La lanterne canadienne /, 1 février 1869, jeudi 11 février 1869
LANTERNE Vol.I.MONTRÉAL.Il FEVRIER, 1869.No.22 Le public a appris, du moins j’aime à le croire, l’heureuse arrivée de l’évêque Bourget en Europe.Par une coïncidence bien agréable et qui a dû réjouir notre Evêque, dit 1 Nouvtau-Mondt, la date de la fin de la traversée, le 1er février, a été aussi celle de la fête de edn illustre patron, saint Ignace.Mais quelle ne dût pas être la joie de St.Ignace lui-même? — 354 — Ali ! il est de ces choses qui attendrissent les coeurs les plus durs.Arriver au Havre le jour de la St.Ignace ! Que Dieu est bon ! Pourvu que les Jésuites aient l’heureuse idée de faire une collecte pour remercier l’évêque d’être arrivé ce jour là.Brillez, affiches aux mille couleurs, courez, placards dans toutes les mains, resplendissez, théâtre du Gesù, il faut dix mille piastres de plus pour les zouaves pontificaux, attendu que l’évê-que Ignace est arrivé au Hâvre le jour de sa fête.Voir encore cette souscription, et puis mourir ! .** Savez-vous ce que c’est qu’un gouverneur-général ?C’est un homme qui reçoit beaucoup d’adresses, vient d’Ottawa à Montréal prendre un dîner, donne des levers où l’étiquette exige que les hanches soient à la hauteur du cou, dit une fois par an “ Il a plu à Sa Gracieuse Majesté ,” ouvre les chambres en chapeau à cornes, sanctionne tous les bills qu’il n’a pas lus, et reçoit pour cela 50,000 dollars de salaire.*** Un gouverneur-général est en outre un homme auquel la fréquentation assidue de ses créanciers a rendu le séjour de la patrie désagréable.Dès qu’il a refait sa fortune et payé ses dettes, on le remplace par un autre.Il arrive que cette fois, le nouveau Gouverneur-Général n’a pas été envoyé ici par ses créanciers ; il a, paraît-il, jusqu’à 100,000 livres sterling de revenus.Comme les 50,000 dollars qu’il recevra de salaire ne lui paraîtront qu’une goutte d’eau, on lui en votera 50,000 autres pour qu’il s’en aperçoive.*** Le parlement de Québec est réuni depuis plus de trois semaines, et déjà il a eu le temps d’adopter une motion.C’est la motion d’ajournement proposée par le ministère jeudi dernier.On ne saura plus bientôt où marcher dans les rues de Montréal pour éviter les toits qui s’écroulent.Ce qui prouve que le progrès n’est qu’une illusion.Que sert de bâtir des maisons à six étages pour que les dalles vous tombent sur le nez?A deux étages, ça fait tout autant de bien.*** Montréal est une ville où il y a bon nombre de marchés, beaucoup de bœufs, quantité de moutons, et une population de 140.000 âmes, mais pas uns tête. — 355 — Il y a trois théâtres, le théâtre Royal où il est défendu d’aller, le Gésu où il est défendu de ne pas aller, et les Variétés où l’on joue un jour une chose, et le lendemain rien du tout, ce qui constitue la variété.Le Gésu est un théâtre spécial.Dans tous les autres, une fois sa loge payée pour la saison, on y -a un droit absolu ; mais au Gésu, chaque fois qu’il y a une représentation extraordinaire, tout individu qui paie un dollar ou un écu vous enlève votre banc.Au reste le parterre ne coûte que trente sous, absolument comme au Théâtre Royal.*** La population se divise à peu près également en deux classes, les prêtres et les mendians.Les prêtres portent généralement de très-gros casques, sans doute pour pas que l’esprit saint s’échappe.Cette population a certains goûts princiers : les parties de billard les séances de boxe, les bouffonneries des ménestrels, les combats de coqs, et les départs de l’évêque pour l’Europe.***' Le nombre des idiots est en raison directe du nombre des confréries ; il s’élève à peu près à 20.000.Il y a presque autant d’églises que de ministres des différens cultes, mais très peu d’écoles.On compte en outre un certain nombre d’institutions non fréquentées par la jeunesse, et un très-grand nombre d’auberges qui le sont.*** Mr.Nazaire Bourgoin est l’avocat de la couronne.La nationalité canadienne est représentée par une société St.Jean Baptiste, composée de Mrs.A.Delisle et Pominville.Ces deux messieurs font honneur à leur pays en acceptant tous les dîners offerts à d’autres, et en digérant encore mieux les affronts que les plum-puddings.*** Le conseil de ville est présidé par un maire qui n’accepte jamais de se porter candidat, mais qui accepte toujours d’être maire, lorsqu’il est élu.Il est vrai que son adversaire trouve cette conduite illégale, et proteste.Mais il y a tant de choses illégales dans ce monde, sans compter la dîme, et les taxes pour l’eau qui ne coule jamais !.*** Le nombre des banqueroutiers, des faussaires, et des escrocs, donne lieu d’espérer la prochaine adoption du Bill Ouimet par le parlement canadien — 356 — Il est bon de rappeler que ce parlement siège tout près de l’archevêché de Québec dont l’influence s’exercerait immédiatement sur les quelques députés qui n’ont pas une double conscience avec un double mandat.** Les avocats et les médecins pullulent : deux classes fort utiles.Les uns tuent, les autres ruinent.En revanche il n’y a pas de savants, pas de littérateurs, pas d’historiens, pas d’ingénieurs, pas de minéralogistes, pas de philosophes, pas de sculpteurs, pas de peintres, pas de poètes, pas de mathématiciens, pas d’astronomes, pas de géomètres, pas de géographes .un géologue et un chimiste.Une église bien célèbre est celle de Notre-Dame de Pitié, où l’on a tiré d’un seul verre trois cent cinquante bouteilles d’huile.Il est vrai que cette huile est miraculeuse.Les huiles miraculeuses sont comme le caoutchouc.Celle de Notre-Dame de Pitié a des effets étonnants ; Ceux qui s’en mettent sur la jambe ont tout de suite mal au bras.— *** On remarque une quantité de maisons splendides qui ne sont pas louées.Ce sont les seules où les mêmes mendians ne viennent pas vingt fois par jour vous tourmenter pour l’amour du bon Dieu.»** Si l’on erre sur le penchant de la montagne qui descend avec une gracieuse noblesse jusqu’à la place Victoria, coupé de rues vastes et ombragées, embelli par des résidences qui le disputent en richesse aux palais de l’Europe, embouquetée de petits parcs et de petits jardins moitié agrestes moitié coquets, comme des nids de fauvettes, on se sent dans une atmosphère libre et grande, et l’on promène un regard flatté sur cette montagne royale qui jadis baignait ses plis touffus dans le St.Laurent, et qui dans dix ans peut-être sera découronnée par les brillantes villas qui chaque été, s’échelonnent sur son sein.*** C’est là le vrai Montréal, le Montréal de l’avenir, le premier bond de cette future métropole de l’est qui couvrira tout l’île un jour.C’est le quartier des Anglais.On y voit la richesse, le luxe, la grandeur, le pouvoir, et la force.%* Plus bas est le siège des Irlandais, quartier enfumé, nauséabond, tortueux, bâti avec des briques sales, afin qu’on ne puisse pas dire qu’il a été un instant propre, même dans le commencement. 1 pullule un peuple sans cesse en mouvement, d’une étonnante souplesse, se rendant nécessaire et se faisant craindre, ardent, mêlé à tout, mais impossible à fixer, dangereux pour ses amis qui ne le sont jamais longtemps, aimant à sauter d’un plateau de la balance a l'autre, par fantaisie, impulsion subite.*** A l’opposé, dort un peuple tranquille, reveillé seulement parle son des cloches, couché dans des masures qui ont été bénies, séjour de tous les degrés et de tous les genres de prostituées, marque ça et la de quelques rares édifices qui sont des couvents, des presbytères, des écoles de frères, ou des églises, entourés par des taudis.1 Le peuple qui est là, c’est le peuple canadien.Il est paralytique depuis cinquante ans.Ne le réveillez pas.Il est couvert de plaies.Si vous en touchez une pour la guérir, la douleur lui arrachera des cris farouches, et il s’élancera sur vous, son sauveur, comme sur un ennemi mortel.Dans chaque maison il y a des images de saints en quantité, des bouteilles d’eau bénite pour la préserver du feu, des enfants qui crèvent de faim, beaucoup de filles que la misère déshonore, mais qui vont aux neuvaines, des branches de rameau à chaque lit, et des hommes sans vêtemens.— Veut-on savoir à qui appartient ce quartier, tout entier, en bloc, ce quartier qui est la moitié de la ville, à qui appartient l’air même qu’on y respire, à qui les âmes qui y végètent, les corps accablés qui y meurent d’épuisement, tout cela appartient à sa Grandeur Monseigneur l’Evêque de Montréal.Là est son trône : il s’élève sur un peuple écrasé, il offre à Dieu l’encens de la misère, et il marche resplendissant au milieu des guenilles.*** Les journaux sont assez nombreux, à peu près trois par lecteur.On en compte un qui est publié en français, Le Pays, et trois autres qui ne le sont pas, le Nouveau-Monde, la Minerve, et L’Ordre.Ce sont en général des feuilles d’annonces, les hommes ayant plus besoin de savoir où s’acheter des faux-cols et des chausettes que de s’instruire.• »** A Montpellier, petite ville du Vermont d’à peu près 15,000 âmes, les habitons, sensibles aux sarcasmes du Nouveau-Monde qui trouve les américains le peuple le plus ignorant et le plus dégradé de la terre, ont résolu d’apprendre. 358 — Aussi on y voit des journaux qui ont autant de matière que -quatre ou cinq grands journaux de Montréal réunis, et fort peu d’annonces ; les lecteurs seuls les soutiennent.Mais les Canadiens, qui ne connaissent pas leur ignorance, n’éprouvent pas le besoin de s’instruire.Qu’apprendraient-ils ?Ils savent faire leur salut.*** Ils ignorent le chemin que les autres peuples ont fait dans la science et les arts, et croient que cela ne les regarde point.Aussi, quand l’un d’eux a découvert quelque invention ingénieuse, quelque procédé nouveau, quelque perfectionnement industriel, ils disent : “ Tiens, c’est curieux, c’est pas mal, cela, four un Canadien.” Race d’hommes à part, ils perpétuent l’esclavage de l’intelligence dans un pays où brillent toutes les libertés.**, Encore une comparaison.Les capitalistes des Etats-Unis n’ont rien tant à cœur que de contribuer à la fondation, à l’entretien, à la prospérité des écoles, collèges, et institutions de tout genre.Ils comprennent qu’un peuple instruit est toujours libre, et que l’ignorance de ses droits est seule cause qu’il les abandonne.Aussi, les particuliers y jouent-ils le rôle de l’état pour toutes les institutions publiques i ils sont la providence de l’avenir.Leurs généreuses, leurs étonnantes prodigalités pour l’instruction des enfans ne sont inspirées que par l’amour de leurs institutions, qu’ils ne peuvent pêrpétuer qu’à la condition que les générations futures les connaissent et les aiment en les connaissant.Tant de riches dotations ont moins pour effet de soutenir des écoles ou des collèges que d’assurer l’éternelle liberté politique, intellectuelle, et civile du peuple américain.En Canada, les dotations ne sont faites qu’aux corporations religieuses, et n’ont d’effet que pour maintenir l’ignorance, l’avilissement des cœurs, et la lèpre du parasitisme social.Ceux qui ne font das de dotations, ne visent qu’à avoir des chevaux, ou à faire banqueroute dès qu’ils ont assez d’argent pour cela.*• Nous sommes le peuple le plus instruit de la terre : ce sont les statistiques qui le disent.Très-bien.—Mais dans la capitale même du Canada, dans cette ville historique, dans ce Québec qui compte 60,000 âmes, on ne peut avoir ni livres ni journaux, et la jeunesse a tellement pris au collège de goût de l’étude qu’elle déserte à l’envi la seule institution de la capitale qui fournisse, des alimens à son intelligence.à — 359 — Voilà ce qu’il faut mettre à côté des statistiques pour qu’on en comprenne la valeur.j’ai sous les yeux le rapport du président de l’Institut-Canadien de Québec.Voici comment il s’exprime :— Les jeunes gens, qui ont plus que tous autres besoin de l’Institut Canadien ont à se faire une position.Les ressources d’un grand nombre sont tellement limitées, qu’ils ont peine à se procurer les choses les plus nécessaires it la rie matérielle.Ils ne peuvent donc-pas, avec la meilleure volonté du monde, payer leur contribution annuelle.La somme de ces contributions étant la seule ressource que nous ayons pour faire face à nos dépenses, on comprend donc les embarras périodiques dans lesquels nous nous trouvons.Il y a un moyen de les faire cesser, c’est la libéralité de ceux dont la fortune est faite, de ceux qui n'ayant plus d’inqniétnde pour eux-mêmes, peuvent aider les autres.Cette libéralité, nous la trouvons chez un certain nombre d'entre eux ; plusieurs citoyens, qui n'ont aucun besoin de l’Institut, continuent d’en être membres et paient leur contribution annuelle avec régularité.Bien qu’ils ne fassent en cela que leur devoir, ils sont si peu nombreux, que nous ne devons pas leur marchander les éloges et les remerciments.Le plus grand nombre de ceux qui sont dans la même position qu’eux oublient entièrement ce qu’ils doivent à la société où ils vivent.Les uns croyant sans doute qu’une institution comme la nôtre peut, suivant une expression populaire, vivre de l’air du temps, s’imaginent lui avoir rendu un grand service et en avoir mérité de la reconnaissance, lorsqu’ils ont mis leurs» noms sur la liste de ses membres.D’autres, et ils sont plus nombreux, connaissant la nécessité de la souscription annuelle, et ne voulant pas s’imposer un si lourd sacrifice, envoient leur démission pour n’avoir pas à payer quatre piastres par année.Combien de fois ne nous est-il pas arrivé, au sortir d’une assemblée du bureau.de direction, de rencontrer l’équipage d’un individu dont nous venions de recevoir une lettre annonçant qu'il cessait d’être membre de l’Institut.Il n’avait pas cru pouvoir sacrifier plus longtemps une si forte somme ! Voilà.Mais à quoi sert de récriminer contre des faits inévitables, pressentis depuis longtemps par tous les esprits sérieux ?Mettez en regard cet autre fait.Denver, ville du Colorado, perdue dans un territoire de l’extrême ouest, et qui n’existe que depuis cinq ou six ans, a déjà trois instituts qui florissent, et reçoit des journaux de toutes les parties de l’Union.N’est-ce pas à Québec encore que le premier ministre disait dernièrement.“ Il faut conserver le double mandat, parcequ’on ne trouverait pas dans le pays (Vautres hommes de talent et de connaissances suffisantes pour remplir les sièges laissés vacants par l’institution du mandat simple ?Quoi ! il n’y a pas en Canada assez d’hommes de talent pour voter des adresses, des statuts sur les glissoires, et des motions d’ajournement ! *% Ce qui manque, ce ne sont pas les hommes de mérite, ce sont des hommes assez plats, assez bornés, assez insignifians, et assez — 360 — incapables , pour remplacer la plupart de ceux qui occupent aujourd’hui deux sièges.Or, comme il faut des hommes de ce genre pour représenter fidèlement la province de Québec, il est nécessaire de garder le double mandat.Voilà la vraie raison.— * * * Des hommes de mérite ! pour Dieu ! qu’elle figure feraient-ils dans ce parlement de Québec, et qu’est-ce qui pourrait fixer leur attention, à moins qu’ils ne voulussent porter hardiment le couteau dans la gangrène de notre état social ! Qu’ils se présentent, ces hommes, s’ils l’osent ! Mais quoi ! le clergé craint tellement le mérite, à quelque parti qu’il appartienne, le mérite qui ne peut être sans les lumières, qu’il a fait récemment une opposition acharnée à un conservateur de Trois-Rivières, jeune homme de connaissances et d’études, afin de placer sûrement en chambre une de ses créatures qui votera canoniquement.* « * Ecoutez, peuples de la terre.Il y a en Canada 65 hommes intel-ligens dont le premier, le chef, a été surintendant de l’instruction publique pendant dix ans, et voilà le résultat obtenu : Onze cent cinquante mille six cent bêtes, plus 65 députés qui les représentent.** * Pas d’hommes de talent ! Ah ! c’est ainsi que vous reconnaissez les services de ceux qui ont tant fait pour vous faire élire ! Que va dire Mr.Thibault en apprenant qu’il n’est pas même digne de voter pour incorporer les aveugles de Montréal ! * Le Canada offre un fait unique dans l’histoire.C’est le fait d’une grande majorité des habitans possédant le sol, écartée presque entièrement et dominée par une petite minorité d’hommes venus de l’extérieur.L’histoire montre bien des nations entières opprimées et décimées par une poignée de conquérants, réduites au dernier degré d’abjection, n’ayant conservé de l’espèce humaine que la figure, comme les Indiens du Mexique et du Pérou, mais on ne vit jamais une nation jouissant de droits égaux avec ceux qui la conquirent, appelée comme eux à l’exercice de toutes les libertés publiques, à participer à tous les bienfaits de la civilisation, se condamner elle-même à l’absorbtion et à une déchéance qui équivaut à l’anéantissement.Qu’une occasion se présente, les Canadiens n’oseront pas se montrer, mais ils brailleront pendant un mois parce qu’on ne les aura pas vus. — 361 — Il n’ont d’énergie que pour se plaindre, jamais pour agir.Aussi, sont-ils toujours éliminés, parce que les premiers ils l’ont cherché, les premiers ils l’ont voulu.*** Ils savent très bien se rendre aux neuvaines, aux confréries, mais ils ne savent pas aller là où les attendent la rivalité, la lutte des autres races, l’occasion de s’affirmer, de se signaler, d’exprimer seule ment la volonté d’être à coté des Anglais, des Irlandais, et des Ecossais.Cependant, toute leur éducation de collège leur a été donnée en français ; les prêtres n’ont cessé de se représenter à eux comme les sauveurs de notre nationalité, ils leur ont fait entendre ce mot sous toutes les formes ; dans les élections, sur les hustings, les conservateurs n’ont cessé de le crier aux habitans des campagnes, d’ou vient donc que cette nationalité n’est qu’une dérision, et que dans les centres éclairés les Canadiens ne se sentent plus à leur place ?* * C’est que en leur apprenant l’amour d’un mot, on n’a pas voulu leur apprendre en même temps comment le défendre et le glorifier, comment une nationalité se maintient et s’élève, on ne leur a pas appris à être des hommes.*** Quoi ! je vois des Irlandais venir ici d’outre-mer, pauvres, déguenillés, honteux, et en peu d’années, par leur énergie et leur esprit national, se produire au grand jour, se faire une place à part dans les événements de la politique, être courtisés par tous les partis, bâtir de magnifiques édifices à l’honneur de notre ville, tenir les gouvernemens en émoi par leurs moindres gestes, tandis que nous, Canadiens Français, premiers habitans et presque seuls possesseurs du pays, nous.ne pouvons même pas former une société nationale qui se montre seulement à un lever du Gouverneur ! **.Mais c’est une honte que d’être Canadien ! quel amour pouvez-vous avoir pour cet oripeau de Rationalité, si vous laissez tout le monde cracher dessus?Qu’est-ce que c’est que vous voulez conserver ?Ça ! ., .Allez voir ce qu’elle est devenue, cette nationalité, à la Nouvelle-Ecosse, ancienne colonie de la France.Dans aucun centre populeux on ne parle le français.Et vous croyez pouvoir la conserver ici, sans la nourrir par les idées de progrès, sans l’illustrer par la vaillance et le génie de ses enfans ! Ah ! si je ne craignais de jeter un cri que mon cœur réprouve, je dirais : “ Périsse, oui, périsse plutôt mille fois cette nationalité, que de la voir méprisée et avilie comme elle l’est à juste titre.” — 362 — Ne vaut-il pas mieux ne voir qu’une race sur le sol de la patrie, que d’en voir deux dont l’une sert de cible aux dédains de l’autre ?Opels progrès attendre d’un pays où les hommes sont divisés mortellement, non pas seulement par classes, mais par sectes, par races, par les plus haineuses antipathies de nationalité et de religion ?Si ces haines réciproques, toujours irritées, toujours s’irritant, créaient une émulation, une rivalité ambitieuse, je dirais “ Nous sommes sauvés.” Mais loin de là, elles arrêtent tout ; il n’y a plus rivalité, c’est un conflit mortel ; on ne cherche pas à devancer son ennemi, mais à le détruire.Eh quoi ! il n’y a pas jusqu’aux institutions de charité ou de bienfaisance qui n’aient une dénomination religieuse.On dit : “ L’asile protestant de L’orphelinat catholique ”, et ces distinctions odieuses se perpétuent dans les lois, expression invariable des mœurs.Tout les rappelle, et il semble qu’on ne puisse faire un pas dans les rues de nos villes sans être porté à haïr.Le fusil à aiguille prussien peut tirer, par minute, 12 cpups, le chassepotn, le fusil Snider (Angleterre) 10, le Remington (Danemark) 14, le Peabody (Suisse) 13, le fusil Waonzi (Autriche) 10, le fusil Werndi (même Etat) 12, et le fusil à répétition de Henri Winchester (Amérique du Nord) 19.Tant que les hommes auront des maîtres, ils ne pourront s’amuser qu’avec ces joujoux là.Et cependant, pour être tous libres, ils n’auraient qu’à être tous frères.Qu’est-ce qui fait aujourd’hui la réforme électorale en Angleterre ?C’est l’extension du suffrage chez d’autres peuples.Sans cela, les Anglais, fiers du surplus de libertés qu’ils avaient sur les autres nations, n’auraient pas cherché peut-être à l’augmenter.Tous les droits sont solidaires.La révolution française l’avait bien compris quand elle mettait en tête de tous ses actes : “ Liberté, Egalité, Fraternité,” trois mots qui ne peuvent aller l’un sans l’autre.* * Jeune soldat, où-vas tu ?Je vais voir la petite bonne qui m’attend ce soir rue St .pour aller faire un tour.A quoi penses-tu, jeune fille aux yeux d’azur, au front doux et rêveur ?Je pense au capitaine X.qui se trouvera ce soir au bal de Mr.Z.où il me fera danser. — 363 — Les jeunes filles du Canada, charmantes, élevées au Sacré-Cœur ou à la Congrégation, sachant tricoter, dansant assez bien le quadrille, très en état de causer pendant une demie-minute sur le froid de la veille, et le souper du dernier bal, portées vers les grandes choses, telles que les robes à longues traînes, conduisant pas mal les chevaux, sont en outre amoureuses des militaires, qni sont de beaux hommes en général, gosiers sonores, et bien peignés.J’en connais même qui ont de l’esprit, mais ceux-là n’ont pas de chance, comme on va le voir.On présentait dans un des derniers bals à une jeune fille connue pour son engoûment de l’épaulette, le fils d’un lord anglais, appartenant au régiment de.La jeune demoiselle ravie, transportée, lui saute au bras, et voilà de suite une ardeur de paroles, de sourires, de questions provoquantes à mettre le feu à vingt batteries.—Vous êtes du dome, n’est-ce pas?—Non, -—Du 78me.alors ?—Pas d’avantage, .—Du Royal Grenadiers ?—Non plus.—Mais alors de quel régiment êtes-vous donc ?—D’aucun.Comment ! Vous n’êtes pas officier ! mais que pouvez-vous donc être ?—Je suis agent d’une compagnie de thés.Pâleur mortelle, pâmoison, affaissement de la jeune fille.Elle n’eut que la force de dire d’une voix où l’horreur se mêlait au désespoir : “ Monsieur, conduisez-moi vite auprès de maman, je vous prie.” Le tour était joué.Le lendemain elle rencontrait le soi-disant agent de thés à la tête d’un brillant régiment de hussards, et le cruel lui faisait un salut qui dût descendre en son cœur, comme une lame dans du beurre frais.Si les officiers anglais rient des jeunes filles, et les laissent courir après eux par passe-temps, ils ont prodigieusement raison.Si, comme eux, j’avais le charme que donne une raie nettement tracée au milieu du front, une barbe dont les poils soyeux et artistement touffes, s’effilent sous des doigts caressants, un uniforme qui laisserait deviner les grâces ondoyantes de mon individu, je me ferais un plaisir malin d’inonder le Bas-Canada de victimes. — 364 — Je n’aurais qu’à choisir, et qu’une crainte, celle de ne pouvoir jamais me reposer sur mes lauriers.Car il en est ainsi ; les jeunes canadiennes ne vous laissent pas dormir, tant elles sont insatiables du “ Right about turn, fix bayonet.” *** Je lis ce qui suit dans une lettre du Rev.Père Malone de Williamsburg!:, N.Y.“A Charleston (le Pére Thos.Panel et moi) nous avons visité les écoles où l’on instruit les enfants de couleur.The Memorial Schooll, école érigée surtout par des fonds souscrits en mémoire du Col.Shaw, est un bel édifice en bois.Plus de 400 enfants y sont instruits par des instituteurs et institutrices venus surtout du nord.Ces enfants subirent un examen sur l’arithmétique, la lecture, et ils s’en tirèrent avec autant de facilité qu’aucun enfant blanc que j’aie vu.Leurs instituteurs nous ont assuré qu’ils apprennent aussi rapidement que les enfants blancs, et qu’ils montrent de plus un meilleur esprit de dicipline.“ Nous entrâmes ensuite dans une seconde école comptant aussi 400 enfants sous les soins d’une association presbytérienne du nord.Nous punies ici constater les mêmes résultats, sauf que le directeur se montra un peu timide quand nous nous fîmes connaître comme prêtres catholiques.De là nous allâmes visiter une autre école dont le local était autrefois occupé par des enfants blancs.On y voit plus de '800 enfants, tous de couleur, qui apprennent la lecture, l’écriture, l’arithmétique &c.Les instituteurs nous ont assuré être tout à fait satisfaits des progrès, de l’assiduité, et de l’esprit d’obéissance des enfants de cette école.Sans la guerre, rien de tout cela n’existerait.Notez-le bien comme un des heureux résultats de cette terrible lutte.Si l’esprit de la Nouvelle-Angleterre ne régnait pas là, il n’est pas un homme ayant la plus légère nuance de sang africain qui pût faire la différence entre la lettre A et une pioche.Mais l’intelligence et le respect des droits individuels grandissent, et aucun esprit aristocratique n’en arrêtera la marche.Dites le partout sur le continent, dites que jamais on ne portera impunément atteinte aux droits individuels, et à la protection de tout homme par la loi, tant que le drapeau étoilé flottera triomphant sur le continent américain.Savannah n’est pas aussi avancé que Charleston.On n’y trouve qu’une seule école, érigée par le Bureau des affranchis.Tous les instituteurs sont du Nord, et l’esprit qui y domine est celui de l’association Protestante de l’Amérique du Nord.O n respire cette atmosphère là dans ces écoles, si différentes de celles qui sont soutenues par un parti national.Nous, catholiques, nous n’avons pas acquis le droit de censurer, car nous avons à — 365 — peine fait un effort dans cette grande œuvre de justice et de miséricorde.Toute législation qui ne tend pas à faire de l’homme de couleur un homme qui sache se suffire à lui-même n’accomplira aucun bien durable.Il doit apprendre à compter sur lui-même, et à en appeler à la loi quand son frère plus fort envahit ses droits.C’est ce qui va s’accomplir dans une grande mesure pour la génération qui pousse par la dissémination des écoles dans tout le sud.Ici, dans Jacksonville, le Bureau érige en ce moment une école qui aura pour effet de stimuler les blancs dont l’éducation a été déplorablement négligée .” **« LE VICAIRE DE JÉSUS-CHRIST.La dernière correspondance romaine du Monde nous a accordé une nouvelle invention ; non pas celle d’un miracle, mais celle d’une merveille, c’est-à-dire d’un fusil dont on vient d’armer les soldats du vicaire de Jésus-Christ.” “ Le fusil Remington, nous dit-on est excellent ; il plaît beaucoup aux officiers et aux soldats qui sont heureux et fiers de leur arme nouvelle, et n’ont qu’un désir, celui de voir naître l’occasion de s’en servir pour la défense du vicaire de Jésus-Christ.” Nous ne savons ce qu’on doit le plus admirer dans ce langage : de la légèreté ou du cynisme.Même en admettant la nécessité de répandre le sang, encore devrait-on ne l’admettre que comme une nécessité cruelle.Il n’y a pas en ce temps-ci un souverain, ne fût-il pas même chrétien ; il n’y a pas un gouvernement, fût-il même barbare, qui osât appeler la guerre de ses vœux ; il n’y en a pas un qui, même en la provoquant, n’ait au moins le respect humain de la déplorer ; et c’est au nom du type et de l’idéal des souverains chrétiens, au nom du premier des prêtres, au nom du pasteur de toutes les brebis, au nom, en un mot du Vicaire de Jésus-Christ, que nous voyons un journal ultra-catholique exprimer ces vœux sanguinaires.Les fanatiques sont dans une grande erreur s’ils croient que les dernières exécutions faites à Rome ont fortifié le pouvoir du Saint-Siège ; c’est cependant une erreur dans laquelle ils paraissent persister, puisque nous lisons dans la même correspondance : “ On dit que l’affaire du Transtevère, dans laquelle Ajani et Luzzi ont été condamnés à mort, ne viendra pas devant le tribunal suprême—les chambres réunies—avant une quinzaine de jours.Il est bien certain désormais que le général délia Rocca n’a rien obtenu au sujet de la mission qui l’a conduit à Rome, et que l’opinion publique, à Rome comme dans les autres pays, l’Italie exceptée, se prononce de plus en plus pour que la justice, quelque rigoureuse qu’elle soit, suive son cours.” — 366 — Il y a là une double erreur, et sur le fait même de l’exécution de la sentence de mort, et sur l’impression que produirait un pareil acte, non seulement en Italie, mais dans le monde entier.Nous nous refusons absolument à croire que le Pape laissera exécuter les deux condamnés, et nous renonçons à dire le cri d’indignation que ce spectacle arracherait à l’Europe.Nous n’avons pas à revenir sur les deux malheureux qui ont subi leur peine le mois dernier, sinon pour dire qu’au moins ils avaient été condamnés pour des faits qualifiés du terme d’assassinat.Mais il n’en est pas de même pour les deux nouveaux condamnés.Ils ne le sont que pour des actes d’insurrection ; ils ont été pris les armes à la main, après un combat sanglant, dans une maison prise d’assaut, et c’est après quinze mois de prison qu’on les condamne.C’était plusieurs jours déjà après l’avortement de l’insurrection dans Rome, et une soixantaine de jeunes gens s’étaient réfugiés dans la maison d’un fabricant appelé Ajani, au Transte-vère.Découverts, ils furent cernés et attaqués par les gendarmes pontificaux et par des zouaves ; il y eut une lutte terrible à tous les étages, à laquelle prit part une femme, Giuditta Arquati, qui fut tuée avec son fils ; seize insurgés furent tués ; environ quarante furent pris.Ce sont deux de ces derniers qui viennent d’être condamnés à mort, plus d’un an après.Eh bien ! nous demandons dans quel pays, au temps où nous vivons, un souverain ou un pouvoir ayant droit de grâce laisserait s’accomplir cette sentence.La peine de mort en matière politique n’est plus dans les lois civiles.Sara-t-il donc réservé de la rétablir, à qui ?à un pouvoir spirituel ! à un gouvernement ecclésiastique?C’est une pensée qui suffit pour révolter la conscience et la morale autant que le sens commun.Le prince des prêtres relevant l’échafaud abandonné même des gouvernements militaires, cela ne peut pas se croire.Le roi Victor-Emmanuel avait envoyé un de ses aides de camp présenter au Pape une lettre qui ne pouvait être que respectueuse pour intercéder en faveur des condamnés.Cette démarche était si naturelle, qu’un journal catholique, habituellement bien instruit, avait annoncé que le Pape avait fait grâce en regardant la sollicitation du roi comme un hommage rendu à sa souveraineté.Il parait que c’était une erreur.Il parait, au contraire, que, pendant l’audience donnée par lui au général italien, le Pape avait laissé sur sa table la lettre du roi sans l’ouvrir ; qu’après en avoir ensuite eu pris connaissance, il aurait manifesté son indignation de cette intrusion dans ses affaires ; que dans le consistoire tenu quelque temps après, il aurait exprimé cette indignation en des termes très vifs.C’est ici qu’apparaissent encore, dans toute leur clarté, les conditions fatales de cette confusion des deux pouvoirs.Que l’on mette en regard de ce représentant de Jésus-Christ sur la terre, s’offensant d’un appel au pardon et à la charité, que l’on — 367 — mette un Pape désarmé, suppliant des empereurs de suspendre des persécutions ou les menaçant de la colère divine, lequel des deux des chrétiens choisiraient-ils?S’il n’y avait pas ici en jeu une question de vie humaine, les plus ardents adversaires du pouvoir temporel de la papauté ne pourraient pas le pousser dans une voie plus insensée.(Débats.) John Lemoinne.DES CANONISATIONS,—(Fin.) Nous savons que l’admission d’un saint, même canonisé par le pape, n’est pas un article de foi.Toutefois l’auteur du Discours thèologique ne peut admettre qu’on ait pu canoniser quelqu’un indûment.La supposition d’une semblable erreur lui inspire le morceau suivant, mélange saisissant de terreur et d’amère ironie : “ Quel triomphe pour l’enfer s’il voyait dans ses abîmes ceux “ que nous honorons dans nos temples ! Quoi ! démon, le nom “ d’un de vos esclaves serait inscrit dans nos doptiques, pro-“ noncé dans nos mystères, mêlé à celui du Sauveur ! Démon, “ vous insulteriez à notre ignorance ou plutôt à notre folie, en “ foulant aux pieds celui devant qui nous fléchissons les genoux ! “ La voilà, diriez-vous, cette Eglise qui se prétend divinement “ éclairée ; la voilà qui nous offre ses hommages.Chargée de “ nous faire la guerre, elle se prosterne à nos pieds.Attisons, “ attisons les feux autour de celui à qui elle offre des présents ; “ que nos charbons tiennent la place des fleurs dont elle couronne " sa tête.“ Non, une telle monstruosité est impossible.Que des évêques “ aient quelquefois donné dans l’erreur, c’est médiocre.Dieu n’a “ jamais garanti les décisions de chaque évêque.Il n’en est pas “ de même de son Eglise.” Résumons-nous.Puisqu’il faut de nouveaux saints dans le paradis pour ajouter aux soixante ou quatre-vingt mille saints et bienheureux qui s’y trouvent déjà, que la cour de Rome ne cesse pas d’en faire ; mais qu’elle agisse avec plus de lenteur encore.Où serait d’ailleurs le mal si les pécheurs ne s’adressaient qu’à Dieu pour la remise de leurs péchés ?Certes, je ne suis pas prophète, mais il me semble que le moment est proche où Dieu se manifestera aux hommes, non plus par le renversement des lois naturelles, mais par les nobles sentiments qui battront dans tous les cœurs, chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, &c., et qui ne peuvent venir que de lui et par lui : l’amour du prochain, l’amour de la justice, et l’amour de la liberté ! Voilà certainement l’avenir.Oscar Commettant. LA LA NTERNE— SUPPLEMENT.LB RESTAURATEUR Américain DES CHEVEUX Est le meilleur au monde.Il ramène les cheveux gris à leur couleur primitive, fait disparaître la crasse et toutes les irritations désagréables de la peau.Il empêche la chute des cheveux, les fait croître, écarte du péricrâne tous les dépôts d’humeui s, et conserve la peau et la chevelure dans une bonne hygiène.J.PALMER, Coiffeur, Perruquier et Parfumeur, Bains chauds et froids, 357 Rue Notre-Dame.T.F.STONEHAM, Manufacturier cIq Stores Transparents \ et Jalousies Rustiques de toutes les dimensions.NO.295, RUÉ NOTRE-DAME, MONTRÉAL.Fonds de scènes photographiques, unis et de fantaisie, armoiries et écussons de toutes les nations, appliqués et peints sur chaises de salon, etc., etc.Aussi, dessins sur rideaux transparents à l’usage des fenêtres d’églises, de chapelles, de couvents, etc.Ces dessins sont exécutés dans toutes les dimensions, et ont le plus brillant coloris.J’ai visité l’établissement de M.Stoneham, t je crois ne pouvoir trop le recommander aux membres du clergé qui désirent avoir, à défaut de vitreaux peints pour leurs églises, des rideaux transparents qui en tiennent lieu.M.Stoneham a introduit lui-même cet art en Canada, il y a quelques années, et déjà il en a répandu les produits dans tout le pays, et partout ils ont été également appréciés.10 nov ARGENT A PRETER ! 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