Le composteur, 1 octobre 1925, vendredi 23 octobre 1925
1 Imprimé par la Cie Mastic, rue Viiàale LE COMPOSITEUR HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE Directeur : Lino LENOIR A BAS LA COQUILLEI VOL.I—No 14 TYPO VILLE, VENDREDI, 23 OCTOBRE 1925 Prix: Un vieux sou NOTRE OPINION Tous nos lecteurs savent que la campagne électorale est commencée depuis près d’un mois et demi.Des candidats ont été choisis dans tous les comtés et les assemblées se succéderont jusqu’au jour du scrutin.Dans tous ces flots de paroles — souvent inutiles — personne n’a encore entendu aucun propriétaire du Compositeur émettre l’opinion de notre humble feuille.Notre journal n’étant inféodé à aucun parti, il se trouve à l’aise pour dire franchement ce qu’il pense de la lutte actuelle.Il y a une couple de semaines, un rédacteur du Bulletin des Semeurs — M.Firmin Létourneau, pour ne pas le nommer — m’a demandé, avec un sourire narquois, au moment où je venais de ramasser un e muet qui venait de prendre une culbute de mon distributeur, il m’a demandé, dis-je: “Quelle est votre opinion sur les élections?Allez-vous nous la donner?" Puisque nous avons eu l’audace de fonder un journal, nous devons être capable d’émettre une opinion au moins passable.Or la question à laquelle nous devrons répondre se présente ainsi: Doit-on voter pour la politique kingiste ou meighenistel Alors, doit-on supporter un candidat de l’un ou de l’autre chef?Si nous avions un chef d’un parti national et un candidat comme M.Bourassa dans Labelle, la question serait vite résolue: Votez pour M.Bourassa ou nour un de ses candidats.Comme je suis un fervent disciple de la politique de M.Bourassa, depuis la guerre d’Afrique-Sud, je ne puis dire autrement que je suis contre l’impérialisme.Donc, celui qui se dit contre l’impérialisme, doit aussi se dire contre la politique de M.Meighen.Il n’y a pas à sortir de là.Si vous avez suivi M.King dans sa politique, vous admettrez qu'il est loin d'être un impérialiste à tous crins comme son adversaire.Alors j’en conclus que, dans l’élection présente, ce serait une bonne action de le ramener au pouvoir.Le tarif n’est qu’une discussion de circonstance pour camoufler la question principale: celle de l’impérialisme.La Grande Guerre nous vaut, aujourd’hui, trop de sacrifices pour ne pas s’en souvenir.Ça coûte trop cher de se battre pour des prunes! Pour ce qui est du choix d'un candidat, il me semble que nos lecteurs pourront résoudre le cas facilement.Admettons, pour un moment, que nous sommes électeurs du comté de Labelle et que M.Bourassa se présente comme conservateur, je prétends que nous devrions déposer notre vote pour lui.Ces hommes vraiment sincères sont trop précieux pour ne pas s’en servir.C’est peut être aller à rencontre de ce que je viens de dire plus haut, mais l'exception confirme la règle.le connais un membre de la haute rédaction du Savoir qui ne votera certainement pas pour son ancien député, qui n’a pu obtenir un bureau de poste pour le contre manufacturier qu’il représente et où il en faudrait au moins deux, .le ne peux pas blâmer cet électeur de courir sa chance sur un autre député.Ainsi pensez-vous que si j’avais à déposer mon vote dans le comté Saint-Laurent-Sainti-Georges, je ne le déposerais pas en faveur de M.Caban, qui a enseigné aux Canadiens français, un soir, au Monument National, comment combattre pour faire respecter leurs droits?contre son adversaire qui est obligé d'encenser aujourd’hui ce qu’il brû- lait hier .pour l’amour des honneurs! Autre exemple d’exception à la règle.Si nous faisons une petite incursion dans le domaine provincial, ne vous semble-t-il pas qu’il serait de votre premier devoir de mettre le drapeau du parti en poche et de voter contre un candidat qui serait reconnu comme un anticlérical notoire?Et cependant, c’est le contraire qui est arrivé dans un comté non loin de Montréal.Les partisans du rougisme et du bleuisme s’en vont tranquillement, pour le plus grand bien du pays.Nous ne sommes plus au temps ou un ancien vieux rouge d’un comté d’en bas de Québec disait à son enfant, dont la mère faisait faire sa prière: “Mon p’tit Jésus, je vous donne mon coeur.” “N’oublie pas, petit, n’oublie pas, reprit le père, de dire mon coeur tout rouge.” Cette histoire m’en rappelle une autre que notre camarade Desrosiers nous racontait, la semaine dernière.Le candidat conservateur de Laprairie-Napierville était à dire que, dans l’ancien temps, les rouges faisaient une croix sur le front d’un fils naissant en lui souhaitant de toujours voter comme son père.quand un beau vieillard parmi les auditeurs se tourna vers notre camarade et lui dit d’un air indigné: “C’est ben d valeur de pas instruit, parce que j’y répondrais que c’est pas vrai." (En passant, nous invitons nos.confrères d’en bas à se servir de ces deux anecdotes et de les amplifier afin de nous donner une actualité spirituelle comme, seuls, ils en ont le secret.) Mettons de côté tout badinage.Notre devoir est de se rendre aux urnes électorales et de déposer notre vote au meilleur de notre connaissance, en votant autant que possible contre M.Meighen, qui incarne le chancre impérialiste, mais en votant surtout pour celui qui, vraiment sincère, aura choisi pour devise: Le Canada avant tout et les Canadiens au Canada.Lino lENOIR Ce n’est pas le nôtre Le 13 octobre dernier je tomba-à la renverse comme le défunt prophète Jonathan, sans cependant répandre mes lobes cérébraux sur les dalles froides du temple.Il y avait de quoi: Oyez, Oyez bonnes gens: Dans le compte rendu d’une assemblée de M.Léonce Plante, il y avait ceci : “M.Aimé Leblanc est le dernier orateur de la soirée.Il trouve une preuve de l'alliance de M.Pate-naude avec M.Meighen dans le fait "uc M.Meighen ne viendra pas dans l'a province de Québec.S; M.Meighen ne vient nas, dit-il.c’est donc mi’il est satisfait du travail de M.Patenaude.Et les conservateurs des provinces anglaises qui conmtent nrendre ouinze ov vin et sièges dans la province de Québec, où sont leurs candidats?” “Aimé, comme dirait M.Biron ne faites pas de politique, c’est traître.” Lino, pardon, LeBlanc.rencontre, nous a dit qu’il n’v avait pas qu’un chien à s’appeler Pataud.GROS-LARD
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