Le bulletin des agriculteurs /, 1 janvier 1995, janvier
¦¦ ¦¦ ^ £ Janvier 1995 Mletin Productions mixtes des agriculteurs VOTRE PARTENAIRE EN AFFAIRES AGRICOLES DEPUIS 77 ANS AFFAIRES »0n voit la lumière au bout du tunnel P.49 L'enseignement s'adapte à l'agriculture p.52 TECHNIQUE VIE RURALE Ht *8 1 POUUTS OE OtAW • Poulet: La Ferme des voltigeurs p.26 Quand l'agriculture se rend à S l'école p.58 e porc est au cœur de la guerre pour e droit de produire SPÉCIAL HORTICULTURE p.19 frXI XHH 9£XX sanbipotjad ser (Q) I^ôan ladaQ ang 3 91 QO-i.00 El aan Etudier les sciences et le génie au Campus Macdonald de —-^J l'Université McGill, c'est: • Choisir des programmes d'éludés erfSciences appliquées • Se préparer pour des carrières locales et internationales Répondre aux besoins changeants de l'industrie l Un lieu unique en son genre! Le Campus Macdonald de l'Université McGill, c'est: • Une institution de renommée internatinale • Un ratio moyen de 8 étudiants par professeur • Plus de 5 km?dédiés à l'enseignement et à la recherche appliquée • Une éducation en anglais dans un environnement bilingue • Près de 250 places en résidence Des programmes de 1er, 2^me et 3ème cycle en: • SCIENCES DE L'AGRICULTURE (plantes, sols, animoux,.) • SCIENCES DE L'ENVIRONNEMENT (aménagement de la faune, biologie,.) • GÉNIE (irrigation et drainage, biosystèmes,.) • ÉCONOMIE (gestion des affaires agricoles, ressources naturelles,.) • SCIENCES DE L'ALIMENTATION • DIÉTÉTIQUE ET NUTRITION HUMAINE • ainsi qu'un programme de niveau collégial en: GESTION ET EXPLOITATION D'ENTREPRISE AGRICOLE •V Bulletin des agriculteur» La personnalité du mois: Bernard Pépin, l'employé du demi-siècle Ici, l'important, c'est la régie 39 A l'adolescence, rien ne laissait présager que Marc Forgues deviendrait producteur de lait.Gestionnaire immobilier 42 et éleveur de bovins Le week-end, le gestionnaire de la chaîne Sélectôtel disparaît dans la nature.pour s'occuper de ses 600 bouvillons.Le «piétin d'Italie» 44 s'en prend à nos bovins La dermatite digitale est présente dans presque toutes les régions du Québec.Affaires SPÉCIAL FORMATION On voit la lumière au bout du tunnel L'enseignement 52 s'adapte à l'agriculture Le marché américain: 11 bière, porc et chocolat La valeur totale des exportations agro-alimentaires du Québec vers les États-Unis dépasse le milliard et demi de dollars.Des statistiques 13 a consommer avec prudence La moitié de nos exportations de sirop d'érable vont au Vermont.Mais ce ne sont pas les Vermontois qui le consomment.Alléchants succès québécois à Paris 15 Le Salon international de l'alimentation de Paris rassemble la crème des produits alimentaires du monde entier.Les détrousseurs de forêts 18 Quelqu'un bûche chez vous sans vous demander la permission?Vous avez des recours.Technique SPÉCIAL HORTICULTURE Le cauchemar des carottes croches 19 Faites vous-même 22 le dépistage en serre L'industrie pomicole doit innover 23 Gare au mildiou! 24 La Ferme des voltigeurs: 26 une niche de marché bien a soi Denise Turcotte se préoccupait de la qualité de son alimentation.Ses interrogations ont modifié l'orientation de sa ferme avicole.Les chevaux sont d'agréables 30 compagnons même en hiver Bien emmitouflés, des amateurs de chevaux savent profiter de la saison froide.Une bonne année pour le soya 32 Grâce à des cultivars hâtifs, cette culture commence à percer même dans le Bas-Saint-Laurent.Le porc est au coeur 34 de la guerre pour le droit de produire Le droit de produire s'obtiendra-t-il par une loi, le dialogue ou la publicité?«Les trois», répond l'UPA.Vie rurale Colorez votre hiver 57 avec des plantes à la fenêtre Les plantes s'adapteront à votre intérieur si vous les entretenez aux petits soins.Quand l'agriculture se rend à l'école 58 Des agriculteurs donnent des conférences aux élèves du niveau primaire.L'école ou la ferme?La ferme.62 Le décrochage scolaire existe aussi en agriculture.Certains pensent que l'expérience suffit.Chroniques Actualité 6 Agenda 7 Apprivoisons le futur 17 Cuisine 65 Editorial 5 Forêt 47 Météo 66 Nouveaux produits 60 Nouvelles de l'industrie 61 Onesime 56 Petites annonces 63 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 3 du 13 au 19 février 1995 SEMAINE L'AGRICULTURE DEL'ALIMENTATION ET DE LA CONSOMMATION entrée et stationnement GRATUIT Sur une surface de 50 000 pieds carrés Mini-ferme, une centaine d'exposants et plus encore.Information: 656-2131 poste 67 AU PARC DE L'EXPOSITION DE QUEBEC les 17,10 et 19 février 1995 Pavillon de l'agriculture et de la Jeunesse LE PLUS GROS SALON AGROALIMENTAIRE organisé par les étudiante de la Vacuité des sciences de l'agriculture, de ï alimentation et de la consommation de l'Université Laval Heures d'ouverture du salon: Vendredi: 9 h à 21 h 00 Samedi: 9 h à 20 h 00 Dimanche: 10 h à 17 h 00 Bulletin ——^—^—— EDITORIAL L'environnement au premier rang des agriculteur»' JANVIER 1995 VOL 78, No 1 Éditeur: Simon-M.Guertln, M.B.A.RÉDACTION Rédacteur en chef: Marc-Alain Soucy Journalistes: Sylvie Bouchard, agronome Simon-M.Guertin, ingénieur et agronome Secrétaire: Michel Lefebvre PUBLICITÉ.Bureau de Montréal: Tél.: (514)382-4350 Fax: (514) 382-4356 75, rue de Port-Royal Est, bureau 200 Montréal (Québec) H3L 3T1 Représentants: Claude Larochelle, Isabelle Poutre Bureau de Toronto: Tél.: (416)486-4446 Fax: (416)486-6636 501 East, Eglinton Avenue, suite 304 Toronto (Ontario) M4P 1N4 Directeur de la publicité: Peter Salmond Coordonnatrice à la production: Rochelle Meilleur-Leroux GRAPHISME Martine Lalonde, Expression Graf-X Tous droits réservés 1991 Envoi de publication Enregistrement no 0068 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0007-4446 Indexé dans Repère Le Bulletin des agriculteurs, fondé en 1918, est publié par les Éditions Maclean Hunter Limitée et les compagnies affiliées 75.rue de Port-Royal Est, bureau 200 Montréal (Québec) H3L 3T1 Président: Jean Paré Adjointe au président: Suzanne Lamouche, c.a.Les Éditions Maclean Hunter Limitée Président du Conseil: Donald G.Campbell Président et chef de la direction: Ronald W.Osborne Président de l'imprimerie: Matthew B.Fyfe Président, Éditions Maclean Hunter Ltée: James K.Warrilow SERVICE DES ABONNEMENTS 1-800-361-3877 Montréal : 382-4350 Lise Brouillette Tarif de l'abonnement: (TPS et TVQ incluses) un an deux ans trois ans 26,16$ 47,81$ 67,18$ À l'extérieur du Canada, un an; 40$ Il est temps que l'UPA et les environnementalistes s'assoient à une même table.par Marc-Alain Soucy De tout temps, il s'est trouvé des hommes et des femmes pour se battre parfois jusqu'à la mort pour de nobles causes.Des croisades à la prohibition, à la lutte contre les armes à feu ou à la violence à la télévision, il semble qu'une partie de la population soit prête à s'investir corps et âmes pour de bonnes causes.Parfois à l'excès.L'environnement est évidemment une bonne cause.Tout le monde est pour la vertu.Cependant, la partie extrémiste des environnementalistes se croit tout permis au nom de la nouvelle morale qu'elle se donne.En face, les agriculteurs comptent aussi dans leur rang leur part d'irréductibles, c 'est-à-dire ceux qui à 1 ' autre extrême des environnementalistes purs et durs refusent encore d'admettre 1" impact de leurs pratiques agricoles sur la qualité de l'environnement.Il est plus facile d'évaluer leur nombre par les conséquences de leurs actions sur la qualité des sols et des cours d'eau que par quelque sondage que ce soit.Ils sont heureusement de moins en moins nombreux.Les solutions simples aux problèmes environnementaux risquent fort de ne pas passer le test.En agriculture, le problème est complexe et le président de l'UPA l'a bien présenté lors de son allocution à son dernier congrès: «Il ne s'agit pas de révolutionner nos modes de production, il s'agit plutôt de conjuguer intelligemment la rentabilité à court terme, le maintien du potentiel productif à long tenue, les exigences des consommateurs et de la société en général de même que la protection de l'environnement.» Bref, c'est en retroussant nos manches que nous allons nous en sortir.On utilise depuis quelques années à l'UPA l'argument de la conquête des marchés pour vendre l'agriculture du- rable aux agriculteurs.Mais, à notre avis, il manque encore de chair autour de ce concept.C'est sûrement une piste qui mériterait d'être mieux exploitée par les administrateurs de l'Union.De la bonne volonté Il faudra bien un jour entreprendre également le dialogue direct entre agriculteurs et environnementalistes.Plutôt que de se battre sur la place publique, les modérés des deux parties auraient avantage à se rencontrer à une même table et à mettre en œuvre, un certain nombre de projets concrets.A réaliser que malgré les apparences, ils ont plus d'intérêts communs que d'opinions divergentes.Les mauvais compromis ne valent-ils pas mieux que les bons procès?Il faut qu'agriculteurs et environnementalistes cessent de compter uniquement sur les politiciens pour trancher leurs différends.La situation actuelle ne profite qu'aux politiciens qui.à la recherche d'appuis, courtisent d'un ministère à l'autre à la fois les agriculteurs et les environnementalistes.Ils annoncent des sommets, des projets de loi dans.très longtemps.Les politiciens ne sont peut-être pas contents de voir surgir les conflits entre agriculteurs et environnementalistes mais, d'une certaine manière, un conflit c'est divertissant.Pendant qu'il joue les arbitres, on ne demande pas à l'homme public de réfléchir à l'avenir de son secteur et d'innover.C'est pourtant là qu'il serait le plus utile à la communauté.¦ LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 5 ACTUALITES Cochon d'Or 1995 La Fédération des producteurs de porcs du Québec, en association avec le Réseau TVA, lance sa seconde édition du «Cochon d'Or», concours de conception publicitaire s'adressant aux étudiants de secondaire III.IV, V et de cégep.C'est la comédienne Marie-Josée Croze du téléroman Chambres en ville qui agit cette année comme porte-parole officielle du concours.Les jeunes qui voudront proposer un message doivent le faire parvenir à la Fédération des producteurs de porcs au plus tard le 10 février 1995.Des affiches et des feuillets d'inscription donnant tous les détails du concours ont déjà été expédiés dans tout le réseau scolaire du secondaire et du collégial québécois.La réalisation du message gagnant aura lieu au cours du mois de mars et la diffusion, sur les ondes du Réseau TVA.du 6 au 14 avril 1995.Pour plus de renseignements, on peut téléphoner à Jacinthe Beauregard, de la Fédération des producteurs de porcs du Québec, au (514) 679-0530.¦ Marie-Josée Croze La situation financière des fermes canadiennes s'améliore Après avoir régressé au cours des dernières années, la valeur des actifs et de l'avoir propre des fermes canadiennes est revenue au même point qu'en 1980.Et le passif moyen des fermes commence à diminuer.Quant aux revenus des fermes québécoises, ils sont restés stables malgré une diminution des paiements de transfert.Les revenus tirés du marché ont été supérieurs.C'est ce qui ressort d'une étude sur l'évolution de la structure financière de l'agriculture canadienne, effectuée par Agriculture et Agroalimentaire Canada.On a aussi noté une hausse des investissements des agriculteurs.«Cette hausse indique que la situation financière des agriculteurs est bonne et qu'ils ont confiance dans la rentabilité de leurs investissements», explique Julie Grimard, économiste à la Direction générale des politiques d'Agriculture et Agro-alimentaire Canada.Mmc Grimard ajoute qu'il est difficile de savoir si cette tendance positive sé poursuivra.«Il y trop de variables imprévisibles», conclut-elle.¦ Julie Grimard Je prends soin de ma terre Ralph Goodale, ministre fédéral de l'agriculture, Laurent Pellerin, président de l'UPA, et Paul Massicotte, président de la Fédérée ont lancé lors du Congrès de l'UPA la campagne «Je prends soin de ma terre».Selon Paul Massicotte, le projet vise à corriger le fait que les citoyens sous-estiment la valeur économique de l'agriculture et qu'ils sont mal informés des efforts que le milieu agricole déploie pour diminuer 1 ' impact de ses activités sur l'environnement.Agriculture et Agroalimentaire Canada, l'UPA et la Coopérative fédérée de Québec investiront en argent et en ressources près d'un quart de million de dollars dans ce projet d'ici le printemps.La moitié de ce montant provient d'une subvention du gouvernement fédéral.Plusieurs actions de sensibilisation s'étaleront jusqu'à l'automne.À titre d'exemples, on parle d'une tournée régionale, de matériel d'information, de panneaux le long des routes, de banderoles, de macarons, d'affiches dans les marchés publics, dans les kiosques à la ferme et, évidemment, dans les établissements du syndicalisme et de la coopération.Ralph Goodale, Laurent Pellerin et Paul Massicotte.6 LE BULLETIN OES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 Recette pour un bon chien rassembleur Paul Lagacé, de Saint-Ulric dans le Bas-Saint-Laurent, a mis au point une recette pour dresser ses Border Collie.Cette recettes pourrait bien être utile à tous ceux qui veulent initier leur fidèle compagnon à la tâche de chien rassembleur.RECETTE POUR UN BORDER À POINT 2 mots: non et bravo 1 pincée de discipline 1 bonne moulée équilibrée Beaucoup de jeux 1 vermifuge au besoin 1 soupçon de fermeté.1 bonne dose de patience.Toujours remuer calmement.Laisser attendre de temps en temps.Servir au troupeau graduellement.Bonne récréation.¦ Claude Marchand et Léon Guertin.Concours Cérès C'est le président de l'Ordre des agronomes du Québec, Claude Marchand, qui assurera la présidence d'honneur du Concours Cérès 1995 qui se déroulera dans le cadre du Salon de l'agriculteur, du 10 au 12 janvier à l'Auberge des Seigneurs de Saint-Hyacinthe.Monsieur Marchand, qu'on voit ici en compagnie de Léon Guertin, président du Salon de l'agriculteur 1995, présentera les différents prix aux lauréats et finalistes lors de la soirée Gala Cérès qui aura lieu le mercredi 11 janvier.Le Concours Cérès se divise en trois catégories: les fermes où trois personnes travaillent; les fermes où quatre personnes et plus travaillent; les fermes dont les propriétaires sont exploitants agricoles depuis moins de dix ans.¦ Bourse d'étude du Bulletin Danny Pellerin, étudiant en bio-agronomie à l'Université Laval, est l'heureux gagnant de la bourse d'étude de 750 $ décernée par Le Bulletin des agriculteurs dans le cadre d ' une campagne d ' abonnement tenue dans cette institution.«J'ai été très surpris de gagner.Au début, je ne le croyais pas, je ne suis généralement pas de nature chanceuse», avoue Danny que l'on voit ici en train de recevoir son chèque des mains de Simon M.Guertin, éditeur du Bulletin.Notre heureux gagnant doit prendre d'ici peu une importante décision sur son avenir: s'orienter vers l'environnement ou vers la phytoprotection et les sols.Bonne chance.¦ AGENDA 10 au 12 janvier Salon de l'agriculteur Auberge des Seigneurs, Saint-Hyacinthe 25 janvier Gourmet Québec 1995 Hôtel Radisson, Montréal 2 février Assemblée générale annuelle d'Agropur Hôtel Universel, Drummondville 7 au 9 février Semaine horticole Auberge des Seigneurs.Saint-Hyacinthe 9 février Assemblée générale d'information du Groupe Lactel Manoir Victoria, Québec Lait: la guerre technologique De nouveaux procédés de préparation et de conservation du lait nature sont proposés aux consommateurs.Sealtest.par exemple, vient de lancer le lait Lactantia Purefiltre.Un nouveau lait sans agent de conservation et au goût plus frais qui aurait une durée de vie plus longue.Selon Graham Freeman, des Aliments Ault, Sealtest a mis au point un système de filtration éliminant la plupart des bactéries qui subsistent après la pasteurisation.Cela permet de réduire le traitement à la chaleur à l'étape de la pasteurisation et d'offrir un lait dont le goût et la qualité se rapprochent davantage du lait de la ferme.De son côté, la Laiterie Château a récemment complété l'installation d'un système de refroidissement de ses conduits de lait, rappelant le procédé «ice» utilisé par les brasseurs de bière.Ce système a pour but de refroidir avec précision le lait à -1 °C sur tout le réseau de tuyauterie.En gardant le lait à une température très basse durant sa transformation, le lait conservera sa fraîcheur plus longtemps.¦ LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 7 PERSONNALITE DU MOIS Bernard Pépin L'employé du demi-siècle Cinquante ans pour le même employeur, faut le faire! Bernard Pépin vient de voir sa stabilité récompensée.Q Le secret de la stabilité de Bernard Pépin?«J'aime mon ouvrage», répond-il.par Aubert Tremblay uand Bernard Pépin a commencé sa première journée de travail à la ferme A.Hamel et fils, de Saint-Bonaventure, son employeur actuel avait deux ans! C'étaiten 1944.Un demi-siècle plus tard, Bernard Pépin est toujours là.«Homme engagé» par conviction, célibataire endurci, fier de sa liberté et de sa vie tranquille passée au grand air.En 50 ans, il a tout fait: les foins, les céréales, les vaches, et même les concombres.Mais il n'a jamais pensé acheter sa propre ferme.Employé un jour, employé toujours.Pourquoi pas?A Aubert Tremblay est journaliste.l'écouter raconter sa vie, enjoué et plein d'énergie, on comprend vite qu'il ne cultive aucun regret.Non, Bernard Pépin n'est pas de ces hommes renfermés qui se sentent perdus dès qu'on les sort de leur champ.Il n'est peut-être jamais allé à Québec, mais il a vu courir les chevaux de Blue Bonnets et connaît les états américains où il a de la famille.Et il n'a vraiment rien d'un ours! Débordant d'humour, cet homme surprenant peut vous entretenir d'à peu près tous les sujets.Ancien «calleur» pour les fêtes du village, ancien père Noël paroissial, imitateur à ses heures, il a même gagné (ou presque) un concours de chanson amateur! Et pas nostalgique pour un sou: pour lui, l'agriculture moderne vaut bien celle d'an-tan.«On a plus d'agrément à travailler avec la machinerie d'aujourd'hui, fait-il sagement remarquer, mais ça coûte plus cher.» Bref, particulièrement sympathique et ouvert, le sexagénaire! Il méritait bien le prix Héraclès (catégorie «Employé de ferme») que la Société d'agriculture du comté de Yamaska lui a décerné en novembre dernier, pendant le Bal des moissons de Victoriaville.Quant à son patron actuel, Yvon Hamel, il n'est pas le seigneur féodal qu'on pourrait imaginer.Inséminateur de carrière, il a simplement eu besoin de quelqu'un pour s'occuper de la ferme pendant qu'il allait travailler chez les autres.Son père, Armand Hamel, faisait le même métier, ce qui explique la longue carrière de leur presque indispensable employé.Comment, de toute façon, Yvon Hamel aurait-il pu se sentir supérieure un employé qui lui a en quelque sorte appris le métier?«On faisait une bonne équipe, explique-t-il.Moi j'avais étudié la médecine vétérinaire et quand je suis revenu à la ferme, à 20 ans, je ne 8 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 SOCIÉTÉ DU CREDIT AGRICOLE Des idées pour tirer profit de vos temps Au Pôle Nord ou ailleurs, de plus en plus de gens tirent leurs revenus de plusieurs sources.Vous êtes propriétaire d'une ferme, d'une terre à bois ou d'une érablière dont vous tirez un revenu tout en ayant un autre emploi?Ou encore, vous avez le goût de changer d'air, de quitter la ville pour la campagne et d'exploiter une petite ferme tout en conservant votre occupation actuelle?Vous êtes probablement admissible à un prêt de la Société du crédit agricole.Pour parler à un conseiller en financement de votre région, composez le 1-800-387-3232.CONSULTEZ D'ABORD Société du crédit agricole Farm Credit Corporation Canada En 50 ans, Bernard Pépin a tout fait: les foins, les céréales, les vaches, et même les concombres.connaissais pas ça, les vaches.C'est Bernard qui m'a montré à traire, à faire les clôtures.» Encore aujourd'hui, quand le patron Yvon s'absente de la ferme pour quelques jours, le plus inquiet, c'est l'employé Bernard! Et pour les décisions, pas de discussions stériles: l'un propose, l'autre dispose.«Je lui dis: voilà mon idée, mais c'est toi le boss», explique Bernard Pépin.La retraite, prévue pour l'an prochain, ne sera certainement pas un grand choc pour notre employé modèle.Il n'a pas l'intention défaire le tour du monde.Il continuera simplement à vivre à côté de l'étable qui l'a vu devenir adulte, dans une maison mobile que son patron a mise à sa disposition.Il y demeure déjà avec une autre personne de son genre, Diana Hamel, engagée comme employée de maison par la famille Hamel il y a 52 ans! Le destin de Bernard Pépin s'est joué un jour de 1943, quand un voisin est venu lui proposer de l'aider à presser son foin.Il était alors en neuvième année.Fini l'étude: le jeune homme est allé conduire les deux chevaux qui faisaient des aller-retour devant la presse stationnaire dudit voisin.Un engin moderne! A l'autre bout de la machine, une personne attachait les balles à la main, avec de la broche, les pesait et leur apposait à chacune une étiquette de bois indiquant leur poids: 150 livres! Si Bernard Pépin a laissé si facilement l'école, c'est qu'il devait travailler pour aider ses parents.Il était en effet l'un des plus vieux d'une famille de huit enfants vivant sur 62 arpents.Heureusement, le travail ne lui a jamais fait peur.À sept ans, il aidait déjà un voisin à traire ses vaches.À la Bernard Pépin n'est pas nostalgique pour un sou: pour lui, l'agriculture moderne vaut bien celle d'antan.main et au seau, bien entendu.Salaire: trois cents la vache! Et c'était lui qui allumait le poêle de l'école avant d'aller casser la glace du puits pour rapporter l'eau qui allait servir à dégeler le robinet.«Comme dans les filles de Caleb», précise-t-il en souriant.De-_ puis, ses habitudes de lève-tôt sont restées: il s'est toujours fait une fierté d'être le premier arrivé à l'étable.Beaucoup de fermiers cherchaient des bras à cette époque.«Au printemps, se souvient Bernard Pépin, de gros producteurs de Marieville ou Saint-Césaire venaient faire leur tour dans le coin pourchercherdes jeunes à engager jusqu'en octobre.Les gens étaient bûcherons l'automne et ____________ draveurs au printemps.» Dès 1944, le père d'Yvon Hamel, Armand, est venu le chercher.Bernard Pépin a alors déménagé ses pénates jusqu'au rang voisin, ce qui ne l'a pas empêché de continuer à remettre son salaire à ses parents.C'est seu- ^ lement à 21 ans.en fait, qu'il a ouvert un compte à la caisse populaire pour acheter son premier véhicule: une moto.Très rapidement, Bernard Pépin s'est vu confier des responsabilités importantes.En 1949, son patron est devenu insémina-teur et a commencé à s'absenter régulièrement de la ferme.Le jeune employé avait alors 19 ans.Son futur patron, Yvon, n'en avait que sept.La ferme nourrissait alors une trentaine de vaches.Progressivement, avec l'aide fiable de Bernard Pépin, le troupeau a grandi.L'employé s'est même En un demi-siècle, il ne se sera absenté de la ferme que trois semaines, pour aller bûcher, un automne.acquis une solide réputation de tondeur et de conducteur de vaches: c'est lui qui préparait les bêtes que les éleveurs de la région présentaient aux expositions.Il a aussi été le secrétaire du cercle des jeunes éleveurs pendant deux ans.En 1962, Yvon Hamel a pris la relève de son père.Comme le troupeau continuait à grossir, il a fallu engager d'autres hommes.Au plus fort de la production, on trayait une centaine de vaches.Bernard Pépin était toujours à son poste même les lendemains de fête, quand il s'était couché à deux heures du matin! «Je n'ai jamais manqué une traite parce que je m'étais amusé la veille», assure-t-il.Il exigeait de son patron qu'il vienne faire son tour dans l'étable avant d'aller travailler à l'extérieur.Il lui arrivait même de travailler les jours de congé.pour se désennuyer! En 1987, revirement: le deuxième employé décide de devenir camionneur et Yvon Hamel abandonne la production laitière.Un dur coup pour Bernard Pépin?Pas du tout! Il n'a même pas eu peur pour son emploi! «J'ai jamais eu peur de perdre ma job, soutient-il.Au moins trois autres producteurs m'avaient dit: si ton patron te lâche, viens nous voir!» Depuis, la ferme produit de l'orge, du maïs et des taures laitières.Bernard Pépin touche toujours à tout, même à l'épierrement, malgré ses 64 ans.Il ne s'est jamais ennuyé des vaches.Nostalgie?Connais pas.En un demi-siècle, il ne se sera absenté de la ferme que trois semaines, pour aller bûcher, un automne.C'est son patron, Yvon, qui a dé- __ cidé de l'inscrire au concours de la société d'agriculture.Il a tout préparé sans le lui dire.«J'avaispeur qu'il ne veuille pas,explique-t-il.Je ne lui en ai parlé qu'une fois le dossier monté.» Bernard Pépin pouvait difficilement refuser.Aujourd'hui, il est fier de montrer la plaque de bois gravée à son nom, accrochée au mur de sa cuisine.Quand on lui demande le secret de sa santé et de sa stabilité, il répond très simplement: «J'aime mon ouvrage».Et aux jeunes qui s'interrogent sur leur avenir professionnel, il conseille: «Tu aimes ce que tu fais?Alors continue!» ¦ 10 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 s s s S S S S S S S S S S S S S S S S S $ S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S s COMMERCE INTERNATIONAL Le marché américain: bière, porc et chocolat La valeur totale des exportations agroalimentaires du Québec vers les États-Unis dépasse le milliard et demi de dollars canadiens, tabac et produits de la mer inclus.C'est pas de la petite bière, direz-vous.Au contraire, il y a beaucoup de petites bières là-dedans.par Danielle Dagenais Les exportations de bière de malt aux Etats-Unis ont totalisé presque 98 millions de dollars canadiens en 1993.Pour les huit premiers mois de 1994, la bière était de loin la denrée la plus exportée vers les Etats-Unis d'après Agriculture et Agroalimentaire Canada.Elle devançait largement la viande de porc fraîche et réfrigérée, deuxième en lice.Presque 139 millions de litres de bière québécoise ont traversé la frontière pour désaltérer nos voisins américains.Une explosion si on considère qu'en 1991 le Québec n'exportait qu'un maigre 45,4 millions de litres vers ses clients américains.Chez Molson O'Keefe, on attribue cet engouement des Américains pour la bière canadienne à plusieurs facteurs.Premièrement, un accord conclu en 1993 entre la brasserie montréalaise et Miller a donné aux bières Molson l'accès au formidable réseau de distribution du brasseur américain, explique le vice-président aux relations publiques, Alban Asselin.Deuxièmement, les bières/ce - Molson ou Labatt - connaissent beaucoup de succès auprès des buveurs de bière américains.Troisièmement, les droits compensatoires dont était frappée la bière ontarienne de la mi-1992 à la mi-1993 ont peut-être favorisé la bière québécoise.Cette hypothèse est ce- banielle Dagenais, agronome, esl journaliste.pendant mise en doute par le vice-président aux relations publiques de Labatt, Alain Bolduc.Selon lui, les Américains nous avaient à l'œil.Une augmentation suspecte de nos ventes et on goûtait à la médecine des droits compensatoires comme nos collègues ontariens.Par contre, croit-il, les brasseurs canadiens autrefois centrés sur le seul marché local reluquent maintenant l'immense marché américain.Ils sont plus agressifs.Le secteur des boissons constitue des exportations agroalimentaires appartiennent à cette catégorie.Ce n'est un mystère pour personne que le porc arrive en tête de liste dans ce groupe de denrées.En fait, la viande de porc fraîche et réfrigérée — plus de 98 millions de dollars d'exportations en 1993 — arrivait nez à nez avec les bières de malt au palmarès des produits exportés en 1993.Aujourd'hui déclassée par les petites Molson et leurs consœurs, la viande de porc fraîche et réfrigérée reste bonne deuxième d'après les données sur le Québec compilées par Agriculture et Agroali-mentaire donc un secteur en croissance.En fait, le quart de l'augmentation des exportations agroalimentaires québécoises vers les Etats-Unis enregistrée entre 1989 et 1994 est dû à la croissance faramineuse du commerce de la bière et des eaux embouteillées entre les deux pays grâce au traité de libre-échange.Résultats: les boissons constituent plus du sixième des envois québécois vers le marché américain.Et ça continue.Mises à part la bière et l'eau claire, qu'est-ce donc qu'on exporte au sud du 45e parallèle?De la viande, beaucoup de v iande: entre le quart et le tiers Canada.Mais de toute façon, la viande de porc — toutes coupes, préparations et méthodes de conservation confondues—dépasse toutes les autres denrées, boissons y compris, en valeur exportée.D'après un rapport sur le commerce international du Canada et du Québec publié par le MAPAQ en 1993.les Américains ont acheté du Québec pour plus de 188.6 millions de dollars de viande de porc.Cela représente plus de 19 % des exportations agroalimentaires de cette année-là, produits marins inclus et produits du tabac exclus.Il faut dire que le Québec en produit du porc! «Le Québec exporte un porc sur trois, confirme Charles Gagné, éco- LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 11 S S S S S S S S S S S S S S S S $ S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S S 5 S S S $ S S S S S S S S S S S 5 s s s s s s $ s s s s s s s Presque 139 millions de litres de bière québécoise ont traversé la frontière pour désaltérer nos voisins américains.nomiste à la Fédération des producteurs de porcs du Québec.Près de 62 % de nos exportations de viande porcine sont dirigées vers les Etats-Unis.» Charles Gagné précise qu'une partie de ce porc transite par les États-Unis à destination du Mexique ou de Cuba.On le constate: l'interprétation des données d'exportation demande une bonne connaissance du secteur et une bonne dose de prudence.Hier encore, les pessimistes prédisaient que le marché américain diminuerait avec la volonté américaine d'accroître la production intérieure de porc et la récente hausse de production dans certains états.«Eh bien, pas du tout, rétorque Jacques Pomerleau, qui préside aux destinées de Canada Porc International.On a plutôt vu une hausse des exportations canadiennes.La hausse de production a fait chuter les prix, le porc est devenu plus compétitif.» Selon Jacques Pomerleau, d'autres facteurs justifient notre succès.D'abord la proximité des marchés.«Les grandes régions de production américaines sont en Iowa, au Nebraska, en Caroline du Sud: toute la ceinture du Sud.dit-il.Les producteurs américains sont beaucoup plus éloignés du Nord-Est américain (leur plus gros marché de consommation) que nous le sommes.» Notre autre atout demeure la qualité de nos produits, soutient M.Pomerleau.Par contre, ce qui en asurprisplusd'un lorsque Porc Canada International a commandé une étude sur le sujet, c'est que Porto Rico constitue un marché très important.Pourquoi les Portoricains ne s'approvisionnent-ils pas avec du porc américain?«À cause de la qualité», répond M.Pomerleau.Avec des achats de plus de 2 milliards de kilogrammes de porc, l'île de Porto Rico formait en 1993 un marché quatre fois plus important que celui du Mexique pour la viande de porc fraîche, réfrigérée ou congelée.En plus, une forte proportion du porc acheminé vers New York (plus de 10 millions de kilos en 1993) ou la Floride (environ 4,9 millions de kilos) prend le chemin des Bahamas, des Antilles et de Porto Rico.Bien malin celui qui saura la quantité exacte de porc qui emprunte cette route.Au dire de M.Pomerleau, les acheteurs américains responsables de ces ventes sont peu loquaces pour ne pas irriter leurs concitoyens, chatouilleux sur le sujet.Côté viande, autre surprise: une exportation florissante de viande désossée de l'espèce bovine.Nos bonnes vieilles vaches de réforme trouvent preneur de l'autre côté de la frontière sous forme de hamburger, d'après Ann Fornassier, de la Fédération des producteurs de bovins du Québec.C'est un marché non négligeable qui frisait les 60 millions de dollars en 1993.Les statistiques d'exportation sous-esti-ment peut-être les véritables montants, suppose Mmo Fornassier.Si une vache Si on vous disait que le Québec exporte plus de chocolat que de sirop d'érable aux États-Unis, le croiriez-vous?Pas sûr.Pourtant, c'est la stricte vérité même si les plantations de cacaoyers sont plutôt rares à notre latitude.Plus de 26 millions de kilos de chocolat et de préparation de chocolat valant environ 48,5 millions de dollars canadiens ont franchi en 1993 la frontière américaine.La même année, le Québec n'a livré qu'environ 12 millions de kilos de nos sirop et sucre nationaux pour un montant d'environ 38 millions de dollars canadiens.Que diable vient faire le Québec dans la galère du chocolat?Un récent rapport du MAPAQ sur le secteur de la confiserie répond en partie à cette question.La proximité du fleuve permet le transport du sucre et du cacao à moindre coût.Ajoutons à cela le taux de change favorable aux entreprises canadiennes.La compagnie Kraft-General Foods possède d'ailleurs à Ville La-salle une usine qui dessert le marché nord-américain du chocolat Bakers vendu au détail.Imaginez les kilogrammes de chocolat en barres, en brisures, blanc, au lait amer ou mi-sucré que cela représente et vous québécoise est achetée par un courtier ontarien et que la viande de cet animal est par la suite expédiée aux États-Unis, cette transaction sera comptée dans les exportations ontariennes.Évidemment, il est difficile de quantifier les mouvements de produits entre les provinces puisqu'il n'existe pas de douane entre celles-ci.Ah, les homards et les crabes du Québec! Le Québec expédie en effet un volume important de produits marins vers les États-Unis.Le Bureau de la statistique du Québec (BSQ) estimait à 87,7 millions de dollars les exportations de produits marins en 1993.Les ventes de mollusques et de crustacés auraient rapporté à elles seules au-delà de 48 millions.Mais où sont donc nos produits laitiers là-dedans?Plus de 18,5 millions de dollars de produits laitiers ont été expédiés vers les États-Unis.La moitié de ce montant est constituée de ventes de fromage, plus du quart de comprendrez d'où vient en partie notre performance chocolatière.Le porte-parole de Kraft-General Foods, Guy Nadeau, reste cependant très évasif sur l'importance des exportations imputables à l'usine de Ville Lasalle: plus de 30 % des 24,6 millions de kilos de chocolat et autres préparations alimentaires contenant du cacao et dont le poids excède 2 kg.On ne tient pas à crier sur tous les toits qu'on approvisionne le marché américain.Ça pourrait faire des jaloux, même dans le merveilleux monde du libre-échange.Confiserie Comète, une florissante entreprise de Saint-Hyacinthe, exporte du chocolat noir vers le marché américain du «chocolat» industriel.Mais sur les quantités exportées, son porte-parole Pierre Petit reste coi.Dans les entreprises, on a le succès modeste, semble-t-il.L'examen des statistiques révèle un autre fait troublant.Pourquoi 98 % du chocolat et autres préparations alimentaires contenant du cacao et dont le poids excède 2 kilos sont-ils destinés au Vermont?Mystère.Personne, ni au MAPAQ ni chez Kraft, n'a pu résoudre cette énigme.Les formulaires de douane sont peut-être mal remplis, allez donc savoir! ¦ D.D.Le cas chocolat 12 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 $$$$$$$$$s$$$$$s$$$$s COMMERCE INTERNATIONAL Des statistiques à consommer avec prudence $$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$ ventes de poudre de lait et le quinzième de ventes de beurre.Mais attention, ces chiffres surestiment les exportations strictement à destination des États-Unis, préviennent les experts de la Commission canadienne du lait (CCL).La majorité du beurre qui traverse la frontière, soit 500 000 des 507 000 kilos, est acheminée vers le sud des États-Unis ou vers un état indéterminé.Ce beurre, suppose-t-on, sera ensuite transporté par bateau vers les Antilles.De toute façon, la CCL n'a payé aucune subvention à l'exportation pour du beurre à destination des États-Unis, s'empresse de confirmer l'un des responsables aux exportations de l'organisme.Les Etats-Unis, n'oublions pas, contingentent l'entrée des produits laitiers.Le Canada partage avec un ensemble de pays un maigre quota de 74 000 kilos de beurre.Cinq millions et demi de dollars de poudre de lait produite au Québec prennent le chemin des États-Unis.Le marché américain est pourtant saturé.En fait, nous révèle Mmc Perron, porte-parole de la CCL, la plus grande partie de cette poudre de lait est vendue à une usine de fabrication de mélange lacté pour nourrisson.On y produit en consignation et sous surveillance douanière pour le marché étranger.Cette poudre de lait ne se retrouvera pas dans les biberons américains.D'après lyjme perron ie Canada exporte aussi l'équivalent de 400 000 hectolitres d'ingrédients laitiers sur une base de matière grasse.Le beurre et le fromage camouflés dans les biscuits ou la pizza sont des ingrédients laitiers mais ne sont pas comptabilisés comme tels dans les statistiques d'exportation.Les produits du tabac, une autre importante denrée d'exportation, ont supplanté toutes les autres exportations en 1993.Ils représentaient plus du tiers des exportations agroalimentaires du Québec chez nos voisins américains.Tout ceux qui ont suivi le dossier de la contrebande de cigarettes ne s'étonneront pas de voir cette proportion redescendre à la normale, sous les 5 %, pour les huit premiers mois de 1994.Comme quoi la connaissance de l'actualité est précieuse pour l'interprétation des statistiques! Au fait, saviez-vous que les exportations agroalimentaires du Danemark, à peu près aussi populeux que le Québec, voisinent les 10 milliards de dollars canadiens?Celles du Québec sont de 1,5 milliard.Il y a aussi des statistiques qui font réfléchir.¦ La moitié de nos exportations de sirop d'érable sont dirigées vers le Vermont.Pourtant, ce ne sont pas les Vermontois qui mangent ce sirop.par Danielle Dagenais Les statistiques, disait à la blague un agent d'information préposé aux données, sont à prendre avec des pincettes et avec un grain de sel.C'est dire à quel point, même pour ceux qui les manipulent tous les jours, les statistiques doivent être utilisées avec prudence.Premier piège tendu au lecteur de statistiques néophyte: la définition d'exportations agroalimentaires varie au gré des ministères et des gouvernements.Par exemple, à cause de l'existence de Pêches et Océans Canada.Agriculture et Agroalimentaire Canada retire les produits marins de ses statistiques d'exportations: chacun son domaine! Quant au MAPAQ, ses données rassemblent les produits de la pêche et de l'agriculture mais les produits du tabac font bande à part.Statistiques Canada, lui, produit des données d'exportations agroalimentaires comportant les produits de la terre et de la mer, quel qu'en soit l'usage.Bien d'autres différences touchent des domaines très précis: les Danielle Dagenais.agronome, esl journaliste.huiles essentielles, lamousse de tourbe, etc.Il faut signaler une autre particularité des statistiques d'import-export entre le Canada et les États-Unis.Depuis la signature en 1990 d'une entente à ce sujet avec les Américains, les statistiques d'exportations agroalimentaires du Canada sont colli-gées à partir des données d'importations recueillies aux frontières américaines.Ces données sont tirées des formulaires remis aux importateurs-exportateurs en territoire américain.Cette pratique a permis de réduire les incohérences de données entre les deux pays et les coûts de saisie des données.Cependant, il subsiste des zones grises.La province d'origine d'un pro- duit signifie de fait la province où ce produit a franchi les douanes.L'état de destination veut dire l'état où se trouve le premier acheteur du produit.Ce qui donne lieu à des sur ou sous-évaluations des valeurs d'exportation de certains produits et à des résultats parfois curieux.Ainsi, la plupart des peaux de visons exportées par le Qué- LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 13 Détail des transactions récentes En 1993 Cigarettes contenant du tabac 35,6 % Viande de porc, fraîche ou réfrigérée 7,1 % Bières de malt 7,0 % Viandes désossées de l'espèce bovine 4,1 % Chocolat et autres préparations alimentaires 2,9 % Jambons et épaules et leurs morceaux 2,8 % Autres produits 40,4 % TOTAL 1 390,5 MILL IONSS En 1994 (août) Bières de malt 11,1 % Viande de porc, fraîche ou réfrigérée 8,7 % Chocolat et autres préparations alimentaires 6,2 % Jambons et épaules et leurs morceaux 5,7 % Viandes désossées de l'espèce bovine 5,7 % Eaux minérales et eaux gazéifiées 5,3 % Autres produits 57,3 % TOTAL WÊÊÊÊÊÊÊÊË 642,0 MILL IONSS Noie: ces données proviennent d'Agriculture Canada et excluent les produits marins.s s s s s s s s s s $ s s s s s s s s s s s s $ s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s s ne s'élève qu'à deux millions de dollars.Quant au sirop d'érable, selon les données de Statistiques Canada, le Vermont achèterait plus de la moitié de notre production.Quant on sait que ce petit état de moins de 1 million d'habitants produit lui-même du sirop d'érable, on se demande ce que les Vermontois peuvent bien faire de tout ce sirop.On les imagine se gavant de sirop d'érable trois fois par jour.Le représentant de la Fédération des producteurs acéricoles éclaire rapidement notre lanterne.Il n 'y pas de mystère là-dessous.«Les deux plus gros acheteurs américains sont situés au Ver-mont, à Brattleboro et Saint-Johnsbury », dit-il.D'autres emballeurs importants ont pignon sur rue au New-Hampshire.Le lieu de destination ne doit donc pas être compris comme le lieu de consommation.Il est le fait d'un réseau de distribution différent pour chaque produit.Même explication pour les produits marins exportés au Massachussets, commente Mme Vu, du MAPAQ.Les produits de la mer sont majoritairement écoulés à Boston, le plus gros marché de produits marins aux États-Unis.Certains grossistes importants sont aussi localisés dans l'état de New York.Ces particularités du marché américain des produits marins se reflètent dans les statistiques.Et pour finir, comment expliquer que, sous la rubrique sperme de taureaux, le lecteur de statistiques retrouve un gros 0.Starbuck n'a donc pas de relève?Quand on lui pose la question, le directeur du marketing au Centre d'insémination artificielle du Québec (CIAQ), le Dr Holtmann, s'étonne puis éclate de rire! Depuis 1992, le CIAQ fait partie de Semex International.Cet organisme prend en charge les exportations.Il est situé à Guelph en Ontario.Le sperme de nos taureaux québécois fait donc un tour à Guelph avant d'aller améliorer le cheptel américain.Les statistiques enregistreront encore une fois ces ventes comme exportations ontariennes.Y a pas de justice! ¦ bec sont acheminées vers l'État de Washington, sur la côte ouest.Les statistiques donnent, à tort, l'image d'un état où tous les habitants feraient leurs emplettes en pelisses de vison canadien.La réalité est tout autre, précise M.Herscovici, du Conseil canadien de l'industrie de la fourrure.Les éleveurs québécois de vison appartiennent à la North American Fur Association, actionnaire principal de deux encans situés à Toronto et New York.La majorité des peaux de vison du Québec seraient assemblées à Toronto avec celles des autres membres de cette association.Les peaux vendues à des acheteurs américains à l'encan de Toronto échapperaient ainsi aux statistiques d'exportation du Québec pour être répertoriées comme exportations ontariennes.Par contre, mentionne M.Herscovici, certains éleveurs peuvent choisir de vendre leur production à l'encan de Seattle dans l'état de Washington, autre encan américain important.Dans ce cas, ces peaux sont identifiées comme exportations québécoises.Ah oui?Faux et archi-faux, s'insurge le responsable des animaux à fourrure au MAPAQ, Gaston Léonard.Pas un éleveur de visons du Québec ne vend de peaux à Seattle.Le montant des exportations — 7 millions de dollars en 1993, d'après les dernières données de Statistiques Canada, 13 millions, selon des données moins récentes du MAPAQ — reflète l'intense commerce des fourrures de toute origine orchestré peut-être par des négociants du Québec.Il faut préciser que la valeur de la production québécoise FINANCE $$ $$$$$$$$$$$$$ Un vrai cadeau du fisc par Pierre Piché Les Fêtes sont maintenant terminées.Enfin! s'exclament les uns; hélas! déplorent les autres.Pour Luc, 40 ans, père de famille au grand cœur, c'est une période de l'année financièrement pénible.Il veut faire plaisir à tout le monde mais n'en a pas toujours les moyens.Comme bien des gens, Luc est tiraillé entre l'épargne et le maintien d'un certain niveau de vie.Comme il a bien gâté sa famille, janvier et février servent, comme d'habitude, à rembourser les marges et les cartes de crédit gonflées à bloc.Son comptable, en mai dernier, l'informait que son plafond de cotisations «accumulées» non versées dans un REÉR pour l'année 1994 atteignait 15 000 $.Même si Luc a eu une très bonne année en 1994, il ne dispose encore une fois que d'un montant d'environ 2 000 $.A Noël, son beau-frère Daniel, qui se trouvait dans la même situation il y a quelques années, lui a appris sa recette pour s'en sortir: se faire un cadeau spécial.D'abord, Daniel avait l'habitude de consacrer environ 2500 $/an au REÉR alors que la loi lui en permettait plus du double.Sur recommandation d'un conseiller en placement, il a mis sur pied un plan d'investissement correspondant à ses périodes de paie.De plus, il a réinvesti le montant d'impôt épargné grâce à ses contributions au REÉR.En épargnant de petits montants, (300 $/mois au lieu de 2 500 $ une fois l'an) et en réinvestissant l'année suivante le retour d'impôt dès réception, Daniel a presque doublé ses contributions.Selon Daniel, l'investissement du retour d'impôt représente le vrai cadeau du fisc.«A ce moment-là, dit-il, j'ai le sentiment très net de profiter au maximum non pas de la loi de l'impôt mais plutôt de mes économies bien gagnées.» Luc vient d'apprendre l'existence d'une autre loi: celle de se payer d'abord.¦ Pierre Piché est conseiller en planification financière pour le Groupe Investors à Saint-Hyacinthe.14 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 $ S s s s s s s s $ s $ $ s $ s s s s $ $ s s s s s s s s s s s s s s s s s $ s $ s s s s s s s $ COMMERCE INTERNATIONAL Alléchants succès québécois à Paris Le Salon international de l'alimentation de Paris rassemble la crème des produits alimentaires du monde entier.Les producteurs québécois y ont démontré leur savoir-faire.par André Magny En tout, 3542 entreprises, 77 pays et 3500 produits présentés.Le plus important salon de l'alimentation au monde.Le XVIe Salon international de l'alimentation s'est tenu l'automne dernier au Parc des Expositions de Paris.Pour la première fois André Magny, journaliste, est correspondant à Paris pour Le Bulletin des agriculteurs.Monique et Michel Lachapelle ont remporté un SIAL D'OR avec leurs Escargots en brioche.On les voit ici au SIAL en compagnie du ministre de l'Agriculture du Canada, Ralph Goodale.L'incorporation en présemis (PSI): une approche planifiée pour le contrôle efficace des mauvaises herbes dans le maïs Les exigences de la rotation des cultures et des applications de produits chimiques placent Eradicane, de Zeneca, en tête des herbicides incorporés en présemis pour la prochaine saison.Depuis longtemps, les producteurs de mois luttent pour augmenter le rendement et la qualité de leurs récoltes tout en réduisant leurs coûts.Parmi les outils de régie dont les producteurs disposent pour atteindre leurs objectifs, les herbicides en présemis incorpores (PSI) se sont taillés une place de premier choix dans la culture du mois au Canada.Voyons rapidement les principales raisons de ce succès.100-90-80-70-60-50-40- I | Échelle de contrôle des mauvaises herbes 1 Moyenne: 86 % Herbicides PSI L'efficacité des herbicides PSI varie de 80 à Entretien des cultures dans le maïs Selon une étude du Ontario's Ridgetown College of Agricultural Technology effectuée sur une période de neuf ans, les herbicides PSI offrent un contrôle des mauvaises herbes supérieur à celui des produits appliqués en prèëmergence.PSI: la protection quand «a compte Les quatre à six premières semaines suivant l'ensemencement peuvent compromettre le rendement d'une culture de mois.Or, les herbicides PSI tel Eradicane agissent efficacement pendant cette période.Leur durée de vie limitée fait qu'ils ne contaminent pas les eaux souterraines, contrairement aux produits à effet prolonge, appliqués en post-émergence, qui dépendent de la pluie pour pénétrer le sol.PSI: la protection où ça compte Avec les herbicides PSI, une zone de contrôle d'à peine 5 à 8 cm d'épaisseur (2 à 3 po) suffit, ce que permettentfacilement les équipements modernes de préparation de sol.Les fortes émanations d'Eradicane créent une protection uniforme, sans qu'il soit nécessaire que la pluie tombe ou que le sol ait été préparé en profondeur.Avec un herbicide PSI, vous déterminez vous-mêmes la profondeur de l'application selon le type de mauvaise herbe qui vous pose problème.En déterminant avec précision la dose à incorporer, vous combattrez efficacement les mauvaises herbes, à un coût raisonnable.PSI: Protection du lit de semences de votre choix Avec la culture sur résidus, un herbicide PSI comme Eradicane se montre particulièrement efficace pour deux raisons: Herbicides en préémergence 91 %, selon des tests réalisés en Ontario.1 * En étant placé dans la zone de germination des mauvaises herbes, Eradicane ne se perd pas dans les résidus de la récolte.2* L'incorporation en présemis réduit le ruissellement et augmente l'efficacité de l'herbicide.Dans le cas de résidus abondants, Eradicane peut s'appliquer sous forme d'engrais imprégné.Les granulestraversent la couche de résidus et déposent l'engrais et l'herbicide sur la surface du sol.L'incorporation avec un équipement bien entretenu et ajusté assure un excellent contrôle des mauvaises herbes.LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 15 ALLEZ VOIR SUR PLACE À Paris du 26 février ^ au 6 mars 1995 USIMA Salon professionnel international de l'agrorourniture et de l'agroéquipement H SIMAGENA Salon professionnel inlernafional de la génétique, santé, alimentation pour bovins, ovins, caprins Le carrefour mondial des professionnels de l'agriculture et de l'élevage Au SIMA: • 80 000 m2 de nouveautés • Une section fruits et légumes • 10 000 m2 de matériel de traite et de laiterie • Nombreux colloques et animation - GATT, pollution agricole, compétitivité, canola et oléagineux, relève agricole, etc.Au SIMAGENA: • Présentation de bovins sélectionnés • Stands de firmes de génétique, d'alimentation, de produits d'hygiène, de santé animale et de services De plus: • Visitez le Salon international de l'agriculture qui se tient en parallèle au SIMA.Forfait Interconseil: • Le forfait: hôtel, repas, entrée aux salons et excursions (visite de Paris, châteaux de la Loire, cave à Champagne, etc.).PROFITEZ DES VOYAGES ENTRE PROFESSIONNELS f=| Les voyages NTERCONSEIL 2760, rue Principale, St-Édouard de Lolbinière (Québec) GOS1V0 Tél.: (418) 796-3060 • Fax:(418)796-3172 • Demandez à votre comptable pour les frais de formation déductibles de l'impôt 1 • Les voyages Interconseil détient un permis du Québec • À Toronto, du 7 au 10 février 1995 Le IX' annuel CANADIAN INTERNATIONAL FARM EQUIPMENT SHOW ' Le plus grand étalage d'équipement de ferme sous un même toit.depuis les débuts du SIAL, deux entreprises québécoises ont été associées, la même année, aux plus grands honneurs: les Aliments Culinar pour les craquelins Patacraque, cuits au four, donc à faible teneur en gras, de Bitelife, sacrés SIAL D'OR comme meilleur nouveau produit émanant du Canada: et Plats du chef, de Montréal, pour la création des Escargots en brioche produits pour le compte de la compagnie ontarienne Loblaw.Les dirigeants de Culinar et de Plats du chef étaient évidemment ravis.Pous Jean-François Douville, de Culinar, les retombées d'un tel prix serviront à la société québécoise.«Cela créera des liens avec des distributeurs pour développer l'exportation de la gamme de produits Culinar, dit-il.En gagnant un SIAL D'OR, nos Patacraque deviennent en Europe la remorque de nos autres produits.Et puis, c'est une crédibilité accrue pour Culinar auprès des détaillants.Un tel prix, c'est aussi la fierté qu'on retire en tant que Québécois d'être associé à la création d ' un produit unique au monde.» Pour Monique et Michel Lachapelle, respectivement présidente et vice-président de Plats du chef, leur SIAL D'OR vient récompenser 14 ans de ténacité.Après des débuts modestes — leur garage de Pointe-Claire servait au départ d'«usine» — ils ont réussi à confectionner Escargots en brioche, un hors-d'œuvre congelé de fière allure.Leur chiffre d'affaires atteint 5 millions de dollars.Une présence au SIAL ne s'improvise pas.On ne traverse pas l'Atlantique sans une préparation minutieuse.Si la cuvée 1994 est si éloquente au SIAL, c'est sans doute grâce au travail du Club export agroalimentaire du Québec.Fondé en 1990 avec seulement 15 membres par l'Association des manufacturiers de produits alimentaires du Québec, le club regroupe maintenant plus de 220 membres dans le domaine de l'industrie agroalimentaire et des services.On y retrouve autant l'UPA et la Fédération des producteurs de porcs du Québec que des entreprises comme Madelipêche, Culinar ou des organismes comme le CRIQ, voire des banques.Le Club export, de l'avis de son directeur exécutif, Paul-Arthur Huot, «propose une formule originale de promotion des exportations québécoises, via notamment les tremplins agro-export».C'est ainsi qu'en 1993-1994, le club a parrainé des tremplins aux États-Unis, au Japon, au Mexique et en Allemagne.¦ Des canards gavés en Montérégie Après la ferme du Gibier-Doré, à Saint-Pie, la région de la Montérégie semble devenir la terre de prédilection au Québec pour le gavage des oies et des canards! Profitant du SIAL qui s'est tenu à Paris cet automne, le service économique de la Délégation générale du Québec, dans le cadre de ses «Mardis d'affaires», a souligné l'entente que vient de conclure Élevage Périgord, de Saint-Louis-de-Gonzagues, au Québec, avec la société Excel de Montord-en-Chalosses, dans la région des Landes au sud-ouest de la France.Le principal actionnaire d'Élevage Périgord vient ainsi d'acquérir l'expertise française dans le domaine de l'élevage et du gavage des canards, un domaine où les Français sont passés maîtres! Cette entente de 250 000 $ permettra au directeur de production d'Excel de séjourner pendant deux ans au Québec et de transmettre son savoir-faire.¦ 16 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 APPRIVOISONS LE FUTUR ISO: la même norme pour tout le monde L'Usine de congélation de Saint-Bruno au Lac-Saint-Jean livrera dès l'automne prochain des bleuets portant la certification ISO 9002.«ISO nous permettra de toujours exporter un produit de même qualité et de sécuriser notre client», explique le directeur général de l'usine, Jeannot Côté.ISO par ici, ISO par là.Il ne se passe pas une semaine sans qu'une compagnie ne fasse une annonce pour présenter son «diplôme» ISO ou ne dise qu'elle a enclenché le processus de certification.Le Centre d'insémination artificielle du Québec fait partie de ce dernier groupe.D'autres entreprises agroalimentaires ont déjà le diplôme en poche.Agropur et IPL, pour n'en nommer que deux, sont de celles-là.«On espère obtenir de nouveaux clients et travailler dans le marché international de façon plus dynamique», annonce le directeur général d'Agropur, Claude Ménard.«L'expérience a été fructueuse puisque nous avons décroché des contrats chez Bell et Frigidaire», indique, le gérant de la qualité chez IPL, René Chabot.ISO, c'est la grande mode à la grandeur de la planète.Cette norme est en application dans plus de 80 pays.En fait, la norme ISO garantit que les systèmes de gestion sont sains et que les exigences de qualité sont satisfaites.Pour la première fois, tout le monde embarque et s'entend dans le dossier de la qualité.Malheur aux dissidents! Lors d'une table ronde au congrès de l'Association québécoise de la qualité, on a conclu que, d'ici quelques années, les grandes entreprises et les gouvernements ne feront affaires qu'avec les entreprises certifiées ISO.Il ne reste même plus trois ans aux fournisseurs d'Hydro-Qué-bec pour se conformer.Et il faut s'attendre à ce que tout le secteur agroalimentaire fasse la même chose.Même si la norme ISO est une porte d'entrée pour accéder à un marché, elle est loin d'être synonyme de réussite.Il faut en plus un engagement réel de tous pour souscrire à une stratégie à long terme qui vise l'amélioration continue.Les origines du concept de qualité universelle remontent à la Deuxième Guerre mondiale.Les fabricants ont alors appris l'importance de ne pas livrer de marchandises défectueuses.Après toutes sortes de tentatives trop théoriques, l'Europe est finalement arrivée avec un concept utilisable.Un très grand nombre de pays se sont vite ralliés à la norme ISO définie en 1987 par l'Organisation internationale de normalisation basée en Suisse.Il y a trois catégories d'accréditation, la 9001, la 9002 et la 9003.Contrairement à ce qu'on pourrait penser, la cote 9001 n'est pas plus sévère que la 9003.Elle est cependant plus détaillée, car elle touche tous les aspects de l'entreprise.Pour ce qui est de la norme 9002, c'est celle dont on entendra le plus souvent parler en agroalimentaire, espérons-le, car elle reflète la qualité dans toute la chaîne de production.¦ Simon M.Guertin des perspectives agroalimentaires le 7 mars 1995 Auberge des Seigneurs, Saint-Hyacinthe Programme L'agroalimentaire aux commandes du changement.7 h 45 Inscription 8 h 30 Un monde de changements et d'opportunités.Quatre méga-révolutions simultanées: sociale, technologique, économique et politique.10 h 45 Les stratégies d'hier, d'aujourd'hui et de demain.Découvrir des stratégies différentes.Passer de la sécurité d'emploi à la sécurité d'employabilité.Bâtir des organisations démocratiques.12 h 00 Repas 13 h 30 Expérimentation de l'organisation de demain.Dépas- ser nos limites par l'apprentissage.15 h 45 Changement et apprentissage: un défi personnel per- manent.Comment se construire une vision, développer son potentiel et gérer son avenir.16 h 30 Synthèse de la journée.Un événement exceptionnel! Cette conférence vous permettra de développer une vision nouvelle s'inspirant de la pensée des plus grands spécialistes mondiaux du management.Vous pourrez participer à l'action au moyen d'unités de vote sans fil distribuées dans l'assistance.De plus, vous aurez l'occasion d'expérimenter un nouveau jeu de cartes adapté aux nouvelles couleurs du management.Participation au colloque (repas, pauses, cahier et jeu du participant inclus) Coût ' Jusqu'au 31 janvier 1995 Après le 31 janvier 1995 Individu 95$ 115$ Groupe " 75 $ / personne 95 $ par personne • Taxes incluses (IPS: RI34845668 • TVQ: 1015379088) " Un groupe doit être composé d'aumoins25 personnes enregistrées en même temps et provenant d'une même organisation.Formulaire d'inscription Pour vous inscrire.remplissez le formulaire ci-contre et retournez-le avec votre chèque fait à l'ordre du groupe GÉAGRI.À retourner avant le 17 février 1995 au: Groupe GÉAGRI 200.chemin Sainte-Foy, 12e étage, Québec (Qc) G1R4X6 Pour informations: (418) 646-5772 Nom_ Organisation ou compagnie Adresse_ Ville_ Téléphone Code postal Télécopieur .LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 17 c qurrier ou gestionnaire] s*s*sSSS***S5*S**SSSS*SSS$$S$S$$S$s$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$ Les détrousseurs de forêts Quelqu'un est venu bûcher chez vous sans demander la permission?Vous avez des recours et toutes les chances de gagner.par Gaétan Villeneuve et Sylvie Bouchard LE PILLAGE D'UN D0ISÉ Q.: Mon voisio est venu couper du bois dans mon boisé sans me demander la permission.Est-ce que j'ai des recours?R.: Bien sûr, vous avez des recours.Vous pouvez faire une réclamation en dommages.S'il y a impossibilité d'entente à l'amiable, vous devriez contacter un avocat qui se chargera de présenter la requête.La difficulté, c 'est de démontrer le dommage et la valeur du dommage.Un expert en évaluation vous sera alors d'un grand secours.Non seulement il évaluera la valeur du dommage arbre par arbre mais il calculera aussi le dommage causé au boisé par la destruction de jeunes arbres ou par les branches et têtes d'arbres laissées sur place.Comme il s'agit d'un expert indépendant, son témoignage en cour n'en aura que plus de poids.Votre cause a bien des chances d'aboutir en votre faveur si vous pouvez prouver qu'il s'agit bien de votre voisin et, évidemment, s'il est solvable.En fait, bûcher n'est pas une activité invisible et il est fort probable que d'autres personnes aient été témoins de cette activité.ASSURANCE-STABILISATION DANS LES POMMES Q.: J'ai entendu parler d'un programme d'assurance-stabilisation des revenus des producteurs de pommes.En quoi consiste-t-il?Gaétan Villeneuve, agronome et économiste, est consultant privé en économie agricole, à Saint-Hyacinthe.R.: En juillet dernier, la Régie des assurances agricoles du Québec (RAAQ) mettait en place un régime d'assurance-stabilisation des revenus pour les producteurs de pommes.En voici les grandes lignes.Les pommes assurables sont les pommes de variété tardive classées «extra de fantaisie» et «de fantaisie», suivant les normes prescrites par le Règlement sur les fruits et légumes frais, destinées à la consommation humaine, à l'état frais et non transigées directement avec les consommateurs.L'année d'assurance commence le 15 août et se termine le 14 août de l'année suivante.La compensation correspond au revenu stabilisé (calculé selon les normes de la RAAQ) duquel on soustrait le prix de vente moyen.Pourêtre admissible au programme, il faut assurer la totalité de sa production de pommes «assurables» et les mettre en marché conformément au Règlement sur la vente des pommes du Québec.Il faut aussi produire ses pommes selon un plan de culture en accord avec les techniques recommandées par le Conseil des productions végétales du Québec.La date limite d'adhésion est fixée le 30 avril précédant l'année d'assurance.Le taux de cotisation varie avec les années.Il est ajusté en décembre ou en janvier.La moitié de la cotisation est exigée lors de l'adhésion.Pour l'année 1994, le taux était fixé à 0,013 $/kg ou 0,25 $/minot.Le prix stabilisé estimé varie autour de 8,50 $/minot classé.La compensation est versée dans les 120 jours suivant la fin de l'année d'assurance du régime ou dans les 120 jours suivant la réception des renseignements et pièces justificatives.Nous recommandons à tous les producteurs de pommes d'adhérer à ce régime.PROBLÈMES CHRONIQUES DE SANTÉ Q.: Mes laitières souffrent de graves problèmes chroniques de santé.La productivité a baissé de 7000 à 5000 litres par vache.Depuis deux ans, je travaille beaucoup sur les aspects curatifs et préventifs avec mon vétérinaire et sur l'alimentation avec mon agronome.Sans succès.Que faire?R.: Il peut y avoir plusieurs causes à de tels problèmes de santé et de productivité.Dans votre cas, comme il semble qu'il ne s'agisse ni d'une épidémie ni d'une déficience alimentaire, il est possible que ce soit attribuable à un problème de tensions parasites.Hé oui, on n'y pense pas tout de suite, mais s'il n'y a ni maladie ni déficience alimentaire majeure dans votre troupeau, il faut bien que la cause soit ailleurs.Avec une telle baisse de productivité dans votre troupeau, vous devriez immédiatement demander l'avis de deux experts en électricité.Deux, parce que les tensions parasites sont complexes et varient selon les heures et les jours.Les avis sont donc souvent contradictoires.Exigez aussi des experts qu'ils effectuent les tests sur une période de quelques jours.S'il ne s'agit pas d'un problème de tensions parasites, vérifiez s'il n'y a pas de toxines dans l'ensilage ou les grains de vos silos, surtout s'il s'agit d'aliments humides.Les toxines peuvent rester longtemps dans un silo et causer des problèmes chroniques chez les vaches.En fait, pour des productrices moyennes comme les vôtres, ce genre de problème est causé par une maladie contagieuse, des tensions parasites ou des toxines dans les aliments.Si les vétérinaires et les spécialistes en alimentation n'ont pas trouvé la cause, c'est qu'il faut la chercher ailleurs.¦ COURRIER DU GESTIONNAIRE Le Bulletin des agriculteurs 75, rue de Port-Royal Est.bureau 200 Montréal (Québec) H3L 3T1 Montréal.: (514)382-4350 Extérieur: 1-800-361-3877 18 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 SPECIAL HORTICULTURE Le cauchemar des carottes croches Les dégâts se produisent tôt en saison.Il faut un sol bien préparé, sans semelle de labour et non compacté lors de la récolte précédente.par Pierre Sauriol Q.: Pourquoi mes carottes sont-elles croches?R.: Les carottes fourchues, croches ou trapues sont le cauchemar de bien des producteurs.Tout dommage au point de croissance ou à l'apex de la racine peut la déformer et la rendre invendable.La période critique se situe durant les trois premières semaines après la germination, au moment où la jeune plantule développe un mince fil blanchâtre qui descend en profondeur.Si l'apex de la racine meurt, la dominance apicale est perdue et la racine principale cesse d'allonger.Elle sera courte et trapue ou elle développera plusieurs racines secondaires, ce qui donnera des carottes fourchues.Lorsque la jeune racine rencontre un obstacle, une semelle de labour, un sous-sol compact, des roches en terre minérale ou des racines d'arbres en terre noire, elle cesse sa descente.Comment connaître la vraie cause?Si la plupart des racines courtes ou fourchues sont situées à la même profondeur, c'est probablement dû à un phénomène généralisé et non à un simple caillou.Ainsi, dans les terres noires très acides, la jeune racine refuse de descendre dans le sol.D'autre part, une remontée de la nappe d'eau au moment où la carotte forme son fil peut tuer l'apex à cause d'un manque d'oxygène.Après la baisse de la nappe, la carotte peut fourcher et continuer sa descente.Une pluie diluvienne ou un excès d'irrigation à ce moment peut parfois expliquer le phénomène.C'est pourquoi on observe plus de carottes Pierre Sauriol.agronome, est conseilleren horticulture au MAPAQ.à Saint-Rémi.Tout dommage au point de croissance ou à l'apex de la racine peut la déformer ou la rendre invendable.courtes, croches ou fourchues dans les endroits compactés ou moins bien drainés.Une température chaude et sèche peu après la levée peut aussi affecter la pointe de la racine.Si la plante n'est pas morte et continue sa croissance, elle peut émettre des radicelles secondaires et développer une carotte fourchue.La compaction du sol le long d'un rang par les roues de tracteurs peut aussi causer des racines fourchues ou croches.Parfois, les carottes sont fourchues à cause des nematodes.Il est alors facile de déterminer la cause exacte.La présence de nodosités sur la racine principale et sur les radicelles indique de façon certaine qu'il s'agit du nematode de la nodosité.Dans les sols très infestés, la racine est très mal formée.Un excès d'eau peut causer le développement de champignons pathogènes comme le pythium, responsable de carottes fourchues, courtes et poilues.Les radicelles de ces carottes ont alors une couleur rouille, d'où leur nom de «racine rouille».La présence de ces champignons exige l'emploi de varié- tés moins sensibles.Les variétés de type Nantais et Chantenay sont généralement plus sensibles.Connaître la cause est le premier pas vers la prévention.Il faut semer dans un sol bien préparé, sans semelle de labour, non compacté par la récolte précédente, sans zone acide, libéré des souches ou des roches, bien drainé mais irrigué si c'est trop sec ou trop chaud après le semis.Tout un programme.Il faut se rappeler que les dégâts se produisent tôt en saison et non vers la fin de la période de croissance.C'est pourquoi plusieurs de ces actions doivent être décidées avant que le champ ne soit semé.Q.: Comment contrôler les limaces ?R.: Pour limiter les dégâts causés par les limaces, la prévention s'impose.Les engrais verts et les mauvaises herbes leur offrent un abri favorable.Faucher les mauvaises herbes autour des champs rend leur habitat moins favorable.Laisser une bande de terre nue et lisse autour du champ aide à prévenir leur entrée dans le champ.Là où il y a LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 19 Une révolution dans le conditionnement à disques Les nouvelles faucheuses-conditionneuses à disques de Gehl produisent une coupe franche et rapide et un conditionnement délicat.Les deux modèles, largeurs de coupe de 9 pieds et de 10 1/2 pieds, présentent les caractéristiques suivantes: Disques tournant à haute vitesse.Chaque disque a deux tranchants gui permettent de couper les récoltes les plus dures.La boite d'engrenage des disques est scellée dans un bain d'huile.Rouleaux pleine largeur.Les rouleaux font un conditionnement délicat de la récolte afin d'en assurer un séchage rapide et une valeur nutritive optimale.Système de raccordement hydraulique.Permet de mettre la machine en position sans quitter le siège du tracteur.Réglages rapides et sans outils.Un levier permet de passer de la production d'un andain aéré à la production d'une large bande de fauchage.Une poignée permet de régler la largeur des andains en fonction des conditions de séchage.Lignes d'entraînement de 540 ou 1000 T/M avec différentiel d'angle pour une puissance uniforme.Pour participer à la révolution dans le conditionnement à disques, voyez votre concessionnaire Gehl.Laforce à l'appui desfermiers Contrairement à ses concurrents, Gehl monte sa barre de coupe sur un support plus large que la barre de coupe et faisant partie du châssis.Ce dispositifa l'avantage de protéger la barre de coupe (dessinée en jaune) contre le choc direct d'une pierre ou d'un obstacle.La barre de coupe porte une garantie de 24 mois.eu des dégâts, l'enfouissement des résidus de cultures diminue les sites de nourriture et d'abris; le hersage et le tassage du sol leur enlèvent des gîtes et détruisent les adultes qui se déshydratent au soleil.Le seul produit phytosanitaire permis pour détruire les limaces dans les légumes est le métaldéhyde sous forme d'appât empoisonné.Cependant, son format est peu pratique au champ.Il en faut 40 kg/ha.Dans les fraisières, le méthomyl (Lannate L) est homologué après la pleine floraison.Les limaces sont des mollusques responsables de pertes de légumes de plein champ et de petits fruits.Parfois, elles causent des dommages dans les serres.Les limaces se multiplient à partir d'œufs qu'elles pondent dans le sol ou sous des déchets.Ces œufs sont coriaces.Ils résistent à la chaleur, au froid et à la sécheresse.Ils hivernent dans les interstices du sol et dans les débris de cultures mais surtout dans les fossés et en bordure des champs; c'est d'ailleurs là qu'on observe les principaux dommages.Lorsque la population est forte, on trouve parfois des limaces assez loin de la bordure.Un début d'été pluvieux et frais favorise leur multiplication.Durant l'été, sous la chaleur et la sécheresse, la population décroît.En fin d'été, au retour du temps frais, on les voit réapparaître.Elles se nourrissent la nuit et durant les jours sombres et humides.Dans certaines cultures, comme le céleri, elles se cachent dans le cœur de la plante durant le jour.Les cultures irriguées régulièrement sont plus susceptibles de leur offrir un gîte et un repas.Q.: Comment prévenir les maladies bactériennes?R.: L'été dernier, les pluies abondantes ont favorisé le développement de maladies bactériennes qui ont affecté les piments, les tomates, les laitues et les crucifères.Les bactéries peuvent être transmises par les semences.C'est pourquoi on recommande de les traiter.Divers traitements sont recommandés pour les tomates, les piments et les crucifères.Il faut cependant suivre scrupuleusement les instructions pour éviter de réduire le potentiel germinatif des semences.Dans la laitue, il n'existe pas encore de tels traitements.L'utilisation de semences saines ou traitées n'enlève pas la nécessité de la prévention.Sous certaines conditions de température et d'humidité, les bactéries peuvent doubler leur population à toutes les 20 minutes.Avec une telle capacité de reproduction, les mesures préventives lors de la production des plants et lors de la plantation s'imposent.Bien des questions demeurent cependant sans réponse.Quel est l'impact en serre de quelques plantules porteuses de bactéries?Comment les dépister et les éliminer?Quelles sont les mauvaises herbes hôtes des bactéries?Pourquoi ces maladies bactériennes sont-elles si importantes une : saison et si peu la suivante?Serait-ce lié aux conditions climatiques qui ont prévalu dans la région où les semences ont été cultivées?Pour ce qui est des traitements, on recommande de pulvériser un produit à base de cuivre.Mais, là encore, on patauge dans l'incertitude.Quelle formulation est la plus efficace et la moins toxique pour les cultures?A quel moment faut-il l'appliquer?Quelle est l'incidence du climat après le traitement?Aussi, la prévention s'impose: désinfectez vos serres et vos planteurs, éliminez les plants malades, diminuez les éclaboussures lors de l'irrigation en serre et, enfin, n'oubliez pas les rotations.¦ 20 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 La Semaine HORTICOLE Réunis sous l'égide du Conseil québécois de l'horticulture pour une deuxième année consécutive, l'ensemble du secteur horticole vous convie à la Semaine horticole.7, 8 et 9 février 1995 Centre des congrès Auberge des Seigneurs • Saint-Hyacinthe Volet formation-information Plus de 100 conférences réparties sur trois jours d'information.Volet exposition Une exposition commerciale d'envergure nationale (organisée par la FIHOQ) comprenant plus de 125 kiosques et regroupant les principaux fournisseurs de biens et services du secteur horticole.Les frais d'inscription comprenant le volet formation-information et le volet exposition sont de 23 $ par jour (taxes incluses).Visite de l'exposition seulement, 5 $ par jour (taxes incluses).Pour plus de renseignements, communiquez avec la Fédération des producteurs maraîchers du Québec (FPMQ) au (514) 679-0530, poste 391 et procurez-vous un coupon d'inscription ainsi qu'un horaire détaillé.Fédération des producteurs de pommes du Québec Mardi le 7 février 1995 AM • Problématique des sites de vergers • Résultats d'enquêtes sur les dommages causés aux pommiers par le gel hivernal • L'aspect phytosanitaire des pommiers affectés par le gel • Réseau d'essais de cultivars et de porte-greffes de pommiers PM • Marketing: approche de concertation dans l'industrie de la pomme • Résultat des travaux de recherche • Conversion des systèmes de réfrigération aux nouveaux réfrigérants Atelier (soir) • Priorités de recherche de la production et orientation de ces travaux Fédération des producteurs de fruits et légumes du Québec Mercredi le 8 février 1995 Doublez vos profits.rêve ou réalité?AM • Pois - Haricots - Maïs sucré - Contrôle des maladies et des insectes • Concombres - Gestion des ressources humaines - Régie de la production PM • Pois-Haricots-Maïs-Concombres - Cultivars du futur - Pratiques culturales et environnement - Mise en marché Syndicat des producteurs en serre du Québec Mercredi le 8 février 1995 • Techniques culturales en production serricole Jeudi le 9 février 1995 • Tendances: la commercialisation et les marchés des légumes de serre Fédération des producteurs de pommes de terre du Québec Mercredi le 8 février 1995 AM • Les interventions des producteurs d'autres régions dans la commercialisation de leur production: - prix - qualité - promotion PM • La qualité des pommes de terre aux diverses étapes de la commercialisation: - portrait de la situation - point de vue des intervenants Qui fait quoi et comment?Fédération des producteurs maraîchers du Québec Mardi le 7 février 1995 AM • Lutte intégrée et phytoprotection • Transplants PM • Transplants • Table ronde: piments Mercredi le 8 février 1995 AM • Petits fruits: fraises, framboises PM • Petits fruits: bleuets Jeudi le 9 février 1995 AM • Plasticulture • Maïs sucré • Des techniques biologiques en production maraîchère PM • Plasticulture • Coup d'œil sur le maraîchage d'outre-mer: rapports de voyages d'étude Collabora leurs: MAPAQ ITA Saint-Hyacinthe Agriculture et Agro-alimentaire Canada SPECIAL HORTICULTURE Faites vous-même le dépistage en serre Une serricultrice économise 600 $ d'insecticide par année grâce à l'utilisation de «pièges» autocollants jaunes.«Et je suis sûre de livrer des plants exempts d'insectes.» par Pierre Lachance Dans la culture de légumes et de plantes ornementales, le thrips et la mouche blanche doivent être dépistés systématiquement.Le meilleur moyen consiste à disposer partout dans les serres des «pièges» autocollants jaunes et de vérifier toutes les semaines le nombre d'insectes qui y sont collés.Un piège par 100 mètres carrés donne un bon portrait de la répartition de ces insectes dans les serres.Quelques pièges supplémentaires dans les endroits stratégiques comme les entrées ou près du système de chauffage complètent le système.A l'aide d'un couteau spécial, le dépisteur enlève les insectes du piège à mesure qu'il les compte.De cette façon, il ne risque pas de recompter les mêmes insectes la semaine suivante.Le nombre de jours qui sépare la vérification des pièges doit toujours être le même, sinon les résultats sont impossibles à interpréter.La lutte raisonnée Le dépisteur inscrit les captures de la semaine sur un plan des serres.Le producteur localise instantanément sur le plan les zones infestées et décide de la meilleure stratégie à suivre.Il réalise ainsi des économies en lutte chimique comme en lutte biologique.Comme il connaît le niveau d'infesta-tion de chaque piège, le serriculteur peut appliquer un traitement insecticide ou un prédateur en insistant seulement sur les secteurs infestés.«Je place des cartons d'Encarsia (un prédateur) partout quand même, mais j'en mets plus là où les pièges ont Pierre Lachance, agronome, est conseiller en phytoprotection au MAPAQ à Sainl-Hyacinthe.Gisèle Guertin, technologiste aux serres de l'ITA de Saint-Hyacinthe, dénombre les thrips capturés par le piège jaune.détecté des mouches blanches», dit Nicole Guilmain, responsable de la production chez Excel Serres à Saint-Damase.Nicole ajoute que ses pièges l'avertissent si la mouche blanche prend le dessus sur la population d'Encarsia.Elle utilise alors d'autres moyens pour reprendre le contrôle.Le dépistage hebdomadaire permet aussi de mesurer l'effet des interventions phytosanitaires, qu'il s'agisse d'insecticides, de prédateurs ou d'opérations de régie.Si les populations ne diminuent pas, l'exploitant peut changer de produit ou en améliorer l'application.C'est une bonne sécurité de connaître l'état phytosanitaire de ses serres en tout temps.Dans les serres de l'ITA de Saint-Hyacinthe, ce sont les étudiants en horticulture ornementale qui ont la responsabilité du dépistage.«Le dépistage hebdomadaire leur donne une notion bien concrète de ce qu'est une petite ou une grosse infestation», dit Gisèle Guertin, technologiste, responsable des serres de culture ornementale.Madame Guertin a adopté le dépistage pour décider des traitements à faire.Des pièges faits sur mesure Les mêmes pièges servent pendant plusieurs mois.Le dépisteur compte puis enlève les thrips et les mouches blanches qu'il trouve sur les pièges.Il laisse les insectes qui ne font pas l'objet d'un contrôle.Le couteau utilisé pour enlever les insectes ressemble à un tournevis dont l'extrémité serait tranchante.Une colle épaisse est nécessaire pour faciliter l'enlèvement des insectes (on utilise la marque Tangle Trap).Selon Frédéric Laforge, agronome, le «Coroplast»» jaune est le support plastique le plus pratique et le 22 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 moins cher.Coupé en carrés de 10 centimètres de côté, il est suspendu à une broche et sa hauteur est ajustée au furet à mesure que croissent les plants.Frédéric Laforge dépiste les insectes depuis deux ans chez une quinzaine de serriculteurs et dirige le Phytoclub de la Mauricie, un club de serriculteurs.Il a raffiné les techniques de piégeage et a permis à ses clients de couperde moitié leur facture d'insecticide.«J'économise 600$ d'insecticide par année grâce au dépistage hebdomadaire des pièges autocollants jaunes.Mais le plus important, c'est que je suis sûre de livrer des plants exempts d'insectes», dit Hedy Biais, serricultrice et propriétaire de Les vi-vaces de la Mauricie.Dans une entreprise de 2000 mètres carrés, la prise de données sur les 20 pièges demande 30 à 60 minutes par semaine.C'est un peu plus long si le dépisteur doit aussi examiner les plants pour les acariens et les pucerons que les pièges autocollants ne dépistent pas.Le serriculteur qui désire effectuer lui-même son dépistage doit prioriser cette activité, sinon il doit confier la tâche à un employé plus disponible.Le dépistage en serre se fait commercialement depuis 1992 en Mauricie et, sur une base saisonnière, depuis 1993 dans la région de Saint-Hyacinthe.Dans le secteur commercial, la visite d'un dépisteur peut sembler onéreuse, mais les producteurs bénéficient alors de l'expertise d'un professionnel en matière de prévention et d'éradication.Chercheurs demandés! Malheureusement, on ne connaît pas avec exactitude le seuil économique et le seuil de nuisibilité.À combien de mouches blanches par piège faut-il traiter?La réponse n'est pas simple.Ce seuil varie selon la sensibilité de l'espèce cultivée, selon la régie du producteur (température, humidité relative), selon le stade de la production (on est plus sévère en début de production), selon la saison (ouvertures sur l'extérieur), selon la longueur du jour (influence sur le parasite et sur le prédateur) et selon le marché visé.Cela fait beaucoup de réponses possibles pour une seule question! Même si les chercheurs n'ont pas encore répondu à ces interrogations, les producteurs ont su utiliser les informations du dépistage d'une façon peut-être intuitive mais.efficace.¦ SPÉCIAL HORTICULTURE L'industrie pomicole doit innover Le Québec doit développer des variétés nordiques pour se différencier de ses compétiteurs.par Daniel Ruel Depuis le début des années 1980 jusqu'en 1990, on a constaté une tendance à la baisse du degré d'autosuffisance dans la pomme fraîche produite au Québec.En 1991, la concertation entre tous les intervenants a permis à l'industrie de renverser cette tendance.En effet, en février 1991, les pomi-culteurs mandataient la Fédération des producteurs de pommes du Québec pour développer un plan de mise en marché.Ce plan de relance de l'industrie pomicole a été conçu à partir des résultats d'un sondage scientifique respectant la volonté des producteurs et des intervenants.Avec tous les nouveaux accords commerciaux, les producteurs de pommes du Québec prennent conscience de la concurrence grandissante des autres variétés de pommes et de fruits offerts sur le marché québécois.Il est impensable de croire que les producteurs de pommes du Québec peuvent produire des variétés comme la Granny Smith ou la Délicieuse dans un climat aussi rigoureux.L'industrie québécoise doit plutôt développer des variétés nordiques pour se différencier de ses compétiteurs.Ceci dans le but de répondre aux besoins des véritables patrons: les consommateurs.Le Québec doit se servir Daniel Ruel, agronome, est secrétaire de la Fédération des producteurs de pommes du Québec.de l'expérience des autres pour éviter de faire des erreurs coûteuses.L'exemple de la Nouvelle-Zélande est significatif.Parce qu'ils pensent au développement de leur marché, les producteurs de la Nouvelle-Zélande ne commercialisent pas plusieurs variétés de pommes en même temps.Ils préfèrent mettre en marché une nouvelle variété à tous les 7 ou 8 ans.Prenons par exemple la Braeburn qui est vendue sur le marché québécois comme une nouvelle variété.Cette variété a pourtant été découverte en 1950! Dans leur stratégie de développement de marchés, les producteurs québécois devront trouver une ou deux nouvelles variétés prometteuses pour rehausser la gamme de produits à offrir aux consommateurs.En développer plusieurs sans volume significatif risque de ne conduire nulle part.L'avenir de l'industrie de la pomme québécoise repose sur les quatre facteurs suivants: la capacité d'innover pour répondre aux besoins de nos consommateurs; une mise en marché plus ordonnée couplée à un mécanisme de sécurité du revenu: une qualité irréprochable dans les marchés d'alimentation; la concertation entre tous les intervenants.¦ LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 23 SPECIAL HORTICULTURE Gare au mildiou! Impossible de prédire les dégâts qui seront causés aux pommes de terre cette année.Il s'agit d'être vigilant et d'éliminer les sources de pathogènes.par Gilles Hamel L'incidence du mildiou dans les champs de pommes de terre l'an dernier augmente les risques pour la culture de cette année.En effet, F inoculum est potentiellement hivernant et les semences peuvent être infectées.Cependant, il est impossible de prévoir avec exactitude l'impact du mildiou en 1995 et dans le futur.Les conditions météorologiques, la quantité d'inoculum du champignon présente, les cultivars ensemencés et les caractéristiques biologiques des souches A1 et A2 influenceront la sévérité de la maladie.En dépit de cette incertitude, de bonnes stratégies de gestion devraient réduire le potentiel de développement du mildiou.Rebuts et plants volontaires On peut réduire le développement du mildiou en éliminant les sources du pathogène.Actuellement, le champignon passe tranquillement l'hiver à l'intérieur des tissus vivants des plantes.Les tubercules infectés de la saison précédente sont la plus importante source potentielle de propagation.Il faut donc éliminer les tas de rebuts de l'an dernier.Quelques tubercules de rebuts étendus dans les champs l'automne précédent peuvent germer le printemps suivant et former ce qu'on appelle des «plants volontaires».S'ils sont infectés, ces plants peuvent transmettre la maladie.Il faut donc éliminer sans tarder ces plants.Les semences infectées sont aussi une source importante de propagation.Les traitements fongicides des plantons ne peuvent éliminer le pathogène dans une semence infectée et ne rédui- Gilles Hamel.agronome, est responsable du Réseau de dépistage agricole du Centre-du-Québec.Ce champignon, qui a attaqué en force les cultures de l'an dernier, pourrait bien se retrouver dans nos champs cette année.ront pas le risque de développement du mildiou.Il s'agit d'utiliser des semences saines.Il est très important de connaître la crédibilité du fournisseur et même l'historique du lot de semences avant d'acheter la semence.Un lot de semences n'est pas certifié si une maladie l'affecte sévèrement.Le Colorado est le seul état américain où l'on rejette automatiquement un lot de semences affecté par le mildiou, quel que soit le pourcentage de tubercules atteints.Dans les autres états, la semence est certifiée lorsque l'incidence du mildiou dans les tubercules est inférieure à 1 %.Les acheteurs ont accès aux rapports d'évaluation des inspections pour chaque lot de semences.Le choix des cultivars peut aussi ralentir la dispersion de la maladie.Les cultivars sont sensibles ou résistants au mildiou à divers degrés (voir le tableau).Au cours des dernières années, l'arrivée de nouveaux cultivars sensibles a favorisé le développement de la maladie en 1994.Pour programmer les applications fongicides, on se sert des modèles de prévision de la maladie basés sur les données météorologiques, c'est-à-dire la température, la pluie ou l'humidité.En 1994, le Réseau de dépistage agricole du Centre-du-Québec (RDACQ) opérait un système de prévision à l'aide de 14 stations météorologiques automatisées couvrant les régions de Portneuf, de la Mauricie, de Nicolet, de Saint-Amable et de Lanaudière.Selon la région, les dates de prévision variaient entre le 26 juin et le 2 juillet.Quant aux dates d'apparition du mildiou dans les champs répertoriés par les dépisteurs, elles ont varié entre le 29 juin et le 15 juillet.Les modèles de prévision Dans la majorité des stations, il existait un minimum d'une semaine de délai entre la date de prévision et celle de l'apparition aux champs.Cependant, dans deux cas, la date de prévision coïncidait ou était légèrement plus tard que celle de l'appari- 24 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 tion observée dans les champs.Par conséquent, il faudra améliorer le modèle prévisionnel du RDACQ.Afin d'optimiser les traitements fongicides et de réduire les applications, les producteurs se servent de plus en plus des modèles de prévision.En 1995, il est possible que les producteurs optent plutôt pourT'application de traitements préventifs à intervalles réguliers.Il n'est pas certain qu'une telle méthode soit raisonnable.Dans les années précédentes, les producteurs qui utilisaient les fongicides en se servant des modèles de prévision ont obtenu autant de succès dans le contrôle de la maladie et de la qualité des tuber- nécessaire lorsque vous appliquez un produit systémique.Le métalaxyl est l'ingrédient actif présent dans le Ridomil, un fongicide systémique.Souvent, cet ingrédient est vendu en combinaison avec un protectant: le mancozèbe.L'activité simultanée du systémique et du protectant réduit le développement de souches de mildiou insensibles au métalaxyl.Les producteurs peuvent limiter ce phénomène de résistance en effectuant des applications préventives plutôt que curatives.En effet, on décommande d'utiliser de façon curative le métalaxyl MZ.Puisque les souches de mildiou insensibles au métalaxyl peuvent se répandre largement, l'utilisation adéquate des fongi- Résistance au mildiou de quelques cultivars SENSIBLES MODÉRÉMENT SENSIBLES MODÉRÉMENT RÉSISTANTS Eramosa Norland Atlantic Kenebec Belmont Novachip Norchip Chieftain Frontier Russett Shepody Mainechip Snowden Niska Superior Norkotah Source: Réseau de dépistage agricole du Centre-du-Québec cules que ceux qui utilisaient les fongicides de façon préventive.De plus, les premiers producteurs ont également réalisé des économies.Si les conditions de l'année 1995 sont sèches, il est fort possible que la maladie ne se manifeste pas et que le contrôle puisse être adéquat avec des applications raisonnées et limitées.Le dépistage rigoureux des champs peut permettre de détecter rapidement la maladie.L'application d'un défanant dans la partie affectée du champ brûlera les tissus vivants et arrêtera la production de spores.Aussi, l'application d'un fongicide foliaire aidera à réduire la dispersion de la maladie.Pour être efficaces, ces traitements doivent être effectués le plus rapidement possible.Des traitements préventifs ou curatifs?Parmi les fongicides disponibles, nous distinguons des produits «systé-miques» et des «protectants».Les fongicides systémiques sont absorbés et transloqués dans la plante.Toutes les parties de la plante, incluant les tubercules et le feuillage, sont traités.Cependant, puisque le mouvement du produit se fait vers le haut du plant, la couverture complète du feuillage est cides est très importante pour maintenir leur efficacité.Une bonne gestion du mildiou doit faire intervenir l'utilisation de fongicides protectants.Au cours des dernières années, le Ridomil a gagné des adeptes au Québec.Il faut dire que dans les années précédant 1994, le Ridomil a été utilisé de façon préventive.La présence de mildiou durant ces années était faible ou nulle.En 1994, la confiance des producteurs en ce produit (le seul systémique qui avait le potentiel d'être curatif) en a pris pous son rhume.Plusieurs adeptes, qui s'attendaient à de meilleurs résultats, remettent en question son utilisation en 1995.Les protectants Les fongicides protectants peuvent exercer un certain contrôle de la maladie.Le Bravo (chlorotalonil), le Dithane (manèbe) ou le Manzate (mancozèbe) semblent avoir une efficacité équivalente.Le choix de ces produits dépend de diverses caractéristiques propres à leur utilisation (par exemple: facilité de le mélanger).L'important est de bien couvrir le feuillage et de rapprocher les traitements lorsque les conditions favorables à la maladie sont présentes.Il faut se rappeler que ces produits sont délavés après une pluie de 2,5 cm ou un orage intense.Une bonne préparation avant la récolte peut considérablement réduire l'infection.Le défanage complet des plants avant la récolte tuera le champi- gnon qui ne peut sporuler sur un tissu mort.Le délai entre l'application du défanant et la récolte doit être d'au moins trois semaines.Les fanes auront le temps de mourir et la pelure des tubercules sera bien formée.Un fongicide protectant devrait être appliqué sur les fanes en voie de dessèchement pour minimiser la production de spores qui infectent les tubercules.Si les tubercules sont infectés, il faut si possible retarder la récolte.Il faut aussi éviter de récolter les endroits infectés gravement dans le champ.Si plus de 5 % des tubercules sont infectés, il vaut mieux éviter l'en-treposage ou le limiter à très court terme.L'application de thiobenda-zole (Mertect) aux tubercules n'est pas efficace pour contrôler le mildiou.La pourriture des tubercules infectés par le mildiou peut progresser à cause d'infections subséquentes d'organismes secondaires.Si des tubercules infectés sont entreposés, une ventilation accrue asséchera les tubercules, réduisant le risque de pourriture.Un suivi intensif de l'entreposage permettra de détecter les points chauds ou humides.Les souches A1 et A2 La souche Al est la plus répandue et la plus commune au Québec.La souche A2 est la nouvelle souche du pathogène.Cette souche, observée aux Etats-Unis et au Canada en 1990, attaque les pommes de terre du Mexique depuis les années 1970.Peu après, on la retrouvait en Europe.Les souches Al et A2 peuvent être sensibles ou insensibles au métalaxyl.L'échantillonnage effectué au Québec en 1994 à partir de plants ou de tubercules affectés a confirmé la présence de la souche A2.Prise séparément, la souche A2 n'est pas plus inquiétante que la souche Al.Cependant, si les souches Al et A2 infectent le même plant, le potentiel d'une reproduction et d'une production de spores sexuées (oospores) existe.La reproduction sexuée permet une plus grande variabilité génétique et une adaptation plus rapide des populations fongiques.La production d'oospores peut éventuellement permettre au champignon de passer l'hiver dans le sol et de le contaminer.Si c'est le cas, on devra établir des méthodes additionnelles pour le contrôle de la maladie, par exemple la rotation des champs.¦ LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 25 AVICULTURE La Ferme des voltigeurs: une niche de marché bien à soi Denise Turcotte, comme beaucoup de gens, se préoccupait de la qualité de son alimentation.Ses interrogations ont modifié l'orientation de la ferme familiale.par Michel Dostie La jeune Denise s'en va au marché.Chez son oncle agriculteur, elle a appris l'élevage et l'abattage des poulets qu'elle va vendre elle-même.Elle aime tellement cela qu'elle décide, en 1958, de le faire à son compte.Après une dizaine d'années, les affaires roulent à tel point que son mari, Georges Martel, quitte son métier de ferblantier pour travailler avec son épouse.A l'époque, le couple abattait quelque 200 oiseaux par semaine et les vendait directement à la ferme ou au marché public de Drummondville.Sur les 12 hectares de leur terre de Saint-Charles-de-Drummond, ils cultivaient fraises, cornichons et maïs sucré.Michel Dostie est journaliste et consultant équin.La famille Martel est réunie au comptoir du Marché public de Drummondville.De gauche à droite, Georges, Bernard, Denise, Nathalie, Georges Jr, Denise Valois et Dominique.La Ferme des voltigeurs se distinguait par sa mise en marché, mais elle offrait un poulet élevé de façon traditionnelle.Depuis quelque temps déjà, Denise Turcotte se préoccupait de la qualité de son alimentation, comme beaucoup de gens.Ses réflexions l'amènent à s'interroger aussi sur l'ali-mentation de ses poulets.Elle pense alors qu'il pourrait être intéressant de les nourrir uniquement avec des aliments d'origine végétale et quelques Soyez à la fine plume de l'industrie avicole ^LE CONGRÈS DE^^^ ivicukeurs.22 et 23 mars 1995 Auberge des Seigneurs St-Hyacinthe Conférences en avant-midi suivies du dîner et de l'exposition commerciale regroupant plus de 150 kiosques.Une première au uébec Pour plus d'informations appelez Isabelle Poutre tel: (514) 248-4192 faxf(5Ï4) 248-0296 26 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS ; JANVIER 1995 suppléments de minéraux et de vitamines.En fait, elle voulait trouver une nouvelle niche dans l'élevage des poulets de grain et, du même coup, se mettre à l'abri des guerres de prix qui, à l'occasion, affectent le marché.Cette nouvelle approche soulevait quelques inquiétudes.La ferme devait assurer sa rentabilité surtout que Dominique, l'aîné des enfants, y travaillait à temps plein.Après avoir conclu qu'une augmentation d'environ 10 % du prix de vente ne ferait pas fuir les consommateurs — un certain nombre d'entre eux sont à la recherche de ce type de produit — la Ferme des voltigeurs optait, en 1986, pour ce nouveau segment de marché.3500 poulets par semaine La décision a été profitable.Aujourd'hui, la ferme possède cinq poulaillers ayant une capacité totale de 38 000 oiseaux par élevage.Les quatre élevages par année, plus les poulets élevés à forfait par un aviculteur de la région, permettent de mettre en marché près de 3000 poulets par semaine en été et jusqu'à 3500 le reste de l'année.La majorité des oiseaux sont vendus au poids de 2 kilos et les 20 % restants le sont sous l'appellation «gros coqs».Ils pèsent alors jusqu'à 3,8 kilos.Une petite partie de la production est offerte en morceaux au marché public, les distributeurs ne recevant que du poulet entier.La famille Martel élève d'autre part 700 dindes de grain pour la période des Fêtes.Au cours des dix dernières années, l'entreprise a doublé son chiffre d'affaires.La Ferme des voltigeurs est toujours présente les vendredis au marché public de Drummondville, ce qui représente, avec les ventes faites directement à la ferme, 33 % de sa mise en marché.Le reste de la production est écoulée via des boucheries de la région de Drummondville et de Saint-Hyacinthe ou par des distributeurs qui couvrent les marchés de Québec, Montréal, Sorel et Trois-Rivières.Pour vendre presque exclusivement du poulet frais, la ferme reçoit chaque semaine des poussins mâles de lignées reconnues pour leur fort rendement en poitrine.La famille Martel pousse même le service jusqu'à accepter de très petites commandes si tel est le désir du client.Le poulet congelé ne représente que 1 % de toute la production.La transformation Le mardi, c'est jour d'abattage et le mercredi matin est réservé pour l'emballage.En plus des membres de la famille, huit personnes travaillent à temps partiel pour assurer la réussite de ces opérations.L'abattoir a été rénové à quelques occasions et répond aux normes du MAPAQ.Le ministère dépêche d'ailleurs sur les lieux un vétérinaire et un inspecteur qui s'assurent de la qualité de la viande de chaque oiseau abattu.Après l'abattage, le poulet est refroidi à l'air dans deux chambres froides.Quand les oiseaux y sont placés, la température est à -9 "C.Quelques heures plus tard, elle est montée à -3 °C.Le lendemain matin, jour de la distribution, elle est maintenue au point de congélation.Ainsi, le poulet ne sera pas congelé mais il aura été refroidi assez rapidement pour conserver toute sa fraîcheur.Parce que les propriétaires de la ferme sont aussi propriétaires de l'abattoir, ils sont bien placés pour comprendre les raisons qui provoquent le déclassement des carcasses.Ainsi, pour améliorer le rendement en catégorie A, ils engagent neuf personnes au lieu de six pour attraper les Poulets et ils exigent d'elles que les oiseaux soient transpor- tés en leur tenant les deux pattes au lieu d'une seule.Selon Dominique, la dépense est largement compensée par le rendement à l'abattage.Ce qui distingue l'élevage de la famille Martel, c'est d'abord l'alimentation des oiseaux.La ration est composée de maïs-grain et de tourteau de soya auxquels on ajoute les minéraux et les vitamines nécessaires à un bon taux de croissance.En variant la proportion des deux ingrédients, Bernard, un autre fils qui travaille dans l'entreprise, prépare à la ferme des moulées dont le pourcentage de protéine varie de 22 % pour la moulée début à 20 % pour la croissance et 18 % pour la finition.Comme ces moulées sont moins énergétiques que les moulées commerciales, le gain quotidien oscille entre 50 et 55 grammes par jour.La durée de l'élevage d'un oiseau de 2 kilos est de 56 jours et celle des gros coqs, de 77 jours.La régie d'élevage L'alimentation a aussi de particulier que les oiseaux ne reçoivent aucun médicament ni antibiotique, outre les vaccins que les poussins ont reçus au couvoir et celui qu'ils reçoivent contre la coccidiose dès leur arrivée à la ferme.Ce vaccin est vaporisé sur la moulée et doit être consommé dans un délai de 36 heures.Une autre particularité de cette ferme est l'espace accordé à chaque oiseau.Les Martel accordent 1.35 pied carré — 30 % de plus que dans les élevages traditionnels — aux oiseaux qui seront abattus au poids de 2 kilos.Les oiseaux gardés pour compléter leur croissance jusqu'à plus de 3 kilos disposent alors de beaucoup plus d'espace.Enfin, les Martel utilisent la technique de l'éclairage croissant, technique qui consiste à augmenter la durée de l'éclairage au fur et à mesure que les oiseaux gagnent du poids et s'alimentent davantage.Cependant, les Martel doivent laisser quatre heures de plus de lumière qu'on ne le fait en élevage traditionnel.Bernard explique cette différence par la texture de la moulée qui est servie moulue plutôt que cubée.Selon lui, cette texture limite la vitesse de consommation et il faut donc accorder plus de temps pour les repas.Par contre, toujours selon Bernard, les oiseaux ne sont jamais gavés, ils seraient plus vigoureux, ils ne souffriraient que très peu de maux de pattes et ne seraient que rarement victimes de crise cardiaque.C'est en comparant leurs résultats d'aujourd'hui avec ceux d'avant que ces éleveurs ont remarqué l'amélioration pour ces facteurs de rendement.¦ SE REDRESSEMENT DE POULAILLERS et AUTRES BÂTIMENTS HILAIRE GAGNÉ INC.(819> 397-2333 TRAVAUX EN TOUTE SAISON CP.129, 805 St-Louis, Jean-Paul GAGNÉ St-Cyrille, Que.J0C 1H0 président LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 27 VISIBILITÉ ET MANOE NOUVEAUX tracteurs John Deere de série 8O0\ Nous avons déplacé le moteur de 112 cm vers l'avant pour amincir l'arrière du capot.Vous obtenez ainsi une vue dégagée de la récolte et des roues avant.Nous avons aussi élevé le moteur de 25 cm.Le dégagement additionnel ainsi obtenu permet aux roues avant de rentrer sous le moteur et sous le bâti, pour virer plus serré que tout autre tracteur de cette taille en réglage de rangs étroits.Le moteur étant positionné sur l'essieu avant, la distribution totale du poids est considérablement améliorée.Le tracteur est plus stable aux vitesses de transport.Vous pouvez maintenant alourdir un tracteur de série 8000 pour obtenir une véritable distribution 60/40.C'est une exclusivité John Deere.Pour obtenir une vue aussi dégagée, nous avons incorporé plus de 5,75 m2 è glace incurvée et teintée à la toute nouvelle cabine CommandView.MC (A lui] seul, le pare-brise monopièce fait plus de 1,85 m2.) Le tableau de bord estpl étroit et les instruments sont localisés sur un tableau latéral plus pratique. HABILITÉ INÉGALÉES j?construction brevetée révolutionne la performance aux champs wanoeuvrabilité exceptionnelle.Un tracteur WOO de 225 HP chaussé de pneus 16,9-30 avec hpacement de 152 cm peut facilement tourner à l'intérieur du cercle tracé par un tracteur concurrent avec équipement similaire.Il n 'est pas nécessaire d'enlever les garde-boue avant pour effectuer des virages serrés.Même avec oscillation complète de l'essieu, en espacements de rangs étroits, les garde-boue montés à ressort permettent aux roues de braquer librement.John Deere Limitée, 295, rue Hunter, Grimsby (Ontario) L3M 4H5 CHEVAUX Les chevaux sont d'agréables compagnons même en hiver Aim.Avec ses balades en traîneaux, Jean-Claude Latrenière fait revivre toute une époque.Bien emmitouflés sous de bonnes couvertures, des amateurs de chevaux savent profiter de la saison froide.par Michel Dostie Jean-Claude Lafrenière est un de ces passionnés de chevaux qui sont actifs autant en hiver qu'en été.A sa ferme de Saint-Basile, comté de Portneuf, il veut partager cette passion et faire découvrir tout le plaisir que peuvent procurer les chevaux, le vent et la neige.Jean-Claude a appris à aimer les chevaux avec son père, ses oncles et son grand-père dans leur boisé de ferme Michel Doslie est journalisle el consullanl cquin.de Charlesbourg.Aujourd'hui, il fait revivre ces épopées de jeunesse en proposant des balades en traîneaux.Mais attention, il ne s'agit pas d'une simple «sleigh ride» qu'il qualifie de «tourd'autobus décapotable» où aucun des voyageurs n'a de contact avec les chevaux! Chez lui, la visite commence par une initiation à l'attelage.Les visiteurs sont alors appelés à préparer le cheval et à l'atteler.Jean-Claude en profite pour identifier ceux ou celles qui sont le plus à l'aise ou qui ont de l'expérience.Ils seront les cochers pour la journée.Ensuite, il explique comment il faut conduire les chevaux et donne les consignes de la randonnée.Et c'est le départ.Jusqu'à 35 personnes à la fois sont réparties dans neuf voitures d'époque telles que berlots, carrioles et sleigh à patins (qu'on appelle aussi Catherines).Les membres du groupe les conduiront dans une randonnée de sept kilomètres à travers champs et boisés.A mi-chemin, une halte pendant laquelle «on se réchauffe comme dans le temps avec un p'tit verre de caribou».En faisant découvrir les chevaux, Jean-Claude prend plaisir à raconter l'histoire de nos ancêtres qui, avec l'aide de ces nobles bêtes, ont développé le Québec.La visite au village, la froidure des grands vents que l'on sent venir de loin, les travaux en forêt, l'entretien des chemins, tout est prétexte à la découverte.Quand l'occasion se présente, Jean-Claude laisse raconter les personnes les plus âgées du groupe.Non seulement elles ont souvent de l'expérience avec les chevaux, mais la randonnée leur fait revivre souvenirs et anecdotes 30 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 qu'elles racontent avec plaisir aux autres membres du groupe.Au retour, il faut s'occuper des chevaux, des attelages et des voitures.Ainsi, une bonne demi-journée s'est écoulée depuis l'ar-rivée des visiteurs.Si le groupe le veut, un repas de cuisine traditionnelle accompagné de musique d'accordéon peut compléter le programme.Des chevaux bien préparés L'écurie de la ferme La Frenière compte une douzaine de chevaux.Dès le début de l'automne, les chevaux sont habitués à leur nouvelle fonction car, comme les visiteurs ne sont pas tous expérimentés, le dressage est essentiel.«Quand on attelle des chevaux et que l'on revient à pied une couple de fois, on comprend très vite l'importance du dressage», dit Jean-Claude.Le cheval d'attelage doit, entre autres, comprendre le mot «who» et rester sans bouger tant et aussi longtemps qu'il n'a pas reçu le commandement de partir.Pour Jean-Claude, qui entretient les pistes avec un cheval attelé à une gratte, la docilité du cheval est de toute première importance.A certains endroits, le vent provoque des accumulations de neige que Jean-Claude doit enlever à l'aide d'une pelle.Pendant ce temps, son cheval doit l'attendre ou le suivre selon les indications de son maître.Pendant les randonnées, c'est un peu la même chose.Comme les voitures se suivent, chaque cocher doit pouvoir se fier sur son cheval et être certain qu'il écoutera les commandements.Ces randonnées hivernales peuvent aussi se faire en selle.Selon Jean-Claude Lafrenière, ce sont surtout les jeunes qui prennent plaisir à monter à cheval en hiver.Dès que le thermomètre descend et que la neige commence à s'accumuler, les gens montent peu.L'attelage devient donc une excellente façon de garder son cheval en bonne forme pour les randonnées de la belle saison.Durant l'été, Jean-Claude offre des leçons d'initiation à la randonnée montée et organise des excursions dont la durée peut varier de une heure à deux jours.La formation d'un randonneur repose principalement sur la recherche d'un bon équilibre au pas, au trot et au galop.Le randonneur doit aussi pouvoir arrêter facilement sa monture.Ensuite, comme la précision dans l'exécution des mouvements revêt moins d'importance que dans les compétitions, les élèves apprendront plutôt à rester en selle et à bien conduire leur cheval en terrain varié, comme lorsqu'il faut monter ou descendre des pentes abruptes, traverser des cours d'eau, sauter des obstacles naturels, etc.Le randonneur doit aussi pouvoir prendre soin de son cheval puisqu'ils resteront en pleine nature pendant plusieurs heures.Jean-Claude Lafrenière est aussi président de Québec à cheval, un organisme voué à la promotion de la randonnée et du tourisme équestres.Certains clubs de randonneurs entretiennent des sentiers durant l'hiver pour permettre à leurs membres d'utiliser leurs chevaux toute l'année.Selon Jean-Claude, la pratique de l'attelage rend les chevaux plus accessibles à tous les membres de la famille.Le cheval qui peut être sellé pour les adeptes de l'équitation peut tout aussi bien être attelé pour permettre aux autres membres de la famille, peu familiers avec l'équitation, de se payer un peu de bon temps avec leur cheval.Ainsi tous peuvent en profiter.¦ Chevaux et histoire font bon ménage par Michel Dostie C'est bien évident, les chevaux passionnent Jean-Claude Lafrenière.L'histoire le préoccupe tout autant, du moins celle qui concerne les chevaux.D'abord il a fait des recherches pour découvrir tous les termes désignant l'équipement et les différentes voitures, tant d'été que d'hiver, qui étaient utilisées avec les chevaux.Berlot, carriole à quenouilles dont se servait le postillon, carriole du cocher, qui était le véritable taxi des villes, Catherine ou sleigh à patins, voiture express et voiture landau ont peu de secrets pour lui.Sa passion le pousse à rechercher des voitures authentiques.Il doit donc faire les réparations selon les modèles d'origine et avec des matériaux d ' origine.Les illustrations et photographies des vieux catalogues des anciens manufacturiers ou vendeurs sont une source importante de documentation.Jean-Claude possède d'ailleurs une collection de vieilles photos présentant différentes activités équestres.¦ HL 2387 5«mico Vigueur printannière Hyland Seeds est une division de W.G.Thompson & Sons Itée |gg> LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 31 SOYA Une bonne année pour le soya Grâce à des cultivars hâtifs, cette culture commence à percer même dans le Bas-Saint-Laurent.par Gilles Tremblay La culture du soya, qui s'insère bien dans les rotations avec le maïs et les céréales, gagne en popularité auprès des producteurs de grandes cultures.De 18 000 hectares cultivés au Québec en 1990, le soya a fait un bond pour atteindre plus de 50 000 hectares en 1994.Des conditions climatiques favorables ont permis aux producteurs d'obtenir des rendements supérieurs à la normale.Des activités de recherche en partenariat avec les producteurs contribuent au développement de cette culture.De nouvelles variétés, plus hâtives, sont apparues sur le marché.Grâce à ces variétés, la production du soya commence à gagner des adeptes à l'extérieur des régions de Saint-Hyacinthe et du Sud-Ouest de Montréal.Près de 4000 ha de semences pedigrees de soya ont été inspectées l'an dernier afin de répondre aux besoins des producteurs de cultures commerciales du Québec.La: variété la plus multipliée en 1993 par les producteurs de semences pedigrees est la variété Maple Glen avec plus de 2000 ha.Les variétés privées représentaient près de 1000 ha.Une aire d'adaptation réduite Grâce à des cultivars hâtifs comme Nordet et KG20, le soya commence à percer dans des régions comme celle du Bas-Saint-Laurent.À La Pocatière, cinq nouveaux producteurs de soya ont ensemencé une douzaine d'hectares et ont tous obtenu un rendement supérieur à 2,5 tonnes à l'hectare.Suite à un tel succès, ils ont décidé d'augmenter leurs superficies de soya l'an prochain tout en retenant une observation de leur expérience: la culture du Gilles Tremblay es! agronome au Service de phytolechnie du MAPAQ à Saint-Hyacinthe.v - - ___________ 11 : Le soya s'insère bien dans les rotations avec le maïs.soya exige des sols bien nivelés.Contrairement au maïs, l'aire d'adaptation d'un cultivar de soya ne dépasse pas quelques centaines de kilomètres dans l'axe nord-sud.Par exemple, un cultivar développé pour les conditions du centre des États-Unis ne serait pas bien adapté aux conditions climatiques d'ici et vice versa.Pour vérifier l'adaptation d'un cultivar, il faut réaliser des essais.Au Québec, ces essais sont sous la supervision du comité oléoprotéagineux du Conseil des productions végétales du Québec.Jusqu'en 1993, le comité oléoprotéagineux coordonnait quatre sites d'essais dans les régions où le cumul des unités thermiques maïs (UTM) était supérieur à 2600.En 1994, on a implanté trois nouveaux sites dans des régions de moins de 2600 UTM: Des-chambault, La Pocatière et Lennox-ville.Cette même année, quatre nouveaux cultivars sont venus joindre la liste des cultivars recommandés: Frisquet, Aquilon.Korada et OAC Brussels.Les cultivars Frisquet et Aquilon sont des cultivars hâtifs nécessitant 114 et 117 jours pour parvenir à maturité.Développés au Québec, ces cultivars donnent de bons rendements.Les cultivars Korada (123 jours) et OAC Brussels (127 jours) constituent aussi des valeurs sûres.Ces deux cultivars résistent bien à la verse et donnent de bons rendements.En 1995, les recommandations devraient inclure quatre ou cinq nouveaux cultivars pour un total de près de 25 cultivars recommandés.Le développement de la culture du soya est appuyé par des recherches sur la régie.A la Station de recherche du MAPAQ de Saint-Bruno-de-Montar-ville, grâce au Fonds de recherche de la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec, on tente de vérifier l'impact de la date de semis sur les principales caractéristiques agronomiques du soya.Lorsque la période propice aux semis des céréales ou du maïs est terminée, il serait 32 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 intéressant d'utiliser des cultivars de soya à maturité hâtive semés plus tardivement.Les céréales ont une saison de croissance plus courte que le soya.Mais un semis tardif des céréales amène la période de floraison au moment le plus chaud de la saison.Ceci provoque beaucoup de pertes par échaudage.Plusieurs cultivars de soya possèdent une plus grande sensibilité à la photopériode que les céréales ou le maïs.Ce comportement pourrait peut-être permettre à des cultivars hâtifs de soya de parvenir à maturité vers la fin du mois de septembre lorsqu'ils sont semés tardivement.En 1994, six sites ont été implantés dans les régions des Bois-Francs, de Saint-Hyacinthe, du Sud-Ouest de Montréal et du Nord de Montréal.La recherche On cherche aussi à vérifier la réponse du soya inoculé à une fertilisation minérale en éléments majeurs azote-phosphore-potassium.Ce projet porte sur deux niveaux d'azote (0 et 30 kg/ha).Cette expérience a été réalisée sur des sols des séries Sainte-Rosalie, Saint-Urbain et Dujour.Ces deux projets de recherche devraient se poursuivre durant les deux prochaines années.Enfin, une activité de recherche est réalisée grâce à la collaboration du groupe Action Billons.Elle consiste à évaluer les principaux caractères agronomiques de différents cultivars de soya lorsque le semis est réalisé avec des entrerangs de 75 cm (30 pouces).Plus d'une vingtaine de cultivars ont ainsi été évalués pour l'ensemble des trois sites situés à Saint-Hyacinthe, Saint-Biaise et Sainte-Brigide-dTber-ville.L'évolution rapide des surfaces ensemencées en soya au Québec durant ces dernières années démontre bien l'intérêt que portent les producteurs et l'industrie au développement de cette culture.De nouvelles variétés, mieux adaptées, et une meilleure connaissance des techniques de régie permettront d'assurer un développement adéquat à cette plante qui fixe aussi bien l'azote que l'attention.¦ Des rendements supérieurs à 2,6 t/ha SITE Au Québec, la moyenne des rendements de soya était de 2,61 t/ha (1,06 t/a) en 1992 et de 2,46 t/ha (1,0 t/a) en 1993.Des observations réalisées chez trois producteurs en 1994 semblent indiquer que le rendement moyen devrait être supérieur à 2,6 t/ha.On a évalué le rendement des cultivars OAC Vision, Aquilon et Maple Glen (voir le tableau).Selon les recommandations du réseau d'essais du Conseil des productions végétales du Québec, ces cultivars exigent en moyenne 108,117 et 121 jours pour parvenir à maturité.Les semis ont été réalisés entre le 15 et le 30 mai avec de la machinerie agricole traditionnelle.Les rendements à 14 % d'humidité sont évalués sur des surfaces de 100 à 150 mètres carrés pour chacun des cultivars.La densité de semis visée par ces producteurs était de 450 000 plants/ ha, avec des entrerangs de 15 à 18 cm.Les rendements obtenus à Baie-du-Febvre et Saint-Alexis-de-Montcalm sont pratiquement les mêmes.La variété Maple Glen donne un rendement moyen de 3,85 t/ha (1,56 t/a).On a observé un rendement de 3.49 t/ha au site de La Présentation.Ce rendement plus faible s'explique entre autres par la densité moyenne des plants obtenue sur ce site.Cette densité n'était que de 320 000 plants/ha.Pour le semis en plein champ, le rendement optimal est généralement obtenu lorsque la densité des plants varie de 400 000 à 550 000 plants/ha.Peu de cultivars Rendements observés en 1994 chez des producteurs (t/ha) Baie-du-Febvre (04) La Présentation (06) OAC AQUILON MAPLE VISION GLEN 3.50 3,72 3,86 2,57 3,38 3,49 3,40 3,75 3,84 Note: Le 04: Bois- chiffre entre parenthèses représente la région agricole.Francs • 06: Saint-Hyacinthe • 10: Nord de Montréal répondent significativement à des densités supérieures à 550 000 plants/ha.Les producteurs qui pratiquent un système cultural basé sur des rangs de 75 cm (30 pouces) devraient viser des densités de 300 000 à 450 000 plants/ ha.Des densités supérieures à 450 000 plants/ha n'apportent pas de hausses de rendements appréciables avec des entrerangs de 75 cm.¦ * HL2262 Émergence Rapide, Rendement Exceptionnel Hyiand Seeds est une division de W.G Thompson & Sons Ltèe LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 33 PORC Le porc est au cœur de la guerre pour le droit de produire ^__h_ ^i—w—Ma L'ignorance est au centre de la question.Les pires problèmes arrivent là où il n'y a pas de porcheries.Le droit de produire s'obtiendra-t-il par une loi, le dialogue ou la publicité?«Les trois», répond l'UPA.par Aubert Tremblay ai 1994, Saint-Ours.Un règle ment municipal empêche la construction d'une pouponnière.Le promoteur construit ailleurs.Juin 1994.Des citoyens de Franklin réclament un référendum sur un projet de maternité.Le promoteur construit ailleurs.Les exemples s'alignent, semblables, implacables.Dans certaines municipalités on a peur des mégaporcheries, dans d'autres on ne veut pas de porcs du tout.Le principal irritant: l'odeur.En filigrane, les trois nerfs de la guerre que sont l'arrivée massive des urbains, l'environnementalisme et le tourisme.«Où va-t-on construire des porcheries si on ne peut plus le faire à la campagne?», se demande Luc Ménard, de la compagnie F.Ménard, celle du projet avorté de Franklin.Aubert Tremblay est journaliste.Que faire, en effet?À Longueuil et dans à peu près tous les congrès régionaux de l'UPA, la question est venue sur le tapis, brûlante.Certaines fédérations, comme celle de Saint-Hyacinthe, ont formé un comité pour chercher comment endiguer la vague antiporcs.A Longueuil, l'UPA et la Fédération des producteurs de porcs (FPPQ) ont mis cette préoccupation dans leurs «stratégies agroenvironnementales» respectives.Dialoguer?Oui mais.En gros, on propose trois solutions.La plus drastique, c'est la fameuse loi sur le «droit de produire», qui fait couler beaucoup d'encre ces temps-ci.La plus douce, c'est le dialogue avec les comités de citoyens et les élus municipaux.Entre les deux, l'UPA planifie une campagne de promotion pour redorer l'image de l'agriculture.Elle veut aussi intensifier la promotion des bonnes pratiques auprès des producteurs eux-mêmes.Un beau programme.Mais chacune de ces solutions pose certains problèmes.Probablement qu'aucune ne pourrait être efficace seule.D'abord, le dialogue.C'est la plus «politically correct» des trois solu- tions: on encourage les rencontres entre les élus, les citoyens et les producteurs en espérant qu'avec le temps, les discussions aboutissent à des compromis respectant à la fois l'environnement, le bien-être des uns et le gagne-pain des autres.Autrement dit, on se fie à la bonne volonté des gens.«Utopique!», répondent plusieurs.Même le vice-président de l'UPA, Marcel Chagnon, a des réticences.C'est pourtant lui le responsable politique du dossier, et il est lui-même maire de municipalité et préfet de MRC.Mais il est allé discuter avec les opposants au projet de Saint-Ours et il en est revenu plutôt désabusé.«Ce ne sont pas les discussions qui ont manqué, dit-il, mais l'émotion a pris le dessus.Après un certain temps, on ne discutait plus vraiment.Le problème ne se réglera pas seulement de cette façon.Il va falloir aller plus loin.» D'autres, par contre, sont plus optimistes.C'est le cas du directeur du MAPAQ de la région Bas-Saint-Laurent—Gaspésie, Jacques Olivier.Mais ses discussions à lui sont régionales.Les intéressés ont en effet formé un comité où siègent notamment des agriculteurs, des membres de groupes de pression et des préfets de MRC.Le 34 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 porte-parole du groupe d'opposants Cosapue, Emilien Dauphin, a accepté d'y participer, avec un représentant de l'Union québécoise pour la conservation de la nature.Au moment d'écrire ces lignes, la première rencontre n 'avait pas eu lieu, mais l'objectif était très précis: déterminer quelles conditions devront respecter les promoteurs de porcheries.«A la réunion de fondation, le climat semblait excellent, affirme le directeur régional.Au début, les gens étaient sceptiques, mais à la fin, ils se sont dits prêts à jouer le jeu.» Il y a d'autres formules.L'UPA de Longueuil, par exemple, propose un forum permanent, provincial, qui serait une suite logique au Forum sur le développement durable en agriculture, tenu en mars dernier.Avec le temps.Si on en croit certains, le temps joue en faveur de l'agriculture, dans ces débats.D'après Jacques Olivier, la poussière serait déjà passablement retombée sur le champ de bataille de Cabano, par exemple.On accepterait maintenant des porcheries.petites.Même dans Lanaudière, on réclame aujourd'hui la levée du moratoire contre l'expansion porcine, au nom du développement régional.Mais l'argument du temps ne tient pas pour les municipalités où on a interdit les porcheries avant même d'en avoir.Comment les gens de Varen-nes pourraient-ils en venir à tolérer les élevages de porcs s'ils n'en côtoient jamais?Car l'ignorance est vraiment au cœur du problème.Là-dessus, tout le milieu agricole s'entend.«Les pires problèmes arrivent là où il n'y a pas de porcheries, estime le président de l'UPA de Saint-Jean-Valleyfield, Pierre Rinfret.Là où il y en a beaucoup, comme à Saint-Grégoire, on continue à en construire.» Ce n'est pas un hasard si, pour relocaliser son projet de Franklin, la compagnie F.Ménard a choisi une municipalité où elle élevait déjà des porcs! Et elle n'y a rencontré aucune opposition.«En Beauce, il n'y a pas tant de problèmes de cohabitation que ça», continue Marcel Chagnon.En fait, là où il n'y a pas d'élevage, le temps joue plutôt contre le porc.«Au rythme où se votent les règlements municipaux, on n'aura bientôt plus besoin de loi sur le droit de produire!», avertit Pierre Rinfret.Sa région réclame d'ailleurs un moratoire.«Il est difficile d'appliquer une loi rétroactivement», précise-t-il.Bref, l'UPA ne veut pas prendre de risques: elle demande une loi qui confirmerait que l'agriculture a priorité en zone verte.«Si c'était clair, opine Marcel Chagnon, les gens y penseraient à deux fois avant de venir s'installer à la campagne.» Mais il faudra d'abord composer avec l'opposition des municipalités.Car les unions municipales (UMRCQ et UMQ) ont déjà signifié qu'elles ne voulaient pas d'une loi aussi restrictive pour leurs membres.Ensuite, il faudra qu ' au moins deux ministres s'entendent.Car agriculture et affaires municipales s'entremêlent dans ce dossier.Sans compter l'environnement.Heureusement, la volonté politique semble y être, du moins d'après ceux qui ont rencontré le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Marcel Landry.Et le droit de produire faisait partie des promesses de Jacques Parizeau.Mais on ne semble pas encore connaître l'opinion du ministre des Affaires municipales, Guy porcheries, il faut bien que le bacon se produise quelque part!» Jusqu'ici, personne ne semble avoir testé par référendum cette volonté populaire là où la guerre a sévi.Celui demandé à Franklin n'avait pas recueilli assez de signatures pour être accepté.Les échevins n'ont donc que des groupes de pression et des pétitions pour se faire une idée de l'opinion de leurs électeurs.Cela leur pose d'ailleurs des problèmes de conscience.On chuchote que plusieurs conseillers se sentiraient soulagés si l'Assemblée nationale officialisait le droit de produire.Même le préfet de MRC Marcel Chagnon en est convaincu.En passant, il est très sceptique face aux pétitions: il aurait déjà constaté, dans un autre dossier, que les mêmes personnes peuvent signer deux pétitions complètement opposées.La troisième solution, la campagne de promotion, permettra au moins de passer outre ce problème démocratique.Les panneaux et les annonces dans les journaux s'adressent en effet à tout le monde, pas seulement aux Quelques municipalités où la guerre a sévi MUNICIPALITÉ PROBLÈME DATE Saint-François-de-Montmagny Règlement interdisant de construire de nouvelles porcheries dans certains secteurs de la zone verte 1992 Cabano Règlement empêchant de construire des porcheries 1993 Sainte-Pétronille Règlement sur les odeurs février 1994 Saint-Ours Règlement sur les odeurs mai 1994 Franklin Contestation d'un projet de maternité mai 1994 Saint-Chrysostome Contestation d'un projet de maternité mai 1994 Sainte-Jeanne Contestation d'un projet de porcherie juillet 1994 Source: FPPQ Cette liste est loin d'être exhaustive.Sek interdisant l'implantation de nouveaux é n la FPPQ, au moins 22 municipalités auraient adopté des evages (porc ou volaille).règlements limitant ou Chevrette.Or, une loi sur le droit de produire poserait un problème fondamental: une municipalité peut-elle permettre la construction d'une porcherie si la majorité de ses citoyens sont contre?Quel droit prime, celui de l'agriculteur ou celui de ses voisins?Côté agriculture, on parle de «logique» et de «gros bon sens».«En zone verte, on fait de l'agriculture, dit Marcel Chagnon, et en zone blanche, on fait des résidences.Même si c'était une volonté populaire d'interdire les groupes de pression.Même les discussions en comités n'ont pas cet avantage.Peut-être qu'une bonne campagne.L'UPA a déjà reçu une subvention fédérale de 112 500 $ pour son projet de campagne.Avec l'aide de la Coop Fédérée, elle a réussi à doubler la mise et dispose d ' un budget total de 225 000 $.Ce n'est pas énorme, et les stratèges de l'Union ont dû se limiter à la popula- LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 35 «L'agroalimentaire, une science à apprivoiser» Du 13 au 19 février 199 S, à Québec Pour la vingtième année, les étudiants de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l'Uni versité Laval invitent la population à la Semaine de l'agriculture, de l'alimentation et de la consommation qui aura lieu du 13 au 19 février prochain.Encore une fois cette année, à l'intérieur de cette semaine, le Salon agroalimentaire offrira une vitrine du savoir faire agricole, les 17,18 et 19 février au parc de l'Exposition de Québec.Plus d'une centaine de stands animés par des étudiants et d'autres professionnels permettront au public de se familiariser avec le cubage du foin, la comptabilité de gestion, l'insémination artificielle, l'homéopathie, la serriculture ou la production ovine, de la terre à la table.Et les tout-petits ne seront pas en reste.La mini-ferme installée au parc de l'Exposition aura tout pour les émerveiller.Parmi les activités plus spécialisées que les étudiants ont mises sur pied, une compétition nationale d'expertise agricole verra s'affronter les étudiants de plusieurs collèges et universités d'Amérique du Nord.D'autrepart, au pavillon Paul-Comtois del'Université Laval se tiendra un colloque organisé en collaboration avec le Conseil des productions végétales, le Conseil des productions animales et le groupe Géagri.On y discutera de production ovine, d'environnement, de production céréalière et de politique agricole.Renseignements: Université Laval, Association générale des étudiants en agriculture, alimentation et consommation, (418) 656 2610, poste 6767.tion rurale.Ils espèrent toutefois se rallier d'autres partenaires en cours de route.Les chaînes d'alimentation, par exemple.Comme ce n'est pas une campagne de la FPPQ, mais de l'UPA, on ne parlera pas spécifiquement de porc.L'objectif est de mettre en valeur le professionnalisme des agriculteurs et leur attachement à la terre.On veut aussi souligner le poids économique de l'agriculture et sensibiliser les gens à la difficulté de produire, écologiquement, des produits sains et bon marché.Le slogan est donc très général et peut être signé par tous les partenaires de la chaîne agroalimentaire: «Je prends soin de ma terre».On utilisera évidemment des affiches et la presse régionale, mais aussi un vidéo et les kiosques des foires ou des salons commerciaux.La campagne sera à l'image, en fait, de celle déjà faite contre les pluies acides.Elle pourra se prolonger tant qu'on le jugera utile.Elle sera aussi ouverte aux initiatives: ceux qui veulent parler de porc, par exemple, n'auront qu'à profiter de l'occasion pour distribuer de l'information sur le sujet.Quelques aspects de la stratégie agroenvironnementale.de l'UPA de la FPPQ Obtenirdugouvernementquïl respecte ses engagements sur la protection des activités agricoles en zone verte.Établir avec le gouvernement une politique de droit de produire.Établir un dialogue permanent avec les municipalités, les MRC et les groupes environnementaux.Sensibiliser les producteurs à l'importance de se tenir informés des règlements de leur municipalité.Revendiquer un forum permanent afin de dégager une vision et des actions communes en agroenvironnement.Impliquer les syndicats dans les démarches des fédérations régionales contre les règlements municipaux abusifs.Engager une nouvelle ressource en agroenvironnement.Inclure l'environnement dans les priorités de recherche de la FPPQ.Organiser des sessions de formation et de sensibilisation auprès des producteurs.Faire l'inventaire des techniques de réduction des odeurs.Diffuser les nouvelles techniques de production.Prioriser l'environnement dans le choix des conférences du Congrès du porc et prévoir des articles étoffés dans Porc Québec.Réaliser une campagne de promotion de la profession.Collaborer à la stratégie de communication de l'UPA.voir l'intérêt des producteurs et de la table filière pour son financement.Rétablir les faits auprès des médias lorsqu'ils diffusent des accusations contre la production porcine.Adapté de la Lettre aux dirigeants de novembre 1994 et d'un document de la Fédération des producteurs de porcs du Québec.Par ailleurs, même s'il ne s'agit pas cette fois d'une campagne officielle, l'UPA et la FPPQ comptent accentuer la sensibilisation des producteurs eux-mêmes.On veut diffuser le plus d'information possible sur les moyens de diminuer leur impact sur l'environnement (l'air compris.).Enfin, l'UPA compte engager deux ou trois professionnels de plus pour s'occuper de la stratégie agroenvironnementale.Le responsable actuel, Louis Ménard, ne pouvant à la fois travailler sur les aspects politiques du dossier et assurer un soutien technique aux régions.¦ 36 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 1 mit aia Parler d'hydrostatique, de chambre de compression et d'électrohydraulique, c'est comme une langue seconde pour Ingénieur?Non pas.C'est un concessionnaire Hesston.Hesston.Le meilleur équipement de fenaison qui soit.avec des | Personne ne connaît le foin comme concessionaires pour garantir qu'il fonctionne au mieux.Le foin, c'est votre ^± HESiSTON production?Alors, parles-en d ceux qui pour qui le foin, c'est leur vie. LAIT Ici, l'important, c'est la régie À l'adolescence, rien ne laissait présager que Marc Forgues deviendrait producteur de lait.Aujourd'hui, à voir la passion qui l'anime, on se demande comment il aurait pu en être autrement.par Michel Dostie Sur la ferme de Saint-Ignace-de- a Stanbridge, Marc Forgues aimait g bien, comme tous les fils d'agri- i culteurs, conduire le tracteur et opérer i la machinerie, mais il ne parlait jamais | de prendre la relève.Après avoir com- î Michel Dostie, d.t.a., est journaliste et équin.:onsultant Le foin de graminées, l'ensilage de maïs et celui de luzerne constituent la ration de fourrage du troupeau Violait.VOUS donne augmentation de 13 % de la digestibilité de la fibre «ADF» Produisez un meilleur ensilage de luzerne.Composez le 1-800-265-9435 pour de plus amples renseignements.PROOUITS DE MARQUE Jus savez déjà que l'utilisation des Les tests ont prouvé que l'inoculaiion Hmences de luzerne de marque à laide du 1174 améliore de façon Honeer® vous procure plus de significative la valeur nutritive de Minage d'ensilage de qualité.Mais l'ensilage.Utilisez les inoculants qui ont n!K inoculants font aussi toute une subi le plus de tests.Les véntables inocu- "erence.lants d'ensilage de marque S1LA-BAC®.|"(s les ventes sont sujettes aux modalités qui apparaissent sur les étiquettes et les documents commerciaux, ® Marque déposée dont l'usager autorisé est Pioneer Hi-Bred Limitée.Chatham (Ontario).© 1994 PHII PIONEER, PIONEER HI-BRED LIMITÉE ISO 9000 Homologation de qualité Inoculants de marque Sila-bao: les seuls inoculants produits sous un système de qualité rencontrant les exigeants standards _ de qualité de l'homologation ISO 9000.LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 39 piété son cours secondaire, il entreprend à Granby des études collégiales en techniques administratives, avec option finance.Mais après deux années de formation et un stage dans une caisse populaire, Marc prend la décision de vivre de l'agriculture.Il utilise même ses économies pour acheter deux génisses Holstein pur sang.Cette décision ne l'empêche pas de term i ner avec succès sa troisième année etd'obteniren 1983 son diplôme d'études collégiales (DEC).Dès la fin de l'année scolaire, il s'engage enfin à plein temps dans la ferme familiale.D'abord, la formation Comme l'agriculture est devenue importante pour lui, Marc souhaite parfaire ses connaissances et s'inscrit, à la commission scolaire, à des cours sur la production laitière.Marc se souvient de cet agronome, professeur et producteur de lait, Réjean Boucher, à qui il dit devoir beaucoup.Son goût d'apprendre ne se dément pas, ce qui l'incite à suivre des cours par correspondance.Plus tard, le cégep de Saint-Jean offre de considérer les acquis des jeunes intéressés à obtenir un DEC en agriculture.Grâce au support d'Hélène Varvaressos, professeure au département d'agriculture de l'institution, Marc obtient plusieurs crédits pour les cours collégiaux déjà réussis à Granby, mais aussi pour la formation agricole qu'il a obtenue tant par correspondance qu'à la commission scolaire.Il décide de compléter sa formation afin d'obtenir un deuxième DEC, mais cette fois-ci en Gestion et exploitation de l'entreprise agricole.«Je suis chanceux d'avoir pu m'instruire», dit le jeune producteur.Du coin de l'oeil, il tire son chapeau, d'abord à ses parents, mais aussi à son épouse, Julie Agagnier, qui, avec lui, a relevé le défi.Cela a exigé détermination et persévérance, mais Marc se dit bien récompensé.D'une part, lorsqu'il s'est associé avec ses parents, il a pu profiter des rabais d'intérêts consentis par la Société de financement agricole à ceux et celles qui détiennent une formation en agriculture.D'autre part, il a eu la chance d'apprendre ce qui lui permet de réussir aujourd'hui.À l'école, Marc a non seulement appris les règles de la production agricole, mais il a aussi acquis le goût de poursuivre son apprentissage par la consultation constante de tous les spécialistes qui peuvent l'aider.Ainsi s'explique l'adhésion de la ferme au contrôle laitier en 1983 et au Syndicat de gestion d'Iberville-Missisquoi en 1986.Le transfert de ferme Pendant toutes ces années, Marc travaille pour son père, propriétaire unique d'un ferme trop petite pour faire vivre deux familles.En 1991, en créant la Société Violait enr., le père, la mère et le fils acquièrent la ferme voisine.Cette ferme comporte déjà une grange-étable, deux silos, une sta-bulation libre, une fosse à fumier et une résidence nouvellement construite.Les Forgues achètent cette ferme en se disant qu'au cours des prochaines an- nées, il ne resterait plus, pour en assurer la productivité, qu'à la drainer comme ce fut le cas pour la ferme familiale en 1987.Dans ce dossier de transfert de ferme tout comme dans celui du drainage, autant le père que le fils soulignent la contribution du conseiller du syndicat de gestion, Antoine Laflamme.«Il a su pousser dans le dos du père et ralentir le fils», précise M.Forgues père.«Un syndicat de gestion, continue Marc, c'est plus qu'une analyse de groupe, c'est une banque d'informations qui nous montre le pour et le contre de nos projets.» Marc donne aussi l'exemple d'un agriculteur membre du syndicat de gestion qui a accepté de partager son expérience au sujet de l'acquisition d'un silo séchoir.«Cette demi-journée passée à étudier son installation et à écouter ses conseils nous a fait économiser entre 5000 et 6000 $», souligne Marc.En 1983, quand Marc a décidé de travailler avec son père, le troupeau était inscrit au programme NIP et seulement les deux génisses nouvellement acquises étaient de race pure.Depuis, chaque fois qu'il a fallu acheter une bête pour remplacer une vache de réforme, les Forgues se sont tournés du côté du pur sang.Grâce aussi à la transplantation embryonnaire, le troupeau Violait compte aujourd'hui 85 têtes, toutes de race pure Holstein.Les 45 vaches laitières ont une classification de 9 TB, 26 BP, 3 B et 7 non classées.En 1993, le troupeau a produit une moyenne de 9677 kg de lait, 358 kg de gras et 332 kg de protéine pour enregistrer des M.C.R.de 210— 205—221, ce qui le classait au deuxième rang des troupeaux du Club Holstein de Saint-Jean.Selon le contrôleur laitier affecté à la ferme Vio- Marc Forgues accompagné de son épouse Julie Agagnier, de leur fils Marc-André, de son père Sylvio, et de sa mère Jacqueline Boulet.40 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 lait, Gilbert Otis, c'est la très bonne régie de troupeau qui explique ces résultats.L'indice de régie permet d'évaluer le nombre de kilogrammes de lait que le troupeau produit en plus ou en moins de ce que devrait permettre son potentiel génétique.Chez les Forgues, cet indice se situe.à + 1349 kg de lait.+ 49 kg de gras et + 59 kg de protéine.Bien prendre soin des animaux Pour Marc Forgues, la régie c'est beaucoup de choses.D'abord, lors de l'achat de la nouvelle ferme, la grange-étable a été modernisée.Chaque vache y dispose de plus de place et un nouveau système de ventilation assure adéquatement l'échange de l'air.La régie, c'est aussi la taille des sabots deux fois par année et une alimentation équilibrée maintenue durant toute l'année.A la ferme Violait, la production de lait repose sur des fourrages de qualité.Les 106 hectares servent à la production d'ensilage de maïs, d'ensilage de luzerne, de foin de graminées et de maïs-grain.Les vaches, divisées en trois groupes, reçoivent en plus, selon leurs besoins, de la moulée com- merciale et un supplément.Après le vêlage, Marc attend en moyenne deux semaines avant de fournir à une vache le maximum d'aliments qu'elle doit consommer.Selon lui, servir à une vache des quantités d'aliments qu'elle ne peut efficacement transformer ne procure pas les résultats escomptés.C'est «l'oeil du maître» qui est en mesure de savoir ce que telle ou telle vache peut recevoir.La régie de l'alimentation, c'est aussi faire preuve d'une très grande discipline.Nourrir les animaux toujours à la même heure, servir les aliments dans le même ordre et en quantité bien adaptée évitent le stress alimentaire.Marc cherche à élever des animaux de grande taille.Le poids moyen des vaches adultes du troupeau Violait est de 640 kg alors que les taures au premier vêlage ont 28 mois et pèsent 610 kg.La régie, c'est aussi la génétique.Dans cette voie, Marc suit les traces de son père Sylvio, qui pratique l'insémi-nation artificielle depuis 1973, et se montre très exigeant dans le choix des reproducteurs, à tel point qu'il ne tient pas compte du prix d'achat de la semence.Pourlui, peu importe l'écart de prix, si c'est le meilleur choix génétique possible, le prix de vente de la génisse ou la production d'une vache comblera largement cette différence.Même si le fils et le père répètent souvent que «c'est dans l'étable qu'on fait le revenu», ils sont conscients qu'il faut aussi produire des aliments de qualité.On se préoccupe donc de rotation des cultures, de travail du sol et particulièrement d'un labour peu profond, de chaulage et de fertilisation selon les résultats des analyses de sol.Et les Forgues sont fiers de la qualité de leur fourrage et de leur maïs-grain.Cette qualité se reflète d'ailleurs dans le coût de l'alimentation pour obtenir un hectolitre de lait: environ 10,75 $.Sylvio Forgues et son épouse ont eu cinq enfants.Les quatre filles font carrière dans autant de secteurs différents et Marc, qui n'avait jamais été poussé à prendre la relève, semblait se destiner à la gestion financière.A la grande joie de ses parents, contre toute attente, la ferme reste dans la famille.Et ils ont beaucoup d'espoir dans la prochaine génération, car ils entendent déjà leur petit-fils de 17 mois prononcer le mot vache.¦ PIONEE ALFALFA SEED SEMENCE DE LUZERNE VOUS SILABAC dmm 51,5 kg plus de lait par tonne d'ensilage servie oduisez un meilleur ensilage de luzerne.Composez le 1-800-265-9435 pour de plus amples renseignements.pus savez déjà que l'utilisation des mences de luzerne de marque icmeer® vous procure plus de innage d'ensilage de qualité.Mais Js inoculants font aussi toute une érence.*s les ventes sont sujettes aux modalités qui apparaissent sur PIONEER, PIONEER HI-BRED LIMITÉE Pioneer.Source de foutrages de qualité.Les tests ont prouvé que l'inoculation à l'aide du 1174 améliore de façon significative la valeur nutritive de l'ensilage.Utilisez les inoculants qui ont subi le plus de tests.Les véritables inoculants d'ensilage de marque SILA-BAC®.les étiquettes et les documents commerciaux.® Marque déposée dont l'usager autorisé est Pioneer Hi-Bred Limitée, Chatham (Ontario).© 1994 PHII ISO 9000 Homologation de qualité Inoculants de marque Sila-bac®: les seuls inoculants produits sous un système de qualité rencontrant les exigeants standards de qualité de l'homologation ISO 9000.LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 41 BŒUF Gestionnaire immobilier et éleveur de bovins Le week-end, le gestionnaire de la chaîne Sélectôtel disparaît dans la nature.pour s'occuper de ses 600 bouvillons.par Raymond Morissette Clément Dubois, un homme d'affaires de 42 ans, gère la destinée de lachaîne hôtelière Sélectôtel.Mais ce fils d'agriculteur ne se confine pas seulement à l'immobilier, il est aussi propriétaire d'un parc d'engraissement de plus de 600 têtes de bouvillons, à Saint-Flavien, sur la rive sud de Québec.Détenant un baccalauréat en administration, Clément Dubois commence sa carrière dans l'immobilier en 1978.Jusqu'en 1983, il œuvre, avec ses partenaires, dans le milieu de la gestion de logements locatifs à Québec.En bout de ligne, ils seront propriétaires de plus 600 logements avant de se lancer, en 1984, dans le cercle restreint des propriétaires de centres commerciaux.En 1987, les partenaires achètent un premier hôtel, le Rond-Point de Lévis.L'aventure se poursuit tant et si bien que quatre autres hôtels seront achetés par la suite, respectivement à Amqui, Rimouski, Sainte-Foy èt Trois-Riviè-res.«Un bon défi», dit notre homme d'affaires.Immobilier et agriculture Derrière son bureau d'homme d'affaires.Clément Dubois gère d'importantes sommes d'argent.Pourtant, à partir du vendredi, il disparaît dans la nature.et remplace son employé de ferme pour deux jours et demi d'un travail un peu plus physique.Selon lui, le travail physique équilibre bien les quatre jours de travail intellectuel qu'il consacre à la gestion hôtelière.«L'agriculture a toujours suivi un chemin parallèle à macarrière dans l'immobilier», dit-il.C'esten 1980quel'aventureacom-mencé.Clément Dubois compte faire Raymond Morissette.agronome, est journaliste.Le silo horizontal de Clément Dubois est plancher de gravier compacté et de murets l'élevage de veaux d'embouche et achète 4 ou 5 vaches de boucherie qu'il laisse pour l'hiver à la ferme de son père, à Saint-Flavien.L'année suivante, il acquiert une ferme dans la même municipalité.Il s'attelle alors à la rénovation de l'étable.Le travail de manœuvre n'effraie pas le nouveau propriétaire: on le voit enlever les vieilles tôles, débâtir un vieux bâtiment et en construire un nouveau.Dès le début, Clément Dubois recherche les innovations technologiques permettant la réduction des coûts de production.Avec d'autres producteurs, il forme l'Association des presseurs de balles rondes.Les membres croient en cette technique de récolte de fourrages.Ils font même un voyage en France pour se familiariser avec la façon de l'utiliser à la ferme.«Les conseillers agricoles du temps ne croyaient pas trop à cette technique», dit Clément Dubois.Aujourd'hui, il y a des balles rondes dans presque toutes les fermes, preuve de l'efficacité de cette méthode.constitué d'un de balles rondes.42 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 En 1987, Clément Dubois est propriétaire de 75 vaches.Pour aider aux travaux de la ferme, il engage un employé.Mais cette même année, à cause du taux élevé de mortalité des veaux, il abandonne l'activité vache-veau pour se lancer dans la production de bou-villons.Il aménage alors deux bâtiments pour permettre l'engraissement de 400 têtes.L'un des bâtiments mesure 24 mètres sur 24 et comprend une section infirmerie.L'autre a 15 mètres sur 34.Cinq ans plus tard, il construit un nouveau bâtiment de 15 mètres sur 34 pour ajouter 200 bouvillonsdeplus.Aujourd'hui, la Ferme Simmental 700 met en marché plus de 600 bou-villons par année.Lors de l'achat, à l'automne, l'éleveur recherche avant tout un veau mâle hybride ayant une grosse ossature et un poids de 270 kilos.La plupart des veaux proviennent des producteurs voisins, les autres sont achetés dans les encans spécialisés.Quant aux cultures, Clément Dubois utilise 120 des 167 hectares de terre de la ferme.Les céréales et les fourrages occupent 30 hectares et le maïs pour l'ensilage en couvre 43.Le sens de l'administration Comme il n'est pas un producteur agricole type, Clément ne pouvait pas, à l'époque, obtenir un prêt subventionné par le gouvernement.Il s'est donc adressé directement aux institutions prêteuses pour obtenir le financement nécessaire.«Avec les années dans le secteur immobilier, j'avais développé une relation de confiance avec les prêteurs», dit-il.Selon Clément Dubois, un enfant de producteur vient au monde avec l'agriculture dans le cœur.Il note cependant qu'il faut aussi avoir le sens de l'ad-ministration pour réussir dans le domaine.De plus, il faut sans répit chercher des idées pour réduire les coûts de production.La dernière trouvaille de Clément Dubois diminue les coûts d'entreposage de l'ensilage de maïs de façon appréciable.Au lieu d'employer le ciment pour faire le plancher et les murets d'un silo horizon- Les veaux sont achetés à l'automne à des producteurs voisins.tal.Clément Dubois utilise du gravier compacté pour le plancher et des balles rondes pour les murets.Au printemps, les murets sont défaits.Les balles rondes sont déchiquetées pour servir de litière.«Un silo construit de cette façon, dit le producteur, ça ne coûte pas cher.» D'autre pan.Clément Dubois surveille de près le marché boursier.Il vérifie les tendances du marché à terme du bou vil Ion pour être en mesure d'établir correctement le prix d'achat des veaux.Selon lui, la Bourse de Chicago mène le marché.«Seul un bon suivi des données techniques et financières permet à l'entreprise d'obtenir une bonne rentabilité», dit-il.L'homme d'affaires est confiant en l'avenir.Des projets, il en a autant pour le secteur immobilier que pour son parc d'engraissement.A court terme, il prévoit élever son troupeau à 800 bouvillons.A cause des économies d'échelle, il pense bien ainsi réduire les coûts de production par tête et assurer une meilleure rentabilité à son entreprise.¦ RUMENSIN DE MIEUX ENMŒUX Les taures dont la ration contient du Rumensin (monensin) peuvent croître jusqu'à 8 % plus rapidement*; donc vos taures de remplacement exigent moins de temps et d'argent pour atteindre leur poids de saillie.Ainsi, vous êtes en mesure de réduire vos coûts d'élevage et maximiser vos revenus en devançant la première lactation des taures.Voilà qui compte! Maximiser le revenu généré par une taure en devançant la première lactation.Mais Rumensin peut faire encore mieux.Depuis des années vous lui faites confiance pour prévenir les flambées de coccidiose qui s'attaquent à vos taures de remplacement et réduisent vos profits.Plus que jamais, Rumensin est un choix rentable.'D'après quatre essais réalisés en 1992 avec 126 taures de remplacement.Elanco fournira sur demande les données complètes de ces essais.ELANCO RUIVIEIMSIIM Elanco Santé Animale Division Eli Lilly Canada Inc 1-800-363-0885 CCPP POUR UN TROUP SR RENTABLE ®Rumensin est une marque déposée de Eli Lilly and Company LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 43 SANTE Le «piétin d'Italie» s'en prend à nos bovins Inconnue au Canada jusqu'à l'automne 1993, la dermatite digitale des bovins est aujourd'hui présente dans presque toutes les régions du Québec.par Gilles Rivard Lorsqu'on pense aux principales maladies des bovins, on évoque la mammite, les problèmes d'infertilité, la fièvre vitulaire.l'acétoné-mie et les pathologies respiratoires.Et lorsqu'on énumère les causes de réforme chez les vaches laitières, la fai- Le D'Gilles Rivard.médecin vétérinaire.est consultant en santé animale au MAPAQ.à Rock Forest.Diagnostic différentiel de quelques maladies du pied des bovins DERMATITE DIGITALE PIÉTIN FOURBURE (LAMINITE) • Localisation Tissus mous à l'arrière du pied, au-dessus du talon Tissus mous entre les deux onglons Tissus mous sous la sole • Causes Bactérie (spirochete?) Bactéries: Fusobacterium necrophorum Déséquilibre alimentaire • Signes cliniques - Érosion ronde au talon - Boiterie intense - Odeur forte - Apparence verruqueuse - Érosion entre les onglons - Odeur caractéristique - Boiterie - Pied affecté appuyé en pince - Boiterie sans lésion extérieure apparente ble production laitière vient en premier.Pourtant, ce sont souvent des problèmes de santé qui causent cette faible production.Un autre groupe de pathologies prend de plus en plus d'importance et peut aussi être responsable de réformes prématurées.Ce sont les problèmes de membres, particulière- pour tirer plus Rendement De Celle-là.f \ PRODUITS DE MARQUE ofe\ PIONEER PIONEER HI-BRED LIMITEE Toutes les ventes sont sujettes aux modalités qui apparaissent sur les étiquettes et les documents commerciaux.® Marque déposée dont l'usager autorisé est Pioneer Hi-Bred Limitée, Chatham (Ontario) N7M 5L1.8 1994 PHII La lésion est localisée près de la corne du talon, à la face plantaire du paturon.ment du pied et des onglons.L'élimination ou la réduction des pâturages, remplacés par des cours ou des allées en béton, et des rations mal balancées ou trop acides ont favorisé la multiplication de ces pathologies du pied.Deux autres causes des problèmes de pieds ont cependant toujours existé: l'hérédité et les infections.Des causes encore incertaines Jusqu'à maintenant, le piétin ou phlegmon interdigité était la principale infection du pied des bovins.Depuis l'automne 1993, une autre infection est apparue au Québec: la dermatite digitale bovine, communément appelée «fraise», «framboise», «hairy heel warts» ou bien «piétin d'Italie».Cette dernière dénomination viendrait du fait que les premiers cas de cette maladie furent observés en Italie.Cette nouvelle condition pathologique du pied des bovins jusqu'ici inconnue au Canada a été rapportée depuis l'automne 1993 dans presque toutes les régions du Québec.Bien qu'elle soit encore moins fréquente que le piétin, cette maladie peut causer des pertes monétaires importantes si elle n'est pas diagnostiquée et traitée rapidement.Les causes ne sont pas encore complètement connues.Une bactérie de la famille des spirochetes (Treponema spp.) est constamment retrouvée dans la plaie, mais la condition n'a pu encore être reproduite avec cet organisme dans des conditions expérimentales.Plusieurs spécialistes américains et européens cherchent encore à en établir Pédologie.La réponse favorable aux traitements avec des antibiotiques confirme le rôle important des bactéries dans le déclenchement de cette maladie.La dermatite digitale C'est Rentable De /gg\ SEMERCELLE-CI PIONEER des bovins est relativement facile à diagnostiquer.Elle se caractérise par une lésion circulaire de 2 à 4 cm de diamètre ayant un aspect inflammatoire, parfois ulcératif.proliférant, qui ressemble à l'occasion à une verrue.Cette lésion est localisée près de la corne du talon, à la face plantaire du paturon.Cette condition est très douleureuse et provoque de la boite-rie.C'est d'ailleurs ce symptôme qui attire généralement l'attention de I "éleveur.Au début de la maladie, la lésion, circulaire, est rouge violacé.Cinq à sept jours après le début de l'infection, la lésion prend la fonne d'une verrue.Des filaments ressemblant à des poils sont formés sous la surface atteinte.Des traitements efficaces La dermatite digitale semble contagieuse, mais nous ne connaissons pas encore complètement les modes de transmission de la maladie, ni les facteurs favorisants.Généralement, la maladie est introduite dans un troupeau avec l'arrivée de nouvelles bêtes.La dermatite digitale peut être guérie assez facilement en appliquant un bandage contenant de la tetracycline (un antibiotique) sur la lésion bien nettoyée et débridée.D'autres antibiotiques peuvent également être utilisés, selon les recommandations de votre médecin vétérinaire.Les animaux ainsi traités doivent ensuite être gardés dans une stalle à l'intérieur, sur un plancher propre et sec (litière sèche renouvelée à tous les jours).Les pansements doivent être renouvelés au besoin.On peut aussi contrôler la maladie à l'aide de pédiluve (bain de pied) contenant une solution de 5 à 6 grammes d'oxytétracycline par litre d'eau.Ce bain de pied devrait être placé à la sortie de la vacherie ou du salon de traite.La solution du pédiluve sera beaucoup plus efficace sur des pieds bien lavés, débarrassés des saletés.Il peut être nécessaire de répéter le passage dans la solution d'antibiotique après 4 à 6 semaines, selon les conditions environnementales.D'autres produits ont déjà été utilisés dans les pédi-luves avec de bons résultats.L'avis d'un médecin vétérinaire vous sera toujours d'une grande utilité, aussi bien pour le diagnostic que pour le contrôle et les traitements de la dermatite digitale des bovins.¦ LAIT D'AILLEURS J'aime mon lait US, somatotropine ou pas La somatotropine n'a pas fait chuter la consommation de lait aux États-Unis, contrairement à ce que d'aucuns craignaient.D'après un entrefilet du Successful Farming d'août, ce n'est pas une question d'ignorance, car 70 % des Américains ont entendu parler de la «BST».La Fédération nationale des producteurs de lait des États-Unis y voit plutôt le résultat de la campagne de démystification entreprise notamment par le Département américain de l'agriculture.(Source: USDA) Guernsey la championne Une vache Guernsey d'Ohio vient de briser le record mondial de production pour cette race.À quatre ans, elle a donné 41 274 livres de lait, 1945 livres de gras et un impressionnant 1301 livres de protéine durant sa lactation de 365 jours.Son nom: Wincrest Vayette Grace.(Source: Successful Farming, août 1994) Voici la génération future de traite automatique en stabulation entravée! Alfa Laval Agri est fière de présenter MilkMaster, le premier système de traite laitière en stabulation entravée qui garantit la puissance de l'automatisation numérique des salles de traite en stabulation entravée.MilkMaster: une unité de traite légère, compacte et durable qui offre un enlèvement automatique révolutionnaire avec un stimulateur de débit laitier, une indication de production et de fin de traite./ Indication électronique de production laitère, de débit et temps de traite, par vache, avec affichage facile à lire.Permet d'analyser le rendement quotidien de chaque bête./ Fin de traite incorporée - indicateurs de déclenchement et de séquences de traites qui dictent la démarche à suivre./ L'enlèvement, la stimulation et la pulsation des débits laitiers sont programmables à partir d'un clavier convivial.L'automatisation de style salle de traite et toute l'information requise en stabulation entravée - Voila MilkMaster! Consulter votre concessionnaire Alfa Laval Agri dès aujourd'hui! A' Alfa Laval Agri Alfa Laval Agri, 2020 Fisher Drive, Peterborough, ON K9J 7B7 (705) 741-3100 46 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 FORET Un grand ménage à faire dans le syndicalisme en forêt privée L'Université Laval a effectué une analyse des structures syndicales et de mise en marché du bois.Le marasme règne.par Pierre Dubois Le syndicalisme forestier est en crise.Les syndicats, les offices et la Fédération des producteurs de bois connaissent actuellement des problèmes de financement, de leadership, de vie syndicale.Des groupes et des intérêts particuliers réussissent à en tirer les ficelles.L'UPA et la Fédération des producteurs de bois du Québec ont confié à Michel Morisset, directeur du Groupe de recherche en économie et politique agricoles de l'Université Laval, le mandat d'analyser les structures syndicales et de mise en marché du bois.Le Bulletin des agriculteurs obtenait récemment copie du document.La conjoncture est difficile pour les organisations syndicales.D'une part, l'essor du marché du bois rond destiné au sciage et l'effritement des ventes à 'industrie papetière viennent couper l'herbe sous le pied aux plans conjoints administrés par les syndicats et offices qui régissent la vente de bois à pâte.D'autre part, cinq des quinze offices et syndicats de producteurs de bois tournent le dos à leur organisation provinciale.Que de problèmes! «Des syndicats et offices ne maintiennent que peu ou pas de relations avec leurs propres membres.Les réunions sont peu fréquentes, les liens distendus, la présence aux réunions peu enthousiaste», écrit Michel Morisset dans son rapport.Alors, la | capacité de mobilisation est faible et les organisations peuvent «tomber sous la coupe de groupes ou d'individus davantage intéressés à servir leurs propres intérêts avant ceux de la collectivité».Et ces faiblesses se reflètent On lance un appel à une mobilisation des producteurs de bois pour qu'ils reprennent en main leurs organisations.rro Dubois csi ingénieur forestier.même sur la vivacité de la Fédération.En même temps que les 15 syndicats et offices de la province veulent une «fédération forte», ils souhaitent qu'elle ne les dirige pas.On veut «une fédération attentive aux régions, aux problèmes rencontrés, aux besoins exprimés» et surtout pas qu'elle «dicte l'agenda et regarde de haut ses affiliés».Les offices et les syndicats ne seraient pas très chauds à l'idée d'instaurer un seul plan conjoint provincial.En 1994, le budget de la Fédération n'était que de 780 000 $, comparativement à 990 000$ en 1991.Cette réduction serait attribuable à la chute du marché du bois à pâte, à la faiblesse de l'organisation dans le sciage et à la désaffiliation de cinq syndicats et offices.Cette désaffiliation s'explique par diverses raisons, dont le financement.Une charge contre les groupements forestiers Dans une bonne dizaine de pages du rapport, Michel Morisset analyse la relation entre les Organismes de gestion en commun (OGC) et les structures syndicales.Les Organismes de gestion en commun sont les groupements forestiers, les sociétés sylvico- les et les sociétés d'exploitation des ressources auxquels ont accès les propriétaires de forêts privées.Michel Morisset est d'avis que si les OGC ont eu pour mission initiale d'aménager des forêts, ce qui prime maintenant, c'est la «recherche du profit par les actionnaires eux-mêmes», voire par la direction des OGC.Certains OGC ont cependant conservé leur mission première tout en ayant des activités lucratives.Dans l'est du Québec, leur mission première était d'ailleurs beaucoup plus la création d'emplois, ou du moins de permettre aux travailleurs-actionnaires d'accumuler leurs «timbres de chômage».Par contre, selon Michel Morisset, «on nous a dit comme étant de notoriété publique le fait que des OGC agissent comme contracteurs sur la forêt publique, achètent et coupent à blanc des lots sur la forêt privée, sont copropriétaires de scieries, ont des propriétés foncières et immobilières en dehors du secteur forestier.Dans beaucoup de régions, les OGC nous ont été présentés comme les pires pilleurs de lots du territoire, qui ont remplacé les contracteurs (jobbers) dans ce rôle peu LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 47 enviable.» Mais les OGC profiteraient d'une ambiguïté.D'une part, ils ont une mission d'aménagement et, d'autre part, historiquement, souvent les syndicats et offices se sont impliqués dans la mise sur pied des OGC.«Il est impossible d'argumenter bien longtemps que l'intérêt de tous les producteurs forestiers puisse être défendu par les OGC.Objectivement, ils sont loin de regrouper tous les propriétaires; deuxièmement, rien dans leur statut ne les amène à cette fonction», écrit Michel Morisset.Des conflits d'intérêts Et que dire de la situation où un OGC ou ses leaders décident régionalement de s'impliquer dans les offices et syndicats de producteurs de bois pour tenter d'influencer les décisions de mise en marché?«Des situations patentes de conflits d'intérêts apparaissent.On assiste d'ailleurs à des tentatives menées par des individus clairement identifiés aux OGC pour empêcher que les syndicats et offices ne s'impliquent dans lamise en marché du bois de sciage.(.) Certains OGC agissent avec la même logique que plusieurs gros contracteurs qui ont existé, et qu'on retrouve encore dans certains syndicats, qui défendent la désorganisation comme étant la meilleure situation pour eux-mêmes.» Michel Morisset prône une plus grande distance entre la Fédération des producteurs de bois et les groupements forestiers (OGC).Mais les conflits d'intérêts ne concernent pas que les OGC.Dans plusieurs régions, le syndicalisme semble très bien accepter comme dirigeants des contracteurs, des transporteurs et des agents des compagnies qui profitent de leur statut de producteur.«Les organisations ainsi tombées sous la coupe d'acheteurs et d'intermédiaires servent peu, ou pas du tout, l'intérêt des producteurs indépendants», écrit Michel Morisset.Des pistes de solution Pour sortir du marasme actuel, on lance un appel à une mobilisation des producteurs de bois pour qu'ils reprennent en main, syndicalement parlant, leurs organisations.Pour régler les conflits d'intérêts au sein des conseils d'administration, on suggère de On protège toujours ce qu'on aime.» Conservez Votre Bulletin des agriculteurs dans une reliure à l'effiaie d'Onésime! Commandes postales: Nom_ Adresse Ville_ Province.Code postal.Bulletin 75, rue Port-Royal Est, Bureau 200, Montréal |Québec) H3L3TI Ci-joint un chèque de_ Taxes et frais d'envois compris _ reliures x 8,95 $ chacune Chaque reliure peut contenir 12 numéros pour.contacter la Régie des marchés agricoles du Québec, qui fera appliquer des articles de la loi prévenant ce genre de situation.On demande aussi un avis légal sur la place des OGC dans les conseils d'administration des syndicats et offices.À propos du financement, la Fédération pourrait obtenir du gouvernement provincial la gestion du Statut de producteur forestier.Selon cette hypothèse, la Fédération pourrait obtenir une cotisation de tous les propriétaires de boisé intéressés par l'aménagement ou par le programme de remboursement de taxes foncières.On parle d ' une cotisation de 35 à 50 $ par année, par producteur.«La Fédération des producteurs de bois doit réaffirmer son rôle de représentant public de l'ensemble des producteurs forestiers du Québec», affirme Michel Morisset.La Fédération doit aussi être avant tout au service de ses syndicats et de ses offices.La structure actuelle de la mise en marché du bois est aussi à remettre en question.On invite les syndicats de Montréal et de la Mauricie à envisager une fusion de leurplan conjoint.Même chose pour les organisations de La-belle et de Gatineau, de l'Estrie et de Nicolet.On voudrait également que le Syndicat des producteurs de bois de la Beauce réintègre les rangs de la fédération provinciale.L'analyse de Michel Morisset propose tout un ménage dans l'organisation syndicale de la forêt privée.Il s'agit d'un rapport interne qui, à la fin de l'automne, circulait déjà allègrement dans tous les organismes de la forêt privée.La quarantaine de groupements forestiers du Québec pourraient le considérer comme une déclaration de guerre de la part de la Fédération.Il est paradoxal de constater que le «rapport Morisset» vienne alimenter une discorde toujours latente, au moment même où toutes les organisations se serrent les coudes pour tenir un Sommet sur la forêt privée.Mais le rapport viendra également fouetter les syndicats et offices de producteurs de bois pour en arriver à examiner, le cas échéant, la situation de dirigeants en conflit d'intérêts.La Fédération des producteurs de bois subit enfin sa part de critiques pour son manque de compréhension des enjeux de certaines régions et ses tentatives de centralisation.¦ 48 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 SPÉCIAL FO ATIO On voit la lumière au bout du tunnel Il semble bien que les jeunes de la relève et leurs parents ont reçu le message de l'importance de la formation.On n'ose encore crier victoire, mais certains signes ne trompent pas.Les candidats à rétablissement sont plus scolarisés et il y a plus d'inscriptions dans les institutions d'enseignement.par Andrée Lagacé Les derniers chiffres publiés par la Société de financement agricole (SFA) sont éloquents.En trois ans, le taux de formation agricole des personnes ayant obtenu une subvention à l'établissement a grimpé de 17 à 30 %.Et la scolarité moyenne de ces nouveaux «établis» est passée de 11,6 années, où elle stagnait depuis 1987, à 12,5 années en 1994.Est-ce l'effet immédiat des exigences de formation imposées par la SFA pour l'éligibilité à une subvention à l'établissement?Selon le secrétaire de Andrée Lagacé, agronome, est journaliste.la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ), André Drapeau, l'équation n'est pas directe.Les jeunes qui prennent la relève de la ferme ont en moyenne 30 ans.Lorsqu'ils terminent leurs études collégiales, par contre, ils en ont 20.Ce décalage fait présumer à André Drapeau que les jeunes établis en 1993-1994 ne sont pas ceux sur qui les pressions de la SFA ont pesé.En fait, la portée de la mesure instituée par la SFA ne pourra réellement être appréciée, selon M.Drapeau, avant l'aube de l'an 2000.One indication plus précise de l'im-pact de cette mesure serait plutôt l'augmentation du nombre d'inscriptions dans les institutions de formation agricole.Et ces chiffres sont plutôt encourageants.Les inscriptions en première année au programme agricole de niveau secondaire ont grimpé de près de 60 % en 1993-1994.En première année du collégial, on n'a jamais compté autant d'inscriptions depuis 1987, soit 289.Les jeunes de la relève et leurs parents auraient-ils reçu le message de l'importance de la formation?Selon la présidente de la Fédération régionale de l'UPA de la Rive Nord de Québec, Jacinthe Gagnon, les efforts conjugués de sensibilisation de la FRAQ et des fédérations régionales de l'UPA auprès de leurs membres portent enfin fruit.«On a fait évoluer les mentalités, surtout celles des parents, en ne cessant de mettre de l'emphase sur la formation et en faisant comprendre qu'elle est incontournable dans le contexte actuel», dit-elle.La formation continue Qu'en est-il du rattrapage de ceux qui auraient quitté les bancs d'école et qui, après réflexion, décident d'obtenir un diplôme?On constate aussi un bond de plus de 50 % des inscriptions à ce type de formation par Attestations d'études collégiales ( AEC).Trois AEC donnent l'équivalent d'un DEC spécialisé en agriculture pour l'obtention d'une subvention à l'établissement auprès de la SFA.Les «écoles de rang» sont en fait la dispensation des AEC hors institution et c'est là tout l'attrait LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 49 de cette formule d'enseignement décentralisé.Les sessions d'étude sont adaptées aux saisons de production agricole pour accomoder le plus possible les candidats à la formation.Malgré la hausse des inscriptions, les résultats de l'émission des AEC sont par contre moins reluisants.Sur 1194 inscriptions aux AEC du programme Gestion et exploitation d'entreprise agricole (GEEA) entre 1987 et 1993, seulement 594 attestations ont été émises, soit 50 %.De ce nombre, un minimum d'élèves ont cumulé les trois AEC donnant droit au diplôme de GEEA.Selon Johanne Landry, agronome à la Direction de la formation et de la main-d'œuvre en bioalimentaire du MAPAQ, on doit compter au moins quatre ans pour compléter les trois AEC du programme GEEA.Mmc Landry considère que l'actuel taux d'émission d'AEC est très bon, tenant compte du fait que ce type de formation en région répond autant à un besoin de formation ponctuelle et de perfectionnement qu'à l'obtention d'un diplôme.Les élèves adultes favorisent de plus en plus l'approche programme plutôt que l'approche sur mesure parce que les crédits s'accumulent en vue d'un diplôme.Cependant, l'approche programme exige une présence assidue.L'élève qui abandonne un cours s'expose à ce que ce cours ne soit pas redonné immédiatement dans sa région, faute d'inscriptions.Il peut alors être appelé à compléter l'AEC par de la formation à distance.Des efforts d'accessibilité Une initiative issue de la concertation des milieux agricole et scolaire dans la région de l'Estrie contribue à faciliter l'accès à la formation agricole et à augmenter le niveau de scolarisation.La Commission scolaire de Coaticook et le cégep de Sherbrooke offrent depuis août 1994 une formation intégrée en agriculture, dispensée dans des locaux communs, au Centre régional d'initiatives et de formation en agriculture (CRIFA).L'harmonisation récente des programmes du secondaire et du collégial en productions laitière et bovine permet dorénavant de reconnaître le diplôme d'études professionnelles (DEP) de niveau secondaire comme première année de formation pour l'ob-tention du diplôme d'études collégiales (DEC) en Gestion et exploitation d'entreprise agricole.La polyvalente La Frontalière, de Coaticook, deviendra désormais le guichet d'entrée à la formation collégiale nouvellement dispensée par le cégep de Sherbrooke grâce au CRIFA.Le partage des locaux, des équipements de la ferme du Centre d'initiatives agricoles de la région de Coaticook et même du personnel enseignant est un exemple éloquent d'une collaboration en vue d'un objectif commun: l'accessibilité à une formation de qualité pour les futurs exploitants d'entreprises agricoles.Le CRIFA a vu le jour grâce au concours financier du ministère fédéral du Développement des ressources humaines, du Conseil régional de développement de l'Estrie, de la Commission scolaire de Coaticook et du cégep de Sherbrooke.L'an dernier, la polyvalente de Coaticook comptait 15 étudiants inscrits au diplôme d'études professionnelles.Cette année, on en dénombre 35 qui auront le choix de poursuivre leur formation au collégial sans s'exiler.Le président de la Fédé- Une Exposition Intérieure de Première Classe Le IXe Annuel CANADIAN INTERNATIONAL FARM EQUIPMENT SHOW Du 7 au 10 Février 1995 Le plus grand étalage d'équipement de ferme sous un même toit.Toronto International Center, 6900 Airport Road, Toronto, Ontario.Pour plus d'informations, appelez au 705-741-2536.Sponsored by.iOID Supported by: O.W.F.E.A.ÉCOLE PROFESSIONNELLE OE MINT-UWCINWE DEP (Diplôme d'études professionnelles) • PRODUCTION LAITIERE ou • PRODUCTION BOVINE ou • PRODUCTION PORCINE 2 «hivers» consécutifs • Formation en alternance École/entreprise agricole Début des cours, octobre 1995 • FLEURIÏTERIE • MÉCANIQUE AGRICOLE • REALISATION D'AMENAGEMENTS PHWOCERï • HORTICULTURE ORNEMENTALE Début des cours, fin août 1995 INFORMATION Commission scolaire Saint-Hyacinthe, Val-Monts Services éducatifs aux adultes 2275, avenue Sainte-Anne Saint-Hyacinthe (Québec) J2S 5H7 (514) 773-8403, poste 575 50 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS/JANVIER 1995 ration de la relève agricole du Québec, Jacques Deniers, habite non loin de Coaticook et a limité sa formation au diplôme de niveau secondaire à la polyvalente La Frontalière pour ne pas quitter la ferme familiale.Plusieurs jeunes doivent faire un choix semblable.Avec 1.'accès à une | formation collégiale technique dans sa région, Jacques Demers envisage de compléter éventuellement sa formation pour obtenir le diplôme collégial.La multiplication des lieux de formation en région contribuera certainement à hausser le niveau de scolarité en agriculture.Le contingentement Tous ces efforts ne doivent pas être freinés par un contingentement du nombre d'élèves admis dans les écoles.Depuisdeux ans, les ITA de Saint-Hyacinthe et de La Pocatière reçoivent des demandes d'admission qui dépassent de près du double leur capacité d'accueil en Gestion et exploitation d'entreprise agricole.Alors qu'on veut hausser la scolarisation des jeunes de la relève, est-il logique de limiter le nombre d'admissions dans ces institutions, comme ça se pratique actuellement?«Evidemment non, répond Jacinthe Gagnon.de l'UPA de la Rive Nord de Québec.On ne doit pas refuser l'admission d'un jeune sur la base de faibles notes parce que, souvent, cet élève travaille beaucoup plus fort qu'un autre qui obtient facilement des notes plus élevées.» Selon elle, il faut donner des chances égales à tous.Vision ou manque de vision?La limite au nombre d'admissions dans les ITA ne relève pas d'une vision ou d'une absence de vision.Elle résulte simplement d'un personnel enseignant insuffisant.Avant d'en ajouter, le MAPAQ souhaite disperser la clientèle à travers la province pour occuper les cégeps qui manquent d'étudiants.Ce calcul s'est avéré juste puisqu'on constate une hausse régulière des inscriptions dans les cégeps depuis 1989.Un professeur à l'ITA de Saint-Hyacinthe, Daniel Hamel, met toutefois les responsables en garde contre une trop grande dispersion de la clientèle qui risquerait de diminuer le nombre critique d'élèves et de professeurs des institutions et pourrait nuire à la qualité de l'enseignement.¦ Centre de formation agricole de Mirabel Commission scolaire des Patriotes FORMATION PROFESSIONNELLE 1995-1996 LA FORMATION AGRICOLE DANS L'EST C'EST À MONT-JOLI Les cours: Production laitière (5134) Production bovine (5136) Mécanique agricole (5070) Lieu de Centre de formation formation: professionnelle 1414 des Érables Mont-Joli (Québec) G5H 4A8 Toutes ces spécialités sont admissibles au Programme des prêts et bourses du ministère de l'Éducation.Formation admissible aux prestataires d'assurance-chômage.Formation admissible aux personnes éligibles au programme de financement SPRIMT.Diplôme d'études professionnelles.Pour informations ou inscription, veuillez communiquer avec le secrétariat du centre au (418) 775-7206.La Mitis LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 51 7 ^ de diététique ^ développement international POUR INFORMATION (613) 679-2218 Vous pouvez appeler à frais virés.SPÉCIAL FORMATION L'enseignement s'adapte à l'agriculture I L'intégration de la pratique et de la formation théorique est désormais à la base de la formation agricole.par Andrée Lagacé Récemment, le ministère de l'Éducation du Québec appliquait une réforme dans l'enseignement agricole collégial.La nouvelle approche pédagogique fixe comme objet d'apprentissage une «compétence» à maîtriser.Cette compétence se définit comme une problématique à résoudre par une «action» sur quelque chose et non plus seulement par la «connaissance» de cette chose.Denis Messier, concepteur du programme par compétence en agriculture et professeur au cégep de Lévis-Lauzon, explique que cette approche origine d'une méthode pédagogique utilisée en éducation des adultes dans les années 1970.La formation devait répondre aux besoins pointus des adultes en intégrant l'acquisition de connaissances à des fonctions réelles accomplies en milieu de travail.Le but de la formation ne sera plus, selon les termes de Guy Archambault, conseiller pédagogique au cégep de Beauce-Appalaches, de faire une «tête bien pleine», non plus une «tête bien faite», mais davantage une «tête active»! Les découvertes des 30 dernières années en matière d'apprentissage provoquent une rupture avec notre passé pédagogique.Dorénavant, ce ne sera pas le professeur qui fera des démonstrations mais l'élève qui se débattra avec les outils, qui sera plongé dans le tourbillon d'activités pour comprendre les choses de l'intérieur.Cette nouvelle pédagogie est basée sur la résolution de problèmes et tout ce qui ne servira pas aux élèves pour qu'ils agissent de façon autonome et réfléchie doit être exclu de l'enseignement d'un programme, affirme M.Archambault.Certains cégeps, comme celui d'Aima, le Collège Mac-donald et les ITA de La Pocatière et de Saint-Hyacinthe, ont démarré l'enseignement par compétence l'an dernier dans le programme Gestion et exploitation d'entreprise agricole.Tous les programmes et les cégeps agricoles seront éventuellement touchés par la réforme.Dans son application, l'approche par compétence transpose l'ensemble des aspects de la pratique d'un élevage, auparavant traités dans un seul cours, en plusieurs compétences liées entre elles.Parexemple, un cours de productions végétales est scindé en cinq compétences: «préparer le sol», «implanter une culture pour une production donnée», «entretenir une culture pour une production donnée», «récolter, préconditionner et entreposer une production végétale don-Andrée Lagacé.agronome, est journaliste.52 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 née», «élaborer un programme de culture pour une production donnée».Pour réussir à coordonner la formation par compétence, les professeurs doivent obligatoirement travailler en étroite collaboration pour éviter les chevauchements et s'assurer que la formation soit complète.Jl faut aussi ajuster cette nouvelle approche pédagogique au calendrier scolaire et aux saisons de production.Les professeurs doivent modifier leurs contenus de cours puisque les 6 ou 7 cours offerts table rase plutôt que d'avoir amélioré et actualisé le contenu et les anciennes méthodes.Tous s'entendent pour féliciter l'initiative d'une plus grande intégration de la pratique à la théorie.Les professeurs-agronomes eux-mêmes l'ont toujours réclamée dans leur propre formation.Maison juge que les budgets accaparés par ce grand chambardement auraient pu être mieux utilisés.Par exemple, en finançant les ressources manquantes qui peuvent améliorer la qualité de la formation.ment les profs relève de l'utopie.La résistance au changement est d'autant plus grande que les moyens manquent dans un contexte de restrictions budgétaires.Les professeurs des cégeps, financés par le ministère de l'Éducation, ont profité d'une journée d'information sur le programme.Ceux des ITA n'y ont pas eu droit.Ceux qui désirent parfaire leurs compétences pédagogiques s'inscrivent, de leur propre chef, à des cours dispensés par Performa, un groupe de formation de l'Université de Sherbrooke.Michel Champagne, professeur au cégep d'Aima, le premier cégep à avoir implanté la réforme, résume la situation en ces termes: «On nous a fourni une Cadillac, mais on n'a pas prévu le coût de l'essence!» On demande aux cégeps d'absorber l'accroissement des coûts annuels de fonctionnement et la majeure partie des investissements en infrastructures et en équipements pour dispenser l'aspect pratique de la formation.Près de 30 % de personnel supplémentaire serait nécessaire pour combler le ratio professeur-élèves qui passera de 1 pour 22 à 1 pour 4 dans certaines compétences.Tous les cégeps ont logé des demandes de budgets supplémentaires au ministère de l'Édu-cation.Les deux ITA, relevant du MAPAQ.quêtent aussi auprès de ce ministère.Les élèves apprécient sans conteste cette méthode d'enseignement qui tient compte de leurs motivations, de leur culture personnelle et de leur expérience de vie.A-t-on pensé à la culture et à l'expérience personnelle des professeurs?On s'attend à ce que la formation par compétence uniformise l'enseignement de tous les professeurs, d'une institution à l'autre.C'est faire fi de l'acquis des professeurs, de l'insuffisance d'encadrement de ces derniers et des inégalités entre les institutions en regard des infrastructures de soutien de la formation pratique.«Chacun y va de son cru», affirme Richard Drolet, professeur et responsable du suivi des élèves à l'ITA de la Pocatière.Il déplore les difficultésd'ar-rimage entre les institutions résultant de cette improvisation.Espérons qu'avec le temps les choses se tassent parce que l'uniformisation de l'enseignement et de l'évaluation des compétences des élèves sont des objectifs très précis de la réforme.Malgré tout, M.Drolet admet que la nouvelle approche permet une meilleure assimila- Désormais, ce ne sera pas le professeur qui fera des démonstrations, mais l'élève qui travaillera avec les outils pour comprendre les choses de l'intérieur.auparavant aux étudiants à chaque semestre sont divisés en 12 compétences.Même si le nombre d'heures de cours de chaque compétence est réduit, le programme est rallongé d'un semestre.La supervision des activités d'apprentissage exige évidemment des ressources techniques supplémentaires.Les institutions d'enseignement qui ne possèdent peu ou pas du tout d'infrastructures et d'équipements agricoles doivent «emprunter» des fermes-laboratoires chez les producteurs agricoles, faute d'argent.Même si le ministère de l'Éducation octroie aux cégeps 30 000 $ par année pendant trois ans pour l'implantation de la réforme (pas aux ITA, qui relèvent du MAPAQ), les besoins sont loin d'être comblés.Dans sa deuxième année d'implantation, la réforme crée encore des remous et des insatisfactions.Évidemment, la résistance au changement fait dire bien des choses, mais plusieurs questionnent la pertinence d'avoir fait La parole aux profs Etlesprofs, qu'en disent-ils de cette réforme?L'approche par compétence, selon eux, colle plus à la réalité du travail des futurs exploitants et les étudiants sont plus motivés à suivre la formation.L'intégration immédiate de la pratique pour assimiler la théorie favorise l'apprentissage.La compréhension est meilleure puisqu'elle colle à un «vécu».Et les lacunes de l'ancien programme dans les domaines de l'informatique, de la santé et sécurité au travail, de l'environnement et de la mise en marché sont comblées et les notions sont actualisées.Sur papier, les avantages de la nouvelle méthode pédagogique par compétence sont immenses, tous en conviennent.Orchestrée en haut lieu par des pédagogues chevronnés, elle est cependant loin de la réalité des salles de cours.L'intégration de la nouvelle méthode pédagogique a été bâclée selon plusieurs.Manque de personnel, manque de fonnation, les professeurs ont l'impression d'avoir été laissés pour compte alors que ce sont eux qui composent quotidiennement avec la réforme.La transition entre le traditionnel maître de classe et le nouvel animateur d'activités et de discussions n'est pas automatique.Au ministère de l'Éducation, a-t-on réalisé que l'enseignement dans le secteur agricole est dispensé majoritairement par des agronomes ou des technologistes agricoles qui n'ont qu'une fonnation de base en pédagogie?Modifier les méthodes d'enseignement sans outiller suffisam- LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 53 tion de la matière et évalue la compréhension globale et non plus seulement la théorie mémorisée par l'élève.La qualité de l'enseignement Le programme de Gestion et exploitation d'entreprise agricole compte désormais six ou même sept sessions de cours, selon les institutions, contrairement à cinq auparavant.On dispense 36 heures de cours par semaine, axés en grande partie sur la pratique.S'ajoutent ensuite les stages d'été qui font de la formation agricole un «non-stop» quelque peu étourdissant.La formation est-elle meilleure pour autant?Certains en doutent, comme Marc Dallaire, professeur en zootechnologie à I ' ITA de Saint-Hyacinthe, qui qualifie l'approche par compétence de réductrice.Elle permet sans aucun doute de résoudre un problème, précise-t-il, mais un problème dont les données sont définies dans un environnement précis.M.Dallaire se demande si l'étudiant aura la capacité de résoudre un problème présenté dans un contexte différent.Les professeurs notent souvent les difficultés qu'éprouvent les étudiants à établir les liens entre la théorie et la pratique.L'approche par compétence résoudra certainement une partie de ce problème, mais l'étendue d'une compétence sera-t-elle suffisamment grande pour faire d'autres liens que ceux vus en classe?Claude Barnabe, professeur à la même institution, déplore la brièveté du contact avec les élèves (une heure de classe par semaine pour certaines compétences).Il a à peine le temps de connaître le nom de ses étudiants pendant le semestre.Qu'en est-il de la capacité à transmettre des connaissances dans ce court laps de temps?En voulant facilitera l'excès le processus d'apprentissage, fournit-on un environnement propice à l'épanouissement des facultés intellectuelles?Le peu de curiosité des élèves et leur faible propension à aller au-delà de ce qui est strictement demandé par le professeur exigent de se questionner sur les limites de l'enseignement par compétence.En excluant des programmes tout ce qui ne contribue pas à «l'agir» autonome, l'élève ne risque-t-il pas d'être mal outillé devant la nouveauté ou l'inconnu?«Au contraire, répond un professeur au cégep de Lévis-Lauzon, Denis Messier.On continue de dispenser aux élèves une base théorique, mais elle est immédiatement assimilée par la pratique.» Nos futurs gestionnaires d'entreprise agricole acquerront fort probablement une certaine compétence pour exécuter l'ensemble des tâches reliées à la bonne marche de la ferme.Mais on est en droit d'espérer plus de la formation.Rien ne remplacera l'étude et le travail des méninges pour outiller les jeunes afin qu'ils évoluent aisémeni dans un environnement changeant ei imprévisible.Le Québec est-il en mesure de faire face à la nouvelle donne d'un monde ouvert?Hervé Sirieyx, gestionnaire français respecté, professeur de management et auteur de huit livres, croit que le Québec y parviendra.Il ajoute par contre: «Je n'ai peut-être pas la bonne réponse, mais je ne pense pas que le système d'éducation soit satisfaisant.On n'a pas réalisé à quel point il est vital de maîtriser la langue, l'écriture et la lecture.On semble traiter cela comme une annexe.N'oublions pas qu'on n'a que la pensée de son langage.» ¦ ****** En Estrie Commission scolaire de Coaticook et d Collège de Sherbrooke vous offrent un cheminement continu en agriculture Diplôme d'études professionnelles Diplôme d'études collégiales Formation continue Informations: Centre régional d'initiative et de formation en agriculture (819) 849-9588 pour améliorer les compétences dans le secteur agroalimentaire Certficat en sciences et technologie des aliments, en innocuité alimentaire, et en consommation Sessions de perfectionnement sur la fonction conseil en agroalimentaire: - rôle conseil en agriculture - rôle conseil en situation de crise - approche globale en gestion agricole - vulgarisation écrite en agriculture - passer son message en agriculture Information: Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation Bureau de l'extension l MVkkSIIT.LAVAL Tél.: (418)656-5693 Télécopie: 656-7379 5*1 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS / JANVIER 1995 La recherche en direct Faillis et tunnels plastiques pour melons brodés.•• La culture des melons bénéficie de l'usage de paillis et de mini-tunnels plastiques, mais pas n'importe lesquels.Lu plasticulture permet d'obtenir de meilleurs rendements dans les cultures hâtives un de saison chaude.Différentes combinaisons de paillis et de minitunnels de plastique ont été essayées duns le concombre, le melon, le zucchini, les tomates et piments.Les mini-tunnels améliorent davantage la protection contre le froid déjà apportée par le paillis plastique.Pour connaître hs variations extrêmes de température rencontrées dans ce type d'abri, mne équipe de chercheurs du Campus Macdonald a comparé mifférentes combinaisons de mpillis/mini-tunnels de plastique Htr/a culture du melon brodé*, aeux types de paillis plastique, l'un noir et l'autre transparent, mit été testés chacun en combinaison avec deux types de mini-tunnels plastiques Iblanc et transparent).puis comparés avec un traitement témoin (sans ppillis ni tunnel), pour un total sept traitements différents.Les essais furent menés sur deux saisons de culture (1990 et 1991 ) et ont révélé que l'emploi d'une couche de plastique transparent, que ce soit comme paillis seulement ou comme tunnel, sur paillis noir ou transparent, permettait de réchauffer significa-tivement le sol.D'autre part, la combinaison paillis et tunnel transparents a apporté la meilleure protection contre le gel des plants, particu- I Les plants de melon brodé ( cv.Eortiiiold) ont été démarrés en multicellules.puis repiqués au champ à.l'ûge île 3 semaines.Les paillis et l'ir-mgation goutte à goutte furent installés aie semaine avant le repiquage.On a KStéchaque combinaison puillisltunnel mr des parcelles de 11 plantes (70 cm mtre les plantes, 2 m entre les rangs), 9' trois répétitions.Les tunnels, Mstallés immédiatement après la transplantation, étaient constitués d'un fihu plastique perforé ( 500 perforations par m i.icndu sur des arceaux d'acier de ndibre n°10.Aucune ventilation ne fui prutùpiée avant l'apparition des Ppi'inières fleurs parfaites, moment auijurl ,,n „ (dors fendu le film plas-tUjiiv.pour assurer une pollinisation M'équate.Les températures ont été Uesurées dans chaqueparéelle, à l"aide de thermocouples disposés au niveau H< sol et à 7,5 cm et 15 cm au-dessus et lu surface du sol.Sans tunnel plastique, la grêle peut être dévastatrice.lièrement au cours du printemps très frais de 1990.Côté rendement, en récoltant les 9 plants du milieu de chaque parcelle, c'est cette dernière combinaison.paillis transparent/ tunnel transparent, qui a produit les plus abondantes récoltes de melons hâtifs et de saison.en termes de nombre de fruit et de poids total: 47 fruits pesant un total de 43 kg en 1990, et 42 fruits totalisant 44 kg en 1991.Par contre, cette combinaison a donné en saison des fruits de calibre marchand parmi les plus petits: une moyenne de 917 g et de 1025 g par fruit en 1990 et 1991, respectivement.Les chercheurs attribuent ce poids inférieur au plus grand nombre de fruits obtenu, par suite d'une meilleure mise à fruits.En revanche, le paillis transparent seul a produit une bonne récolte (33 et 28 fruits, totalisant 38 et 35 kg, en 1990 et 1991 ) et des fruits de bonne grosseur: 1,14 kg et 1,28 kgpar fruit.Les trai-tements avec mini-tunnel blanc (sur paillis transparent ou noir) ont donné une bonne protection contre les gelées du printemps.Toutefois, l'amélioration du rendement apporté parle tunnel blanc ne justifie pas autant le coût additionnel de son installation comparativement à l'utilisation d'un tunnel transparent.Le paillis noir seul a permis un contrôle parfait des mauvaises herbes, mais n'a pas donné d'augmentation significative de la température du sol ou des rendements, par rapport au traitement témoin (sans paillis ni tunnel).Avec le paillis noir sous tunnel transparent, on a observé des températures de l'air parfois assez élevées au-dessus du sol, ce qui fait dire aux chercheurs (pie les températures élevées de l'air ont pu affecter les plants de façon négative; peut-être est-ce également dû au fait que la température du sol a plus d'impact sur les plantes que la température de l'air.Cette dernière combinaison a cependant produit de bons rendements marchands: 34 fruits totalisant 33 et 34 kg, en 1990 et 1991.Bien que ce traitement ait donné des fruits de calibre marchand plus petit (965 get 993 g par fruit en 1990-1991 ), il offre l'avantage d'un contrôle des mauvaises herbes sans herbicides.* Appelés à tort «cantaloup»: la veritable variété «cantalupensis» est cultivée en Europe.Source: Katrine A.Stewart et Sylvie Jenni.Département de phytotechnie.Campus Macdonald de l'université McGill, Sainte-Anne-de-Bellevue.Gouvernement du Québec Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation Upet de recherche a été financé par le Conseil des recherches en pèche et en agro-alimentaire du Québec du Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Quebec. c'est la PREMIÈRE fois QUU quitté Uj maison-mais tranquillement J Il est en train de ^—-
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