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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus - Forum
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2011-05-07, Collections de BAnQ.

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Les libéraux n\u2019ont pas de principes », avait répondu M.Layton à feu mon collègue Michel Vastel, dans une entrevue publiée en 2003 par L\u2019actualité.Cette allergie aux libéraux, elle ressort chaque fois qu\u2019on évoque une possible fusion des partis de centre gauche.«D\u2019abord, qu\u2019est-ce qui vous fait dire que les libéraux sont de gauche?m\u2019a-t-il lancé en début de campagne, lors d\u2019une rencontre à La Presse.Ils parlent comme des gens de centre gauche, mais lorsqu\u2019ils sont au pouvoir, ce sont eux qui coupent le plus dans les programmes sociaux, dans l\u2019assuranceemploi.» Son père, libéral au provincial, a tourné le dos au PLC après le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982.Jack, lui, a choisi le NPD pour défendre des causes, le logement social, notamment, une de ses plus grandes préoccupations.«Jack n\u2019aime pas la politique pour la joute, il fait de la politique pour les causes», dit Pierre Ducasse, qui a aussi été adversaire de M.Layton lors de la course à la direction du parti en 2003.Sa carrière politique aumunicipal, comme conseiller à Toronto, a d\u2019ailleurs été marquée par son engagement communautaire, en environnement et pour le logement social, surtout.Les yeux sur le Québec Le militantisme de gauche, Jack Layton l\u2019a appris dans la rue, à Montréal, dans le mouvement McGill français et lors des manifestations contre la guerre du Vietnam.Il a toujours pensé, même s\u2019il a longtemps été un des seuls à le croire, que les Québécois et le NPD étaient faits pour s\u2019entendre.Les résultats surprenants du 2 mai lui ont donné raison.Le Québec avait déjà flirté avec le NPD d\u2019Ed Broadbent, en1989.L\u2019échec de Meech a toutefois ruiné les chances du NPD par la suite.Pendant des années, une douzaine de militants ont tenu le NPD a bout de bras au Québec, refusant d\u2019abandonner.Puis, est arrivé Jack Layton, qui y croyait aussi et qui a donné les ressources nécessaires pour mieux s\u2019implanter au Québec.Prémonitoire, voici comment commençait l\u2019article de Michel Vastel, en 2003, dans L\u2019actualité: Pour redonner vie au NPD, Jack Layton a entrepris de faire la cour aux militants du Bloc québécois.Son but : devenir le leader de l\u2019opposition officielle à Ottawa.Pendant des années, Jack Layton n\u2019a jamais cessé d\u2019y croire, mais personne, absolument personne au NPD, n\u2019avait vu, même de ses rêves les plus fous, une telle récolte de sièges.D\u2019autant que les relations entre le NPD et le Québec ont souvent été marquées par l\u2019indifférence.Et par quelques accrochages.Un exemple récent : l\u2019appui de plusieurs députés néo-démocrates à l\u2019abolition du registre des armes d\u2019épaule, une position fortement critiquée au Québec.La volte-face de Jack Layton à propos de la loi sur la «clarté» référendaire, en 2005, avait aussi refroidi bien des nationalistes québécois.Voici ce que disait M, Layton de cette loi du gouvernement Chrétien, lors d\u2019un clavardage à Cyberpresse, en novembre 2003: «Non, je ne suis pas d\u2019accord.Comme nouveau chef, je suis très clair sur cette position: Je suis fortement opposé à cette loi, comme la grande majorité des membres du NPD, sinon ils ne m\u2019auraient pas choisi comme chef.» Pierre Ducasse, ex-conseiller principal de M, Layton pour le Québec, explique le contexte de l\u2019époque: «Jack n\u2019était pas partisan de la loi sur la «clarté» référendaire.Il était en faveur du plan A, pas du plan B.Devions-nous révoquer cette loi?Il y a eu des débats là-dessus, cela a créé des divisions.» Des divisions?Parlons plutôt d\u2019une tempête au sein du caucus, une tempête qui a forcé Jack Layton à reculer deux ans plus tard.Aujourd\u2019hui, il se replie prudemment derrière les arguments de la Cour suprême pour justifier sa position.Les souverainistes ont bien tenté de tirer profit de l\u2019appui du NPD à la loi sur la «clarté», mais visiblement, les électeurs québécois sont passés à autre chose.Contrairement aux élections précédentes, Jack Layton n\u2019a pas trop souffert des critiques contre les tendances centralisatrices du NPD, une vieille réputation que traîne son parti.« Je pense que le point de vue des Québécois sur le NPD a changé, mais je pense aussi que le NPD a changé ses positions face au Québec», m\u2019a dit Jack Layton quelques jours avant le vote.Gilles Duceppe a bien tenté de freiner l\u2019ascension de Jack Layton en rappelant que le NPD est d\u2019accord avec les garanties de prêts à Terre-Neuve pour le développement hydro-électrique et contre une extension des délais légaux imposés au chantier maritime Davie, mais les arguments de l\u2019ex-chef du Bloc n\u2019ont pas convaincu les Québécois.Devant de telles attaques, Jack Layton réplique toujours que c\u2019est son parti qui a reconnu le premier la nation québécoise, bien avant que le gouvernement Harper ne fasse adopter une résolution en ce sens aux Communes en 2006.En entrevue, il qualifie même de «belles paroles» les positions de Stephen Harper sur le Québec.Chef d\u2019un parti fédéraliste, ayant de profondes racines dans l\u2019Ouest, en Ontario et dans les Maritimes, Jack Layton doit parfois marcher sur un fil de fer entre nationalistes québécois et canadiens.D\u2019où son appui à Terre-Neuve, d\u2019où sa volte-face sur la loi sur la «clarté», d\u2019où le refus à la Davie, d\u2019où le positionnement inconfortable de son parti à propos du registre des armes à feu.Il se défend toutefois vigoureusement d\u2019être contre le Québec.Au cours de notre entretien, il dit notamment appuyer la position du gouvernement Charest à propos de la fusion projetée des bourses de Londres et de Toronto, une manoeuvre qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour Montréal.Il va même plus loin que Québec: «Nous nous opposons à cette fusion et nous partageons les craintes deQuébec, dit-il.Fusionner les bourses, ça n\u2019a pas de bon sens.» Il emploie la même expression quelques minutes plus tard, lorsque je lui mentionne que le Bloc l\u2019accuse de ne pas défendre la langue française : «Ben voyons donc ! Ça n\u2019a pas de bon sens ! », lancet- il avec cet accent caractéristique du gars qui a appris le français dans le rue, petit gars, en jouant au hockey avec ses copains francophones.Il a été dit, durant cette campagne, que Jack Layton parle le français d\u2019un «vendeur de chars usagés ».C\u2019est non seulement méprisant, c\u2019est faux.Le français de Jack Layton n\u2019a cessé de s\u2019améliorer depuis qu\u2019il est devenu chef du NPD, en 2003, notamment parce qu\u2019il est accompagné tous les jours de son fidèle attaché, Karl Bélanger, et parce qu\u2019il continue, chaque année, à prendre des cours d\u2019immersion au Saguenay.Exit Jack-in-the-box Le français, il le parle même parfois épicé, ajoutant, en privé, quelques «tabarnak» à ses propos.Durant cette campagne épique, les railleries de ses adversaires ne se sont pas limitées à son français.Tout y a passé: sa moustache, sa canne et, surtout, son sourire.De passage à Montréal, devant une foule de 1300 personnes réunies dans la circonscription de Gilles Duceppe, à une semaine du scrutin, Jack Layton a saisi le balle au bond: «Je ne peux pas vous promettre d\u2019être moins sympathique!», a-t-il lancé\u2026 avec un large sourire.«C\u2019est là que l\u2019on a vu son expérience, sa discipline, jamais il ne s\u2019est laissé distraire par les attaques personnelles ou par les histoires de massage», dit Karl Bélanger, loyal collaborateur depuis les débuts de M.Layton à Ottawa.Cette campagne n\u2019a pas que couronné un nouveau chef de l\u2019opposition (et le nouveau champion de la gauche), elle a aussi enterré Jack-in-the-box, cette image du bon gars un peu naïf, pas sérieux et superficiel qui collait au chef du NPD.Les chiffres ne trompent pas: 102 députés, 66 de plus qu\u2019à la dissolution, et une progression fulgurante aux urnes: 2004: 15,7%; 2006: 17,5%; 2008: 18,2% et 2011: 31%.Le Parti libéral a tracé une courbe opposée: de 36,7% en 2004 à 19% en 2011.En octobre 2009, au cours d\u2019une conversation à bâtons rompus, Jack Layton avait rejeté l\u2019idée d\u2019une fusion PLC-NPD, d\u2019abord à cause de son aversion envers les libéraux, mais aussi parce que, disait-il, «dans une fusion, c\u2019est le gros qui mange le petit ».Maintenant que c\u2019est lui, le «gros», pourrait- il changer d\u2019avis?C\u2019est peu probable.D\u2019abord parce qu\u2019il se méfie trop des libéraux, et réciproquement.Jack Layton est beaucoup trop à gauche pour l\u2019establishment libéral de Toronto et pour les financiers de Bay Street, qui se colleront vraisemblablement sur Stephen Harper.«C\u2019est Bay Street qui décide et qui dirige le Canada et ils aiment Harper pour le moment», me disait M.Layton au cours de ce même repas à Montréal.Relancé sur ce sujet, lors de notre dernier entretien, tout juste avant le scrutin de lundi dernier, M.Layton nuance un peu ses propos: «Les banques, Bay Street, on va travailler avec eux, mais on ne leur donnera pas autant de cadeaux que les conservateurs.» La 2e chance du bon Jack Tous ses collaborateurs le disent, Jack Layton privilégie d\u2019abord et avant tout le travail d\u2019équipe.D\u2019ailleurs, il n\u2019y a pas beaucoup de chefs qui accepteraient de donner sciemment autant de place à un Thomas Mulcair.En rencontre à La Presse, au début de la campagne, c\u2019est M.Mulcair qui prenait toute la place, répondant longuement à nos questions.Assis juste à côté, M.Layton écoutait, approuvant par un hochement de tête, sans le moindre signe d\u2019irritation.Ce côté conciliant, dont il s\u2019est servi depuis 2004 dans ses relations avec les gouvernements minoritaires de Paul Martin et de Stephen Harper, pourrait peut-être lui nuire maintenant, croient certains.Face à un gouvernement conservateur majoritaire, il devra apprendre à s\u2019imposer et à marquer son territoire pour se définir comme la solution de rechange logique, comme un gouvernement en attente.Son entourage affirme qu\u2019il a la force de caractère et la bonne attitude pour réussir.Au début de la campagne, il y a six semaines, on ne donnait pas cher de la peau de Jack Layton, au figuré, mais aussi un peu au sens propre puisqu\u2019il se relevait à peine d\u2019un cancer de la prostate et d\u2019une opération à la hanche.Où a-t-il puisé la force de passer au travers?«C\u2019est un cliché, mais avoir un cancer, ça change la perspective, pour tout le monde, dit Karl Bélanger.Jack est d\u2019un naturel optimiste.On s\u2019est moqué de son sourire, mais il est comme ça, c\u2019est sa nature, ce n\u2019est pas seulement une image.Et puis, il sait ce qu\u2019il veut, il sait où il veut aller.» La chose n\u2019est pas connue, mais le chef néo-démocrate a un autre atout, une arme secrète : sa petite-fille Béatrice, presque 2 ans, qui a appris à dire «Grandpa Jack» et «vote» le 2 mai.On raconte que M.Layton avait les yeux dans l\u2019eau en entendant la petite Béatrice ce matin-là.Puis, le soir, derrière la scène où il devait monter en cette soirée historique, il est passé en trombe à travers son entourage en liesse pour se diriger droit vers sa petite-fille pour l\u2019étreindre tendrement.Une grosse dose de réalité pour «Grandpa Jack» au terme d\u2019une course surréaliste de cinq semaines.s Pour joindre notre chroniqueur : vincent.marissal@lapresse.ca «JE PENSE QUE LE POINT DE VUE DES QUÉBÉCOIS SUR LE NPD A CHANGÉ, MAIS JE PENSE AUSSI QUE LE NPD A CHANGÉ SES POSITIONS FACE AU QUÉBEC.» LENDEMAIN D\u2019ÉLECTIONS PHOTO IVANOHDEMERS, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 P L U S 3 XXXXXXXX MARIE-CLAUDE MALBOEUF QAlors que le reste du Canada élisait le Parti conservateur (PCC), le Québec a voté massivement pour le Nouveau Parti démocratique (NPD).Les Québécois pensent-ils autrement?R « L\u2019élec tion en est la preuve », répond sans hésiter François Saillant, qui coordonne le FRAPRU, un regroupement national de lutte pour le droit au logement.«Le Québec est la seule province à avoir barré la route aux conservateurs, dit-il.Et cette volonté s\u2019est manifestée partout : chez les francophones et les anglophones, chez les libéraux et les bloquistes, dans le Québec profond, en banlieue, en ville.C\u2019est quelque chose de très particulier.» «Il y a une césure entre le Québec et le reste du Canada, renchérit Catherine Côté, professeure à l\u2019École de politique appliquée de l\u2019Université de Sherbrooke.Avant, cela s\u2019exprimait par le Bloc québécois (BQ), et maintenant, par le NPD.» QPourquoi ce changement?R «En disant qu\u2019il fallait voter contre Harper pour protéger les valeurs socialesdémocrates \u2013 parce que ces valeurs étaient québécoises \u2013, Gilles Duceppe (le chef bloquiste) a ouvert la voie à Jack Layton», dit-elle.Ce dernier a fait le reste en se prononçant en faveur de la loi 101 et d\u2019une révision de la Constitution.Chose certaine, on voit aujourd\u2019hui que la différence québécoise n\u2019est pas seulement une question de langue.«Les anglophones du Québec ont les mêmes valeurs que les francophones.À partir du moment où ils ont trouvés le moyen de l\u2019exprimer, sans voter du même coup pour la souveraineté (c\u2019est-à-dire pour le Bloc), ils ont pu le faire tranquilles », analyse Mme Côté.Pour son confrère François- Pierre Gingras, politologue à l\u2019Université d\u2019Ottawa, lesvaleurs de gauche pourraient même l\u2019emporter sur l\u2019attachement au pays.«Des fédéralistes québécois \u2013 dont une anglophone née en Ontario \u2013 m\u2019avouent aujourd\u2019hui être dégoûtés de la politique au Canada.Ils disent avoir carrément \"viré capot\" en faveur d\u2019une souveraineté québécoise sociale-démocrate après avoir pris connaissance des résultats du vote en Ontario.Il faudrait voir combien il y a de tels convertis.» QLes Québécois sont-ils vraiment aussi à gauche qu\u2019on le dit?R En 2007, un sondage CROP concluait qu\u2019une majorité de Québécois préféraient les idées de gauche.Il y a six mois, un sondage Léger Marketing-Le Devoir a conclu au contraire que les priorités de droite l\u2019emportent.Comment s\u2019y retrouver ?On peut être à droite du point de vue économique tout en étant de gauche du point de vue moral, et vice versa, expose Mme Côté.«Les sondages rendent difficilement compte de toute cette complexité.C\u2019est dur de cerner ce qui tient le plus à coeur.» Lorsqu\u2019il est question de valeurs morales (avortement, mariage gai, etc.), les Québécois sont beaucoup plus à gauche que les Canadiens, dit-elle.En matière d\u2019économie, la différence lui semble moins spectaculaire, mais néanmoins réelle.«Au Québec, on est plus favorable à l\u2019intervention de l\u2019État pour diminuer les inégalités.C\u2019est une tendance lourde qui remonte à l\u2019élection de Jean Lesage en 1960 », confirme son confrère François-Pierre Gingras.«Peu importe les gouvernements, toutes les mesures sociales vont grosso modo dans le même sens, illustret- il.Même si on reproche à Jean Charest d\u2019être à droite, s\u2019il gouvernait aux États-Unis, on le considérerait de gauche», rappelle le professeur.QEst-ce vraiment parce qu\u2019ils ont l\u2019 impression qu\u2019Ottawa bafoue leurs valeurs que les Québécois se sont tournés vers le NPD?R « Le vote de lundi est un désaveu complet des politiques de Stephen Harper et de son Parti conservateur.Les Québécois ont montré leur attachement aux valeurs progressistes », répond le médecin Amir Khadir, unique député du parti de gauche Québec solidaire.La preuve, c\u2019est que les conservateurs ont perdu environ la moitié des sièges dans la région de Québec, ditil Pour le sociologue Mathieu Bock-Côté, on a plutôt affaire à un «vote de protestation antiestablishment qu\u2019à un vote d\u2019adhésion».la base militante du NPD peut être très radicale, mais Jack Layton a su adapter son discours à l\u2019électorat.Il n\u2019a pas tellement mis de l\u2019avant son programme», ajoute le chargé de cours de l\u2019UQAM.D\u2019après lui, les électeurs veulent sortir du débat sur la question nationale.Et c\u2019est pour cela que le Bloc a été écrasé.Directeur du parti municipal de gauche Projet Montréal, Patrick Cigana tient le même discours.«Sortir de l\u2019axe fédéraliste/souverainiste était possible avec le NPD, car il n\u2019a pas le même passif que les autres partis.Ce n\u2019est pas lui qui a rapatrié la Constitution, raté Meech, etc.» Les politologues constatent eux aussi une immense soif de changement.«Le succès du NPD représente également un appui \u2014 au moins vague \u2014 à un programme social-démocrate, ajoute François-Pierre Gingras.Mais on ne peut pas dire que c\u2019est la gauche qui monte, puisque le Bloc québécois était déjà à gauche.» Les gens n\u2019ont pas soudain découvert le programme du NPD et décidé de voter pour lui, dit-il.«Ce qui a changé, c\u2019est l\u2019attitude des gens à l\u2019endroit des chefs.» QIl y a quatre ans, les Québécois semblaient se tourner vers les adéquistes et, dans certaines régions, vers les conservateurs, n\u2019est-ce pas contradictoire ?R L es Qu éb é c o i s o n t exprimé un ras-le-bol en votant NPD, exactement comme quand ils ont voté ADQ, estime François Saillant, du FRAPRU.Veulent-ils virer à droite, à gauche?«Pas sûr que la population le sait », dit-il.« L\u2019ADQ a fait des gains lorsqu\u2019elle s\u2019est montrée «MÊME SI ON REPROCHE À JEAN CHAREST D\u2019ÊTRE À DROITE, S\u2019IL GOUVERNAIT AUX ÉTATS-UNIS, ON LE CONSIDÉRERAIT DE GAUCHE.» LENDEMAIN D\u2019ÉLECTIONS «Les premières manifestations contre la guerre du Vietnam ont eu lieu à Montréal\u2026 J\u2019en étais !*» En 2003, Jack Layton se montrait déjà convaincu que ses idéaux de gauche étaient typiquement québécois.Avant de se laisser séduire par le chef du NPD, le Québec a pourtant flirté à droite, avec les adéquistes et les conservateurs.What does Quebec want ?Au lendemain des dernières élections fédérales, six experts tentent de répondre à cette célèbre question.* Extrait de l\u2019entrevue deJack Layton au magazine L\u2019 actualité, en 2003 PHOTO REUTERS QUEVEUT L\u2019ÉLECTEUR QUÉBÉCOIS?llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 7 M A I 2 0 1 1 XXXXXXXX nationaliste, qu\u2019elle a défendu les valeurs québécoises.Pas lorsqu\u2019elle a défendu des positions de la droite néolibérale», dit Catherine Côté.Quand les gens de Québec ont élu quelques conservateurs, c\u2019était plus opportuniste qu\u2019idéologique », pense François-Pierre Gingras.Mathieu Bock-Côté reste convaincu que la droite monte plus que la gauche, que les Québécois en ont assez de la bureaucratie et que «leur vieux fond bleu ressort ».«L\u2019espace est encore disponible pour une offre politique nouvelle», dit-il.QQu\u2019est-ce que la victoire éclatante du NPD signifie pour les autres partis de gauche?R « C\u2019est de bon augure puisque les Québécois sont capables d\u2019audace.Ils n\u2019ont pas peur de voter pour des partis qui ne se gênent pas pour afficher des idées pareilles, applaudit Amir Khadir.Cela devrait faire réfléchir ceux qui disent que c \u2019est bloqué, sans espoir, et ceux qui font preuve de condescendance lorsqu\u2019on annonce qu\u2019on veut faire telle ou telle chose.» Chez Projet Montréal, Patrick Cigana se réjouit lui aussi.«Les gens sont prêts à essayer autre chose que les partis traditionnels.Et on n\u2019a pas absolument besoin d\u2019avoir une grosse machine électorale pour percer: le bouche à oreille peut fonctionner.» Plus de 80% des Québécois et Québécoises qui ont voté l\u2019ont fait pour des partis de centre gauche : c\u2019est encourageant pour ces partis et groupes au Québec », dit François-Pierre Gingras.Comme Mathieu Bock-Côté, il croit toutefois que la dimension «protestation » du vote pourrait aussi bien s\u2019exprimer pour un parti ou un groupe anti-élitiste plus à droite (comme celui de l\u2019ancien ministre péquiste François Legault).D\u2019après lui, à moyen terme, ce sont toutefois les souverainistes qui pourraient sortir gagnants, que ce soit aux prochaines élections provinciales ou à un troisième référendum.«Cela fait longtemps que le Canada n\u2019a pas eu un gouvernement aussi à droite, souligne François-Pierre Gingras.S\u2019il adopte des politiques rejetées par la majorité des Québécois, le mouvement souverainiste pourra soutenir que peu importe le parti fédéraliste formant l\u2019opposition, les intérêts du Québec sont toujours bafoués.» QQu\u2019est-ce que cela signifie pour les idées de gauche, dans la vie de tous les jours?R Le NPD n\u2019aura pas les coudées franches pour faire passer ses idées puisqu\u2019il affrontera un gouvernement majoritaire.« Il aura par contre la légitimité requise pour appeler les gens à monter aux barricades, dit Amir Khadir.Ce qui se passe dans un pays ne dépend pas seulement du gouvernement.C\u2019est aussi le combat des gens dans la rue.» «Quand tu montres une volonté de changement aussi grande, il faut être conséquent » renchérit François Saillant.LENDEMAIN D\u2019ÉLECTIONS Membre de l\u2019Internationale socialiste, le Nouveau Parti démocratique a fait de nombreuses promesses lors de la dernière campagne (dont plusieurs supposeront d\u2019importantes négociations avec les provinces).En voici un aperçu : BUDGET FAMILIAL Doubler les prestations de retraite.Allonger le congé pour prendre soin d\u2019un parent mourant.Instaurer une nouvelle prestation d\u2019aidant naturel.Augmenter l\u2019aide pour enfant jusqu\u2019à 700$ par enfant Rendre les prestations d\u2019assurance- emploi plus flexibles et généreuses.Transférer de l\u2019argent aux provinces pour réduire les droits de scolarité.Débloquer des fonds importants pour les logements sociaux et abordables.Plafonner les taux d\u2019intérêt des cartes de crédit au taux préférentiel plus 5%.ÉCONOMIE Garder l\u2019objectif de revenir à l\u2019équilibre budgétaire d\u2019ici quatre ans.Verser 2,2 milliards au Québec afin qu\u2019il soit compensé en fonction des mêmes critères que les autres provinces ayant harmonisé leur taxe de vente avec la TPS fédérale.Réduire de 2% le taux d\u2019imposition des petites entreprises.Instaurer un crédit d\u2019impôt à la création d\u2019emplois.Garder le niveau d\u2019imposition des grandes entreprises sous celui qui existe aux États-Unis.Accélérer la reconnaissance de titres étrangers.SANTÉ Attribuer d\u2019importants fonds fédéraux pour améliorer le réseau public.Former 1200 médecins et 6000 infirmiers d\u2019ici 10 ans.Instaurer un nouveau transfert fédéral pour les soins à domicile et un autre pour les soins de longue durée.ENVIRONNEMENT Augmenter d\u2019un cent la taxe sur l\u2019essence pour financer les transports en commun.Réduire les émissions de gaz à effet de serre.Investir dans les technologies durables et l\u2019énergie propre.ARTS Augmenter le financement des arts.Promouvoir la production et la diffusion de contenu canadien à la télévision et au cinéma.SÉCURITÉ ET DÉFENSE Embaucher 2500 policiers additionnels.Augmenter de 50% le financement des programmes de prévention de la criminalité, en particulier ceux qui ciblent les jeunes.Promulguer la loi Lucky Moose qui permet à un citoyen de détenir un criminel.Rapatrier les troupes d\u2019Afghanistan pour instaurer plutôt un programme de développement civil.Maintenir le niveau de dépenses prévu actuellement en matière de défense.Redéfinir le rôle des militaires canadiens, leurs priorités et leurs besoins.Augmenter l\u2019aide au développement.PRINCIPES POLITIQUES Mettre fin aux scandales et collaborer avec les autres partis.Empêcher le premier ministre de demander la prorogation du Parlement.Proposer l\u2019abolition du Sénat et limiter ses abus.Réinstaurer le questionnaire complet du recensement.QUE VISE LE NPD?NOMBRE DE SIÈGES GAGNÉS OU PERDUS AU QUÉBEC PAR RAPPORT À 2008 -4 pour le Parti conservateur -45 pour le Bloc québécois -7 pour le Parti libéral +57 pour le Nouveau Parti démocratique llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 P L U S 5 André Desmarais > Président du conseil d\u2019administration Guy Crevier > Président et éditeur Éric Trottier > Vice-président à l\u2019information et éditeur adjoint Mario Girard > Directeur de l\u2019information André Pratte > Éditorialiste en chef ÉDITORIAUX DROITS RÉSERVÉS / serge.chapleau@lapresse.ca OPINION CYBERPRESSE.CA/PLACE-PUBLIQUE LE BLOGUE DE L\u2019ÉDITO> LESDRAMESFAMILIAUX ENCOMMISSIONPARLEMENTAIRE?!?PAR ARIANE KROL QUESTIONDU JOUR Le bulletin unique entrera en vigueur dès la prochaine rentrée scolaire.Êtes-vous d\u2019accord ?Résultats à 13 h, hier : 5139 répondants OUI > 58%NON > 18% JE NE SAIS PAS > 24% MÉLANIE DUGRÉ L\u2019auteure est avocate et mère de trois jeunes enfants.À la lecture du récit des événements relatifs au procès de Guy Turcotte, la mère en moi éprouve peine et sympathie pour la maman des enfants et les familles endeuillées, la conjointe en moi espère que si une soudaine détresse devait envahir son homme, il saurait crier au secours et la juriste en moi s\u2019intéresse aux stratégies de la Couronne et de la défense.Ces jours-ci, on entend plusieurs plaintes concernant une possible hypermédiatisation de ce procès et une pluie inutile de détails scabreux.Certains se questionnent sur la pertinence de rapporter les événements avec autant de précisions et d\u2019étaler au grand jour la vie privée d\u2019individus qui n\u2019ont certainement pas recherché la célébrité et l\u2019attention dont ils font l\u2019objet.Je suis au contraire d\u2019opinion que dans l\u2019ensemble, les journalistes remplissent leur devoir professionnel et s\u2019acquittent d\u2019une difficile tâche qui leur est confiée.Certains médias, de par leur mission et le public qu\u2019ils ciblent, manqueront toujours de tact et de réserve dans la façon dont ils traitent les histoires demoeurs.Je n\u2019ai pas analysé toutes et chacune des couvertures offertes par les divers médias mais globalement, je dirais toutefois que le traitement médiatique de cette tragédie est sobre et professionnel.Après avoir tué ses enfants, Guy Turcotte a exercé un droit, soit celui de plaider non coupable à l\u2019accusation de meurtre prémédité portée contre lui.De ce premier droit en découlent un deuxième et un troisième, enchâssés dans nos chartes, soit ceux d\u2019obtenir une défense pleine et entière ainsi qu\u2019un procès juste et équitable.En plaidant non coupable, Guy Turcotte a forcé la tenue de ce procès et la succession de témoignages qui se déroulent depuis quelques semaines.L\u2019argument selon lequel on ne devrait pas rapporter la totalité des faits et des paroles est avancé sur plusieurs tribunes.Si on acceptait cette proposition, qui se ferait alors l\u2019arbitre du bon goût et de la moralité?Qui ferait le tri entre les informations qui devraient être rapportées et celles que l\u2019on devrait omettre ?Après tout, le degré de tolérance à l\u2019horreur varie d\u2019un individu à l\u2019autre de même que l\u2019évaluation, bien personnelle, de ce qui est d\u2019intérêt public et de ce qui ne l\u2019est pas.Devant un tel scénario, on risquerait au passage de bâillonner les médias et de les soumettre à des règles arbitraires et subjectives.À mon avis, le sensationnalisme journalistique réside dans la façon de couvrir la nouvelle, pas dans les faits eux-mêmes.Dans le cas présent, ce sont les événements qui dévient de l\u2019ordinaire et dépassent l\u2019entendement.Malgré tout l\u2019effroi et le dégoût qu\u2019ils inspirent, ces faits méritent néanmoins d\u2019être rapportés.Il existe au Québec des mécanismes de protection, notamment le huis clos et l\u2019interdit de publication, que les tribunaux n\u2019hésitent pas à ordonner lorsqu\u2019ils estiment que les circonstances le justifient et que les critères juridiques sont rencontrés, ce qui n\u2019est pas le cas en l\u2019espèce.Rappelons également qu\u2019en janvier dernier, la Cour suprême a statué que le travail des médias dans les palais de justice devait être circonscrit et encadré.En soi, cette décision confirme que les médias ne peuvent pas faire n\u2019importe quoi, n\u2019importe comment mais que leur travail est nécessaire dans une société démocratique où la liberté de presse constitue une valeur importante.Maintenant, se pose la liberté et la responsabilité de chacun devant le récit de ce procès.Nous ne sommes plus à l\u2019époque du sermon de la messe du dimanche, imposé à tous.Comme citoyens, nous disposons du choix de lire, d\u2019écouter et de regarder tout comme nous jouissons du droit de refuser d\u2019être exposés à la description de ces tristes événements.En définitive, il s\u2019agit d\u2019une question de liberté.Liberté de presse des médias et liberté de s\u2019informer des individus.Il nous reste maintenant à faire les choix qui nous conviennent et à les assumer.Une question de liberté Malgré tout l\u2019effroi et le dégoût qu\u2019il inspire, le procès de Guy Turcotte mérite d\u2019être rapporté Globalement, le traitement médiatique de cette tragédie est sobre et professionnel.DOIT-ON LIMITER L\u2019AIDE AUX SINISTRÉS ?Jusqu\u2019à quel point le gouvernement doit-il indemniser les sinistrés du Richelieu?Doit-on se limiter aux biens essentiels?Doit-on inclure les résidences secondaires ?Les propriétaires riverains doivent-ils assumer une partie de la responsabilité des inondations ?Lisez le point de vue, notamment, de Gaétan Frigon, François Bonnardel, Jana Havrankova .et surtout, faites valoir le vôtre! LA PRESSE DÉBATS \u2014 PARTICIPEZ FRANÇOISCARDINAL francois.cardinal@lapresse.ca Les maires de la banlieue nord sont en colère.Ils ont claqué la porte d\u2019une importante rencontre avec leurs confrères de la région pour exprimer leur vive désapprobation.Le party est fini, et ils ne le prennent pas.La Communauté métropolitaine de Montréal a en effet allumé la lumière et décrété que le développement anarchique des dernières décennies, cet étalement urbain sans contraintes ni limites dont les couronnes ont profité pendant trop longtemps, n\u2019avait plus sa place dans la région.Le plan mét ropol i t a i n d\u2019aménagement et de développement, adopté la semaine dernière, prend résolument le virage de la densification du territoire, de l\u2019expansion des terres agricoles et de la protection du couvert forestier.Autant d\u2019orientations responsables, courageuses même, qui sont accueillies avec colère par ceux-là mêmes qui ont provoqué le problème\u2026 Enlevons-nous de la tête l\u2019idée qu\u2019il s\u2019agit essentiellement d\u2019un débat opposant la ville vertueuse à la méchante banlieue, comme voudraient nous le faire croire les pleureuses de Rosemère, Sainte- Thérèse et Blainville.Il s\u2019agit plutôt d\u2019un débat entre un développement anarchique qui gruge toujours un peu plus les forêts (11 km2 par année) et les terres fertiles (6% entre 2001 et 2006) et un aménagement durable qui se concentre dans les zones déjà urbanisées.Sur l\u2019île, mais aussi dans son pourtour.L\u2019objectif de laCMMest double.Concentrer, d\u2019abord, 40% des ménages qui s\u2019installeront dans la région d\u2019ici 2030 autour des principaux pôles des transports en commun.Consolider ce qui existe, ensuite, en développant uniquement les terrains vacants et la zone blanche.Il n\u2019est donc pas question d\u2019empiler les ménages autour de la gare centrale! Même pas dans l\u2019île.Mais plutôt sur les terres disponibles, dans la région, ainsi qu\u2019autour des stations de métro (incluant celles de Laval), des arrêts de «service rapide par bus» (comme ceux que l\u2019on implantera à Longueuil), et des gares de trains (comme celles de Rosemère, Sainte-Thérèse et Blainville.).N\u2019attachant manifestement pas de grande valeur à ces terres qui disparaissent de façon irrémédiable, pas plus qu\u2019ils ne se soucient de l\u2019augmentation continue du parc automobile et des gaz à effet de serre, les maires de la couronne nord crient à l\u2019injustice.De la même manière qu\u2019ils ont dénoncé la taxe sur l\u2019immatriculation et les péages\u2026 tout en exigeant du même souffle une diversification de leurs revenus trop dépendants du foncier.Bref, ils démontrent toute l\u2019irresponsabilité dont ils sont capables, au moment où on fait appel, justement, à leur sens du devoir, de la responsabilité collective.Le ministère des Affaires municipales a maintenant le plan en mains.Il doit l\u2019analyser et le commenter, en vue du dépôt d\u2019un avis gouvernemental d\u2019ici la fin octobre.Espérons de tout coeur qu\u2019il ne pliera pas devant le chantage des fêtards insouciants de la banlieue nord.Le «party» est fini La CMM veut enfin mettre fin au développement anarchique qui profite aux couronnes.ANDRÉ PRATTE apratte@lapresse.ca On n\u2019a pas fini d\u2019analyser la vague orange qui a balayé le Québec lors des élections du 2 mai.Parmi les interprétations mises de l\u2019avant, certaines manifestent un déplorable mépris à l\u2019égard des électeurs.Ainsi, soutient-on, le vote de lundi n\u2019aurait pas été mûrement réfléchi, si bien qu\u2019au lendemain de l\u2019effondrement du Bloc québécois au profit duNPD, les Québécois auraient déjà des remords.Comment expliquer, autrement que par un malheureux coup de tête, que l\u2019électorat québécois n\u2019appuie pas le Bloc comme il l\u2019a fait à toutes les élections depuis 1993?Il est certain que les électeurs ne se sont pas cloîtrés pendant des heures pour lire les programmes des partis, étudier les CV des candidats et peser le pour et le contre des différentes options qui s\u2019offraient à eux.Toutefois, rien n\u2019indique que les Québécois ont moins réfléchi cette fois-ci que lors des scrutins précédents ; pourquoi leur choix du 2 mai 2011 serait-il plus irrationnel que celui des élections passées?Cette attitude fait penser à celle des bloquistes au lendemain du scrutin de 2006, alors qu\u2019ils s\u2019interrogeaient sur «le mystère de Québec ».Il leur paraissait inconcevable que les Québécois de cette région laissent tomber le Bloc en faveur du Parti conservateur.On pense aussi à la réaction des péquistes et des libéraux lors des montées de l\u2019ADQ en 2002 et en 2007.Comment les électeurs pouvaient- ils voter pour des candidats sans expérience et pour un programme proposant de rompre avec des politiques datant de la Révolution tranquille?De la même façon, on s\u2019étonne aujourd\u2019hui que les gens aient pu élire des candidats qui leur étaient inconnus.Or, il n\u2019y a rien là de surprenant.Combien de gens connaissaient leur député fédéral avant le vote du 2 mai?Fort peu.La plupart des électeurs ne croisent leur député qu\u2019une fois tous les quatre ans, lors des campagnes électorales.Le reste du temps, il se fait prendre en photo chaque semaine par le journal local, prononce au Parlement des discours écrits par d\u2019autres et vote selon le mot d\u2019ordre donné par le chef.Bref, aux yeux de beaucoup de citoyens, ça ne prend pas la tête à Papineau; un candidat ou un autre, c\u2019est du pareil au même.Enfin, certains attribuent la «vague orange» aux médias.Ceux-ci auraient accordé une place excessive et complaisante à la montée du NPD.Les électeurs auraient alors agi en «suiveux», cédant au charme de «Jack», avec sa canne et son cancer.Or, l\u2019engouement pour le NPD a bel et bien commencé sur le terrain.On l\u2019a vu apparaître dans les sondages un peu avant les débats des chefs.Aucun média, aucun commentateur ne l\u2019a prédit ou vu venir.Au lieu de blâmer les électeurs et les médias, plutôt que de chercher des poux aux nouveaux députés NPD, les perdants de ce scrutin au Québec, conservateurs, bloquistes ou libéraux, devraient admettre que les électeurs ont, sans équivoque, rejeté ce qu\u2019ils leur offraient.En démocratie, les citoyens ont toujours raison.L\u2019erreur des électeurs?Rien n\u2019indique que les Québécois ont moins réfléchi cette fois-ci que lors des scrutins précédents.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 Ayant rempli le questionnaire court de recensement, je regrette qu\u2019il n\u2019ait pas été demandé à tous les citoyens de participer au recensement long de 2011.La décision de ne pas tenir ce recensement et le manque de données qui en résultera sont un déni de mes droits en vertu des lois canadiennes et des droits internationaux que le Canada s\u2019est engagé à promouvoir et à respecter.\u2014 Guy Demers, Montréal À BIEN Y PENSER LYSIANE GAGNON lgagnon@lapresse.ca POURNOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 VOUS AVEZ UNENOUVELLEÀNOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTREOPINION?forum@lapresse.ca RÉDACTION 514.285.7000 commentaires@lapresse.ca Seule La Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT 514.285.6911 ou 1.800.361.7453 cyberpresse.ca/abonnement PETITES ANNONCES 514.987.8363 ou 1.866.987.8363 petitesannonces@lapresse.ca DÉCÈS 514.285.6816 deces@lapresse.ca CARRIÈRES 514.285.7320 carrieres@lapresse.ca PUBLICITÉ 514.285.6931 CATHERINE ROY L\u2019auteure est la mère d\u2019un garçon de 6 ans et d\u2019une fillette de 4 ans.Elle réside à Saint-Lambert.C\u2019était en 2004.Aux quatre coins de la grande région métropolitaine, sept femmes donnent naissance à leur premier enfant.À intervalle de quelques mois, ces sept femmes deviennent mères ; sept petits garçons voient le jour.Sept femmes et sept enfants que le destin allait réunir aux abords d\u2019une cour d\u2019école en banlieue de Montréal.Sept femmes à qui le bonheur de la maternité s\u2019accompagnait d\u2019un cadeau bonus : celui de l\u2019amitié.Septembre 2009.Sept petits garçons font leur entrée à la maternelle.Sept femmes échangent des sourires incertains: des sourires de mères couveuses qui laissent partir leur poussin vers un monde inconnu.Sept garçons laissent éclore des rires nerveux.Ceux d\u2019enfants fiers d\u2019aller maintenant à la «grande» école, mais aussi inquiets de découvrir ce qui les attend derrière ces deux immenses portes.Quelques semaines plus tard, sept femmes partagent quelques paroles calculées, mais sincères.Suivront ensuite les confidences, les inquiétudes, les stupeurs, les étonnements, les surprises\u2026 Tant de petits et de grands maux qui ont tôt fait de leur faire comprendre que le côté rassembleur de la maternité saura les lier, malgré leurs personnalités distinctes.De leur côté, sept garçons échangent des regards de plus en plus complices.Suivront les boutades, les rigolades, les petites chicanes et les grandes réconciliations.Tant d\u2019étapes incontournables qui font de l\u2019enfance un jardin insensible aux différences individuelles.Habitées par le même désir d\u2019être présentes auprès de leur enfant, sept femmes ont choisi de mettre en suspens leur vie professionnelle.Désireuses d\u2019être des mères à part entière tout en demeurant des femmes dynamiques, vives d\u2019esprit et engagées, sept femmes se sont donné la main pour se bâtir un quotidien agréable, stimulant, épanouissant.Avides de découvertes, sept garçons se sont laissés entraîner dans une nouvelle aventure.Hypnotisés par la candeur des amitiés enfantines, sept garçons ont appris à se connaître et sont devenus de fidèles compères.Voilà plus d\u2019un an que ces sept femmes et ces sept garçons partagent leur quotidien ; à l\u2019école, au parc, durant les vacances.Au fil des jours, sept femmes se laissent charmer par des petits plaisirs singuliers et s\u2019épaulent au travers des aléas de la vie.La destination vers laquelle elles cheminent demeure encore incertaine, mais le trajet est rendu plus agréable, grâce au soutien d\u2019un réseau combien exceptionnel, qu\u2019elles ont su construire en misant sur les forces de chacune.Ensemble, ces sept femmes s\u2019épaulent devant les difficultés de l\u2019une, elles ouvrent les bras à la tristesse de l\u2019autre et toujours, elles prêtent une oreille attentive à celle qui en a besoin.Dans la dernière année, ces sept femmes ont été confrontées à la maladie, à la perte d\u2019un être cher, mais aussi à la vie, celle-là même qui leur a permis de devenir mère une première fois il y a sept ans.De leur côté, les garçons ont apprivoisé les inéluctables de l\u2019enfance.Dans leur minisociété à sept, ils ont géré des conflits et entretenu des disputes.Ils ont fait de mauvais coups.Ils ont rigolé.Ils ont pleuré.Ils ont appris à être le meilleur et le moins bon mais surtout, ils ont appris à s\u2019aimer comme ils sont, avec leurs forces et leurs vulnérabilités.Et plus que tout, ils apprennent à grandir, à devenir des hommes, à devenir des pères.Certains diront qu\u2019un an et demi c\u2019est bien peu pour enraciner des amitiés.Je leur répondrai que la robustesse d\u2019une amitié ne se résume pas en temps écoulé, mais plutôt, en services échangés, en confidences dévoilées, en larmes asséchées, en secrets bien gardés et en éclats de rire partagés.À Ann-Ma rie, Emmanuel le, Jul ie, Marie-Josée, Natal ie et Nathalie, bonne fête des Mères.À Cédric, Henri, Julien, Olivier, Oliv ie r , Renaud et Samuel\u2026 merci ! À toutes les mères, je souhaite un réseau comme le nôtre ! SEPT MÈRES INSÉPARABLES PHOTO FOURNIE PAR L\u2019AUTEURE Voilà plus d\u2019un an que ces sept femmes et ces sept garçons partagent leur quotidien.De gauche à droite : Emmanuelle Arsenault, Julien Lamarche (assis sur le mur d\u2019escalade), Renaud Chartrand (debout dans la cabane), Nathalie Houle, Catherine Roy, Cédric Campeau (manteau vert), Marie-Josée Houle, Olivier Boisvert (manteau orange), Ann-Marie Romanin, Samuel Girard (manteau à carreaux), Natalie Gosselin et Olivier Gagnon (dans l\u2019échelle), Julie Poulin et Henri Leduc (devant, sur les ballons sauteurs).Afin d\u2019être présentes auprès de leurs enfants, elles ont mis en suspens leur vie professionnelle Ensemble, ces sept femmes s\u2019épaulent devant les difficultés de l\u2019une, elles ouvrent les bras à la tristesse de l\u2019autre et toujours, elles prêtent une oreille attentive à celle qui en a besoin.Où s\u2019en va-t-on avec un gouvernement Harper majoritaire?Ceux qui l\u2019ont toujours diabolisé prédisent les sept plaies d\u2019Égypte et l\u2019apocalypse en même temps, mais on peut aussi prendre un Valium, et croire au contraire que le fait d\u2019avoir acquis une majorité aura plutôt un effet calmant sur l\u2019homme et son gouvernement.Une fois à l\u2019abri de l\u2019instabilité et des menaces constantes qui pesaient sur la survie de son gouvernement minoritaire, les tendances les plus irritantes du premier ministre \u2013 notamment son culte autocratique du contrôle et du secret \u2013 pourraient s\u2019atténuer, et il se pourrait fort bien qu\u2019il fasse glisser graduellement son gouvernement vers un centre droit acceptable à une large partie de la population.Une telle prédiction n\u2019est pas le produit d\u2019un optimisme délirant.C\u2019est plutôt une prévision conforme à la règle numéro un de la politique, laquelle veut que ce soit autour du centre que l\u2019on gagne les élections.Dans quatre ou cinq ans, M.Harper voudra naturellement être réélu, et il voudra aussi augmenter sa majorité.Ce n\u2019est pas en accentuant la polarisation qu\u2019il y parviendra.La même règle élémentaire de la politique va également pousser le NPD à abandonner le dogmatisme de gauche qui caractérise encore une bonne partie de sa députation pour s\u2019orienter vers un pragmatisme de centre gauche.On notera d\u2019ailleurs que dans les cinq provinces où le NPD a déjà exercé le pouvoir, les néo-démocrates «provinciaux » ont toujours été beaucoup plus modérés que leurs cousins fédéraux, qui pouvaient, eux, s\u2019offrir le luxe de dire n\u2019importe quoi et de cracher en l\u2019air parce qu\u2019ils n\u2019avaient aucune chance de former le gouvernement, et même pas (jusqu\u2019à cette année) l\u2019opposition officielle.Il n\u2019y a rien comme la perspective du pouvoir pour modérer les ardeurs des extrémistes.Stephen Harper est un stratège intelligent et méthodique.Sa prise du pouvoir a été un exercice de haute voltige étalé sur près d\u2019une décennie.La première étape a consisté à prendre la tête de l\u2019Alliance canadienne (le rejeton du Reform de Preston Manning).La seconde, à fusionner l\u2019Alliance avec les anciens tories, ce qui fut fait en 2003.Troisième étape: amener la nouvelle coalition au pouvoir, ce qui fut fait en 2006.Au départ, M.Harper avait repris la formule gagnante de Brian Mulroney, en essayant de refaire l\u2019alliance de l\u2019Alberta et du Québec.Le Québec s\u2019étant dérobé, sa base de l\u2019est est maintenant en Ontario.La quatrième étape consistait à obtenir une majorité en ciblant des comtés «prenables » et des clientèles réceptives au message conservateur, notamment les banlieusards et les électeurs d\u2019origine immigrante.C\u2019est fait.Le but ultime de M.Harper était de déloger le Parti libéral de son statut de «natural governing party» \u2013 le parti naturel du pouvoir.Le PLC étant entre la vie et la mort, voilà qui est presque fait.Ne nous méprenons pas, ce gouvernement Harper ne deviendra pas un clone du PLC d\u2019antan, qui oscillait entre la droite et la gauche.M.Harper ne se satisfera pas de prendre et de garder le pouvoir.Il veut faire des valeurs conservatrices les valeurs dominantes de la société.Mais jusqu\u2019à preuve du contraire, on ne peut le soupçonner d\u2019avoir un «agenda caché».Ses intentions, il les a clairement annoncées.Ce n\u2019est peut-être pas le gouvernement dont on aurait rêvé, mais cela n\u2019en fera pas pour autant un gouvernement fasciste ! Ce sera en tout cas un gouvernement beaucoup moins à droite que les républicains américains, et qui n\u2019aura rien à voir avec le Tea Party auquel certains le comparent tout à fait abusivement.* La vertu est au milieu.(Horace) In medio stat virtus* Il se pourrait fort bien que Stephen Harper fasse glisser son gouvernement vers un centre droit acceptable à une large partie de la population.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 P L U S 7 PLUS L\u2019ENTREVUE HUBERT REEVES À L\u2019ÉCHELLE DE L\u2019HUMANITÉ MATHIEU PERREAULT QVous évoquez la découverte de planètes extrasolaires, en orbite autour d\u2019autres étoiles.Va-ton découvrir la vie extraterrestre?R L a g ra nde s u r pr i s e du télescope américain Kepler, qui vient d\u2019identifier des centaines de possibles planètes extrasolaires, est la diversité des orbites des exoplanètes.On pensait que les petites planètes seraient près des étoiles et les plus grosses, plus éloignées, comme dans notre système solaire.Ce n\u2019est pas du tout le cas.Nous sommes l\u2019exception.On a vu des planètes plus grosses que Jupiter plus proches de leur étoile que Mercure.Il doit y avoir des perturbations, de la matière arrachée.Je constate que notre bon petit système solaire est bien confortable.Il est stable, les orbites des planètes sont circulaires.Car les planètes extrasolaires semblent avoir souvent des orbites elliptiques, qui font varier énormément leur température, ce qui n\u2019est pas idéal pour l\u2019apparition de la vie.QEst-ce que cela abaisse la probabilité que la vie extraterrestre existe?R P robabl emen t, ou i .S t a t i s t iquement , ç a devient moins probable, à cause des perturbations causées par l\u2019interaction entre les planètes géantes situées près de l\u2019étoile, et des orbites elliptiques.Mais il y a énormément de candidats.QLe cosmos ne recèle pas seulement la promesse d\u2019autres civil i sations, mais aussi des dangers.Les États-Unis se sont récemment fixé un objectif plus ambitieux de détection des astéroïdes pouvant causer une catastrophe s\u2019ils frappent la Terre, avec un diamètre plus grand que 140 mètres.S\u2019agit-il d\u2019alarmisme, ou la menace est-elle sous-évaluée?R Les risques sont bien réels.Un astéroïde de 50 mètres qui tomberait sur une ville aurait un effet pire qu\u2019une bombe atomique.Même un petit astéroïde comme celui de sept mètres qui est tombé au Yukon en 2000 dévasterait Montréal.On dit souvent que l\u2019argent investi dans la protection contre les astéroïdes diminue les fonds pour les missions scientifiques, mais je ne crois pas à la théorie de la conservation.Dans les années 30, personne n\u2019aurait cru possible qu\u2019on dépense des milliards pour aller sur la Lune.La guerre froide a donné la motivation nécessaire.Il nous faut nous préparer, et pourquoi pas avec des simulations avec des astéroïdes qui passeront loin de la Terre.Si demain on détectait un astéroïde se dirigeant vers la Terre un an avant l\u2019impact, on ne pourrait rien faire.Cela dit, il y a aussi les comètes, qui peuvent faire autant de dommage qu\u2019un météorite, et contre lesquelles on ne peut rien parce qu\u2019on ne peut pas les répertorier.QVous abordez aus s i l a question d\u2019un « grand architecte », un créateur de l\u2019univers avant le Big Bang.Quelle est votre position personnelle?R Je n\u2019ai que des questions, pas de réponse.L\u2019existence de Dieu n\u2019est pas une question à laquelle peut répondre la science.En Chine on répond à ces questions en étant plutôt bouddhiste, au Québec en étant plutôt catholique.La vision d\u2019un individu sur cette question est très personnelle.Elle est influencée par la culture locale, par les parents, par les propres expériences.QVous avez depuis longtemps fait de la préservation de l\u2019environnement un sujet de prédilection.Pensez-vous qu\u2019il soit nécessaire, pour sauver la planète, que les pays développés s\u2019appauvrissent pour compenser pour l\u2019augmentation du niveau de vie, et donc de la consommation, dans les pays pauvres?R La décroissance est une idée fausse.Le Sud n\u2019en profitera pas.Ce n\u2019est pas tant nous qui souffririons de la décroissance économique, que les pays pauvres.En refusant de croître, nous les laisserions croupir dans leur misère.Il faut tout simplement faire mieux avec moins, diminuer la quantité d\u2019énergie et l\u2019utilisation des ressources.Il faut modifier notre manière de fonctionner pour que les besoins des plus pauvres soient aussi pris en compte.Que notre système médical et pharmaceutique s\u2019intéresse aux maladies des gens qui n\u2019ont pas les moyens de payer.Qu\u2019on finance les recherches sur le sida aussi bien que la cardiologie.Tout récemment, il y avait un exemple frappant de ce problème.On a demandé à des Prix Nobel où ils investiraient un budget de recherche d\u2019un milliard.Ils ont presque tous répondu l\u2019oncologie.Or, je crois qu\u2019il vaut mieux prévenir que guérir.Empêcher la pollution de l\u2019atmosphère, notamment par les particules fines émises par les voitures.QSi vous aviez une somme d\u2019un milliard de dollars à investir en recherches sur l\u2019énergie, quelle filière choisiriez-vous?R J \u2019i nve s t i r a is probablement plus dans les énergies renouvelables.D\u2019ici quelques années, la Chine sera probablement le premier fournisseur d\u2019éoliennes et de cellules photovoltaïques utilisées par les centrales solaires.Il faut cesser d\u2019investir dans les filières qui émettent du CO2 et empirent l\u2019effet de serre, comme les sables bitumineux, le gaz de schiste et le charbon.J\u2019ai été frappé de voir l\u2019absence de débat sur les énergies renouvelables dans la campagne électorale canadienne.Harper est un bon serviteur de Bush.QNe peut-on pas essayer d\u2019améliorer le rendement des centrales au charbon, pour tirer profit des réserves mondiales, qui peuvent durer encore un ou deux siècles?R On ne peut pas baser une politique économique sur l\u2019idée « on trouvera éventuellement mieux ».Il faut penser à l\u2019échelle de l\u2019humanité, sur un horizon de 100 000 ans.Ça me rappelle le début de l\u2019industrie nucléaire, quand on se disait qu\u2019on trouverait éventuellement quoi faire avec les déchets.Le nucléaire ne va pas non plus.Il n\u2019y a qu\u2019une source inépuisable d\u2019énergie, c\u2019est le soleil, qui durera des milliards d\u2019années.C\u2019est irresponsable de dire «après moi le déluge».QDans l\u2019immédiat, la captation du CO2 émis par les centrales brûlant des carburants fossiles est-elle une avenue intéressante?R Il faut essayer de le faire, c\u2019est intéressant.Mais pour le moment, ce n\u2019est pas une solution viable.Et même si ça le devenait, il y a toujours le risque de fuite à long terme.PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE Pour Hubert Reeves, l\u2019avenir de la planète est dans les énergies renouvelables.«Il faut cesser d\u2019investir dans les filières qui émettent du CO2 et empirent l\u2019effet de serre, comme les sables bitumineux, le gaz de schiste et le charbon.» Depuis quelques années, l\u2019astrophysicien québécois Hubert Reeves s\u2019est intéressé à l\u2019intersection entre art et astronomie et à la transmission de ses connaissances aux enfants.Il continue dans la même veine ce printemps, avec le DVD Du Big Bang au vivant et le livre L\u2019univers expliqué à mes petits-enfants.En entrevue avec La Presse, il discute des dernières découvertes, des météorites, de l\u2019environnement et du danger des centrales nucléaires.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 7 M A I 2 0 1 1 "]
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