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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1956-02, Collections de BAnQ.

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[" Prêts du gouvernement aux immigrants ¦ Un grand Jésuite méconnu Eglise et contre-Eglise ¦ La Mouette au Théâtre du Nouveau Monde ¦ Quatuors Février 1956 MONTREAL Deux Eglises du silence Luigi d\u2019APOLLONIA 1941-1956 Loisirs des jeunes filles Rita BOIS Avant tout, le bien des familles Émile GERVAIS ans r 182\t25n achète bien qui achète dupui^» MONTREAL Votre coopérative d\u2019épargne vous aide à faire de l\u2019épargne.Nos méthodes sont pratiques, adaptées à vos revenus.Par l\u2019épargne, brisez votre complexe d\u2019infériorité, développez votre personnalité, acquérez ou conservez votre propriété.Devenez membre de L\u2019ENTRAIDE IMMOBILIÈRE LAURENTIENNE 1344 EST, rue SHERBROOKE, MONTRÉAL \u2014LA.1-3698 SAVARD & HART INC.Membres de THE INVESTMENT DEALERS\u2019 ASSOCIATION 230 OUEST, RUE NOTRE-DAME MONTRÉAL 1203, CARRÉ PHILLIPS CHICOUTIMI - QUÉBEC - SHERBROOKE - SOREL TROIS-RIVIÈRES PLAN SPÉCIAL DE VENTE aux BIBLIOTHÈQUES publiques, paroissiales, de maisons d\u2019enseignement, d\u2019hôpitaux, etc.Détails communiqués sur demande.Le Bouquiniste Enr.28, RUE DES JARDINS \u2014 C.P.653 H.-V.QUÉBEC - 4\t\u2014\tTel.: 3-6760 Nous envoyons gratuitement à ceux qui en font la demande nos CATALOGUES DE LIVRES D'OCCASION : anciens, modernes, canadiens, livres pour bibliophiles, etc.RECHERCHE d'ouvrages épuisés.Cl ! 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veut, comme pour saint François Xavier, qu'au moment de sa naissance, sa mère se retirât dans une étable par dévotion pour le mystère de Bethléem.Le château de Loyola s'élevait dans un décor sévère, près d'une rivière qui descend des premiers contreforts des Pyrénées.Aujourd'hui, la Casa de Loyola est enclavée dans un grandiose édifice, oeuvre du célèbre architecte italien, Carlo Fontana.La façade principale subsiste toujours, mais l'intérieur a été transformé.Le pèlerin qui pénètre à l'intérieur de la Santa Casa de Loyola y peut lire dans les chapelles et sur les tableaux et vitraux l'histoire passionnante de saint Ignace : sa carrière de soldat, sa conversion, son oeuvre de fondateur et de conquérant que les adversaires de l'Église n'ont jamais tout à fait pardonnée à la Compagnie de Jésus.Aux évocations de la vie d'Ignace sont liés les souvenirs de deux autres grands saints : François Xavier et François de Eorgia.Car l'histoire des débuts de la Compagnie de Jésus se confond en grande partie avec l'histoire de ces trois gentilshommes espagnols.A 75 milles au sud-est de Loyola, chevauchant une région montagneuse, surgissent les remparts de Pampelune.Pendant le siège de cette place-forte, Ignace après s'être confessé à un de ses compagnons d'armes en signe de repentir, ralliait les forces espagnoles défaillantes quand un boulet de canon vint lui fracasser la jambe droite.Lorsque les Français y entrèrent, ils trouvèrent Ignace baignant dans son sang, et l'honorèrent comme un vaillant chevalier, le faisant conduire jusqu'au château de Loyola sur une civière.Un monument rappelle ce fait d'armes.Il ne serait pas exagéré de dire du siège de Pampelune qu'il fut une des batailles les plus décisives dans l'histoire de la chrétienté.Car à Loyola, au cours de sa convalescence, Ignace se convertira et rêvera à mener d'autres luttes, cette fois, à la plus grande gloire de Dieu.Pendant ce temps, dans un austère château, François Xavier était venu au monde.Pour arriver à ce château, le voyageur doit s'enfoncer dans les montagnes, à trente milles environ à l'est de Pampelune, jusqu'aux confins de la Navarre.C'est un cadre merveilleux où méditer, à quatre siècles de distance, la jeunesse de ces deux grands saints et amis, dont l'un travailla fort loin des disputes de l'Europe et l'autre fut mêlé à toutes les luttes de la Réforme, l'un et l'autre cependant animés par la même orthodoxie et la même passion pour les âmes.En 1534, à Paris, sur la butte de Montmartre, Ignace et Xavier, entourés d'autres compagnons, avaient jeté les bases d'un nouvel ordre religieux.Les pèlerins iront les rejoindre là, dans la chapelle des Martyrs de l'Abbaye.En 1625, \u2014 moins d'un siècle après la fondation de la Compagnie de Jésus par saint Ignace et ses compagnons, \u2014 des missionnaires jésuites quittaient la France pour aller seconder au Canada les efforts des Récollets : ce premier contingent comprenait, entre autres, le Père Jean de Brébeuf.Au cours des vingt années qui suivirent, d'autres missionnaires faisaient voile pour le Canada : les Pères Antoine Daniel, Charles Garnier, Isaac Jogues, Noël Chabanel et Gabriel Lallemant.Venus avec d'autres compagnons pour poursuivre au Canada leur oeuvre d'évangélisation et d'éducation chrétienne, \u2014 selon le double objectif posé par le fondateur de l'ordre, \u2014 ces six prêtres missionnaires, avec deux autres de leurs frères en religion qui n'étaient pas prêtres (Jean de la Lande et René Goupil), devaient subir le martyre au milieu des peuplades indiennes qu'ils étaient venus évangéliser.Déclarés bienheureux en 1925 et canonisés en 1930, les saints missionnaires sont maintenant au tout premier rang des fondateurs de l'Église canadienne.De nombreux souvenirs peuvent être relevés de la vie des saints martyrs en France, avant leur départ pour le Canada : à Prisa, au Lycée Louis-le-Grand, autrefois le Collège de Clermont, où l'un des missionnaires fut élève et deux autres, professeurs; puis, à travers la Normandie, la Touraine, depuis Rouen jusqu'à La Flèche, où plusieurs des missionnaires devaient exercer leurs fonctions d'éducateurs avant de s'embarquer pour le Canada.Le pèlerinage historique, qui réunira comme dans un glorieux faisceau les souvenirs de saint Ignace de Loyola, de saint François Xavier et des saints Martyrs canadiens, partira de Québec, le 20 avril, à bord du paquebot HOMERIC.Après le débarquement en France, les voyageurs feront une tournée en autocar à travers la Normandie, la Bretagne et la Touraine, pour le rappel des souvenirs des saints Martyrs canadiens.Après la visite de deux des châteaux de la Loire et un séjour à Lourdes, les voyageurs visiteront, en Espagne, la région de Loyola, avec Pampelune et Xavier, puis entreprendront une grande tournée en autocar en Espagne et au Portugal, passant par Avila, Salamanque, Fatima (le 13 mai), Lisbonne, Séville, Cor-doue, Grenade, Madrid, Saragosse et Barcelone, avec Montserrat et Manrèse, où il y a d'autres souvenirs de saint Ignace.Après l'Espagne, ce sera le retour en France : Carcassonne et ses remparts de l'époque médiévale, Marseille et la féerie de la Côte d'Azur jusqu'à Nice.Puis, ce sera l'entrée en Italie, où les grands centres d'art et d'histoire et les panoramas enchanteurs se succéderont à l'instar d'un film merveilleux : Gênes, Rome, où l'on séjournera plus d'une semaine à l'occasion de la solennité de la Fête-Dieu, Assise, Florence, Venise, Milan et l'enchantement des lacs italiens.Le circuit se terminera par un séjour reposant en Suisse, à Montreux dans le frais décor du lac Léman, avec une promenade en bateau sur le lac jusqu'à Genève.Puis, les voyageurs reviendront à Paris pour un second séjour et une promenade à Versailles.Un dépliant illustré décrit l'itinéraire dans tous ses détails.Tous ceux qui désirent plus de renseignements sur le programme de ce voyage peuvent s'adresser à l'agence de VOYAGES HONE, 1460, av.Union, Montréal-2.PÈLERINAGE CANADIEN sous le patronage des RR.PP.Jésuites À LOYOLA (Espagne), en l'ANNÉE JUBILAIRE (1956) pour commémorer le IVe centenaire de la mort de SAINT IGNACE DE LOYOLA Visite des sanctuaires consacrés au culte de saint Ignace et de saint François Xavier En France, visite des souvenirs laissés par nos Saints Martyrs Canadiens FRANCE \u2022 ESPAGNE \u2022 PORTUGAL o ITALIE \u2022 SUISSE Séjour à Fatima (Portugal), les 12 et 13 mai DÉPART DE QUÉBEC, à bord du paquebot HOMERIC, le 20 avril 70 jours de voyage, dont 58 en Europe Tous frais principaux compris {$1,384 \u2014 aller et retour en classe de touriste.$1,467 \u2014 aller en classe de touriste, retour en première.$1,575 \u2014aller et retour en première.Renseignements et inscriptions : VOYAGES HONE 1460, AV.UNION, MONTRÉAL-2 HA.8910 FEVRIER 1956 29 SOMMAIRE FÉVRIER 1956 Éditoriaux.31 Visites derrière le rideau de fer.\u2014 Le Canada et le Vietnam.\u2014 Les relations fédérales-provin-ciales.\u2014 L\u2019Anglo-Canadian Pulp et les commutations DE TAXES.Articles PRÊTS DU GOUVERNEMENT AUX IMMIGRANTS.Albert Plante 33 AVANT TOUT, LE BIEN DES FAMILLES.Émile Gervais 35 DEUX ÉGLISES DU SILENCE .Luigi d\u2019Apollonia 37 LOISIRS DES JEUNES FILLES.Rita Bois 38 QUATUORS.Jean-Paul Labelle 40 « LA MOUETTE » AU THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE Georges-Henri d\u2019Auteuil 41 Commentaires.42 Pour que les fils soient dignes du père.\u2014 Bibliothèques scolaires.\u2014 L\u2019action politique et les ouvriers.\u2014 Bière et publicité.\u2014 L\u2019aspect social de la pureté.Au fil du mois.44 Le Centre Rosalie-Jette.\u2014 Une nouvelle O.N.U.\u2014 Le Noël de la Fondation Ford.\u2014 L'abbé Robert Kothen.Articles UN GRAND JÉSUITE MÉCONNU .Guy Sylvestre 45 HORIZON INTERNATIONAL.Joseph-H.Ledit 47 Les livres.52 Religion.\u2014 J.Pieper et H.Raskop: Je crois en Dieu (M.-J.d\u2019Anjou).- Louis Lochet: Fils de l'Église (M.-J.d\u2019Anjou).- Erik Peterson: Le Livre des Anges (J.Émery).-\tEn collaboration: Morts sur le gibet (Al.Dugré).- A.Longpré: Instructions pour les dimanches (J.-P.Demers).-G.Vézelay: Futuna, île sanglante (J.Custeau).- P.Droulers: Action pastorale et Problèmes sociaux chez Mgr d\u2019Astros (M.-J.d\u2019Anjou).- P.-A.et S.de la Ma-duère: Voyage autour de mon église (B.Clément).52 Politique et Philosophie.\u2014 A.Dagenais: Dieu et Chrétienté (G.Courteau).- J.-M.Simon: L\u2019Impossible Alliance (E.Bouvier).- Centre catholique des Intellectuels français: Qu'est-ce que l'homme?(W.Gariépy).53 Biographies.\u2014 E.Nadeau: Sapier, prêtre de misère (W.Girouard).- L.Frassati: La Charité de Pier Giorgio mon frère (J.-P.Demers).- H.Jonquet: Entre vos mains, Seigneur (M.-J.d\u2019Anjou).55 Art et Littérature.\u2014 A.Einstein: Mozart (J.-P.Labelle).-\tH.Gouhier: Le Théâtre et l\u2019Existence (L.Balthazar) 57 Éditeurs de : «VEDETTES» (Who\u2019s Who en français) « DISQUES DU FOYER CHRÉTIEN » Province de Québec « PARADIS DU TOURISTE » 1610 ouest, rue Sherbrooke, Montréal 809a, BOUL.DES LAURENTIDES MO.4-3501 BOIS ET MATERIAUX DE CONSTRUCTION Attention particulière aux communautés religieuses Jean-M.Tremblay, président POUR VOS LUNETTES D'APPROCHE CONSULTEZ AL.BENOIT-BENOIT PROTECTAL INC.Attention particulière aux communautés 1617, rue SAINT-DENIS, Montréal\tPL.4904 30 RELATIONS XVIe année, N° 182 Montréal Février 1956 EDITORIAUX Viâiteâ dexxièxe le xideau de [ex 'T'OUT RÉCEMMENT encore, le 4 décembre der-nier, VOsservatore Romano dénonçait avec énergie l\u2019imposture de la « libération » de S.Ém.le cardinal Wyszynski, primat de Pologne, et ajoutait « qu\u2019une seule pensée directrice réglait toute la lutte antireligieuse du communisme, de l\u2019Allemagne au Vietnam et de la Chine à l\u2019Albanie ».Dans ces circonstances, nos lecteurs sauront pourquoi nous jugeons nécessaire la mise en garde suivante.1.\tIl est inadmissible que des catholiques voyagent derrière le rideau de fer aux frais d\u2019organisations communistes.Les communistes sont persécuteurs et excommuniés.S\u2019ils paient des voyages à des catholiques, c\u2019est qu\u2019ils comptent écouler, sous une étiquette catholique, une propagande qui ne serait pas acceptée si elle se présentait comme communiste.Se prêter à cette manœuvre est chose grave.Qu\u2019on ne s\u2019abrite pas derrière l\u2019excuse: je dis ce que j\u2019ai vu.On est sévère pour le visiteur français ou américain qui, après quelques jours au Canada, donne des impressions partielles, partiales et donc fausses.Lui, pourtant, savait au moins une des deux langues du pays, voyageait à ses frais; son voyage n\u2019était pas « organisé », et il n\u2019y a pas de persécution au Canada.2.\tIl y a des cas où l\u2019on peut (parfois, où l\u2019on doit) voyager derrière le rideau de fer.On est tenu, alors, à prendre les précautions indispensables pour ne pas se laisser induire en erreur.La prudence la plus élémentaire exige qu\u2019on étudie les lettres adressées par le Souverain Pontife aux évêques de ces pays, les dossiers établis par le quotidien de la cité du Vatican, VOsser-vatore Romano, les fraudes et duperies employées par les communistes.La tactique communiste, en Pologne comme partout, est de diviser les catholiques en collaborationistes, comme on disait pendant la dernière guerre, et catholiques tout court.Les collaborateurs s\u2019appellent « progressistes », « patriotes », etc.Il y a beaucoup de FÉVRIER 1956 degrés de collaboration, depuis l\u2019apostasie complète jusqu\u2019à la tolérance passive d\u2019une situation de fait.LOsservatore Romano (10 novembre 1955) a des paroles de pitié pour les progressistes qui agissent sous le coup d\u2019une contrainte morale et physique; il est terrible pour les « progressistes volontaires, qui s\u2019offrent spontanément pour river les chaînes de leurs frères opprimés et troubler les idées de ceux qui ne le sont pas encore ».3.\tQuand on est allé derrière le rideau de fer, il y a une règle qu\u2019un honnête homme ne viole jamais: il ne livre pas ses sources d\u2019information.Supposons qu\u2019un visiteur canadien a été reçu par un prêtre, mettons, en Hongrie.Imaginons encore que ce prêtre a dévoilé le fond de son âme.De retour au pays, notre Canadien peut, le plus innocemment du monde, lui mettre dans la bouche des déclarations que des policiers experts exploiteront avec une implacable brutalité.Tous les anciens prisonniers des communistes sont unanimes à dire que ce genre de « question » est une torture atroce.La gloriole qu\u2019on escompte à déclamer: « J\u2019ai visité tel endroit où vous n\u2019êtes pas allé, j\u2019ai causé avec tous ces hommes dont on voit les noms dans les journaux, j\u2019ai vu, de mes yeux vu, les choses suivantes qui ne cadrent pas avec ce que je crois qu\u2019on vous a dit », quelle triste excuse pour le mal fait aux chrétiens qui, dans l\u2019Église du silence, rendent au Christ le témoignage de leurs chaînes et de leur sang! *Ce Canada et le Vietnam NOUS CONNAISSIONS les faits.Parce que, avant de lire le rapport additif de la délégation canadienne au quatrième mémoire de la Commission de contrôle au Vietnam, nous avions interrogé les missionnaires et lu leurs témoignages.En flagrante violation des accords de Genève, le gouvernement du Vietnam-Nord a tout mis en œuvre \u2014 mensonge, violence, procédés arbitraires \u2014 pour intimider les réfugiés et entraver leur passage en zone libre.Le gouvernement canadien dévoile maintenant à la face du monde libre 31 cette nouvelle imposture des régimes communistes.Notre honneur est sauf.De plus, le rapport minoritaire confirme deux faits qui, à vrai dire, n\u2019ont plus besoin de confirmation.Le premier, que les régimes communistes n\u2019ont pas de parole; le deuxième, que les pays neutres sont moins neutres qu\u2019on ne le pense.Cependant, la Commission internationale n\u2019a pas terminé sa tâche.Une responsabilité, lourde entre toutes, lui incombe: celle de surveiller les élections générales qui, aux termes des accords de Genève, devraient se tenir dans les deux zones, au mois de juillet prochain.On se rappellera qu\u2019à Genève le représentant du Vietnam s\u2019objecta et contre la signature des conventions d\u2019armistice entre la France et Ho Chi-minh et, surtout, contre la déclaration commune par laquelle la France, l\u2019Angleterre, l\u2019U.R.S.S., la Chine et le Vietminh disposaient de son pays.Il s\u2019éleva tout particulièrement contre la disposition relative aux élections, « le haut commandement français s\u2019étant arrogé le droit, sans accord préalable de la délégation du Vietnam, de fixer la date des futures élections, alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une disposition de caractère évidemment politique ».On se rappellera également que les représentants des deux Vietnams ne se sont pas réunis, le 20 juillet, comme ils le devaient.Le 16 juillet, le président du Conseil du Vietnam-Sud, M.Ngo Dinh-diem, déclarait dans une allocution radiodiffusée que « les élections n\u2019auront de raison d\u2019être qu\u2019à la condition d\u2019être absolument libres; or, devant le régime d\u2019oppression pratiqué par le Vietminh, nous demeurons sceptiques quant à la possibilité de réunir les conditions de liberté de vote dans le Nord ».M.Ngo Dinh-diem proposait que l\u2019O.N.U.se chargeât de surveiller l\u2019opération électorale.D\u2019une pierre on obtiendrait ainsi deux coups: on éviterait une négociation bilatérale et l\u2019on assurerait beaucoup mieux l\u2019intégrité de la consultation populaire.Après lecture du rapport minoritaire, qui oserait reprocher au gouvernement du Vietnam-Sud de manquer de confiance en la Commission internationale, malgré la présence du Canada, en une affaire où se joue, par voie de scrutin, le sort de vingt-deux millions d\u2019êtres humains ?Il n\u2019est guère besoin d\u2019être oracle pour prédire que le Vietnam-Nord, plus peuplé que le Sud, n\u2019acceptera pas le contrôle de l\u2019O.N.U., pas plus que l\u2019U.R.S.S.n\u2019acceptera des élections libres en Allemagne.Maintenant que cela fait leur affaire, les communistes vont s\u2019ériger en défenseurs du droit international et exiger hypocritement l\u2019« exécution loyale et intégrale des accords de Genève ».Alors, quoi ?Alors, le jour approche où il faudra bien se rendre à l\u2019évidence, mais trop tard, encore une fois.A Genève, en 1954, on a, en fait, livré, pieds et poings liés, à la barbarie communiste tout le Vietnam-Nord et à la persécution une des chrétientés les plus florissantes de l\u2019Asie.On les aura réduits en esclavage par le supplice de l\u2019espérance.JÇeà xelationâ lédêtaleà-ptovincialeà APRÈS avoir défendu avec opiniâtreté et cherché à L prolonger le plus longtemps possible le régime de guerre des ententes fiscales avec les provinces, le gouvernement fédéral se dit prêt maintenant à l\u2019abandonner pour une nouvelle formule qui prêterait moins à critique et ne causerait pas d\u2019injustice au Québec.Le nouveau plan, il est vrai, offre des avantages que ne comportait pas le régime en vigueur jusqu\u2019ici, avantages non seulement d\u2019ordre financier, mais encore d\u2019ordre politique, en ce sens qu\u2019il rend désormais possible le fonctionnement du fédéralisme dans le domaine fiscal au Canada.Mais, de ce point de vue, ce n\u2019est encore qu\u2019un timide essai.Bien supérieure nous paraît la formule suggérée, dès 1947, par la Chambre de Commerce du district de Montréal et reprise tout dernièrement par celle-ci, lors de la présentation de son important mémoire en six volumes à la Commission Tremblay.Même si la solution de la Chambre de Commerce n\u2019embrasse pas le problème constitutionnel dans toute son ampleur, elle a le grand mérite de s\u2019inspirer directement du principe fédératif et de chercher à le traduire aussi fidèlement que possible dans la réalité sociale et politique.Tout particulièrement, en appelant les provinces à participer à l\u2019établissement et à la mise en œuvre d\u2019un programme fiscal pour tout le Canada, elle leur rend leur dignité de membres constituants de l\u2019État canadien.Sous le régime de guerre des ententes fiscales, cette dignité était réduite à son plus bas niveau; la nouvelle formule fédérale la relève quelque peu; mais les gouvernements provinciaux pourraient difficilement se contenter du rôle de deuxième, sinon de troisième ordre qu\u2019elle leur assigne, à moins de se résigner d\u2019avance eux-mêmes à n\u2019être plus que de grands corps municipaux, subventionnés et régis par le gouvernement central.En attendant les recommandations de la Commission Tremblay sur ce sujet, le plan de la Chambre de Commerce du district de Montréal apparaît comme le plus apte à maintenir les exigences essentielles du fédéralisme au Canada.J^cAnglo- Canadian Pulp et leâ commutation£ de taxe à LE CAS de l\u2019Anglo-Canadian Pulp est connu.Une loi spéciale a été présentée pour enlever à cette compagnie puissante le privilège d\u2019une diminution de son évaluation foncière.Cette mesure a suivi l\u2019attitude 32 RELATIONS prise par la compagnie au sujet de l\u2019augmentation du prix du papier-journal.L\u2019événement suggère les réflexions suivantes.1.\tEn soi, la mesure est excellente.Relations, qui a déjà protesté contre les commutations de taxes injustifiées, ne peut qu\u2019applaudir.La commutation accordée à l\u2019Anglo-Canadian Pulp entrait vraiment dans cette catégorie.Dès 1952, le Conseil central des Syndicats catholiques de Québec s\u2019élevait contre l\u2019évaluation privilégiée accordée à la compagnie dans une lettre adressée aux membres de la Législature:\t« Notre Conseil central soutient que cette évaluation est de beaucoup trop inférieure aux barèmes d\u2019évaluation en vigueur dans la cité de Québec et que, de ce fait, elle constitue une injustice flagrante pour l\u2019ensemble des contribuables.Il soutient, de plus, qu\u2019il n\u2019existe aucun motif sérieux qui puisse présentement légitimer une commutation de taxes aussi importante.» Cette commutation, de l\u2019ordre de $3,500,000, coïncidait, en effet, avec « une prospérité qui fait l\u2019envie de tous les autres établissements industriels de Québec » et avec de « plantureux profits ».Pendant ce temps, le Conseil municipal et la Commission scolaire avaient des problèmes financiers; la situation n\u2019a guère changé depuis 1952, tant de leur côté que de celui de la compagnie.La loi spéciale a donc, en soi, une indiscutable portée sociale.2.\tOn aura noté l\u2019expression en soi.Le malheur, c\u2019est que l\u2019occasion du changement n\u2019a pas été les inconvénients, depuis longtemps reconnus, d\u2019une commutation injustifiée, mais une incartade du président de la compagnie, qui a défié le premier ministre au sujet du prix du papier-journal.Il s\u2019agit donc d\u2019une loi d\u2019exception, d\u2019une décision arbitraire.Ce qui est contraire aux règles d\u2019une saine démocratie.3.\tL\u2019Anglo-Canadian Pulp n\u2019était pas la seule à bénéficier de commutations de taxes injustifiées.La logique sociale et l\u2019équité demandent un traitement égal pour des cas identiques.Applaudiraient des deux mains conseils municipaux et commissions scolaires.-\u2022 PRÊTS DU GOUVERNEMENT AUX IMMIGRANTS Albert PLANTE, S.J.ON AURA PU VOIR dans les journaux, vers Noël, des photos d\u2019immigrants venant tout juste d\u2019arriver au pays.Nul besoin d\u2019être fort en psychologie pour imaginer ce qui pouvait se passer dans la tête de ces gens, petits et grands.A côté de l\u2019attrait de la nouveauté et d\u2019une immense espérance en l\u2019avenir, il y avait très probablement la vision tenace et mélancolique du milieu abandonné: plaine, montagne, rivière ou \u2014 qui sait?\u2014 rue étroite d\u2019un quartier insalubre d\u2019une grande ville.A distance, même la misère et la souffrance peuvent se teinter de poésie.Ceux qui vivent les problèmes d\u2019immigration, comme ceux qui sont en contact avec les immigrants, ont saisi, à la simple vue de ces photos, le drame intime qui se passait dans une salle d\u2019attente, à la veille peut-être d\u2019une nouvelle étape vers un nouvel inconnu.Ils savent bien que se contenter de postulats économiques en discutant de l\u2019immigration, c\u2019est vider le sujet de toute sève, non seulement surnaturelle, mais aussi humaine.Les plans de migration doivent se centrer principalement autour du migrant, non autour de problèmes économiques ou de susceptibilités nationales.Sans doute l\u2019immigration est-elle un phénomène économique, mais elle reste avant tout une tragédie individuelle.Elle est un phénomène de masse, mais cette masse est formée d\u2019hommes, de familles dont chacune porte tout le poids de cette dure nécessité qui les force à se déraciner, à se transplanter, à chercher des terres moins pauvres ou moins peuplées.Comme dans tous les problèmes où des hommes sont engagés, même s\u2019ils ne sont que d\u2019infimes éléments dans la complexité de problèmes économiques et sociaux, nous avons le devoir de faire de chacun de ces hommes le centre du problème.(R.P.Georges Roch-cau, « Émigration et intégration », dans l'Église et les Migrations, brochure de 36 pages publiée par la Commission internationale catholique pour les Migrations.) FÉVRIER 1956 Il faut maintenir l'unité familiale Masse composée d\u2019hommes, de familles.La famille! Voilà la réalité fondamentale qui est au cœur du problème de l\u2019immigration.On peut dire que la perdre de vue, c\u2019est ne pas avoir le sens de l\u2019Église.Notant qu\u2019il ressort de l\u2019ensemble du radiomessage de Noël 1952 que le droit naturel à la liberté de l\u2019émigration et de l\u2019immigration, reconnu par le Saint Père à la personne, l\u2019est dans le cadre de sa destinée, qui est de fonder et d\u2019entretenir une famille, le P.Georges Gund-lach, S.J., fait cette remarque: C\u2019est une nouvelle preuve que l\u2019Église reste fidèle au principe selon lequel le maintien de l\u2019unité familiale vivante doit être la première préoccupation dans le problème actuel des migrations.Celui qui conçoit ce problème, théoriquement ou pratiquement, comme étant d\u2019abord une répartition de la main-d\u2019œuvre humaine à l'échelle mondiale serait en contradiction avec la pensée de l\u2019Église.( «Nouveaux aspects de l\u2019enseignement pontifical sur les migrations », même brochure, p.18.) C\u2019est ce principe capital du maintien de l\u2019unité familiale qui, en 1952, poussa l\u2019épiscopat canadien à demander à la Société canadienne d\u2019Établissement rural de créer une section de l\u2019immigration, spécifiquement chargée de briser l\u2019isolement du chef de famille travaillant déjà au Canada en lui ramenant les siens.Deux sources alimentent le budget de cette section: la contribution de l\u2019épiscopat (Conférence catholique canadienne) et celle du Comité intergouvememental pour les Migrations européennes (C.I.M.E.), versée par l\u2019intermédiaire de la Commission internationale 33 catholique pour les Migrations.De ces deux contributions est sorti un fonds de roulement qui a permis de consentir aux chefs de famille des prêts sans intérêt pour défrayer le voyage de la femme et des enfants.Si l\u2019isolement est la plupart du temps pénible pour le père, parfois malheureusement il est aimé.L\u2019éloignement permet au père bien des licences.A la mère aussi.C\u2019est là, comme de nombreux cas le prouvent clairement, un des aspects douloureux du problème de la séparation des familles.Ce problème a un aspect social et noral; donc, plus tôt les familles sont regroupées, mieux c\u2019est.Le regroupement comporte aussi des avantages économiques.Quelqu\u2019un qui est constamment mêlé aux problèmes des immigrants me disait que le gouvernement s\u2019est trop uniquement occupé jusqu\u2019ici de l\u2019élément production dans sa politique d\u2019immigration, et que si cette politique avait mis l\u2019accent plus sur la personne de l\u2019immigrant que sur son travail, elle aurait eu nécessairement un caractère familial; du coup, le nombre des consommateurs aurait augmenté.Il a souvent vu au bureau de poste de son district une file de Néo-Canadiens expédiant de l\u2019argent à leurs familles encore outre-mer.Autant d\u2019argent qui, gagné au Canada, n\u2019a pas servi à écouler la production canadienne.Il serait curieux de connaître le montant de devises canadiennes passées ainsi à l\u2019étranger.Le gouvernement n\u2019est pas le seul à avoir négligé ce point de vue.Nouvelle politique du gouvernement Un changement important vient toutefois de se produire.Le ministre de la Citoyenneté et de l\u2019Immigration, M.Pickersgill, annonçait récemment que le gouvernement avait décidé d\u2019étendre les dispositions du plan d\u2019indemnité en vigueur depuis le premier février 1951.Ne pouvaient se prévaloir jusqu\u2019ici de ce plan que certaines catégories d\u2019immigrants dont « les services étaient d\u2019un besoin pressant au Canada » et qui auraient été incapables de payer leur passage; 31,817 immigrants ont bénéficié du plan.Les prêts se sont élevés à $5,268,000, la moyenne de chaque prêt étant de $165 environ; 29,112 prêts ont été totalement remboursés.Les 87 prêts considérés comme perdus comprennent des bénéficiaires décédés.Le total des remboursements s\u2019élève jusqu\u2019ici à $4,905,000.Le haut pourcentage du remboursement démontre l\u2019intégrité des immigrants.Les ouvriers agricoles ont bénéficié de 9,885 prêts; les immigrants entrés comme domestiques, de 6,874.Puis viennent les ouvriers spécialisés.On trouve encore, parmi les bénéficiaires: des infirmières, des instituteurs, des sténographes et des dactylographes.Deux changements viennent d\u2019être effectués, a) Des prêts seront accordés, au besoin, pour payer et le passage du chef de famille et celui des personnes à sa charge, b) Sont supprimées les restrictions sur les catégories d\u2019ouvriers susceptibles de se prévaloir du plan d\u2019indemnité; celui-ci atteindra désormais tous les immigrants « acceptables et adaptables » qui sont dans l\u2019impossibilité de payer leur passage.Quels sont les motifs qui ont poussé le gouvernement à cette générosité ?Le communiqué officiel s\u2019exprime ainsi : C\u2019est pour deux raisons qu\u2019il a été décidé de faire bénéficier les personnes à charge et toutes les catégories de travailleurs du plan d\u2019indemnité de passage.Les prêts sont maintenant consentis à l\u2019égard des personnes à charge afin de hâter la réunion des membres d\u2019une famille dont le chef s\u2019est d\u2019abord rendu seul au Canada et afin d\u2019y amener de nouvelles familles d\u2019immigrants.Quant aux travailleurs, on a constaté que de nombreux aspirants immigrants susceptibles de s\u2019intégrer avantageusement dans l\u2019économie canadienne sont incapables de payer leur voyage au Canada; ces personnes ne pouvaient bénéficier du prêt d\u2019indemnité de passage en vertu des anciens règlements.Des précisions importantes s\u2019imposent Il est évident que le gouvernement désire intensifier l\u2019immigration, qui a décliné en 1955.Admettons que le ministère de la Citoyenneté et de l\u2019Immigration se laisse guider par des préoccupations sociales en facilitant la venue des familles.Et félicitons-le pour ces préoccupations.Mais posons-lui tout de suite quelques questions, afin de mieux comprendre la portée du geste qu\u2019il a posé.1° Combien y a-t-il actuellement de familles à regrouper?Les opinions sont partagées sur ce nombre.D\u2019aucuns prétendent qu\u2019il est élevé.Ont-ils raison ?2° Aux immigrants de quels pays a profité jusqu\u2019ici le plan d\u2019indemnité?Quelle est la nationalité des familles actuelles à regrouper ?Quelle politique entend-on suivre à l\u2019avenir ?3° Les chefs de famille vont-ils continuer à entrer seuls ?Dans l\u2019affirmative, il faut conclure que le mal se déplacera constamment.Ce qui est vrai aujourd\u2019hui des inconvénients sociaux et moraux de la séparation des époux le sera demain et toujours.4° La nouvelle politique familiale sera-t-elle complétée par une politique d\u2019habitation, adaptée à la fois aux besoins des Canadiens et des Néo-Canadiens ?5° Voici une question qui domine toutes les autres.Quelle sera, à l\u2019avenir, l\u2019action des organismes bénévoles qui, depuis quelques années, ont travaillé au regroupement des familles et prêté l\u2019argent nécessaire ?Ces organismes, reconnus par le gouvernement, sont au nombre de quatre: la Société canadienne d\u2019Établis-sement rural, pour les catholiques; le Canadian Council of Churches (Toronto) et le Canadian Christian Council for Resettlement of Refugees (Winnipeg), pour les protestants; la Jewish Immigrant Aid Society, pour les Juifs.Cette orientation confessionnelle des organismes bénévoles est toute naturelle et répond à un besoin profond, la religion imprégnant et vivifiant toute culture digne de ce nom et l\u2019intégration de l\u2019immigrant exigeant le respect de ses valeurs spirituelles.La question posée plus haut n\u2019est donc pas superflue.34 RELATIONS Un autre motif que le motif religieux rend nécessaire l\u2019action des organismes bénévoles, mentionnés plus haut, et des autres organismes qui collaborent avec eux.L\u2019arrivée simultanée du chef de famille et des siens n\u2019est pas sans amener des problèmes compliqués, la mobilité caractérisant souvent l\u2019activité du père au cours des premiers mois; il lui arrive de changer deux ou trois fois d\u2019ouvrage avant de se placer définitivement.Ces difficultés ne constituent pas un obstacle insurmontable à l\u2019arrivée des familles, mais les fonctionnaires ne peuvent les vaincre seuls.Les organismes bénévoles, plus près des personnes, ont une touche plus délicate et plus sûre.Il faut donc que le gouvernement continue de tenir compte des organismes confessionnels.Les modalités sont à déterminer.Une des plus simples consisterait à faire connaître à chacun d\u2019eux le nombre de familles catholiques, protestantes ou juives, acceptées aux divers bureaux d\u2019immigration canadiens outre-mer, ainsi que les heures de départ et d\u2019arrivée des bateaux et des trains.Rien de compliqué dans cette suggestion, puisque la formule officielle de « demande d\u2019admission au Canada » a une question sur la religion.Il ne serait ni élégant ni raisonnable de ne laisser aux organismes privés que le soin des cas de misère.Les exigences de la division confessionnelle des tâches sont beaucoup plus vastes et plus impérieuses.Parler de division confessionnelle des tâches, ce n\u2019est ni oublier ni mésestimer l\u2019importance de l\u2019inté- gration à un groupe ethnique déterminé.Le Canada français \u2014 du moins dans les milieux officiels \u2014 est loin d\u2019avoir pris conscience jusqu\u2019ici de l\u2019urgence de ce problème.L\u2019exemple le plus typique de cette négligence, c\u2019est celui des enfants néo-canadiens d\u2019âge scolaire de Montréal.L'émigration, « manifestation saine et créatrice )) Comme l\u2019a dit S.S.Pie XII, « des motifs d\u2019utilité publique, à peser avec le plus grand scrupule », peuvent rendre difficile l\u2019accès dans un pays d\u2019« étrangers nécessiteux et honnêtes ».Mais il faut être à la fois lucide et loyal dans l\u2019établissement de ces motifs.On doit surtout faire l\u2019impossible pour faciliter l\u2019intégration des immigrants dans leur nouveau milieu.Écrivant sur « L\u2019émigration et la destinée humaine », dans VÉglise et les Migrations, Dom Paul Gordan, O.S.B., affirme qu\u2019il faut « revenir au principe que l\u2019émigration n\u2019est nullement un phénomène pathologique, mais au contraire une manifestation saine et créatrice, jaillie à la fois de l\u2019individu et de la communauté humaine ».Cela vaut surtout pour l\u2019émigration familiale.C\u2019est pourquoi l\u2019opinion publique devra suivre avec attention l\u2019application des nouvelles dispositions du plan d\u2019indemnité et le genre de collaboration que le gouvernement va entretenir avec les organismes bénévoles confessionnels.LA TÉLÉVISION AVANT TOUT, LE BIEN DES FAMILLES Emile GERVAIS, S.J: NOUS nous proposions de consacrer la présente chronique aux émissions que CBFT offre à la jeunesse.Il nous tardait d\u2019en louer la bonne tenue, la haute inspiration, et de formuler un certain nombre de suggestions visant à rendre ces spectacles plus populaires auprès d\u2019une clientèle difficile et volage, sollicitée du reste par quantité de productions anglo-américaines très captivantes.Plus de « glamour » ?\u2022\u2014 Nous devons aujourd\u2019hui traiter un sujet plus urgent et beaucoup moins agréable.La télévision française à Radio-Canada a manifesté, jusqu\u2019ici, un juste souci de propreté morale, de décence et de dignité.Les écarts, plus ou moins sérieux, furent généralement corrigés sans délai.Naturellement, cela ne fit pas l\u2019affaire de tout le monde.Il semble même qu\u2019une campagne ait été lancée plus ou moins ouvertement pour infester le champ de notre télévision et.la conscience de ses dirigeants.Parfois on s\u2019en explique sans gêne.Citons, à titre d\u2019exemple, un article paru FÉVRIER 1956 récemment dans une revue de radio et de télévision assez répandue.L\u2019auteur multiplie les statistiques pour établir un fait connu de tous: un nombre considérable de foyers canadiens-français sont des clients assidus des émissions en langue anglaise du Canada ou des États-Unis.Puis, il propose comme remèdes à cet état de fait, de meilleurs textes.et plus de glamour.« Le floor-show et le glamour des Américains semblent être ce qui fascine, en partie, nombre de nous.CBFT a-t-il des floor-shows?Très rares.Et de faibles.CBFT a-t-il du glamour?Très peu.Intentionnellement, d\u2019ailleurs, on tâche de tuer le glamour de certaines vedettes, sous prétexte que c\u2019est anti-ci, anti-ça.» Et l\u2019article s\u2019accompagne de multiples photos d\u2019artistes dont on souligne les attraits: une séductrice non exploitée; chanteuse et ensorceleuse; chanteuse et provocante; chanteuse et séduisante.Notre télévision s\u2019accommoderait, certes, de meilleurs textes.Mais quand on nous parle de glamour et 35 de floor-show, nous ne sommes plus d\u2019accord.Tout d\u2019abord, c\u2019est une illusion d\u2019espérer vaincre la concurrence étrangère en ce domaine.Nous n\u2019avons ni le personnel ni les ressources nécessaires pour maintenir à l\u2019horaire des émissions capables d\u2019arracher et de retenir la clientèle des spectacles américains.A la télévision, comme à la radio d\u2019ailleurs, la solution n\u2019est pas dans l\u2019imitation, mais dans la création d\u2019œuvres originales.D\u2019autre part, il n\u2019est pas prouvé qu\u2019il soit nécessaire de produire de tels spectacles pour intéresser et retenir notre peuple.A CBFT, les émissions les plus recherchées par un public de plus en plus nombreux démontrent que la propreté morale et la dignité ne nuisent jamais à l\u2019esprit créateur ni à la connaissance de l\u2019âme populaire.Spectacles indignes.\u2014 Par-dessus tout, les spectacles qu\u2019on préconise n\u2019ont pas leur place parmi les productions d\u2019une télévision simplement soucieuse de ses responsabilités.Car, n\u2019en déplaise aux partisans du laisser-aller, la télévision a ses exigences morales, conformément au rôle qu\u2019elle doit remplir dans la communauté humaine.Voici un témoignage dont nul ne saurait, sans se discréditer, contester la compétence et l\u2019autorité.Dans son allocution aux délégués de l\u2019Union européenne de radiodiffusion, prononcée à Castelgan-dolfo, le 21 octobre 1955, S.S.le pape Pie XII explique ainsi le rôle de la télévision.1° « La télévision peut avant tout fournir un appoint aux écoles et rendre plus efficace l\u2019enseignement en devenant un élément complémentaire de la formation des élèves.» 2° « La télévision peut devenir un moyen efficace de favoriser l\u2019unité de la famille autour du foyer domestique.» Pour cela, « il est nécessaire que les rédacteurs des programmes se préoccupent toujours plus de leur niveau artistique, dans le respect, cela va de soi, qui est dû aux justes critères de la morale humaine et chrétienne ».3° Le Pape voit dans la télévision un « instrument de meilleure compréhension entre les peuples ».4° Enfin, la télévision remplit un rôle appréciable dans le domaine spirituel en favorisant « une plus large participation aux manifestations de la vie religieuse ».Rien d\u2019étonnant que le Souverain Pontife nous exhorte à « considérer.les graves responsabilités qui pèsent sur quiconque, d\u2019une manière ou d\u2019une autre,.détermine l\u2019usage » de la télévision.« Le bien ou le mal qui peuvent résulter actuellement ou plus tard des transmissions de télévision sont donc incalculables et imprévisibles.Évitez absolument, par conséquent, qu\u2019elle serve à répandre l\u2019erreur et le mal, et faites-en, au contraire, un instrument d\u2019information, de formation, de transformation.» Telles sont les graves responsabilités de la télévision envers la société, la société familiale en particulier.Or, comment concilier les spectacles qu\u2019on propose avec la 36 dignité du foyer?Nous en appelons à tous ceux qui ont encore un peu de sens chrétien et familial.Combien parmi eux ouvriraient les portes de leur foyer et de leur salon aux cabotins des boîtes de nuit ?Est-il plus convenable de les y admettre au moyen de la télévision?Serait-ce là vraiment respecter, comme le demande le Saint Père, « les buts moraux du vrai bien des hommes et des familles » ?Concessions?\u2014 Il n\u2019est pas superflu de rappeler ces vérités.N\u2019aperçoit-on pas quelques failles dans la résistance des autorités de notre télévision ?Ne faut-il pas voir une concession aux pressions grandissantes dans l\u2019introduction de certaines émissions qui s\u2019apparentent plus ou moins au genre de la boîte de nuit?L\u2019an dernier, ce fut « Tropicana » dont on nous imposa pendant de longs mois la banalité et le mauvais goût.Cette année, c\u2019est toute une série d\u2019émissions, évidemment embarrassées par la crainte de la censure, qui présentent, à côté de rares éclairs d\u2019originalité, un certain nombre de numéros faisandés, pour retomber bien vite dans une prudente banalité ou une platitude mortelle.On lança, à grands renforts de publicité et, probablement, d\u2019argent, « Music-Hall », émission d\u2019une heure, qui devait être un modèle du genre.De la même inspiration, sans doute, l\u2019introduction, même dans certaines émissions non commanditées, de pin-ups, plus ou moins décentes, figées dans leur sourire et leur inutilité.Bientôt, dit-on, Montréal serait doté de son premier poste indépendant de télévision, chaînon d\u2019un réseau privé en préparation.Si l\u2019on en juge par l\u2019expérience de la radio, cela n\u2019augure rien de brillant pour la distinction et la valeur artistique des émissions télévisées, à moins d\u2019un contrôle serré de la part de Radio-Canada, fort improbable d\u2019ailleurs.Est-ce que les autorités actuelles de notre télévision voudraient apaiser l\u2019appétit de certains promoteurs ?Quoi qu\u2019il en soit, le souci des répercussions familiales des spectacles de télévision n\u2019est pas le fait de tous.Pour montrer comment on peut parfois oublier en pratique cet aspect familial, rien ne vaut l\u2019histoire de l\u2019émission, désormais célèbre, du dernier « Noël des artistes ».Quelques officiers de l\u2019Union des Artistes imaginent d\u2019organiser, comme en France, un carnaval des artistes.On se met donc en frais de recruter des interprètes qui voudraient donner un numéro surprise, en exhibant des talents inconnus du public.Cette soirée sera donnée dans un grand théâtre, et ses recettes seront versées à la caisse de l\u2019Union.Alors, pourquoi ne pas présenter ce spectacle à la télévision ?Or, voilà qu\u2019on décide d\u2019inscrire cette émission spéciale au soir de Noël.Et personne, parmi les organisateurs et les personnages officiels de Radio-Canada, ne s\u2019est demandé si un tel spectacle de cirque, vulgaire et immoral par bouts, au caractère folichon et païen, convenait bien au soir de la fête religieuse et familiale par excellence, la fête de la naissance de l\u2019Enfant-Dieu.Les critiques, même les plus sévères, n\u2019ont pas vu davantage le vice RELATIONS fondamental du spectacle, sa suprême inconvenance, le soir de Noël.Déplorable inertie.\u2014 Qui est responsable d\u2019un tel état de chose ?Les promoteurs de spectacles, les autorités de Radio-Canada ?Oui, sans doute.Mais surtout l\u2019inertie des bonnes gens.Il y a d\u2019abord ceux qui vont répétant: notre télévision canadienne-française est pourrie.L\u2019idée se répand, et les gens se tournent vers les émissions anglo-américaines.Il y a surtout la masse des gens, timides ou indolents, qui invoquent leur insignifiance et leur manque d\u2019autorité.« Que peut faire notre avis?Les artistes s\u2019en moquent bien! » Erreur! Tous ceux qui participent au domaine du divertissement ont besoin de sentir les réactions de leur public.C\u2019est pour eux en même temps un guide et un stimulant.Les artisans de la télévision comme les autres.Les responsables sont encore nos associations, religieuses ou nationales, qui n\u2019ont pas inscrit, que je sache, la télévision au programme de leurs préoccupations et de leurs études.Nous sommes encore loin de l\u2019action concertée de toutes les forces du bien pour épauler la bonne volonté de la plupart des dirigeants de notre télévision.On ne semble pas encore s\u2019être rendu compte que la télévision est en train de former et de déformer notre peuple en pénétrant dans le sanctuaire même du foyer.Pourtant, les hautes autorités de notre télévision réclament à grands cris le concours des gens de bien.Que ceux-ci veuillent donc secouer au plus tôt leur mortelle inertie.DEUX ÉGLISES DU SILENCE Luigi d'APOLLONIA, S.J.MAINTENANT qu\u2019il ne reste plus en Chine communiste que deux évêques missionnaires (dont un est en prison) et quatorze prêtres (dont onze sont en prison), et qu\u2019a pris fin le tragique exode de 900,000 Tonkinois (dont 700,000 sont catholiques), il ne faudrait oublier ni l\u2019Église de Chine, ni l\u2019Église du Vietnam-Nord, ni aucune des Églises derrière le rideau de fer ou le rideau de bambou.Leur douleur est la nôtre; leur agonie, la nôtre.Nous formons tous, Chinois ou Européens, Canadiens ou Vietnamiens, un seul Corps dont le Christ est la Tête: quand un membre souffre, tous les membres souffrent, et c\u2019est la Tête, comme au jour de Saul, qui crie aujourd\u2019hui pour son Corps qui est persécuté.Le Christ et l\u2019Église, c\u2019est tout un.Hélas! l\u2019arrestation de S.Exc.Mgr Kiong Pin-mei, évêque de Changhai, est passée presque inaperçue.Étouffée par le tintamarre des événements, \u2014 échec de Genève, amours de la princesse Marguerite et du prince de Monaco, voyages de mille et une nuits de Krouchtchev et de Boulganine, visites officielles d\u2019agents moscovites, agriculteurs russes ou dignitaires ecclésiastiques renégats, \u2014 la plainte des persécutés et des opprimés arrive à peine jusqu\u2019à nous.Il faut veiller et prier.Il faut aussi crier la vérité.C\u2019est notre devoir le plus élémentaire.De bons apôtres sont venus nous dire, dans les journaux et à la télévision d\u2019État, que ces Églises étaient libres, du moins plus libres qu\u2019une « propagande » nous le laissait croire.Or, elles ne peuvent ni communiquer librement avec leur Chef, ni prêcher ouvertement qu\u2019il faut servir Dieu avant l\u2019État.Leurs évêques et leurs prêtres sont soumis à une surveillance de tous les instants; une persécution savante, qui évite autant que possible de faire des martyrs, ici ferme des églises, là les tolère, ailleurs même FÉVRIER 1956 les restaure, mais cherche toujours des prêtres « patriotes » pour établir des Églises nationales et toujours s\u2019ingénie diaboliquement, dans les écoles, à profaner l\u2019âme des enfants.Au nom du patriotisme, de la justice sociale et de la réforme agraire, ou de l\u2019impérialisme, du capitalisme et de l\u2019espionnage, les chefs religieux, laïcs et prêtres, sont traqués, emprisonnés, torturés, mis à mort.Dans le même temps, nos chefs d\u2019État sablent le champagne de la coexistence; bien pis encore, des invités officiels d\u2019organisations communistes savourent le caviar de l\u2019amitié avec les gardes-chiourmes, tout comme s\u2019il s\u2019agissait de personnages honnêtes, loyaux, amants de la paix.La diplomatie a ses exigences, il est vrai; mais le tourisme aux frais des bourreaux ne se justifie pas.Comment donc un hôte (car tel voyageur est un hôte et non un touriste), qui n\u2019accepterait jamais, s\u2019il est honnête homme, la compagnie des gangsters, ne s\u2019arrête-t-il pas, s\u2019il est chrétien, à la pensée que sa simple présence parmi les persécuteurs sert à tourner le fer dans la plaie de ceux qui souffrent et, comme s\u2019exprime V Osservatore Romano, à river les chaînes des prisonniers ?Même si nous ne devions jamais subir le sort de ces Églises, \u2014 ce qui n\u2019est pas du tout certain, \u2014 il faut penser à elles et ne pas user de notre liberté pour lâchement nous taire ou baisser la voix, sous prétexte que crier la vérité par-dessus les toits ne ferait que provoquer le persécuteur (c\u2019est nous, maintenant, les provocateurs), sous prétexte encore que les chefs communistes sont « sincères » quand ils parlent de justice et de fraternité des peuples, sous prétexte enfin qu\u2019il faut prendre garde qu\u2019une politique vigoureuse et armée de sécurité collective ne mette le feu aux poudres.Les communistes sont sensibles à deux choses, essentielles à leur théorie du mouvement de l\u2019histoire: la force et 37 l\u2019action des masses.Quand, à notre tour, nous utilisons l\u2019une et l\u2019autre, ils font attention.Calcul ou myopie, peu importe, certains de nos journaux et de nos revues bondissent sur la première occasion de critiquer le régime de l\u2019Espagne (où est libre d\u2019enquêter qui veut), le racisme de l\u2019Afrique du Sud, le colonialisme au Maroc, les comités d\u2019enquête américains et McCarthy, l\u2019impérialisme économique yankee et la Big Business, mais haussent à peine la voix \u2014 s\u2019ils la haussent \u2014 contre un état de choses mille fois pire, qui supprime implacablement, dans le tiers du monde et pour un milliard d\u2019hommes (sans que personne, pas même la Croix-Rouge, y puisse aller voir), les droits les plus élémentaires et les plus sacrés de la personne humaine.L\u2019affaire des enfants Finaly passionne la grande presse; l\u2019affaire des époux Rosenberg secoue l\u2019opinion mondiale; des journaux y consacrent deux ou trois premiers-Montréal, qui n\u2019en consacreront pas un seul à la tragédie des 900,000 réfugiés du Vietnam-Nord, tandis que les noms des évêques Kachmarek, Beran, Stepinac, Kiong Pin-mei sont inconnus ou oubliés.L\u2019O.N.U.s\u2019émeut du sort des populations de l\u2019Afrique du Nord ou de l\u2019Afrique du Sud, \u2014 et c\u2019est bien, \u2014 mais reste insensible devant le sort des missionnaires expulsés, des prêtres emprisonnés, des chrétiens persécutés, et silencieuse devant la tragédie de millions d\u2019êtres humains qui pourrissent dans les camps de concentration et les geôles.Des voix s\u2019élèvent, il est vrai, et, en tout premier lieu, la voix du Saint Père et la voix des missionnaires.Mais la voix du Saint Père, qui s\u2019est exprimée dans une dizaine d\u2019encycliques sur l\u2019Église du silence, tombe presque dans le vide, et la voix des missionnaires est \u2022 .Loisirs des jeunes filles Rita BOIS JE ME FAIS l\u2019interprète de plusieurs milliers de jeunes filles pour exprimer aux parents et aux éducateurs notre point de vue sur la question des loisirs.Je veux dire: ce que nous y cherchons; ce que nous pensons, nous les jeunes filles, dans ce domaine; ce que nous voudrions que vous compreniez, vous parents, dans la question des loisirs.ÉTUDE DE QUELQUES CAS-TYPES Nous étudierons certaines catégories de jeunes, en essayant de découvrir dans leur attitude les problèmes que posent pour elles leurs loisirs: problèmes d\u2019ordre psychologique, physique, intellectuel et moral.Ces catégories de jeunes filles sont celles de la jeunesse féminine de quinze à vingt-cinq ans, non mariée, de quelque condition sociale qu\u2019elle soit et quelles qu\u2019en soient les occupations.Il peut s\u2019agir aussi bien de l\u2019ouvrière que de l\u2019étudiante.souvent discréditée comme trop vibrante pour être impartiale et trop douloureuse pour être juste.Bien sûr, on ne va pas jusqu\u2019à nier toute persécution; mais on atténue les témoignages les plus certains, sous couleur d\u2019objectivité, quitte à majorer les rumeurs les plus incertaines, sous couleur, cette fois, de charité.Heureux encore les missionnaires qui ne se font pas dire \u2014 cela arrive même chez nous \u2014 qu\u2019avec un peu plus d\u2019intelligence ils auraient pu discerner, dans les colonies, « le sens de l\u2019histoire », de beaucoup plus grande importance que « leurs histoires ».C\u2019est ainsi que des catholiques, au lieu de dénoncer les régimes communistes, les « expliquent » ; au lieu d\u2019attaquer une conspiration à l\u2019échelle mondiale, font avec une étrange neurasthénie l\u2019auto-accusation des chrétiens; au lieu de voler au secours de l\u2019Église, se donnent beaucoup de mal pour « comprendre » ses ennemis; au lieu de démasquer le mensonge, s\u2019emploient à souligner « l\u2019élément de vérité » qu\u2019il contient; au lieu de s\u2019indigner, soulignent que Dieu sait tirer le bien du mal, comme si cela justifiait les persécuteurs.C\u2019est ce qu\u2019ils appellent prendre, face au communisme, une attitude « positive ».Ils oublient, ces journalistes ou penseurs distingués, que, pour agir, il faut prendre parti par un oui ou un non d\u2019autant plus net que le péril est plus mortel.Autrement, on est forcé de prendre parti, quand même, par omission, \u2014 ce qui n\u2019est guère une attitude « positive », \u2014 et l\u2019on se voit entraîné, par la force des choses, à devenir, consciemment ou non, des complices.Il y a deux Églises du silence: l\u2019une bâillonnée et héroïque, l\u2019autre muette et veule.Rien n\u2019est plus cher aux bourreaux que cette dernière.Ils se servent de celle-ci pour détruire celle-là.Mlle Rita Bois est une des dirigeantes diocésaines {Montréal) de la Jeunesse indépendante féminine catholique.Elle a présenté à la commission « Loisirs » du congrès de Caritas-Canada cette étude, qui a été remarquée.Première catégorie.\u2014 La première catégorie groupe la masse des jeunes filles qui modèlent leur conduite et leur attitude sur les magazines et les vedettes du cinéma.Regardons agir l\u2019une d\u2019entre elles que nous nommerons Nicole.La réclame règle l\u2019organisation des loisirs de sa semaine.Elle suit un cours de danse à tel endroit, afin de parfaire sa « personnalité » ; elle voit tel film à retentissement, parce qu\u2019on en a fait l\u2019éloge dans tous les journaux; sa fin de semaine est toujours bien remplie: boîtes de nuit, excursions coûteuses.Car un loisir a valeur à ses yeux dans la mesure où il est coûteux.Le lendemain, elle sera heureuse de décrire à ses compagnes de travail le luxe dont elle a joui et les toilettes qu\u2019elle a exhibées Nicole est-elle vraiment responsable de la légèreté dont on peut l\u2019accuser ?Nicole n\u2019est-elle pas la victime inconsciente de nos moyens modernes de publicité ?Deuxième catégorie.\u2014 Dans la deuxième catégorie, on pourrait classer toutes les jeunes filles avides de culture.38 RELATIONS Habituellement elles ont un groupe choisi d\u2019amis avec lesquels elles peuvent planer en causant littérature, musique, cinéma, philosophie, etc.Gisèle (pour la nommer) a horreur des contraintes.Les éléments de formation: cadre de vie, uniforme, discipline, la rebutent.Son milieu familial lui semble arriéré.Elle a décidé de jouer un personnage autonome et de secouer tout joug; de là, son insouciance de la forme dans le langage, les attitudes, les vêtements.Cependant, chez elle, on constate un réel souci des valeurs authentiques, et aussi un romantisme déguisé, masqué par une désinvolture plus apparente que réelle.Inquiète, elle cherche vainement à réaliser dans sa personnalité un « humanisme intégral », qui pourtant n\u2019a aucun sens en dehors de l\u2019Évangile.Qui l\u2019aidera à s\u2019orienter et à comprendre que l\u2019humilité est la base du véritable humanisme chrétien ?Troisième catégorie.\u2014 On peut réunir ici toutes les jeunes filles qui, dans leurs loisirs, ne cherchent que la détente et s\u2019adonnent à la vie de l\u2019esprit uniquement lorsque la nécessité les y pousse.Ainsi s\u2019explique la vogue toujours croissante du jeu de quilles et des excursions de tous genres.Suzette est assidue à toutes les excursions de ski au cours de l\u2019hiver et ne manque aucune partie de son club de quilles; si une amie la convoque à la dernière minute pour une partie de tennis ou pour une danse de folklore, elle trouvera moyen de s\u2019y rendre.Par contre, si une autre l\u2019invite à un concert ou une conférence, elle est toujours occupée.N\u2019allez pas lui parler de lecture, encore moins de réunions d\u2019étude.Est-ce uniquement l\u2019attrait du sport qui la guide vers ces divertissements variés?Certes, elle aime beaucoup la détente physique qu\u2019offre le sport; mais elle est aussi convaincue que ce sont les seules occasions de rencontrer des jeunes gens.Très simple, très sociable, bien équilibrée physiquement, Suzette serait une femme accomplie si elle savait apprécier la réflexion autant que le sport.Qui lui permettra de réaliser cet harmonieux équilibre ?Quatrième catégorie.\u2014 Puis, viennent toutes les jeunes filles dans l\u2019attente, esclaves de la télévision, qui n\u2019offre pas toujours des émissions vraiment intéressantes et ne fait que favoriser davantage la passivité féminine.Denise passe la majorité de ses soirées à la maison.A-t-elle pour cela un esprit familial plus développé ?Obser-vons-la dans certaines de ses attitudes.Dès son retour du travail, sans se préoccuper de l\u2019aide qu\u2019elle pourrait apporter, elle s\u2019étend sur son lit jusqu\u2019à l\u2019heure du souper.A table, elle ne dit rien ou n\u2019ouvre la bouche que pour se plaindre de la journée qu\u2019elle a passée au travail, ou de la solitude qui lui pèse.Le programme de la soirée ne varie guère; cinq ou six soirs par semaine, elle s\u2019installe devant l\u2019appareil de télévision.Seul, le téléphone d\u2019un ami peut rompre la monotonie de loisirs aussi peu organisés.Elle réservera assez souvent des soirées à la visite des magasins, car selon elle, les belles toilettes sont un atout précieux pour la conquête du cœur d\u2019un jeune homme.Pauvre Denise! Repliée sur ses problèmes personnels, comme elle sera plus heureuse le jour où elle aura compris que les loisirs ont de la valeur selon qu\u2019ils favorisent le contact avec les autres! Parce qu\u2019elle est presque toujours à la maison, n\u2019est-on pas trop rassuré à son égard ?Comprend-on qu\u2019elle a besoin autant que les autres de soutien et d\u2019orientation?Cinquième catégorie.\u2014 Dans une cinquième catégorie, voyons les jeunes filles toujours en mouvement: sports organisés, réunions de formation, cercles d\u2019étude de tous genres, groupes d\u2019amis variés.Tout à fait de son siècle, Louise a compris qu\u2019elle avait un rôle à jouer dans la société.Membre d\u2019un ou plusieurs organismes, elle n\u2019a pas une minute à elle.Avant son départ FÉVRIER 1956 pour le travail, elle énumère à ses parents ébahis la liste des nombreuses occupations de sa journée: rencontre avec une amie à l\u2019heure du lunch, comité-éclair à l\u2019heure du souper, suivi d\u2019une organisation mise sur pied à l\u2019intention des jeunes.Il n\u2019est donc pas certain qu\u2019elle entre tôt à la maison.Louise est heureuse et rayonnante; autour d\u2019elle, cependant, on s\u2019inquiète des conséquences d\u2019un tel régime de vie.Sans doute elle est sincère, de bonne volonté; mais l\u2019action seule ne peut nourrir intellectuellement et surnaturellement une vie, et avant qu\u2019elle ne se vide totalement, qui lui fera comprendre la nécessité du repos, de l\u2019étude, de la prière et de la réflexion ?APPRÉCIATION Après cette description de quelques catégories de jeunes filles, où perce peut-être une certaine exagération, parce que j\u2019en ai fait des cas-types, je peux affirmer, en ma qualité de jeune, que j\u2019ai résumé les tendances de ma génération, les problèmes réels que pose l\u2019organisation de nos loisirs et la bonne volonté de chacune.Sans doute, chaque jeune fille, en ce domaine, doit prendre ses responsabilités; mais il importe de découvrir d\u2019abord les raisons profondes de son comportement.Un premier élément est certain: toutes sont en quête de joie, parce que la joie est le pain des jeunes.Des jeunes sans joie, sans fantaisie ne seraient plus des jeunes.Nicole pense la trouver dans ses sorties mondaines.Gisèle, anxieuse, se leurre dans un intellectualisme outré.Suzette se grise de sport.Denise s\u2019idolâtre.Louise trouve son bonheur dans sa capacité de dévouement.Mais aucune d\u2019elles n\u2019a trouvé la vraie joie, faute d\u2019orientation dans ses loisirs.Second phénomène: les pressions sociologiques actuelles ont sorti les jeunes du foyer.Cet exode massif s\u2019explique par le fait que le foyer ne peut satisfaire toutes les aspirations des jeunes filles.Il ne faudrait pas croire qu\u2019elles veulent se séparer de la famille.Elle ont besoin profondément de l\u2019affection des leurs, de leur sérénité, de l\u2019intérêt et de la compréhension de leurs parents.Elles désirent que le temps passé dans la famille leur apporte confort, enrichissement.Mais il faut aussi comprendre que la société restreinte qu\u2019est la famille ne peut répondre entièrement au désir de culture, au goût de fraternité dans des groupes organisés qui constituent les éléments nécessaires d\u2019épanouissement de la jeunesse.Il importe aussi de considérer le rythme de la vie actuelle, rythme accéléré, rythme bruyant, qui agit sur les nerfs et surtout sur le psychisme des jeunes qui, de dix-sept à vingt ans et plus, ressentent encore les secousses de l\u2019adolescence.Le déséquilibre qui affecte chacune de nos catégories est une preuve flagrante d\u2019un manque de maturité.Il ne faut pas trop blâmer les jeunes filles de leur étourderie, de leurs sautes d\u2019humeur, de leur activisme, de leurs folies parfois inexplicables.C\u2019est toute la société et son matérialisme pratique qui les influencent.Une autre caractéristique de notre époque n\u2019est-elle pas la passion de la liberté, dont les répercussions sont si profondes chez les jeunes?Il est évident que la jeune fille moderne est de moins en moins le fruit exclusif du milieu familial.Voilà pourquoi Gisèle avait une telle horreur de ce qui lui semblait contrainte.N\u2019y aurait-il pas avantage à repenser avec les jeunes filles elles-mêmes les moyens de formation qui leur semblent vieux jeu?Avides de liberté, les jeunes filles ont besoin de prendre des initiatives sur tous les plans.En dernier lieu, signalons que les jeunes vivent à une époque où les loisirs prennent une importance presque aussi grande que le travail.On se trouve devant une espèce d\u2019ido- 39 lâtrie du loisir; cela explique le déséquilibre dans la hiérarchie des valeurs.RÉACTION Déjà, parents et éducateurs, vous voyez ce que nous pensons, ce que nous cherchons dans nos loisirs et les conditions de vie qui nous influencent.Je voudrais maintenant dire ce que les jeunes filles attendent de vous.Vous vous rendez compte vous-mêmes de l\u2019évolution trop rapide qui s\u2019est produite au cours des dernières années; l\u2019éducation serait impossible si l\u2019on ne prenait conscience des changements profonds opérés par cette évolution.Les craintes que vous éprouvez parfois sont pleinement justifiées par les imprudences et la désinvolture des jeunes.N\u2019allez pas cependant croire vos filles méchantes.Suzette, Nicole, Gisèle, Denise et Louise seraient prêtes à vous faire pleinement confiance; elles ont un immense besoin de vous.Il s\u2019agit d\u2019user d\u2019un peu de diplomatie, de beaucoup de psychologie et surtout d\u2019un amour adulte.Nous savons ce que cela peut représenter de sacrifices et de rajustement continuel.Les parents nés en 1910, élevés dans un milieu où l\u2019économie, les fréquentations, le travail étaient autres que ceux d\u2019aujourd\u2019hui, peuvent difficilement aborder le problème des loisirs comme leur fils ou leur fille.Il leur faudra beaucoup d\u2019indulgence et d\u2019objectivité pour ne pas s\u2019étonner des sorties nombreuses, des rentrées tardives, des audaces intellectuelles, de la grande activité physique de leurs grandes filles.En portant un intérêt vivant et cordial à la façon dont elles emploient leurs loisirs, vous pouvez exercer sur vos filles une grande influence.Vous tenir au courant ne signifie pas exercer un contrôle soupçonneux de toutes leurs allées et venues, ni adopter une attitude tellement craintive qu\u2019elle ne leur laisse plus aucune liberté.Il faut d\u2019abord comprendre la personnalité de chacune.Nicole, Suzette, Louise, Gisèle, Denise n\u2019ont pas le même centre d\u2019intérêt.Mais elles ont toutes besoin que votre sage orientation les aide à réaliser dans leurs loisirs l\u2019équilibre essentiel; les guide dans leurs recherches sincères du vrai, du beau, du bien; les accompagne dans leur ascension vers la joie chrétienne.Tout cela doit s\u2019accomplir dans une atmosphère d\u2019amitié.Les jeunes n\u2019aiment pas qu\u2019on leur impose des cadres tout faits; ils aiment qu\u2019on échange des idées avec eux et qu\u2019on tienne compte de leur opinion.Ainsi s\u2019explique le succès des camps et des mouvements de jeunesse qui ont provoqué des réactions encourageantes.Il faut voir l\u2019intérêt suscité par un programme d\u2019initiation liturgique ou scripturaire, artistique ou sportive pour constater que beaucoup de nos jeunes filles désirent ardemment leur progrès humain, social et surnaturel.Les énergies des jeunes ne demandent qu\u2019à être canalisées à bon escient.Si vous réussissez ce travail d\u2019éducation, le foyer deviendra une oasis de paix où les jeunes filles se plairont à demeurer.Pour cela, que votre maison soit ouverte à toute heure du jour pour recevoir leurs amis.Ainsi vous développerez en elles non seulement leurs aptitudes intellectuelles, mais aussi leurs qualités sociales.Pour nous, jeunes filles, comme pour vous, la vraie joie sur terre est de nous évader de la prison de notre moi et, par l\u2019amour, de nous unir à la vie de nos semblables.\u2022- \u2022 DISQUES DE CHOIX QUATUORS Jean-Paul LABELLE, S.J.VOICI UNE POIGNÉE de quatuors appartenant tous à la même forme musicale.Pourtant, un monde sépare les uns des autres.Les paysages musicaux sont comme les panoramas de la nature.S\u2019ils se rejoignent dans la beauté, ils possèdent chacun un cachet original.Le quatuor n° 14 en sol majeur (K.387) de Mozart, interprété par le quatuor Haydn de Bruxelles, subit l\u2019influence de Haydn.Il demeure cependant de l\u2019authentique Mozart.Le premier mouvement est remarquable par son chromatisme accentué; le second est d\u2019une tristesse tempérée; le troisième met en vedette le premier violon dans une mélodie délicatement ornée; le dernier est étincelant de virtuosité et joint au principe de la fugue celui de la sonate.L\u2019enregistrement est net (Telefunken, LGM.65011).Le quatuor n° 36 en fa mineur de Haydn (op.20, n° 5), joué par le quatuor philharmonique de Vienne, débute par un premier mouvement très chantant, un peu mélancolique, malgré la rapidité de sa phrase.Quant au quatrième mouvement, il contient une double fugue solidement construite.Ce quatuor est d\u2019une note moins ensoleillée que d\u2019autres œuvres de Haydn.Bon enregistrement.Au verso, le quatuor n° 10 en mi bémol majeur (op.125, n° 1) de Schubert est une œuvre de jeunesse.Son premier mouvement se ressent un peu de l\u2019application d\u2019un bon élève.Le troisième mouvement chante avec beaucoup de grâce; enfin, le quatrième est plus animé et toujours aussi mélodique.De sorte que la mélodie domine l\u2019œuvre tout entière (Telefunken, LGX.66034).Deux quatuors de Brahms ressortent dans un remarquable contraste.Le quatuor n° 2 en la mineur (op.51, n° 2) est grave, méditatif.Il se tient sur le ton de la confidence, se développe lentement et sûrement, à la manière de Brahms.Le quatuor n° 3 en si bémol majeur est plus léger, plus alerte, plus lumineux.Le quatuor Vegh interprète ces œuvres avec une belle qualité de son.Excellent enregistrement (London, LL.1142).Le quatuor n° 3 en mi bémol majeur (op.51) de Dvorak, exécuté par le quatuor philharmonique de Vienne, vient en ligne directe du folklore musical tchèque.Nous ne sommes plus à Vienne avec ses allusions subtiles.C\u2019est la danse bien scandée, avec ses alternances de langueur et de vivacité.Le deuxième mouvement, en particulier, offre des contrastes de rythme évocateurs (Telefunken, LGM.65024).Enfin, deux œuvres nous proviennent des pays nordiques.Le quatuor n° 2 en fa mineur de Carl Nielsen dénote un métier consciencieux, une certaine rondeur de style.Les thèmes y sont larges; les mélodies, sans complication.Au contraire, le quatuor n° 2 (op.47) de Vagn Holmboe se rattache à un idiome très moderne, avec un style plus tourmenté et un plus grand effort de renouvellement de l\u2019expression musicale.Cela fait assez curieux, mais ne déplaît pas.L\u2019œuvre abonde en rythmes rapides et contrastés.Le quatuor comprend cinq mouvements, au lieu des quatre traditionnels (London, LL.1078).40 RELATIONS «La Mouette» au Théâtre du Nouveau Monde Georges-Henri d\u2019AUTEUIL, S.J.C)UVRE de Tchékhov m\u2019est peu familière.L\u2019œuvre dramatique surtout.Pour un critique, c\u2019est un désavantage.Pas moyen, alors, d\u2019établir de ces savantes comparaisons entre les œuvres d\u2019un auteur, ou de chercher si telle pièce est bien caractéristique de son génie particulier.Mais pour un simple amateur de théâtre, ces soucis n\u2019existent pas: il vient assister à un spectacle où il va rire ou pleurer, se déprimer ou s\u2019exalter, voilà tout.Ce qu\u2019il demande, c\u2019est un plaisir de qualité pour les yeux, l\u2019esprit et le cœur.Ce plaisir, le Théâtre du Nouveau Monde nous l\u2019a procuré par ses représentations de la Mouette, de Tchékhov, au Gesù, pour inaugurer sa cinquième saison régulière.Plaisir pour les yeux, assurément, ces très beaux et suggestifs décors de Robert Prévost.Il s\u2019en dégage une atmosphère, comme l\u2019on aime à dire.Mais plaisir pour l\u2019esprit et le cœur, surtout.On ne peut dire que la Mouette puisse plaire à un esprit médiocre et superficiel.Elle fournit, en revanche, grande joie à une personne cultivée, intéressée aux subtiles analyses du cœur humain ou aux conflits de l\u2019art et de la vie.Et c\u2019est de cette étoffe qu\u2019est faite la pièce de Tchékhov.Nous avons donc passé une bonne soirée.* L\u2019avouerai-je ?Plusieurs scènes de la Mouette m\u2019ont paru plutôt épisodiques: sorte de chassé-croisé amoureux entre les personnages.En effet, tout le monde aime quelqu\u2019un dans cette pièce, mais toujours l\u2019amour se trompe d\u2019objet, court après une chimère.Il s\u2019ensuit une série de variations sur un même leitmotiv: «Je t\u2019aime.Hélas! Tu ne m\u2019aimes pas.» A la longue, cela devient monotone, même agaçant, comme toute attitude systématique.D\u2019autant que là n\u2019est pas l\u2019intérêt vrai de la pièce.11 réside, à mon sens, dans le conflit entre Kostia qui aime Nina, mais que celle-ci repousse pour aimer Trigorine qui, égoïste, n\u2019aime que lui-même.Situation banale, pensera-t-on.Toujours le sempiternel triangle! Pourtant, non! Le drame sourd, à la vérité, d\u2019un malentendu tragique: Kostia et Trigorine se méprennent sur les vrais sentiments de Nina.La jeune fille, en effet, est habitée par le démon de l\u2019art.Aussi, quand, après avoir manifesté beaucoup d\u2019attachement à Kostia, elle s\u2019en éloigne peu à peu et va jusqu\u2019à se jeter dans les bras de Trigorine, ce n\u2019est pas par un accès de « dépit amoureux », c\u2019est par admiration pour le grand écrivain.En Trigorine, Nina n\u2019aime pas, effectivement, l'homme de talent, mais plutôt le talent de l\u2019homme.Or Kostia et Trigorine, avec leur intelligence, n\u2019y ont vu que du feu.Tant qu\u2019elle n\u2019a pas connu mieux, Nina a aimé Kostia, qui composait des pièces pour elle et alimentait ainsi son exaltation artistique.Mais Trigorine paraît, le célèbre Trigorine dont les œuvres sont lues et applaudies par toute la Russie: il éclipse bien vite le FÉVRIER 1956 Comme nous l'annoncions le mois dernier, le R.P.d'Au-teuil, supérieur de la Maison Bellarmin, offre à nos lecteurs une autre chronique théâtrale.pauvre Kostia et ses élucubrations dramatiques, assez échevelées, au jugement de sa mère même, Arkadina.Et les voilà partis vers leur destin.Nina décide de devenir une grande artiste.Pour cela, elle ira à la ville, où la rencontrera Trigorine.Trigorine, qui ne croit plus à son talent, mais croit encore à ses charmes, maintenant qu\u2019une candide jeune fille semble lui en trouver malgré lui, quittera une aventure pour se lancer dans une autre.Kostia, affolé, méprisant l\u2019amour sincère et solide de Macha, fera toutes les bêtises qu\u2019on voudra, même celle de se flamber la cervelle.En effet, quand il rencontrera Nina pour la dernière fois, une Nina malheureuse, bafouée et délaissée, bien loin d\u2019être devenue la grande vedette rêvée, et qu\u2019elle répondra à ses nouvelles instances par le rappel douloureux de son premier échec dramatique, Kostia, après Nina qui s\u2019engouffre de nouveau dans la nuit, s\u2019ensevelira, lui aussi, dans la nuit de la mort.Voilà le noyau central de cette œuvre de Tchékhov.Le reste ne sera pas inutile: il fera fonction de milieu sociologique qui rendra plausible et normal le drame et lui donnera couleur humaine véritable.* Cette œuvre forte, d\u2019une profonde psychologie, a été très solidement rendue par le T.N.M.Noblesse oblige, certes.On n\u2019a pas triomphé à Paris pour, ensuite, déchoir et glisser vers la facilité.Même si le début, à la première, a semblé, ici et là, lourd et hésitant, dans l\u2019ensemble, l\u2019interprétation a été remarquable.Spécialement, Jean-Louis Roux a campé un Kostia de grande classe.Une réalisation en tout point hors de pair: pas une faille, une justesse parfaite de ton, un rare équilibre du jeu, une intelligence profonde du texte.Jean Gascon, dans Trigorine, a été plus pâle.Toutefois, il a admirablement détaillé le fameux monologue sur l\u2019écrivain, monologue antiscénique à souhait, mais très dramatique dans sa lucide analyse des aspirations et aussi des déceptions de l\u2019artiste qui le conduisent souvent au désenchantement.Nina, c\u2019était une toute jeune fille, la découverte de l\u2019année, comme on dit en jargon sportif, Dyne Mousso (ou Mousseau, pour les gens de mon âge qui croient encore à l\u2019orthographe!).Elle a été une Mouette idéale: naïveté, grâce, enthousiasme juvénile, ardeur concentrée.Mais un filet de voix; trop ténu, vraiment, dans une salle où l\u2019on tousse et se dérhume volontiers.On ne peut faire ce reproche à Antoinette Giroux.Elle en a de la voix! Il est clair qu\u2019elle a appris son métier avant l\u2019abusif usage des micros: au temps où l\u2019on parlait pour se faire entendre.On l\u2019entend, assurément.On a un peu l\u2019impression qu\u2019elle joue Madame Sans-Gêne.Je me garderai d\u2019oublier la très fine et amusante composition de François Rozet dans le rôle de Sorine; c\u2019était vraiment de l\u2019art professionnel.Ce début de saison du T.N.M.\u2014 saison qui a été lente à s\u2019ouvrir \u2014 est bien prometteur, et les projets, pour bientôt, sont alléchants.41 T AVEC OU SANS COMMENTAIRES BIBLIOTHÈQUES SCOLAIRES La Corporation générale des Instituteurs et Institutrices catholiques de la province de Québec eut récemment une entrevue avec le surintendant de V Instruction publique et lui présenta un mémoire.Mémoire et entrevue intéressants.La question du recrutement du personnel enseignant, traitée dans notre numéro de novembre dernier par M.Albert Gervais, a été en vedette.Les discussions sur Vinterprétation du chiffre de 3,520 titulaires non diplômés, donné par M.Gervais, ne changent pas substantiellement la portée de ce problème.Celui-ci est réel.Et nous savons que tous les milieux en cause veulent le résoudre le plus tôt possible.Attirons l'attention sur la partie du mémoire consacrée aux bibliothèques scolaires.Attendu que l\u2019organisation des bibliothèques scolaires ne semble pas donner tous les résultats espérés; Attendu que les directives générales et les qualifications locales font défaut en général pour assurer plein succès aux bibliothèques scolaires; La Corporation suggère respectueusement: \u2014 Qu\u2019un promoteur provincial des bibliothèques scolaires soit nommé par le département pour visiter les écoles et aider à l\u2019organisation des bibliothèques.\u2014 Que le département, en coopération avec les universités, organise des cours abrégés de bibliothéconomie pour le personnel enseignant.\u2014 Que des groupes de commissions scolaires requièrent les services de tels titulaires qualifiés en bibliothéconomie pour organiser et diriger leurs bibliothèques scolaires.\u2014 Que la bibliothèque actuellement existante au département soit organisée de façon à permettre la circulation des volumes par voie postale, pour le bénéfice des titulaires incapables de se procurer autrement les livres nécessaires à l\u2019accomplissement idéal de leurs fonctions.Suggestions opportunes, à réaliser sans tarder.L\u2019ACTION POLITIQUE ET LES OUVRIERS POUR QUE LES FILS SOIENT DIGNES DU PÈRE 1E 5 JANVIER dernier, des représentants d\u2019œuvres diverses que la Compagnie de Jésus dirige en Italie vinrent présenter leurs hommages au Souverain Pontife, après avoir, pour célébrer le quatrième centenaire de la mort de saint Ignace, visité les lieux illustrés par l\u2019apostolat du grand fondateur.A cette occasion, le Pape prononça une vibrante allocution et fit de saint Ignace et de son œuvre un éloge qui ne peut manquer de toucher le cœur des Jésuites et de leurs amis.Il n\u2019en est pas un, cependant, qui n\u2019éprouvera quelque regret de se sentir si loin de la perfection du modèle évoqué et de celle qui conviendrait à ses imitateurs.Il n\u2019en est pas un, non plus, croyons-nous, qui ne se plaira à méditer les paroles du Vicaire de Jésus-Christ: les Jésuites, pour raviver dans leur âme l\u2019idéal propre à leur vocation; leurs amis, pour examiner le profit spirituel qu\u2019ils doivent retirer de l\u2019action inspirée par Ignace de Loyola.Il faut souhaiter, en effet, que la Compagnie de Jésus et ses œuvres accomplissent partout le bien que le Pape leur attribue en Italie.Aux délégués italiens, le Pape adressa en substance l\u2019éloge suivant.Dans les collèges de la Compagnie de Jésus, vous avez ouvert votre esprit à la science, disposé vos cœurs à la vertu, posé les fondements inébranlables de cette formation chrétienne qui assure à l\u2019homme la force de se conduire selon la règle de la raison et la lumière de la foi.Dans les maisons de retraite, vous avez, éclairés par le « livre d\u2019or des Exercices, qu\u2019on ne louera jamais assez », appris à gravir les degrés de la perfection.Dans la pratique de la dévotion au Sacré Cœur, vous avez puisé le secret de l\u2019union à Dieu et du zèle apostolique.« Dans les très chères Congrégations mariales », vous avez adopté un type de vie chrétienne qui fait de chacun de vous un collaborateur assidu de l\u2019apostolat hiérarchique.Dans les diverses publications dont les Jésuites sont les auteurs, vous vous nourrissez d\u2019un « aliment solide, bien préparé et en parfaite harmonie » avec les « enseignements et désirs » du Vicaire de Jésus-Christ.Dans le « zèle des âmes qui brûle chez les fils d\u2019Ignace » et se répand par une infinité de moyens, prédication, confession, direction et le reste, prêtres et fidèles ont acquis le goût de travailler à l\u2019expansion missionnaire de l\u2019Église et à une glorification de Dieu toujours plus parfaite.Telle est, selon le Pape, l\u2019influence qu\u2019exerce encore, après quatre cents ans, par ses fils et leurs disciples, l\u2019ancien capitaine espagnol, « petit de stature, d\u2019aspect grave, modeste et digne, boitant quelque peu, mais le visage toujours illuminé de la ferveur de la charité et les yeux flamboyant de zèle pour les âmes, et avec quelque chose dans toute sa figure qui rappelait le ciel et parlait de Dieu ».Heureux celui qui peut visiter les lieux où se conservent les reliques, le souvenir et comme le parfum de la sainteté d\u2019Ignace! Il a l\u2019impression de voir le saint « priant, travaillant, écrivant, souffrant et mourant ».Près de son splendide tombeau, il peut entendre comme l\u2019écho, lointain mais non éteint, d\u2019une voix chère au Pape et à laquelle tout catholique aujourd\u2019hui se doit de répondre.Car nul plus qu\u2019Ignace peut-être n\u2019a aimé la papauté; c\u2019est dans un « service inconditionné » qu\u2019il se dévoua aux intérêts du Christ défendus par son Vicaire.La présence des délégués italiens aux sanctuaires embaumés par la mémoire de saint Ignace apparut au Pape comme « une promesse de fidélité à l\u2019authentique esprit ignatien ».Même sans aller à Rome, ceux qui se réclament du maître de vie spirituelle que fut Ignace de Loyola se feront une gloire de commémorer le quatrième centenaire de sa mort en s\u2019efforçant de reproduire dans leur vie quelque chose de son exemple et de ses leçons.L'action politique et les syndicats ouvriers, voilà un sujet qui suscite, la plupart du temps, de fortes discussions.Toutes les nuances d'opinions existent.Ce qui est certain, c'est que les syndicats ouvriers ont le droit de s'intéresser à un programme législatif adapté aux besoins.On lira avec intérêt la nouvelle que le Service d'information de la Conférence catholique canadienne publiait dans son bulletin du 12 janvier, sous le titre suivant : « Le quotidien du Vatican défend le droit d'un groupement ouvrier de préconiser un programme législatif ».Cité du Vatican.\u2014 L'Osservatore Romano, quotidien du Vatican, a défendu le droit qu\u2019a une association catholique d\u2019ouvriers italiens de préconiser un programme législatif.Le journal a répondu à une attaque faite contre l\u2019Association catholique des ouvriers italiens (ACLI) par le Courrier BIÈRE ET Un de nos lecteurs nous envoie une circulaire publicitaire, bilingue et bien imprimée.« Pour gagner des Ford 1956, bourses d\u2019études et plusieurs prix en argent toutes les deux semaines, voici tout ce qu\u2019il vous suffit de faire: 1) Achetez la bière Brading.2) Conservez les capsules Brading.3) Postez votre formule d\u2019entrée avec six capsules.(Participez aussi souvent que vous le désirez.) » Le concours comporte onze règlements.On lit au bas de la circulaire : « Formules d\u2019inscription disponibles chez votre épicier.» Notre lecteur donne ses impressions sur la publicité faite autour de la bière.Ne trouvez-vous pas qu\u2019on commence à ambitionner pour l\u2019annonce des liqueurs?En effet, jusqu\u2019aux Pères et aux Frères qui se font photographier dans les journaux recevant des chèques des brasseries.J\u2019ai assisté, cet automne, au congrès des conseils de comté de la province à Rouyn.Ce qu\u2019on voyait dans les rues, c\u2019était l\u2019Unité de secours de la brasserie Molson, grosse remorque tout équipée pour porter secours en cas d\u2019urgence, avec garde-malade, brancardier, etc.du soir de Milan, feuille indépendante qui favorise un programme modéré.Un rédacteur du Courrier, Panfino Gentile, a accusé l\u2019ACLI d\u2019avoir des tendances impérialistes, ajoutant que cette association, formée « à titre de mesure préventive contre le virus communiste », aurait dû être dissoute quand le danger communiste s\u2019est dissipé en Italie.^ Au lieu de cela, dit-il, le syndicat d\u2019inspiration catholique a étendu le champ de ses activités, adopté un programme politique et tâché d\u2019influer sur le gouvernement.L\u2019Osservatore Romano a répondu que les travailleurs ont autant le droit d\u2019exercer leur influence en politique que n\u2019importe quelle autre classe sociale.Il a précisé que les travailleurs catholiques ont particulièrement le devoir de veiller à ce que la moralité chrétienne soit observée dans les domaines économique et social.FfUBLICITÉ Pendant au moins une heure, nous avons eu une conférence par un représentant de la brasserie, nous vantant les grands *\tservices que cette brasserie est en mesure de donner à la population de la province en cas d\u2019urgence.Pour finir le plat, la radio annonce qu\u2019un colon s\u2019était égaré dans la forêt et qu\u2019on demandait à Rouyn du secours.C\u2019est là que nous avons vu la grande utilité de cette Unité; en effet, la remorque est partie dans moins de cinq minutes avec des volontaires de Rouyn.A peine deux ou trois heures plus tard, le colon était retrouvé et restauré avec de bons sandwichs, du café, du cognac, etc.Et le soir, nous avons pu apprendre à la radio que, grâce à la brasserie Molson et à son Unité de secours, le colon n\u2019a pas eu même à coucher dans la forêt.Donc, à l\u2019avenir, grâce aux brasseries, nos enfants pourront se faire instruire, la Croix-Rouge n\u2019aura plus sa raison d\u2019exister, etc., etc.En un mot, vive la bière que notre arrière-grand-père buvait et que notre arrière-grand-mère maudissait! Notre lecteur n\u2019est pas seul de son avis.L\u2019ASPECT SOCIAL DE LA PURETE' IL FAUT LIRE Y Annexe au Directoire pastoral en matière sociale, préparée par S.Exc.Mgr Paul Richaud, archevêque de Bordeaux.Dans les « Notions morales » de la deuxième partie du volume, intitulée « Thèmes doctrinaux », l\u2019auteur insiste, à propos du sixième et du neuvième commandement, sur « le caractère social de toute faute contre la pureté ».« On n\u2019insistera jamais trop sur les principes qui, en dehors des considérations surnaturelles, fondent en cette matière la morale de l\u2019Église et qui révèlent, au premier chef, une préoccupation concernant la vie de la communauté humaine.C\u2019est pour sauvegarder la continuité de l\u2019espèce que la vie sexuelle existe, et qu\u2019elle est protégée, en dehors du mariage et même dans le mariage, par la loi de la chasteté.Il y a des conditions normales au développement de la race humaine.« A l\u2019occasion, on répondra aux objections qui peuvent être faites, du point de vue social, à la continence et à la virginité.Il y a des nécessités qui s\u2019imposent à chaque homme pour la conservation de sa vie individuelle; l\u2019obligation de s\u2019alimenter et celle de prendre du sommeil, par exemple.Mais l\u2019obligation de propager l\u2019espèce humaine ne tombe évidemment que sur l\u2019ensemble des hommes: c\u2019est le bien collectif, et non le bien individuel, qu\u2019il s\u2019agit de sauvegarder.Quelques-uns peuvent donc ne pas se marier pour un motif d\u2019ordre supérieur, qui est, d\u2019ailleurs, d\u2019intérêt général.Leur continence sert d\u2019exemple et mérite les grâces nécessaires à ceux qui, pour obéir aux lois du mariage, sont soumis à certaines réserves.La continence des jeunes avant le mariage les prépare à cet empire sur les sens qu\u2019on doit garder dans tous les états de vie.Ainsi la virginité, qui représente un état supérieur, joue-t-elle un rôle social de première importance.« Quand, dans une matière toute dominée par un objectif de portée générale, on ne prétend être commandé que par les exigences de la jouissance personnelle, on ouvre la porte à toutes les fautes qui se commettent contre le bien commun en vue d\u2019un profit particulier.« On fera, par suite, observer la responsabilité qui incombe, en cette matière, à la collectivité tout entière, dont il s\u2019agit d\u2019assurer la vie et le développement.On soulignera le tort considérable qui est porté aux bonnes mœurs et à l\u2019équilibre général, même économique, par tout ce qui est de nature à compromettre la maîtrise des sens et à favoriser la licence des mœurs.La pudeur, observera-t-on, est une vertu éminemment sociale.» Mgr Richaud avait déjà dit que le cinquième commandement, en inculquant le respect de la vie humaine, permettait de traiter « de la nécessité d'assainir la société en luttant contre la diffusion des livres et des imprimés plus ou moins immoraux, contre les spectacles et les divertissements qui contribuent beaucoup à la perversion des mœurs ».Et dans les « Notions dogmatiques » sur la sainte Vierge: « Sa virginité même n\u2019est pas sans une portée sociale.Si le Sauveur a voulu naître d\u2019une vierge, ce fut pour mettre en valeur la vertu de chasteté et pour démontrer que le salut du monde entier a été conditionné par cette pureté absolue.On ne voit trop souvent dans les fautes sensuelles et dans les désordres sexuels que le tort qui peut être causé à celui qui les commet.« Ton corps est à toi.» Cette manière de voir est inexacte.Il n\u2019y a pas la moindre faute contre la chasteté, si intime et si cachée qu\u2019elle soit, qu\u2019on puisse qualifier de purement personnelle.Tout péché de ce genre revêt un caractère social: il fausse et altère le jeu des puissances humaines qui sont destinées à propager la vie dans la société.» Ces vérités justifient de vigoureuses campagnes en faveur de la moralité publique.42 RELATIONS FÉVRIER 1956 43 a Au fil du mois Le Centre ^ A la fin de l\u2019article intitulé « La fille-mère Rosahe-Jette et son enfan{; » (Relations, janvier 1956, p.6), fut cité le mot de la fondatrice des Sœurs de la Miséricorde, Rosalie Jetté, au sujet des filles-mères: « Je les porte dans mon cœur.» C\u2019est bien là le sentiment qui anime le personnel du Centre qui porte son nom (1801 est, boul.Gouin), inauguré il y a quelque temps en faveur des jeunes adolescentes de douze à vingt ans qui attendent un enfant.En les groupant ensemble, on a voulu les faire bénéficier d\u2019un milieu mieux adapté à leur âge et à leur cas.La conférence qu\u2019a prononcée la supérieure du Centre, Sœur Sainte-Mechtilde, le 22 décembre dernier, devant les membres du club Richelieu de Montréal, a abondamment illustré le drame intime de ces jeunes filles.« Chacune a sa petite histoire.L\u2019une doit son état à son désir de popularité, l\u2019autre à son faible quotient intellectuel.Celle-ci se croit laide et a cru que c\u2019était le seul moyen qu\u2019on fasse attention à elle; celle-là fut flattée qu\u2019on la considère comme une grande fille.Telle autre, éblouie par un beau bijou, s\u2019est rendue aux désirs criminels de son propre père, tandis que sa compagne a dû subir les assauts de son frère.Chez nous, c\u2019était un vrai enfer, explique une autre.» Le Centre est un véritable foyer où la réhabilitation s\u2019opère dans une atmosphère de compréhension, de discrétion, de souplesse.Atmosphère qui imprègne le travail, la prière, l\u2019étude sur le mariage, la pédagogie familiale, la liturgie, la vie chrétienne.Le ministère du Bien-Être social et de la Jeunesse paye les dépenses de l\u2019entretien des pensionnaires.Mais cet octroi ne suffit pas à tous les besoins.D\u2019où la nécessité de relations extérieures pour attirer à l\u2019œuvre sympathie et aumônes.Les autorités du Centre sont déjà à l\u2019œuvre.Il ne faudrait pas les décevoir.Nous invitons nos lecteurs à leur réserver une partie de leurs aumônes.C\u2019est un excellent placement.A.P.Une nouvelle De grands moments ont marqué les dix O.N.U.premières années de l\u2019O.N.U.Dès 1946, Gromyko claqua la porte du Conseil de Sécurité et, le premier, défia l\u2019O.N.U.On partagea la Palestine, puis ce fut au tour d\u2019Israël et de la Transjordanie de tenir tête aux Nations Unies, en occupant Jérusalem, ville internationale.La paix établie en Palestine, la guerre éclata en Corée, et les Nations Unies levèrent une armée, grâce à l\u2019absence de l\u2019U.R.S.S.du Conseil de Sécurité.Cet automne, la France, à son tour, claqua la porte, puis reprit son siège quand l\u2019Assemblée générale se ravisa et promit qu\u2019elle ne toucherait pas aux problèmes de l\u2019Afrique du Nord.Enfin, le 14 décembre, aux toutes dernières heures de l\u2019Assemblée générale, l\u2019O.N.U.accueillit en bloc seize nouveaux membres.Rien d\u2019aussi dramatique ni d\u2019aussi important n\u2019était encore arrivé.Née, en 1945, de la « Grande Alliance », l\u2019O.N.U.comprenait d\u2019abord cinquante et un membres.Avec les seize nouveaux et les neuf autres admis entre 1945 et 1955, elle en compte maintenant soixante-seize.L\u2019élargissement soudain des cadres de l\u2019O.N.U.aura comme premier résultat d\u2019accroître l\u2019importance et le prestige du bloc arabe et asiatique.Le résultat le plus important, toutefois, aura été de modifier, en fait, la charte même de l\u2019O.N.U.Pour en faire partie, il ne sera plus nécessaire d\u2019être un « État pacifique », défenseur « des droits fondamentaux de l\u2019homme », respectueux du « droit des peuples à disposer d\u2019eux-mêmes ».La Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie, trois nouveaux membres, furent fustigées, en 1950, par l\u2019O.N.U.comme contemptrices des droits de l\u2019homme.Ni ces pays ni l\u2019Albanie n\u2019ont le droit de disposer d\u2019eux- mêmes.Passant outre à l\u2019avis exprimé par la Cour internationale de La Haye, le 28 mai 1948, on ne jugera plus les nations demanderesses à leur mérite.Il suffira d\u2019être un gouvernement de facto, en paix non pas avec les pays voisins, mais avec l\u2019O.N.U.Il est amusant tout de même de constater que beaucoup de nations, même de l\u2019Ouest, qui montrèrent autrefois tant de vertu et d\u2019intransigeance quand il était question de l\u2019Espagne, au point de demander à tous les membres de l\u2019O.N.U.de rompre leurs relations diplomatiques avec Madrid et de lui refuser toute aide économique, sont parmi les plus ardentes aujourd\u2019hui à prôner le principe de l\u2019admission de tous.L\u2019U.R.S.S., ayant apposé son niet à l\u2019entrée du Japon, escompte,^ l\u2019an prochain, marchander, donnant donnant, avec les États-Unis au sujet de la Chine rouge.Pas besoin d\u2019avoir beaucoup de flair pour se rendre compte que c\u2019est la Chine rouge qui intéresse l\u2019U.R.S.S.et non la Mongolie.La porte de l\u2019O.N.U.est maintenant plus qu\u2019entr\u2019ouverte, le principe de la paix et du mérite ayant été sacrifié au principe de l\u2019universalité.Nous avons, en somme, une nouvelle O.N.U.Sera-t-elle meilleure que l\u2019ancienne?L\u2019avenir le dira.Ce qui est certain, c\u2019est qu\u2019il faut, à tout prix, à notre monde une organisation supra-nationale, armée de pouvoir coercitif, capable de régler les différends internationaux et de remplacer par le droit et la discussion la violence barbare de la guerre.L.d\u2019A.Le Noël de la Aux États-Unis, collèges classiques et Fondation Ford hôpitaux ont reçu des cadeaux de Noël princiers: cinq cents millions de la Fondation Ford.C\u2019est une fort jolie somme, même en nos temps de budgets d\u2019État fabuleux.De ce Pactole, deux cent dix millions iront à six cent quinze collèges classiques, deux cents millions à des hôpitaux et quatre-vingt-dix millions à des écoles de médecine.Aucune institution d\u2019État ne touche un sou.Tout va à des institutions privées.Seize collèges catholiques recevront un demi-million ou plus; l\u2019Université de Notre-Dame recevra plus de deux millions; trois autres, plus d\u2019un million (Fordham, $1,645,000; Saint-Louis, $1,512,700; Marquette, $1,166,300), et cinq, plus de $700,000 (l\u2019Université catholique d\u2019Amérique, le collège de Boston, celui de Holy Cross, l\u2019Université de Détroit et celle de Loyola, à Chicago).De plus, cent vingt-six collèges, dont quinze collèges catholiques, se partageront un gâteau de fête de cinquante millions, en récompense de leurs efforts pour améliorer la condition de leurs professeurs.A l\u2019exception de ces cinquante millions, tous les autres dons doivent, au cours d\u2019une période de dix ans, constituer un fonds spécial dont les intérêts serviront uniquement à arrondir le traitement des professeurs, leur niveau de vie étant inférieur de vingt pour cent à ce qu\u2019il était en 1939.Les dons de la Fondation Ford l\u2019élèveront de quatre à six pour cent.Le traitement des professeurs reste donc encore insuffisant, si l\u2019on veut enrayer leur exode vers des carrières plus rémunératrices.Ces dix ans écoulés, les collèges pourront employer le don de la Fondation Ford comme bon leur semblera.Les Américains se frottent encore les yeux.Rêvent-ils, oui ou non?Cinq cents millions! Un demi-milliard! Mais que dira-t-on en cette Europe si fertile en théoriciens?On cherchera plus loin et plus profond; les malins y verront peut-être je ne sais quel immense truc publicitaire; les communistes parleront de « plus-value ».Personne ne pourra toutefois nier que, malgré leurs idées syndicales ou anti-syndicales, le vieux Henry Ford et son fils Edsel, en établissant quatre-vingt-dix pour cent de la Fondation avec les 44 RELATIONS parts de la Compagnie Ford, n\u2019aient trouvé un magnifique moyen de distribuer ce que les Pères de l\u2019Église appelleraient leur superflu; et que la décision du petit-fils, Henry Ford II, un converti, d\u2019en attribuer généreusement les fruits à des collèges classiques pour améliorer leur enseignement et à des hôpitaux pour soulager la souffrance humaine, ne procède d\u2019une très noble et très féconde pensée.L.d\u2019A.L'abbé Robert Kothen Après quelques jours seulement de maladie, à Namur, un mois avant d\u2019atteindre sa cinquante-sixième année, est décédé l\u2019apôtre zélé, le travailleur infatigable que fut l\u2019abbé Robert Kothen.Ce prêtre modeste mais tenace fit ses premières armes aux côtés de l\u2019abbé Cardijn, dont il devenait l\u2019assistant en 1928.Initiation qui le marqua pour la vie.Puis, il enseigna dans diverses chaires de sociologie.Son œuvre principale toutefois fut la publication de nombreux volumes: la Révolution verte, VEnseignement social de VÉglise, Vers une mystique familiale, Problèmes sociaux actuels, la Démocratie vivante, la Misère dans le monde, Directives récentes de l\u2019Église concernant l\u2019exercice de la médecine, et surtout son monumental ouvrage, Documents pontificaux de Sa Sainteté Pie XII, dont cinq volumes in octavo, de plus de six cents pages chacun (années 1948, 1949, 1950, 1951, 1952), ont déjà paru.Le sixième (année 1953) est sous presse.L\u2019auteur ne se contente pas de réunir des textes, mais, par des introductions, des sous-titres, des notes, il en facilite la compréhension.En outre, chaque volume contient de remarquables tables: table des matières, table analytique, table des auteurs cités, table des actes du Saint-Siège, etc., qui font de ces livres une source précieuse d\u2019information.Il est à souhaiter qu\u2019un émule de l\u2019auteur continue son œuvre.En 1952-1953, l\u2019abbé Kothen donna des cours à l\u2019Université catholique de Washington.Il ne voulut pas retourner en Belgique sans avoir passé quelques jours au Canada.L\u2019Institut Social Populaire eut l\u2019honneur de sa visite.Ce qui frappait en lui, c\u2019était sa réserve, sa discrétion, sa droiture, disons le mot: son humilité.Homme de savoir et de conviction, il jugeait les personnes et les choses; mais ses jugements, tout en étant fermes, demeuraient toujours sereins, charitables.Il a bien mérité de l\u2019Église dont les intérêts le préoccupaient avant tout.Quel accueil le divin Maître dut faire à ce bon et fidèle serviteur! J.-P.A.Un grand Jésuite méconnu Guy SYLVESTRE EN 1724, dans la ville de Blois en France, un jeune novice qui y enseignait au collège des Jésuites mit en pièces un ouvrage janséniste de Pasquier Quesnel.Ce geste souleva dans la ville une vive polémique.Ceux qui approuvèrent le geste et les idées du jeune novice furent appelés « les Canadiens ».Pourquoi furent-ils appelés ainsi dans cette ville de l\u2019Orléanais, un peu plus d\u2019un siècle après la fondation de la Nouvelle-France ?C\u2019est que le jeune novice qui enseignait au collège des Jésuites était lui-même un Canadien.François Duplessis, né à Québec en 1694 et ayant fait ses études classiques au collège de Québec, était passé en France à l\u2019âge de vingt-deux ans pour entrer dans la Compagnie de Jésus.Ce jeune Canadien faisait déjà parler de lui en France à l\u2019âge de trente ans; il allait faire parler de lui beaucoup plus, et pendant longtemps, car il fut un des plus grands prédicateurs français du xvme siècle.Ce Père Duplessis, qui était bien connu en Nouvelle-France de son temps, est tombé dans un oubli presque total.Combien de Canadiens aujourd\u2019hui connaissent son nom, pour ne pas dire sa vie et ses œuvres?Seuls les archivistes sans doute connaissent ce grand prédicateur, qu\u2019ils retrouvent dans les documents d\u2019alors.Les histoires générales du Canada, les principaux ouvrages sur nos origines et sur notre littérature l\u2019ignorent totalement, et ce grand inconnu est méconnu dans le pays où il est né et où il a grandi.S\u2019il est parti pour la France à l\u2019âge de vingt ans et n\u2019en est jamais revenu, il est pourtant canadien, il appartient à notre histoire et à l\u2019histoire de nos lettres, puisqu\u2019il est né à Québec et qu\u2019il y a fait ses études classiques.Nous pouvons donc le réclamer comme un des nôtres, il appartient autant à notre histoire qu\u2019à celle de la France.Et son souvenir mérite d\u2019être rappelé.Le Père Duplessis appartenait à une des premières familles de la colonie.Son père, Georges Regnard, sieur du Plessis, était fonctionnaire de la trésorerie coloniale et il occupa à FÉVRIER 1956 Le 31 juillet de cette année, il y aura quatre cents ans qu\u2019est mort dans le Seigneur saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus.L\u2019année 1955-1956, qui précède ce quatre-centième anniversaire, est pour les Jésuites une année ignatienne; ils en profiteront pour se retremper dans l\u2019esprit de leur Père et pour évoquer les gloires de l\u2019ordre que ce grand saint a institué.Qu\u2019on lise dans ce contexte l\u2019article que M.Sylvestre, membre de la Société royale du Canada, consacre au souvenir d\u2019un Jésuite canadien du xvme siècle, célèbre de son temps en Europe.Québec les postes importants de receveur de l\u2019amirauté et d\u2019agent général de la compagnie de la colonie.En 1696, il acheta un domaine en Acadie et, en 1699, il acquit la seigneurie de Lauzon.Il était, on le voit, un personnage important de la petite colonie.Il avait épousé en France Marie Le Roy, qui lui donna huit enfants, dont quatre seulement vécurent.L\u2019aînée, Marie-André, était née à Paris en 1687, soit deux ans avant la venue de ses parents en Nouvelle-France.Elle fut élevée par sa grand-mère maternelle à Chevreuse et ne vint au Canada qu\u2019en 1702.A l\u2019âge de vingt ans, elle entra chez les religieuses hospitalières de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, sous le nom de Mère de Sainte-Hélène.De 1732 à 1760, elle fut supérieure de sa communauté à trois reprises, soit pendant une durée totale de seize ans.C\u2019est elle qui a rédigé Y Histoire de V Hôtel-Dieu de Québec, qui a été publiée à Montauban, en France, en 1751, sous le nom de la Mère de Saint-Ignace (Françoise Juchereau).Elle a aussi laissé des ouvrages de spiritualité qui n\u2019ont pas été publiés et dont les manuscrits sont conservés aux archives de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec.La Mère de Sainte-Hélène fut, on le voit, une des pionnières de la colonie.Sa sœur cadette, Marie-Joseph-Geneviève, née en 1692, la suivit au couvent où elle prit le nom de Mère de l\u2019Enfant-Jésus.Elle aussi a laissé des ouvrages de spiritualité, également inédits.Leur frère François, né en 1694, est l\u2019objet de cet article, et un deuxième frère, Charles-Denis, né en 1704, étudia au collège de La Flèche et à Paris avant d\u2019embrasser la carrière des armes et de devenir, en 1749, préfet des maréchaux de la Nouvelle-France.Il avait épousé Geneviève- 45 Élisabeth Guillemin, qui lui donna deux filles, de sorte qu\u2019avec lui s\u2019éteignit cette famille Duplessis.Denis était la brebis galeuse de la famille, léger, coureur et prodigue.Il mourut considérablement endetté.L\u2019histoire de cette famille devrait être écrite.Il y a là, en effet, la matière d\u2019une excellente monographie historique.Nous y trouverions un grand fonctionnaire colonial, deux religieuses remarquables, un militaire bon vivant et, le plus grand de tous, un illustre prédicateur du dix-huitième siècle, le Père François Duplessis.Lorsqu\u2019il eut terminé ses études classiques au collège des Jésuites de Québec, François Duplessis décida d\u2019entrer dans la Compagnie de Jésus.A cette fin, il dut se rendre en France pour y faire son noviciat et, en janvier 1717, il arrivait à Paris.A partir de cette date, et jusqu\u2019à la conquête de la colonie en 1759, il écrivit tous les ans à ses sœurs.Joseph-Edmond Roy a retrouvé soixante-dix-huit de ses lettres et les a publiées en 1892 (Lettres du Père F.-X.Duplessis de la Compagnie de Jésus, accompagnées d\u2019une notice biographique et d\u2019annotations par J.-Edmond Roy, Lévis, Mercier & Cie, 1892).Ces lettres sont la principale source de documentation que nous avons sur lui, mais non la seule, et elles sont d\u2019une réelle beauté, comme nous le verrons.Si nous n\u2019avons pas de sermons du Père Duplessis, nous avons du moins ses lettres qui nous donnent une idée de ce que pouvait être sa prédication.Après quelques mois de noviciat, François Duplessis fut envoyé, en septembre 1717, au collège de Rennes, où il eut la surveillance de deux cent quarante élèves, « qui ne sont guère moins éveillés que nos Canadiens », écrit-il à ses sœurs.En 1719, il prononce ses premiers vœux et continue d\u2019enseigner successivement aux collèges de La Flèche, de Blois et de Tours.On sait que c\u2019est à Blois qu\u2019il eut cette première polémique avec les jansénistes dont il a été fait mention au début de cet article; ce ne devait pas être la dernière.Le 10 mars 1726, il est ordonné prêtre à Tours, et continue à enseigner et à prêcher.L\u2019année suivante, il est professeur de philosophie au collège d\u2019Arras.Il n\u2019aimait pas beaucoup renseignement: « Ce métier me paraît fort rebutant », écrit-il à ses sœurs; ni la philosophie: « Pour adoucir le dégoût des études sèches de la philosophie, écrit-il encore, je fais de temps en temps quelques petites excursions dans l\u2019exercice du ministère de la divine parole.» Le Père Duplessis préférait l\u2019action à la contemplation, et il demanda à ses supérieurs de l\u2019envoyer en pays de mission, soit au Canada ou ailleurs.Ces derniers décidèrent de le garder en France, où ils trouvaient qu\u2019il pouvait faire plus de bien, car sa réputation de prédicateur était déjà grande.Il ne quitta plus l\u2019Europe, prêchant dans toutes les provinces du nord et du centre de la France, dans les Flandres et en Allemagne, et il ne revit jamais le Canada ni aucun membre de sa famille, à l\u2019exception de son frère Denis, qui étudia à Paris et y retourna pour son avancement.A compter de 1735, toute la vie du Père Duplessis fut celle de ses prédications, et il fut, avec le Père Bridaine, un des plus illustres prédicateurs français de son siècle.Les missions du Père Duplessis furent nombreuses, souvent épuisantes et, selon les témoignages de son temps, très fructueuses.Il attirait des foules considérables, et il devait souvent prêcher sur les places publiques lorsque les églises étaient trop petites pour contenir les milliers de gens qui étaient venus l\u2019entendre.Il prêche souvent deux ou trois fois par jour, et plus souvent le dimanche; et il passe la plus grande partie du reste de la journée au confessionnal.Il raconte à ses sœurs qu\u2019à Amiens, il a vu communier vingt-deux mille personnes dans la cathédrale, depuis quatre heures du matin jusqu\u2019à midi, à la suite d\u2019une mission qu\u2019il venait d\u2019y prêcher.Ses missions ont un tel succès que les évêques 46 se le disputent et qu\u2019ils annoncent sa venue dans leur diocèse par des mandements qui sont lus dans toutes les églises.Il fut, il n\u2019en faut pas douter, un grand prédicateur populaire, et il aimait mieux prêcher en province qu\u2019à Paris, bien qu\u2019il ait prêché devant la cour, devant la reine d\u2019Espagne et devant le roi de Pologne.Dieu m\u2019a fait la grâce de mépriser la faveur des grands, écrit-il à ses sœurs en 1745, et d\u2019aimer les pauvres.Je me défie de tout ce qui pourrait me faire changer de sentiments.Les reproches d\u2019un très grand nombre de personnes à la cour sur ce que j\u2019avais pris pour le carême la paroisse la plus éloignée du beau quartier de Paris ne m\u2019ont point ébranlé, et je bénis Dieu des bénédictions qu\u2019il y a répandu (sic).Il disait également préférer prêcher des retraites au peuple plutôt qu\u2019aux prêtres, parce qu\u2019elles « font un bien plus solide ».Dès 1727, il écrivait à ses sœurs: Pendant huit jours, j\u2019ai prêché deux ou trois fois par jour et confessé tous les jours, depuis quatre heures du matin jusqu\u2019à neuf heures du soir, non pas des dévotes amusantes qui font perdre le temps, mais des pécheurs auprès desquels tous les moments m\u2019étaient précieux.Je n\u2019aurais jamais cru qu\u2019il y eût tant de bien à faire dans ces sortes de missions.Le Père Duplessis a fait un grand nombre de conversions dans les nombreuses villes où il a prêché, et c\u2019est sans doute ce qui explique les attaques fréquentes dont il a été l\u2019objet de la part des jansénistes et des luthériens.Deux fois seulement, semble-t-il, il a répondu par écrit à ces attaques.D\u2019abord, vers 1724, à Blois il a publié une Instruction familière sur le Neuvième Article du Symbole, texte qui n\u2019a pas encore été retrouvé au Canada.Puis en 1745, à Paris, il a publié une lettre en réponse aux calomnies parues contre lui dans la revue janséniste les Nouvelles ecclésiastiques.En 1738, il avait publié Avis et pratiques pour profiter de la Mission et pour en conserver le fruit, et cet ouvrage eut au moins quatre éditions de 1738 à 1744.C\u2019est un petit traité de spiritualité dont le titre indique bien la nature.L\u2019ouvrage est devenu rare, mais la bibliothèque de l\u2019Université Laval en possède un exemplaire.Il y en a peut-être d\u2019autres dans des bibliothèques de presbytère, car il en a envoyé plusieurs exemplaires à ses sœurs, qui les ont sans doute répandus dans la colonie.Mais nous ne possédons le texte d\u2019aucun de ses sermons, et il n\u2019est pas probable que nous en trouvions, car il improvisait presque toujours, après une brève préparation de quelques minutes.Il avait, en effet, adopté la méthode d\u2019un prédicateur qu\u2019il avait connu dans la colonie, l\u2019abbé Charles de Glandelet, qui avait été professeur au séminaire de Québec et chanoine de la cathédrale.Je vous dirai que je suis la méthode de M.Glandelet qui, la veille qu\u2019il devait prêcher, rangeait dans sa tête 2 ou 3 réflexions importantes et s\u2019abandonnait pour le reste aux mouvements de l\u2019esprit-saint.Tout semble indiquer qu\u2019il a été un orateur né et, dans la mesure où l\u2019on en peut juger, qu\u2019il a aimé les effets de théâtre, ce qui n\u2019était pas de nature à plaire aux jansénistes, mais fort efficace auprès du peuple.On raconte qu\u2019il terminait parfois ses sermons en se jetant à genoux et en proclamant son indignité et en invitant les auditeurs à en faire autant pour éloigner la colère divine.Si ses lettres sont de la même inspiration que ses sermons, il semble que le thème central de sa prédication ait été l\u2019amour de la croix.On sait qu\u2019il a fait élever plusieurs calvaires en France, dont le plus célèbre était celui d\u2019Arras, où des miracles eurent lieu et qui devint un lieu de pèlerinage célèbre.On a fait de ce calvaire une gravure qui s\u2019est répandue RELATIONS dans toute la France, \u2014 et dont il reste des exemplaires à Québec, \u2014 dans laquelle on voit le Père Duplessis prêchant au pied de la croix.L\u2019évêque d\u2019Arras publia un mandement pour raconter un miracle survenu en 1738, à la suite d\u2019une mission du Père Duplessis, et cela ne fut pas sans augmenter sa renommée qui était déjà grande.A maintes reprises dans ses lettres, depuis la première jusqu\u2019aux dernières, il parle à ses sœurs de l\u2019amour de la croix.Dès son entrée au noviciat, il leur écrit: « Votre état et le mien, mes chères sœurs, nous engagent à faire pénitence toute notre vie, soyons-y fidèles, et ne nous lassons jamais de porter la croix de Jésus-Christ.» Deux ans plus tard, il leur écrit encore: « Je demande continuellement à notre Seigneur pour vous et pour moi la grâce de trouver le trésor précieux de la croix, ou plutôt de l\u2019amour de la croix.» Il reviendra constamment sur cette idée, l\u2019amour de la croix étant à ses yeux la voie qui mène à la perfection.Il n\u2019a que vingt-deux ans et il écrit à ses sœurs religieuses: « Ne nous cédons point l\u2019un aux autres le pas dans le chemin de la perfection.» Il est tôt influencé par les œuvres du Père Surin, qu\u2019il envoie à ses sœurs, et il les invite à les avoir toujours entre les mains: « Là vous apprendriez les moyens de retrancher tous les obstacles qui vous empêchent de devenir des Thérèses.» Il demande à ses sœurs de ne l\u2019aimer qu\u2019en Dieu et pour l\u2019amour de Lui.Plus tard, devenu célèbre, il invitera encore ses sœurs à la perfection, et il leur confiera: « Je sens ma misère et mon indignité et je vois devant Dieu que je ne suis qu\u2019un lâche.» Il les entretient souvent de la conscience qu\u2019il a de sa faiblesse devant la grandeur de la tâche à accomplir et, croyant fermement à l\u2019efficacité de la prière, il invite sans cesse ses sœurs à prier pour le succès de ses missions et pour son propre salut: « Peut-on voir tant d\u2019âmes qui périssent tous les jours sans faire tous ses efforts pour en arracher quelques-unes à l\u2019enfer ?Vous savez que les prières y contribuent davantage que la prédication; ayez toujours du zèle pour m\u2019en procurer.» Voilà, de la part d\u2019un prédicateur renommé, un témoignage à retenir.Il semble aussi que le Père Duplessis ait été d\u2019une grande charité pour les âmes et qu\u2019il ait profondément compris les faiblesses des hommes: il avait assez confessé pour cela.Il faut supporter les faiblesses des autres et, sur ce point, il donne à ses sœurs des conseils dont la remarque finale ne manque pas de saveur: Ah! mes chères sœurs, souffrons avec patience tous les dérangements que nous ne pouvons empêcher (il semble que l\u2019une d\u2019elles se soit plainte des travers d\u2019autres religieuses).Combien Jésus-Christ eut-il à souffrir des défauts grossiers que les apôtres conservèrent pendant tout le temps qu\u2019ils demeurèrent avec Lui! Cependant quelle douceur! Quelle bonté! Quelle ouverture de cœur à leur égard! Quelle joie et quel contentement sur son visage quand il conversait avec eux! Voilà le modèle que nous devons suivre pour conserver cet esprit de charité intérieure du prochain que Jésus-Christ nou« a recommandé dans le discours qu\u2019il fit la veille de sa mort.Si dans une communauté tous les esprits d\u2019accord se portaient vers Dieu avec une espèce de sympathie, ce serait un paradis.On ne va pas en Paradis par le paradis même.L\u2019amour de la croix se confond ici avec l\u2019amour du prochain qui, avec l\u2019amour de Dieu, ne fait qu\u2019un seul commandement.Dans sa longue et fructueuse carrière de prédicateur et de confesseur, le Père Duplessis a sans doute confondu ces deux amours, et il a passé en faisant le bien.Jusqu\u2019à la fin, il a prêché la parole de Dieu et il est mort en 1771, à l\u2019âge de soixante-dix-sept ans, après une vie toute remplie de souffrances, de tribulations et de labeurs, dont la seule consolation fut la conscience du bien accompli par la grâce de Dieu à l\u2019aide de l\u2019instrument imparfait qu\u2019il était.Cet homme, qui avait été illustre dans tout le nord de la France et jusqu\u2019en Allemagne et dans les Flandres, est tombé depuis dans un oubli presque total.Sa mémoire est encore vivante à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, où l\u2019on conserve, en plus de ses lettres, plusieurs souvenirs du grand missionnaire: les œuvres du Père Surin, un tableau de la sainte Famille qu\u2019il envoya à ses sœurs en 1749; on voit dans l\u2019église de Tadoussac trois autres tableaux dont il avait fait don à un confrère.Mais son souvenir doit être conservé aussi dans les cœurs, et c\u2019est pour le rappeler que j\u2019ai rédigé cet article qui ne donne qu\u2019une idée bien imparfaite de sa personnalité et de son œuvre.Tous ceux qui voudront lire les lettres de lui que Joseph-Edmond Roy a publiées en 1892 y retrouveront son cœur d\u2019apôtre et maintes pages d\u2019une belle élévation d\u2019esprit et d\u2019une généreuse inspiration chrétienne.Il mérite, en tout cas, beaucoup mieux que l\u2019oubli dans lequel il est tombé, et les manuels d\u2019histoire devraient contribuer à perpétuer son nom.Août 1955.HORIZON INTERNATIONAL ÉGLISE ET CONTRE-ÉGLISE TA NOUVELLE / j qui remua le monde, en novembre, a été confirmée par le Saint Père en personne.L'Osservatore Romano du 11 décembre, dans un article reproduit par l\u2019édition française hebdomadaire du 16 décembre, en rapporte les détails.Ce que le Sauveur dit à son Vicaire, nous ne le savons pas.Peut-être discernerons-nous quelques traces de la visite divine en examinant l\u2019action du Pape durant les mois qui suivirent.On a été frappé par la précision de l\u2019enseignement papal.Au cours de 1955, il a rencontré les groupes les plus variés.Chacun reçut un corps de doctrine touchant l\u2019exercice de la profession ou de l\u2019activité qui lui est propre.3 avril.Congrès pour éviter les accidents du travail.7 avril.Congrès de l\u2019Union médicale latine.20\tavril.Discours pour le cinquième centenaire de Fra Ange- lico.1er mai.Discours aux ACLI et à 150,000 ouvriers.11\tmai.Concours international pour l\u2019attribution du Prix de Rome à la meilleure variété de roses.12\tmai.Symposium international pour l\u2019étude et la pro- duction d\u2019antibiotiques.16 mai.Institut international de l\u2019Épargne.18 mai.Congrès des cultivateurs d\u2019Italie.21\tmai.Congrès des constructeurs de matériel aéronau- tique.29 mai.Employés de la Banque de Naples.6 juin.Congrès de l\u2019Union chrétienne d\u2019entrepreneurs et dirigeants d\u2019industrie.10 juin.Congrès mondial du pétrole.14 juin.Amicale sportive des cheminots du sud-est de la France.21 juin.Discours au monde cinématographique.3 juill.Congrès des chroniqueurs romains de journaux.26 juill.J.C.I.F.belge.FÉVRIER 1956 47 26\taoût.Guides.14 sept.Congrès thomiste international.18 sept.Congress of European American Associations.23 sept.Fédération italienne des marchands de tabac.25 sept.Congrès de diététique et journée pour l\u2019étude de la diabétique infantile.27\tsept.Congrès des sciences historiques.30 sept.Congrès international des villes et pouvoirs locaux.4 oct.Congrès mondial de la Fédération routière internationale.9 oct.Centre sportif italien (dix cardinaux s\u2019étaient joints aux sportifs).11 oct.Congrès international des communications.11 oct.Pieuse union des bergers.21 oct.Union européenne de radiodiffusion.25 oct.Association d\u2019éducatrices italiennes.25 oct.Association italienne des services publics.28\toct.Monde cinématographique.4 nov.Association italienne des maîtres catholiques.6 nov.Grenadiers.9 nov.F.A.O.11 nov.Hôpitaux réunis de Naples.20 nov.Personnel du ministère de l\u2019Intérieur de l\u2019Italie.La liste est incomplète.Il faudrait en ajouter une autre, immense, celle des visiteurs auxquels Pie XII dit quelques paroles de bienvenue et de bénédiction.On comprendra mieux l\u2019action du Pape en la comparant à celle d\u2019organismes communistes ou para-communistes: le Congrès mondial de la paix, la Fédération mondiale des syndicats, la Fédération internationale démocratique des femmes, l\u2019Association internationale des juristes démocratiques, l\u2019Union internationale pour la protection de l\u2019enfance, l\u2019Union internationale des étudiants, etc.Par là, le communisme encadre des masses spécialisées en vue d\u2019une action révolutionnaire extraordinairement dynamique.L\u2019action du Pape, toute différente, prend le groupe professionnel tel qu\u2019il existe, n\u2019aspire pas à en changer la structure, respecte les chefs que ces organismes se sont donnés, accepte leurs règlements intérieurs, partage l\u2019idéal auquel ils tendent.S\u2019adressant à tous et à chacun, le Pape parle leur langage avec la précision technique d\u2019un membre de l\u2019association, se place dans leur cadre avec un réalisme intime, dégage le lien qui existe entre la profession et la morale chrétienne, conduit à Dieu les intelligences et les cœurs.Tous les voyageurs d\u2019Italie connaissent les petits bureaux où l\u2019on vend le sel et le tabac.Il y en a 49,000 dans la péninsule.Ces buralistes se réunirent en congrès eux aussi et s\u2019en allèrent voir Pie XII le 23 septembre.Il ne les sermonna pas sur les méfaits, réels ou imaginaires, du fumage: « Votre activité vous met en rapport avec toutes les classes du peuple dans toutes les régions d\u2019Italie.Pour modeste que peut paraître le cercle de votre influence, vous avez le devoir d\u2019être auprès de vos concitoyens plus que des intermédiaires au service de l\u2019État.Faites qu\u2019on admire en vous des hommes de principes solides, d\u2019une parfaite honnêteté, opposés à tout ce qui offense vos convictions religieuses, menace la stabilité des institutions nationales.» Le bureau de tabac, cellule de reconquête sociale ?Pourquoi pas ?Il y a un siècle, en France, les aubergistes et les cabaretiers se consacrèrent à la démoralisation du pays.Qui osera suggérer que nos grills et nos tavernes sont des centres d\u2019apostolat ?Qui organisera le pèlerinage de l\u2019association des hôteliers à Rome, pour le jubilé qui s\u2019en vient ?Le 4 octobre, le deuxième congrès mondial de la Fédération routière internationale eut son audience.Si jamais les clubs d\u2019automobilistes m\u2019invitent à leur donner une conférence, je ne leur parlerai pas, cette fois, du communisme ou des Églises orientales.Ni de l\u2019archevêque Boris et de sa barbe captive! On prendra le discours du Pape sur la circu- lation, et l\u2019on invitera les policiers de la route et les juges qui condamnent les délinquants à en partager l\u2019étude.Le Pape vient de décrire les conducteurs peu maîtres d\u2019eux-mêmes, entraînés par la passion de la vitesse ou parfois intoxiqués par l\u2019alcool.« Les conséquences si souvent dramatiques des infractions au code de la route lui confèrent un caractère d\u2019obligation extrinsèque beaucoup plus grave que l\u2019on ne pense généralement.» Alors, le code de la route ne serait pas seulement une loi pénale?Il obligerait en conscience?Absolument, surtout dans certaines circonstances.Quel beau sujet de sermon pour fins de semaines dans le nord, le sud, l\u2019est ou l\u2019ouest.On sait que d\u2019aucuns mettent trop de prudence en parlant du grave problème des accidents de travail.Voici un texte qui sera utilement étudié dans les congrès d\u2019ouvriers ou d\u2019industriels.Que d\u2019imprudences, de négligences coupables, de risques délibérément accrus n\u2019entraîne pas le seul désir d\u2019éviter les charges économiques et les sacrifices matériels que suppose toute application des mesures de protection! La pente de la facilité joue ici dans le même sens pour tous: afin d\u2019éviter les pertes de temps et pour accroître la production et le profit, ou simplement pour s\u2019épargner un effort psychologique désagréable, on relâche toute vigilance, on néglige les précautions parfois les plus élémentaires.Personne à présent ne conteste plus la part des dispositions subjectives dans le rendement du travailleur.La méconnaissance des exigences physiques, affectives, morales de l\u2019être humain finit par l\u2019aigrir et par le dresser contre ceux qui méprisent sa dignité personnelle.Comment pourraient subsister l\u2019intérêt que chacun porte à sa tâche et la conscience professionnelle qui l\u2019incite à s\u2019en acquitter parfaitement, lorsque pèse sans cesse la menace d\u2019un accident, qui priverait l\u2019individu et sa famille du salaire dont dépend sa subsistance matérielle ?Il n\u2019y avait pas de noms canadiens dans le compte rendu de l\u2019audience.M.Horace Boivin attira encore les réflecteurs sur la jolie ville de Granby, dont il est, depuis des années, le symbole vivant, au congrès international des villes et pouvoirs locaux.Ça fait plaisir de retrouver le Canada, présenté avec distinction, dans ces chroniques lointaines.M.Boivin dut applaudir ce que le Pape avait à dire sur la distinction des pouvoirs, le rôle des municipalités, la saine autonomie municipale et, tout particulièrement, sur les amitiés qui se nouent de ville à ville, par delà les océans et les frontières.Ainsi, la parole du Pape atteint toute la société humaine.Si l\u2019on arrivait à l\u2019entendre et à se l\u2019assimiler, ce serait comme une nouvelle prise de possession du monde par le Verbe de Dieu.Elle en aurait l\u2019intimité et l\u2019universalité.Il y a là quelque chose de formidable, de quoi éveiller les espérances les plus radieuses, susciter les dévouements les plus entiers.La coordination du monde dans la lumière et la paix se ferait sous nos yeux, si ces chers polissons de capricieux, qui attirent trop l\u2019attention sur leur tintamarre d\u2019enfants pas sages,voulaient seulement collaborer à porter le message du Pape jusqu\u2019aux extrémités du monde, jusque dans les désespoirs les plus misérables.Une nouvelle aurore luirait sur la terre.En Italie, le Père Lombardi et son équipe « pour un monde meilleur » y travaillent avec un succès grandissant.Récemment, un groupe composé exclusivement d\u2019évêques s\u2019en alla rendre visite au Souverain Pontife, après avoir passé huit jours dans l\u2019étude des documents pontificaux; une autre fois, les supérieures générales de communautés féminines laissèrent leurs administrations et vinrent s\u2019enfermer à Mon-dragone, la jolie villa des collines Albaines, où le Père Lombardi sert de porte-voix à Pie XII.On coordonne l\u2019effort; 48 RELATIONS on élimine la concurrence stérile; on met en œuvre les compétences les plus dévouées; c\u2019est, dans le meilleur sens du terme, l\u2019apostolat dirigé.Avec un infatigable brio, les ouvriers du monde meilleur se cherchent, se trouvent, se forment et s\u2019en vont enseigner les nations.La presse des divers pays fait une place grandissante au Pape.Le discours sur la coexistence, que le Pape rédigea l\u2019an dernier peu après la visite de Jésus, obtint un retentissement sans précédent.A Noël 1955, on remarqua surtout ce que le Pape avait dit des bombes nucléaires.Tout le monde en prépare; des propagandes colossales ont été mises en œuvre pour en interdire la fabrication.au voisin! On dénonce la bombe, mais on n\u2019accepte pas le contrôle des armements.Pie XII distingue entre les expériences atomiques et l\u2019usage de ces bombes.Les expériences deviennent de plus en plus dangereuses à mesure qu\u2019elles sont plus fréquentes et plus considérables.L\u2019usage universel des bombes atomiques entraînerait la destruction du monde.Le moyen d\u2019empêcher les expériences et l\u2019usage de ces bombes est évidemment le contrôle des armements.Nous n\u2019hésitons pas à affirmer, toujours dans le sens de Nos allocutions antérieures, que l\u2019ensemble de ces trois mesures comme objet d\u2019une entente internationale est un devoir de conscience des peuples et de leurs gouvernants.Nous avons dit « l\u2019ensemble de ces mesures », parce que le motif de son obligation morale est aussi l\u2019établissement d\u2019une égale sécurité pour tous les peuples.Si, au contraire, le premier point seul était amené à exécution, on aurait un état de choses qui ne réaliserait pas ces conditions, d\u2019autant plus qu\u2019il y aurait une raison suffisante pour douter que l\u2019on veuille réellement aboutir à la conclusion des deux autres conventions.La Presse de Montréal, suivant une pratique qui se répand de plus en plus, publia un résumé pour les lecteurs pressés, puis le texte intégral pour les gens studieux.On pourrait utiliser davantage les textes qui s\u2019adressent à des groupes déterminés.Ceux qui regardent le clergé sont réimprimés par les évêques et expédiés aux prêtres de leurs diocèses respectifs; ceux qui ont trait à l\u2019apostolat laïque trouvent leur chemin dans les revues d\u2019Action catholique, et, par là, dans les cercles d\u2019études.Pourquoi les autres revues spécialisées ne feraient-elles pas de même ?Les revues médicales, par exemple, auront intérêt à étudier les multiples messages du Pape aux médecins; les journaux syndicaux examineront la doctrine du Pape sur les conditions de travail, etc.Avec un peu de bonne volonté, si tous se mettent d\u2019accord, nous travaillerons ensemble à « bâtir le monde meilleur ».La contre-Eglise.On connaît le plan moscovite de convoquer un concile œcuménique et de créer un catholicisme nouveau (.Relations, juill.1954).Quand Israël se rapprochait de l\u2019Union soviétique, Moscou faisait risette au patriarche de Jérusalem.Cela n\u2019est pas perdu, puisque les établissements orthodoxes russes en territoire israélien, remis alors à Moscou, lui restent acquis.Maintenant que l\u2019alignement a changé, le patriarche Christophe d\u2019Alexandrie fut invité à son tour.On vit à Moscou, en cette occasion, le métropolite Niphon et l\u2019évêque Basile de Sergiopolis, délégués du patriarche Maxime d\u2019Antioche, un des courtisans les plus steady de l\u2019Union soviétique.Le patriarcat d\u2019Antioche est aujourd\u2019hui insignifiant, et Maxime réside à Damas, en Syrie.Parmi les vedettes de la réunion, il y eut encore FÉVRIER 1956 \t\\\tH \t Services bancaires\tde premier ordre \u2022 Comptes courants\t\u2022 Opérations de change \u2022 Comptes d\u2019épargne\t\u2022 Transferts télégraphiques \u2022 Prêts commerciaux\t\u2022 Coffrets de sûreté \u2022 Prêts personnels\t\u2022 Certificats de dépôts \u2022 Prêts hypothécaires\t\u2022 Lettres de crédit \u2022 Prêts pour améliorations\t\u2022 Recouvrements de maison\t\u2022 Traites et Mandats LA BANQUE\tPROVINCIALE DU CANADA\t 2% (Tinterêt sur les dépôts d'épargne\t 350 succursales et agences dans l\u2019Est du Canada\t NO.1-7767\tNO.1-7757 NO.1-7496\tNO.1-7425 Chartrand Automobile Inc.FORD - MONARCH 4731, boulevard LÉVESQUE, SAINT-VINCENT-DE-PAUL 49 l\u2019archevêque des îles Aléoutiennes et de l\u2019Amérique du Nord, Boris, qui prit le pas sur l\u2019archevêque d\u2019Odessa, Niphon, à la grande cérémonie du 17 juillet.En quittant l\u2019U.R.S.S., le patriarche Christophe d\u2019Alexandrie fit une savoureuse déclaration de principes, dont le journal du patriarcat moscovite ne donne pas, hélas! le texte intégral.Il faut lire ces phrases lentement; elles laissent soupçonner une situation extraordinaire.Je dois reconnaître que j\u2019ai été très ému et touché par la proposition d\u2019envoyer un télégramme à la conférence de Genève des quatre États pour les inviter à la paix entre les peuples.Le président du soviet pour les affaires de l\u2019Église orthodoxe auprès du Conseil des ministres de l\u2019Union soviétique combla notre délégation d\u2019attentions particulières.^Malheureusement, il y a de la mésentente entre les chefs d\u2019Églises autocéphales.Cela nous mène tout droit à la méchanceté.Les événements obligent toutes les Églises orthodoxes autocéphales à s\u2019unir; toutes ont besoin de la protection et du secours de l\u2019Église orthodoxe russe.Si ces Églises autocéphales ne se mettent pas d\u2019accord avec moi, cela peut conduire à de sérieux désagréments.On finira par le comprendre, mais tard.Je vous garantis que je parlerai à tous les intéressés, et je crois qu\u2019ils écouteront mes conseils.Alexandrie, Antioche et Jérusalem, Tirana, Belgrade.Prague, Varsovie, Sofia, Bucarest regardent Moscou avec des yeux synchronisés.Que reste-t-il encore?La Grèce, sans doute; mais les événements de Chypre, où l\u2019Église orthodoxe exerce une action décisive, peuvent éloigner l\u2019archevêque d\u2019Athènes du patriarche de Constantinople, qui, alors, resterait complètement isolé.On devine ce que la « protection » de 1\u2019 « Église orthodoxe russe » peut signifier.Cette unité « chrétienne » n\u2019attire pas seulement les orthodoxes d\u2019Orient.Une action de grande envergure a été mise en mouvement pour attirer certaines Églises protestantes.L\u2019Église évangélique d\u2019Allemagne envoya une nouvelle délégation, la troisième depuis Niemôller, visiter l\u2019U.R.S.S.sur l\u2019invitation du patriarcat moscovite.L\u2019invitation, d\u2019ordinaire, veut dire que tous les frais sont au compte de celui qui invite.Même les pourboires! Parmi les huit visiteurs, il y avait ^président de l\u2019Église évangélique de Rhénanie et celui de l\u2019Église évangélique de Westphalie.Avant de quitter le pays, un des huit rendit un ardent hommage à la vie spirituelle du peuple russe, ce dont nous lui savons gré.On est surpris de l\u2019entendre chanter un dithyrambe à l\u2019humanisme du peuple soviétique.Il demanda qu\u2019il y ait à l\u2019avenir une union étroite, continue, vivante entre les peuples du monde occidental et ceux de la terre soviétique.A cela, de tout cœur, nous disons amen, mais à une condition: que nos rapports avec les chrétiens de l\u2019Union soviétique soient directs et qu\u2019ils ne passent point par l\u2019intermédiaire d\u2019invitations, de visites, d\u2019agapes et de surveillance officielles.C\u2019est à ce genre d\u2019activité qu\u2019il faut encore rattacher le congrès « progressiste » qui eut lieu à Varsovie l\u2019été dernier, et que notre Jacques Hébert prit pour un congrès catholique! A ce propos, traduisons un paragraphe de l\u2019excellente revue Orientierung (Orientation, Zurich, 15 déc.1955).Les communistes cherchent à persuader le monde libre que la Pologne catholique est toujours catholique, que l\u2019Église y est restée libre parce que les communistes savent apprécier les catholiques dans un pays catholique.Malheureusement, on continue toujours à trouver des gens qui le croient; des hommes qui oublient que, si jamais la domina- 50 tion mondiale du communisme arrive, ce sera avant tout à cause de leur obtuse stupidité et de leur paresse intellectuelle, et de la nôtre à tous.Laissons à autrui, autant que possible, la bornierte Dum-mheit et la Denkfaulheit ! On n\u2019a pas besoin de traduire, n\u2019est-ce pas ?sauf, peut-être, pour Radio-Canada qui s\u2019obstine à nous servir l\u2019expert polonais qui ne sait pas le polonais: Dummheit veut dire bêtise; bornierte: borné; Denkfaulheit : paresse de pensée.Mais ça, c\u2019est de l\u2019allemand! Il faudrait encore ajouter la visite de dignitaires ecclésiastiques moscovites en Écosse et en Angleterre, celle de Boris et de ses amis au Canada, et tant d\u2019autres événements analogues, qui font tous partie de la même grande opération d\u2019ensemble.Une immense toile d\u2019araignée a été tissée, qui couvre la terre.Nombreuses sont les mouches qui, tête basse, foncent dedans.POLOGNE J TN JOURNALISTE canadien, retour de U Pologne, où il s'était fait payer un voyage par une organisation que nous préférons ne pas décrire en détail, revient émerveillé de ce qu'il a vu.Les séminaires sont pleins.Il l\u2019a vu, de ses yeux vu, et qu\u2019on ne lui raconte pas de bobards! Relations d\u2019avril 1952 donnait les chiffres suivants, basés sur YAnnuario Pontificio de 1952: Les chiffres sont de 1951 et manifestent, cette fois, une exceptionnelle vitalité.Après les massacres de la dernière guerre, les déportations, l\u2019infinie dispersion des Polonais, on croit rêver en lisant ceci: 8,108 églises, 5,276 paroisses, 7,887 prêtres diocésains, 2,384 séminaristes, 1,627 prêtres religieux, 280 maisons religieuses d\u2019hommes avec 3,167 religieux, 1,737 couvents avec 19,346 sœurs, 44 écoles de garçons avec 6,104 élèves, 41 écoles de filles avec 6,451 élèves: 16,033,217 catholiques (avril 1952, pp.136-137).En mars 1954, quand l\u2019ambassade de Pologne au Canada distribua un luxueux album où l\u2019on pouvait voir des photographies d\u2019églises reconstruites, de processions, d\u2019objets de piété, d\u2019éditions, etc., nous écrivions: Il y a beaucoup de photographies où l\u2019on montre les Polonais à l\u2019église.Cela prouve qu\u2019ils sont indomptables.Faire de cette héroïque résistance à la persécution un argument de propagande soviétique est une colossale indécence.Nous disions, alors, « colossale indécence ».La poignée de communistes qui, avec l\u2019aide de l\u2019armée rouge et grâce au lâchage de l\u2019Occident, s\u2019est installée en Pologne, n\u2019a donc pas brisé ce peuple.Attribuer la situation religieuse présente en Pologne à une espèce de collaboration entre le communisme et une poignée de catholiques dits progressistes était cravacher la presque totalité des catholiques polonais, de Pologne et de l\u2019émigration, aujourd\u2019hui réduits au silence.C\u2019est pourquoi la réaction qui éclata dans la province de Québec contre ceux qui colportèrent ces appréciations à la plus haute tribune du pays n\u2019étonna que ceux qui ignorent tout de la Pologne et des Polonais.Voici, d\u2019ailleurs, des chiffres complets de la situation religieuse en Pologne en 1952.Nous les prenons de YAnnuario Pontificio de 1953, n\u2019ayant pas l\u2019édition plus récente.On verra que les écoles ont été presque entièrement ôtées à l\u2019Église.UAnnuario Pontificio ne s\u2019occupe pas des changements de frontière survenus par la violence à la fin de la dernière guerre.Les diocèses situés dans les territoires aujourd\u2019hui en U.R.S.S.souffrent beaucoup plus que les autres.RELATIONS \tPrêtres\tSémi-\tPrêtres\tNouveaux\tCongr.rel\t.hommes\tCongr.rel.femmes\t\tÉcoles\tÉlèves\tÉcoles\tCatholiques\tPopulation Latins Cracovie\t\tdiocésains\tnaristes\tréguliers\tprêtres\tMaisons\tReligieux\tMaisons\tReligieuses\tgarçons\t\tde filles\t\t \t581\t140\t450\t37\t60\t1,180\t234\t2,350\t2\t800\t5-580\t1,204,000\t1,210,000 Czestochowa\t\t391\t150\t61\t20\t12\t110\t54\t716\t2\t117\t4-540\t901,020\t921,000 Katowice (Ev.empêché)\t\t472\t230\t54\t16\t14\t58\t174\t1,815\t2\t232\t2-427\t1,270,000\t1,290,000 Kielce (Ev.empêché)\t\t377\t118\t24\t10\t7\t40\t55\t452\t1\t98\t1-131\t805,000\t820,000 Tarnow\t\t621\t256\t70\t28\t15\t72\t142\t1,156\taucune\t\t2- 96\t979,800\t982,000 Gniezdo (Ev.empêché)\t\t309\t177\t40\t14\t10\t87\t71\t601\taucune\t\t1-140\t709,825\t718,951 Chelmno\t\t492\t238\t140\t23\t16\t90\t83\t826\t2\t220\t1-170\t986,387\t1,017,923 Wloclawek\t\t350\t301\t75\t13\t22\t113\t62\t278\taucune\t\t1-180\t1,000,000\t1,009,000 Varsovie\t\t481\t135\t199\t28\t30\t572\t124\t2,103\taucune\t\t4-850\t1,652,000\t1,990,000 Lodz\t\t284\t280\t83\t13\t17\t145\t58\t420\ti\t500\t2-239\t1,000,000\t1,100,000 Lublin\t\t418\t206\t45\t25\t10\t74\t79\t751\ti\t600\t2-460\t1,111,000\t1,116,847 Plock\t\t267\t127\t32\t14\t8\t70\t45\t450\taucune\t\taucune\t780,000\t800,000 Sandomierz\t\t456\t105\t36\t21\t7\t46\t97\t736\taucune\t\taucune\t952,607\t1,065,520 Siedlce\t\t334\t91\t24\t10\t7\t26\t44\t310\ti\t110\taucune\t743,615\t785,430 Lwow1 (Ev.empêché)\t\t757\t32\t279\taucun\t69\t543\t292\t2,470\t6\t638\t16-1,835\t987,000\t?Lück\t Przemysl\t\t3 695\t221\t124\t20\t24\t308\t164\t1,363\t4\t120\t1- 40\t1,057,764\t1,110,000 Wilno2\t\t548\t237\t13\t5\t1\t22\t14\t152\taucune\t\taucune\t1,056,000\t2,325,000 Lomza\t\t233\t80\t6\t11\t2\t14\t16\t140\taucune\t\taucune\t520,000\t600,000 Pinsk\t Ruthlnes Lwow (Ev.arrêté, disparu en U.R.S.S.)\t Przemysl\t Stanislawiw\t Arméniens\t136 Il n\u2019en r\t28 este aucu\t1 a vestige\t\t\t\t7\t40\t\t\t\t319,603\t?1.\tL\u2019année de ce* chiffre» n\u2019est pas donnée.2.\tL\u2019archevêque, Mgr Romuald Jalbrzykowski, récemment décédé, était en résidence à Bialystok.13 janvier 1956.\tJoseph-H.Ledit.*(jeâ\tCditionâ 3tançai £e à 3ne.\tAgents généraux au Canada de la \tLIBRAIRIE LAROUSSE \t\u2022 QUÉBEC\tMONTRÉAL Epargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de Ha ü>aubegarbe COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE Siège social: Montréal U N I T 1 I * lIMITte c/ C.Gaaufy faite UHITll \u2022 ItMITtr Spécialité : Construction d'édifices religieux Collèges - Couvents - Séminaires - Hôpitaux - Etc.6900/ chemin de la Côte-des-Neiges Montréal\tTel.: 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offices premiers du sacerdoce est bien l\u2019administration des sacrements (p.87).Pertinentes, les remarques relatives à la hiérarchie d\u2019enseignement et de gouvernement dans l\u2019Église (p.88); à la vertu, qui est force (p.94); à la foi, qui est vie totale dans le Christ (p.100); à l\u2019espérance, qui est éternelle jeunesse (p.101); à la tempérance, qui est signe de virilité (p.116); à la nécessité du magistère pour expliquer l\u2019Écriture.De ce catéchisme, un chrétien instruit fera avec profit son vade-mecum.\tMarie-Joseph d'Anjou.Louis Lochet: Fils de FÉglise.Coll.« Problèmes d\u2019apostolat ».\u2014 Paris (29, boul.de Latour-Maubourg), Éditions du Cerf, 1954, 258 pp., 22.5 cm.CE TRAITÉ de spiritualité apostolique profitera surtout aux prêtres engagés dans l\u2019apostolat actif.Religieux et religieuses gagneront aussi à le méditer.Pour les laïcs, on souhaiterait un développement plus concret et sans doute plus bref.Non pas qu\u2019il ne faille les prémunir, et solidement, contre les tentations de l\u2019apostolat, particulièrement contre les deux premières que mentionne l\u2019A.: agir pour un ordre humain sans la grâce et agir hors des structures de l\u2019Église; mais le sens du mystère de l\u2019Église, la vie de l\u2019apôtre dans l\u2019Église, les purifications apostoliques, la contemplation qui doit féconder l\u2019action et se nourrir de l\u2019action, tous ces thèmes, riches en eux-mêmes et présentés avec onction \u2022et compétence, conservent un ton trop académique pour aller au cœur et provoquer des élans.Les meilleurs chapitres sont ceux qui exposent les vertus d\u2019Église et le problème missionnaire tel qu\u2019il se pose de nos jours dans les grandes villes dites chrétiennes que rongent l\u2019incroyance et l\u2019immoralité.Là plus qu\u2019ail-leurs, il faut comprendre que « l\u2019attitude du chrétien comporte toujours engagement et détachement, vie dans le monde et dépassement du monde », et que, si le laïc est « davantage inséré dans la construction de l\u2019ordre temporel », ce doit être « pour l\u2019ouvrir à la grâce » et non pour le fermer sur lui-même dans la recherche d'un faux paradis.\tMarie-Joseph d'Anjou.Erik Peterson: Le Livre des Anges.\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1954, 138 pp., 18.5 cm.T\u2019ÉGLISE de la terre unit ses louanges divines à celles des anges dans le ciel.Nos combats pour le Royaume du Christ ici-bas anticipent la victoire qu\u2019ils chantent là-haut auprès de l\u2019Agneau immolé.Bref, toute notre vie chrétienne (culte liturgique, prières personnelles, activités temporelles) s\u2019associe au culte que les anges rendent à Dieu et se trouve saintement stimulée par leur présence.L\u2019ouvrage de Peterson appuie solidement cette doctrine sur les fondements de la foi : Écriture sainte, liturgie, écrits des Pères.Une telle lecture constitue un doux aliment pour la piété, une forte nourriture pour l\u2019esprit; elle intéressera particulièrement ceux qui sont déjà initiés à la théologie.L\u2019A.est allemand, mais la traduction française de Claire Champollion rend son œuvre facilement accessible.\tJules Émery En collaboration: Morts sur le gibet.Les martyrs anglais de la Renaissance.Traduit de l\u2019anglais par Louis René-Bazin.\u2014 Paris (5, rue Bayard), Bonne Presse, 1954, 219 pp.Prix: 525 fr.QUATRE prêtres et trois laïcs, le chancelier More, l\u2019avocat Langhorne et la boutiquière Marguerite Clitherow; cinq béatifiés, deux canonisés.Un vigoureux avant-propos détaille les causes, caractères et souffrances des martyrs anglais, plus de six cents connus ou non, lignée têtue, variété de surhommes, relève d\u2019héroïsme qui dure cent cinquante ans, la « moisson d\u2019or de la plus sanglante persécution religieuse et de la cruauté la plus raffinée qu\u2019ait connues aucun autre pays d\u2019Europe.C\u2019est la période fasciste de l\u2019histoire anglaise.Il y a plus d\u2019un point de ressemblance entre l\u2019Allemagne d\u2019Hitler et le pays gouverné par Elizabeth ».Police, espionnage, dénonciations, supplices « chinois », démoralisation systématique avant les interrogatoires ou même les soutenances contre les pasteurs.Pendus, dépendus à demi-morts, pour être éventrés, écartelés vifs, parfois bouillis avant d\u2019être exposés au public, ce sont « les meilleurs de tous les Anglais », dit le cardinal Pole.Les jeunes qui vont en France et à Rome se préparer au sacerdoce se préparent à ça, faute de prêter le serment d\u2019allégeance.Le martyre grandit et couronne tous les peuples, Angleterre, Acadie, rideau de fer, Chine.Livre plus qu\u2019instructif, exaltant.Alexandre Dugré.Abbé Anselme LongprÉ: Instructions pour les dimanches et fêtes de l\u2019année liturgique.\u2014 Laprairie (Séminaire des Saints-Apôtres), Éditions Apostolicum, 1954, 560 pp., 19.5 cm.Chez l\u2019auteur, 3551, boul.Gouin (Est), Montréal (12).Prix: $3.LES PRÉDICATEURS dominicaux et ceux qui donnent des ' retraites consulteront avec profit ce volume.Il offre une pensée riche, actuelle, que la flamme et l\u2019onction d\u2019un cœur d\u2019apôtre rendent communicative.Prêtres et laïcs pourraient aussi l\u2019utiliser comme guide de méditations dans l\u2019esprit de la liturgie.Maison Bellarmin.\tJean-Paul Demers.Georges Vézelay: Futuna, île sanglante.Coll.« L\u2019Aventure missionnaire ».\u2014 Paris (5, rue Bayard), Le Centurion, 1954, 128 pp., 19 cm.C\u2019AGIT-IL d\u2019un roman ?On le croirait au titre.C\u2019est, en fait, ^ la biographie du missionnaire saint Pierre Chanel, prêtre mariste, martyrisé dans l\u2019île océanienne de Futuna et canonisé par S.S.Pie XII le 13 juin 1954.Les plus notables événements de la vie du saint, depuis son enfance de berger jusqu\u2019à son martyre, sont groupés avec art et racontés dans un style simple, mais toujours alerte et sans longueur.En peu de pages, l\u2019A.résume la vie extérieure du saint martyr.Ici et là, il ouvre un jour sur sa vie intérieure; mais il paraît refuser de pénétrer bien avant dans cette âme dont il nous laisse soupçonner1 les dons spirituels.Vivante et sympathique, la figure de saint Pierre Chanel stimulera le courage missionnaire de ceux qui la fréquenteront.Maison Saint-Joseph,\tJacques Custeau.Sault-au-Récollet, Qué.Paul DROULERS, S.J.: Action pastorale et Problèmes sociaux sous la Monarchie de Juillet chez Mgr d\u2019Astros.\u2014 Paris (6, Place de la Sorbonne), Librairie philosophique J.Vrin, 1954, 445 pp., 25 cm.Prix: 1800 fr.TE CARDINAL Saliège, lointain successeur de Mgr d\u2019Astros ^ sur le siège de Toulouse, félicite l\u2019A.d\u2019avoir présenté son personnage comme « un homme de sa race, de son temps ».C\u2019est nuancer le mérite de l\u2019action sociale de Mgr d\u2019Astros, telle que la raconte savamment le P.Droulers.Français du début du xixe siècle, l\u2019archevêque de Toulouse est homme de principes plus que d\u2019action.Il s\u2019intéresse vivement à certaines questions économiques et sociales (prêt à intérêt, mendicité, sociétés de secours mutuel, etc.) et à la déchristianisation du peuple, mais pour signaler l\u2019aspect religieux des problèmes et formuler des directives doctrinales plus que pour créer des œuvres réparatrices.Il craignait, semble-t-il, de paraître s\u2019immiscer dans la politique.Il demeure quand même un précurseur.Et l\u2019A., professeur à la faculté d\u2019histoire ecclésiastique de l\u2019Université Grégorienne (Rome), fait revivre cette grande figure avec son époque dans un ouvrage surabondamment et méticuleusement documenté.Marie-Joseph d\u2019Anjou.52 RELATIONS Vichy Huit adultes sur dix ont un foie fatigué, encombré, donc déficient.Va-t-il falloir comme tant d'autres vous astreindre à un régime \"triste\"?RAREMENT nécessaire, si vous prenea la régulière précaution et si agréable de votre VICHY CELESTTNS quotidien.Son action bian connu* et sea propriété! diurétiques contribuent & stimuler les multiples fonctions au foie et des reins et exercent un effet des plus salutaires sur le système digestif en général.Demandes l'a As de votre médealn.ëàe î&'&n CÊLESTONS tu kinUau Nimau motuétI k Ltm nuxçin RECOMMANDÉE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTIER Méfiez-vous des imltationsll] Exigea « CÊLESTtNS » Importateurs! HE RD T » CHAR TON INC., Montréal '(« tri Maurice Trahan Ltée SUCCESSEUR DE PIERRE TRAHAN GROS ET DÉTAIL \u2022 MATERIAUX DE CONSTRUCTION 143, rue Mercier\tTéléphones: 6897 ST-JEAN, QUE.\tUN.6-5926 ïa â>mibtptbe ASSURANCE-VIE 451/*, rue BEECH (Est) - SUDBURY (Ont.) Léo Vigneault, gérant OSbrn 3-2910 Export \"A à bout filtre FÉVRIER 1956 53 Pierre-André et Sylvain de la Maduère: Voyage autour de mon église.\u2014 Paris (22, Cours Albert-Ier)» Éditions du Centurion, 1955, 144 pp., 19 cm.TDASSIONNANT, ce voyage.Il enseigne l\u2019origine et le symbo-lisme des ornements du prêtre, des vases sacrés, des meubles, des sculptures, des vitraux, de tout enfin ce qu\u2019on voit à l\u2019intérieur de l\u2019église.Il apprend à reconnaître les styles et en décrit l\u2019évolution, depuis les premières basiliques édifiées par les chrétiens au sortir des catacombes, jusqu\u2019aux églises contemporaines en briques ou en ciment armé.Les longues énumérations d\u2019églises, de lui inconnues, peuvent rebuter de prime abord le lecteur canadien.Qu\u2019il lise jusqu\u2019au bout, il ne le regrettera pas.Les neuf planches, à la fin du volume, illustrent les détails qui différencient chaque style.Magnifique prix de fin d\u2019année pour filles et garçons sérieux.Béatrice Clément.Boucherville, Qué.POLITIQUE ET PHILOSOPHIE André Dagenais: Dieu et Chrétienté.Affirmation de l'infini.Triadisme social.Maison de Laurentie.Préface du R.P.Gustave Lamarche, C.S.V.\u2014 Montréal (5165, chemin de la Côte-des-Neiges), Au bon livre, 1955, 156 pp., 21 cm, POUR mieux cerner et résoudre les problèmes politiques du Canada français, un philosophe sociologue repense les réalités de son temps.Les esprits sérieux s\u2019inquiètent de l\u2019anémie de notre sens national, et ils souhaitent que nos penseurs pèsent nos acquisitions et les classifient par ordre d\u2019importance de manière à en tirer un plan d\u2019action efficace.Des éveilleurs ont entrepris la tâche: Bourassa, Groulx, Montpetit, Perrault.D\u2019autres continuent: Minville, Arès, Lamarche, Angers.Puis, c\u2019est la relève d\u2019aujourd\u2019hui, au sein de laquelle André Dagenais s\u2019impose.Comme ses devanciers, il ne craint pas d\u2019aller au cœur des questions les plus difficiles; par son acuité de vision et la vigueur de ses convictions, il sait découvrir les sources et proposer les garanties de notre grandeur.D\u2019abord, un retour décisif aux croyances de base: dogme trinitaire, connaissance sûre des concepts de liberté et d\u2019autorité en vue d\u2019asseoir notre patriotisme sur le roc de la Sagesse.Puis, un programme politique vidé de tout bobard économico-libéral, reposant au contraire sur les forces solides de la personne humaine, de la famille, de la profession, rayonnant alors de fierté parce que pur de tout compromis et capable d\u2019enrichissement.Enfin, une orientation générale comptant sur la coordination de toutes les énergies de la nation afin de hâter l\u2019établissement et la prospérité d\u2019une vraie chrétienté sur les bords du Saint-Laurent, en la « Maison de Laurentie ».Rien de plus, rien de moins.Bref, voilà un bréviaire du patriote canadien-français, mais refondu à l\u2019usage de l\u2019élite cultivée.C\u2019est encore une invitation pressante à secouef les apathies, l\u2019infantilisme national, en dissipant les ténèbres des fausses idéologies.Après Vers un nouvel âge et Restauration humaine (chez Fides), Dieu et Chrétienté déploie une pensée philosophique remarquable, œuvre d\u2019espérance et d\u2019amour.Guy Courteau.Villa Saint-René-Goupil, Ville-Jacques-Cartier, Qué.J.-M.SIMON, O.M.L: L'Impossible Alliance.Communisme et progressisme en face de la foi chrétienne.\u2014 Paris (18, rue du Saint-Gothard), Arthème Fayard, 1954, 256 pp., 19.5 cm.Prix: 500 fr.'\\TULGARISATION qui mériterait un article plutôt qu\u2019un * compte rendu.Existe-t-il, en France du moins, question plus mordante que celle du progressisme ?Au début, l\u2019A.condense en six propositions les idées du progressisme, et il les critique une à une.Non, il n\u2019y a pas d\u2019alliance scellée entre christianisme et capitalisme; non, la seule puissance capable de mater le capitalisme, ce n\u2019est pas le communisme.Puis, il démontre que la collaboration est impossible entre communisme et christianisme, le premier étant essentiellement athée; il se montre sceptique sur la rentrée en grâce de l\u2019Église russe auprès des maîtres du Kremlin; il dégage les points de rencontre entre idéal communiste et idéal chrétien^ entre travail marxiste et travail chrétien, évangile marxiste et Évangile du Christ.Il termine son ouvrage par un exposé du décret d\u2019excommunication du Saint-Office (13 juill.1949) et conclut à l'impossible alliance.L\u2019A., ne visant 54 pas à faire œuvre savante, s\u2019adresse aux masses qu\u2019il veut détourner du progressisme.Comme il n\u2019est pas facile de trouver un exposé cohérent des thèses progressistes, l\u2019A.rend un vrai service en nous instruisant là-dessus.Son livre est celui d\u2019un apôtre: il est serein, charitable et objectif.L\u2019A.ne veut pas blesser, mais éclairer.Il a découvert chez les progressistes une volonté de dévouement total au monde ouvrier, des êtres plus ardents que prudents et formés, plus hommes de cœur qu\u2019hommes de tête.A ces hommes engagés, il prêche la vérité.Il faut louer la clarté de sa synthèse, son orthodoxie et sa fidélité à la doctrine de l\u2019Église; en France, ces qualités feront beaucoup de bien.Chez nous également.Car l\u2019A.ouvre une veine très riche que les spécialistes pourront suivre et exploiter avec profit.Émile Bouvier.Maison Bellarmin Centre catholique des Intellectuels français: Qu\u2019est-ce Sue l\u2019homme?\u2014 Paris (22 bis, Passage Dauphine), Pierre firay, 1955, 254 pp., 19 cm.OOURCE de lumière et de joie, depuis 1948, le volume qui ^ contient les travaux de la Semaine des Intellectuels catholiques de France.Celui-ci ne fait pas exception.Le sujet ouvre le champ à des études passionnantes.De tout temps, l\u2019homme a scruté avec inquiétude les secrets de ses origines, de sa condition, de sa destinée.La Révélation éclaire la présence et l\u2019action de Dieu dans sa vie, et les théologiens approfondissent les richesses de la grâce.Mais il appartient au penseur chrétien de redécouvrir l\u2019homme dans notre monde justement fier de ses inventions scientifiques, mais brisé par les conflits sociaux et les guerres; enrichi par de magnifiques ouvrages sur l\u2019amour et le mariage, mais souillé par ses divorces et un déluge de littérature obscène; menacé de perdre le sens de la vie et de la mort à la suite d\u2019épreuves multipliées qui, incomprises, ouvrent la voie à une philosophie du désespoir.A la Semaine de novembre 1954, la première séance nous place résolument au nœud de la question: l\u2019homme est un problème pour l\u2019homme.Le lendemain, l\u2019ethnologue et le philosophe expliquent les origines de l\u2019homme.La troisième séance est consacrée au sens de la vie et de la mort.La quatrième étudie la sexualité; P.-H.Simon juge l\u2019érotisme de la littérature, et le P.Carré présente un texte magistral sur l\u2019accord des réalités psychologiques et physiologiques de l\u2019amour et de la sexualité avec les exigences chrétiennes.Les conflits de l\u2019homme avec l\u2019homme remplissent la cinquième séance; la spiritualité de l\u2019homme occupe la sixième.Enfin, couronnement de la semaine: le Christ aussi est homme.Impossible d\u2019exagérer l\u2019intérêt et la valeur de pareilles réflexions, que garantissent les noms de Gabriel Marcel, Jean Guitton, Pierre-H.Simon, Joseph Folliet, Stanislas Fumet, Roger Pons, François Mauriac.Un seul regret, mais qui affecte tout recueil du même genre: chacun des problèmes soulevés exigerait un volume entier et davantage; comment le traiter en une heure ?C\u2019est pourquoi le dernier mot revient à S.Êm.le cardinal Feltin: « .au fond, le problème est posé plus que résolu, la voie est ouverte plus que parcourue » (p.6).Ce n\u2019est pas peu de chose.Wilfrid Gariépy.Maison Bellarmin.BIOGRAPHIES Eugène NADEAU, O.M.I.: Sapier, prêtre de misère.Le Père François-Xavier Fafard, O.M.I.(1856-1946).\u2014 Montréal (1186, rue de la Visitation), 1954,366 pp., 20 cm.Prix: $1.50.OAPIER, c\u2019est-à-dire Xavier que les Cris et les Sauteux ne ^ pouvaient prononcer vu l\u2019absence dans leur langue des consonnes x et v, c\u2019est l\u2019histoire du Père oblat François-Xavier Fafard, missionnaire d\u2019abord au Témiscamingue, ensuite à la baie James et au Keewatin, enfin à Maniwaki.On y retrouve le cadre familier aux lecteurs d\u2019aventures d\u2019apostolat en pays infidèles: les missionnaires ont de longs trajets à faire au milieu d\u2019incessants obstacles; les conversions sont lentes à se produire là surtout où plusieurs doctrines s\u2019affrontent; les fondations d\u2019églises, d\u2019écoles ou d\u2019hôpitaux sont presque toujours soumises à un régime de pauvreté alarmante; les nouveaux convertis sont fragiles dans leur foi et leurs mœurs.Tout en exploitant ces lieux communs inévitables, l\u2019A.sait montrer l\u2019âme de l\u2019incomparable missionnaire que fut le P.Fafard: sa jovialité qui le RELATIONS E=lH^S^gM3t^===lFifas=5nm MBE 3 Banque Canadienne Nationale Situation au 30 novembre 1955 PASSIF Envers le public : Dépôts.$618,920,041 Divers.,.4,198,066 $623,118,107 Envers les actionnaires : Capital, réserve et profits inaffectés.21,877,367 $644,995,474 ACTIF Disponibilités de caisse.$ 98,077,378 Obligations et actions.236,883,325 (ne dépassant pas le cours actuel) Prêts commerciaux et autres avances.300,021,401 (déduction faite des provisions pour pertes éventuelles) Immeubles sociaux et divers.10,013,370 (déduction faite des amortissements)\t- $644,995,474 COMPTE PROFITS ET PERTES Profits de l'exercice finissant le 30 novembre 1955, déduction faite du versement au Fonds de pension du personnel et des affectations aux réserves latentes ô même lesquelles il a été pleinement pourvu aux créances mauvaises et douteuses et aux moins-values du portefeuille.$\t3,585,089 Moins: Amortissement des immeubles sociaux\t Provision pour impôt fédéral sur le revenu\t\t$ 599,926 1,381,024\t\t1,980,950 Profits nets, déduction faite des affectations ci-dessus\t Dividendes\t Dividende spécial de 20£ par action\t\t$ 735,000 140,000\t$\t1,604,139 875,000 Reoort à.nouveau\t\t\t$\t729,139 148,228 Solde créditeur du compte Profits et Pertes au 30 novembre 1954\t\t\t Solde créditeur du compte Profits et Pertes au 30 novembre 1955\t\t\t$\t877,367 Le président,\tLe gérant général, CHARLES ST-PIERRE\tULRIC ROBERGE ÜHO'm ireee Spécialité : S! ° Classeurs - fichiers armoires à papeterie vestiaires en métal ¦m ris Nos produits sont vendus par des marchands spécialisés dans les articles de bureaux (Nous vendons strictement en gros) tTEIMS nés SOURDS MUFTS 65 ouest, rue de Castelnau - Montréal TAIon 4571 Local 21, 22 et 23 ?Sous la direction des Clercs de Saint-Viateur FÉVRIER 1956 55 rendait sympathique à tous; son esprit de foi qui ne reculait devant aucun sacrifice pour le salut d\u2019un pécheur; son détachement des personnes et des choses de ce monde qui en faisait un religieux toujours « à la disposition » de ses supérieurs; son intransigeante fidélité à la règle; enfin, le prestige dont il a joui durant ses vingt-cinq dernières années auprès de tous ceux qui l\u2019entouraient.Belle vie missionnaire qui vient s\u2019ajouter à tant d\u2019autres chez les Oblats de Marie-Immaculée au Canada.Villa Manrèse, Québec.Wilfrid Girouard.Luciana FraSSATI: La Charité de Pier Giorgio mon frère.\u2014 Paris (32, rue Fabert), Editions du Conquistador, 1953, 315 pp., 19 cm.UNE GERBE abondante de récits dont chacun est une leçon pratique de charité désintéressée, discrète, joyeuse et parfois héroïque.La lecture de ces exploits manquerait toutefois d\u2019intérêt pour quiconque n\u2019a lu auparavant la biographie de leur jeune héros, Pier Giorgio Frassati.Tout jeune homme, surtout membre d\u2019une organisation apostolique, trouvera l\u2019inspiration de son dévouement dans la chanté de Pier Giorgio envers les pauvres, les malades et les malheureux de son temps.Orientation féconde pour les nombreux loisirs de nos jeunes gens.Jean-Paul Demers.Maison Bellarmin.Henri JonQUET: Entre vos mains, Seigneur.\u2014 Paris (1, rue Palatine), Nouvelles Éditions latines, 1953, 172 pp., 18.5 cm.Prix: 350 fr.UN PÈRE, à qui la mort vient de ravir un fils chéri d\u2019à peine vingt ans, trace avec amour le portrait du jeune homme, raconte les menus événements de sa courte vie, qu\u2019a fauchée la poliomyélite, livre quelques-uns des secrets de cette âme à peine éclose (son culte de la propreté en tout, son austérité aimable, sa discrétion et ses rêves de perfection humaine) et termine par des considérations chrétiennes sur le sens de l\u2019épreuve et singulièrement de la mort.Trop appuyé, à notre goût, ce mémorial, et sans doute trop complaisant; mais le moyen d\u2019en faire reproche à l\u2019A.: sont-ils si nombreux les garçons qui, à vingt ans, ont triomphé de l\u2019universelle vulgarité ?Marie-Joseph d\u2019Anjou.MUSIQUE ET THÉÂTRE % Alfred Einstein: Mozart.L\u2019homme et l\u2019œuvre.Texte français de Jacques Delalande.\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1954, 596 pp., 99 exemples musicaux, 22 cm.L\u2019AUTEUR, mort aux États-Unis en 1952, fut l\u2019un des plus grands musicologues allemands du xxe siècle.Sa monumentale histoire du madrigal italien demeure un ouvrage classique; à lui également nous devons la mise à jour du catalogue de Kôchel, indispensable pour se retrouver dans les œuvres de Mozart.Ce chercheur patient, d\u2019une compétence indiscutable, possédait un talent d\u2019écrivain où la clarté et la profondeur s\u2019équilibrent harmonieusement.Son Mozart a donc une place désignée à côté du grand ouvrage de Wyzewa Sainte-Foix.Il s\u2019attache moins aux épisodes biographiques qu\u2019à l\u2019analyse sérieuse et intuitive du caractère du maître salzbourgeois, à l\u2019étude de l\u2019allure fondamentale de son œuvre.Mozart, génie aux sommets éblouissants, musicien dont les dons touchent aux limites de l\u2019humain, psychologue mordant de ses contemporains, est aussi un pauvre homme qui a souffert toute sa vie de l\u2019incompréhension de ses semblables, un esprit léger qui s\u2019est laissé berner par une famille d\u2019intrigants, un catholique qui s\u2019est égaré dans l\u2019aventure maçonnique, un administrateur maladroit aux prises avec les affres de la misère.Rencontre de l\u2019idéal et de la dure réalité qui fait de lui l\u2019un des témoignages les plus émouvant légués par l\u2019histoire.Détail significatif, le livre d\u2019Einstein ne comporte que 125 pages pour étudier le caractère de l\u2019homme, alors qu\u2019il en consacre plus de 430 à l\u2019auscultation de son œuvre.C\u2019est que l\u2019une éclaire l\u2019autre.La documentation y est abondante, l\u2019analyse rigoureuse, l\u2019ampleur des opinions exposées très sereine.Après une vue d\u2019ensemble où l\u2019A.parle de l\u2019universalité de Mozart, des influences qu\u2019il a pu subir, de son processus de création, de ses réactions vis-à-vis du contrepoint, de sa palette orchestrale, Einstein entreprend une analyse méthodique de sa musique instrumentale et vocale.Impossible, dans un bref compte rendu, de relever les innombrables trouvailles de cette critique.Disons simplement que nous en avons admiré la souplesse et l\u2019objectivité.Nous avons aussi apprécié le catalogue de Kôchel présenté en son entier, et les références du volume qui s\u2019y rapportent.A tous ceux qui s\u2019intéressent sérieusement à Mozart, ce livre sera précieux.Jean-Paul Labelle.Collège Jean-de-Brébeuf, Montréal.Henri Gouhier: Le Théâtre et FExistence.Coll.« Philosophie de l\u2019esprit ».\u2014 Paris (13, Quai de Conti), Aubier, 1952, 222 pp., 18.5 cm.A PRÈS l\u2019Essence du théâtre, paru en 1943, où l\u2019A.avait apporté une réponse à la question: Qu\u2019est-ce que le théâtre?le présent ouvrage considère le théâtre tel qu\u2019il est, dans son existence concrète.C\u2019est une tragédie, une comédie, un drame, une farce, une féerie,.ou mieux, c\u2019est tout cela à la fois avec une note dominante.Tragique ou féerique, à la faveur d\u2019une transcendance réelle ou irréelle; comique, lorsque le personnage s\u2019est dépouillé de sa personnalité propre pour se simplifier sous les traits d\u2019un type; dramatique, dans la présence réelle d\u2019une personne qui tremble devant la mort.Voilà établi le fait propre de chacune des catégories dramatiques.L\u2019A.nous en voudrait de considérer ces affirmations comme des vérités immuables.Mais elles sont les résultats d\u2019une analyse pénétrante et nuancée, qui s\u2019appuie toujours sur une riche expérience de la phénoménologie dramatique autant que sur une vaste culture artistique et philosophique.Bien des considérations feront réfléchir le lecteur et lui apprendront \u2014 s\u2019il ne le sait déjà \u2014 que « les divertissements du théâtre mettent en jeu, et dans le jeu, les questions les plus impérieuses de la métaphysique » (p.219).L\u2019A.ne prétend pas répondre à ces questions.Son intention, plus humble, est de « préparer la voie » aux philosophes qui entretiennent en leur cœur l\u2019amour de l\u2019art et du jeu et « qui ne refusent pas de réfléchir sur ce qu\u2019ils aiment ».Louis Balthazar.L\u2019Immaculée-Conception, Montréal.RELATIONS REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus Directeur : Albert Plante Rédacteurs : Joseph-P.Archambault, Joseph-H.Ledit, Alexandre Dugré, Émile Gervais, Luigi d\u2019Apollonia, Richard Arès, Léon Lebel.Secrétaire de la rédaction : Marie-Joseph d\u2019Anjou Administration et publicité: Jules Émery Prix de l\u2019abonnement : $3.00 par année A l\u2019étranger : $3.50 Pour les étudiants : $2.50 8100, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL-11, CANADA Tél.: VEndôme 2541 56 RELATIONS m&m r7i>*N/r Belrnd INCORPORÉE TOUS LES ACCESSOIRES ÉLECTRIQUES (Strictement en gros) « Le Temple de la lumière » BEN BELAND, Prés.JEAN BELAND, Ing.P., sec.-très.7152, boul.Saint-Laurent, Montréal - GR.2465* ON JUGE L'ARBRE D'APRÈS LE FRUIT .et une bonne maison, comme J.-W.Jetté, d\u2019après les travaux qu\u2019elle exécute.Or, nos travaux en chauffage-plomberie pour hôpitaux, églises, maisons d\u2019enseignement, établissements industriels prouvent que nous disposons d\u2019une main-d\u2019œuvre qualifiée, qui allie la théorie à la pratique.Système de combustion, service d\u2019hydrothérapie, ventilation, buanderies, cuisines, etc., rien en ce domaine ne nous est étranger! 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