Le bulletin des agriculteurs /, 1 avril 1939, samedi 1 avril 1939
MONTREAL AVRIL 1939 An coeronneiiieiit de Pape Pie XII Fille de Bohême par Marthe Ravenue 2 Le Bulletin des Agriculteurs Avril 1939 Vous voulez augmenter vos charges.réduire vos frais.épargner sur le prix?Wnitri—Chevrolet à ridelles de ù î tonne.Ce.type 'ic de gras.Toutefois, si le lait a une teneur de erras supérieure à '.\.ï>r.c les laiteries doivent payer le lait 3 cents plus cher les 100 livres par dixième de eras au-dessus de .'1.5 pour cent.Si, par exemple, un cultivateur vend son lait dosant .'i.5r< de gras à une laiterie de Montréal il devra recevoir de celle-ci $2.15 les 100 livres, moins les fiais de transport.Cependant, si son lait a une teneur de gras de 3.G% il aura droit à $2.15 les 100 livres, moins les frais de transport.De même si la dose s'élève à '1.5% le cultivateur devra recevoir Ç2.-15 les 100 livres, moins les frais de transport.L'expertise est faite par un employé de la laiterie.On nous signale que cette expertise peut donner lieu à (les erreurs, qui ont quelquefois le caractère de fraudes, au détriment des cultivateurs.En effet, rien de plus facile pour les laiteries de jouer sillies dixièmes de la dose de jrras.Par exemple, si le lait donne un dosage de 4.3% l'employé peut indiquer une dose de 4.0'r de gras.Une si petite différence de trois dixièmes peut sembler une insignifiance.Ce n'en est pas une parce que le cultivateur a le droit de recevoir tout ce qui lui est dû.Et, dans cas comme celui-là, s'il va porter 300 à 400 livres de lait tous les jours et s'il perd trois dixièmes chaque fois, au bout de l'année c'est une petite somme dont il a été frustré.En effet, ces trois dixièmes de gras valent 0 cents les 100 livres et 27 ou :\C, cents les 300 ou 400 livres.Multipliez cette perte quotidienne par 300 jours et vous en arriverez à pas loin de $100 pour une année.On nous dit que plusieurs laiteries et autres entreprises se permettent ces petits écarts de mesure.A leur profit, naturellement.D'autres cultivateurs se plaignent que des laiteries font l'écrcmage du lait une fois ou deux par semaine sans donner l'avis obligatoire de 48 heures au préalable et qu'ils reçoivent un prix fixe par livre de lait bien que la Commission de l'Industrie laitière ait décrété qu'aucune laiterie autre que les trois postes d'écrémage officiels ne peut écrémer le lait.Ces trois postes à Montréal sont l'Association des producteurs de lait de Montréal, la Compagnie Beaupré Limitée et la Fabrique de poudre J.J.Joubert.Si une laiterie pour une raison ou pour une autre désire écrémer le lait elle doit d'abord donner un avis de 48 heures à ses fournisseurs-producteurs ou bien paye son lait le prix régulier déterminé par la Commission de l'industrie laitière.On sera peut-être tenté de dire que ces infractions aux ordonnances sont des peccadilles sans importance.Qu'on se détrompe.Ces peccadilles, les cultivateurs en supportent le poids.Pourquoi les charger des péchés des autres?N'ont-ils pas assez des leurs?Pour que ces fautes soient connues et corrigées il nous faut la coopération des cultivateurs.Si ces derniers se croient lésés dans leurs droits légitimes qu'ils portent plainte à la Commission de l'industrie laitière ou qu'ils nous le fassent savoir.Nous agirons pour eux.Toutefois, nous rappelons que nous ne nous lançons pas à l'aveuglette dans des réclamations injustifiées et que nous ne jouons pas au Don Quichotte."Le Bulletin des Agriculteurs" a déjà réglé quelques cas litigieux au profit des cultivateurs qui nous ont donné tous les détails de leur situation.Qu'on se le tienne pour dit.S'il advenait qu'un cultivateur ait raison de réclamer un meilleur traitement auprès d'une entreprise de quelque nature qu'elle soit, nous prendrons tous les moyens possibles pour lui faire obtenir justice.Et si l'entreprise ne voulait pas rendre à César ce qui est à César nous la dénoncerons dans cette colonne.Nous écrivions au mois de février: "De quelle façon les cultivateurs obtiendront-ils la protection la plus efficace contre les abus qui se commettent dans le commerce du lait?Nous croyons que le projet que préconisait la Société d'industrie laitière dans son 55e rapport annuel serait une solution à ce problème." Le projet des postes de réception du lait dans la métropole et les autres grands centres de la province dans le but de couper les ponts entre les acheteurs et les fournisseurs serait, pensons-nous, un remède à plusieurs maux.En effet, le producteur porterait son lait au poste de réception où s'approvisionnerait la laiterie.Le danger de la fausse mesure, du dosage erroné, du prix inférieur au prix détermine par la Commission de l'Industrie laitière serait écarte.Les abus sont assez nombreux dans le commerce du lait qu'il vaille la peine d'étudier les correctifs possibles.Et plus vite on les appliquera, mieux ce sera.Le "Bulletin des Agriculteurs" n'interrompra ses revendications en faveur de la classe agricole qu'une fois qu'elle sera mieux partagée.Et l'aube de ce jour n'est pas encore levée.mu démontre bien l'excellence des produits WESTCLOX Ce Miprrhr réveil c*t fait pour indiquer l'hriirc .nef precision c( pour VOUS réveiller chaque malin à la minute précité ^— cette année, l'an prochain et pendant de nombreuses années .1 venir.Oc fin pivots d'acier réduisent le frottement et prolongent la durée du mouvement, qui est de plu* protégé contre la poussière par un solide boitîer d'acier.I.e BIG BUN à réveil bruyant sonne avec intermittence durant 10 minutes — S2.95; le BIG BEN réveil carillon a deux voix et son tic uc est silencieux — $5.95.Joli réveil d'un jour.Marron avec garniture dorée ou ivoire et or.$2.50.Réveil d'un jour très fidèle.Superbe fini laque avec garniture nickel.Cadran deux ion*.Carillon continu.Une belle valeur à M.45.I.» montre Pocket Ben est mince et cit pourvue d'un verre incassable.Re*«nri inoxydable cl non magnétique.Cadran plaque argent et gravé.$1.75.I Montre Dax, 51.35.WEST C LOX RÉVEILS — MONTRES Fabrication canadienne par Western Clock Company Limited L • Peterborough, Ontario .^ 4446 Le Bulletin des Agriculteurs Avril 19.59 PUISSANCE DE TRACTION DANS LA NEIGE ET LA BOUE AVEC DES PNEUS Dominion Royal pour la ferme ROYAL A TRACTION "NOBBY" Voici le pneu dont vous avez besoin à l'heure qu'il eut .dans les plus mauvais chemins.Le Royal Nobby vous fera passer dans la neige, la boue et où il n'y a pas de chemin.Les gros boutons solides "'creusent" pour trouver une prise ferme — ils vous donnent une puissante traction dans tous les sens — et ils se nettoient d'eux-mêmes.Les pneus Royal Nobby sont spécialement conçus j>our vos autos et camions sur la ferme.ROYAL SPECIAL SERVICE MASTER GRIP Le "Master Grip", le plus récent des pneus de type à saillies pour camions, accélérera vos livraisons par camion, et vous fera épargner du temps et de l'argent.La semelle à crampons met plus de caoutchouc en contact avec la route que tout autre pneu pour la neige et la bouc — il assure une puissance de traction incroyable.Vous pouvez compter sur le ' Royal Master (ïrip pour une traction efficace dan3 les deux sens et pour un millage économique.Voyez votre Marchand de Pneus Dominion Les bons moments de la vie L'EMPOISONNEUSE Une femme qui a tenté d'empoisonner son mari passe aux assises.L'homme, rétabli, assiste à l'audience.— Voilà votre victime, dit sévèrement le président à l'accusée.Qu'a-vez-vous à dire pour votre défense?— Je ne l'ai pas empoisonné .Je demande qu'on fasse l'autopsie! SENS PRATIQUE Dans une maison moderne, une famille, les Durand, vient de s'installer au-dessus d'un vieux ménage paisible.Les Durand ont beaucoup d'enfants et sur le plancher de l'appartement, leurs pas résonnent terriblement.— Ils pourraient mettre des tapis, ces Durand, dit le mari, qui, rencontrant ses voisins dans l'escalier, leur signale le bruit qu'ils font et le remède qu'il propose.— Des tapis! dit M.Durand, niais nous n'en avons pas les moyens! Pensez, il y en a, au moins pour $200.00! Le voisin du dessous, navré, confère avec sa femme qui, énervée du bruit continuel, décide: —Eh bien! Payons-leur des tapis.Envoie $200.00 à M.Durand et nous aurons la paix.Ainsi fut fait et dès le lendemain, tout n'est que silence.Les locataires ravis montent aussitôt féliciter M.Durand de sa diligence, mais dans l'appartement, le parquet continue de briller comme une glace.— Et les tapis?— Je vais vous dire, avoue M.Durand, nous avons tous acheté des pantoufles.SPORT DANGEREUX — Parlez-moi de la pêche, cette-distraction de tout repos, tandis que la chasse .ouais .c'est trop dangereux .— Vous avez eu autrefois un accident ?— Pensez! C'est au cours d'une partie de chasse que j'ai fait la connaissance de ma femme! VIOLENTE DISCUSSION Trois gentlemen sont assis, au cercle, dans de profonds fauteuils.Silence prolongé.On entend, derrière la fenêtre, le moteur d'une automobile qui passe.Au bout de cinq minutes: — C'était une Roll-Royce, dit le premier gentleman.Cinq minutes passent encore.— Je crois plutôt que c'était une Graham-Paige, dit courtoisement le second gentleman.Au bout de cinq minutes, le troisième gentleman se lève.— Je m'en vais, dit-il.Je n'aime pas les disputes.ECONOMIE Désireux de ne prendre pour femme qu'une ménagère économe, Mac Phcrson dit un jour à une jeune fille qu'il aimait: — Un de mes amis lit tous les soirs dans son lit: il brûle beaucoup de lumière.Lisez-vous au lit?— Oui, dit-elle, mais seulement quand le clair de lune le permet.Huit jours après, Mac Pherson se mariait.C'EST MIEUX COMME CA Ayant appris qu'une société est sur le point de se former pour lutter contre le principe du pourboire, un Ecossais demande à en faire partie.— La cotisation est de cinq shillings par an, lui dit-on.Alors, après réflexion: — Dans ces conditions, je continuerai à donner des pourboires.A L'ECOLE —Elève Cornichot, pouvez-vous me dire quel est l'animal qui a le plus d'attachement pour l'homme?— La sangsue, monsieur.PAUVRE JIM! — Tenez, dit le commerçant, voilà deux flacons de liqueur, un pour vous, l'autre pour votre ami Jim .Ce de l'excellent vieux whisky .K;i passant devant la maison de Jim.remettez-lui sa bouteille .Heureux de vous faire ce petit cadeau! G bye! — Merci, sir, fait l'homme.A peine a-t-il fermé la porte de la boutique, il glisse, tombe, casse un.' bouteille.Il se relève et: — Pauvre Jim, dit-il placidement.DU TIC AU TAC L'instituteur.— Vous devriez avoir honte.Rester trois années dans la même classe! L'élève.— Ben, et vous?.Ca fait quinze ans que vous y êtes .SPIRITISME La veuve à l'esprit de son mari funt: C'est toi?L'esprit: Oui, c'est moi.La veuve: Es-tu heureux?L'esprit: Très.La veuve: Es-tu plus heureux que lorsque tu vivais avec moi ?L'esprit: Beaucoup plus heureux.La veuve: Où es-tu?L'esprit: En enfer.LA CLIENTELE Isidore dans le train fait connaissance d'un voyageur à qui il parle de ses affaires.— Moi, dit-il à son interlocuteur, je veux vous dire que si quelqu'un devient mon client, ce n'est pas pour une fois, mais il revient toujours chez moi.— Moi, dit l'autre, je ne peux pas en dire autant.— En ce cas, vous devez être un mauvais commerçant.— Pas du tout.Je suis le directeur d'une entreprise de pompes funèbres.HONORAIRES ELEVES L'avocat.— Enfin, vous avez gagné votre procès et la propriété nous appartient.Le client.— M'appartient.L'avocat.— Hein! J'ai dit, "nous appartient", et vous devriez vous estimer heureux que nous nous en contentions, mon associé et moi; nos dépenses dépassent de deux cents piastres la valeur de votre bicoque.LE DERNIER MOT Un papa voit son fils courbé sur la solution d'un mots-croisés.— C'est bien ça, mon fils, ça meuble la mémoire.L'enfant un peu boudeur, répond: — Ca ne va pas si bien que ça.papa.— Comment cela ?— Je ne puis trouver le dernier mot.Le père, après s'être vainement creusé la "boule", se tourne vers su femme: — Tiens .ta mère va te trouver le dernier mot.DOMINION RUBBER COMPANY LIMITED avril 1939 Le Bulletin des Agriculteurs 5 Âu couronnement du pape Pie XII Tous les empires et tous les pays du monde se sont joints en pensée à la grandiose cérémonie du couronnement de Sa Sainteté Pie XII— IMus de 500,000 personnes ont rendu hommage au nouveau pape sur la place St-Pierre 0 epuis «les siècles l'Eglise catholique a soutenu lancé les progrès (le la civilisation dans tous les pays du monde.Aussi, ce sont tous les empires et tous les pays du monde qui se sont joints en éc au couronnement de leur roi spirituel: le pnpe.Elevé à la papauté onze jours auparavant, Sa Sainteté le pape Pie XII a été couronné pontife souverain de la chrétienté et roi de la cité du Vatican au cours de cérémonies dont la splendeur a ci' ;;isso tout ce que la Ville Eternelle avait vu jusque-là au vingtième siècle.Ces cérémonies grandioses se sont déroulées en plein air, le dimanche 12 mars.C'était la première fois depuis l'intronisation de Pie IX en 18-lfi que la cérémonie du couronnement se déroulait en pein air sur le parvis de la basilique de Saint-Pierre.La température c'tait favorable, un soleil radieux illuminait • ! bleu parsemé de nuages.La basilique était remplie de dignitaires ecclé- ques, de princes, de diplomates.Une foule • ic ."iou.000 personnes se pressait en outre sur la place de Saint-Pierre.Pour la première fois dans l'histoire de l'Eglise, le compte-rendu de la cérémonie a été radiodiffusé en (i langues différentes.lint-Père, âgé de Ct'.l ans, a reçu la tiare sur le balcon de la basilique aux acclamations nourrie la foule.Après avoir reçu l'emblème do la papauté, le nouveau pape donna aux fidèles du monde entier sa bénédiction "Urbi et Orbi".Il inait ainsi les cérémonies qui avaient duré cinq heures.Longtemps avant l'aube, les foules se dirigeaient vers la basilique de St-Pierre; lorsque les portes de celles-ci s'ouvrirent, à G heures du matin, une trentaine de mille personnes se pressaient déjà sur le parvis et aux abords.A 7 heures ">0, l'immense vaisseau était rempli.La cérémonie du couronnement a commencé a .S heures ."i0 du matin.A ce moment, Sa Sainteté revêtit les insignes de sa dignité, entre autres, la mitre d'Evêque de Rome.Les membres de la Curie et du chapitre de Saint-Pierre ont défilé devant lui dans la chapelle du Saint-Sacrement et lui ont rendu hommage en baisant sa mule.A !) heures précises, le Pape faisait son entrée dans la nef principale de la basilique.Il était reçu à l'entrée de l'Eglise par Mgr Roberto Vicentini, curé do la basilique et les autres membres du chapitre.!| était précédé d'une longue théorie de prélats et de dignitaires civils aux poitrines constellées de décorations.1-e pontife était coiffé d'une mitre «le drap 'loi- ci revêtu d'ornements pontificaux également resplendissants.A la tête de la procession venait 'ordonnateur des cérémonies, le cardinal Pierre Gerlicr, archevêque de Lyon, flanqué de deux suisses.Le prince Humbert et la princesse Mûrie- .losé, héritiers de la couronne, représentaient la maison de Savoie.La princesse était coiffée d'un diadème et portait une robe dont la traîne mesurait une vingtaine de pieds.Seule des femmes de rang officiel présentes à la cérémonie, la princesse Marie-José était entièrement vêtue de blanc.Les autres dames portaient des toilettes noires.Le [irince H u m bert avait revêtu l'uniforme de général.Après le prince héritier d'Italie et son épouse venaient d'autres membres des familles régnantes catholiques d'Europe, les représentants de pays étrangers.Parmi ceux-ci l'on remarquait le duc de Norfolk, premier des lords anglais catholiques, MM.Eamon de Valent, premier ministre d'Irlande, et Joseph Kennedy, ambassadeur des Etals-Unis à Londres.La suite immédiate du cardinal Gerlicr consistait du prédicateur et du confesseur particuliers de la famille pontificale, des supérieurs d'ordres, d'assistants en soutanes écarlalcs.Un chapelain ordinaire du Pape, revêtu d'une chape rouge, portait la tiare sur un coussin, escorté du joaillier pontifical et de deux suisses.La tiare, haute d'environ 15 pouces, consiste en une mitre de drap d'argent encerclée de trois couronnes superposées, composées de feuilles d'or, au milieu de chacune desquelles est enchâssé un joyau.Elle est surmontée d'un petit globe d'émail bleu, sommée d'une croix de diamants.Sa Sainteté Pie XII a choisi pour son couronnement la tiare de Pie IX, afin de symboliser la fin du différend entre l'Eglise romaine et l'Etat italien, qui prit naissance en 1S70, sous le pontificat de Pie IX, pour se terminer par les trois accords du Latran, conclus en 1020 sous le pontificat de Pie XI.Rappelons que ce dernier est mort le 10 février deux jours avant le dix-septième anniversaire de son élévation au trône pontifical.Ensuite venaient deux chapelains porteurs de nulles, deux légats apostoliques en soutanes violettes, des chapelains ordinaires, des chapelains honoraires en soutanes écarlates, et d'autres membres de la maison pontificale: les chantres de la Chapelle Sixtine; les ecclésiastiques de la Chambre apostolique, les auditeurs des tribunaux pon- Sa Sainteté le pape Pic XII, reve tn ricin robe blanche papale, donne sa bénédiction aux fidèles.tifieaux, le maître du Sacré Palais et deux chapelains portant les mitres que devait coiffer le pontife au cours de la cérémonie; un prélat porteur d'un encensoir; un autre charge de la crosse pontificale, entouré de 7 acolytes portant chacun un cierge allumé; des huissiers en livrée, des confesseurs de la basilique de Saint-Pierre, des abbés mitres, des évoques, archevêques, patriarches, enfin les cardinaux et le prince Marc-Antoine Co-lonna, assistant héréditaire au trône pontifical.A la suite de ce long défilé apparaissait Sa Sainteté sur la "sedia gestatoria", aux porteurs en livrée de damas écarlate, flanqués de gardes nobles et de suisses à la cuirasse resplendissante.Le Pape était entouré de ses chambellans de robe et d'épée, du sergent d'armes pontifical, le marquis Sacchetti, de l'écuyer pontifical, le marquis Serlupi-Cresccnzi, et de deux camériers en soutanes rouges rehaussées d'hermine, chacun agitant un large éventail de plumes d'autruche.La procession s'arrêta d'abord à la chapelle de* la Sainte-Trinité; le Pape y quitta la "sedia gestatoria" un instant pour s'agenouiller devant le Très Saint Sacrement.Remonté sur son trône, on le porta à la chapelle de Saint-Grégoire; là, il quitta la "sedia gestatoria" pour prendre place sur un trône blanc.Les cérémonies de la Chapelle de Saint-Grégoire durèrent un peu plus d'une demi-heure.C'est à ce moment que les chanoines de la basilique sont venus baiser la mule du pontife.Cet hommage reçu, le Saint-Père est remonté sur la "sedia gesUitoria" et a été porté au trône pontifical, surmonté d'un dais qui dans l'abside se trouve vis-à-vis le maître-autel de la basilique .Tandis que la procession s'avançait vers le (Suite à la page 60) 6 Le Bulletin des Agriculteurs Avril lv,™ L'eau souterraine Cet article expose avec ampleur et intelligence le problème d'approvisionnement en eau souterraine de la famille rurale et émet des suggestions qui devraient être d'une grande utilité aux cultivateurs de Québec par Rene CYK, ingénieur en chef adjoint du Ministère do la Santé TOUT le monde sait que l'eau est nécessaire à l'alimentation de l'homme.Cependant le problème d'approvisionnement est envisagé différemment par l'habitant de la ville et de la campagne.Le premier est alimenté par l'eau d'un aqueduc municipal, dont il ignore, très souvent, la provenance, et qui n'a qu'à ouvrir un robinet pour obtenir de l'eau potable, en quantité illimitée, et à une pression suffisante.Le second est obligé, individuellement, de pourvoir sa famille d'eau, sans s'occuper de son voisin, poulies raisons que nous connaissons tous.L'Ingénieur qui a parcouru pendant un grand nombre d'années, toutes les régions de la province, et qui s'est intéressé au problème, a constaté que la topographie du terrain indique l'endroit d'approvisionnement: soit la source proprement dite, soit le puits.Comme la province est abondamment pourvue Cette saurce n'vnt pas recommandable parce qu'elle est soumise à la contamination humaine et animale.île montagnes, d'endroits accidentés et, par conséquent de sources, la famille rurale a surtout arrêté son choix sur la source.Dans les autres endroits constitués de terrain planche, le cultivateur dans la plupart des cas a été obligé de s'approvisionner par puits.Le mode de captage de la source consistait à enfoncer une moitié de tonneau obtenu à l'épicerie du village et dont le fond avait été préalablement enlevé, de façon que la partie supérieure de la paroi latérale affleure la surface du sol.Le traditionnel tonneau est souvent remplacé par un réservoir de captage en bois.Dans les deux cas l'encoche était faite à la partie supérieure du tonneau ou réservoir de captage pour l'écoulement du surplus ou du trop-plein de la source.Pour ce qui concerne la construction de puits, le relevé nous montre que 75% des puits sont construits de pierres des champs à joints ouverts.Un examen des lieux révélait que les animaux avaient le plus souvent accès au terrain environnant la source et que le mode de captage laissait à désirer, à cause de la possibilité de pénétration des eaux superficielles dans le tonneau, le réservoir de captage de la source ou le puits.D etels sources ou puits ne sont soumis la plupart du temps qu'à une contamination animale et leur mode de captage peut être facilement amé-oré.Il y a plusieurs modes de transport de l'eau de source.D'abord: 1)—Par charroyage.Pour la majorité de nos familles rurales, le char-royage par seau constitue la manière de transporter l'eau de la prise d'eau jusqu'à la maison.A cet effet elles utilisent souvent un "jong".Ce joug est formé d'une pièce tie bois qu'on place sur les épaules et à laquelle on suspend deux seaux par l'intermédiaire de cordes, de longueur égale aux bras.L'utilisation du jong facilite le transport de l'eau et diminue la fatigue des charroyeurs.2)—Par dalot.Nous nous rappelons avoir déjà vu dans les Laurentides certaines maisonnettes approvisionnées en eau de source au moyen d'un aqueduc formé d'un dalot ouvert.Ce dalot, fait de bois d'arbre, servait à l'écoulement de l'eau à ciel ouvert, à partir du tonneau de captage jusqu'à un endroit situé près de la maisonnette; la distance parcourue par l'eau pouvait être d'une centaine de pieds.Il)—Par tuyauterie.Des cultivateurs progressifs, obligés de transporter de l'eau, tous les jours de l'année, pour les besoins domestiques et de la ferme, et cela, en quantité d'autant plus considérable que le nombre d'animaux s'accroissait, se sont décidés à faire écouler l'eau souterraine, par gravité, en conduite fermée jusque dans la maison et l'étable.L'installation en était facilitée par le fait que les routes étaient tracées à peu de distance des cours d'eau et des rivières, et que les maisons étaient échelonnées le long de ces routes, à une élévation la plupart du temps inférieure à celle des sources.Le colon, le cultivateur, le chef de famille choisissaient la source qui ne s'asséchait pas et qui pouvait fournir une quantité d'eau suffisante à tous les besoins.Il reste encore de ces conduites d'adduction d'eau, constituées de tronc d'arbre, dont le centre est évidé et dont chaque unité est emboîtée dans la suivante.Une telle conduite a l'avantagé de ne pas rouiller, de fournir un service continu et de durer une quarantaine d'années.Les conduites de bois ne sont presque plus utilisées aujourd'hui et sont remplacées soit par du tuya ude fer noir, soit par du tuyau galvanisé.Ces conduites de fer ont l'avantage de résister à une plus forte pression que celle de bois, et permettent des joints plus étanches.La qualité de l'eau souterraine Voici maintenant un bref exposé des problèmes de la qualité de l'eau souterraine et du meilleur mode de captage de l'eau.Chaque année, un grand nombre d'échantillons d'eau provenant de sources sont soumis au laboratoire.Les résultats d'analyse montrent d'une façon générale: qu'au point de vue bactériologique: le nombre de bactéries qui croissent sur un milieu de culture à 37°C, soit la température humaine, est inférieur à 50 par centimètre cube; que le coli-bacille, germe de provenance intestinale humaine ou animale, est absent et que si sa présence est décelée, il est plutôt de provenance animale, d'après le relevé des lieux, qu'au point de vue physique: il n'y a ni couleur, ni turbidité; qu'au point de vue chimique: l'eau est douce, parce qu'elle provient de couches géologiques de gravier et de sable.Il arrive quelquefois que des échantillons ne continennent ni bactéries, ni coli-baciles, et ne présentent aucune trace de couleur et de turbidité.Ces échantillons sont un exemple de ce qu'il y a de plus parfait au point de vue d'eau naturelle, parce que ces eaux sont pures, douces et incolores, constituant ainsi une eau potable à tous points de vue.Pour ce qui concerne les autres échantillons provenant de puits, ils fournissent des résultats plus ou moins variables suivant la localisation, le mode de captage, l'utilisation du terrain environnant, la pénétration des eaux superficiels le réservoir de captage.Interprétation des résultats L'Ingcnieur-hygicniste qui se trouve en présence de résultats d'analyse d'échantillons montrant un nombre plus ou moins considérable île bacté ries et de coli-bacilles, une teneur plus ou moins grande en couleur, turbidité, sels minéraux et ammoniacaux, on fer etc., ou qui examine line euu De nos montagnes laurontiennes emerge un yrund nombre de source».Le captage d'une telle eau et le passage d'une conduite d'adduction à une profon-denr suffisante pour éviter In gelée fourniront par gravité un approvisionnement en eau souterraine à lu famille rurale dont la maison se trouve à :'>'>" pieds du point d'émergence de la source.souterraine, dont les résultats varient, se base aussi soit sur l'inspection des lieux, soit sur les renseignements obtenus pour interpréter ces résultats.En analysant et étudiant les résultats d'analyse et le milieu ambiant, il sera en mesure de dire que telle eau est bonne, douteuse ou mauvaise.Pour ces deux dernières, il pourra conclure «pie l'eau est soumise à une contamination; que la contamination est due à une construction défec-tueose du réservoir de captage ou du puits, à son manque d'étanchéité, à une élévation insuffisante de la paroi latérale, à un puisard, à une latrine, une fosse septique; que des animaux sont en pâturage près du réservoir de captage; que des eaux superficielles peuvent pénétrer dans le réservoir.Suggestions L'Ingénieur profite des échantillons d'eau pour émettre son opinion relative à la qualité de l'eau et suggérer le meilleur mode de captage, lequel peut se résumer comme suit: 1)—L'eau soumise à la contamination humaine (Suite à la page 22) Avril 1939 Le Bulletin des Agriculteurs 7 Les engrais chimiques Le cultivateur vit de sa foi dans le fait que du grain ensemencé germera une récolte — Il sait aussi qu'il doit faire sa part s'il veut que la nature augmente le rendement de la terre par B.LESLIE 10 M S LIE L'industrie des entrais chimiques ne date pas de l'antiquité.C'est au contraire une entreprise moderne, à peine âgée d'une centaine d'années puisqu'on 1843 John Bennett Lawes inaugurait sa première fabrique de superphosphate à Deptford, Angleterre, et qu'il commençait à produire des fertilisants sur une base commerciale.L'histoire des engrais chimiques n'est pas cependant dépourvue de romanesque car elle contient les noms de grands hommes qui ont consacré leurs labeurs à la cause de la science ot au bien-être de leur génération et de la postérité.Il y a un siècle le fumier était le seul engrais employé et le cultivateur économe prenait tous les moyens possibles pour le garder parce qu'il savait (lue sa composition provenait principalement du sol et qu'il avait appris que son application sur le sol aidait la production.De nos jours peu de cultivateurs semblent apprécier pleinement la valeur du fumier et beaucoup do fermiers ne prennent aucune précaution pour prévenir la fuite de la partie liquide du fumier qui contient le plus d'azote et de potasse.Par une étrange anomalie quelques cultivateurs, les moins soucieux de leur provision do fumier, sont ceux qui marchandent le plus sur les prix des fertilisants qu'ils achètent.Ils ne voient que la paille et non la poutre.Cela ne veut pas dire que le fumier de ferme, lout bien conservé qu'il soit, peut satisfaire aux besoins des grandes récolles.Mais ce fumier, outre ses autres qualités, fournit une précieuse substance dont la porte équivaut à une réelle perte d'argent.Négliger de conserver la fertilité du fumier c'est indubitablement montrer le peu d'estime que certains ont pour lui.Une tonne de fumier de cheval et de vache contient environ 10 livres d'azote, 4Vi livres d'acide phosphorique et 10 livres de potasse.Cotte relation avec la composition du produit était inconnue au cultivateur d'il y a un siècle et la science ne s'en est pas encore préoccupée.Si les cultivateurs de 1836 avaient connu les fonctions de ces trois ingrédients et leur valeur par rapport aux récoltes l'efficacité décroissante du fumier aurait alors été expliquée.Pas plus savants qu'ils n'étaient, ces vieux pionniers devaient marcher à tâtons dans l'obscurité jusqu'à ce qu'ils tombent.On a fait observer, accidentellement, il est vrai, comme beaucoup de découvertes, que là où des os d'animaux étaient ajoutés au fumier appliqué sur la terre, la récolte était plus forte.Le fumier de forme contient très peu d'acide phosphorique, le principal constituant des os.Parce qu'il n'était pas rata 11 otci du sarrasin • h voit Vastronome, .tirais compose 2-16-6 et, à droite, le fils du propriétaire de la ferme au centre d'une piece non-fertilisec, ullivé sur la ferme de M.€• Walsh à Slunyyillc.A gauche, monsieur A.Drummond dans une pièce fertilisée avec un cn- normal ni désirable do laisser les os dos animaux sur la ferme on peut facilement comprendre de quelle façon l'acide phosphorique disparut graduellement et permanemment du sol par l'élevage de générations d'animaux qui absorbaient toujours des phosphates sans ert rendre ou peu dans le fumier.Bien qu'en 1804 Théodore deSaussure, un chimiste français eût publié un volume dans lequel il affirmait l'importance de l'acide phosphorique dans la nutrition végétale il ne se fit aucune application pratique de l'idée à cette époque-là.En 1840 se répandait en Angleterre le guano péruvien, engrais azoté et phosphaté composé pour la plus grande partie d'excréments d'oiseaux de mer.C'était en effet une substance d'une odeur exécrable, plus exécrable encore que le fumier.Le guano faisait ensuite son apparition en Ecosse en 1843.Un journal de l'époque raconte l'aventure survenue à un cultivateur qui, en se rendant à la messe le dimanche matin, s'arrêta chez un voisin pour étudier le nouvel engrais qui n'était autre que le guano et, sans penser aux conséquences de son acte, en emporta une poignée dans sa poche.Il asphyxia presque tous les paroissiens réunis dans l'église et subit une raclée de sa brave moitié à son retour à la maison.L'industrie commit des erreurs à ses débuts mais on reconnut vite que le phosphate était le supplément nécessaire au fumier de ferme.Les os et le guano contenaient beaucoup de phosphate et chacun de ces deux amendements contenait une bonne quantité d'azote.Pour en revenir à Lawes, ce jeune homme, il n'avait on effet que 23 ans en 1840, eut la témérité de discuter la "Théorie minérale" que défondait le grand chimiste allemand, Justus von Licbig mais il eut aussi plus tard l'occasion de prouver sa prétention que, malgré le respect qu'il avait pour l'opinion de Liebig, les minéraux trouvés dans la cendre des plantes ne fournissaient pas un guide fiable pour ses besoins de fertilisation.Liebig et d'autres chimistes de cette époque ne savaient pas que le carbone qui forme la moitié de la matière sèche des plantes est un dérivé d'un sous-oxyde carbonique de l'atmosphère.L'industrie des engrais chimiques peut afficher de grands noms et il n'y en a pas de plus grands que ceux des fondateurs, Sir John Bennett Lawes et Sir Joseph Henri Gilbert.Ces deux hommes furent tous deux créés chevaliers en reconnaissance des services qu'ils avaient rendus à l'agriculture.Leur longue association est certainement un fait à citer.En effet, ils travaillèrent ensemble pendant 57 ans jusqu'à la mort de Lawes en 1800.Gilbert le suivit dans la tombe en 1900.Bien que les ossements aient été jugés utiles comme supplément au fumier de ferme ils ne fournissaient pas, comme on s'y attendait, l'acide phosphorique que requièrent en grande quantité la plupart des récoltes.Lawes conçut le projet de soumettre les ossements à l'action de l'acide sulphuriquc afin de rendre le phosphate des ossements soluble et d'une application plus facile.L'expérience fut tentée dans une vieille grange à Rothamsled et se révéla un succès éclatant.Le nouveau produit appelé "superphosphate" appliqué à une récolte de navets donna des résultats merveilleux et Lawes breveta un procédé qui lui permit, l'année suivante, d'ouvrir sa fabrique de su- L'engrais chimique lait produire pins à la terre.On voit ici monsieur II'.Morrissctte.de St-Joseph de St-llya-cinthe, sur une pièce de terre fertilisée d'un côté et aucunement de l'autre.L'orge devant la planchette A est beaucoup plus hante que celle devant la planchette B.On s'est servi d'engrais 2-12-(> au toux de 500 livres à l'acre.porphosphato à Deptford.Le petit amas de superphosphate fabriqué dans la vieille grange fut le noyau d'une production mondiale qui maintenant approche les dix-huit millions de tonnes par année.Environ la moitié du poids de tout engrais composé moyen représente la teneur en superphosphate.Se servant d'abord d'ossements comme matière première pour la fabrication de son produit Lawes employa dans la suite avec succès les phosphates rocheux nouvellement découverts de Suffolk et de Cambridgeshire et, plus tard, les phophates rocheux obtenus des vastes dépôts de Floride.Ces derniers furent découverts en 1888 et bien qu'entamés au taux de deux millions et demi de tonnes par année ils sont encore loin d'être épuisés.On découvrit ensuite en 1894 les dépôts de Tennessee.Depuis lors on a mis à jour plusieurs dépôts américains, notamment dans le Wyoming, l'Idaho, le Montana ot l'Utah.Les pays européens tirent maintenant leur source de phosphate de l'Afrique du Nord où les dépôts sont énormes.Il n'y a donc aucune crainte à entretenir sur l'approvisionne-mont du phosphate.ù Il y a seulement quelques mois, je feuilletais un vieux livre de comptes de mon père dans lequel il tenait le record de son revenu et de ses dépenses.Les pages toutes jaunies m'ont appris qu'en 1877 ses comptes d'engrais s'élevaient à $7(35 tandis qu'en 1878 ses comptes atteignaient $925.Certains des item mentionnés disent "Engrais Lawes", principalement du superphosphate.L'acide phosphorique demeure le plus important dos trois substances reconnues comme constituents essentiels d'un amendement complot.L'azote fut la deuxième substance dont on s'occupa.Il se trouve dans les matières organiques, les ossements et le guano.On se servait cependant dans une certaine mesure du nitrate de soda provenant du désert de Tarapaca dans le nord du Chili on 1840.Ce n'est qu'en I860 que la potasse fut ajoutée pour former le trio azote-acide phosphorique-potas-se.Cotte année-là, Liebig annonçait sa découverte de la valeur fertilisante de la potasse, un sous-produit nos mines de sel de Stassfurt que l'on re-(Suitc à la page 22) s Le Bulletin des Agriculteurs Avril 1939 Fille de Bohême Les "gypsies" jettent-elles des sorts ou n'est-ce que le feu de leurs yeux mystérieux qui attire les hommes.Voici la première partie de cette histoire dramatique qui donne une réponse à cette question troublante.Fulbert, après avoir aperçu de près l'étrangère, ne peut plus en détacher ses yeux.II sacrifie tout à sa passion.par MARTHE RAVENNE Fulbert se leva de bonne heure ce matin de dimanche et tira de l'armoire ses habits neufs.C'était le jour où le père Fonk venait le remplacer à l'écluse, il se promettait d'aller passer au village une journée joyeuse.Il aimait sa vie solitaire, dans son îlot que le fleuve enlaçait de ses méandres mais il éprouvait du plaisir, pour y faire diversion, à se mêler à la cohue du hameau les jours du marché, à faire sauter les dés sur les tables des cabarets, à se couler dans le gosier des boissons ardentes en chantant des chansons gaillardes.—Un lascar, Fulbert! disaient les hommes.Un gars qui vit avec l'eau et la forêt, c'est fort! —Un hibou! répondaient les femmes, riant de ses jambes cagneuses, de son corps trapu comme un tronc de saule, de son entêtement à rester célibataire malgré les fils gris qui couraient à ses tempes.Huit heures sonnèrent à la pendule posée sur la hotte de la cuisine.L'éclusier cracha sur ses souliers pour leur donner plus de brillant, honora sa veste d'un dernier coup de brosse et gagna le seuil de sa maisonnette.Devant lui, le barrage coupait la Seine d'un vaste ruban bouillonnant aux fantasques rejaillissements d'écume; le flot courait entre les aiguilles; puis s'effondrait dans un tapage continu qui remplissait l'air.En amont, le fleuve luisait, laqué de soleil, endormi entre ses rives hérissées de pins qui piquaient le ciel clair d'une multitude de lances au sombre ton de sinople.Fulbert aspira largement l'odeur de l'eau à laquelle se mêlaient des parfums de résine.Ce fracas de chute et ce relent d'écume lui étaient chers comme des amis de chaque jour.Une voix cria : —Ohé .hé! Il reconnut Fonk qui venait à lui, actionnant sa barque à grands coups de rames.—On est là, compagnon! Hardi! Va "Au Coq qui chante", boire à ma santé et te délier la langue! Un mois qu't'es là dans ton île à ne jaser qu'avec les poissons .Le vieux débarqua, attacha son bateau et Fulbert amassa dans le sien, qui sommeillait au milieu des nénuphars, des paniers et des bouteilles vides.—C'est pain béni, père Fonk, j'vas à l'approvi- // vît tout contre lui un vixuge à la chaude coloration .sionnement, j'n'ai plus rien à me met' sous la dent à c't'heure.A c'soir! Il détacha la chaîne enroulée à un pieu qui le tenait à la rive, donna un coup d'aviron, quitta la grêle forêt des roseaux qui bordaient l'îlot et remonta le courant.Les bras du rameur étaient solides, l'esquif glissa sur l'eau scintillante, la fendant à la proue d'un triangle mousseux.Le tintamarre du barrage s'amenuisa et bientôt Fulbert perçut le chant bondissant des cloches de l'église qui sautait par-dessus le bois, touchait l'eau de ses vibrations.Enfin, sur la rive droite, les colonnes des troncs s'éclaircirent, se réduisirent à un mince rideau de trembles derrière lequel s'étalaient les champs.Les blés étaient devenus blonds depuis le dernier passage de Fulbert, la vend chaud y creusait des vagues ocrées tachées de coquelicots.Arrivé au pont, il vit l'encombrement des charrettes, annonçant la cohue du marché; il accosta, sauta à terre.La clameur rythmée tombant du clocher maintenant assourdissait, jointe aux piaillcries des volailles, des cochons affolés, aux claquements des sabots, à la rumeur humaine émanée de la foule qui grouillait sur la place, autour des tréteaux.Fulbert s'infiltra dans ses remous.Le soleil dardait sur les coiffes blanches, sur les chapeaux de paille à la mode de la ville vacillant sur dos chignons escarpés de paysannes.Entre les paniers d'oeufs, les mottes de beurre jaunes comme l'ambre, les tas de légumes, les pyramides de fruits, les rouges étals de viande de boucherie, il se mit en devoir de gagner le parvis, pressé d'abord de sentir l'encens, de voir luire les cierges de l'autel et scintiller ses ors au milieu des fleurs fraîches, joie précieuse à son coeur naïf.Il pénétra sous la nef.Les rayons passant à travers les vitraux ne répandaient qu'une lumière diffuse, colorée, qui lui paraissait toujours féerique.Tout prêt à l'extase, il se laissa envahir par le chant de l'orgue, humant avec délice le parfum sacré issu des ostensoirs et auquel se mêlait une savoureuse odeur d'étable, de paille fraîche que les matrones traînaient après leurs cottes.L'office se déroula, scandé par le pas du petit Jérôme Flagnasse, dont les gros souliers ferrés passaient sous sa robe d'enfant de choeur et martelaient les dalles.L'éclusier égrenait son chapelet de ses doigts malhabiles, la tête alourdie par le bourdonnement des prières.Enfin, le portail se rouvrit, un flot de clarté vint baigner les prie-Dieu de tout le brouhaha du marché entra dans l'église avec le soleil.Sur les degrés, Fulbert aperçut des châles rouges, des lambeaux d'étoffes fleuries se mêlant aux robes noires des villageoises.C'étaient des femmes romanis, traînant après elles une marmaille déguenillée, qui avaient attendu la sortie de la messe pour demande! l'aumône aux fidèles et offrir leur camelote: des corbeilles d'osier, des aiguilles, des dés à coudre.Il se mit à descendre les marches.La cohue le poussa un peu, le heurta à l'une des bohémiennes; il vit tout contre lui un visage à la chaude coloration de fruit mûr, troué de deux yeux ardents qui le fixèrent.—Tu veux la bonne aventure?Presque inconsciemment, il abandonna sa paume, vaguement troublé par ce regard magnétique.La fille l'entraîna à l'extrême bord des degrés, se pencha sur sa main ouverte, mais soudain, elle leva la tête, ses traits exprimèrent une vague épouvante, elle mit entre elle et lui l'impalpable barrière d'un signe de croix et dévala l'escalier, fuyant presque.—C'cst-i qu'elle est folle?pensa Fulbert.Et il fit un mouvement d'épaules comme pour se ressaisir, croyant qu'un peu de sorcellerie l'avait frôlé, était monté à lui jusqu'à la porte du lieu saint.Onze heures tintèrent au clocher, les coups sonores s'éparpillèrent dans l'air bleu de la nuit.Fulbert songea que Fonk devait l'attendre, il lnmpn une dernière rasade, quitta le cabaret vibrant encore de rires et de jurons d'ivrognes, gagna son bateau qui l'attendait, alourdi de victuailles.—Ho! la Marmotte! cria-t-il, appelant la barque par le nom dont il l'avait baptisée.A c't'heure, on s'en retourne, viens-t-en! Et il fit glisser les rames sur l'eau miroitante qui reflétait la lune.La voie lactée lançait son pont scintillant pardessus le ciel pâle, si plein d'astres qu'il semblait un dais miraculeux tissé par les doigts des songes.Le rideau des trembles n'était plus qu'un voile délicat traversé de rayons et que le vent léger faisait bruire, mariant ce chant grêle au clapotis du fleuve.Mais Fulbert ne regardait guère autour 'le Avril 1939 Le Bulletin des Agriculteurs 9 lui, habité encore par la grosse joie qui l'avait animé pendant tout ce dimanche; il lui revenait dans la tête des refrains embués de vapeurs de saoûlérie qu'il ânonnait, vaguement gris.Ernestine Est fine, La mâtine Me ruine .Tout à coup, il se tut: des criaillcries aiguës, les clameurs aigres d'une dispute venaient à lui, Heurtant la paix de cette nuit sereine.Il fit courir sa barque plus vite.Bientôt, des taches ardentes se mirent à danser dans le flot: les restes d'un feu de brindilles allumé sur la rive nouaient une gerbe éblouissante dans la pénombre translucide, éclairant deux femmes qui s'étaient prises aux cheveux et s'écroulaient sur le sol, prononçant d'inintelligibles vociférations, ruées l'une contre l'autre dans une haine furieuse.Les lueurs du brasier révélaient à Fulbert leurs jupes de cotonnade aux multiples plis, leurs foulards de soies criardes, leurs souliers béants.Dressé tout debout dans son bateau, mû par un inconscient réflexe, il cria: —Les Romanis! Toutes proches des deux créatures abandonnées à leur pugilat, les roulottes des bohémiens se profilaient, portes closes et feux éteints.Le campement ancré sur le bord de la route semblait vouloir ignorer cette bataille.Règlement de comptes?Les ennemies, nouées dans une lutte farouche, roulaient, hurlantes, jusqu'au bord du talus, trop occupées de leur colère pour voir là, tout à côté d'elles, le piège mouvant du fleuve.Un cri d'épouvante, le choc mat d'un corps s'ef-frondant dans.l'eau profonde .Fulbert lendit le bras, rattrappa le jupon fleuri qui se gonflait comme un parasol ouvert; d'un coup d'aviron il ramena sur le bord la furie quitte pour une baignade.—Si c'est pas une honte, grommela-t-il, se battre pareillement à .Sa voix s'éteignit, la rescapée posait sur lui ses yeux luisants comme des étoiles: il reconnut la devineresse du parvis de l'église.Machinalement, il bougonna encore: —C'est pas de bon sens! Puis il éloigna rapidement son bateau, pris d'une soudaine hâte, sans plus se préoccuper des deux gypsies et de leur rage.Bientôt il retrouva les murs obscurs du bois, son énorme silence.Il en éprouva comme un bienfait, aspira le vent tiède qui lui apportait des arômes sylvestres.Le fleuve à cet endroit semblait ralentir sa course, il n'était plus qu'une immense nappe aux reflets métalliques, un prodigieux miroir que polissaient les rayons lunaires.Fulbert laissa traîner les rames et, s'abandon-nant à ses pensées troublées, il se pencha sur l'onde, attiré par son éclat féerique.Et soudain, il crut y retrouver le visage captivant de la fille nomade, ses prunelles brûlantes, sa bouche que l'adolescence avait à peine débarrassée d'une moue enfantine.Le carré de soie rouge noué sur la nuque et mêlant ses franges aux souples mèches d'ébène, les boucles d'oreilles de pacotille, les colliers de verre bigarré: il revit toute la parure étrange de la gitane, fut surpris d'en avoir gardé si exactement le souvenir.Comme un homme qui veut se délivrer d'un rêve encore accroché à lui malgré le réveil, il se passa la main sur les yeux, puis rompant la limpidité du mi loir fluide d'un grand coup de rame, il dit: —Faut que j'irie couche, j'suis saoul! La hache haute, Fulbert fendait du bois devant mi maisonnette, s'approvisionnant pour l'hiver.L'outil mordait le tronc mort en cadence, accompagné d'un: han! régulier que l'homme exhalait avec son souffle.La journée avait été ardente.Maintenant, des nues lourdes couvraient le déclin du soleil, le soir amoncelait sur le fleuve des brumes légères, des voiles mouvants nés de la chaleur.L'éclusiér s'arrêta, leva son front ruisselant, laissa en s'épongeant errer son regard sur le flot moire.Soudain, son coeur battit un grand coup, et il laissa retomber les bras comme s'il venait de recevoir un choc: la chute faisait jaillir devant lui ses gigantesques panaches se prolongeant en myriades de gouttes, en une multitude de gouttelettes, une poussière impalpable sans cesse effondrée et sans cesse renaissante et, derrière ce rideau bruissant, cette gaze faite d'eau, il semblait à Fulbert ébahi apercevoir à nouveau la bohémienne assise sur la rive opposée, sa robe claire se détachant sur le velours sombre des pins.Se trompait-il?Les approches de la nuit, le brouillard et ce mur liquide, mobile, à la transparence incertaine jetaient-ils un voile sur une présence réelle ou bien n'était-ce là que fantasmagorie de son esprit?La gitane! Presque une semaine avait coulé depuis ce dimanche où il l'avait rencontrée, et il s'aperçut soudain qu'elle n'avait pas quitté son cerveau.Il la revit barrant l'air d'une croix entre elle et lui; un frisson le parcourut, son coeur de simple imagina qu'elle l'avait touché d'une puissance démoniaque et que là, derrière le ruissellement de l'eau, elle n'était qu'une apparition, un fantôme surgi de l'enfer.—C't'une sorcière, pour sûr ! Il dit cela tout haut, dans un bégayement, et rentra chez lui presque à reculons, ne réussissant qu'avec peine à arracher son regard de la vision nébuleuse, mais tentant de dresser devant elle un rempart.Sa porte close, il se terra dans la cuisine, ferma aussi la fenêtre en dépit de la chaleur et se prit à préparer son repas du soir pour faire diversion à son trouble.Malgré lui, il jetait de temps en temps un regard à travers le rideau délabré: la nuit tombait, le voile du torrent se doublait d'ombre, mais son coeur palpitant croyait toujours voir la tzigane la tache que faisait sa robe dans les ténèbres naissantes.L'heure du repos venue, il gagna sa chambre, risqua cette fois la tête par le cerveau ouvert: tout était obscur au dehors, on devinait à peine les blancheurs tumultueuses de la chute qui troublaient la nuit de leur fracas.Certes, Fulbert ne pouvait plus rien distinguer, mais il ne pouvait écarter l'idée que la bohémienne était encore là, de l'autre côté du barrage, et qu'elle fixait sur lui ses yeux ardents, si beaux.Il se jeta tout vêtu sur son lit, égrena quelques ave, quelques pater et se sentit un peu soulagé de son obsession.Peu à peu le sommeil vint, le délivra.Un beuglement de sirène lui fit rouvrir les paupières avec les rayons du matin: un train de péniches s'annonçait: —Acre! fit-il, Me v'ià! Et il sauta de sa couche, heureux comme si cette nuit écoulée avait emporté le cauchemar.L'écluse se trouvait derrière la maison, du côté opposé au barrage, sur le bras du fleuve qui contournait l'îlot de sa boucle.Il la gagna presque en courant, sans jeter un regard à la chute, feignant d'avoir tout oublié.Il fit manoeuvrer les vannes, l'eau s'égalisa, les bateaux lourds passèrent, traînant après eux un sillage d'écume.Fulbert s'attarda un moment à les regarder disparaître, puis il regagna le seuil de sa demeure et ne put plus se défendre de poser les yeux sur l'autre rive.Il demeura cloué, stupide: la gitane était toujours là, le soleil à présent la lui faisait nettement apercevoir, malgré le jaillissement de la chute qui éparpillait devant elle des diamants.Tout le fabuleux dont les ténèbres et son esprit obscurci de superstition avaient enveloppé sa présence disparaissait, il n'en pouvait douter, elle n'était ni un songe, ni une hallucination ! Avait-elle passé la nuit là?Que venait-elle faire dans cette solitude?Il sembla à Fulbert qu'elle empiétait sur un domaine qui lui appartenait: l'eau, le bois et un sûr instinct l'avertit que, depuis la veille, c'était lui qu'elle attendait.—Que qu'èm'veut?Violemment, il lutta contre l'impérieux désir qu'il sentait en lui de voler vers cette fille errante, au charme singulier, pour lui plein de mystère.—C'est-i' que je deviendrais fou?A m'n âge! Il se traita de vieil homme, s'attela en marmonnant à ses besognes quotidiennes, l'esprit hanté par la présence de la bohémienne.Toute la journée se passa sans qu'il la vît s'éloigner, et quand le couchant versa dans le fleuve des coulées d'or, il n'y tint plus, sauta dans la Marmotte et traversa l'eau à grands coups d'avirons.La zingara se leva à son approche, des larmes ruisselaient sur ses joues bronzées; bien qu'elle ne fît pas un geste, il comprit qu'elle lui adressait une supplication éperdue.Interdit devant cette fille en pleure, il balbutia: —Que qu'tu fais là?Quoi qu't'as?Elle ne répondit pas, il se dit que sans doute son chagrin devait avoir quelque rapport avec la bataille qu'il avait aperçue, et il démêla vaguement qu'elle venait lui demander assistance, à lui, qui l'avait sauvée du fleuve.Pourtant, il fit un effort .pour l'écarter: —Si i't'arrive queuqu'chose, pourquoi que tu demandes pas à un des tiens qui t'aide?Elle leva sur lui des yeux pleins de détresse et dit avec son accent étrange: —Sont tous partis! Zsuzsika, elle est seule sur la terre! Et des sanglots l'envahi rent, secouèrent ses épaules fragiles.Fulbert compris que les romanichels l'avaient abandonnée pour une raison qui lui restait obscure, mais dont l'origine, sans doute, était une rivalité de femmes.Quel crime Zsuzsika avait-elle commis?(à suivre le mois prochain) Un cri d'épouvante, le choc mat d'un corps s'effrondant dans l'eau profonde . 10.Le Bulletin des Agriculteurs Avril 1539 Âu fil de l'eau // pana: j'aurais du sans doute Ne pas paraître en son chemin; Mais ma maison est sur la route Et j'avais des fleurs dans la main.Hélène Vacarcsco.NOUVELLE COMPLETE par EUGENE MARECHAL ¦t Les soirs d'été sont doux comme une caresse de femme.Juin, épuisé par le rude labeur de la fenaison, s'apprêtait à passer la main à juillet, l'artiste qui dore les moissons.La joyeuse journée d'un jeudi ensoleillé tirait vers sa fin.L'angclus, parti de chaque clocher, portait le couvre-feu de maison en maison.La lourde senteur des foins, ravie aux champs par la fraîcheur d'un vent follet, s'étendait en nappes apaisantes sur la plaine surchauffée.De toutes parts, les paysans quittaient la terre.Ils regagnaient, en grappes sombres, les agglomérations rouges, perdues dans l'immensité verte.Le grand Magicien du monde escamotait lentement la vie d'un jour, pour ne la rendre à notre oeil émerveillé qu'après la mystérieuse rénovation de la nuit.Un grand brasier, allumé au couchant, essayait d'opposer son défi à l'ombre envahissante que retenait dans le ciel, pendant quelques instants encore, la double haie de peupliers qui borde la rivière.Le soleil, à demi versé dans la mer lointaine, semblait être une châsse rutilante posée sur la sainte maison d'un petit village de la plaine.Une jeune paysanne suivait lentement le bord de l'eau.Son corps, rendu diaphane par la brume fondue dans l'ombre naissante, semblait s'incorporer dans le paysage vespéral.La délicate lumière du crépuscule s'attardait dans sa blonde chevelure.La sveltesse de sa ligne rivalisait en grâce avec les roseaux delà berge.Se yeux, très bleus, erraient distraitement sur le tableau champêtre.Toutefois, une vague inquiétude transparaissait sur sa figure; la lourde chaleur du jour semblait peser encore sur ses épaules.Soudain, elle s'arrêta.Des sons harmonieux, indistincts encore, montaient de la nappe d'eau vers elle, avec tous les parfums du soir.C'était une mélodie lointaine, douce et chargée de songe .un chant murmuré à mi-voix.Ainsi que des pétales de fleurs sous un zéphyr d'automne, les notes se détachaient lentement au caprice du rêveur, pour rendre à la nature, enjolivé par l'art, ce qu'elle lui livrait de son âme.Le silence des eaux, le bruissement des plantes et les trilles langoureuses des derniers chanteurs ailés communiaient dans cette harmonie.Le chant se précisa peu à peu.La voix prit plus d'ampleur.Elle vibra bientôt d'une allégresse contenue.Le visage de la jeune fille s'était détendu.Un vague sourire flottait sur ses traits, et ses yeux cherchèrent, par delà le coude de la rivière, celui dont les accents dissipaient son inconsciente angoisse.* • * Et soudain, il parut.Glissant entre les roseaux, en pleine solitude, une petite barque, bercée par le léger bruissement des tiges, avançait lentement au faible courant de la rivière.Sa coque claire se dessinait nettement sur le sombre cadre d'eaux calmes.De l'arrière, s'élevaient des notes tendres, en harmonie parfaite avec la suave poésie de l'heure et du lieu.Un jeune homme d'une vingtaine d'années, assis dans le bateau, chantait en cherchant son inspiration dans l'insondable profondeur du ciel.Il maniait la double rame avec grâce et vigueur, mesurant son effort au rythme de la chanson.Sa figure aux traits fins, respirait une bonté sans égale.Une gaieté franche éclatait dans son regard clair.Sa grossière chemise de toile rayée était ouverte à la caresse du vent.Il chantait .Et la jeune fille, l'âme étreinte d'un charme inconnu, regardait venir l'étranger.Lui aussi, l'avait vue, et ses yeux de douceur s'étaient posés sur le frais visage de la paysanne.Il poussa son bateau vers la rive et sautu sur la berge auprès d'elle.—Bonjour, dit-il.C'est gentil à vous de venir attendre au port le naviga-leur inconnu.Votre chanson m'a arrêtée en route.Personne ne chante comme vous dan^ ce pays.—Chacun son rôle dans la vie.Le mien est de réjouir.Devant le regard étonné de la jeuw fille, il sourit.Ensuite il demanda à brûle-pourpoint : —Vous ne voudriez pas me dire où je pourrais passer la nuit?—Chez nous, répondit la jeune fille, en donnant à ces deux mots toute la générosité hospitalière qu'ils comportent dans la bouche de nos paysans."Mon père n'a jamais refuse le gîte à personne." —Votre père?—Oui, Biaise Romain, le "maître" des Croisettes.L'étranger s'amusait de la candeur de ces révélations; il s'enhardit.—Votre père s'appelle Biaise, dites-vus.Et vous, comment vous appellc-rais-jc?—Rose .—Rose.Vous portez bien ce prénom.Il est aussi charmant et délient que la fleur parfumée qu'il évoque.La jeune fille rougit; mais l'étranger ne lui laissa pns le temps de perdre contenance.—Moi, je m'appelle Clément, dit-il. Avril 1939 Le Bulletin des, Agriculteurs 11 J'ai perdu mon nom de famille au cours de mes pérégrinations.Je ne me suis jamais beaucoup soucié de le retrouver.Qu'importe, d'ailleurs! On ne juge lias un homme d'après son nom, mais d'après son coeur.Il insista sur ce dernier mot.Peut-être voulait-il dans cette prise de contact devenue immédiatement familière, livrer tout le secret de sa personnalité.Ses yeux embués de rêve s'attardaient sans malice sur la simple fille qui lui parlait comme si elle l'eut connu de tout temps.Il émanait de sa personne une telle impression de sécurité que Rose ne réalisait pas ce qu'il y avait d'insolite dans ce tête-à-tête avec un inconnu.Elle se sentait l'âme captive d'un charme indéfinissable, troublant et pur tout à la fois.Ils étaient l'un devant l'autre comme deux enfants rapprochés par un hasard de la vie, et qui, tout de suite, fraternisent.—C'est loin "chez vous", demanda Clément?—Votre barque vous y conduira.Suivez la rivière; elle passe derrière la grange.Mon père sera là pour vous recevoir.Je vous précède par la terre ferme.Légère et insouciante comme une enfant qui n'a jamais péché, Rose disparut sur la sente herbeuse qui se perdait sous les noisetiers.Clément sourit en la suivant du re-gard, et, dès qu'il eut lancé son esquif au milieu du courant, il reprit sa chanson, avec plus de gaieté, peut-être, qu'une heure plus tôt.Les étoiles, au firmament, éclataient en splendeur.La nuit, sans bruit, était tombée.* * » Dans la grande cuisine de la ferme, la soupe fumait.L'étranger que Rose vient de présenter à ses parents, s'est assis au bout de la longue table où son réunis les sept enfants du fermier et quelques ouvriers agricoles.Clément ne parle pas, mais ses yeux dont le regard semble constamment perdu dans un rêve, errent par la pièce.Ils se lèvent vers les solives basses et les plats de faïence pendus au mur; ils caressent le buffet de chêne rongé par l'âge et les vers, se mirent aux rutilantes marmites de cuivre, traînent sur l'âtre enfumé, pour s'attache»- enfin aux paysans qui animent ce décor dans leurs rudes vêtements de travail.—Les foins ont mal rendu cette année, dit Biaise Romain d'une voix-basse; la pluie en a fait pourrir la moitié.—Sans compter, renchérit la mère, que les pommes de terre ne donneront pas en septembre.Elles ont eu trop d'humidité.—Les reins me font mal d'avoir fauché, continue le fermier."Ah ! notre vie est dure et les sous nous tombent lentement dans le gousset." Les doléances se poursuivent, et rebondissent de bouche en bouche, tandis que Rose sert silencieusement les convives.Une atmosphère de tristesse découragée pèse sur l'assemblée.Et soudain, l'étranger esquisse un geste d'apaisement.Il parle.Il parle d'une voix lente et basse qui s'enfle et vibre peu à peu.Faisant mine de n'avoir rien entendu, il dit le parfum des foins, la griserie du grand air, la vapeur odorante qui monte de la terre après la pluie.Il dit l'attachement des animaux domestiques à leurs maîtres, et le chant des oiseaux, et la petite vie compliquée des insectes.Il dit la splendeur du soleil de midi et la douceur silencieuse des nuits.Il dit la noblesse du travail, la majesté de l'effort obstiné, aveuglément tendu vers la réussite.Il dit .Et peu à peu, ses hôtes s'arrêtent de manger; leurs traits se détendent.Une lueur de rêve, un souffle de poésie a passé sur ces rudes campagnards, et leur coeur s'est subitement amolli.Les mains de Rose se sont jointes sur ses genoux.Les lèvres entr'ouver-tes, elle écoute, et ses yeux bleus ont pris l'expression lointaine qui flotte dans ceux de l'étranger.Lorsque Clément se tait, personne ne bouge.On dirait que tous ces rudes terriens ont été transportés loin de leurs préoccupations quotidiennes—et cependant dans le cadre de leur vie encore—dans un monde qui, jusqu'alors, leur était resté inconnu.II leur faut du temps pour revenir de ce pays enchanté.Rose, la première, rompt le silence.—Je voudrais, dit-elle, que vous nous chantiez une chanson.Clément sourit, sans répondre.Il prend l'accordéon qu'il avait, en entrant, déposé dims un coin, s'assied à la lueur de l'âtre et il commence.La brise d'été entre à flots par les fenêtres béantes; elle repart chargée d'harmonies.L'accordéon rythme de vieilles chansons que l'étranger module à voix douce.Les soucis s'estompent dans l'oubli.Le vieux fermier se surprend à fredonner avec le chanteur les complaintes d'autrefois.Lentement, les coeurs sé dilatent et s'abandonnent à la magie des sons.Une paix sereine a conquis toutes les âmes, lorsque les paysans se séparent pour gagner leur couche., * * * Automne est là qui rougit les feuilles et jaunit l'herbe.L'étranger est encore à la ferme.—Veux-tu rester?lui avait demandé le fermier le lendemain de son arrivée."Je manque de bras pour terminer la fenaison." Clément avait tressailli, ses yeux s'étaient portés par delà la cour de la ferme, vers les peupliers de la rivière, vers les lointains fascinateurs que la brume ou matin estompait.Une lueur s'était allumée dans son regard et tout son cops avait paru se porter en avant, vers cet inconnu que limitait l'horizon.Mais Rose s'était glisées auprès de son père et son bras serrait le sien pour appuyer la demande.Sur le jeune visage tendu vers lui, Clément avait lu une prière.—Je reste, avait-il dit, en tournant résolument le dos au trop ensorcelant appel des routes et des eaux.Rose avait déjà disparu.Lorque Clément se fut entendu avec le fermier, il la chercha.—Les paroles de votre père ne m'auraient pas retenu, dit-il.Mais je n'ai rien pu refuser à votre demande muette.Rose rougit.Elle hésita une seconde, puis répondit d'une voix triste: Pourquoi avez-vous dit ces choses douces et réconfoi-tantes, hier soir?Personne n'avait encore parlé comme vous à la ferme."Il me semble que je ne suis plus la même personne qu'auparavant, depuis lors.Aussi, lorsque j'ai cru que vous alliez partir, j'ai eu peur ." —Peur?.peur de quoi?—Je ne sais pas .peur de redevenir comme avant .de me sentir étouffer parfois .Pourtant .je crois que j'ai mal fait en vous retenant.—Pourquoi auriez-vous mal fait?Rose hocha la tête; mais ne répondit pas.« • » La cueillette des fruits avait succédé à la fenaison; puis avait commencé l'arrachage des pommes de terre.Clément était toujours occupé à la ferme.Ce n'est pas qu'il fut un ouvrier modèle.Quand il se mettait à la besogne, il trimait dur, certes; il lui arrivait d'abattre plus d'ouvrage à lui seul que deux autres travailleurs ensemble; mais un lapin déboulait-il à la lisière du champ, une alouette s'élc-vait-elle dans l'air, Clément s'élançait à la poursuite du gibier ou restait de longs moments en extase, oubliant le travail qu'il avait entrepris.Le fermier avait beau essayer de lui faire des reproches; Clément semblait ne rien entendre et se mettait à raconter les découvertes merveilleuses qu'il avait' faites dans les herbes do la prairie ou dans les sentiers du bois.Ces petits détails comptaient bien plu3 pour lui.Romain, avait fini par en prendre son parti, d'autant plus qu'il payait mal cet ouvrier fantaisiste.Son avarice y trouvait son compte: il se disait qu'en somme, le travail valait le salaire et que le jeune étranger payait largement en chansons et en bonne humeur ses moments de distraction.Car, Clément n'avait pas changé depuis le soir de son arrivée.Après le repas du soir, il se plaisait à discourir, racontant les émerveillements qu'il avait accumulés depuis le matin.Les animaux et les plantes qu'il décrivait, les paysans les connaissaient depuis longtemps.Cependant, Clément le voyait d'un autre oeil qu'eux ne les avaient jamais vus.II donnait à toute chose sa marque personnelle, il insufflait à ses récits une vie intense, une poésie étrange qui changeait l'humble existence de tous les jours en une féerie sans cesse renouvelée.Tous se laissaient prendre au charme de l'étranger et la vie de ferme semblait moins dure depuis qu'il s'était décidé à la partager.Le soir, lorsqu'il s'asseyait sous le grand noyer, son accordéon sur les genoux et Rose à son côté, il semblait que les âmes ne fussent plus que paix et douceur.Le coeur de Clément s'ouvrait avec amour et bonté pour les choses et pour les êtres.Un jour, il avait rapporté à la ferme un oiseau blessé qu'il avait soigné avec tendresse jusqu'au moment où la frêle bestiole s'était envolée sans merci.Une autre fois, c'était un chien errant, sale et malade qu'il avait ramené.Le pauvre animal avait succombé, malgré tous les soins, et le jeune homme avait traîné pendant plusieurs jours une tristesse profonde.Il ne savait pas voir souffrir âme qui vive.* * » Lors de la kermesse au village, quelques jeunes paysans prièrent Clément de tenir l'accordéon au bal du soir.Avec sa complaisance habituelle, le jeune homme accepta.Il joua longtemps, presque sans s'en rendre compte, les yeux perdus dans son rêve éternel.—Tu ne danses pas?lui demanda Rose.—Je ne sais pas danser, répondit-il, et d'ailleurs, je préfère jouer.Après le bal, Clément reconduisit Rose à la ferme.Pendant le chemin du retour, la jeune fille ne parla guère et, soudain, elle éclata en sanglots.Clément, très surpris, lui demanda d'une voix compatissante la cause de ces larmes.Mais Rose continua de pleurer sans répondre.Poussé par son bon coeur à un examen de conscience, le jeune homme chercha s'il n'avait pas quelque part dans le chagrin de son amie.Il ne se rappela aucun acte, aucune parole qui eut pu la froisser.Rose, de son côté, ne voulut jamais expliquer son étrange tristesse.A partir de ce moment, Clément pensa plus souvent à Rose.En somme, c'était à cause d'elle qu'il était resté à la ferme.Jusqu'à présent, il s'était laissé aller sans y songer au charme de cette présence féminine comprehensive et sympathisante.Maintenant, il réalisait mieux la force et la nature du sentiment qui le poussait vers Rose.La pensée de la jeune fille ne le quittait plus guère, et il se prenait à désigner ardemment d'avoir pour toujours à lui seul, cet être dont l'âme s'apparentait si bien à la sienne.(.suite à la page 38) // sauta sur lu berge auprès d'elle 12 sssss DES AGRICULTEURS UN MAGAZINE MENSUEL pour Ida familles rurales, publié le deuxième mardi du mois pur la Compagnie de l'ubli-cation Rurale Limitée* RENE SOULARD Chef de lu Réduction PAUL AIME BRIEN Directeur de la Circulation G.MOISAN Gérant de la publicité locale.ABONNEMENT: Canada et Grande-Bretagne, ,05c la copie, fiOc par année, payable d'avance! Ile de Montréal et pays étruni:errt 25c do plu» par année, payable d'avance._ Les renouvellements doivent être slffnèa du nom et des mèrned initialed apparaissant sur In bande d'adresse, afin de prévenir In duplication.Les nltonnés.en donnnnt leur changement d'adre>$e, devront aussi mentionner leur adresse précédente et l'adresse du nouveau bureau de poste.TARIF D'ANNONCE: 70 sous In ligne a^ate.Pour l'Industrie Animale et l'Aviculture tarif d'annonce sur demande.Les avis d'annulation ou de changement sur la copie doivent nous parvenir vingt et un jours avant la date de publication.Le Bulletin des Agriculteurs est membre du "Audit lïurenu of Circulation" Copies du rapport A.B.C.sur demande.ANNONCES CLASSEES: 3c le mot.charge minimum $1.00 .payable d'avance.REPONSES AUX QUESTIONS: On répondra aux questions posées par les abonnés sur les sujets agricoles.En envoyant vos questions veuilles donner votre nom au complet et votre adresse.L'on répondra aux demandes d'informations le plus rapidement possible, soit pnr la voie de la publication ou pnr la poste.Pour obtenir une réponse personnelle insérez un timbre-poste dans votre lettre.TOUTE CORRESPONDANCE sur les sujets touchant l'agriculture, l'industrie animale, graines de semences, grains d'alimentation, expériences, les inventions pratiques, etc.en fait, tout ce qui peut-être intéressant et utile aux autres fermiers trouvera Km accueil.Veuillez écrire sur un seul côté du papier.Les manuscrits non acceptée Seront promptement retournés, si les frais de poste sont inclus.Adressez toute correspondance à: Le Bulletin des Agriculteurs 2149 est, rue Ontario, Montréal Vol.XXV AVRIL 1W9 No 1 Le Pape Pie XII L'Eglise a un nouveau chef dont le monde entier a salué avec enthousiasme et ferveur l'élection.Sa Sainteté Pie XII qui, avant son élévation à la papauté, s'appelait le cardinal Pacelli, nom connu clans t'jus les pays parce qu'il les a visités ou qu'il a entretenu des relations avec eux en sa qualité de Secrétaire d'Etat, est appelé à régner dans une période aussi troublée que celle du règne de son prédécesseur, Pie XI.Le Souverain Pontife est préparé depuis longtemps à cette lourde tâche de mener au port la barque de Pierre.Quelques années seulement après avoir été ordonné prêtre, il était choisi comme secrétaire aux affaires ecclésiastiques extraordinaires et trois ans plus tard il était sacré archevêque de Sarde.Alors commença sa carrière diplomatique qui le porta dans tous les pays du monde.Il fut envoyé comme nonce à Munich, comme ambassadeur du Pape en Prusse, comme légat pontifical au congrès de Buenos-Aires.Il eut aussi à remplir de nombreuses autres missions diplomatiques qui lui valurent les plus grands honneurs des différents pays du monde.A une heure aussi grave de l'histoire alors que la menace de guerre fait tache sombre sur le ciel européen à cause île l'appétit insatiable de certains chefs d'Etat le Père de l'Eglise catholique joue un rôle éminemment pacifique qui ne peut que nous réconforter.Aussi est-ce de tout coeur que nous souhaitons avec respect longue vie et fructueux pontificat à Pie XII.Nouvelles conquêtes allemandes Le chef de l'Allemagne nazi vient de nouveau de déclarer qu'il n'umbitionne plus aucun territoire de l'Europe centrale.Adolf Hitler a fait cette déclaration après avoir conquis avec soh audace habituelle d'autres provinces de la Tchécoslovaquie, aujourd'hui disparue de la carte du monde.La Moravie et la Bohême ont en effet été englouties dans le mouvement d'expansion allemande au cours du mois de mars en dépit des promesses du chancelier Hitler de ne jamais toucher aux frontières tchécoslovaques il y a à peine cinq mois.On se rappelle e:i effet la crise du mois de septembre dernier alors qu'on a passé à un cheveu d'une guerre mondiale.A cette époque Hitler s'appuyant sur le désir des Allemands des Sjjdètes de retourner à leur mère-patrie envahissait une partie de la Tchécoslovaquie Le Bulletin des Agriculteurs protégée par une alliance militaire avec la France et l'Angleterre.Pour éviter un conflit abominable ces deux derniers pays en vinrent à une entente avec l'Allemagne.Hitler promit de ne plus attenter à la paix mondiale.Mais cette promesse valut pour le chef allemand autant que les traités de Versailles et Locarno qu'il a tout simplement déchirés.Dans un livre publié récemment sous le titre de: "Que veut Hitler" Mme E.-O.Lorimier dénonce le déshonneur d'Hitler en établissant un parallèle entre les promesses, les discours et les actes de ce dernier.Nous extrayons de ce volume très intéressant les parties suivantes: Le 14 octobre 1933 Hitler déclare dans un discours à la radio "Lorsque le territoire de la Sarre aura été retourné à l'Allemagne, seul des mécontents pourraient envisager la possibilité d'une guerre entre l'Allemagne et la France.Personne ne peut demander que dos millions d'hommes soient sacrifiés afin de rajuster nos frontières actuelles." Le 10 novembre 1933 il affirmait dans son discours au Reichstag "qu'une fois la question de la Sarre réglée le gouvernement allemand est prêt à accepter non seulement la lettre mais aussi l'esprit du traité de Locarno." Le 13 mars 1934 il prétend dans une note adressée à la France que "le gouvernement allemand n'a jamais mis en doute la validité du traité de Locarno." Le 19 mars 1934 le chancelier Hitler dit dans un discours prononcé à Munich que "les frontières allemandes ont toujours subi des changements.Elles continueront à se modifier jusqu'à ce que tous les peuples allemands n'en forment plus qu'un." Le 21 mai 1935 Hitler affirme de nouveau devant le Reichstag que "le gouvernement allemand se soumettra scrupuleusement à tout traiét volontairement conclu.Il se soumettra en particulier aux obligations que lui a imposées le traité de Locarno aussi longtemps que les autres pays s'en tiendront à ce traité." Dans le même discours" l'Allemagne n'a nullement l'intention ni le désir d'intervenir dans les affaires internes de l'Autriche d'annexer l'Autriche ou de conclure un Anschluss.Après toutes ces belles paroles l'Allemagne dénonce le 7 mars 193G le traité de Locarno et réoc-cupe la Rhénanie démilitarisée.Le même jour, le chancelier dit au Reichstag que "L'Allemagne ne troublera jamais la paix européenne.Nous n'avons pas de demandes territoriales à faire en Europe." Le 12 février 1938 Hitler réitère dans l'entente conclue avec le chancelier d'Autriche à Berchtes-gaden qu'il reconnaît la souveraineté autrichienne déjà exprimée dans l'entente austro-allemande de juillet 1935.Le 11 mars 1938 l'Allemagne annexe l'Autriche.Le 14 mars 1938 M.Chamberlain déclare à la Chambre des Communes d'Angleterre que l'Allemagne a donné des assurances qu'elle n'a aucune intention hostile envers la Tchécoslovaquie.Le 24 septembre 193S l'Allemagne envoie un ultimatum de sept jours à la Tchécoslovaquie.Le 2G septembre 1938 Hitler déclare: "Nous avons à résoudre maintenant notre dernier problème.C'est la dernière réclamation territoriale que j'ai à faire en Europe mais c'est une réclamation à laquelle je tiens." Et voilà le cynisme qui anime le chef d'un des pays les plus dangereux du monde.Hitler a de nouveau assuré le monde que l'Allemagne ne désire rien de plus, qu'elle ne cherche que la paix et que la confiance a été redonnée au monde.Mais ne peut-on pas douter de la parole d'Hitler?Joignez l'utile à l'agréable abonnez-vous ! Nous sommes toujours heureux de rendre les plus grands services à nos abonnés puisque ceux-ci ne sont pas mesquins sur les remerciements.Nous recevons, en effet, depuis deux mois, de nombreux témoignages de l'utilité des primes que nous accordons avec tout abonnement de 3 ans à notre revue.On semble apprécier grandement les variétés de graines de semences que nous offrons avec l'abonnement de $1.00.Nous n'en sommes aucunement surpris.Il est tout naturel que les cultivateurs préfèrent l'utile à l'agréable.Nous voulons attirer l'attention de nos lecteurs sur le fait que nous offrons actuellement une magnifique photographie du pape Pie XII au prix de 25c.l'unité.A nos lecteurs dont l'abonnement expire prochaine- ment, de prendre note que cette superbe photographie en couleurs peut leur parvenir gratuitement comme prime avec leur renouvellement.Nous éveillons aussi l'attention de nos abonné.-; sur le fait que notre revue comprend à chaque numéro de nouvelles rubriques destinées à leur rendre d'éniinents services.Et nous avons réduit le prix de notre abonnement à 50c.par année, 75c.pour 2 ans et $1.00 pour trois.Ce n'est toutefois qu'avec ce dernier abonnement que nous-offrons la prime gratuite.Profitez donc de cet encouragement que non-, vous offrons pour nous faire remise dans le plus bref délai possible si votre abonnement expire prochainement.Le budget du ministère de l'agriculture Dans notre "Lettre de Québec sur la session provinciale" du mois dernier nous relevions parmi les prévisions budgétaires la somme accordée au ministère de l'Agriculture.Le montant destiné à l'Agriculture a été comprimé de $428,900.Cette diminution vient à la suite d'une autre tout aussi sensible effectuée l'année précédente.On attribue pour la prochaine année financière agricole la somme de $3,680,100, à l'exclusion des sommes versées à l'Office du crédit agricole.Nous ne pouvons que regretter qu'à une heure aussi grave de l'industrie agricole de notre province le gouvernement décide de comprimer ses largesses envers la classe rurale.Nos cultivateurs à cause du faible prix qu'ils obtiennent pour leurs produits et de leur situation défavorable ont besoin de l'aide gouvernementale pour mener à bien leurs travaux de redressement et d'amélioration.Le prêt agricole tel qu'on le comprend dans la province de Québec protège et aide peut-être plus efficacement le créancier que le cultivateur lui-même.C'est changer la bosse de place sans l'effacer.Aussi ne peut-on dire qu'il améliore le sort du cultivateur, même s'il le soulage de quelque anxiété.Dans les conditions actuelles le cultivateur reste avec l'espérance que le gouvernement dépensent avec sagesse les deniers qu'il a cru bon de comprimer pour soulager l'agriculture.Un drapeau canadien A l'occasion de la visite de nos souverains, l'été prochain, la Chambre des Communes est saisie de plusieurs projets parmi lequel:; nous relevons la proposition demandant l'adoption d'un drapeau canadien.L'honorable Ernest Lapointe, qui a été récemment l'objet de grandioses manifestations en l'honneur de son trentième anniversaire de vie politique, a souligné au cours du débat (pie cette question a soulevé les avantages d'un drapeau exclusif au Canada.L'un des principaux avantages d'un drapeau exclusivement canadien serait de favoriser l'unité nationale.Depuis longtemps on réclame au Canada l'unité de la population qui, bien que composée de deux races, devrait former un tout homogène.Jusqu'à présent le seul emblème du Canada a été le drapeau Union Jack.Ce dernier nous désigne plutôt comme une colonie anglaise.Avec un drapeau exclusivement canadien nous serions en mesure de prouver que nous formons une nation bien dis tincte.En outre, un drapeau canadien servirait à renforcer l'unité canadienne.Le Canada divisé en neuf provinces est le témoin de nombreux frottements entre les différentes classes de la population.Le drapeau aiderait à resserrer les liens entre les provinces.Aussi ne pouvons-nous nous empêcher de blâmer les députés qui se sont opposés à ce que le Canada ait un emblème bien à lui.Certains anglais trop britanniques pour voir le Canada dan-une situation autre que celle de colonie ont reproché ce mouvement bien légitime.Il y a là un manque évident de coopération.Nous désirons un drapeau canadien qui représenterait les deux races qui composent la grande majorité de la population.Nous n'avons aucune raison d'avoir honte des Anglnis et ces derniers ne devraient pas avoir le faux orgueil ou la fierté mal placée de ne pas reconnaître que le grand Canada comprend deux grandes races qui travaillent avec honnêteté à abolir les frictions inévitables entre deux peuples de descendance différente. Avril 1939.Le Bulletin des Agriculteurs .13 Le chroniqueur de Pinardville f \ h beau printemps, beau printemps, enfin te voilà arrivé! Et la terre dûment en gr ai s s é o Sans ses sillons reçoit le bon blé doré.Céline, que dis-tu de mes limes?—De tes mains au râteau appuyées, d:ins la cour viens m'aider à nettoyer.Ça aussi ça rime, Victor, et c'est de saison.—Céline, laisse-moi finir mon poème a la nature.Je suis profondément inspiré, et je sais que ce soir, sur le papier couchés, mes vers, pour le plaisir des yeux, étaleront leur prenante beauté.—Ce soir, ô Victor inspiré, il ne i':ivit.pas qu'autour de la maison ne traîne nulle saleté.J'attache mon la-blier, mets tes salopettes; pour ta satisfaction et la mienne il faut qu'à la brimante coins et racoins soient nets.—Je te suis à regret quoique j'aime la propreté.Retrouverais-jc après souper, les Muses, pour moi, aussi bien disposées?—Laisse faire les Muses, Victor.Il est temps de nettoyer et ça ne se remet pas.C'est la grande semaine du nettoyage.Partout on agite balai et plumeau, et, en avant la croisière de propreté.—Céline, il n'y a rien d'aussi réjouissant à voir qu'une ferme en ordre, bien tenue, où chaque chose est il sa place.—Absolument, Victor.Et ce qui respire la propreté sent la prospérité.Ne me parle pas de ces fermes encombrées île toutes sortes de traîneries, au point qu'il faut s'informer, à la maison, du chemin pour aller à la grange.Les gorets courent en liberté autour des bâtisses et fouillent les copeaux en cherche de nomme d'épi-nette; et les poules hivernent dans la remise à voilures, où les roues du boghei du dimanche leur servent de juchoir.Oh, là, là, c'est plus qu'il n'en faut pour fuir aux Etats! —Malheureusement, ça se rencon-t le.-Et dire qu'un jour nu deux'chaque printemps suffisent pour rendre propre le tour des bâtisses.Ensuite, un petit coup de coeur chaque semaine gardera tout en ordre.Les temps sont difficiles pour nous autres, les habitants, mais trois trente sous pour de la chaux, ça se trouve.Et des granges blanchies qui se tiennent dans une cour proprette, ça donne du goût à l'ouvrage.Moi, Victor, je voudrais voir toutes les fermes propres et coquettes.Ça prend si peu! Quelques graines de capucines sur le renehaus-sage.une botte d'asperge près de la margelle du puits, des gloire-du-matin à la fenêtre, des dalias près du perron, peuvent donner un aspect de chalet à une bicoque.—Oui, et quand la maison est déjà jolie, ces quelques fleurs lui donnent une apparence de villa.Des arbres, des fleurs, un peu de bonne volonté, et une ferme désolée devient en peu de temps im endroit où il est agréable de vivre; ça compense un peu le manque d'argent.Et ce qu'il y a de bon, c'est que sur les capucines et autres fleurs, il n'y a pas de taxe à payer.—Chut ! Victor, ne parle pas si fori, si nos députés t'entendaient, ça leur Victor et Céline font leur ménage du printemps.— Le surplus de beurre.— La laine de lait ou le lait en laine.— 11 n'y a pas de taxes sur les fleurs.donnerait une idée où prélever de nouveaux impôts.—Crois-tu, Céline, qu'ils pourraient taxer massifs et plates-bandes?—Ils taxent les pompes à gazolinc, pourquoi pas les jardinières?Tant, si elles sont en fonte; tant, si c'est du grès.—Tout le monde s'accroche après le gouvernement pour avoir des octrois faut qu'il trouve de l'argent quelque part.—Plus ça va, plus ça va pas mieux.Il parait que nous voilà avec un surplus de 20.000.000 de livres de beurre sur les bras.Tu parles d'une boulette! —On fait mieux de la garder en entrepôt parce que avant longtemps on en sera à court.Sais-tu, Céline, qu'on a découvert un procédé pour faire de la laine avec du lait?Et alors le beurre sera rare.—Allons donc, t'es pas sérieux?—Mais oui.Même que la province voisine est à s'organiser pour exploiter ce nouveau produit.Alors, tu comprends si le beurre va monter: on préférera mieux tisser la traite des vaches que de la baratter.—Victor, si c'était le premier du —Tiens, mais pour marquer la quantité de laine qu'une vache donnera par année.On dira: tant de livres de lait, tant de gras, tant de beurre, tant de laine.On lira des rapports comme celui-ci: Princesse Hol-slein, quatre ans, a donné 15.000 lbs de lait dans 300 jours, soit 75 lbs de beurre, une douzaine de draps de laine et les chaussettes et les mitaines pour la famille de son heureux propriétaire.Au temps biblique, heureux qui possédait une vigne, de nos jours, chanceux qui aura sa vache.O noble vache! en plus de nous donner un aliment complet, elle va nous vêtir par son lait! Victor, c'est tout de même un peu fort.—Pourquoi?Ne tisse-t-on pas le verre maintenant?Et ne fait-on pas de la soie avec du bois?—Fasse le ciel, Victor, que les laboratoires qui font de si stupéfiantes découvertes parviennent, au moyen de leurs acides et cornues, à tirer de nos effarantes dettes nationales, des revenus mirobolants.Pour les expériences on pourrait prendre de petits montants pour mettre dans l'appareil, disons des tranches d'un million.—Pristi! t'appelles cela des petites tranches?On préférera tisser le lait des vaches .mois, je dirais que tu me montes un poisson d'avril.—C'est l'exacte vérité, Céline.En Iatlic et en Allemagne l'industrie de la laine de lait est en progrès.Cette laine artificielle est supérieure sur bien des points à la laine naturelle.—Alors, et les moutons, vont-ils servir que pour les processions de la St-Jean-Baptiste?Avec toutes ses inventions et 'découvertes, le inonde est après virer à l'envers.Je vous demande un peu, de la laine de lait! Je suppose qu'avant longtemps on va voir les vaches montées en quenouille au haut des rouets?—11 n'y a plus à s'étonner de rien, Céline.—Et pour les feuilles du contrôle de l'industrie laitière, il vn falloir ajouter une colonne additionnelle?—Pourquoi faire?—Mais oui, aujourd'hui un million de dette, c'est un petit montant, qui se rencontre dans des municipalités de deux par quatre.Donc, grâce à la science, on prendrait une tranche de dette d'un million que l'on mettrait dans l'ingénieux appareil et il en sortirait des liasses de billets tout neufs.On aurait qu'à piger.—A mon tour Céline, de te dire: Chut! Si nos députés t'entendaient, du coup ils hausseraient leur salaire.—Hum, il me semble que nos politiciens ont vu dernièrement à rajuster leur paye suivant l'échelle des salaires raisonnables.Comme de raison, ils ne se sont pas basés sur du trente sous de l'heure, car, pour former une population dans les dettes de façon solide à ne pouvoir en sortir, ça prend des experts, et des experts ça vaut le gros prix.J'imagine qu'à côté d'un beau gros tas de cinquante millions d'emprunts, de pauvres petits salaires de six ou huit mille dollars paraissent blêmes, on les farde pour leur donner une apparence de santé.Mais, par comparaison, ils demeurent des salaires de famine.Les électeurs le comprennent.—Céline, ton ton est railleur.—Je lis les débats de la Chambre, Victor.On y légifère avec des arguments fiel et vinaigre.Ça déteint sur le lecteur.—Céline, il faut comprendre que dans la chaleur des discussions .—Oui, il faut comprendre que les fleurs de rhétoriques éclosent.Ce doit être pour cela que l'on attend dire à tout bout de champ que M.le député Un Tel et Un Tel a trouvé sur son pupitre une magnifique gerbe de roses.On doit les cueillir gratuitement sur le parquet de la Chambre où elles s'épanouissent en abondance.—Tiens, mais en faisant ainsi éclore les fleurs jusque dans l'enceinte parlementaire, nos députés secondent splendidement les promoteurs de l'embellissement des demeures.Réellement, nos députés pensent à tout.Qu'ils pensent maintenant à passer un arrêté en conseil qui obligerait tous les banqueteurs à mettre du beurre des deux côtés de leur tranche de pain, afin de réduire notre fameuse boulette, et nous leur élèverons des monuments.—Flûte soit des monuments, Victor, ça déclancherait encore des discours, et tu sais comme moi à quel point on en est saturé: les journaux en débordent, les radios en éclantent.Tout le monde se croit né orateur.On a des gestes de tribun jusque pour se gratter.Tiens, toi-même Victor, dans le moment, sans t'en rendre compte, en maniant ton râteau tu te cambres comme si tu croyais sur un husting.—Oh, moi, le don oratoire, je l'ai dans la peau.Ce n'est pas d'hier que j'ai le verbe persuasif et entraînant.Et un de ces jours ma voix retentira sous les voûtes .—.du poulailler.De ta voix sonore et persuasive appelle les poules et donne-leur une terrinéc de grains afin qu'elles nous pondent des oeufs à dix-huit sous la douzaine.Seigneur! —Céline, excelsior! C'est le printemps, l'amour la jeunesse que rien ne lasse! —Ce sont les bourgeon, les branches, les minces revenus que l'on ramasse.—C'est la terre dûment engraissée qui reçoit le bon blé.Ce sont les fleurs, aux corolles embaumées, ce sont les oiseaux de ritournelle gorgés.—Ce sont les corneilles empressées à picorer le p'tit veau mort-né.—Céline! ton vocabulaire vulgaire à mon coeur apporte la colère! —Pauvre Victor, laisse tes rimes et tes rimettes et enlève tes salopettes, la place est nette et ensoleillée.J'ôte mon tablier.Entrons dans la cuisine, il est temps de souper, mon viel époux inspiré.—Demain, notre maison paraîtra re-gaillardie avec sa cour balayée, et comme un regain d e jeunesse touchera nos i soixante ans bien sonnés. 14 Le Bulletin des Agriculteurs Avril 1939 De I etable au pâturage Il faut préparer les vaches laitières à subir sans inconvénients cette transformation plutôt violente de leur genre de vie par A.R.NESS, professeur au Collège Macdonald T ous les producteurs do lait de la campagne attendent avec impatience le retour du printemps pour remettre au pâturage le troupeau laitier enfermé dans l'étable durant l'hiver.Ne plus avoir à nourrir les vaches dans l'étable, ne plus avoir à enlever le fumier des litières et avoir le plaisir de voir les bêtes courir et jouer dans le champ, c'est une perspective certainement agréable pour tous les membres de la famille, particulièrement pour les jeunes.Dans cette province où la saison printanière est plutôt de courte durée il est temps tout à coup de mettre les animaux en pâturage.Il arrive souvent que les animaux ne sont pas aussi bien préparés qu'ils le devraient pour subir sans inconvénient cette transformation plutôt violente de leur genre de vie.Il n'y a pas, il est vrai, beaucoup de préparatifs importants à faire d'avance.Néanmoins, l'application de certaines précautions permettra d'éviter les contre-temps et les accidents.On doit admettre que de libérer les animaux pour la première fois après une longue période d'internat soulève un changement considérable de leurs habitudes physiques et alimentaires.Le changement n'a pas les mêmes proportions chez les jeunes animaux et chez les vaches taries mais chez les vaches laitières ce changement peut avoir des répercussions très rapides qui se traduiront par une diminution de la production de lait.Les vaches laitières sont plus grosses et plus lourdes, elles possèdent de plus gros pis et elles sont accoutumées d'avoir une alimentation relativement plus abondante.Tous ces points constituent pour la vache laitière un grand changement.On peut dire sans crainte que beaucoup d'animaux sont mis au pâturage et ont la liberté de vagabonder dans les champs beaucoup trop tôt.Trop tôt pour le bien des animaux eux-mêmes et trop tôt pour donner le temps à l'herbe de pousser et de produire une quantité raisonnable de fourrage pour les animaux plus tard dans la saison.Dans beaucoup de cas il est difficile de savoir quoi conseiller parce que d'après leur apparence des animaux recevaient durant leur stage à l'étable une quantité de fourrages inférieure à ce qu'ils avaient besoin.Je ne crois pas que ce que je pourrai dire dans cet article aura des conséquences heureuses pour ceux qui se permettent de telles négligences puisqu'ils ont donné à ce sujet trop pou de réflexion et qu'ils ont amassé une si petite provision de fourrages qu'ils ne pouvaient donner les soins raisonnables à leurs animaux.Il y a beaucoup de producteurs laitiers dans cette province cependant qui ont élevé de bons troupeaux laitiers et à qui je veux adresser les remarques suivantes.Eviter si possible les courses inutiles Lorsque les vaches sont mises en liberté pour la première fois après avoir été enfermées tout l'hiver elles sont naturellement portées à courir et à jouer.Il arrive souvent qu'elles courent et que leurs ébats, particulièrement avec les vaches cornées, deviennent assez violents pour causer des blessures.Il se peut qu'il n'en résulte qu'une rigidité des jambes et des jointures comme on doit s'y attendre mais dans plusieurs cas de courses excessives il s'est produit des désordres plus grave aux jointures des jambes seront tentés de suivre leurs cadets et il s'ensuivra peut-être des désordres.Dans le cas d'un nombreux troupeau de vaches laitières j'irais jusqu'à suggérer qu'on ne place qu'un petit nombre d'animaux dans l'enclos en même temps pour la première et la deuxième journée, les vaches qui ont vêlé récemment dans un groupe et les vaches avancées dans leur période de lacta- '•g s?» fry '^^ragfagwa LE TROUPEAU LAITIER AU PATURAGE Bien que celte photographie ait été prise tard dans la saison, ce petit pâturage représente un enclos favorable où les vaches laitières peuvent être parquées de bonne heure au printemps, plus tôt même que sur d'autres terres qui ne s'assèchent pas aussi rapidement.et quelquefois au pis.Une grave blessure causée à une bonne vache peut être coûteuse et bien que toutes ces pertes ne peuvent pas être évitées on peut en diminuer le nombre et l'importance en faisant un peu plus attention et en se servant de son jugement.On devrait sortir les vaches laitières pour la première fois quelque temps chaque jour et les placer dans un enclos.On ne devrait pas laisser sortir dans l'enclos les jeunes animaux et les tion dans un autre; on peut aussi les diviser entre jeunes vaches laitières et vieilles vaches laitières.Il est très important que la première expérience de liberté soit passée avant que les vaches soient envoyées pour de bon au pâturage.Cette pratique évitera certainement une grande partie des dommages causés aux jeunes herbes et au gazon par le piétinement trop hâtif.Les vaches auront été accoutumées d'être dehors; elles se tranquilliseront donc plus vite Êfèi J TAURES DANS UN PACAGE Un pacage comme celui-ci qui s'assèche très tôt peut servir pour les jeunes animaux lorsque l'on veut placer le troupeau laitier sur le pâturage.vaches taries en même temps que les vaches laitières.Les vaches qui ont do gros pis et dont la traite est abondante ne sont pas en mesure de courir aussi fort ou aussi longtemps que les vaches taries et les jeunes animaux.Cependant, si tous les animaux sont parqués ensemble, les animaux lourds \ et en même temps elles laisseront tomber moins de lait.Il est aussi important que les vaches aient la chance de se préparer les pieds et les jambes à la marche et à la course qu'elles font la première fois qu'elles sont mises en pâturage.Si on se sert d'un enclos comme on vous le suggère pour ha- bituer les vaches au changement et si on ne permet aux vaches de rester dehors seulement une partie de la journée et jamais la nuit pour les premiers jours le changement so fera certainement avec plus do gradation et moins de risque.L'alimentation est grandement modifiée La cause la plus importante de la diminution do la production de lait durant les quelques jours qui suivent le retour au pâturage est peut-être le changement brusque île la nature de l'alimentation des vaches.Toutefois, si les vaches ont été habituées à l'avance à être dehors et à éviter ainsi les courses excessives, on aura affaibli sinon éliminé quelques-unes des causes de la réduction de la production de lait.On pourra de cette matière résoudre le problème du changement d'alimentation.Les jeunes herbes fraîches sont très succulentes, c'est-à-dire qu'elles contiennent beaucoup d'eau.Mémo si cil.sont abondantes on peut se demander si la vache dont la production do lait est élevée, ou même seulement moyen no, pourra en absorber assez pour lui fournir tous les éléments nécessaires au maintien de sa poduction de lait.Pour bien des gens je suppose (pu: c'est faire preuve de peu d'économie que de nourrir les vaches dans l'étable et de les mettre ensuite en pâturage dans un champ où l'herbe leur va jusqu'aux genoux et où chacun sait qu'il y aura perte de fourrage.Pour les premiers jours il est sage do nourrir les vaches dans l'étable afin d'éviter un changement trop grand dans l'alimentation de la vache tant au point de vue de la nature qu'au point de vue de la quantité de nourriture .Les vaches ne seront pas longtemps au pâturage lorsqu'elles refuseront de manger dans l'étable.Il semble toutefois que c'est une bonne pratique que do les sevrer graduellement; ce qu'elles feront elles-mêmes si on leur en donne la chance.Sans cette chance do modifier graduellement leur alimentation les vaches seront mises au pâturage affamées et elles seront portées à se bourrer des herbes succulentes qui ne leur donneront pas tous les aliments dont elles ont besoin.Bien qu'elles paraissent au premier abord satisfaites et bien nourries leur production de laii diminuera; leur fumier deviendra liquide et après un jour ou deux elles sembleront faibles et elles manque ront de vigueur et de vitnlité.Si, en plus, les vaches prennent trop d'exercices qui peuvent leur donner mal aux jambes et aux membres avec la possibilité d'un accident à un membre ou au pis le propriétaire du troupeau a permis à ses vaches de se mettre dans un état auquel il ne peut apporter grand remède.La baisse de la production de lait de la vache durera doux et peut-être trois semaines.C'est certainement plus long que s'il avait pris les mesures nécessaires pour adapter ses vaches au changement de l'étable au pâturage. Avril 1939 Le Bulletin des Agriculteurs .15 Le transport des animaux par camion Chaque année il se perd des milliers de dollars à cause du transport défectueux des animaux par camion.— Evitons cette perte onéreuse en suivant ces conseils On se sert communément aujourd'hui des camions pour transporter toutes les espèces d'animaux soit aux abattoirs et aux salaisons, soit au plus proche endroit d'expédition.Ces camions appartiennent quelquefois au cultivateur mais le plus souvent celui-ci loue les services d'un camionneur de sa paroisse qui va chercher des animaux sur plusieurs fermes.Cette coutume a donné lieu à des négligences de la part de l'éleveur qui abandonne toute responsabilité directe quant au transport de ses animaux une fois sortis de sa ferme et il arrive même que les animaux sont chargés sur le camion en l'absence du cultivateur.Et l'on regrette (pie les personnes chargées de ce travail important de l'industrie animale le fassent un peu à la diable au détriment du cultivateur.Bientôt les routes secondaires se-ront toutes ouvertes à la circulation et le transport par camion se fera encore sur une plus grande échelle dans nos campagnes.Il n'est donc pas inutile de rappeler certains principes qui pourront éviter des perles d'argent à beaucoup de nos cultivateurs.il faut d'abord que tous les camions soient équipés proprement car, autrement, il est impossible de faire un travail efficace.Le premier point sur lequel il faut porter son attention est la manière de charger et de décharger les animaux.Sur certaines fermes équipées d'une chute permanente il est souvent impossible de s'en servir dans certains cas à cause des bêtes.Toutes les cours à bestiaux des chemins de fer ne sont pas équipées d'une chute à la campagne.11 faudrait donc que chaque camion soit équipé d'une chute solide et propre à faire le chargement et le déchargement des animaux.La deuxième chose très importante pour le transport des animaux consiste à fournir un lit convenable.Dans quelques cas on a obtenu des résultats satisfaisants en se servant d'un grillage métallique amovible que l'on déroulait sur le plancher.Mais le meilleur lit est encore le lit de sable.On obtient aussi d'assez bons résultats avec des copeaux de bois seuls ou mêlés à des brins de paille.La paille seule, particulièrement la liai lie longue, est la moins utile.Les côtés et les extrémités du camion devraient toujours être construits très solidement.On devrait se servir non pas de clous ou de pointes mais d'écrous dont le bout serait coupé droit en égalité avec les parois et on devrait éliminer tous les points saillants.Lorsqu'il est nécessaire de tenir les deux côtés ensemble on devrait se servir de trangle de fer.Il ne faut jamais se servir de chaînes ou de cordes au-dessus du dos des animaux.Chaque espèce d'animaux devrait être séparée par une cloison que l'on peut facilement se procurer si on a la bonne habitude d'en transporter tout le temps sur son camion.Si le camion n'a pas de couverture permanente on devrait placer une toile au-dessus des animaux pour Lis protéger contre le colcil et la mauvaise température.Les meurtrissures On trouve la répercussion des combats de porcs dans les blessures que révèlent les carcasses.Les égrati-gnures et les marques de dents sur les épaules et le dos.Chaque année un fort pourcentage de carcasses qui autrement seraient bonnes ne peuvent être employées pour l'exportation à cause des marques de dents, des égratignures et des meurtrissures.Les flancs doivent être taillés considérés et les carcasses tombent dans une qualité inférieure.11 faut éviter aussi de transporter un verrat avec une cargaison de porcs particulièrement si ce verrat possède encore ses crocs.Ceux-ci sont de dangereux dards que l'éleveur peut enlever facilement.On doit casser les crocs des verrats comme tnesurc de prévention.Bien qu'il ne soit pas possible de séparer chaque lot de porcs on devrait établir une cloison entre les bêtes qui ont tendance à se battre.Voici la vraie bonne manière de charger des animaux sur un camion.Ce dernier comporte de solides clouions d'une hauteur et d'une largeur convenables pour séparer chaque espèce d'animaux.On s'est, servi de cordes pour retenir aux côtés les cloisons.La, bonne manière .de charger un taureau est illustrée dans cette photo.Bien que le taureau soit attaché aux parois du camion une solide cloison le sépare pari des veaux.Les engrais chimiques maintiennent la réserve de nourriture des plantes Dans un pays relativement neuf comme le Canada, où la terre est cependant depuis bien moins longtemps en culture que dans d'autres parties du monde, les cultivateurs commencent à se rendre compte que même les sols les plus fertiles s'appauvrissent à la longue si l'on ne fait rien pour maintenir leur fertilité.Il faut de toute nécessité remplacer la nourriture que les récoltes enlèvent au sol, sinon ces récoltes diminueront de plus en plus, disait M.Grant Peart, de la section des produits de végétaux du Service de la production du Ministère fédéral de l'agriculture, dans un discours récent.Les savants savent depuis longtemps que les plantes se nourrissent d'une douzaine de substances chimiques, et qu'elles consomment plus de quelques-unes de ces substances que d'autres.On sait que les principales substances qui entrent dans la nourriture des plantes sont l'azote, le phosphore, la potasse, le calcium, le soufre et la magnésie; les trois premières, l'azote, l'acide phosphorique et la potasse sont les plus importantes de toutes.Un fait intéressant à noter sous ce rapport, c'est que la nourriture humaine quelle qu'elle soit, a à peu près la même composition que la nourriture des plantes, en ce qui concerne les substances chimiques.De même, les êtres humains comme les végétaux se développent sur la nourriture qu'ils consomment et qu'ils assimilent.Le rachitisme chez les êtres humains et chez les plantes est très semblable; le résultat chez les deux est un organisme affaibli et mal nourri.Ces éléments de fertilité nécessaires aux plantes disparaissent rapidement des sols constamment en culture, et c'est ce qui explique pourquoi les engrais chimiques et naturels, ces derniers sous forme de fumier, donnent de bons résultats lorsqu'ils sont utilisés sur presque tous les sols de ferme nt ('-s jardin.Pour obtenir ces résultats, il faut employer le bon engrais, de la bonne manière et dans la bonne quantité, parce que les besoins des différentes plantes varient sous ce rapport.Par exemple, les plantes feuillues, comme la laitue et les choux, se trouvent mieux d'une abondance d'azote; les navets et les tomates veulent avoir une abondance d'acide phosphorique, tandis que les plantes qui forment de la fécule, comme les pommes de terre, préfèrent une quantité plus forte de potasse.Cette exigence de la part de certains végétaux doit être prise en considération; il faut également tenir compte du fait que les sols sablonneux sont généralement pauvres en toutes sortes de principes fertilisants et qu'ils exigent une plus forte quantité d'engrais que les terres franches et argileuses.Ces facteurs de la fertilisation du sol et des besoins des récoltes, font qu'il est difficile, pour la personne ordinaire, peu au courant des engrais chimiques et de leur emploi, de faire un bon choix parmi la grande variété d'éléments de fertilité offerts en vente.Si chaque acheteur d'engrais chimiques se procurait le texte des recommandations faites par le conseil d'engrais chimiques de son ministère provincial d'agriculture, il aurait beaucoup plus de chance d'obtenir de meilleurs résultats de l'emploi de ces engrais.Que les cultivateurs n'oublient pas cependant que le fumier de ferme, s'ils peuvent se le procurer, devrait venir en premier lieu, car il fournit non seulement les éléments essentiels de nourriture pour les plantes, mais aussi d'autres substances qui tendent à promouvoir la végétation de la plante et son développement.Le plan idéal de fertilisation comprend l'emploi du fumier de ferme, et en plus, des engrais chimiques, pour équilibrer les éléments de nourriture que renferme le fumier, conformément aux besoins des différentes récoltes et des différents sols. 16 Le Bulletin des Agriculteurs Avril 1939 Une politique agricole nationale de vente dirigée Les gouvernements fédéral et provinciaux devraient voir à adopter le plus tôt possible une législation devant réglementer le commerce d'exportation et le commerce interprovincial des produits agricoles.Telle est la principale résolution adoptée à l'issue de la conférence agricole de l'Est du Canada qui a réuni pendant trois jours, à l'hôtel Windsor, de Montréal, les plus hauts personnages du monde agricole des provinces Maritimes, du Québec, de l'Ontario et le premier ministre du Manitoba l'hon.M.Bracken.A la clôture de la conférence les délégués ont formé un comité permanent dç 27 membres qui poursuivront les travaux commencés durant ces assises qui furent les premières du genre de l'histoire de l'agriculture canadienne et qui collaboreront avec un comité similaire des provinces de l'Ouest.Le comité exécutif de ce comité permanent se compose de neuf membres dont le prsident est M.J.-A.Marion, président de la Chambre d'Agriculture du Québec.La résolution principale sera transmise aux gouvernements.L'agriculture canadienne est gravement atteinte, a-t-on dit à l'issue de la conférence, et les gouvernements ne devraient pas retarder les mouvements destinés à la remettre sur pied.Au cours des trois jours les quelques 250 délégués de l'Est du Canada de même que des provinces des Prairies ont entendu des conférences sur les différents aspects du problème de la distribution des produits agricoles.On a adopté des résolutions touchant le commerce de quatre groupes de produits, à savoir les produits laitiers, les bestiaux, lus fruits et les légumes et les produits avicoles.On a résumé ces résolutions dans la demande principale.La section avicole a recommandé que le Canada prenne immédiatement les mesures nécessaires pour établir un contingentement de 100 millions de douzaines d'oeufs en Grande-Bretagne.On a aussi recommandé que le gouvernement adopte une législation afin que toute viande de volaille soit classi-fiée et identifiée suivant les catégories établies par le gouvernement et qu'elle soit mise en montre pour la vente au détail dans son empaquetage original estampé.La section de l'industrie laitière demande au gouvernement fédéral d'adopter une législation pour renforcer les lois provinciales existantes ou à l'étude qui "donnent droit aux offices commerciaux, aux producteurs organisés de réglementer et de promouvoir le commerce d'exportation et le commerce interprovincial des produits de la ferme".La section des fruits et légumes préconise une législation devant permettre aux producteurs de s'unir en association dans le but de réglementer et d'améliorer le commerce d'exportation et le commerce domestique de leurs produits.La section de l'industrie animale préconise de son côté une législation destinée à établir une politique nationale du commerce du grain en vertu de laquelle le surplus de grain de l'Ouest servirait à l'alimentation du bétail d'exportation dans l'Est du Canada.Cette attitude a été prise à la suite d'une conférence de M.Stanislas Chagnon, du ministère provincial de l'Agriculture.Le comité exécutif se compose comme suit: MM.J.-A.Marion, H.-C.Bois et W.-J, Tawses, représentants de la province de Québec; R.-H.May-berry, M.-L.Craise et R.-J.Scott, représentants de l'Ontario; et MM.J.-W.Telle est la principale demande que formule la conférence agricole de l'Est du Canada tenue à la fin de mars à Montréal — On demande qu'elle soit réalisée le plus tôt possible — Trois journées d'études des autorités agricoles de l'Est du pays Boulter, W.-H.McEwen et George H.Wilson, représentants des provinces Maritimes.Le secrétaire est M.H.-H.Hannam.Les représentants de la province de Québec au comité permanent sont: MM.J.-A.Marion, Joseph Beauche-min, N.Hébert, W.-J.Tawsc, Joseph Bisson, P.-D.McArthur et H.-C.Bois.Les conférences Le premier ministre du Manitoba, l'hon.M.-J.Braken, a déclaré que l'agriculture avait deux moyens de se sortir de l'impasse dans laquelle elle se trouve.Ces deux moyens sont les marchés d'exportation et la réglementation de l'agriculture.Un des principaux problèmes à régler est celui des surplus des produits agricoles, selon l'hon.M.Bracken."Un maximum de marché d'exportation doit être obtenu pour écouler l'excédent de nos produits et, d'autre part, il faut empêcher que certains surplus ne dépriment les prix des marchés domestiques", a dit M.Bracken."L'agriculture traverse actuellement une période fort difficile et il n'y a pas de meilleur temps d'en exposer les problèmes au peuple canadien ainsi qu'au Parlement", d'ajouter le conférencier qui recommande particulièrement une plus étroite coopération entre l'Est et l'Ouest.L'Ouest est prêt à collaborer et demande une politique agricole qui bénéficierait à tout le pays; bien que le marché du blé ait fort diminué, l'Ouest ne veut pas entreprendre la production de denrées qui inonderaient les marchés domestiques dont jouissent actuellement les producteurs de l'est.Des marchés étrangers doivent être immédiatement ouverts, selon M.Bracken, car autrement les prix tomberaient à des niveaux extrêmement bas, ou bien "s'imposeraient une réglementation de notre agriculture et de notre économie nationale telle que le Canada n'en a jamais entrevue." M.J.-E.Lattimer Après avoir souligné que la grande difficulté de l'agriculture provient surtout de la différence entre les prix des produits agricoles et les prix des autres produits le professeur Lattimer du Collège Macdonald a cité des chiffres comparatifs sur l'écart des prix depuis 1330.Il a particulièrement insister sur le fait que ce déséquilibre exerce une forte influence sur la vie économique canadienne.Si en retour de chqaue article dont le fermier a besoin il doit donner un plus fort volume de sa production il s'ensuit que son pouvoir d'uchat en est considérablement réduit.Une autre cause du malaise agricole se trouve dans la dévaluation des fermes et dans le montant assez élevé des dettes hypothécaires.Le Dr Lattimer insiste particulièrement sur le fait que le problème agricole n'est pas plus particulier à l'Ouest qu'à l'Est du pays car on se trouve devant un problème national.Selon le conférencier le problème consiste à trouver les moyens de transporter dans des conditions raisonnables les grains alimentaires de l'Ouest à l'Est du pays où les productions animales et l'industrie laitière sont intensives.Le conférencier a ensuite émis les suggestions suivantes: 1—Limiter nos exportations de produits laitiers au fromage pour lequel nous jouissons d'un bon marché en Angleterre, ainsi qu'aux autres produits laitiers fabriqués.2—Développer nos marchés domestiques de grain d'alimentation afin d'améliorer la qualité de nos productions animales, notamment le boeuf de boucherie; plus exploiter le marché d'exportation des viandes puisque ces pays ne veulent plus de nos céréales, ce qui aurait en plus l'avantage de créer de l'emploi.3—Organiser la vente et l'achat en coopération des produits de la ferme et des effets d'ordre professionnel, de manière à réduire l'écart des prix entre ces deux catégories de nécessités.M.M.-S.Arkcll "Le Royaume-Uni travaille sur un plan qui prévoit l'organisation des marchés et la stabilisation des prix à un niveau raisonnable", a dit M.M.-S.Arkcll, commissaire des marchés attaché au ministère de l'agriculture du Canada.Il fit remarquer toutefois que le marché britannique ne constitue pas une source intarissable et qu'il faudra là aussi adopter comme base commerciale une réglementation des approvisionnements.Si nous voulons participer, a-t-il ajouté, à cette politique du gouvernement britannique le Canada n'a d'autre alternative que de s'organiser pour être en état de fournir une certaine garantie quant au volume et à la régularité des exportations que nous pouvons effectuer.Il cite ensuite le cas du fromage dont nous avons perdu le marché à cause de l'irrégularité des envois.Nos agents parcourent la province par tous les temps et dans tous les chemins.On voit ici deux de nos agents dans la région de Levis faisant la propagande du "Bulletin des Agriculteurs" en traineau à chiens.N'est-ce pas pittoresque?M.J.-A.Marion Traitant de l'industrie beurrière canadienne, de ses problèmes de production et de mise en vente, M.Marion a déclaré "il paraît incompréhensible, en face des statistiques officielles, que les 150,000 cultivateurs intéressés dans la production du beurre puissent être livrés sans défense, comme une coquille de noix sur les flots, à des variations incontrôlées, quand toute la difficulté de la situation dans laquelle se trouve depuis quelques mois l'industrie beurrière se résume à un surplus de quelque 8,784,158 livres de ce produit.Après avoir rappelé au congrès que, durant 1937, le Canada avait dû exporter environ trois millions de livres de beurre, il ajoute que nous avions quelques mois plus tard été dans l'obligation d'en importer 4,132, 901 livres.Le conférencier souligne que l'an dernier, à cause des conditions particulières qui sévirent dans l'ouest, la production globale de beurre atteignait 2Gfi,000,000 de livres, la plus forte de l'histoire de cette industrie.Il résulte de cette situation qu'aujourd'hui les producteurs et, par ricochet, les pouvoirs publics sont aux abois et se demandent comment éviter une saison de prix ridiculement bas.M.Marion rappelle opportunément qu'il est établi que les deux grandes provinces de Québec et d'Ontario ne produisent pas suffisamment de beurre pour leurs propres besoins.Ce fait explique combien étroites doivent être les relations entre les fermiers de l'ouest et les producteurs de l'est.M.Marion a fait remarquer qu'on avait déjà suggéré plusieurs remèdes pour remédier à la situation, entre autres, d'exporter du beurre sur le marché britannique régulièrement au cours des mois de fabrication intense, époque, prétend-on où notre beurre pourrait créer une très favorable impression quant à sa qunlité.En acceptant cette suggestion, le cultivateur aurait recours au moyen le plus simple d'alléger le marché local et de l'assainir en prévision des mois d'hiver.Mais il y a danger que les producteurs soient appelés dans ce cas à accepter les prix prévalcnts sur le marché britannique.La perte serait entièrement subie par les producteurs.Faisant allusion au boni accordé sur le blé, le conférencier dit que les fermiers de l'est ne critiquent aucunement cette attitude de l'Etat en faveur de cette classe do producteurs, mais pourquoi n'avoir pas-recours à un procédé similaire en faveur de la principale industrie agricole de l'est l'industrie laitière?M.R.-H.Mayberry M.R.-H.Mayberry, président de l'Association des producteurs de fromage- de la province d'Ontario, parla de l'industrie du fromage du point do vue de l'exportation et des marchés d'outre-mer."L'importance du fromage dans toute l'industrie laitière du Canada réside dans le fait que ce produit est pour le Canada le meilleur 7iioyen de disposer du surplus des produits laitiers sur les marchés étrangers", fit-il remarquer."Le fromage donnera aux laitiers canadiens le meilleur prix par livre de gras que tout autre produit laitier exporté; il est bien connu sur le marché britannique et il y jouit d'une prime contrairement au beurre canadien." M.Mayberry a suggéré l'établissement d'un organisme régulateur pour voir au surplus du bourre et à l'approvisionnement du marché domestique. Avril 1939 Le Bulletin des Agriculteurs 17 M.F.-W.Walsh "La réglementation des expéditions dos pommes du Dominion en Grande-Bretagne est nécessaire dans l'intérêt des producteurs canadiens, car les importateurs britanniques veulent avoir ce produit exporté régulièrement dans leur pays en vue d'en avoir un approvisionnement uniforme et ne pas être trop en butte aux fluctuations des prix", a déclaré M.F.-W.Walsh, directeur de l'office des marchés de la Nouvelle-Ecosse."C'est l'industrie qui doit se régle- menter et non les tariffs, car autrement les autres pays imposeront des restrictions.L'avenir de l'industrie de la pomme repose largement sur l'action collective que doivent prendre les producteurs, s'ils ne veulent pas se vouer à un échec."Il est essentiel de maintenir la réputation de la pomme canadienne sur le marché britannique, le meilleur et le plus sûr débouché."De plus, il ne faut pas perdre de vue que la qualité et la classification sont deux grands facteurs dans le succès de l'industrie de la pomme du Dominion".M.Walsh conseilla aux producteurs de pommes de ne pas négliger leur industrie qui est pou- eux une très bonne source de revenus et il les prévint que les importateurs britanniques protesteraient fermement si les expéditions sont effectuées de façon à faire varier les prix du marché.M.George Wilson M.George Wilson, directeur de la coopération et du service des marchés de la province d'Ontario, a parlé de la mise en vente des fruits et légumes en conserve."Par l'intermédiaire de l'office de contrôle de la vente des denrées agricoles de l'Ontario", dit M.Wilson, les producteurs sont parvenus à réglementer la vente des pêches, des poires, des prunes, des cerises et des asperges au cours de l'année 1938.Les associations locales de producteurs de fruits s'entendirent avec les fabricants de conserves afin d'établir des prix d'achat minimum satisfaisants pour, les producteurs.FERMIERS! 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C'EST REELLEMENT DOMMAGE QUE DE Si BONNES RECOLTES SOIENT GATEES.Te souvicns-ui, quand nous étions obliges de irntr In porte ci les fenêtres d'en avant bien fermées, pour empêcher la poussière d'entrer— et qu*H faisait une chaleur si étouffante que nous respirions à peine n l'intérieur.Il nous ••tait impossible d'avoir un courant d'air rafraîchissant dans la maison.Te souvicns'tu quand la poussière de la route le long de la ferme nous causait tant de dont* magies?Les produits n'atteignaient pas les meilleurs prix et le foin, chargé de sable fin n'était pas réellement propre à la nourriture des animaux.QUELLE DIFFÉRENCE MAINTENANT! LE VOIRIE MERITE PES FELICITATIONS POUR AVOIR FAIT ABATTRE LA POUSSIERE.NOUS POUVONS NOUS REPOSER SUR LA GALERIE MAINTENANT, SANS CE TRAITEMENT DE LA POUSSIERE EST UN BENEFICE POUR MOI.PARCE QOE MA RECOLTE EST ^^^g^-jMElUE^ Le traitement au Chlorure de Calcium sur les routes rurales à rendu confortable les habi* tations des fermes avoisinantes.—Tant à l'inté* rcur qu'à l'extérieur diminue le nettoyage de la maison, prolonge la durée des meubles et protège la peinture de Pextérîcur.Les produits de la ferme augmentent.Le revenu du cultivateur augmente, mais les taxes n'augmentent pas parce que le Chlorure de Calcium se paie automatiquement par l'éco-nomie sur les rechargements qui en résultent.BRUNNER, MOND, CANADA, LIMITED.Amhcrttburq, Ont.m ROUTtSAMELIOREES AUGMENTENT LA VMEURDES FERMES 18 Le Bulletin des Agriculteurs Avril 1939 VALEURS DE PLACEMENT CANADIENNES Gouvernements, M unicipalités, Services Publics, Industries Nesbitt, Thomson & Company, Limited 355, rue St-Jacqucs Ouest, Montréal Succursales dans les principales villes du Canada iitii Dans une terre normale, le Tracteur ForilBon laliourcra de huit ù qualor/.e arpents par jour, avec deux ou trois fonds de 14".Remplaçant 6 ou 8 chevaux, le Fordson accomplira aisément toutes les plus rudes tâches de la ferme et vous fournira sans lésiner cette puissance et cette souplesse de fonctionnement qui sont inséparahlcs de tous les véhicules qui portent la marque Ford.De plus, il coûte moins cher que tout autre tracteur de cheval-vapeur analogue.Ses frais d'emploi et d'entretien sont modiques.Il sera, pour vous, une source constante de bénéfices.Modèles: tracteur agricole, à cram pons (voir ci-dessous) ou pneumatiques, et tracteur poui récoltes en rangées, haut sur roues et ù voie AK réglable.Trois systèmes d'alimentation : essence, kérosène, huile combustible.Le dépositaire Ford de votre localité s'empressera de vous renseigner.FORD MOTOR COMPANY OF CANADA, LIMITED Windsor, Ontario.La valeur des graines potagères Voici une information qui peut-être d'une grande utilité pour nos jardiniers-maraîchers.Le tableau ci-dessous donne en effet sous une forme synthétique les différentes espèces de graines potagères, la quantité de graines à l'once et la durée de la faculté genninative de chacune.Ce tableau a été préparé par M.Orner Van Nieu-wonhove, inspecteur horticole.Avant de faire vos achats de graines, faites l'inventaire de ce que vous avez en réserve.Rejetez sans merci les graines qui n'appartiennent pas à des variétés pures ou qui n'ont pas donné satisfaction dans le passe.N'achetez que ce dont vous avez besoin pour l'année.Afin de pouvoir renouveler vos semences chaque année, consultez le barème ci-dessous, il vous guidera quant à la qualité de graines que vous devez vous procurer.Espèce Asperge.Pissenlit .L'Oseille .Rhubarbe .Céleri .Chicorée (toute esp Choux (toute espèce Choux chinois .Epinards .Tétragone .Laitue .Mâche .Betteraves .Carotte.Navet .Panais .Oignon .Poireaux.Radis .Salsifis .Scorsonièrc.Fèves de marais.Fèves ou haricots .Pois .Maïs sucré.Aubergine .Piment .Concombre .Courge ., Melon .Melon d'eau.Tomate .Alkékenge .Cerfeuil.Anis Vert .Basilic .Alénois.de fontaine.Quantité de graines Durée èce) ) .Cresson Cresson Persil .Sariette.Sauge .Thym .Marjolaine .Fenouil .Poirée .Pimprenelle (petite).Okra ou Cumbo.à l'once Faculté genninative 15,000.5 ans 25,200.2 ana 27,000 à 28,000.2 ans 9,900 à 1,500 .60,000.8 ans 15,000 à 20,00$ .7,000.4 à 5 ans 9,000.4 à 5 ans 2,500.5 an.s 300.4 ans 20,000.• .5 uns 28,000.5 ans 1,200 à 1,500 .5 ans 19,000.4 à 5 ans 12,000 à 10,000 6,000.1 an 7,000.2 ans 11,200.2 ans 3,360.5 ans 2,800.2 ans 2,500.2 ans 10 à 28.G ans 20 à 200 .2 ans 56 à 1G0 .2 ans 100 à 120 .2 à 4 ans 7,000.G ans 4,000.4 ans 900.10 ans 84.6 ans 900.8 an.< 1G3.5 ans 8,100.4 ans 25,000 à 28,000 12.S00.1 un 5,000.3 ans 22,400.8 ans 12,600.5 ans 112,000.5 ans 16,800.3 ans 42,000.3 ans 7,000.3 ans 168,000.3 ans 112,000.3 ans 5,600.6 ans 1,650.3 à 6 ans 4,200.5 uns 420 Les progrès de l'automobile m'ont appris un moins une chose: traîner un cheval extra avec moi. Avril iyJ9 4 BONNES [RAISONS ; pour lesquelles l'ÉCRÉMEUSE VIKING est supérieure 1 Bol d'cxcollenle qualité — ccrc-magc à fond—profits accrut.2 Col-coussiner parfait — assurant des années de bons sorvices au mécanisme.3 Durabililé éprouvée 4 Hautement approuvée par des milliers d'usagers.Matériaux durables, fabrication experte ce structure solide sont les caractéristiques de l'Ecrémeuse Viking.Nous nous assurons que chaque machine vendue continue tic donner satisfaction.Sept Modèles — Une Qualité SWEDISH SEPARATOR CO., LIMITED Montréal AGENTS LOCAUX PARTOUT TOUT MOULEE DEBUT POUSSINS ALL MASH CHICK STARTER mm- .VOS PROFITS augmentent si vos poussins se développent rapidement l'ti bon tlélmt est l'assurance ctll sucées cil élevage.Il €-sl de première Importance »le fournir à vos poussins les éléments essentiels il la formation de l'ossature.il la croissance «lu pluninxc et nu développement général, les moulées "CIIA.MI'I.AIN" sont sclentl-fli|ucincnl mélangées par des experts, fabriquées des meilleurs Ingrédients par des ma-nufnetliricrK de conflanee posséc, c et à cigare par le Conseil provincial des encrais chimiques.Mlle contient de l'oxide de magnésie (MgO) Engrais chimiques simples Superphosphate (Granulé) Superphosphate Muriate de Potasse Sulfate de Potasse Sulfate d'Ammoniaque Nitrate de Soude Phosphate Thomas En Sacs Prix par Tonne 20% • de , (2.000 lbs.) P2Oa 125 lbs.$20.00 $21.00 16% PsOi K20 125 lbs.17.50 18.50 50% 200 lbs.41.00 42.00 «* K=0 20011».54.00 55.00 20% N 200 lbs.37.00 38.00 16% N 100 lbs.43.00 44.00 P2O» 125 lbs.20.50 21.50 Chambly.Lévis ou Québec. Avril 1939 Le Bulletin des Agriculteurs 31 Prix de gros des denrées à Montréal FARINES ET CONCENTRÉS FARINE DE l'A IN .'I mars l'riiiiiirc patente.'-.'m 1 louxiemc patente.1.05 Korte A boulanger.1.75 FARINE A ENGRAIS Qualité inférieure.1.25 (Low-grade) soi S-PRODUITS DU BLE ton.gj.oo Cru rouge.2j.00 ( ;ru blanc (middlings).2i>.oo CHAINS Vvoinc d'alimentation de 1 Ouest No 1.38 Orci' île l'Ouest No 3.48 Blé Durant No 3.56 , Mais jaune du l'Ontario, sécbé au ïour."2 l riblurcs moulues No 1.20.00 Gluten l'ccd (île nuis).20.00 Sarrasin recribl£.1-35 Moùlcc «« - VU1S SM°UMVJSt 32 Le Bulletin des Agriculteurs Avril 1939 Laissez le plan FUL-O-PEP vous EPARGNER DES DOLLARS! CA PAYE I DE NOUS l^Jfl FULO -PEP Commencez1 » ,x Pic» a dc oo0,bl,»« .de f»"nc di.P»on ,, MouU-e pour c PrintemP* - - pou»'"» dc """ Ful.OVCP\, et I» M""1" , \ eleve.GRATIS: Vi, /ient do paraître, tine nouvelle brochure précieuse *ur les poussin*.Une mine d'or de renseienements profitables pour avoir du success dans ["élevage des poussins.Ecrivez aujourd'hui pour en faire la demande.POSTEZ CE COUPON AUJOURD'HUI ! The Quaker Oats Company, Peterborough, Ont.Veuillez m'expédier immédiatement, gratis et franco, votre nouvelle brochure intitulée "La Méthode Facile et Economique d'Elevage des poussins" Nom.Rue .Ville.Prov.Ici Radio-Canada! Émissions recommandées: S.V.P.(Réponses à tout) le mercredi, à 8.30 h.p.m.VIE DE FAMILLE, (par CBF) tous les jours, à 10 h.a.m.samedi et dimanche exceptés.LE REVEIL RURAL, tous les jours, à 1 h.p.m.le dimanche, à 6 h.p.m.L'HEURE CARNATION, fantaisie musicale, le lundi, à 10 heures du soir.(par CBF) LA PENSION VELDER, tous les jours, à 7 h.p.m.samedi et dimanche exceptes.RIONS ENSEMBLE, scènes éphodiques, les lundi, mercredi et vendredi, à 7.45h.p.m.DANS MA TASSE DE THE, radio-roman d'aventures, le mardi, à 7.30 h.du soir.C'EST LA VIE, radio-roman, le vendredi, à 8 heures du soir.Ecoutez les nouvelles, à 12.30 h.p.m., à 5.50 h., à 6.30 h.p.m.(CBF et CBV) et à 11 heures p.m.POSTES DU SECTEUR FRANÇAIS DE RADIO-CANADA CBF Montréal CKCH Hull CBV Québec CJBR Rimouski CBJ Chicoutimi CHNC Ncw-Carlislc L'élevage du mouton dans le comté de Pontiac Le comté dc Pontiac a toujours été reconnu comme le principal comté d'élevage du mouton de la province de Québec.On pratique dans cette région peut-être plus que partout ailleurs dans la province l'élevage du mouton et chose remarquable on vient à en retirer un profit.D'après une information obtenue de l'agronome du comté, M.N.A.Drum-mond, un cultivateur dc Pontiac qui possède une ferme de 200 acres élève 15 brebis qui lui ont donné 24 agneaux en 1938.Lors do la vente de ces agneaux ils pesaient 94% livres chacun.Au prix de $7.75 le quintal la vente a rapporté la somme de Ç17G.5G.Le troupeau donna en outre à lu tonte 133 livres de laine que l'on vendit sur place à 10 cents la livre, soit $13.30, Si cette laine avait été vendue après classification elle aurait obtenue de ;i à 5 cents de plus la livre.Le troupeau a tout dc même rapporté en une année un revenu dc $190.Ce cultivateur croit possible d'obtenir un profit avec l'élevage du mouton pourvu qu'on en fasse une exploitation rationnelle.Il conseille en outre de changer les moutons de pâturage assez souvent et de les traiter contre les parasites.Le ministère fédérai paiera encore cette année une prime sur l'achat des taureaux Le ministère fédéral de l'Agriculture vient d'annoncer que lc système de primes sur l'achat de taureaux de race pure sera maintenu dans la province de Québec, durant la présente année fiscale.Le ministère fédéral de l'Agriculture continuera de payer la première prime d'achat sur tout taureau classé "A" ou "X", "XX", soit $10.00 ou $20.00 suivant le cas, durant l'année 1939-40, année financière.Le ministère paiera également la 2ième prime sur tout animal de même qualité acheté d'avril 1938 à avril 1939, et ayant déjà bénéficié d'une première prime au cours de la dernière année.11 ne sera pas nécessaire pour les cultivateurs ayant déjà bénéficié d'une prime en 1938, de faire une demande pour la 2ièmc prime.Sur inspection, les propagandistes fédéraux jugeront si l'animal acheté est eligible à cette 2ième prime.Pour règlement et formules de (limandes, veuillez vous adresser à monsieur Stéphane Boily, service de la production animale, ministère fédéral de l'Agriculture, Sherbrooke, P.Q.Ch aire sur les animaux a fou rrure Les éleveurs d'animaux à fourrure de la province de Québec seront sans doute heureux d'apprendre qu'une nouvelle chaire sur l'élevage des animaux à fourrure vient d'être créée à l'Ecole de médecine vétérinaire de la province et que le Dr J.P.E.Hhéault, M.V., en a été nommé le titulaire.L'industrie de l'élevage des animaux à fourrure a pris au Canada une importance considérable depuis quelques années.Dans la province de Québec l'initiative prise par les autorités d'Oka arrive bien à son heure.Elle répond à une demande pressante et réitérée dc l'Association des éle- veurs d'animaux à fourrure.Ello pourra former des techniciens pouvant répondre aux différents problèmes que pose cette nouvelle branche de l'industrie animale chez nos agriculteurs.Les cours du Dr Rhéault ont été inaugurés au mois de février.Us portent sur l'acclimation naturelle des animaux à fourrure en captivité, sur l'alimentation rationnelle, la pathologie et le traitement des différentes maladies de ces animaux.De même, une partie importante des cours consiste à enseigner l'appréciation des fourrures.-o- L'association Holstein (suite de la page 29) Plusieurs résolutions furent adoptées pour coopérer aux règlements des marchés pour les produits laitiers.A l'assemblée de l'exécutif, M.Hernias Lajoie, propagandiste; fut réengagé pour l'année 1939.Il a été également décidé que l'exécutif se réunira à tous les quatre mois afin de pouvoir diriger plus effectivement le travail de propagande et enlever quelque peu la responsabilité au secrétaire.Ce dernier avait fait remarquer au bureau de direction, qu'une bonne association ne doit pas devenir l'affaire d'un homme ou de deux hommes, et que, dans un pays démocratique, les associations doivent être gouvernées par les élus.Pommes de terre de semence Pur proclamation datée du 10 février 1939, l'importation en Jamaïque de pommes de terre de semence pour la plantation ne peut se faire que par le Service des marchés du Ministère de l'Agriculture de la Jamaïque et à la Société d'Agriculture de la Jamaïque.Il est entendu cependant que les personnes qui ont fait des commandes de pommes de term de semence avant l'époque de la proclamation peuvent, en s'adressant au gouverneur de la Jamaïque, par l'intermédiaire du secrétaire colonial, obtenir un permis d'importation. AvriJ 1939 Le Bulletin des Agriculteurs 33 La chronique municipale (Suite dit mois dernier) VACANCE dans la charge de conseiller La charge de conseiller devient vacante pour les mêmes raisons que celles ,1c maire.C.M.237.Voir MAIRE— Vacance.CONSTABLES t'n conseil local a le droit d'en nommer.C.M.182, 390, 420.Un conseil de comté peut aussi en nommer pour les territoires non organisés.C.M.27, 36.Un préfet, Un maire, un pro-maire, un conseiller président le conseil et un président à une élection ont aussi le droit d'en nommer dans certains cas.C.M.120, 121, 285, 382.Ce sont des officiers municipaux et ils doivent prêter le serment d'office.C.M.135.CONSTRUCTION — REGLEMENTS DE Toute corporation locale dont le territoire est adjacent aux cités de Montréal, Québec, Verdun, Trois-Ri-vières, Hull et Sherbrooke peut faire des règlements pour prescrire l'architecture, la symétrie, la hauteur, ii dimensions des édifices, pour déterminer des zones résidentielles, etc., etc.C.M.392a.Une corporation locale peut aussi régler la manière de faire des cheminées.C.M.407.Une corporation de village peut régler la construction des caves et la manière de les égoutter.C.Toute corporation locale peut faire des règlements pour déterminer le le de construction et les endroits de la municipalité où pourront être : .-nuits des abattoirs, usines à jaz, tanneries, fabriques de chandelles ou de savon, distilleries et autres manufactures qui peuvent devenir des nuisances publiques.C.M.404.Une corporation de villa,ge peut même adopter un règlement pour empêcher la construction de tels établissements.C.M.404.En l'absence de règlements, les intéressés peuvent construire où ils veulent et de la manière qu'ils l'entendent.Il est donc important qu'une corporation n'attende pas qu'il soit trop tard pour adopter les règlements concernant la construction d'établissements qui peuvent devenir des nuisances.Toute corporation locale confinant à la ligne frontière des Etats-Unis peut prohiber la construction de maisons, etc., à moins de dix pieds de cette ligne.C.M.393.Une corporation de comté qui administre un territoire non organisé confinant à cette ligne frontière a les mêmes pouvoirs qu'une corporation locale.C.M.27, 393, 422.Ce droit de prohiber toute conduction à moins de dix pieds de la ligne frontière des Etats-Unis intéresse particulièrement les corporations locales des comtés de Témiscouata, Ka-mouraska, l'Islet, Montmagny, Belle-chasse, Dorchester, Beaucc, Frontenac, t'ompton, Stanstcad, Brome, Mis-sisquoi, St-Jean et Huntingdon ainsi Mue les corporations de comté portant les mêmes noms dont la juridiction administrative comprend un territoire non organisé.CONTRIBUABLES Les contribuables peuvent être désignés comme les "payeurs de taxes".
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