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Titre :
La lanterne canadienne /
Hebdomadaire anticlérical fondé et publié par Arthur Buies, dans lequel celui-ci aborde les sujets les plus divers : la famille, l'éducation, la religion, la politique, la nation, le travail et l'économie.
Éditeur :
  • Montréal :A. Buies,1868-1869
Contenu spécifique :
jeudi 4 mars 1869
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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La lanterne canadienne /, 1869-03, Collections de BAnQ.

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m MHwti - mSÊ M .K.v 'x -ZV.> E L A 4 ApTF 1 I, V .ILIllvL 1 .iLLJ Vol.I.MONTRÉAL, 4 .MAKS, ISC'.».Jeunes gen vegan lev.ouvre/, les veux.Vous qui avez \ ingt a iis.Je ne m'adresse pas au .autres, ils n'ont v •arracher. — 402 — Je vous parle à vous qui êtes l'avenir, pour vous j’ouvre le rideau.« *• « Où sommes-nous?quel est ce pays où nous vivons ?quel nom a-t-il parmi les hommes?que signifions-nous ?A toutes ces questions, une réponse dans un seul mot.Le néant.• • A (Québec un parlement qui siège, qui s*ajourne, qui vote, et qui ne pense pas.Machine à dire oui toujours, mue par un seul et même ressort, le // le faut des ministres.Et que sont ces ministres ! Eux-mêmes des instruments, bâtons qui battent la mesure des airs de cantiques.Il a fallu un parlement local pour démontrer notre intériorité, notre insignifiance, notre nullité.Ces représentans, que sont-ils?Une seule chose : ils sont l'image d'une ombre qui est nous, Canadiens-Erançais.t *• ?1 lier, la ville de Montréal élisait ses conseillers municipaux.On vit alors des vieillards près de la tombe donner en tremblant leurs votes payés.Dans un quartier exclusivement canadien, un anglais a failli être élu.Je ne m'occupe ; ’ * 'c la nationalité du candidat, et je serai très-heureux le jour où l'on élira indifféremment un anglais, un irlandais, ou un canadien, mais remarquez qu'un pareil exemple ne se voit pas chez les autres races.Quel est le canadien qui oserait se présenter à des électeurs anglais?Si cet homme existait, de quel œil le verraient-ils ?** Nous ! nous faire représenter par un homme de la race inférieure ! Nous ! descendus assez bas pour ne pouvoir trouver chez nos propres nationaux un seul homme qui nous représente 1 Ah ! jamais, ce n'est pas nous qu'on humiliera ainsi." » 4 Ou les Anglais ne sont pas descendus et ne descendront pas, nous, nous y sommes depuis longtemps.On a dit que nous étions la race inférieure.11 n'y a pas de race inférieure, mais il y a dans le monde un peuple qui fait tout en son pouvoir pour démontrer que cette race existe, et ce peuple, c'est nous, et cette race, ce serait la nôtre.• • 54 — 403 — Par quelle suite de chutes, par quels abaissements successifs, par quelles déchéances de plus en plus profondes en sommes-nous venus à ne plus compter sur notre propre sol, à n’étre plus rien, même à nos propres yeux ?Pourquoi ?Voilà le mot répété déjà bien des fois depuis quelques années, grand nombre de gens soupçonnent le parce qur, mais il leur fait peur.A moi il appartient de le dire.Nous ne sommes plus un peuple, parce que depuis un quart de siècle nous avons abdiqué entre les mains des prêtres toute volonté, toute conduite de nos affaires, toute idée personnelle, toute impulsion collective.Cet abandon, cette abstraction de nous-mêmes a été poussée si loin qu’aujourd’hui elle est devenue notre nature d’être, que nous n’en concevons pas d’autre, que nos yeux sont fermés à l’cvidencc, que nous n’apercevons même pas le niveau d’abaissement où nous sommes descendus, et que nous considérons comme une bonne fortune unique de n’avoir plus la charge de nos destinées.• ¦ e Lus prêtres individuellement peuvent être d’excellents hommes, tout comme les autres, mais du jour où ils s’immiscèrent dans les affaires humaines, ils voulurent les diriger exclusivement, et ils devinrent le fléau des peuples.Leur principe est l’absolu ; ils n’admettent donc pas que rien ne se modifie.A chaque expérience nouvelle, à chaque démenti des faits, à chaque démonstration de la science, devant la vérité éclatante et irrésistible, ils opposent l’impérieux et aveugle non possumus.Non possum US) nous ne pouvons pas.S’ils ne peuvent pas, s’ils ne comprennent pas que les idées, que les lois, que les institutions se perfectionnent et s’épurent par la liberté, ils ne sont pas dignes de commander aux hommes.• • Il faut jeter aujourd’hui un regard sur le monde.Je ne parlerai pas de l’Espagne où, il y a trois mois à peine, on ne concevait même pas que les protestans pussent avoir un temple à eux ; je ne parlerai pas de l’Italie étouffée depuis des siècles sous l’épais capuchon des moines, où les caractères sont éteints, où toute régénération semble impossible, si ce n’est par un radicalisme qui ne comptera pas les plaies et ne s'effraiera pas de la grandeur des sacrifices ; je ne parlerai pas du Pérou, du Mexique, de Cuba, de toutes les anciennes colonies espagnoles enfin, où l’anarchie règne en permanence, résultat de la dégradation, de l’ignorance brutale auxquelles une longue tutelle religieuse a réduit ces peuples, je ne citerai pas ces exemples qui se •10*1 — I >n sentent (I'viix-invinvs :t l'observation.niais je vais mettre en \ ue des p:ivs de colons comme le notre.r.:?Va::t avec le Canada 1rs analogies saisissantes.et l'on ingéra.I.Ile .Minière, colonie portugaise sur le- côtes d'Afrique, lut découverte en i \ nj.il y a déjà (juatre siècles et demi.Au commencement du 17e siècle, les couvents, sc multipliant et s'enrichissant sans cesse, accaparèrent une grande partie des terres cultivées.Celles qui échappèrent à la main-morte furent grevées de droits nommés viticitfo.s.que le" un nira us constituaient au prolit des églises, à la condition qu'un certain nombre de messes seraient dites pour le salut de leur âme.Ces viHcnfos non seulement enlevaient une partie du produit net.mais avaient pour eil'et de limiter toute location it quatre années, et de réduire ainsi les cultivateurs à un état très-voisin du servage.La révolution de iSj i supprima tous les couveiis.moins trois.La population de Madère diminue, elle est aujourd'hui d'environ 75.000 âmes.C'est en vainque le gouvernement portugais \ a déclaré l'instruction obligatoire depuis iS.j.j.Sur 1N.000 entants en âge d’école.-.320 seulement sont inscrits, et 7m environ les fréquentent régulièrement.Presque tout le commerce y est aux mains des Anglais et des Xméricains.* *¦ Ici.un rapprochement se présente.La population de l’Kspagne a diminué de plusieurs millions depuis deux siècles, celle de la France diminue aujourd'hui, celle de 1 Italie est stagnante, le Brésil, le Mexique, et le Pérou restent stationna ires.Il semble que tous les pays de race latine, où le clergé a longtemps appesanti son joug, soient condamnés à une déchéance fatale et irrémédiable.Le mal est si profond chez eux qu’il est impossible de l’atteindre a sa racine, et que tous les remèdes apportés par l’amélioration des institutions ne servent qu’à prolonger la douleur.Nos campagnes, où la main du curé pèse sur chaque tête, se dépeuplent.j )ans tout le Canada, la seule ville de Montréal est en progrès : mais a qui le devons-nous ?aux Anglais, qui en ont renouvelé la , s quinze ans, qtr ont lait graviter le commerce et l’industrie vers la partie de la ville qu’ils ont prise pour eux.aux Anglais dont I esprit libre, la personnalité indépendante, l’instinct ‘A la toi ce ont été comme le** moteur** de toutes le- entreprises et le- levier- du -uccès.4 — 4o:> — .Xussij \o\uz lvui livi.ptii.s al>«iis>rz \u> veux sur celui ilc^ Canadiens.t, Ici, que trouvez-vous; la stérilité, l'abjection morale, l’inertie intellectuelle.Une bourgeoisie épaisse, ignorante, inaccessible à une idée quelconque, bornée au comlbrt, renfermant la vie dans le ménage et la cuisine.Une légion de commères, les plus sottes femmes qu’il y ait.de .35 a 5° ans» dont l'existence se passe à jouer aux cartes, entendre tous les sermons, courir à toutes les confréries, recueillir et répandre tous les cancans, prendre part à toutes les intrigues, mêler leur voix aux mille échos de la médisance et des plus stupides préjugés, porter partout où elles vont un esprit d’intraitable au i moi lé contre les quelques hommes et les quelques institution* qui sauvent notre société d’une complète léthargie, se faire l’organe des calomnies et des malédictions qui plcuvcnl sur eux.se liguer contre les jeunes femmes ou les jeunes tilles qui s'a!franchissent de leurs mu-nrs surannées et de leurs imbéciles pratiques, milice zélée des jésuites qui répète leur sermons a toutes les oreilles, se tient à fallût des plus petits faits des prêtres, des moindres paroles de févêque, pour les crier de porte en porte, bataillon de robes couvrant d’ombre la moitié de la ville.M ' Ces femmes s’épient entre elles par dessus le marché ; jamais elles ne hasardent une pensée qui soit en dehors de leurs habitudes journalières, du cercle de leurs coteries, du rayon où s’étend la voix du prédicateur; toutes leurs paroles sont mesurées comme si comme si elles devaient aussitôt s’en faire elles-mêmes les délatrices.elles n’oseraient même pas avoir des gestes et une figure à elles, elles ont la ligure les unes des autres.Oh ! sovez avec ces femmes muet comme la tombe, sourd comme une borne, n’avez pas de regard, cl ne pensez pas.car la pensée a son langage dans les traits.* r sv Ces 1 vin mes ont lait leurs maris qui n'ont rien tait : par elles notre société est maintenue dans un honteux servage, dans une défiance continuelle, et une couardise sans bornes ; elles l’ont im>111 initiée avant qu’elle lut un cadavre, maintenant elle ne se sent vivre que par la peur, et non de ce qu’elle respire, car elle n’a pas d’air. — 406 - Mais continuons notre marche par le monde ; il y a bien des choses à voir sur notre petite planète qui est une des moins belles et des moins brillantes de l'espace, faite exprès pour l'homme.Sur cette planète, il y a des colonies, qui représentent dans l’ordre politique ce que les nègres sont dans l'ordre social.La plupart d’entre elles ne restent colonies que tant qu’elles ne peuvent l’éviter ; elles savent que leur enfance n’est pas éternelle, elles attendent impatiemment le jour où elles pourront marcher sans appui, elles comprennent leurs destinées et cherchent à les atteindre ; quelques unes même essaient déjà leurs forces, comme Cuba ; d’autres grandissent comme l’Australie, à pas de géant, et voient venir le jour certain où elles franchiront sans violence la limite de la tutelle.Mais d’autres ne voient rien, ne comprennent rien, et reculent elles-mêmes de plus en plus l'heure de l'alVranchissement.pleines (l'effroi et d’incertitude.On comprend que je veux parler avant tout du Canada.I ’n spectacle bizarre se présente ici.Presque tous les journaux canadiens cherchent à éloigner de nous l’idée d’indépendance ou d’annexion, par horreur des Etats-Unis.tandis que l’Angleterre elle-même, la mère-patrie, déclare par la voix de Wright, qu’elle veut suivre pas-k-pas l’Union Américaine.et modifier ses institutions d’après son exemple, qu’elle la regarde aller dans la voie du progrès, tenter l’expérience, se réservant de la renouveler chez elle, et mettre son amour-propre national, sa gloire future à suivre, plus près que toutes les autres nations, les Etats-Unis qui montrent le chemin et donnent l’exemple à chacune d’elles.I * Je signale en passant le Cap.colonie anglaise située à l’extrémité méridionale de l’Afrique.C’est en 1795 que cette colonie, ;i peine peuplée alors, fut acquise it l’Angleterre.Elle compte aujourd’hui 350.000 fîmes.Une de ses villes.Worcester, fondée depuis quelques années à peine, compte, 5.000 âmes.Wellington, qui n’en a que 2,000, possède une banque.Dans toute la colonie, il y a une quinzaine de banques avec un capital de trente millions, qui ont principalement pour objet de favoriser les entreprises agricoles.Ee Cap fut peuplé en grande partie par les Huguenots.¦4 t 4 En iS19, Sir Stamford Rallies, acquiert du Sultan dcjohore, our $6o.cxx).Vile dv Singapore.;i l’extrémité de l'Asie. — 407 — Cette île a huit lieues de longueur sur cinq de largeur : sa population est de 100,000 habitans, et le mouvement de son port,"de 4,000 navires ; cela s’est fait en moins d'un quart de siècle.* « * Java, colonic hollandaise, tout près de Singapore, n'avait en iSoS que 3.730,000 habitans.Elle en a aujourd’hui 14,000.000.Cette colonie rapporte à la Hollande quinze millions de dollars annuellement.Elle produit 100,000.000 de livres de café, et 200,000,cra permis de rappeler en passant que Mr.Bessette, député archi-local, est opposé au double mandat en principe, mais qu'il est également opposé à toute discussion à ce sujet.Je vois clair dans cette pensée.Mr.Bessette est convaincu qu'aucune lumière ne peut jaillir d'une discussion faite dans le parlement de Québec.Il partage du reste cette conviction avec le ministère qui n'en a pas d’autres.« • * Les françaises sont des pèches, les Italiennes des t ru 11 es, lus Espagnoles du piment, les Américaines des amandes, les Allemandes de la crème, les Belges de la mie de pain un peu lourde, et les Canadiennes de la croûte.• • On sait que Soulouque, lu roi nègre couronné à Haïti sous le nom du laustin ter, singeait Napoléon ter.Un jour ce despote (je parle de Soulouque), voulant se donner, à je ne sais plus quel combat, des allures de farouche héros, interpelle en ces termes un ancien^ marchand de goyaves devenu officier de son armée.Colonel, emparez-vous de ce poste périlleux, faites-vous x tuer avec tous vus hommes, et revenez prendre du nouveaux ordres.La victoire est à ce prix.• • * — 411 — C O R R IC S P O N I) A N C K.Baie St.Paul, 2q février 1869.Monsieur, Depuis un certain temps, en ma qualité d’ami de votre Lanterne, j’avais l’intention du vous faire part de quelques petits faits qui se sont passés au Saguenay et à la haie St Paul je n'osaisà cause de mon inexpérience littéraire ; mais ce n’est qu’en entendant dire que vous revisiez et corrigiez les communications qui vous étaient faites que j’ai pu me décider à vous écrire, je tâcherai seulement de me faire comprendre.Voici les faits:—¦ Le premier s'est passé à Chicoutimi.C'était dans une élection chaudement disputée entre 1’actuellement Honorable D.1C.Price, et John Kane, notaire, le premier protestant Anglais, le second Irlandais catholique, tous deux conservateurs et d’égale capacité et éducation.Pendant quatre ou cinq semaines, le eu retravailla de toutes ses forces en chaire et privé ment contre 1).1C.Price, lorsque tout à coup le voilà complètement tourné.Autant il avait parle contre ce dernier, autant il parla en sa faveur.On se demande la cause de ce changement subit, on s’informe, ou apprend d’un serviteur du curé que M.Price était allé lui taire visite, et lui avait fait présent d’un cheval tout attelé que le curé avait admiré et qui eu ellél était magnifique.t t.« 1,'autrc m*a été raconte à 1 Iébertvillc et est plus récent.Il s’est passé le jour de Noël, messe de minuit.M.le curé de St.Jérôme avait organisé un corps de musique pour fêter avec plus de bruit la naissance du sauveur, et comme dans ces régions reculées, les instrumens choisis sont rares, il fut obligé de se contenter d’une vingtaine de violons, et de quelques flûtes.Les musiciens s’exercèrent pendant ci nu à six semaines, lorsqu’cnlin la messe de minuit arrivée ils s’en vont chacun prendre leurs places.Le curé les arrête l’un après l’autre et leur demande si leurs violons avaient déjà fait danser; sur réponse affirmative de chacun d’eux, ils les renvoie, leur disant qu’il ne voulait point que des violons qui avaient porté scandale servissent dans un lieu saint.(11 renvoya les violons et garda les musiciens it l’Lglise.) L’automme dernier, à la Baie St.Paul, le curé qui guette tous les Dimanches et la moitié de la semaine, achetait l’avoine pour un M.Bel lean de (Québec, à raison de f> sous de commission par mi not.Uti Marchand du même lieu qui avait un contrat à remplir, l’achetait aussi—cela entraîna une certaine concurrence.— Le curé d’une paroisse voisine en apprenant cela, annonce à ses ouailles (sans ménagement pour le machand) cette concurrence qu’il qualifie d’ignominieuse—faite par un marchand à un membre du clergé, et ajoute qu’il espère bien que les habitants de St.Urbain préféreront vendre leur avoine au pauvre prêtre, (qui retire 3.0CX) minois d’avoine.) plutôt qu’au marchand, car.ajoute- t-il, vn encourageant un ministre du seigneur, ils pourront être persuadés que Dieu le leur rendra suit à eux soit à leurs enfants en i bénédictions.Le même indix idu racontait dans le même sermon qu'un homme, des environs de MonUéal.qui avait l'habitude de travailler quelque Sois le dimanche, malgré la défense expresse et personnelle laite par son curé, s’étant rendu un jour de fête dans son champ avec ses animaux pour labourer, au premier sillon creusé l'homme et les bêtes lurent Irappés d'immobilité, sans qu'aucune puissance humaine put les faire remuer : j.i ne me rappelle point s'ils ont hiverné sou* la neige.Si ces récits peuvent vous servir, prolitez-en.ils >«,nt vrais—et en>\ex-moi bien sincèrement ami votre cause." mes omet Rs spirituelles.II e>t une expressif>n.-je ne sai> si elle est encore en lisage à la cour de Rome, mais elle l'était à coup sûr du temps de Louis \1\ , et ou la trouve dans Saint-Simon.—On disait et on dit encore un cardinal ni /»clto.c'est-à-dire dans la poitrine, dans le co*ur.dans la pensée du pape.( )n lit dans Saint-Simon, plusieurs Ibis: •• Le saint-père lit savoir au roi que, pour lui être agréable, il ne tarderait pas à expectorer tel ou tel évêque recommandé par la cour pour le chapeau rouge.” Ce mot ne se dit dans le langage mondain qu’en pharmacie.li est une autre forme métaphorique dont ou a abusé au point de lui donner un corps et d'en faire une réalité, c’est l’odeur de sainteté : cela, pendant longtemps, je le répète, n'a été qu’une formule méthanhorique ; ainsi ou dit à chaque instant dans les allai tes de canonisation ** l'odeur des vertus." Dans la vie de saint l'rançois-dc-Paule on lit que ses disciples, les minimes, sont.“ la bonne odeur de J(h propos des minimes.Mme.de Sévigné raconte ceci : les minimes de Provence «>nt dédié une thèse au roi (Louis XIV).où ils le comparent à Dieu, mais d’une manière qu'on voit clairement que Dieu n’est que la copie.) Je ne discuterai pas le goût de cette métaphore, mais je constate seulement que c’était une " t 1 c a laquelle ou a voulu donner un sens physique : mourir en odeur de sainteté voulait dire— mourir avec une réputation de sainteté, comme “ l’odeur des vertus veut dire la renommée des vertus qui s’étend au loin comme un partum.A la convention nationale, un orateur, en annonçant la mort de Mirabeau, dit : Mirabeau est mort hier *• en odeur de patriotisme." L amour du merveilleux a changé cela, et on veut aujourd’hui que les saints exhalent après leur mort une odeur particulière cx-tiêmcmcnl Mtax e.que l’on ne déliait pas autrement.^ Cvltc odeur de sainteté.—devenue non plus une ligure niais une réalité physique.—est empruntée à l'antiquité et au paganisme.Llutanpie parle de l'odeur délicieuse cjui s'exhalait du corps l'Isis.—-odeur «|u'ellu corn munit pic aux femmes de la reine de |ivl>lo< eu touchant leurs cheveux.On sait (pic les courtisans d'Alexandre lui avaient fait croire • ;ae sa sueur sentait la violette:—celle de Mahomet, disent les ntiMiîmam.exhalait une suave odeur de rose.Les derniers miracles essayés de ce temps-ci n'ayant pas réussi, il serait hou d’en Unir avec ce merveilleux.Les soutiens de rivalise aujourd'hui sont beaucoup moins guidés par ia foi que par le désir de prendre leur part de son reste de puissance.Tout est spéculation, et je ne m’étonnerais que médiocrement de lire un de ces jours à la .je page de certains journaux : l\n•fitmcric en(i/n/ijnt•.Sérieusement, la vie du ces saints est-elle un hou exemple?A l'exception de saint Vincent de l’anl.et peut-être d’un ou deux autres, quels sont ceux dont la mémoire se recommande par un véritable service rendu a l’humanité ou a la société: (jiiels sont ceux (ini ont montré dans leurs inutiles et puériles austérités un autre sentiment qu'un froid égoïsme sacrifiant devoirs et famille à la crainte des supplices de l’enfer et à l'espérance d’une félicité viernelie pour eux-mêmes dont ils rêvaient d'étranges détails.Sérieusement, un homme qui fend du hois pour nourrir sa famille, ou hêchu la terre pour faire croître un brin d'herbe, une femme «mi fait la soupe pour son mari et ses enfants et leur tricote des has.sont plus agréables et plus obéissants à Dieu, et d’un meilleur exemple pour les hommes, (pie ces fainéants, ces hallucinés.ut ces hystériques, que l’on propose et parfois (pie l’on impose ii la vénération.Ne fera-t-on pas quelque jour un almanach où chaque jour ou lira le nom d’un de ceux (pii ont été les bienfaiteurs et si souvent les mart vis de l’humanité ?¦a * Al'TRKS AI’KRCT'S Sl’lî LMllSTOIRK l’KLMlTlVK 1)1’ CANADA." Les esprits les plus positifs.Colignv.Henri I \ • Colbert, avaient cru que le français (et surtout celui du Midi) était très propre aux colonies, qu'un petit nombre de français aurait créé un grand empire colonial.Comment : en se grc liant par mariage» sur le peuple indigène, le pénétrant de l’esprit européen.\ évitable colonisation qui eût sauvé et transformé la race de ‘ Amérique, que le mépris sauvage des Anglais a exterminée.ont tait une Europe, c’est vrai, mais supprimé l'Amérique elle munie.anéanti le ”*
de

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