La lanterne canadienne /, 1 février 1869, jeudi 18 février 1869
Dépêche spéciale à la Lanterne.Derniers détails sur l’arrivée de Monseigneur Bourget à Rome : 16 février.Le St.Père apprend que l’évêque de Montréal approche de la ville étemelle incognito.LANTERNE Vol.I.MONTRÉAL, 18 FEVRIER, 1869.No.23 — 370 — Il fait de suite embrasser sa pantouffle à deux trappistes qui s’en lèchent les babines.* * * Trente zouaves canadiens qui n’ont pas mangé depuis trois jours demandent la permission d’aller débarrasser leur évêque des trente mille dollars qui gênent sa marche, attendu qu’il les a fait changer en trente sous avant son départ.Ici, le trésorier du pape éprouve une certaine défiance.Les trente mille dollars sont bien pour les zouaves, mais il convient de les faire passer par les mains du saint père, afin de les purifier s’il en est qui sont de fausse monnaie.Il accorde aux trente zouaves la permission de repasser.Satisfaction visible de ceux-ci.* * * L’angelus sonne au Vatican.A cette heure solennelle, le pape donne audience à l’ange qui lui apporte les dernières instructions de l’Esprit Saint.Puis il se recueille, et adresse au ciel une prière fervente pour qu il accorde aux hommes la grâce d’être idiots jusqu’à la fin des siècles.Cette prière monte au ciel sous la forme d’une lettre non affranchie.Le pape est si pauvre ! * * * Au loin dans la campagne, on voit une légère poussière qui s’agite imperceptiblement à la surface du sol.C’est l’évêque de Montréal qui s’avance lentement, monté sur un âne.Une charité toute évangélique, l’amour du prochain, l’empêche de se servir de ses éperons.En avant marche St.Ignace qui présente son homonyme à deux marchands d’allumettes errant sur la route solitaire.L évêque leur sourit gracieusement comme lorsqu’il reçoit un présent de deux cents piastres.Il faut se rendre populaire.Il était meme sur le point de mettre la main à sa poche pour leur offrir une bénédiction, lorsque Monsignor Desautels, qui n’a pas cessé de l’accompagner, le rappelle à l’économie.*** Rome retentit du bruit du carnaval.Au milieu des réjouissances publiques, on voit deux condamnés monter à l’échafaud.L’un est innocent, l’autre n’est pas coupable.Ça n’en est que plus drôle.Le pape, sollicité de leur faire grâce, répond que puisqu’ils ont communié le matin, ils sont en état de grâce, et qu’il voudrait bien être à leur place. — 371 — Cette parole de paix et de consolation arrive aux condamnés comme leur tête tombe.Les zouaves pontificaux, qui jusque là s'étalent tenu dans un saint recueillement, applaudissent.Dix d’entre eux ont même écrit déjà vingt pages de notes pour raconter dans V Ordre cettre première victoire sur les Garibaldiens.Pour démontrer que le pouvoir temporel du pape est éternel, on voit deux lézards se chauffant au soleil sur les ruines du Coly- L’évêque Bourget approche toujours : son attitude est digne, mais son entrée n’est pas triomphale.Son âne commence à trouver que toutes les grandeurs de ce monde sont une amère dérision, et ne le rendent pas heureux.Monsignor Desautels est d’avis qu’on aurait bien dû arroser le paysage.Tout-à-coup, comme pour varier la monotonie du point de vue, apparaît un marchand de cirage qui offre à l’évêque de frotter ses bottes poudreuses.“ Pas encore, mon ami, répond Monseigneur avec cette bonté paternelle que je ne lui connais pas, attendez pour me cirer que je sois canonisé.Je viens à Rome pour cela, j’espère que ce sera bientôt fait, j’ai trente mille piastres à y mettre ” Cette imprudente parole arrache à St.Ignace un cri de douleur qu’il dissimule aussitôt en faisant croire au marchand de cirage que c’est lui qui l’a poussé.* * * Enfin Sa Grandeur est arrivée à la première porte de la ville aux sept collines.Son cœur s’ouvre à l’espérance ; il en profite pour se moucher, car il a le nez plein de poussière, et il a apporté avec lui du Canada un rhume de cerveau qui doit servir à sa béatification.Un douanier se présente.“ Votre nom”?lui dit-il brusquement, ne sachant pas qu’il a affaire à un homme riche.—Ignace par la grâce de Dieu.—Votre âge ?Ici monseigneur est dans un embarras manifeste.Mais se rappelant aussitôt qu’il doit être inspiré : “ Cent quatre-vingt deux ans,” répond-il. — 372 — Ebahissement du fonctionnaire qui se traduit par des signes d’incrédulité, car il faut savoir qu’on ne croit jamais qu’aux miracles qu’on ne voit point.“ Et pourquoi pas, cent quatre-vingt deux ans ! s’écrie l’évêque avec une sainte indignation.Voici St.Ignace qui en a 350, et qui a fait toute la route à pied.” Le fonctionnaire, qui a un respect inné des saints, s’incline, puis continuant : “ Votre profession ?—Collecteur.Ce noble étranger doit être dans les ordres, murmure instinctivement le douanier.—Votre dernière résidence?—Le tronc du Gésu.—Rien à déclarer ?—Mon indignité.—Connu.Pas autre chose ?—Combien apportez-vous ! —Trente mille piastres.—Trente mille piastres ! Oh, alors, entrez, passez vite.Mille pardons de n’avoir pas reconnu plus tôt vos mérites, vous devez être évêque sanS doute .non, en effet vous êtes collecteur, collecteur, m’avez-vous dit ?au fait ça se ressemble.Entrez : combien vous devez être désiré par nos saints cardinaux et monsignors ! ! !.*% Ici, le fil télégraphique ayant été coupé par le vol indiscret d’un séraphin aux ailes d’azur, la dépêche se trouve forcément interrompue.*% Un indiscret me communique le fait suivant qui fera voir que les représentants de Dieu ici-bas ont résolu de mettre le carême à profit.Ne pouvant, durant ce temps de mortifications, spéculer sur les moutons et les dindes, ils se rejettent sur le beurre, et l’ont déjà fait monter à un prix fou, qui sera maintenu encore cinq semaines.A moins que les gens finissent par comprendre qu’il est tout-à-fait indifférent à Dieu que vous vous mettiez dans l’œsophage une côtelette de veau ou une queue de morue, et qu’il est bien plus satisfait de vous voir faire le bien que de vous bourrer de sardines.%* Voici le fait : “ L’habitude de la flagornerie de nos journaux auprès des prêtres, vient de se produire encore une fois d’une manière bien amusante.La semaine dernière quelques membres de la Corporation de Montréal sont allés visiter les rives du Sault St.Louis, près de l’ancienne église de Lachine, dans le but d’augmenter — 373 — l’approvisionnement d’eau pour Montréal.La Minerve avait un rapporteur, à la suite des excursionnistes, et voici comment il termine son rapport.“ Il était quatre heures lorsque, sur la bienveillante invitation des RR.PP.Oblats du Noviciat, nous entrâmes à leur réfectoire où nos estomacs un peu en diète purent se réconforter facilement.“ Le Révd.Père Grenier a été plein de civilités et nous devons l’en remerçier cordialement.” Or voici les faits.Huit à dix membres de l’excursion sont entrés au Noviciat, sans y être invités le moins du moude.Ils y ont demandé uir pain valant 20 sous, une demi-livre de beurre valant 15 sous, et ils ont payé, mais sans invitation, la somme de trois piastres ! ! Si la chose avait eu lieu chez le voisin, les journaux cléricocaux en auraient-ils fait mention ?” Je ne pense pas.Chez le voisin, les promeneurs n’eussent payé qu’un écu, et ça n’aurait pas valu la peine d’en parler.* * * Je lis dans la Gazette des campagnes, journal des catastrophes, Trois mille chrétiens viennent d’être martyrisés en Corée.Il y a ici une petite exagération : en déduisant trois mille du chiffre indiqué, on arriverait au nombre exact des martyrs.Ce n’est certes pas avantageux d’habiter les pays de l’extrême orient où il n’y ni lignes télégraghiques, ni chemins de fer, ni bateaux à vapeur.Vous restez inconnus au reste des hommes pendant cinq mille ans, et lorsqu’ils ont vent tout-à-coup de votre existence, c’est pour vous dénoncer dans la Gazette des campagnes comme ayant tué en un jour plus de prêtres que vous n’avez jamais vu de chrétiens dans votre vie.On dit que trois néophytes seuls ont renié la foi et qu’il n’y en a plus un prêtre dans le pays.Ce sont des radicaux, ces Coréens.Quelques hommes dévoués ont cependant trouvé moyen de franchir la Mer Jaune et sont venus à Chang-Hai demander de nouveaux missionnaires.Il faut avouer qu’il ne sont pas charitables.C’est bien le lieu de dire ici que si l’Eglise a la douleur de voir des milliers d’hommes se ruer avec impiété contre tout ce qui est auguste et saint, parce qu'ils veulent vivre d'une vie tout animale, d’un autre côté, elle a l’inefable consolation d’en voir des milliers d'autres laver leurs robes dans le sang de l'Agneau et délancer dans les splendeurs de l'éternité.Je ne sais pas jusqu’à quel point c’est une consolation que de voir égorger trois mille des siens.Mais enfin, chacun a sa manière de comprendre le bonheur, et je ne veux pas enlever cette joie à la Gazette.J’admettrai même que rien n’est plus ineffable, comme consolation, que de laver sa robe dans le sang d’un agneau.Si c’est — 374 — là une manière d’etre égorgé, elle est beaucoup plus douce que celle des Huguenots qu’on rôtissait tout vifs, sans consolation aucune, sans qu’ils eussent même celle de la trouver ineffable.Il n’y a que les païens pour avoir ces raffinements de la barbarie.Etre langé dans les splendeurs de léternité est encore une consolation que les hommes méconnaissent trop souvent, mais elle ne vaut pas toutefois celle de laver sa robe dans le sang de l’agneau.*** Je supplie le lecteur de calmer un moment les transports de son admiration, pendant qu’il va lire l’extrait suivant d’une lettre adressée au Constitutionnel de Trois Rivières par un de nos zouaves.L'idiotisme le plus incurable serait impuissant à enfanter une pareille production.Il n’y a que la foi qui accomplisse de tels miracles : *** “ L’an dernier, contait dernièrement un officier tout à fait digne de foi, pendant les événements d’Octobre et Novembre, un corps de garibaldiens franchissait de grand matin les frontières romaines et se disposait à envahir les Etats-Pontificaux, quand, à son grand étonnement et tout à fait contre son attente et ses prévisions, un bataillon de Zouaves apparut tout rangé en bataille sur le sommet cTune montagne voisine.Le soleil levant frappait sur les défenseurs du Pape, et les hommes, les armes, les habits, tout était du plus beau brillant : on eut dit une armée de séraphins.Il n’en fallait pas tant pour les braves Garibaldiens, et tous de rebrousser chemin et de repasser glorieusement la frontière.Maintenant, qui commandait ces Zouaves et d’où venaient-ils t Personne ne le sait.Les autorités militaires affirment n’avoir envoyé aucune troupe dans cette direction et sont prêtes à certifier qu’aucune compagnie composant le régiment des Zouaves n’a pu humainement se trouver en cet endroit au jour indiqué.Qu’était-ce donc que ces brillants soldats ?Probablement les morts de Castelfidardo, Serristori, de Monte-Lebratti, de Men-tana, envoyés par Dieu pour prêter main sainte à leurs anciens frères d’armes.Oh ! ce doit être un beau jour pour ces guerriers que celui où il leur fut permis de venir encore une fois faire face aux ennemis de l’Eglise et de les humilier par leur seule présence.Des incrédules et des ignorants peuvent rire de ce fait, mais pour celui qui connait V histoire, cela n'a rien dé extraordinaire ; toute la campagne de 1867 est un miracle continuel.Le grand Concile annoncé et fixé par Pie IX nous en est le plus sûr garant.Les étiennes que je faisais espérer dans ma dernière ont été distribuées et voici les noms des favoris de 1869 : M.M.Lebel, Hénault, LaChapelle, Pépin, Trudel, Fréchette : tous les six ont été nommés caporaux.La plupart des compagnies aujourd’hui à Rome doivent en sortir bientôt pour faire place à leurs sœurs en garnison depuis — 375 — quatre mois.Voilà encore des marches et des fatigues ; mais nous chanterons : En avant, marchons Zouaves du Pape à l’avant garde ! En avant, marchons, Le Pape nous regarde En avant bataillons ! et chaque note de ce refrain chéri ranimera notre courage et nous, fortifiera.” Denis Gerin Soldat de Marie et de Pie IX.« * * Le Constitutionnel est l’organe le plus important d’un chef-, lieu de district, d’une ville de huit mille âmes, et voilà ce qu’il offre à ses lecteurs sur sa ière page ! On osera prétendre maintenant que nous ne sommes pas à bon droit la risée des autres peuples ! Il est vrai qu’à côté du Constitutionnel’, il y a le yournal de Trois-Rivières, feuille plus sérieuse qui, trois fois par semaine, dit leur fait aux maringouins qui se changent en éléphans, comme Victor-Emmanuel.* * i * Un spirituel correspondant m’adresse la lettre suivante.Je dois dire qu’il me flatte beaucoup trop en me croyant capable de présenter mieux que lui la délicieuse révélation qu’il fait au public.Je la transcris sans en changer un mot, et je le remercie de sa collaboration inattendue, d’autant plus agréable qu’elle m’est plus utile en ce moment où tout me fait défaut à la fois, l’évêque de Montréal, le parlement, le Nouveau-Monde qui ne s’occupe plus que du Code Municipal, et l’Ordre qui ne dit plus rien pour éviter d’être ridicule.Monsieur le Rédacteur : Dans votre No.de la Lanterne du 28 Janvier, j’ai regretté de ne pas voir relaté par vous un des principaux motifs qui ont décidé Sa Grandeur Mr.Bourget à nous priver de sa présence réelle (style Bourgoin).Un voyage m’a fait remettre à ce jour à vous signaler cet oubli capital.Je laisse à votre plume habile le soin de décrire comme il convient, le fait que je vous signale simplement.Quelque temps avant le départ de sa Grandeur, nos vertueuses Canadiennes ont reçu l’ordre suivant.“ A l’avenir, et sous peine de damnation, il est ordonné à nos chères filles en Jésus Christ, d’imiter les dames Romaines, et de ne se présenter dans le temple du Seigneur qu’avec un voile.” Heureusement que l’imitation n’a rapport qu’à l’habillement, et nullement aux mœurs.J’aurais cru d’abord que la plus belle moitié du genre humain se révolterait contre cette loi.Mais non, le dimanche suivant j’ai vu, de mes deux yeux vu, plusieurs échantillons de cette nouvelle toilette couvrir les charmes des obéissantes ouailles.Il est vrai que celles. — 376 — qui les portaient n’avaient à cacher que des visages flétris, des formes disparues.Mais au printemps il faudra se soumettre : d’ici-là, il y a une excuse majeure pour se soustraire a la loi, c’est qu’il n’existe pas à Montréal de Voiles a la Romaine.Ce 8me Commendement dp l’Eglise aurait pu être promulgué au commencement de l’hiver, mais Merrill et Morrison auraient eu le temps de faire des commandes et seraient devenus de puissants concurrents, Mgr.l’avait bien compris.Ah c’est ici qu’il faut s’incliner devant son génie spéculateur.Aussi a-t-il retardé jusqu’au dernier moment pour avoir lui seul toutes les commandes, et il est parti avec des ordres d’acheter 25,000 voiles No.1 et 125,000 (chiffres officiels) voiles No.2.Mais attendu que l’intégrité de sa Grandeur n’est pas à l’abri de toute attaque, témoin les $100,000 receuillies pour la construction de sa Cathédrale, Elle en a fait fixer les prix à $2.50 pour les Nos.1, et$i.75 poulies Nos.2.Or, comme en fabrique, ils ne coûtent en gros que $1.50 et 0.75 respectivement, Mgr.se trouve réaliser, déductions faites des frais et droits, un bénéfice net de $100,000.Rothschild, Vanderbilt, et vous tous spéculateurs heureux, vous êtes dépassés, coulés, enfoncés.Ce n’est pas tout, Mgr.étant naturellement pauvre, puisqu’il mendie toujours, s’est fait payer d’avance, et avec ses $100,000 de profit, il établit au printemps, rue Notre Dame, un magasin en gros et en détail ; l’annonce portera—Ignace Bourget, Marchand de Modes ; succursale chez les Jésuites, ouverte le dimanche seulement avant la grand Messe.Les voiles vendus aux magasins de Mgr.auront un débit facile, car ils auront préalablement été bénis par N.S.P.le Pape.N’est-ce pas ingénieux, sublime ?O, génie ! ! ! Buies, incline-toi.—(Je m’incline.) Le décret ci-dessus promulgué, on a recommandé, de par Mgr.aux fidèles de l’un et de l’autre sexe, de chanter à haute voix, le Ky .Ky .Ky .Kyrie, et autres chants.Mr.Barbarin, ou son comparse, descendra de l’orgue, à la grande satisfaction de l’organiste, et passera le long des bancs, administrant des coups de poing à tort et à travers, à ceux qui chanteront faux, réservant de douces petites caresses engageantes pour le sexe faible.On attend l’arrivée des voiles pour établir un autre usage ; et ou je me trompe fort, ou vous irez a la messe, M.Buies, tout sceptique que vous êtes.Les fidèles des deux sexes se donneront le baiser de paix ; l’efficacité du baiser n’ayant lieu que lorsque les peaux se touchent à nu, à un moment donné les voiles se lèveront, puis se rabattront immédiatementpour cacherles rougeurs desjeunes filles trop impressionnables : mais elles s’habitueront avec le temps à ces saints baisers, qui finiront par ne plus leur causer la moindre sensation.Ce sera un charme de plus d’enlevé aux amoureux, mais aussi une occasion de moins de pécher.Ainsi-soit-il ?Un lecteur de la Lanterne, * * * — 377 — Depuis trois semaines, le Nouveau-Monde oubliait tous ses devoirs ; il ne se souciait même plus d’être absurde.S’endormait-il dans la confiante sécurité qu’offrent à la religion les saintes pratiques du carême ?Consentait-il à admettre enfin, lui l’organe des Jésuites, que les sulpiciens, pour être moins qu’eux tondeurs acharnés, ne le leur cèdent en rien dans l’imbécilisation du public ?" Se contentait-il d’écouter complaisamment à distance leurs prédications de chaque soir dans Notre Dame, et les voir préparer ainsi un éclatant triomphe pour la révélation qu’il allait faire dans son éditorial de lundi dernier ?je n’en sais rien.Les hommes ne voient pas toujours les sentiers par où Dieu les conduit à la vérité ; les manifestations d’en haut sont souvent d’une obscurité telle que, ce qu’il y a de plus manifeste, c’est qu’on n’y comprend goutte ; et puis je n’ose interroger les secrets des directeurs spirituels ; qui peut sonder la profondeur de Mr.Lamarche ?quel est l'homme qui oserait dire qu’il l’a compris ?Toujours est-il que lundi, le 15 courant, le Nouveau-Monde sentant que le temps était venu de rappeler aux hommes certaines grandes leçons de l’histoire qu’ils semblaient avoir oubliées, et voyant que six jours de jeûne absolu depuis les Cendres leur avaient donné un appétit tel qu’ils étaient prêts à avaler n’importe quoi, leur offrit, sur la recommandation de St.Gabriel, l’article dont je ne fais qu’un extrait, car le ciel a voulu qu’il fût trop long pour un pécheur comme moi.S te.Elizabeth, reine de Hongrie, nourrissait constamment treize pauvres malades ou infirmes, en mémoire du Sauveur et de ses douze apôtres.Or, au nombre de ces pauvres se trouvait un petit lépreux si horrible à voir et si dégoûtant que personne ne pouvait plus se déterminer à en prendre soin.Elizabeth le voyant ainsi abandonné de tous, se sentit portée à faire pour lui encore plus que pour les autres.Elle le fait donc venir, lui prépare un bain, le oint d’un onguent qui calme ses douleurs et le couche dans son lit royal.” (Voilà une extravagance !) Mais, pendant que la pieuse reine était ainsi toute à sa tâche, le Duc son époux arrive soudain aux portes du palais.(Le diable va y être.) Sa mère court à sa rencontre, et à peine avait-il mis pied à terre, “ mon fils, lui dit-elle, suivez moi : j’ai aujourd’hui de jolies choses à vous apprendre sur votre chère Elizabeth.”— Que voulez-vous dire par là?s’écrie le Duc.—“ Venez toujours, et vous vous persuaderez bientôt qu’Elizabeth en aime un autre que vous.” Puis, le prenant par la main, elle le conduit à sa — 378 — chambre ; et, s’approchant du lit, “ voyez maintenant, mon fils, votre femme, quoique je fasse pour l’en empêcher, a introduit des lépreux jusque dans votre lit.Elle veut vous donner la lèpre, c’est assez évident.” A ces mots le Duc rempli d’indignation lève brusquement la couverture du lit ; mais, ô prodige ! Dieu, à l’instant éclaire les yeux de son âme, et il aperçoit, au lieu du pauvre lépreux, la figure du Christ en croix étendu sur son lit ! A cette vue il reste sans mouvements ainsi que sa mère ; puis, se met à verser des torrents de larmes, sans cependant pouvoir encore articuler une seule parole.Mais se tournant enfin vers son épouse, qui s’était discrètement approchée pour calmer sa colère contre le lépreux, “ Elizabeth, dit-il, ma chère, ma sainte sœur, donne, je t’en prie, souvent mon lit à de tels hôtes, je te serai toujours reconnaissant de semblables choses, et ne te laisse entraver par personne dans l’exercice de ta vertu.” Et tombant à genoux, “ Seigneur, dit-il, ayez pitié de moi pauvre pécheur.Non, je ne suis pas digne d’être l’heureux témoin de semblables prodiges.” Je propose à Messieurs les officiers du recensement qui aura lieu en 1871 de donner le chiffre exact du nombre des idiots que le Nouveau-Monde aura faits en Canada, et si ce nombre paraît effrayant pour notre avenir, je répondrai qu’on ne saurait mieux faire acte de patriotisme qu’en faisant de son pays une succursale du royaume des bienheureux.*** Quand nos journaux ne savent plus que dire, ils se rappellent tout-à-coup que Mr.Cartier est à Londres.Cet homme d’état devient aussitôt nécessaire à son pays comme fait divers.Il parait que Mr.Cartier poursuit de ses vœux l’achat du territoire du Nord-Ouest.Pour mener cette opération à bonne fin, la Minerve annonce qu’il va être nommé Lord Cartier.Je me sens gonflé d’orgueil à l’idée que M.Cartier est le seul de mes compatriotes qui aura été élevé à cet honneur que je méprise fort pour moi, mais que j’estime fort pour lui.• * * Le Pays s'évertue à prouver que nous dépensons des sommes folles pour des fonctionnaires inutiles.Comment, inutiles ! est-ce qu’on peut-être inutile, quand on est cousin ou neveu d’un ministre?Le Pays est mon ennemi le plus acharné.A force de dire toutes les vérités nécessaires, il finira par me rendre inutile moi-même. — 379 — DEUX NOUVEAUX MORTARAS.Un arrêt qui mérite d’être signalé à l’indignation de tous les amis de la liberté de conscience a été rendu récemment à Florence.Voici dans quelles circonstances : En 1856, une dame protestante, Mme Beretti, devint veuve.Elle avait deux enfants, deux petites filles.Les intrigues du clergé lui imposèrent un prétendu conseil de famille qui donna un tuteur à ses deux enfants et les plaça dans le couvent de Monticelli, attendu la religion de leur mère.La pauvre femme réclama en vain.Ses protestations restèrent sans résultat.Mais depuis 1856 le régime avait bien changé en Italie.Mme.Beretti s’était remariée.Encouragée par son mari et ses deux frères, elle se rendit, le 16 Mai de l’année dernière, au couvent où l’on gardait ses filles depuis douze ans.Elle les demanda, et leur annonça qu’elle venait les chercher.L’une d’elle s’apprêta aussitôt à la suivre ; l’autre, plus docile aux leçons des religieuses, refusa d’abord ; mais bientôt, vaincue par ses larmes et ses prières, consentit enfin à prendre place à côté de sa sœur dans la voiture qui les attendait.La mère, palpitante de joie, allait emmener ses deux filles, lorsqu’une population fanatique, excitée par un prêtre, se rua sur le carosse et réintégra de force les jeunes filles dans le couvent où elles ne voulaient plus rester.La mère, le beau-père, les oncles, le cocher de Jîacre cités devant les tribunaux, se sont vu condamner le 28 Novembre dernier, à l’emprisonnement.—“ Et le cheval ?demande spirituel-ment l'Eco délia verita qui raconte le fait.Les parents ont appelé de cet arrêt.Il nous semble impossible que la cour d’appel de Florence ne le réforme pas.Mais que dire de ce prêtre qui ameute des forcenés contre une mère, et de cette population abrutie qui arrache à cette malheureuse ses deux filles, croyant ainsi apparemment faire une œuvre agréable à cette autre mère qui s’appelait Marie ?e.-d de bieville.* * * Rien ne sera changé en Italie tant qu’il y aura un roi, des moines, et une population ignorante.Qu’importe le nom de ses maîtres et la forme de la tyrannie ?Qu’importe la liberté politique quand on n’a pas celle de la conscience et de la pensée ?Elle n’est qu’un piège.Il faut détruire l’esclavage dans les hommes nour être sûr d’avoir la liberté dans les institutions.* * * La décoration intérieure de Notre-Dame de Paris se poursuit avec une constante activité; on vient d’y terminer la chapelle de saint Marcel.Cette chapelle, située derrière le chœur, est ornée d’une grande composition représentant l’apothéose et le transport de la châsse du saint : ces peintures sont dues au pinceau de M.Maillot, grand prix de Rome. — 380 — Le transport de cette châsse nous remet en mémoire une légende assez curieuse qui démontre à quel degré d’abêtissement on en était arrivé en ce bon temps de foi naïve tant regretté de certaines gens.Saint Marcel, dit la chronique, était contemporain et ami de S te.Geneviève, et la sympathie des deux saints s’était perpétuée après leur mort ; c’était au point que dans les processions, quand leurs reliques venaient à se rencontrer, l’attraction était si forte que les efforts de douze robustes porteurs suffisaient à peine pour entraîner saint Marcel et l’empêcher de commettre des inconséquences.La châsse de saint Marcel était un objet d’art fort remarquable, le travail en était d’une exquise délicatesse ; mais, comme elle était en vermeil, qu’elle pesait 436 marcs, qu’elle était enrichie de pierreries, et qu’en 1792 on avait besoin d’argent pour défendre la patrie menacée par la coalition, on la porta à la Monnaie pour être fondue.A l’église Notre-Dame se rattachaient encore d’autres légendes de la même force : la serrurerie de ses portes avait été forgée par les démons, et dans l’un des bas-côtés on montrait la chapelle du damné, devant laquelle nul ne passait sans frémir.C’était là qu’en l’année .on procéda à l’enterrement d’un nommé Raymond, chanoine de la métropole, et qui venait de mourir en odeur de sainteté.Or, pendant le service, au moment où l’officiant prononçait les paroles : Quant as habes iniquitates, on vit tout à coup le cadavre redresser la tête et répondre : Justo Deijudicio accusatus sum ! .Inutile de dire que la terreur s’empara des assistants ; la cérémonie fut remise au lendemain.Mais le lendemain, les choses s’étant passées exactement de la même façon, il y eut une nouvelle remise de 24 heures.Enfin, à la troisième tentative, lorsque l’officiant eût prononcé les mêmes paroles du verset, le mort se releva et répondit : Justo Dei judicio condam-natus sum, et soudain apparut un spectre qui l’emporta.Il ne fallut rien moins que la révolution pour démontrer le ridicule de ces histoires ultrapittoresques qu’on donnait au peuple comme articles de foi.( Siècle.) * .* * Ce qui démontre clairement que tout pouvoir vient de Dieu, c’est qu’au moment où la Chambre locale allait reprendre ses séances, et que le ministère voyait avec terreur s’approcher cette heure fatale â son pouvoir, Dieu fit tomber du ciel une avalanche de neige qui enfouit le Canada depuis huit jours, de sorte que les députés n’ont pu se rendre à leurs sièges.A la reprise des séances en effet, il n’y avait que dix membres dont six ministres.Voyant qu’il n’y avait pas quorum, Mrs.Chapais et Laugevin se hâtèrent de faire acte de présence.Mais dans la crainte que le parlement ne siégeât le lendemain, ils repartirent aussitôt pour Ottawa et autres lieux. — 381 — Maintenant si l’on vous demande à quoi sert le double mandat* répondez hardiment : *• C’est pour être absent quand la chambre siège, et assister à ses séances quand elle ne siège pas.•% VARIETES." J’extrais la page suivante de Vhistoire de la peinture fla?nande de Michiels ; c’est l’époque où l’archiduc Albert prend au nom de Philippe II d’Espagne le gouvernement des Flandres : “ La persécution religieuse-continua pendant tout le règne des archiducs, sous une nouvelle forme.Les malheureux qu’on voulait détruire n’étaient plus appréhendés, torturés, jugés pour cause d’opinion, mais pour crime de sorcellerie.Chez un peuple accablé par la terreur, la prudence gouvernait tous les discours et toutes les actions.Ou bien on restait silencieux et immobile, ou bien on parlait, on se conduisait avec l’inquiétude et l’effroi des esclaves.L’inquisition dès lors se trouvait exposée à manquer de victimes, et Dieu d’holocaustes.Il fallait prévenir un si grand malheur : les bourreaux de Saint-Dominique et de Saint-Ignace y parvinrent en substituant l’accusation de magie à l’accusation de fausses doctrines et d’erreurs schismatiques.Les bûchers continuèrent à dévorer des centaines de victimes, les échafauds à se rougir de sang, l’Eglise à remercier Dieu de ses.triomphes.Et comme la superstition croyait les femmes disposées particulièrement aux pratiques mystérieuses, aux rapports secrets avec le diable, c’était contre les femmes surtout que se déchaînait la rage des bigots.On en martyrisait, on en brûlait de 70, 80 et 90 ans.Parmi les pauvres créatures rôties à Gand comme on ne rôtirait pas les plus vils animaux, qu’on égorge au moins avant de les mettre au feu, l’une avait 70 ans, l’autre 75, la troisième 77.“Le 11 Août 1595, en la ville d’Enghien, on brûla quatre sorcières, au nombre desquelles une veuve de cent ans.” Mais on n’épargnait point les femmes d’un âge mûr, les jeunes filles, qu’on suppliciait d’abord toutes nues ; on n’épargnait même pas les enfants.Une ordonnance d’Albert avait déclaré qu’on pouvait punir do mort les femelles à partir de douze ans, les masles à partir de quatorze.On est partagé entre l’horreur et l’indignation, quand on lit les sentences prononcées contre de malheureuses petites filles qui ne comprenaient assurément pas les questions de leurs juges.Ces brutes ne les condamnaient pas moins à être étranglées, brûlées, et réduites en cendres.Et avant d’exécuter les victimes, on leur faisait subir d’atroces douleurs.Un grand nombre furent liées à un poteau, devant un feu ardent qu’on entretenait jour et nuit, et quand elles paraissaient vouloir s’endormir, on les flagellait.Beatrice van Overbech, de Waere-ghem, endura ce tourment infernal quatre jours et trois puits.Et ce n’était pas seulement quelques individus qu’on exécutait de — 382 — loin en loin : la persécution religieuse avait les proportions d’un massacre.A Douai, on brûla le même jour cinquante misérables ; à Ruremonde, en 1613, soixante-quatre furent exterminés deux par deux, pour prolonger la cérémonie.En quelques années, une abbesse souveraine livra aux flammes trente malheureux soupçonnés d’un crime impossible.Le bourreau d’Ypres se glorifiait d’avoir examiné sur tout leur corps des magiciens et des son cières par milliers, d’en avoir détruit par centaines ; le père Remigius d’avoir voué au feu, dans un espace de cinq mois, cinq cents complices du démon.Un rapport, libellé en 1661 par le conseiller fiscal de Flandre, assure qu’une multitude prodigieuse de sorcières furent consumées en Flandre, en Brabant, et dans le pays dé Liège, que la ferveur catholique dépeupla des localités entières.Cette pieuse terreur dut troubler sans le moindre doute et ralentir la convalescence d’un peuple infortuné, auquel pendant cinquante ans on n’avait pas laissé une pierre pour reposer sa tête.Mais le flot de mort, qui roulait tant de cadavres, ne fixa point les regards de la haute société, ne comprima point dans la nation le retour à la vie.Les innocents qu’on faisait mourir appartenaient presque tous aux basses classes ; ou on crut à leurs enchantements et on approuva leur suplice, ou on détourna les yeux.Une sève longtemps accumulée jaillissait dans les rameaux supérieurs de la nationalité flamande : rien n’en pouvait suspendre l’élan.Le pays offrait un navrant spectacle.“ La discorde avait dépeuplé les villes et laissé les campagnes sans culture.Des bandes de loups affamés se montraient aux portes des cités désertes, les bandits exploitaient les routes, des légions de mendiants assiégeaient le seuil des églises et des monastères.”—“ En Flandre et en Brabant, écrivait le duc de Parme dès 1583, on n’a pas ensemencé les champs ; Bruges et Gand ne sont guère moins que dépeuplées.La disette des grains est excessive, et la cherté des subsistances augmente chaque jour.C’est la chose du monde 1 a plus triste que de voir combien ce peuple souffre.” Albert et Isabelle firent ce qu’ils purent dans les limites de leur intelligence, pour res-cusciter l’agriculture, l’industrie, le commerce et la navigation.La dévotion outrée d’Albert et Isabelle, pernicieuse pour la nation, ne le fut point pour les beaux-arts.Leur prodigalité envers les religieux dépasse toute idée.Dans un laps de trente ans, ils fondèrent, suivant un de leurs panégyristes, plus d’établissements pieux qu’il ne s’en était formé durant trois siècles.Bruxelles renfermait vingt couvents lorsqu’ils montèrent sur le trône ; à ces antres de paresse, d’astuce, et de cupidité, ils en ajoutèrent douze, et restaurèrent les précédents.Toutes les espèces connues de moines et de nonnes s’abattirent sur la Belgique pour la dévorer.Les archiducs firent construire plus de trois cents églises ; une seule, Notre-Dame de Montaigu, coûta 300,000 écus d’or.Les prêtres étaient comblés de dons, de bienfaits, de privilèges.Les domaines, les hôtels vacants par l’extermination des proprié- — 383 - taires devenaient leur butin ; on vidait le trésor pour satisfaire leur avidité.Les Jésuites mettaient la Flandre au pillage ; qnand finit le règne des princes espagnols, les révérends pères avaient en Belgique trente maisons professes et trois cents collèges.Ils se faisaient même adjuger les biens des hospices.Une si haute fortune n’empêchait point la légion cléricale de lésiner, de songer âprement à l’économie.Les prélats, évêques, et autres religieux obtinrent qu’ils seraient logés gratuitement par les villes et les bourgs, quand ils se mettraient en voyage.La population fut donc soumise à l’impôt des logements ecclésiastiques, outre celui des logements militaires ; pour s’affranchir de cette double exaction, Bruxelles prit l’engagement de payer aux archiducs 25,000 florins du Rhin par année.* * * Est-ce que vous seriez de ceux qui croient que l’amour est nécessaire pour faire un mariage bien uni ! Qu’est-ce qu’un homme et une femme qui se marient?deux êtres de différent sexe qui s’associent pour travailler ensemble et propager leur race.Quand la femme fait de bonne soupe à son mari et lui raccommode bien ses chemises, quand le mari apporte à sa femme le prix de sa journée, ne va que tous les dimanches au cabaret, ces deux êtres ne s’aiment-ils pas suffisamment?Ils sont obligés de vivre sous les mêmes solives, devant les mêmes tisons, dans la même alcôve ; en somme, est-il indispensable, pour vivre ensemble, de s’aimer?Le soldat aime-t-il son camarade de lit?Pour frire une paire de poulets, est-il nécessaire de prendre deux poulets qui s’aiment?Les haricots s’aiment-ils entre eux ?Cependant, cela les empêche-t-il de végéter dans une union parfaite sous la même cosse ?C’est moi qui vous le dis, ce ne sont pas les personnes, ce sont les fortunes qui s’épousent, Un champ femelle épouse un champ mâle, quand il n’y a pas entre eux trop de disproportion de fertilité et de contenance ; mais si un louis d’or épousait un gros sou, je dirais que c’est une immoralité,' une pertubation sociale, un inceste ! Et d’ailleurs, combien l’amour dure-t-il chez ceux qui s’épousent, en supposant qu’il préexiste au mariage?L’amour, voyez-vous, je ne puis mieux le comparer qu’à la soif! Tant que vous ne buvez pas, vous avez soif ; aussitôt que vous avez bu, la soif disparaît, et certes alors vous vous trouvez bien plus à votre aise.Les nouveaux mariés font de leur amour ce que font les prodigues de leur argent : ils en dépensent tant tous les jours, qu’au bout d’un mois, il est épuisé- Voyez autour de vous comment tournent tous les mariages d’amour ! Le premier jour le mari embrasse sa femme, le second il lui tourne le dos, et le troisième il la bat.En vérité, les jeunes gens se font de singulières illusions sur le mariage.Le sot épouse une rose, et le lendemain il ne trouve que quelques débris de feuilles sur son oreiller ; mais le sage épouse un chêne.Allez, on ne devrait permettre aux filles de se marier qu’à soixante ans.Claude Tillier. LA LANTERNE—SUPPLEMENT.LE RESTAURATEUR Américain DUS CHEVEUX Est le meilleur au monde.Il ramène les cheveux gris à leur couleur primitive, fait disparaître la crasse et toutes les irritations désagréables de la peau.Il empêche la chute des cheveux, les fait croître, écarte du péricrâne tous les dépôts d'humem s, et conserve la peau et la chevelure dans une bonne hygiène.J.PALMER, Coiffeur, Perruquier et Parfumeur, Bains chauds et froids, 357 Rue Notre-Dame.T.F.STONEIIAM, Manufacturier de Stores Transparents et Jalousies Rustiques de toutes les dimensions.NO.295, RUE NOTRE-DAME, MONTRÉAL.Fonds de scènes photographiques, unis et de fantaisie, armoiries et écussons de toutes les nations, appliqués et peints sur chaises de salon, etc., etc.Aussi, dessins sur rideaux transparents & l’usage des fenêtres d’églises, de chapelles, de douvents, etc.Ces dessins sont exécutés dans toutes les dimensions, et ont le plus brillant coloris.J’ai visité l’ét ablissementde M.Stoneham, et je crois ne pouvoir trop le recommander aux membres du clergé qui désirent avoir, à défa »t (]e vitreaux peints pour leurs églises, des rideaux transparents qui en tiennent lieu.M.Stoneham a introduit lui-même cet art en ( anada, il y a quelques années, et déjà il en a répandu les produits dans tout le pays, et partout ils ont été également appréciés.10 nov.ARGENT A PRETER Par somme de $50 et au-dessus, sur Hipothèques, Loyers, etc.S’adresser, an No.341 Rue Notre-Dame.ATELIER DE PHOTOGRAPHIE DE BALTZLY, 372 RUE NOTRE DAME.MONTREAL.Jusqu’à nouvel ordre.1 doz.de cartes de photographie, prises debout ou assis, $1.00.1 doz.de cartes de photographie, vignette de fantaisie, 40cts.Le premier essai n'étant pas satisfaisant, on donne un second essai sans autre charge.Le temps sombre est presque aussi bon que le temps clair.On expédie les cartes de photographie par la malle à nos frais.On donne une attention particulière à la copie des vieilles images.W.J.CRAVEN.MARCHAND DE FRUITS.EXOTIQUES ET INDIGENES.Oranges, noix, cocos, citrons, dates , tamarins, poires, bananes, prunes, figues, pommes, ananas, sardines, rai -sins, amendes.227, Rue McGill, Montréal.TOUX TOUX ! ! 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