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Titre :
Le journal de Françoise
Revue littéraire féminine qui contient des pages consacrées à la mode, aux arts ménagers, aux enfants et à l'étiquette (bienséance). [...]

Publié à Montréal de mars 1902 à avril 1909, ce « journal » littéraire bimensuel, qui a pour sous-titre Gazette canadienne de la famille, concrétise le rêve le plus cher de Robertine Barry, alias « Françoise », l'une des premières femmes canadiennes-françaises à faire activement du journalisme.

Pendant neuf ans, de 1891 à 1899, elle a en effet travaillé comme journaliste pour le quotidien La Patrie. En outre, elle a publié un recueil de nouvelles, Fleurs champêtres, ainsi que Chroniques du lundi, un choix d'articles parus dans La Patrie de 1891 à 1895. Les membres de l'École littéraire de Montréal la placent alors parmi les « principaux littérateurs canadiens ».

La fondation du Journal de Françoise représente un moment fort de sa trajectoire. Elle y consolide un capital social déjà considérable et y exerce une autorité absolue à titre de directrice, de rédactrice, de propriétaire et d'administratrice.

Ce bimensuel constitue un objet protéiforme donnant à lire un corpus de tonalités et de contenus variables, qui va du texte argumentatif sur des sujets d'actualité aux conseils pratiques pour la ménagère, en passant par les genres littéraires canoniques.

Dans son périodique, Françoise fait preuve d'une audace et d'une modernité absentes des oeuvres publiées sous forme de livres par les femmes au Canada français - des travaux qui sont caractérisés par leur conformité à la doxa. Son discours dissident se trouve dans les textes argumentatifs (éditoriaux, billets, comptes rendus d'ouvrages ou d'événements ponctuels) et les rubriques récurrentes (« À travers les livres », « Bibliographie », « Bloc-notes », « Le coin de Fanchette »); il surgit également là où on ne l'attend pas : phrases glissées dans des communiqués apparemment neutres de prime abord, ou dans de brèves présentations d'articles. Cette variété formelle rend difficile la quantification en pourcentage du discours de cette nature, mais elle lui donne une présence significative.

Françoise milite en faveur de l'émancipation des femmes et de leur droit à prendre une place entière dans la société. Cette position légitime l'autorité qu'elle s'accorde pour se prononcer dans les débats qui ont cours et tenter d'influencer l'opinion de ses contemporains. Elle affirme le droit à la liberté de pensée et d'expression, et appuie toutes les initiatives qui la favorisent. C'est en cela que son journal a laissé sa marque, malgré la relative brièveté de son existence. Ses prises de position, au demeurant, la mettent souvent en situation de conflit avec les autorités religieuses, en particulier avec l'archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési.

Parmi ses collaborateurs, mentionnons Albert Lozeau, Paul Morin, Louis Fréchette, Émile Nelligan (à qui Françoise consacre un article élogieux dans le numéro du 2 avril 1904), Laure Conan et Jean de Canada.

Dans le numéro du 15 avril 1909, Robertine Barry remercie ses lecteurs et annonce la fin de son journal : elle n'a plus suffisamment de temps à y consacrer.

BEAUDOIN, Lise, « La parole dissidente de Françoise dans Le Journal de Françoise (1902-1909) », Recherches féministes, vol. 24, n° 1, 2011, p. 25-43.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1979, tome IV, p. 152-153.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1902-1909
Contenu spécifique :
samedi 17 décembre 1904
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
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Références

Le journal de Françoise, 1904-12, Collections de BAnQ.

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3m,: axnék—No 18 NOEL ET LE JOUR DE L’AN Sam kdi, 17 Décembre 1904 Journal françoise i • (GAZETTE CANADIENNE DE LA FAMILLE) Paraissant le 1er et le 3ieme samedi de chaque mois ABONNEMENT : ÜN A# $2.00 Six mois - - - - i.oo Strictement payable d’avance.Dirkctkick : R.BARRY REDACTION et ADMINISTRATION 80, Rue Salnt-Oabrlcl, Montréal.Tet.Bell.Main 999 Dire vrai et faire bien A IVETRANGER : Un an - - Quinze franc?Six mois - 7 frs Strictement payable d’avance.Æ % w xD 50 if"< vT^i * » * M «•5* ommaire Nuit de Noël au village ( poesie), Mme Dtival-7hibault L’An Meilleur (poésie).Albert Lozeau Fleur de Cloître.Françoise Souvenir.L.().David L’arbuste (poésie).Marie Beaupré La Paix et le Bonheur.Alph.Gagnon Désillusion.Suzanne de Margueron Décembre.Margot La Noël de Carmen Sylva.Carmen Sylva Pensées de Décembre.Frcd Gêlinas Page des Enfants.Tante Minette Par le droit chemin {feuilleton) Henri Ardcl MADAME Pour vos petits dîners fins, et vos banquets de famille, ayez de la viande de premier choix.Vous la trouverez chez Hormisdas A.Giguère :ti, so, :ts, »o Mnrvliti llonMveourrt MONTH KAI.Tél Bell.Main 2479.Elixir lodo-Cannique tilyctropbospbale “ Gagner 19 Tonique rcconatl tuant du nyntème nerveux et osseux CONTRK {—Neurasthénie anémie, rachitisme, Tuberculose, faiblesse musculaire, débilité générale, etc l»OMaj;e.—Chaque cuillérée «\ soupe contient : 0 25 centigrammes de glycerophosphate de sonde, 0.02 centigrammes d'iode, combiné il 0.15 centigrammes de Tannin.Mode d’emploi.-Adultes une cuillérée à soupe aux repas; enfants, une il deux cuillerées il thé.S'U, D'PO'M" PHARMACIE gagner Coln Jc*" s,'Drn" IH34 Km; Stc-Catlicriitv.illonlrfal EDMOND GIROUX, Jr.Pharmacien Chimiste Edifice ou Monument National 216 RUE SAINT-LAURENT Téléphone Main 2628.Sp cinlité : Ordonnances des Médecins.Fleurs Fraîches! 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Gloire à Dieu au plus haut des destinée de l'homme.1, générosité dans l'accomplisse»,e« ^tonueTolZé'^"^^»'.'!''" Marie Beaupré.c^e ^cus nos devoirs envers Dieu, en- anges.La paix, le bonheur, viennent vers nos semblables, la bonne gouverne d'En Haut, pour résider en soi.Ayez -w—w- de soi-même, composent les éléments une ame forte, un esprit sain, un cœur .sans lesquels nul bonheur véritable cllaud>uue conscience nette, et, comme premier homme qui comprit que le so- eucore aujourd’hui que le pain qui croyez,m’en un des hommes les plus led, aPrès une longue decadence, re- nous nourrit| et qui> depuis des mil- heureux de la terre ; et si, plus tard, prenait des forces pour vivifier le Hers d'années, provient du même blé vous vous ^signez, à mourir, ce sera monde., , .T .uniquement pour vous soumettre a seme de la meme mamere.Le bon Vinévitable Un Philosophe.emploi du temps, V abnégation, lesacri- ' Alph.Gagnon. 5«4 LE JOURNAL DE FRANÇOISE DESILLUSION .m A mes petites amies Marie et Manon Ou asc o.yoici Noël, petit Noël.Il pleut de la joie, grand*mère, " gazouille ti 11 e adorable brunette de sept ans, à la mine è Veillée, aux yeux couleur mi.i.ks.i>p.makc.ukkok (lebluet frangés de longs cils recourbés et soyeux.Ht elle folâtre, en pivotant sur clle-memc, autour d’une vie'llc dame poudrée à frimas dont la silhouette se détache comme un La-tour ou un Sargent contre les brocarts éteints d’un vaste salon Louis XVI, leur cadre à toutes deux.L’aïeule n’a-t-elle pas entendu la petite fille ?Un sourire détend sa figure grave cependant qu’elle reste active, disposant dans une potiche de Saxe placée près d’un beau marbre de Marie Antoinette à 15 ans, de grands chrysanthèmes blancs an cœur vert, échevelés et bizarres.A ses doigts menus ses bagues ont des lueurs qui zigzaguent par la quasi-obscurité de cette après-dinée finissante et caressent de leurs feux follets les fleurs splendides, la statue évocatrice et charmeuse.Du reve, du souvenir, d’un luxe reposé la poésie et l’attendrissement flottent en ce home familial, antique et somptueux château de 1* Angoti-mois, où, seule, l’enfant jette sa note d’exubérante jeunesse, chantant toujours : “ Il pleut de la joie, grand’mère.Ah ! qu’il en pleut, qu’il en pleut ! ” D’un geste gracieusement expressif, elle a saisi sa petite jupe de linon et semble y recueillir la pluie imaginaire qui la baigne et l’excite.Cette fois, c’est trop évidemment.L’aïeule intervient : —Cesse de tourner en cheval de ma- nége, Thérèse ! Tu t’énerves et tu nie fatigues.B ih ! sous l’ordre impératif, il n’y a rii 11 de sévère, le mot de la mignonne est si joli !.Si joli et presque liturgique : Au temps de Noël, l'Eglise ne chante t-elle pas : “ Cieux, versez à la terre votre rosée ! ” Buis sur leurs âmes, passe une autre attente indicible et bénie : la petite maman de Thérèse, malade longtem; s au loin, va revenir tout à l'heure, rétablie et valide.Le Su il-Kx presse la leur ramène.Du sentiment personnel qui les émeut et du tressaillement de l’humanité ch ré ieniie acc’amant 1111 Sauveur, des e 111 lives ravissantes se dégagent en effet : il pleut de la joie ! Km ne, la bonne maman grappe encore quelques violettes à des porti aits, selon le goût de l’absente, et se retournant vers l’enfant assagie, elle l’embrasse : —Ma Thérèse aimée ! que je comprends ton bonheur ! Seulement, au lieu de ta pager, assieds-toi.Nous causerons en personnes raisonnables jusqu’à ce que l’on attelle pour nous conduire à la gare auidevant de ta mère.Tu sais que, demain, on doit écrire en ton nom au petit Noël : que lui demanderons-nous ?— Es-tu complètement fixée sur ce que tu désires ?.— Oui, oui.Je veux une voiture pour Charlotte ma poupée qui parle— et une selle d’âne avec des pompons rouges ainsi que cousin Paul en a une.Quand j’aurai ma selle à moi, tu comprends, Paul ne pourra plus monter Papillon tout seul et me dire ; ‘‘toi, tu es une fille, 1 este dans la carriole je suis le postillon.” Je serai postillon aussi.Papillon m’appartient plus qu’à lui.C’est l’oncle Georges qui me l’a envoyé d’Algérie dans une caisse à piano.Tu te souviens, grand’mère, qu’il était ombrageux, 111011 Papillon en quittant sa boîte à trous et qu’il ruait ?.— Il éta t à peu près mort de fatigue et de frayeur, le pauvret.— Oui, mais nous l’avons bien soigné, et nous 11c le battons pas.parce que nous l’aimons trop.— Mcme si tu ne l’aimais pas tu ocrais bonne pour lui, j’espère ?Il faut être doux aux bêtes.Reprenons : voiture et selle.— Tu n’espères rien d’autre ?— Oh ! si.— Tu voudrais ?— Beaucoup de fusils, et de trompettes, et des tamboni s ! Kl des poupées habillées en Bretonnes ou en Italiennes.— B 11 té ! Tout un bazar ! que ferais-! u de tant de jouets ?— Ce serait pour les petits pauvres du catéchisme.Hier, à la S te Kufan-ce, M.le curé nous a lu la lettre qu’il a expédiée au ciel, pendant sa messe — tu sais — en la confiant aux anges du Tabernacle.11 n’a demandé à Noël que du chocolat, des vêtements et des chaussures.Pas de fusils, pas de trompettes pour les garçons ; pas de poupées pour les filles.Alors, ma maman chérie et toi, écrivant au Jésus, vous allez le prier, 11’est-ce pas, d’apporter, chez M.le curé, un tas de joujoux aux pauvres enfants ! Quelle logique serrée aboutissant à la Coinpatissaiice.L’aïeule, touchée aux larmes, se garde toutefois de le laisser voir : il serait si fâcheux qu’une vanité compromît cette candeur et cette bonté d’instinct ! D’ailleurs, le cocher est sur son siège.O11 habille Thérèse.C’est l’heure du tr.iin.* * * Depuis deux jours déjà, le revoir inneffable a eu lieu, et l’intense bonheur s’est harmonisé en habitude reprise.Thérèse jouit de sa chère maman et elle pense de plus en plus à Noël.Matin et soir, ou peut l’entendre ajouter spontanément à sa prière cette oraison naïve : “ Bon Jésus, exaucez votre Thérèse qui sera contente qu’à la cure on ait beaucoup de joujoux à donner !” Oh ! pourvu qu’ils soient, très jolis LE JOURNAL DE FRANÇOISE 5s5 les cadeaux que Noël déposera au mal enveloppés .Débordant d’un plombe le village qui c presbytère! Il en déposera : elle en sac ou d'un carton jaune ?.On eût apparaît, nimbée des b est sûre ; elle en nourrit Vidée fixe.vru des fusils !.d’un clair soleil une i commence et où brumes opalisées -, -.111 posante église S.ça durait elle en tomberait ma- Et se remémorant, elle rit ici d'elle Romane, le vallon s'est paré d'un fin suspe •meurs (V hommes qui y entrent et en A nouveau, elle égrène son rire dé fc ni liées sortent : des messagers d’Augoulcnie crista lin, le laisse rebondir aux échos; Thérèse exulte et de Poitiers, ou des portefaix du puis, courant à sa Charlotte, la dode- - Maman, crie-t-elle, venez vi e ! chemin de fer.Ils apportent de vohv line et l’habille : sa tille n'est-elle pas pour f*.ter le Jésus de la Crèche les mineux ballots.près desquels on guérie arl)reset les champs ont mis leur Joile ne lm permet jamais d’approcher.* * * de première communion !” De 1 inexplicable et du mystérieux Aujourd'hui enfin c’est le grand Peter le Jésus de la Crèche : Tout la frôlent ceitaiuement et 1 enserrent, jour.Il commence mal.Dès son ré- y ramène Vinnocente.Aussi quelle Iliei, pat exemple, ses inètes étaient veil Thérèse sYcornifie encore à une iradiation de son être grand, au pres-sorties et elle jouait au jat lin, du eu- étrangeté douloureuse.Ses mères bytère, après la bénédiction de M.le té i!e la laça le, api es sa leçon de sol- sonl ]., m.sse.et une partie des do- curé, elle se trouve décidément intro-fége.loti ta coup : dielin dielin, un mt\stiqucs.Sa gouvernante s’habille, duite près des autres bébés, dans la gros coup de cloche à la giilledes ()r, elle a faim, son lait tarde.Il n’y chapelle des catéchismes, sous la gar-com m un s.Elle s y élance, ayant re- ;l qU';\ le réclamer à l’oflice.Elle s’y de de Notre-Dame de miséricorde qui connu 1 anixant .le eanr.oniieui Paul rend et passe devant la lingerie où sa offre si royalement à tous son divin qui chante au luti in, et qui a deux pe- bonne devise avec une ouvrière.Elle enfant.tites jumelles de son age.1 res v lai- gijyse sa té v entre les deux bavardes, Il est dommage que son entrée ait neinent, Lapdste, le jaidimer n.- lui et elle distingue parfaitement, sur la un peu elTtré ses jeunes amis.Ils se a pas laisse touinei la piece d eau.il machine à coudre, un gentil bébé cos- tiennent à l’écart timides et gauches.1 a toicce a îentier par le paie av.nt tumé en Napolitain ; il a des boucles Mais elle épand son frais sourire et même qu on ait tiié le cordon.l.ile d’oreilles, — des anneaux d’argent.elle apprivoise ces sauvageons, assez aurait bien pu saluer Paul, et remun- Maricltc.pourquiccpoupard?i^our que la retenue se brise, que les ter par le perron d'honneur qu'elle i,durmg.-t-elie aguichée et câline.babils s'aventurent et montent, mou-avait descendu.Aussi, elle aurait —Où un poupard ?réplique brus- tent, fusent.Ils tourneraient au va-su ce qu il > a dans la caisse dont son qUclllent la fille.Sur ma mécanique, carme sans la sonnette de M.le vicaire vieil ami était chaige et sm laquelle q n'y a qUe des écheveaux de laine imposant un solennel silence : on a marqué en let Lies noiies enoi - rouge et noire.Et hop ! Mademoiselle “ Chut !.Ecoutez une coininuni- mes .Jiaoilt.Thérèse, votre place n’est pas ici !.cation du petit Noël.Aux enfants sa- / ) a g it.' Rabrouée d’un ton rauque flairant ges, le ciel a donné récompense, et Allons, pouiquoi s inguiici .une tromperie qui Vindigne, la petite les anges, descendus par la cheminée Cette caisse contient des îobes.IXs* pieiircraiq sj ja cuisinière ne survenait du presbytère, ont déposé au Prieuré lobes de chez Léchoft Da\id, de la- b)rt à point, traînant à ses jupes les qui communique avec l’église des cho- ls* fillettes de Paul ” qui ont à offrir à ses mirifiques.Ce matin, il est vrai, une autre Mademoiselle Thérèse du gui 11 des A genoux donc ! Répétons attenti- a vent lire : On terminait le déjeuner roses de Noël pour sa crèche.” veinent un pater et un ave !” où sa maman n’assistait pas 11 est Ce tendre rayon sèche la rosée.Thérèse, joignant ses mains, prie ennuyeux qu’elle soit toujours dehors Rieuse.Thérèse oublie.du meilleur de son cœur et se sent a présent ht voila qu au dessert.Après, c’est l’instant de se mettre transportée d'amour envers le bon Jé-sa chère aïeule se laisse aussi derail- en route.On s’en ira à pied.I,a dis- sus qui a entendu le cri de sa pitié, ger par le maître d hôtel qui lui chu- tance du chateau à la cure n’est que qui va verser du bonheur à tous ceux-cliote un secret.de 3 kilomètres et le temps est magni- ci que l’on appelle si fréquemment des Elle demande : fique, la marche sera le bon sport de mai heureux.“Tu quittes iatable, grand’mère?” cette vigile sainte.La prière terminée, on entonne en Et malgré sa gouvernante, elle file.Tandis que ses mères déambulent chœur le gai cantique : Elle va pénétrer dans le hall du rex- de leur pas égal, Thérèse court, vire- ‘' Chantez hautbois, résonnez mu- de chaussée, près des serres.Mais elle voile, prend de l’avance, revient sur settes, #1 et deux par deux, on gagne se heurte à Victor—le valet de pied— ses pas, parcourt dix fois le trajet.Au le prieuré.qui, gêné et grondeur, bifurque par sommet de la colline seulement elle Là 1111e incroyable extase : le billard qu’il ferme à clef.Que s’arrête.C’est si beau cette campagne Touchant les hautes voûtes ogivales pressait-il dans ses bras, Victor?.d’hiver ! Ls vallon boisé que sur- de l’oratoire des Cistérieus qui créèrent .586 LE JOURNAL DE FRANÇOISE le pays, un sapin gigantesque dresse poupard de leur lingerie : le Napoli- ner les pauvres malheureux qu’elle sa tête verdoyante.A ses rameaux en hini !.abrite.éventails festonnent superbement des A n'en pas douter, c’est lui ! Et pareils à des fleurs qu’un souffle lampions et des bougies ; des trompet- Alors, par un trait de lumière d’oiseau effeuille, vous n’avez qu’un tes y brillent ; des fusils y pointent cruelle, un soupçon la blesse.le mer- jour de vie, pauvres flocons de neige leurs canons ; des tambours s’y balan- veilleux disparaît.si jolis et si blancs— cent, des poupées y sourient ou s’é- El elle comprend.Ses sanglots écla- Mais en dépit de votre destinée ou tonnent.Cela dans un enchevêtre- tent, dans les bras de son aïeule éper- la longueur de votre existence, tombez ment de chauds lainages, de capuches (luc ; gaiement, tombez toujours, jusqu’à ce et de bérets, de robes et de lil i pu tiens "Grand mère, pleure-t-elle, grand - qUC ie sourire d’Avril ait refleuri les souliers suspendus à des rubans et des muru’ jL* v°mjrais croire encore que branches ; tombez encore, jusqu’à ce astragales de verre ou de perles d’or.c csl lc l)cllt Jcsus.” que le glas de l’hiver vous anéantisse C’est féerique et c'est exquis pour Suzannk dk Makgukron.tous, dans un même rayon de soleil.tous.Pour Thérèse c’est divin : c’est Margot.l’exaucement qui sanctionne ses con- p.x-X-X-XXXXXXX-X-Xx-X-X-XXXIIXIX-XXX73 " fiances et sa Foi.Ah! elle n’est plus hCrcn DOC * La région de Bethléem est la seule sur terre, elle évolue en Paradis.Q UbVci itSKfc u qui en Terre Sainte sourie, comme Afin qu elle redescende au réel, sa ^ZZ-ZZZ-Z-Z-XZZXZX-Z-X-XZZZ-ZZ-ZXZZ-zl< l’enfance dans la vie du Christ, mère, légèrement inquiète du feu qui brûle au fond de son regard, l’emploie aussitôt à détacher les objets de l'arbre.Tous portent 1111 nom.Elle n’aura qu'à les passer aux destinataires.Qu’elle tremble donc en s’acquittant de cette délicate mission sous les battements précipités de tant de petits cœurs !.El le défilé est long ! Quarante-trois bébés ont à recevoir ainsi, tour à tour, des jouets, des vêtements, des bonbons, sans compter la piécette destinée à leurs parents.Thérèse (pii ne songe guère à elle, 11’a pas été oubliée.A 1111e minute chois c, M.le curé lui a fait dé- T X hVs •:» y Et i en nr Lxmi.Ca noil tie Carmen Sylva p» K ciel est gris ¦-* comme l'humeur d'un vieux garçon bourru, tandis que blancs Mon véritable Noël , à moi, m* est et jolis tombent préparé à présent au delà des étoiles, les premiers flo- Je l'attends avec joie et confiance; cous de neige ! pour l'attendre, je suis comme unen-Depuis long- faut dans l’obscurité au seuil d’une temps les arbres porte fermée, mais d’une porte qui n’ont plus de s’ouvrira bientôt pour lui donner accès feuilles, et sous dans la belle lumière Mon Noël sera les branches gla- certainement plus beau que ne peut cecs, se cachent encore quelques moi- Vôtre aucun Noël terrestre.Dieu soit neaux frileux.C’est bien l’hiverdans loué ! ma foi n’a connu aucune heure sa mélancolie, et, dans ma cervelle de de doute, elle a été vraiment ferme couvrir sous "unjoin de la draperie femme Pas-s^iel,se pourtant, se croi- comme le roc ! j'ai souvent dit : "Le bleue qui dissimule les racines de Par- ?" ^ mélangent des réflexions seul être dont je ne redoute jamais rien, bre : une automobile de poupée et une foHe,,,c,,t t,,slcs 011 tristement folles, c'est le bon Dieu, car il me comprend selle d'fuie coquette, fanfreluchée, semble,n P°P‘»o»«cr comme les toujours, lui qui m'a fait telle que je inouïe ?Sa félicité frise le délire.Prcimers grains de neige.suis et qui a décrété que mon destin \ , r.Devant la route deja poudrée de fût ce qu’il est ! ” Mi.i.i: i»r.MONTKÎNV (Margot) Mais, peu a peu, la fête languit ; les Mais le vieillard, lui, tristement cons- extérieure et on sait si peu sur ma vie tate (pi a la lin de la vie, le chemin intime ! Mais cpii peut raconter sa vie est dangereux, et qu’un jour, pauvre d’une façon qui semble exacte à tous ?Y', 1 i / • « h .v.eux, il glissera dans la tombe, pour On n’apparaît pas la même à tel homme Et le désirant, elle grimpe sur une lle plus j.lIllais sc relever.et à son voisin aie, soi nte les moinelles blanches.Tombez, tombez.petits grains de Je suis autre pour nia femme de î.a ).is, un co ret .lonipte, elle neige blancs et jolis comme des plumes chambre que pour mon amie, pour mes dlcdlcbrns.0,,f!cllcs'arrête.So„(lccolombe.petits chatsquepourceuxqui lisent Ici-bas, vous n’aurez pas tous le mes livres, autre pour les Roumains même sort, et si beaucoup sont appe- que pour les Américains.Si j’avais lés a longer les belles allées qui eu le temps de l’écrire, cette bio- qu’involontairement sa main a déran- mènent à de grands chateaux, d’autres graphie, j’aurais surtout parlé de gé, elle vient de reconnaître, comme devront s’arrêter devant la porte mon enfance, car les petits traits enseveli dans sa nacelle de buis, le basse de la chaumière et faire frisson- caractéristiques de nos débuts sur terre n’a presque rien reçu.On trouverait peut être encore quelque bibelot à l’arbre !.Et le dés table, scrute les moindres branches.visage se crispe, ses yeux sc dilatent sous une stupeur angoissante.C'est que, derrière ce châle de laine, LE JOURNAL DE FRANÇOISE expliquent toujours toute la vie ultérieure, et j’estime qu’on ne change jamais.En tout cas, je me fais l’effet d’être encore aujourd’hui la même que lorsque j’avais trois ans.Je trouve que je ressens encore tout, que je pense encore exactement de même que dans ma plus tendre enfance, et que mon être intime n’a été modifie en rien par les expériences de la vie ; ces expériences-là n’exercent que très peu d’action sur l’âme profonde.Ainsi je suis encore, tout au fond de moi-même, la mystique petite fille qui, vers sa sixième année, à l’époque de Pavent, s’assit une nuit sur son berceau et réveilla toute la maison en priant à haute voix : ‘ Comment dois-je t’accueillir, comment te rencontrer ?” Je suis encore exactement aussi pieuse, aussi pénétrée de la Pensm de Décembre 587 grave des rois Mages ; voilà le plus beau poème d’humilité et de douceur qui ait jamais été écrit dans aucune langue.Si donc, d’une part, l’au-"jd I ix N 11 est [011111e et l’hiver, à la chute des beau, dans failles, nous font la leçon de la mort ; sa ^ mystérieuse d’autre part, à leur déclin, dans la mélancolie, pallvre étable de Bethléem, ils nous comme la Iran- fon[ ja i^çon de la vie, de la vie qui doit être simple, humble et pure, M.PRKD.CKLINAS sition de l’automne à V hiver.Après la chute ées feuilles qui viennent j o 11 -cher 1e sol et P'kKD.GIvIvINAS.Nous avons appris avec plaisir que M.Ed.Archanibault, le jeune et populaire marchand de pianos, 1686 rue Ste-Cathcrine, a ajouté à étalent sous nos pas un merveilleux tapis aux teintes innombrables, aux somptueuses cou- rassortiment de son magasin, les leurs, la neige, la neige éclatante pianos Lafarguc (le New-York.11 et Pure» couvre la natuie entière scra |c scuj représentant au Canada crainte du Seigneur et illuminée des C0111Ille c^un Manc suaiie.Ondiiait ({c cette fameuse manufacture, en douces espérances éternelles que dans ^ue )es ^rcs eux-mêmes se sentent remplacement de M.Rivcst qui s’est les premières années de mon enfance, imprégnés d une infinie tristesse, retiré du commerce des pianos.M.T I T' 1**4- \ / * alors que ma mère m’enseignait que église, qui est une mere pre- Archanibault peut maintenant riva-la plus belle veillée de Noël est la voyante, a choisi cette saison de liser avec ce qu'il y a de plus artis-veillée de la mort et notre plus magni- ^ ann(-‘e pour rappeler nos cœurs et tique en fait d'instruments de musi-fique récompense ! nos esprits au culte des morts.No- que, à Montréal ou dans le Domi- J’aspire maintauant à cette seule et vem^rc est mois des disparus, de nion, et nous engageons les ama-véritable veillée de Noël, que rien ne ceux que le grand au-delà vient pren- tcurs de belles choses d’aller faire viendra plus troubler ; vers cette veil- ^re Pour ne P^lls *es rendre jamais, une visite à son établissement, où ils lée suprême je concentre tout 111011 janiais* 11 ^ bon songer que la vie seront accueillis d’ailleurs, avec la espoir, et je me réjouis mélancolique- elle-même, image prolongée des sai.plus parfaite courtoisie et la plus ment d'une si ineffable attente.sons, 11’est qu’une transition de la exquise urbanité.M.Archanibault, naissance à la mort, du berceau à la devant qui s'ouvre un avenir pros-tombe.D’une visite au cimetière père, est encore un éditeur de prenaissent une morale éloquente, un eu.micrc classe.Rien de plus à propos, seignemeut piofond.On aime à nié- pour cadeaux de fêtes, qu’une “Val- Carmen Sylva.Bonbons de Tetes.Taffy.—On peut faire de fort jolies choses au moyen du taffy, mais il faut que ce soit fait rapidement, car le sirop se durcira bientôt.Caramels aux /; aises.—Mêlez bien diter sur cette parole si belle de saint sc ”, une “ Marche ”, ou une “ Mcdi-François de Sales : " Dieu dépouille talion ” choisies parmi la musique les arbres de leur honneur pour nous éditée par la maison Archanibault.faire la leçon de la mort.” - * * * Comme pour nous consoler et nous Un chapeau au salon de modes Mille-Fleurs, serait une fort jolie étrenne.PUNDE & BOEHM Coiffeurs, IPerruquiers et Parfumeurs 2366 STE-CATHERINE Ouest Près dejM ru'Pe'J MONTREAL Ouvrnges en chevcux artificiels de toute description, Coiffure de Dames, Teintures pour cheveux, h impu , Manicure, Clie-œuf.Laissez bouillir encore, en le- bles, des cœurs chastes.Ce spectacle, veux brûlés, Massage du scalp.muant tout le temps.Enlevez du simple dans sa beauté, d’un enfant feu ; ajoutez quelques gouttes d’un dans une crèche, que réchauffe l’ha- - liquide colorant rouge, avec un peu leine tiède des bœufs aux grands JExÀJNL DEjSHÀYEcS, Graphologue d’essence de fraises, et versez comme yeux, doux ; l’étoile qui brille au ciel I3 rue Notre-Dame, Hochelaga, plus haut pour refroidir.de cette nuit d’Orient; la silhouette MONTREAL quatre bols à café de sucre granulé, donner de la joie au milieu de notre trois cuillerées à soupe de glucose, et tristesse, Noël va carillonner bientôt un bol à café d’eau bouillante.Quand dans l’air pur des soirs la venue chez tout sera bien mêlé, faites bouillir, en les hommes de VEnfant-Dieu.De remuant de temps en temps, jusqu’à toutes les fêtes auxquelles la liturgie ce que ce soit cuit à point.Lorsque chrétienne nous convie, celle-là est la le caramel durcira dans l'eau froide, phis touchante assurément dans sa ajoutez un bol à café de crème, et un naïve simplicité.C’est la fête des morceau de beurre de la grosseur d’un tout petits, des innocents, des hum- 588 LE JOURNAL DE FRANÇOISE * PAGE DES ENFANTS * i #1 TANT1-: NINV.TTK J\ l’Occasion do la nouvelle Année Nous entrerons bientôt dans une nouvel le année, chers petits enfants.Que nous ap-p o r t e r a V a 11 1905 ?C’est le secret de Dieu, et plus vous avancerez dans la vie, plus vous serez reconnaissants au Créateur de la faveur (pi'il nous a faite en 11011s laissant ignorer les événements futurs.Pour le moment, l’année nouvelle s’ouvre pour vous joyeuse et pleine d’espérances : jouissez pleinement de ses promesses.De tous les souhaits (pie je suis heureuse de faire pour vous, il en est un que je désire plus ardemment (pie les a lires et que je vous voudrais vous voir conserver toujours : c’est la gaieté, source de la sauté physique et du bien-être moral.Tant (pie vous aurez cette richesse, vous serez mieux partagés que lès plus fortunés de ce monde, car vous aurez le secret d’être heureux vous-mêmes et de procurer le bonheur à ceux (pii vous entourent.Du fond de sa crèche, 1* Iînfant Jésus nous enseigne de bien belles leçons, il en est une dont 011 vous a parlé bien des fois, j’en suis sûre, niais qui, pourtant, ne perd rien à être répétée : la charité envers les pauvres.Quoique cette vertu soit toujours de saison, elle est d’une urgence plus grande à cette époque-ci, où les déshérités des biens de ce monde sentent plus vivement les privations qu’il leur faut s’imposer pour eux et leurs enfants.Ces petits ont votre Age et comme vous aussi, ils aiment les jouets et les friandises.Ils soupirent avec autant de force que vous après les fêtes de Noël et du premier de l’an.Vous pouvez, dans la mesure de vos moyens, contribuer à les rendre heureux, chers neveux et nièces, et à cette fin, prenez tous ces jouets des années précédentes,dont vous ne savez que faire, et distribuez les aux pauvres petits que le sort a le moins bien favorisés que vous.Vous serez la cause d’une grande joie, et, vous attirerez sur vos jeunes têtes lus bénédictions du Jésus des Enfants,pour qui même un verre d’eau donné en son nom ne restera pas sans récompense.Tante Ninkttk.Tarbre l\\» gérant de la lia mine d’1 loclielaga, Montréal.I )irecteur-Géra lit : MARTIAL Cil KVALIKR Secretaire : .1.Tllréo.LKd.KRC Pour tous renseignements s’adresser aux bureaux de LA SOCIETE D’ADMINISTRATION GENERALE 30 RUE ST-JACQUES, I *H I M I *l.N r./i’i/Z/a '#•
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