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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1955-09, Collections de BAnQ.

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[" Septembre 1955 La conférence de Genève succès ou échec?Henri SCHUBIGER L\u2019avenir de l\u2019enseignement au Canada anglais Sidney SMITH «Ventre affamé n\u2019a point d\u2019oreilles» Guy de MERLIS Les grandes lignes d\u2019un conflit industriel Albert PLANTE Québec: ses u service de la chanson française Congrès d\u2019histoire des religions BEVUE » U MOIS SOMMAIRE SEPTEMBRE 1955 Éditoriaux.225 Le cinquantenaire de l\u2019Oratoire Saint-Joseph.\u2014 Après Genève.\u2014 Au Vietnam.Articles LES GRANDES LIGNES D\u2019UN CONFLIT INDUSTRIEL .Albert Plante 227 L\u2019AVENIR DE L\u2019ENSEIGNEMENT AU CANADA ANGLAIS.Sidney Smith 230 QUÉBEC : SES PÊCHERIES, SES PÊCHES.Gérard Barbin 233 « VENTRE AFFAMÉ N\u2019A POINT D\u2019OREILLES ».Guy de Merlis 235 Commentaires.238 Moderne après quatre cents ans.\u2014 « Le xxe siècle appartient au Canada ».\u2014 Alcoolisme et névrose.Au fil du mois.240 Acadie 1755-1955.\u2014 Uéducation nationale.\u2014 Triste catholicisme.\u2014 La parole est au procureur général.\u2014 Qu'on dénonce les criminels ! Articles LA CONFÉRENCE DE GENÈVE : SUCCÈS OU ÉCHEC?.Henri Schubiger 241 CONGRÈS D\u2019HISTOIRE DES RELIGIONS.Jean Bouchard 244 AU SERVICE DE LA CHANSON FRANÇAISE., .Jean-Paul Gingras 246 Les livres.L\u2019Évangile de Jésus-Christ 1 Épîtres de saint Jean ] ' ' ' Préjugés des catholiques contre la lecture de la Bible La Sainte Bible expliquée Leçons sur la Bible\t\u2022 Petite Introduction à la lecture de la Bible San Pedro Claver, S.J.La Religion et la Formation de la 1 civilisation occidentale\t> , La Réponse des moines La Phénoménologie et la Foi.La Troisième Révolution .Yoga.Climat moral des professions ' judiciaires Justice humaine, Justice ( \u2019 \u2019 \u2019 divine Le Règlement des conflits de droit en relations du travail.Tableau des Etats-Unis.Julien Harvey .Wilfrid Girouard .Joseph-H.Ledit .M.-J.d\u2019Anjou .Jean Racette .Henri Gratton .Julien Harvey .M.-J.d\u2019Anjou .Albert Plante .M.-J.d\u2019Anjou 247 Société .Nouvelle de Publicité Sn Fl.1153 C.1610 ouest, rue Sherbrooke, Montréal DÉPOSEZ VOS ÉCONOMIES À LA Banque D\u2019Épargne DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTRÉAL Editeurs de : «VEDETTES » (Who\u2019s Who en français) «DISQUES DU FOYER CHRETIEN» Province de Québec «PARADIS DU TOURISTE» IL Y A UNE SUCCURSALE DANS VOTRE VOISINAGE Examens de la vue\t\u2022\tTraitements orthoptiques\t\u2022\tVerres correcteurs UR\tUAUL LIUDENS,\tO.D.\tOPTICIEN-OPTOMÉTRISTE\t \tConsultations sur rendez-vous\t HA.9185\t\u2022\tCentre Médical de Montréal\t\u2022\t3450, rue Saint-Denis Autorisé comma enroi pestai de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa. XVe année, N° 177\tMontréal\tSeptembre 1955 É D I T O Jje cinquantenaire de l\u2019Oxatoixe Saint-fioâeph T L CONVENAIT de souligner solennellement le demi- siècle de grâces que symbolise, pour les fidèles de Montréal et même d\u2019ailleurs, le sanctuaire érigé à la gloire de saint Joseph sur la montagne de Ville-Marie.La magnificence des fêtes religieuses qui, du 31 juillet au 9 août, marquèrent cet anniversaire dépassa tous les vœux.Le mérite en revient aux Pères de Sainte-Croix qui, selon le mot de notre cardinal, marchent « à l\u2019avant-garde de l\u2019apostolat dans tous les domaines ».Pour clore la neuvaine de messes, de prières et d\u2019étude qui s\u2019est déroulée à cette occasion, S.Ém.le cardinal Léger, légat du Pape en l\u2019occurrence, \u2014 honneur unique peur sa ville, sinon pour lui-même, \u2014 a couronné, au nom de Pie XII, la statue de saint Joseph que bénissait, il y a cinquante ans, le saint pape Pie X.Aux grandioses cérémonies que plusieurs évêques, avec S.Ém.le cardinal McGuigan, de Toronto, honorèrent de leur présence et de leur concours; à la réception par laquelle la ville de Montréal acclama le légat papal, celui-ci, en sa qualité de représentant du Chef suprême des chrétiens, a voulu donner un sens et une orientation pratiques.Nous nous plaisons à lui faire écho.Le premier ministre M.Duplessis, qui venait de promettre au légat du Pape le respect et la soumission de la province de Québec, entendit Son Éminence lui mander de prendre les mesures requises pour empêcher qu\u2019on ne viole chez nous le repos dominical.En effet, s\u2019il importe à la paix sociale et au bon ordre chrétien que les ouvriers fréquentent l\u2019église, pratiquent au travail une juste diligence et se montrent partout dociles aux pouvoirs établis, il n\u2019importe pas moins d\u2019exiger que les patrons et autres chefs sociaux offrent, les premiers, l\u2019exemple de l\u2019obéissance au Roi des rois en observant, conformément à notre foi et à nos lois, le jour qui lui est consacré.RIAUX Quant au maire de Montréal, le légat l\u2019a pressé de continuer et de mener jusqu\u2019au bout la lutte qu\u2019il a courageusement entreprise contre le vice et l\u2019immoralité publiques, en particulier contre la littérature obscène, que des lois mal formulées ou négligemment appliquées permettent aux corrupteurs de répandre impunément.Aurions-nous tort de penser que la façon de s\u2019exprimer de Son Éminence comporte, à l\u2019adresse de M® Drapeau, d\u2019encourageantes félicitations?Elles compensent alors surabondamment, dans le cœur du maire, la malveillance des chicanes que la pègre et la presse de bas étage cherchent à lui susciter.cApxèâ Qeneve MKRUSTCHEF, secrétaire général du parti \u2022 communiste, se rend à Belgrade pour y chanter palinodie auprès de Tito, le pur entre les purs marxistes.M.Molotov, ministre des Affaires étrangères de l\u2019U.R.S.S., présente des excuses à M.Dulles, secrétaire d\u2019État du gouvernement américain, au sujet de l\u2019incident d\u2019avion survenu au-dessus du détroit de Béring.Le pandit Nehru parcourt le monde afin de réunir les forces d\u2019un « troisième front », qui ne peut se recruter que dans le monde occidental.Les Quatre Grands se rencontrent à Genève pour se livrer une bataille de politique internationale en même temps que de prestige électoral.M.Chou-En Lai veut causer avec M.Dulles, en attendant la rencontre des ministres des Affaires étrangères qui aura lieu à Genève en octobre prochain.Les agronomes russes visitent les champs de maïs de l\u2019Iowa avant de passer au Canada; une douzaine de journalistes canadiens sont invités à Moscou; notre propre ministre des Affaires extérieures doit s\u2019y rendre après le chancelier Adenauer.Et le reste, et le reste.En voilà assez pour démontrer que le vent est à l\u2019euphorie universelle.Mais où veut-on en venir par ces procédés ?cA Son Cxcellence AigX Pexcival Caza, nommé coadj.uteux du diocèse de Vallegfield avec dxoit de succession, la xevue uPelations \u201d pxéSente ses xespectueux hommages et ses voeux. Le problème est pourtant simple, et c\u2019est l\u2019U.R.S.S.qui en a la clef.Il s\u2019agit, en effet, de libérer les pays satellites: en particulier, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Lithuanie, l\u2019Estonie, la Latvie, tour à tour victimes de l\u2019hitlérisme et du communisme.Nous ne disons pas que l\u2019événement doit avoir lieu demain, ni qu\u2019il faut pour le réaliser déclencher la guerre.Mais nous n\u2019avons pas le droit de perdre de vue que tel est l\u2019objectif premier de notre politique internationale.Au lieu de gaspiller du temps en salamalecs, nous devrions profiter à fond des difficultés intérieures et extérieures qu\u2019éprouve l\u2019U.R.S.S.\u2014 entre autres, du réarmement de l\u2019Allemagne dans les cadres de l\u2019O.T.A.N.\u2014 pour mener avec vigueur une politique de libération.Foin du marchandage: nous n\u2019avons pas à renoncer au réarmement de l\u2019Allemagne pour obtenir sa réunification (si fort que nous puissions désirer ce bonheur pour les Allemands).Le prix de la paix, c\u2019est la libération des peuples esclaves, et c\u2019est l\u2019U.R.S.S.qui doit le payer.Sans doute, vaut-il mieux se donner des poignées de main que de brandir le poing.Hélas! jusqu\u2019à ce jour, l\u2019U.R.S.S.n\u2019a libéré qu\u2019une douzaine d\u2019aviateurs américains d\u2019ailleurs détenus injustement, alors qu\u2019elle retient en servitude des milliers et des milliers de soldats allemands, italiens et japonais; elle n\u2019a fait que parler de la libération du cardinal Mindszenty; elle continue toujours à détruire, tantôt violemment, tantôt savamment, toute croyance en Dieu dans les esprits et dans les cœurs; elle n\u2019a pas cédé un pouce du territoire mal acquis, sinon en Autriche, où, depuis dix ans, elle obstruait la signature d\u2019un traité de paix, bien que ce petit pays eût été le premier à subir l\u2019écrasement nazi.Pour apaiser nos craintes et rendre l\u2019espoir au monde, il faut plus que des sourires, il faut des faits.Ni les poignées de main de Munich n\u2019ont empêché la guerre de 1939; ni les embrassades de Napoléon et d\u2019Alexandre, la guerre de 1812; ni les baisers Lamou-rette, la révolution française.Nous ne pouvons oublier que les Russes sont de grands joueurs d\u2019échecs, les plus grands même, et qu\u2019ils savent, selon les ruses de ce jeu, sacrifier peu de chose, un pion, et parfois beaucoup, un cavalier, une tour, pour faire échec et mat.c4u Vietnam 1ES ACCORDS de Genève (art.14) prévoient des J élections « qui réaliseront l\u2019unité du Vietnam ».Or, le premier ministre du Vietnam-Sud, M.Ngo-Dinh Diem, a refusé de se rendre aux pourparlers préparatoires aux élections, qui devaient commencer le 20 juillet.C\u2019est là une violation des termes de l\u2019armistice.Mais il faut ajouter aussitôt que c\u2019est le bon sens et la justice qui l\u2019ont dictée.D\u2019abord, le Vietnam-Sud n\u2019a eu mot à dire lorsque la France, l\u2019Angleterre et la Chine ont négocié dans son 226 dos le partage au 17e parallèle.La France pouvait voir dans les Accords une manière diplomatique de « sauver la face » en Orient, à la suite du drame de Dien-Bien Phu.Ho-Chi Minh, lui, pouvait y voir un sursis de deux ans avant de recueillir sur un plateau d\u2019argent les fruits de sa victoire militaire, c\u2019est-à-dire tout le Vietnam.Car si la France et l\u2019Angleterre, signataires des Accords, peuvent garantir un plébiscite libre dans le Vietnam-Sud, il n\u2019en va pas de même dans le Vietnam-Nord, où se trouve concentrée la majorité de la population.Les grandes puissances n\u2019ont pu assurer des élections libres ni en Pologne, ni en Hongrie, ni en Tchécoslovaquie, ni en Lithuanie, ni en Estonie, ni en Latvie, ni dans un seul pays tombé sous le joug bolchevique.Quand donc le premier ministre Ngo-Dinh Diem refuse de rencontrer Ho-Chi Minh, il ne fait, par son geste, que rappeler aux pays signataires que Ho-Chi Minh n\u2019a jamais eu l\u2019intention de tenir des élections libres, et que la Commission de Contrôle, malgré la bonne volonté des représentants canadiens, n\u2019y pourra pas grand-chose.M.Ngo-Dinh Diem n\u2019a d\u2019ailleurs pas besoin d\u2019attirer l\u2019attention des grandes puissances sur ce qui s\u2019est passé derrière le rideau de bambou, en Chine et en Corée, et derrière le rideau de fer, en Europe; il n\u2019a qu\u2019à leur mettre sous les yeux les flagrantes violations, dans le Vietnam-Nord, de l\u2019article 14, paragraphe d, qui a trait au déplacement des civils, de l\u2019article 16, relatif au renfort des troupes, et de l\u2019article 17, relatif au réarmement.Un fait semble d\u2019ores et déjà acquis: le Vietnam n\u2019a pas été un objet de politique nationale, mais l\u2019enjeu d\u2019une politique internationale.Or, ce n\u2019est pas en livrant en otages des pays, si petits et si lointains soient-ils, qu\u2019on sauvera la paix du monde.Par sa fin de non-recevoir, le premier ministre Ngo-Dinh Diem signifie tout simplement aux puissances de l\u2019Ouest qu\u2019on ne joue pas au poker quand les cartes sont truquées.Cours de religion au Gesù Le P.Marcel Marcotte, S.J., prédicateur du carême au Gesù et professeur à l\u2019Institut supérieur des Sciences religieuses de l\u2019Université de Montréal, inaugurera à la fin du mois de septembre, dans la salle du Gesù, une série de cours de religion destinés au grand public.Beaucoup de nos catholiques, hommes et femmes, jeunes gens et jeunes filles, éprouvent la nécessité de rafraîchir ou de compléter leur culture religieuse.C\u2019est à eux que ces cours s\u2019adressent.La première série débutera le lundi 26 septembre, à huit heures et demie du soir, et se poursuivra chaque lundi, à la même heure, jusqu\u2019au 28 novembre.Ces cours sont gratuits.RELATIONS LES GRANDES LIGNES D'UN CONFLIT INDUSTRIEL Albert PLANTE, S.J.AU COURS DE L\u2019ÉTÉ, les villes de Shawinigan et /A de Grand-Mère ont été en vedette par suite de vastes conflits industriels.La ville de Shawinigan le fut davantage, car il y eut à un moment donné trois grèves simultanées: à l\u2019usine Belgo de la compagnie Consolidated Paper, chez Dupont of Canada Limited (produits chimiques) et à la Canadian Carborundum.La ville de Grand-Mère, elle, connut un seul conflit: celui de l\u2019usine Laurentide de la Consolidated Paper.Au début d\u2019août, tous les conflits étaient réglés, sauf celui des usines Belgo et Laurentide.C\u2019est de ce conflit seulement qu\u2019il sera question ici.Conflit particulièrement compliqué.Le fait qu\u2019il coïncida un temps avec les autres arrêts de travail ne fut pas sans augmenter son acuité.Si Shawinigan et Grand-Mère ont été en vedette, la Confédération des Travailleurs catholiques du Canada (C.T.C.C.) l\u2019a été autant, sinon davantage; dans chaque conflit, la partie ouvrière était représentée par un de ses syndicats affiliés.Une rumeur a circulé (le Financial Post du 16 juillet lui a assuré une large diffusion), insinuant que la série de grèves a constitué pour la C.T.C.C.une épreuve de force à la veille de la fusion des deux unions ouvrières internationales.Opinion difficile à prouver.Ce qui paraît plus fondé, c\u2019est qu\u2019on désirait obtenir de compagnies toutes financièrement solides un salaire de base hebdomadaire qui permît de boucler le budget hebdomadaire d\u2019une famille de trois enfants ($65.96), tel qu\u2019établi par le Service de Recherches de la C.T.C.C., à l\u2019aide des chiffres officiels du Bureau fédéral de la Statistique.Quoi qu\u2019il en soit de la valeur de ces conjectures, on verra que le conflit avec la Consolidated Paper avait ses raisons particulières.* On m\u2019avait dit de M.William Brûlé, le président du syndicat de l\u2019usine Belgo: « C\u2019est l\u2019homme le plus souple qu\u2019on puisse imaginer.» Si un tel homme ne ménageait ni son temps, ni son argent, ni sa santé, c\u2019est donc que le conflit avait chance d\u2019être sérieux.M.Brûlé, qui pourra dans deux ans jouir de sa pension, est président-fondateur du syndicat; il occupa ce poste de 1944 à 1949, et il est revenu à la présidence au printemps de cette année.J\u2019ai pu constater la justesse de la remarque faite à son sujet.Ce n\u2019est ni un esprit buté, ni un démagogue.Interrogé sur les causes du conflit, il en énuméra trois: le caractère tyrannique du travail, le mépris affiché par la compagnie à l\u2019égard des chefs du syndicat, le travail du dimanche.Caractère tyrannique du travail.\u2014 « J\u2019ai dit au gérant de la Belgo que, s\u2019il interrogeait les huit cents ouvriers, chacun lui dirait qu\u2019il est énervé par une surveillance constante visant à obtenir de lui un rendement maximum à chaque seconde de chaque minute.Tous se sentent malheureux.» On m\u2019a affirmé que le gérant de l\u2019usine Laurentide était compréhensif pour les ouvriers.Mépris des chefs du syndicat.\u2014 Au moment où les syndicats de Shawinigan et de Grand-Mère, une fois franchie l\u2019étape des négociations, avaient demandé la conciliation, la Consolidated Paper afficha dans les deux usines et fit insérer dans les journaux de la région une lettre que les présidents des syndicats n\u2019avaient reçue que la veille et qu\u2019ils n\u2019avaient donc pas eu le temps de communiquer à leurs syndiqués.Cette lettre habile disait, entre autres choses, que la compagnie accordait une augmentation égale à cinq pour cent du salaire, avec rétroactivité au premier mai.M.Brûlé me disait que le gérant de la Belgo lui a avoué: « Maybe we are both wrong in our business.Nous avons peut-être tort tous les deux dans cette affaire.» N\u2019était-ce pas laisser entendre que l\u2019accusation d\u2019illégalité pouvait aussi être portée contre la compagnie ?M.Jean Marchand a déclaré au cours d\u2019une assemblée: « La vraie raison du conflit, c\u2019est le droit des travailleurs de se faire représenter par le syndicat.» Une personne étrangère au conflit me parlait dans le même sens.Le travail du dimanche.\u2014 Je crois qu\u2019il a joué un rôle important dans le conflit, et que ce n\u2019est pas un motif que le syndicat a invoqué sur le tard pour redorer, aux yeux de l\u2019opinion publique, une affaire en train de se gâter.Ce qui va suivre découle de plusieurs entrevues.* Parmi les demandes faites par les syndicats de la Belgo et de la Laurentide, qui comptent respectivement environ 800 et 700 ouvriers, figurait une augmentation de $0.15 l\u2019heure, soit de 10% du salaire de base, qui est actuellement de $1.46.La compagnie était prête à accorder une augmentation de cinq pour cent, mais moyennant une entente, détachée de la convention collective de travail, sur la production du papier le dimanche; la loi interdisant le travail du dimanche, il ne peut être question d\u2019une clause explicite dans la convention collective elle-même.A Grand-Mère, la Consolidated Paper faisait de cette entente une condition nécessaire de l\u2019augmentation, tandis qu\u2019à Shawinigan, elle se disait prête à concéder l\u2019augmentation pourvu que le syndicat lui laissât espérer la possibilité du travail le dimanche.Il s\u2019agissait de récupérer, le dimanche, la production perdue en semaine.Il semble toutefois que ce n\u2019était pas là l\u2019unique but de la compagnie.Ainsi, on lisait parmi les amendements qu\u2019elle proposait à la convention collective de travail de SEPTEMBRE 1955 227 l\u2019usine Belgo: « The regular operation of the pulp and paper mill will be as continuous as possible, subject to Management's discretion.La production régulière du moulin de pulpe et de papier sera aussi continue que possible, au gré de la direction.» Un amendement identique était proposé pour l\u2019usine Laurentide.On voit iusqu\u2019où peut conduire cet amendement, si on le prend à la lettre.Vers la fin de juin, la compagnie publia dans les journaux de la région une annonce sous le titre: « A propos du dimanche.La Consolidated Paper ne produit pas de papier le dimanche.» Cette annonce avait un caractère moins absolu que celui de l\u2019amendement, sans doute à cause de la résistance des représentants des syndicats.En voici le passage capital.Tout ce que la compagnie a demandé au syndicat, c\u2019est le consentement de ses membres et leur coopération pour produire du papier, en cas de force majeure seulement, en travaillant quelques heures de plus, passé minuit le samedi soir, pour reprendre la production perdue, si jamais celle-ci s\u2019élève à des proportions démesurées.Il peut se produire dans une usine de papier un sérieux contretemps: bris de machinerie, panne d\u2019électricité ou autre avarie considérable, ou encore une longue perte de temps résultant de changements importants apportés à une machine en vue d\u2019améliorer son rendement.Ce contretemps pourrait réduire notre production normale d\u2019une façon alarmante et nous empêcher de faire face à d\u2019impérieuses obligations envers nos clients.Le but ultime de la Fédération nationale de la Pulpe et du Papier, c\u2019est la suppression de tout travail le dimanche, même celui qu\u2019exigent les réparations: on aurait le temps d\u2019effectuer celles-ci en arrêtant la production à quatre heures le samedi après-midi.Ces réparations se faisaient autrefois la semaine.Elles empiétèrent sur le dimanche à partir de la fin de la dernière guerre, quand la demande de papier augmenta.Cette demande croît constamment: tentation pour la compagnie de ne voir en semaine qu\u2019aux réparations strictement nécessaires, de renvoyer les autres au dimanche et même de produire ce jour-là.Tentation d\u2019autant plus grande que d\u2019autres compagnies ailleurs agissent ainsi.Les exécutifs des syndicats de la Belgo et de la Laurentide ont maintenu, au cours des négociations, des positions très fermes sur le travail du dimanche.M.Brûlé me disait: « Si on commence à permettre le travail du dimanche, on ne pourra pas en sortir, à cause de l\u2019attrait de la grosse paye.Bien des ouvriers sont prêts à travailler le dimanche.» M.Gaston Ricard, président du syndicat de la Laurentide, m\u2019a parlé dans le même sens.Le travail du dimanche apporte un salaire de deux fois, voire de trois fois supérieur à celui d\u2019un jour de semaine.Il arrive ainsi à des papetiers (paper-makers) de gagner, le dimanche, de $30 à $40; d\u2019autres gagnent de $15 à $20.Un certain nombre de contremaîtres prennent l\u2019initiative de renvoyer au dimanche des travaux de réparation afin d\u2019augmenter leur propre paye et celle d\u2019autres employés.A son congrès de la mi-juillet, la Fédération nationale de la Pulpe et du Papier s\u2019est fixé comme principal objectif la lutte contre le travail du dimanche.Elle songe à une vaste campagne d\u2019éducation en ce sens.Afin d\u2019en assurer le succès, elle a établi, pour une période indéterminée, une contribution hebdomadaire de vingt-cinq sous par membre, à partir du 18 juillet.Un comité, formé par la C.T.C.C., a entrepris une enquête élaborée sur toute cette question.La Fraternité internationale des Travailleurs dans les moulins de pulpe, de sulphite et de papier (International Brotherhood of Pulp, Sulphite and Paper Mill Workers), affiliée à la Fédération américaine du Travail (F.A.T.) et au Congrès des Métiers et du Travail du Canada (C.M.T.C.), est plus conciliante à propos du travail du dimanche que la Fédération nationale de la Pulpe et du Papier (F.N.P.P.), affiliée à la C.T.C.C.Un autre fait complique la situation: les négociations entre les compagnies de papier et les unions affiliées à la Fédération américaine du Travail se font habituellement avant celles de la Fédération nationale de la Pulpe et du Papier.Jusqu\u2019au conflit actuel, celle-ci a toujours subi les conditions de travail que la Consolidated Paper venait de négocier avec l\u2019autre union.L\u2019année 1953 laissa à plusieurs un souvenir amer.Cette année-là, des tribunaux d\u2019arbitrage, institués à la demande de la Fédération nationale, rendirent des décisions majoritaires en faveur de la réduction \u2014 par étapes \u2014 de la semaine de quarante-huit heures, avec pleine compensation; cela signifiait un salaire horaire de $1.50 pour quarante heures.La Fédération américaine du Travail avait, cette fois, suspendu ses propres négociations en attendant les décisions des tribunaux d\u2019arbitrage.Forte de son triomphe, la Fédération nationale invita la F.A.T.à présenter les mêmes demandes; il s\u2019agissait, dans un cas, de négociations postarbitrales, dans l\u2019autre, d\u2019une simple reprise des négociations.La F.A.T.refusa de faire front commun et accepta la semaine de quarante heures sans pleine compensation, soit $1.46 l\u2019heure, au lieu de $1.50.Fidèle à un « vieux péché », selon le mot d\u2019un officier de la C.T.C.C., un syndicat de la Fédération nationale de la Pulpe et du Papier passa de nouveau dans le sillon de la Fédération américaine du Travail, malgré les décisions majoritaires des tribunaux d\u2019arbitrage et de forts votes de grève pris ailleurs.Finalement, les autres syndicats suivirent.En 1955, certains prônèrent l\u2019opportunité d\u2019une attitude plus personnelle.Les unions affiliées à la F.A.T.ont accepté une augmentation de cinq pour cent du salaire horaire et se sont montrées conciliantes au sujet du travail du dimanche.Ceux de la C.T.C.C.qui étaient en faveur d\u2019une attitude plus personnelle se dirent: « Ça ne se passera pas ainsi! Nous allons exiger, dix pour cent d\u2019augmentation et nous allons refuser toute entente au sujet du travail du dimanche.Cette augmentation assurera aux ouvriers un salaire hebdoma- 228 RELATIONS daire conforme au budget hebdomadaire type et enlèvera ainsi son attrait au travail du dimanche.» * Au cours de l\u2019assemblée décisive convoquée par le syndicat de Shawinigan, M.Brûlé suggéra aux ouvriers d\u2019accepter la hausse de cinq pour cent offerte par la compagnie \u2014 en dépit du caractère insolite de cette offre \u2014 et de s\u2019en remettre à la conciliation et, au besoin, à l\u2019arbitrage, pour obtenir davantage et pour régler définitivement la question du travail du dimanche.M.Michel Chartrand, depuis quelques mois conseiller technique du Conseil central des Syndicats nationaux de Shawinigan, caractère bien différent de celui de M.Brûlé, fut d\u2019un autre avis.Il dit à peu près ceci aux ouvriers: « L\u2019expérience de 1953 nous enseigne que la compagnie est décidée à donner ce que la Fédération américaine du Travail a déjà accepté; cinq pour cent d\u2019augmentation, avec souplesse à l\u2019égard du travail du dimanche.La conciliation et l\u2019arbitrage ne vous obtiendront finalement rien de plus.L\u2019arrêt de travail est le seul moyen sûr de gagner ce que nous voulons.» M.Brûlé m\u2019avoua que, s\u2019il ne partageait pas l\u2019avis de M.Chartrand sur la façon de conduire l\u2019affaire, il était convaincu, en son for intérieur, que la conciliation et l\u2019arbitrage n\u2019auraient guère de portée pratique.Notons que M.Brûlé n\u2019était pas le seul à préférer suivre la filière ordinaire.D\u2019autres officiers de la F.N.P.P.pensaient comme lui.L\u2019assemblée se déroula à peu près de la même façon à Grand-Mère.Une forte délégation des ouvriers de la Belgo y assista, vivement désireuse d\u2019obtenir la solidarité entre les deux syndicats.La suite des événements prit une tournure différente aux deux endroits.A Shawinigan, où l\u2019esprit syndical est plus fort et l\u2019activité industrielle plus diverse, l\u2019arrêt de travail fut pratiquement complet au début et resta substantiel.Avec le temps, des syndiqués retournèrent au travail.Lors de mon passage, le 3 août, ils étaient environ trois cents sur un total de huit cents; la compagnie aurait embauché, de plus, pour la circonstance, une centaine d\u2019employés non syndiqués.Les trois cents, m\u2019a-t-on dit, restaient, au fond, fidèles au syndicat.A Grand-Mère, le bloc des ouvriers fidèles à l\u2019arrêt du travail s\u2019effrita assez vite; au début d\u2019août, six cents ouvriers, sur sept cents, étaient retournés au travail.Comme les travailleurs clefs faisaient partie du groupe, la production était quasi normale; à Shawinigan, au contraire, la production était faible et de mauvaise qualité, tant à cause du nombre moindre des ouvriers qu\u2019à cause de l\u2019absence des travailleurs importants.La situation particulière de Grand-Mère aide à comprendre pourquoi la Fédération américaine du Travail a fait porter là son effort de recrutement, créant ainsi un problème de rivalité syndicale.Le retour des ouvriers à l\u2019usine de Grand-Mère fut facilité par la présence de la police provinciale.J\u2019ai entendu deux sons de cloche sur cette présence.Le premier: « La grande différence entre Shawinigan et Grand-Mère, c\u2019est que la police provinciale est venue à Grand-Mère.Sa présence a compliqué la situation et fait le jeu de la compagnie.» L\u2019autre, rendu par un homme sans préjugé contre les ouvriers: « Ce ne sont pas des incidents graves qui ont motivé la venue de la police provinciale.La situation était plus complexe à Grand-Mère qu\u2019à Shawinigan, parce que, les ouvriers étant divisés sur l\u2019opportunité d\u2019arrêter le travail, des troubles restaient possibles.On ne peut savoir avec certitude s\u2019il y aurait eu ou non des troubles graves.Ce qui est sûr, c\u2019est que, dans l\u2019éventualité de troubles sérieux, la police municipale, qui ne compte qu\u2019une douzaine de membres, aurait été débordée.La venue de la police provinciale a tiré une épine du pied de la police municipale.» Le maire de Grand-Mère a refusé de se rendre à la demande de la compagnie qui le pressait de faire venir la police provinciale.« Je ne voulais pas courir le risque que se produisent ici les incidents malheureux qui se sont passés à Asbestos et à Louiseville.» Il opposa le même refus à un groupe d\u2019ouvriers qui lui présentèrent la même demande afin de retourner plus facilement au travail; une douzaine d\u2019heures plus tard, ils retirèrent leur demande en priant le maire de ne pas invoquer leur première démarche s\u2019il décidait de solliciter l\u2019aide de la police provinciale; eux non plus ne voulaient pas porter la responsabilité de troubles éventuels.C\u2019est à l\u2019insu du maire que la compagnie fit venir la police provinciale.Quant au jugement qu\u2019il portait sur le mode de cette présence, il était favorable.* Une autre question suscite beaucoup de discussions, celle de la légalité ou de l\u2019illégalité de l\u2019arrêt de travail.D\u2019après le ministère du Travail, il y a illégalité.Dans une lettre au ministre (le Travail, 24 juin), M.Gérard Picard, président de la C.T.C.C., rappela que les ouvriers avaient quitté l\u2019ouvrage après que les gérants eurent rompu eux-mêmes les négociations en rendant publiques des décisions prises unilatéralement et communiquées aux syndiqués par-dessus leurs chefs.Parlant des conditions de retour au travail, il émit l\u2019opinion qu\u2019en démissionnant comme employés de la compagnie, les ouvriers se trouvent à « briser le lien légal qui paraît compliquer le présent litige » et à permettre la reprise immédiate des négociations en vue de la prochaine convention collective.Recourir à cette alternative, c\u2019est se dispenser « de l\u2019obligation de recourir à la conciliation et à l\u2019arbitrage ».Cette méthode est exceptionnelle; mais dans les entreprises « où la main-d\u2019œuvre ne peut être remplacée facilement, c\u2019est un moyen légal d\u2019assurer des négociations de bonne foi ».SEPTEMBRE 1955 229 On ne peut se défendre de l\u2019impression qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019une subtilité légale.Le conflit actuel constitue bien un arrêt de travail illégal.Or, l\u2019illégalité \u2014 celle des employés et celle des employeurs \u2014 attente au prestige dont il faut entourer les lois.Toutefois, on n\u2019a pas tout réglé par cette assertion.A l\u2019occasion d\u2019un conflit illégal, il importe de nous demander si notre législation ouvrière est parfaitement au point, ou plutôt si cette législation, qui, en soi, a de bonnes qualités, est toujours appliquée dans un bon esprit.Les lenteurs trop fréquentes de la conciliation et de l\u2019arbitrage, la façon de choisir les membres des tribunaux d\u2019arbitrage, la constitution et le mode de fonctionnement de la Commission des Relations ouvrières, les injonctions de toutes sortes qui sont susceptibles d\u2019être prises, voilà qui complique parfois beaucoup la solution des différends et peut occasionner des conflits illégaux.Le conflit que nous étudions n\u2019aurait vrai semblablement pas éclaté si l\u2019on avait eu pleine confiance dans la conciliation et l\u2019arbitrage.Ajoutons que certaines intempérances de langage, certains manques de mesure ont singulièrement compliqué la marche des événements.Dans le cas actuel, ces remarques sur la conciliation et l\u2019arbitrage ne suffisent pas.En 1953, la Fédération nationale de la Pulpe et du Papier n\u2019eut aucune raison U avenir de renseignement au Canada anglais Sidney SMITH D\u2019APRÈS L\u2019ENQUÊTE de M.Sheffield, les prévisions relatives au nombre des jeunes qui fréquenteront bientôt collèges et universités au Canada n\u2019ont rien de réjouissant.Nous devons, certes, considérer avec fierté les chiffres qui marquent le progrès numérique de notre pays: ils prouvent que le Canada est en train de réaliser un de ses objectifs, qui est l\u2019accroissement de sa population.Il est bon de contempler l\u2019image de l\u2019avenir.Josh Billings écrivait un jour: « Ne prédis rien dont tu ne sois certain.» Or, les chiffres que présente M.Sheffield pour évaluer la population d\u2019âge scolaire constituent des faits, non des prédictions.Les enfants qui frapperont à nos portes en 1960 sont déjà nés.Ils peuplent les écoles élémentaires.On ne doit donc pas dire que l\u2019inscription aux petites écoles apparaît comme une excroissance: une excroissance a une fin, de même qu\u2019un commencement et un milieu.Ce n\u2019est pas non plus une marée qui gonfle nos écoles, car les marées ont leur jusant.Ce qui définit la situation des écoles élémentaires et secondaires, c\u2019est l\u2019accès à un palier numérique nouveau.230 de se plaindre des tribunaux d\u2019arbitrage.C\u2019est l\u2019attitude de la compagnie, imposant pour ainsi dire à la F.N.P.P.les conditions de travail négociées avec la Fédération américaine du Travail, qui constitue la principale source de difficultés.Ce danger n\u2019est pas disparu.C\u2019est le sort de la C.T.C.C.d\u2019être parfois coincée entre une compagnie puissante et une union ouvrière dont le rayon d\u2019action s\u2019étend à travers tout le pays.Pareille situation amène des problèmes dont l\u2019acuité n\u2019est pleinement connue que de ceux qui les vivent.Il y a là ample matière à considération.* Telles sont les grandes lignes de ce conflit, et les réflexions qu\u2019il suggère.Nous disions au début qu\u2019il était particulièrement compliqué.On aura pu constater la vérité de cette assertion.On admettra également qu\u2019il y avait une réelle source de malaise.Il faut arriver aux solutions efficaces.(.Vauteur de cet article a quitté Montréal le 9 août pour une quinzaine de jours.Les événements survenus depuis cette date ne sauraient changer la portée des faits ici exposés.) A Yoccasion d\u2019un symposium organisé par la Conférence nationale des universités canadiennes pour étudier le problème de « Y accroissement du nombre des étudiants, de 1955 à 1965 », M.Smith, recteur de l\u2019Université de Toronto, prononça dans cette ville, le 10 juin dernier, le discours dont nous offrons à nos lecteurs la traduction.Il avait donné pour titre à son allocution Prospects in the English-Speaking Institutions.Avant lui, M.Sheffield avait présenté des statistiques concernant Y accroissement de la population étudiante au Canada.M.Sheffield a mesuré une tendance qui s\u2019est manifestée clairement durant les treize dernières années, et qui a porté un nombre toujours accru de jeunes de dix-huit à vingt et un ans à fréquenter collèges et universités.Il a pris soin de ne pas préjuger la question de savoir si cette tendance doit continuer.Il a montré que, si elle continue, nous pouvons nous attendre à constater dans les collèges et universités une hausse régulière du pourcentage des inscriptions due à un accroissement régulier de la population.Il ajoute une réserve importante, c\u2019est que ses prévisions ne font entrer en ligne de compte la possibilité ni de changements radicaux dans les conditions sociales et économiques, ni de modifications dans les conditions d\u2019admission aux universités ou dans les exigences académiques, ni de changements dans le prix des cours ou dans la somme des subsides accordés aux étudiants, ni d\u2019améliorations (ou de non-améliorations) dans l\u2019exercice des fonctions universitaires.RELATIONS Serons-nous prêts à résoudre les problèmes qui forcément nous solliciteront vers 1960?Chose certaine: nous n\u2019aurons pas de solution valable à offrir si nous ne commençons dès maintenant à y penser.Depuis nombre d\u2019années, plusieurs d\u2019entre nous ont claironné dans les collèges et universités les appréhensions que leur inspire l'imminente montée en flèche du nombre des étudiants.Avouons que nos avertissements ont assez peu impressionné les gouvernements, les bienfaiteurs privés ou le public en général.M.Sheffield a établi qu\u2019en 1950-1951, il y avait dans nos institutions d\u2019enseignement supérieur 7.2% de la population d\u2019âge collégial (c\u2019est-à-dire de dix-huit à vingt et un ans).Simultanément, le même pourcentage aux États-Unis était de 19.3.Disons-le en passant: certains de nos voisins pensent que 25% des élèves des high schools ont le talent requis pour poursuivre des études supérieures (voir Nature and Needs of Higher Education, rapport de la Commission chargée d\u2019étudier le financement de l\u2019enseignement supérieur, New-York, Columbia University Press, 1952, pp.46 ss.).Il y a cinq ans, comme je l\u2019ai dit, près du cinquième de la population américaine d\u2019âge collégial fréquentait les collèges et universités; au Canada, 7% seulement; au Royaume-Uni, de 3 à 4% (voir Lmiversity Development, rapport du Comité chargé d\u2019étudier les octrois universitaires, Londres, Office de la papeterie de Sa Majesté, 1953, p.21).On aurait tort d\u2019en conclure que les Américains sont cinq fois mieux instruits que les Anglais, les Écossais et les Gallois, ou trois fois mieux que les Canadiens.Les normes qualitatives sont capitales en éducation.Si notre système d\u2019éducation a tendance à copier celui d\u2019Angleterre plutôt que celui des États-Unis, il n\u2019y a pas lieu de crier à la catastrophe nationale.Nous devrions, je pense, nous le rappeler en cherchant à prévoir l\u2019avenir.Un changement dans le courant mesuré par M.Sheffield \u2014 courant qui porte vers les universités un pourcentage toujours plus élevé d\u2019une population toujours croissante \u2014 ne signifierait pas que nos universités ont failli à leur devoir de servir la société canadienne.Je l\u2019ai souvent répété: les diplômes ne sont pas les seules garanties du succès personnel.Un degré universitaire devrait être l\u2019attestation qu\u2019on peut tenir un rôle de premier plan dans les domaines de l\u2019éducation, de la religion, des professions libérales, du commerce ou de la politique; mais on n\u2019en a pas besoin pour être un utile citoyen.Il faut réagir contre le préjugé à peu près général qui assimile un grade universitaire à un certificat de vaccination, ou à un brevet de bonne conduite, ou à une médaille bene merenti.Le travail universitaire exige des dispositions spéciales de diligence, d\u2019énergie et d\u2019imagination, d\u2019analyse et de synthèse, de compréhension et d\u2019intuition.Le 27 mai dernier, dans notre salle de promotions, le professeur H.J.Paton, d\u2019Oxford, déclarait qu\u2019il n\u2019est guère probable qu\u2019il y ait un seul groupe d\u2019enfants canadiens au sein duquel chacun aurait chance égale, plus tard, soit de jouer dans une équipe de la Ligue de hockey Nationale, soit de fréquenter l\u2019université.Ce n\u2019est pas snobisme académique de tenir à ce que la formation universitaire soit le privilège de ceux qui possèdent les aptitudes et l\u2019ambition qu\u2019il faut pour y réussir.A mon avis, il y a un manque de réalisme à prétendre offrir la formation universitaire à une fraction de notre jeunesse équivalant à près du quart de la population d\u2019âge collégial.J\u2019entretiens même des doutes à propos des 11% qu\u2019on lit sur les graphiques de M.Sheffield.De toute évidence, cependant, l\u2019accroissement de la population canadienne va nous forcer à satisfaire le besoin d\u2019un plus grand nombre de compétences dans les hautes professions et en bien d\u2019autres fonctions qui réclament une culture universitaire.Envisageons les faits.Parce que nous aurons à instruire un plus grand nombre d\u2019étudiants, notre effort devra tendre à perfectionner le rendement de nos entreprises universitaires en évitant la mise au pas et la formation en série.Dans les minutes qui me restent, je proposerai diverses initiatives à prendre, et j\u2019ai l\u2019espoir que des discussions d\u2019aujourd\u2019hui jailliront maintes autres suggestions plus heureuses encore.Le problème matériel de l\u2019espace requis pour les classes, les laboratoires et les bibliothèques, l\u2019argent suffira, en grande partie, à le résoudre.C\u2019est à nous de convaincre le public qu\u2019on ne saurait former convenablement les jeunes trouvés aptes au travail universitaire en 1965 à moins que de généreux octrois et de plus riches dons ne nous permettent de bâtir un plus grand nombre d\u2019édifices, d\u2019acheter plus de livres et d\u2019appareils, et d\u2019embaucher, pour l\u2019administration, les écritures et les travaux techniques, le personnel nécessaire aux institutions ainsi agrandies.Le problème du corps professoral va devenir plus sérieux.En n\u2019importe quel pays, on ne compte qu\u2019un petit nombre d\u2019esprits supérieurs.D\u2019autre part, pour citer encore le professeur Paton, « si votre corps professoral regorge de médiocrités, il ne pourra produire autre chose que des médiocrités, rabaissant de la sorte les normes mêmes de qualité dont dépendent le rendement et la réputation d\u2019une université ».Or, est-ce que nous attirons actuellement dans nos écoles supérieures la moitié seulement des jeunes hommes et des jeunes femmes de talent dont nous aurons besoin, dans cinq ou sept ans, pour enseigner dans nos collèges ?Peut-être pouvons-nous hausser l\u2019échelle des salaires de façon que, pour ce qui regarde la compétence, nous soyons en mesure de rivaliser avec le personnel du commerce, de l\u2019industrie ou de la politique.Mais le problème de la préparation d\u2019un corps professoral pour l\u2019avenir dépasse le niveau des piastres et des sous.Les hommes et les femmes de talent se dirigent vers les carrières qui rémunèrent raisonnablement; ils cherchent de plus, c\u2019est bien normal, à obtenir des conditions de travail \u2014 heures et matières de cours, nombre d\u2019élèves SEPTEMBRE 1955 231 à instruire \u2014 grâce auxquelles ils aient la joie de connaître, de former, de diriger leurs élèves en même temps que de s\u2019adonner à un travail créateur de leur choix.Ils ne feront assaut ni de réclamations ni d\u2019influences pour gagner la faveur de s\u2019éreinter dans des classes énormes et surpeuplées, et de se morfondre à lire force essais scolaires, à corriger des piles de copies d\u2019examens et à siéger dans une douzaine de comités.Ne voient-ils pas d\u2019ailleurs que le prestige, réservé autrefois à la noble fonction de maître, le public d\u2019aujourd\u2019hui en auréole gaiement les habiles agents de change, les joueurs de saxophone et les annonceurs sportifs ?Outre les problèmes de bâtiment et de personnel, celui du choix des étudiants deviendra particulièrement aigu.Les universités peuvent faire beaucoup elles-mêmes pour éviter l\u2019impasse si elles s\u2019interrogent dès ma ntenant sur l\u2019efficacité de leurs méthodes d\u2019admission.Nous admettons aujourd'hui quantité de jeunes hommes et de jeunes femmes qui n'ont ni le talent ni l'énergie morale nécessaires pour mener à bien des études supérieures.Il ne convient pas que les professeurs d\u2019université a ent affaire à des classes boursouflées et paralysées par la présence de gens qui n\u2019ont pas la capacité ou la volonté d\u2019apprendre.Dans plus de quatre-vingts universités importantes d\u2019Amérique, on a constaté que le test d\u2019aptitudes scolaires aide très efficacement à prévoir si un sujet réussira à l\u2019université.Grâce au secours financier offert par le Fonds de charité Atkinson, des universités ontariennes ont entrepris une étude en vue de savoir si le test d\u2019aptitudes scolaires peut aider à dépister les élèves des écoles secondaires de l\u2019Ontario qui ont chance de réussir à l\u2019université.On ne substituera point ce test aux examens écrits officiels; il n\u2019en sera que le complément; ce complément paraît, malheureusement, nécessaire, car on ne peut douter maintenant que les examens de la treizième année dans cette province ne soient un pauvre critérium d\u2019aptitude aux études supérieures.Vu la proportion honteuse d\u2019échecs subis par les étudiants de première année en maintes universités, je crois que nous devrions adopter cette méthode, ou n\u2019importe quelle autre, afin d\u2019améliorer nos procédés de sélection.J\u2019attache de l\u2019importance au test d\u2019aptitudes scolaires, non seulement parce qu\u2019il a valeur de crible, mais qu\u2019il peut encore servir de filet.Si l\u2019on vient à démontrer son efficacité, et si l\u2019on en fait un usage étendu, il contribuera à renseigner les universités sur les élèves des petites ou grandes écoles secondaires, à la ville ou à la campagne, qui jouissent d\u2019un haut quotient intellectuel.Ainsi pourrons-nous, les ayant découverts, mieux cultiver nos talents cachés.Si, longtemps avant 1 heure des examens, nous arrivions à déceler les élèves qui méritent d\u2019être encouragés et aidés à suivre un cours universitaire, nous remédierions grandement au gaspillage qui résulte présentement du fait que de bons élèves ne terminent pas leur cours secondaire ou, quand ils le terminent, arrêtent là leur avancement culturel.Si nous pouvions repérer les élèves qui, aptes aux études universitaires, sont empêchés de les entreprendre faute de ressources matérielles, nos appels pour la création de bourses d\u2019études plus nombreuses et plus substantielles obtiendraient un bien meilleur résultat.On est fondé à penser que les universités canadiennes de langue anglaise ne ressentiront pas toutes au même degré la pression de l\u2019accroissement numérique.Vraisemblablement, le phénomène affectera les grands centres urbains plus que les petits.Il est clair qu\u2019en certaines provinces, les universités pourraient et, bien sûr, devraient recevoir plus d\u2019étudiants qu\u2019elles n\u2019en ont accepté l\u2019an dernier, sans nuire pour autant à la qualité de leur enseignement.Nous ferions donc bien de favoriser une plus grande mobilité dans l\u2019inscription des étudiants aux diverses universités canadiennes et de divulguer plus largement les avantages spéciaux qu\u2019offre chacune de nos institutions d\u2019un bout à l\u2019autre du pays.Il n\u2019y a pas toujours profit à s\u2019enraciner chez soi.D\u2019autre part, les universités qui recrutent autant d\u2019étudiants qu\u2019elles peuvent en instruire, ou presque, doivent prendre conscience du danger qu\u2019entraîne l\u2019hypertrophie académique.Si, dans une faculté ou une école professionnelle, l\u2019inscription passe la mesure, cette faculté ou cette école cesse d\u2019être une communauté, et son effort éducatif s\u2019en trouve vicié.C\u2019est pourquoi, dans dix ans, il ne suffira pas à un gouvernement provincial de dire à l\u2019université: « Voici des octrois supplémentaires; acceptez tous les candidats en surnombre.» On ne m\u2019accusera pas, j\u2019espère, de défendre ma propre cause si j\u2019affirme que le système des collèges fédérés ou affiliés dont j\u2019ai été le recteur au Manitoba et à Toronto présente certains avantages et des possibilités de réussite pour l\u2019avenir.Dans un petit collège relié à une institution reconnue, on peut à la fois goûter l\u2019intimité propre à la cellule et profiter des richesses du corps tout entier.C\u2019est peut-être simplifier excessivement les choses; mais c\u2019est bien ainsi qu\u2019elles se passent.Je crois qu\u2019une des solutions au problème du nombre dans les universités canadiennes consiste à promouvoir les fédérations académiques.Les nouveaux collèges se fortifieraient par leur association avec les anciens, et, après quelque temps, certains d\u2019entre eux constitueraient le noyau de nouvelles universités indépendantes.Impossible, en effet, de ne pas penser qu\u2019en voyant croître sa population notre pays éprouvera le besoin de fonder de nouvelles universités.Au risque de proférer un truisme, il faut dire que les universités ne surgissent pas toutes faites comme des phénix au seul appel d\u2019un décret parlementaire.Y aurait-il moyen de faire un meilleur usage de nos ressources en créant des cours d\u2019été plus compréhensifs, ou en adoptant, à l\u2019instar de certaines universités améri- 232 RELATIONS caines, le système trimestriel, d\u2019après lequel professeurs et étudiants travaillent pendant trois des quatre trimestres de l\u2019année, de telle sorte que l\u2019activité régulière continue durant l\u2019été ?Pouvons-nous répondre sérieusement au besoin d\u2019institutions destinées à compléter la formation des étudiants qui sortent des écoles secondaires, comme les junior colleges et les écoles de technologie?Sommes-nous disposés à offrir toute l\u2019aide possible aux autorités municipales ou provinciales qui ont à cœur l\u2019établissement et le progrès de telles écoles?Par-dessus tout, nous, les universitaires, sommes-nous vraiment décidés à faire, dans nos propres villes et sur le plan national, l\u2019effort qu\u2019il faut pour regarder en avant et pour donner les directives dont le Canada aura besoin, dans quelques années, vu la situation extrêmement grave qu\u2019il affrontera ?Nous aurons alors à modifier nos manières de penser.On a vu des universités se disputer des étudiants.Certaines ont pris des attitudes mercantiles; je veux dire qu\u2019on y a considéré Québec : ses pêcheries, ses pêches,,.Gérard BARBIN IE PÈRE JÉRÔME LALEMANT écrivait en 1664 : « Je vous dirai que j\u2019aurais de la peine à croire qu\u2019il y eust pais au monde plus arrosé.Le fleuve a de grandes richesses en poissons, dont les uns lui sont naturels, les autres lui viennent de la Mer et des Lacs.L\u2019abondance de tous ces poissons est incroyable.Mais nos pauvres François ne sont encore en ce pais que des Paralytiques auprès d\u2019un grand thresor.» (Relations des Jésuites.) 1954.« Si l\u2019on continue à si mal utiliser les richesses mises à notre portée, déclare à un groupe de producteurs et d\u2019exportateurs de poisson du Québec le Dr Arthur Labrie, sous-ministre des Pêcheries de la province de Québec, c\u2019en est fait de nos pêcheries.Nous possédons des ressources inépuisables : nos eaux territoriales, où abondent des espèces de poissons variées qui n\u2019ont jamais été exploitées à leur pleine valeur.Heureusement que l\u2019allure actuelle de l\u2019évolution de notre industrie de la pêche laisse espérer un avenir meilleur ! » J\u2019ai voulu, en guise d\u2019introduction à ces quelques notes sur les pêcheries du Québec, rapprocher ces deux dates, ces deux textes, d\u2019un parallélisme frappant, pour bien faire comprendre que, si l\u2019on pêche depuis les débuts de la colonie le long des rives du Saint-Laurent, non seulement les ressources en poissons n\u2019ont pas été épuisées, mais elles n\u2019ont jamais été exploitées à leur pleine valeur.Je ne parle évidemment pas de ces espèces de très haute valeur dans le commerce, comme le saumon et le homard par exemple, avidement pêchées et dont on doit aujourd\u2019hui réglementer sévèrement les prises afin d\u2019éviter leur disparition.Je parle de ces espèces de poissons de mer, comme la morue, le hareng, le maquereau, le flétan, la plie, etc., qui constituent la ressource de base de nos pêcheries maritimes.Le rapprochement SEPTEMBRE 1955 un candidat non pas d\u2019abord comme un membre éventuel de la communauté du savoir, mais comme un client virtuellement capable de payer le prix de l\u2019admission.On a fait des brèches aux règlements en faveur d\u2019athlètes prometteurs.Sans être habituelles, ces pratiques ont existé.Nous devons changer tout cela (en français dans le texte).L\u2019accroissement de la population scolaire nous confère une nouvelle responsabilité à l\u2019égard de notre société démocratique: nous devons l\u2019assumer sans mettre en péril le culte traditionnel de la perfection.Les services que les universités rendent à la société ne doivent occasionner ni la renonciation à des normes d\u2019excellence, ni la capitulation devant la majorité par goût d\u2019une éphémère popularité.En 1965 et 1975, comme en 1955 et 1925, notre tâche, toujours essentiellement la même, consistera à grouper les hommes et les femmes les mieux qualifiés pour enseigner aux étudiants les plus aptes dans les conditions les plus favorables à la culture et à la découverte.On sait combien souvent il est question du problème de la consommation du poisson.L'auteur abordera ce sujet dans un prochain article.Nous avons pensé que nos lecteurs apprécieraient d'abord un documentaire sur nos pêcheries.M.Gérard Barbin, commentateur radiophonique, est le réalisateur de Radio-Pêcheries, émission éducative à l'intention des pêcheurs du Québec.de ces deux textes nous laisse entendre que l\u2019industrie de la pêche du Québec a été une industrie plus ou moins primitive et routinière jusqu\u2019à ces dernières années, jusqu\u2019au moment où le besoin s\u2019est fait impérieusement sentir de se réorganiser pour ne pas périr.Examinons de plus près la situation de notre industrie de la pêche.Dans les régions maritimes de l\u2019est du Québec, le long des quelque 2,000 milles de côtes de l\u2019estuaire et du golfe Saint-Laurent, en Gaspésie, aux îles de la Madeleine et sur la Côte Nord, plus de 5,000 pêcheurs de métier tirent de la mer leur subsistance.La mer québécoise, cette immense étendue d\u2019eau salée, que nous ne considérons trop souvent que comme voie navigable, sans songer aux richesses prodigieuses de la vie marine qu\u2019elle contient, baigne plus de dix comtés de notre province : 1\u2019Islet, Kamouraska, Rivière-du-Loup, Gaspé (nord et sud), Bonaventure, les Iles-de-la-Madeleine en plein golfe, Charlevoix et l\u2019immense Saguenay.Pour cinq de ces comtés, Gaspé-Nord, Gaspé-Sud, Bonaventure, Iles-de-la-Madeleine et Saguenay, où près de 4,800 pêcheurs contribuent dans une proportion de 90% aux captures totales des pêcheries maritimes du Québec, l\u2019industrie de la pêche est une industrie première ou importante.De plus, dans les eaux saumâtres ou douces du fleuve en amont de 1\u2019Islet, dans les lacs et rivières du nord et du sud de la province, d\u2019autres pêcheurs commerciaux tirent des eaux d\u2019importantes quantités de poissons : anguille, esturgeon, bar, etc.Ils sont plus de 1,000.En tout donc, près de 6,000 pêcheurs terrestres et navigants pratiquent au Québec la pêche commerciale.Et que pêchent nos 6,000 pêcheurs ?Des quelque 10,000 espèces de poissons cataloguées à ce jour, les eaux douces 233 et salées du Québec en contiennent environ un millier, soit 600 espèces de poissons, 400 espèces de mollusques et crustacés.Bien que plus de 80 espèces de poissons et 16 espèces de mollusques et crustacés puissent avoir une valeur commerciale, on n\u2019en exploite que 30 variétés.De ces trente variétés, il faut dire que le petit nombre est pêché en grandes quantités.Quatre espèces seulement, si l\u2019on jette un coup d\u2019œil sur les statistiques de pêche de 1952, dépassent en captures le million de livres : ce sont la morue, le hareng, le maquereau et le homard.Ces quatre espèces fournissent en 1952 un rendement de 117 millions de livres sur un total de 123 millions.Les 26 autres espèces se partagent le reste, soit 6 millions de livres.Et si nous voulons pousser plus loin, nous constatons que 5 espèces sur ces 26 accaparent les quatre cinquièmes des 6 millions de livres; ce qui veut dire que 21 des 30 espèces pêchées dans le Québec ne contribuent que pour 1% au rendement total des captures.En nous basant sur les chiffres de 1952, la morue, avec 49% des captures totales, est au premier rang.Le hareng suit, avec 36% des captures; puis, c\u2019est le maquereau, avec 7%, et le homard, avec 2%.Les cinq autres espèces déjà mentionnées, le saumon, l\u2019éperlan, la plie, le capelan, les coques, occupent de 0.5 à 0.6% des débarquements totaux.Nous n\u2019avons nommé là que dix espèces, et déjà nous avons atteint à peu près le chiffre des captures totales du Québec, soit 123 millions de livres.Les vingt espèces qui suivent totalisent à peine un million de livres en tout; ce sont, par ordre d\u2019importance, l\u2019alose, le poisson rouge ou sébaste, la sardine ou petit hareng, l\u2019anguille, le flétan, les bigorneaux, le poulamon, aussi appelé par les pêcheurs petite morue ou loche, les palourdes, l\u2019esturgeon, l\u2019encornet, le bar, les pétoncles, la truite, la carpe, le turbot, le doré et quelques espèces d\u2019eau douce comme la perchaude, le brochet et le poisson blanc ou corégone.Nos espèces de haute valeur dans le commerce sont le homard, le saumon, le flétan, la truite de mer et l\u2019éperlan.Mais ce ne sont que des espèces à rendement faible dans le Québec; seules les captures de homard dépassent les deux millions de livres annuellement.Les captures totales de ces espèces en 1952 sont de 4 millions de livres.Ce chiffre peut paraître minime à côté des 61 millions de livres de morue pêchées en cette même année; mais si l\u2019on regarde la valeur pour le pêcheur, on voit que ces espèces rapportent un million de dollars contre approximativement un million et demi pour les 61 millions de livres de morue.Une question nous vient tout naturellement à l\u2019esprit : avec toutes ces richesses marines et le revenu qu\u2019il en tire, quelle place occupe le Québec dans l\u2019industrie des pêches canadiennes ?On constate que le Québec n\u2019occupe pas dans l\u2019industrie canadienne de la pêche la place que la richesse de ses bancs de pêche laisserait supposer.Pendant que l\u2019industrie des pêches des autres provinces progresse, \u2014 je ne parle pas de Terre-Neuve dont la situation est particulière, \u2014 et que leur production grimpe de plusieurs millions de dollars, la nôtre demeure stationnaire : $5 millions de valeur marchande, $2.5 millions de valeur au débarquement, 100 millions de livres de poisson.Elle est en régression si l\u2019on considère la hausse du coût de la vie, des agrès de pêche, de la main-d\u2019œuvre, etc.Sans doute, il faut tenir compte du fait que la pêche québécoise est une industrie saisonnière de six ou sept mois et que nous n\u2019avons qu\u2019en quantité minime de ces espèces de très haute valeur dans le commerce, comme le saumon, par exemple (la grande richesse de la Colombie), et le homard qui rapporte annuellement plusieurs millions de dollars aux provinces maritimes; cependant, nos eaux con- tiennent plusieurs variétés de poisson de bonne valeur pour le commerce, \u2014 plie, flétan, poisson rouge, etc., \u2014 qu\u2019une certaine centralisation de notre industrie et une exploitation plus scientifique nous permettraient d\u2019exploiter à profit.Nos ressources en morue et hareng sont illimitées.On ne les a exploitées jusqu\u2019à ces dernières années que de façon plus ou moins organisée.Est-il concevable, par exemple, que 46 millions de livres de hareng ne rapportent au Québec qu\u2019un demi-million de dollars, alors qu\u2019en Nouvelle-Écosse ils rapportent $2 millions ?« Il y a de la morue en quantité et du flétan sur la Côte Nord et aux îles de la Madeleine; on n\u2019a pas de bateaux pour aller les pêcher, et des bateaux américains viennent chercher sous notre nez notre richesse.Nous avons du poisson rouge en quantité (perche de mer ou sébaste), espèce qui a fait la prospérité du port de Gloucester aux États-Unis; il y a quelques années nous le rejetions à la mer.Et la plie, poisson qui ne suffit pas à la demande du consommateur : est-il croyable qu\u2019on s\u2019en soit servi pour faire de la farine ?.» (Dr A.Labrie.) Voilà un fait pour le moins surprenant; on pêche depuis toujours dans les eaux du Québec, on a à portée de la main des ressources extraordinairement riches, jamais exploitées à leur pleine valeur, et l\u2019industrie de la pêche ne progresse pas.Est-ce à dire que le gouvernement du Québec a négligé de s\u2019occuper de ses pêcheries ?Bien au contraire, il n\u2019est pas une province où le gouvernement a tant fait pour ses pêcheries que le Québec.Depuis 1923, Québec, la seule province de la Confédération à s\u2019être prévalue du droit que lui accordait la constitution de veiller elle-même à l\u2019administration de ses pêcheries et à la mise en application de la législation de ressort fédéral, a dépensé pour assurer le développement de ses pêcheries maritimes près de $30 millions.Le gouvernement fédéral, pour sa part, a dépensé plus de $5 millions.Le budget annuel du département des Pêcheries du Québec, qui s\u2019élevait à $50,000 en 1923, est passé à près de $3,000,000 en 1954.On a construit dans nos régions maritimes 50 entrepôts frigorifiques, plus de 100 neigères, 3 séchoirs artificiels, 41 hangars à classification, des hangars à sel, etc.; plus de 100 inspecteurs et gardes-pêche voient à la bonne qualité du poisson et à l\u2019application des règlements.Trois laboratoires de biologie effectuent des travaux de recherches, deux écoles de pêcheries, une supérieure et l\u2019autre technique, dispensent des cours de technologie et de formation professionnelle aux pêcheurs.Des services d\u2019aide sociale aux pêcheurs ont été organisés, ainsi qu\u2019un bureau de publicité et de propagande en vue d\u2019augmenter la consommation du poisson.Toutefois, dans le passé, l\u2019accroissement des dépenses gouvernementales n\u2019a pas semblé provoquer une augmentation parallèle des revenus de l\u2019industrie de la pêche.En effet, pour faire réaliser un dollar aux pêcheurs en 1951, il en a coûté au gouvernement de Québec 82 sous.Il est vrai qu\u2019il y avait beaucoup à faire dans ces régions maritimes reculées, éloignées de milliers de milles de nos grands centres; mais pendant que le Québec aménageait des entrepôts frigorifiques, des séchoirs, des glacières et des écoles (et il faudrait ajouter : des routes), les producteurs et les coopératives auraient dû développer des centres de production aux endroits appropriés, établir des marques de commerce réputées et s\u2019emparer des marchés les plus attrayants.Malheureusement, à part de rares exceptions, ce ne fut pas le cas.Et toujours pendant ce temps, les autres pays et les autres provinces construisaient et gréaient des flottes de pêche modernes, mécanisaient de grosses usines de production, adaptaient leur production aux besoins, selon les fluctuations du marché.Il y a quelques années, le cri d\u2019alarme a été lancé au Québec : ou réorganiser l\u2019industrie de la pêche en la mettant au pas des modernisations scientifiques, ou accepter de la voir 234 RELATIONS dépérir.On comprit que l\u2019industrie de la pêche avait absolument besoin de gros bateaux de pêche et de grands centres de production afin de parer au faible prix du poisson par de grandes quantités utilisées à meilleur compte et à leur pleine valeur et afin d\u2019exploiter de façon plus rationnelle les riches ressources de nos eaux.Le département provincial des Pêcheries prit l\u2019initiative de réaliser ce programme de modernisation.Il aménagea à Gaspé un chantier de construction navale et entreprit la construction de deux types de bateaux de pêche, un petit chalutier et un petit cordier, dont des expériences menées dans nos eaux avaient révélé l\u2019efficacité pour nos régions de pêche.Ces nouveaux bateaux, construits par le gouvernement pour être revendus à conditions faciles aux pêcheurs, sont équipés à la moderne (radiotéléphone, écho-sonde pour la détection des bancs de poissons, puissants moteurs diesel), ont une capacité de plus de 30,000 livres de poisson et sont robustes; ils permettent de sortir plus fréquemment et d\u2019aller chercher le poisson où il se trouve.Une transformation parallèle à celle de la flotte de pêche, qui compte maintenant 19 de ces bateaux, 10 chalutiers et 9 cordiers, était devenue nécessaire pour les usines.Celles-ci étant trop petites pour recevoir les prises, le temps était venu de créer de grands centres de production.Depuis quelques années, plusieurs producteurs ont pris l\u2019initiative de se moderniser.Les îles de la Madeleine, un des plus riches territoires de pêche de l\u2019est du Canada, connaîtront une ère de prospérité sans pareille dans leur histoire, grâce à la reconstruction en plus grand de l\u2019usine de farine de poisson Canapro et à la construction d\u2019une usine de produits congelés.En Gaspésie, les développements que les coopératives et les compagnies indépendantes ont opérés et opéreront dans les usines, à Paspébiac, Pointe-Saint-Pierre, Rivière-au-Renard, Gaspé, «Ventre affamé n\u2019a point d\u2019oreilles » Guy de MERLIS RÉPONDANT à l\u2019appel de l\u2019Association des Nations Unies du Canada, des délégués d\u2019une cinquantaine d\u2019organismes se réunissaient à Ottawa, à la fin de mai, pour participer à une conférence nationale dont le sujet était l\u2019aide du Canada aux pays insuffisamment développés.Il y a quelques années, on aurait difficilement trouvé assez de Canadiens préoccupés du sort des pays éloignés pour tenir une conférence de ce genre; à plus forte raison, pour discuter, en connaissance de cause et avec un intérêt réel, des problèmes économiques et sociaux des pays insuffisamment développés et chercher à les résoudre.Cette conférence de deux jours s\u2019était imposé un triple but: a) fournir aux délégués des renseignements exacts relativement à ce que le Canada a fait dans le passé et accomplit présentement, de même que sur les besoins actuels dans les différentes parties du monde; b) offrir l\u2019occasion d\u2019une discussion pouvant aboutir à des recommandations précises quant aux mesures Sainte-Thérèse, etc., laissent espérer un avenir meilleur pour la pêche et l\u2019industrie.La Côte Nord du Saint-Laurent a vu récemment se construire à La Tabatière une usine pour le poisson congelé, ce qui permettra de préparer des produtis plus rémunérateurs que la morue salée, difficile à vendre.Que réserve l\u2019avenir à l\u2019industrie de la pêche ?L\u2019année 1955 sera sûrement une année de très efficaces développements dans l\u2019industrie privée; en effet, nos régions maritimes auront non plus deux grands centres de production, Paspébiac et Rivière-au-Renard, mais cinq, avec Gaspé, Cap-aux-Meules (îles de la Madeleine) et La Tabatière (Côte Nord), et une flotte de près de 28 navires pour les alimenter.Une ère nouvelle commence pour nos pêcheries.Ce programme de modernisation, œuvre de longue haleine qui n\u2019apportera des résultats sensibles que dans quelques années, se poursuit sans relâche.Le département des Pêcheries affectera, pendant l\u2019année budgétaire 1955-1956, plus de $350,000 pour la construction de bateaux de pêche, soit près de $120,000 de plus que l\u2019année précédente.Les producteurs construisent, se modernisent.Il ne s\u2019agit évidemment pas de remplacer toute la flotte de petites barques de pêche par des cordiers ou chalutiers et tous les petits ateliers de préparation par de grosses usines de forte capacité; les petites barques de pêche conviennent très bien à certaines régions et les petits ateliers à certaines productions.Il s\u2019agit de créer une flotte de pêche moderne efficace et de grands centres de production à des endroits appropriés; alors, les pêches deviendront une industrie rémunératrice et enrichiront l\u2019économie déjà variée de la province de Québec et du Canada tout entier.Que dire de plus, à la fin de cet article sur la pêche et les pêcheries du Québec, si ce n\u2019est que nous assistons à l\u2019éveil de toute notre industrie de la pêche, à une prise de conscience de nos richesses marines ?C\u2019est très heureux.M.de Merlis est chargé de l'édition française de la Gazette du Travail, publication du ministère fédéral du Travail.que le Canada doit prendre; c) soulever l\u2019intérêt général autour du problème.Les organismes représentés à cette conférence étaient des plus variés; on y remarquait la Ligue des Femmes catholiques du Canada, l\u2019Amitié Canada-Orient, des représentants d\u2019unions ouvrières, de clubs sociaux, de ministères fédéraux et d\u2019importantes industries.Certains des délégués vinrent même de la Colombie britannique.La conférence se déroula sous la présidence de M.Marvin Gelber, président national de l\u2019Association des Nations Unies du Canada.Au nombre des conférenciers, on comptait le secrétaire d\u2019État aux Affaires extérieures, l\u2019Hon.L.B.Pearson; le directeur général de l\u2019administration de l\u2019assistance technique des Nations Unies, M.H.L.Keenleyside; et M.Nik Cavell, l\u2019administrateur de la participation du Canada au Plan de Colombo.Le ministre des Pêcheries, l\u2019Hon.James Sinclair, présida un des débats.Inspiré des délibérations de cette intéressante conférence, cet article ne vise pas à en donner un résumé, mais tout au plus à présenter un aperçu sommaire de la participation financière et technique du Canada au SEPTEMBRE 1955 235 développement économique et social du sud et du sud-est de l\u2019Asie et à exposer certains des motifs d\u2019une telle aide.LE PLAN DE COLOMBO Le Plan de Colombo pour le développement économique coopératif dans le sud et le sud-est de l\u2019Asie (tel est son titre officiel) fut conçu au cours d\u2019une réunion des ministres des Affaires étrangères du commonwealth,, à Ceylan, en janvier 1950.Le but de cette réunion était d\u2019étudier l\u2019aspect économique de la situation du sud et du sud-est de l\u2019Asie.On eut tôt fait de souligner que dans cette partie du globe vivent près de six cents millions d\u2019habitants, soit le quart de la population mondiale, et que ces gens ont longuement souffert de la pauvreté et de la faim.On en vint à la conclusion que des pays de cette vaste région, notamment l\u2019Inde, le Pakistan et Ceylan, ayant récemment acquis la gouverne de leurs propres affaires, se devaient d\u2019améliorer les conditions de vie de leurs citoyens par le développement vigoureux de leurs richesses naturelles.Mais comme ces pays ne possédaient pas les capitaux nécessaires à leur développement, il fut évident qu\u2019une aide financière devait leur être fournie de l\u2019extérieur.Un plan sexennal fut tracé et mis en œuvre vers le milieu de 1951, prévoyant une dépense de cinq milliards, dont au moins trois devaient venir de l\u2019extérieur.Le Royaume-Uni a promis une contribution d\u2019environ quarante-deux millions de livres sterling par année, à même des fonds bloqués.L\u2019Australie fournira au moins soixante-quinze millions de dollars en six ans, tandis que la part de la Nouvelle-Zélande équivaut à neuf millions de dollars pour les trois premières années.Le Canada a fourni vingt-cinq millions de dollars chaque année comme capitaux d\u2019établissements et $400,000 pour l\u2019aide technique, au cours des quatre premières années.Cette année, le Canada a porté sa contribution à $26,400,000.D\u2019autres pays, notamment les États-Unis, participent aussi au Plan; plusieurs organismes, tels la Banque internationale de Reconstruction et de Développement, diverses institutions spécialisées des Nations Unies, la Fondation Ford, sans compter les organismes religieux, versent également une aide financière considérable pour l\u2019amélioration de la situation économique et sociale du sud et du sud-est de l\u2019Asie.Dans l\u2019exécution du Plan de Colombo, le Canada se guide d\u2019après deux grands principes.Il est reconnu que les gouvernements des pays bénéficiaires sont en meilleure position que le Canada de connaître leurs propres besoins, de sorte qu\u2019on leur laisse le soin de déterminer l\u2019usage qu\u2019ils entendent faire de l\u2019aide qu\u2019on leur offre.D\u2019autre part, quand un projet est soumis pour approbation, le Canada tient compte de son apport au progrès économique du pays intéressé et voit s\u2019il est en mesure de fournir les marchandises et services sollicités.PROJETS TYPIQUES L\u2019espace manque pour décrire en détail les trente-huit projets que le Canada a entrepris de seconder dans le sud et le sud-est de l\u2019Asie.Une brève description de projets caractéristiques permettra d\u2019apprécier la contribution du Canada au relèvement économique et social de l\u2019Inde, du Pakistan et de Ceylan.Avant de passer à cette description, notons que le Canada a fourni de fortes quantités de blé à ces pays menacés de famine.Ainsi, de 1951 à 1953, l\u2019Inde en a reçu pour une valeur de quinze millions de dollars.Afin de placer cet envoi de blé dans les cadres du Plan de Colombo, le Canada a demandé de verser dans un fonds spécial l\u2019équivalent en roupies de la valeur du blé expédié et d\u2019appliquer ces roupies à l\u2019exécution du barrage de Mayurakshi.Le barrage de Mayurakshi pour Virrigation et Vélectrification du Bengale.\u2014 Grâce à ce barrage, l\u2019Inde pourra récolter quatre cent mille tonnes de céréales de plus, produire quatre mille kilowatts d\u2019électricité, et maîtriser le cours d\u2019un fleuve tumultueux qui a souvent causé des inondations graves.De plus, ce projet permettra de fournir aux petites industries locales assez d\u2019énergie électrique pour maintenir au travail les villageois de cette région où les pluies abondantes laissent la terre cultivable pendant quelques mois de l\u2019année seulement.La Commission de Transport de V État de Bombay.\u2014 Le Canada a fourni des camions et des autobus, pour une valeur de quatre millions et demi de dollars, afin de faciliter le transport du blé au port de Bombay et des produits maraîchers aux marchés de la ville.Chaudières à vapeur.\u2014 L\u2019Inde cherche à construire de nouvelles locomotives à son usine de Chittaranjan, près de Calcutta.Mais son projet fut sur le point d\u2019échouer quand il se produisit un embouteillage, faute de chaudières à vapeur.Le Canada s\u2019est empressé de lui en expédier une cinquantaine.De plus, le Canada s\u2019est engagé à construire cent vingt locomotives à vapeur, d\u2019une valeur totale de vingt et un millions de dollars, afin de remplacer une partie du matériel roulant de l\u2019Inde qui s\u2019est fort épuisé durant la guerre.Cimenterie pour les réfugiés du Thaï.\u2014 Un des premiers projets que le Canada a appuyés au Pakistan fut la construction d\u2019une cimenterie pour les réfugiés du Thaï, dans le Pendjab du nord-ouest, où le Pakistan compte installer en permanence une fraction des sept millions de personnes qui s\u2019y sont réfugiées lors du partage de l\u2019Inde.Des tuyaux de ciment conduiront l\u2019eau de l\u2019Indus, et l\u2019on bâtira des maisons et des bazars dans les nouveaux villages.Le Canada fournit la machinerie; le Pakistan verra à la construction de l\u2019usine.Relevé aérien des ressources.\u2014 Une des plus heureuses entreprises imaginées par le Canada et le Pakis- 236 RELATIONS tan est le relevé aérien des ressources; exécuté par une compagnie de Toronto, au coût de deux millions de dollars, ce relevé a permis de tracer une carte complète des ressources minérales et végétales du pays.La pêche à Ceylan.\u2014 Les diététiciens de l\u2019Organisation mondiale de la Santé ayant conseillé au gouvernement de Ceylan de procurer à ses concitoyens une nourriture plus riche en protéines, le Canada décida d\u2019y développer l\u2019industrie de la pêche; le poisson, qui abonde là-bas, est l\u2019aliment tout désigné pour fournir ces protéines.Deux bateaux de pêche furent construits sur la côte du Pacifique; un équipage canadien, avec, à bord, un ichtyologiste et un pêcheur professionnel, les conduisit à Ceylan.Les pisciculteurs canadiens étudièrent les habitudes des poissons d\u2019eau profonde, leurs lieux de reproduction, et enseignèrent aux Cingalais la façon de les prendre au moyen d\u2019engins de pêche plus perfectionnés.On fit de plus l\u2019acquisition d\u2019un chalutier qui prit beaucoup de poissons; mais ceux-ci se gâtèrent faute de compartiments frigorifiques.Il fut alors décidé d\u2019établir une usine frigorifique, puis une autre destinée à pulvériser les déchets de poisson en engrais chimique et en moulée pour le bétail et qui servira aussi à l\u2019extraction de l\u2019huile de foie de morue.Le gouvernement cingalais doit aussi construire et équiper un grand port de pêche où se trouveront l\u2019usine frigorifique et l\u2019usine de pulvérisation.Voilà donc le genre de projets que favorise le Canada.Il faut y ajouter l\u2019irrigation, la construction de conserveries, l\u2019expédition de lingots de cuivre et d\u2019aluminium que les usines hindoues changent en fils, câbles et tuyaux, l\u2019érection d\u2019usines hydro-électriques, l\u2019envoi d\u2019avions munis de pulvérisateurs pour répandre des nuages d\u2019insecticides, le développement de régions peu peuplées pour dégager les centres surpeuplés, et bien d\u2019autres projets.l\u2019aide technique De pair avec l\u2019aide financière, l\u2019aide technique.Car, pour assurer le progrès économique d\u2019un pays, il faut nécessairement des techniciens.Le programme de coopération technique vise un double but: suppléer à l\u2019aide technique des Nations Unies et de ses institutions spécialisées et accroître les connaissances technologiques si essentielles au progrès.Alors que l\u2019aide financière du Canada a été limitée à l\u2019Inde, au Pakistan et à Ceylan, l\u2019aide technique a été fournie à un nombre plus considérable de pays insuffisamment développés.A ce jour, quelque six cents étudiants et autres ont été formés au Canada et quelque deux cents experts canadiens ont été envoyés à l\u2019étranger.On cherche de plus en plus à instruire sur les lieux de bons contremaîtres, des artisans et des ouvriers compétents.Le Canada fournit donc des machines et des outils pour l\u2019apprentissage des ouvriers et parti- cipe à la formation générale de techniciens dans les écoles techniques qui reçoivent également de l\u2019aide.Les coopératives étant étroitement liées à la production agricole, le Canada a envoyé dans le sud et le sud-est de l\u2019Asie une mission connaissant l\u2019organisation des coopératives, pour voir ce qu\u2019il y a à faire dans ce domaine.A Ceylan, on s\u2019occupe actuellement de promouvoir des coopératives de pêcheurs.Une des initiatives les plus intéressantes et les plus fructueuses du programme de formation professionnelle a été l\u2019instruction de fonctionnaires du service public au Pakistan.L\u2019INTÉRÊT DU CANADA AU PLAN DE COLOMBO La raison primordiale de l\u2019intérêt que le Canada porte à ces pays insuffisamment développés peut s\u2019exprimer par la morale de la fable de La Fontaine: « Ventre affamé n\u2019a point d\u2019oreilles ».A titre de membre de plus en plus influent d\u2019une communauté de pays libres, le Canada ne peut manquer de se soucier de la stabilité politique de la vaste et importante région du sud et du sud-est de l\u2019Asie.Les quelque six cents millions d\u2019êtres humains qui l\u2019habitent se trouvent aujourd\u2019hui à la croisée des chemins.A côté d\u2019eux, la Chine, avec ses quatre cents millions d\u2019habitants et des problèmes identiques engendrés par la pauvreté, la maladie et l\u2019ignorance, a adopté la dictature communiste.Les autres pays du sud et du sud-est de l\u2019Asie veulent aussi une transformation économique et sociale; mais ils penchent vers les moyens de notre démocratie.Que les pays démocratiques de l\u2019Ouest faillissent à la tâche, et c\u2019est, tôt ou tard, toute notre civilisation qui s\u2019affaissera.Mais si notre seule raison de fournir de l\u2019aide matérielle aux pays insuffisamment développés s\u2019explique par la guerre froide, nous courons fortement le risque de voir nos efforts anéantis.Comme le souligna l\u2019Hon.Pearson, il faut nous garder de croire que nous pouvons acheter nos alliés.Les pays de l\u2019Asie n\u2019entendent pas devenir nos mercenaires.D\u2019ailleurs, nous devrions adopter la même politique d\u2019aide fraternelle si la menace communiste n\u2019existait pas.N\u2019est-ce pas d\u2019abord le devoir et le désir de tout chrétien de venir en aide à ses frères moins fortunés?Il nous faut en outre reconnaître que le plus tôt s\u2019améliorera le niveau de vie des autres nations, le plus à l\u2019aise nous serons nous-mêmes.Enfin, le progrès social et économique de ces pays est essentiel à une paix durable.Il reste qu\u2019une aide extravagante, sans égards aux problèmes d\u2019ordre pratique, \u2014 et ils sont nombreux dans des pays à religions et civilisations si diverses, \u2014 peut non seulement nuire à l\u2019efficacité de nos efforts, mais même provoquer une mésentente funeste.Nous devons donc convaincre les peuples de l\u2019Asie que notre bienveillance à leur égard est sincère, que nous désirons vraiment leur prospérité et que nous tenons à ce qu\u2019ils demeurent libres et maîtres de leur destin.SEPTEMBRE 1955 237 MODERNE APRÈS QUATRE CENTS ANS AVEC O U SANS LE 31 JUILLET 1556, \u2014 il y aura quatre siècles l\u2019an pro-chain, \u2014 Ignace de Loyola remet son âme au Seigneur.L\u2019ancien capitaine de l\u2019armée d\u2019Espagne est devenu un prêtre dont l\u2019âme habite les sommets de la contemplation.Avant de mourir, il commande un corps d\u2019élite qui combat pour le Christ sur tous les continents.Son ordre, admirablement adapté aux besoins de l\u2019heure, repose sur une sagesse à si longue portée qu\u2019il pourra, dans quatre cents ans, garder son esprit primitif sans paraître avoir vieilli.Pourquoi?« On est habitué, écrit Walter Dirks (la Réponse des moines, voir p.248), à lier intimement la Compagnie de Jésus à la Contre-Ré forme.L\u2019activité missionnaire des Jésuites en Asie et en Amérique du Sud suffirait à montrer qujil ne s\u2019agissait pas seulement pour eux de reconquérir à l\u2019Église romaine les pays, les hommes et les princes perdus pour elle du fait de la Réforme.C\u2019était la première des tâches qui s\u2019offraient à cet ordre combatif, mais ce n\u2019était pas la seule, et la mobilité de cette nouvelle compagnie et de ses soldats isolés lui permettait de les lancer rapidement sur les points menacés.On peut penser que leur mobilité est plus typique encore que leur esprit combatif.» Or, « une telle mobilité est l\u2019une des caractéristiques de la société moderne ».Et il poursuit: « L\u2019ordre a compris que tout est en mouvement,.et.que le chrétien, s\u2019il veut se greffer sur l\u2019histoire, doit se greffer sur la société moderne.En d\u2019autres termes: la Compagnie de Jésus a compris.que le Moyen Age était fini et que la société bourgeoise commençait à le remplacer.La Compagnie n\u2019avait plus aucun lien avec l\u2019édifice pyramidal de l\u2019empire féodal, pas même avec ce qui lui correspondait à l\u2019intérieur de l\u2019Église.» Il en résulte que « les réformateurs et les contre-réformateurs avaient quelque chose en commun: à la liberté du chrétien correspond la forte individualité du Jésuite, soldat de la foi ».C\u2019est pourquoi « l\u2019ordre forme avec le plus grand soin la personnalité de ses membres, au cours d\u2019études qui, à l\u2019heure actuelle, durent quinze ans; et, dans cette formation, il tient compte des goûts, des dons de chacun.La personnalité et l\u2019obéissance sont connexes l\u2019une à l\u2019autre: celui qui entre dans la Compagnie renonce à disposer lui-même de sa vie, mais il peut le faire dans la confiance qu\u2019il pourra développer librement, de la manière la plus riche, sa personnalité.Du moins, est-ce là le principe de la Compagnie.Certes, la stricte obéissance, tout comme la liberté qui lui correspond, peut aussi dépasser ses limites: c\u2019est là un danger, une tentation qui sont inhérents à cette construction ».Jamais, rectifierons-nous, l\u2019obéissance ne peut dépasser ses limites, qui s\u2019étendent jusqu\u2019à la mort et à la mort de la croix; elle ne réalise pas toujours nos vues naturelles; mais, sumaturellement, elle n\u2019est jamais en défaut.« En d\u2019autres termes, conclut l\u2019auteur, l\u2019ordre des Jésuites est la forme monastique de l\u2019Action catholique, comprise.dans son sens le plus large: comme l\u2019action libre de l\u2019individu chrétien dans la société libre.Être chrétien.dans les mille situations de la vie et de la société, comme ouvrier, bourgeois, fonctionnaire, homme d\u2019État, savant ou paysan, dans l\u2019action politique, dans la victoire et la défaite, au camp de concentration,.comme personne baptisée et destinée à la sainteté: c\u2019est cela sans doute l\u2019existence chrétienne à laquelle correspond la Compagnie de Jésus, sous la forme monastique, c\u2019est-à-dire dans le vœu d\u2019obéissance.La liberté du chrétien, tels pourraient être la devise et le but de la Compagnie de Jésus.» Cette vue sur l\u2019œuvre de saint Ignace appellerait nuances et compléments.Telle, cependant, elle paraît juste et mérite l\u2019attention.Nous y reviendrons.COMMENTAIRES « LE VINGTIÈME SIÈCLE APPARTIENT AU CANADA » Un Jésuite canadien-français, aux études à V Université Grégorienne et qui passe ses vacances en Allemagne pour y apprendre la langue, nous écrit : « On trouve toujours profit à se regarder dans le miroir des autres peuples.Au cours de mes lectures allemandes, je suis tombé sur un article, paru dans le journal protestant évangéliste Christ und Welt (le Christ et le Monde) et rapportant les impressions d'un Allemand qui a séjourné au Canada.Croyant qu'un tel article intéresserait l'équipe de Relations, je me suis amusé à le traduire.Je vous envoie ma traduction à titre documentaire, car l'article représente assez bien la pensée des Européens informés.Je dis informés, car, vous le savez comme moi, la plupart ne connaissent du Canada que son dollar, \u2014 pas le Dollard du Long-Sault, \u2014 ses Indiens et son existence comme puissance montante.Le journal Christ und Welt, publié à Stuttgart, est un hebdomadaire d'excellente qualité.» Nous avons pensé que cet article, paru le 21 juillet, intéresserait aussi nos lecteurs, qui sauront eux-mêmes faire la part de ce qui est exact et de ce qui ne l\u2019est pas.IL Y A CINQUANTE ANS ENVIRON, le premier ministre Laurier, l\u2019un des hommes d\u2019État canadiens les plus marquants, prononçait le mot souvent repris: « Le vingtième siècle appartient au Canada.» La thèse de sir Wilfrid Laurier s\u2019appuyait sur la richesse naturelle du pays.La surabondance et le gaspillage sont encore aujourd\u2019hui les deux traits qui sautent aux yeux de l\u2019Européen.Surabondance d\u2019espaces inoccupés, recélant des richesses insoupçonnées et encore à découvrir.La superficie du Canada dépasse de 100,000 kilomètres carrés celle de l\u2019Europe; sur cet immense territoire vivent aujourd\u2019hui 14 millions de personnes, c\u2019est-à-dire le double de la population qui existait à la fin du siècle dernier, lorsque Laurier prononçait son mot prophétique.Cependant, aujourd\u2019hui comme alors, vaut la restriction significative: MAIS les hommes manquent.Les deux grandes vagues de peuplement des cinquante dernières années ont apporté environ deux millions d\u2019immigrants européens.Ils habitent ensemble, avec les anciens Canadiens, un étroit corridor qui s\u2019étend de la côte atlantique à la côte pacifique, entre le 50e et le 55e degré de latitude.La plupart des habitants, toutefois, se concentrent depuis lors dans les limites et les environs des deux villes de l\u2019Est qui comptent chacune plus d\u2019un million d\u2019habitants: Montréal et Toronto.Winnipeg, la grande ville de l\u2019Ouest central, et Vancouver, la ville maritime de la côte pacifique, sont les deux autres villes qui, pour les immigrés comme pour ceux des Canadiens qui délaissent la terre, exercent la même fascination.Au nord, par delà l\u2019étroit corridor, s\u2019ouvrent les espaces déserts dans lesquels vivent une poignée d\u2019indiens et d\u2019Esquimaux et où de prestigieuses richesses naturelles sollicitent le chercheur d\u2019or, comme aussi, plus récemment, le prospecteur en quête d\u2019uranium.L\u2019urgence d\u2019élargir l\u2019étroit corridor et d\u2019occuper systématiquement le pays date, comme la thèse de Laurier, de cinquante ans, mais, aujourd\u2019hui encore, demeure à peine satisfaite.Deux lignes de chemin de fer franchissent, dans un pays vierge, la distance immense qui sépare les côtes atlantique et pacifique.De Toronto à Winnipeg, au cœur du continent, il faut deux jours entiers pour traverser une large région forestière, zone de puissante végétation à l\u2019état sauvage, coupée seulement de lacs magnifiques, la plupart du temps sans nom.Durant deux autres jours de voyage, on éprouve la monotonie des plaines à blé de l\u2019Ouest central, brisée à tous les cent kilomètres par de gigantesques entrepôts à grain et par de petites agglomérations.Les huit cents derniers kilomètres, en direction de la côte pacifique, constituent la magnifique chaîne des montagnes Rocheuses, montagnes dont beaucoup, aujourd\u2019hui encore, ne portent pas de nom et que nul être humain n\u2019a jamais foulées.Un vacuum Ainsi le Canada, vu en gros, est-il encore de nos jours un vacuum, une entité géographique qui n\u2019a pas encore de physionomie vraiment typique.Les distances qui séparent les centres culturels isolés de l\u2019Est, de l\u2019Ouest central et de l\u2019Ouest favorisent le régionalisme et le provincialisme.A cela s\u2019ajoute, comme un second mais, le partage culturel tripartite du Canada.La plus grande des dix provinces, le Québec de la côte atlantique, demeure toujours, culturellement, linguistiquement et religieusement, sous le signe français.Les neuf autres provinces sont, avec des nuances diverses, d\u2019orientation britannique, avec une tendance nouvelle, franchement accusée, vers l\u2019américanisation.Cette mosaïque nationale, qui date de l\u2019époque du peuplement, a ses avantages et ses inconvénients.Le Québec français et catholique nage, comme une île riante et colorée, dans la monotone mer anglaise.Le Canadien français, par son tempérament, son aspect physique, son style de vie, sa langue et sa religion, est aux antipodes du Canadien anglais et représente l\u2019élément le plus stable, le plus sain et le plus fécond du Canada.Au dehors, la solution de ce problème minoritaire a pris la forme d\u2019une coexistence paisible, avec deux langues d\u2019État officielles et la reconnaissance, pour la province de Québec, de la religion catholique et de la culture française.Dans les coulisses, toutefois, se livre un âpre combat pour le pouvoir.Ce combat se traduit de façon humaine et va du ressentiment personnel \u2014 qui repousse le Canadien français comme crasseux, fainéant, irresponsable, et le Britannique de naissance comme raide, distant et puritain \u2014 jusqu\u2019à la petite guerre politique et raciale.Regard vers New-York Le Canadien n\u2019existe donc toujours pas.Outre le Canadien français et l\u2019Anglo-Saxon canadien, il existe une mince couche de la population qui se montre hypnotisée par New-York et fortement américanisée.Ce partage culturel tripartite a entravé le développement d\u2019une littérature nationale, proprement canadienne.Le Canadien lui-même le sait, et il en souffre comme d\u2019un complexe d\u2019infériorité.Quiconque a connu cet immense pays avec ses richesses fantastiques se demande toujours: A quoi donc faut-il attribuer que le Canada soit resté presque stationnaire depuis cinquante ans, alors que son voisin, durant le même laps de temps, s\u2019est élevé au titre de puissance mondiale numéro 1?Le manque d\u2019hommes seul suffit-il à expliquer ce lent développement du pays?N\u2019y a-t-il pas encore un autre motif à cette stagnation?Les cent ans d\u2019histoire, comme pays indépendant, que l\u2019Amérique a l\u2019avantage de posséder sur son voisin du Nord, ne sont pas l\u2019unique raison de son développement supérieur.Évidemment, les conditions géographiques du Canada sont moins favorables : les espaces déserts ont quelque chose de paralysant, qui a agi et qui agit toujours négativement sur l\u2019esprit du pionnier et du chercheur individuels, comme sur l\u2019esprit de toute la nation.L\u2019homme perd toute audace dans l\u2019initiative, tout élan, tout ressort.Le dynamisme, qui distingue le voisin américain, manque ici tout à fait.A cela s\u2019ajoute la loi rigoureuse de la Canadian way of lifer de la mentalité bourgeoise: « Repose-toi, cherche une situation solide, si possible avec pension assurée, marie-toi vite et fonde un foyer avec de nombreux enfants.» Cette tendance à la vie tranquille, conditionnée déjà par le pays et le climat, est encore encouragée par de nombreuses institutions.Aussi le Canada ne manque-t-il pas seulement d\u2019hommes, mais, ce qui est plus grave, d\u2019hommes créateurs.Et ceux des Canadiens qui ont douloureusement reconnu ce fait, mais ne peuvent venir à bout du puritanisme, du paternalisme et du conservatisme, émigrent vers les États-Unis, « le vampire bienveillant qui pompe ce que le Canada a de plus précieux: ses hommes ».Les ressources naturelles du Canada sont telles qu\u2019on peut se reposer encore longtemps et en toute sécurité sur elles, bien protégé par deux immenses océans.La thèse de Toynbee sur la nécessité d\u2019une provocation \u2014 que cette provocation vienne de l\u2019exiguïté du sol, de la dureté du climat ou d\u2019une puissance ennemie \u2014 semble bien s\u2019appliquer négativement au Canada.Le Canada n\u2019a encore jamais eu, comme nation, à répondre à une provocation qui mette en cause son destin.Son pouvoir d\u2019initiative créatrice n\u2019a jamais été provoqué.Et cela semble bien être le mais décisif qui s\u2019oppose à la réalisation de la parole de Laurier; cette parole a cependant pour elle toutes les circonstances extérieures, telles que la richesse naturelle et une situation géopolitique très favorable.ALCOOLISME ET NÉVROSE NE SIMPLIFIONS pas un problème complexe.Les membres des Cercles Lacordaire ont tendance à penser que l\u2019alcoolisme naît de la simple habitude; un sursaut d\u2019énergie suffirait à s\u2019en délivrer.Les Alcooliques anonymes ont plutôt recours à la psychothérapie pour dissoudre les conflits inconscients du buveur.Sans doute, comme le remarque Georges Nouvelles (Alcool ou Santé, 2e trimestre 1955, Paris), l\u2019inadaptation sociale, le contact difficile avec les êtres et les choses, le manque d\u2019harmonie entre les diverses tendances de l\u2019individu expliquent nombre de cas d\u2019alcoolisme.« L\u2019alcool apaise, au début, l\u2019angoisse qui résulte de cet état; mais, comme dans toutes les toxicomanies, l\u2019accoutumance exige des doses toujours croissantes et qui calment de moins en moins; ces doses alors agissent, à leur tour, sur le psychisme du buveur et mènent à la dégradation de la personnalité.» Toutefois, ajoute-t-il, « il ne faut pas.exagérer ces faits et dire.qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019alcoolisme sans névrose préexistante.La plupart des alcooliques commencent à boire par entraînement, par imitation, parce que tout le monde le fait, parce que les occasions s\u2019offrent partout, et aussi parce que, il faut bien le dire, il règne dans ce pays une atmosphère de complaisance \u2014 on devrait dire presque de complicité \u2014 vis-à-vis de l\u2019usage, même excessif, des boissons alcoolisées ».Et c\u2019est sur ce terrain que l\u2019action des Cercles Lacordaire peut s\u2019exercer avec profit.238 RELATIONS SEPTEMBRE 1955 239 é Au fil du mois Acadie 1755-1955 Les fêtes du deuxième centenaire ont d\u2019abord eu lieu partout, aux belles paroisses d\u2019Acadie, de tous les tronçons d\u2019Acadie, de Camp-bellton au Cap-Breton.Un mot des moins connues: fêtes locales ou interparoissiales, comme le très beau cortège qui défila sur vingt milles de côte à la baie Sainte-Marie, \u2014 Weymouth, Fointe-de-l\u2019Église, Météghan, \u2014 village continu de maisons, bien blanches et bien décorées, des Leblanc, Comeau, Belliveau, Deveau, Saulnier, Doucet, Thériault.A Yarmouth, centre mixte, la fête de trois jours prit une ampleur, inespérée voilà cinq ans: quarante chars allégo-fiques encadrés de fanfares, des cadets de l\u2019air, de la légion et des pompiers, en tout une centaine d\u2019unités.Au fin sud, l\u2019ancienne baronnie d\u2019Entremont (Pombcoup, Tousquet, Cap-Sable), aujourd\u2019hui les Pubnico et Sainte-Anne-du-Ruis-seau, mit le point final.Rien à faire sur la bordure atlantique.Du Cap-Sable à Sydney, les groupes français se découpent en un casse-tête mal joint, aux vingt morceaux de vie divisés selon les retours de la déportation, puis selon les recherches de salaires.En tous villages et villes, des familles, isolées, dépaysées, manquent de français à l\u2019église et à l\u2019école, mais non de mariages mixtes et de noms changés.Halifax ne compte pas ses Acadiens, plus de dix mille, disséminés en neuf paroisses anglophones, donc privées d\u2019écoles bilingues et vouées à l\u2019assimilation rapide, ce qui n\u2019est pour aucun bien supérieur.« La jeunesse, principal article d\u2019exportation des Maritimes », gagne aussi l\u2019Ontario, Toronto surtout, et encore les États-Unis, puis revient chanter victoire en automobile, tout comme nos Canadiens.Cette hémorragie nationale devra pourtant cesser! Les économies d\u2019argent des caisses et des coopératives devront s\u2019employer à faire travailler les jeunes, à les établir, à souder les groupes et à créer des paroisses.Bloquer le coulage ne sera-t-il pas la meilleure, la vraie manière de continuer le triomphe du deuxième centenaire et de préparer le troisième ?Al.D.L'éducation nationale A son congrès annuel, tenu cette année à Valleyfield, la Fédération des Sociétés Saint-Jean-Baptiste de Québec a donné comme mot d\u2019ordre à ses membres l\u2019éducation nationale.Qui pourrait nier le besoin actuel de cette éducation ?En 1940, six Canadiens français marquants: Maxime Raymond, député de Beauharnois-Laprairie à Ottawa; Édouard Montpetit, secrétaire général de l\u2019Université de Montréal; Adrien Pouliot président du Comité permanent de la Survivance française en Amérique, doyen de la faculté des sciences de l\u2019Université Laval; Cyrille-F.Delâge, ancien surintendant du Conseil de l\u2019Instruction publique; Francis Fauteux, bâtonnier du Barreau de Montréal; Édouard Biron, président de la Chambre des Notaires, lançaient un manifeste que signèrent aussitôt trois cents personnalités en vue: députés, universitaires, hommes de professions libérales, hommes d\u2019affaires, industriels, chefs ouvriers et agricoles, etc.A l\u2019heure où nous sommes, écrivaient-ils, en cette année 1940, les enfants du Canada français doivent recevoir, à l\u2019école, au couvent, au collège, à l\u2019université, l\u2019enseignement et l\u2019éducation qui, avec la connaissance et la fierté de leur origine ethnique et de leur culture, leur inculquent la volonté ardente de continuer leur ligne historique.Nous partons de cette considération que la survivance des Canadiens français et, ce qui en est le premier moyen, leur éducation nationale ne sauraient être conçues ni orga- nisées indépendamment de leur nature spéciale d\u2019hommes, de leur milieu géographique, de leur situation juridique et politique.Nés au Canada, fils de la race fondatrice de la patrie, nous voulons que nos enfants soient des Canadiens.Nous entendons, par conséquent, qu\u2019ils soient élevés dans la conscience nette des obligations morales, sociales et politiques qui les lient à leur pays, à tout leur pays.Mais, en même temps, nous retenons ces deux faits capitaux: depuis trois cents ans, de par la volonté de la Providence, les Canadiens français constituent une entité nationale particulière: à maintes reprises, depuis la conquête anglaise, le droit positif a consacré cette volonté providentielle.Én conséquence, nous voulons que nos enfants restent ce qu\u2019ils sont par le sang, par l\u2019histoire, par la culture originelle, par le droit.La même éducation s\u2019impose aujourd\u2019hui.Il faut féliciter les sociétés Saint-Jean-Baptiste de l\u2019avoir compris.Pourrait-on leur demander de publier un programme qui serviraità leurs sections et à tous les groupes de jeunes et d\u2019adultes qui voudraient en profiter?Nous leur suggérons de s\u2019inspirer d\u2019un excellent travail de Mgr Paul-Émile Gosselin, donné d\u2019abord à la Semaine sociale de Nicolet (1940), puis publié dans les brochures de l\u2019Institut Social Populaire (n° 323) sous le titre l\u2019Éducation nationale.On y trouvera en appendice le texte du manifeste de 1940 et les noms des nombreux signataires.J.-P.A.Triste catholicisme Dans le monde de langue française circule depuis peu un roman, ou plutôt une ignoble saloperie lancée à la face de notre Mère la sainte Église et de ses augustes représentants.Pour condamner les Clés de Saint-Pierre, que vend avec complaisance la maison Flammarion, VOsservatore Romano n\u2019a pas de mots assez infamants, tant dans son édition italienne (6-7 juin) que dans son édition française (24 juin).Les deux textes, qui sont différents, mandent que Roger Peyrefitte (personnage expulsé naguère de la diplomatie française), par son hideux pamphlet, où Y obscénité et le sadisme le disputent à la perfidie et à Y injustice; par les révoltantes indécences qui y assaisonnent le mensonge, la calomnie, la raillerie et Yinjure; par les irrévérencieuses et sottes insinuations dirigées contre Pie XII; par le mélange d\u2019abjectes fantaisies et d\u2019inventions impies, d\u2019ironies blasphématoires et de grotesques parodies qui s\u2019y trouvent; par sa volonté délibérée de nuire et de dénigrer, qui ne s\u2019élève jamais de la boue de la diffamation, mais va jusqu\u2019à Y insulte sacrilège, a commis un outrage à la personne du Souverain Pontife, à l\u2019Église et à la religion, qui suscite, avec l\u2019indignation des fidèles, le mépris des personnes honnêtes.Que des voyous ou des renégats goûtent en pareille œuvre des digressions délicieuses, une histoire traitée avec une exquise virtuosité, un esprit vif et mordant, qui s\u2019en étonnera ?Il y a longtemps que les farceurs, secrètement honteux de leurs turpitudes, croient se justifier par un esthétisme à rebours, justement appelé un « conformisme du scandale », qui ne veut reconnaître d\u2019art que dans l\u2019agencement habile de la sanie ou de la fange.L\u2019horreur, c\u2019est que des catholiques avalent et distribuent cette bave épaisse, qui n\u2019a même pas le mérite d\u2019être bien présentée.Des hommes qui se disent catholiques et qui se font un sport de cracher au visage de leur Mère ou d\u2019applaudir les goujats qui le font! Vraies, les caricatures de Peyrefitte ?Il faut une dangereuse dose de crétinisme pour le penser.Triste catholicisme que celui des propagandistes et des gobeurs d\u2019une telle ordure! On souhaite que les catholiques de Montréal fassent comprendre à la succursale de Flammarion qu\u2019il n\u2019est pas avantageux de les insulter.M.-J.d\u2019A.RELATIONS 240 La parole est ^ Les élections qui eurent lieu, le au procureur général g juillet dernier, dans le comté de Laurier, pour choisir le successeur de M.Paul Provençal à l\u2019Assemblée législative, ont fourni à nos deux partis provinciaux l\u2019occasion de s\u2019invectiver selon les plus constantes traditions de notre régime politique.Ce serait seulement grotesque s\u2019il n\u2019y avait un intérêt suprême en jeu: celui du fondement moral de l\u2019autorité.Il ne s\u2019agit pas de savoir si M.Arsène Gagné, candidat de l\u2019Union nationale, a vraiment la faveur de la majorité des électeurs du comté de Laurier, mais de savoir si cette faveur s\u2019est manifestée honnêtement le 6 juillet dernier.Le moindre soupçon qui demeure sur ce point entame le prestige auquel a droit tout député et que le peuple a le devoir de respecter.Or, les accusations portées par le parti libéral contre l\u2019organisation de la corruption et de la violence lors de cette élection, les faits établis au recomptage des votes (des boîtes de scrutin contenaient plus de bulletins qu\u2019il n\u2019y avait de noms sur les listes électorales) créent forcément dans l\u2019esprit des citoyens honnêtes un doute relativement au droit qu\u2019a M.Gagné de siéger à la Législature.Il importe souverainement à la santé politique de notre province que ce doute soit dissipé.En effet, ou bien les accusations des libéraux sont fausses, et leurs calomnies doivent être sévèrement punies, car elles nuisent profondément à la réputation du gouvernement (c\u2019est là un délit public qu\u2019on ne peut tolérer) ; ou bien elles sont vraies, et M.Gagné n\u2019a pas le droit de représenter les électeurs de Laurier à Québec.De plus, comme le parti de l\u2019Union nationale et son chef, c\u2019est-à-dire notre gouvernement provincial, se sont publiquement solidarisés avec le candidat Gagné, c\u2019est le droit de l\u2019Union nationale à régir la province qui est en cause.Ce n\u2019est plus le moment de se payer de mots ou de plaisanteries, mais de tirer au clair une situation insupportable.Le procureur général a tous les moyens qu\u2019il faut pour instituer une enquête.Se défiler serait, pour lui, manquer gravement à son devoir et donner à penser que la légitimité de l\u2019autorité politique n\u2019est qu\u2019une blague, pourvu qu\u2019on obtienne le pouvoir et qu\u2019on s\u2019y maintienne.On devrait alors s\u2019abstenir de parler de démocratie, surtout de démocratie chrétienne, de fidélité à l\u2019Église et à ses enseignements.M.-J.d\u2019A.Qu'on dénonce les La police de Montréal aurait mis criminels 1\t^ jour un (( réseau de prostitution » qui rapporterait un million de dollars par année à ses exploiteurs {le Devoir, jeudi 11 août 1955, p.1).Les filles, dit-on, se recrutent dans tous les milieux; les clients, surtout parmi les gros messieurs de l\u2019industrie et des affaires.Or, ceux-ci et celles-là sont avant tout des pécheurs : leur cas relève du tribunal secret de la pénitence.Mais les exploiteurs ?Et ceux qui les protègent (car la prostitution est une organisation qui ne peut pas échapper à la connaissance des autorités policières, administratives ou judiciaires) ?Ce sont des criminels : leur cas relève de la justice publique.On proclame les noms des voleurs et des assassins, sans souci du déshonneur qui éclabousse leurs familles : ils n\u2019avaient qu\u2019à respecter les biens et la vie de leurs concitoyens.Il faut agir de même envers les exploiteurs du vice, qui sont les pires ennemis de la société.Les premiers n\u2019attentent qu\u2019à des biens matériels et physiques; leurs crimes n\u2019engagent que leur conscience et ne visent pas à corrompre l\u2019âme de leurs victimes.Tandis que les exploiteurs de la débauche et ceux qui les protègent s\u2019attaquent à la base même de la communauté humaine: ils souillent à la source l\u2019amour humain qui fonde la famille et sa fécondité sociale.Qu\u2019on les dénonce sans égard au titre ou au rang, et qu\u2019on les condamne: ils constituent la plus ignoble engeance qui soit.Et que leur honte serve de leçon! Autrement, le bon peuple aura le droit de penser que toutes nos autorités civiles sont de mèche avec la pègre et la crapule M.-J.d\u2019A.La conférence de Genève: succès ou échec ?Henri SCHUBIGER JE CROIS que les peuples \u2014 ceux qui sont censés constituer l\u2019opinion mondiale, mais dont l\u2019avis n\u2019influence que rarement les jeux diplomatiques \u2014 attendaient des résultats plus tangibles de cette fameuse rencontre de Genève « à l\u2019échelon suprême », dans laquelle sir Winston Churchill, au temps de sa splendeur, voyait une sorte de panacée à tous les maux de notre pénible après-guerre.Ils n\u2019espéraient certes pas, ces peuples, que les Quatre Grands réglassent, en l\u2019espace d\u2019une semaine, les nombreux problèmes qui les divisent.Mais ils escomptaient au moins un accord sur un point, qui serait comme le gage d\u2019une entente plus vaste, dans un avenir proche ou lointain.Or, sur les quatre points qui furent à l\u2019ordre du jour de la conférence de Genève, \u2014 Allemagne, sécu- M.Schubiger est le chroniqueur international du journal le Courrier, de Genève.rité, désarmement, échanges entre l\u2019Ouest et l\u2019Est, \u2014 aucun accord, même de principe, n\u2019a été réalisé.On s\u2019est borné à constater que la discussion était possible et que l\u2019éventualité d\u2019un accord, dans un délai indéterminé, ne devait pas être exclue.Sur quoi, les Grands ont clos leur session, réellement extraordinaire, après avoir confié à leurs ministres des Affaires étrangères les travaux d\u2019ordre pratique, c\u2019est-à-dire le soin de tenter d\u2019arriver à un règlement, partiel ou général, des problèmes en suspens.Est-ce à dire que rien n\u2019est changé dans les rapports entre les blocs occidental et oriental, et qu\u2019en somme la rencontre Eisenhower-Boulganine-Eden-Faure ne fut quun brillant feu d\u2019artifice, une manifestation d\u2019euphorie factice, dont il serait vain d\u2019attendre « des lendemains qui chantent » ?Valait-il la peine de mobiliser, une fois de plus, cette malheureuse opinion mondiale, qui ne cesse d\u2019appeler à grands cris un miracle: en l\u2019occurrence, la réconciliation de l\u2019Occident et de l\u2019Orient, l\u2019enterrement définitif de la « guerre froide », une paix et une sécurité véritables ?SEPTEMBRE 1955 241 Sans vouloir me ranger, à mon tour, parmi ces marchands d\u2019illusions qui remplissent de leurs mensonges les couloirs des chancelleries et les colonnes de la grande presse internationale, je pense qu\u2019il n\u2019était pas inutile de rassembler, ne fût-ce que cinq ou six jours, autour de la même table les représentants des puissances qui tiennent entre leurs mains le sort temporel du monde et, très particulièrement, ceux des États-Unis d\u2019Amérique et de la Russie soviétique.Il était assurément chimérique de spéculer sur les possibilités d\u2019un accord immédiat entre les Quatre Grands.Le fossé créé par les divergences de vues entre les anciens alliés de la seconde guerre mondiale était trop large et trop profond pour qu\u2019il y eût la moindre chance de le combler en si peu de temps, voire de jeter sur lui cette « frêle passerelle » dont a parlé sir Anthony Eden.Du reste, Washington n\u2019avait pas encouragé les rêveries téméraires à cet égard, en nous avertissant qu\u2019il ne fallait point attendre qu\u2019un règlement, partiel ou général, sortît de la conférence de Genève.C\u2019était la prise de contact entre les Grands qui, à elle seule, devait donner son prix à cette rencontre « à l\u2019échelon suprême ».Comment réagiraient les Russes en présence du plus célèbre des chefs d\u2019État du monde occidental, de ce président Eisenhower dans lequel on voyait jusqu\u2019ici, à l\u2019Est, le principal animateur de la coalition antisoviétique, le leader de « l\u2019impérialisme agressif », le tireur de ficelles de l\u2019Organisation du Traité de l\u2019Atlantique-Nord ?Et quelle serait l\u2019attitude d\u2019Ike devant ces dirigeants du Kremlin qui, depuis bientôt dix ans, s\u2019évertuent à dépeindre les Américains comme d\u2019impénitents « va-t-en-guerre », avides d\u2019en découdre avec l\u2019U.R.S.S.et les démocraties populaires, prêts à déverser leurs bombes atomiques ou à l\u2019hydrogène sur le camp adverse, et retenus seulement par la crainte de représailles foudroyantes de la part d\u2019une Union soviétique à peine moins avancée que les États-Unis \u2014 si elle ne les égale déjà \u2014 dans le domaine des armes thermonucléaires ?Eh bien, sur ce point non négligeable, l\u2019épreuve de Genève a été relativement satisfaisante.Russes et Américains, placés face à face, se sont comportés non pas en êtres pleins d\u2019une incoercible défiance les uns envers les autres, mais en hommes cherchant à se convaincre réciproquement de leur bonne foi et de la sincérité de leur désir de paix.Ce fut une émulation de courtoisie et d\u2019amabilité à laquelle on n\u2019avait jamais assisté jusqu\u2019à présent.Les divergences demeuraient, chacun tenant à marquer fermement ses positions.Mais ce qui, en d\u2019autres temps, eût servi de prétexte à d\u2019aigres polémiques \u2014 du genre de celles dont a retenti trop souvent la tribune des Nations Unies \u2014 n\u2019a nullement assombri le climat très spécial qui s\u2019était créé dès l\u2019ouverture de la conférence de Genève.Du début à la fin de celle-ci, l\u2019impression persista que, ni d\u2019un côté ni de l\u2019autre, on ne tenait à susciter un incident de nature à empoisonner l\u2019atmosphère et que, au lieu de foncer sur les obstacles entrevus, les partenaires s\u2019ingéniaient à les contourner habilement.Pas d\u2019accusations rententissantes, pas de doigt tendu pour dénoncer les obscurs desseins de « l\u2019adversaire ».Des visages souriants, détendus, un Boulganine rivalisant de jovialité avec un Eisenhower.Seul tranchait, sur cette vision d\u2019allégresse, l\u2019air toujours froid et absent de Molotov.Ce Molotov, à propos duquel le général Charles de Gaulle a écrit, dans ses Mémoires de guerre, ces quelques lignes qui le dépeignent bien: « Le ton sérieux, le geste rare, d\u2019une correction prévenante mais rigoureuse, regardant au-dedans de lui-même,.il ne livrait rien qui parût spontané.Pas moyen de l\u2019émouvoir, de le faire rire, de l\u2019irriter.En M.Molotov, qui n\u2019était et ne voulait être qu\u2019un rouage parfaitement agencé d\u2019une implacable mécanique, je crois avoir reconnu une complète réussite du système totalitaire.» Mais, à Genève, le ministre des Affaires étrangères de l\u2019U.R.S.S.ne se trouvait pas au premier plan.Et les difficultés qu\u2019il s\u2019efforça de susciter in extremis, lors de ses discussions avec ses « collègues » Foster Dulles, MacMillan et Pinay, à la veille de la clôture de l\u2019entrevue de Genève, furent noyées dans les déclarations finales des Quatre Grands, empreintes de l\u2019optimisme qui avait prévalu durant toute cette semaine étonnante.Quel contraste avec le climat de la conférence de Genève de l\u2019an dernier, où fut pourtant conclu l\u2019accord sur l\u2019Indochine! Il est vrai que les Grands d\u2019alors n\u2019étaient que les ministres des Affaires étrangères.L\u2019un d\u2019eux, M.Foster Dulles, n\u2019y fit d\u2019ailleurs qu\u2019une brève apparition, donnant l\u2019impression d\u2019un homme ennuyé et méfiant, qui n\u2019attendait visiblement rien de bon de ce débat asiatique.Les Russes, à l\u2019instar de leurs amis chinois, promenaient un visage cadenassé et ne se déplaçaient pas sans une escorte de policiers armés jusqu\u2019aux dents.La beauté du paysage, la douceur que respirent Genève et son lac par la belle saison, l\u2019accueil aimable de ses habitants: à tout cela, ces diplomates étrangers paraissaient insensibles.Cette fois-ci, au contraire, les Grands \u2014 ceux de « l\u2019échelon suprême » \u2014 eurent l\u2019air de goûter pleinement le charme estival de la cité dont ils étaient les hôtes passagers.On vit les Russes donner l\u2019exemple, bientôt suivi par Eisenhower, de circuler en voiture décapotée.Et Ike lui-même remplit d\u2019aise les badauds genevois en allant à pied, comme un simple citoyen, acheter des jouets dans un bazar proche du consulat américain.* Succès dans le domaine spectaculaire, la conférence des Quatre Grands restera-t-elle dans l\u2019histoire comme un échec sur un autre plan, plus contingent celui-là ?Aucun problème n\u2019a été réglé à Genève, et surtout pas celui de l\u2019Allemagne, qui est logé dans une impasse 242 RELATIONS depuis l'infructueuse conférence de Berlin de février 1954.Un seul progrès a été réalisé depuis Berlin: les Russes semblent admettre aujourd\u2019hui la réunification de l\u2019Allemagne par le moyen d\u2019élections générales, libres et contrôlées, dans les deux parties de l\u2019ancien Reich.Cependant, comme ils s\u2019obstinent à ne pas vouloir de réarmement allemand dans le cadre de TO.T.A.N., leur concession sur la question électorale demeure, pour l\u2019instant, platonique.L\u2019Union soviétique n\u2019est apparemment pas pressée \u2014 en dépit des déclarations contraires que font volontiers ses dirigeants à ce sujet \u2014 de voir l\u2019Allemagne réunifiée.Parce que cette réunification, si elle se fait sur la base d\u2019élections réellement libres, ne peut que tourner à la déconfiture du régime communiste de l\u2019Allemagne orientale.Or, Moscou tient à conserver le plus longtemps possible le fidèle satellite que constitue, pour l\u2019U.R.S.S., la République allemande de MM.Pieck et Grotewohl.Donc, plutôt une Allemagne divisée qu\u2019une Allemagne unifiée, sous un régime qui ne serait pas analogue à celui de Pankow! D\u2019autre part, les Russes tiennent plus que jamais à la rupture des liens militaires créés par les accords de Paris entre l\u2019Allemagne occidentale et l\u2019O.T.A.N., le but final des gens du Kremlin demeurant, comme du temps de Staline, la désagrégation de l\u2019Organisation nord-atlantique.Mais, pour l\u2019heure, ils n\u2019insistent plus sur la liquidation de l\u2019O.T.A.N.et, admettant \u2014 puisqu\u2019ils ne peuvent faire autrement \u2014 l\u2019existence de la République fédérale, ils offrent au chancelier Adenauer de nouer avec l\u2019U.R.S.S.des rapports en bonne et due forme.A Genève, le président Boulganine a révélé le plan à longue échéance de son pays sur la solution du problème allemand: il s\u2019agirait de mettre sur pied un pacte de sécurité collective pour l\u2019Europe englobant les deux Allemagnes.Ces vues rejoignent celles que M.Molotov avaient émises à Berlin en février 1954.Elles sont inadmissibles pour les alliés occidentaux; car, de l\u2019aveu des Russes eux-mêmes, leur réalisation entraînerait la dissolution de l\u2019O.T.A.N., en échange de celle du pacte de Varsovie, conclu par l\u2019U.R.S.S.avec ses satellites en manière de réplique au traité de l\u2019Atlantique-Nord.Seulement, dans cette affaire, les Occidentaux seraient les perdants: en effet, l\u2019alliance politique et militaire entre la Russie et les États de sa zone d\u2019influence, qui préexistait au pacte de Varsovie, ne disparaîtrait pas avec ce dernier.Ainsi, rien ne serait changé, en fait, à l\u2019Est, tandis que l\u2019Ouest aurait bel et bien sacrifié une forme d\u2019organisation collective destinée à assurer sa sécurité contre une agression éventuelle \u2014 et qui a fait ses preuves, puisque, sans la création de l\u2019O.T.A.N., l\u2019Union soviétique ne consentirait probablement pas, aujourd\u2019hui, à s\u2019asseoir à la même table que les Occidentaux pour y discuter à l\u2019amiable du règlement de ses litiges avec eux.SEPTEMBRE 1955 Les Quatre Grands ont donc admis, à Genève, que le problème allemand et celui de la sécurité collective étaient liés.La solution de ce double problème n\u2019en est pas avancée pour autant.La question allemande se trouvant au centre du débat Ouest-Est, il est à peu près certain qu\u2019aucun des points inscrits à l\u2019ordre du jour de la conférence de Genève ne pourra être réglé en dehors d\u2019elle.Pas de sécurité collective sans une entente entre les quatre grandes puissances sur le sort de l\u2019ancien Reich.Et, partant, pas d\u2019accord non plus sur le désarmement.La façon dont les Russes ont éludé une réponse positive à la proposition Eisenhower d\u2019échange complet des informations militaires entre les grandes puissances \u2014 l\u2019événement le plus saillant de la rencontre de Genève \u2014 n\u2019est-il pas significatif à cet égard ?Enfin, en l\u2019absence d\u2019un règlement de ces trois questions capitales, \u2014 Allemagne, sécurité collective et désarmement, \u2014 comment imaginer un développement sérieux des échanges entre l\u2019Ouest et l\u2019Est, tel que le préconise le plan Faure ?On voit, dès lors, que la tâche confiée par les Quatre Grands à leurs ministres des Affaires étrangères n\u2019est pas précisément aisée.* L\u2019unique heurt qui se soit produit entre les Grands, plus exactement entre deux d\u2019entre eux, sans d\u2019ailleurs que l\u2019atmosphère de la conférence de Genève en ait souffert, c\u2019est la question des satellites de l\u2019U.R.S.S.qui l\u2019a provoqué.En soulevant cette question, le président Eisenhower n\u2019obéissait pas seulement à une impulsion généreuse, il répondait à l\u2019attente du peuple américain tout entier, qui, à la différence de beaucoup de nos opportunistes de l\u2019Europe libre, est demeuré très sensible à l\u2019une des plus criantes iniquités de notre temps.N\u2019oublions pas aussi que les États-Unis ont offert asile à un grand nombre de réfugiés en provenance des pays asservis de l\u2019Europe centrale, orientale et balkanique, d\u2019une part; et, d\u2019autre part, que des millions de ressortissants de ces mêmes pays étaient établis sur le sol américain longtemps avant la guerre déjà, parfois depuis plusieurs générations, tout en gardant de profondes attaches sentimentales avec la patrie de leurs ancêtres.La réponse de Boulganine à l\u2019appel d\u2019Eisenhower a été décevante autant, hélas! que prévue par la plupart des observateurs: l\u2019U.R.S.S.ne veut rien savoir de l\u2019ouverture d\u2019un débat sur les pays qu\u2019elle a enchaînés, au mépris du droit de libre disposition des peuples \u2014 inscrit pourtant en tête des principes de la Charte de l\u2019O.N.U.\u2014 et des traités signés par les prédécesseurs des dirigeants actuels du Kremlin.S\u2019inquiéter du sort des satellites de la Russie, cela s\u2019appelle, dans la terminologie soviétique, « s\u2019ingérer dans les affaires intérieures des autres peuples ».243 C\u2019est malheureusement l\u2019U.R.S.S.qui, en s\u2019ingérant \u2014 et de la manière la plus brutale \u2014 dans les affaires intérieures des États baltes, de la Pologne, de la Tchécoslovaquie, de la Roumanie, de la Hongrie, de la Bulgarie et de l\u2019Albanie, a contraint les nations de l\u2019Europe qui avaient échappé .à ses convoitises de s\u2019unir, pour leur défense, et non à des fins agressives.Sans le « coup de Prague » de février 1948, l\u2019Alliance atlantique aurait-elle vu le jour ?Par conséquent, c\u2019est à l\u2019U.R.S.S.qu\u2019il appartient maintenant \u2014 si elle tient à fournir au monde libre la Congrès d\u2019histoire des religions Jean BOUCHARD, S.J.DU 17 AU 23 AVRIL dernier, se tenait à Rome le VIIIe Congrès international d\u2019Histoire des Religions, consacré principalement à l\u2019étude du thème central, « Le roi-dieu et le caractère sacré de la souveraineté ».Préparé par Y International Association for the Study of the History of Religions (I.A.S.H.R.), dont M.le professeur Raphaël Pettazzoni, de Rome, et M.le professeur C.J.Bleeker, d\u2019Amsterdam, sont respectivement le président et le secrétaire, cet événement mérite plus qu\u2019une brève mention dans la grande presse.Ce n\u2019est pas tous les jours qu\u2019il est donné à des savants de tous pays, de toutes sciences, de toutes croyances de se rencontrer pour confronter les résultats de leurs recherches, leurs méthodes et leurs opinions à propos des faits religieux inscrits dans l\u2019histoire des différents peuples.Rappelons-nous que le premier congrès du même genre eut lieu à Paris en 1900; il fut suivi par ceux de Bâle en 1904, d\u2019Oxford en 1908, de Leyde en 1912, de Lund en 1927, de Bruxelles en 1935 et d\u2019Amsterdam en 1950.Le congrès de Rome réunissait près de 450 délégués représentant 78 universités et instituts scientifiques et provenant de 24 nations: l\u2019Italie et l\u2019Allemagne comptaient chacune 104 congressistes; venaient ensuite: la France (62), la Hollande (42), l\u2019Angleterre (32), la Belgique (23), la Suisse (18), la Suède (13), la Norvège (9), le Danemark (9), l\u2019Autriche (8), l\u2019Espagne (6), les États-Unis (4), le Japon (3), le Proche-Orient (2), l\u2019Afrique occidentale, l\u2019Argentine, le Canada, l\u2019Égypte, la Finlande, la Hongrie, l\u2019Inde, l\u2019Irlande et la Tchécoslovaquie (1).Les travaux du congrès se trouvaient répartis en onze sections: 1) histoire des études sur les peuples non civilisés; 2) Extrême-Orient, Inde et Asie centrale, bouddhisme; 3) Iran, zoroastrisme, manichéisme; 4) Égypte ancienne, Proche-Orient ancien; 5) Ancien Testament, judaïsme; 6) le monde grec; 7) le monde romain; 8) Europe préhistorique et protohistorique (Celtes, Germains, Slaves), Europe moderne, folklore; 9) christianisme; 10) Islam; 11) questions générales de méthodologie, psychologie, sociologie, phénoménologie.Durant cinq jours, il y eut chaque matin une moyenne de quatre travaux ou bulletins présentés à chacune des onze sections; ils étaient souvent suivis d\u2019une discussion, d\u2019une demande de précision ou d\u2019information supplémentaire.L\u2019après-midi était réservé à des séances plénières, où l\u2019on preuve qu\u2019elle a renoncé à la politique de rapine et d\u2019oppression de l\u2019ère stalinienne \u2014 de faire le geste qui, plus que tout autre, rétablirait la confiance entre l\u2019Ouest et l\u2019Est et mettrait fin à la « guerre froide ».Ce geste, ce serait de relâcher le dur contrôle qu\u2019elle exerce sur ses satellites et de leur rendre la liberté \u2014 qu\u2019elle leur a ôtée \u2014 de choisir le régime qui leur convient.Aussi longtemps que les Russes n\u2019auront pas compris cela, les possibilités de détente et de paix durable \u2014 durable parce que fondée sur la justice \u2014 seront des plus limitées, en dépit de toutes les conférences internationales à n\u2019importe quel échelon.Le 6 mai dernier, le P.Bouchard, qui étudie la théologie missionnaire à VUniversité Grégorienne {Rome), nous adressait Vintéressant compte rendu que voici.entendait deux conférences plus amples, suivies elles aussi de discussion, en l\u2019une ou l\u2019autre des quatre langues officielles du congrès (français, allemand, anglais, italien).Notre intention n\u2019est pas ici d\u2019entrer dans le détail des quelque deux cents travaux présentés au congrès, encore moins de prétendre en faire la synthèse.Les spécialistes en trouveront la substance dans les Actes du congrès, que l\u2019on compte publier au cours des mois à venir.Quelques titres donneront au moins une petite idée de l\u2019ampleur du sujet: Le roi-dieu dans les recherches des derniers siècles (C.M.Eds-man); Le caractère royal et divin du Trône dans l\u2019Inde ancienne (J.Auboyer); The Foundation of the Universal Royalty in the Rigveda (M.Falk, Bénarès); La souveraineté de Dieu et des empires humains dans VApocalypse (L.Cer-faux, Louvain); Divine Kings in Ancient Greece (H.J.Rose, Fife) ; Caractère religieux de la chefferie au Soudan français (Mme Dieterlen, Paris) ; Il sovrano « vicarius Dei » nell\u2019alto Medio Evo (M.Maccarone, Rome); La notion du royaume intérieur chez les mystiques germaniques du xiv?siècle (J.-A.-P.Bizet, Poitiers); Volksreligiôse Herrschaftsformen (G.Mensching, Bad Godesberg); The Imperial Rescript on Education and Christianity in the Meiji Era (Enkichi Kan, Tokyo); L\u2019autorità secondo la mitologia dei popoli dell\u2019Asia orientale (P.L.Vannicelli, Naples); Prodromes sacerdotaux de la divinisation impériale (J.Bayet, Paris); Le caractère sacré de la souveraineté en Israël, d\u2019après le psaume 110 (J.Coppens, Louvain); Die sakrale Kaiseridee in Byzanz (J.B.Aufhauser, Munich).Est-ce à dire que ces travaux ont épuisé les données de l\u2019histoire, ou qu\u2019on a abouti à des conclusions d\u2019ensemble sur le thème central du congrès ?Non pas.On a plusieurs fois souligné, évidemment, le caractère divin de la royauté chez les divers peuples et les diverses cultures: rappel opportun de l\u2019aspect royal et divin de l\u2019autorité en notre xx* siècle, où l\u2019homme fait figure de révolutionnaire permanent, de déraciné, d\u2019affolé.D\u2019autre part, force nous est de reconnaître, comme le fit le secrétaire général du congrès, que le sujet proposé n\u2019a pas été traité avec toute la rigueur de méthode souhaitable.Ce défaut tint en partie à la liberté laissée aux savants congressistes de développer leur sujet à leur guise, voire de donner des travaux étrangers au thème central.Cette liberté, qui respectait les goûts et recherches d\u2019un chacun et permit des exposés fort intéressants (de Ricciotti sur un passage du livre de Job, de Dupont-Sommer sur les manuscrits de la mer Morte), n\u2019en eut pas moins pour résultat de disperser l\u2019attention.244 RELATIONS Ajoutons aussi que la spécialisation très poussée des travaux empêcha souvent les conférenciers de confronter leurs études en vue d\u2019en dégager des conclusions générales, valables pour plusieurs peuples et plusieurs époques: comment un ethnologue spécialiste en telle question africaine ou américaine pourra-t-il communiquer avec un historien de l\u2019Inde ou de l\u2019Iran?Dans ces conditions, les comparaisons et les synthèses semblent impossibles, ou à tout le moins sont sujettes à caution; presque toujours on aura négligé tel ou tel aspect du problème, telle ou telle donnée de l\u2019histoire des religions.Sans doute, a-t-on pu noter chez les congressistes une attitude générale de sympathie et de compréhension envers leurs collègues, une volonté très nette de souligner plutôt les points de convergence que les divergences.Pour louable que soit le respect des opinions d\u2019autrui, reconnaissons qu\u2019il ne va pourtant pas sans inconvénient dans le domaine des sciences, quand il s\u2019agit, non pas de créer des amitiés, mais de bien cerner la réalité historique dans toute son ampleur et sa complexité.Si l\u2019on ne précise pas le sens des mots employés, les limites spatiales et temporelles de ses observations, on affaiblit ses conclusions ou l\u2019on prête à toutes sortes d\u2019équivoques et de malentendus.PROBLÈME DE MÉTHODOLOGIE Nous touchons ici à l\u2019un des problèmes les plus importants dans l\u2019histoire des religions, à savoir les relations qui doivent exister entre l\u2019histoire proprement dite et la phénoménologie.La question fut soulevée plusieurs fois au congrès, notamment par Mircéa Éliade (Paris) et le P.Van Bulck, S.J.(Louvain): peut-on interpréter les faits religieux indépendamment de leur contexte historique?C\u2019est le rôle de l\u2019ethnologue et de l\u2019historien d\u2019enregistrer les faits religieux des diverses religions, d\u2019en étudier les données particulières, d\u2019en poser les dates, en tenant compte de leur propre milieu, de leur développement dans ce milieu, et des autres formes culturelles comme la pensée spéculative, la poésie, l\u2019art, la structure sociale.Parallèlement, la phénoménologie religieuse, comme l\u2019entendait feu Van der Leeuw, négligeant le développement historique, découpe dans la multiplicité des phénomènes religieux les diverses structures, compare les données fournies par l\u2019histoire et prétend en dégager les lois générales du comportement religieux de l\u2019homme et des sociétés.Mais ne risque-t-on pas ainsi de rapprocher des faits qui n\u2019ont que des apparences semblables, et dont le sens profond est tout différent dans tel contexte historique; ou inversement de négliger des phénomènes ayant le même sens sous des dissemblances apparentes?Un exemple illustrera notre pensée: une mise à mort peut être la punition d\u2019un coupable, un sacrifice rituel, un acte de cannibalisme, une offrande volontaire (le Christ).Il en résulte pour la phénoménologie une nécessaire dépendance envers les études des ethnologues et des historiens.L\u2019homme a beau être toujours le même foncièrement, ses besoins fonciers ne s\u2019expriment pas toujours de la même manière.Il faut tenir compte du contexte historique, social, culturel et religieux pour bien comprendre son comportement.Cela ne signifie pas d\u2019ailleurs que tout s\u2019explique par un certain déterminisme historique; on doit reconnaître aussi l\u2019existence de facteurs indépendants: liberté humaine, originalité des personnes, phénomènes mystiques.C\u2019est assez dire que l\u2019étude de l\u2019homme religieux n\u2019est pas facile et qu\u2019elle exige de tous les savants une rigoureuse objectivité, une parfaite soumission au réel.POSITION CATHOLIQUE Il y a lieu aussi de mentionner une difficulté d\u2019un tout autre ordre et propre au catholique: objection que pourrait lui faire sa conscience ou danger que pourrait encourir sa foi.Il n\u2019y a pas si longtemps, ne l\u2019oublions pas, « l\u2019histoire comparée des religions » avait mauvaise presse chez les catholiques.Parler de science des religions, n\u2019était-ce pas admettre que toutes les religions se valent et nier du coup la transcendance du christianisme ?A-t-on le droit de soumettre l\u2019Église à des catégories générales empruntées à la sociologie religieuse et à la science des religions, sans tenir compte de son caractère absolument unique ?Pour dissiper tout malentendu, distinguons deux plans différents: un plan relevant de la science profane et un plan relevant de la science théologique.Autre, en effet, est l\u2019étude des phénomènes religieux tels qu\u2019ils se manifestent à l\u2019historien, à l\u2019ethnologue, au sociologue,.autre le jugement de valeur prononcé au nom d\u2019un credo et engageant la conscience d\u2019un chacun devant Dieu.L\u2019histoire des religions, bien sûr, présente des dangers: danger de prendre le sentiment religieux pour la religion, danger de tomber dans le syncrétisme, ou d\u2019admettre qu\u2019en pratique toutes les religions sont bonnes.Raison de plus pour que les catholiques abordent l\u2019histoire des religions avec prudence, munis d\u2019une foi éclairée et vivante.Ils n\u2019auront garde alors d\u2019oublier ce fait capital qu\u2019est la Révélation, fait historique: Dieu nous a parlé par son Fils, et il n\u2019en est pas d\u2019autre en qui nous puissions être sauvés {Actes, iv, 12).Aussi l\u2019obligation subsiste-t-elle pour tous de croire en qui a seul les paroles de la Vie éternelle et qui nous a laissé son Église, « une, sainte catholique, apostolique », précisément pour que nous ayons la Vie et que nous l\u2019ayons en abondance.Cela dit, empressons-nous d\u2019ajouter que la science des religions peut rendre de grands services.Quiconque s\u2019intéresse au comportement religieux de ses semblables y trouvera une source d\u2019enrichissement et d\u2019élévation.L\u2019humaniste verra s\u2019élargir le champ de ses connaissances et deviendra plus humain.Le philosophe sera amené à préciser beaucoup de ses notions.Le théologien verra mieux où s\u2019insère le donné révélé.Le missionnaire connaîtra davantage le contexte social, culturel, religieux qu\u2019il aborde et que la grâce doit assumer, achever.Tous deviendront plus conscients de leurs responsabilités vis-à-vis de ce monde et des hommes qu\u2019il faut comprendre, aimer, servir; vis-à-vis aussi du Dieu de la Révélation qui est entré un jour dans notre histoire et dont personne n\u2019évitera le jugement.Du point de vue de la « présence catholique », ce congrès marque un grand progrès, reconnaissons-le.Non seulement les catholiques y eurent pleine liberté de se faire entendre (ce qui ne fut pas toujours le cas dans les congrès antérieurs), mais plusieurs (Turchi, Grottanelli, Koppers.) se virent confier la présidence de certaines sections ou de certaines séances de sections.Et plusieurs autres apportèrent des contributions précieuses, tels Coppens, Cerfaux, Ricciotti, Van Bulck, Anawati, des Places, Bizet, Maccarone, de Fraine, Mensching, etc.Signalons toutefois deux graves lacunes: la non-représentation des catholiques dans l\u2019exécutif du Congrès et de IT.A.S.H.R., ainsi qu\u2019une indifférence calculée à l\u2019égard de l\u2019Église et du Pape.Alors que tant de congrès internationaux, groupant des savants de toutes croyances, ne manquent pas de solliciter à Rome une audience du Saint Père, il est étrange, voire douloureux qu\u2019un congrès d\u2019histoire des religions, se réunissant précisément à Rome pour étudier un problème d\u2019histoire religieuse, n\u2019ait pas même songé, semble-t-il, à venir saluer le Père de la chrétienté.A tout le moins aurait-on pu organiser une audience libre.Pareille insouciance dénote une regrettable étroitesse d\u2019esprit, un manque de savoir-vivre qui en ont choqué plusieurs.SEPTEMBRE 1955 245 LENDEMAINS DE CONGRÈS Il convient ici de rappeler que 1*1.A.S.H.R., fondée en 1950 au congrès d\u2019Amsterdam, publie depuis 1954 la revue Numen, consacrée à l\u2019histoire des religions.Sous la direction du professeur Pettazzoni (Rome), elle paraît trois fois l\u2019an chez l\u2019éditeur E.J.Brill, à Leiden (ou Leyde, Hollande).Le même éditeur assume aussi, depuis 1952, la publication d\u2019une bibliographie annuelle de l\u2019histoire des religions, et tout récemment d\u2019une Anthropologie religieuse, sous la direction du professeur Bleeker, d\u2019Amsterdam.Ces instruments de travail rendront de grands services à ceux qui s\u2019occupent d\u2019histoire des religions, à quelque titre que ce soit.Immédiatement après le vnr Congrès international d\u2019Histoire des Religions, l\u2019Institut italien pour le Moyen et l\u2019Extrême-Orient présentait une série de conférences publiques, dues à l\u2019initiative de son directeur, le professeur Tucci, de Rome, ainsi qu\u2019au professeur Puech, des Hautes Études de Paris.Elles avaient surtout pour but de permettre la rencontre et les échanges de vues entre savants, surtout français et italiens, sur ce thème précis: le symbolisme cosmique dans les monuments religieux.On y exposa successivement: ce qui se fait à Paris pour l\u2019étude des religions (H.-C.Puech, Paris), quelques aspects du symbolisme des temples de l\u2019ancien Orient et de la Mésopotamie (G.Widen-gren, Suède), le symbolisme des monuments religieux dans l\u2019Italie antique (R.Bloch, Paris), le symbolisme des temples chez Philon d\u2019Alexandrie (J.Daniélou, S.J., Paris), le dispositif architectural des temples égyptiens antiques (Jean Sainte-Fare Garnot, Le Caire), le symbolisme des temples au Soudan (Marcel Griaule, Paris), le symbolisme cosmique Au service de la chanson française Jean-Paul GINGRAS, S.J.AU MOIS DE MAI dernier, avait lieu à Gravelbourg A (Saskatchewan) et à Saint-Paul (Alberta) le festival de la chanson française.Notons qu\u2019Edmonton, Prince-Albert et Saint-Boniface ont aussi leur festival annuel.L\u2019an prochain, la région de la rivière à la Paix, diocèse de Grouard, aura vraisemblablement le sien.Je me bornerai à parler des deux festivals auxquels j\u2019ai eu l\u2019honneur de participer comme président du jury : celui de Gravelbourg et celui de Saint-Paul.Le festival de la chanson française a une très grande importance dans la vie des minorités françaises de l\u2019Ouest.Il est devenu la grande fête patriotique annuelle, l\u2019événement de fierté française le plus important de l\u2019année.Les évêques de Gravelbourg et de Saint-Paul, LL.EE.NN.SS.Aimé Decosse et Philippe Lussier, C.SS.R., y attachent une grande importance et s\u2019y intéressent directement.Il faut en dire autant du clergé, des instituteurs, des institutrices et de tous les laïcs ayant charge d\u2019œuvres d\u2019éducation et de patriotisme.C\u2019est l\u2019union de toutes les forces de survie des Canadiens français afin d\u2019assurer le succès du festival.Rien n\u2019est négligé pour stimuler l\u2019intérêt.Avant le festival, plusieurs circulaires sont envoyées aux directrices des écoles et des couvents et à ceux que le festival a chance d\u2019intéresser.Quelques-unes de ces circulaires sont écrites par le président du jury lui-même.Dans tous les centres français, on distribue des pancartes pour annoncer le festival.Les journaux français régionaux et les postes de radio locaux ne dans la structure sociale et l\u2019organisation cérémonielle de certaines tribus américaines (Claude Lévi-Strauss, Paris), la cosmogonie du monde dressé et du monde renversé (C.Hentze, Bruxelles), les temples et maisons comme centre du monde (Mircea Éliade, Paris), les temples des Samyas (G.Tucci, Rome).On avait préparé pour la circonstance une très belle exposition sur le même sujet, grâce à la collaboration de nombreux savants français et sous la direction de Mme Bernard, du Musée Guimet de Paris.Ici encore surgirent les mêmes problèmes que dans les jours précédents: relations entre histoire et phénoménologie religieuses, valeur des observations faites chez tel ou tel peuple, interprétation des données recueillies, possibilité de conclusions générales.Rencontre prometteuse d\u2019échanges et de confrontations ultérieures entre chercheurs, enquêteurs, savants, philosophes et théologiens.Plus que jamais l\u2019histoire des religions exige la collaboration de tous.Qu\u2019on nous permette de finir par l\u2019expression d\u2019un vœu souvent exprimé durant ces jours.A sa séance de clôture, le VIIIe Congrès d\u2019Histoire des Religions envisagea la possibilité que les autres congrès se tiennent alternativement en Europe, en Asie et en Amérique.Pourquoi ne pas accorder la parité aux savants du monde entier?Bien que l\u2019on n\u2019ait pris encore aucune décision à ce sujet, il a été arrêté que les prochains congrès se tiendront: à Tokyo en 1958, à la demande des délégués japonais; vraisemblablement à Strasbourg en 1960; et l\u2019on parle déjà de Marburg (Allemagne) pour 1965.Souhaitons que les Canadiens n\u2019attendent pas que pareil congrès se tienne en Amérique, ou même chez nous, pour prendre part à ces assises internationales.Là aussi, nous avons beaucoup à apprendre, et notre mot à dire, espérons-le.Le P.Jean-Paul Gingras est directeur de la chorale du Collège de Saint-Boniface {Man.) ménagent rien pour mener une propagande intelligente et efficace autour du festival.Depuis deux ans, le grand élément de succès réside, semble-t-il, dans la tournée que le président du jury entreprend avant le festival dans les différentes écoles françaises des deux diocèses de Gravelbourg et de Saint-Paul.Ce personnage \u2014 spécialement depuis le R.P.J.-A.Lambert, C.SS.R., qui a suggéré cette récente formule \u2014 n\u2019est pas le juge inexorable dont on attend la sentence en tremblant.On accueille sa visite avec un vif intérêt, je dirais même avec amour.Le président du jury, évidemment, doit posséder une honnête culture musicale, connaître le chant, spécialement le chant choral, avoir l\u2019habitude de diriger des chorales de jeunes et d\u2019adultes.Avant tout, on compte sur lui comme animateur; il lui faut de la jeunesse plein le cœur, de l\u2019enthousiasme, le « feu sacré » patriotique pour le communiquer aux instituteurs, aux institutrices et aux enfants.Il doit stimuler les bonnes volontés, encourager, décider les hésitants, faire les remarques fécondes qui s\u2019imposent, conseiller les directrices de musique.On lui fait confiance; on suit ses conseils avec assurance.Il jouit du respect, de l\u2019estime, de l\u2019amitié qu\u2019on donne au désintéressement d\u2019un grand frère.C\u2019est, d\u2019ailleurs, pour lui un réconfort et un soutien.A Gravelbourg, le festival comprend deux séances d\u2019après-midi, de cinq heures chacune environ, une conférence du soir sur le folklore par le président du jury, et un grand concert le dimanche soir.A Saint-Paul, le festival est maintenant fixé au jour de l\u2019Ascension et dure toute la journée.On débute par une messe dialoguée à la cathédrale; suit une première audition; un grand concours a lieu l\u2019après-midi,.et 246 RELATIONS un concert le soir.Au concert du soir des deux festivals, figurent les solistes et les chœurs qui ont été le plus remarqués durant les concours.A la fin du concert, le président du jury prend la parole; puis, on écoute l\u2019allocution de l\u2019évêque, qui est président d\u2019honneur.La plupart des curés de langue française, les éducateurs de même que les présidents des différentes associations françaises se font un devoir d\u2019assister au moins au concert final.A Gravelbourg, douze centres ont participé au festival, durant lequel quatre-vingt-cinq pièces ont été exécutées: vingt-trois solos, trois duos, vingt et un chœurs à l\u2019unisson (six mimés), vingt-six chants harmonisés de deux voix égales à quatre voix mixtes, trois danses, deux chœurs chantés par au delà de deux cents voix et trois chœurs d\u2019adultes qui ont interprété six pièces, dont deux harmonisées à quatre voix mixtes.A Saint-Paul, onze centres ont pris part au festival et exécuté cinquante-cinq chœurs: dix grands chœurs chantés par environ mille voix, dont diverses écoles exécutent les solos à tour de rôle; dix-huit chœurs à l\u2019unisson, dont onze furent mimés ou dramatisés; dix chœurs harmonisés de deux voix égales à quatre voix mixtes; en outre, trois chorales d\u2019adultes interprétèrent six chœurs harmonisés à quatre voix mixtes, et deux chœurs à quatre voix mixtes furent interprétés par une chorale de trois cents voix.Il faut ajouter que Saint-Paul eut, cette année, l\u2019avantage d\u2019entendre le sympathique ténor québécois Pierre Boutet, qui a grandement contribué à l\u2019éclat du festival en interprétant, aux deux séances, sept pièces de folklore ou de musique d\u2019inspiration folklorique et, le soir du grand concert, dix pièces du répertoire de la musique française.Il faut avoir assisté à ces festivals pour se rendre compte de la qualité des chants et des danses exécutés, pour apprécier la valeur de la mise en scène (costumes, effets de lumière, jeux des interprètes, etc.), des chansons mimées et dramatisées, qui ravissent l\u2019oreille et les yeux, pour apprécier aussi la valeur des chœurs harmonisés chantés avec un ensemble et une souplesse qui rendraient jalouses beaucoup de chorales du Québec.Au dire des organisateurs, les deux festivals de cette année ont dépassé en succès les festivals précédents.C\u2019est un fait que le progrès, tant pour la qualité que pour le nombre des participants, est constant et suscite toujours plus d\u2019enthousiasme.Désormais, non seulement les chorales de jeunes déploient leur talent, mais aussi des chorales d\u2019adultes.Le festival de la chanson est une manifestation patriotique qui a peut-être moins de splendeur qu\u2019un défilé de la Saint-Jean-Baptiste à Montréal, mais il semble porter des fruits plus durables.On attache ainsi davantage la jeunesse à la chanson de folklore canadien, qu\u2019elle affectionne de plus en plus.Il s\u2019établit aussi entre les centres éloignés une communauté de sentiments et d\u2019aspirations qui est un bienfait: tous ces jeunes qui chantent et parlent français se retrouvent plus forts qu\u2019ils ne pensent quand ils se voient réunis par milliers auprès des mêmes sources de vie, celles que constitue un folklore national aux richesses insoupçonnées de chants et de traditions.Ne convient-il pas que les lecteurs de Relations s\u2019associent aux félicitations qu\u2019ont méritées nos frères de l\u2019Ouest pour le succès remporté par eux cette année?L\u2019Ouest français a besoin de la sympathie et de l\u2019appui de tout le Québec dans la lutte quotidienne qu\u2019il soutient là-bas pour conserver, avec la langue et les coutumes, l\u2019héritage sacré qui ne doit pas périr.LES LIVRES ÉCRITURE SAINTE M.-J.LAGRANGE, O.P.: L'Évangile de Jésus-Christ.Avec la Synopse évangélique traduite par le P.C.Lavergne, O.P.Nouvelle édition.\u2014 Paris, J.Gabalda & Cie, 1954, 716 pp., 25 cm.\"C'N 1924, après trente-cinq ans d\u2019études bibliques, le P.La-grange publiait la Synopse évangélique en grec; cette harmonie des évangiles était déjà une vie de Jésus appuyée sur un ensemble de documents à peu près complet.D\u2019autre part, de 1920 à 1925, le même auteur publiait quatre énormes volumes de commentaires sur les évangiles.C\u2019est la somme de ce travail que présentait, en 1928, l'Évangile de Jésus-Christ.Le P.Lagrange est mort en 1938.Seize ans après, le P.L.-H.Vincent, O.P., qui fut l\u2019élève et l\u2019ami du P.Lagrange, publie une nouvelle édition de l\u2019œuvre monumentale, en insérant, au début de chaque section du texte, les tranches correspondantes de la Synopse traduite en français par le P.Lavergne.Il ne s\u2019agit ni d\u2019une « vie de Jésus » au sens habituel de l\u2019expression, ni d\u2019une théologie biblique du Nouveau Testament.L\u2019A.laisse parler les quatre évangiles en tenant compte de toute la tradition exégétique et des travaux modernes jusqu\u2019en 1928.L\u2019ouvrage, qui est d\u2019une richesse exceptionnelle, suit l\u2019ordre des faits donné par saint Luc et la chronologie de saint Jean; pour les narrations, saint Marc a la préférence, tandis que les discours sont commentés à partir de saint Matthieu.L\u2019A., ayant en vue un public qui n\u2019aurait pas le temps ou le goût de lire des notes savantes, a omis les remarques critiques et les références, qu\u2019on trouvera dans les 2,200 pages de commentaires des évangiles.Tel, l\u2019ouvrage est pour le prêtre une somme d\u2019exégèse évangélique; pour le laïc, une base sûre et une source de prière et de méditation sur l\u2019Évangile.On peut encore aujourd\u2019hui faire à l\u2019ouvrage la critique que proposaient déjà, en 1928, Mgr Battifol et le P.Lebreton: le dossier est complet, avec toutes ses pièces, mais le fil conducteur manque: mosaïque plus que tableau.Des œuvres comme leSeigneur, de Guardini, ou le scommentaires de Mgr Goodier, plus unifiées, plus harmonieuses, répandent plus de chaleur.Mais elles auraient sans doute été impossibles sans les robustes charpentes établies par le P.Lagrange sur la lettre même du texte évangélique.Julien Harvey.U Immaculêe-Conception, Montréal.Joseph Bonsirven, S.J.: Epîtres de saint Jean.Introduction, traduction et commentaire.Coll.« Verbum salutis ».Nouv.édit, entièrement revue.\u2014 Paris, Beauchesne, 1954, 280 pp.T 18.5 cm.TE PÈRE BONSIRVEN est un grand spécialiste du Nouveau Testament.La nouvelle édition de son étude des épîtres de saint Jean mérite, à ce titre, toute notre confiance.Les épîtres de saint Jean sont présentées comme un approfondissement du quatrième évangile, lequel est adressé à un public pour qui le problème de la vie chrétienne se posait déjà de façon très sérieuse.Contre les gnostiques qui tentaient de faire du christianisme une forme de religion à mystères, Jean expose, plutôt par des expériences que par des arguments logiques, l\u2019authentique interprétation de l\u2019amour de Dieu, de l\u2019influence du Saint Esprit, de la vie chrétienne tout entière.L\u2019étude de la vie chrétienne est particulièrement remarquable (pp.37-55).L\u2019A.montre en saint Jean et le théologien qui éclaire nos relations avec le Christ et le mystique pour qui toute prière est une participation à la vie divine dans la foi et l\u2019amour.La plupart des commentaires s\u2019arrêtaient au théologien, dépouillant ainsi le texte de ce qui fait son unité; le P.Bonsirven va au cœur du texte, le mettant en valeur, à l\u2019occasion, par des rapprochements avec saint Jean de la Croix et d\u2019autres maîtres de la vie spirituelle.L\u2019ouvrage SEPTEMBRE 1955 247 fait voir au lecteur attentif la rigoureuse cohérence de la vie chrétienne, qui n\u2019apparaît bien que dans un travail d\u2019approfondissement à la fois scripturaire, théologique et spirituel, On appréciera une fois de plus le format commode et l\u2019élégante présentation de la collection « Verbum salutis ».Les notes brèves ne distraient pas de la lecture, tout en fournissant l\u2019essentiel des sources et des renseignements plus techniques.A la fin, un index alphabétique fort utile.Julien Harvey.U Immaculêe-Conception, Montréal.Dom Paul PASSELECQ: Préjugés des catholiques contre la lecture de la Bible.- La Sainte Bible expliquée.I: Évangile de Matthieu, Ire partie.\u2014 Maredsous (Belgique), Éditions de Maredsous, 1954, 1955; 46, 63 pp., 18.5, 18 cm.TES DEUX PRÉJUGÉS les plus courants: la Bible est un livre interdir, c\u2019est un livre incompréhensible.L\u2019A.les réfute.Il y a des récits scabreux dans la Bible; cela prouve l\u2019immense besoin que l\u2019homme avait d\u2019un Rédempteur.Il y a des difficultés dans la Bible; elles sont dues à des particularités de langue, de style, d\u2019auteur, de temps, de mœurs.Prémuni et guidé par des observations compétentes, comme celles de l\u2019A., le fidèle donne à la Bible sa vraie signification et goûte sa valeur inspirée.Dans sa brochure sur l\u2019évangile de saint Matthieu, l\u2019A.explique les versets qui présentent quelque obscurité ou prêtent à controverse.Façon pratique de dissiper les préjugés dont il a parlé.On lira avec profit les autres opuscules de la même collection.Jacques Bur: Leçons sur la Bible.Coll.« Présence du catholicisme ».\u2014 Paris (82, rue Bonaparte), Pierre Téqui, 1954, 125 pp., 18 cm.T3 ECUEIL de conférences données à Nancy et à Toulon.4Non pas études spécialisées, mais instruments d\u2019initiation pour le grand public.Les thèmes en sont: l\u2019inspiration divine de l\u2019Écriture, les prétendues oppositions entre la science et la Bible, la véracité des Écritures, la manière de lire les Livres saints pour les comprendre.L\u2019exposé est clair, à la portée de tous et rédigé dans un style communicatif.Dom Germain BARBIER, O.S.B.: Petite Introduction à la lecture de la Bible.\u2014 Bruges (8, rue Notre-Dame), Beyaert, 1946, 28 pp., 16.5 cm.TpLÊGANT opuscule où l\u2019A.montre que la Bible, livre unique, livre de vérité, pur de toute erreur, qui me parle de l\u2019amour de Dieu réalisé dans le Christ, est écrit pour moi et me profitera si je sais le lire avec humilité, avec foi, avec le désir de ma sanctification, ce que je devrais faire tous les jours, selon un ordre adapté à mes capacités et à mes besoins spirituels.Wilfrid Girouard.Villa Mamèse, Québec.HISTOIRE RELIGIEUSE Angel VALTIERRA, S.J.: San Pedro Claver, S.J.(1580-1654).1) El Santo que liberté una raza.\u2014 Bogotà, Imprenta nacio-nal, 1954, 909 pp., 21 cm.2) El Esclavo de los esclavos.\u2014 Bogotà, Antares, Imprenta editorial, 1954,\t126 pp., 22 cm.AJOTRE CONFRÈRE commence son récit par ces mots de Léon XIII: « Après la vie du Christ, aucune n\u2019a ému mon âme aussi profondément que celle du grand apôtre saint Pierre Claver.» Ce beau livre se divise en deux parties: la vie de saint Pierre Claver (pp.1-579), son époque (583-908), et contient beaucoup de nouveau (sur la famille du saint, qui n\u2019est pas éteinte, sur le rôle joué par l\u2019Inquisition à Carthagène).Mais c\u2019est pour mieux connaître le saint qu\u2019on lit cette biographie.Goûtez ces quatre paragraphes, quatre rapports envoyés à Rome sur l\u2019apôtre des noirs.1616.Intelligence, moins que médiocre.Prudence, très peu.Culture littéraire, minime.Tempérament naturel, coléreux.A du talent pour le ministère, pour les confessions, pour traiter avec les indigènes.1642.Intelligence, médiocre.Jugement, médiocre.Prudence, minime.Progrès dans les lettres, bon.Tempérament naturel, très mélancolique.1649.Intelligence, bonne.Jugement, médiocre.Prudence et expérience des affaires, nulles.Caractère, mélancolique.Progrès spirituel, excellent.1651.Intelligence, bonne.Jugement, médiocre.Prudence, minime.Expérience de la vie et des choses, médiocre.Progrès dans les lettres, bon.Tempérament naturel, mélancolique sanguin.Bon talent pour les ministères.Excellent progrès spirituel.C\u2019était, en somme, un talent médiocre sur toute la ligne.Sa vie néanmoins fut celle qui émut le plus Léon XIII après celle de Jésus.L\u2019A.décrit le progrès de cette âme mystérieuse, ses luttes, ses triomphes, la splendeur de son apostolat, l\u2019appui qu\u2019il reçut de ses supérieurs majeurs dans son œuvre extraordinaire.On voudrait lire cette vie en français, car il y a beaucoup à apprendre d\u2019un saint aussi encourageant.A ceux que rebuterait la lecture de son volumineux ouvrage, l\u2019A.offre un résumé fort bien fait, intitulé El Esclavo de los esclavos.Joseph-H.Ledit.Christopher Dawson: La Religion et la Formation de la civilisation occidentale.Traduction de S.-M.Guillemin.\u2014 Paris (106, boul.Saint-Germain), Payot, 1953, 240 pp., 22 cm.Prix: 800 fr.OUVRAGE à la fois austère et passionnant.Austère parce qu\u2019il scrute avec érudition des événements enchevêtrés et tâche à en extraire le sens; passionnant parce que l\u2019art de l\u2019A.évoque un monde dont la vitalité formidable est la source de notre civilisation et de notre pensée.État de l\u2019Occident à la chute de l\u2019empire romain; assimilation des barbares par le christianisme, malgré leurs invasions de plus en plus dévastatrices; œuvre de civilisation intellectuelle, sociale et politique dont les moines furent les artisans; interaction de la religion sur la royauté barbare, puis de celle-ci, devenue chrétienne, sur l\u2019expansion et la réforme même du christianisme; montée prodigieuse de la papauté au déclin de l\u2019empire carolingien et effort de grands papes pour purifier le gouvernement de l\u2019Église; naissance et structure de la féodalité avec son extraordinaire richesse de vie: chevalerie et croisades, esprit courtois importé d\u2019Orient, essor littéraire, formation de la cité médiévale avec ses traits particuliers (communes économiques et politiques, guildes de métiers fondées sur la ferveur chrétienne); puis sur le plan culturel, prolongement de la cité par la création de l\u2019université; enfin, remous religieux du xme siècle, caractérisé a) par le rayonnement de la pensée juridique (Bologne), philosophique et théologique (Paris), b) par une crise violente due à la confusion des pouvoirs séculier et religieux, qui suscita une réaction communale, c) par la diffusion de doctrines hérétiques (Albigeois et Vaudois) ou suspectes, auxquelles s\u2019opposèrent les deux grands ordres mendiants: telles sont les étapes de l\u2019évolution du monde médiéval que nous fait suivre magistralement l\u2019A.Au bout du compte, malgré la rupture de l\u2019unité religieuse et politique, ce qui reste, c\u2019est une imprégnation de l\u2019Occident par le christianisme, si profonde qu\u2019elle « ne pourra jamais être entièrement effacée, sauf par la destruction complète de l\u2019Occidental lui-même », si capitale que tout le reste « n\u2019est, en comparaison, que transitoire et peu important » (p.232).Un catholique instruit ne saurait se dispenser de lire ce grand livre s\u2019il veut comprendre sa propre histoire et préciser son effort actuel dans l\u2019œuvre jamais achevée de la civilisation de l\u2019humanité.Marie-Joseph d\u2019Anjou.Walter Dirks: La Réponse des moines.Traduit de l\u2019allemand par Claire Champollion.\u2014 Paris (27, rue Jacob), Éditions du Seuil, 1955, 199 pp., 19.5 cm.QUATRE grands saints et leurs ordres religieux présentent dans l\u2019histoire profane un sens universel.Benoît ouvre le Moyen Age et dit aux chrétiens de son temps: « Assez de vagabondages, devenez sédentaires.Déposez l\u2019épée.Défrichez des forêts, créez des champs et des prés.Enseignez et apprenez à lire et à écrire, afin que l\u2019Écriture et les Pères soient parmi nous.Travaillez.dans la division et l\u2019organisation fraternelles.Choisissez un chef, et obéissez-lui.Au centre de tout, mettez l\u2019autel.» (P.111.) Le monastère bénédictin est « le modèle exemplaire du Moyen Age voulu par Dieu » (p.129).Mais les hommes ne l\u2019ont pas compris.Sept siècles plus tard, François 248 RELATIONS et Dominique orientent de nouveau l\u2019humanité.Le poverello prie les riches de se faire pauvres pour Jésus-Christ crucifié, prêche la joie du détachement et de la pénitence aux hommes rivés à leurs biens et à leurs plaisirs.Ce n\u2019est pas un ordre religieux qu\u2019il en a vue, mais une chrétienté spirituelle.On ne l\u2019a pas suivi.Son tiers ordre devient pour beaucoup un moyen de racheter leur naturalisme sensuel par une attitude péniten-tielle tout extérieure; le mercantilisme évolue vers le capitalisme.Simultanément, Dominique dresse « en face du libre esprit de son temps et de l\u2019avenir son penseur et son orateur enflammés » (p.158).Saint Thomas apparaît comme l\u2019esprit le plus sagement libre à l\u2019intérieur des normes indépassables de la révélation.Les hommes de la Renaissance et de la Réforme ne retiennent que sa liberté et rejettent les horizons divins pour s\u2019enfermer dans les frontières mesquines de leur suffisance humaine.Ignace, alors, veut créer le type du chrétien majeur que l\u2019obéissance libère et conduit à l\u2019épanouissement parfait de sa personnalité.Le monde a préféré l\u2019individualisme révolté ou la dépersonnalisation grégaire.On devine que la mission des grands ordres n\u2019est point périmée.En l\u2019expliquant, l\u2019A., qui est père de famille, montre une pénétration d\u2019esprit et une ferveur religieuse peu communes.Cependant, sur la valeur des voeux en eux-mêmes et pour la gloire de Dieu (pp.55-59, 148), comme sur leur supériorité par rapport au mariage, il ne semble guère suivre les enseignements de Pie XII; on ne voit pas, non plus, pourquoi « l\u2019Église dans sa totalité n\u2019est pas le royaume de Dieu » (p.59), ni pourquoi la mission culturelle des moines devrait disparaître dans l\u2019avenir (p.179).Son livre est quand même riche, profond à l\u2019allemande et offre une splendide vue du rôle des grands saints dans l\u2019évolution de l\u2019humanité.Marie-Joseph d\u2019Anjou.PHILOSOPHIE RELIGIEUSE Raymond Vancourt: La Phénoménologie et la Foi.\u2014 Tournai, Desclée & Cie, 1953, 126 pp., 18 cm.TITUSSERL a fondé la phénoménologie sans réussir à l\u2019achever.Scheler, Heidegger, Sartre, Merleau-Ponty et d\u2019autres en ont diversement usé.Selon cette doctrine, il s\u2019agit d\u2019abord d\u2019atteindre le phénomène, l\u2019immédiat: le fond de relations vivantes que nous entretenons avec le monde avant que la connaissance vulgaire et scientifique ne les ait durcies.Une fois les choses perçues en leur authenticité, Husserl en dégage Veidos (l\u2019essence) au moyen de la réduction eidétiçue : de toutes les variantes qu\u2019on peut imaginer d\u2019un objet donné, on retient l\u2019invariant absolu, sans lequel on ne pourrait le penser.Mais la véritable phénoménologie ne commence qu\u2019avec la réduction transcendantale : mise entre parenthèses de l\u2019existence matérielle du monde et de ce qu\u2019il renferme, y compris (Husserl va plus loin que Descartes) le moi psychologique et empirique.Désormais, c\u2019est par référence à un moi transcendantal et métempirique que le monde existe.Mais pour Husserl, ce moi est une existence concrète et individuelle, un principe constitutif universel et une conscience réelle, accessible à qui sait opérer la réduction.Héritière de Husserl, la phénoménologie dite existentialiste refuse pourtant de recourir au moi transcendantal.Elle s\u2019en tient à la conscience empirique et au monde empirique comme à un fait premier au delà duquel il est impossible de remonter.Faute d\u2019être éclairé par une ontologie réaliste, son objet n\u2019est pas intelligible en soi, mais reçoit toute sa signification de cet existant particulier qu\u2019est l\u2019homme.Appliquée à l\u2019étude du phénomène religieux, la phénoménologie pourrait fournir aux théologiens une description précise de l\u2019expérience vécue par le croyant.Mais Husserl parvient difficilement à démontrer l\u2019existence de Dieu; et les phénoménologues existentialistes, se limitant à la pure description des relations que la personne humaine entretient avec le monde empirique, peuvent arriver à nier l\u2019homme intérieur et spirituel: dernier avatar de l\u2019idéalisme, la phénoménologie tomberait finalement dans le matérialisme.Sans trop simplifier les doctrines qu\u2019il étudie, l\u2019A.réussit à les exposer avec clarté.Il les apprécie selon les normes de la philosophie thomiste, en toute sérénité.Jean Racette.Maison du Sacré-Cœur, Mont-Laurier, Qué.CE LESTONS Vichy [(« v i] m tu Huit adultes sur dix ont un foie fatigué, encombré, donc déficient.Va-t-il falloir comme tant d'autres vous astreindre à un régime \"triste\u201d?RAREMENT nécessaire, si vous prenez la régulière précaution et si agréable de votre VICHY CELESTINS quotidien.Son action bien connue et ses propriétés diurétiques contribuent à stimuler les multiples fonctions du foie et des reins et exercent un effet des plus salutaires sur le système digestif en général.Demandez l'avis de votre médecin.Pom e/ie -fcctt\", tAU MINÉRALE NATURELLE PROPRIÉTÉ DE L'ÉTAT FRANÇAIS RECOMMANDÉE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTIER Méfiez-vous des imitations 11] Exigez t CÊLESTINS » Importateurs: HERD T » CHARTON INC., Montréal SEPTEMBRE 1955 249 HOMMAGE de la ville de Malartic Un régal à toute heure BISCUITS TARTES GATEAUX \t INI\tV\tH \tSjjgila Services bancaires\tde premier ordre \u2022 Comptes courants\t\u2022 Opérations de change \u2022 Comptes d\u2019épargne\t\u2022 Transferts télégraphiques \u2022 Prêts commerciaux\t\u2022 Coffrets de sûreté \u2022 Prêts personnels\t\u2022 Certificats de dépôts \u2022 Prêts hypothécaires\t\u2022 Lettres de crédit \u2022 Prêts pour améliorations\t\u2022 Recouvrements de maison\t\u2022 Traites et Mandats LA BANQUE\tPROVINCIALE DU CANADA\t 2% d\u2019intérêt sur les dépôts d\u2019épargne\t 350 succursales et agences dans l\u2019Est du Canada\t Karl Stern: La Troisième Révolution.Essai sur la psychanalyse et la religion.Traduit de l\u2019anglais par P.et E.Bolo.\u2014 Paris (27, rue Jacob), Éditions du Seuil, 1955, 239 pp., 19 cm.Prix: 600 fr.TfENANT après le Buisson ardent, qui eut grande vogue en v 1953 (voir Relations, juin 1954, p.178), le dernier ouvrage du Dr Stern marque un progrès de la réflexion actuelle sur les sciences de l\u2019homme.Le premier racontait de façon émouvante un acheminement personnel vers la vérité catholique; le second décrit l\u2019évolution de la psychanalyse vers une conception chrétienne de l\u2019homme.L\u2019A.s\u2019en prend à la « troisième révolution »; issue du positivisme de Comte, elle s\u2019opère dans le domaine de la psychologie; la première fut sociologique ou marxiste; la deuxième, biologique ou raciste.Toutes trois ont grandement contribué à déshumaniser l\u2019homme.La troisième, sans ruines spectaculaires, n\u2019atteint pas moins cruellement les esprits.Car la psychanalyse touche à des profondeurs autrement dangereuses que les études sociologiques, biologiques, voire psychologiques du passé; elle peut défigurer l\u2019homme et le dégrader; aux mains de scientistes athées, elle n\u2019y a pas manqué.L\u2019A.souligne avec pénétration l\u2019influence réductrice des méthodes statistiques dans les sciences de l\u2019homme (voir son article sur le rapport Kinsey, Relations, nov.1953, p.287).Il pense, d\u2019autre part, que la méthode psychanalytique, débarrassée du matérialisme freudien, propose pour la connaissance des profondeurs de l\u2019homme une technique efficace selon la voie de Yempathie; on arrive ainsi à une compréhension supérieure de l\u2019homme que seule peut fonder la charité chrétienne.L\u2019A.a le mérite de bien montrer ce point.En garde contre les attitudes trop défensives, il situe le débat sur les rapports entre psychanalyse et religion dans un climat de sereine confrontation.Le lecteur comprend alors pourquoi l\u2019idée chrétienne de l\u2019homme se trouve à l\u2019aise avec une psychanalyse informée des valeurs spirituelles.L\u2019A.rejoint les enseignements que donnait Pie XII aux psychothérapeutes chrétiens, le 13 avril 1953.Sans être un ouvrage de vulgarisation, le livre du Dr Stern est écrit dans un style qui dépasse le niveau de la spécialisation pour atteindre celui de la culture authentique Le liront donc avec profit les esprits cultivés, même s\u2019ils ne sont pas versés en psychiatrie.Henri Gratton.Université d\u2019Ottawa.En collaboration: Yoga, science de l\u2019homme intégral.\u2014 Paris (28, rue du Four), Cahiers du Sud, 1953, 370 pp., 23 cm.TA PENSÉE INDIENNE et les méthodes orientales d\u2019accès aux profondeurs de l\u2019âme occupent de plus en plus les Occidentaux.Le yoga tient une place privilégiée dans cet intérêt.Voici un volume considérable auquel ont collaboré les meilleurs indianistes actuels.Ce n\u2019est ni une technique du yoga, ni une initiation, mais un ensemble de travaux solides, qui ne visent pourtant pas à couvrir tout le terrain, ni à résoudre tous les problèmes.Une introduction du directeur de l\u2019ouvrage, Jacques Masui, présente le yoga, art de la concentration parfaite, de la possession entière de soi, corps, esprit et âme, qui doit s\u2019achever en une ouverture sur le divin.Paul Masson-Oursel explique ensuite que le yoga n\u2019est ni religion, ni magie, ni moyen de capter des pouvoirs mystérieux, mais technique du spirituel, préliminaire à la vie de grâce.Deux contributions de Mircéa Éliade montrent la liaison primitive du yoga avec le chamanisme et autres techniques primitives de l\u2019extase.Il y a d\u2019autres études, d\u2019intérêt divers.Le texte d\u2019Alain Daniélou sur « Le yoga de l\u2019âge des conflits » appelle des réserves.Aucun adepte sérieux du yoga ne dira que cette technique a pour fin de nous « libérer de.nos croyances » pour tout reprendre ensuite, « non du point de vue aveugle de la foi, mais de celui, lumineux, de la connaissance » (pp.129-130).Du même, cette formule maladroite (p.133): « Tous les codes de morale religieuse ne sont que des survivances incomprises d\u2019anciennes règles de yoga.» Suivent de nouvelles traductions de textes classiques peu connus (Advaya Taraka Upanishad et Dhyana Bindou Upanishad).Le chapitre le plus remarquable me paraît être « Le yoga comme principe spirituel », de Frithjof Schuon: ses liens avec la pensée chrétienne éclairent des problèmes qui dépassent de beaucoup le yoga lui-même.Une troisième partie offre des travaux moins techniques, entre autres, celui de Swami Siddheswarananda sur saint Jean de la Croix, maître du raja-yoga chrétien; la eu ieuse 250 RELATIONS étude de Maurice Aniane, qui, anticipant sur les conclusions des travaux actuels de C.G.Jung, montre dans l\u2019alchimie une exploration des régions inconnues de la psyché; une étude médicale de la respiration maîtrisée, par le Dr W.Bichler; une note de Shri Aurobindo sur le yoga et la psychanalyse, qui a valeur de témoignage, mais semble préjuger la question.Au total, un livre essentiel pour la compréhension du yoga, à condition de n\u2019y pas voir une introduction, mais un approfondissement d\u2019une science et d\u2019un art très sérieux et très complexes.Julien Harvey.L\u2019Immaculée-Conception, Montréal.DROIT, MORALE, SOCIOLOGIE J.GODRON: Climat moral des professions judiciaires.Coll.«Le monde et la foi».\u2014 Tournai, Desclée & Cie, 1954, 142 pp., 18 cm.L AUTEUR a voulu traiter « de sujets graves sur un ton par-' fois léger » et montrer « que le service judiciaire éclate de grandeur humaine » (p.128).« Sous un éclairage d\u2019humanisme chrétien » (p.5), il met en relief l\u2019utilité des avocats et des juges, la difficulté de leur rôle, les qualités que réclame l\u2019exercice de leur profession, les risques auxquels il expose, la joie qui en résulte.Plaise au Ciel que, dans leur vocation (car c\u2019en est une), tous les serviteurs du droit considèrent le dévouement comme une nécessité (p.53); préfèrent l\u2019honnêteté, voire parfois le bon sens, à la légalité (p.34), le conseil qui prévient le procès à l\u2019action qui envenime les chicanes (p.99), et surtout ne plaident que sainement des causes saines (p.117)! L\u2019A.est d\u2019avis que le juge d\u2019enfants devrait être une femme (p.40); pourquoi pas?Mais il a tort de penser que « l\u2019avocat est un psychanalyste qui s\u2019ignore » (p.95).Le ton de l\u2019ouvrage le rend accessible au lecteur non spécialisé, auquel il faut souhaiter de comprendre sa part de responsabilité dans l\u2019évolution de la justice, puisque l\u2019opinion influe sur le droit (p.27).Marie-Joseph d\u2019Anjou.A.-M.CARRÉ, O.P.: Justice humaine, Justice divine.\u2014 Bruges (Paris), Desclée de Brouwer, 1954, 51 pp., 17 cm.DIX STATIONS du chemin de la croix inspirent à l\u2019A.de profondes leçons de sympathie humaine, d\u2019humilité surnaturelle, de dévouement secourable, qu\u2019il adresse aux administrateurs de la justice, afin qu\u2019ils se souviennent, lorsqu\u2019ils ont à juger un coupable, et de leurs propres faiblesses et du Christ qui a voulu s\u2019identifier aux misérables et aux prisonniers.M.-J.d\u2019A.Le Règlement des conflits de droit en relations du travail.\u2014 Québec (28, rue Sainte-Famille), Presses universitaires Laval, 1954, 137 pp., 22.5 cm.T70LUME à recommander tant aux spécialistes en relations \u2019 industrielles qu\u2019aux profanes qui aiment à se documenter sur les problèmes du travail.Il contient les travaux du neuvième congrès des relations industrielles de Laval.On y étudie des questions pour la solution desquelles notre législation positive n\u2019a pas eu le temps de fixer des règles satisfaisantes.« C\u2019est la première fois dans notre province, note M.l\u2019abbé Gérard Dion (préface), que des spécialistes présentent une synthèse assez élaborée en même temps que des perspectives d\u2019avenir.Ils ont donc dû faire œuvre de pionniers.» Ces pionniers sont tous des avocats, sauf un, et certains d\u2019entre eux ont participé à la rédaction de nos principales lois provinciales du travail.On devine l\u2019intérêt de l\u2019ensemble, malgré l\u2019aridité du sujet.Nature et source des conflits de droit individuels ou collectifs; juridictions civiles, pénales et criminelles sur certains conflits de droit; conflits de droit qui naissent de l\u2019interprétation ou de l\u2019application des conventions collectives; rôles futurs de l\u2019arbitrage statutaire et de l\u2019arbitrage conventionnel; tribunaux de travail; tendances du droit anglo-américain dans le règlement des conflits de droit; règlement des conflits de travail: tels sont les problèmes abordés.Une impression se dégage de cette lecture: on n\u2019a pas encore trouvé chez nous la meilleure formule pour régler les conflits de travail.Les suggestions intéressantes abondent.Espérons qu\u2019elles ne tarderont pas à se concrétiser.La Tel.: Sainte-Rosalie : 18\tSaint-Hyacinthe: 3-3989 SOCIETE COOPERATIVE AGRICOLE SAINTE-ROSALIE, Cté BAGOT (Qué.) ADONIAS DESAUTELS GÉRANT TOUS LES ACCESSOIRES ÉLECTRIQUES (Strictement en gros) « Le Temple de la lumière » Bêldnd INCORPOREE BEN BELAND, prés.\tJEAN BELAND, Ing.P., sec.-trés.7152, boul.Saint-Laurent, Montréal - GR.2465* -jriSr BEST CAFÉ - THÉ - CONFITURES J .-A.Désy, Limitée 1459, avenue de Lorimier Montréal J^a cité de Sa in t-fié r 6me oej lAujrtÿïS'' est le centre commercial et industriel le plus important au nord de Montréal.Deux chemins de fer, C.P.R.et C.N.R.Main-d'oeuvre abondante.Elle invite les industriels à venir s'y établir et leur offre tous les avantages possibles.Routes de première classe.Tous renseignements fournis avec empressement.LE CONSEIL MUNICIPAL.SEPTEMBRE 1955 251 Tel.: 4-5181 T)ex%eau & J^acine Jtyêe DISTRIBUTEURS 8c GROSSISTES 196, rue Saint-Paul Québec (2) achète bien qui achète dupuisF^ MONTREAL JOLIETTE, Qué.Hommage de La Cie Canadienne de Papeterie Ltée Fabricants de fournitures scolaires Nos produits sont distribués dans tout le Canada Nos spécialités : Écussons - Porte-drapeaux - Étendards - Bannières - Banderoles - Fanions - Drapeaux (soie, nylon, étamine de laine) -Insignes - Souvenirs - Décalcomanie - Impressions sur vêtements.Pour toutes occasions : Centenaires - Congrès - Conventums - Fêtes patronales -Pèlerinages, etc.Sportcraft Textile Printing Ltée 7954, 14e Avenue, Ville-Sainl-Michel.RA.7-1573 province de Québec s\u2019industrialise à un rythme tel qu\u2019il est urgent d\u2019y établir sur une base solide les relations du travail.Albert Plante.André Siegfried: Tableau des États-Unis.Coll.« Sciences politiques».\u2014 Paris (103, boul.Saint-Michel), Armand Colin, 1954, 347 pp., 22.5 cm.Prix: 970 fr.TV/TÉRITE assuré d\u2019un ouvrage de M.Siegfried, l\u2019ordre et la clarté de la composition: l\u2019ensemble a des articulations nettes; de même, chapitres et paragraphes.Son Tableau des États-Unis ne réédite pas les États-Unis d'aujourd'hui, qu\u2019il publiait en 1927.Sur l\u2019aspect géographique du pays (lre partie), peu de neuf^ sauf que, continentaux et isolationnistes de tendance, les É.-U., depuis la seconde guerre, sont forcément ouverts, des deux côtés, est et ouest, à la vie du monde.Le peuple (2e partie) a changé, sa psychologie aussi.Fondamentalement optimiste et conquérant (à l\u2019intérieur du continent), anglo-saxon et protestant, distinct de l\u2019Europe dont il sort et soucieux de préserver son identité, le peuple américain s\u2019est modifié par suite de l\u2019immigration massive du xxe siècle, fortement slavo-latine et catholique, sans oublier l\u2019accroissement de la population noire (problème très épineux), ni le groupe juif, influent et inassimilé.Cette partie, riche d\u2019observations justes, agace souvent par certains partis pris religieux.L\u2019économie américaine, elle (3e partie), a d\u2019abord suivi le progrès de la conquête du sol et celui du peuplement; puis elle a pris la marque décisive de la crise, de l\u2019expérience rooseveltienne et de la seconde guerre.L\u2019A.analyse avec sagacité la formation et la vie du régime industriel des É.-U., surtout la production massive et le travail en série, l\u2019expérience Ford, la grande dépression et le New Deal.Il reprend le thème économique sous l\u2019angle des relations extérieures des Ê.-U.(6e partie), pour montrer que la crise mondiale du xxa siècle tient à la prédominance d\u2019une Amérique mal préparée à mener le monde.Auparavant, il a étudié le milieu social et l\u2019importance de l\u2019opinion publique (4e partie), puis la vie politique intérieure (5e partie), surtout l\u2019évolution des deux grands partis.Malgré ses lacunes (rien sur la littérature et le cinéma), l\u2019ouvrage est d\u2019un intérêt prodigieux pour un Canadien, dont le pays (l\u2019A.le souligne plusieurs fois) est à peine étranger aux É.-U.Dommage que l\u2019A.comprenne si mal le catholicisme en général, les catholiques américains en particulier.Un fanatisme étroit dans la pensée aboutit, malgré la politesse des formules, à l\u2019incohérence en des matières capitales: séparation de l\u2019Église et de l'État, rapports entre morale et politique, entre mariage et liberté, etc.L\u2019A.n\u2019a pratiquement d\u2019admiration que pour ce qui est anglo-protestant.En souffre même son vocabulaire où fourmillent les mot anglais, ce qui se comprend ici; où se rencontrent aussi des anglicismes (convention, ignorer, matérialiser) étonnants sous la plume d\u2019un académicien.Marie-Joseph d\u2019Anjou.RELATIONS REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus Directeur : Albert Plante Rédacteurs : Joseph-P.Archambault, Joseph-H.Ledit, Alexandre Dugré, Émile Gervais, Luigi d\u2019Apollonia, Richard Arès, Léon Lebel.Secrétaire de la rédaction : Marie-Joseph d\u2019Anjou Administrateur : Jules Émery Directeur de la publicité: M.Alvarez Vaillancourt \u2022 Prix de l\u2019abonnement :\tA l'étranger : $3.50 $3.00 par année\tPour les étudiants : $2.50 \u2022 8100, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL-11, CANADA Tél.: V En dôme 2541 252 RELATIONS 10 est, roe Saint-Jacques, Montréal \u2014 PL.9714 UNITED LOAN CORPORATION J.-O.LANDRY, gérant général Escompte de contrat de vente conditionnelle couvrant automobiles, camions, accessoires électriques, articles domestiques en général, machines aratoires et industrielles.Prêts sur deuxième hypothèque \u2014 Achats de prix de vente \u2014 Paiements de taxes par subrogation.En la balance, or et fer sont un .mai*, soumis à l\u2019épreuve du feu, ils sont bien différents.Ainsi d\u2019une Maison : on la juge à l\u2019autre.J.-W.Jetté s\u2019honore de la clientèle des institutions religieuses: hôpitaux, églises, maisons d\u2019enseignement, écoles, et les nombreux travaux en chauffage-plomberie exécutés pour le compte de celles-ci constituent pour ses techniciens et ouvriers spécialisés d\u2019excellentes références.Théorie alliée à la pratique.Pionniers du véritable chauffage par rayonnement au Canada CHAUFFAGE-PLOMBERIE MArquette 4107 360 est, rue Rachel - Montréal Epargnez rout en protégeant les vôtres avec un plan de Ha ê>aufaegarbe COMPAGNIE D'ASSURANCE SUR LA VIE Siig» social: Montreal Maurice Trahan Ltée SUCCESSEUR DE PIERRE TRAHAN GROS ET DÉTAIL \u2022 MATERIAUX DE CONSTRUCTION 143, rue Mercier\tTéléphones: 6897 ST-JEAN, QUE.\tUN.6-5926 Les produits laitiers MONT-SAINT-HILAIRE Beurre « Mont-Saint-Hilaire » Fromage « Cream-o-Lac » Fromage Cheddar - Lait en poudre SAINT-HYACINTHE (Que.) LIMITÉS » LIMITS» «/ C.Gaa&çr faite LIMITÉS » LIMITS» Spécialité : Construction d'édifices religieux Collèges - Couvents - Séminaires - Hôpitaux - Etc.6900.chemin de la Côte-des-Neiges Montréal\tTél.: RE.7-3651 NOUS BLANCHISSONS TOUT\tPRIX SPÉCIAUX Broderies, dentelles, lainages\tCommunautés, fabriques, hôpitaux (Euandeïie (fâeïçfeïon\tJÇimitâe Recommandée par les Religieuses du Bon-Pasteur\t Par camion à la ville\t6830, rue Hochelaga Par chemin de fer à la campagne\tMontréal, TU.9251 3e plui en pluif ON LIT.J\\elationâ REVUE DU MOIS SEPTEMBRE 1955 Août 1955: Juillet 1955: 25.000\texemp| 15.000 10,000 aires (Relation* est un excellent organe de publicité \u2022\u2022\u2022¦¦¦¦ /\u2022 .£ ¦ \u2022 O V ?.itft .re'Sk, E.PARE, Président J.-L PARE, Ing.P., Vice-président J.-A.BOLDUC, Secrétaire JACQUES LIMOGES, Ing.P.eQa Société d\u2019Cntrepriée à générale* cÇimitée SPECIALITE: TRAVAUX DE VOIRIE ET D'UTILITÉ PUBLIQUE c4moà, Que.Pout chacun âelon âeâ besoin*} notte annonceut eét le meilleur.il IIMCRIE OU MESSAGER.MONTREAL "]
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