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Titre :
Le composteur
Le composteur (1925), journal bimensuel humoristique, est suivi du Compositeur (1925-1926). L'humour, qui s'exprime sous forme d'histoires, de billets et de récits, réfère à la vie quotidienne des employés du quotidien Le Devoir.
Éditeur :
  • Typoville [i.e. Montréal :s.n.],1925
Contenu spécifique :
vendredi 23 avril 1926
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Compositeur
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Le composteur, 1926-04, Collections de BAnQ.

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Imprimé par la Cie Mastic, rue Virgule Directeur : Lino LENOIR LE COMPOSITEUR IIONNI SOIT QUI MAL Y PENSE A BAS LA COQUILLE! VOL.II Noô TYPOVILLE, VENDREDI, 23 AVRIL 1926 Prix: Un vieux sou NOUVELLE ADRESSE Enfin! Oui, enfin, je suis rendu dans mon nouveau logis, sans m’être éreinté et content d’avoir effectué un tel changement.Ah! Seigneur, quel chambardement.M.Emile Benoist a dit dans son compte rendu sur l’inauguration de l’école d’imprimerie qu’ “un beau désordre est également un effet de l’ordre”.Il doit être dans mon cas: il ne déménage pas souvent, car je n’ai pas réussi à en faire un beau du mien.Aussi, ce n’est pas en déménageant deux fois dans l’espace de dix-sepl ans qu’on peut en prendre l’habitude.Le mode de locomotion a eu le temps de changer.La première fois que j’ai déménagé, ce fut en jobbing express — M.Jobin en avait dans ce temps-Ià des express! Hier, c’est en camion automobile que j’ai fait le trajet.La prochaine fois, grâce au progrès, j’espère bien déménager en aéroplane, si je reste au moins dix ans dans mon nouveau logis.Depuis un mois, je m’évertuais à tirer des plans pour n’avoir pas trop de misère.Une semaine avant le déménagement en bloc, j’ai pu faire une trouée dans le salon en faisant transporter le piano.J’étais certain d’avoir les oreilles tranquilles au moins pendant une dizgine de jours, car mon plus vieux ne cesse de “pianoter” son morceau favori : Coeurs et Fleurs — ce morceau ne dit-il pas quelque chose aux amoureux?Il le joue avec tant d’âme que j’ai toujours peur qu'il ne casse quelques cordes.Les voisins qui m’ont entendu pendant cinq ou six mois pratiquer, "dans mon temps de vieux garçon”, mes gammes mineures et majeures se sont peut-être demandé, eux aussi, quel était le “pianoteur” qui leur cassait les oreilles._ ., La semaine qui suivit ce petit de-ménagement fut un chambardement pas ordinaire.J’ai eu tout même le courage, un soir, de prendre mon violon — ce n’est pas un Stradivarius, mais pas loin—qui gisait dans un coin, à côté (l’un xylophone tout démantibulé.En ouvrant la boite, quelle ne fut pas ma surprise en apercevant que, seule, la chanterelle était encore solide.Comme je ne suis pas un autiste pour jouer la Sérénade des Anges, de Braga, sur une seule corde, je remis mon beau violon d’où je l’avais sorti.Mais samedi dernier, j’ai dû faire face réellement à la musique.Quel casse-cou ! Je me demande quel gout peuvent avoir ceux qui déménagent tous les ans.Que j’en ai vu des voisinages incroyables: mon chapeau des dimanches avec ma casquette pour sasscr les cendres; les couches du dernier né avec les mouchoirs de soie des fillettes; la statue du Sacré Coeur à côté de celle de Napoléon 1er (pas le nôtre!).Je n’en finirais pas si je voulais tout vous raconter.Les voyages se succédèrent sans anicroches.Au dernier, j’étais juche sur le point culminant de ce qu on appelle les “gornottes”, tout le ra-paillage qui reste pour le dernier voyage.Mon trône était aussi fragile que ceux d’Europe.Rendu à la petite Jérusalem, je ne sais pas si c’était le vertige, mais je me sentis le coeur serré.Ne craignant pas de subir le châtiment de Loth, je jetai un regard en arrière.J’aperçus dans le lointain, pour seul paysage, les immenses réservoir à gaz d’Hoche-laga, lieu du dumping du tramway contre lequel ne cesse de gémir ce pauvre Fronlenac.de l'Ere Nouvelle.En me retournant, je ne vis défiler sous mes yeux que des corniches en tôle et des escaliers tire-hou-chon.Je n’avais pas assez de démé- Lendemain d’élections Ha, ha, bonjours bien, les amis, Comment ça feel par icitte ?Dites-moé donc qu’est-ce que vous pensez, du résultat des élections ?Non, mais, y «n’a-ty mangé a’ne claque! J’pensais pas qu’ça tournerait, comme ça moé, pis dire que j'ai voté pour lui morrieu, mais si j’avais su ce que j’sais aussi, j’n’aurais pas donné mon vote à ce saligo-là et pis on apprend ces choscs-là rienqtje après qu'les coups sont faits, mais j’ai toujours ben gagné sur l’aute côté au moins et ça me r’console, un peu.J’vous dis que j'men vas me r'prendre à la prochaine fois et qu’y me r’pogneront pas de c’eoup-là ces bonvicnnes-là.Bon, ben, j’peux pas jaser plus longtemps pasque faut qu'jailles porter du lait à mon n’ve(a)u en bas.Avec apologies à gui de droit.A la r’voyure donc ! nager, il me fallait encore subir cette architecture.Je fermai les veux et je songeai aux souvenirs joyeux ou tristes que je laissais là ou j’avais vécu durant neuf ans; je dus refouler bien des larmes, car je voulais montrer à ma belle-mère, qui était rendue à ma nouvelle demeure, que je suis toujours courageux.Quand on pense qu’elle est venue d’au delà de trois cents milles pour nous aider à nous mettre d’aplomb elle a pourtant assez déménagé dans sa vie ! C’est qu’elle chérit son gendre; celui-ci lui rend bien le réciproque, car il a été si bien traité par elle que, pour une deuxième fois, il n’a pas voulu changer de belle-mère ! Le soir, nous étions si mêlés que nous avons dû coucher le bébé entre le papa et la maman: un typographe ne peut pas se passer de trait d’union! S.Fasse nous le prouvera dans son prochain article.Mais, mon Dieu! je m'aperçois que j’aménage les colonnes du Compositeur et que je déménage mes collaborateurs.Excusez-moi.Je voulais simplement vous donner ma nouvelle adresse.La voici: 8521, rue Saint-Dénis.Si vous vous décidez à me rendre visite, donnez-moi donc le coup de téléphone suivant : Calumet 8371-W, je tâcherai de vous recevoir du mieux que je pourrai.Ma petite femme fait de la si bonne chartreuse qu’une fois, elle a manqué de prendre en feu (la chartreuse!).Pour finir — vous devez vous apercevoir que mon déménagement m’a fatigué: j’ai commencé cet article sur le fond du quart qm contenait la vaisselle et je l’ai terminé sur le poêle: par chance qu’il ne chauffait pas, car vous n’auriez pas eu grand’ehose aujourd’hui ! — vous êtes tous les bienvenus.Quel sera le premier à qui j’aurai le plaisir de donner une franche poignee de mains?' ____ Lino LENOIR Ephcmcrides 1925 Avril 26—Dimanche soir: éclairs et tonnerre.Mai 1—Pas de gueules de cassées par les communistes.M.Berthiaume reçoit une règle.I—Maigrusse arrive avec une petite pompadour en brosse.A quand la moustache à la Charlie Chaplin?6—Tonnerre et grêle.Mon négatif M.OMER I1EROUX En voyant apparaître le rédacteur en chef du Devoir sur mon négatif, le petit Alec s'est écrié: "Je le connais, papa: c’est le pépère gui m’a l>ris dans ses bras quand j’ai été faire un tour au Devoir.” Il s’en souviendra longtcmps.Un jour, oh! il g a bien de cela une vingtaine d’années, par un matin du mois de juillet, j'étais avec un ami sur la rue Saint-Jacques, je ne sais ci quelle occasion.Nous parlions de choses et autres.Tout ci coup mon ami me dit : "Regarde celui qui s’en vient de Vautre coté de la rue.C’est M.Orner lléroux; il est journaliste à la Patrie.J'ai pensionné avec lui une quinzaine de jours.C’est un enthousiaste et, en plus, un charmant causeur.Il a une coupe, de cheveux comme le député de La-belle, M.Bourassa.” En effet, je m’en souviens comme si c'était hier, M.lléroux, presque jeune homme aux cheveux noirs, se dirigeait tranquillement, tête basse — peut-être méditait-il à cette heure matinale sur l’article qu'il devait traiter ce jour-là — vers son bureau île la Patrie.J’étais loin de penser à ce moment-là que je serais plus tard, et pour longtemps, sa victime.Depuis une quinzaine d’années, j’ai passé bien peu de jours sans composer quelque chose du rédacteur en chef du Devoir.Son manuscrit est décourageant pour un nouveau venu.Je vais vous le prouver.Lorsque je quittai le Devoir pour un autre journal où je vécus, ce que vivent les rbses, l’espace d’un Matin, mon ami Fugère, l'inventeur de pipe-nette, dut me remplacer aux premier-Montréal.Un camarade de travail d’alors me raconta la mesa; venture qui est arrivée un jour a mon remplaçant.Comme M.Ileroux allait lui remettre les derniers feuil-lets de son article, Fugère rageait tellement contre son écriture qu il lança une épilhète peu digne d un typographe dit Devoir.Mais en se retournant, grande fut sa surprise de voir M.lléroux derrière lui.!¦ tige re aurait voulu se voir dans ses pipe-nette! .Après une pratique de cinq ou six mois sur ce manuscrit, on s’y [ait.Je suis tellement habitue a I article quotidien de M.lléroux qu'il me semble qu'il me manque quelque chose quand il me fausse compagnie.Des amis diront qu’il se repose quand il n’écrit pas, mais celui qui écrit ces lignes sait bien, lui, qu’il a composé des réclames sur deux colonnes qui auraient dû porter la signature du rédacteur en chef du Devoir.Beaucoup de lecteurs ont trouve peut-être ennuyants ses articles ré- pétés sur la question scolaire onla-rienne.ll n’y a pas d’homme comme lui pour savoir enfoncer un clou: des [ois, il me semble qu’il a manqué sa vocation.J’étais tellement devenu habitue de composer ses articles sur l’école de Green Valley que bien souvent je pouvais finir une ligne sans courir ù l'autre feuillet.Un jour, vous ne me croirez peut-être pas, j’ai versé des larmes sur son article traitant de l’ouverture de l’école de Pembroke.Je n’avais certainement pus les bleus; quand il me monta le reste de son article, il s'aperçut que des larmes glissaient le long île mes joues.—Allons dit-il, qu'est-ce qu'il y a?—C'est touchant! répondis-je.J’ai lu bien îles fois La dernière classe de français de Léon Daudet et.pourtant je n'ai jamais eu l'âme remuée comme dans cet article de l’école de Pembroke.M.lléroux a écrit linéiques billets du soir qui ont dû faire regretter aux lecteurs du Devoir qu’il n’en écrive pas plus souvent.Je ne sais pas si c’est par habitude, mais je n'ai jamais rencontré de phrases aussi coulantes et aussi faciles à composer que celles de M.lléroux.Signe particulier: M.Ileroux est un des grands chevaliers de la langue française au Canada .et l’ami des typographes.P.VLOPPEUR Coin féminin La mode L’on a dit bien des choses sur ce sujet.L'on a publié et l'on public encore sur ce mot magique bien des revues avec lesquelles on pourrait former de gros volumes.C'est tou-jour nouveau et si nous ne suivons pas ta mode aujourd'hui, nous passons pour des arriérées.Rarement nous entendons parler du ridicule causé par la mode.Savez-vous, mes soeurs, que la coupe des cheveux courts fut inventée par un barbier qui crevait de faim?Savez-vous, mes soeurs, que les robes écourtées des deux bouts furent inventées par un tailleur juif qui trouva dans sa belle femme une victime complaisante de cette mode?Aussi rit-on, avec raison, de ci de là de voir des jambes fuseau, des jambes ballon, des jambes croches, etc.Heureusement que cela ne s’applique pas à mes soeurs du Compositeur.En voyant des femmes être des esclaves de la mode.Cousine Gillette avait bien raison de dire à ses lectrices dans une chronique (je suis une de ses ferventes lectrices) : “La mode serait évidemment plus sage de commander à nos jupes d'allonger el de changer notre silhouette de petites filles matiquées en silhouette plus respectable.’’ GABY Paul-Emile Marcoux est papa Encore un nouveau papa content de son sort ! Cette fois-ci.c'est Job City qui a les honneurs.En effet, vendredi matin, le l(i avril.M.et Mme Paul-Emile Marcoux étaient au comble de la joie en voyant apparaître en ce monde une toute petite fille d’Eve.Tenue sur les fonts baptismaux par ses grands-parents, M.et Mme Wilfrid Hobidoux.qui lui servirent de parrain et de marraine, elle reçut pour prénoms: Marie-Pau-line-Olivette.Nos félicitations à l’heureux couple et puisse Olivette ne pas attendre cinq ans pour voir arriver un petit frère! 2 LE COMPOSITEUR, TYPOVILLE, 23 AVRIL 1926 VOL.II—No 5 Echos de Presseville Belanger, le Devoir voudrait un porteur de paquets à Meunier instruit dans les deux langues et sachant la marçjie “mirlitaire”.—Gauthier, te voilà enfin papa.Au premier cri du bébé dans la nuit, lève-toi pour laisser reposer ta femme.J’espère que ta petite fille est toujours bien portante.Tâche d’avoir l’oeil ouvert pour sa première dent.—Gareau, il y a un bon remède pour la “pékô”: tu n’as qu’à rester à la maison, le soir.Avec ça, on fait revenir les morts! —Gareau, quand lu t’en vas “eheu vous”, le soir, prends donc les chars au lieu de t’en aller avec Oh Jonh-ny, parce que tu vas le gâter dans son apparence.11 a trop d’élégance pour toi.—Oil! Johnny, tu devrais faire attention à la veste que je t’ai achetée.Je ne suis pas pour travailler tout le temps pour te fournir, car tu commences à me coûter cher.—Le maire Gladu va faire une démarche auprès de M.Pelletier pour faire poser une cloison entre le département des presses et celui de la reliure, car Alarie devient nerveux quand il voit les demoiselles.La semaine, il crange de chemise tous les jours et met ses habits neufs.Le dimanche, il met ses salopettes.—Roy, le grand élancé, a lâché la queue de morue enfin.Bravo! —Saulniers, tu devrais aller chez Eaton, il y a une exposition de beaux garçons.Je crois que lu gagnerais le premier prix.Plus on te regarde, plus on dit que tu rapporterais la médaille d’or?—Boy a été bien malade.Il est de nouveau à l’ouvrage.Il parait qu’il a eu le temps d’écrire ses souvenirs d’enrôlé de la grande guerre.OSWEGO * * Nos meilleures félicitations à M.P.-E.Marcoux à l’occasion de la naissance d’une jolie fillette.— Dis donc, Alarie, au lieu de faire rafler ton banjo pour t’acheter un saxophone, tu devrais bien le faire rafler pour l’acheter une paire de talons en liège, avec cela tu ferais moins de bruit; quand tu marches, on t’entend assez de loin.—Notre petit Eddy est revenu au travail après une semaine de maladie.Espérons qu’il ne contera plus fleurette avec Mlle Pécô.—Avez-vous vu Alarie, samedi, avec sa petite chemise bleu couleur banane?Scie LENCIEUX Sur la Passerelle Ave Maria, Evocation d'un doux mystère, Le ciel descend sur la terre, Ave Maria, * * Arthur I).a-t-il changé sa blouse avec un évadé du pensionnat de Bordeaux?Il se promène dans Tv-poville avec un chandail de prisonnier.* * Lenoir est rendu à la rue Liège où il a déjà trouvé de l’eau de puits.“Mais que c’est loin”, m’a-t-il dit.“Quand je pars de la maison” a-t-il ajouté, “je dis aux pettis que je m’en vais au pôle sud et quand je retourne à la maison, je dis à mes amis les tvpos que je m’en vais au pôle nord.” * * Em Pica a eu l’amabilité de faire tout UN voyage d’articles cassants pour son ami Lino.Quand celui-ci l’a vu arriver avec “l’auto à Marie”, il lui a presque sauté au cou.* * Chrisse.missl Arthur Dubuc a étrcnné, dimanche dernier, un pantalon de 23 pouces de largeur.Si jamais il lui arrive un accident en aéroplane, son pantalon pourra lui servir de parachute.Maigrusse dit que Titur est le dandy de la rue Fabrc.Maigrusse s’inquiète.Si le Devoir est exproprié, où ira-t-il s’établir?demande-t-il.A la montagne, tiens! Quand l’Université y sera installée, nous pourrons prendre au moins une partie de tennis avec les étudiants après le dîner.* * Non content d’avoir payé son abonnement, M.Robilland a remis à Lino Lenoir un autre vieux sou .pour la propagande.C’est un autre vieux sou qui va disparaître de la.circulation.* * Sur le boulevard des Linos: Arthur—Tout le monde en veut à ma barbe, elle n’est pourtant pas si longue.Aimé—Fais-toi donc la barbe tous les matins, tu vas avoir la paix.* * Arthur, laisse-toi donc pousser une moustache comme celle de Binon, quand bien même ça prendrait deux ans, nous aurons du plaisir.* * Quand mon directeur a fondé le Composteur, il avait l'espérance de voir se promener sur le pont d’Avignon ou, plus tard, sur la passerelle, toutes les demoiselles du Savoir.Ilélas! elles n’aiment pas la notoriété; elles ont même réussi à faire établir la censure.Et mon ami Lino, depuis ce temps-là, médite sur ce qu’a écrit un poète: Femmes, vous naviguez vers les ber-[ges heureuses, Mobiles comme l'onde et comme [elles trompeuses.* : - Frontenac de l’Ere Nouvelle est-il une victime du dumping d’Hochela-ga?Que n’a-t-il des canons comme ceux de son ancêtre de Québec pour répondre à ceux qui lancent ce cri vexant: “Next car, le char en arrière, 011 s’en va à la shop.” * * Le gardien, M.Déguisé, se plaint de ne pas toujours recevoir le Compositeur.Des ordres sont venus de Lino Lenoir de ne pas l’oublier à l’avenir.Dans un de ses premiers billets au Devoir, Michelle Le Normand racontait avec verve la joie qu’avait une bonne vieille femme de son quartier en sortant de chez son épicier avec la Presse sur son coeur.M.Déguisé, lui, c’est le Compositeur qu’il presse sur son coeur.Vous admettrez que c’est un bon gardien.* * Une discussion s’est élevée l’autre jour pour savoir si Mlle.Censuré Censeur "XT Si vous voulez m’en croire, la censure fonctionne à merveille.# * Maigrusse, en voyant la note suivante au proie : “La chronique des échecs devra m’être envoyée avant d’être publiée”, s’est exclamé, en faisant un bruit de cymbales avec ses deux grandes mains: “Ça vaut la peine de faire brûler un lampion.” * * Lino Le noir ayant manqué de s’éreinter à transporter une galée chargée d’au moins une page du Savoir, M.Toupinoff veut bien maintenant lui prêter le concours de sa force herculéenne.Le noir défend à qui que ce soit d’insulter M.Cli-cheur dans nos colonnes, car c’est un bon ami pour les typos.* * Pendant le dîner, on entend un appel téléphonique.Drrrrring! Drrrrrring! —Oui.—Puis-je parler à M.Emmanuel Desrosiers?—Avec plaisir.Mademoiselle.DESROSIERS.—Hello! -Est-ce toi.Emmanuel?Reconnais-tu ma voix?—Mais oui, mais oui.C'est toi, chère enchanteresse, Mon coeur frissonne d’émoi, De grâce, viens près de moi, .le te dirai ma tendresse.Tiens! Est-ce encore un mariage à l’horizon?* * S’étant aventuré au royaume des livres pour y cueillir des nouvelles, Censuré ! Censeur .Te ne puis croire qu’on ne pourra plus s’amuser.* * —Comment s’appelle-t-il, le grand pressier qui passe toujours en courant‘avec une forme à la main?—C’est le Roy de Prcsseville.11 a gagné trois prix dans un pique-nique.—Il ne courrait pas de même s'il avait une forme de 32 pages dans la main.—Batèehe, ce n’est pas Louis Cyr.LE GARDIEN Feuilleton du ‘Compositeur’ DETTE DE CŒUR Par Jean de MONTHEAS No 1 —Docteur, dites-moi la vérité: je suis bien maladie?Le médecin biaisa: Mon Dieu! cher monsieur, aucun organe essentiel n’est atteint.—Mais l’état général est déplorable, n’est-ce pas?.Voyons, n’hésitez pas : je sens bien que je suis un homme fini!.Je n’ai jamais été fort, et ces maudites fièvres m’ont achevé!.S’il ne me reste que peu de temps à vivre, j’aime autant le savoir, afin de mettre mes affaires en ordre.Après, je Partirai tranquille!.—Dans ces conditions, répliqua le docteur visiblement soulagé, je ne puis vous engager à prendre vos dispositions; cela ne fait pas mourir, et.'.—Seulement, le plus tôt sera le mieux ! termina lie malade du même ton d’ironie douloureuxx à entendre.Eh bien! merci de votre franchise, docteur.Et adieu, car je n’ose plus me permettre un téméraire “au revoir”! Le médecin haussa les épaules d’un air de raillerie cordiale, mur-, mura quelques vagues paroles qui signifiaient tout ce que l’on voulait, et s’éloigna bien convaincu qu’il venait de serrer pour la dernière fois la main de M.Laurent Char-ricy.A peine seul, celui-ci appuya sur un timbre de toute sa force défail- lante; presque aussitôt, la porte s’ouvrit, et une jeune fille parut, accourant avec une touchante expression de sollicitude sur son visage très doux, encadré de soyeux cheveux blonds d’une nuance fine et rare.•—Vous avez sonné, mon cher parrain?s’informa-t-elle tendrement; vous désirez quelque chose?—Je désire le parler, mon enfant, répondit le malade d’un accent d’impressionnante gravité; ferme bien la porte, et viens t’asseoir près de moi.Troublée par la solennité de cet exorde, elle obéit.—Ma chêne Antoinette, reprit M.Charriey tristement, c’est un mourant qui te parle; mes instants sont comptés.La jeune fille joignit les mains, d’un geste de supplication affolée: —Mon 'Dieu! ne dites pas cela! 11 soupira; puis, d’une voix où se concentraient ses énergies dispersées, il prononça fermement: —Je dois te le dine, mon enfant, pour que tu comprennes bien l’importance capitale de la prière que je vais t’adresser; il dépend de toi quie j’emporte dans la tombe une ineffable consolation, la seule dont je puisse encore jouir ici-bas!.Antoinette avait fermé les yeux.El lie luttait contre les larmes, et cachait ainsi quelque chose qui, montant confusément dans sa douleur, la pénétrait d’une petite honte: l’appréhension de ce sacrifice inconnu que l’agonisant, elle le sentait, allait lui demander.Très bas, elle dit: —Parlez, mon parrain; je ferai tout au monde pour que.pour qu’aucune joie nie vous soit refusée !.Touché, M.Gharriey lui prit la main : —Je n’attendais pas moins de toi, ma chère Antoinette: ce n’est pas ton excellent coeur qui renierait sa dette! Une rapide contraction nerveuse passa sur Je pur visage de la jeune fille.Le malade ne s'en aperçut pas.Absorb# dans une pensée unique, il continuait.—Tu l’as deviné, il s’agit de Berthe.de ma petite fille adorée!.A la seule idée die l’abandonner si jeune, — pauvre enfant! — mon coeur se déchire!.Et personne (fui puisse me remplacer auprès d’ielle, l’entourer de cette in,cessante tendresse dont les petites âmes ont besoin pour s’épanouir! Nous ne possédons pas de parents proches.Si tu n’étais pas là, ma chérie n’aurait pas tout réconfort dans la vie que l'indifférence légale du notaire qui sera son tuteur pour gérer ses intérêts!.Mais, par bonheur, tu es là! Antoinette semblait respirer avec difficulté; d’un accent ou de la contrainte perçait elle murmura : —Hélas ! que puis-je faire.seule, du moins?.Je suis jeune aussi!.—Tu as vingt ans, alors que Berthe en a dix à peine, répliqua M.Gharriey avec une nuance de sévérité, Cette différence d’âge suffit amplement, ton caractère sérieux étant donné, pour que tu sois apte à me supléer auprès de l’orpheline que je vais laisser.De plus, tu as été émancipée voici deux ans; officiellement, tu représentes donc une personnalité, ce qui peut te permettre de remplir les fonctions de subrogée-tutrice que je souhaite vivement le voir accepter.Mon testament sera rédigé en ce sens.—Si ce n’est que cela, mon cher parrain, dit chaleureusement Antoinette, je suis toute à vos ordres et sûre de mériter votre confiance! Pour être cette mère adoptive que vous voulez à IBerthe, il ne faut que l'affection et du dévouement; je n’en manque pas, la chère mignonne le sait depuis longtemps déjà.Dans l’avenir, comme dans le passé, elle pourra compter sur moi! Mais le malade ne parut pas encore satisfait de cette protestation, si pleine d’âme pourtant; il insista: —C’est très bien de ta part, mon enfant; cependant, pour que je m’en aille tout-à-fait content, il faudrait que tu me fisses une promesse : celle de te consacrer tout entière à la tache morale que je te confie.—Je la fais de grand coeur! as-surp lie jeune fille un peu surprise.-^Sans restriction?appuya le mourant avec un regard impérieux.Je ni’expique : pour moi, ce dévouement ne comporte aucun partage.En un mot, j’entends que tu te donnes absolument à l’éducation de Berthe, que tu ne songes à l’avenir et au mariage que lorsqu’elle sera elle-même pourvue .Antoinette avait pâli.(A suivre)
de

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