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Titre :
La lanterne canadienne /
Hebdomadaire anticlérical fondé et publié par Arthur Buies, dans lequel celui-ci aborde les sujets les plus divers : la famille, l'éducation, la religion, la politique, la nation, le travail et l'économie.
Éditeur :
  • Montréal :A. Buies,1868-1869
Contenu spécifique :
jeudi 14 janvier 1869
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

La lanterne canadienne /, 1869-01, Collections de BAnQ.

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LA LANTERNE Vol.I.MONTRÉAL, 14 JANVIER, 1869.No.18 Je soutiens que l’évêque de Montréal n’est pas le représentant du Christ.En effet, le Christ, sur la montagne, ne disait-il pas aux pharisiens avides de lui témoigner leur empressement pour sa personne.“ Ce ne sont pas ceux qui m’interpellent “ Seigneur, Se!- — 290 — gneur,” qui iront dans le royaume dès élus, mais ceux qui font la volonté de mon père qui est dans les deux.” Or l’évêque Bourget se laisse appeler, par les pharisiens du Nouveau-Monde et de L’Ordre, non-seulement Seigneur, mais Monseigneur (ce qui indique une servitude personnelle), mais Sa Grandeur, Sa Grâce, Hllustissime, le Révérendissime,-rivalisant en cela avec l’évêque Larocque, insatiable de titres, et qui finira par se faire appeler le Logissime, pour la quantité de logements où il s’installe.° Plus le Nouveau-Monde accable l’évêque Bourget (Fissimes, plus le dit évêque l’accable de bénédictions.D’où je conclus que l’évêque de Montréal est un hérétique.*** Le pape Pie IX, glorieusement régnant, c’est-à-dire régnant par l’aumône et le chassepot, lui a conféré le privilège extraordinaire de distribuer des bénédictions dans les églises de son diocèse.L’évêque a débuté par la chapelle de son évêché charité bien ordonnée commence par soi et il a fini par l’église St.Pierre, dimanche dernier, après avoir passé par celle des Jésuites.La première église de Montréal, la cathédrale, qui appartient aux Sulpiciens, et qui réunit dans ses murs autant de fidèles que les trois autres ensemble, a été laissée de côté.Voilà ce que les Sulpiciens perdent à ne pas abandonner tous leurs biens et droits à l’évêque.—Mais qu’est-ce en comparaison de ce que perdent les fidèles ! Evidemment la bénédiction papale a des effets mystérieux, et le crime des Sulpiciens est d’une énormité particulière, puisqu’on le punit dans la personne des paroissiens.*% Mais ce qui confond d’admiration, c’est la logique impitoyable de l’évêque.“ Ah ! vous ne voulez pas me laisser maître de votre cathédrale, "#*ct de vos séminaires, très-bien ! dix mille fidèles seront privés aujourd’hui de la bénédiction papale.” *** J’ai cru un instant que la bénédiction papale avait peu de vertu, puisqu’on craignait de l’aftàiblir en la distribuant à tous les diocésains, mais je fus bientôt détrompé en apprenant que cette bénédiction ne se donne généralement qu’à Pâques, et que le pape, brûlant d’envie de voir arriver à Rome l’évêque Bourget avant le carême, n’avait pu lui envoyer de bénédiction que ce qu’il en avait de fabriquée dans le moment.L’évêque dût alors faire un choix ; il passa donc, comme il le dit lui-même, la bénédiction aux hommes de bonne volonté, excluant les Sulpiciens qui ont la volonté de ne pas se laisser dépouiller du peu qu’ils possèdent, acquis à la sueur de leur front, • — 291 — *% et qui ne comprend que la petite île de Montréal avec le tiers de la ville.*** L’évêque est un profond politique.Il ne travaille du reste que pour la gloire de Dieu, et je vais le démontrer : “ A force, se dit-il, de faire toute espèce de misères aux Sul-pic iens, de priver la cathédrale de toutes les pompes du catholicisme, je finirai par la faire déserter.Alors, comme le Gésu et la chapelle de l’évêché sont déjà remplis, il faudra qu’on bâtisse une nouvelle église pour loger tous les fidèles qui auront fui la paroisse.Alors, des souscriptions, et des souscriptions, et des souscriptions.Et l’on verra l’argent affluer à l’évêché, et je promettrai un temple comme celui de St.Pierre de Rome, et lorsque j’aurai 300,000 piastres, je ferai bâtir une chapelle en briques pour les hommes de bonne volonté." Que Dieu doit être heureux d’avoir un serviteur si intelligent, un serviteur qui comprend avec tant de facilité que pour bien servir ses intérêts, il faut avant tout posséder le capital ! **» Toutefois le Nouveau-Monde raconte que, Après la cérémonie de la bénédiction “ la foule s’écoula lentement, non pas cependant sans avoir attendu le départ de l’illustre évêque, comme pour jouir plus longtemps de la vue de ce père vénéré qui doit pendant plu sieurs mois vivre loin de ses enfants.” On ne peut lire sans une douleur profonde ces lignes qui témoignent du peu de cas que les fidèles ont fait de la bénédiction papale.Il semble pourtant que lorsqu’on possède un trésor inestimable comme celui-là, on doit oublier tout le reste.Eh bien ! non.Ce qui préoccupait le plus les assistants, c’étaient le bas de la soutane de l’évêque et la hauteur de ses talons de bottes paternelles.Ils ne tenaient qu’à le voir partir.Oh ! la foi s’en va, la foi s’en va, et l’évêque aussi ! ah ! *** Mais savez-vous ce qui se passa au moment le plus solennel de cette cérémonie qui jamais ne s’effacera de mon souvenir ?Coincidence singulière I s’écrie le Nouveau-Monde, au moment où Sa Grandeur commençait à parler, le soleil qui jusqu’alors s’était tenu caché derrière les nuages, vint tout à coup éclairer le magnifique tableau des officiers sacrés dont notre pontife occupait le centre, et inonder le sanctuaire ¦d’une lumière éclatante, pendant que le reste du temple était plongé dans une demi-obscurité ! Coincidence singulière est un blasphème.Comment ! vous, Nouveau-Nonde, vous feignez d’ignorer que — 292 — Mgr.Ignace avait arrêté le soleil jusqu’au moment où il ouvrirait la bouche, et que le soleil n’aurait jamais osé se montrer avant lui! Coincidence ! c’est joli, ah, vraiment ! Quoi ! l’astre du jour étincelant tout-à-coup sur les officiers sacrés, dont le pontife était le milieu, pendant que le reste du temple est dans l’obscurité, ne démontre-t-il pas clairement combien les mesures étaient prises à l’avance pour que le soleil ressemblât à la bénédiction papale qui ne se donne qu’à un petit nombre ?Non, vous essaierez en vain de cacher ce nouveau trait de l’humilité de Monseigneur qui cherche à dérober à tous les regards son infinie puissance.Vous ne ferez croire à personne que cette apparition subite du soleil au moment où il va parler est l’effet du hasard.L’intervention divine est ici évidente, palpable.Une seule chose est à regretter, c’est que l’évêque, connaissant le moment précis où le soleil se montrerait, n’ait pas convoqué ses enfants la nuit ! avec quel éclat irrésistible sa puissance eût éclaté alors ! Excès d’humilité.* * * Mgr.a trouvé un autre moyen (n’allez pas de suite songer à vos bourses) de faire coopérer ses ouailles à l’œuvre du Concile— d’abord, l’œuvre du Concile, personne ne la connaît, mais cela est indifférent, on coopère sans connàître, il suffit d’être un homme de bonne volonté—et ce moyen, c’est “ la savante prédication et la doctrine si bien expliquée qui se donnent au Gésu, et qui setn-blent être la mission spèciale de ce temple.” Le Gésu ayant reçu la mission spèciale de bien expliquer la doctrine, il s’en suit que les autres églises n’ont pas reçu cette mission, ou ont reçu celle de mal l’expliquer.Cela, je l’admets à priori, mais je l’admettrais encore bien mieux pour le Gésu, dont toute la mission spéciale ne me paraît être que de taquiner sins cesse les Sulpiciens, et de les supplanter, s’il est possible* pourvu que le soleil continue à s’en mêler.* * * Nous n’avons eu jusqu’à présent que les partis politiques, ou politico-religieux, ainsi dénommés : conservateur, libéral, ultra-conservateur, libéral-conservateur, et libéral-catholique ; cette dernière nuance représente ceux qui veulent la plus entière liberté d’opinion, pourvu qu’il n’y en ait aucune dans la manière de l’exprimer, et surtout de la mettre en pratique.Maintenant, nous allons avoir les partis religieux.D’un côté, le G'esu, l’évêque, le soleil, et le Nouveau-Monde qui représente le reste du temple.De l’autre, la cathédrale, les Sulpiciens, la Minerve, et le bill Ouimet ! Je suis convaincu que c’est la fin du monde. — 293 — Mais ce ne sont pas là tous les faits et gestes de Monseigneur.Comme il doit partir bientôt, je veux qu’il n’ait rien à me reprocher, et qu’il constate avec quel empressement jaloux, avec quelle extase inquiète je suis chacun de ses pas.Or donc, le 6 Janvier, après-midi, Monseigneur s’est rendu à l’Hotel-Dieu.Où, suivant une touchante et pieuse pratique, Sa Grandeur a coutume d’aller tous les ans a pareil jour servir a la table les pauvres et les malades.Le pieux Evêque était, comme d’ordinaire, entouré et aidé des membres de la société de St.Vincent de Paul.”—(Nouveau-Monde du ï], A ce récit, je me suis senti fondre.Quel enseignement ce doit-être que de voir une fois Sa Grandeur réduite à ses justes proportions ! On ne sait pas si elle avait un tablier.; Sa Grandeur se faisant petite et humble ! Il est vrai qu’elle n’en veut pas prendre l’habitude, et que ce n’est qu’une fois l’an.Je vois Sa Grâce s’approchant des pauvres et malades qu’elle connaît tous par leur nom.et dont elle cherche à multiplier le nombre, pour renouveler le plus longtemps pôssible la.Jonchante cérémonie.“ Toi, Polycarpe, qu’est-ce que tu prends?— Une côtelette de Pacifique, Monseigneur, — Et toi, Anastasie ?— Une tranche du mollet de Vital, Illustrissime, — Eh toi, Eutichien ?— Un morçceau de sainte blague aux petits oignons.— Et toi Cunégonde ?— Une soupe d’oseille à l’eau bénite, — Canut, mon bien-aimé, que prends-tu à ton tour ?— Un morceau de buffle à la sauce de mandement, divine Grandeur.— Que t’offrirai-je à toi, Réginfrède cherie ?— Je ne veux rien, rien, Monseigneur, que votre présence réelle aux champignons.— Oh ! viens, viens sur mon cœur, toi en qui j’ai mis toutes mes complaisances, reçois-moi, prends-moi, mange-moi, étouffe-toi de moi, vois-tu, oh ! encore ! tiens, voie; mon corps et mon sang, avale tout.” Quelle abnégation et quel sacrifice de soi-même ! C’est à ce moment surtout que la cérémonie devient touchante.Que reste-t-il à désirer après cela ?Mourir d’indigestion sacrée.Puis, le Nouveau-Monde continue en ces termes le récit de toutes les grandes choses accomplies par Monseigneur la semaine dernière.Il ne serait peut-être pas déplaçé d edire au sujet de la belle fête du Gésù — 294 — dont nous parlons aujourd’hui, que le magnifique dais suspendu au-dessus du trône de VEvèque est un morceau tout-à-fait historique.Ce n’est rien moins que le dais qui servit au sacre de Charles X dans la cathédrale de Bheims.Donné par la Duchesse de Berry aux Jésuites de France, ceux-ci en firent cadeau à leurs frères du Canada lorsqu’ils abandonnèrent leur Collège de Brugelette.Il ne serait peut-être pas déplacé non plus de dire, au sujet de la belle fête du Gésu, que le magnifique daim assis sur le trône épiscopal est un daim tout-à-fait national.Ce n’est rien moins que le daim qui n’a jamais servi dans la cathédrale de Montréal-Livré corps et âme aux jésuites du Canada, ceux-ci l’exposent aux curieux, lorsqu’ils officient dans leur église de la rue Bleury.*** O Christ, ami des pauvres, des déshérités, et des accablés de ce monde, où es-tu ?Te vit-on jamais sur un trône ou sous un dais royal ?Quelle autre couronne eus-tu jamais que celle des épines qui ensanglantèrent ton front ?Les grands, la pompe, et les spectacles, tu les fuyais.Mais tu relevais sur ta route l’humble, écrasé par le sort, tu le consolais en lui montrant les deux, et tu lui donnais l’espérance, seul trésor des infortunés.Vois aujourd’hui ton représentant qui s’institule évêque par ta grâce, met ta croix à côté de ses trésors, reçoit trois cents coups d’encens à la minute, et montre aux autres ton Calvaire en s’enivrant de splendeurs.*** J’ai enfin trouvé un adversaire qui discute avec moi d’une façon sérieuse et digne.Il est vrai qu’il m’a assommé du coup.Mais qu’importe ! J’ai l’âpre plaisir de voir qu’on a gardé pour moi les plus gros traits, les coups décisifs.Voici ce que dit la Gazette des Campagnes.On vient de nous passer un numéro de la sale et dégoûtante guenille de M.Buies guenille qui a nom la Lanterne, quoiqu’elle n’ait pas reçu le baptême.M.Buies fait de gigantesques efforts pour effacer en lui le signe sacré et indélébile que lui a imprimé ce sacrement, à l’influence duquel il a soustrait sa progéniture.(Progéniture est employé ici au point de vue agricole).Ce qu’il ambitionne passionnément, c’est de devenir tout-à-fait semblable a la brute ; en conséquence de ses goûts depraves, il tente de salir de sa bave immonde ceux qui aspirent a ressembler aux anges, (comme Mr.l’abbé Pilote, directeur de la ferme-modèle de S te.Anne, qui fait des voyages angéliques au compte de la chambre d’agriculture dont il n’a jamais été membre.) Que M.Buies prenne patience : s’il a quelque jour la bonne fortune de tomber a quatre pattes, il gardera cette position qu'il affectionne tant.(Je n'ai jamais eu de goût particulier pour le quadrupède, et j’aime autant le directeur de la ferme-modèle que n’importe qu’elle bête-à-comes.) Rien ne saurait nous surprendre dans les faits et gestes de M.Buies : c’est une tête sans cervelle ; il a été rebelle à toute bonne éducation.Ceux qui n’ont pas saisi toute la profondeur de ces arguments auront sans doute lu à la légère. Il y a peut-être une autre raison, c’est que ces arguments sont présentés sous une forme tellement discrète, trompeuse, et voilée, qu’on n’en voit pas de suite le sens exact.Comment réfuterais-je en effet, quand je les comprends bien, sale et dégoûtante guenille, mes g ont s dépravés, ce désir rendu si victorieusement manifeste que j’ai de devenir tout-à-Jait semble à la brute, ces continuelles tentatives de salir de ma bave immonde ceux qui ressemblent aux anges, cette passion effrénée que j’ai pour le quadrupède, et cet argument irrésistible par-dessus tous qui démontre que j’ai soustrait ma progéniture à Vinfluence du baptême?Pauvre ignorant de moi-même ! Je ne me suis pas encore remdu compte de ma puissance de procréation.Célibataire et solitaire, il me pousse aur les côtes, sur les mollets, dans le dos, dans les cheveux, de tous les côtés, toute une série de fils et de petits-fils sans que je comprenne comment ils me sont venus.Comment vais-je faire surtout pour les arrêter ?Ah ! ce n’est pas gai maintenant, s’il faut qu’on ait des enfants sans avoir rien fait pour cela.Mon sort est terrible.Figurez-vous que j’ai en moi vingt-deux générations, et que je ne m’en doutais pas.Je me ferai exorciser.*** En jetant un coup-d’œil sur la première page de la Gazette, j’y vois représenté le directeur de la ferme-modèle debout, entre deux bottes de foin, qu’il tient serrées sur son cœur d’une égale tendresse.Voilà un goût qui n’est pas dépravé mais au contraire naturel.On croirait que c’est un emblème.Pas du tout ; au-dessous on lit : portrait d’après photographie, et en anglais Trade mark, afin qu’il n’y ait pas d’illusion, et qu’on sache à quoi s’en tenir dans toules les langues.Au-dessus il y a Avoine de Norvège ; celle du Canada ne lui suffit plus.Le tout dominé par un bœuf.Le quadrupède au dessus du bipède.Malgré ma passion insensée, je ne lui avais cependant pas encore rendu cet hommage.*** Me voici en possession d’une nouvelle Lettre Pastorale.Aujourd’hui, c’est l’évêque de Rimouski qui s’est senti venir l’eau à la bouche en voyant les milliers recueillis par l’évêque de Montréal car il faut savoir que les Lettres Pastorales n’ont plus'! aujourd’hui d’autres motifs que de faire souscrire ou d’empêcher ! les discussions d’intérêt public.De cette façon la foi se maintient d’après le montant des souscriptions.Il faut savoir s’y prendre. — 296 — Voyez un peu la maladresse des premiers apôtres, et leur étroitesse de vues.Ils s’amusaient à évangeliser, prêchaient d’exemple la pauvreté et l’abnégation, parcouraient les villes et les campagnes, poursuivis, traqués, mais convertissant les âmes, sans s’apercevoir que c’était précisément là le moyen d’inspirer à leurs successeurs directs l’envie d’acquérir.Je commence à croire que l’Evangile a toujours été mal compris, puisque les évêques, qui sont infaillibles, interprètent, “ le fils de l’homme n’a pas un endroit pour reposer sa tête” par cette phrase “ Bâtissez-nous de jolis petits palais, dans de beaux petits jardins, avec de jolies écuries, donnez-nous des chevaux et de jolis petits carrosses pour promener notre jolie personne, pour l’amour de Dieu, et vous serez bien gentils,” Paraphase pratique, ce qui manque d’ordinaire aux interminables discussions sur les textes.*** L’évêque de Rimouski, installé depuis un an dans un spacieux presbytère tout neuf, à côté d’une magnifique église qui a coûté 12,000 louis, et qui n’est pas payée, tant s’en faut, a trouvé que le meilleur moyen de liquider cette énorme dette était de se faire bâtir un palais épiscopal par ses paroissiens.S’il faut maintenant qü’on introduise l’homŒopathie dans la religion, il n’y a personne qui ne soit certain de son salut, et moi tout le premier, car au premier créancier qui se présentera, je lui -dirai : “ Pardon, monsieur, je vous dois vingt dollars, n’est-ce pas ?Bien, je souscris un écu pour acheter une cuvette à l’évêque de Rimouski ; nous sommes quittes.” * * * Mais je ne veux pas* priver plus longtemps mes lecteurs du texte même de l’immortel document où Mr.Jean Lange vin, évêque de Rimouski, s’adresse aux entrailles de ses ouailles : JEAN LANGE VIN, Par la miséricorde de Dieu et la grâce du St.Siège, premier Evêque de St.Germain de Rimouski Depuis que la voix du Chef de l’Eglise Nous a appelé à la conduite de ce Diocèse, Nous n’avons cessé de chercher les moyens d’y assurer l'avenir de notre sainte Religion par la fondation d’un Séminaire et d’un Evêché.Ainsi, à moins que les habitants de Rimouski ne bâtissent un palais à leur évêque, la religion est flambée.Il est facile de comprendre qu’il Nous serait impossible de réaliser ce6 projets importants pour le bien du Diocèse au moyen des faibles c ontribution8 qui Nous sont parvenues jusqu’ici.Mais d’un autre côté, Nous voudrions réussir à effectuer ces constructions saus surcharger de dettes, surtout d’intérêt8 ruineux, la Corporation Episcopate, (c’est évident, cela avant tout) en même temps que Nous désirerions éviter toute entreprise qui serait trop à charge aux paroisses.Le moyen de décharger les paroisses, c’est de les faire souscrire.Eh bien ! Nos Chers Frères, (appelons-les Chers Frères, c’est adoucissant) il nous semble que le Seigneur Nous a inspiré un mode tout il la fois efficace et peu onéreux de prélever les fonds nécessaires. — 297 — Il nous semble \ Monseigneur Jean n’est pas certain, mais avec un peu plus de toupet, il aurait avoué que c’est l’archange Gabriel lui-même qui lui a apparu et lui a suggéré ce mode facile et lumineux.On voit bien qu’il n’est pas encore rompu au métier comme l’évêque Bourget.Voyez quels magnifiques résultats produisent les contributions d’un seul sou par semaine pour la Propagation de la Foi, et d’un sou par mois pour la S te.Enfance?(Non, on ne les voit pas du tout).Ce sont ces œuvres vraiment catholiques que Nous prenons pour modèles.Rien n’est catholique comme d’être logé dans un beau palais Après avoir consulté les membres du clergé que Nous avons pu voir (pourquoi les consulter, si vous êtes inspiré ?) particulièrement ceux de notre Conseil, (ah ! on ne pouvait mieux choisir.Voilà un homme qui sait se faire approuver) et avoir rencontré partout une approbation entière de notre plan, (ça va de soi), Nous nous proposons donc de remplacer les différentes quêtes indiquées pou r le Collège et l’Evêché par une seule contribution annuelle, et cette contribution sera, en moyenne, de quinze sous ou la valeur de quinze sous, par communiant, pendant dix ans.L’éreintement n’est pas encore visible.Mais ce n’est qu’une précaution oratoire, pour ne pas effaroucher les gens ; vous allez voir arriver les piastres tout-à-l’heure.De cette façon, une famille de quatre communiants n’aura à donner par année que d'un écu à trois trente-sous.(V’ià que ça vient).Nous sommes d’ailleurs persuadé que beaucoup de familles à l’aise n’hésiteront pas à offrir deux, trois et quatre piastres annuellement, (Aie, aie, ça y est), afin de suppléer à la pauvreté de quelques-uns de leurs co-paroissiens.Quand ils seront tous pauvres, Monseigneur aura son palais, et il les bénira pour leur donner des rentes.Je crois remarquer dans l’évêque Langevin des tendances annexionistes.Avant deux ans, son diocèse sera vide, tous les habitans l’auront quitté pour les Etats-Unis.Quel est celui d’entre vous qui ne dépense pas inutilement ou mal à propos la valeur de quinze sous par année ?Or voilà les étrennes que nous demandons au nom de l'Enfant Jésus à chaque communiant de notre Diocèse.Allons, bon ! voilà l’enfant Jésus là dedans.Des étrennes des étrennes, mes enfans.Ah ! comme mon cœur paternel s’émeut.Soyez bénies, ouailles adorées.— Nous voudrions pouvoir parcourir les différentes localités, et réclameh nous-même cette légère contribution.Vous voyez que ce n’est pas l’envie qui manque.Mais Monsg.n’a peut-être pas encore de carrosse, et il n’aime pas à aller à pied, comme St.Pierre.C’est bien le moins que les habitans lui paient un carrosse pour qu’il aille quêter chez eux.Nous avons la douce (Douce est attendrissant ; je mets la main dans ma poche) confiance que personne ne refuserait de verser dans la main de son Evêque ces quelques sous, de stinés a faire tant de bien.Il n’est pas besoin d’être évêque pour mendier de cette façon là ; — 298 — Montréal est rempli de gamins en guenilles qui en font autant tous les jours.Mais ils ne disent pas que ces quelques sous soul destinés à faire tant de bien.Il leur manque l’infaillibilité.Mais ce que nous enpouvons faire, vous voudrez bien l’exécuter (oui, exécutez les paroissiens) en notre nom, vénérables curés, nos dignes coopérateurs.Dignes s’entend dans le sens de capables de bien quêter.Mais comment, dira peut-être quelqu’un, une contribution si minime, quinze sous par année, pourra-t-elle suffire a des œuvres si importantes ?Il prépare ses batteries pour en demander plus, et suppose des objections, mais il ne dit pas si elles sont inspirées.C’est essentiel pourtant.Comme nous sommes sur le point de demander des soumissions a des entrepreneurs, Nous comptons que personne ne fera défaut.Ce n’est pas seulement aux entrepreneurs que les évêques demandent des soumissions ; jusqu’à présent, c’était à tout le monde.Les entrepreneurs feront une variante.Nous avons besoin du concours de tous sans exception, et Nous le réclamons au nom de la gloire de Dieu, au nom des intérêts les plus chers de la Religion, au nom de la conscience, qui oblige chaque fidèle à contribuer au recrutement du clergé, au logement, et à l’entretien de son premier Pasteur.Crescendo.Voilà l’obligation maintenant.Mais pourquoi demandez-vous au lieu d’ordonner, si vos paroissiens sont obligés ?C’est pour la gloire de Dieu, songez-y ; il faut que ça marche.S’il faut encore à quelques-uns un autre motif pour exciter leur générosité, ils le trouveront dans les avantages spirituels suivants : Une messe basse sera célébrée dans la chapelle du nouveau Séminaire et dans celle du nouvel Evêché, une fois par mois pendant vingt-cinq ans, (c’est long, mais ça paie si bien ! ) pour tous ceux qui auront régulièrement contribué la somme demandée.Et ceux qui n’auront pas contribué, on leur refusera l’absolution.Ces entreprises importantes, (Importantes ! hein !) Nous les mettons humblement sous la protection de la Très-Sainte Vierge, (La Sainte Vierge a pas mal d’ouvrage de ce temps-ci.Il y a tant d’évêques qui mendient sous sa protection, qu’elle pourrait bien se tanner.Mais enfin, en lui rafraîchissant le souvenir ) convaincu que cette bonne et tendre Mère fera réussir ces projets au de là même de notre attente, et que, sous ses auspices, la jeunesse studieuse du Dioccèse pourra, d’ici à deux ans, prendre possession du nouveau Séminaire, et qu’il ne s’écoulera guère s plus de deux autres années avant que l’Evêque puisse entrer dans sa nouvelle demeure.C’est là ce qu’il ne faut pas perdre de vue.Je ne puis me lasser d’admirer combien il est heureux d’être évêque.On mendie, on conjure, on tond, on se se fait donner quelques sous qui finissent par des piastres, et quand tout le monde est ruiné, on rejette cela sur le compte du bon Dieu, de la Ste.Vierge, et de l’enfant Jésus.Le succès de ces deux œuvres amènera d’ailleurs la réalisation d’une autre également intéressante, l'établissement d’une maison-mère et d’un noviciat pour les Sœurs de la Charité à Rimouski.(Encore ! encore de la charité lah 1 — 299 — voyons, y a un bout.) C’est dans ce but que nous faisons construire une allonge à notre demeure provisoire.Ici Mgr.sent le besoin d’une allonge.Nos Chers Frères, il est toujours pénible d’être réduit à mendier ; mai8 quand c'est un pere qui implore la charité de ses enfants, il a au moins la con* solation de ne pas solliciter en vain.Oui, cela est un peu ennuyeux dans les commencements ; mais quand on en a l’habitude comme l’évêque de Montréal, ça devient un vrai plaisir.On a des enfans, après tout, c’est pour qu’ils soutiennent notre vieillesse.Certain que vous vous rendrez tous à nos désirs, nous vous bénissons tres-affectueusement au commencement de la nouvelle année, au nom du Père et du Fils et du St.Esprit.Ah ! Ah ! quand je vous le disais que la bénédiction viendrai*' par là-dessus.Le St .Esprit n’avait pas encore fait son apparition.Mais il n’a rien perdu pour attendre, comme vous voyez.Maintenant que les trois personnes de Dieu sont en cause, Mgr.Jean peut être certain du succès.Mais quel habile homme, et dire qu’il n’en est encore qu’à son début ! vertudieu ! Il succédera à l’évêque Bourget.Je lis dans la Minerve du 7 Janvier.Les Rapports annuels du Surintendant constatent une série de progrès marqués dans toutes les branches de l’enseignement, mais on aurait tort de donner à ces chiffres toute la valeur qu’ils paraissent avoir.“ En supposant que tous les chiffres fussent exacts, il ne resterait pas moins prouvé que dans la réalité, dans les résultats définitifs, pratiques, notre instruction n'a pas la valeur qui lui est assignée dans ces Rapports.Les faits sont plus frappants que les chiffres, et on aura beau entasser toutes les additions possibles, on ne prouvera pas que notre système d’instruction publique a atteint les dernieres limites du progrès el de la perfection.“ Nous sommes prêts, encore une fois, il reconnaître tous les succès obtenus et à donner tous les mérites possibles à qui de droit, mais nous disons aussi que le temps est venu pour le Bas-Canada d’avoir une politique parfaitement tranchée sur l'instruction publique, et que la nouvelle tendance doit être de plus en plus dans le sens de la propagation d’une instruction éminemment pratique.Et plus loin : “ Nous aimerions à voir la législature de Québec donner une part convenable de son attention à une question qui en est si digne.Il ne s’agit pas de dépenser des sommes considérables, de créer des établissements dispendieux, de vouloir rivaliser, pour l’enseignement supérieur, avec les.vieilles sociétés d’Europe.Cela ne nons convient pas.“ Laissons à l’Europe ce qai est de la nature des sociétés européennes, et n’oublions jamais que nous avons besoin d'une instruction a l’américaine.” C’est pour avoir dit la même chose depuis quatre ans, en d’autres termes, c.-à-d.en termes meilleurs, que l’on m’a décoché toute espèce de douces plaisanteries, comme, brouillon, révolu- — 300 — tionnaire, demagogue, perturbateur, destructeur d’ordre social.etc.La Minerve elle-même, se joignant en Octobre dernier au concert des journaux trempés d’eau bénite, ne s’exclamait-ellé pas en présence des statistiques du Journal de VInstruction “ que nous étions le peuple le plus instruit de la terre, et que dans aucun autre pays, il n’y avait une si forte proportion d’enfans fréquentant les écoles ?” Aujourd’hui, il s’agit de renverser M.Chauveau, nous sommes le plus ignorant peuple au monde, et les statistiques ne sont qu’un mirage.Seuls, les démagogues, perturbateurs, destructeurs, comme moi, restent fidèles à ce qu’ils ont dit d’abord, parce qu’ils ont besoin de ne rien dire que d’incontestable, sans s’occuper des cris et des tempêtes.La Minerve prend du reste un soin scrupuleux de démontrer par son propre exemple combien est juste ce qu’elle ditaujourd’hui.En jetant un coup-d’œil sur ses Informatio7is quotidiennes, j’y vois les expressions suivantes qui sont faites pour démolir toutes les statistiques du journal de l’instruction pendant dix ans.“ Réparages.La sympathie de la France vis-à-vis de robjet de l’ambassade Chinoise.Sen or Sagosta accuse les rèactionistes (on pense naturellement à la race chevaliere de V Ordre) de vouloir empêcher de prendre le p 1ébiciste.Et cela dans un seul numéro, s’il vous plaît.Quand, il y a quelque temps, je me moquai des traductions de la Minerve, et fis voir par là combien il était impossible de trou ter un jeune homme sorti de nos collèges avec assez de connaissance du français, de l’histoire, et de la géographie, pour n’être même qu’un traducteur de dépêches, je vis tomber une fois de plus sur moi les tuiles consacrées.La Minerve donna entre autres pour excuse qu’il était bien naturel que des expressions incorrectes se glissassent dans des traductions faites la nuit à la hâte.Eh bien ! il me semble que le Pays a aussi des traductions à faire dans le même temps absolument que la Minerve, sans plus d’avantages, si ce n’est qu’il a plus de dépêches, et voici comtmen il a rendu la même phrase ; Senor Sagosta, ministre de l’intérieur, attribue les derniers troubles à Cadiz et à Malaga aux intrigues des réactionnaires, et il prétend que leur objet est de prévenir le plébiscite.Ceci, au moins c’est du françai.Il est vrai que le Pays ne commence pas tous ses articles par — 301 — des Veni Sancte, et ne finit pas ses traductions par des signes de croix.Il s’est imaginé que pour écrire une langue, il fallait d’abord la • savoir, et que pour la savoir, ce ne sont pas des bénédictions papales qu’il faut, mais de l’étude.*** Voici, du reste, comment il répond, dans un article plein de justesse et d’à-propos à tous ces braillards de la jeunesse incerto-conservatico-libérale qui font leur apparition de temps à autre, et auxquels la Minerve veut bien prêter par-ci par-là ses colonnes, comme on donne une beurrée à des petiots : Quelques brebis attaquées se sont glissées au bercail et ont communiqué la contagion à un grand nombre.Les jeunes surtout, dont le caractère et l’ardeur se plient difficilement au joug, dont l’intelligence aime à s’exercer, qui tous cherchent un champ, une carriè re à parcourir, s’insurgent dès aujourd'hui et ne veulent plus obéir à la voix de leurs chefs.Prudents et dissimulés, ils voudraient changer les cadres du régiment sans toucher aux manœuvres.Il ne s'aperçoivent pas qu’ils tentent l’impossible et que l’obéissance et la discipline sont les seules vertus appréciées dans le parti ! Discuter, donner des raisons, c’est de l’indépendance, de la libre recherche, tout cela sent la révolte et frise l’hérésie.Vous vous etes appuyés jusqu'ici sur un appui qui vous a manqué, qui s’est meme changé en cause de chiite, lorsque vous en avez eu besoin.Eh bien I sachez qu’il en sera toujours ainsi, tant que vous voudrez conserver votre individualité.Il n’y a pas de tiers parti possible ; conservateurs ou libéraux, choisissez.Vos vetements d'emprunt et vos allures multiples ne donnent le change a personne, vous perdez inutilement.le bénéfice de vos métamorphoses ; vous ne pourrez que devenir suspects aux vôtres sans 'j servir le progrès.« Voilà pourquoi enfin, les conservateurs vous repousseront comme dange reux, et nous comme inutiles, tandis que votre ridicule conspiration n’aura servi qu’à river plus fortement vos chaînes, affermir ce qu’elle voulait ébranler et livrer le secret du silence des uns comme du langage des autres.Comprendrez-vous enfin, jeunes gens, comprendrez- vous qu’entre les mains du clergé, vous ne pouvez être qu’un servile, instrument de circonstance qu’il brise dès qu’il n’en a plus besoin, qu’en croyant vous faire de lui un allié, vous vous êtes donné un maître sans entrailles, qui exploite à son profit unique tout le bien que vous pouvez faire avec vos talens et votre énergie, qu’en persistant à ne pas vous arracher a vos chaînes, vous perdez de plus en plus le sentier de l’avenir, que vous vous rendez inhabiles aux conditions nécessaires de notre prochain état de société, et que vous vous trouverez avant longtemps peut-être isolés au milieu d’un monde qni aura marché sans vous ?Mais combien de temps encore devrai-je prêcher dans le désert ? — 302 — J’annonce au public que j’ai réuni tous les numéros de la Lanterne ayant le même caractère d’impression, en des livraisons .séparées, et que j’attends que cette première édition soit écoulée entièrement, avant de faire un volume comprenant vingt ou vingt cinq numéros d’un caractère uniforme.Il me reste trente exemplaires des 7 premiers numéros, lesquels étant tous en pica, sont brochés ensemble, puis de 60 à 75 des 8,9, et 1 orne numéros, en petit Longprimer ; de même des nos.11, 12, et 13.Je les mettrai en vente dans un jour ou deux chez les libraires et marchands de journaux, avec une petite déduction dans le prix.Ainsi, la première livraison, comprenant sept numéros, se vendra 30 cents, et les autres livraisons, de 3 numéros chacune, 12 cents et demi.Il faut se hâter d’acheter ces derniers exemplaires d’une œuvre immortelle.La vie est courte, le temps incertain, et il ne faut pas arriver dans l’autre monde sans avoir lu la Lanterne.Le Pays de mardi contenait l’article suivant.typographie.—Il deviendra bientôt impossible de distinguer une gravure, une lithographie d’avec un ouvrage d'imprimerie, tant M.H.Perrault ont per-* feetionnè les procédés typographiques.Atteindre à l’aide de simples instruments, d’outils inconscients, la finesse, la perfection, auxquelles ils arrivent dans les ouvrages fantaisistes qui sortent de leurs ateliers, ce n’est plus être imprimeur, c’est passer artiste, et les juges les plus difficiles, les plus compétents ne peuvent que s’incfiner devant les merveilles typographiques exécutées par les MM.Perrault.Procurez-vous une carte d’invitation a la prochaine lecture de M.S.Jones Lyman a la Salle de l’Institut des Artisans ; examinez les encres variées em ployées dans l’impression ; remarquez comme les couleurs diverses se fonden* et s’harmonisent dans l’ensemble tout en faisant ressor tir chaque détail, sans nuire au tout ; voyez la délicatesse des filets encadrant le titre, la variété des caractères, leur choix, le gout des espaces habilement ménagés, et vos yeux satisfaits, caressés, vous déclareront qu’il est impossible de surpasser l’exécution et le fini du travail.Cette carte, large de quelques centimètres, renferme en abrégé tous les progrès, toutes les ressources de l’art de l’imprimeur, et montre en un étroit espace l’habileté et le talent incontestables des deux meilleurs artistes typographes de Montreal.Si c’était là une réclame, je la bannirais dédaigneusement de la Lanterne, mais on comprendra jusqu’à quel point Mrs.Louis et Ovide Perreault ont poussé la perfection de leur art, en me voyant endosser tout ce que le Pays dit d’eux.Il n’est pas d’être plus difficile d’éloges que je le suis, et je trouve — 303 — que les hommes généralement en méritent si peu, que tout ce que je puis faire, c’est de ne pas le leur dire.M ais je me suis senti désarmé en présence des élégants chefs-d’œuvre typographiques de Mrs.Perreault.Tout ce que je regrette pour eux en ce moment, c’est qu’ils soient mes amis, et que je ne puisse en dire d’avantage, par crainte d’être accusé de faire œuvre de complaisance et non d’appréciation.ATTENTION ! G.R.DE WAR FABRICANT DE CHEMISES ET COLLETS Et marchand général de MERCERIE POUR HOMMES, Etc., No.381, EUE NOTBE-DAME Coin vis-a-vis la rue St.Jean.MONTREAL.N.B.—Chemises et collots faits a ordre et au plus court avis.TOUX ! TOUX ! 1 TOUX 1 ! ¦ Baume de Marube de Goulden, remède infaillible confie la Toux, les Rhumes, la Coqueluche, etc.Préparé seulement par J.GOULDEN, Pharmacien, 177 et 179, Grande Rue St.Laurent.Bottines et souliers pour enfants, 25 cts., 50 cts., pour Femmes, 45 cts., pour Hommes, 80 cts., Si.75 et au-dessus, chez E.ANGERS, en arrière du Bureau de Poste, 341 Rue Notre-Dame, coin do la Rue St.François-Xavier.26 nor.Mrs.geo.p.rowell & om.Agents d’annonces de New-York doivent publier prochainement un DIRECTORY de tous les journaux américains, contenant une nomenclature exacte de tous les journaux et Periodicals des Etats-Unis, des Territoires, du Canada, et des colonies anglaises de l’Amérique du nord.En outre une description des villes et cités où ces publications paraissent.Ce Directory formera un beau volume in octavo, de 300 pages, relié en toile, Prix - - $5.00 C’est un livre d'un grand prix pour les annonceurs, éditeurs, et, autres qui cherchent des renseignemens sur les journaux américains.L’édition en sera limitée, et les personnes qui désirent s’en procurer des exemplaires, feront bien de s’adresser immédiatement à Geo.P.Rowell a Cm, Editeurs et Agens d’annonces, 40 Park Æow, N.y.Mrs.Sowell a cie ne se sont épargné aucune peine ni aucune dépense pour que le Directory qu’ils publient soit complet.Le fait de la publication par eux d'un livre qui contiendra de si utiles renseignements, quand les autres age nts d’annonces se font un scrupule jaloux de les garder pour eux, démontre leur confiance dans leur habileté à être utiles aux annonceurs ; sans cela, ils ne mettraient pas entre les mains de tout homme le moyen de communiquer ainsi directement avec les éditeurs, sans recourir aux agens d’annonces. 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