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Titre :
Le bulletin des agriculteurs /
Revue qui traite principalement de l'actualité et de l'évolution des marchés et des techniques agricoles. [...]
Publié à Montréal dès février 1916 sous le nom de Bulletin de la Société coopérative agricole des fromagers du Québec, Le Bulletin des agriculteurs est d'abord un hebdomadaire, puis un mensuel à partir de l'automne 1938. Lancée par la Société pour informer les producteurs des prix de leurs produits sur les marchés, la publication se vouera toujours à l'amélioration des techniques agricoles et de la qualité des produits.

Le Bulletin des agriculteurs prend un nouvel élan en 1921 alors que son directeur, Auguste Trudel, y attire l'agronome Joseph-Noé Ponton, des Fermiers-Unis du Québec, qui élargit la couverture de la revue pour atteindre un plus grand nombre de producteurs agricoles qui se mobilisent. La Coopérative fédérée et l'Union catholique des cultivateurs sont mises sur pied à cette époque.

Le Bulletin traite essentiellement de questions agricoles jusqu'en 1935, année où il devient un magazine familial en allouant un espace considérable aux pages féminines et aux loisirs. Les réclames publicitaires et les illustrations y sont de plus en plus nombreuses; la publicité occupera jusqu'à 56 % de l'espace rédactionnel dans les années 1960. La machinerie agricole compte pour une grande part de l'espace publicitaire, qu'elle partage avec d'autres produits, dont la motoneige.

Les pages principales du périodique sont consacrées à la présentation de l'évolution des techniques propres aux différents élevages et cultures. Comme couverture de l'environnement économique, la revue propose des profils industriels et diffuse les prix en gros en vigueur sur le marché de Montréal. Des articles sur la médecine vétérinaire, une chronique juridique et des pronostics climatiques peuvent aussi agrémenter ses pages. De 1940 à 1945, Gabrielle Roy y publie ses premiers reportages alors qu'elle sillonne les différentes régions du Québec.

L'économie domestique fait son entrée au Bulletin en 1938 avec l'arrivée de la journaliste Jeanne Grisé-Allard (pseudonyme : Alice Ber), qui sera responsable des pages féminines pendant plusieurs décennies. Elle aura le souci de teinter de modernité les articles voués à la gestion ménagère en ajoutant les dernières tendances et les innovations technologiques à la transmission du savoir-faire traditionnel canadien-français. Les femmes y trouvent des articles sur la mode et la couture ainsi que sur l'aménagement de la maison, ainsi que des recettes de cuisine accordées aux saisons. La revue présente des patrons de couture qui peuvent être commandés par la poste.

Le Bulletin des agriculteurs publie des textes de fiction de nombreux collaborateurs, dont Yves Thériault et Claude-Henri Grignon. On y trouve aussi régulièrement des bandes dessinées. Albert Chartier, auteur d'Onésime (1943-2002) et de Séraphin (1951-1970), y laisse sa marque pendant plusieurs décennies.

Le Bulletin des agriculteurs est toujours aujourd'hui un magazine à l'affût de l'actualité agricole, alors que le combat politique est plutôt mené par le journal La Terre de chez nous, organe de l'Union des producteurs agricoles.

Le tirage de la revue est passé de 2000 en 1916 à 8000 en 1918, à 13 000 en 1929, à 63 000 en 1939, à 145 000 en 1948, à 124 000 en 1975, puis à 12 000 en 2012.

BEAULIEU, André, et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, tome V, p. 170-174.

LANTEIGNE, Josette, « Le Bulletin des agriculteurs - Les deux visages du Bulletin des agriculteurs », L'Agora, vol. 8, no 4, septembre-octobre 2001, p. 28.

MATHIEU, Jocelyne, « Le Bulletin des agriculteurs » - pour vous mesdames - l'empreinte d'Alice Ber (1938-1979) », Les Cahiers des dix, no 60, 2006, p. 277-292.

Éditeur :
  • Montréal :la Société [puis] la Compagnie de publicité rurale [puis] Compagnie de publication rurale,1918-
Contenu spécifique :
samedi 1 juillet 1944
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société coopérative agricole des fromagers de Québec
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Références

Le bulletin des agriculteurs /, 1944-07, Collections de BAnQ.

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MONTR E A L~J UILLET 1944 1 Le Bulletin des Agriculteurs Juillet 1944 SUIVANT FN VITFSSF l'arrière-garde de nos armées victorieuses, des camions à tourets dévident, tout en roulant, leurs fils téléphoniques.Aux carrefours, les lignards descendent et, selon les besoins de l'heure, plantent les poteaux porte-lignes ou enfouissent les câbles sous la chaussée.Bientôt, tout un réseau de communications apportent au quartier général les rapports du front de bataille et transmettent aux divers corps de troupes les ordres de l'état-major.• • ¦ • « Au Canada, une tempête abat les poteaux téléphoniques.D'innombrables conversations d'une importance vitale sont brusquement interrompues.Mais, en quelques minutes, un camion de "service" est sur les lieux des dégâts, les fils sont raccordés, et les mille voix d'un grand État belligérant se font entendre d'une ville, d'une province, d'un littoral à l'autre.FORD MOTOR COMPANY Des milliers de camions Ford sont au nombre des véhicules qui, dans notre Dominion et toutes les autres parties du monde, servent les Nations alliées.Robuste et sûr, le moteur qui les actionne est l'admirable V-8 Ford.Depuis de longues années, la Sté Ford remanie et perfectionne ce chef-d'œuvre de ses mécaniciens.Aujourd'hui, son irréprochable fonctionnement établit de nouveaux records.Ft son caractère économique le met particulièrement en vedette, car si consommation d'huile et d'essence—de cette essence maintenant si précieuse!—est remarquablement modérée.OF CANADA.LIMITED.DE TOUTES LES SOCIETES DE FABRICATION DE VEHICULES MILITAIRES, DANS L'EMPIRE BRITANNIQUE, LA STE FORD EST LA PLUS IMPORTANTE, Juillet 1944 Le Bulletin des Agriculteurs CE MOIS-CI ?•• Juillet 1944 Vol.XL No 7 ROMANS ET NOUVELLES LE PERE BOUGONNEUX .CLAUDE-HENRI GRIGNON 6 LA COUPE .RODOLPHE GIRARD 8 L'HERITAGE DE MLLE ANGELINE .JEANNE ALLARD 9 MLLE DE LA TOUR-MAUDITE (1116 Partie) .G.DE BOISSEBLE 10 ARTICLES LA COLONISATION DANS QUEBEC .EUGENE L'HEUREUX 7 UNE VISITE A LA FERME G.MARCOTTE .FRANÇOIS FLEURY 11 ARTS ET METIERS FEMININS .ALICE BER 12 LA PREPARATION DU LIN A FILASSE .E.L.RAYNAULD 13 AVICULTURE D'APRES GUERRE .J.BTE.ROY 15 LA FABRICATION DU CABLE .P.E.ROY 18 NOS PRODUCTIONS ANIMALES .J.R.PROULX 21 CHRONIQUES RESUME ET CONCLUSIONS .J.BTE ROY 4 A TOI, MON CHER HABITANT .ABBE ARTHUR MAHEUX 5 A TOUS LES COLONS .22 LA SANTE DES ANIMAUX .27 PRIX DU MARCHE .29 VOTRE DOMAINE, MADAME LES GRANDS DEPARTS .ALICE BER 47 TROUSSEAU DE PENSIONNAIRE .49 LES SECRETS DE LA COUTURE (sixième leçon) .YVONNE CLOUTIER 50 BAVETTE DE LIN BIS .SIMONNE D'ALENÇON 52 MANTEAU DE DEMI-SAISON .CLAUDE PAYSAN 53 TROP DE PREJUGES .DR ADRIEN PLOUFFE 54 POUR VOTRE CHEVELURE .LISE PRINTEMPS 55 VOICI REVENUS LES FRUITS ECLATANTS .BERTHE MIREPOIX 56 POUR LES JEUNES .58 ONESIME .ALBERT CHARTIER 59 LE COURRIER D'ALICE BER .60 DEMANDES DE NOS ABONNES .62 LE MOIS PR Nous commencerons la publication de "M 25", roman inédit de Pierre Hartcx, oeuvre promise à un grand succès.Ce roman que marque un cachet d'actualité brûlante, raconte l'odyssée de soldats canadiens-français de la 8c Armée dans la présente campagne d'Italie.Au récit vivant de batailles, s'ajoute, non seulement l'intérêt d'une belle histoire d'amour et de palpitantes aventures d'espionnage, mais aussi l'étude d'un cas psychologique fort curieux, ainsi que la peinture de héros hors de l'ordinaire.L'auteur, bien connu du monde littéraire et qui signe Pierre Hartcx ses oeuvres d'imagination, a réservé la primeur de son nouvel ouvrage à nos lecteurs.?L'auteur de "La conquête de Germaine" vous reviendra en août avec un autre roman d'amour qu'il a coiffé du titre "Un coeur aimant".Pierre Benoit nous apporte toujours des oeuvres pleines de chaleur et d'intrigues tout humaines.?* ?Le prochain chapitre des "Secrets de la Couture" portera sur le thème essentiel des mesures; Mlle Yvonne Clouticr révéîera aux lectrices le secret de prendre correctement leurs mesures afin de commander un potron bien à leur taille, et de savoir ensuite comment faire les rectifications nécessaires, et les modifications désirées.Ce chapitre comportera un tableau que nos lectrices pourront conserver.?Wilfrid Lesagc apporte une étude très profonde sur la question si controversée du prix minimum pour les produits de la ferme.Sans proposer une solution au problème il démontre sa complexité.?Do"s "La découverte du DDT" J.R.Proiilx exposera les propriétés de ce puissant insecticide synthétique pour la protection du bétail.te Vous traitez ce bébé comme plante de serre-chaude !" 1.Ce n'était pas la première fois que ma voisine, Mme Larose, insinuait que je gâtais mon bébé .mais lorsqu'elle parla «le "plante de serre-chaude", je cms le moment venu de remettre les choses au point.surtout lorsqu'elle mentionna les choses "spéciales" que j'achète pour l'enfant ."jusqu'à un laxatif spécial, dit-elle."C'est le comble!" 2."Certainement que je prends grand soin de ma fillette! répondis-jc."Et pourquoi pas ?Il faut des choses et des soins spéciaux aux bébés.C'est mon docteur qui dit qu'il ne faut pas les traiter comme des adultes.C'est pourquoi j'emploie un laxatif spécial".3.Mme Larose voulut m'interrompre, mais je continuai: "Tout le monde sait que l'organisme d'un bébé est délicat et peut être aisément dérangé—c'est d'ailleurs le simple bon sens.Un laxatif pour adultes sciait trop violent".4."l'eu après la naissance de Gisèle", continuai-jc, j'appris que le Castoria est un laxatif préparé spécialement pour les petits.11 est sur, bénin mais efficace — et il ne dérange jamais l'estomac délicat des bébés." 5."Mon pharmacien aussi recommande le Castoria.Il ic dit idéal pour tout les enfants, jusqu'à l'âge de 10 ans.11 a de plus le grand avantage d'être agréable au goût.11 me conseille d'acheter la grosse bouteille de famille parce qu'elle est plus économique".èéJ PL ( 11 6.Et comme ce jour-là Gisèle avait justement besoin de laxatif, je lui donnai son Castoria devant Mme Larose.Vous auriez dû voir la binette de ma voisine lorsqu'elle vit l'enfant avaler goulûment le laxatif! "C'est vrai qu'elle en aime le goût! dit-elle."Il doit être bon!" CASTORIA A Lo l.-.«atif SUR prcparo* opeciolomont pour lea cnf.inta Comme lo savont bien les membres do la faculté, le séné, le principal ingrédient dans le Castoria, jouit d'une excellente réputation dans la littérature médicale.L'expérience n démontré que le séné, faisant effet principalement dans le gros intestin, dérange rarement l'appétit ou la digestion.Bien dosé, le séné favorise l'éli-mination et n'occasionne presque jamais d'irritation ou de coliques.M Le Bulletin des Agriculteurs ' DES SOCIETES D'AGRICULTURE Juillet 1944 Voici un moyen d'accroître les Il importe de maintenir une température égale dans vos bâtisses de ferme si vous voulezobtenir de vos troupeaux le maximum de production — plus de porcs, plus de lait de vos vacbes, plus d'oeufs de vos poules et plus de poussins.Et en augmentant votre production, vous augmenterez naturellement vos pro fits.Ten/Test, la planche isolante rigide, est l'article par excellence en construction pour protéger les bâtisses de ferme contre les températures inégales .contre le froid et l'humidité.Elle se pose aisément et rapidement dans les vieilles comme dans les nouvelles bâtisses .elle renforcie, reste bien en place .et est très économique.Les températures inégales «cwt un dinner confiant pour !ci porcs, depuis la mise lus jusqu'au moment de la vente.Tbn/TmT a.v.urc l'égalité de la température .garde la chaleur à l'intérieur ce le froid à l'extérieur.Les riches donnent plus de lait quand l'établc est chaudeet sèche.Tbn/Tbst assure une température égale et confortable et, ' par conséquent, une production de lait supérieure et plus profitable.J7 .çjl.Tkn/Tkst proièçc les poussins dans lesélcvcnses contre les changements subits de température .accroît la production des oeufsen gardant les poule i bien au sec dans le poulailler.LA PLANCHE ISOLANTE I ECRIVEZ IMMEDIATEMENT! [ GRATIS! Echantillons de Tkm/Tust "à triple fin" et nouvelle brochurctte | traitant des usages deTen/Tiot sur la ferme intitulée "Des bâtisses salubrel I contribuent a la sauté des troupeaux".Ecrivez, au Directeur du service des bâtisses de ferme, D-206 International fibre Board Limited, Gat ineau, P.Q.j Ecrivez vos nom _c adresse lisiblement.I I NOM.- ( ! ADRESSE.PROV.i Lorsque vous écrivez aux annonceurs, veuillez menfionner Le Bulletin des Agriculteurs LE BULLETIN DES AGRICULTEURS Fondé en 1918 UN MAGAZINE MENSUEL publié pour loi familial rurales.I.u Compagnie de Publication Rurale Inc.déliant des droits reserves but le llullctin des AcriculUtint.O- droits rc«crv.—.ROB O L ¦(Oïl 1**1 |i A RESULTAT .DEMAIN 7AÀTIN 2 5 (f.la boite ^ PHOTOGRAVURE NATIONAL LIMITEE QÔ2 RUE ONTARIO OUEST PHtS BLCURV MONTRCAl 8 Le Bulletin des Agriculteurs Juillet 1944 DMIS au barreau depuis up an, Maurice Martel, séduisant comme un jeune dieu blond, talentueux, bien-disunt, tablait sur l'avenir.Mais, en attendant, il vivait au jour le jour, et s'imposait des sacrifices pour tenir le coup et faire bonne figure.Et il aimait Inès, autre complication.Le sort, qui met trop souvent son nez où il n'a pas affaire, avait placé sur le chemin de la jeune fille Cari Normand, un oisif menant grand train.Charpenté en colosse, ses traits ir-réguliers étaient corrigés P:ir des yeux très doux et attirants dans les moments d'abandon, mais avec des reflets d'acier quand il maniait le sarcasme, poussé parfois jusqu'au cynisme.On provoquait et l'on redoutait ses reparties.Gentleman, charmeur, lui aussi était épris d'Inès.Bien que rivaux irréductibles, tous deux étaient une paire d'amis s'esti-nîant profondément.Inès Daveluy, belle grande rousse aux prunelles de lapislazuli, femme jusque dans la pointe de ses ongles roses, se sentait prise entre l'un et l'autre comme dans un étau qui lui serrait le coeur, mais non sans charme pour elle.Nature ondoyante et sensitive, cette rivalité de Maurice et de Cari la flattait, la grisait.Sincère dans le tréfonds de son âme, entraînée dans les deux sens, elle n'osau pas s'acculer au pied du mur pour analyser froidement les sentiments qui l'animaient.Subjuguée par cette impasse fascinatrice, elle fermait les yeux de peur de voir clair, et se laissait aimer.* * * Sur le terrain de golf de Strath-niore, au début de la guerre.Cà et là des joueurs, dont les vêtements de sport aux couleurs éclatantes tranchent sur l'azur du ciel et le vert du parcours gazonné, se meuvent par groupes de deux ou de quatre.Parfois, la brise agite mollement les petits drapeaux des pelouses d'arrivée.Maurice, frappant un coup de crosse bien appliqué, qui claqua LA COUPE Par RODOLPHE GIRARD comme une fouet, chassa sa balle loin sur le fairway, dans le voisinage de celle d'Inès.Tous deux, se tenant par la main, tels des enfants heureux, se dirigèrent en ce sens à longues enjambées.Au point de départ suivant ils s'attardèrent sur le banc où ils s'étaient assis.Un couple passa près d'eux.Maurice, le suivit du regard, puis rompant le silence: —Ce Dubuc est un veinard.Je l'envie.— Et pourquoi, fit la jeune fille, feignant de ne pas comprendre.—Avec ça que vous ne le savez pas aussi bien que moi.Fiancé à une personne charmante, le mariage sous peu.et.Inès, pressentant la suite de ce sujet dangereux pour elle, voulut lui donner un autre tour: —Quel temps délicieux! Il fait bon do vivre parfois.Cependant, en prononçant ces paroles anodines, elle regardait droit devant elle.Maurice la força délicatement à le regarder.—Chérie, encore un faux-fuyant.Faut-il vous le répéter pour la millième fois que je vous aime, que mon suprême désir.Inès lui mit un doigt sur les lèvres: —Chut! murmura-t-cllc à son oreille.Cependant, elle eut un grand sourire heureux, et appuya sur l'épaule du jeune homme sa belle tête encadrée de l'opulente chevelure fauve, à laquelle le soleil attachait des plaques d'or.—.Te sais que j'ai peu à vous offrir, continua Maurice, mais, s'il le faut, je ferai des miracles.—Mon très cher, je crois à la sincérité et la profondeur de votre amour.Et c'est cela mémo qui m'attire et m'effraie un peu.Vous méritez tellement le bonheur que je n'ose encore me prononcer.Vous ne doutez point de mon immense affection pour vous, pour ne pas dire davantage, mais attendons, voulez-vous.Il eut un mouvement d'humeur: —Attendre, attendre toujours.De ce train, l'argent aura remplacé l'or roux de vos cheveux, et vous demanderez encore d'attendre.Les prunelles aux longs cils d'Inès se voilèrent, mais elle ne dit mot.Des joueurs s'en venaient de leur coté.Elle en profita pour rompre un silence pénible.—Allons, fit-elle, nous avons encore cinq trous à compléter, et l'heure avance.Elle se dressa sur ses hautes jambes en fuseaux et gagna le tee, suivie de Maurice.* ?* Huit jours plus tard, Cari, à l'occasion de l'anniversaire de naissance dTnès, l'invitait à souper dans un café à la mode, où il avait réservé une table isolée, le plus loin possible de la cohue.Le repas termine, ils dansèrent, puis regagnèrent leurs places.C'est alors que, entre deux cigarettes, Cari sortit de son gousset deux minuscules étuis qu'il ouvrit discrètement.Inès, les lèvres entr'ouvertes, sous le coup de la surprise et de l'émotion, aperçut un solitaire de belle eau et des boucles d'oreille, deux perles de prix au chatoiement irisé.—Que c'est magnifique! s'cxcla-ma-t-elle.—Je vous prie de choisir, dit Cari, non sans une certaine anxiété.Choisir.Elle comprit.Il y avait tout un monde dans ce seul mot.C'était engager sa vie dans un sens ou l'autre.Longtemps elle hésita, regardant sans les voir maintenant les bijoux qui miroitaient entre ses doigts, comme hypnotisée par une pensée unique: l'avenir.Cari, de son côté, si calme d'habitude, semblait troublé, les yeux rivés sur elle.C'est que ce choix lui donnerait pour toujours la femme qu'il désirait, ou la lui refuserait.Enfin, Inès, revenant de très loin, tendit la bague d'une main mal assurée.—Je suis navrée, mon très cher Cari, mais vous dire que je vous aime au point de vous épouser maintenant serait mentir.Plus tard, peut-être.Dites que vous ne m'en voulez pas?Il s'était ressaisi, ne laissant rien voir du choc qu'il avait subi.Et, ne répondant pas directement à l'interrogation d'Inès, c'est avec un sourire aux lèvres qu'il demanda: ¦—Les boucles d'oreille vous plaisent-elles?— Elles sont admirables.—A la bonne heure alors.Permettez-moi de vous les offrir.Elles embelliront, si possible, les plus jolies petites oreilles que je connaisse.Et maintenant, à votre joie.Choquant sa coupe contre celle d'Inès, il ajouta: —Je souhaite que vos vingt ans s'éternisent dans tout leur éclat.Réellement émue, clic saisit la main de Cari, et y déposa ses lèvres chaudes.Le lendemain.Cari en pénétrant dans le fumoir de son cercle y aperçut Maurice seul dans un coin.Sur un guéridon un verre à demi-vide.Les yeux au plafond, il paraissait indifférent au va-et-vient des membres.Cari le regarda quelques instants, puis s'approchant lui tendit la main: —Bonsoir, vieux.A penny for your thoughts.—Ne fais donc pas le malin, grommela Maurice.Tu ne le sais que trop bien, malheureusement.Assieds-toi.Une consommation?—Volontiers.Un wiski-soda.Maurice sonna.—Un wiski-soda et un cognac, com-manda-t-il au garçon.Cari appesantit sur son ami un regard qui semblait vriller les parois les plus secrètes de son âme.Puis, avec un sourire de Joconde arquant ses lèvres barrées d'une fine moustache noire: —Inès?L'autre répondit d'une voix atone, comme dans un écho.—Inès.Et, avec un rire amer, il ajouta: —Oui, Inès, le beau sphinx.Le garçon, qui rentrait avec les consommations, suspendit la conversation.Cari leva son verre: -—A ton succès.—Au tien.Un moment de silence un peu gênant, puis Cari commença en pesant sur les mots: —Tu l'aimes autant que moi, je n'en doute point.Pourrait-il en être autrement?11 m'arrive parfois de songer que je te voudrais moins loyal à mon égard, car je pourrais alors chercher le défaut de ta cuirasse et en faire mon profit.Nous sommes Juillet 1944 Le Bulletin des Agriculteurs 9 tes S.OUS les passants regardent le bel auto qui vient de s'arrêter devant la modeste boutique de la rue Saint-Ùrbain, portant encore l'enseigne: Chez Angéline.La place est abandonnée.Un autre petit commerce remplacera sans doute demain l'étalage de chapeaux que l'on veit depuis plus de vingt-cinq ans derrière cette vitre de quatre pieds par six.L'affiche de carton portant les mots conventionnels "A louer" est placée entre la vitre déjà poussiéreuse, et la toile verte passablement iaunie qui protégeait des caresses trop ardentes du soleil, les couvre-chefs fleuris, enrubannés, ornés de plumes ou de fourrures, suivant la mode et les saisons.On ne voit pas souvent pareille voiture avec chauffeur en livrée dans '•> s Les moulées et les sacs Quaker et Ful-O-Pep ont été temporairement (haiiget pour se conformer aux règlements iiu gouvernement en temps Je nuerre.La fabrication du câble Par P.E.ROY MM E câble tic manille ou le sisal, habituellement employé sur la ferme, est ordinairement fabriqué par des industries spécialisées.A l'aide de corde à lieuse et d'un petit appareil très simple, il est toutefois facile de tourner son propre câble, chez soi, pour les besoins les plus urgents.On pourra remplacer ainsi, en moins d'un quart d'heure, un bout de câble de "grande fourche," un licou cassé, un cordeau brisé et que sais-je encore.On aura en outre évité la perte d'une demie or.d'une journée d'ouvrage, autrement employée à courir au village.Les plans no 1, 2 et 3 d'une circulaire de la division du drainage et crochet-manivelle aient bien la même forme et les mêmes dimensions.Soins à donner au câble 1—Eviter les noeuds.Un câble ni'uf a souvent tendance à produire des noeuds; on attribue ce défaut à un mauvais équilibre des torsions contraires des fibres, brins et torons.On corrige cette tendance d'un court câble, en l'attachant à une solive par exemple et en suspendant, pour quelque temps, un poids au bout.Un câble plus long pourra être traîné sur un gazon ou dans un pâturage pour permettre à l'extrémité libre de se détordre à volonté.2—Enroulement d'un câble.Un câble doit toujours être enroulé à de la mécanique du ministère de l'agriculture illustrent trois appareils différents' souvent employés pour tourner du câble sur la ferme.Un homme relativement adroit peut aisément s'en construire un pourvu qu'il donne une attention toute particulière aux points suivants: 1—Qu'il emploie des vis et non des clous pour assembler les diverses pièces.2—Que les trous où passent les crochets et le crochet-manivelle, dans le bâti de l'appareil, soient soigneusement et rigoureusement percés à la même distance que ceux du bras A.3—Que les U des crochets et du droite dans le sens des aiguilles d'une montre et déroulé à gauche.Ceci peut se faire sur un plancher ou encore autour de la main et du coude.Si donc un ballot de câble est placé pour se dérouler à droite on le retournera pour obtenir le contraire.3—Conserver le câble sec.Le câble doit être entreposé dans un endroit sec, relativement froid et hier, ventilé.Exposé au soleil, il perd de sa force de résistance.Aussi conseille-t-on de le huiler de temps à autre, en appliquant une huile de bonne qualité en quantité ne dépassant pas le pouvoir d'absorption des fibres.Une humidité excessive est forcément The Quaker Oats Company OF CANADA LIMITED Fabricants des nourr/'rores Quaker et Ful-O-Pep pour lé bétail et la volaille PETERBOROUGH, ONT.SASKATOON, SASK. Juillet 1944 Le Bulletin des Agriculteurs dommageable et l'eau fait pourrir le cable.On doit donc assécher tout câble mouillé avant de l'utiliser.4—Soins généraux.Toute traction à l'aide d'un câble doit se faire de manière uniforme et sans contrecoup.Il faut aussi naturellement éviter de le frotter sur des surfaces coupantes ou aiguës.Un coussin quelconque doit donc protéger le point d'attache d'un câble à certains instruments aratoires ou autres.Rappelons enfin que dans les ensembles poulie et câble, la pou'ic doit avoir au moins huit fois le diamètre du câble qu'on utilise.Le blé-dinde hybride Par FLORIAN CHAMPAGNE 0 N entend encore dire que la culture du blé-d'inde à ensilage ne convient pas à la région du Bas de Québec, parce que trop froide.Cette affirmation, tout en gardant une bonne part de vérité, est moins vraie depuis l'apparition du blé-d'Indc hybride.Le blé d'Inde hybride a une origine purement scientifique.Il est le résultat des efforts de nombreux chercheurs tant des universités agricoles que des Stations Expérimentales pour fournir aux différentes réglons le type de maïs qui leur convient.11 est le résultat de croisements entre variétés.Les deux variétés qui doivent servir à former l'hybride sont judicieusement choisies au point de vue de leurs qualités.Dans le cas qui nous intéresse, ce sera un bon rendement en tiges, feuilles et épis, et l'aptitude à fournir une bonne récolte dans environ 100 jours de végétation.Pour fixer ces qualités, on multiplie île façon consanguine pendant plusieurs années, les variétés devant servir au croisement.Ces croisements entre variétés donnent un blé-d'Inde que l'on appelle hybride.Le but que les chercheurs ont en vue dans la production du blé-d'Inde hybride, c'est d'associer, de grouper dans un même individu, les qualités propres à plusieurs variétés.L'hybride Algonquin recommandé pour la région provient d'un croisement entre le Québec No -28- et le Wisconsin No -7-.Il est aussi hâtif que le Québec No -28- et d'un rendement pas très inférieur au Wisconsin No -7-, En général, ces hybrides donnent plus de rendements que les variétés dont ils proviennent, ils sont plus vigoureux, s'enracinent plus profondément dans le sol et résistent mieux aux conditions adverses du climat.Tous les hybrides ne sont pas nécessairement de qualité supérieure.Il faut apporter autant de soin au choix d'un hybride qu'au choix d'une variété.Ces hybrides sont "presque faits sur commande", c'est-à-dire qu'ils peuvent bien venir dans certains districts et ne pas convenir du tout à d'autres.Donc, quand vous ensemencez du blé-d'Inde, que ce soit pour l'ensilage, ou comme fourrage supplémentaire destiné à parer à la pénurie d'herbe qui se fait sentir en été, nous vous recommandons d'ensemencer le ble-d'Inde hybride Algonquin.Il est plus hâtif que les autres variétés du commerce; son rendement est plus élevé, il produit plus d'épis, ce qui augmente sa valeur alimentaire.A cause des dépenses supplémentaires qu'occasionne sa production, le coût du minot de la semence d'hybride est toujours plus élevé.Cependant, le taux de semis est bien inférieur.Si vous ensemencez de l'hybride, pour fin d'ensilage, 12 à 15 lbs.à l'arpent suffiront.Ceux qui ne font qu'un arpent de blé d'Inde comme fourrage vert, feront bien de l'ensemencer au taux de 15 à 18 lbs.à l'arpent afin que les tiges ne viennent pas trop grosses.Si le choix de la semence est important dans la culture du blé-d'Inde le choix du sol et les bonnes façons cultu raies ne le sont pas moins.A TOI, MON CHER HABITANT (lire ici la suite de la page 5) ronds, dont bénéficiera toute la province de Québec, chacun des habitants du Québec, et toi aussi, mon cher Habitant.Cela n'est qu'un couronnement.L'hiver prochain, d'autres fils d'habitants voudront se prévaloir des mêmes avantages.Et l'année suivante aussi.Dans quelques années notre province pourra produire chez elle toutes les patates de semence dont elle a besoin; son argent, au lieu d'aller au-dehors, restera chez elle, au bénéfice de ses habitants.N'est-ce pas là, cher Habitant, une belle merveille de la Science?Tu vois là comment la Science agit.Et c'est précisément cela que je veux te faire voir.Transporte cette merveille dans d'autres domaines, maintenant.Suppose que ton fils, que toi-même, vous fassiez, pour d'autres cultures, ce qu'on vient de faire pour la patate lie semence: aussitôt l'argent augmente dans les portefeuilles, dans le bas de laine, dans les Caisses populaires.C'est toute la province qui devient plus riche et plus prospère.En effet, il ne suffira pas de pro- duire dans le Québec les patates de semence qu'il faut au Québec.Il faudra aller plus loin, produire plus qu'il ne faut, afin d'en vendre ailleurs: autre source de revenus.C'est une petite source; tu diras?Bien sûr, elle est petite, mais les plus grandes rivières commencent et continuent par l'apport des petites sources; cela tu le sais bien.Ta terre elle-même est une petite source de produits agricoles; mais chacune des terres fait sa part, nourrit son monde, nourrit les gens de ville, et même une partie du monde qui vit plus loin.Cher Habitant, mets donc ton ambition à acquérir plus de science.Fntalement la science se change en argent, et surtout en satisfactions d'ordre supérieur.Ne te laisse pas rebuter par les difficultés.Ecoute, à la radio, les programmes agricoles; demande au gsuvernement les brochures publiées; interroge ton agronome; observe les habitants qui réussissent.Regarde, lis, écoute, demande conseil, enrichis le trésor de tes connaissances.Tout cela te sera profitable.Et pousse tes enfants à s'instruire.Fais-les lire et étudier.Encourage-les à se perfectionner.L'avenir de l'agriculture est beau.Il sera bien plus beau si la Science s'em mêle, et c'est seulement par toi, mon cher Habitant, qu'elle peut s'en mêler: A l'oeuvre donc, à l'étude! Photo—CoMfto»y Molsoy-Hcrrit Co.(Id.C'EST VOTRE MEILLEUR ACHAT DE COURROIES )E PUISSANCE À VOS POULIES — La COURROIE à BATTEUSE "RED RIBBON" et la Courroie à Hachoir "HAMMERMILL" GUTTA PERCHA • LA prochaine fois que vous aurez besoin de remplacer des courroies pour votre machinerie de ferme, demandez au plus proche marchand Gutta Percha de vous parler de la Courroie à Batteuse "Red Ribbon" et de la Courroie à Hachoir "Hammcrmill".Ces deux courroies Gutta Percha ont été conçues spécialement pour affronter et surmonter les dures conditions de l'usage extérieur.Elles se courberont facilement autour des petites poulies, cueilleront sans effort de lourdes charges", s'agripperont à vos poulies fermement et sans déraper, et vous donneront des années de services exempts d'ennuis et à faible coût.ÛllAAl flO ^ GUTTA PERCHA UN BOYAU POUR CHAQUE TRAVAIL DE FERME UN PNEU SYNTHETIQUE AUSSI BON QUE LA SCIENCE MODERNE LE PEUT PRODUIRE GUTTA PERCHA & RUBBER, Limited Les plus grands fabricants essentiellement canadiens de produits de caoutchouc i,c Bulletin acs Agriculteurs J ml let 1944 LA VICTOIRE EST NOTRE AFFAIRE I H» 1 La bataille de production — nous la livrons ensemble m Combien de gens s'imaginaient, il y a moins de cinq ans—que les fermes et les usines seraient appelées à produire beaucoup plus que jamais?Combien y en avait-il qui pouvaient soupçonner une raison même d'y penser?lui effet, combien de personnes avaient alors lieu de croire que le Canada entrerait en guerre?Mais la guerre est arrivée.Et nous n'avons pas eu le temps de songer comment nous allions nous'acquitter des écrasantes responsabilités qu'elle nous inposait.Il fallut nous mettre à la tâche sans un moment d'hésitation.Deux des plus grandes industries du Canada —agricole et manufacturière — relèvent vaillamment le défi.A l'exemple de nos pères, nous triomphons à force de travail, de sueur et de détermination.Nous avons du travail par-dessus la tête— vous, les producteurs de vivres, et nous, les producteurs de canons, d'avions, de véhicules militaires et d'autre matériel pour nos combattants.Nous avons tous un devoir sacré à remplir à l'égard de nos fds qui se battent là-bas pour nous.Et nous sommes égaie-__ ment déterminés de voira ce cn.t Pratic.Gatton St.Laurent, llctman St.Michel.Jean Paul leaner.George 5««er.Mutual .Wen.Rolland W.Do talc ( hapot.Kulai ( hatrloii.Alude t omtoil.Marnai ()• rri"c/n r.» , Ititland 1 H \< >r.I'.t ii m I ilieau, Andre Gratel.RoiDCO Gravtl, All-rnno Henri.I .: I.ainapclle.Jem Paul Lejtrm.Maurice Nareau.Paul Lanilf Prutcnchcr.Kniicr Prim, Alfred Patent.Hector Hot, Maurice * Gatton H- iifn umf, Armand llibaud.Hrnrt ' uniiim Maurice Duiron, I mitien Gauthier.Kuland Gauthier, Albert Houle.Andre 1 nlin, l.oiirn Triiicr, Gattan i > 1 ¦ -.Alplinnte Duhnit.Gerard GoftfCf, l.eupotd Nareau, Rene Hclander.Andre Gaudrrau.Napolcoo 'iuvrard.Rnaer I i'f im ' .' .( i main Varieur, Arthur Attctin, l.uncn II - .1 'l Til.{ .Muurrttie.George i ( atiixiKuar.Lionel Du.al.Ilrnri, Jr Du*si.Noel Tare.Llord A.Hon.Donald M.Hernter.G.II.Nun*.G.K.Sanlord, G.G.Nimpton.Un an Urn.Da.id Urown.'A G.Murray.Donald Alnwick.Laurie Armttronjr.It.O.l'ircui.iiv A.1 Smale, John M.Smith, Duncan M a.I rin.< Vf.McNiten.Jim Cr an Held.J.6.Kiichie, F.N.Marker.II.T.Charteatvorth.J.ft.Mar.Hector Pullam.John Niton.George DnictVJ.K.Croll.D.E.NeUon.R.CJ.r.:.r Howard Itcvcridjce.Howard Lauder, Gordoa Grimthaw, F.Pratt.Frank J.Fiih.J.G., Simpion.w, II.Jf.m umeniit.Charlci Gelinat, Gur )i -, ¦ - J.Mane Lalrance, Jean Paul LCgcOfi Kuier Land E*ant.Edwird Gauthier, Henri 11 Alfred Kenhaw.Ilrrbcrt Lafontaanc Jean-Paul Lawrence.John Itiii'Tr, Gerard lKii.li.Lomcr Lemaire.Marcel Lrpacc, Philippe Morte.I'uccnc Perron, Lucien TaHor, Letlie Malk-tre, ErneM Mi.111 mi.Sarto Petit, Paul Gcr*aii.Lucien Coulamne, (rerard lliianti.Paul Kochele-au.Holland llean.Gerard lluulet.A Jt l if.! (Jouticr, Albert Dube.Rolland I MM Malta Lro Foucault.v> Gajcnon.Pa«J Goujceon.Lrneu Graitnn.je*n I .Holland Matte.Norbert Kochcleau, Kumcu Sckuio.Gerard i i > i.i:.Gcorw .Sheldon.G.Vt'.William».T.Walton.W.W.Cappaui.A.Cipparri, P.Il'i/in.cr.M.Gaudrrau.J.Hunubite.G.Leblanc.F.Lrblund.G.Routteau, K.Vrrncr.Lucien McLean.W .11.am fllain.Rene t-atixne, Percy Sotr.td*.r Cardin.Onil* I berriault.Leo (Manger, Gerard M.IIcr.)ohn Sarcr.S.J.Perry.AU red Kuddr.A.Matthrwi.R.J.Dater.Hen Daniel».William Simple, Ken II m.hi.II.Kodriuue, CanWltc Haworth, John Pelletier.Alcide Ronaldi, Loui» lioit*cn.Laurent Leitard.Kotaire Thibault.Franco»» Lrclcrc.Paul E.Dion.Paul Plante.Ronald Mercier.J acquêt llrrjtcron.Aime Heauchetne.Gerard lleauchrine.Wilbert Ik luliru.RomualJ Doddnda-e.C M i .i.if i*.r.illicit Kotunton.A.I 1 i ¦ ¦¦¦iii.Paul Parroti.E.K.Hill.J.A-Sretent.U.î i.m.-.Arthur Parent.Lucien Grcmcr.Alfred l'alun.Maurice Pan.Laurent Guillot, Paul-Henri ttauthier.Gerard liarnte.Marc-Fdouaj llontaint.Wclln Plante/ rVotciu.Ilctmio < ' ¦'< " i.Rral tlouturc.Leandrr tMM Archibald Dc.Jhiuui.J.Jacques I V i,'.: ni L.i.)vit \ Detchenaua.I'aul P il- r LCO I i-.M'nr.Maioeique tnaboii.Genrcea DniuMi i, I.loi IXihamtt.It i is it 1.I (¦¦¦.: 'u.Harry Fortirr, Leo-Pan! Genett.Edmund Gcntct.Anliur Gouin, Rene < MiMin.UiiiiU.i Grandmont.Gerard ftrondiae, Altrnl Hanel.Armand ilarael, FwKenc II unci.Roben I .,.-.Roiaire tuifii.Ilormidai i ¦ • i .- -.Lauréat Lartamme.Syl*io I c ii .r r.I ).' r f Laramrr.Felicicn Launerr, Holland I r h ¦ ii.Rolland M ¦! Il.t H.M il Manuth, Ucrnard Mil.if.I nu in.i Martel, Detlaur» Mancl, H.F.Martel.J.Marie Mancl, Gerard Mercier, tXratc Martel, Phdipitc Martin, Lorcnto Me» ">ult,L Jul et .Armand i J.R.Dominique lira ni l l'Hjinr." (juitcui, ' Dion.Robe Dutal.Dti lh«ju«te.1 I>ctnoyer» Du pre.Ch.Detcoteaui.f'.li.kl Albin Gincra».Roi (iicnr, Arinant> HemfO, Ho»lan I ¦.¦!¦¦atton l.uttier.Terdinan Lachaptllr.Arma Mitillc, Guillauni .'.lin.Nartmc Noter, Achille Perron.Philippe Perron, Rotaire Pelletier.Albert Paxeau.Martel Pnmcau.>Maur»CC Raiotte, Lucien I)'.¦-¦< .l, R.Sovliere».Andre Viau, Hotaire Vaudrr.Maurice I- t .1 : ¦ Jean Pat»! Ileaudrr.Gerard llitton.Erneit JobiQ, Icnol Main*ille.Rouer Pelletier.Lionel Protencal, Andre Robillard, Jean Paul Vijtnola.ROCfff Toutant.i ¦' Deli tie.R.lontn.Otila l'ormb».N.Pépin.H.Crouch, William llearn*.Jack St.Pierre.William Todd.Jamet f.amphell.Henrr ( httalier.Joteph t.mitnrr, Hoeer Daicncault, Henri Drriel.Alt*ert II hier.Holland Gattne, llorrnt Joubrrt, Rolland Lalorie, t.harlc»' I atiolettt.Gtorcet I !"¦.¦, Paul-Ltnite Poirier, Rnjcer Robtchaud, Willie Tailtclcr.Omcr It Hier.Hoater Viau.Fernand AtihoTt.Waller Iteauprr.remind Ueaupre, J.•Robert Hordrleau.Jean < -¦ i *>-¦-¦.I.¦ .':¦!• Dethairt, fîatttm Dumouihcl, I mile ftîoore, il.Mtldrum.R.Nichnlton.J.Nolan.P.Pelletier.M.Ph.ll.pt.J.T.Kondcau.R.M.Ilarne.J.W, Hunon.lime» Stock».Letter Cuittau.Real Wheeler, i : .I - i llouthillier.Roland Hot que.GtOfiHIl Harmoml.Aime M .- 11.uli>r.fteorcef llnit.rn.Fernand Pelletier.Antonio I ac ont be.Leonard llnucheT.Rene Goulet.L.P.M.irquit.Eildc l.uttier, J.Paul Houchard, ' .• i.ml Toi hette.Armand Hunon.John Moniteau.Claude llcauhicn, t jeu.Grrtai*.I.eo Paquin.Roland Drouin.Alphunie Mcrcacr.Hauon llifimmir.Marcel ( harron.Donald Aube.Marcel HiiulanRcr, I dftir llrilard.Koner Collcilc.Jean _____i|ar, Fredenc ' ¦ ¦¦ ¦ •.:i.Jean-Paul TTubcrae.Lionel Giroui.Edouard llrcton.Gerard in*ii, Marc I eilrrc.Armand TXhlnii, C.Aime Drolct.Gatton Cote, Marcel Marrette, Joteph Tremhlar, C.Aime ¦ égare, (trille I'-." m.Paulfcuitenc MuAci.Jean-Marie n f t.Fred Sweener.Ernett Tremblay.Adhetnae Otborne.Anhur Autotte, Hcr«e Arcuin, Armand llalil, }.M.Itamhridtcr.W.G.Helair.Gerard Mrjudetie.).M.Helair.Rrne ltri|c»illr.JorTrc Hrlitrau.Alpin Mite !'¦¦ '.¦ Aldor Mer*eron, (îatioo llmnrllr.Armand ltclitle.(;atton ( amire.René ( arairr.Onetime ( Edmond CJiartier.Rnliert < lark.M.A-.hler Cote» Anatole Coir, rrrnand t oie.) Pli.L Core, ui-id Croit au, Gedeon ___, Hotoprterme ___lanc.Eroeu licraard.J.Paul Corbcit.Neil (iii.irll.Edward Oother*.Clitlorxl 1 :¦ i ¦-.Datid fladDreitr.Rrne Corcoran.Vincent Cote.Joteph Paul Cole, Milton Carrière.Antoine Connor.Jamet 11.Chmtie.Makolm Cole.Fred Clement, Gïllet I » i i.John Ilinjtman.Wallace I)i i '.i11 », Rotter Drew.Donald Doutct.Gerard Dulreine.Alexandre IXitrctne, Germain Dutteault.Gerard I ; i.Jean Paul I .mi.Patrick I'rniomc.Sydney I landrr», Cxcil licldt, Wilder Foley.Frank Cilchriit.John (.endron, Raymond Gilheri.Alfred (.luthier.Charlei Gartin.Huntley (oard.J.Henri Goyette.Clinton (tnmthaw, Irank Goyette.Glenn t .rn.ln.n.(lement Gravel.J«»n I ,r .» - I.Sylti» Gotjlct.Hoiter I iiinii dr.I m i c 'i < .i r.Ir.n.Houtille « .lu lu i.Edmund Gaudrrau.Willnd GouldiOK.(liflord Girard, Holland Girard.J.A.L.Gown; Roiaire Goyciie.Hecinald Holt, Theodore lloWe, tieorxe Pame.Auckland Hithardton.Doward I'.d I.Leonard Hichardtun.Juliut Hutk.Harden Kaymund.Roarer Robert ».Geoffrey !'¦¦'¦ .¦ ¦.¦ i., Mildred Stewart.'Donald Standith, Malcolia Styan.Llord Smith.Ward Styan, Charlet Styan, Mark S»m, I » "i.' I Stntngeowr.I rank Sbuttlcwnnh.'I helm* Stock.A«on Slock, 1 i St.Jacqura.i.r.>f c L-1 Simard, Armand Siinard, Gerard St.Jean, Iteiiald Scvienr* Lcilic i,.n •.Lloyd Iff.Ronald Thictnaii.Roxer Therriew.01i»a Tetticr.Roiaire TrOW, J ante i Vaucban.Mddred Vauchan.Mark \ .i n.Laurent W (, r.I i,.neI Wine.Percy Williamt.Albert Wins.Dourlai Wine, Stanley Whaller.Kicfiard Wttkma.Georcr 111.[¦[.i.taoiiald Mm I.i , Ah.i llamiltitn, Jolm Hyde.Philip lloppi.Cedric Hrnault.(icrard Hanion.I ) .¦ >i I llayea.Edward Il il.».Herbert Jolley.Ilutkley Kinnon, Jamet Kirb», < harle» Ktrby.Kenneth Kirhy.Georice Kmctland.Malcotcn Lecuyer.I^»ui* Lrdoua, 1 men l.ibbr.Alfred lewn.Vivian Lecoun.Ilcmand Lecour», Hoxer Larcau, Laurier l-imontajcnc, Koicer Lee, Maurice Lee.Alton I nun .i.Lucien Lancloi».Af n m-Lotte.Charlet Lowther.Hoy Laurendcau.Georee Lemclin, 1 hrodorc I ii »in .Syhirt I.ecault.Henri I -.n.-i "i.Gerard Malcolm.K.'t •¦(! Malcttlm.Ronald Malcolm, (irnrice Malcolm.William Morin.Wilfrid Milne, Harry Moqum.Camille Mercier, Manui Merrier.Gerard Mercier, I'aul McLauchlan.Wealer McLanchtaa.For Maciototh.Aleaaader Milette.Jeao Nichotl.Wtlfnd Nolan.Dnroibr Powrra, Douilfll Peck.Ilorarr Power*.Deaii I'm.( 11.Maurtcr Paquet te, Olmrr r.I i ".Paul Poirier, Maurice Potl, Georce Pajte.Gerard Charlarrd.Conrad Dorilai.Hoy I nt.Amonin Raoul.Morin Vail.ere.Cht.Henri I.i.r i.Jotepb A it'ic il.Jamet ( lendinmnit.Charlci (icrard.Hobert liarabrr.Armand Hebcn.Camille Meunier.Vinieol '.ampron.Guilben .i.i.iinii'i.iiir.Ruben Simard, Hemi Aiirliu.HtUlaud l.apriir, Holland Grcsoire, Lawrci l«- i In 'i.Ternando (iodbout, Siltiu lllniKcr, Odiluw Hoy.Roland Audeite.I rnett I lor an.julien Garant, Anhur P.ii nu .ml.I .!» ml Gauthier.Hrduili i'f.ni.Philippe Cadnrrtte, Lionel l.amootaaine.( onrad Hrrant.Kenneth lluircll, William Marnri.Vfctor lloutqutt, Throdorr Hi in i'in.i.William lie (tin.Dcnit M ur-l Tlmmit M'jnl.ru, Leopold llombardier.Omer Hrouttcau,(irrard llarron, Gcorse II.Ilwin H.I art* Net «OU ii.,-.".Hoeer II.II.»¦!.a-.Cyril Haird.Mittailli.ii, Lronide llrllifittham.William Call.Wendyl II n_____ «ai Ir, SO votre abonnement est échu ou le devient prochainement, ne manquez pas cle nous adresser votre renouvellement Cheminées en briques Par ALPHONSE HARDY T a OUS les ans, nous avons à déplorer, au sein de nos colonies, de nombreux incendies de maisons.En quelques heures, des familles qui ont beaucoup peine voient s'anéantir et s'envoler en fumée le résultat de plusieurs années d'un dur labeur.Lorsque les dommages se limitent aux biens matériels, le mal n'est pas irréparable, mais ces sinistres sont souvent accompagnés de cruelles perles de vie qui viennent jeter le deuil dans plus d'un foyer.La cause de ces désastres est presque toujours due à des défauts de construction ou d'installation, ou à des imprudences inconcevables chez des gens oui ne devraient pas courir le risque d'exposer des vies qui leur sont chères ou des biens laborieusement acquis.Une plus grande précaution dans l'érection de la cheminée, plus de dans l'installation d'un fumée, un revêtement isola-les cloisons de bois placées d'un poêle éviteraient bien prudence tuyau de teur sur trop près des tragédies.Afin de prévenir des sinistres toujours possibles, le Service de l'Etablissement des Colons a fait préparer, par des techniciens d'expérience, le plan d'une cheminée en briques, en vue de remplacer les cheminées métalliques, dont l'installation défectueuse ou l'usure rapide peuvent donner lieu à de graves inconvénients.La vignette reproduite ci-contre illustre la coupe d'une cheminée en briques, facile d'érection pour quiconque peut faire montre de quelque habileté dans les travaux de construction.Les dimensions sont calculées de façon à fournir une capacité de tirage satisfaisante.Cette cheminée devra être assise sur une solide charpente de bois dont l'intérieur peut être utilisé comme armoire ou placard.Ceux qui en auraient les moyens pourraient partir cette cheminée du sol, ce qui n'en serait que mieux et contribuerait à solidifier toute la bâtisse.Les quantités de maliériaux indiquées sur le plan sont pour une cheminée assise sur une charpente de bois.Il faudrait doubler ces quantités si on la partait du sol.Les octrois de construction ou de réparation de maison qui ont été augmentés à partir du 1er avril sont conditionnels à l'érection d'une cheminée en briques, partout où lu possibilité de se procurer les matériaux rendra la chose pratique.Désormais les colons qui bénéficieront de l'un ou l'autre de ces octrois devront se préparer à ériger une telle cheminée, sauf s'il y a impossibilité de se procurer les matériaux nécessaires.Note: Faute d'espace nous n'avons ]»< publier la vignette (lu plan de la cheminée dont il est question dans cet article.Nous la reproduirons le mois prochain. Juillet 1944 Le Bulletin des Agriculteurs 25 UN MOT D'ORDRE PAR MOIS L'ombrage, l'eau fraîche et les fourrages verts maintiendront la pro-duction laitière à l'époque de la chaleur et des muusticiucs.BEAU TRAVAIL DE NOS VETERINAIRES M.Fédéos Barre, de Dunham, Que., un des plus gros éleveurs de porcs du Québec, vient de souver son troupeau de porcs de la pneumo-entérite con-togicusc.Grâce à M.F.-X.Rodrigue, du département provincial de l'agriculture, et au Dr Vcillcux, de la Division des Vétérinaires, ses 650 porcs ont survécu à une épidémie très sérieuse.Les docteurs J.-M.Vcillcux, E.Paqucttc, J.-G.Page sont responsables aussi de ces succès pour avoir contrôlé la toux, la diarrhée et la maigreur.M.Barré est reconnaissant.?(lire ici la suite île la paye 23) j'y ai simplement ajouté le fruit de meg observations faites antéricure-ment alors que j'avais l'avantage de rencontrer sur place mes amis les cultivateurs et les colons pour jaser avec eux de cultures, d'élevage, et surtout prendre le chemin "de la montée" pour me rendre sur le plancher des vaches et visiter les pacages sur lesquelles elles faisaient bombance.Désirez-vous, chers colons, d'autres renseignements, qui seraient trop loups à indiquer dans une page "d'écriture"?Alors faites venir votre inspecteur de colonisation ou votre agronome et ces gens dévoués n'hésiteront pas à étudier les conditions de votre pacage et à vous donner des conseils pratiques pour faire pousser cette herbe merveilleuse la plus riche en matières minérales, la plus riche en protéine et la plus efficace pour faire donner à vos vaches laitières un lait riche et abondant et sur lequel vous comptez pour obtenir la plus grande part de vos revenus.La gonrgane Par ANTOINE SIMARD Noms français:—fève de marais, fé-vcrolc ; Noms anglais:—Bread beans, Horse Beans, Windsor beans.Nom scientifique:—Vicia Faba,—L.IA pourpane!.Vit-on déjà renommée plus discutée, sujet plus fer-tile en oppositions do pouts! "ni.la pourpane! Plusieurs commenceront à lire avec un visage tapissé de dédain; d'autres 1 donneront l'article comme un voya-Kour curieux poursuivrait un sentier 'i'^'il ne connaissait pas jusqu'alors.Oh, je 'me console.! Nombre de lecteurs s'installent confortablement dans leur fauteuil, près de la lampe, la pourpane, s'écrient-ils! C'est pour eux un avant poût de ce délicieux potage entre tous.Confiant dans l'attitude de ces derniers et demandant trêve auprès des premiers, je parlerai sucessive-inont f 20»; 20Ù 20k la livre Blanc no 2.Ml Wi Mi 20|; la livre Blanc nu 3.I9« l'JJi 19>i la livre PRIX DES OEUFS au cours des périodes hebdomadaires closes respectivement le 1 juin 8 juin 15 juin 22 juin EXPEDITIONS TRIEES A-gros.354 35.4 354 35M la douzaine A-moyens.' 33.4 33JÏ 5 33H la douzaine A-noulcttes.27)4 27274 274 la douzaine Il .304 304 304 30)j 'a douzaine cii ii i i i\.2IM 244 2-l 2» la douzaine X—Les ii-ufs vendus en viae se vendent deux cents moins citer.Le ministère de l'agriculture a annoncé qu'à compter du 10 avril, les primes du gouvernement fédéral de S3 sur chaque porc classé "A" et de S2 sur chaque porc classé "B" sont payées sur garantie du gouvernement émise en même temps que le cerlificat.Depuis le 2-1 janvier dernier, date d'inauguration de ces primes dans le but d'encourager la vente des bons porcs aux abattoirs de façon à ce qu'ils soient acceptés pour l'exportation en Grande-Bretagne, les primes étaient payées par :es salaisons.Le ministère a précisé que ce système avait été en vigueur -•n al tendant de pouvoir payer les primes directement aux producteurs.Le ministère a dit qu'on venait d'imprimer une nouvelle formule en trois parties.Cette formule sera transmise au producteur de la même façon que lui parvient actuellement le certificat de qualité.Le producteur pourra détacher la garantie et l'encaisser à une banque après l'avoir dûment endossée.Le ministère a également annoncé qu'on réduirait le nombre des catégories dans les qualités "C" "D ' et "E".Ces changements sont entrés en vigueur le 10 avril également.Le nouveau système groupe dans la qualité "C entre les po.ds de 120 à 185 livres, les porcs actuellement classés dans les catégories "LU", "L)2" et "D3".La prime tie SI sur les "A" payée par l'acheteur est remplacée par une plus-value de $0.50 les 100 livres sur la catégorie "A" Voici les prix en vigueur durant les semaines terminées le 1 juin 8 juin 15 juin 22 juin A.!7.fi5 17.65 17.65 17.65 les 100 Ibs.Bl.17.25 17.25 17.25 17.25 les 100 lbs H2.17.00 17.00 17.00 17.00 les 100 lbs B3.17.00 17.00 17.00 17.00 les 100 Ibs C.16 00 16.00 16.00 16.00 les 100 Ibs D.15.75 15.75 15.75 15.75 les 100 Ibs Légers.15.75 15.75 15.75 15.75 les 10011» Lourds.15.75 15.75 15.75 15.75 les 100 lia Extra-lourds.13 90 14.75 13 90 13.90 les 10011» Truies no 1.12.50 12 50 12.50 12.25 les 100 lbs Truiesno2.12.25 12.15 12.15 12.25 les 100 lbs PRIX DE LA VOLAILLE au cours des périodes hebdomadaires closes respectivement le PRIX DES FARINES ET CONCENTRES \dl AILLE ABATTUE DINDONS 1 iuin 8 iuin 15 juin 22 juin a.-lo'ji 404 mu 40» H.384 384 384 384 C.354 354 354 35}» POULETS A- nourris au lail 5 Ibs et plus.364—37?f 36M—37}f 37!$—37K 374 H-nourris au lait.344—35M 34H—35»; 354—35Ji 354 Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii 324—33K 32 4-334 "334 "xili C.27^—30>a 27,4 -304 304 30.4 POULES A-5 lb et plus.28—30 4 26—30 26- 29 26—29 H-5 11k et plus.26—28.4 21—28 21—27 21—27 C.VOLAILLE VIVANTE POULETS 3 ll« et plus.26—30 26—28 27—28 27—2R Moins de 3 lbs.24-26 25—27 25-27 POULETS lii gril.18-20 16-21 16—20 16-20 Cochels.* .POULES 5 Ibs et plus.21—21 18—20 18-20 18-20 Léeercs.18—23 15—18 16—18 16-18 Vieux coqs.1-1 10—12 10—12 10—12 Vieilles dindes.29 28—29 28—29 28—29 Oies, tous poids.Canetons.5 Ibs et plus.N.lt.- Les prix payés aux expéditeurs m>M de un à deux sous inférieurs a ceux du gros.la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre la livre PRIX DES ANIMAUX VIVANTS au cours des périodes hebdomadaires closes respectivement le 1 juin 8 juin 15 juin 22 juin BOUVILLONS (jusqu'à 105:1 Ibs) Choix.Huns.Moyens.Communs.BOUVILLONS (au-dessus de 1050 lus) Choix.Bons.Moyens.Communs.TAURES Choix.lionnes.Moyennes.Communes.VACHES Holmes.Moyennes.Communes.Très communes.TAUREAUX lions.Communs.12.60 11.90 10.-10 13 oo 12.65 11.90 11.25 l(i 20 8.90 9.65 8.50 7.45 6.10 9.50 7.90 VEAUX Choix cl lions.Moyens et communs: D'herbe.AGNEAUX lions.Lourds.Communs,.i Mon-châtrés.13.9.7.oo '4.'r>6' 12 60 11 80 10.50 13.00 12 65 11.85 10.05 11.25 II) 05 8.75 9 70 8,55 7.50 6.05 9.65 8.00 13.60 0.30 15.00 'iôioo 12.65 11 85 10.50 13 10 12.75 11 .80 11 25 10 10 8.65 9.75 8.60 7.55 6.10 9.75 8.10 M -11) 9.20 15.00 iôioo 12.65 11.85 10.50 13 10 12.75 11 85 11.25 10.10 8.05 9.75 8.60 7.55 6.10 9.75 8.10 M (VI 9.20 15.00 iôioo MOUTONS Lourds.,.Communs.6.75 5.50 7.15 5.65 7.00 5.55 7.00 5.55 les 100 Mis les 100 lbs les 1(H) llis les 100 Ibs les 100 IbS les 100 Ibs lis 100 Ibs les 100 lbs les 100 Ibs les 100 11» les 100 Ibs les 100 Ibs lis 100 Ibs les 100 lbs les 100 Ibs les 100 lbs les 100 Ibs les 100 lbs par tête par tête par (été par tête par tête par tête par tête pat tête par tête au cours des périodes hebdomadaires closes respectivement le 1 juin 8 juin 15 juin 22 juin FARINE DE PAIN Première patente.2.45 2.45 2.45 2.45 les 9811» Deuxième patente.2.20 2.20 2.20 2.20 les 9811» Forte à boulanger.2.10 2.10 2.10 2.10 les 98 Ibs FAKLNE A ENGRAIS Qualité inférieure.2.10 2.10 2.10 2.10 les 93 Iba SOUS PRODUITS DU BLE Son.30.00 30.00 30.00 30.00 la tonne Gru rouge.31.00 31.00 31.00 31.00 la tonne Gru blanc.34.00 34.00 3-1.00 34.00 1a tonne GRAIN Orge d'alimentation de - - .l'ouest no 2.2.00 2.00 2.00 2.00 les 100 Ibs Blé no 4 northern.2.05 2.05 2.05 2.05 les 100 II» Crihlurc moulue (rare).1.60 1.60 1.60 1.60 les 100 Ibs Moulée d'avoine.2.25 2.25 2.25 2.25 les 100 Ibs TOURTEAUX Tourteaux de lin.43.00 43.00 43.00 43.00 la tonne Drèche de brasserie très rare.28.00 28.00 28.00 28.00 la tonne DIVERS Gruau d'avoine gros ou fin 3.40 3.40 3.40 3.40 les 80 Ibs Ecailles d'huîtres (rare).1.10 1.10 1.10 1.10 ! les 100 Ibs SEL • Grossel.1.10 1.10 1.10 1.10 • les 100 Ibs Sel en pierre bloc blanc.45 .45 .45 .45 les 50 Ibs Sel en pierre bloc iodé.50 .50 .50 .50 les 50 Ibs Sel lin sac en papier.80 .80 .80 .80 les 100 Ibs Il faut déduire île la liste de prix ci-dessus l'octroi fédéral de SI.50 la tonne ou de 224 cents les cent livres sur l'orge, l'avoine, le son, le gru blanc, le gru rouge et le blé.En outre sur le blé le gouvernement accorde un octroi supplémentaire de 134 cents les cent livres.PRIX DES ENGRAIS CHIMIQUES fl^ovincc de Québec; L'octroi sur les engrais chimiques est accordé cette année sur le transport seulement.Il varie d'une région à l'autre de la province et va jusqu'à concurrence de $3.00 la tonne.Four de plus amples détails nous recommandons a nos lecteurs de s'informer auprès de leurs fournisseurs.Engrais simples Cyanamide.21% Muriate de potasse.50% Nitrate de soude.10% Sulfate d'ammoniaque.20% Superphosphate.20% A7«tC 0 2 4 4 9 3 Azote 2 5 Acide Phospborique-14 12 8 12 5 18 Acide Phosphoriquc 10 8 .Engrais composés Potasse 7 4 8 6 5 0 Engrais A tabac folassc 6 7 En sacs de 100 livres 100 livres 100 livres 100 livres 100 livres 100 livra 100 livra 100 livra 100 livra 100 livres 100 livra 100 livra 100 livra Prix (a $48.35 49.25 52.50 44.00 23.25 S27.25 S26.50 $29.75 *31.50 Ï32.50 529.0J Î30.J"-.$36.2a Cette liste indique les prix des engrais chimiques livres en sacs de papier, a) F.A.11 les entrepots des expéditeurs. 30 Le Bulletin des Les Jerseys rapportent des profits chaque jour de l'année.Demandez à qui garde des Jerseys de vous montrer ses chèques de crémerie.Vous serez convaincus.Commencez dès aujourd'hui à fonder votre troupeau Jersey.Permettez l'association de vous y aider.Il ne resté que 100 jeunes taureaux JERSEYS à distribuer Hâtez-vous de faire votre demande si vous ne voulez pas être désappointé.Ecrivez des aujourd'hui.Pour plus de détails écrire^ à: L'ASSOCIATION CANADIENNE DES ELEVEURS DE JERSEYS B.P.153 — Ste-Anne-de-Bellevue, Que.la toiture MÉTALLIQUE "SECURITY" prof ago vos grongmt cl loul bât!mtnl dm ferma CONTRE LE FEU — LA FOUDRE LES INTEMPÉRIES On peut maintenant disposer de la TOITURE "SECURITY" pour recouvrir des bâtisses servant à abriter animaux et récoltes, ayant été endommagées par le feu ou le vent.Facile à poser, étanche, sons frais d'entretien.CEO w.REED & CO LIMITED .Établi .1 8 5 2 4 1 0 7 RUE R 1 Ç H E L 1 E U - - Mon t ré aï ;.VOS VALEURS DE GUERRE _grâce à ce plan économique _ Nous garderons vos Obligations de la Victoire dans nos voûtes, en détacherons les coupons et en porterons le montant au crédit de votre compte d'épargne—moyennant 10f par année par $100 d'obligations, minimum 25c- Nous garderons de même vos Certificats d'Epargne de Guerçc pendant toute leur durée de ans — moyennant I0é pour un certificat de $5, jusqu'à SI pour un certificat de $500.Si vous avez besoin d'argent, vous pouvez EMPRUNTER de la Banque contre la garantie de vos Obligations de la Victoire.BANQUE DE MONTREAL FONDEE EN 1817 A 22SF Agriculteurs LA COLONISATION::.(lire ici la suite de la page 7) bon pas dans la voie d'une politique familiale dont notre Province a besoin plus que toute autre.Pour faire concurrence aux usines qui offrent de gros salaires à tous les hommes désireux d'y travailler, on a aussi élevé notablement les salaires payés aux colons employés à différents travaux par le ministère de la Colonisation.Les sociétés de colonisation ont rendu de multiples et grands services aux colons, en pratiquant une charité intelligente à l'égard des colons qui en avaient besoin.Ce sont des wagons et des wagons de marchandises qui ont été recueillies par les sociétés St-Jean-Baptiste durant la Guignolet1 des Colons et distribuées là où elles pouvaient être le plus utiles.Dans les régions où les colons ne peuvent se procurer d'eau potable autrement, le Ministère de la Colonisation accorde un octroi de $1.50 le pied pour le forage mécanique de puits artésiens.A la dernière session, une loi a été passée qui assure aux colons un crédit spécial au taux de 2%, le Gouvernement payant 4% des intérêts perçus par les caisses populaires.Il en résultera une plus grande circulation d'argent et une utilisation plus généralisée des caisses populaires.Si tous les octrois et les dons précédents sont nécessaires ou utiles, ceux qui suivent comportent l'avantage de stimuler directement la production agricole en pays de colonisation.Loin de tuer l'initiative de qui que ce soit, ces derniers stimulent le colon dans tous les cas.Durant les quatre dernières années, le Gouvernement a facilité considérablement aux colons, en payant la grosse part du prix d'achat, l'acquisition des animaux nécessaires à leur établissement.Ainsi, 1,459 vaches, 3,-157 génisses et 12,182 agnelles ont été introduites dans les régions de colonisation, grâce à cette aide gouvernementale.U en fut de même des animaux reproducteurs: 53 étalons, 348 taureaux, 273 verrats et 1,023 béliers.L'aviculture n'a pas été oubliée, 144,829 poussins et 32,358 poulettes ayant été distribués aux colons, par l'intermédiaire des Cercles de fermières, moyennant un prix réduit de moitié.L'introduction des vaches laitières a naturellement eu pour effet l'augmentation des produits laitiers.Durant les quatre dernières années, le Gouvernement a versé des octrois à dix fromageries et 8 beurreries coopératives qui n'auraient pu être fondées sans une telle aide et qui ont déjà produit 3G9,87(i livres de fromage et 248,340 livres de beurre.La question des grains de semence est fort importante dans les régions de colonisation.Le Gouvernement en a distribué, depuis 1940, pour la somme de $1,073,430.Les fermières des régions de colonisation reçurent 23,000 collections de graines potagères pour les encourager et les aider à faire leur jardin.Afin d'amener les colons à produire autant que possible eux-mêmes leurs graines fourragères, le Gouvernement a mis à la disposition des colonies 35 nouvelles batteuses et 53 nouveaux cribles.Malgré les complications inévitables qui résultent de la guerre, on a exécuté, je pense, plus de travaux généraux que dans le passé pour la colonisation.En trois ans, le ministère juillet iyni»met> Sifnature du représentant.Directe / de la Circulation.VALABLE PENDANT LE MOIS DE JUILLET 1944 SEULEMENT rvus Lc pneu Firestone Ground Grip est le seul pneu de tracteur qui a un dessein de semelle breveté contenant jusqu'à 215 pouces additionnels de barre à traction par tracteur, donnant ainsi une prise plus profonde et plus large.Le pneu Firestone Ground Grip est le seul pneu de tracteur qui a une semelle triplement renforcie.Il se nettoie automatiquement: et le caoutchouc Vitamic pourvoit à une plus longue durée en contrecarrant les actions destructeurs du soleil et du climat.Il n'y a rien de surpre-mant que les pneus Firestone Ground Grip sont partout le premier choix des cultivateurs! Aucun autre pneu a ces valeurs additionnelles exclusives — et leur coût n'est pas plus élevé que celui des pneus ordinaires.PNEUS GROUND GRIP Tïrèitoite to :US POUR AUTOMOBILES orsque vous obtenez un mis de rationnement pour pneu, insistez pour avoir votre automobile un Firc-nc et soyez assurés que us recevez une plus grande alcur pour votre argent.PNEUS POUR CAMIONS Leur coût d'opération très minime, leur durée et leur ténacité ont toujours été des caractéristiques reconnues dans les pneus de camions Firestone.Allez voir le vendeur Firestone de votre voisinage et demandez-lui de vous recommander la sorte de pneu qui conviendra le mieux a vos" besoins. WHITE ROSE Nettoie les moteurs (à l'intérieur) pour diminuer l'usure et prolonger la durée grâce à l'usage du dissolvant White Rose et du régulateur White Rose C A NAD I AN OIL Ç Q M PAN I Juillet 1944 Le Bu 1 le tin des Agriculteurs 33 A l'exposition de Sherbrooke Au grand ralliement provincial des jeunes éleveurs du Québec durant l'Exposition de Sherbrooke, du 20 :.in au 2 septembre, s'ajoutera un ., und nombre d'cxhibits agricoles dont certaines sections seront ouvertes à tous les fermiers de la province.Les directeurs de l'Association Agricole des Cantons de L'Est ont annoncé, qu'a la demande du département de l'agriculture les concours d'cxhibits de la classe des animaux à boucherie seront ouverts cette année à toute la province.Un autre point d'intérêt provincial est le concours d'expertise dont le but est de choisir les diverses équipes de Québec qui représenteront la province au concours national qui sera tenu à l'Ex- position Royale de Toronto.Les réparations à la piste et au viaduc conduisant de la piste au terrain de stationnement sont maintenant terminées.Une nouvelle surface de six pouces a été étendue sur cette piste de courses sur laquelle nous verrons les concurrents se disputer les bourses qui forment un total île $2,800.Ces courses sont ouvertes à tous et nous aurons durant cinq jours, deux courses par jour.Cette année le jour des enfants sera le lundi au lieu du mardi et ce jour-là tous les garçons et filles entreront sur le terrain gratuitement.L'admission à la grande estrade sera aussi gratuite et les prix seront réduits sur les attractions du Midway Conklin, "Frolicland." Au sujet d'une brochurette Les coupons sollicitant l'envoi de l'instructive brochurette de la Compagnie Canada Cernent, "L'utilité du ciment pour le cultivateur", ont été fori nombreux cette année, a déclaré récemment M.II.S.Van Scoyoe, le iteur de la publicité de cette firme.Par suite des restrictions de guerre sur l'emploi du papier, un certain nombre d'exemplaires de cet ouvrage ont été expédiés en retard aux personnes qui en avaient fait la demande.Tous les envois, toutefois, ont maintenant été faits, et les autres demandes seront remplies au fur et à mesure qu'elles seront reçues, pour- vu qu'elles n'excèdent pas les règlements du gouvernement concernant les quantités de papier à utiliser pour fins d'impression.Si certains de nos lecteurs ont déjà envoyé le coupon demandant la brochurette, "L'utilité du ciment pour le cultivateur", et n'ont pas encore reçu le manuel, ils voudront bien en aviser la Compagnie Canada Cernent, dont les bureaux sont situés dans l'Immeuble Canada Cernent à Montréal.Celle-ci leur fournira les renseignements requis, mais vu les restrictions de guerre, elle ne peut garantir une distribution illimitée de la brochurette.LA PREPARATION DU LIN A FILASSE (/ire ici la suite de lu page 13) Si l'oit veut que cette nouvelle in-dustrie vive après la guerre, et je certain que tous les producteurs de lin le désirent, il faut que ces conns changent.On voudra certain.nient prendre les moyens d'améliorer sa culture pour obtenir de meilleurs résultats.Voici, résumés, quelques conseils d'actualité qui devraient aider les in-téressés à produire du lin de meil-le ire qualité: Parlons d'abord de la manipulât ion du lin.Au cours de l'hiver, nous avons remarqué (pie plusieurs lots de lin étaient de qualité satisfaisante mais parce que ces lins n'ont pas été manipulés proprement, ces producteurs ont perdu plusieurs livres de filasse sur le volume et la qualité, car à cause de l'enchevêtrement, les machines n'ont pas nettoyé le produit, comme elles peuvent le lorsque le lin est bien préparé.Pour améliorer la situation c'est dès l'arVachage qu'il faut porter attention à ces détails.aque producteur devrait se trou-dans son champ de lin, quand l'arracheuse est au travail et devrait voii à ce que l'opérateur ne conduise pas trop vite et fasse les rangées bien limites.C'est un détail, direz-vous, mais un détail important, car le lin bien étendu permet un rouissage plus à point et lorsque viendra le temps du ramassage vous constaterez que l'arrachage bien fait facilite beaucoup le lever du lin pour l'attacher et ainsi lui conserver sa valeur.Cette question de rangées bien en lignes aura encore plus d'importance si, pour obtenir un rouissage plus complet, on doit tourner le lin; cette opération n'a pas été pratiquée jusqu'ici sauf dans quelques cas, mais il faudra probablement y venir pour conserver à la récolte toute sa qualité.Hans un champ qui a bien poussé, le lin est en couche trop épaisse, pour permettre un rouissage uniforme s'il n'est pas tourné.Ce travail est facile et assez rapide et ne mêlera pas le lin à condition que l'arrachage ait été bien fait.Au ramassage du lin.on utilise des fourches et on traite la récolte comme si nous avions affaire à un produit secondaire.Pourtant une gerbe de paille de lin rouie de S pouces de diamètre et bien en limite vaut de .75 à $1.00, lorsqu'une gerbe d'avoine de la même grosseur ne représente que 10 cts environ.Le ramassage du lin devrait se faire à la main, c'est sûrement le moyen de ne pas le mêler en le mettant en paquets.Si vous utilisez une fourche, prenez les pré- cautions nécessaires pour tenir le lin bien en ligne et les racines aussi égales que possible.Pour aucune considération, le lin ne doit être roulé sur sa rangée pour le mettre en paquets; il faut le tasser entre les mains ou si on se sert d'une fourche superposer les paquets l'un sur l'autre.Lorsque cette opération est faite par temps calme, tout va bien; mais par une journée de grand vent, il faut beaucoup plus de précautions et se servir non seulement des mains mais aussi de son jugement.Ceux qui attachent à la main devraient s'habituer à bien faire ce travail: égaliser le lin le mieux possible d'abord, puis l'attacher bien serré, en ayant soin de faire les gerbes de même grosseur et pas plus grosses que de 8 à 10 pes de diamètre.Naturellement, il y a moins d'attachage à faire lorsque les gerbes sont grosses mais, par ailleurs, quand vient le charroyage, ces grosses gerbes sont toujours celles qui s'enchevêtrent le plus.Plusieurs producteurs se servent d'attacheuses mécaniques de fabrication domestique ou autre: ce n'est pas mal à condition île ne pas mêler un lin qui aurait été proprement ramassé.Rien ne sert de vouloir économiser un peu de temps, si, en procédant de cette manière, vous faites un attachage plus mauvais qui réduira la quantité de bonne filasse, à l'usine.Une autre question d'actualité, c'est la manipulation des gerbes de lin, du champ à la grange, et de là à l'usine.Là encore il y aurait Heu d'améliorer.J'ai vu du lin bien ramassé et attaché, être mêlé par la suite durant le chargement et le déchargement, à la grange et à l'usine.Pour chacune de ces opérations, vous devriez toujours vous rappeler que vous manipulez un produit de grande valeur et que le déchirement des gerbes provoque le mélange de la paille ce qui se traduit par l'obtention d'étoupes qui n'ont pas même la moitié de la valeur de la filasse.Le ministère de l'Agriculture de Québec, par son service de Grande Culture et de l'Ecole du Lin, de Ples-sisville.étudie constamment ces divers problèmes.Il est aujourd'hui en mesure de faire des suggestions qui peuvent vous aider.Suivez ces conseils et vous verrez que ces efforts, pour améliorer la production et la manipulation de la récolte, seront récompensés.A l'Ecole du Lin de Plessisville, nous conduisons chaque année une série d'essais sur les engrais chimiques et les diverses mé-thoques de culture.Nous n'avons pas encore de chiffres préers à publier, mais ce travail nous permet de faire l'étude des facteurs susceptibles d'influencer -la qualité et la quantité de la production et, avant longtemps, je l'espère, nous devrions pouvoir éclairer davantage les producteurs.NOS PRODUCTIONS.[lire ici In suite de la page 21) Outre la prime de 2c accordée par le ministère provincial de l'Agriculture -iir tout le fromage classé no 1, le .iltivateur bénéficie d'une aide substantielle de la part du gouvernement central.1 divers modes d'assistance sont un puissant stimulant vers l'augmentation et l'amélioration de la production.Us semblent bien préférables !< la hausse incontrôlée du prix de d'où résulterait une nouvelle "URmcntation du coût de la vie dans les villes ou bien une réduction dans la consommation des produits laitiers, si nécessaires à la conservation de la santé, particulièrement celle des cn-I.e lait est un aliment bien difficile sinon impossible à remplacer", ci: mie synthétique ne nous a pas • donné son équivalent et n'y réussira probablement jamais.Nos expéditions de bétail vivant sur les marchés ont été augmentées MARCHE OU BETAIL ET PRODUCTION D'OEUFS Bétail et neufs .1936-39 1910-13 %Aug.Porcs classifies 1,214.064 1,760.038 45 Moutons de marché 507.80(5 599.541 18 Veaux de marché.564.949 825.910 46.1 Bêtes à cornes 1S9.0S7 301.816 59-6 Oeufs (doz) 130,721.000 152.fi35.000 16.8 Oeufs (valeur) $26.795.000 St 4.570.000 66.2 sur toute la ligne, comme le démontrent les chiffres officiels de 1' "Animal Market Review" publiée par Ottawa.Durant ces quatre années de guerre la province de Québec a mis sur le marché 45% plus de porcs que durant la période correspondante d'avant la guerre.Comme on le sait, ces expéditions de porcs vendus sur classification ne représentent qu'une partie de notre production.Depuis le début de l'année les arrivages de porcs en provenance du Québec sont trois fois plus considérables que durant les mois correspondants de l'an dernier.Même si la période habituelle d'accalmie se pro- duit en juin, juillet et août, on prévoit que les arrivages seront encore plus considérables à l'automne.La prime fédérale de $3.00 sur les porcs classés "A" et de $2.00 sur les Bl a eu un effet magnifique en incitant les producteurs à expédier leurs porcs vivants plutôt qu'abattus ce qui permet à l'Office des viandes de disposer d'un plus grand nombre de porcs pour l'exportation.On sait en effet que les porcs d'exportation exigent des conditions spéciales d'abattage et de préparation.Il est regrettable que les abattoirs n'aient pas la main-d'oeuvre suffisante pour disposer plus rapidement du surplus de porcs qui arrivent sur le marché.Cependant, une note publiée par le ministère fédéral du travail indique que, par l'entremise du Service sélectif national, le nombre d'aides aux abattoirs a été augmenté de plus d'un tiers entre août 1943 et le milieu d'avril 1944.S'il faut en croire cette note, on prend actuelle- 34 Le Bulletin des Agriculteurs Juillet 1944 mont de r.ouvelles mesures pour fournir aux abattoirs la main-d'œuvre indispensable en présence d'une telle avalanche de porcs sur le marché.Au moment où nous écrivons ces lignes le gouvernement fédéral serait à négocier les conditions d'un contrat de quatre années avec l'Angleterre, ce qui sera de nature à donner à l'élevage du porc un élément de stabilité inconnu jusqu'ici.On nous informe également que les appropriations pour l'aide au transport des grains ont été portées à 500.000 pour la présente année fiscale, de $S,000,000 qu'elles étaient l'an dernier.Nos expéditions d'agneaux de marché ont augmenté de 18% grâce à une campagne activement poussée pour redonner à l'industrie ovine sa position normale sur nos fermes.Depuis quelques années surtout le Ministère de l'Agriculture s'occupe de récupérer pour la fondation de nouveaux troupeaux les meilleures brebis qui arrivent sur le marché.La laine a subi une augmentation de valeur de 447c.Depuis deux ans une prime de 4c la livre sur les toisons non lavées exemptes de déchets est payée conjointement par le Fédéral et Provincial.On signale une amélioration notable dans la qualité des laines canadiennes.Des augmentations considérables ont également été réalisées dans les expéditions de bêtes à cornes (59.G%) et de veau (4(5%).Ces diverses sections de notre industrie animule ont contribué pour leur part à fournir plusieurs millions de livres de viande à notre population et ont libéré une quantité proportionnelle de viande de porcs pour l'exportation.L'aviculture a pris un essor considérable et a permis la fabrication d'une quantité croissante d'oeufs en poudre pour l'exportation.La viande de volailles mise sur le marché est proportionnelle à l'accroissement du cheptel avicole sur les fermes.11 semble même qu'à l'heure actuelle le nombre do volaille est suffisant pour répondre à tous les besoins éventuels et qu'on doit attendre les progrès futurs, moins de l'expansion de cet élevage que de l'économie de la production et de la bonne présentation des produits sur le marché.Ajoutons en terminant que les cultivateurs ont d'autant plus de mérites qu'ils ont réussi ces augmentations avec une main-d'oeuvre réduite et en dépit des restrictions imposées sur le matériel d'exploitation.Puisse la température de la présente saison seconder leurs louables efforts afin de leur permettre de maintenir la production au niveau de ce qu'elle était l'an dernier.ARTS ET METIERS FEMININS (lire ici la suite de la page 12) On songerait à faire revivre l'ouvroir de la Providence, fondé à Montréal en lf>92, par la Vénérable Mère Marguerite Bourgeoys.On l'intitule alors: Ecole des Arts et Métiers.Les portes en sont ouvertes à toutes les jeunes filles désireuses d'occuper leurs loisirs et de se préparer, d'une façon pratique, à la tâche du lendemain.Le programme si riche de promesses a été rempli.On apprécie les avantages de cette formation de plus en plus, le« nombre des élèves va sans cesse grandissant, il y en a de tous les âges et de tous les milieux, qui se livrent, selon leurs goûts et leurs aptitudes, à la coupe et à la couture, à l'art culinaire, au tissage, au dessin, à tous les travaux artistiques qui peuvent intéresser les femmes, car, même s'il s'agit de métier, de carrière, on le fait en beauté.C'est une atmosphère de famille qui règne dans cette maison, les élèves étant des dames d'un certain âge côtoyant de toutes jeunes filles, des mères accompagnées de leurs grandes fillettes.Et l'on jase en faisant tourner les rouets tandis que dans un autre coin, c'est le crissement du mé- tier, sous la surveillance de professeurs entérites.Il fallait visiter l'exposition tenue en fin de juin, et offerte chaque année au public, pour se rendre compte des merveilles que peuvent accomplir nos canadiennes, sous une direction éclairée.Deux étages de l'immeuble étaient convertis en étalages du meilleur goût.Les salles étaient numérotées et portaient des mentions appropriées: salle de tissage, salle de couture, salle de dessin.elles étaient reliées entre elles par des flèches indicatrices.Cette petite excursion avait le charme de l'imprévu et fournissait à chaque pas des motifs nouveaux d'admiration.Que pensez-vous, par exemple, d'une paire de grandes portières tissées où des lis d'eau, blanc et or, semblaient surnager sur le fond turquoise comme sur un étang de choix?D'autres, d'un bleu que l'on appelle royal, tellement il est éclatant et riche, présentaient des bordures du plus bel effet.Il y en avait des beiges, des rouilles, des jades à patrons divers, tous harmonieux.Et les couvre-lits, les tapis tissés, les carpettes et les chemins d'escalier, les dessus de table et de divans, les couvertures de fauteuils et de tabourets, les cadres, faisaient rêver du confort de la maison dans un décor inspiré.Dans le domaine de la coquetterie féminine: coquetterie de la femme de goût qui sait que la simplicité est une marque de distinction, on s'arrêtait devant des-étoffes tissées d'une souplesse admirable, et devant des vêtements confectionnés par celles-là mêmes" qui les avaient tissés: manteaux, costumes deux et trois pièces, robes à patrons de fantaisie, jupes à plis, à carreaux écossais, pour des petits bouts de femmes, trousseaux de baptême, mantes, costumes de sports, en un mot: tout ce qui peut entrer dans une garde-robe pour l'enrichir en qualité, plus encore qu'en nombre.A côté de ces vêtements, on voyait des paletots de garçonnets avec jambières et casquette, et même un hnbit d'homme qu'une élève de cette institution a tissé pour son mari.Une nappe magnifique, tissée en beau lin du pays par madame Bonen-fant et brodée par sa fille Françoise, s'étallait sur une vaste table de banquet.Tout cela, sans parler des serviettes, des couvertures de lit et de berceaux, des robes de chambre, des bonnets hollandais, des bas tricotés, des abat-jour, des napperons et services à lunch, des ceintures fléchées en soie, en lin et en laine, des bourses et des ceintures en cuir avec ap- pliqués., ou pyrogravées, lacées, décorées de motifs d'étain.La nomenclature serait interminable.Il y avait jusqu'à des jouets d'enfants.A» temps où nous vivons, toutes ces choses ont une valeur qui dépasse leur beauté.Métiers de femmes.Ce sont des programmes de vie qui s'offrent.Adieu les loisirs inemployés, l'ennui, le U-mps perdu! Selon ses talents ou ses besoins, on se perfectionnera dans un' art, ou on se créera une carrière en vue du commerce.L'importance est d'abord de dcvnir une femme parfaite en prenant connaissance de tout ce qui compose l'économie domestique.Une école sérieuse de toutes ces choses nécessaires est une véritable bénédiction.Mères de demain qui voulez apprendre à coudre, à cuisiner, à fabriquer des chapeaux neufs ou à remodeler les vieux.Jeunes filles qui aimeriez connaître tous les secerts de la broderie, du tricot, de la peinture.Femmes ayant besoin de vous créer des revenus, qui n'ignorez pus la valeur des étoffes canadiennes tissées avec notre laine et notre lin, allez à l'Ecole, car il y a non seulement l'a b c de ces arts, mais aussi le cours élémentaire et le cours supérieur.ALICE BEI! MADEMOISELLE DE LA TOUR MAUDITE {lire ici la suite de la page 10) gration mondaine.Il est probable qu'elle n'oublierait pas de faire l'apparition promise à Roquef ranque.Réellement, ce ne pourrait être qu'une très bonne amie pour Maguy lorsque, plus tard, cet hiver probablement, il emmènerait sa jeune femme à Paris.Ainsi pensait Bertrand, prêtant aux autres ses désirs et ses joies.Tout homme qui aime est ainsi.Il n'avait même pas l'idée que la belle Andrée Tavernier, nature si parfaitement équilibrée, puisse être déçue de ses fiançailles.La "petite fleur bleue" lui semblait impossible à éclo-re dans ce coeur si ferme,.et il s'attarda peu à ces pensées.Paris lui pesait; il était saturé de ces fléaux modernes: cinéma,' cocktails, jazz-band et T.S.F.Son esprit sérieux lui faisait abhorrer toutes les distractions prises en série, à dose massive et continue.Aussi vite que possible, il reprit le chemin de Roquefranquc, Un télégramme envoyé à Clément le prévint de son arrivée, et le vieux valet vint à la gare au-devant de son maître avec le chauffeur — un nouveau.—Qu'as-tu, Clément?demanda le jeune homme, dès qu'il l'aperçut.Tu fais une drôle de figure?—Que monsieur ne s'inquiète pas,.mais, depuis le départ de Monsieur, Séraphin ne quitte pas le château, ou, plutôt, il vient dix fois par jour demander si Monsieur est rentré! Jus- qu'à ce matin, je n'ai pu rien en tirer, ni savoir ce qu'il voulait.Enfin, aujourd'hui, quand il est arrivé — il n'était pas six heures, — le pauvre diable pleurait.J'ai cru qu'il lui était arrivé malheur."Tu es malade?lui ai-je demandé.Tu as besoin de quelque chose?Tu sais bien que, même Monsieur n'étant pas là, si je peux t'étre utile, c'est avec plaisir." Et toujours le même refrain: "Il faut que le Moussu rentre; je l'attends." Et il est allé s'asseoir au bout de l'allée.Quand j'ai reçu la dépèche de Monsieur, je le lui ai dit, tant il me faisait pitié.Tenez, Monsieur, reprit Clément, sans attendre la réponse de son maître, le voilà.Il est posté sur le pont.L'auto, arrivant au pont du Moulin du Bas, frôlait Séraphin.L'innocent attendait, son chapeau informe à la main.Bertrand avait laissé parler Clément sans l'interrompre et mordillait nerveusement sa moustache.C'était là le seul indice de sa préoccupation.Mais, dès qu'il aperçut Séraphin, il donna ordre de stopper et, d'un bond, descendit de la voiture.,—Qu'y a-t-il.Séraphin?Il y a un malheur?.Les hommes.?Sa voix était contenue et haletante.Séraphin fit "non" de la tête et dit: —La demoiselle est bien malade, Moussu ! —Malade! s'exclama Bertrand, devenu tout pâle.Depuis quand?Qu'a-t-elle?—Depuis que Moussu est parti.La Maria a dit qu'on l'avait trouvée, l'autre soir, étendue par terre dans sa chambre.Depuis, ça la tient là — Séraphin toucha son front du doigt, — et elle a la fièvre.— Le vieux moussu est obligé d'aider lu Maria à la tenir de force dans son lit.Voulant connaître jusqu'au bout l'affreuse nouvelle, Bertrand n'osait interrompre Séraphin.Ses yeux sombres le scrutaient; sa mâchoire serrée témoignait de sa souffrance.L'innocent continuait: —La demoiselle dit tout le temps la même chose depuis qu'elle est malade; la Maria pleurait en me le racontant.Séraphin s'arrêta.—Que dit-elle, Séraphin?Ne me le cache pas.Tu sais si je l'aime! appuya Bertrand, confiant dans ces mots toute sa douleur à l'être simple qui avait, de son côté, un culte à la jeune fille.—Je sais, Moussu ; c'est comme moi: quand je la vois, je vois du soleil.—Alors, voyons, que dit-elle?insista Bertrand.—Elle dit: "Bertrand, c'est fini.Bertrand, c'est fini." Alors, voilà, Moussu, je suis venu.Des larmes roulèrent sur le masque viril de Bertrnnd.Il serra fortement la main de Séraphin; le pauvre être pleurait aussi.—Elle guérira, mon ami.Il le faut.—Oui, Moussu, elle guérira.Il le faut, répéta docilement Séraphin, subjugué par la volonté émanant de Bcatrand.Et vous savez, Moussu, ça s'avance.Sa mission accomplie, il retournait à son idée fixe.Bertrand était déjà remonté dans son auto, arrêté à quelques jias, et se fit conduire chez les Vialoux, sans même entrer à Roque-franque.Les Vialoux connaissaient le docteur qui devait donner des soins à Maguy; c'était le seul moyen d'avoir des nouvelles précises de la malade.Rien n'autorisait Bertrand à aller lui-même auprès d'elle, étant donné, surtout, l'effroi manifesté pur M.de Cabrinac en entendant son nom.Et jourtant, quelle torture!.Savoir qu'elle l'appelait, clouée sur un lit de souffrance!.Se dire que; dans son délire, il était sa seule pensée, et ne pouvoir aller s'agenouiller auprès d'elle!.Dès que Vialoux l'aperçut, il sa douta de ce qui l'amenait et de son angoisse.—Voyons, un dpu de courage, que diantre! lui diffl, affectueusement bourru.On la sauvera! Il y en a d'autres qu'on a tirés de fièvre cérébrale semblable.Le docteur nous a donné, en passant, de ses nouvelles: il y a une légère amélioration, ce matin.Bientôt, Simone ira la voir.Pour le moment, il faut du calme.—Mais elle m'appelle, Claude! Bile m'appelle sans cesse!.—Calme-toi, mon vieux camarade, et patiente.II me semble que si elle t'appelait ainsiw M.de Cabrinnc n'hésiterait pas à te faire venir! Qu'est-ce qu'une question de convenances, lorsqu'il s'agit de la vie de quelqu'un! Cette logique détendit un peu Bertrand.—C'est juste; mais tu sais quel être étrange, original, est ce vieillard.Le notaire haussa les épaules.—Certes, mais dans un cas sem- Juillet 1944- L c Bulletin des Agriculteurs 35 blablc.Il doit aimer s» petite-fille, :,„'ssi bizarre soit-il.Ét puis, je te le répète, il y a du mieux ce mutin, et dans ces maladios-Ià, lorsque l'amélioration commence, les progrès sont rapides.En attendant, tu vas rester avec nous ce soir.Non, mon cher Claude: je préfère rentrer.Je serais un mauvais convive.Mes pensées sont peu gaies.M,.Vialoux et sa femme eurent beau insister.leur ami regagna Ro-(juefranque.Il éprouvait un besoin de solitude, au milieu de ce chaos d'événements tragiques qui s'entre-cho-,niaient en lui; ce merveilleux horizon, si clair, qui s'ouvrait devant sa vie ji y a lieux mois à peine, s'obscurcissait.Il passa huit jours dans une angoisse affreuse.Chaque soir, Mme Vialoux venait lui transmettre les ii,nivelles que lui donnait le docteur après sa visite quotidienne.Maguy était sauvée, mais les forces seraient longues à revenir.Elle était calme, ne prononçait plus le nom de Bertrand: ses yeux demeuraient fixés dans un songe mélancolique; aucun éclair de gaieté n'animait le regard pervenche.Une tristesse poignante se lisait même parfois sur le visage autrefois souvent rieur.Cette tristesse, la vieille Maria la surprenait surtout lorsque la malade ne se croyait pas observée, et le coeur de la vieille nounou — coeur maternel et délicat sous sa rude écorce — avait deviné bien des choses.Un jour, n'y tenant plus, désolée de voir que la vie ne remontait pas en celle qu'elle chérissait comme son enfant, elle se décida à parler: —Vous vous ennuyez, mon bijou.Il vous faudrait un peu de distraction: d'être toujours seule avec une vieille comme moi n'est pas bon pour une jeunesse.Si le jeune M.de Roquefranquo pouvait vous tenir compagnie, cela vous distrairait, et le pau-vi,• a l'air si peiné de vous savoir malade!.Séraphin le voit tous les jours et il dit qu'il fait pitié.Maguy ne laissa pas Maria achever.Lui mettant précipitamment la main sur le liras, elle dit vite, la voix basse, voilée: Ne me parle jamais de lui si tu ne veux pas faire de peine à ta petite Maguy.Il ne doit pas venir.Je lie dois plus le voir.—le croyais, mon bijou, que vous aviez i>our lui un sentiment d'amitié, et il paraît tant vous aimer, le pauvre! soupira Maria.- Hélas!.murmura Maguy.Et moi souffrir, passe.Mais lui.Comme c'est dur!.Alors, dit Maria, complètement perdu,', je ne comprends pas.Votre grand-père ne vous refusera pas.Maguy secoua la tête, lui, pas plus que moi, ne doit 1 : i.Une Cabrinac ne peut épouser un Roquefranquo, vois-tu.—Par exemple! s'écria la pauvre nounou, scandalisée.M'est avis que celui qui vous aura, pôvrote, aura le paradis sur terre! et puis, moi, je suis sûre qu'il n'y tiendra pas et qu'un de ces matins nous le verrons arriver.—Il ne faut pas qu'il vienne, tu entends, nounou!' Ce n'est pas possible.Il faut l'empêcher de venir à tout prix.I.a voix de Maguy dénotait une volonté inexorable, mais aussitôt le pauvre coeur se brisa, et, prenant par le cou la vieille créature qui avait choyé a jeunesse orpheline, elle sanglota sur son épaule.Pleurez, mon bijou, pleurez, re-'lisail .Maria; ça soulage.Compatissante, la vieille main ridée caressuil doucement la petite main omaciéc par la maladie, dont la pâleur de lys reposait sur la blancheur ta sa robe.Les spasmes nerveux s arrêtèrent peu à peu, au contact de cette caresse maternelle.Une résolution brilla tout à coup dans le regard encore noyé de larmes.—Donne-moi du papier et un crayon, nounou.Je veux lui écrire.Tu feras porter ce mot à Roquefran-que par Séraphin, dès que tu le trouveras.—Pour ça, je ne serai pas en peine de le trouver: il tourne autour de la maison, comme s'il avait perdu son âme, depuis que vous êtes malade.— Pauvre innocent!.Tu lui diras de remettre la lettre à M.de Roquefranquo lui-même.Pas à un domestique, n'est-ce pas, nounou?Recommande-le-lui bien.—N'ayez crainte, mon bijou.La commission sera bien faite.Une heure après, Bertrand était en possession de la lettre.Des nouvelles, enfin! Une lettre d'elle! D'une main tremblante, il décacheta l'enveloppe, après avoir déposé un baiser sur le papier que la chère main avait touché.Il lut., il lut, et tout aussitôt s'ap-puyant, chancelant, à la muraille, laissa échapper en quelques mots toute sa douleur: —Elle, Maguy, ne pas m'aimer!.Ce n'est pas possible!.Ces yeux limpides m'a voir menti!.Cette bouche tendre avoir dit des mots que le coeur ne pensait pas!.Ce rêve à tout jamais banni;.ce rêve à peine fleuri se flétrir ainsi!.Les pensées affreuses battaient son cerveau, tournoyaient sans arrêt, pour revenir au même point: Maguy perdue pour lui.Et lui l'avait aimée malgré tout, malgré le secret qu'il avait enfoui dans le tombeau de son coeur, afin d'éviter une douleur à celle qui paraissait l'aimer! Et il lui gardait encore sa tendresse, malgré les mots affreux tracés sur ce papier qui lui brûlait la vue.Ah! cette Tour Maudite lui avait bien vraiment arraché le coeur! ?L'automne était là, laissant tomber sur le cirque de Roquefranquo sa mélancolie poignante.Les feuilles se détachaient des arbres, légères et silencieuses, emportées par le vent.Ainsi les illusions des hommes s'effeuillent au gré des événements.Ainsi les espérances de Bertrand avaient suhi le cours des saisons.Roquefranquo endossait sa parure hivernale./ Le radieux été n'illuminait plus les montagnes, les champs féconds ou les causses misérables.Les arbres dénudés étendaient leurs ramures fantastiques à travers la brume; le paysage mouillé avait revêtu son charme do tristesse qui plaisait à l'âme endeuillée de Bertrand.Depuis doux mois, il vivait dans une solitude complète, enfoui dans la profondeur de sa désillusion.C'était maintenant le désert affreux du silence.Les Vialoux eux-mêmes ne pouvaient l'arracher au refuge de son atelier noyé dans le brouillard, où par un travail .acharné, il cherchait un dérivatif à sa peine, sinon l'oubli.Parfois, malgré sa volonté, l'inspiration le fuyait.Alors, il restait des heures, fixant les hautes flammes qui s'élançaient dans le foyer, s'impré-gnant du passé, plongeant sa pensée dans les souvenirs dont chacun était une blessure.Tout était mensonge dans la vie.Mensonges, les promesses d'amour écrites sur un visage masqué de sincérité et de lumière-Mensonges, les promesses d'amitié, de franche camaraderie, scellées par un regard net et droit: hier, une carte lui avait annoncé les fiançailles de Mlle Tavornior avec un des magnats do la finance, et pas un mot n'y était joint, témoignant du regret do no pouvoir tenir la promesse de faire une courte apparition à Roquefranquo.Les idées de Bertrand allaient à la dérive, submergées par un flot d'amertume.Il ne se demandait pas s'il avait lutté suffisamment contre le destin, si un coeur meurtri de jeune fille n'avait pas attendu en vain, dans les larmes, une réponse à sa lettre, un élan d'amour.Blessé, il s'était ' enfermé dans une brume opaque, il avait gardé un mutisme absolu.Il ne se demandait pas non plus si, alors que tout son être était dans la joie d'un amour partagé, son indifférence n'avait pas heurté la sincère amitié de Mlle Andrée.Septembre avait passé sans amener sa visite, mais peut-être avait-elle attendu un rappel amical.Non.Le jeune homme se trouvait seul.infiniment seul.Il n'y avait rien de vrai en ce monde, rien que la tendresse de sa mère.Comme il aurait aimé se réfugier au port où tout être humain aspire quand il souffre: le coeur d'une maman, coeur immense.Par moment, il avait des velléités ~ A* Je dois admettre qu'elle la porte beaucoup mieux que mon défunt mari.de fuir Roquefranquo, de retourner à Paris, dans l'agitation et la fièvre.Puis, malgré lui, il restait, ne pouvant s'arracher au voisinage de cette Tour Maudite: sa vie était là.Clément s'efforçait bien de distraire son maître, do l'arracher à son apathie.Peine perdue.Le fidèle va-lot devait même transmettre les ordres au reste du personnel, y compris les fermiers et les métayers, cumulant ainsi sa fonction avec celle de régisseur.Pour secouer Bertrand, il devenait bavard comme une vieille femme, s'imaginant, dans sa naïveté touchante, que le mal de son maître ne résisterait pas à l'assaut des nouvelles dont il le comblait chaque jour! Il n'omettait aucun événement du pays, pas le moindre petit potin de Castelfranc., et le vieil homme en était pour ses frais.Ce soir-là, comme il venait d'apporter du bois pour entretenir le feu — les soirées d'automne étaient déjà froides, — il se mit à tourner et à retourner dans la pièce d'un air agité.L'attention de Bertrand finit par être attirée par ce mouvement insolite: —Qu'as-tu donc, Clément?Tu parais tourmenté?—Monsieur sait qu'un terrible accident d'auto est arrivé hier dans le chemin étroit qui passe au pied de la Tour Maudite?Bertrand fit un signe de la main signifiant qu'il ignorait la nouvelle.Clément poursuivit: —Oui.Il y a eu deux hommes tués: un grand maigre et un gros, avec des yeux en boule de loto.On no sait comment ça s'est produit.C'était à la nuit tombante.Bertrand, perdant son air d'habituelle lassitude, redressa la tête.—Un homme maigre et un très gros, dis-tu ?—Oui, Monsieur.Séraphin m'a raconté la chose.Les gendarmes y sont venus.—Connaît-on leur identité?demanda cotte fois Bertrand, avec une vivacité qui étonna le valet.—Pour dire leur nom à Monsieur, je ne pourrais pas, vu que je ne l'ai pas demandé, mais Alphonsinc m'a dit que ce sont doux "marchands de biens" de Cahors, à qui on no donnerait pas le bon Dieu sans confession.Ils ne cherchaient qu'à voler le pauvre monde.C'est toujours un malheur, un accident pareil, mais enfin.Séraphin, en tout cas, avait l'air très content.Je l'ai même grondé de rire de ça, mais il a de moins en moins sa raison, certainement.Il mêlait même Monsieur à cette histoire, et je no pouvais pas le faire taire.—Il est inconscient; on ne peut lui en vouloir."Et que disait-il do moi?" questionna Bertrand négligemment, après un instant de silence.—Toujours la même chose, Monsieur, et pareille a l'air d'un refrain: "Le Moussu et Séraprin no pleureront plus,.Ils ne pleureront plus." Il a même ajouté une fois.Clément se mordit la langue et s'arrêta : —Voyons, qu'a-t-il pu dire de si terrible?insista Bertrand, s'efforçant de rire.Clément secoua la tête.—Je no sais pas pourquoi je raconte toutes ces histoires à Monsieur! —C'est ma seule distraction, mon pauvre Clément, dit Bertrand, avide de savoir, voulant vaincre l'hésitation du domestique, qu'il sentait ennuyé.—Eh bien! puisque Monsieur veut que je finisse, il a ajoute: "la demoiselle aussi ne pleurera plus.Clément s'attendait à quelques paroles sévères, mais Bertrand, penché sur le foyer, les pincettes à la main, paraissait très absorbé à relever les bûches croulante* et ne répondit pas. 36 Le Bulletin des Agriculteurs Juillet 1944 Clément s'esquiva au bout de quelques minutes, heureux d'en être quitte ainsi.Son maître n'aimait pas la moindre allusion à Mlle de Cabrinac, et cela dépassait la compréhension de Clément: deux fiancés qui avaient l'air aussi fous l'un de l'autre, se quitter ainsi! —S'il m'avait fallu laisser Elodie! mâchonnait-il souvent, en brossant les vêtements de son maître.Quelle année, mon Dieu, quelle année!.On était presque plus tranquille à Paris! Bertrand resta à tisonner jusqu'à une heure avancée de la nuit, tout en broyant dans son cerveau mille réflexions.Les deux hommes tués étaient, à n'en pas douter, ceux qui tenaient M.de Cabrinac en leur pouvoir, ceux qui l'avaient menacé et dont Maguy avait une si grande terreur.Cette pensée le reporta loin en arrière,.non pas qu'un laps de temps bien long se fût écoulé depuis que le bonheur était né en lui jusqu'au jour où.Ah ! dans quel abîme de détresse plongeait Bertrand en évoquant le jour fatal où la jeune fille avait nie son amour pour lui!.Après l'enivrante douceur de cet amour partagé, puissant, tel que son coeur d'homme de trente-cinq ans n'avait jamais osé de rêver, la chute terrible, la désillusion absolue, lamentable.Comme son orgueil avait souffert!.Oui, son orgueil avait dépassé son amour, cet amour pourtant si vivace encore qu'il cachait volontairement jusqu'au plus profond de son être.Une voix lui disait, ce soir, qu'il aurait dû lutter, demander une explication.Un pressentiment l'avertissait à cette heure que cette rupture était peut-être voulue pour un motif qu'il ignorait, motif grave, sans doute.Aurait-elle appris, par hasard, ce qu'il savait lui-même depuis le terrible orage où le souffle du vent révolté avait abattu le chêne colossal et le calvaire, livrant ainsi le secret pénible du passé?.Impossible.Nul autre que lui n'avait lu le papier abrité dans la bouteille.Une pensée fulgurante traversa son esprit: M.de Cabrinac savait!!! Une vie si retirée, une claustration si absolue, un caractère d'une pareille étrangeté ne pouvaient être imposés que par la connaissance de cette douloureuse affaire, dont pourtant le vieillard était irresponsable.Aurait-il infligé à sa petite fille la douleur de la mettre au courant de cela?.et, par suite, celle-ci aurait-elle broyé son coeur, dans un accès de courage surhumain, «'imaginant, la pauvre enfant, que la honte en rejaillissait sur elle?.Une angoisse tortura une seconde les traits rie Bertrand.Allons, il était fou! Ce vieillard n'avait pu faire supporter à la jeunesse innocente de sa petite-fille le poids d'une faute qui n'était pas la sienne!.Elle ne l'avait pas aimé, voilà tout.Ah! que ne donnerait-il pas pour démêler les fils inextricables des événements qui s'enchevêtraient les uns sur les autres depuis trois mois! Mais comment aboutir?C'était toujours le désert affreux de la solitude morale.L'amitié même de Claude et de sa femme était un bien faible apport, car il ne voulait pas qu'un être humain partageât avec lui la fatale vérité livrée par le calvaire brisé.Cependant, était-il vraiment seul?.N'avait-il pas l'aide toute-puissante de Dieu?.Des coups frappés violemment à la porto d'entrée du château le firent sursauter.Les coups de succédaient régulièrement, assenés par un poing énergique et impatient.—Qui est là?demanda-t-il, ouvrant rapidement la fenêtre.Qui frappe ainsi, à pareille heure?—C'est moi, Moussu.Il faut aller vite.Bertrand reconnut la voix de Séraphin.—Mais où?Explique-toi.Qu'y n-t-il?—Le vieux moussu de la tour est bien malade.La Maria est venue me porter un bout d'écrit qu'il a fait pour vous."Il faut l'apporter tout de suite à moussu de Koquefranque, tout de suite, sans perdre une seconde", qu'il a ajouté.Silencieusement, ne voulant pas éveiller la domesticité endormie, mais en toute hâte, Bertrand descendit.La porte massive glissa sur ses gonds bien huilés.—Donne., dit brièvement Bertrand à Séraphin.A la lueur de sa lampe électrique, il lut ces courtes lignes, d'une concision inquiétante, tracées au crayon par une main faible: Monsieur, No refusez pas à un mourant, malgré l'écart dans lequel il vous a tenu jusqu'ici et que vous comprendrez bientôt, la suprême consolation d'entendre les mots que je dois vous dire.Je vous attends.Baron de Cabrinac —Viens., commanda sans autre explication Bertrand à Séraphin, qui attendait à l'écart.Sans même prendre le temps d'endosser un pardessus, il se mit en marche à une allure rapide, escorté de l'innocent.La lueur puissante de la lampe électrique avait peine à crever le brouillard dont le mur épais se dressait devant eux.Mais Séraphin connaissait les moindres sinuosités, les plus petits obstacles du chemin; il aurait pu parcourir les yeux fermés tout le cirque de Koquefranque.Lorsque Bertrand était sur le point de buter contre un roc ou de se heurter au tronc d'un châtaignier, il l'agrippait fortement par la manche et le remettait dans le bon chemin.Bertrand ne disait rien; il n'y avait pas de temps à perdre en paroles oiseuses.Les battements précipités de son coeur, ses traits contractés, dénotaient sa profonde, émotion.Et il n'y avait pas que cet appel douloureux d'un vieillard sur le point de quitter ce monde qui l'angoissait à ce point.Allait-il revoir Maguy?Les yeux adorés se poseraient-ils indifférents sur lui, ou bien découvrirait-il, dans le lac bleu de ce regard profond, un mystère que son orgueil n'avait su, ou n'avait pas voulu deviner?Y aurait-il un reproche au fond de ce regard?Il le méritait.Au fur et à mesure que la montée se faisait plus raide, indiquant le but proche, les nerfs de Bertrand se tendaient davantage.Une faible lumière clignotait à une étroite fenêtre de la tour, l'envelop- pant du même nir de mystère que le soir où il fut surpris par les gémissements.Un frisson le saisit.Quel drame moral se jouait là depuis des mois ?.Quelle tragédie allait l'accueillir au seuil de ces ruines au-dessus desquelles voletaient de lourds oiseaux de nuit?.La vieille Maria attendait à la porte et, sans mot dire, le guida vers la chambre du malade.Dans la petite pièce aux murs de larges pierres nues, un lit étroit composait le plus clair du mobilier.Assis dans le lit, soutenu par plusieurs oreillers, un vieillard, qu'on devinait de haute taille, tournait vers la porte un visage aux grands traits, dont le relief s'accusait encore par la lueur laiteuse d'une veilleuse.Le reste de la chambre plongeait dans l'ombre, et Bertrand, retenant le sanglot qui lui étreignait la gorge, put à peine deviner, à genoux au pied du lit, les coudes appuyés sur le drap et le front reposant dans la main, la forme délicate de Maguy.La physionomie du malade reflétait une attente angoissante, changée aussitôt, à la vue de Bertrand, en un sentiment de soulagement intense.Après avoir refermé silencieusement le battant, la vieille Maria s'était éclipsée.Bertrand demeura une seconde immobile, puis, s'étant avancé à pas feutrés vers le lit, il s'inclina profondément au chevet du vieillard.—Monsieur, dit aussitôt celui-ci, la voix faible et hachée par la souffrance, mais dénotant une volonté ferme, vous avez devant vous un vieillard sur le point de quitter cette terre d'agonie.Merci d'être venu m'écou-ter.Mon fils,.autrefois,.a été l'instigateur de la tentative d'assassinat.commise sur votre père.Oui,.un Cabrinac a été assez lâche,.est descendu assez bas,.dans un ressentiment causé par la désillusion du mariage de votre mère.avec M.de Roquefranque,., pour aller jusqu'au crime."Monsieur de Roquefranque.— la voix du vieillard prit une dignité, une grandeur inexprimables, — au nom de mon fils qui n'est plus,.au mien propre,.au nom de cette enfant dont le printemps de la vie n'cet que souffrance et qui va rester seule au monde,.je vous demande pardon." Bertrand, l'âme profondément troublée de cette humiliation volontaire, ploya les genoux devant l'agonisant: —Je vous en supplie.Monsieur, croyez que je n'ai rien à vous pardonner.Cette faute, s'il y a eu faute (de simples humains sont si peu aptes à juger autrui), vous n'en êtes pas responsable, ni vous ni Mlle de —-"Ahl J'oubliais; il me faut aussi quelques os pour mon chien." Cabrinac.Elle ne peut peser en rien sur la dignité de votre vie à tous deux, sur vos sentiments élevés.Croyez, Monsieur, que je vous estime, (pie je vous admire infiniment.Depuis trois mois, par la volonté de Dieu, j'étais au courant du tragique secret Maguy laissa tomber ses mains, découvrant un pauvre visage amaigri et douloureux.Cela n'avait en rien diminué mon respect pour vous., continua Bertrand, et — ici, sa voix se brisa _ mon amour pour Mlle de Cabrinac.Un sanglot fut la réponse de Maguy.Son regard, plein d'amour héroïque, enchaîna celui de Bertrand qui devina tout.Soulevé d'une allégresse inexprimable, les lèvres frémissantes, il reprit: —Alors, Monsieur, je vous demande une grâce."Monsieur de Cabrinac, voulez-vous me faire le grand grand honneur de m'accorder la main de Mlle de Cabrinac?Ma vie et mon bonheur sont en elle." Les yeux éteints du vieillard s'illuminèrent d'une joie profonde, d'une paix surnaturelle.Sa main décharnée prit la main de sa petite-fille et la fit reposer dans celle de Bertrand.Tous deux courbèrent le front sous la bénédiction du mourant.XII Toute la nuit, les fiancés veillèrent le malade.Nul autre mot ne fut dit entre eux.Leur amour existait.C'était là tout.La minute sacrée i i leurs yeux avaient échangé cette assurance se continuait en eux.dans le silence et la paix.Leurs pcnséi .leurs actions allaient toutes au vieillard dont le souffle haletant emplissait la chambre.L'aube ne serai: pas aussi celle de sa mort?.Pourtant, lorsque l'aurore pâlit les vitres, lorsque le chant du coq claironnant à travers la campagne évi à la vie les travailleurs, la respiration du malade devint plus régulière, et bientôt il sombra dans un sommeil apaisant.Il était sauvé.La vieille Maria vint relever les jeunes gens de leur garde et insista pour qu'ils aillent se réconforter.A cet effet, elle avait disposé sur la grosse table de la cuisine rustique ( Maguy ne pouvait plus supporter île pénétrer dans la lugubre salle à manger) un petit déjeuner compose de café brûlant et de larges tartines minces, coupt-cs dans le gros pain rend et enduites de beurre fondu.Dès qu'ils furent seuls, Bertrand attira sa fiancée dans ses bras.—Maguy, dit-il d'une voix pleine 'le crainte et d'amour, Maguy, me par-donnerez-vous d'avoir douté de votre tendresse, d'avoir accepté sans lutte votre décision?.Maguy tourna vers lui des yeux d'adoration.—Mon aimé., dit-elle seulement.Je suis toute vôtre.—Comment avez-vous su l'affreuse chose?reprit Bertrand au bout d'un moment, regardant le cher visage amaigri, les grands yeux plus profonds, dont le cerne bleuâtre disait les jours de souffrance.—Par mon grand-père qui, dans une nuit de délire, livra le secret.Je m'évanouis sous le coup de cette révélation, et, le matin seulement, ma vieille nounou me trouva étendue a terre.Après j'ai été bien malade, paraît-il.Puis la mémoire m'est revenue et.je vous ai écrit ce que vous savez.Je ne pouvais supporter la pensée de cette tache.Mais vous, Bertrand, depuis quand le saviez-vous?—Depuis que l'ouragan détruisit le calvaire: une bouteille se trouvait enchâssée dans le socle.Pour tous, pour Juillet 19+4 Le Bulletin des Agriculteurs 37 le maçon qui bâtit la croix, le papier contenu dans le verre indiquait la date de l'érection; mais, moi, ce que j'y lus, ce sont les soupçons de mon père sur l'auteur de sa malheureuse blessure.Non pas une certitude absolue, mais il évoquait la rivalité d'autrefois entre votre père et lui et trouvait bizarre que le coup lui eût été d'inné par un domestique venu justement de chez votre père et qu'il avait pris sur la recommandation de celui-ci.Il remerciait Dieu de l'avoir sauvé et enfermait ce secret dans le tombeau de la croix.En somme, ma bien-aimée, aucune preuve n'a été donnée.Kt puis, laissons dormir tout cela dans le passé, comme mon père voulait le laisser dormir sous la pier, re.Maguy ne répondait pas.Bertrand lui prit les mains avec tendresse.Elle tressaillit et parut sortir d'un songe lointain._Oui, un doute demeure., murniu- ra-t-olle.Ob! si cela pouvait ne pas rire.Bertrand!.—Je ne vous en aimerais pas davantage, chérie, parce que je ne le pourrais pas: je vous aime comme aucun autre être humain ne peut aimer un autre être.Alors, ne pense?, plus à toutes ces tristes choses.P ¦ inné n'est plus au courant de :ret, puisque les deux filous qui l'avaient surpris — et on n'a jamais su comment — et s'en étaient servis pour faire du chantage auprès de votn grand-père, ont trouvé la mort l'autre jour, en venant mettre leurs menaces à exécution.—Oui.C'est le doigt de Dieu, dit iloueement Maguy.Ton- deux, les mains enlacées, rentrèrent dans la chambre, où le sourire apaisé du vieillard les accueillit.I!ei!land n'abandonna pas la Tour Maudite tant que le malade ne fut pas en état d'être transporté à Ro-quefranque.Il tenait à ce que, dès lors, le vieillard quittât son abri lugubre et misérable.Dans le clair atelier, M.de Cabri-nac acheva sa convalescence.II aimait demeurer là, sur sa chaise longue, '.::t sa vue sur les chefs-d'oeuvre du sculpteur, au milieu desquels le liur-te de sa petite-fille resplendissait.Puis, lorsque la fatigue le prenait, il reposait sa tête fière sur les coussins et laissait errer son regard sur le paysage embrumé.Bertrand et Maguy vivaient ce temps béni des fiançailles en compagnie du vieillard, ou bien quelquefois, sur .m instance, ils allaient jusqu'à Castclfranc passer quelques heures (liez les Vialoux, dans l'atmosphère simple et gaie de leur demeure éclairée d'une amitié à toute épreuve.Naturellement, Bertrand n'avait conté a (lau.le.des événement récents, que qui pouvait en être dit.Pour le notaire, la rupture entre Maguy et Bertrand avait été provoquée par M.'if Cabrinac, dans un accès violent de neurasthénie.Puis il en avait eu du remords, au cours de sa grave maladie.Simone et son mari devinèrent-ils antre chose?Nul ne le sut jamais: Leur amitié était discrète.Quelquefois, les jeunes gens ren-tlaienl visite à leur autre ami, et non (les moins dévoués: Séraphin.Dans ''' [roid vif.ils gravissaient avec entrain, tels deux enfants heureux, la pente abrupte menant à la masure «e Séraphin, Jamais ils n'allaient jusqu'il la Tour Maudite.Qu'y «"raient-ils fait?.Les poules et les '«pins de Maguy avaient déménagé aussi, pour lojrer à Roquefranquc dans "M abris plus modernes.Comment votre grand-pero a-t-il eu nice île venir s'installer dans ces ruines! demanda un jour Bertrand.C'était un tel changement avec votre habitation! —Je crois que grand-père est arrivé à tout donner, même le montant de la vente du domaine, à ces affreux hommes qui le tenaient en leur pouvoir en le menaçant de divulguer.ce que vous savez.Il fallut bien, ensuite, se loger à bon marché.Je crois même que ces individus avaient forcé grand-père à acheter la tour, pensant, avec juste raison, le tenir mieux à leur merci dans cette habitation pleine d'embûches, au renom de tragique mystère.Que serait-il advenu, mon Dieu, Si.—Ne pensez plus à tout cela! jeta vivement Bertrand.Ne pensez qu'au présent, à notre amour.Tout en parlant, ils arrivaient à la cabane de Séraphin, Subitement, Maguy eut un frisson.—Qu'avez-vous, ma chérie?Avez-vous froid?—Un peu,.mais ce n'est rien, se hâta-t-elle d'ajouter devant le regard inquiet du jeune homme.—Je vais dire à Séraphin de faire du feu.Le bois ne lui manque pas: je l'ai autorisé à prendre tout celui qui lui est nécessaire à Roquefranquc.C'est, avec du tabac, la seule chose qu'il veuille accepter.— Pauvre être! il a sa fierté.—La demoiselle a froid, mon bon Séraphin, dit aussitôt Bertrand en entrant dans la masure sombre où deux tisons éclairaient faiblement un foyer fait d'une large pierre.Un trou pratiqué dans la toiture faisait l'office de cheminée, et l'on juge si la fumée avait peine à s'échapper! —Attendez deux secondes, Moussu.La demoiselle va se réchauffer.Toujours coiffé, hiver comme été, de son chapeau copieusement troué, l'innocent s'affaira.Pendant ce temps, Bertrand avait ôté son pardessus et en avait enveloppé Maguy, malgré ses protestations.Une bourrée flamba bientôt — de quoi rôtir un boeuf, — et la jeune fille, serrée contre Bertrand (il n'y avait pour tout siège qu'un petit banc boiteux), sentit de nouveau le sang circuler dans ses veines.La réaction se fit rapidement.Ses joues reprirent leur couleur de printemps.—Que c'est bon de se chauffer.Séraphin! Tu m'as sauvé la vie! —Tant mieux, demoiselle.Séraphin est bien content.Séraphin ne pense qu'à vous.Les jeunes gens lui sourirent amicalement.— Kt ton mariage?questionna Bertrand pour lui complaire.C'est pour bientôt?—Ca avance.Moussu, ça avance tout doucement.—Tu as choisi, maintenant?—Eh! je ne sais pas encore.Moussu! La Lolotte s'est mariée, et l'Ida du père Rousseyrac a un promis.Elle m'a dit ça à la dernière foire.Alors, je verrai.—C'est ça, Séraphin.Veux-tu une cigarette?Bertrand tendit son étui.—Merci bien, Moussu, mais j'ai encore du tabac que vous m'avez fait envoyer dimanche.Séraphin tira de la poche de son pantalon un cornet de papier, pour rouler une cigarette.—Ce n'est pas commode de mettre ton tabac là dedans, mon pauvre Séraphin, dit Maguy.Je t'apporterai une blague plus pratique et plus solide."Est-ce que tu mets ton tabac dans une lettre de ta future?" demanda-t-elle, gentiment taquine.—Que non pas, demoiselle! —Ce serait en faire un bien prosaïque usage! constata Bertrand en souriant.Tiens! mais, en effet, c'est bien une lettre! ajouta-t-il, examinant plus attentivement la blague improvisée.Séraphin prit un air mystérieux: —Je ne sais pas qui a écrit ça, mais c'est une longue lettre.J'en ai d'autres morceaux dans l'armoire où je l'ai trouvée.Voulez-vous voir mon armoire, demoiselle?—Mais je veux bien! dit Maguy, riant et cherchant vainement du regard, à travers la pénombre de la pièce, un meuble qui pût s'apparenter avec une armoire.Une table faite de quatre bûches et d'un dessus de caisse et le banc de bois où ils étaient assis formaient, avec le lit — cadeau que Bertrand avait forcé Séraphin à accepter, — toute sa richesse mobilière.D'un coup de sabot, Séraphin repoussa la bourrée au fond du foyer, faisant jaillir ainsi une gerbe d'étincelles.Puis, sous les yeux étonnés des jeunes gens, il introduisit une barre de fer dans un interstice de la large pierre servant d'assise au foyer et, d'un coup, la fit bousculer.Une cavité d'environ soixante centimètres de profondeur apparut.Bertrand se pencha vivement et remarqua que cette cavité était tapissée des quatre côtés par d'épaisses plaques do fonte.Les bardes de Séraphin s'entassaient là.Des feuilles de papier recouvertes d'une écriture appliquée — l'écriture de quelqu'un n'ayant qu'une instruction très rudimentai-re, se dit Bertrand — voisinaient, éparpillées au hasard, avec ce tas de vêtements hétéroclites.L'innocent attrapa les papiers sans ménagement et les tendit à Bertrand: —Si cela vous amuse, Moussu, je vous les donne.Séraphin ne sait pas lire.Mais, vous qui savez tout, vous y verrez peut-être des choses.—Merci, Séraphin, dit Bertrand, ne voulant pas le contrarier.Tu es bien gentil.Il prit les papiers et les feuilleta au hasard.N'en pouvant croire ses yeux, il retint tout à coup l'exclamation prête à jaillir de ses lèvres: les noms de Cabrinac et de Roquefranquc flamboyaient sur plusieurs panes!.Qu'y avait-il encore sur ces feuillets?Quel autre mystère dormait là, depuis tant d'années, et par qui ces confidences avaient-elles été enfouies dans cette cachette ignorée?.D'un air dénué d'intérêt — il était inutile d'inquiéter Maguy — il glissa les papiers dans sa poche.Pendant ce temps, Maguy examinait "l'armoi-.re" de Séraphin, passant son doigt sur les joints des plaques de fonte; un léger tressaillement l'agita une seconde, au cours de ses investigations.Ce mouvement passa inaperçu de Bertrand, dont l'esprit voguait à la dérive.Pour plusieurs raisons, il avait hâte de rentrer: d'abord, il n'était pas bon pour Maguy de demeurer longtemps là, dans cette cabane inconfortable; ensuite, il était fortement intrigué par les noms accolés sur les feuillets informes donnés par Séraphin.Il bouillait d'impatience de se livrer à cette lecture.—Je crois, ma chérie, qu'il serait prudent de rentrer.Vous vous réchaufferez mieux à Roquefranquc —Soyez tranquille, Bertrand, je ne me ressens plus de rien; mais il vaut mieux retourner auprès de grand-père, qui pourrait s'inquiéter.—Je te remercie de m'avoir montré ton armoire, ajouta-t-clle, se tournant vers Séraphin.Je doute que des cambrioleurs puissent te dévaliser: elle est trop bien cachée!" Tout en riant, elle prit le bras de Bertrand et l'entraîna à travers la châtaigneraie.Le retour à Roquefranquc fut plus rapide que l'aller.Sans se l'avouer, les jeunes gens étaient préoccupés chacun de leur côté.Bertrand passa une partie de la nuit à mettre en ordre les paperas- ses qu'il avait rapportées.La tâche n'était pas facile: certaines feuilles étaient déchirées, d'autres froissées.Enfin, il arriva à les classer d'une façon à peu près compréhensible, mais il manquait une page, celle, probablement servant à Séraphin de blague improvisée, et il se promit d'aller la lui demander avant le lever du jour.En attendant, il commença posément la lecture de ces documents.La physionomie de plus en plus radieuse, il lut et relut plusieurs fois les nombreuses pages.Sa lampe mourait — l'électrification des campagnes n'avait pas encore atteint ce coin perdu — lorsqu'il se décida à quitter sa table de travail, jonchée de feuillets épars.Les yeux du jeune maître resplendissaient d'un triomphe sans borne; un frémissement joyeux agitait ses larges épaules.Sans perdre une seconde — l'aube allait poindre — il sortit doucement, voulant demander à Séraphin la feuille manquant au document.Il préférait ne mettre Maguy au courant de sa découverte que lorsque toutes les lacunes seraient comblées.Il ne courait du reste aucun risque de la rencontrer: M.de Cabrinac et sa petite-fille habitaient le côté opposé du château, en attendant le complet rétablissement du vieillard devant permettre le mariage des jeunes j;ens.Lorsqu'il atteignit la masure de Séraphin, Bertrand" fut étonné de troc-ver la porte entre-bâillée et encore plus surpris du murmure de voix dans lequel il crut reconnaître le timbre clair de Maguy.Vivement, il poussa la porte.—Vous ici! reprocha-t-il, inquiet, et à pareille heure! —Vous-même, Monsieur mon fiancé, à quoi dois-je l'honneur de votre visite?riposta-t-elle gaiement.—A un grand bonheur qui nous échoit, ma chérie.En serait-il de même de la raison qui vous a amenée ici?—Mon Dieu, Bertrand, le motif qui m'a guidée est des plus simples: la curiosité! Je m'étais aperçue, hier, qu'une des parois de l'armoire de Séraphin vibrait légèrement sous le contact du doigt, et j'ai pensé qu'il y avait peut-être là un mystère à élucider.Il n'y aurait rien d'étonnant à ce qu'il y eût, dans des parages si voisins de la Tour Maudite, un souterrain quelconque.En cas d'insuccès, je n'ai pas voulu vous mettre au courant de ma course, ne voulant pas encourir vos moqueries! Et j'avais raison, car je n'ai pu encore faire bouger la plaque, malgré l'aide de Séraphin ! —Voyons cela! dit précipitamment Bertrand.Se penchant à son tour, il promena son doigt sur tous les joints: rien ne bougea.Sans se décourager, il reprit plus fortement.Soudain, il y eut un léger déclic, et la plaque du fond glissa du haut en bas, dégageant une ouverture capable de laisser passer le corps d'un homme de forte corpulence.—C'est bien cela! s'exclama Bertrand.Le souterrain conduit à la Tour Maudite.Il avait raison! —Que voulez-vous dire, Bertrand chéri?qu'est-ce que cette énigme, et de qui parlez-vous?.Il me semble que nous vivons en plein roman! —Oui, petite Maguy! En plein roman heureux, délicieux, en même temps qu'en plein roman policier dont le dénouement touche à sa fin!.As-tu toujours la feuille de papier enveloppant ton tabac?continua le jeune homme sans transition, s'adressant à Séraphin.—Toujours, Moussu.Sortant le cornet de sa poche, il le tendit ù Bertrand, de qui les moindres désirs étaient des ordres.La figure rayonnante, Bertrand dé- 38 Le Bulletin des Agriculteurs Juillet 1944 r Cultivateurs! AUGMENTEZ VOS REVENUS Placez à la tête de votre troupeau un bon taureau canadien.Il améliorera le rendement de vos sujets et contribuera à augmenter la production laitière et à vous assurer ainsi de meilleurs revenus.Pour de plus amples informations, prière de s'adresser au secrétariat de la • • SOCIÉTÉ DES ÉLEVEURS DE BOVINS CANADIENS Ministère de l'Agriculture, Québec.M.HALLE, président J.-P.LETTRE, secrétaire.iilipi ' à :Ca a aourgane.(lire ici la suite de la page 29) pied de la plante sont déjé bien formées et même parvenues à la maturité, alors que celles de la tête sont encore à l'état de fleurs ou en pousses tendres et fragiles.Les grains mûrissent donc successivement de bas eu haut.Cette propriété constitue un grand avantage pour le consommateur puisque pendant une bonne partie de l'été, il est assuré d'avoir à sa disposition îles gousses qui lui fourniront des grains jeunes et tendres.Pour récolter une semence suffisante, il suffit de laisser à chaque tige les deux ou trois premières gousses qui se formeront à sa base.Ainsi, chaque plan portera au moins la semence nécessaire à le reproduire, sans que cela ne nuise beaucoup au |iotagc journalier.Et si le consommateur ne peut résister au désir de "gober" sans délai même ces premiers légumes, eh bien, pour s'assurer une semence, il devra au moins épargner quelques plants de quelques bouts de rangs.Lorsque ces tiges de réserve porteront, des '.'¦lisses assez formées, il les ctôtera mi ceimera.Ainsi, l'énergie dépensée à la formation de nouveaux e.rains sera forcément dirigée dans les grains déjà existants et les fera tous mûrir.Contrôle des insectes A cause de sa succulence, le plant do gourgane est souvent la proie des pucerons.C'est un ennemi dangereux qui, en un rien de temps, peut saccager la plantation.Pour anéantir ces gourmets, il suffit d'arroser complètement la belle végétation d'une solution de chaux nicotinéo; vous trouverez cette preparation à bon compte au magasin coopératif de voire village.Recettes Mesdames, il me plaît do vous présenter une recette qui me vient directement du pays où la soupe aux gourganes, pendant l'été, remplit les repas de gaieté et de contentement.Elle est d'une aimable ménagère qui excelle dans l'art de faire ce potage.Voici les données que je vous conseille de suivre à la lettre:— 3 pintes d'eau; 1 pinte de gourganes tendres et vermeilles; 1/2 livre de lard salé, ou autre viande, ou gras; (préfenablement notre lard salé) 2 grosses cuillerées à table de farine préalablement détrempée; Herbes diverses (persil, cerfeuil, oignon, céleri, etc.) Sel et poivre au goût.¦» Manière de procéder:—Faire cuire le lard salé ou autre viande dans de l'eau, puis ajouter les gourganes.Ne jamais oublier de les ajouter à l'eau bouillante.Cuire une heure et demie au plus.Vers la fin de la cuisson, pour épaissir la purée, ajouter la farine détrempée.Mettre les herbes.Comme ingrédients pouvant remplacer la farine, on peut se servir de riz, de barley, de vermicelle ou, ce qui est très bien, de légumes en petits cubes, etc.A une soupe aux légumes, on peut ajouter les fèves gourganes;- la proportion de gourgancs est réglée par le goût du consommateur.Conserve Tout comme les pois verts, la gourgane peut être mise en conserve.On lave ce légume et on le fait bouillir pendant cinq minutes, avant de le mettre en bocal.Un contenant d'une pinte devra être stérilisé \'i heure.Et voilà les quelques renseignements qu'il me fait plaisir de donner, dans le but de faire connaître les bienfaits que peut procurer une semence de gourganes.Mettez en terre ce légume riche et savoureux.Servez le à votre table.Peut-être plus que d'autres, il vous apportera, avec de la joie plein les repas, la santé, la force, le bonheur.Références:— Food atid Life; Yearbook of Agriculture, 193!); La bonne terre; Volume XXIII— No.4~, Avril 19-12; The New Garden Encyclopedia'; Bulletin No.115—Ministère de l'Agriculture; Feeds and Feeding, by F.-B.Morrison; Les légumes, par G.Billuult.OUI, vous pouvez compter que les pains de Levure Royal vous -assureront invariablement des résultats satisfaisants.La Royal ne fait jamais défaut.7 ménagères canadiennes sur 8 qui achètent de la levure sèche, mettent leur confiance dans la Royal.Elle offre plus de sécurité car, chaque pain étant enveloppé séparément, elle garde sa pureté et toute son activité.Pas de parties pâteuses ou de goût de sur.Chaque pain fait avec la Royal sort du four léger, avec une belle mie fine — cuit à la perfection.Assurez la réussite de vos cuissons en commençant aujourd'hui à employer la Levure Royal—chaque pain est enveloppé séparément.Uno toxturo toujours fino.PAS DE GRANDS YEUX Une cuisson uniforms.PAS D'ENDROITS PÂTEUX FABRICATION CANADIENNE Standard Brands Ltd.Fraser Ave.& Liberty St., Toronto, Ont.Veuillei m'envoyer gratis 2 pains de Levure Royal ainsi que le Livre de Recettes de la Levure Royal.Nom-Rue— Ville- -Prov- 58 Le Bulletin, des Agriculteurs Juillet 1944 Pc our ieô jeunes LETTRE DE MARRAINE TABLEAU D'HONNEUR Mer chers filleuls.Vous êtes en vacances, c'est une chose merveilleuse que de n'avoir pas d'étude, de devoirs à faire pour deux longs mois.Mais j'espère bien que les petits garçons et petites filles que j'appelle: "mes chers filleuls" avec beaucoup de tendresse et d'affection, ne profitent pas de ce long congé pour apprendre à faire la paresse.Ce serait trop laid et trop vilain comme habitude pour l'avenir.Il y a tant de choses à faire pour se rendre utile à la maison, sur la ferme, dans un commerce, selon l'occupation de ses parents, quand on est un petit garçon ou une petite fille de coeur.C'est bien la façon la meilleure et la plus agréable de faire l'apprentissage de la vie.Une petite fille qui aime sa maman ne voudrait pas la voir peiner seule à préparer les légumes, quand c'est si facile de l'aider, ou à balayer, épousseter, laver les vitres et même le plancher de la cuisine, quand elle peut en profiter pour prendre sa leçon de science domestique en partageant la tâche avec cette bonne maman qui si souvent, et si longtemps est à la besogne.Les garçons peuvent se charger des commissions, du bois, du transport des paniers de linge, le jour du lavage, sans compter les bons coups de main qu'ils peuvent donner sur la ferme, si leurs parents ont cet honneur et cette satisfaction d'être cultivateurs.Les vacances sont un repos, non pas parce que l'on peut organiser le programme de ses journées sans autre règlement que celui de la maison: manger et dormir à telle heure .mais surtout parce que l'on peut davantage vivre au grand air, et vaquer à des occupations différentes.Qui sera le meilleur petit garçon, la petite fille la plus dévouée au cours des semaines de vacances qu'il vous reste?De tous les petits coeurs monte la même réponse: C'est moi! Et je suis fière de toute la bande de mes filleuls, à qui j'adresse un bonjour lumineux comme les fleurs de juillet et les beaux jour ensoleillés.Marraine.CONCOURS DU MOIS 1—Nommez trois instruments de musique; 2—lequel préférez-vous, et pourquoi?Quand même votre réponse ne serait donnée qu'en dix mots, si elle est écrite avec application, elle sera considérée et peut vous valoir un beau prix.Adressez donc, le plus tôt possible, votre participation au concours,' à: Marraine, le Bulletin des Agriculteurs, Edifice Drummond, 1117 ouest, rue Sainte-Catherine, Montréal, P.Q.Tous les enfants sont invités à y prendre part.Voici les noms des heureux gagnants pour le concours du mois: Fernande Marchand, de Lachute, et Edmond Dcmers, de St-Henri de Lé-vis, qui recevront leurs prix par un prochain courrier.Compliments aux filleuls dont les noms suivent pour leur application et leurs bonnes réponses: Anita Tru-del, Robert Thériault, Robertine Martin, Gervaise Moorc, Noëlla Martin, Rita Loignon, Suzanne Gilbert, Georgette Doyon, Brigitte Champagne.Rita Lauzière, Diane Ménard, Rosc-Alba D'Amboise, Marie-Thérèse Poirier, Thérèse Patry, Gilles Gélinas, Claire Lamothe, Alexis St-Onge, Marc Mercier, Dolorès Pelletier, Florence Duchaine, Madeleine Tanguay, Armande Dubois, Roger Dubuc, Aline Desbiens, Evelyne Bélisle, Rose-Ange Raymond, Yolande Arsenault, Rita Lemieux, Rose-Hélène Labonté, Ber-the Dubé, Gisèle Potvin, Lorraine Boudreault, Léonie Daoust, Gisèle English, Paulette Guérette, Claude Drouin, Ovide Harvey, Rollandc Bélanger, .Edith Collard, Gisèle Potvin, Adrien Daviau, Gertrude Villeneuve, Rose-Rita Robichaud, André Doucet, Madeleine Goudreault, Suzanne Chamberland, Félixine Audet, Yolande Cardin, Jeannine Gendron, Palma Beaudoin, Annette Boudreau, Anne-Marie McKale, Annette Chan-donnet, Marie-Claude Ménard, Rose-Anna McMartin, Denise Bélanger, Roland Arpin, Gilberte Lachance, Thérèse et Alice Bélisle, Jeannette Laprés, Claire Drouin, Cécile Bouchard, Jeanne Boucher, Bertrand Langlnis, Marc Yvon Gignac, Lionel Sénéchal, Gisèle et Réal Gobeil, Ci-dette Beausolcil, Thérèse Gélinar, Lorraine Gallant, Mérilda Bouchard, Madeleine Bouchard, Jeannine Beau-dry, Lucille Deslauriers, Jean-Claude Coulombe, Réjeanne Lacroix, Ncil Bourget, Denise Manningham, René Lévesque, Suzanne Verreault, Lucien Desormeaux, Gilberte Berger, Jacqueline Brodeur, Rollandc Garneau, Marguerite Ouellette, Jeanne-Thérèse Pion, Mérielle Charette, Ida Gauthier.Yolande Cauchon, Laurctte Gagnon, Jeannine Fournier, Rose-Aimée Bri-sebois, Denise Beaupré, Aline Théoret Hélène Théorêt, Fernande Mondor, Laurette Côté, Yvette Blanchettc, Itha Boulay, Muguette Dinel, Emilien Savard, Marie-Paule Blanchet, Anne-Marie Tremblay, Thérèse Clément, Estelle Landry, Marie-Paule Corbei!, Jacqueline Plante, Béatrice St-Gcr-main, Carmen Boulanger, Gisèle Gagnon, Yolande Morin, Pierrette Charette, Jacqueline Langevin, Camilicn Verret, Cécile Larose, Roger Larose, Gisèle Lauzon, Thérèse Gingras, Alphonse Landry, Jeannine Morneau, Marie-Thérèse Robifeaillc, Pauline Verrette, Jeanne-d'Arc Tremblay, Cécile Pelletier, Adrien Bolduc, Solange Lestage, Maurice Mathieu, Julienne-Ida Tremblay, Bernadette Lavoie, Bernadette Dénommée, Bébiane Pelletier, Rita Rhenult, Monique Gosselin, Rachel Poulin, Noëlla Fournier, Hu-guette Bolduc, Gabrielle Laplantc, Yvette Soyia, Aline-Georgette Vail-lancourt, Aline Perreault, Huguette Tremblay.Qu'est-ce que cette "corrélation" de conseils d'administration?("YUAND vous avez besoin d'un bon conseil, vous vous adressez à un ami versé dans les choses qui vous préoccupent.S'agit-il de consulter un homme de profession, vous n'hésitez pas à rechercher le plus capable.Il en est ainsi des compagnies d'assurance-vie.Gardiennes des épargnes du peuple, elles s'entourent des meilleurs hommes d'affaires du Canada.Souvent, en raison de leurs qualités et de leur compétence, des administrateurs de compagnies d'assurance-vie font aussi partie de conseils d'administration de plusieurs autres entreprises à caractère différent; c'est que le règlement des questions qui intéressent à un si haut point des millions de personnes exige l'intervention d'hommes au jugement sûr et à l'expérience consommée.L'assurance-vie, outre les nombreux aspects qu'elle présente, offre un lien qui unit votre puissance de gain à vos besoins les plus lointains—son action s'exerçant parfois pendant plus d'un demi-siècle.Il est de toute importance que la direction des compagnies d'assurance-vie soit confiée à des hommes d'expérience.Tout bon citoyen possède de L'ASSURANCE-VIE Un message des compagnies d'assurance-vie du Canada tf-JMF Juillet 1944 Le Bulletin des' Agriculteurs- sr ONÉSMM pour l'amour du cielA one'sime/ laisses tes'leçons de mage de cote et viens m'aiDER IL Bert Charter.IL NY A PAS DE DANGER.QUE C'AURAIT ÉTÉ UNE PEMME LES HOMMES SONT SI RARES 7 PAUVRE TYPEi ^y-1 ENFIN IL EST-CE QU'IL REVIENT) OUVRE LES YEUX ! 9 AM .SEIGNEUR! ILFM.LMTQUE '- J'OUBLIE DE LUI FAIRE CETTE DERRIERE RECOMMENDATION-LA—JE NE ME LE PARDONNERAI J/VMAlSj MON DlEu! ONESIMe! j'Ai DONC EU PEUR.'! je PENSAIS que t'AVAIS OUBLIE D'ENLEVER TA montre-bracelet! 60 Le Bulletin des Agriculteurs Juillet 1944 Comment les médecins pansent les BRÛLURES Au cours d'un récent bombardement, 75 hommes j-RJ furent gravement brûlés par des jets de vapeur, pourtant, tous guérirent.Les médecins avaient pansé leurs brûlures avec du petrolatum, mieux connu sous le nom de Gelée de Pétrole 'Vaseline'.Ce traitement sommaire fut aussi donné aux victimes de l'incendie du Cocoanut Grove.Pour toute brûlure mineure à la maison, couvrez de 'Vaseline' une gaze fine et placez sur la partie brûlée; puis faites un pansement solide.En pots: 10e.15c, 25c En tubes: 20c Vaseline MAROUC DÉPOSÉE GELÉE DE PÉTROLE LA TETE CHAUDE DE BÉBÉ 1ST UN SIGNE DE DANGER QUAND votre bébé a la léte chaude, vous devez faire quelque chose et le faire rapidement.Lisez ce que fait Mme B-, d'Entcr- prise, et les résultats qu'elle obtient: "Mon bébé avait les joues et les mains si chaudes que j'eus peur.Je lui donnai une Tablette Baby's Own a midi, et après souper il allait mieux." Et Mme Francis Carroll de Midland, dit ceci: "Ma fillette était si fiévreuse que j'eus réellement peur.Je pensai alors aux Tablettes - Baby's Own, je lut en donnai trois toutes les deux heureBCt le soir même clic était debout." Les Tablettes Baby's Own sont sucrées, faciles à prendre, faciles :\ pulvériser, si on le désire.Certificat d'analyse dans chaque Iwltc.ERalement bonnes dans les cas de fièvre de dentition, diarrhée, dérangements d'estomac, rhumes et autres petites maladies infantiles.Achetez-en une boite aujourd'hui; la maladie frappe si souvent dans la nuit.25 cents.Vous serez remboursée si vous n'etes pas satisfaite.S< lu rite Commodity fiaà MattclatfcliL CANADIAN NATIONAL % EXPRESS Lu \tuit ù lent In BUREAUX de MESSAGERIES et GARES du CANADIEN NATIONAL 3 PERMANENT A LA MAISON Sans mnehine», chalcar ou électricité.SI ni in pie qu'un en/ant peut l'appliquer — Garanti ne paa contenir d'ingrédients 'ommaccables, durer aussi longtemps qu'aucun autre permanent, transformera vos cheveux en belles boucles naturelles.Expédié par malle, empa-tiuctago régulier }1.30.Écrivez a: Casier 222.DépU A.Haute-Ville, Québec, Que._ c^HOROSCQ) PAR LE PROFESSEUR // ** Voulez- voui réussir en affaire et en' amour?Par votre horoscope vous serez guidé clans vos problèmes.Confrez-vout au PROFESSEUR DROMAH.Il vous aidera en amour ci à conserver le bonheur dsns votre foyer."l'nvoyez 30c psr malle et votre date de naissance.Vous recevrez promptement et confidentiellement votre horoscope.Adressez: PROFESSEUR DROMAH, casier 674, Haute-Ville, Québec, P.Q.oumer La danse et les plaisirs mondains ont perdu plus de jeunes filles qu'ilsji'en ont conservées Q.—Je suis une jeune fille de 17 ans, fréquentée par un jeune homme de 21 ans qui m'aime à la folie.Aux fêtes, il m'a fait cadeau d'une bague voulant alors m'épouser au mois de mai, mais je n'ai pas acquiescé à son désir sous prétexte que j'étais trop jeune.J'ai fait remettre cet événement en juillet.Il demeure à 98 milles de chez-nous et vient me voir tous les deux ou trois mois.Je reçois d'autres jeunes Rons en son absence et je les trouve bien gentils.J'aime les danses, les longues randonnées en auto et les plaisirs mondains.Mon ami ne sait rien de ma conduite.Bien qu'il m'aime beaucoup, je l'estime seulement.11 y a quelques mois, je l'adorais, mais à présent le plaisir m'emporte et mon coeur pour lui s'enfuit avec les beaux jours.Je n'ose l'abandonner parce qu'il m'a dit que si pareille chose arrivait, il se tuerait ou s'en irait se faire tuer sur les champs de bataille afin de ne plus me revoir car il ne pourrait vivre sans moi.Donnez-moi quelques conseils au sujet de cette comédie.JE REVE AU BONHEUR H.—Que vous êtes jeune et légère, ma chère correspondante.Et que vous vous préparez mal au bonheur dont vous rêvez.C'est vous qui jouez la comédie, qui trompez un ami sincère, qui vous jouez d'un coeur comme un enfant qui agite un hochet.C'est coupable, ne vous en doutez-vous pas?Soyez honnête, soyez franche et redoutez un mal plus grand encore que celui que vous entrevoyez, si votre prétendant apprenait votre conduite.On peut se résigner à une rupture, finir par l'accepter et permettre au temps qui cicatrise toutes les blessures de nous refaire un coeur neuf, mais la déception causée par une tromperie ne se pardonne pas.Ne craignez rien, votre ami ne se tuera pas; bien des amoureux, depuis toujours, prononcent cette menace dans l'enthousiasme de l'amour, comme preuve d'attachement, mais.combien y en a-t-il qui la mettent à exécution?Ces pensées romanesques vous plaisent et vous permettent de continuer à être courtisée, aimée.Cet encens vous grise.Si votre ami profite de son désespoir amoureux pour faire son devoir de soldat, vous n'auriez plus sur la conscience qu'une mort glorieuse, si les balles ennemies ne l'épargnent pas.Mais c'est encore du roman, des projets inconsciemment ébauchés qui ont bien des chances de ne pas se réaliser.Quant à vous sacrifier, il vaudrait mieux vous en tenir aux promesses données et vous pourriez y trouver le bonheur, si ce jeune homme est digne et capable de prendre les responsabilités d'un foyer.Mais vous êtes trop jeune d'âge et de caractère pour prendre la vie au sérieux, votre coeur ne sait pas encore ce qu'il veut et tourne à tous les vents comme les girouettes des clochers.Vous avez des goûts dangereux dans de telles disposition, car la danse, les plaisirs mondains, les radonnecs en auto ont perdu plus qu'ils en ont conservé de jeunes filles.Réfléchissez, ma petite amie, acceptez la surveillance et les conseils de vos parents; je suppose qu'ils ne vous laissent pas entièrement libre de vos faits et gestes, et qu'ils savent faire honneur à leurs responsabilités de parents chrétiens.Ayez une bonne explication avec votre ami, dès votre prochaine entrevue, mettez vos cartes sur table, il sera moins surpris et moins peiné quand viendra le jour de votre séparation.Soyez gaie, c'est bien de votre âge, mais songez qu'il faut aussi être sage! Q.—Combien de temps dois-jc attendre avant de répondre à la lettre d'un ami?Je ne suis pas courtisée régulièrement.Une qui aimerait savoir R.—Tout dépend de l'importance de cette lettre.S'il s'agit d'une simple lettre d'amitié et de bonnes relations, il est préférable de ne pas avoir l'air trop empressé.Laissez s'écouler au moins une dizaine de jours.» * » Q.—J'ai été courtisée par deux garçons sages et sérieux, je les ai aimés mais pas suffisamment pour me décider à les épouser ni l'un, ni l'autre.Maintenant je suis seule et je désire entrer au couvent.Suis-je trop jeune à 20 ans?Brunette R.—Votre réponse à la lettre précédente est peut-être venue au moment où vous ne l'attendiez plus.Que voulez-vous, il y a une affluence de lettres et comme chacune doit passer à son tour, il faut patienter quelques mois avant d'obtenir une réponse.Vous faites bien de vous diriger vers le noviciat si vous vous croyez appelée à la vie religieuse, surtout après avoir eu l'avantage d'être courtisée puisque l'amour n'a pas fait battre votre coeur.Vous serez dans le milieu pour étudier si vraiment vous avez, la vocation religieuse.Ecrivez à la Directrice des Novices de cette communauté, elle vous donnera tous les renseignements nécessaires.Vous avez le meilleur âge.Bonne chance.» » • Q.—Je suis une jeune fille de 1D ans et j'aimerais écrire mon journal.Est-ce que ce serait ridicule ?On me dit que ce serait perdre mon temps.Qu'en pensez-vous?Comment faut-il faire son journal ?Est-ce que l'on écrit chaque jour ce que l'on fait et ce que l'on pense durant la journée.Est-il bien de faire son journal et croyez-vous à la valeur de ces cahiers et aux souvenirs qu'ils laissent pour plus tard ?Ida II n'est guère plus à la mode d'écrire son journal, comme au temps de nos grand'mèrcs, parce que les jeunes filles font aujourd'hui du sport, elles travaillent au dehors ou poursuivent des études plus avancées.Cette pratique a du bon, elle devrait renaître, car, bien comprise, elle travaille efficacement à la formation des caractères, elle aide à l'avancement dans la vie spirituelle et si on se borne à noter les événements en jolies phrases bien ciselées, elle constitue un entraînement parfait à la littérature ôpistolaire et prépare pour plus tard une merveilleuse mine de souvenirs.Je vous conseille d'écrire votre journal puisque vous en avez le goût, malgré tous les sarcasmes dont on pourrait vous accabler, maiB n'en faites pas une chose obligatoire qui finirait par vous peser et que vous abandonneriez à cause même de sa tyrannie.Ecrivez donc dans un cahier, quand vous en aurez le loisir et le goût, en vous appliquant aussi bien au style qu'au sujet.Evitez de vous replier sur vous-même en décrivant vos petites peines, v
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