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Titre :
Le bulletin des agriculteurs /
Revue qui traite principalement de l'actualité et de l'évolution des marchés et des techniques agricoles. [...]
Publié à Montréal dès février 1916 sous le nom de Bulletin de la Société coopérative agricole des fromagers du Québec, Le Bulletin des agriculteurs est d'abord un hebdomadaire, puis un mensuel à partir de l'automne 1938. Lancée par la Société pour informer les producteurs des prix de leurs produits sur les marchés, la publication se vouera toujours à l'amélioration des techniques agricoles et de la qualité des produits.

Le Bulletin des agriculteurs prend un nouvel élan en 1921 alors que son directeur, Auguste Trudel, y attire l'agronome Joseph-Noé Ponton, des Fermiers-Unis du Québec, qui élargit la couverture de la revue pour atteindre un plus grand nombre de producteurs agricoles qui se mobilisent. La Coopérative fédérée et l'Union catholique des cultivateurs sont mises sur pied à cette époque.

Le Bulletin traite essentiellement de questions agricoles jusqu'en 1935, année où il devient un magazine familial en allouant un espace considérable aux pages féminines et aux loisirs. Les réclames publicitaires et les illustrations y sont de plus en plus nombreuses; la publicité occupera jusqu'à 56 % de l'espace rédactionnel dans les années 1960. La machinerie agricole compte pour une grande part de l'espace publicitaire, qu'elle partage avec d'autres produits, dont la motoneige.

Les pages principales du périodique sont consacrées à la présentation de l'évolution des techniques propres aux différents élevages et cultures. Comme couverture de l'environnement économique, la revue propose des profils industriels et diffuse les prix en gros en vigueur sur le marché de Montréal. Des articles sur la médecine vétérinaire, une chronique juridique et des pronostics climatiques peuvent aussi agrémenter ses pages. De 1940 à 1945, Gabrielle Roy y publie ses premiers reportages alors qu'elle sillonne les différentes régions du Québec.

L'économie domestique fait son entrée au Bulletin en 1938 avec l'arrivée de la journaliste Jeanne Grisé-Allard (pseudonyme : Alice Ber), qui sera responsable des pages féminines pendant plusieurs décennies. Elle aura le souci de teinter de modernité les articles voués à la gestion ménagère en ajoutant les dernières tendances et les innovations technologiques à la transmission du savoir-faire traditionnel canadien-français. Les femmes y trouvent des articles sur la mode et la couture ainsi que sur l'aménagement de la maison, ainsi que des recettes de cuisine accordées aux saisons. La revue présente des patrons de couture qui peuvent être commandés par la poste.

Le Bulletin des agriculteurs publie des textes de fiction de nombreux collaborateurs, dont Yves Thériault et Claude-Henri Grignon. On y trouve aussi régulièrement des bandes dessinées. Albert Chartier, auteur d'Onésime (1943-2002) et de Séraphin (1951-1970), y laisse sa marque pendant plusieurs décennies.

Le Bulletin des agriculteurs est toujours aujourd'hui un magazine à l'affût de l'actualité agricole, alors que le combat politique est plutôt mené par le journal La Terre de chez nous, organe de l'Union des producteurs agricoles.

Le tirage de la revue est passé de 2000 en 1916 à 8000 en 1918, à 13 000 en 1929, à 63 000 en 1939, à 145 000 en 1948, à 124 000 en 1975, puis à 12 000 en 2012.

BEAULIEU, André, et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, tome V, p. 170-174.

LANTEIGNE, Josette, « Le Bulletin des agriculteurs - Les deux visages du Bulletin des agriculteurs », L'Agora, vol. 8, no 4, septembre-octobre 2001, p. 28.

MATHIEU, Jocelyne, « Le Bulletin des agriculteurs » - pour vous mesdames - l'empreinte d'Alice Ber (1938-1979) », Les Cahiers des dix, no 60, 2006, p. 277-292.

Éditeur :
  • Montréal :la Société [puis] la Compagnie de publicité rurale [puis] Compagnie de publication rurale,1918-
Contenu spécifique :
dimanche 1 juillet 1945
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société coopérative agricole des fromagers de Québec
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Références

Le bulletin des agriculteurs /, 1945-07, Collections de BAnQ.

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MONTR E A L-JUILLET 1945 2 Le Bulletin des A g r i c u 11 e u r s Juillet 1945 LES BOUGIES PROPRES EPARGNENT JUSQU'A UN GALLON D'ESSENCE SUR DIX Avec la régularité de la levée du soleil, le vaste approvisionnement de lait du Canada roule chaque matin vers le marché, dans des camions de ferme et dans des camions-citernes de construction spéciale.Des milliers de laitiers et de producteurs de lait qui exploitent ces camions comptent sur les bougies AC pour la plus grande sûreté.Ils constatent aussi qu'ils épargnent de l'essence et prolongent la durée des bougies, en suivant le plan AC consistant à faire nettoyer et ajuster les bougies à feus Izz 3,000 milles.Vous pouvez accroître l'efficacité de votre auto, camion ou tracteur en observant ces mêmes règles simples.BOUGIES FAITES AU CANADA Autres lignes UNITED MOTOR SERVICE bien connues Roulement'; n htttss NEW DEPARTURE • Pompes à essence, indicateurs et vélocimètres AC • Roulements à rouleaux HYATT • Filtres à huile AC • Câble PACKARD • Freins hydrauliques DELCO • Thermostats HARRISON • Lampes GUIDE • Radiateurs HARRISON • Démarrage, éclairage, allumage DELCO-REMY • Avertisseurs KLAXON • Amortisseurs DELCO DISPONIBLES CHEZ VOTRE GROSSISTE FS4SF-AC DIVISION UNITED MOTORS SERVICE DE LA GENERAL MOTORS PRODUCTS OF CANADA, LIMITED Juillet 1945 Le Bulletin des Agriculteurs 3 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS Arthur Fontaine .président René Soulard.chef de la rédaction G.Moisan .gérant de la publicité CE MOIS" Juillet 1945 Vol.XLI No 7 ROMANS ET NOUVELLES LE PERE BOUGONNEUX .CLAUDE-HENRI GRIGNON 4 UNE VOLEUSE .GABRIEL PAYSAN 6 L'ORGUEILLEUSE .MICHELLE THERIAULT 12 LE REVEIL DU COEUR.JANE FOLK ET PIERRE LAVAUR 13 ARTICLES ET REPORTAGES LES POIS FONT PARTIE DE NOTRE PATRIMOINE J.A.P.HURTUBISE 5 LE TABAC ET SES CAPRICES .J.B.ROY 8 GERBES ET GLANURES.ABBE ARTHUR MAHEUX 15 L'INDUSTRIE AVICOLE DANS LE DELMARVA .J.DE BROIN 22 CHRONIQUES LA SANTE DES ANIMAUX .19 PRIX DU MARCHE .20 POUR LES JEUNES .54 ONESIME.57 VOTRE DOMAINE MADAME TOUJOURS SOURIRE.ALICE BER 45 PATRONS .46 MOTIF DE DECORATION CLAUDE PAYSAN 47 LES SECRETS DE LA COUTURE (18o leçon) .YVONNE CLOUTIER 48 SERVICE DE NAPPERONS .SIMONE D'ALENCON 49 COURTEPOINTE B-100.50 PLUS UN BEBE A PERDRE .DR.ADRIEN PLOUFFE 51 DES DESSERTS SANS FAÇON .BERTHE MIREPOIX 52 LE COURRIER D'ALICE BER.55 DEMANDES DE NOS ABONNES.58 LE MOIS PRO M.Rcx Desmarchais, l'auteur captivant d'un nombre déjà imposant de romans, nous reviendra au mois d'août avec sa dernière oeuvre d'imagination "Quand l'amour refleurit." Il vous racontera avec sa verve habituelle l'histoire d'un homme désespéré, ne croyant plus à la vie, se penchant de plus en plus sur le gouffre du suicide comme ces petits enfants dangereusement courbés au- dessus de la rampe d'un balcon, la moitié du corps dans le vide.Pourtant une force mystérieuse les tire soudain en arrière.C'est l'histoire d'un homme ainsi suspendu sur le vide de la mort et miraculeusement sauvé par l'amour qui tiendra l'affiche le mois prochain.?Au nombre des productions spéciales en honneur sur nos fermes o culture mixte se rencontre souvent l'élevage des animaux à fourrure.Plus de 2,000 cultivateurs québécois retirent de cette industrie des revenus intéressants.L'élevage du renard et du vison recrute un nombre imposant d'adeptes.Dans un grand reportage illustré, notre collaborateur J.-B.Roy nous fera voir, le mois prochain, les principales phases de cet élevage, son organisation, fa préparation des peaux pour le marché, la vente et l'exportation des fourrures.Nos lecteurs se rendront compte que l'élevage des animaux à fourrure n'est plus une spéculation hasardeuse, mais qu'il est définitivement orienté vers la production des pellctries de haute qualité."S'il me bat, je vais me sauver de la maison!7^ 1.Ce sont do pareilles scènes qui mettent toute une famille :\ l'envers durant des jours.J'avais laisse petit Jeun à la maison avec son père pour aller travailler à notre campagne de récupération du papier, une de nos activités de guerre dans le quartier.2.11 arriva que ce jour-là J cannot cut besoin d'un laxatif, mais il refusa obstinément le remède répugnant que mon mari voulut, l'obliger à prendre.Lorsque je rentrai, son père, en colère, menaçait de le battre et l'enfant pleurait à chaudes larmes.3."Paul", dis-jc à mon mari, "nous ne savons peut être pas ce qu'il faut faire dans un pareil cas?Appelons plutôt ta soeur Louise, qui a été garde-malade, et clic nous conseillera".Au téléphone, celle-ci s'exclama .4."Grands dieux! N'obligez pas cet 5.Nous en achetâmes une bouteille à la enfant a prendre ce remède qui lui répugne! pharmacie et petit Jean ne se fit plus prier Donnez-lui plutôt du Castoria, un laxatif une fois qu'il y eut goûté.Mon mari me fit au goût agréable, bénin mais efficace, qui remarquer qu'un autre de nos problèmes est fabriqué spécialement pour les enfants", domestiques se trouvait ainsi résolu.Comme les membres de la Faculté le savent bien, le séné—le principal ingrédient dans le Castoria—jouit d'une excellente réputation dans la littérature médicale.L'expérience a démontré que le séné produit surtout son effet dans le gros intestin, de sorte qu'il dérange rarement l'appétit ou la digestion.Bien dosé, le séné favorise l'élimination et.ne cause presque jamais de coliques ou d'irritation.CASTORIA A* lo laxatif SUR préparé spécialement pour los enfanîî a.Le Bulletin des Agriculteurs Juillet 1945 CIGARETTES SWEET CAPORAL "to forme la plus pure sous laquelle le taoac oeul être fumé" VOTRE BETAIL AIDE L'EFFORT DE GUERRE! Voire ferme e«t un (.ictcur Vital dans Pcffort tic guerre du C.in.id.ï.Voui pouu-; augmenter Ij valeur de voire bétail -nef l'aide de mute Tourteau de Lin, fameux p.u m h.itiic teneur en protéine et v.ileur nutritive.Nnu* approvisionnons votre marchand à pleine capacité de noire production twan, savez-vous que la production pois a été continuellement en baisse à partir de 1001 jusqu'à ces dernières années, alors qu'elle a re-iiii peu.Si nous regardons en «rrierc, nous nous apercevons avec étonnement que le Bas-Canada à lui seul produisait en 1861, 2.650,000 boisseaux, soit plus que le double de la quantité produite actuellement par tout le Canada.Bien que fort respectable, eu égard au chiffre d'aujourd'hui, cette production ne cessa •l'augmenter un temps, si bien qu'en 1901 elle se chiffrait par l-l.OCO.OOO de boisseaux, puis d'année en année, a partir de ce moment-là, la production tomba, à tel point qu'en 1941, Par J.A.P.HURTUBISE juste quarante ans après, c'est à peine si elle atteignait le million de boisseaux.— Mais, c'est prosqu'incompréhen-silile, mon ami.un pareil déclin.Comment expliquer cela?— Oh! tout d'abord il y a la mauvaise cuisson de certains pois, problème qui reste encore à résoudre, quoi que nous ayons fait beaucoup de reenerchos là-dessus.Cela a sans doute découragé maints et maints producteurs de pois.II y a le bruche, insecte qui n'a cessé de ravager les champs de pois et qui cause toujours de gros dégâts.On estime que dans l'Ontario, une forte diminution de l'étendue en pois est due à cet insecte néfaste.Un autre facteur qui a pu irovoquer cette baisse de production serait une loi sur les denrées alimentaires adoptée en 1001 aux Etats-Unis, qui interdisait l'usage de pois, orge et autres produits en guise de café.Il appert que la vente de café falsifié avait atteint de telles proportions chez nos voisins d'outre quarante-cinquième, que le gouvernement américain dut sévir rigoureusement.Or, il paraît que des quantités considérables de pois avaient été importées de notre pays jusque-là et il se peut fort bien que cela ait été pour quelque chose dans cette volte-face de la production canadienne des pois.Du reste, vous savez que les pois furent longtemps considérés comme l'aliment par excellence des pionniers.Dès l'arrivée des blancs au Canada on se mit à en cultiver.On rapporte que Jacques-Cartier sema des pois cur l'Ile de Montréal en 1535 et que Champlain en fit autant à Québec dès 1608.Louis Hébert à qui revient l'honneur d'avoir été le premier laboureur en Nouvelle-France en cultiva aussi.Les pionniers d'alors préféraient apporter avec eux dans leurs jongs voyages pénibles un aliment, non périssable.Avec un .sac de pois sur le dos, ils parlaient à l'aventure, là où le destin les entraînait.Ils ne pouvaient guère mieux choisir car de tous les aliments alors disponibles, il n'en est aucun qui faisait aussi admirablement leur affaire que les pois, vu qu'ils se conservaient bien, qu'ils n'exigeaient que du feu, de l'eau, du sel et du lard, auquel nos aïeux suppléaient par du gibier.Nourriture appétissante et réconfortante, les pois n'avaient pas besoin de mouture, et vous savez comme moi que dans ce temps-là, des moulanges il n'y en avait pas partout.Oui, les pois étaient vraiment un mets de pionniers et de colons, un aliment d'hommes forts et vigoureux, et voilà pourquoi sans doute il ne s'en produit pas autant de nos jours.Même, lors de la conquête de l'Angleterre par les Normands en 1006, les pois étaient la nourriture principale de ces valeureux guerriers qu'étaient vos ancêtres.Il n'en est plus ainsi, toutefois.Avec la culture intensifiée du blé, l'avènement des minoteries, la naissance et l'édification des agglomérations urbaines et suburbaines, nos bonnes gens consomment de nos jours plus de farine de blé apprêtée sous ses diverses formes, plus de légumes et de fruits verts et cuits, plus de lait et de produits laitiers, plus de viande de toutes sortes.Dans certains pays, ce n'est pas tout le monde qui peut manger des pois; prenons la Grande-Bretagne, comme exemple; la Commission britannique de l'importation des céréales n'a-t-ellc pas décrété depuis le début des présentes hostilités que les pois étaient un aliment de luxe.— Vous ne croyez donc pas qu'il y ait jamais un regain de production chez les pois, qui atteindrait des proportions pareilles à celles d'il y a tout près d'un demi-siècle?— Personnellement pas.Oh! je.n'irais pas jusqu'à dire que la production des pois n'enregistrera pas quelques augmentations intermittentes comme on en voit une actuellement, qui provient du fait que certains pays en guerre ont temporairement cessé de nous exporter des pois.Pareille situation s'est vue durant la guérie précédente alors qu'il y eut recrudes- (ti'rc la suite à la page 16) tes batteuses Forano, 4 modèles, 6 dimensions, sont bien faites, bien éprouvées et garanties.La plat petite a une capacité de 36 A 60 minots à l'heure et la plus grosse, 120 à 225.SpèdaliiéA* Par sa durée et le pea de solas qu'il requiert, le moteur à gazoline statlonnalre reprend graduellement le terrain perdu.Le Forano n'a pas d'égal et des milliers de clients satisfaits l'attestent.L'épandcur d'engrais Forano est aimé et recherché parce qu'il est tris léger (deux chevaux de pesanteur moyenne le traînent facilement), très rislstapt et ne colite pas cher d'entretien car rarement-une pièce se brise.dsL QjucdilfL Le hache-légumes Forano est monté sur roulements à rouleaux, ce qui le rend facile d'opération, sans usure.LA FONDERIE DE PLESSJSVILLE PLESSISVILLE.P.Ç.Manufacturiers des Produits -1 Fnrpnp depuis J873. C Le Bulletin des Agriculteurs Juillet 1945 Par GABRIEL PAYSAN t éi OUTES les gares de Pans desservent sa banlieue, et il y a bien îles gares à Paris.Toutefois il semble qu'il n'en soit qu'une — Saint-Lazare — quand on contemple la frénétique ruée qui, pour l'envahir, se précipite dans ses escaliers aussitôt après la sortie des bureaux, ateliers et nu'ga-sins.Et ce spectacle dure plus .Tune heure, vers le milieu du jour et le soir surtout, car bien des banlieusards se résignent à prendre en ville leur repas de midi, soit parce qu'ils demeurent trop loin, soit parce que leur temps de loisir est parcimonieusement compté.On dirait, cette ruée, l'assau'.de quelque ost moyenâgeux escaladant les remparts d'une forteresse.On dirait aussi que, là-haut, il va se distribuer de glorieuses récompenses à ceux qui parviendront les premiers au coeur de la place, tant une ardente émulation paraît animer les assaillants.Peut-être vaut-il mieux y voir un effet des moeurs sportives qui ont transformé tout homme — et beaucoup de femmes — de notre temps en de perpétuels champions pour qui tout est compétition-, match et challenge.Les autres suivent en vertu de cet esprit d'imitation qui nous rapproche plus du singe que de vagues ressemblances dans les formes.La conséquence en est que les citoyens retardés dans cette course impétueuse par la sagesse ou les infirmités subissent une bousculade assez peu excusable chez un peuple qui se pique de civilisation.On ne veut pas manquer son train, direz-vous?Mais les trains se succèdent toutes les sept minutes dans chaque direction.Ne croirait-on point qu'il n'en part qu'un, comme les paquebots, certains jour de la semaine'/ Ce n'était pas une infirmité qui ralentissait, en ce pluvieux soir d'octobre, les pas de la souple jeune fille qu'on eût pu voir gravir, sondeuse, l'escalier de la gare, côté cour de Home, si la cohue ne lui avait fait un écran.Ce n'était pas non plus la raison, car l'âge que révélaient ses traits est généralement celui des ardeurs inconsidérées.Et, les soirs précédents il eût été possible de l'apercevoir, pleine d'entrain, grimpant sans modération ces mêmes degrés et s'insinuant habilement, dans le dessein de ne heurter personne, parmi la foule aussi dense que disparate.Sur son joli visage s'étaient reflétées jusqu'alors cette animation, cette gentillesse active qui rendent inimitable la grâce d'une midinette, illuminées encore de ce contentement intime de la travailleuse qui, sa besogne quotidienne accomplie en conscience, se sent heureuse d'aller se reposer dans la paix d'une demeure familiale.Mais, aujourd'hui, si on l'eut considéré d'un peu près, on aurait sans doute fait détourner un regard voilé de larmes contenues.Franchie Quentin, sténo-dactylographe dans une maison (l'exportation, venait d'apprendre, en touchant ses appointements, que, par ordre île la direction, en raison de la crise économique, on se voyait contraint de la remercier de ses services, quelque appréciés qu'ils fussent.Une indemnité de renvoi se joignait à la paie qu'elle emportait serrée dans son petit sac.Cela ne faisait pas en tout deux mille francs, et la pauvre petite avait à envisager, en ce temps de chômage forcé, un délai de plusieurs mois peut-être avant de retrouver un emploi.Il y avait bien de quoi assombrir ses traits et mettre dans son allure comme un accablement.Certes, une telle perspective eût été plus terrible encore si Francine, comme tant de jeunes filles, avaient dû tirer de son travail de quoi se loger en même temps que vivre et aider à vivre de vieux parents, de petits trè-res et soeurs.C'était une chance qu'après la mort de son père et de sa mère — les deux deuils l'ayant frappée presque coup sur coup quand elle ne comptait qu'une douzaine d'années — c'était une chance qu'elle eût trouvé asile chez une tante, soeur de sa mère, Mme Fallavier, qui restait veuve avec un faible avoir et une modeste villa à Courbevoie.Cette digne lem-nio, qui regrettait de n'avoir point d'enfant, avait regardé l'orpheline connue elle eût fait de sa fille et.lui ayant permis d'achever son éducation dans une école commerciale, l'avait pu placer dans une bonne maison qui exigeait de ses secrétaires qu'elles connussent l'anglais et l'espagnol.Hélas! la bonne tante devait-elle prévoir qu'un jour la dureté des temps forcerait sa chère Francine à cheruner subitement ailleurs son gagne-pain ?Elle ne la mettrait pas à la porte, bien sûr, et la jeune fille n'ignorait point que le lendemain ne la saurait réduire à la misère.Tout de même sa reconnaissance envers cette généreuse parente lui faisait une obl'ga-tion morale de ne plus s'imposer à charge, quand elle savait, d'autre part, que la dévaluation du franc, avait porté un rude coup aux rentes assez modiques de la veuve.Si la jenc fille ne pouvait plus subvenir à ses besoins, sa tante devrait se résoudre à de nouveaux sacrifices, et c'est ce qui contristait par avance le noble coeur de Francine.Toute à ses sombres pensées, la dactylo traversa comme un automate le hali de la gare pour pénétrer dans une voiture de la rame électrique en partance.— Bonsoir, mademoiselle! lui dit on étant sa casquette un jeune homme, revêtu d'une correcte tenue d'ouvrier qui la tira brusquement d'elle-même.— Ah! monsieur Lardeyrol! C est vous'.' Bonsoir! répondit-elle en lui tendant la main et, malgré tout, «vec un gentil sourire aux lèvres.— Je ne vous dérange pas?demanda tout aussitôt Lardcyroi.— Pourquoi voulez-vous me déranger?— Je ne sais pas, niais vous avez l'air bien préoccupée aujourd'hui! — Si je vous disais.— Dites-moi?Vous avez quelque ennui?Sachez que je suis tout à votre service.— Merci, monsieur Lardeyrol! Je ne vous cacherai rien.Aussi bien, mon ennui est celui do pas mai de gens actuellement, et quand on a de la peine, cela fait du bien de la dire.— Mon Dieu! Quelle est donc voire peine?— Je viens d'être mise à pieds par mes patrons.La crise.le chômage.Vous vous rendez compte?— Mais c'est affreux! Comme je partage votre peine! Et vous n'avez rien en vue?— Non.Comment voulez-vous?Il y a une heure je ne savais rien.— C'est toujours comme ça! — Si on vous parlait d'une place de dactylo, pensez à moi, monsieur Lardeyrol! Je ne suis pas exigeante.— Vous pouvez y compter, mademoiselle Francine.Vous savez qu'aux Galeries, on voit bien du monde.J'en parlerai, je vous le promets.— Vous êtes tout à fait aimable.Le train était entré en gare d'As-nières où les deux voyageurs s'arrêtaient pour gagner ensuite le quar'.ici de Courbevoie où ils habitaient cil voisins.— Je voudrais tant faire qu&qw chose pour vous! ajouta le jeune homme dans un murmure, en ouvrai I la portière avec une gaucherie où révélait un peu de trouble.Sans plus rien se dire, ils avançai! ni ensemble sur le quai.Après quelques pas, Lardeyrol rompit le silence.— Il m'aurait été agréable, si me l'aviez permis, de vous accompli gner jusque chez vous, niais j'ai :'i faire rue de Bretagne, du côté .(hh: 19.1 57 48 237 12,000 16,800 25,000 M7.(hh: 12 15 22 130 es AUJOliliD'JIUI, vos pneus sont plus vieux que jamais! Aurcz-vous uno panne, un
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