La lanterne canadienne /, 1 septembre 1868, jeudi 24 septembre 1868
LA LANTERNE VOL.I.MONTRÉAL, 21 SEPTEMBRE 1SCS.No.2.PRÉFACE DU DEUXIÈME NUMERO.Le succès éclatant de la Lanterne, dès son apparition.lui fait présager un brillant avenir.Au delà de huit cents exemplaires du premier numéro sont déjà écou- lés.On en trouve à peine une cinquantaine d’exemplaires disséminés cnez les libraires et dépositaires de journax de Montréal.Aujourd’hui, le deuxième numéro parait avec une vignette, due au crayon ingénieux de M.Boisseau, artiste, et surintendant de l’Institut-Canadien.Si l’encouragement donné à la Lanterne ne se ralentit pas, et tout porte à croire, d’après les félicitations et les marques d’approbation qui me parviennent de tous côtés, qu’il ne fera que croître et embellir, je dou-blerai le format de mon journal très-prochainement,, de sorte qu’il y aura place pour les écrits qu’on voudra bien m’adresser, et pour les extraits, toujours d’un genre léger et plaisant,que je ferai des publications étrangères.° Que la jeunesse instruite et active du Canada ne l’oublie point.La Lanterne va devenir pour elle un débouché et un organe ; je la convie chaleureusement à y collaborer avec moi.Si elle me prête son concours, la Lanterne paraîtra bientôt plüs d’une fois par semaine, et deviendra avant peu un instrument puissant de la presse, sans jamais perdre son caractère qui est essentiellement humoristique. J ai trouve mon deuxième monstre ; je le tiens, ie ne le luclie plus—Mon deuxième monstre, c’est.,àh >ali.vous ne me croirez point, mais c'est lui pourtant bien lui.le Nouveau Monde.’ Lu voila une ! A eus allez saisir.Les augures se sont pris aux cheveux.¦\ ovez jusqu’il quel point ils devaient se lniïr entre eux, puisqu il a sulli d une étincelle toute petite allumée par \a Piiijs pour causer un feu que rien désormais ne pourra eteindre.Il 111 est impossible de rester neutre dans tout con-Uit de presse; aussi je me range de suite avec le Nou-veau-Moi)de je dis avec, et non pas comme,, on ne peut pas tout attendre de moi d’un seul coup.Ce matin, mardi, 22.la Minerve accuse mon allié d a approprier «% dépêche*.de lui faire .Le Xouccan-Momie ne peut pas mentir pour soutenir n'importe quoi; attendu que le Nouveau-Momie étant inspiré à la source de toute vérité, le men son ire lui est impossible.La Minerve sachant cela, et disant sciemment tout le contraire de mon allié, doit être elle- même.et elle seule, convaincue de fausseté, accusation dont elle est blasée aujourd’hui, mais qui ne perd pas de sa justesse pour tout cela.Go.Mon allié ne peut pas être accusé tFavoir en-(jtouti non eupitut.et les générosités quon lui u fuites : parce que tous les biens de la terre étant méprisables, et la pauvreté étant agréable à Dieu, le plus tôt le Xoumtu-Moni/e engloutira le reste de son capital, le plu* tôt il rentrera dans la pensée de ses fondateurs.Maintenant que j’ai lavé mon allié de ces cinq premières accusations, je lui retire mon appui pour le reste, •le ne me sens pas capable de réfuter les autres chefs, tous portés par la Miner ce de ce matin, et que voici dans leur ordre textuellement : Ainsi donc, dans fespace d'un an.Le Nouveau Momie a eu le temps de travailler à la ruine de nos Gouvernements Locaux ; A la ruine de notre nationalité; A l,i ruine de la bonne presse ; Le Nouveau Momie a eu le temps d'insulter de vénérables membres du clergé, qui lui donnaient de bons conseils.Le Nouveau Momie a eu le temps de pratiquer des faux littéraires en* falsifiant le texte d’un journal français, pour éviter de mentionner notre nom.Le Nouveau Momie, pour résumer, a eu le temps de donner l’exemple de tous les scandales en nous autorisant à Insu fier les prêtres, Falsifier des textes’ Renier scs opinions au moyen de correspondances, Refuser de rendre justire devant 1 evidence.Sacrifier le bien du pays à l'intérêt d’un plaideur, Diviser les consciences, Détruire la force nationale.Tout cela, c'est beaucoup trop à dire; mais nous n'avons pas trop dit; et en disant tout cela, nous ne voulons pas qu'il soit compris que nous travaillons à détruire le Nouveau Monde.Au contraire, qu’il vive, s'il veut vivre honorablement, il v a place pour lui à Montréal ! Nous serons son meilleur ami.Cette conclusion mms serons son meilleur ami.au sujet cl un journal qu’on appelle menteur, faussaire, voleur, etc., prouve bien quels sont les instincts secrets de la Minerve.J’ai dit.=f: * * Il devient de plus en plus difficile d’avoir des servantes ; c’est presque aussi difficile que d’avoir de l’esprit pour un rédacteur de l’O/v/w, ou de faire quelque chose d’intelligible pour un traducteur de la Minerve.Voici ce que je lis dans un journal anglais : On demande une servante pour une petite famille qui emploie déjà un domestique mâle.Le ménage et la cuisine sont lait entièrement par les membres de la famille.Le maître de la maison se lève de bonne heure, mais prépare le déjeuner lui-munie.Le blanchissage se fait en dehors de la maison, et la cuisine est pourvue de tout ce qui fait le comfort et le luxe.La viande froide et le hachis sont scrupuleusement bannis de la maison.—-On donnera n'importe quels gages, ce n’est pas là la difficulté.On échangera «.11 outre sa photographie.Mon Dieu ! que ne suis-je femme ?Si j’essayais ; non, il y a trop de jeunes demoiselles qui m’en voudraient.On 11e dit pas s’il y a une Lanterne dans la cuisine de la petite famille.Maintenant que la mienne est connue de tout le monde, ça va rendre les domestiques encore plus exigeantes.J’aurai pour abonnés, bon gré mal gré, tous les électeurs de M.Cartier.11 faudra que j’use de mon influence.* âfc y Sir Narcisse Fortunat Bellcau.Lieutcnant-Gouvcr- ncur de la province de Québec, est venu à l’Exposition la semaine dernière.(Je ne puis me résoudre à l’appeler Son Excellence, malgré toute l’envie que j’en aie, parce que je suis colon,et tant que je serai colon, je veux prouver ma loyauté par mon obéissance.) Or, la Miner ce s’exprimait ainsi au sujet de cette visite : En allant sur son passage contribuer à un accueil enthousiaste, nous aurons l’ait parvenir à Sa Gracieuse Majesté l’expression de notre inébranlable loyauté, et, en même temps nous nous serons honorés à nos propres yeux, puisque ces hommages s’adresseront à un digne et sympathique compatriote.Nous l'avons déjà dit, l'arrivée de Son Excellence le Lieutenant Gouverneur de la Province de Québec à Montréal est une grande et solennelle occasion où il nous sera donné de nous affirmer, et pour avoir ilioit d’espérér de l'avenir, nous devons nous allirmer.Je ne sais pas si Sa Gracieuse Majesté est abonnée il la Minerve, ni quel autre moyen elle a pris de connaître chaque mouvement de Sir Narcisse ; il peut se laire même qu’il lui échappe quelque détail, malgré le retentissement que va avoir en Europe notre exposition provinciale, retentissement qui poursuivra la reine partout, dans tous ses voyages, car en Angleterre on ne parlera que de cela pendant bien longtemps.Mais enfin, si cette expression de notre inébranlable loyauté ne lui parvenait pas, il nous restera toujours de nous être honorés à nos proprres yeux, et de nous affirmer peur avoir droit à l'avenir.Le marchand qui ne peut pas vendre sa marchandise, la garde pour lui-même, c’est une grande consolation.mais qui mène droit il la banqueroute.11 parait que jusqu’à présent nous n’avons pu nous affirmer, et qu’il a fallu une visite aux moutons et aux boeufs de la rue Sherbrooke pour nous donner droit à 1 avenir.Il y avait bien avant cela la Confédération, mais qui ne donne pas de droits; au contraire elle en ôte.C’est pour cela qu’il fallait nous rattraper.Aus- si, une population immense de vingt-deux personnes entassées dans sept voitures, accourait-el opt voitures, accourait-elle mardi dernier au devant de Sir Narcisse- pour s’affirmer, et pour avoir droit à ravenir en payant quatre piastres à Mr.Ilogan, le fournisseur du déjeuner au St.Patrick’s Hall.La Minerve attendait de ses compatriotes cette démonstration qui, pour être spontanée, n’en aurait que plus de mérite.” Et plus loin, dit-elle, Ce premier témoignage devra cire suivi d’un égal entrain pour le concert de mercredi.(Quant au déjeuner, il allait de soi que Ventrain y serait égal, et peut-être d’avantage).Nous nous attendons à y trouver tous ceux qui ont la prétention de chérir 1 autonomie du Bas-Canada.Le pays en retiendra les noms pour savoir où sont ses arnis véritables.Après les calculs les plus économiques, le prix des billets pour le déjeuner a été fixé à Si.Bien peu ne pourraient assister à ce déjeuner ; nous avons la confiance qu'il n’y eu manquera pas un.Ce pas un est unique.Pas un de qui ?Ou ne peut pas se trouver 1,500,000 fîmes dans la salle St.Patrice.Mais ce n’est pas de raisonner qu’il s’agit.Vroulez-vous être un ami véritable de votre pays ?venez, cela coûte quatre piastres ; et on vous retiendra,par dessus le marché.Voulez vous au contraire bouleverser toutes les lois qui vous gouvernent, ne venez pas au déjeuner, on saura qui vous êtes.J’ai fait ce calcul.Il y avait 130 personnes à ce déjeuner, nous avons une population dît peu près 1,300,000 âmes, donc nous sommes 1,200,880 rebelles contre 130 amis de leurs pays et des dindes truffés.* ç Ce qu’on admirera, c’est une démonstration spontanée à laquelle on s'attend deux ou trois jours d’avance, dont toutes les péripéties et les caractères sont tracés rigoureusement, dont le programme est arrêté avec les heures et les lieux indiqués formellement.L’autonomie du Bas Canada s’est trouvée représentée ce jour-là par la société St.Jean Baptiste qui se trouve toujours seule à tout représenter, et qui est arrivée là spontanément, comme elle arrive toujours, composée des mêmes personnages.Une vraie improvisation ! et soyez certains que vous les trouverez encore à la première opportunité.Ces gcns-là n’ont pas besoin de se — 24 — prévenir entre eux ; ils se retrouvent (Vinstinct dans toutes les chances qui s’oil rent de goûter un bon morceau.et de lu digérer au nom du pays.Ce qui restera il jamais dans la mémoire des hommes qui aiment Vautonomie nationale, c’est la coïncidence heureuse qui a mis en présence le lieutenant-gouverneur de la province de Québec et le président de la société St.Jean Baptiste.Quand deux grandes intelligences se rencontrent, il jaillit nécessairement quelques étincelles ; aussi a-t-on entendu de suite tonner le canon de Vile Ste.Hélène.La Miner en ne nous dit pas s'il s'est allumé beaucoup de cigares ; dans tous les cas, ces cigares devaient être faits de tabac canadien, a tin d'affirmer notre nationalité.y * * M.le Président de la société St.Jean Baptiste s’est surpassé toutefois dans l’adresse qu’il a présentée au gouverneur.Il a dit : Comme Société Canadienne Française, nous ne dissimulerons pas, dit-il, parlant à Son Excellence, que nous regardons la haute dignité dont vous avez été revêtu par Sa Majesté comme projetant Me 1 éclat sur tous nos compatriotes, et corn oie assignant à notre race le rang quelle a droit d'occuper sur celle terre.nous pouvons proclamer hautement notre ferme attachement à la constitution qui nous régit, et qui nous a valu celle reconnaissance de nos droits.Je ne sais si ce discours était improvisé comme toutes les choses qui se préparent lentement.Dans tous les cas, M.le Président aurait dû en faire un autre pour le public afin de lui expliquer si c’est notre attachement qui nous a coin cette reconnaissance (Je nos droits, ou si rest la constitution.Si c’est notre attachement, il faut avouer que, comme tous les amoureux, nous restons aveugles devant l’ingratitude.Si c’est la constitution, reste à savoir quels droits on a pu nous reconnaître, quand on nous a enlevé celui d’élire notre conseil législatif, de nommer nos juges, de conduire nos affaires politiques, &.Peut-être est-ce celui de nommer un imprimeur de la reine, mais jusqu’à présent, si ce droit a été reconnu, comme nous ne l’exerçons pas, il est inutile.Peut-être le gouvernement local fera-t-il bientôt acte d existence, et si c’est le propriétaire de la Minerve qui est nommé, il y aura de suite une nouvelle manifestation nationale composée de huit membres de la société St.Jean-Baptiste, et du dit propriétaire, pour faire voir combien le peuple entier est heureux sous la constitution qui le régit.* * L ne des choses que Y Ordre a le plus admirées à l’Exposition, ce sont les chevaux.Il dit que la race chevalière y était bien représentée.Je n ai pas vu dans le Journal de Québec d’appréciation sur la race poi'cière.On n’empêchera jamais les jeunes gens d’encombrer les professions.En effet, dit le Journal de Quel me, “ ils finissent toujours par se procurer la somme requise pour leurs examens, soit en la demandant à des amis, à des protecteurs, ou à un travail forcé!' Quand ils n'auront plus ni amis, ni protecteurs, et qu’ils ne pourront plus casser de pierres, ils se feront condamner à deux ans de pénitencier.Après tout, il vaut autant commencer que de finir par là, bien mieux même quand on a de l’avenir! Sous le règne de mœurs indulgentes qui a été inauguré par le gouvernement local, il est difficile que ces jeunes gens ne trouvent pas à leur sortie quelque place du gouvernement, si la clientèle leur manque.Je conseille donc fortement ce moyen aux étudians qui veulent réussir.J’ai toujours remarque que les Canadiens ont un amour prononce pour le féminin—C’est à ce sentiment sans doute qu'ils doivent leur autonomie nationale— ainsi ils disent invariablement •• la grande air, une belle liôtel, de la bonne argent ” quand ils ne disent pas " des — 2G — argents” grand Dieu ! et pourtant des argents sont plus rares que de l’argent.Mais voilà le Journal de Québec, particulièrement attaché à la conservation de notre nationalité, qui trouve qu’il n’y a pas encore assez de féminin ; il dit: “Si celle impôt que l'on prélève est destiné.mais si elle vise à éloigner.nous la trouvons injuste et inutile.” Impôt était pourtant le dernier mot à féminiser ; il est essentiellement masculin, comme tout ce qui est lourd.Et puis, un impôt qui td.se à quel français ! A ce sujet, je me permets une distraction.Quoi de plus léger que la plume ?—la poussière—Quoi de plus léger que la poussière ?—le vent— Quoi de plus léger que le vent?—La femme—Quoi de plus léger que la femme ?—rien.Au reste, s’il y a des femmes légères, il y a en revanche des hommes bien lourds, qui sont de vrais impôts.Je ne parle pas du major 13 lui, c’est une imposition, au féminin.* a * Monseigneur dit que Vécu que nous dépensons au théâtre /ait tomber sur nous an a millième qui se fern sen-hr jusqu'à la dernière (jcncmlion.Il m’est impossible de contester cela, puisque c’est parole sacrée.Mais je me permets une réflexion, et c’est ce qui me désespère.on ne devrait jamais réfléchir.Nospetits en fans seront anathématisés quand même, malgré notre obéissance à notre pasteur.Nous sommes, nous, la dernière yénéndion des hommes vivants; or, nos pères qui allaient au spectacle,du temps de Louis XIV par exemple, ont du être anathématisés aussi ; nous le sommes par conséquent, et nous transmettons cet anathême à nos petits en fans qui n’en pourront mais.C’est ennuyeux d’avoir des pères ; on se trouve à hériter d’une foule de choses sans le savoir, et ce qui pis est, à les transmettre à nos descendais qui n’en savent pas d'avantage.—Il faudra un nouveau Code.* Le Pérou vient d’etre à moitié enseveli par un tremblement de terre.Je ne sais pas si c'est un buffle qui aura fait tout-à-coup son apparition sur quelque volcan de ce pays malheureux.Dans ce cas, il faut que ce soit un gros buffle, bien plus gros que celui d'AnutiJi.Quand ils s’y mettent, ces bullies là sont terribles.Pour eux, c’est la moindre des choses que de faire des trem-blemcns de terre, et ils appellent ca “donner un spectacle.” 11 y a bu (lie et bulllc.Le bu (lie ordinaire est celui qui se tient toujours dans les prairies où les Sioux et les Gain anches le chassent ; celui-là ne donne pas de représentations.Mais le bu (lie des circulaires.brrrr !.Il arrive des montagnes exprès pour tout démolir.Après tout, le bulllc du Pérou est peut-être le même que celui d’Amalli qui aura eu le temps de grandir.(1) Un autre genre de bu file, c’est l’Institut Canadien.Celui-ci ne cause pas de tremblements de terre, mais il cause des tremblements de mère, voici comment : il) Kxlvaitdc la le lire circulaire de l'évèque de Montréal relative aux théâtres.—30 août 18G8.Nous l'espérons, N.T.C.F.vt nous demandons, avec d'instantes prières, que cette bonne et tendre mère éloigné de nous toutes les causes qui pourraient nous attirer la colère du Ciel ; et qu'elle fusse pour cette ville ce qu'elle fit pour celle d'Ainulnhi.St.Alphonse, dont nous venons de vous parler, y avait donné une grande retraite aveu des fruits merveilleux.A la clôture de cette belle mission, il dit au peuple, après I avoir béni : Veillez sur vohs-ih'mes, mes frires ; notre d- jinrl il tombera de la moutwjne un démon f/ui vont czjtoicra au malheur d'oublier toutes vos résolution*,
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