La presse, 9 avril 2011, P. Élections 2011
[" > NOTRE CAHIER PLUS À SAVEUR ÉLECTORALE ÉLECTIONS2011 Elliot Tucker-Drob ÉLECTIONS Suivez les dernières nouvelles des élections en temps réel en consultant notre dossier à cyberpresse.ca/elections BLOGUE Les analyses politiques de notre journaliste Vincent Marissal sont à lire sur cyberpresse.ca/bloguemarissal PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE PORTRAITS DE CIRCONSCRIPTIONS À LIRE EN PAGES 4 ET 5 ELLIOT TUCKER-DROB LES GÈNES DE L\u2019INTELLIGENCE L\u2019ENTREVUE DE MATHIEU PERREAULT À LIRE EN PAGE 6 Il y a six ans, cet intellectuel de haut vol aux racines russes a débarqué en héros dans la politique canadienne.Vedette instantanée dans les médias, l\u2019ex-prof de Harvard se heurte rapidement aux difficultés de la politique.Après la victoire de Stéphane Dion dans une course à la direction déchirante, il amorce une longue traversée du désert.Six ans après son arrivée en politique, les Canadiens connaissent encore bien mal le chef libéral.Mais qui est donc Michael Ignatieff ?NOTRE DOSSIER À LIRE EN PAGES 2 ET 3 L\u2019INTELLECTUEL POLITICIEN MONTRÉAL SAMEDI 9 AVRIL 2011 ÉLECTIONS FÉDÉRALES 2011 PHOTO MARK BLINCH, REUTERS PORTRAIT PHOTO FOURNIE PAR ANDREW IGNATIEFF Michael Ignatieff (en avant), son frère Andrew et leurs parents George Ignatieff et Alison Grant.VINCENT MARISSAL 1.LE PRINCE EST DE RETOUR Une règle fondamentale en politique dit que si vous n\u2019arrivez pas à vous définir vousmême et à imposer l\u2019image que vous souhaitez aux électeurs, vos adversaires s\u2019en chargeront pour vous.À vos risques et périls.Intel lectuel auréolé de mythes et de mystères, lors de son retour au pays il y a six ans, Michael Ignatieff a été accueilli comme le digne successeur de Pierre Elliott Trudeau par la famille libérale.Depuis, ses volte-face sur certains dossiers et une campagne dévastatrice orchestrée par le Parti conservateur ont remplacé le glamour par le doute.Ses parents chassés de Russie par la révolution, ses romans et essais, sa carrière médiatique à Londres, sa feuille de route impressionnante à Harvard, tout ce qui faisait fantasmer bon nombre de libéraux et qui faisait de Michael Ignatieff une vedette instantanée dans les médias canadiens allait bientôt se retourner contre lui.Les conservateurs y ont fortement contribué, bien sûr, mais les premiers coups sont venus de l\u2019interne, pendant la course à la direction du PLC, en 2006.La première fois que l\u2019on a entendu des adversaires de Michael Ignatieff dire qu\u2019il avait été hors du Canada trop longtemps pour prétendre vouloir maintenant le diriger, cela venait de libéraux, pas des conservateurs.Cette course avait d\u2019ailleurs mal commencé pou r M.Ignatieff.Avant même de se lancer officiellement, il avait dû annoncer Bob Rae, son vieil ami avec qui il a partagé une chambre à l\u2019université, qu\u2019il avait bel et bien l\u2019intention de se présenter à la succession de Paul Martin.Le problème, c\u2019est que Bob Rae voulait aussi le job et qu\u2019« il avait le sentiment que celui-ci lui revenait d\u2019office », selon un député libéral qui a suivi les premiers pas d\u2019«Iggy» de près.Début 2006, dans un restaurant chic de Toronto, les deux hommes accompagnés de leur femme ont eu une discussion brève et orageuse.Ils sont repartis chacun de leur côté, non plus vieux copains d\u2019université mais nouveaux adversaires dans une course à la direction.Ensemble, ils auraient formé un duo imbattable.Divisés, ils allaient dans les faits permettre à Stéphane Dion de se faufiler pour devenir chef du PLC en décembre 2006.Cette lutte fratricide allait laisser des traces.D\u2019un côté, le clan Chrétien, rangé derrière Bob Rae, de l\u2019autre, l\u2019aile québécoise massivement derrière Ignatieff.Entre les deux, Stéphane Dion, qui a eu quelques accrochages sérieux avec M.Ignatieff pendant les débats publics et en privé, aux réunions du caucus.Le clan Dion a toujours reproché à Michael Ignatieff de prendre son candidat de haut, de le mépriser, comme s\u2019il était convaincu de l\u2019écraser.C\u2019était mal connaître le combatif Stéphane Dion et mal jauger les militants libéraux, en particulier les Ontariens, qui entretenaient déjà de sérieux doutes à propos de Michael Ignatieff.Cet épisode allait confirmer leurs doutes.De un, la carrière prestigieuse de M.Ignatieff et le fait qu\u2019il a vécu si longtemps à l\u2019étranger jouaient en fait contre lui.De deux, il n\u2019avait aucun réflexe politique.C\u2019est à cette époque que Justin Trudeau avait déclaré que M.Ignatieff n\u2019arrive pas à se brancher, un clip que les conservateurs utilisent encore dans leurs pubs.Ses prises de position pas- Tout ce qui faisait fantasmer bon nombre de libéraux et qui faisait de Michael Ignatieff une vedette instantanée allait se retourner contre lui.Qui est Michael Ignatieff ?Que représente-t-il?Qu\u2019est-ce qui le fait courir?Les électeurs ne le savent pas trop et les libéraux en sont bien conscients.Près de trois ans après son arrivée à la tête du PLC, la page d\u2019accueil du parti présente encore un article intitulé : Faites connaissance avec Michael Ignatieff.Les électeurs cherchent encore le vrai Michael Ignatieff, mais la nouveauté dans cette campagne, c\u2019est que Michael Ignatieff, lui, s\u2019est finalement trouvé.Portrait d\u2019un chef politique en trois temps.IGNATIEFF EN TROIS TEMPS llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 9 A V R I L 2 0 1 1 ÉLECTIONS FÉDÉRALES 2011 PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Après sa défaite contre Stéphane Dion, Michael Ignatieff a décidé de rester en politique fédérale, mais il a alors amorcé une longue traversée du désert.Michael Ignatieff et sa femme Zsuzsanna Zsohar sées sur la guerre en Irak et sur la lutte contre le terrorisme et ses tergiversations en environnement avaient aussi refroidi bien des libéraux.En plus, il n\u2019a pas su diriger ses troupes dans les moments cruciaux en fin de course à la direction du PLC.«Au congrès, on s\u2019est rendu compte que nous étions tellement nombreux mais que nous ne savions pas quoi faire.Iggy l\u2019a échappé au congrès», rappelle un ancien organisateur.2.LA TRAVERSÉE DU DÉSERT Après sa défaite contre Stéphane Dion, Michael Ignatieff a décidé de rester en politique fédérale, mais il a alors amorcé une longue traversée du désert.« J\u2019ai eu des moments de découragement, c\u2019est sûr.Mais j\u2019ai la chance d\u2019être marié à une femme extraordinaire.Elle m\u2019a dit : on est là-dedans jusqu\u2019à la fin.C\u2019était un engagement sérieux, pas une petite aventure.J\u2019y suis, j\u2019y reste, je persiste et signe.C\u2019est mon pays.C\u2019est mon pays.» L\u2019image de l\u2019homme revenu dans son pays par pure ambition, celui qui n\u2019«est pas revenu pour vous», comme le dit sournoisement la publicité conservatrice s\u2019est incrustée, forçant constamment M.Ignatieff à se justifier, à rappeler sa «canadiennitude».C\u2019est à cette époque qu\u2019il a écrit à un de ses amis américains qu\u2019il était «devenu un simple serviteur de l\u2019État canadien» ou encore «Harvard me reprendra sans doute si je ne me fais pas élire dans mon comté», deux courriels qui le hantent encore aujourd\u2019hui.Mais sa patience a porté ses fruits.Stéphane Dion a été chassé fin 2008 et, naturellement, «Iggy» a accédé au trône.L\u2019apprentissage au poste de chef a été ardu.Défaite humiliante en Chambre sur une motion\u2026 libérale touchant l\u2019avortement, accrochage avec Denis Coderre, défaites douloureuses dans des partielles, baisse constante dans les sondages et menaces sans suite contre le gouvernement minoritaire de Stephen Harper.Et un manque de confiance év ident , qui inqu ié t a it sérieusement les organisateurs libéraux.Comme cette fois en mars 2009, lors d\u2019un congrès à Laval, où Michael Ignatieff avait angoissé pendant de longues minutes parce qu\u2019il croyait que son chandail rouge faisait trop décontracté ! «Nous attendions un grand discours et lui, il stressait à cause de la couleur de son chandail ! Il était vraiment mal dans sa peau» raconte un organisateur libéral.Soumis à une forte pression, M.Ignatieff affirme péremptoirement, en septembre 2009, que les jours du gouvernement Harper sont comptés et qu\u2019il le défera à la première occasion.Il s\u2019écrase toutefois dans les mois qui suivent et laisse passer le budget du printemps 2010.Dans les troupes libérales, c\u2019est le désarroi et on commence déjà à préparer l\u2019après-Ignatieff.Certains libéraux se sont même mis à rêver à un retour de Jean Chrétien, un scénario que ne rejetait pas le principal intéressé, selon des proches de l\u2019ancien premier ministre.«M.Chrétien a toujours dit qu\u2019il reviendrait si la survie du parti était menacée, confie un libéral inf luent.Mais Aline n\u2019était pas d\u2019accord et ensuite, M.Chrétien a eu des problèmes de santé (NDLR : opéré d\u2019urgence au cerveau en août 2010).» Le vieux renard ne reviendra pas aux affaires, mais il reste influent et admiré dans le parti.Et il est convaincu que seule une fusion PLC-NPD chassera les conservateurs.Il aurait même dit à quelques proches que M.Ignatieff ne deviendra jamais premier ministre sans cette fusion.3.JE SUIS QUI JE SUIS Quoi qu\u2019en pense Jean Chrétien (et l\u2019ancien chef néodémocrate Ed Broadbent, favorable lui aussi à une fusion), Michael Ignatieff ne veut rien savoir.Et même si on risque de voir réapparaître Jean Chrétien à l\u2019occasion d\u2019un événement de campagne après les débats, Michael Ignatieff tient à son indépendance.«Je suis entré en politique sans l\u2019aide de Jean Chrétien ou de Paul Martin.Le jour du déclenchement, je les ai appelés et ils m\u2019ont souhaité bonne chance.J\u2019ai un immense respect pour ce qu\u2019ils ont fait comme premier ministre mais je ne suis pas dépendant de cet héritage.Le Parti libéral est passé à autre chose, à notre avenir plutôt que notre passé», a dit M.Ignatieff à La Presse cette semaine lors d\u2019une entrevue à bord de son avion de campagne.Sans l\u2019aide et sans la confiance de Jean Chrétien, qui a maintes fois exprimé en privé, à des libéraux, ses réserves envers ce successeur (re)-venu d\u2019Harvard, qui a écrit des livres, mais qui n\u2019a pas fait de politique ici.Le plus ironique, c\u2019est que M.Ignatieff est maintenant entouré d\u2019anciens collaborateurs de Jean Chrétien, des gens qui sont responsables de son éclosion dans cette campagne.Si Michael Ignatieff s\u2019acquitte si bien de sa tâche dans cette campagne, c\u2019est beaucoup grâce à son chef de cabinet, Peter Donolo, ex-directeur des communications de Jean Chrétien, et une des meilleures « têtes politiques» au Canada.C\u2019est lui qui l\u2019a envoyé l\u2019été dernier dans tous les coins du Canada à bord du «Libéral Express », avec le minimum de personnel et de moyen.L\u2019équivalent politique du parachute: on ouvre les portes, tu sautes et on se revoit en bas! L\u2019expérience a été concluante.«C\u2019est un bon campaigner, dit Peter Donolo.On dit toujours que c\u2019est un prof d\u2019université, mais il n\u2019a été prof que quelques années.En fait, c\u2019est d\u2019abord un journaliste et il aime le terrain et les gens.» Il est aussi de plus en plus à l\u2019aise sur une scène, ad lib, devant des centaines de militants.Pas de notes, pas de télésouffleur, dans les deux langues officielles.Quelque part au Canada, l\u2019été dernier, dans son Libéral Express, Michael Ignatieff a eu la piqûre.«Il a changé, il a compris qu\u2019il va devoir se battre, que ça n\u2019arrivera pas tout seul.Il serait le premier à l\u2019admettre aujourd\u2019hui», résume un stratège libéral.PHOTO CP llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 9 A V R I L 2 0 1 1 P L U S 3 ÉLECTIONS FÉDÉRALES 2011 PHOTOS MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE La région recèle une espèce rare dans la faune politique québécoise : des jeunes.MARTIN CROTEAU Ce n\u2019est pas tous les jours que les rues de Verchères \u2013 5519 habitants \u2013 sont perturbées par une manifestation.En 339 ans d\u2019histoire, c\u2019est arrivé une fois.Il y a deux ans, une centaine de personnes sont descendues dans la rue.La municipalité venait de raser une douzaine d\u2019arbres centenaires sans avertir les citoyens.«Une centaine de personnes, c\u2019est comme si on était 30 000 à Montréal!» s\u2019exclame Christian Desmarteaux, l\u2019organisateur de la contestation.Ce résidant de la rue Laurier a été si ulcéré par la conduite de la Ville qu\u2019il a fondé Protégeons Verchères.Il assiste à toutes les réunions du conseil municipal.Son site web signale des problèmes de déneigement, renseigne les citoyens sur le salaire des élus, annonce l\u2019ouverture d\u2019un marché public.Christian Desmarteaux tient les élus à l\u2019oeil, il les critique, mais il se garde bien d\u2019être cynique à leur égard.«Si on croise notre député à Montréal, c\u2019est très rare qu\u2019il va nous saluer, dit-il.Ici, les citoyens sont très proches de leurs élus, un peu comme une mentalité de village.Les gens sont heureux de rencontrer leur député.Ils le saluent et lui serrent la main.» La circonscription a connu le taux de participation le plus élevé au Canada lors du scrutin fédéral de 2008.Près de 72% des électeurs ont exercé leur droit de vote.Les électeurs sont aussi fidèles qu\u2019ils sont assidus.Ils sont représentés par le Bloc québécois depuis 1993.«J\u2019imagine que c\u2019est parce que les gens sont bien informés, parce qu\u2019ils nous suivent, parce qu\u2019ils me connaissent, estime le député sortant, Luc Malo.Je suis très présent et très accessible.» Les racines politiques de la région sont toutefois profondes.En 1732, la fille d\u2019un seigneur local s\u2019est terrée dans un fort et elle a repoussé seule une attaque iroquoise pendant huit jours.L\u2019esprit de Madeleine de Verchères, dont la statue s\u2019élève au bord du Saint-Laurent, reste bien vivant dans la communauté, croit Christian Boulad, un immigrant égyptien qui s\u2019est établi ici il y a 30 ans.«On a toujours été un village d\u2019irréductibles Gaulois, estime M.Boulad, qui a luimême combattu la venue d\u2019une entreprise de transformation agricole, en 1994.On a un amour de notre village et on se bat contre l\u2019envahissement de toute part.» À l\u2019est de la circonscription, aux abords de la rivière Richelieu, les Patriotes ont pris les armes contre le régime anglais en 1837-1838.Plus récemment, les électeurs ont été représentés par le premier ministre Bernard Landry, qu\u2019ils peuvent encore saluer tous les jours lors de sa marche matinale.Fusions à Boucherville LesrésidantsdeBoucherville, dont certains votent aussi dans Verchères-Les Patriotes, se sont mobilisés par centaines pour dénoncer les fusions municipales imposées par le Parti québécois en 2000.Et ils ont été encore plus nombreux à s\u2019exprimer aux urnes.Aux élections provinciales de 2003, 82% des citoyens de Marguerite-D\u2019Youville, qui regroupe Boucherville et Sainte- Julie, ont voté.En 2007, le taux de participation a grimpé à 83%.Au dernier scrutin provincial, la proportion a chuté à 71%.C\u2019est tout de même le plus haut taux de participation au Québec.«À Boucherville, il y a toujours eu plusieurs lieux communautaires où les gens peuvent se rencontrer, que ce soit l\u2019action bénévole ou les loisirs, raconte YanSavaria-Laquerre, conseiller municipal.Les gens aiment parler de politique, et des lieux commeceux-là aidentàpropager les nouvelles et à conscientiser les gens.» Des jeunes La région recèle aussi une espèce rare dans la faune politique québécoise: des jeunes.Avec ses chaussures à damier, ses broches et ses lunettes de plastique, Yan Savaria-Laquerre ne ressemble en rien au politicien à cravate qui fréquente d\u2019ordinaire les assemblées et les hôtels de ville.Alexandre Bélisle, lui, s\u2019opposait à la construction d\u2019un projet résidentiel dans son quartier.Aujourd\u2019hui, ce père de famille est maire de Verchères.Il a 34 ans, lui aussi.Bien des électeurs de son âge boudent les urnes, mais M.Bélisle reste convaincu qu\u2019un politicien peut améliorer le sort de ses concitoyens.« C\u2019est justement à cause du cynisme généralisé chez les jeunes gens que je me fais un devoir de faire les choses autrement, confie-t-il.De dire que c\u2019est possible de gérer une ville, de jouer un rôle politique, sans être menteur ni voleur.» Les pancartes accrochées aux lampadaires annoncent les élections du 2 mai, mais les résidants sont loin d\u2019être enthousia stes.Christ ian Desmarteaux, pourtant passionné, craint l\u2019élection d\u2019un autre gouvernement minoritaire qui pourrait être battu à tout moment.«Je pense qu\u2019il commence à y avoir un certain désabusement, dit-il.Ça commence à faire beaucoup: aller voter de nouveau, ça va donner le même résultat que la dernière fois.» Plusieurs citoyens sont du même avis.Pendant que Luc Malo serre des mains dans un Tim Hortons de Sainte- Julie, les habitués des lieux ne cachent pas leur grogne envers les élus fédéraux.«C\u2019est toujours du pareil au même, confie Gérard Gauthier, retraité.Quand bien même on change, on n\u2019aura jamais mieux.» Et il compte voter malgré tout ?«Ben oui.» «On a toujours été un village d\u2019irréductibles Gaulois, estime M.Boulad, qui a lui-même combattu la venue d\u2019une entreprise de transformation agricole, en 1994.PORTRAITS DE CIRCONSCRIPTIONS VERCHÈRES\u2014LES PATRIOTES Les électeurs les plus assidus au Canada VERCHÈRES\u2014LES PATRIOTES Comprend: A) la municipalité régionale de comté Lajemmerais ; B) la partie de la municipalité régionale de comté La Vallée-du-Richelieu constituée des municipalités de Saint-Antoine-sur-Richelieu, Saint-Charlessur- Richelieu, Saint-Denis-sur-Richelieu et Saint-Marc-sur-Richelieu ; C) la partie de la ville de Longueuil située au nord et à l\u2019est d\u2019une ligne décrite comme suit : commençant à l\u2019intersection de la limite nord-est de la ville de Longueuil avec l\u2019autoroute no 20 (autoroute Jean-Lesage) ; de là vers l\u2019ouest suivant ladite autoroute jusqu\u2019au boulevard De Montarville ; de là généralement vers le nord-ouest suivant ledit boulevard et son prolongement jusqu\u2019au fleuve Saint-Laurent.SOURCES: ÉLECTIONS CANADA, LA PRESSE A B B B B C QUÉBEC Dans Verchères-Les Patriotes, les électeurs refusent de se laisser gagner par le désabusement : près des trois quarts des électeurs sont allés voter audernier scrutin.Le plus fort taux de participation au pays.A l\u2019inverse, à l\u2019autre bout du pays, dans Fort McMurray-Athabasca, à peine le tiers des électeurs ont voté.Nous commençons notre série de portraits de circonscriptions en sondant les coeurs de ces électeurs qui ont une relation bien particulière avec le bulletin de vote.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 9 A V R I L 2 0 1 1 ÉLECTIONS FÉDÉRALES 2011 PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Fin du quart de travail pour les employés de la Albian Sands Muskeg River Mine, en Alberta.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE FORT McMURRAY\u2013ATHABASCA Comprend: environ le quart nord-est de la province.Sa population est de 88 882 dont 65 496 électeurs sur une superficie de 180 320 km2.Les circonscriptions limitrophes sont Peace River, Yellowhead, Westlock\u2014St.Paul, Desnethé\u2014Missinippi\u2014Rivière Churchill et Western Arctic.L\u2019actuel député est le conservateur Brian Jean.SOURCES: ÉLECTIONS CANADA, LA PRESSE ALBERTA SASKATCHEWAN ALBERTA FORT McMURRAY PATRICK LAGACÉ ALBERTA FORT McMURRAY \u2014 For t McMurray est la capitale des sables bitumineux canadiens.C\u2019est aussi la ville principale de Fort McMurray- Athabasca, dans le nord de l\u2019Alberta, la circonscription où on vote le moins au pays.En 2008, à peine 35,8% des électeurs sont allés voter.En 2006, c\u2019était 48%.Pourquoi ?Très simple : ici, les gens sont occupés à travailler.«En 2008, après les élections, j\u2019ai fait faire un sondage, pour comprendre pourquoi si peu de gens votaient, raconte Brian Jean, le député conservateur de Fort McMurray- Athabasca.Et pour 54% des gens, la raison principale était le travail.» « Fort Mac », comme on dit, est une sorte de bulle.Des milliers de travailleurs y débarquent, parfois avec l\u2019idée de rester longtemps, souvent avec l\u2019objectif de retourner chez eux à Terre- Neuve , au Québe c , au Nouveau-Brunswick, après avoir rempli leur compte en banque.Résultat : le rapport à la chose politique, dans cette bulle, s\u2019effiloche.Ce qui explique les taux de participation anémiques aux élections fédérales, un phénomène qui se vérifie également aux élections provinciales et municipales.L\u2019exploitation des sables bit u mineu x a t t i r e des Canadiens de partout au pays.Ils viennent bosser pour Suncor, chez Canadian National Ressources ou d\u2019autres compagnies reliées à l\u2019or noir.Ils sont souvent jeunes, un autre facteur qui explique pourquoi le taux de participation, ici, est si bas.«On compte beaucoup de jeunes personnes, qui ont autour de 30 ans, poursuit Brian Jean.Et 20% de ma circonscription est composée d\u2019autochtones.Ce sont deux groupes qui, traditionnellement, votent peu.» Mais le premier facteur d\u2019abstent ion est le t ravail.Chez le concessionnaire Harley-Davidson, Eric Bergenstein, le propriétaire, m\u2019explique la réalité des choses.«Chaque heure du jour, dans cette ville, le tiers des gens travaille ; le deuxième tiers dort et l\u2019autre tiers a congé.Donc, chaque heure du jour, il n\u2019y a que le tiers des gens dont on peut espérer qu\u2019ils vont faire quelque chose.Comme voter.» Peter, un Néo-Brunswickois d \u2019o r i g i ne , empl oyé de Canadian National Resources, qui vient d\u2019acheter une moto chez Eric Bergenstein, se joint à la conversation : « Ici, un gars comme moi travaille 12 heures par jour.Si tu comptes le temps passé à te préparer le matin, le temps passé dans l\u2019autobus pour aller au plant, tu passes 14, 15 heures à faire des choses liées au travail.Donc, le soir, quand t\u2019arrives à la maison, ce n\u2019est pas évident de te rappeler d\u2019aller voter.» Brian Jean: «Dans d\u2019autres circonscriptions, les gens ont parfois de la difficulté à voter après avoir travaillé huit heures.Imaginez après dix, douze.L\u2019autre problème: après de telles journées, l\u2019idée d\u2019aller se mettre en file, pendant une heure, pour aller voter, rebute bien des gens.» Élections Canada, voyant la par t icula rité de For t McMurray, a décidé d\u2019installer des bureaux de vote par bulletins spéciaux sur les lieux mêmes des camps de travail de la région.Le vote par bulletin spécial est une mesure qui permet aux électeurs de voter pour leur candidat favori, dans leur circonscription de résidence, même s\u2019ils travaillent loin de cette résidence.D\u2019autres lieux isolés, comme le chantier du barrage de La Romaine, sur la Côte-Nord, sont visés par cette mesure spéciale.Est-ce que ce sera suffisant pour que Fort McMurray- Athabasca perde son titre de circonscription canadienne la moins intéressée à exercer son droit de vote ?Pas sûr.Pas sûr du tout.À For t McMur ray, les travailleurs ont métabolisé l \u2019impor tance capitale de l\u2019extraction des sables bitumineux pour leur bonheur personnel.Le travail , ce n\u2019est pas qu\u2019une occupation, ici.C\u2019est un état d\u2019esprit.Le lien qu\u2019ont les travailleurs comme Peter avec la productivité de leur employeur est charnel, tout-puissant et supplante la plupart des autres préoccupations de la vie courante.Je dis à Peter que la loi prévoit que chaque employé a droit à quatre heures, payées par l\u2019employeur, pour exercer son droit de vote.Sa réponse symbolise parfaitement pourquoi une élection n\u2019est qu\u2019un bruit de fond qu\u2019on finit par oublier, à Fort McMurray : «Bien sûr.Mais le pétrole, on le charge dans les camions 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.» Le pire, c\u2019est que Peter fait partie de la minorité qui, le 2 mai, ira voter.Il a toujours voté.Car, dit-il, «voter, c\u2019est ce qui me donne le droit de bitcher ».Peter votera PC.Dans une circonscription où Brian Jean a raflé 60% des voix en 2004, 65% en 2006 et 67% en 2008, Peter fait partie de la majorité, à cet égard.FORT McMURRAY\u2014ATHABASCA Trop occupés pour voter «On compte beaucoup de jeunes personnes, qui ont autour de 30 ans, poursuit Brian Jean.Et 20%de ma circonscription est composée d\u2019autochtones.Ce sont deux groupes qui, traditionnellement, votent peu.» «Chaque heure du jour, dans cette ville, le tiers des gens travaille ; le deuxiéme tiers dort et l\u2019autre tiers a congé.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 9 A V R I L 2 0 1 1 P L U S 5 GRANDE ENTREVUE MATHIEU PERREAULT QComment vous êtes-vous intéressé à cette question?R Le débat sur les gènes et l\u2019environnement dure depuis longtemps.Il a surtout été caractérisé par une opposition entre deux visions: les chercheurs qui considéraient que les gènes expliquent tout, et ceux qui pensent que tout se passe après la naissance.On a tout récemment réalisé qu\u2019il n\u2019y a pas de conflit entre ces deux visions, parce que l\u2019environnement influence le développement des gènes de l\u2019intelligence.QPouvez-vous résumer vos résultats ?R D\u2019autres chercheurs ont montré cette interaction des gènes et du milieu socioéconomique à l\u2019école primaire.Nous sommes les premiers à le montrer dès l\u2019âge de 10 mois.L\u2019effet grandit avec le temps.Nos données pour les enfants de 2 ans montrent que chez les 5%les plus pauvres, l\u2019influence des parents, s\u2019ils parlent à leur enfant, l\u2019encouragent dans ses jeux, explique presque la totalité des variations de développement cognitif.Chez les 5% les plus riches, seulement la moitié de la variation de développement cognitif s\u2019explique par les différences d\u2019investissement parental, le reste dépend des gènes.QLes résultats aux tests cognitifs à 2 ans prédisent-ils la performance scolaire ?R En général, oui.Nous avons suivi ces enfants jusqu\u2019à l\u2019âge de la maternelle, et même si nos analyses ne sont pas encore publiées, je peux vous dire que la relation entre les résultats à l\u2019âge de 2 ans et à la maternelle est très bonne.Les meilleurs à 2 ans sont toujours les meilleurs à 6 ans.QComment le niveau socioéconomique influence-t-il le développement cognitif ?R L\u2019une de nos hypothèses est que les parents n\u2019ont pas seulement une influence directe, mais aussi indirecte.Par exemple, si un enfant est intéressé par un type de jouets, comme un casse-tête, les parents des milieux favorisés auront plus de facilité à lui fournir davantage de ces jouets.Si le parent ne répond pas aux besoins de l\u2019enfant, son développement sera entravé.Ce type d\u2019action indirecte n\u2019est pas bien mesuré par les évaluations de la compétence parentale.C\u2019est ce qui explique que dans les milieux aisés, l\u2019influence parentale semble moins importante.QQu\u2019en est-il des parents riches qui confient leurs enfants à une gardienne (nanny)?R Des études ont montré que chez les familles pauvres, plus les parents travaillent, moins l\u2019enfant est stimulé par ses parents.Dans les familles riches, il n\u2019y a pas de relation entre la stimulation et le travail.Quand ils rentrent à la maison, les parents riches peuvent se consacrer à leurs enfants, parce que les tâches ménagères ont été confiées à des employés.On peut aussi considérer que chez les très riches, avoir une gardienne qui vit à lamaison parce qu\u2019ils travaillent beaucoup est l\u2019équivalent de payer très cher pour avoir une excellente supervision pour ses enfants.C\u2019est l\u2019équivalent d\u2019avoir une très bonne garderie.QLes médias ont rapporté que l\u2019investissement parental a moins d\u2019impact sur le développement cognitif chez les riches que chez les pauvres.Est-ce une distorsion de votre travail ?R Il est exact que dans les milieux plus riches, l\u2019environnement parental joue un rôle moins grand que dans les milieux plus pauvres.L\u2019aisance matérielle permet à ces enfants d\u2019exprimer leurs gènes, qui jouent donc un rôle plus grand dans le développement cognitif.On peut considérer que c\u2019est une preuve que les parents riches portent une attention exagérée à la réussite de leurs enfants, que ceux qui doivent être bons à l\u2019école le seront quel que soit le nombre de tuteurs qu\u2019on engagera.Mais il reste tout de même une influence parentale.Et je trouve beaucoup plus important d\u2019insister sur le fait que dans les milieux pauvres, une intervention auprès des parents, pour qu\u2019ils encadrent mieux le développement cognitif de leurs enfants, a un très grand impact.QVos résultats ont-ils des implications pour le financement des garderies?R Je ne veux pas faire de recommandations spécifiques.Mais j\u2019imagine que ces résultats sont très utiles pour ceux qui veulent augmenter le financement des garderies, particulièrement en milieu défavorisé.QVaut-il mieux pour un enfant pauvre d\u2019aller à la garderie, ou que ses parents reçoivent de l\u2019aide financière ou pédagogique?R J\u2019ai fait d\u2019autres recherches sur l\u2019intervention préscolaire, qui montrent que plus on intervient tôt, plus on a un effet à long terme.Mais il est aussi établi que les interventions auprès des parents des milieux défavorisés peuvent avoir des effets.Il faudrait mesurer l\u2019impact de deux programmes auprès de populations semblables pour voir quelle approche est plus efficace financièrement.QEt pour le financement des universités?Vaut-il mieux avoir des droits de scolarité moins élevés pour aider les étudiants de milieux défavorisés?R D\u2019autres études montrent qu\u2019il vaut mieux investir tôt dans le développement et qu\u2019au collégial, il est très difficile d\u2019avoir un impact.En ce sens, il vaudrait mieux réserver les subventions aux garderies et à l\u2019école primaire, à la limite au secondaire.Mais il est certain que rien n\u2019est impossible à changer.Alors même à l\u2019université, on peut contrer l\u2019effet de la pauvreté.QEst-il possible que les gens pauvres aient plus souvent des mauvais gènes, ou alors que les gens riches aient plus souvent des bons gènes, pour ce qui est de l\u2019intelligence?R C\u2019est une question qui mérite d\u2019être étudiée.Le problème, c\u2019est que plusieurs gènes sont impliqués dans le développement cognitif.Aucun d\u2019entre eux n\u2019a d\u2019effet très marquant à lui seul.Alors, il est très difficile d\u2019analyser la distribution de ces gènes dans la population.QVous écrivez que le volume du cerveau peut prédire les capacités cognitives.Cette hypothèse n\u2019a-t-elle pas été discréditée depuis un siècle?R Les tentatives d\u2019établir ce lien au XIXe siècle ont échoué.Mais depuis 15 ans, des chercheurs ont utilisé l\u2019imagerie médicale pour mesurer des régions très précises du cerveau.Leurs résultats sont assez convaincants.Il semble y avoir une relation modérée entre la taille de différentes régions du cerveau et les résultats aux tests cognitifs.La génétique semble jouer un rôle dans le développement de ces régions.Les mêmes gènes ont été liés à leur taille et aux résultats de certains tests cognitifs.QQu\u2019étudiez-vous en ce moment?R Nous allons essayer de mieux comprendre les mécanismes liant génétique, milieu socioéconomique et développement cognitif.Je m\u2019intéresse aussi au vieillissement cognitif et au développement de la personnalité, toujours par rapport aux gènes et au milieu socioéconomique.ELLIOT TUCKER-DROB LES GÈNES DE L\u2019INTELLIGENCE PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE Elliot Tucker-Drob croit que les résultats de sa plus récente étude militent en faveur de l\u2019augmentation du financement des garderies, particulièrement en milieu défavorisé.Il souligne «qu\u2019une intervention auprès des parents (pauvres), pour qu\u2019ils encadrent mieux le développement cognitif de leurs enfants, a un très grand impact ».PHOTO FOURNIE PAR ELLIOT TUCKER-DROB Les analyses d\u2019Elliott Tucker-Drob, publiées dans la revue Psychological Science, jettent une lumière nouvelle sur la question du financement public des garderies et des universités, notamment.L\u2019impact des revenus sur le développement cognitif est visible dès l\u2019âge de 1 à 2 ans, a constaté le psychologue texan Elliot Tucker-Drob.Ces résultats, obtenus après l\u2019étude de 750 paires de jumeaux, ont fait les manchettes en mars.Mais les médias ont surtout retenu un autre aspect de ses travaux : chez les riches, l\u2019influence des parents sur le développement intellectuel de leurs enfants s\u2019avère limitée.Mathieu Perreault s\u2019est entretenu avec lui.«Dans les milieux plus riches, l\u2019environnement parental joue un rôle moins grand que dans les milieux plus pauvres.L\u2019aisance matérielle permet à ces enfants d\u2019exprimer leurs gènes, qui jouent donc un rôle plus grand dans le développement cognitif.On peut considérer que c\u2019est une preuve que les parents riches portent une attention exagérée à la réussite de leurs enfants.» \u2014 Elliott Tucker-Drob llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 9 A V R I L 2 0 1 1 "]
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