sous la direction de Paul Buissonneau.Personnellement, de cette pièce je ne donnerais pas.quat\u2019sous.Et le juge a bien insinué que ce n\u2019est pas le texte de Guillaume Honoteau qu\u2019il a voulu primer.Mais voilà: d\u2019une comédie très médiocre, Buissonneau, avec une invention créatrice affolante, a fait un divertissement de grande classe.Ce gaillard a vraiment un sens prodigieux de la présentation scénique: dans l\u2019interprétation, dans le décor, dans le costume, dans le rythme du jeu, les trouvailles succèdent aux trouvailles, que c\u2019en est éblouissant.Cela tient de la magie.Le mouvement, à mon goût, n\u2019était peut-être pas assez rapide dans la succession des scènes; la vivacité s\u2019impose, dans ce genre de spectacle, pour soutenir et même augmenter l\u2019intérêt.Et les deux jeunes amoureux, les seuls personnages non caricaturés de la pièce, paraissaient bien pâles, presque inexistants au milieu de cette exubérance de cocasseries.Ces trois pièces, au mérite différent, mais réel, indiquent un effort sérieux chez nos jeunes comédiens et auteurs vers l\u2019établissement solide et permanent d\u2019un climat théâtral à Montréal.AVRIL 1957 97 Le drame Houle Quand les âmes tendres et les petits journaux criards poussent l\u2019abolition de la peine de mort, la climatisation du régime pénitentiaire et la suppression des revolvers de la police, il faut qu\u2019une charité plus éclairée s\u2019arme d\u2019une longue-vue et réclame pour le public et pour ses défenseurs les gendarmes.Quand un brave, qui pouvait aussi être tué, hésite à faire feu, « de crainte de se faire suspendre à cause des ordres récents », provoqués par les susdites criailleries, ces ordres sont condamnés.Si l\u2019Angleterre n\u2019arme pas sa police, c\u2019est que le revolver y joue moins dru qu\u2019ici, qu\u2019une île est plus favorable aux arrestations que notre immense continent, et que l\u2019échafaud ne badine pas.Le souvenir de l\u2019agent Houle, les mots tout simples et si touchants de son frère sur la belle vie de famille des douze enfants, sur le travail à salaire moyen du père aux tramways dès quatre heures du matin et sur les heures libres employées au jardinage ont quelque chose de prenant, de si parfaitement nôtre: « Il avait loué un terrain et cultivait toute sorte de légumes.Nous n\u2019avons jamais manqué de rien.Mon frère commençait à prendre le dessus; il avait acheté sa maison, il la peinturait lui-même.Il était bon, joyeux.Nous étions quarante chez lui samedi.On n\u2019a jamais tant ri.C\u2019est le premier qui meurt.» Il faut que de tels hommes aient les moyens de défendre leur vie, leur bonheur, leur famille \u2014 et la ville.« Mon mari était bien trop bon pour mourir! » Bien sûr, madame! Mais mourir en faisant son devoir, « tout sacrifier pour observer son serment d\u2019office », voilà qui console, qui dépasse l\u2019humain, qui n\u2019est bien pesé que dans la balance de Dieu.Al.D.Alibicratie C\u2019est gouverner par la bande, par des à-côtés, des prétextes.Quand nos pomiculteurs et le peuple réclament du cidre, un ministre prétend redouter l\u2019alcoolisme autrement que par la bière.Un autre se plaint de manquer de colons, mais il ne fait aucune propagande chez nos ruraux, encore moins chez les immigrés.Quand Ottawa offre des millions aux universités, un champion d\u2019autonomie \u2014 excepté pour Montréal \u2014 refuse héroïquement: c\u2019est contre la constitution; c\u2019est dangereux pour notre langue et notre foi.Passons.Mais quand Ottawa s\u2019offre à payer 90% de la route trans-Canada, et que l\u2019Ontario en a reçu $28,200,000, et Québec rien, ça ne passe plus.Qu\u2019y a-t-il dans le ciment contre la foi, la morale et le français?Notre plus vieux Québec souffre tellement de ses mauvais chemins; les assurances y sont tellement plus chères qu\u2019ailleurs, et les accidents plus nombreux; nos besoins de partout sont si grands, et les demandes d\u2019octrois si générales, et nos impôts si abusivement volés par Ottawa, pourquoi ne pas accepter le plus de millions possibles, comme une restitution, la conscience money des pâques ?Quoi répondre au député Parent, qui reste à Hull et qui voit l\u2019Ontario?Vite, une réponse-alibi qui désarçonne, qu\u2019on n\u2019imagine pas : « Que savez-vous des droits des provinces?.Nous la bâtissons seuls notre part de la route trans-Canada.C\u2019est mieux bâti qu\u2019ailleurs! Un scandaleux constructeur a volé dans l\u2019Ontario; jamais pareil crime ne s\u2019est vu dans le Québec.» Donc, refusons les millions: quelqu\u2019un pourrait apprendre à voler! Le ministre de la Voirie, pourtant avocat, n\u2019a rien eu à dire.Son chef est bien parlant.Et dire que des Québécois rêvaient de faire passer ladite route par la Côte Nord, pour aboutir tout près de Terre-Neuve, au détroit de Belle-Isle.A Ottawa, l\u2019alibi des fabuleuses dépenses de guerre est le mot défense.Alors que l\u2019Angleterre diminue son recrutement et son budget d\u2019armée, Ottawa multiplie la propagande à la télévision et dans les journaux: annonces, images, nouvelles AU FIL et contes bleus sur les voyages de plaisir de l\u2019armée.Enrôle-toi, jeunesse! On ne parle que de défense, jamais de guerre, et Ottawa continue les impôts de guerre, douze ans après Hitler disparu.On est donc toujours en guerre ?Contre qui ?On met l\u2019ordre à Suez, pas chez nous; on héberge des persécutés, on invite l\u2019immigration britannique, et l\u2019on chôme, et l\u2019on fait payer double taxe, et l\u2019on brime les plus anciens Canadiens dans neuf provinces sur dix.On tire du grand, et l\u2019on n\u2019a pas de drapeau, ni d\u2019ambassadeur auprès du Pape.Quant à la canalisation du Saint-Laurent, alibi pour Montréal, ce sera profit net pour Toronto.Et le chahut Croteau-Dozois, profit net pour la pègre aux élections?.Comme disait Léon Daudet, « en démocratie, il y a surtout moc » ! A moins que.Al.D.La Fraternité française C\u2019est le nom que prend cette d Amérique\tannée la souscription patrio- tique organisée conjointement par le Conseil de la Vie française et par la Fédération des Sociétés Saint-Jean-Baptiste du Québec.L\u2019objectif est de $75,000.La date: du 15 avril au 15 mai.Le mot d\u2019ordre: « Aidons les nôtres.» Les besoins sont nombreux; les demandes viennent de tous les côtés.Voici quelques exemples empruntés au dépliant préparé par les organisateurs: la presse française en Acadie, aux États-Unis, en Ontario, dans l\u2019Ouest canadien; la radio française de l\u2019Ouest et de la Nouvelle-Angleterre; l\u2019Association de la Jeunesse canadienne-française dans le Québec, l\u2019Ontario et l\u2019Alberta; les écoles indépendantes de Saint-Boniface, au Manitoba; le collège classique de Gravelbourg, en Saskatchewan; le collège de Falher, dans le nord de l\u2019Alberta; les concours de français dans l\u2019Ouest canadien et en Nouvelle-Angleterre; l\u2019Université de Sudbury en Ontario.Ce ne sont là, notons-le bien, que quelques exemples.Le Conseil de la Vie française reçoit constamment des demandes d\u2019aide, de toutes sortes et de nombreux milieux.Se montrer sympathique à l\u2019appel qu\u2019on entendra du 15 avril au 15 mai et prouver cette sympathie par un don en argent, si minime soit-il, ce sera vraiment poser un geste de fraternité française.Qu\u2019on donne généreusement: la cause en vaut la peine.Il ne faudrait pas que les souscriptions patriotiques soient les plus difficiles à réussir et les plus anémiques.Qu\u2019on donne aussi sans crainte: l\u2019argent n\u2019est pas gaspillé.Une administration saine et un comité de distribution bien choisi offrent des garanties de première valeur.L\u2019argent versé sera bien employé.Qu\u2019on s\u2019en souvienne; et que chacun fasse sa part pour que la souscription dépasse largement son objectif.A.P.Pauvre culture française! Ce n\u2019est pas d\u2019hier que la culture et la langue françaises chez nous subissent de violents assauts.Heureusement, elles rencontraient au sein de notre petit peuple des défenseurs clairvoyants et tenaces.La jeunesse se montrait particulièrement ardente, avec cette intransigeance qui la caractérise.Aujourd\u2019hui, où en est cette belle ardeur ?Les convictions sur les droits du français sont branlantes ou floues dans l\u2019esprit de nos gens.La vie quotidienne nous en fournit de multiples preuves.C\u2019est, par exemple, une employée cana-dienne-française d\u2019Air-Canada qui essaie d\u2019excuser un collègue anglais et unilingue: « Il ne faut pas leur en vouloir, les Canadiens français eux-mêmes ne savent même pas leur langue.» Comme si attendre d\u2019un serviteur public à Montréal 98 RELATIONS MOIS qu\u2019il parle la langue de la majorité de ses clients, c\u2019était lui en vouloir! C\u2019est encore une jeune fille, militante d\u2019Action catholique, qui me reprochait d\u2019exiger du français dans un magasin de Montréal: « Quand on va acheter chez les Anglais, on parle leur langue.La charité demande qu\u2019on s\u2019adapte aux gens.» La charité, évidemment, ne demandait pas au commis de s\u2019adapter à sa clientèle française! D\u2019ailleurs, la charité ne suppose-t-elle pas le respect des droits de chacun ?Devant une telle indifférence et une telle confusion des idées chez des gens qui ont reçu une formation plus poussée, comment attendre du peuple une volonté éclairée, ferme et constante de faire respecter sa langue?La culture française court des dangers plus grands encore.Les derniers mois ont été marqués par de nouvelles initiatives du pouvoir central dans le domaine de la culture et de l\u2019éducation.Pour le moment, ces initiatives se limitent aux octrois.La dernière proposition du gouvernement fédéral, d\u2019accorder aux universités des subsides par le truchement d\u2019un organisme indépendant des provinces, est une autre preuve de la volonté bien arrêtée d\u2019Ottawa de « s\u2019occuper » de l\u2019éducation.Évidemment, la prudence conseille de s\u2019en tenir pour aujourd\u2019hui au secteur universitaire.Mais nulle opposition de principe à envahir un jour les autres secteurs, secondaire et primaire.Sans entrer dans l\u2019étude du truc constitutionnel inventé par notre gouvernement, on peut se demander comment fonctionnera l\u2019organisme chargé de distribuer les largesses gouvernementales.La formule de répartition des fonds au prorata du nombre des élèves devrait être une garantie d\u2019impartialité.L\u2019on nous promet même que la part des universités canadiennes-françaises serait mise de côté, advenant un obstacle à leur acceptation immédiate.Mais quel esprit y prévaudra ?L\u2019expérience du passé ne justifie guère l\u2019optimisme.Les nominations à l\u2019O.N.F.annoncées dernièrement consacrent une dictature anglo-saxonne au sein de cet important organisme rattaché au gouvernement fédéral.Tant qu\u2019on ne nous accordera pas une section française indépendante comme à Radio-Canada, nous aurons raison de protester contre un Office du film pratiquement dévoué aux intérêts de la culture anglaise.Les nominations imminentes au Conseil des Arts répéteront-elles la même injustice envers nos droits et la culture française ?Pauvre culture française! Devant cet envahissement du pouvoir fédéral, peut-elle du moins compter sur l\u2019aide généreuse et active des autorités provinciales?Là encore, l\u2019optimisme n\u2019est pas toujours facile.E.G.Succession apostolique La cathédrale de Rimouski a été, ces jours derniers, témoin d\u2019une des cérémonies les plus solennelles de l\u2019Église: la consécration de S.Exc.Mgr Gérard Couturier.C\u2019est son propre métropolitain, S.Exc.Mgr Parent, qui lui imposa les mains, assisté de LL.EE.NN.SS.A.Leblanc et M.Paré.Le nouvel évêque du Golfe Saint-Laurent recueillait des mains d\u2019un pontife vénéré entre tous la responsabilité d\u2019une Église en pleine croissance.Le nouvel élu rendit à son prédécesseur, S.Exc.Mgr Labrie, un hommage ému dans l\u2019allocution prononcée au banquet d\u2019honneur.Fondateur du diocèse du Golfe Saint-Laurent, évangélisé par lui en qualité de missionnaire eudiste et plus tard de vicaire apostolique, Mgr Labrie fit preuve d\u2019audace et de vision, en jetant dans des fondations de toutes sortes la semence d\u2019un avenir imprévisible aux esprits ordinaires, mais clair à son regard de chef et de pionnier.Les paroisses surgirent aux points stratégiques et au rythme de la croissance prodigieuse de la population, attirée par l\u2019essor industriel de la Côte Nord.Parallèlement se multipliaient les institutions destinées à protéger comme à former le capital spirituel et humain confié à ses soins.Le zèle missionnaire, éclairé par l\u2019expérience et l\u2019étude des réalités concrètes, inspira toujours à l\u2019évêque eudiste cette calme ténacité et cette soif des conquêtes spirituelles que les grandes forêts du Nord ne purent longtemps contenir, au grand avantage de l\u2019Église canadienne tout entière.Pour succéder à un tel chef, un autre fils de la forêt, physiquement et spirituellement musclé en vue de la rude tâche qui l\u2019attend.Né à Saint-Louis-du-Ha-Ha, aux confins du diocèse et en pleine terre de colonisation, il a pour père un pionnier de l\u2019industrie du bois.Devenu séminariste à Montréal, il aspire aux missions du Japon.La maladie change l\u2019orientation de sa vie apostolique.Il entre au grand séminaire de Rimouski.Puis la Providence le promène dans les milieux et les ministères les plus divers: vicariat dans plusieurs paroisses, études spécialisées à l\u2019Université de Louvain, direction spirituelle des grands séminaristes, aumônerie militaire au pays comme au front, enfin pendant quatre ans la cure de la paroisse cathédrale.La jeune Église du Golfe Saint-Laurent a de nouvelles raisons de bénir la Providence, en regardant l\u2019avenir avec confiance.E.G.La chanson D\u2019heureuses initiatives ont récemment mis canadienne en iumjère de belles réalisations canadiennes-françaises dans le domaine de la chanson populaire; mentionnons celles de l\u2019Amicale de la Chanson qui, en collaboration avec Radio-Canada, a réalisé le Gala de la Chanson canadienne.Aux éloges déjà décernés ajoutons les nôtres: ils concernent le rôle social de la chanson et l\u2019air de santé morale de la chanson canadienne.La chanson est un remarquable instrument de culture.De l\u2019enfance à la vieillesse, pour le savant et l\u2019ignorant, l\u2019homme de profession libérale et l\u2019ouvrier, elle est l\u2019expression naturelle de ses sentiments, particulièrement des plus simples et des plus beaux: les joies et les peines de la vie quotidienne, la prière de la créature à son Dieu.A ce titre, elle est un instrument privilégié de culture pour ceux qui n\u2019ont pas eu la chance d\u2019apprendre à peindre ou à écrire; pour eux, elle est quasi le seul moyen d\u2019exprimer leur âme.Et en exprimant son âme par ses chansons, l\u2019homme se cultive et se forme.ou se déforme.La chanson de chez nous nous humanise, en ramenant notre pensée sur les grands thèmes et les grands sentiments de la vie, lorsqu\u2019elle nous fait chanter nos joies et nos peines, notre fleuve, nos montagnes et jusqu\u2019au rayon de soleil dans nos ruelles malpropres; elle nous rapproche du bon Dieu plus directement encore quand elle nous fait chanter les bontés de son Cœur ou la croix de notre mont Royal avec son symbolisme si souvent oublié.Le rôle du chansonnier est éminemment social.L\u2019air de santé morale de la chanson canadienne nous paraît mériter une mention spéciale.On y chante les fleurs, le soleil, la vie, l\u2019amour, la mort: la vie humaine en somme.On y retrouve fréquemment, et ceci nous paraît remarquable, le bon Dieu, les petits enfants et les pauvres gens.Souvent aussi, c\u2019est toute la vie qui y passe: on s\u2019aime, et on se le dit joyeusement; puis on se marie; et après bien des années d\u2019amour et de dévouement, on revit enfin dans ses enfants les joies de ses vingt ans.Il y a des déceptions, bien sûr, mais elles n\u2019empêchent pas de croire à la vie, de croire au bon Dieu, et de lui demander pardon quand on s\u2019est préféré soi-même à l\u2019Amour vrai: l\u2019espoir l\u2019emporte sur la mort, comme le chante la liturgie de Pâques: « La mort et la Vie ont engagé AVRIL 1957 99 une lutte à finir: le Maître de la vie, après être mort, règne aujourd\u2019hui, vivant pour toujours.» G.H.Un événement sinistre L\u2019Infiltration gauchiste au Canada français, de Robert Rumilly, vient de paraître.Ce n\u2019est pas un livre qu\u2019on puisse analyser ici, car il est un niveau d\u2019objectivité et d\u2019honnêteté intellectuelle au-dessous duquel il ne convient pas de descendre, le dialogue exigeant quelque commun dénominateur en fait de mesure de vérité.Pour situer les faits dans le contexte qui les explique ou les justifie, pour réfuter les mille accusations ou insinuations portées contre une foule de personnalités et d\u2019institutions, il faudrait tout un volume.Pour repousser l\u2019attaque contre l\u2019Association de la Jeunesse canadienne-française de 1955-1956, cette A.C.J.C.dont j\u2019ai été dix ans (1942-1952) l\u2019aumônier général et dont je demeure officiellement un des conseillers; pour écarter l\u2019idée lancée d\u2019un noyautage gauchiste, il faudrait raconter tant de choses sur certaines gens que ce serait faire plus de mal que de bien.L\u2019écrivain qui, dès la deuxième ligne de son texte, identifie « catholiques de gauche » et « chrétiens progressistes » et maintient jusqu\u2019à la fin des confusions de cette taille; celui qui affirme: « Il (Maurice Duplessis) est l\u2019auteur de la législation ouvrière et de la législation sociale les plus complètes que notre province ait jamais eues » (p.45), se déclasse automatiquement auprès de ceux qui connaissent les réalités en cause, ou, si l\u2019on veut, il se classe dans le genre polémiqueur ou caricatural.L\u2019historiographe de la province de Québec nous avait habitués aux caricatures.Sa description de Notre-Dame de Montréal, après le discours d\u2019Henri Bourassa en 1910, est légendaire; je ne manquais jamais de la lire, chaque année, à la génération de mes rhétoriciens comme type d\u2019histoire épicée de fantaisie: Alors une immense clameur s\u2019éleva.De jeunes prêtres trépignèrent, d\u2019autres montèrent sur leur prie-Dieu, agitant des mouchoirs, des chapeaux.Des évêques frappaient du pied.Un gros curé ne se retint pas de crier, à l\u2019adresse de Mgr Bourne: « Attrape, mon maudit! » On s\u2019embrassa dans l\u2019église.Sur la place d\u2019Armes illuminée pour le Congrès, un bal s\u2019improvisa.\u2022 ' La Gaspésie: terre du passé, pays d}avertir Jean BLANCHET PAR LA BEAUTÉ tantôt farouche et tantôt paisible de ses paysages burinés dans le roc, la péninsule gaspé-sienne constitue, à mon avis, le coin le plus pittoresque de la province de Québec.TERRE DU PASSÉ Ancrée à l\u2019extrémité est de la route fluviale du Québec, la Gaspésie, modelée par les millénaires et les glaciers, ressemble à une gigantesque sentinelle de pierre à l\u2019avant-poste du berceau de la civilisation française en Amérique.En effet, ce bastion, s\u2019arc-boutant au pic de l\u2019Aurore et raidissant ses muscles de granit sur un parcours de près de deux cents milles, cherche à se dresser dans le golfe contre les invasions et contre les exodes.Au premier regard, il m\u2019est 100 De drolatique qu\u2019il était, appliqué aux curés du passé, le procédé Rumilly, transposé dans l\u2019actualité idéologique, a pris une allure à la fois loufoque et tragique; témoin, Quinze Années de réalisations.Mais V Infiltration gauchiste se révèle plus qu\u2019une autre démonstration publicitaire de vendeur d\u2019imprimé à tant la ligne ou tant la page, c\u2019est un facteur de trouble social qu\u2019il faut dénoncer.Pour la première fois, de façon systématique, un auteur veut diviser notre chrétienté en deux camps tranchés, s\u2019arroger les pouvoirs d\u2019une espèce de jugement final en plaçant à sa gauche les boucs à damner et à sa droite les brebis promises.aux « bénédictions » qu\u2019on devine.Faut-il rappeler que dans l\u2019Église les condamnations relèvent de la seule hiérarchie?Faut-il ajouter surtout que les Canadiens ne toléreront pas que leur situation soit actuellement embrouillée par l\u2019importation de notions françaises qui, même en France, « nées dans le contexte électoral et parlementaire du siècle dernier, .ne cadrent plus avec les réalités du siècle présent », selon un observateur pertinent, Joseph Folliet ?Ma génération a été ennuyée pendant toute sa jeunesse par des pseudo-intellectuels qui venaient lui parler de l\u2019Action française, de Maurras et de la monarchie; nous ne permettrons pas à leurs successeurs, devenus intégristes, d\u2019embaucher nos forces vives pour vider ici des querelles qui ont dépassé leur courage là-bas.La Providence a préservé notre peuple de la Révolution française et de la division profonde qu\u2019elle a laissée; nous nous unissons de cœur et de prière à nos frères de France qui en souffrent.Mais nous avons nos propres problèmes de chrétienté que nous entendons régler, avec la grâce de Dieu, à notre manière et dans les cadres de notre histoire.Si nous accueillons bien l\u2019étranger qui veut collaborer, s\u2019intégrer au milieu tout en y apportant sa richesse intérieure, nous jugerons malfaisante toute action d\u2019un hôte qui voudrait troubler l\u2019organisation sociale de notre vie chrétienne: cet homme deviendrait alors le métèque, étymologiquement celui qui habite à côté de nous, qu\u2019on ne reçoit pas et qu\u2019on repousserait, s\u2019il persistait en son attitude.Voilà pourquoi la publication de V Infiltration gauchiste me paraît être un événement sinistre de notre vie nationale.Étymologiquement, sinistre veut dire gauche.Dans notre ciel, M.Rumilly loge donc à gauche.M.Blanchet, secrétaire général de l\u2019Office de l\u2019Électrification rurale, a déjà décrit le type rural du Bas-Saint-Laurent (Relations, mai 1956, p.125).Il chante maintenant la Gaspésie elle-même, qui est l\u2019une des plus belles et des plus prometteuses régions du Québec.apparu comme un symbole de fierté, de force et de ténacité, caractéristiques du peuple laborieux qu\u2019il attire et protège.Le flanc nord de la péninsule, entre Sainte-Flavie et Cap-des-Rosiers et de là jusqu\u2019à Percé, offre aux touristes un spectacle merveilleux par la majesté grandiose de ses falaises escarpées, par la quiétude de ses baies profondes berçant des bateaux de pêche, par sa route sinueuse empiétant sur la grève ou quittant soudain la plage pour se lancer à l\u2019assaut des montagnes.Dans cette région du pays, j\u2019ai assisté souvent à de magnifiques couchers de soleil.Celui du 30 juin 1956 reste encore imprimé dans ma mémoire.Au delà du grand fleuve, derrière un amoncellement de nuages striés de teintes mauves et dorées, le soleil décline dans la tiédeur du soir.A l\u2019horizon, dans le comté de Saguenay, on distingue la sombre colonne vertébrale des Laurentides.Chargée de bois de pulpe, une goélette, sans se hâter, monte vers quelque port de l\u2019intérieur.RELATIONS Elle croise au passage un cargo fumant et filant à toute vapeur vers l\u2019Atlantique.Tout près, une mouette argentée plane à fleur d\u2019eau, hésite et plonge dans l\u2019onde; à la surface, dans le miroitement des rayons solaires, les battements d\u2019ailes font jaillir une fontaine de gouttelettes d\u2019or.Les vagues, poussées par une brise légère de l\u2019ouest, viennent mourir sur le sable gris de la grève, se rompre non loin à quelques gros rochers épars où, accroupis et se secouant, flânent des groupes de canards sauvages.Une clarté rose s\u2019étend sur les prés et gagne les taillis de conifères; ce n\u2019est plus qu\u2019un reste de flamboiement dans les vitres des maisons et des chalets du littoral.Comme une énorme boule de feu qui s\u2019éteint, l\u2019astre du jour touche déjà à la ligne d\u2019horizon.Et, au loin, tandis que les Laurentides s\u2019estompent sous des reflets orangés, là-haut, entre des nues multiformes, dans la pâle lueur du crépuscule, s\u2019allument les premières étoiles.On ne saurait oublier de pareilles scènes.On ne les savoure pleinement qu\u2019en Gaspésie, sur l\u2019aile boréale de cette péninsule aux montées abruptes, aux vallons resserrés entre des pentes rocheuses et où, comme autant d\u2019agréables surprises, au tournant du chemin, on découvre de coquets villages qui se mirent dans l\u2019eau.Ici, Jupiter, sans hésitation, aurait fixé sa demeure.Jamais dieu de l\u2019Olympe n\u2019eût été plus à sa place qu\u2019à l\u2019Anse-Pleureuse, au Mont-Louis ou à la Rivière-Madeleine, parmi les gradins sauvages des Apalaches et des Schickshocks, montagnes fouettées par le vent du nord, voilées dans la brume qui recueille au contact des vagues les grisants parfums du large.Virgile, lui, aurait préféré le secteur occidental de Gaspé, le comté de Bonaventure.Cette partie du territoire possède ses charmes un peu plus discrets et champêtres.Les collines tendent à s\u2019éloigner davantage de la grève, dégageant ainsi une plus grande étendue de sol arable.Les escarpements deviennent moins prononcés; il y a de l\u2019espace autour de la route; la respiration reprend son rythme normal.Ce qu\u2019elle perd en élévation, la côte sud le gagne en couleurs.Entre Grande-Rivière et Carleton, quelle féerie de teintes chatoyantes dans la nappe d\u2019eau bleue et turquoise inondée de soleil, dans les chaloupes, fraîchement peintes, à l\u2019abri d\u2019un quai grisâtre où pendent des filets, dans les plaques de verdure escaladant les monticules ou formant tapis au sommet des falaises ocreuses, dans les phares en jaquette blanche et bonnet rouge dont les fenêtres circulaires s\u2019ouvrent sur des moissons marines et terrestres! Et l\u2019on quitte la baie des Chaleurs avec ses nombreux passages à niveau pour entrer, presque sans transition, dans la fraîche et douce vallée de la Matapédia.De Restigouche à Val-Brillant, la route de ceinture, tracée au pied des monts ou à travers champs, suit maintenant les méandres de cette rivière poissonneuse qui laisse des remous d\u2019écume autour des roches de surface et qui, insouciante, s\u2019en va son chemin, murmurant des chansons parmi les bosquets remplis d\u2019ombrage.Lamartine y aurait établi son camp de pêche.AU FIL DE L\u2019HISTOIRE Mais la péninsule recèle d\u2019autres valeurs aussi riches que ses paysages baignés de poésie.La principale, c\u2019est son histoire, ou plutôt, notre histoire.Elle remonte à 1534, le jour où Jacques Cartier, foulant pour la première fois le sol canadien, en prit possession officiellement au nom du roi de France et planta une croix sur le promontoire boisé surplombant le havre gaspésien.Gaspé.Ce nom incarne dans notre esprit un moment décisif de l\u2019existence d\u2019un peuple, le point de départ d\u2019une jeune nation.C\u2019est à cet endroit béni que débarquèrent sur HHK.» Vichy '( « v »' Huit adultes sur dix ont un foie fatigué, encombré, donc déficient.Va-t-il falloir comme tant d'autres vous astreindre à un régime \"triste\u201d?RAREMENT nécessaire, si vous prenez la régulière précaution et si agréable de votre VICHY CELESTINS quotidien.Son action bien connue et ses propriétés diurétiques contribuent à stimuler les multiples fonctions du foie et des reins et exercent un effet des plus salutaires sur le système digestif en général.Demandez l'avis de votre médecin.fâ/Âk/ ce LES TON S EAU MINÉRALE NATURELLE PROPRIÉTÉ DE L'ÉTAT FRANÇAIS RECOMMANDÉE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTIER Méfiez-vous des imitations!!! Exigez d CÉLESTINS » Importateurs: HERDT & CHARTON INC., Montréal AVRIL 1957 101 SOCIETE D\u2019ADMIISTRATIOI ET DE FIDUCIE Capital et Réserve: $2,400,000 Biens en régie: $220,000,000 DÉPÔTS À INTÉRÊTS PRÊTS SUR HYPOTHÈQUES ET SUR NANTISSEMENTS ADMINISTRATION DE SUCCESSIONS GESTION DE BIENS PERSONNELS CAISSES DE RETRAITE JOSEPH SIMARD, O.B.E., D.Sc.C.Président *4 * \\m.i HÉBERT CHRÉTIEN, B.A., LL.L.Directeur général MONTRÉAL \u2014 QUÉBEC \u2014 OTTAWA \u2014 WINNIPEG RÉGINA \u2014 EDMONTON \u2014 VANCOUVER SL {jaut choisit Celui qui ne prend pas la détermination d'économiser décide qu'il continuera de gaspiller son argent.Songez aux avantages de l'épargne et aux dangers de la prodigalité.Tracez-vous une règle de conduite.Ouvrez un compte à la Banque Canadienne Nationale nos rives, il y a plus de quatre siècles, la civilisation française et celle de l\u2019Église fondée sur la pierre par le Christ.Le geste de Cartier a fixé dans le temps nos origines et notre destinée.Gaspé.Instinctivement, le mot évoque le passé.Dans ce chef-lieu, quand on escalade, aujourd\u2019hui, les marches qui conduisent à l\u2019imposante croix de granit commémorant la découverte du Canada, le cœur bat plus fort, le sang de la patrie circule plus vite dans les veines; on est porté sur les ailes du souvenir à remonter en arrière, à feuilleter de nouveau les pages de l\u2019épopée canadienne et à mesurer le chemin parcouru par la race.Sur le vaste écran bleu de la baie de Gaspé, avec son fond de scène de falaises couleur terre de Sienne, se déroule rapidement la bobine de l\u2019histoire québécoise, entrecoupée d\u2019épisodes glorieux et amers où, en dépit du martyre des missionnaires jésuites, de la lutte sournoise des Iroquois, de la défaite des armes coloniales, du délaissement de la mère-patrie, un peuple tenace et courageux survit et n\u2019admet point de reculs.Le film commence.On revoit Champlain, le fondateur de la colonie, dans ses fortifications du cap Diamant, le débarquement des Récollets et des Jésuites, Louis Hébert qui, le premier, laboure le premier champ, Maisonneuve à Montréal, Dollard au Long-Sault, le dévouement des religieuses hospitalières et enseignantes, Mgr de Laval et son séminaire, Talon et ses industries, l\u2019organisation de la vie paroissiale, Montcalm et ses troupes, Bigot et sa trahison, la perte de l\u2019empire français en Amérique du Nord.Et le film continue.Il décrit la domination anglaise, la fidélité des colons à la couronne britannique pendant la guerre de l\u2019indépendance américaine, leur repliement autour des clochers, leur enracinement au sol; Papineau, La Fontaine, Cartier défilent; on assiste aux luttes politiques contre l\u2019assimilation et pour la reconnaissance de nos droits.Et c\u2019est l\u2019Acte confédératif, le respect de l\u2019autonomie des provinces, le travail d\u2019équipe, l\u2019expansion industrielle, le progrès matériel rapide, l\u2019essaimage des familles au delà des frontières du Québec, la lente reconquête du territoire par les descendants des 60,000 colons qui ne voulurent jamais s\u2019avouer vaincus.Soudain, comme dans un rêve, les images se dissipent et s\u2019effacent.C\u2019est la fin du passé qui s\u2019incorpore déjà au présent.Et, à l\u2019ombre de la croix de Gaspé, on reste debout, émerveillé et fier, à regarder maintenant non pas ce qui fut, mais ce qui est.Au quai, un cargo charge des marchandises, une locomotive siffle en passant, des camions remplis de pierre concassée traversent le pont; parmi les pâtés de maisons gaspésiennes, on distingue un entrepôt frigorifique, des écoles, un collège, un hôpital, une cathédrale.Il y a un peuple grouillant dans les rues et, plus loin, des plaques de terre en culture.Ces images, ces objets, ces êtres composent l\u2019actuelle synthèse d\u2019une nation adulte en marche vers son destin, remplissant sa mission et progressant surtout dans la mesure où elle demeure fidèle à ses origines catholiques et françaises.L\u2019espoir et la confiance dans l\u2019âme, on redescend les marches.Et sur le dur pavé de la rue principale, on reprend contact avec la vivante réalité de la communauté québécoise à laquelle on est heureux d\u2019appartenir.Actif, plus de $640,000,000\t588 bureaux au Canada L\u2019HEURE GASPÉSIENNE Éloignée des principaux centres de la province par son isolement naturel et par l\u2019insuffisance des principaux moyens de communication rapide, la Gaspésie fut longtemps méconnue et abandonnée à son sort.A vrai dire, ce n\u2019est que depuis une trentaine d\u2019années qu\u2019on se penche avec sollici- 102 RELATIONS tude sur ses nombreux problèmes.L\u2019élite de la région, prenant conscience de ses responsabilités et voulant faire sa part pour améliorer les conditions d\u2019existence du peuple gaspésien, livré, plus que tout autre, à l\u2019exploitation du mercantilisme, attira les regards des autorités fédérales et provinciales sur les vastes possibilités matérielles de ce secteur du Québec.La grande crise économique de 1929 fit le reste, en forçant la population à se serrer davantage les coudes et à unir ses efforts sur le plan coopératif.On comprit enfin que la péninsule renfermait d\u2019inestimables richesses qui méritaient une attention particulière, une mise en valeur rationnelle.Son agriculture, ses pêcheries, ses mines, ses forêts, son tourisme constituaient des ressources diversifiées, capables non seulement de faire vivre convenablement le peuple gaspésien, mais encore de subvenir à certains besoins des habitants du reste de la province.Et, de l\u2019étude des requêtes, on passe aux actes.Le gouvernement s\u2019intéresse d\u2019abord au nœud du problème: les communications.On bâtit le boulevard Perron, la route de ceinture n° 6, qui devait bousculer ou détourner tant d\u2019obstacles.Cette réfection de la voirie gaspésienne contribue à relier plus facilement la péninsule avec l\u2019extérieur et y stimule le commerce des produits de la mer et du sol.Elle encourage le tourisme, industrie lucrative qui, soutenue par une saine publicité, aura tendance à augmenter d\u2019année en année.En même temps, on s\u2019occupe des pêcheries.Les autorités fédérales dépensent des millions de dollars pour la construction et l\u2019entretien des quais, des brise-lames, des murs de protection, des phares.Il drague les chenaux et accorde des subsides pour l\u2019acquisition de chalutiers, pour la modernisation des méthodes de pêche.De plus, il veille au soutien des produits marins et favorise l\u2019étude et la recherche dans le domaine des pêcheries.De son côté, le ministère provincial rend de grands services aux pêcheurs gaspésiens.Il consacre, à l\u2019heure actuelle, près de deux millions et demi de dollars par an à l\u2019avancement de l\u2019industrie de la pêche dans la péninsule.Il établit à Sainte-Anne-de-la-Pocatière une École supérieure des Pêcheries et, à Grande-Rivière, une École d\u2019Apprentissage en pêcheries.Il organise un département de biologie marine, maintient des entrepôts frigorifiques, des neigères, des fabriques de glace, des séchoirs artificiels, des hangars pour l\u2019entreposage et la classification de la morue séchée.Il aide à financer l\u2019achat des cordiers et des chalutiers.La Gaspésie a connu sans doute un essor sans précédent le jour où elle bénéficia de l\u2019électrification rurale.Il existe dans ce territoire huit coopératives d\u2019électricité possédant des réseaux de 974 milles de longueur pour desservir 8,265 clients.L\u2019énergie électrique apporte plus de confort au foyer, améliore les conditions de vie, égaye les loisirs.Elle demeure aussi un puissant facteur de progrès économique.Aujourd\u2019hui, l\u2019électricité, produite sur la Côte Nord, traversant le Saint-Laurent au moyen de câbles, transmise de la Baie-des-Sables à Murdochville sur des lignes à haute tension, permet l\u2019exploitation d\u2019une importante mine de cuivre de la péninsule.Bientôt elle facilitera la mise en valeur de certaines autres richesses du sous-sol gaspésien, augmentera l\u2019alimentation des réseaux coopératifs et la demande des industries locales.Une activité bourdonnante règne en Gaspésie: des routes neuves se construisent, la terre livre ses trésors, l\u2019industrie du tourisme prend de l\u2019ampleur, l\u2019agriculture et les pêcheries progressent.Et l\u2019on s\u2019applique à coordonner toutes ces ressources.On devine une étincelle d\u2019espoir dans les yeux des habitants du littoral et un sourire sur leurs lèvres.La péninsule est parvenue à un tournant.Son heure vient de sonner à l\u2019horloge du Québec.UNIVERSITÉ DE SUDBURY En vertu d\u2019un bill de la Législature ontarienne, adopté récemment, le Collège du Sacré-Cœur de Sudbury (Pères Jésuites) porte maintenant le nom d\u2019Université de Sudbury.C\u2019est une nouvelle étape dans la vie de cette institution à laquelle les Franco-Ontariens doivent beaucoup.?-C\u2019est RAPIDE., c\u2019est FACILE., ça RÉUSSIT I-, Comme des millions qui Vont déjà fait, vous pouvez aussi maîtriser une langue en écoutant et en apprenant avec la méthode LINGUAPHONE C\u2019est rapide., car Linguaphone vous permet d\u2019apprendre en quelques brèves semaines la langue étrangère que vous choisissez.A peine 20 minutes d\u2019étude par jour à la maison.C\u2019est facile.car Linguaphone est la méthode naturelle d\u2019apprendre une langue : vous écoutez, vous comprenez, vous parlez.Ça réussit.car les disques et les textes Lingua-_______ phone ont été préparés par des linguistes renommés qui savent les rendre faciles et agréables.Dans le monde entier, des millions de gens à l\u2019école, au collège, dans les services gouvernementaux et chez eux ont appris à parler couramment la langue étrangère de leur choix grâce à Linguaphone.Ouvrez la porte aux opportunités nouvelles, aux intérêts nouveaux, en apprenant la langue que vous avez toujours désiré connaître.Remplissez le coupon et envoyez-le dès 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(1er sept.1951).Par l\u2019invasion de Gaza et du Sinaï, Israël élargit le débat.Parlant à la synagogue de B\u2019nai Jacob (Montréal, 27 février), S.Exc.M.Michel Comay, ambassadeur d\u2019Israël au Canada, justifia l\u2019attaque israélienne contre le Sinaï comme un « acte de défense » indispensable à la survivance d\u2019Israël et comme une manifestation de l\u2019antique « justice » biblique.Il assura que son gouvernement était prêt à collaborer avec les Nations Unies pour un régime viable à Gaza, mais n\u2019admettait pas un droit égyptien d\u2019y revenir in any manner, shape or form.Israël est prêt à partager les responsabilités administratives de Gaza avec les Nations Unies pourvu que l\u2019Égypte soit totalement écartée.C\u2019est étendre la souveraineté israélienne, d\u2019abord partielle, puis totale, à des territoires auxquels le titre israélien n\u2019est pas clair.La population de Gaza n\u2019est pas juive, mais arabe; le fait qu\u2019elle est, dans sa presque totalité, d\u2019origine palestinienne ne confère pas à Israël le mandat de la gouverner.Israël prétend que l\u2019Égypte se sert de Gaza pour conspirer contre Israël.C\u2019est possible.Près de trois cent mille oisifs, qui n\u2019acceptent pas le sort violent auquel ils sont soumis, dont la rancune a une ténacité sémite, ne sont pas de bons voisins.Cela donne-t-il le droit de leur imposer une souveraineté dont ils ne veulent pas?Et puis, Nouveauté La Vie ardente de saint Charles Garnier par le P.Florian LARIVIÈRE, S.J.La vie que le P.Florian Larivière présente au public a été conçue et rédigée d\u2019après toutes les exigences de la méthode historique.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une biographie romancée.Mais l\u2019auteur n\u2019a pas voulu non plus isoler son œuvre de la vie.Après s\u2019être largement informé du milieu et des circonstances de la vie de son héros, il essaie d\u2019en reconstituer toute la trame, de le faire revivre en quelque sorte.C\u2019est donc un saint bien vivant qu\u2019il nous présente.Tous ceux qui se préoccupent du développement de la vie spirituelle au Canada seront vivement intéressés par cette biographie.Un volume de 212 pages.$2.00 (port en plus).Sainte M,axiey pxiez poux nouâ par le P.Antonio DRAGON, S.J.Destiné d\u2019abord à amorcer les méditations personnelles, ce livre peut aussi servir de lectures pour le mois de Marie, le mois du Rosaire et les exercices préparatoires aux fêtes de la sainte Vierge.Le commentaire de chaque invocation est substantiel et bref.La présentation typographique en rend la lecture facile, même en chaire.Édition de luxe, impression en deux couleurs.Un volume de 210 pages.$2.50 (port en plus).Pour ces deux volumes, une remise de 20% est accordée aux membres du clergé et des communautés religieuses, aux commissions scolaires et au personnel enseignant.ÉDITIONS BELLARMIN 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal-11 VEndôme 2541 Israël a été flétri comme agresseur par les Nations Unies aussi souvent qu\u2019à son tour, depuis que les querelles judéo-arabes ont commencé.M.Comay a tracé les grandes lignes de la controverse politique, militaire, économique.au sujet de Gaza et d\u2019Aqaba.Il y a peut-être autre chose.Il n\u2019était pas difficile, pour les brûlantes imaginations d\u2019Israël, de revoir, dans le retour à Gaza, le réveil des deux grands héros de la guerre philistine, Samson et David.Quand il fut décidé de bâtir la grande route de la mer, de Jérusalem à Eziongaber, quelle revanche sur les pérégrinations de l\u2019Exode et les tentatives royales de s\u2019ouvrir le chemin d\u2019Ophir! Cela n\u2019était rien devant l\u2019incorporation du Sinaï à Israël.Tout le peuple, cette fois, debout devant ses tabernacles, à la fin d\u2019un exode deux fois millénaire, vibrait à la voix de Moïse et au tonnerre de Dieu.Cela, c\u2019était une force autrement enivrante que celle de la « justice » qui soutenait les prophètes persécutés par un peuple qui ne les écoutait pas; on mesure la frustration de ceux qui durent renoncer à une telle consommation, alors qu\u2019elle leur paraissait à portée de la main.Israël n\u2019est pas un État comme les autres.Pour essayer de le comprendre, ouvrons Israël and the United Nations (Carnegie Endowment for International Peace, Manhattan Publishing Co., New-York, 1956, 322 pp.).Ce livre fut préparé par une commission nommée par le président et recteur de l\u2019université hébraïque de Jérusalem, le professeur Benjamin Mazar (président: Nathan Feinberg, professeur de droit international et de relations internationales; membres: Benjamin Akzin, doyen de la Faculté de Droit, professeur de science politique et de droit constitutionnel; Dr Moshe Keren, rédacteur de Ha-Aretz, décédé le 8 août 1955; Richar Koebner, professeur d\u2019histoire moderne; Léo Kohn, professeur agrégé de relations internationales, conseiller politique du ministère des Affaires étrangères; M.Shabtai Rosenne, avocat conseil du même ministère; Dr Jacob Stoyanovsky, membre du barreau d\u2019Israël; Dr Arieh Tartakower, membre du comité exécutif du Congrès juif mondial).Un premier rapport, rédigé après plusieurs réunions de la commission, fut distribué pour étude à quatre-vingts hautes personnalités, représentant toutes les nuances de l\u2019opinion publique israélienne (membres du Knesseth, journalistes, éducateurs, chefs d\u2019entreprise ou dirigeants ouvriers, avocats), aux principaux fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères et de la délégation israélienne aux Nations Unies.Quand ces divers commentaires eurent été classifiés, on reprit les réunions.Le rapport, publié après un travail collectif de deux ans et demi, n\u2019engage ni le gouvernement d\u2019Israël, ni l\u2019Université de Jérusalem, ni le Carnegie Endowment for International Peace qui le publia.On n\u2019a pas pour autant le droit de traiter à la légère un ouvrage fait avec un tel soin et qu\u2019on devrait trouver partout où il est question de relations internationales.Retenons-en ce qui peut nous éclairer sur quatre questions.1.Espace vital d'Israël.\u2014 Il ne s\u2019agit pas ^seulement d\u2019un foyer juif à population limitée, ni d\u2019un État-refuge pour victimes de persécutions.L\u2019État d\u2019Israël est ouvert aux Juifs de tout l\u2019univers, qui ont envie de s\u2019y établir, quelle que soit leur citoyenneté présente; le 8 mars 1949, M.Ben Gurion établissait les cinq principes sur lesquels repose la politique étrangère de l\u2019État qu\u2019il dirige.Le quatrième se lit (p.32) : Assurance of the right of exit from every country to Jews who wish to return and make their home in their historic homeland.Qu\u2019ils reviennent pour vivre mieux leur vie spirituelle juive, ou parce qu\u2019ils se sentent opprimés là où ils sont, tous les Juifs sont les bienvenus en Israël (p.39).L\u2019immigration surmonta tous les obstacles qu\u2019Arabes et Britanniques y opposèrent avant 1948.Depuis lors, 104 RELATIONS SON AVENIR EST EN JEU! T CONSEILLER ' EN ORIENTATION PROFESSIONNELLE M Le jeune étudiant viendra vous consulter au sujet de son avenir.Sou venez-vous qu\u2019il peut se tailler une carrière enviable en poursuivant ses études, au niveau universitaire, et devenir Officier de Marine, d\u2019Armée ou d\u2019Aviation, à son choix, grâce au Programme d\u2019instruction pour la formation d\u2019officiers des forces régulières (ROTP).BUT DU PROGRAMME Ce programme offre aux jeunes Canadiens l\u2019occasion d\u2019acquérir une formation universitaire en fréquentant soit l\u2019un des trois collèges des services armés du Canada: Le Collège Militaire Royal de Saint-Jean, à Saint-Jean (P.Q.) Le Collège Militaire Royal du Canada, à Kingston (Ont.) ou Le Collège Royal Roads, à Victoria (C.-B.) soit une université, et d\u2019y obtenir un diplôme ainsi qu\u2019un brevet d\u2019officier permanent.Le jeune étudiant reçoit, aux frais de l\u2019Etat, une formation militaire, qui développe ses qualités de chef, sans compter une instruction de première valeur.L\u2019instruction prévue sous ce régime comporte chaque année deux stages essentiels: les cadets fréquentent d\u2019abord leur collège ou leur université durant l\u2019année académique, pour rallier ensuite une unité de l\u2019arme dans laquelle ils se sont engagés, aux fins d\u2019y accomplir leur instruction d\u2019été.AVANTAGES Les cadets acceptés en vertu de ce Programme reçoivent gratuitement, en plus des frais de scolarité, les uniformes et l\u2019équipement nécessaires, le vivre, le couvert, les soins médicaux et dentaires, ainsi qu\u2019une solde mensuelle selon le tarif prévu par le Programme d\u2019instruction pour la formation d\u2019officiers des forces régulières (ROTP).Les diplômés sous le régime de ce Programme sont acceptés en qualité d\u2019officiers de carrière dans le service de leur choix.CONDITIONS D'ADMISSION Les diplômés de 11e Scientifique spéciale et les étudiants qui ont terminé leur rhétorique peuvent être admis au cours préparatoire du Collège , Militaire Royal de Saint-Jean.La 12e Scientifique spéciale ou le B.A.d\u2019un collège classique permet d\u2019entrer soit au cours préparatoire, soit en première année, selon les aptitudes.Âge (a) Année préparatoire \u2014 Collège Militaire Royal de Saint-Jean \u2014 les candidats doivent avoir atteint leur 16e mais pas encore leur 20e anniversaire de naissance, le 1er janvier précédant leur entrée au collège.(b) 1èr® année du cours \u2014 aux trois collèges militaires et à l\u2019université \u2014 les candidats doivent avoir atteint leur 16e mais pas encore leur 21e anniversaire de naissance, le 1er janvier précédant l\u2019entrée au collège ou à l\u2019université.\t, APTITUDE PHYSIQUE Les candidats doivent réunir les conditions requises pour servir dans le service militaire et la branche de leur choix.CHOIX DES CANDIDATS Des centres de sélection aux fins du programme ROTP siégeront depuis juillet jusqu\u2019à la mi-août.Les candidats seront avertis de se présenter à l\u2019un de ces centres où ils devront passer un court examen en mathématiques et en français ou en anglais, à leur choix.Les frais de transport et de séjour sont assumés par le ministère de la Défense.Pour obtenir de plus amples renseignements sur le Programme d\u2019instruction pour la formation d\u2019officiers des forces régulières (ROTP), veuillez écrire sans tarder à l\u2019adresse suivante: Comité de Sélection d'Officiers (R.O.T.P.), Quartier général de la Défense nationale, Ottawa, Canada.\tcmrs6-i4msf AVRIL 1957 105 EXTERNAT CLASSIQUE SAINT-VIATEIIR D\u2019OUTREMONT Préclassique Cours classique Section latin-grec \u2014 Section latin-mathématiques Cours de huit ans \u2014 Cours accéléré de sept ans 475, AVENUE BLOOMFIELD\tCR.6-3746 COURS D\u2019ETE EN PHILOSOPHIE 1er juillet \u2014 6 août 1957 A l'intention de ceux qui aspirent à des grades supérieurs en philosophie.Offerts par la Faculté de Philosophie de l'Université d'Ottawa, section des gradués.Demandez le prospectus gratuit Secrétaire de la Faculté de Philosophie Université d\u2019Ottawa, Ottawa, Ontario L\u2019épargne SOLUTION A PLUSIEURS PROBLÈMES .INDIVIDUELS .FAMILIAUX .SOCIAUX .NATIONAUX Cest l'épargne qui vous permet de payer le premier versement sur votre maison, l\u2019hypothèque ou l'instruction des enfants.C'est l'épargne qui vous assure une pension supplémentaire.Sans obligation de votre part un de nos représentants vous fournira tous les renseignements nécessaires.DEVENEZ MEMBRE DE : LWFRAIDE IMMOBILIÈRE LALREITIEIE 1344 est, rue Sherbrooke \u2014 MONTRÉAL LA.1-3698 la population juive d\u2019Israël grandit de 650,000 (1948) à 1,526,000 (1954).Le flot monte toujours: en 1955, 45,000 Juifs vinrent de la seule Algérie.D\u2019après le World Almanac de 1955, citant le Jewish Year Book de 1953, la population juive du monde, en 1952, était de 11,558,830, dont cinq millions vivent aux États-Unis, 205.000\tau Canada (le recensement de 1951 donna 204,836 personnes de religion juive), 628,030 en Amérique latine, 450.000\ten Angleterre, 235,000 en France, 680,000 en Afrique.Si l\u2019inimitié judéo-arabe continue (elle n\u2019a pas l\u2019air de s\u2019apaiser), la plupart des 680,000 Juifs africains s\u2019en iront en Palestine.Or, la superficie d\u2019Israël est de 7,984 milles carrés (Belgique: 11,779 milles carrés avec population de 8,840,000; Suisse: 15,941 milles carrés avec population de 4,714,992).Il eût été bien difficile d\u2019installer les immigrants juifs si la population arabe de Palestine n\u2019avait pas été déplacée à l\u2019occasion de la guerre de 1948.On estime à 900,000 le nombre des Arabes qui ont tout perdu depuis lors et n\u2019ont pas été réinstallés ailleurs.Sans départager les responsabilités juives et arabes dans cette triste histoire, on peut conclure: pour peu que l\u2019immigration israélienne continue, et on ne voit pas comment elle va s\u2019arrêter, l\u2019espace vital d\u2019Israël s\u2019élargira aux dépens des Arabes.Dans son remarquable article sur « la Palestine et la paix dans la justice » (Dieu vivant, n° 12, 1948), Louis Massignon décrit la conquête de la Galilée du Nord-Ouest (17 juillet 1948) « pour mieux marchander l\u2019échange de la Galilée contre le Neguev avec les pétroliers de l\u2019O.N.U.».Hé oui! la « Galilée du Nord-Ouest », pour nous, c\u2019est Nazareth et l\u2019Annonciation, et ces trocs sont effrayants.Massignon cite le Dr Judah L.Magnes: « Il faut autoriser les Arabes qui ont fui hors d\u2019Israël à rentrer dans leurs demeures sans aucun délai.Jamais on ne devrait traiter des réfugiés comme des otages politiques.Il est déplorable, que dis-je, incroyable, qu\u2019après ce que les Juifs d\u2019Europe ont subi, un problème de personnes déplacées (Arabes) soit créé en Terre Sainte » pour y recaser les personnes déplacées juives (p.90).Sans doute, sans doute! Hitler n\u2019admettait pas les Juifs dans son lebensraum allemand; Israël n\u2019admet pas les Arabes dans le sien.Il y a des nuances; les camps de réfugiés maintenus par l\u2019O.N.U.ne sont pas des chambres à gaz, mais faut-il s\u2019étonner si les Arabes s\u2019accrochent à tout, même à l\u2019U.R.S.S., pour ne pas se laisser chasser de territoires qu\u2019ils occupent depuis des millénaires ?2.Double loyauté.\u2014 Il s\u2019agit ici d\u2019une double loyauté dans l\u2019ordre temporel et politique.D\u2019une part, nous lisons cette déclaration du Dr Moshe Sharrett, ministre des Affaires étrangères, devant les Nations Unies (11 mai 1949): Au moment historique de son admission, la première pensée d\u2019Israël fut pour les Juifs de tout l\u2019univers.L\u2019État d\u2019Israël ne réclame pas l\u2019allégeance des Juifs établis en d\u2019autres pays.Sa souveraineté repose sur la loyauté de ses propres citoyens.Israël est seul responsable de ses actions et de sa politique; il exprime néanmoins des vœux fervents pour la sécurité, la dignité, l\u2019égalité des droits pour les Juifs de l\u2019univers.On ne pouvait qu\u2019applaudir ces nobles paroles, d\u2019autant qu\u2019Israël affirmait solennellement qu\u2019il ne comptait pas sur la loyauté politique des Juifs non israéliens.Mais voici un autre texte (p.31): Un des buts de l\u2019État d\u2019Israël est la promotion des droits et intérêts des Juifs dans les autres pays, au dedans des limites constitutionnelles établies par les Nations Unies, le principal forum pour exprimer et promouvoir les droits humains et les libertés fondamentales.Pour promouvoir leurs « droits et intérêts », les citoyens de partout comptent sur la protection de leur propre gouvernement.Les Juifs auront-ils deux gouvernements pour s\u2019oc- 106 RELATIONS cuper d\u2019eux « au dedans des limites constitutionnelles établies par les Nations Unies » ?Celui auquel ils ressortissent comme citoyens et celui d\u2019Israël, dont le but est de promouvoir les « droits et intérêts des Juifs dans le monde entier » ?Quand un Juif se croira lésé dans ses droits et intérêts, verra-t-on Israël intervenir aux Nations Unies ?Supposons maintenant (est-ce utopie?) que, parmi les délégations d\u2019autres pays à l\u2019O.N.U., il y ait des citoyens français, américains, canadiens.d'origine juive et d\u2019orientation sioniste.Quel sera le lien impondérable, mais réel et d\u2019ordre politique, qui les rattachera à la délégation israélienne?La courte phrase que je viens de citer laisse une traînée d\u2019interrogations.Que pensez-vous de celle-ci, que j\u2019ai lue, relue, traduite du mieux que j\u2019ai pu, mais sans en fixer les contours?Comment en analyser l\u2019insaisissable inquiétude ?Le monde juif a conscience que le jeune État d\u2019Israël ne peut porter seul le fardeau financier d\u2019absorber les nouveaux immigrants.On admet généralement que cette responsabilité doit être partagée par le judaïsme mondial et l\u2019État d\u2019Israël.C\u2019est pourquoi les plus hauts fonctionnaires de l\u2019État ont entrepris de laborieuses missions dans toute la terre, en vue de faire partager aux groupes juifs dispersés l\u2019expérience culturelle et l\u2019effort social de la nouvelle communauté juive.Ceci, et le fait qu\u2019il y a des communautés juives dans bien des pays divers, et vivant sous une multitude de régimes différents, impose à la politique d\u2019Israël un type de responsabilité comportant un degré de délicatesse et une complexité qu\u2019on ne rencontre pas souvent dans l\u2019histoire mouvante de la diplomatie.On comprend, on sympathise.Nos communautés catholiques sont dispersées elles aussi, et les catholiques, comme les Juifs, vivent sous les régimes politiques les plus divers.En plus des liens spirituels qui les unissent, il y a les « vœux fervents », les échanges de visites, de professeurs, conférenciers, etc.Une tradition plusieurs fois séculaire, consacrée par les accords du Latran (1929) et reçue dans la diplomatie contemporaine, écarte le Saint-Siège de toute altercation d'ordre politique.Les calomnies nazies et bolcheviques n\u2019ont pas entamé la conviction de plus en plus universelle que le Saint-Siège reste en dehors et au-dessus de toutes querelles entre les États; le signe visible et la garantie de ce désintéressement politique est la minuscule cité du Vatican, dont le territoire est juste assez grand pour que la souveraineté et l\u2019indépendance du Saint-Siège vis-à-vis des pouvoirs politiques soient indiscutées.C\u2019est tout.Il n\u2019a aucun intérêt à attirer une immigration catholique au Vatican, ni les moyens d\u2019exercer une pression politique sur les catholiques dispersés dans le monde.Peut-on s\u2019attendre à un détachement semblable de la part de M.Ben Gurion ?En réprouvant l\u2019agression israélienne contre l\u2019Égygte, quelques jours avant les élections présidentielles aux États-Unis, M.Eisenhower prit le risque de s\u2019aliéner le vote juif; mais ce vote était-il dicté par les intérêts américains ou les intérêts israéliens?3.Temporel et spirituel.\u2014 On nous assure que la ténacité juive à créer, maintenir et développer Israël est en grande partie religieuse.Récemment, Time (11 mars 1957) appliqua à M.Ben Gurion la parole du psalmiste: « Non, il ne sommeille ni ne dort, celui qui ^garde Israël.» (Ps.cxxi, 4.) De plus en plus, l\u2019homme d\u2019État israélien nous est présenté comme l\u2019artisan des vieilles aspirations prophétiques: La vision de la restauration éventuelle du peuple juif à Sion, annoncée par les prophètes et tenacement nourrie par un peuple exile durant un martyre de 1800 ans, arrivait à son aboutissement.« Car ton labeur aura sa récompense.et tes enfants reviendront dans tes frontières.» Seuls, ceux qui vivaient intérieurement la pérennité des aspirations juives vers leur rédemption ressentirent l\u2019immensité de ferveur qui acclama la décision des Nations Unies.BATHURST-OUEST, N.-B.UNIVERSITÉ DU SACRÉ-COEUR COURS CLASSIQUE ET COMMERCIAL BILINGUES BACCALAURÉAT RECONNU PAR LES UNIVERSITÉS FRANÇAISES ET ANGLAISES DU CANADA Information : REGISTRAIRE achète bien qui achète dupuis^» MONTREAL ecuritas SON AVENIR DÉPEND DE VOUS Formule d'épargne unique, exclusive, SECURITAS vous permet d'atteindre par dépôts mensuels un OBIECTIF de votre choix tel que l'éducation de vos enfants.De plus, durant la période de vos dépôts et sans déboursés de votre part, vous bénéficiez d'une assurance-vie dont le montant est égal en tout temps à votre OBIECTIF.DEMANDEZ LA DOCUMENTATION AU GÉRANT DE VOTRE SUCCURSALE LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA AVRIL 1957 107 président Spécialistes en bois d\u2019ébénisterie 5939, 3e Avenue RA.7-2859 Montréal MO.4-3501 BOIS ET MATERIAUX DE CONSTRUCTION Attention particulière aux communautés religieuses 809a, BOUL.DES LAURENTIDES DUFRESNE-DELISLE INC» Entrepreneurs généraux Réparations de tous genres TRAVAUX GARANTIS Spécialité : BÉTON ARMÉ 515, RUE VIGER, suite 308\tHA.4618 MONTRÉAL Epargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de &a â>au»eprî>e COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE SIèo* social : Montréal Ces aspirations avaient été entretenues durant les longs siècles d\u2019exil par la liturgie et le rituel juifs, par la littérature sacrée et les traditions populaires; elles furent chauffées à blanc par les mouvements messianiques qui éclatèrent à maintes reprises dans une extatique exaltation, et suscitèrent de nouvelles poussées vers le Retour.Messianisme?Redoutable, cette expression qui ramène au centre du débat le Dieu d\u2019Abraham, d\u2019Isaac et de Jacob.Est-ce encore l\u2019option qui aboutit, il y a deux mille ans, à la naissance de l\u2019Église et au rejet d\u2019Israël dans le mystère du second Avent?Le messianisme d\u2019alors, Jésus le rejeta.Il mourut comme les prophètes: « Vous rendez contre vous-mêmes ce témoignage que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes.pour que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang du juste Abel jusqu\u2019au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l\u2019autel.» (Matth., xxm, 31-35.) Louis Massignon fut un des premiers à mesurer l\u2019immensité escha-tologique de ces événements: « On ne possède réellement que ce à quoi l\u2019on a matériellement renoncé ici-bas.L\u2019Israël véritable est fils du sacrifice d\u2019Isaac.Isaac n\u2019a été rendu à son père pour toujours que parce que son père l\u2019avait offert, et Isaac n\u2019a eu de postérité que parce qu\u2019il avait silencieusement accepté d\u2019être sacrifié.» Depuis Jésus, Abraham a deux descendances, l\u2019une selon la chair et le sang, l\u2019autre selon l\u2019esprit.Le « peuple au cou raide » (Exode, xxxii, 9) va-t-il recommencer l\u2019erreur plusieurs fois millénaire de subordonner le Seigneur aux aspirations temporelles?Voudra-t-il l\u2019imposer au monde en posant des faits économiques et militaires, en nouant des alliances et en fabriquant des canons ?Serait-ce la date fatidique pour les grandes échéances des siècles ?On se demande si S.Exc.M.Comay fut bien avisé de monter sur la tribune d\u2019une synagogue pour son message du 27 février.On est honoré de voir Israël représenté par un diplomate aussi digne et aussi dévoué aux intérêts de son pays; on éprouvait un certain malaise à le voir parler entre les deux étoiles rituelles de Gaza, d\u2019Aqaba et de la guerre.Message religieux?Politique?Mélange des deux?Et c\u2019est ici que nous reposons le problème de Jérusalem.4.Jérusalem.\u2014 Israel and the United Nations s\u2019en occupe au chapitre cinq (pp.123-144).Voici comment il pose la question: « Y a-t-il un conflit essentiel entre le régime présent de la cité et les intérêts religieux légitimes internationaux rattachés aux sanctuaires chrétiens?» C\u2019est affirmer la primauté du politique juif, auquel on coordonne les intérêts religieux universels.Nous aurions posé la question différemment: y a-t-il un conflit essentiel entre le statut international de Jérusalem, tel qu\u2019établi par les Nations Unies en vue d\u2019écarter les conflits politiques des sanctuaires les plus vénérés du monde, et les intérêts politiques légitimes d\u2019Israël?C\u2019est mettre en avant la primauté du spirituel.C\u2019est toujours le vieux débat.C\u2019est le seul point que souleva le Bureau of the National Catholic Welfare Conference for the United Nations quand parut Israel and the United Nations (Newsnotes, November 1956)\t.Il résuma brièvement la thèse israélienne sur Jérusalem et lui opposa une note inspirée par un récent article de VOsservatore Romano.Depuis lors, la Catholic Association for International Peace a fait paraître une substantielle brochure, The Internationalization of Jerusalem, rédigée par Constantine Rackaus-kas et le Committee on World Order.Le lecteur y trouvera toute la documentation nécessaire.La brochure fut mise en valeur dans un éditorial de la revue America (26 janvier 1957)\t, « The Internationalization of Jerusalem », répandu ensuite sous forme de tract.Plus que jamais nous craignons que l\u2019obstination israélienne à faire de Jérusalem la capitale 108 RELATIONS temporelle d\u2019un État juif ne risque d\u2019apporter au monde, et au peuple juif tout d\u2019abord, « ce que Judah Magnes appela un kherbân, c\u2019est-à-dire une catastrophe » (Massignon) \u2014 peut-être la plus grande de l\u2019histoire.11 mars 1957.Joseph-H.Ledit.LES LIVRES RELIGION S.Exc.Mgr Fulton J.Sheen: Il faut choisir sa vie.Coll.« Siècle et catholicisme ».Traduction et adaptation de Marcelle Loutrel-Tschirret.\u2014 Tours, Marne, 1956, 288 pp., 18 cm.Prix: 660 fr.VU LA DIVERSITÉ des sujets traités dans cette vingtaine d\u2019allocutions que prononça le célèbre orateur à la télévision américaine, l\u2019unité du recueil est faible.Mais chaque chapitre est comme un petit traité qui mérite d\u2019être lu.Même les gens pratiques parcourront avec profit les pages intitulées « Comment se faire détester, ou aimer », « Ce que signifie l\u2019amour », « L\u2019alcoolisme.Comment on le guérit », « L\u2019éducation des enfants », «Doit-on frapper les enfants?».La thèse générale de l\u2019A., c\u2019est que le monde occidental a trahi sa mission.Possédant la vérité, il a perdu la foi, et il meurt de son individualisme; il honore le Christ, mais sans sa croix, tandis que le communisme prend la croix et refuse le Christ.L\u2019A.exprime clairement et fortement sa pensée.Il vise à faire rentrer l\u2019homme en lui-même pour l\u2019amener à réfléchir et à devenir meilleur.L\u2019expérience montre qu\u2019il y réussit.Richard Arès.Luc Estang: Ce que je crois.\u2014 Paris (61, rue des Saints-Pères), Bernard Grasset, 1956, 167 pp., 19 cm.Prix: 360 fr.TES ROMANCIERS sont rarement de bons théologiens: \u2022*-' pensons à Greene, à Mauriac, voire à Bernanos.On admire d\u2019autant plus la rectitude de pensée avec laquelle l\u2019A.exprime sa foi.Non, il n\u2019a pas fait « trébucher la stricte orthodoxie ».Au début (pp.16-23), on croit lire des formules entachées de pragmatisme ou de modernisme; mais on constate bientôt (p.29) que l\u2019A., très au fait des écueils à éviter, est capable de rigueur.Et l\u2019on goûte, dans son témoignage au Père, au Fils, au Saint Esprit (ce sont les trois parties de son exposé), des aperçus personnels et forts sur les dogmes et aspects capitaux du catholicisme: le péché originel (p.49); l\u2019absence de conflit entre science et foi (pp.58-60); l\u2019Incarnation qui permet, sans idolâtrie, d\u2019adorer Dieu dans l\u2019histoire (p.^78); le Christ qui recommence en chacun de nous (p.83); l\u2019Église visible et les réformes qu\u2019elle appelle du dedans (pp.128, 129) et d\u2019abord en nous-mêmes (p.133); la religion qui ne remplace rien, mais replace tout (p.145).Sans doute, il resterait des nuances à marquer: sur la divinité de Jésus-Christ (p.74) et sur l\u2019enfer (p.149).Je note également (pp.131-132) un certain anticléricalisme, qui ne choquera cependant aucun clerc, tant il se traduit avec respect et avec un sens aigu de la solidarité de tous dans le Christ.L\u2019A.n\u2019a pas eu l\u2019intention d\u2019écrire une apologétique systématique; son livre est un acte de foi vibrant auquel il faut souhaiter un large rayonnement.Joseph d\u2019Anjou.Albéric Fréchette, O.F.M.: Le Lis marial de la vallée.Cora Dumas.Sœur Marie-Angèle-du-Sacré-Cœur, Pauvre Clarisse du monastère de Valleyfield, 1906-1943.\u2014 Montréal (2080 est, boul.Dorchester), Librairie Saint-François, 1956, 414 pp., 24 cm.Prix: $2.50.T 70ILÀ un des plus beaux exposés de la spiritualité francis-* caine vécue.Ce livre sincère et limpide fera beaucoup de bien: il présente au naturel, sans la fagoter, une âme de chez nous, dont les progrès spirituels, la pureté, l\u2019amour désintéressé non seulement émerveillent, mais peuvent servir d\u2019exemple aux âmes désireuses de perfection.Au début, le souffle thérésien anime Cora Dumas.Devenue Clarisse, Sœur Marie-Angèle acquiert admirablement l\u2019esprit séraphique.L\u2019A.dégage (ch.xiv) l\u2019influence de Duns Scot sur la religieuse (dévotion mariale, AVRIL 1957 Mangez ce qu'il y a de meilleur ! \u201cCROQUETTE\u201d \u2022 BISCUITS \u2022 GÂTEAUX \u2022 TARTES Choisissez un Stuart.il est plus succulent! Lemay & Laferrière arpenteurs-géomètres 32 est, rue Notre-Dame\tMontréal MA.8105 CAFÉ - THÉ - CONFITURES fcZ LES l.-A.Désy, Limitée 1459, avenue de Lorimier\tMontréal Voyage du \u201cSOUVENIR\u201d en Europe Sous le patronage de l'Université de Montréal, à l\u2019occasion du tricentenaire de l\u2019arrivée des Sulpiciens à Montréal.Evocation des souvenirs de la fondation de Ville-Marie Paris, La Flèche, Neuville-sur-Vannes, Troyes, Langres.FRANCE \u2014 ITALIE \u2014 SUISSE DÉPART DE QUÉBEC, S.S.HOMERIC, 28 MAI.48 jours: $1,393, 1re classe\u2014 $1,177, classe touriste.VOYAGES HONE 1460, AVENUE UNION, MONTRÉAL-2 \u2014 HA.8221 109 m- M TOUS LES ACCESSOIRES ÉLECTRIQUES (Strictement en gros) « Le Temple de la lumière » Bêldhd INCORPOREE BEN BELAND, prés.\tJEAN BERLAND, !ng.P., sec.-trés.7152, boul.Saint-Laurent, Montréal - CR.4-2465* FABRICANTS D'ASCENSEURS Atelier de Mécanique générale Forge \u2014 Modelage \u2014 Soudure Fonderie Matériaux d'aqueduc et Bornes-fontaines fondée en 1900 Spécialistes dans la vente de meubles 6575, RUE ST-DENIS - CR.4-8341 - Montréal-10 Tel.: 4-5181 ZJetreau & (Racine, J^têe DISTRIBUTEURS 8t GROSSISTES 196, rue Saint-Paul\tQuébec (2) conception de l\u2019amour et de l\u2019obéissance).Je relève cette pensée que le docteur subtil eût signée: « L\u2019obéissance n\u2019est pas la faiblesse qui cède à la puissance; c\u2019est la volonté qui s\u2019unit librement à une autre volonté, et cette union des volontés est la vraie liberté.» La théologie trinitaire de Duns Scot, sa conception de l\u2019amour aussi ont inspiré la jeune Clarisse et pourraient nous aider à retrouver, dans un monde qui a perdu le sens des valeurs, la juste évaluation de toute chose.On souhaite donc que la vie de l\u2019humble fille de sainte Claire, en proposant un modèle canadien de vertu religieuse, fasse également mieux connaître un des plus grands docteurs spirituels de l\u2019Église et, pourquoi pas?hâte sa canonisation.Béraud de Saint-Maurice.Les Trois-Rivières, Que.ÉDUCATION, HUMANISME Hélène LUBIENSKA DE Lenval: La Liturgie du geste.Coll.« Bible et vie chrétienne ».\u2014 Tournai, Casterman, 1956, 101 pp., 21 cm.Prix: 42 fr.belges.Xavier Lefebvre et Louis Perin, S.J.: L\u2019Enfant devant Dieu.L'éducation religieuse de la petite enfance.Coll.« Fils de lumière ».\u2014 Paris (15, rue Cassette), Éditions de Gigord, 1956, 263 pp., 21.5 cm.DOUR ceux qui ne sont guère au courant des extériorisations * auxquelles on s\u2019est habitué en Europe depuis quelques années, l\u2019étude de Mme de Lenval sur le geste liturgique et son utilité en éducation pourrait servir d\u2019introduction au livre des PP.Lefebvre et Perin.« Il importe, écrit Mme de Lenval (p.80), que le corps reflète les dispositions de l\u2019esprit.» Son ouvrage est un admirable exposé de cette idée.Elle parle d\u2019abord des gestes liturgiques de Jésus-Christ, puis de ceux de l\u2019Ancien Testament; elle commente ensuite les gestes et structures des rites liturgiques et montre comment le geste liturgique engage l\u2019homme tout entier.APRÈS cette lecture, on ne sera pas surpris de la grande place ¦ que font au geste les PP.Lefebvre et Perin dans l\u2019éducation religieuse des tout petits.Ici, trois grandes divisions: le portrait de l\u2019enfant et son éducation; des précisions sur sa vie religieuse; un programme d\u2019une année en trois trimestres pour aider l\u2019enfant à vivre dans l\u2019intimité avec Dieu, avec le Jésus de l\u2019Évangile, avec le Christ ressuscité; en appendice, une bibliographie commentée.Cet ouvrage, fait pour la formation religieuse des enfants de trois à cinq ans, sera aussi utile aux parents qu\u2019aux jardinières d\u2019enfants, surtout chez nous, où les maternelles sont peu nombreuses.Fondée sur « une étude attentive de l\u2019évolution psychologique des enfants » (p.9), la méthode d\u2019éducation chrétienne qu\u2019on met en œuvre ici avec un extraordinaire bonheur ne manquera pas de contribuer à l\u2019épanouissement futur d\u2019adultes convaincus, sincères, dont la vie \u2014 réussite trop rare \u2014 sera toujours en harmonie avec les principes.Béatrice Clément.Boucherville, Que.Albert KriekemANS: Principes de l\u2019Education religieuse, morale et sociale.Coll.« Questions de morale ».\u2014 Louvain (2, Place Cardinal-Mercier), Éditions Nauwelaerts, 1955, 169 pp., 20 cm.Prix: 69 fr.belges.TDROFESSEUR de psychologie et de pédagogie, l\u2019A.aborde son sujet en philosophe.Catholique, il démontre qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019éducation pleinement humaine sans formation religieuse et morale; c\u2019est même le motif religieux qui rend valable le sens social (p.131).L\u2019éducation de la conscience et de la responsabilité personnelle tient à ses yeux une place capitale, et il a raison d\u2019insister sur le rôle premier des parents en cette matière; leur exemple est plus influent que leurs paroles; la leçon verbale est nécessaire, cependant, surtout à l\u2019école (pp.19, 136).On peut dire que le principe pédagogique dont s\u2019inspire l\u2019A.est l\u2019amour.C\u2019est surtout à propos de l\u2019exercice de l\u2019autorité, dans la famille, à l\u2019école, dans la société, qu\u2019il rappelle la primauté de l\u2019amour (pp.18, 28, 87, 150, 152, 160).Enfin, il souligne l\u2019influence du milieu (dont les adultes sont responsables) sur la moralité et la vie religieuse des enfants, sans pour cela nier la liberté.Car l\u2019A.est optimiste; il croit que l\u2019enfant est naturellement bon; il se refuse à considérer l\u2019agressivité, par exemple, 110 RELATIONS comme un instinct premier et prédominant (p.137).Peut-être faudrait-il nuancer sa pensée en distinguant une double agressivité (tendance vers et résistance contre)-, mais elle est juste dans la mesure où elle s\u2019oppose aux exagérations freudiennes.L\u2019ouvrage n\u2019est pas de lecture facile; la composition est parfois flottante, le style manque de mordant; mais le fond est riche, solidement appuyé sur une connaissance à jour de la psychologie et sur un sens chrétien de haute qualité.Joseph d\u2019Anjou.Roger Pons: Procès de l\u2019amour.\u2014 Tournai, Casterman, 1955, 227 pp., 19.5 cm.IES CHAPITRES de ce volume ont tous paru dans la revue a l\u2019Anneau d\u2019or.C\u2019est une recommandation.L\u2019A.y dessine, avec perspicacité et dans un beau style, les divers visages de l\u2019amour humain qui se dégagent d\u2019une douzaine et demie de grandes œuvres littéraires, depuis Polyeucte (portrait de Pauline) jusqu\u2019à Moira (portrait de Joseph Day).Les traits soulignés par l\u2019A., s\u2019ils ne composent pas une image idéale de l\u2019amour chrétien (image esquissée cependant dans le commentaire des lettres de Jacques Maillet), marquent du moins clairement les malfaçons, plus nombreuses, hélas! que les réussites, et les expliquent à la lumière d'une saine psychologie, que rend parfois trop indulgente une profonde charité.Les plus beaux passages de ce livre sont inspirés par des personnages de Claudel (Violaine, Ysé et Mesa, Prouhèze et Rodrigue).Mais si j\u2019excepte les sympathies excessives qui vont à la Nouvelle Héloïse, au Lys de la vallée et à Madame Bovary (encore que de justes sévérités ne manquent pas ici), les analyses de l\u2019A.satisfont l\u2019esprit et lui apportent un substantiel enrichissement, Joseph d\u2019Anjou.Dr Alexis Carrel: Jour après jour, 1893-1944.\u2014 Paris (8, rue Garancière), Librairie Plon, 1956, 20 cm., 246 pp.Prix: 540 fr.T ES ÉDITEURS nous en avertissent: il ne s\u2019agit pas, à propre-ment parler, d\u2019un journal, mais d\u2019une suite de notes, d\u2019observations, de réflexions laissées dans les cahiers et les dossiers de l\u2019A.Carrel avait pris l\u2019habitude de jeter sur le papier les idées qui occupaient son esprit en travail; il se servait de ces ébauches et notations pour rédiger plus tard ses grands travaux, tels l\u2019Homme, cet inconnu, et Réflexions sur la conduite de la vie.Un lecteur familier avec ces deux derniers ouvrages découvrira peu de neuf dans le présent volume.Cependant, on gagne beaucoup à fréquenter un esprit aussi vigoureux que celui d\u2019Alexis Carrel.Toute sa vie, il a tendu vers l\u2019essentiel: l\u2019homme, l\u2019homme complet, ayant fait la synthèse du monde naturel et du monde surnaturel; et toute sa vie, il a voulu se dévouer au service de l\u2019homme.On lira non sans profit les réflexions de l\u2019A.sur l\u2019éducation, par exemple (p.11): « Le professeur ne doit pas être un maître qui remplit une intelligence de notions toutes digérées, mais un homme qui excite les élèves à se former par eux-mêmes des idées.» C\u2019est l\u2019homme tout entier qui doit être éduqué: physique, intellectuel et moral.Rien de plus dangereux que ces spécialistes qui ne voient l\u2019homme que sous le seul aspect de leur spécialité, et prétendent ensuite lui tracer des règles générales de conduite.Une des grandes ambitions du Dr Carrel aura été l\u2019union de la science et de la religion en vue d\u2019améliorer l\u2019homme lui-même.Quelques mois avant sa mort, il notait cette pensée (p.239) qui montre bien la hauteur de ses vues: « Le but de la vie est la sainteté, et non la science.Mais la sainteté ne peut pas, sans l\u2019aide de la science, organiser et conduire la vie.La tâche de la science est de permettre aux hommes d\u2019atteindre la sainteté.» Richard Arès.Amédée BruNOT, S.C.J.: Le Génie littéraire de saint Paul.Coll.« Lectio divina ».\u2014 Paris (29, boul.de Latour-Maubourg), Éditions du Cerf, 1955, 252 pp., 22.5 cm.1\u2019AUTEUR nous dit (p.10) qu\u2019il a voulu combler un vide: \u2022' alors que les travaux abondent sur la théologie de saint Paul, sur sa langue, sur son entourage historique, personne jusqu\u2019ici n\u2019a étudié sa psychologie littéraire.11 annonce trois divisions: formation littéraire, facultés littéraires, techniques littéraires de AVRIL 1957 Qui se marie à la hâte se repent à loisir .mais qui choisit la Maison J.-W.JETTÉ pour ses travaux de chauffage-plomberie n\u2019a pas lieu de le regretter.Nos nombreuses installations pour hôpitaux, maisons d\u2019enseignement, établissements industriels et commerciaux sont de bonnes garanties.Nous disposons d\u2019une équipe de techniciens spécialisés en mesure de collaborer avec les propriétaires et les architectes.Théorie alliée à la pratique.000 ooo ooo Pionniers du véritable chauffage par rayonnement au Canada 360 MArquette 4107 est, rue Rachel - Montréal lIMITtf *\t1 \u2022 M I t ! \u2022 c/ C.Gucu/fy foète l I N I I ( I * IIIIITII Spécialité : Construction d'édifices religieux Collèges - Couvents - Séminaires - Hôpitaux - Etc.6900, chemin de la Côte-des-Neiges Montréal\tTel.: RE.7-3651 RI.4-4941 Armand-A.Lalonde, Ltée Courtier en assurances depuis 34 ans Armand-A.Lalonde, C.D.A.A., C.C.S., PRÉSIDENT 5809 ouest, boulevard GOUIN - CARTIERVILLE HA.0209 Perrault, Décary, Lussier & Bélanger avocats Montréal COLLÈGE DE SMT-LAIMT SAINT-LAURENT - MONTRÉAL-9 PENSIONNAT ET EXTERNAT Sous la direction des Pires de Sainte-Croix \u2022\tCours classique : Classe préparatoire après une excellente 5° année ou une bonne 6e.Avant la classe de méthode, choix entre la section latin-grec et la section latin-sciences.Au niveau de la seconde année de philosophie, triple option: A.\u2014 sciences humaines; B.\u2014 biologie-chimie; C.\u2014 mathématiques-physique.Pour les élèves de philosophie: pavillon moderne aménagé en chambres et permettant un régime de vie plus souple et préparatoire à la vie universitaire.\u2022\tCours commercial supérieur : Inscription pour les élèves qui ont terminé la 9e année.Option: cours d\u2019affaires de deux ans ou 10e et 1 Ie spéciales conduisant à l\u2019École des Hautes Études pour le cours de baccalauréat en sciences commerciales.\u2022\tLaboratoires modernes \u2014 Auditorium \u2014 Discotheque \u2014 Studio d\u2019art \u2014 Cafétéria \u2014 Arène (glace artificielle du 25 septembre au 15 avril), \u2014 Nouveau Gymnase en construction avec piscine, quilles, palestre, etc.\u2022\tExamen d\u2019admission obligatoire (examen Lauzon) pour tous les candidats aux classes de préclassique et des éléments latins.Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019écrire ni de téléphoner auparavant.On n\u2019a qu\u2019à se présenter au collège à 9 h.30 du matin les jours suivants: 6 et 22 avril; 11 et 25 mai; 8 et 29 juin 1957.Le collège sert le dîner aux candidats.L\u2019examen se termine vers 3 h.Les frais sont de $3.Propspectus sur demande au Révérend Père Supérieur.Tél.: RL 7-2444.RELATIONS REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus Directeur : Richard Arès Rédacteurs: Luigi d\u2019Apollonia, Jacques Cousineau, Joseph-H.Ledit, Albert Plante.Collaborateurs ; Joseph-P.Archambault, Émile Bouvier, Alexandre Dugré, Émile Gervais, Gérard Hébert, Léon Lebel.Secrétaire de la rédaction : Joseph d\u2019Anjou Administrateur : Maurice Ruest Directeur de la publicité : M.Alvarez Vaillancourt Prix de l\u2019abonnement : $3.00 par année \u2014 A l\u2019étranger : $3.50 8100, BÜUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL-11, CANADA Tél.; VEndôme 2541 112 saint Paul.Si TA.avait su être fidèle à son propos, nous aurions un grand livre.Malheureusement, il n\u2019en a traité que la seconde partie: les facultés littéraires de saint Paul.Le schéma d\u2019exposition est classique: intelligence, volonté, sensibilité, imagination.Chacune des sections contient de belles pages de critique littéraire et d\u2019analyse psychologique; reprochons cependant à l\u2019A.d\u2019avoir indûment étendu à l\u2019ensemble des épîtres un procédé de composition (le schéma AB A\u2019) qu\u2019il découvre, à la suite de Weise, dans les épîtres aux Corinthiens.Regrettons donc que la formation littéraire de saint Paul soit expédiée en cinq pages (pp.10-15), que l\u2019étude des techniques littéraires soit pratiquement absente; regrettons également les nombreuses négligences d\u2019écriture et de ponctuation.Mais souhaitons que l\u2019ouvrage, même incomplet, serve au professeur d\u2019humanités qui veut initier à saint Paul ses élèves littérateurs; à ce titre, il mérite de prendre place sur les rayons de toute bibliothèque de pédagogie classique.Julien Harvey.Scolaslicat de VImmaculêe-Concepiion, Montréal.CANADIANA La Société du Parler français au Canada : Études sur le parler français au Canada.\u2014 Québec (28, rue Sainte-Famille), Presses universitaires Laval, 1955, 221 pp., 22.5 cm.ON A RÉUNI en volume les travaux sur la langue française présentés au congrès qui, en 1952, a marqué le cinquantenaire de la Société du Parler français.Si quelques-uns de ces travaux s\u2019adressent surtout aux spécialistes: linguistes, phonéticiens, pédagogues, la plupart sont à la portée de toute personne un peu cultivée et présentent un intérêt passionnant.Je souligne « Projet d\u2019un atlas linguistique du Canada français » (Gaston Dulong), « Anglicisme et emprunts à l\u2019anglais » (Pierre Da-viault), « Toponymie canadienne » (Luc Lacourcière) et la magnifique conférence de l\u2019invité d\u2019honneur, M.Charles Bru-neau, professeur à la Sorbonne, sur « Les rapports entre les parlers provinciaux et la langue commune ».Béatrice Clément.Boucherville, Qué.Bulletin de la Société historique franco-américaine.Nouvelle série, vol.1, 1955.\u2014 Manchester, N.-H., Imprimerie Ballard Frères, 1956, 170 pp., 23.5 cm.TANT que vivra M.l\u2019abbé Verrette, il fera vivre, survivre et revivre; il racontera les beaux faits et citera les beaux noms de la résistance.Après ses volumes de la Vie franco-américaine, voici pour l\u2019histoire les cérémonies et inscriptions dans le bronze du 350® anniversaire de Champlain à Boston, dans la baie des Isles en 1605, et du 200e de l\u2019arrivée des malheureux Acadiens à Fitchburg.Un reportage des fêtes à l\u2019ambassadeur de France, un maître discours du cardinal Léger, la vie du Conseil d\u2019Orientation, des raccourcis d\u2019histoire de Corinne Rocheleau et d\u2019Adolphe Robert, des rappels de défunts qui méritent l\u2019ordre du jour, bref, les principaux événements nationaux de 1953, 1954 et 1955 fournissent la preuve qu\u2019une élite tient là-bas.Al.D.Bureau des Statistiques de Québec: État financier des corporations scolaires, 1952-1953.\u2014 Québec, ministère de l\u2019Industrie et du Commerce, 1955, 108 pp., 25 cm.CET OUVRAGE renferme des statistiques détaillées sur les corporations scolaires des cités et villes; les autres sont groupées par comtés.Il y avait alors (1952-1953) dans la province 1,958 corporations scolaires (1,671 catholiques).Les statistiques sont groupées sous les titres suivants: « Assiette de l\u2019impôt »; «Fonds de capital et d\u2019emprunt»; «Fonds d\u2019administration budgétaire »; « État des revenus et dépenses »; « État des recettes et déboursés ».Onze graphiques permettent de saisir rapidement les principales données financières.Un appendice est consacré aux commissions scolaires centrales protestantes.Ceux qui aiment à suivre les problèmes financiers des commissions scolaires ne manqueront pas de se procurer ce volume.Albert Plante.RELATIONS __\t\u2018Wt! ¦ r\u2019'* !..S7>Stf Gardien ¦s*wip mn IÆA mm agHH Wtm \u201cSi vis pacem, para bellum\u201d.Encore aujourd\u2019hui cette phrase célèbre du 4e siècle est de plus en plus d\u2019actualité.Le Canada est devenu une nation adulte et, en conformité avec la charte des Nations Unies, il doit coopérer à la sauvegarde de la paix dans le monde.C\u2019est pourquoi, nous maintenons des forces policières en Europe, au Moyen-Orient, en Indochine et dans le Grand Nord canadien.Puissamment armé, bien nourri et vêtu, mieux payé que tout autre soldat au monde, le soldat canadien fait partie d\u2019une police qui s\u2019oppose à l\u2019expansion agressive des sans-Dieu communistes.Il est respecté de ses compatriotes et son prestige est répandu dans le monde entier.soyons fiers de notre ARMÉE! \u2019fci »»¦ 11 AS7-80MS ni "]
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