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Titre :
Le journal de Françoise
Revue littéraire féminine qui contient des pages consacrées à la mode, aux arts ménagers, aux enfants et à l'étiquette (bienséance). [...]

Publié à Montréal de mars 1902 à avril 1909, ce « journal » littéraire bimensuel, qui a pour sous-titre Gazette canadienne de la famille, concrétise le rêve le plus cher de Robertine Barry, alias « Françoise », l'une des premières femmes canadiennes-françaises à faire activement du journalisme.

Pendant neuf ans, de 1891 à 1899, elle a en effet travaillé comme journaliste pour le quotidien La Patrie. En outre, elle a publié un recueil de nouvelles, Fleurs champêtres, ainsi que Chroniques du lundi, un choix d'articles parus dans La Patrie de 1891 à 1895. Les membres de l'École littéraire de Montréal la placent alors parmi les « principaux littérateurs canadiens ».

La fondation du Journal de Françoise représente un moment fort de sa trajectoire. Elle y consolide un capital social déjà considérable et y exerce une autorité absolue à titre de directrice, de rédactrice, de propriétaire et d'administratrice.

Ce bimensuel constitue un objet protéiforme donnant à lire un corpus de tonalités et de contenus variables, qui va du texte argumentatif sur des sujets d'actualité aux conseils pratiques pour la ménagère, en passant par les genres littéraires canoniques.

Dans son périodique, Françoise fait preuve d'une audace et d'une modernité absentes des oeuvres publiées sous forme de livres par les femmes au Canada français - des travaux qui sont caractérisés par leur conformité à la doxa. Son discours dissident se trouve dans les textes argumentatifs (éditoriaux, billets, comptes rendus d'ouvrages ou d'événements ponctuels) et les rubriques récurrentes (« À travers les livres », « Bibliographie », « Bloc-notes », « Le coin de Fanchette »); il surgit également là où on ne l'attend pas : phrases glissées dans des communiqués apparemment neutres de prime abord, ou dans de brèves présentations d'articles. Cette variété formelle rend difficile la quantification en pourcentage du discours de cette nature, mais elle lui donne une présence significative.

Françoise milite en faveur de l'émancipation des femmes et de leur droit à prendre une place entière dans la société. Cette position légitime l'autorité qu'elle s'accorde pour se prononcer dans les débats qui ont cours et tenter d'influencer l'opinion de ses contemporains. Elle affirme le droit à la liberté de pensée et d'expression, et appuie toutes les initiatives qui la favorisent. C'est en cela que son journal a laissé sa marque, malgré la relative brièveté de son existence. Ses prises de position, au demeurant, la mettent souvent en situation de conflit avec les autorités religieuses, en particulier avec l'archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési.

Parmi ses collaborateurs, mentionnons Albert Lozeau, Paul Morin, Louis Fréchette, Émile Nelligan (à qui Françoise consacre un article élogieux dans le numéro du 2 avril 1904), Laure Conan et Jean de Canada.

Dans le numéro du 15 avril 1909, Robertine Barry remercie ses lecteurs et annonce la fin de son journal : elle n'a plus suffisamment de temps à y consacrer.

BEAUDOIN, Lise, « La parole dissidente de Françoise dans Le Journal de Françoise (1902-1909) », Recherches féministes, vol. 24, n° 1, 2011, p. 25-43.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1979, tome IV, p. 152-153.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1902-1909
Contenu spécifique :
samedi 21 mai 1904
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
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Références

Le journal de Françoise, 1904-05, Collections de BAnQ.

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3mb année—No 4 Le numéro, io cts Samedi, 31 Mai 1904 (GAZETTE CANADIENNE DE LA FAMILLE) Paraissant le 1er et le 3ieme eamedi de cliaqne mois Directrice : R.BARRY * Dire vrai et-faire bien ABONNEMENT : Un an Six mois - Strictement payable d’avance REDACTION et ADMINISTRATION 80, Rue Saint-Gabrfel, Montréal.Tel.Bell.Main 009 A V ETRANGER : Un an - Quinze francs Six mois - - - 7 frs 50 Strictement payable d'avance.Renouveau (poésie).François Coppéc On demande des Inspecteurs.Françoise Page Intime .Marie-Louise Souvenir.Cousinettc La femme dans la famille.Comtesse Mila Les Lilas Blancs.Armand Sylvestre A rUniversité Laval.La Directrice Causerie.E.H.Qausseron A travers les livres.Françoisç Le Coin de Fanchette.Françoise Propos d’Etiquelte Lady Etiquette Correspondance.M.-Lse de Varennes Chronique de l’élégance.Cigarette Le Carnet intéressant.Vieuoc Chercheur Scène de Première Communion.Gustave D.roz- Pages des Enfants.Tante Ninette Une Reine des Fromages et de la Crème (feuilleton, suite).Mmé Longgarde IMPRIMRRIB A.P.IpIGKOH, I595-I597 HUB ONTARIO 4é 1* Ctté et du de Montréal au SI décembre 1908 Espèces en caisse et dans les Banques .A«ctiens du gouvernement du Canada et intérêt, acçru Debentures dtt^oqvëniement pît^vinctith i : ;.Debentures de Cité de Montréal.et autres dé ben VIOLEUR.SANTÉ.BEAUTÉ LONGÉVITÉ.ce outf donncTm rt)usr i-C3f 7 DENTISTES.Nog doi ts sont d’une grande beauté, naturelles, inusablee.inca«a* bleu, * ans traces d’artifices, et donnent là plus grande satisfaction - à toes.Elles sont garanties.Or, eùnant, argent pour plombage.- JPullrlcité, totitit Dentaire Franco - Imulcaü 10» «ne SI Denlr Montreal yjnan*s*tt3k»*m, tiââotrji&ito kadsvkx WÛBSUHt ^rtftrmmàs/né^ bteotjwseian.nx.y; ¦ , !*r * % - * v ¦î’/t-y >¦ .* V * ' »'/ Yiit ¦ >:•••' ; %.* • r"" .me * '¥& r«».«enmalmç iu 88 Mal LA DOBQF£ r»f XaViau quMo«;mr:« •.ix ! Matinée, ÎO.15.SI, SS et a Oc.} Moirée, le, 95, 85, 40 et 5Oc.N, B.—Les enfant» âgés de moins de 5 ans ne sont pas admis aux représentations.EDMOND GIROUX, Jr.Pharmacien ghlmlitc difice uu Monument National 216 RUE SAINT-LAURENT Téléphone Main 2628.Spécialité : Ordonnances des Médecins Affections des Organes respiratoires, toux rebelles, bronchites aiguës et chroniques, catarrhe, asthme, engorgements pulmonaires, laryngites, et toutes affections de la poitrine.municipales çt scolaires.V.,>< .4,840,463 3* Autçes obligations débenturea.'.- 661,385 50 Valeurs diverses .; ~ 320,837 25 Prêts à demande et à courte échéance, garantis par des valeurs énnantissement .;.6,920,503 68 Fonds de charité, placé sur débçntures municipales, approuvées par le gouvernement fédéral 180,000 00 % .• .’ .¦ " •-¦-—;- Immeubles de la Banque (bureau principal et six succur- .(450,000 00 Autres titres.-.9,186 36 AU-PÜBLIC : PA88,F Montant dû aux Déposants.5,302,061 19 Montant dû au Receveur-Général.93,341 86 Montant dû au Fonds de Charité.Montant dû aux Comptes Di^e s .459,186 36 $l7,031,993 31 100,000 oo 78,881 89 Marque déposée AUX ACTIONNAIRES : Capital (souscrit (2,000,000) payé Fonds de Réserve.Profits et Pertes.600.000 00 700.000 00 77,708 37 (15,654,284 94 Nombre de comptes ouverts.(69,487 a 1 ' #1»377,708 37 $17,031,993 31 Dose : Adultes, une cuillerée à thé toutes les deux heures.—Enfants : une demie cuillerée t\ thé toutes les quatre heures.Seul dépositaire : PHARMACIE GAGNER, Coin des rues St-DenU et tite-Catherlne MONTREAL.CHRONIQUES DU LUNDI PAR FRANÇOISE Un fort volume de 326 pages.Prix» 36c A vendre che* MM.DEOM & FRERES, 1877 Rue Ste Catherine, Montréal.Somme moyenne due â chaque déposant.(220 29 Contrôlé et trouvé conforme.JAS.TASKER, A.CINQ-MARS, .A.P.LESPERANCE, _________________Auditeurs.___________________' Gérant.Paraissant le 1er et le 15 de chaque mois.Publié soua la direction de Mme GABBIELLE tiORCY DIRECTION «T ADMINISTRATION; "" BMiçry.Tel.Main, «045.1 an.$1.50 ; 6 mois.80 cents.Fleurs Fraîches! Reçues tous les jours chez ED.LAFO.Ü Le Fleuriste des Theatres 1607 RUB STE .CATHERINE Tél.Bell Bat iq49 Tout ouvrage exécuté à des prix modérée.montres et Bijoux Notre assortiment de nouveautés est maintenant complet.Une visite à notre Exposition vous sera avantageuse.N.BEAUDRY & FILS Bjoutiere Opticiens 212 Rue St-Laurent, Montréal Essayez le Polisseur CAN DO pour argenterie Demandez un échantillon.Tél Beil, Main 3106.CONSOMPTION 1079 3 me année—No 4 f ¦+—A A A A , A, -*¦ .journal Samedi, 21 Mai 1904 “1 francos t -W •» "V-V 1 (GAZETTE CANADIENNE' DE LA FAMILLE) Paraissant le 1er et le 3ieme samedi de cliciQLie mois Directrice : R.BARRY Dire vrai et faire bien ABONNEMENT : Un an - - - $2.oo Six mois i.oo Strictement payable d’avance.REDACTION et ADMINISTRATION 80, Rue Saint-Gabrlel, Montréal.Tel.Belli Main 999 A 1/ETRANGER : Un an - - Quinze francs Six mois 7 frs 50 Strictement payable d’avance.IL1L1.: < ¦i RENOUVEAU Depuis un mois, rZr/Y exilée, Z.0//Z &' mes yeux} tu C en allas, lit j'ai vu fleurir les lilas Avec ma peine inconsolée.Seul je fuis ce ciel clair et he au Dont l'ardente effluve vie trouble Car Vhorreur de Vexil se double De la splendeur du renouveau.En vain, f entends contre les vibes Dans la chambre ou je m'enfermai Les p) entiers insectes de mai Heurter leurs maladroites elytres ; En vain le soleil a sou fi : Au printemps, je Jcrvic via porte Et veux seulement qu'on ?n' apporte Un rameau de lilas fleuri.Car Vamour dont mon âme est pleine Retrouve, parmi scs douleurs, Ton regard dans ces chères fleurs Et dans leur partum ton haleine.klXJLU ÎTTTTTTTTTTTTT François Coppêe.' TTTT TTTTTTTT TTTTTTTT TTTT TTTT TTfTTT TTTT T7TTT ttttÜ On demande des Inspecteurs Personne ne sera surpris qu’on demande des inspecteurs sur les tramways, car le besoin en est grand.En effet, il n’est guère agréable, surtout pour les femmes, d’aller au bureau du surintendant de la compagnie des tramways dénoncer les conducteurs oublieux de leur devoir et de comprendre qu’elles sont la cause du ren- voi de ceux-ci, tandis que si les conducteurs savaient que leurs agissements sont surveilles, par l’oeil d’un maître, ils seraient plus soucieux de l’exercice de leurs obligations.J’expose, ici, quelques griefs : Il y a des conducteurs qui crachent les premiers dans leur tramway quand les pancartes affichées partout l’interdisent à tous les passagers.D’autres, qui, lorsqu’ils sont occupés au fond du tramway à recueillir les prix de passage ne se dérangent pas du tout pour aller aider une femme et des enfants essayent péniblement de monter dans le dit tramway.A certaines heures du jour, quand plusieurs employés se trouvent ensemble dans le tram way,ils ne se préoccupent guère de céder leur place aux passagers, et amusent leurs loisirs e î s'entretenant, les uns les autres, des “bons tours" qu'ils jouent à leurs supérieurs, détails plus ou moins intéressants, dont, à la rigueur, les indifférents pourraient se passer.Ces jours derniers, une clame voulut mettre dans la boite un billet de cinq heures, quinze minutes à peu près avant le temps réglementaire, le conducteur, au lieu de lui représenter poliment que l'heure n'était pas encore venue, lui arracha le billet des doigts et le déchira brutalement en accompagnant son acte de remarques grossières.Une autre fois, un conducteur ne voulut pas accepter le prix du passage par ce qu’il était en sous.Tout ce que je viens d’écrire, je l’ai vu de mes yeux vu.Il ne faut pas s’étonner si après ces abus, trop souvent répétés, les sympathies du public aillent vers le Terminal.Je le répète le seul moyen pour la Cic des Tramways d’éviter ces ennuis, c’est de mettre des inspecteurs sur les tramways.Elle ne doit pas compter, pour être au courant de ce qui s'y passe, sur les dépositions des passagers.Ils préféreront toujours être victimes que rapporteurs.FRANÇOISE. 36a LE JOURNAL DE FRANÇOISE PAGE INTIME 1 v x* x* v x* x* x* v x* x* x* x* X’X’WX’X1 x*X' X’ {•X'^SL' Je suis seule ce soir.C est mon jour N’importe ce qui en est de ce dernier Lucie, l’enfant gâté de la maison, de naissance, je n’en ai parle à per- point ; mais j’ai ouï dire à un céliba- celle qu’on appelle “La Petite”, qui sonne parce que j’aime à célébrer cet taire spirituel qu’il n’aurait eu d'autre tous les soirs, pose sa tête blonde sur anniversaire sans bruit, avec mes pen- elïet sur lui que le sel jeté sur le feu.l’épaule de son père et s’y endort sées.Ma bêtise en présence de Maurice avec un air de chérubin.J accomplis aujourd’hui ma trente- n’eut, en effet aucune influence fâchcu- Que la paix repose sur mes enfants ! sixième année ; il me semble que j’en- se sur lui.Son pouvoir sur moi aug- Hélas ! ce n’est pas une chose facile tre dans une nouvelle période de mon mentait de jour en jour.Si Maurice que d’élever une famille ! J’ai lu un existence ; ma jeunesse est derrière était grave, je devenais sérieuse, j’étais grand nombre de livres d’éducations, moi, me voici dans l’âge moyen, et je interdite.Quand il était parti, je res- ils me sont d’un faible secours, que ce sens parfaitement ce que mon mari et pi rais avec plus de facilité, mais j’au- soit leur faute ou la mienne.Il m’ar- 111011 âge sont en droit d’attendre de rais voulu sauver sa vie au prix de la rive souvent,quand je 11c sais plus que moi.Comme les années écoulées pas- mienne.Et quand il me proposa, avec faire de serrer l’enfant coupable dans sent, dans ce moment devant mes des mots d’une tendresse si intime, de mes bras, de pleurer avec lui de tout yeux.Je me retrouve dans la maison devenir sa femme, ma main se posa, mon coeur, ou bien de l’embrasser avec si gaie de mes parents avec mes frères quoique en tremblant, dans celle qu’il joie quand il est sage.et mes sieurs, ces joyeux compagnons me tendait, et, sans le savoir pour ain- Je m’applique à gronder le moins de mon enfance.si dire moi-même, j’avais consenti à possible ; en agissant autrement, il La vie était encore pour nous exernp- traverser la vie à son côté.Douze ans serait facile de bannir l’assurance et te de peines, nous pleurions sur les se sont écoulés depuis ce moment, et, la joie innocente d’un enfant Je crois malheurs de “Geneviève de Era- je désire faire le portrait de nia qu’en cherchant sans cesse à cultiver haut”, sur les tribulations du “Bon petite bande d’enfants, qui, après avoir le bien, à réchauffer, animer, éclairer I' 1 idolin", c’étaient là nos chagrins, bien soupé, vient de se coucher sur de le cœur, ce qui est défectueux dispa- L amitié, à ce temps heureux était moelleux plumons.Ah ! que je vou- rait insensiblement.notre passion ; je me sentais disposée drais avoir un bon portrait de mon Je chante beaucoup avec mes cn- à mourir pour elle, l’amour me trou- Henri, mon premier né, mon enfant fants ; j’ai voulu de bonne heure bai- verait de pierre.Quel plaisir je trou- d’été ! Je lui donne aussi ce nom par- gncr,pour ainsi dire, leur âme d’har- v vrai s à jouer le rôle des heroines sé- ce qu’il est né le jour de la Saint-Jean, monie.Chaque soir, quand le crépus- vères des romans ! Et j étais dans cet pendant l’été de mon bonheur.Mon eu le commence, ils se réunissent au- état d ame quand Maurice vint chez fils a douze ans.Son père dit qu’il est tour de moi, il faut que je chante au nous.On 1lavait annonce comme un beaucoup trop turbulent, mais toute piano, ou bien que je leur fasse clian-homme instruit, énergique ; ces quali- ., tés, n'importe par qW motif, plaisent * eux-memes des petites chan- f T., joie.Qu il est beau, mon enfant d etc sons en les accompagnant, toujours aux femmes, il me plut des ., , -p., ., , ., ., , ^ , et combien je 1 aime ! Mon mari m a- Du reste, je puis répéter à 1 égard 1 .,)Ul"Kr a H)n " .-U“IK.SCS )Cllx vert it souvent de veiller à ce que cet de mes enfants, ce qu’un de mes amis, nmrs et graves étaient Axes sur me, ^ point en partialité dit des siens : ils exerçaient sur toute ma personne , , ., , , .T1 , ,, , .c est pourquoi je m arrache au portrait —Us sont modérément bons, c estime puissance ravissante, mais en me- XT T XT ^ < v « ., No.1 pour passer au No.2, mon Eva a-clire pas encore assez pour le ciel, me temps oppressive., 1 T,,., , qui ressemble beaucoup a sa mere, dit.I étais heureuse et cependant, an- .fr = T mo,,vcmr." ™=r, i r tïï _ raient’de travers cTqu’dlcsTntrcpm- linc gra,,(lc sensibilité et une enfance Pour plaire aux autres, il faut par-naient et jamais ma conversation ne é lu, a donne un caractère ,ne- 1er de ce qu'ils aiment et de ce qui les me paraissait aussi sotte que lorsque T ', bouche, encore dans la peno- touche, éviter les disputes sur des Maurice m’écoutait.Ma tante Lotte ' ° défavorable de la chute des c ents, choses indifférentes, leur faire rare- —„ SSzS ceci : S.un homme te croit betc, cela jamais autre chose eue laide.“Mon ' XXX ne te nuira pas dans son esprit ; mais pctit laideron chérie!” dis-je parfois- —- s il pense que tu le considères corn- * la serrant tendrement dans mes Allez à Mille-Fleurs, comme au me un so , u seras perçue a jamais bras.Je veux la réconcilier à l’avance meilleur salon de modes, 1554, rue dans son opinion.avec sa destinée.Voici maintenant, Sainte-Catherine. LE JOURNAL DE FRANÇOISE 363 SOUVENIR Je- me souviens encore quand le cruel Gupidon m’attaqua pour la première fois.Oui, “ scs petits amours méchants ” m’assaillirent perfidement clc leurs flèches pendant l’annce bissextile 18.—J’avais treize ans—âge peu raisonnable, en vérité, pour peril cttre une telle invasion dans mon trop jeune cœur.Mes parents avaient décidé de passer l’été sur les bords du lac “ Chrys-tal ”, dans les montagnes Vertes.Depuis quinze jours nous étions installés à ‘‘l’Ermitage”, jolie habitation toute blanche, littéralement enfouie sous les sapins, et qui réjouissait l’œil du passant par son riant aspect.La vacance battait son plein.Notre caravane se composait d’une légion de frères, sœurs, cousins—ces derniers, recrutés dans leurs familles respectives pour prêter mai 11-forte à notre programme tapageur, discuté longtemps à l’avance.Que c’était bon et que le temps nous paraissait court ! Un nuage, un seul nuage flottait sur ces jours tout ensoleillés de joie : la rentrée des classes.à venir ! C’était l’époque redoutée, celle que nous n’aurions jamais voulu voir revenir ! Mais.au fait.Il paraît qu’une fillette—et c’est de rigueur à quelque nation qu’elle appartienne—lit son premier roman dans les yeux.d’un cousin ! Très naturellement, j’avais un cousin, le cadet de la bande, grand garçon de dix-sept ans qui se préparait au baccalauréat universitaire.A mon avis, il réunissait à la fois tous les dons imaginables, qu’on eût pu découvrir dans les deux et sur la terre! C’est donc, vers cet oiseau rare que je portai tout mon enthousiasme.Et dire que lui, lé pauvre collégien ne se doutait nullement dé la chose ! ! Mais comment le' lui faire savoir ?.Voilà qui se compliquait.“'Tout a une fin”; je résolus de jouer d’audace.Cette guerre acharnée dont j’étais victime, et que le dieu de V Amour et ses malins messagers se plaisaient à me livrer à l’insu de tous, me devenait insoutenable! Un jour que j’étais à écrire dans la salle d’entrée, de ma fenêtre, j’aperçois Maurice qui se dirigeait de mon côté.“La Providence m’aide ’ ‘ pensai-je* “le bonheur souffle' sur moi.” Sans perdre une minute, vite, vite, je rédige.une déclaration (!) que je laissai sur le pupitre.—O néfaste influence des années bissextiles sur la gent féminine ! Le temps de m’esquiver par une porte qu’il entrait par l’autre.Je restai clouée dans le corridor, l’oreille collée contre la cloison, et j’écoutai.Mon Dieu ! avait-il lu?Qu’en disait-il ?1 .a joie l’étouffait-elle.ou bien la nouvelle l’avait-elle foudroyé par la mort subite?Que se passait-il donc ?Mes craintes devinrent intenses.que signifiait le silence alarmant qui régnait chez mon voisin ?.Rien ne bougeait.seul mon pauvre cœur faisait du tapage avec ses battements précipités.Fallait-il partir.ou rester à mon poste indiscret?Oh! les flèches, les flèches, ce qu’elles torturaient la petite folle de treize ans ! Bref, je pris le parti de m’en fuir et de laisser mon “ chevalier ” en paix.avec ma déclaration.Dès lors, je crus, en vérité, qu’il me siérait fort bien de devenir triste, et de ne plus me mêler aux jeux des autres.Et mes frères, sœurs, cousins (sauf, le cadet, bien entendu) et cousines, comme je les regardais de haut et comme je les trouvais stupides avec leurs amusements bruyants ! De combien je leur préférais ma pensée unique, ma pensée constante, cette pensée qui ravageait, mon cœur et devenait le point fixe de ma folie.J’étais positivement éprise.Mais lui ?.Mais lui?.Le mot de l’énigme me fut donné deux jours plus tard.Nous étions sur la véranda à jouir des délices d’im superbe déclin de soleil, devenu pourpre avec les lueurs du crépuscule.La famille; au complet, semblait se griser des senteurs enivrantes des bois voisins, et chacun de nous—bien installé dans un bon fauteuil rustique— se livrait à des pensées diverses.Le lac, situé au bas de la pelouse et que nous avions surnommé : “ Le mi- roir de la Vierge, ” à cause de son peu d étendue et de la limpidité de ses eaux, était si beau et si calme, que la lune daignait s’y mirer avec vanité.Les grenouilles et les rainettes nous donnaient un concert d’une harmonie douteuse, mais pour moi, c’était divin et je trouvai à tout cela un charme pénétrant ! Tout-à-coup, ô bonheur ! j’entends une voix que je trouvais plus douce que la plus suave des mélodies, me murmurer tout bas : 4 Cousine!,te était son nom Elle habitait un vi luge Où l’été (huis mon jeune fige J'allais passer la moisson.” 14 Sur ce banc ce fut un soir.Notre dernière entrevue, J’avais V fil no tout émue Je l’aimais sans le savoir.” Et les quatre couplets de cette vieille romance me bercèrent de leur musique languissante.En fallait-il plus pour perdre une tête aussi bien équilibrée que l’était la mienne ?“ 1 fêlas, le bonheur est chose passager c ”.Dieu l’a sans doute voulu pour le plus grand bien des petites lilies.à déclarations! —Le lendemain, Maurice, nous initiait.Sa famille qui l’avait prêté à la nôtre pour une quinzaine, le réclamait.Tous ensemble nous allâmes le reconduire à la gare.Sur la route fleurie, je cueillis une “ immortelle ” et un myosotis, et je les lui offris; ces fleurettes symboliques avaient eu mes préférences en ce jour des adieux.En échange, il me donna une marguerite : “ Effeuillez-la, cousinettc, elle vous redira mon secret, j’en suis sûr ! ” L’autre jour, en regardant des vieilleries reléguées dans une caisse, j'ai retrouvé au fond d’une minuscule boîte.peut-on deviner?.Une pauvre petite tige scche, accompagnée dv.n pauvre petit pétale également scc ; une faveur bleue .les liait ensemble, et les mots: " Il m’aime” s’y détachaient en lettres d’or terni par les années ! C’était là, le secret qui se cachait dans la marguerite que Maurice m’avait donnée, et que j’avais religieusement effeuillée en revenant de la gare! COUSINETTE. 364 LB JOURNAL DE FRANÇOISE LA FEMME DANS LA FAMILLE Vous êtes contente,en quittant cette maison, de revoir la boue des rues, de respirer à votre aise, tant vous étiez Faisons maintenant une visite chez , , , , ., • „ .• • fauteuil ; Cecile, tiens toi droite et ne Beaucoup de femmes negligent la correction, mais avec des peines si visi- , „ , .,, , , , .- » chiffonne pas ta robe .direction de leur maison moins par bles, qu on éprouve moins de plaisir a _ _ .1 4 4 X / z-xi i o «rnt' /'/mi r nn r a nn paresse que par un certain mépris les écouter, qu’on a de peine à les voir pour des préoccupations qui leur s’évertuer laborieusement sur l’instru- scmbleut vulgaires et incompatibles ment., , .n ^ A .i TVif en proie a un vague malaise provenant avec les qualités poétiques dont elles Entrons clans la maison de Mme n., 4 .% 1 , - , , « , ., ,, , de la conviction intime ou vous etiez essentiellement a bien comprendre sa vraiment, Ion ne saurait voir , ,, position afin d’en tirer le meilleur par- unc maison mieux tenue.Les madque de cette maison- ti possible pour les autres et pour soi ; tapis n’ont pas une tache, et .et si vous avez réellement des tendan- l’on aurait de la peine â trouver e Elle est plus riche que Mme ces poétiques ou artistiques, elles se dans la maison un seul grain de %- cependant 1 on ne s en douterait pas, trahiront sans que vous y pensiez poussière.Mme B.fait, dit-on, des cn voyant sa maison si mal tenue.Les dans les plus petits détails de votre économies considérables dues à sa rcPas 11 jama*s l^u a 1 heure fixe, vie intérieure,et ne contribueront pas parfaite administration.Elle en t&Htôt, pour un dîner de huit per-peu à répandre autour de vous ce est très fière, et ne dédai- sonne, il y a à manger pour vingt,mais charme (pii doit émaner d une fem- gne nullement de vous faire part lendemain, elle se reprend, et il n y me.Si votre maison est par- de toutes scs ficelles économiques, et a P^us r*cn a tnanger du tout, faitement tenue, l’on vous tien- de vous raconter comme quoi elle rem- Quand vous entrez dans sa chambre, dra doublement compte de vos place avantageusement ceci par cela, vous ne savez où vous asseoir, tant talents, de votre instruction et de ct cela par ceci.Ces récits font sa d y a autour de vous de désordre et votre esprit, et celui-ci, quoiqu’on dise gloire et la consolent de ses désagré- de confusion.Ses enfants sont fort vous servira à mieux diriger votre mé- ments avec ses domestiques et dont elle mal élevés et quant à Mme C.elle-nage ; car sans dire précisément que fait part à toutes ses connaissances, même, elle est certains jours en grande le latin aide à savoir faire la soupe, il L’on sait que la bonne a cassé une toilette, depuis le matin, ou d’autres n’a pas pour effet non plus de la ren- assiette de prix, que la cuisinière a lais- fois> elle ne se gêne pas de rester jus- dre sûre.sé gâter un rôti, qu’il est tombé une clu au soir dans un négligé rien Pour le bonheur d’une famille, la goutte d’huile sur une robe qui avait moins qu’élégant, sage administration d une maison est coûté les yeux de la tête (songcz-donc, Vous excusez la mauvaise humeur chose indispensable ; il est vrai que nia chère, une robe perdue !) Vous du mari devant un tel désordre, selon la position ou les fortunes, les êtes, malgré vous, désagréablement Entrons dans la maison de Mme D.devoirs qu impose cette administration impressionnée par tous ces détails et dont le mari n’a qu’un modeste salaire, sont différents, mais qu on ait un reve- vous comprenez pourquoi le mari de On ne le croirait pas cependant, et on nu de cinq mille ou de mille dollars, Mme B.est si rarement à la maison, le croirait moins encore si l’on savait il faut, dans la direction d une maison, Le dîner est bon, soigné ct bien servi, que tout en tenant convenablement sa apporter les mêmes qualités d ordre, mais un je ne sais quoi vous fait com- maison, faisant le part des pauvres et d économie et de prudence.prendre qu’un compte exact est tenu celle de l’amitié, elle peut, chaque an- il est dit dans la Sainte Ecriture, des bouchées que vous avalez, et que née, mettre quelque chose de côté pour (pie la lemme sage bâtit sa maison,et vous acquicrcz des mérites aux yeux les circonstances imprévues ou malheu-que l’insensée détruit celle qui était» de la maîtresse de maison chaque fois reuses.fondée.C’est une grande erreur de quc vous refusez d’un mets.L’on n’est pas plus d’une heure dans croire que des capacités communes suf- Ses enfants sont peignés, brossés, sa maison sans s’y sentir aussi à l’aise lisent a b.en tenir une maison.Tout lavés, étrillés même je crois, et sont que chez soi.Tout plaît malgré sa au contraire, il faut beaucoup d’intclli- tnnmnrc hi™ vÂtue • r*™:* ;io ______ toujours bien vêtus ; mais ils n’ont simplicité, ct l'on retrouve dans l'ar- Ccrtaincs femmes, par la manière dations continuelles dont on ne leur d’ordre, d'harmonie et d’ingéniosité de tenir leur ménage, me font penser fait pas grâce un instant : "George, qui sait par de gracieuses inven-a ces personnes qui jouent sur le piano nrends «rarde.tii va= *____à ______ personnes qui jouent sur le piano prends garde,tu vas tacher ton habit: tions suppléer â la richesse des morceaux quelles exécutent avec Edouard, fais attention tu brises ce Les domestiques sont ‘ surveiV LE JOURNAL DE FRANÇOISE 365 lés mais non tracassés, et, il y ' a, mesdames, une très grande différence entre une chose et l’autre.Tout va si bien dans la maison qu’on dirait vraiment que tout y va de soi-même.C’est là le suprême talent d’une maîtresse de maison vraiment supérieure.Celles qui en faisant très bien, parlent continuellement de leur ménage et de tout ce qu’il comporte, font payer par beaucoup d’ennui des mérites qui perdent toute leur valeur du moment qu’on leur donne trop d’importance.Savez-vous pouquoi l’on se trouve si bien dans la maison de Mme D.?c’est parce qu’au besoin et selon les circonstances elle sait sacrifier le moins au plus, et c’est ce qu’ignorent beaucoup de femmes.Il faut du tact et de l’intelligence dans la manière de faire des économies, car celles qui vous font appeler avares, n’ont point une grande valeur pour ce qu’elles vous coûtent, et ce ne sont même pas les personnes chiches et mesquines qui sont véritablement les plus économes.Avant que de finir cet article trop long déjà, laissez-moi, mesdames vous faire remarquer un détail plein de grâce dans le portrait de la femme forte.Après avoir fait mention des travaux considérables auxquels dlle se livre, l’historien sacré ne dédaigne pas d’ajouter : “Elle travaille le lin et la laine.Elle a porté la main à la quenouille et ses doigts ont tourné le fuseau”.• Ce portrait de la femme idéale a été donné en modèle aux femmes de tous les siècles, et convient tout aussi bien à la grande dame, qu’à la femme de l’ouvrier.La femme, quels que soient sa position ou les devoirs plus sérieux et plus nobles de sa vocation, ne doit jamais négliger les humbles travaux de son sexe.Je vous assure qu’on peut quelque fois avoir de grandes pensées en donnant son temps à des occupations très modestes.Il est raconté dans la vie d’Isabelle, femme de Ferdinand le Catholique, roi d’Espagne, que dans les moments de loisir que lui laissait l’administration de ses États particuliers, elle travaillait à 1 aiguille et cousait elle-même les chemises du roi.Cela ne l'empêchait -fiOVUK: îitUV.t.tmpii pas cependant d’accomplir de grandes choses.C’est elle qui détermina la prise de Grenade, et c’est à elle seule que Christophe Colombe fut redevable du vaisseau qui lui servit à aller à la découverte de l’Amérique.Vous voyez, mesdames, qu’on peut avoir de grandes pensées et accomplir de grands desseins tout en cousant des chemises.Essayez un peu et vous verrez.Comtesse Mila.A l’Université-Laval.Rien de plus joli que les chapeaux et les capotes faits à Mille-Fleurs.Vanille essence Jules Bourbonnière se vend à $1.00 et $i 50 la livre fluide.Tel.Bell Est, 1122.Ces [lias Blancs Plus blanche que les lilas blancs Dont les grappes, aux grains tremblants, Se penchaient à peine fleuries, Vers sa fenêtre au temps de Mai, Et qui, dans le veut parfumé, Auraient bercé sa rêverie ; Plus pure que les blancs lilas Qu’un caprice moissonne, hélas ! En leur neige ù peine formée, Avant qu’un baiser du soleil Ait bu, dans un frisson vermeil, Leur âme d’amour embaumée ; Plus frêle que les lilas blancs, Qu’en hiver des soins vigilants Fleurissent sous la vitre close, Hier entr’ouverts, et morts demain, Au bord du cristal oit la main Blanche d’une femme les pose ; C’est sur un oreiller d’enfant Que, d’un mal dont rien ne défend, Morte, hélas î elle était couchée.C’est une branche de lilas Blanc qu’entre ses petits doigts las, Près du Christ, on avait penchée.Quand son souffle se fut éteint, Avant.que sonnât, au lointain, La cloche de la vieille église, Les clochettes des lilas blancs S’agitèrent, en rythmes lents, Comme pour tinter dans la brise.Et depuis lors, quand le printemps Fait, dans les jardins éclatants, S’ouvrir des fleurs de toutes sortes, Les clochettes des blancs lilas Pour son âme sonnent le glas Silencieux des vierges mortes.Armand Sylvestre.:-';x On nous pardonnera le sentiment d'orgueil bien légitime que nous avons éprouvé en constatant le résultat des concours littéraires aux Universités de Québec et de Montreal.Dans ces deux remarquables institutions — après lesquelles on ne saurait monter plus haut — ce sont des femmes qui ont été les lauréates, pour les prix accordés au meilleur travail littéraire, donné par le professeur à la clôture des cours.Et comme ces compositions ont été corrigées par des hommes, on ne peut suspecter en faveur des gagnantes, des considérations de partisan-ncric.Les sujets proposés étaient aussi intéressants à étudier que difficiles à traiter ; il a fallu, pour que les compositions eussent du mérite, prouver que les écrivains avaient autant de jugement que d intelligence.Sont sorties victorieuses de l’épreuve et au premier rang ?des femmes ! A Montréal, premier, deuxième, troisième et quatrième prix : Madame Du val, Mlle J.M.Wells, Mlle Millettc et Mlle Renaud.A Québec, où il n’y a que trois lauréats, le premier a été Mlle Marie Sirois.Combien les femmes devaient être hères de ce triomphe ! Et combien, nous nous réjouissons pour notre part, d’avoir été, la première, à demander officiellement qu’on accordât aux femmes de Montréal, le droit qu’on, leur avait injustement refusé jusqu’à l’année dernière : celui de concourir avec les candidats pour la récompense comme pour la peine.Nos félicitations sincères aux heureuses concurrentes.La Directrice.Des parents désirent placer leur fils, âgé de 17 ans, dans une famille, de cultivateurs où on devra lui apprendre l’agriculture, l’élevage, etc.Il sera payé par mois, une bonne somme pour la pension du jeune homme.S’adresser par lettre à B.Bureau du Journal de Françoise, 80 rue Saint-Gabriel.Des recommandations seront exigées, 366 Causerie DES DEVOIRS DU MARI.Un maquignon avait un cheval à vendre.Un amateur lui offrit une bouteille de champagne s'il voulait lui dire franchement les défauts de la bête.La bouteille bue :—“Je vous jure que ce cheval n’a que deux défauts, dit le maquignon.Quand il est au pré, il est malaisé à prendre, et quand il est pris, un ne peut pas s’en servir ”.I lus d’une pauvre femme pourrait en dire autant de son mari.Elle a, pour arriver au mariage, tressé bien des blets, car il était malaisé à prendre ; et, une fois pris.il n’a pas voulu comprendre que les femmes ne sont pas les seules qui aient (les devoirs.* * * II y a des hommes qui ne peuvent ni se passer de leur femme, ni vivre avec elle.I /état de célibataire était pour eux un supplice, et lorsqu’ils ont été mariés, il ont fait de leur intérieur un enfer.Ils ressemblent à ce chien qu'on ne pouvait laisser détaché, mais qui hurlait dès qu'il était à la chaîne.* * * S’il est vrai qu’il y a moins de bons ménages bien ordonnés que de couples mariés, la faute en est aux maris aussi bien qu’aux femmes.Les bons fermiers font les bonnes cultures, et les bons maris les bonnes femmes, dit la sagesse populaire.Michelet ne s’arrête pas là ; il affirme nettement : "Toute folie de la femme est une sottise de l’homme”.* * * Combien de femmes souffrent de l’absence des manifestations tendres et délicates de la part de leur mari ! Combien attendent douloureusement et vainement l’appréciation bienveillante de leurs bontés et de leurs sacrifices, grands et petits î Que de fois l’épouse se comptait à d’aimables attentions, fleurissant la maison,la faisant chaude, charmante et confortable comme un nid d’oiseau, se parant et illuminant son visage d’un sourire,—pour ne trouver en retour qu’une indifférence de pierre ou une insensibilité de brute ! * * * C’est un défaut de la nature humai- LE JOURNAL DE FRANÇOISI ne, — de la masculine tout au moins, — d’aimer à critiquer et de n’être jamais content.J1 semble que blâmer soit un plaisir, et qu’on goûte une jouissance intime à se déclarer mal satisfait.—Pourquoi es-tu si prodigue de reproches et si avare de louanges ?demandait ingénuement une jeune femme à son mari.Je ne t’ai pas encore entendu dire : C’est bien, je suis content.— Et le mari de répondre avec une impatience qui n’excluait pas la naïveté : — Quand je ne dis rien, c’est que c’est bien.Pourquoi veux-tu que je te loue de faire ce que tu dois ?Ce n’est pas que la plupart des maris n’aient une véritable affection pour leur femme.Mais ils négligent de la manifester dans le courant ordinaire de la vie, soit qu'ils estiment la chose au-dessus d’eux, soit que, dans la préoccupation d’eux-mêmes et de*leurs affaires du dehors, ils n’y pensent réellement pas.Ils 11e s’aperçoivent même pas toujours que leur femme réclame quelque chose de plus que.ce qu'ils lui donnent.Ils ne se doutent pas des petits et fragiles éléments dont se compose le bonheur .féminin.Ou, s’ils s’en doutent, ils traitent de haut ces "niaiseries sentimentales’, ces "fantaisies nerveuses”, et (sous le prétexte de communiquer à leur compagne un peu de leur énergie, ils lui brisent tout bonnement le cœur.Ce n’est pas assez pour une femme de se savoir, de se sentir aimcc ; il faut qu’elle se l’entende dire souvent, toujours.Ce ne sera jamais pour elle à satiété.* * * La femme qui sympathise cordialement avec les difficultés que son mari a à vaincre dans scs affaires a le droit de s’attendre à ce que celui-ci se donne au moins la peine de comprendre les ennuis.Et ils sont en grand nombre, croyez-le, messieurs.Les notions les plus justes, l’expérience la plus consommée n’empêchent pas des obstacles inattendus de surgir.C’est toujours l’imprévu qui arrive, et il faut que la femme fasse chaque jour effort, si elle veut être toujours prête à pourvoir aux nécessités de l’heure présente et faire de la maison, malgré tout, une demeure attrayante.C’est là un véri- table, un sérieux travail, tout aussi pénible que peut l’être celui du mari.* * * i Que le mari ne soit pas trop imbu de l’idée de son autorité.L’amour disparaît sous cette prétention d’être le maître quand même et en tout.Sa règle doit être la règle de la raison et dé la bonté, non celle de la rigueur et du caprice.Il est la clef de voûte de 1 e-difïcc familial ; il ne doit pas être la meule qui broie désirs et volontés.* * * Il arrive quelque fois que la personne qui devrait avoir le plus d’influence sur l’esprit du mari est celle qui en a le moins.Au lieu de prendre l’avis sincère et cordial de sa femme, on va demander conseil à des étrangers, qui se moquent de vous.Outre la sottise d’une telle conduite, les maux qu’elle peut engendrer dans le cercle domestique sont bien faits pour en détourner.Que de fois n’a-t-on pas vu des hommes, mal conseillés par de faux amis, courir à leur ruine, malgré les avertissements de la femme, qui devinait et leur dénonçait les trompeurs.11 y a chez la femme, et bien plus encore chez la femme qui aime, une intuition rapide, une pénétration, un don de pressentiment qui est presque une seconde vue, et qui donne une valeur particulière à scs avis.* * * Un philosophe de jadis professait que la femme ne doit sortir de la maison que trois fois dans sa vie : pour son baptême, pour son mariage et pour son enterrement.Je sais des maris qui agissent comme s’ils pensaient de même.Ils vont à leurs plaisirs, sans se demander si la femme, qui partage leurs soucis, n’a pas le droit de partager leurs divertissements.Toutes les femmes souffrent cruellement d’un tel égoïsme ; toutes, il est vrai, ne souffrent pas en silence.Beaucoup se plaignent, querellent, "font des scènes et enveniment le mal.Mais que leur femme se résigne ou s’irrite, il n’en est pas moins vrai que les hommes qui vivent au club ou qui restent longtemps hors de la maison sans y être forces par leurs affaires, sè soucient fort peu du bonheur domestique.S ds sont heureux,ce n’est pas comme maris, c’est malgré le mariage.Je ne LE JOURNAL DE FRANÇOISE veux pas scruter la nature et la solidité d’un tel bonheur ; mais il est certain que la femme est misérable et que c’est une déplorable école pour les enfants.* * * Les petits cadeaux entretiennent l’amitié.Ils prouvent aussi, sinon que le mari aime sa femme, du moins qu’il songe à elle et se plaît à lui faire plaisir.Ces petites attentions perpétuent l’élcmcnt romanesque qui ne doit jamais être totalement absent de la vie conjugale.Les dames y sont toujours fort sensibles.Plus elles avancent dans la vie, et plus elles aiment à se rappeler les jours de leur toute-puissance, avant le mariage, lorsqu’un regard d’elles mettait le désespoir ou le ravissement dans un cœur.Faites donc de temps à autre des cadeaux à votre femme, de vrais cadeaux qui aient assez de valeur pour supposer de votre part un certain sacrifice, et qui soient assez bien choisis pour lui faire monter aux joues la rougeur de la joie en lui prouvant que depuis le jour où elle a vu que vous l’aimiez, votre amour n’a fait que grandir.Et rien de plus vrai : l’amour ne fait que grandir.Balzac, qu’on n’accusera pas de sentimentalisme en la matière, a dit avec un vigoureux bon sens : “Il est aussi absurde de prétendre qu’il est impossible de toujours aimer la même femme qu’il peut l’ctrc de dire qu’un artiste célèbre a besoin de plusieurs violons pour exécuter un morceau de musique et pour créer une mélodie enchanteresse”.* * * La nature humaine est la même chez les deux sexes ; les maris sont tous portés à l’oublier.Puisque vous aimez à être choyés et gâtés, messieurs, choyez et gâtez un peu vos femmes.Vos caresses leur iront au cœur encore mieux que vos présents.Sans doute, comme le dit Gustave Droz, “l’estime et l’amitié sont en ménage choses fort respectables et douces, comme le pain quotidien ; mais un peu de confiture sur la tartine ne gâterait rien, avouez-le”.B.-H.GAUSSERON.# travers les Livres Un comité qui s’intitule: “Le Comité du Drapeau, à Québec, ” vient (le faire publier un volume, dont l'œuvre typographique fait certainement honneur à ses éditeurs MM.Cadieux & Derome.Ce volume a pour but de faire connaître, de propager le drapeau bleu fleurdelisé aux armes du Sacré-Cœur et de le faire adopter comme drapeau national.J’ai déjà donné à ce sujet mon opinion très nette; je n’y reviendrai donc pas.La drapeau du Sacré-Cœur dont la conception est très belle d’ailleurs, convient aux églises, aux proccsions religieuses, mais, je ne le vois pas très bien dans nos fêtes mondaines et les assemblées bruyantes.J’ai eu encore l’idée très claire combien peu, il convenait comme drapeau national, quand je l’ai vu arboré, l'an dernier, à la porte d'un barroom, dans une de nos paroisses du bas du fleuve.Je désire sincèrement ne plus revoir un aussi affligeant spectacle.A ce sujet, d’ailleurs, je crois être de l’avis de Nos Seigneurs les évêques Bruchési, Emard, Duhamel, etc.lesquels n’ayant pas signé de lettres d’adhésion au comité du nouveau drapeau, indiquent assez qu’ils ne l’approuvent pas.* * * Le “McGill University Magazine ” que nous adresse M.Leigh Gregor offre une série de lectures aussi instructives que récréatives, dont nous ferons notre avantage et notre profit.Nous y avons revu, avec v.n plaisir nouveau, la conférence très bien faite, sur Crémazie, donnée en excellent français, à l’Alliance française, par M.Gregor.Nous signalons avec plaisir le dernier paragraphe de cette étude, parce que venant d’un Anglais, l’enseignement est à la fois, flatteur et précieux : “ Sans détourner ses regards du passé, que la littérature franco-canadienne sache donc regarder l’avenir en face.Qu’elle s’occupe d’élcver le niveau de l’instruction, ou, ce qui vaut mieux, de l’intelligence.Qu’elle retrempe sa langue aux vraies sources.Qu’elle crée le goût de ce qui 367 est simple, et digne, et beau.Qu’elle imprime à la nation canadienne un caractère qui la fera respecter par tous les esprits.Garncau s’est donné pour tâche la conservation de la langue et des lois françaises.Les futurs littérateurs du Canada devront assurer à toute la patrie canadienne une place honorable parmi les nations”.* * * J’espère qu'il 11’cst pas trop tard, pour accuser, avec remerciements, réception de la brochure: Un apôtre moderne, conférence du R.P.Dclor, au cercle Villc-Maric, envoi dû à la gracieuseté de M.l’abbé XV.1 lébert.* * * Reçu encore, des notes biographiques intéressantes sur The lion.Henry Caldwell, par Sir James M.LeMoinc.Ce travail a été lu à la Société Royale du Canada.Françoise.Par fu 111 Rose blanche Bourbonnière En vente chez tous les pharmaciens.35 cts Fonce.Nous félicitons cordialement Le Théâtre National du choix de la délieuse pièce “Jean-Maric” d’André Thcurict, que l’on vient d’y faire jouer.Nous félicitons surtout Mme Bcrtin, M.Guiraud d’avoir interprété l’auteur avec une justesse, une mesure et un art parfaits.M.Co-dcau aussi mérite une mention spéciale.“Jean-Maric” est ce qui s’est joué de plus touchant, de plus humain et de meilleur au Théâtre National.La Société dhs gens de lettres.—C’est toujours vers la fin de l’année que la Société des gens de lettres procède à l’attribution de ses prix annuels.Sur vingt-quatre récompenses, cinq ont été distribuées à des femmes.Quatre sont l’auteur de ronrms et nouvelles estimées à des titres et dans des genres très divers : ce sont Mines Brada, Julia Laurence, Mary Lafor.d et G.de Peyrebruue.On n’aime point à louer et on ne loue jamais personne sans intérêt.XXX. 3^8 LE JOURNAL DE FRANÇOISE COIN DE FANCHETTE Charles Ottc.— Votre article contient deux libelles.Rappelez-vous la première ligne et le dernier paragraphe de la première page.Si vous voulez vous en rendre responsable, la directrice-propriétaire ne se souciant pas d’aller elle-même devant 1er* tribunaux pour des allaites qui ne la regardent point, je publierai votre manuscrit quand il vous plaira.Il est bien écrit du reste, et dénote autant d’esprit que de talent.A nonvinc (jucbcccjiiois.— Je trouve excessif qu’on ne puisse dire qu un piédicateur précité bien ou mal sans passer pour un per si lïleur et un impie.Kt laissez-moi vous ajouter que j’ai consulté, à ce sujet, des autorités qui concourent absolument dans ce sens.“Raroissien” a jugé bon de répondre à “Un autre Paroissien” dans le journal même où il avait été attaqué ; c’était aller plus droit et plus vite.S’il s’était, cependant, adressé au “journal de Françoise,” il aurait également obtenu la justice de la publication.Je ne vous suis pas moins reconnaissante de toutes les bonnes choses que vous dites de ma petite revue.“Elle honore le sexe féminin”, écrivez-vous.Je vous avouerai, sans fausse humilité que c’est aussi un peu mon avis.Marguerite des Bosquets.— Je conserve votre lette si vraie dans tous ses détails.Un jour peut-être, je serai heureuse d’y puiser quelques documents dont nous avons besoin pour la grande cause de la “justice égale pour tous”.Je déplore infiniment ce (pii vous arrive et je vous trouve archi-bonnc de vous résigner comme vous le faites sans une protestation, sans une plainte.Adressez-vous donc à des autorités supérieures à celle qui manque de justice envers vous avec tant de mauvaise foi.Il y en a, vous savez.Haut le cœur ! chère amie.Apres tout, les ennuis,quelque grands qu’ils soient, ne peuvent durer longtemps, ppis qu’ils finissent avec la vie.En attendant, si je puis vous être utile, ou seulement agréable, en quoi que ce soit, n’hésitez pas.lloratio.— Ecoutez ce petit quatrain : Les pensées des hommes ressemblent A l'air, aux vents et aux saisons lit aux girouettes qui tremblent In constamment sur les maisons.Ame viclancolisantc.— Consolez-vous, cher Ténébreux.Est-ce que vous ne savez pas que “la mélancolie est inséparable de tout esprit qui va loin, de tout cœur qui est profond".Voilà, je le crains, quelque chose qui ne vous guérira pas de sitôt.Perplexe.— Votre fillette a raison, après tout : pourquoi la forcer à l’étude assidue du piano, quand elle n’a aucune aptitude, pour la musique.Ne vaudrait-il pas mieux connaître, parmi les talents d’agréments, ce (pii convient le mieux à scs dispositions, et développer ce côté de préférence atout le reste.La graphologie vous fera connaître les goûts innés chez votre fillette ; faites examiner son écriture par un expert.Nous donnons dans nos pages, l’adresse d’un graphologue dont la science est très forte, m’assure-t-on.Pauvre Liseron.— Je viens vous donner un conseil que vous ne suivrez pas, bien que vous me le demandiez, parce qu’on demande conseil, la plupart du temps, dans l’espérance secrète que ce que l’on dira ni fera qu’appuyer devantage notre résolution dans la route que l’on a tout bas décidé de suivre.N’importe, j’aurai dit ce que je crois devoir vous dire et le reste ne regarde plus que vous.Vous ne devez pas écrire à cette personne ; votre lettre indique que vous le comprenez aussi.Mais le beau moyen, n’est-ce pas, de s’en empêcher quand l’envie d’écrire est plus forte que la volonté qui le.défend.Eh bien, écrivez tout ce que vous montera du cœur aux lèvres, mais dans la lettre, faites deux ou trois ratures, ce qui rendra 1 epitre impossible à envoyer à sa destination.Recommencez le lendemain sur un mauvais papier et gardez-la dans votre écritoire.Trompez-vous de cette façon pendant une quinzaine.Au beut de ce temps et moins peut-être, vous n’aurez plus envie d’écrire.Institutrice.— Delphine Gay et Mme de Girard in ne font qu’une seule et même personne.Avant son mariage à Emile de Girardin, Delphine Gay écrivait en poésie, ce n’est que sous le nom de Mme de Girardin qu’elle (jommcn.ça à écrire des romans parmi lesquels “Le Lorgnon” est, de l’avis des critiques, le meilleur.-Puis, il faut mentionner encore “La Croix de Berny” que nous connaissons toutes,n’est-ce pas, cr- (lui est 1111 tournoi littéraire entre elle et les trois principaux écrivains de son temps : Méry, Théophile Gauthier et Jules Sandcan.Sans contredit, on peut décerner la palme à Mme de Girardin.20.Le vicomte de Launay est un pseudonyme choisi par Mme de Girardin pour signer ses chroniques dans une journal de l’époque appartenant à son mari, je crois.Ce genre 11’a jamais été surpassé.Puis, Mme de Girardin a encore aborde, avec grand succès, la littérature dramatique.Si vous avez entendu “La Joie fait peur,” qu’on joue en ce moment au I iié.itrc National, vous comprendrez facilement combien on a eu raison d apprécier la souplesse de son talent.Constant.— Le Père Didon a écrit : Il y a deux choses au-dessus de notre volonté : l’amour et la mort.Loisy.— Vous pouvez vous procurer le le livre d’Emile Nclligan, chez sa mère, 586, rue Saint-Dénis.Prix, 75cts.Minam.— J’avais égaré votre lettre, c est pourquoi je n’ai pu vous ré- LE JOURNAL DE FRANÇOISE 369 pondre avant aujourd'hui.Pourquoi gOrmpOtKUlttt Alcidc Chaussé, M.Buron, Paris (France), la famille Carneau,' -M.loisir r C est une distraction intellco Ma cliere Directrice, Auguste Benoit, Pincy, Aube (Fran- tuelle cl un genre supérieur.Votre Je viens d’assister à une distribu- ce), M.l’abbé Henri Ci mon, St- poésie décèle du goût et du talent, lion de livres de la section fratiçai- Alphonse de Chicoutimi, M.Ernest Vous feriez bien toutefois de repas- se de notre bibliothèque à Water- Gagnon, Québec, MM.les Dr s.Pa-sei les règles de la prosodie ; ainsi loo ; je suis encore tout émue par rizeau, G ran cher, Faquin, Simard, il y a quelques hiatus, et dans jo- le grand plaisir que j’ai éprouvé.Mlle J.Simard de Waterloo, Henry lies choses , 1 e muet ne doit pas Songez donc ! là où je voulais, crai- Allen, M.de Va rennes, Québec, le s employer clans le corps d un vers, gnant même de faire un rêve ténié- vivomie de Quincmont, M.le Dr.Et puis, il ne faut pas dire : les ro- ralre rassembler une centaine de vo- Page, M.Ernest de Varennes, Wa-ses fanent, mais se fanent.Embel- lûmes, je puis maintenant en ad mi- Ici loo, Mlle de V a rennes, M.Henri lissez votre joli talent.rcr des centaines, qui.sous leur jolie de Varennes, Mlles Marie, Simonne Charmille.— Vos vers sont émail- et coquettes couverture, me sein- et Andrée de Varennes, Mlle Julie lés de fautes de français, d’har- blent le produit de quelque magi- Ciinon, M.Adolphe Poisson, Artlia-mon ie et de rythme.La césure ci en ne.Nous, à Waterloo, n’en baskaville.Mesdames Moulin et Le-manque ou n’est pas à sa place.La sommes pas àclicrelier le nom de la febvre de Boulogne du Seine (Paris) mesure de dix pieds après celle de fée qui a accompli cette merveille, ont envoyé une caisse de livres, par-douze doit être évitée parce qu’elle c’est pourquoi, je tiens, au nom de nii lesquels certains portent la menés t désagréable.11 y a quelques tous, à vous remercier d’abord, pour tion : offert par le baron de Eostli-hon s vers.Ainsi : ce grand résultat, car, c’est grâce child, le baron de G cru i ta, etc., etc.Je connais ce mal que tu me veux au généreux appel du “Jour- Nous continuerons de recevoir [taire liai de Françoise” que les livres nous tous les livres qu’on voudra bien Ou bien ^ sont venus en si grand nombre, de nous adresser pour la bibliothèque lliei vous étiez triste et sombre.tous côtés et jusque de Paris et des de Waterloo, et nous encourageons Mais ce provinces françaises.fortement ceux de nos abonnés, qui Hier qu clait-cc donc jc vcllx encore, ma chère directri- n’ont point encore souscrit à cette est mauvais.Impossible de publier ^e, vous demander de dire pour moi œuvre si belle, de nous permettre a mon îegrct.à tous les bienfaiteurs connus et in- d ajouter au plus tôt leurs noms à hrançoisk.connus de notre bibliothèque un sin- ceux des bienfaiteurs déjà inscrits.- cère et chaleureux merci.Un merci n m m_______ Propos Ü'EllQIWm dépourvu de toute banalité, parce Q»»ouspried’annonccr,ctnousle D.Quelles sont les places d'hon- (lu ^ vient du cœui et qu il compicnd faisons avec autant de plaisir que iicnr à table ?beaucoup.Grâce à ces généreux et d'empressement, qu’il y aura, le jeu- Lcs places d’honneur pour les nombrcux cnvois> ,cs rayons de no- di 9 juin prochain une excursion à femmes, à droite et à gauche du mai- 1 ’ gentille bibliothécaire, qui 1 cau> dans la belle saison, sont très tre de la maison.Quand le dîner remplit cet office a titre gracieux, appréciables, et nous ne doutons pas est un peu nombreux, on écrit le distribue le pain de l’intelligence à que cette fête aura tout le succès :: : %:-rr , „r;, S devant chaque convive, sinon, c'est b'')hotlicque enfantine, ou les tout ,,^rons alin de réaliser le Joutant à la maîtresse de maison à indiquer Pot,ts Pourront s émouvoir a la lcc- nécessaire pour payer la taxe de àchacunsaplacc.^ure des infortunes dc "Gcne- 1 eau de la Crèche.• _ i .vieve de Brabant ou de Louis le Le nouvel aumomer de la Crèche: onunent se; on c ciampa pc^ Emigré” qui nous ont fait pieu- M.l'abbé Dupuis sera présent, et gne ?rcr ja(jis nous devrions donner à son cœur «rf-js purr^rr* ; “«àccl,c ,lc mcs md"c,,rs scnti" üsl faiie moussci immodérément dans M.Lse.de Varennes.d avance.Prière de s’adresser 'à les verres.M.Joseph Lamourcux, 344 rue Dor- D.Dois-je faire visite la premiere Waterloo, avril, 1904.chestcr.Le prix des billets, aller aux personnes qui m'ont envoyé des Voici les noms des donateurs qui et retour, n’est que .de soixante-quin- ccdcauxde «ces t « pL^ir’ilv.nHe fff'arg»?™ R.Non, vous devez attendre lcui publiée.les billets non-vendus avec le nom visite Mme Chs.LcBoutilhcr, Mlle Le- ct l’adresse, à Soeur Stc-Camille Lady Etiquettg.Boutillicr, Mme F.X.Choquct, Mme 346, rue Dorchester. 370 LE JOURNAL DE FRANÇOISE Chronique de l'Elégance jamais, paraît-il, on ne verra autant de mousselines que cette année; mousselines unies, mousselines fleuries, mousselines et valcncicnncs, mousselines et broderies, etc., etc.Les toiles encore, toiles de fil ou toiles de soie garnies de dentelles ajourées, de broderies auront toute la vogue désirable.Et pour serrer la taille des ceintures en cuir souple, de toutes les nuances, n'est-ce pas que tout cela sera joli ?Les fichus Maric-Antoincttc en soie ou en mousseline reprennent un regain de nouveauté qui n'a rien de banal.Quant aux ombrelles, elles seront, hélas ! surchargées d’ornements et seront ou pompadour, ou écossaises, ou satin brodé étincelant de vives nuances comme une fleur s’ouvrant au soleil.L’étole est toujours de mode, mais au lieu d'être en fourrure, elle se fait e î taffetas avec quantité de ruches, tut en grosse guipure sur soie d'une autre nuance.La largeur des jupes est arrivée à son maximum.Les nouveaux modèles sont plus étroits sur les hanches, mais ils vont s’élargissant à partir du genou.Les manches sont beaucoup plus petites.L’ampleur est descendue et se porte tout au poignet, retenue par une haute manchette ; les épaules sont tombantes et les fronces sont placées entre le coude et les épaules.Les voilettes sont très diaphanes avec de gros pois en chenille ; elles se font beaucoup en noir et blanc.Les dessins favoris des nouveaux surahs sont les carreaux très fins et les écossais de toutes couleurs.Les manteaux en grosse toile sont tout ce qu’il y a de plus fashionable.Ces manteaux se porteront en toute occasion.Cigarette.Pour être heureux il faut avoir le cœur dur et l'estomac bon.XXX * * * On ne donne rien si libéralement que ses conseils.XXX.2 Ce Carnet Intéressant % Ai-je dit quelque sottise ?Phocion, philosophe et orateur grec, était de ces gens qui savent mal farder la vérité, il ne craignait pas en mainte occasion de heurter le sentiment populaire lorsque ce sentiment lui paraissait devoir s’écarter de la justice et de la vérité.Par cela même, son éloquence était de celle qui ne doive pas plaire aux masses.Un jour qu'il était à la tribune aux harangues à Athènes, il se voit applaudi avec frénésie par le peuple entier.Etonné, il se .tourne vers ses amis et leur demande : Ai-je dit quelque sottise?Les quatre-vingt-dix-neuf centièmes des artistes de nos jours devraient bien méditer cette leçon qui leur est donnée à deux mille ans de distance par un philosophe grec.L’éloge d’un homme supérieur vaut mieux pour un auteur, comédien, peintre ou musicien, que l’approbation de tout un peuple terre-à-terre.Pour ne citer qu’une opinion, celle de Samson, relative au théâtre, cet admirable professeur disait à ses élèves: “ Voyez-vous, mes amis, il y a dans une salle composée de dix-huit cents spectateurs, deux ou trois hommes très forts oui vous jugent, il n’y en a quelquefois qu’un.Il se trouve perdu au fond d’une loge, au paradis, au parterre, aux fauteuils d’orchestre, que sais-je moi ! Hé bien, celui-là seul est capable de vous juger, c'est pour celui-là que vous devez jouer.Si cet homme vous applaudit, très bien ! c’est signe que vous avez du talent ; si c’est la masse toute seule qui vous fait une ovation, tant pis, c’est un succès de mauvais aloi, autant en emporte le vent.’ Aimez qu’on vous conseille et non pas qu'on vous loue.Ce vers de Boileau a été parodié ainsi par le poète Siméon Chaumier.En dépit de Boileau, moi, j'aime, je l’avoue, Fort peu qu’on me conseille, et beaucoup [qu’on me loue.Aimez-vous la muscade ?On en a mis partout.Boileau.(Le repas ridicule, satiric iii.) Se dit d’une chose dont on abuse et qu’on met à toutes les sauces.Dans certain roman naturaliste paru dernièrement, nous avons lu quatre fois en dix pages, cette phrase: le silence solennel de l’escalier; la cage de l’escalier; et dix fois celle-ci : les panneaux étaient en acajou; les parois étaient en acajou; les montants en acajou.Le visage de la maîtresse de la maison devait être aussi couleur acajou.L’acajou vous plaît il ?On en a mis dans [tout.Le si eu ce vaut mieux ! Vous le trouvez [partout.Alceste.hire un Alceste, c’est-à-dire un misanthrope.Personnage de l’immortelle comédie du Misanthrope de Molière.Alceste est un bourru honnête et inflexible, n’ayant pour les hommes que juste le degré de considération qu’ils méritent, ennemi des vices, des préjugés et des ridicules de la socic- Philinte, l’autre personnage du Misanthrope, est le type contraire, acceptant les hommes tels qu’ils sont, flattant, au besoin, leurs manies, acceptant leurs ridicules et leurs préjugés, bon enfant en apparence, dans le fond, sceptique, et obéissant avant tout aux convenances sociales.L’ami du genre humain n’est pas du tout mon fait.Vers de Molière, dans le Misanthrope, (acte 1er).Alceste reproche à Philinte sa facilité à se lier avec le premier venu et à lui prodiguer le nom d’ami.Philinte a beau protester qu’il ne fait en cela qu’obéir aux convenances sociales, Alceste s’indigne et proteste en ces termes : Non, non, il n'est point d’âme un peu bien [située.Qui veuille d’une estime ainsi prostituée, Et la plus glorieuse a des régals peu chers, Dès qu’on voit qu’on nous mêle avec tout [l’univers ; Sur quelque préférence une estime sc fonde t LE JOURNAL DE FRANÇOISE 371 Et cest n’estimer rien, qu’estimer tout le grins, grands et petits, j’avais dû eau- vis bientôt quelle se recueillait et mur- Puisque vous y donnez dans ces Sesllu sè^dcputfe1qu^n^iWàit/ W que je nuirait une petite prière.Lorsqu’elle [temps I11C l‘llssais aimer ! Comme j avais été 1 eut achevée, elle leva sa main droite Morbleu ! vous n’êtes pas pour être de mes ingrat • qui tremblait un peu, la posa sur la [gens; On a tellement l'habitude de les tête de notre fille et lui dit : Je refuse d un cœur la vaste complaisance, trouver toujours ouverts, ces bras qui —Je te bénis, mon enfant, au nom £ui ne fait du mérite aucune différence, Vous ont bercé ! de ton père et de ta mère, au nom de Je veux qu’on u.c distingue, et, pour le trail- , ., .[cher net c a 1 heure ou le vieil ange ton grand-papa, qui t aimait tant, et L'Ami du genre humain n'est pas du tout gardien va remonter au ciel que Von que je vais aller rejoindre bientôt.[mou fait, comprend enfin et que l’on dit : Elle se tourna ensuite vers nous avec 11 est, en effet, à remarquer que Qu'allrais-jc été sans lui ?une expression de tendresse si pure, les gens qui se jettent à la tête du ,.Ma femmc ct ma illlc arrivèrent de de protection si haute, qu’elle sein- premier venu, qui sont nos amis et 1Vgllse visiblement émues.Marie sein- Liait déjà ne plus être de ce monde, et les amis de nos amis et tutti quanti, b,ait dcsccn(lrc du ciel : tout à ,il fois dlc aJ0Uta : et desquels tout le monde «lit: c’est niyoimantc, et troublée, heureuse et —Je vous bénis aussi, mes amis,vous un si bon garçon, un si bon enfant, h«'tantc, épanouie .Elle et votre fils, qui n’est pas là.Que Dieu doux, charmant, gracieux, poli, etc.; fva»t.d«Ja lc ,,0'V,Dlcu dans lc cœllr> vous ffardc ^ vous conserve vos e.v ces gens-là, disons-nous, sont incapa- c'^repetite.Elle avança vers nous fants ! Lies d’un dévouement de cinq minu- , T U"C cc,os confondent.Plus je m’avance dans la forces, et poussant ce cri sublime : (^u uiatin, que Ion ose à peine cares- ie et plus les impressions d’autrefois A moi d’Auvergne, voilà les cnnc- scr du regard, dc peur de les ternir, se réveillent ct s’expliquent ; plus lc mis! il tombe percé dc coups.— Arrivée près de moi, elle se haussa temps m’éloigne de ceux qui mont (Saluons!.) sur la pointe des pieds en me tendant précédé et plus je les comprends, ct ux RCHEUR- scs petits bras, ct nous nous embrassa- phis il me semble que je retourne vers Le soir dc ce jour, se terminait à a" d'"" s'approchant de tes pouvoir définir, et parfois je crois l’église la retraite qui précède la Prc- ,na 'nere' to.utc, rougissante ct le cœur que mon cœur s’est doublé du sien pour litière Communion.Nous avions dîné b°n c e.,C d a V01X )assc ’ ., ni'cux aimer les miens.de fort bonne heure pour que ma font- 1 anc ,ne.re’ ct’ t01’ ”1
de

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