Le composteur, 1 juin 1926, vendredi 4 juin 1926
Imprimé par la Cie Mastic, rue Virgule LE COMPOSITEUR HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE Directeur : Lino LENOIR - A BAS LA COQUILLE! VOL.II—No TYPOVILLE, VENDREDI, 4 JUIN 1926 Prix : Un vieux sou BONNES VACANCES ET ADIEU! LE CHANT DU CYGNE! L année dernière, le Compositeur vous souhaitait de belles et bonnes vacances.Que celles de cette année soient meilleures, si possible, que celles de 1925.Que le soleil du bon Dieu revivifie vos poumons au grand air de la nature et qu’il vous accorde de la santé pour un grand nombre d’années à venir, pour les dépenser utilement à la grande cause du vaillant Devoir qui est toujours dans la première tranchée des positions les plus difficiles à remporter.S’il nous donne notre pain quotidien, nous lui devons en retour toutes les énergies de notre être pour lui aider à gagner les bonnes causes pour lesquelles il se dévoue depuis sa fondation._ A tous les membres de l’hôtellerie du Devoir, le Compositeur souhaite encore une fois de bonnes et heureuses vacances.* * Le titre de ce premier-Typo ville renferme un adieu.C’est triste de se dire adieu dans la vie, Partir, clest mourir un pieu.mais aujourd’hui notre adieu n'a trait qu’à notre frêle, organe.La décision est-elle irrévocable?Hélas! je nuis presque l’affirmer.Ce n’est pas, sans une certaine tristesse que je vois disparaître pour nia part — d’autres, s’en réjouiront peut-être! — ce petit bi-hebdoma-daire qui m’a causé bien des joies.Je veux être franc : le.Compositeur m’a causé aussi de la tristesse et des fatigues,.De la trisite,sise, parce que j’avais espéré faire du Compositeur un organe de franche, camaraderie.Un refroidissement s’est fait sentir dès la deuxième, année, c’est-à-dire, quand nous avons habillé en neuf le poupon qui avait pourtant bonne envie de vivre.Une querelle a éclaté qui a, eu pour résultat de voir fondre Gros-Lard.Un article paru à son propos fut mis, en page sans avoir été révisé.J’en suis le seul responsable, car je fus le metteur en page du commencement à la fin.Cette jour née-là, pressé par le temps extra des listes municipales, je ne pris pas la peine de relire la dernière épreuve.Ce fut une grande erreur.N’est-elle pas pardonnable à un journaliste apprivoisé?Je n’aurai plus la peine de répéter tous les, quinze, joursi: Honni soit qui mal y pense! Si certaine humeur ne change pas d’ici l’automne prochain, nous convierons tous, les membres de l’hôte,Série du Devoir pour le temps de la, boucherie.C’est alors que nous mangerons du fameux boudin! De la fatigue?Pour le juger, il faudrait que vous eussiez été dans mon cas, peut-être unique dans le journalisme de tous les, temps : écrivain (riez avec moi, je vous en prie!), compositeur, metteur en page, réviseur, expéditeur et facteur.Ne pensiez-vous, pas que c’est assez pour éreinter un homme comme moi?Les, heures que j’ai données au Compositeur, après mon travail régulier, je ne les regrette pas; elles m’ont valu bien des, joies, mais veuillez croire que je n’eu ai, retiré aucun orgueil, car ici-bas, Tout n'est que vanité, mensonge ,e,t fragilité.* * Tout seul, ou presque, je devais nécessairement faillir à la tâche.A ceux qui regretteront la disparition du Compositeur, vous pourrez répondre: “Que vouliez-vous qu’il fît tout seul ou presque?Qu’il cessât!” Les vitamines de Me.dicus furent trop rares et le bébé du Devoir jette aujourd’hui son dernier soupir.Pauvre petit! Quinze mois à peine! M.Héroux, vous pourrez dire que vous l’ayez vu mourir deux fois!! C’est qu’il tient de ses, parents pour avoir la vie dure.Si on allait lui donner des injections! de strichnine pour le, ramener à la vie après les vacances, le plus à plaindre serait l’auteur de ces lignes.Comme j’avais, peur de manquer de sujets pour mes premie,r-Typo-ville> j’ai commencé dès l’automne passé, à temps perdu, mes souvenirs de typographe depuis le premier jour de mon entrée dans le métier, qui devaient se continuer jusqu’à date.En les servant par tranches, mes premiers mois d’apprentissage auraient suffi à au moins une dizaine de numéros.D’avoir commencé ces souvenirs me, rajeunit de vingt-cinq ans.Un quart de siècle, c’est quelque chose! S,i j’avais, pu les publier au complet, j’aurais pu faire imprimer un volume, sur 25 earns, sorti des ateliers du Devoir et mettre en exergue, après l’avoir dédié à mes enfants — six ! ami Biron — ces vers de Lamartine: Depuis oe jour lointain, des jours, des [jours ,s,anis nombre Ont je te sur mon coeur leur soleil ou leur [ombre.Qui sait si je n'aurais pas obtenu un prix de consolation aux Prix d’action intellectuelle?Ah! Monsieur Bernois,t, nous aurions été deux du Devoir pour côtoyer ensemble la gloire! * * Je continuerai à temps perdu d’écrire ces, souvenirs.Si j’en ai! Ce n’est pas croyable! En' amplifiant ceux qui ont paru dans le numéro-souvenir du quinzième anniversaire du Devoir, j’aurais bien eu des premier-Typo ville pour une partie de l’année! Si je meurs avant de les publier, je permets aux rédacteurs du Devoir de venir les prendre dans ma serviette, afin qu’on puisse leur donner pour titre : Souvenirs posthumes de Lino Lenoir.Ce sera la seule richesse que je laisserai à mes enfants .mais elle aura été ramassée honnêtement.A ses noces, d’or, le Devoir pourra les publier au complet, s’il ne trouve pas autre chose pour boucher un trou de sies futures 48 pages! J’espère bien que, dans, ce temps-Jà ma femme ne s’objectera, pas de les laisser publier, pour racheter la parole, qu’eûté, laissait tomber quand j’écrivis Souvenirs d’un typographe (j’avais dû les ramasser de 10 heures du soir à minuit et demi) : “Viens, donc te coucher.Penses-tu qu’ils, vont mettre ça dans, le Devoir'.” Si jamais on les publie, je ne serai plus là pour entendre dire à mon ami Biron : “Toi, mon vieux, tu, es destiné à remplacer le directeur du Devoir!” Même si M.Bourassa n’écrit pas assez souvent, les lecteurs auraient ai son, alors, de dire : “Nous som- mes encore mieux de garder M.Bourassa que d’avoir un article tous es quinze ans!” * * Mgr P.sE.Roy, le grand archevêque de.Québec qui est mort il y a quelques mois, nous a enseigné comment un chrétien doit envisager la mort.Quoique je ne sois pas attaché à, la vie, je vous avoue carrément que je ne serai pas capable d’en, faire autant que lui.Ah! Marcellus, vous qui êtes chroniqueur de la morgue, si je ne trépasse pas avant que vous quit-ce poste, obtenez de vos chefs que Le coin du chercheur —Le Compositeur, fondé le 21 février 1926, fut le premier organe d’atelier typographique canadien-franç.ais de l’Amérique du Nord.Le Compositeur est son héritier.Microscope —PETITES ANNONCES— (TARIF—5 cadrais pour 10 mots et 2 virgules Pour chaque mot supplémentaire.) Un de nos récents abonnés désireraient se procurer la collection complète du Compositeur (né Composteur) pour son petit musée.Voilà une chance rare de se procurer une petite somme pour s’acheter un sedan Ford.S’adresser à Mlle Téléphone.je vous y remplace; vous s-avez assez maintenant ce que je, pourrais faire connue vrai journaliste,.Dans ce lieu où je reconnaîtrai mon ancien, poste,, je.m’habituerai petit à petit à la pensée de l’éternité.Quand je verrai les employés, de la morgue vider le,s poches d’un Juif quelconque, j’essaierai de deviner s’il n’est pas l’inventeur des trente sous percés.Quand je verrai sur les dalles de,s têtes ensanglantées de jeunes filles dont la chevelure fut la plus belle parure, je ne pourrai m’empêcher de réfléchir sur les vanités de ce monde.Quand .^ mais, tiens,, je m’arrête ici, je n’ai pas plus envie de mourir que vous.* * Ce, serait manquer de gratitude si, au nom de tous mes camarades, je n’avais pas un mot de remerciement à l'adresse de M.Georges Pelletier, le, bon admis!ratcur du, Devoir, qui nous, a permis, nos gamineries — qui nous a même encouragés parfois en nous, aidant de ses précieux conseils.Il a poussé la générosité jusqu’à mettre le “gaspillage” du papier au compte de Profits et Pertes.Vous avez là toute la mesure de sa bonté,.Le bon Dieu ne lui ayant pas donné d’enfants au foyer, il a trouvé le, moyen de prendre d’autres marmots sous, sa tutelle.M.l’Administrateur « nos, plus sincères remerciements.Un grand merc-i aussi à notre contremaître, M.Braudel, qui nous a permis l’usage de la linotype après les heures régulières.Que de ¦fois il a passé en souriant en me disant : “Tiens! du temps extra.— Oui.— C’est bien.Restez jeune.On vieillit toujours trop vite,” Ah! nous avons bien dépensé du gaz et de l’électricité, mais parce quie nous avons la contrition parfaite de ne plus recommencer, nous, savons que nous sommes pardonnes.J’allais oublier mes collaborateurs réguliers et .S.Passe hé?à qui je dois le plus, chaleureux merci.Quand nous avons suspendu, l’année dernière, notre publication au début des vacances, M.Héroux nous a trouvés chanceux d’agir de la sorte avec nos abonnés.Mais si, au contraire, je m’étais fiché de mes précieux collaborateurs, je vous assure que le Compositeur aurait eu une existence éphémère! * * Mais qu’attends-je?Une voix intérieure me rappelle une chanson que je chantais alors que j’avais une douzaine d’années et j’en lance les premiers mots à tous les échos de Typoville et de l’hôtellerie du De-VO ir : Say au revoir, but not good-ibyit;.Mais non, c’est fini! Tu meurs de mes mains, petit Compositeur, — notre enfant, Maigrusse, — mais à ceux qui te liront en l’an 2000, tu prouveras que les typos du Devoir de 1925-26 savaient bien s’amuser.Bonnes vacances et .adieu! Lino LENOIR Mon négatif M.LOUIS DUPIRE Je m’apprêtais à entrer dans mon atelier d’artiste-photographe, quand mon directeur me dit, un peu triste: “Mon vieux, sors-moi le négatif que tu voudras, ça sera ton dernier,.Le Compositeur prend des vacances indéfinies.” J’aurais aimé en passer plusieurs encore, car j'avais profité de la belle température pour prendre des instantanés ici et là.Un peu décontenancé par les paroles de mon directeur, j’allai pour choisir un négatif quand je mis le pied sur une pelure de banane que le petit Alec avait laissé tomber sur le parquet près de mes bains d’acide.Voulant me retenir sur le rebord d’une tablette, mon coude accrocha ma pile de négatifs qui glissèrent avec fracas sur la tuile.Un seul resta intact.Au moins un pour le dernier numéro, c’est ce qu’on appelle être chanceux.Je voudrais être aussi chanceux pour vous le présenter.Je le précipitai dans mon métol-quinol et le retirai presque aussitôt.J’ai bien ri quand petit Pierre dit en riant: “C’est un gros pépère, celui-là!” J’avais bien devant moi M.Louis Dupire, secrétaire de la rédaction au Devoir.Lorsque je commençai mon emploi au Devoir, je remarquai un jeune homme blond dont la figure ne m’était pas inconnue.Après mûre réflexion, je me rappelai l’avoir vu, plus maigre qu’aujourd’hui, à la Presse où les tgpos le voyaient monter, une fois la semaine, pour s’occuper de la page des enfants.Un typo, Vapercevant un jour, dit: “Ce n’est pas un grand-papa bien vieux.” Un entretien amical avec lui récemment m’a appris, quand je lui rappelai ce souvenir, qu’il n’était qu’un substitut au grand-papa d’alors, — aussi jeune que lui, d’ailleurs, — Fernand D., qui était resté aussi paresseux qu’au séminaire.Je me souviens encore de l’écriture à l’encre rouge de M.Dupire à la Presse.Bien qu’à ce journal, j’étais un enragé lecteur du Nationaliste, Un jour, M.Dupire eut à faire un compte rendwsm deux vieilles pensionnaires de Uauspice Au-clair.C’est moi-même qui eut à composer l’article et j’étais déjà au courant du manuscrit de M.Dupire.Le dimanche suivant, qu’elle ne fut pas ma surprise quand je lus dans le Nationaliste un éreintement en règle par un de ses collaborateurs de celui qui me sert de négatif.Il devait en voir de pires qui ne l’ont pas empêché d’engraisser.Si M.Dupire veut rire, je lui aiderai bien à retracer l’article en question dans la collection du Nationaliste.Durant ses premières années au Devoir, M.Dupire nous donnait des billets du soir charmants sur les enfants, assez nombreux qu’il se décida à faire imprimer son premier volume.Louis Breton — c’était son pseudonyme d’alors — me fit goûter davantage le bonheur d’être entouré de quelques mioches.Depuis, M.Dupire déverse son esprit dans /’Actualité et ses critiques municipales toujours au point dans les premier-Montréal méritent toujours d’être lues.Quand M.Pelletier l’essaya à la place d’honneur de la première page, il me dit: “C’est un bon départ; on va pouvoir se reposer.” Je l’approuvai, pensant qu’il ne reviendrait pas plus souvent qu’à son tour, mais voilà, comme on dit, qu’il se plante.Mais aujourd’hui, si c’était à recommencer, je dirais à M.Pelletier: “Gardez-le à cette place-là, mais pour l’amour du bon Dieu, montrez-lui au moins à (suite à la 2ème page, 1ère colonne) LE COMPOSITEUR, TYPOVILLE, VEM ! JUIN 1926 VOL.II—No 8 Adieux ! Comme j'allais commencer ma ¦hronique, mon directeur est venu ne dire: “Mademoiselle Gab;/, nos ypographes ne voulant plus faire !u temps de surplus avec les beaux ours qui s'en viennent, je me vois forcé de suspendre, la publication lu Compositeur.Veuille: faire vos adieux à vos lectrices.Voici deux années de salaire pour vous récompenser de la note gaie que vous ave: su mettre avec tant de charme rlans noire humble feuille.” El me voilà desaxée devant des feuillets déjà noircis, prêts à partir pour la composition, .l'avais préparé des chroniques sur le suffragis-me pour anathématiser ceux qui prétendent que les suffragettes sont i/es énergumènes, car je leur aurais démontré que toutes les femmes ne conduisent pas leur mari,.D’attires chroniques devaient suivre sur celles qui m’ont écrit toutes sortes de lettres - telles les étoffes à la mode — qui lisent mieux encore flans leur conscience qu’entre mes lignes.Mais non, ce sont des adieux que je suis obligée de vous [aire.Je n’ai pas le coeur à ces choses.Je voudrais voir à ma place une vraie vieille fille enragée d’avoir manqué son mariage, ce qui est loin d’etre mon cas! Pourquoi donc se dire adieu quand nous commencions à nous comprendre! I.e cercle de mes amies s'agrandissait; je le sentais bien à la lecture de vos lettres si bonnes, si bonnes que je les garderai pour les relire dans mes moments sombres — une ancienne jeune fille comme moi n’a pas toujours des chiens et des chats à caresser.Avant de vous quitter, vous qui ne me lirez plus, laissez-moi vous donner quelques conseils.Suivez donc sans cesse les lettres si touchantes de Fa dette, l'incomparable écrivain féminin de notre temps; elle en a pour Ions les goûts.Que de réconfort vous g puiserez dans vos moments de depressiop! Vous aimez à embellir de /dus en plus votre home, n’est-ce pas?N’oubliez pas les belles chroniques de Cousine Gillette.Vcus serez servies à souhait.Enfin, choisisse: vos lectures.Mon directeur m'a souvent dit que la dévouée gérante du Service de Librairie du Devoir, Mlle Blanche Pampalon, a un excellent choix de livres qui peuvent être mis entre toutes les mains.Que ce reproche de M.le chanoine Coubé ne s’adressent pas à mes gentilles lectrices: “Les jeunes filles se jettent à coeur perdu dans les romans modernes; celles qui s’en abstiennent sont traitées d'oies blanches; je dirai que celles qui les lisent sont des “oies” tout court; elles perdent leurs belles plumes blanches au contact des lâches coucous et des vilains oiseaux de proie." J’ai tellement le.coeur à la joie en ce moment que je ne sais comment vous faire mes adieux.J'ai débuté dans ce petit coin par une poésie, mais comme j’étais loin de m'attendre aujourd'hui à ma dernière chronique, je n’ai pas le temps de clore ces doux entretiens par des vers.Adieu, chères lectrices.Que la vie jonche voire chemin de roses blanches.Dans vos rosaires du soir, pensez à celle qui aurait tant aimé vous rendre heureuses! Si le mouchoir sert à plusieurs femmes à conduire leur mari, moi, je me sers du mien pour essuyer les larmes qui commencent ci arroser ce dernier feuillet.Adieu! Ili! hi! hi! hi! GABY Deux naissances M.Laforlune nous a demandé pourquoi nous ne parlions pas du voyage du Devoir à Chicago.C’est que nous n’avons pas voulu le mettre dans l’embarras en le forçant d’ajouter un autre train, car une seule de nos reclames aurait suffi à le faire déborder.Pour lui ôter ce surcroît de travail, nous nous sommes chargés d’organiser notre voyage, ce qui n’est pas si difficile après tout, et je vous le prouve.Le camarade Fisc! avec ses deux tondeuses et l’ami Toupin avec ses deux petites bouilloires s’engagent à fournir l’engin au complet.Roland Létourneau se chargera de nos-bagages avec son chariot de l’après-midi.Gros-I.ard et son ami Berthiaume, vous admettrez que c’est assez pour remplir un wagon.M(dgrusse en prend bien un à lui tout seul avec toute sa longueur.Notre contremaître, M.Beaudet, en a retenu un pour toute sa famille.On reconnaîtra son char à l’indication: Une famille canadienne.Les autres employés de Typoville auront leur char allégorique.Les citoyens de .lob City et de Presseville ont retenu aussi chacun un wagon.Les correcteurs, avec leurs longs ciseaux, leurs crayons de toutes les couleurs et leurs gros dictionnaires où ils puisent la science quand la leur ne suffit pas, méritent bien un char-parloir.Les résidents de Sacsvillc se sont emparés du wagon-poste.Rien de plus naturel.Comme il convient, les demoiselles auront leur char spécial, qui sera sous la direction de Mlles Va-liquctte et Robert.Celles-ci, avec leurs compagnes, inscriront à Chicago tous ceux qui voudront s’abonner au Savoir.Elles seront tellement occupées qu’elles n’auront juste le temps de voir défiler la grande procession.Le wagon-plaisir sera occupé par la haute rédaction et M.Robillard et ses nouvellistes.On ne s’ennuiera pas! Comme le Compositeur ne veut pas risquer de perdre un seul vieux sou.il a mis à la disposition de M.Pelletier et du personnel de l’administration le plus beau char blindé.Les voleurs auront fort à faire pour s’emparer de notre caisse.Et le soussigné, comme directeur du Compositeur, se réserve le char-observatoire.Cela lui rappellera une règle de sa grammaire latine sur laquelle il a tant pioché: Ego nominor leo.(Pas plus fier qu’un vieux sou.j’amène avec moi lu bon serviteur du Savoir qu’est M.De-guise).Pour ce voyage, le Compositeur cesse sa publication.Le Savoir s’arrangera comme il pourra.L’Internationale pourra peut-être lui fournir des hommes.Pour avoir organisé ce convoi tout seul, j’espère bien que MM.La-fortune et D up ire me trouveront une petite place sur un de leurs trains .au cas où notre engin ne serait pas capable de démarrer!! Les voyageurs sont priés de ne pas perdre leurs billets.En route! All aboard! En route ! .en attendant que l’engin soit huilé.Blague à part : Nous souhaitons aux pèlerins du Devoir que ce voyage surpasse les autres sous tous les rapports.Bon voyage et heureux retour! Nous sollicitons l’aumône d’une prière pour ceux qui restent au poste durant la procession triomphale en l’honneur du Christ Roi.Lino LENOIR Edmour Barbeau et Hervé Boucau.deux bons camarades de Typoville, viennent de faire baptiser chacun un fils.Voici ce qu’on a pu lire dans la Braise pour i’ami Barbeau: BARBEAU -A Tétreaultville, le 2 mai 1926, à M.et Mme Edmour Barbeau, née Marguerite Dumont, un fils, baptisé: .lean-Paul-Victor.Parrain et marraine, M.et Mme Dositliée Barbeau, grands-parents de l’enfant.Porteuse, Mme Edouard Fredette.Hervé, qui a en horreur toute notoriété, n’a pas voulu nous donner les prénoms de sa progéniture, prétextant qu’un deuxième, ca arrive dans tous les foyers canadiens-fran-çais.Nos félicitations aux deux cama-redes et qu’ils n’oublient pas que des petites soeurs pour ces nouveaux nés combleraient la joie du foyer.Une monsîruosité Notre unique abonné des Cantons de l’Est nous envoie la circulaire suivante qu’il dit être du Montreal Parisian French.Peut-on massacrer notre belle langue française de la pareille façon! Elle pue le Juif du commencement à la fin: .Mars, 23/26 Cher Monsieur.Avez vous déjà penser que le personnel appearance d’un homme est le plus grand l'aide dans ses affaires et tous la monde regarde l’homme qui est bien habiller; Il y a un homme dans votre district qui est coupable de vous donner le plus meilleur qu’on est coupable d’acheter pour l’argent.Les habillement avec un guaran-tie et habillement qui nous donnerai bien satisfaction.Nous mettons le plus meilleur de touts dans nos habilles et le manufacture, la mode et l’ajustement c’est tout que vous desirez naturellement, nous somme haute de nos habillement et nous voulions qt-e vous voyez touts nos nouveaux esehantillons.Nous ne somme pas coupable de parler tros de c’est qu’on est coupable de faire tout ce qu’on demande, d'aller voir Mr.ISIDORE MEN A BD, qui vende les habillements avec un réputation Donner lui votre mesures et montre a lui la drap que vous vouliez et il va faire un habit ou pardessus a votre gout et la mode que vous desirez et fait comme vous vouliez: Prenez votre drap aujour-dhui par-c,e-que touts les meilleur morceaux de drap sera vendu rapidement et n’oubliez pas que Isidore Menard, de BEDFORD, Que.est la seul agent dans votre district que vende notre habillements.Merci.Bien a vous.Horner Bros.Ouf! By Jove! Howler! Border! DONNEZ! Donnez! pour être aimés du Dieu [qui se fit homme, Pour que le méchant même en s'in-[dînant vous nomme, Pour que votre foyer soit calme et [fraternel; Donnez! afin qu’un jour à votre [heure dernière, Contre tous vos péchés vous ayez ta [prière D’un mendiant puissant au ciel! Victor HUGO Aux calendes grecques M.Louis Dupire (Suite de la 1ère page) se servir de sa machine.” Je serais le dernier homme à faire de la peine à M.Dupire, et il sera le premier à rire quand je dirai que je préfère cent fois le manuscrit de M.Héroux aux feuillets meurtris par son clavi-graphe.En voici un exemple, entre vingt, dans /’Actualité: — La Plume, vous frrogd tenez là un langage wdkqdov vulgaire.Mais je suis absolument rassuré.Il g a à Qu ec une forte opposition et qui canote (compte) parmi elle des avacols et des comptavkes.Dès lors qu'elle ne dit mot, c’est le singe (signe) zxxgw certain que tout va bien et que la Comission, fidèle à IRengagement du premier cfrb ministre, ne fait pas de parfit ur les vins, les cède à prix coûtant, afin que le puepte soit éduqué.etc.Néanmoins, Nemo a tellement d’esprit que vous ne pouvez vous empêcher de lui pardonner son mauvais penchant.Après avoir composé deux ou trois feuillets, si le tgpo tombe sur des calembours comme ceux-ci: “La Commission s’est mise le Cordeau au cou”, “Les Juifs ont tort de Strauss presser”, le linotypiste se met à rire cl oublie toute la peine qu’il a eu à défricher le commencement.M.Dupire était comme moi à la Presse un ardent nationaliste, alors qu’il n’était pas bon de l’être dans cette officine.C’est pourquoi il devait, lui aussi, en sortir.Le Devoir doit se compter heureux d’avoir mis la main dessus, car les lecteurs de ce vaillant quotidien en ont toujours pour leur argent à le lire.Signe particulier-.M.Dupire est le seul journaliste de la “haute”, à part M.Bouràssa, à fumer tout le temps.S’il manque souvent les touches de.sa machine, c’est peut-être parce qu’il ne manque pas assez souvent celles de sa pipe.0.VLOPPEUR Nos lecteurs sont priés de ne pas oublier d’acheter des billets de tirage pour le joli banjo de Gaston Alarie.I.e pont des soupirs Au fil de l’épée Nous inaugurons, aujourd’hui, sous ce titre — nos lecteurs n’ont pas besoin de s’effrayer—une petite chronique dans l’intérêt des correcteurs et de la bonne renommée des typos qui nous liront.Nous profitons de l’occasion pour demander à MM.les correcteurs de nous prêter leur précieuse collaboration, car ils sont aptes à passer au fil de l’épée les mots qui leur causent le plus de tracasseries.Commençons par exterminer le genre féminin du mot suivant: AUTOMOBILE Un jour de la semaine dernière, Lenoir, ahuri qu’on mît automobile au masculin, s’en alla trouver les correcteurs.—Biron, lui dit Lenoir, voilà que tu nous mets automobile au masculin.après l’avoir écrit au féminin depuis longtemps.Le dictionnaire Guérin le donne au féminin.—Prends donc Larousse, répond Philippe-Edouard.C’est lui qui fait loi.Automobile est masculin A l’avenir, quelle que soit la copie qui nous tombera sous la main, — découpures de journaux de France ou copie du Devoir, — tenons-nous-le pour dit : nous composerons un automobile, un auto.Nous passerons outre aux corrections qui nous parviendront.EXECUTEUR La plus grande joie des touristes dans une belle randonnée c’est de croquer des bonbons Léonie.#5» Bonnes et heureuses vacances .à ceux qui en prendront.Nos lectrices sont priées de ne pas manquer notre prochain feuilleton qui paraîtra aux calendes grecques.Il sera en le vent! VOL.II—No 8 LE COMPOSITEUR, TYPOVILLE, VENDREDI, 4 JUIN 192G JOCKEY PAR AMOUR (Par Henry de FORGE) I L’histoire a des dessous mystérieux que la foule ignore; quelques privilégiés parfois les apprennent un jour, aveu tardif de ceux qui furent acteurs ou témoins.Mais alors le temps a coulé: on se désintéresse! C’est ainsi qu’aujourd'hui bien peu de gens songent à ce problème insoluble qui passionna Paris en 3895 : —Pourquoi Tireboiiclion II n’a-t-il pas gagné le Grand Prix?Ce fut un beau tapage ! Les personnes bien informées auraient mis au feu leurs deux mains et leurs deux jambes que Tirebou-chon II, fils de Mastodonte et Lucie de Lamermoor, gagnerait “dans un fauteuil”; à la stupéfaction générale, pourtant, cet animal arriva second, à une tête derrière Sanglier-des-Ardennes, un “carcan” sur qui nul ne comptait! Il y eut de menaçants remous dans la foule; on parla de casser les reins au jockey vaincu! Les sommités du sport furent consultés.Le baron de la Vivandière, président de la Société des Courses plates, affirma que Tireboucbon II était enrhumé.Le gros Bookwell, l’entraîneur, ne fut pas de cet avis.Il tenait de source certaine qu’à l’entrée de la ligne droite une peau d’orange avait été jetée à dessein pour faire glisser le “favori”.Au total, tous y perdirent leur latin, et la question resta pendante.D’autres Grands-Prix suivirent, d autres surprises; on “classa” cette affaire, et, au fond des coeurs, s enfouit le rétrospectif regret des sommes perdues.Moi-même, étrillé d’un louis que m avait poussé à jouer l’ami d’un parent du domestique d’un sportsman.je m'étais fait une philosophie et je m’étais contenté d’envoyer ma malédiction à ce cheval décevant, quand le hasard, tout dernièrement, me révéla la raison vraie de ce problème.Si Tirebouehoii II n’a pas gagné le Grand-Prix, il y a six ans, c’est rapport à une histoire de femme! Voilà bien de leurs coups, n’est-ce pas?Hier, je connus cette palpitante nouvelle en prenant un bock sur les boulevards.Je le happais à longues gorgées, l'âme vague, quand tout à coup je vis passer un petit monsieur grassouillet dont la figure ne me sembla pas inconnue.H tenait d’une main un mioche qui pouvait bien avoir dans les deux ans; son autre main en traînait un second, plus âgé, et derrière lui s’avançait une corpulente personne qui en poussait un troisième dans une voiture.Nos regards, se croisant, s’interrogèrent.Puis, soudain : —Toi, Félix! m’écriai-je.Félix me tendit les bras, me présenta à son épouse et m’énuméra les noms de ses héritiers, dont je flattai la joue par politesse.Je commandai deux autres bocks, pour Félix et sa femme.Et nous causâmes.hélix, en effet, était doué pour la poésie.J'avais lu de lui quantité d’alexandrins versifiés durant les classes de mathématiques.Il pouvait faire son chemin, en effet.—Qu’es-tu devenu?demandai-je, depuis tant d’années.A cette question, plausible pourtant, sa femme me toisa presque avec dédain, comme s’il était impardonnable de ma part d’ignorer ies hauts faits de son époux.—C’est juste, fit celui-ci tandis que son dernier-né, pris tout à coup d’une incompréhensible colère, poussait des cris éperdus; tu n’es peut-être pas au courant! Sa femme, précisa, par cette étrange demande: —Allez-vous aux courses, monsieur?-Quelquefois, madame, plutôt rarement, surtout depuis un jour où j’eus le malheur de jouer sur une haridelle du nom de Tirebouchon A ces mots, Félix fut saisi d’une douce hilarité qui gagna sa femme et fit taire les hurlements du petit.J’étais bouche-bée, ne comprenant pas.Alors, Félix me fit cette réponse ahurissante: -C’est moi qui montais Tirebouchon II'.Je fus stupéfait.Dans ma mémoire résonnait l’écho des imprécations de la foule glapissant contre ce jockey du “favori” qui lui faisait perdre tant d’argent.La silhouette de cet homme était imprécise en mon esprit: petit, le dos courbé, une casquette couleur vert-pomme enfoncée jusqu’aux oreilles.—C était moi! répéta Félix; au lieu d’enfourcher Pégase, la monture des poètes, j’enfourchais des chevaux de courses!.:Et comment ce changement en ta vie?Félix, tout en jetant un regard de cote sur sa compagne, en train de bercer le numéro trois, prononça ce seul mot, magique : —L’amour!.III II Félix!.ce nom me rappelait toute ma jeunesse, huit ans écoulés côte à côte au lycée de Carcassonne, des leçons soufflées, des parties de bille sans fin et ces mille souvenris qui semblent alors devoir être un indissoluble lien dans la vie! Pourtant, j’avais perdu Félix de vue, une fois le baccalauréat passé par moi, manqué par lui.En me quittant, comme je lui disais sur son échec quelques mots de condoléance, il m’avait déclaré solennellement que peu lui importaient les honneurs universitaires.Il ferait quand même son chemin dans les lettres! — 'Oui! continua-t-il, l’amour peut tout, même faire un bon jockey d’un mauvais poète! “Tu te souviens de nos adieux à Carcassonne.J’étais décidé à conquérir dans la capitale toutes sortes de lauriers littéraires.J’emportais dans ma valise trois drames en vers pour le Théâtre-Français.“Le hasard d’une rencontre en wagon changea tout cela! “Ce hasard se présenta sous la gracieuse apparence de ma femme, alors timide personne, en route vers Paris où l’attendait sa chère famille.“Que te dire?Nous nous trouvions seuls! La route était longue! J’étais poète! De Bourges à Orléans je lui lus mes trois drames en vers; à Etampes j’improvisais pour elle un sonnet! Bref, quand le train entra en gare, dans le tapage des plaques tournantes, nous échangeâmes nos aveux! —Venez voir papa, le plus tôt possible, me dit-elle.Voici son nom et son adresse.Demandez-lui vite ma main.Le lendemain, de bonne heure, coiffé de frais, mon brin de moustache conquérant, je me mis en route pour rendre visite, à l’autre bout de Paris, à l’auteur respectable des jours de ma bien-aimée.“11 avait ce nom simple: “Monsieur Pierre”.Je fus un peu décontenancé quand je me trouvai en présence d’un petit homme à la figure entièrement rasée, qui d'un ton demanda ce que je voulais.Mais je repris vite contenance et, carrément je répondis: “—Je viens vous demander la main de votre fille! “Pas un muscle de sa figure ne bougea.—Quelle est votre situation sociale?fit-il seulement.“Fier, d'une voix claironnante, je m’écriai : “—Poète! “La lèvre de M.Pierre se plissa, méprisante.—Apprenez, dit-il, que la fille de loin Pctermann n’épousera jamais qu’un jockey, et un jockey célébré comme son père! "Une tuile qui du haut d’un toit me serait tombée sur la tête ne m aurait pas fait plus d’émotion.‘‘Petermann !.un jockey! "Qu’est-ce que cela voulait dire?“Fuis, avec la réflexion, la chose ne me parut plus invraisemblable: AL Pierre avait bien le droit d’être jockey et de donner une tournure anglaise à son nom, comme moi-meme j'avais le droit d’être poète et de signer Myosotis dans les journaux de Carcassonne."Mais que faire?“Oublier cette jeune fille troublante a qui, dans le wagon, j’avais jure l'éternel amour, c’était chose impossible! “Eli somme, je n’avais pas essuyé de refus fonnei; cet homme m’avait simplement exprimé un désir personnel."Alors,—ô puissance de l’amour! — je me fis jockey! “Mais ce lut long! L’apprentissage est particulièrement dur pour un poète, tl me fallut d'abord maigrir, et pour cela suivre un désagréable régime de croûtons secs.Enfin, quand, après trois mois, je n’eus plus que les os et la peau, me trouvant “à point”, l’honnête entraîneur a qui j’avais confié ma destinée et qui me formait à mon métier nouveau me tint ce langage: ",—Pour apprendre à nager, on se jette à l’eau.Félix, mon garçon, tu vas débuter sur un hippodrome suburbain en montant une vieille jument.Elle n’a aucune chance d arriver; mais si tu gagnes la course, je te réduis les frais de tes études.“Je débutai en effet sur la vieille jument, une brave bête un peu somnolente qui arriva “bonne dernière” à trois cents mètres derrière les autres."Des gens me jetèrent des oranges en signe de mépris; tous inclinèrent.“Cet échec me découragea un moment.Mais l’amour reprit le dessus, ei quinze jours après j’eus la chance d arriver ‘bon premier” dans un iiandicap" où tous mes adversaires se trompèrent de parcours.Cet te victoire apprit mon nom à la loule: “—Tom Lix! "J’avais ajouté le “Torn” et laissé le 'Té”.“Très fier, me mêlant désormais a mes confrères, m'entraînant du matin au soir, je devins un écuyer consommé.Je montai des chevaux difficiles et gagnai de haute-main un prix important le jour même où — " ironie! —- mes trois drames, après une année d’attente, me revinrent en bloc avec un beau refus du directeur du Théâtre-Français.Ce fut merveilleux! On s’arracha ma précieuse personne et un vieux monsieur me couvrit d'or pour monter son cheval Tirebouchon II, le 'favori” du Grand-Prix de Paris.“Ma victoire ne faisait pas de doute.Mes principaux adversaires étaient battus depuis quelque temps à qui mieux mieux.Tirebouchon II, en pleine forme, ne connaissait pas la défaite.“Par surcroît de chance, j’avais l’honneur de monter en compagnie de To 111 Petermann, le père de mon adorée.“Je ne lui avais pas fait part de ma transformation; j’étais, du reste, méconnaissable avec ma maigreur nouvelle et mon accroutrement.“Il voulait pour gendre un jockey célèbre; eh bien ! je me proposais sous peu de lui en fournir un de belle façon ! ‘Seule sa fille était au courant de mes efforts; elle m'attendait.“C’était un malin, ce vieux Petermann; 011 s’en défiait beaucoup sur le turf.“Au Grand-Prix, il allait monter un cheval médiocre: Sanglier-des-Ardennes, mais un garçon d’écurie, bien informé, m’avait confié qu’il préparait en cachette quelque chose de machiavélique.“La course commença.Cent mille personnes avaient les yeux fixés sur moi.Fier sous ma casaque vert-pomme, maigre à souhait, j’avais reçu au pesage le sourire approbateur de ma bien-aiméc.“Le grand coup auquel songeait loin Petermann ne m’inquiétait guere; son vieux cheval s’essoufflait si vite que je n’avais qu’à mener bon train pour le laisser à longue distance.“Seuls Toupet-Frisé et Coqueli-q",.Âe me semblaient à surveiller.On se mit en marche à bonne allure Je ne perdais pas des yeux Coqueliguette qui “menait”.Au petit Bois je me rapprochai des chevaux de tete.“J’entendais le public, comme une houle, mugir: “—Tirebouchon II!.Tirebouchon II! “A la descente, Toupet-Frisé n’en pouvait plus et Coqueliquette, blanche dçcume, perdait du terrain.Je ga.opais maintenant en tète du pe-Oton.Une acclamation formidable m accueillit quand on me vit ainsi, bon premier”, faire mon entrée dans la ligne droite.Mais, à ce moment, ma surprise fut grande, en entendant le souffle de deux naseaux près de moi.Un cheval approchait, menaçant.Bicn-ot j entrevis à ma hauteur la silhouette maigre de To 111 PetAnann qui cravachait Sanglier-des-Ardelines a tour de bras."Je cinglai également ma bête,' qui accéléra sa course.“La foule hurlait."Les yeux de Torn Petermann lui sortaient de a tète.Gagner le Grand-Prix, n etait-ce pas le triomphe de sa carrière?Par un prodige, il avait poussé son “carcan” jus-qu a moi, en tête des autres, et nous luttions presque égaux.“Pourtant, je sentais mon cheval capable d un plus grand effort; mes éperons n avaient qu’ se mettre de la partie, et c’en était fini de San-!/t ier-des-A rd en nés ! Mais n’a liais-je pas, par ma vic-oire, 111 attirer la haine de To m Pete rm a un, me faire de lui un ennemi irréconciliable, perdre à jamais l’es-poir d’obtenir la main de sa fille?En un éclair, j’eus cette intuition.L amour parla en moi plus rort que tout le reste et m’inspira alors une idée géniale.Je murmurai a I oreille de mon concurrent, botte a botte, avec moi: “—Donnez-moi la main de votre fille!.m re8ar(ls se rencontrèrent, et M.Pierre reconnut le petit poète de Carcassonne: “—Comment! c’est vous?.—Moi-même.Vous voyez à quel point j'aime votre fille!.Accordez-moi sa main, je vous en supplie, et j’arrête Tirebouchon! “Loin Petermann hésitait.‘—G n’est que temps! repris-je: un coup d’éperon, et je gagne ! I etermann se laissa enfin tenter par le marché: “—Ma fille est à vous,, s’écria-t-il.t
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