Le composteur, 1 avril 1926, vendredi 9 avril 1926
Imprimé par la Cie Mastic, rue Virgule Directeur: Lino LENOIR LE COMPOSITEUR HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE A BAS LA COQUILLE! VOL.II—No 4 TYPO VILLE, VENDREDI, 9 AVRIL 1926 Prix: Un vieux sou LISEZ-MOI CA! UNE G ALEE.D’ESPRIT Moderneville, ce 25 mars 192G.Monsieur le Directeur, A l’occasion des “fêtes’’, vous déversiez sur vos confrères et amis un véritable déluge de bons souhaits, dans lesquels vous aviez une petite pensée pour l’humble S.Passe.Mais si, dans cette circonstance, vous avez fait preuve d’une grande bonté pour moi, il nie semble que vous avez manqué de.charité envers vos “abonnés”.En souhaitant à S.Passe de ne pas trop S.Passer ses chroniques et en supposant, pour un instant, que votre voeu se réalise, que donneriez-vous à vos lecteurs, sinon une lecture très indigeste.Si tous les chroniqueurs du Compositeur étaient des S.Passe-s qui ne mettraient pas l’espace que S.Passe an et pour espacer ses chroniques qui prendraient trop d'espace dans votre feuille peu spacieuse, mais qui m’est très précieuse, il ne resterait à vos lecteurs qu’une seule chose à faire: s’abonner à la Praise.Mais vous aviez un joli jeu de mots à faire sur mon pseudonyme, et votre bon coeur vous a fait dire le contraire de votre pensée.Toujours est-il que vous ne devez pas vous attendre à grand’ehose de ma part, qui puisse être de quelque intérêt pour vos lecteurs.Ah! si je travaillais encore ahez vous, voilà qui changerait la situation.Il n’y a rien d’étonnnl à ce que les gens qui sont au Savoir arrivent rapidement à s’exprimer si clairement et dans un style si élégant: ils ont toujours de la' belle copie.Entendons-nous sur le sens de “belle copie”.Je sais qu'il y a, chez vous comme partout ailleurs, beaucoup de “pattes de mouches” et des manuscrits parfois bien pauvres, mais enfin, c’est du français, du vrai français que vous avez à Typoville, tandis que nous, à Moderneville, nous avons de tout: trop d’anglais, trop peu de bon français, parfois de l’espagnol, quand ce n’est pas de l’allemand, cette langue qui a presque toute une phrase dans des mots qui ressemblent à ceux que nous voyons dans cette ligne que je découpe dans un journal du matin: nipegesonnsa,Lm014 étaoin shrdluz Ce quotidien dont il est question est en quelque sorte le Soleil de Montréal, mais il est plus soleil que son confrère de Québec, en ce sens qu'il paraît le matin.Car, voyez-vous, un soleil qui ne se montre que le soir n’est pas très puissant, par conséquent pas de nature à “éclairer” beaucoup.A notre atelier nous avons également.de temps à autre, du véritable Parisian French que l’on reconnaît tout de suite, comme directement importé des serres de Toronto où l’on cultive avec tant de soins cette race bâtarde, de crainte qu’elle ne vienne à disparaître.Il faut aussi voir comment on traite la ponctuation et les accents, qu’on a toujours le soin de laisser .au bout de son crayon.Que dire de cette manie de commencer par une majuscule tous les mots qui paraissent un peu plus “ronflants” les uns que les autres; cette habitude se rencontre de préférence chez les Anglais, mais elle tend à se répandre chez les nôtres.Si c’est un ingénieur qui écrit, alors tout ce qui touche de près ou de loin à Vengineering s'écrira comme des noms propres; il en est de même d’un peu de toutes les professions.Ce qui fait que l’opérateur ou le typographe se trouve toujours entre deux feux : s’il compose le texte tel quel, 11 sera peut-être traité d’imbécile; si, au contraire, il le modifie, peut-être encore sera-t-il de nouveau réprimandé.On lui dira qu’il n’a rien à voir là dedans, que l’auteur sait ce qu’il fait lorsqu’il écrit de telle ou telle manière.Et vous faites comme .vous pouvez; et si quoique chose ne va pas, alors ce sera "une erreur typographique”.Je ne sais si c’est l’effet du métier qui transforme ainsi son physique, mais le typo me semble avoir te dos un peu "large”, je m’expliquerais plus facilement par un dos “voûté"; mais qui sait, il doit avaler tant de “coquilles”, ce pauvre homme! (A ce sujet, je vous enverrai, avant longtemps, quelque chose qui sera sûrement intéressant dans le Compositeur.) A bus lu coquille! est une devise bien trouvée pour votre journal; mettez-la en pratique et tout le monde sera content, a commencer par vos bienfaiteurs.De tout ce qui précède, je conclus donc que celui qui "pianote”, du matin au soir, toutes les sortes de copies que l’on rencontre dans les ateliers de travaux de ville ne peut que très difficilement parvenir à écrire convenablement.Four quiconque ne s’y connaît guère, le journalisme ne semble pas la “mer à boire”.Ainsi n’a-t-on pas vu, durant les élections fédérales, un orateur ouvrier lancer du haut d’une tribune publique cette phrase qu’il croyait évidemment très bien trouvée pour anéantir le candidat libéral : “Monsieur Rinfret, n’ayant pu réussir dans rien, s'est fait journaliste: profession de tous les ratés!” Voilà ce qu'on appelle de l’esprit .en esprit.Mais cet homme fut vertement rembarré par un journaliste qui s’y connaît en fait de journalisme, et le bloc .note que G.P.lui décocha lui a sans doute appris qu’il n'est pas bon ni très prudent de cracher sur cette honorable profession.et qu’il vaut mieux ne rien dire — ou ne rien écrire — que de dire des sottises.Pour mai part, je suis convaincu que celui qui veut écrire peut écrire, mais n’est pas journaliste —jou chroniqueur - - qui veut.C’est pourquoi, Monsieur le Directeur, je vous disais au début combien vous étiez charitable en m’invitant à collaborer à votre feuille où mon style lourd et obscur ferait piètre figure dans ces colonnes où l’on, respire la gaieté et où pétille l’esprit, en des mots si fins et des phrases si élégantes que l’on croirait parfois lire le Savoir, quand, en réalité, ce n’est que son “bébé" que nous avons entre les mains.Bravo! mes amis, continuez ce jeu d’esprit tout eu vous formant à l’art d’écrire.Si jamais vos confrères “d’en-bas”, jaloux de vos succès, faisaient grève, alors, comme en 1921, vous pourriez répondre: “Nous restons!” Et cette fois vous seriez doublement utiles à l’oeuvre que vous servez avec tant de zèle et tant (l’amour.Mais les journalistes du Savoir me paraissent trop intelligents pour prendre une telle attitude; ils ne peuvent que se réjouir de vos succès.Mais je m’arrête ici.Une pensée vient de me passer par la tête qui me paralyse la main : si vous alliez faire de cette lettre — comme de ma première — une chronique pour votre journal?Dans quel état je me trouverais auprès de vos lecteurs! Et que penserait île moi le pauvre diable qui aurait le courage de lire ce déluge de mots dans .Il se ferait sûrement la juste réflexion suivante : “Encore un qui se permet d’écrire alors qu’il ne devrait que lire.” Il aurait certainement raison.Résolution (je sors de ma retraite paroissiale) : je n’écouterài plus cette voix qui me guida en si mauvaise voie.Toutefois, avant de vous quitter, je tiens à vous féliciter.Monsieur Lenoir, de la pureté de vos intentions et de la délicatesse de vos attentions à mon égard.(Vous voyez que malgré votre nom.Monsieur Lenoir, vous me paraissez loin d’être un corbeau.) En terminant, je dépose à vos pieds mes hommages et sur mon bureau cette plume que j’ai l’intention de ne reprendre qu’après un voyage ,d’études que je me propose bien de faire dans un très court S.PASSE Un repos .La lettre de notre collaborateur S.Passe est si intéressante qu elle a droit à la place d’honneur.Depuis au delà d’un an que je suis attelé au premier-Tÿpo ville, il me semble que j’ai bien le droit de me reposer.Ali ! Gros-Lard, si nous étions au temps des fraises, nous irions courir La .Prairie ! Lino LENOIR Remise Notre premier-Typo ville prend tant d’S.Passe que nous devons forcément renvoyer la chronique de notre collaboratrice Gabij au prochain numéro.Mon négatif Emmanuel Desrosiers Hé! bonjour, ça ne prend pas un négatif ordinaire pour photographier un typographe de cette corpulence.Le petit Alec avait bien raison de dire : “Ça, c'est un gros pâté, hein?papa.” En effet, il est si gros que je ne voudrais pas le mettre au complet ici, car j'emplirais vite deux colonnes.Et puis, je m'arrête sur ce sujet parce que nos lecteurs vont finir par découvrir un pseudonyme qui a mis et mettra encore nos lecteurs de bonne humeur.J’ai fait la connaissance d’Emmanuel Desrosiers lors de lu dernière grève, il y aura cinq ans à lu fin de juin prochain, quand il nous arriva de La prairie accompagné de son ami, Wilfrid Beauvais, mort à la tâche.Dès les premiers jours, quelques membres de TInternationale essuyèrent de l’intimider pour lui faire abandonner sa nouvelle position.Ne pouvant rien par la ruse, un pique-leur lui dit un soir: “On va vous sortir par la force." Emmanuel lui répondit : “Je dois être bon pour deux!" La réponse, brève et fière, eut pour effet de nettoyer les abords de Vincentville de tout vestige de l'Internationale, car on ne vit plus personne par la suite.Avec un camarade comme lui et M.Beaudet, qui pouvait en prendre quatre ou cinq à lui tout seul, le bon F.Corri-veau avait raison de dire que nous étions en sûreté.Notre camarade, qui aurait pu vivre facilement sur le bien paternel, a préféré se faire colon et venir défricher les manuscrits du Devoir.Si c'est un déraciné, c’en est un de la bonne espèce, et il l’a prouvé quand il a fallu aider le Devoir à sortir de l’impasse dans laquelle l’avait mis l'Internationale.Allié à la famille des de Monligny par sa mère, il était évident qu’il devait,• un jour nu l’autre, se mettre à écrire, oh! je ne dirai pas comme ses cousins Gaston et Louvigny de Monligny, mais à la bonne franquette.C’est pourquoi il fut dès la première heure du Composteur un de nos reporters préférés.| Elève de Charles Gill pour la ! peinture et de M.Romain-Octave Pelletier pour la musique, Emmanuel Desrosiers est né avec une âme d’arliste.Je ne veux lias jeter de fleurs à personne comme on l'a prétendu.Je vous présente mes négatifs tels qu'ils m’apparaissenl dans l’exacte vérité.Desrosiers est un bon bûcheur, comme on dit sur lu terre.C’est un ardent à l’ouvrage et je souhaite que le Deivoir le garde longtemps à son emploi.S’il a abandonné sa collaboration au Compositeur, ce n'est pas pour longtemps.Lenoir m’a juré qu’il serait au poste avant peu.Signe particulier: quand Emmanuel veut nous faire profiler de ses lectures divertissantes, ce n'est pas un p’lit ordinaire.Minnow 0.VLOPPEUR Notre opinion ' .* On nous a demandé notre opinion sur les élections municipales.Tous nos lecteurs savent que le Compositeur est le bébé du Devoir.Or on n'est pas sans savoir que le papa a donné son opinion depuis longtemps.Si nos lecteurs veulent lire attentivement les articles de M.Umpire sur les élections municipales, ils sauront où faire la croix quand viendra le temps de voter.Quand le papa donne des conseils, c’est le devoir des enfants de les suivre.C’est la résolution que le bébé du Devoir vous invite à prendre pour les prochaines élections municipales.LE COMPOSITEUR Presseville à Vlionneur Les Presscvillois sont dans la jubilation parce qu’ils comptent un autre papa dans l’un des leurs.En effet, mardi, le 30 mars, Joseph Gauthier déliait les cordons de sa bourse pour payer le cadeau que sa petite femme lui présentait sous la forme d'une belle petite fille, qui a reçu au baptême le nom de Marie-Thérèse.Parrain et marraine, M.et Mme Frédéric Clément, grands-parents de l’enfant.Nos vives félicitations à l’heureux couple et longue vie à leur progéniture.DETTE DE COEUR C’est le titre du roman dont nous commencerons la publication dans le prochain numéro.Est-il besoin d’ajouter des commentaires après avoir donné le titre?Ce feuilleton sera court.Nous conseillons à nos lectrices qui ne peuvent acheter les romans du Service de Librairie de conserver les prochains numéros du Compositeur.Dette de coeur sera d’une lecture captivante.Le coeur Quand de l'églantier naît la fleur, Un baiser, papillon, se pose Sur la lèvre et descend au coeur, De l’amour, c’est l'apothéose! 2 LE COMPOSITEUR, TYPOVILLE, 9 AVRIL 1926 VOL.II—No 4 INAUGURATION DE L’ÉCOLE D’IMPRIMERIE .Vous croyons qu’il est d’un grand intérêt pour les typos de publier ici l’article de M.Emile Benoist sur l'ouverture officielle de l’Ecole d’imprimerie.Un linotypiste — que notre ami Biron a donc raison de dire: “La critique est facile, l'art, difficile'' — a reproché au Compositeur de n'être pas un organe expressément pour les typos.S’il voulait relire notre article-programme! Dans tous les cas, l’article suivant l'intéresera peut-être s'il ne Ta pas lu dans le Devoir du 29 mars dernier.Nous remercions infiniment M.Benoist de nous rendre un si précieux service pour noire deuxième page.Pour notre pari, nous espérons que Technique reproduira ce magnifique compte rendu.Typographie: Art de l'imprimerie.Imprimerie: Art d’imprimer des livres.Ce sont deux définitions que donnent encore les récentes éditions du, Larousse, du moins le Larousse de poche que j’ai consulté, au hasard du fouillis — un beau désordre est également un effet de l’art — de ma table de travail.En effet, la typographie et l'imprimerie — celle-ci complétant celle-là — sont, par le goût dans le choix des caractères, dans leur disposition et dans leur reproduction, un art autant qu’un métier, reposant, lui, comme la science, sur des données exactes sinon toujours complètes.L’intervention de la machine et de la machinerie modernes n’y peut rien faire; le typographe et l’imprimeur, dignes de ce nom, resteront toujours des artistes, des artistes de l'art industriel.Ne convient-il pas d’ailleurs qu'il en soit ainsi pour les plus fidèles collaborateurs du journaliste, du littérateur et de l’homme de lettres?Pour tant de compliments gratuits.c’est-à-dire non rémunérés, espérons que le typo qui composera ma copie voudra, tout autant que moi, la relire sans faute, et que le pressier du rez-de-chaussée verra à ce que le coin de page où elle sera reproduite ne soit enlaidi d’aucune bavure d’encre.La revendication artistique de la typographie et de l’imprimerie, M.M.-W.Haynes, professeur de typographie aux Etats-Unis, l’a fait entendre, samedi, à l’Ecole Technique de la rue Sherbrooke, où l’on inaugurait officiellement, sous la présidence de M.Athanase David, secrétaire provincial, la nouvelle école d'imprimerie établie par le gouvernement de la province.Cela a donné lieu à une jolie cérémonie à laquelle ont pris part les élèves-apprentis.de la nouvelle école et un certain nombre d’invités.Ceux-ci ont été reçus par MM.Augustin Frigon, directeur de l’enseignement technique provincial, M.Alphonse Bélanger, principal de l'Ecole Technique de Montréal, MM.A.-L.Caron, A.Verville, Ludger Gravel et quelques autres membres du bureau de direction.Les invités ont d’abord visite l’école d imprimerie, établie dans un nouveau pavillon de l’Ecole Technique.C’est une salle très grande.très haute de plafond, bien aérée, très éclairée.Les murs, si invraisemblable que cela soit dans une imprimerie, sont d’une blancheur immaculée.Voilà pourtant plus de trois mois que l’on y imprime quotidiennement.C’est un rude coup porté à la tradition que les murs d’une imprimerie doivent être proprement imbibés d’encre! Sur deux côtés, de larges baies aux carreaux en verre dépoli laissent entrer un jour favorable.L’apprenti, penché sur la case où ses doigts malhabiles ne distinguent pas encore tout de suite le caractère voulu, travaille à la lumière du jour.L’amcuibl'emcnt est tout ce qu’il y a de plus américain, c'est-à-dire de plus pratique, de plus moderne.Après les cases, alignées en longues files, la table de marbre pour le montage et le coincage des formes, la table-tampon pour le tirage des épreuves.Tout à côté, quelques presses, une grande presse plate et quelques autres plus petites.Tout était en plein fonctionnement quand les visiteurs sont entrés et les deux professeurs, MM.Fernand Caille! et Frank Rhodes, se tenaient à leur disposition.Public d’initiés cependant, typographes, maîtres-imprimeurs, journalistes.Il n’y avait que le secrétaire provincial qui jetait un coup d’oeil plus curieux que les autres.El encore, n’était-ce peut-être pas plus qu’une attitude, car fils d’un vétéran du journalisme, le secrétaire provincial devait savoir à quoi s'en tenir.N’importe, môme pour des initiés, la visite était intéressante.Elle leur prouvait au moins une chose, c'est qu'une imprimerie n’est pas nécessairement une salle malpropre, puant et suintant l’encre.* * Les discours de circonstance ont été prononcés dans le grand amphithéâtre.M.A.-L.Caron, président du bureau de direction de l’Ecole, occupait le fauteuil.Après un mot de bienvenue, il a cédé la parole au secrétaire provincial.“Au nom du gouvernement de la province, dit M.David, j’ai le grand honneur d’annoncer l’ouverture officielle de l’école d’imprimerie.La présence ici d’un si grand nombre d’imprimeurs et de typographes démontre une fois de plus le grand intérêt que l’on porte maintenant à renseignement technique.Le gouvernement a donc eu raison de fonder des écoles de ce genre.” M.David annonce que la prochaine initiative dans ce domaine, ce sera l’établissement d’une école de reliure, reliure commerciale et reliure artistique.Il est déplorable que, pour un certain nombre de reliures, le public de la province soit actuellement obligé de s’adresser à l’étranger.Un mot de remerciement aux unions ouvrières de Montréal et de la province qui ont accordé leur appui sincère à l’établissement de l’école d'imprimerie.C’était un besoin qui se faisait sentir et le gouvernement a cru de son devoir d'y satisfaire.Les écoles techniques ont besoin qu’on les aide, particulièrement celle de Montréal.Toronto accorde annuellement §300,000 à son école technique alors que le gouvernement ontarien ne lui octroie que $60,000.Toronto comprend son intérêt.Montréal devrait faire de même et prévoir l’avenir.Montréal a aujourd’hui 1.000,000 d’habitants; quelle sera sa population dans dix ans et quels seront ses besoins?Montréal doit avoir à coeur d'être prête pour l’avenir.Il y va de son intérêt et de celui de la province.Avant de présenter M.Haynes, M- Caron relève ces derniers mots de M.David : Montréal ne fait pas ce qu’elle devrait pour l’Ecole Technique?Mais c’est la province qui décide pour Montréal.Laissée à elle-même Montréal ferait peut-être plus.Elle aurait sûrement fait davantage s’il y avait eu dans le gouvernement provincial plus d’industriels.M.Iiaynes parle ensuite de typographie, après avoir dit que bien peu d'écoles de typographie aux Etats-Unis peuvent se comparer à celle de Montréal.Il signale d’abord l'universalité de l'art typographique et en fait l’historique depuis la xycalogra-phie, ou l’impression à l’aide de planches où des caractères sont gravés en bois.La xycalographie a été inventée par les Chinois au Vllème siècle.Ce procédé fut connu en Europe au Xlle siècle mais il se développa surtout au XVe siècle.Mais l’imprimerie moderne ne date vraiment que du jour où Gutenberg, de Mayence, vers 1436, inventa les caractères mobiles, en métal.Les maîtres imprimeurs français ont toujours été plus artistes; ils le sont encore.Puis s’adressant plus particulièrement aux élèves-apprentis, M.Ha y nés leur donne des conseils: Chercher à reproduire, complètement, toute la pensée de l’auteur.Pour cela il faut veiller à l’épella-tion, à la ponctuation.Un typographe doit comprendre tout le sens d’une virgule.Tendre à la plus grande efficacité possible.L’imprimerie, comme les autres métiers, est soumise à la terrible loi de la concurrence.Il faut faire bien mais sans lambiner.Etre fidèle au code d'honneur du métier.Si l’on confie au typographe ou à l’imprimeur, par exemple, des billets de théâtre ou des questions d’examen, ne pas en profiter pour être malhonnête ou indiscret.Garder toujours le sens de la responsabilité artistique du métier : Vouloir faire beau et en typographie, qui dit beau, veut d’abord dire lisible.Une chose imprimée est faite pour être lue, lue facilement.Notons en passant que M.Haynes devrait bien aller donner ce sage conseil à ceux qui sont chargés d’imprimer les comptes publics de Québec.Mais ne désespérons de rien, peut-être les élèves actuels de l’école de la rue Sherbrooke seront-ils un jour appelés à imprimer cet intéressant annuaire.M.Haynes a terminé en recommandant aux élèves d’étudicr le plus possible les vieux maîtres de l’imprimerie.Leurs oeuvres coûtent cher mais on peut toujours les consulter dans les bibliothèques, (le sont encore les vieux maîtres qui donnent les meilleures leçons.Les machines modernes ne cherchent qu'à reproduire, autant que possible, leurs méthodes.MM.William Southam, de la Southam Press, J.-R.Brunet, de l’union internationale • des près-siers, et Joseph Comeau, du syndicat catholique et national des imprimeurs, ont aussi parlé.* * * L'école d’imprimerie est en opération depuis la fin de décembre.On en avait retardé l’ouverture officielle afin de permettre aux visiteurs de voir les élèves à l’oeuvre.Les élèves doivent être en même temps apprentis dans une imprimerie.Ils font d’abord un stage de trois mois à l’école où les professeurs se rendent compte de ceux qui ont des aptitudes.Ceux-ci alternent ensuite hebdomadairement entre l’atelier et l’école.Après un apprentissage de quelques années, ils deviennent compagnons, reconnus par les unions et les syndicats intéressés.La direction de l’école est confiée à une commission composée de MM.William Southam, A.-E.Des-barats, Jos.Brosseau, Aimé Le-Blanc, typographe au Devoir, membre du syndicat catholique et national; Jos.Smith, T.Robertson.Ce sont tous des maîtres-imprimeurs ou des typographes.* * * L’établissement de l’école d’imprimerie, comme le notait.M.David, comble une lacune.Espérons que, bien dirigée, elle aide puissamment au développement, chez-iious, de la belle typographie, de la belle impression.L’imprimerie occupe déjà le sixième rang parmi les industries canadiennes.Il importe que dans notre province on apprenne à la considérer toujours comme un art, un art industriel.Emile BENOIST Sur la Passerelle Après avoir lu l'article Notre champion, Arthur Dubuc, de Job City, a fait la demande suivante à mon directeur: “Voulez-vous me faire tirer 50 mille copies de cet article-là pour mes amis?” P.enses-tu, Gros-Lard, si Tithur en a des amis!! * * Le 24 mars dernier, j’ai entendu cette réflexion: “Penses-tu que Fa-dette avait une belle lettre hier! Si toutes les femmes suivaient la mode de l’ancien temps, ça serait moins fatigant.” Moi, si j'étais directeur d’une confrérie de femmes, je la ferais distribuer aux membres après l’avoir fait imprimer avec ce titre: Une lettre de Fadette A méditer A mettre en pratique A conserver Mais.je suis loin d’être directeur d’une confrérie de femmes, je suis le gardien vigilant de la passerelle.* * Lino Lenoir me prie d’envoyer cet autre billet à M.Brosseau: “M.Brosseau, vous devez être un bon chasseur, parce que je vois que vous venez de changer votre fusil d'épaule.Ayant refusé des circulaires écrites sur des sacs de chapeau, vous en acceptez maintenant écrites sur du papier d’emballage.Avec les prochaines que vous expédierez à Typoville, faites emballer une paire d’overalls.Je m’en servirai pour déménager.* * Les points, Achille, les points! Faute d’un point, Martin perdit son âne.Si ton titre était passé ainsi: Le sirop d’érable à 8300 le gallon, j’eré ben que tous les Canayens s’en seraient passé.* * Achille ayant appris par indiscrétion que sa “blonde” devait lui faire cadeau d’un beau coco de Pâques, il a cru bon de la récompenser en lui offrant une belle gerbe de fleurs accompagnées de ce compliment joliment tourné, si vous êtes de mon opinion: Pourquoi devant ces fleurs suis-je [tout en émoi?Parce que je les aime et que je [pense à toi.Qui sait si, dans deux ou trois ans, il ne pourra pas lui dire en lui présentant une autre gerbe: L’offrande vous est destinée, Mon existence est enchaînée! * * Le 1er avril 1926 sera une date mémorable pour quatre linotypistes qui ont eu chacun une fonte "neuve.Ce coco de Pâques a été fort goûté par Maigrusse, Gros-Lard, Numis et Lino Lenoir.Hervé Rouleau, lui, comme Barbeau et Mailloux, attend toujours une machine neuve.* * En bonne vérité, où le désespoir ne va-t-il pas se nicher! Samedi matin, un jeune marié de plus d’un an, était à pratiquer des vocalises — il fait partie d'un choeur de chant — quand, en passant, l'oreille du cor-nettiste Jean-Louis a saisi ce bout de phrase musicale chantée d’une voix larmoyante: Oh! que l'amour est un fardeau [pesant.Avis aux amoureux: Réfléchissez donc à cette sentence anglaise avant de rentrer dans le conjungo: From life to death! LE GARDIEN Ephémérides 1925 Avril 9—J’ai ouvert ma fenêtre pour première fois (Maigrusse).10—Vendredi saint.Beau sol dans l’après-midi.11— Samedi saint.Tempête neige, 8 pouces.12—Pâques.Temps idéal, dot neige disparue.13—Le travail commence à 6 ht res du matin.16—-Tempête de neige durant nuit.Beau et froid.
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