La presse, 23 avril 1980, Cahier A
[" LES SYNDICATS ET LE REFERENDUM Onze résolutions du CTC en faveur de l'autodétermination Non seulement la décision de la Fédération des travailleurs du Québec de se prononcer pour le «oui» au référendum ne provoquera pas contre elle l'ani-mosité des syndiqués des autres provinces, du moins officiellement, mais, au contraire, pas moins de 11 résolutions présentées aux assises du Congrès du travail du Canada, !a grande PIERRE VENNAT centrale syndicale pan-canadienne qui compte plus d'un million de membres, sont en faveur du droit du Québec à l'autodétermination; aucune ne s'y oppose formellement.Le congrès du CTC doit débuter le 5 mai dans la capitale manitobaine, Winnipeg, et durer une semaine.Le Conseil du travail de Régi- US GRAND QUOTIDIEN FRANÇÂJS D'AMÉRIQU na, par exemple, note que la po-) sition du gouvernement Trudeau, et des gouvernements fédéraux précédents, selon laquelle le peuple québécois n'a pas le droit, de déterminer lui-même son» avenir, laisse présager une intensification prochaine des attaques contre le Québec et déplore que même si de nombreux affi-liés au Congrès du travail du., Canada ont exprimé leur appui/j \u2014 voir CTC en page A 4 SHUTT:3BUTS Canadien redevient invincible! Steve Shutt a pris la relève hier pour compter trois buts et mener le Canadien à une troisième victoire consécutive sur les North Stars du Minnesota.Malgré l'absence de plusieurs de ses vedettes, le Canadien semble en voie de mettre fin à la série quart de finale jeudi au Minnesota.pages £ ] et E 5 MONTRÉAL, MERCREDI 23 AVRIL 1980, 96e ANNÉE, no 96, 140 PAGES, 1 1 CAHIERS 25 CENTS ABONNEMENT.LUNDI AU SAMEDI M .75 LE DRAME DU LAC D'ARGENT USURE INQUIÉTANTE DES FREINS ¦ Tout le système de freinage montrait des signes inquiétants d'usure.L'autobus qui a plongé dans le lac d'Argent, au mois d'août 1978, nécessitait des réparations même si dans l'ensemble, il était en bon état.C'est du moins l'opinion exprimée hier par M.Edouard St-Gelais, un expert du ministère des Transports qui témoignait à la cinquième journée du procès de M.Gilles Bolduc, accusé de négligence criminelle dans cette affaire.page A 3 LES PREMIERS MINISTRES DE L'OUEST statu LETHBRÏDGE, Alberta \u2014 Les quatre premiers ministres de l'Ouest du pays rejettent le concept de la souveraineté-association et refusent, adve- RHÉAL BERCIER envoyé spécial de LA PRESSE nant un Oui à l'occasion du référendum du 20 mai, d'en négocier les modalités.Cette prise de position est toutefois assortie à leur volonté de travailler à un fédéralisme renouvelé.«Pour nous, le statu quo constitutionnel est inacceptable.» Dans leur communiqué émis à la fin de la première journée de leur rencontre annuelle, les premiers ministres Sterling Lyon, du Manitoba; Bill Bennett, de la Colombie-Britannique; Allan Blakeney, de la Saskatchewan; et Peter Lougheed, \u2014voir OUEST en page A 4 > ÉHFEO CONSTRUCTION LA CRISE SYNDICALE par Vincent PRINCE page A 6 LE FRANÇAIS < Yalden blâme le «pharïsaïsme» des Canadiens non-Québécois Pont maritime Cuba-Floride Cuba a autorisé hier l'ouverture d'un véritable pont maritime organisé par la communauté cubaine de Floride et près de 500 dissidents ont déjà été évacués vers Miami.La demande costaricaine de réouverture du pont aérien fait entretemps l'objet de négociations entre les deux capitales.page H 1 Première promenade à Miami pour les réfugiés cubains arrivés par bateau.s- \"\u2022M W: page D 14 à, 7Ai Mentis 2APPE-1&L 1iô* d?ve mou \u2022 y goui/e&uemvrA ere .y A imita g.; |l m Hum / y] ana ne sera pas à Moscou mais encouragera d'autres compétitions Le ministe des Affaires étrangères, Mark MacGuigan, et le ministre d'État aux Sports, Gerald Regan.à J ¦\u2022 ¦m page A 4 Montréal n'a plus de dauphins; Pierrot, Kim et Carole transportés en Floride Montréal n'a plus de dauphins.Les trois survivants de la grève des cols bleus \u2014 Pierrot, Kim et Carole \u2014 sont en effet transportés en Floride aujourd'hui, où ils séjourneront au moins 18 mois dans les eaux d'où ils viennent, afin de se refaire une santé.A cette occasion, Georges Lamon et Gilles Normand entreprennent aujourd'hui une série d'articles, qui se poursuivra demain et vendredi sur le fonctionnement de l'Aquarium de Montréal.page A 16 y SOMMAIRE Annonces classées: FI à F 8, G 1 à G 7 Arts et spectacles \u2014 Informations: B 1 à B 5 \u2014 Horaires: B 3 Bandes dessinées: J 6 Carrières et professions: E 1 3 à E 1 8 Décès, naissances, etc.: G 8 Economie: C 1 à C 5 Etes-vous observateur?: F 7 FEUILLETON \u2014 Holocauste: F 3 Horoscope: J 6 Le bridge: I 7 Le monde: H 1 à H 3 Médecine d'aujourd'hui: D 2 Mots croisés: J 6 Quoi faire aujourd'hui: B 3 Radio et télévision: B 3 Sciences: cahier I Sports: E 1 à E 1 2 Tribune libre: A 8, A 9 Vivre aujourd'hui: D 1 à D 8 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 23 AVRIL 1980 \u2022 A3 'm 'ft Une décision aberrante pour le Parc industriel de Mirabel .I Le gouvernement du Qué-bec s'inquiète, à juste titre faut-il le dire, des retombées économiques du chasseur F-18 en sol québécois, parce que le Québec occupe le premier rang dans le domaine de l'industrie de l'aéronautique et qu'il dont le conserver.Le gouvernement du Québec fait aussi pression, et on ne saurait l'en blâmer, auprès du gouvernement fédéral pour que ce dernier relance au plus tôt la phase II de l'aéroport international de Mirabel afin que cet investissement de plus de $350 millions soit utilisé à son maximum.Mais pendant que, d'une part, le gouvernement pose ces gestes par ailleurs louables, il fait tout, d'autre part, pour stopper le développement de l'aéroport de Mirabel et de son parc industriel et il s'engage sur une voie d'affrontement avec le gouvernement fédéral dont l'aéroport fera évidemment les frais.Le dernier incident concerne la Commission des terres agricoles.En considérant comme terre agricoles les 12,000 acres de terrain de la zone de la phase de développement ultime de l'aéroport et 86 pour cent des terrains consentis au Parc industriel et commercial de l'aéroport de Mirabel (Pica-Mirabel), la commission freine le développement à long terme de l'aéroport et risque fort d'étrangler l'embryon de parc industriel.Dans le cas du territoire aéroportuaire, la situation n'est pas catastrophique pour le moment.Cette zone ne sera requise qu'au milieu des années 90, et à la condition que la phase II ait atteint le succès prévu à partir de 1985.En revanche-, pour la société Pica-Mirabel, c'est un coup de jarnac, un désavoeu de sa capacité de s'autodiscipliner et c'est la fin d'un beau rêve.Aucun espoir pour le Pica Au Pica, la situation se complique de plusieurs façons.Conformément à la loi provinciale qui créait la société en 1975, Pica-Mirabel obtenait l'assurance de compter avec un territoire de 2,390 acres, donc amplement vaste pour un parc industriel.Formant une enclave dans le territoire de 90,000 acres exproprié par le gouvernement fédéral, les 2,390 acres de terrain sont de propriété fédérale, mais le gouvernement estime (une belle lutte juridique à prévoir.) qu'il peut en déterminer le «contenu».D'où l'intervention de la Commission des terres agricoles.La société Pica-Mirabel appartient à 60 pour cent au gouvernement provincial, et à 40 pour cent au gouvernement fédéral.Donc, le gouvernement provincial y détient les rênes du pouvoir et aurait logiquement dû le privilégier.Or, en zonant comme terres agricoles 2,055 des 2,S30 acres disponibles, la Commission des terres agricoles rend impossible tout projet de développement rationnel et condamne le parc à une mort lente.En effet, sur le plan pratique, un parc industriel de 335 acres ne peut intéresser les industriels.Ces derniers s'installeront ailleurs plutôt que de risquer de se retrouver à l'étroit à court terme.D'ailleurs, l'ambition des administrateurs du parc visait à convaincre les dirigeants de la future usine de pales de moteurs d'avion, promise au Québec dans le cadre du programme de retombées économiques du F-18, à s'installer à Pica-Mirabel.Un tel projet, croyait-il, allait être le départ de toute une série d'investissements dans le domaine de la haute technologie de l'aéronautique.Pica-Mirabel peut en faire son deuil et le gouvernement du Québec n'aura que lui-même à blâmer s'il perd cette usine à l'Ontario.Toujours sur le plan pratique, Pica-Mirabel peut également faire son deuil de son projet d'acheter ces 2,390 acres de terrain du gouvernement fédéral, afin de pouvoir les revendre aux investisseurs plutôt que de procéder par voie de bail emphythéo-tique.Le gouvernement fédéral était prêt à vendre ces terrains à la société Pica-Mirabel, mais à la condition expresse qu'ils ne soient pas zones agricoles.Il est bien évident qu'il n'en est maintenant plus question! Sans terrains dont il est propriétaire, sans territoire suffisamment vaste, sans réseau routier acceptable, sans l'appui avoué du partenaire majoritaire (le gouvernement du Québec) de créer à Mirabel un centre international aéronautique, il est bien évident que Pica-Mirabel n'a plus sa raison d'être et qu'il vaut mieux oublier les $6.3 millions qu'on y a investis.Une offre raisonnable Le pire, c'est que la situation n'en serait pas là si la Commission des terres agricoles avait témoigné le moindrement de confiance envers l'administration de Pica-Mirabel.En demandant un zonage industriel pour l'ensemble des 2,390 acres, Pica-Mirabel avait pris soin de préciser qu'elle éviterait de procéder de manière sauvage, et que les meilleures terres agricoles du territoire ne seraient utilisées qu'en tout dernier ressort.La commission a refusé.C'est son droit.Chose certaine, elle a du même coup signifié la mort de Pica-Mirabel.et elle menace d'étranglement l'aéroport lui-même.Par cette décision d'un organisme paragouvernemental, le gouvernement du Québec démontre qu'il a choisi l'affrontement avec le gouvernement fédéral tout en acceptant de facto de freiner le développement de l'aéroport de Mirabel, alros qu'il demande justement le contraire à grands cris.TRAGEDIE D'EASTMAN Le système de freinage de l'autobus montrait des signes inquiétants d'usure, dit l'expert St-Gelais m GRANBY \u2014 Tout le systè-me de freinage montrait des signes inquiétants d'usure.L'autobus qui a plongé dans le lac d'Argent, au mois d'août 1978, nécessitait des réparations à ce chapitre même si dans l'ensemble, il était en bon état.ANDRÉ PEPIN_ C'est du moins l'opinion exprimée hier par M.Edouard St-Gelais, un expert du ministère des Transports qui témoignait à la cinquième journée du procès de M.Gilles Bolduc, accusé de négligence criminelle dans cette affaire.Présentant un dossier fort étoffé, M.St-Gelais a expliqué à la Cour qu'il avait procédé à l'examen complet de l'autobus impliqué, deux jours après la tragédie; cet expert était spécialement mandaté par le gouvernement du Québec pour suivre ce dossier de très près.Chacune des parties de l'autobus a donc été minutieusement inspectée par M.Saint-Gelais qui était accompagné, à ce moment-là, d'un technicien et d'agents de la Sûreté du Québec.L'aspect général du véhicule, à l'exception du bris de certaines fenêtres causé par l'accident, ne présentait aucune anomalie; les pneus étaient pratiquement neufs, de même que le moteur qui avait été refait.L'inspection a permis à M.St-Gelais de constater d'autre part l'usure excessive du système de freinage dans son ensemble; l'accident comme tel a d'ailleurs été provoqué par le bris du mécanisme servant à freiner la roue arrière gauche.' De plus, l'inspection a révélé que le mécanisme du frein manuel avait été retiré du véhicule avant l'accident parce qu'il était, défectueux.Hier, durant plus d'une heure, le témoin a expliqué aux membres du jury au tribunal, à l'aide d'une imposante pièce neuve, les points d'usure remarqués lors de l'expertise.Selon lui, le véhicule ne pouvait plus freiner, des fuites d'air vidant littéralement le réservoir d'air installés sur ce genre de véhicule, réservoirs qui servent à approvisionner tout le système de freinage et de suspension.Les trois autres roues dé l'autobus auraient dû aussi être réparées, a soutenu M.Saint-Gelais, à la fin de son témoignage.Sur route Interrogé par la suite par la défense, le témoin a admis avoir effectué ses expertises en l'absence de l'accusé.Il a aussi déclaré que des essais sur route ont été effectués à Sainte-Cécile-de-Milton où était entreposé l'autobus, de même qu'une descente dans la côte du lac d'Argent; l'autobus avait alors été réparé et chargé d'un poids identique à celui qu'il transportait la nuit du drame.M.St-Gelais a de plus admis que d'autres experts, mandatés par son ministère, ont déploré le fait que certaines des expertises ont été réalisées sans que toute l'équipe soit présente.Le témoin, aux questions de l'avocat de la défense, a souligné qu'il était difficile pour son ministère d'inspecter tous les véhicules en service sur le territoire québécois, une vingtaine de techniciens seulement assurent cette surveillance.M.St-Gelais a été le seul témoin important entendu hier par le tribunal.Aujourd'hui, la Cou- ronne doit entendre des ingénieurs de plusieurs universités qui viendront analyser la nature du bris qui a causé cette terrible tragédie, dans laquelle 40 personnes ont trouvé la mort, la défense, de son côté, fera entendre un ingénieur en mécanique de l'Université de Sherbrooke, dès que la Couronne aura terminé sa preuve.Le procès de Gilles Bolduc, ' » \u2022\u2022 m ¦\u2022BMMfTTlweft.UPmûRR.S^ il pius i;ra*q nom oan>u ^mainj ois wiaiis i i m s» wis NE PAS CONFONDRE AVEC LES IMITATEURS Anciennement sur Cofe-de-l/'es w.Maintencnt à un seul endroit.9168, boul.Saint-Laurent 3 rues au nord du boul.Métropolitain 4ÊK -\" ESTIMATION GRATUITE 382-6811 SOIRS.Uft »t 1ki * imam» 737-1960 aussi AUVENTS ET STORES VÉNITIENS Vote de grève des médecins résidents et internes QUEBEC (PC) \u2014 Réunis en assemblées générales à Sherbrooke, Montréal et Québec, les étudiants des facultés de médecine francophones de ces trois villes ont voté lundi pour un débrayage général illimité, et ce, à compter de lundi matin le 28 avril.Les médecins résidents et internes francophones et anglophones de la province se sont prononcés pour des modalités de grève différentes, dans le but de débloquer les négociations avec la partie patronale représentée par l'Association des hôpitaux du Québec.Ceux de McGill amorceront pour leur part, à compter de jeudi, une série de grèves d'une journée qui frapperont successivement les centres hospitaliers anglophones de la métropole.D'ici le déclenchement de ces moyens de pression, les résidents et les internes continueront à s'abstenir d'effectuer des périodes de garde dans les hôpitaux, se limitant à une présence quotidienne rémunérée représentant un minimum de 35 heures par semaine.Les médecins-étudiants, membres de la Fédération des médecins résidents et internes du Québec (FMRIQ), sont sans contrat de travail depis le 30 juin 1979.La Commission de police ne peut tenir de préenquêtes Si la loi permet à la Commission de police du Québec de tenir des enquêtes publiques (dont certaines parties peuvent toutefois se dérouler à huis clos), il ne lui est par ailleurs pas loisible de tenir de «préenquêtes».C'est ce que viennent de décider les juges Turgeon, Monet et L'Heureux-Dubé, de la Cour d'appel, qui donnent ainsi raison à deux agents de la Sûreté du Québec à Hull, MM.Claude Séguin et Robert Gubé, qui avaient été appelés par subpoena à déposer eux-mêmes, au cours d'une telle procédure devant porter sur un incident concernant M.Denis Lamarche, un résidant de l'Outaouais.Devant la Cour d'appel, les deux policiers avaient soutenu qu'il s'agissait, de la part de la Commission, d'un excès de juridiction, la loi qui la constitue ne l'autorisant pas à contraindre les intimés à se présenter devant eux dans de telles conditions.Les trois juges du plus haut tribunal québécois soulignent que dans notre système judiciaire les mots «enquête» et «préenquête» ne sont pas utilisés indifféremment et que la dernière procédure joue notamment un rôle particulier.D'ailleurs, rappellent-ils, les règles de Tune diffèrent de celles de l'autre, et de la même façon que la loi permet à un coroner de tenir une enquête, on ne saurait du même coup lui permettre de tenir des préenquêtes.nent jamais leur taille normale, je crains qu'ils restent étriqués toute leur vie.Je les ai rencontrés à Quito dans un restaurant, je leur ai payé la bière et ils ont trouvé le moyen de gueuler parce que je laissais un trop gros pourboire: ils étaient déjà en train de se reconditionner pour leur prochaine expédition, dans deux ans, chez les hommes-crabes de Bornéo ou dans le désert de Gobie.Aventure pour aventure, je trouve plus sympathique celle des pepsi bleu-poudre à médaille qui ont au moins la folie d'emprunter pour aller à Miami Beach.Ils ne font pas d'économies eux! Aventure pour aventure, je préfère celle du coin de la rue.Sûrement la plus authentique, en tout cas la seule qui demande de l'imagination.Au coin de la rue pas très loin de chez moi justement, un gars que je connais est en train de construire un voilier de 30 pieds de long.Depuis quatre mois il passe ses journées dans le garage qu'il a loué.Il rabote, il cloue, il visse, il colle, et il siffle parce qu'il est content.Pour payer le bois et les clous, deux soirs par semaine, il travaille comme waiter dans un bar.Le gars dont je vous parle a une trentaine d'années, pas marié, pas d'enfants, pas de carrière, pas d'auto, pas de mai son dans le Nord, pas de télévision couleur, pas de passé très précis et un avenir plutôt vague.Tout ce qu'il a, c'est un bateau.Très beau.C'est un «Sharpie», voilier à fond plat que les marins américains utilisaient pour la pêche aux huîtres, il y a bien longtemps.Non, il n'a pas l'intention de traverser l'Atlantique avec son bateau.Non, il ne veut pas non plus cingler vers les îles Galapagos, ni aller pêcher le requin rose dans le golf persique.Le plus loin qu'il pense aller, c'est jusqu'aux Grands lacs et de là descendre le Mississipi jusqu'à son embouchure.Mais ce n'est pas pour cette année.Son aventure à lui n'est pas une performance, ni un exploit.Il va passer l'été à côté, dans les îles de Sorel.Autant dire le coin de la rue.Il n'en est pas a son premier bateau, ni à son premier été.L'aventure?Ça fait déjà un moment que c'est son quotidien.Et ça n'a pas l'air d'être trop fatiguant.Ecoutez-le: \u2014Un après-midi qu'il fait beau, tu te laisses dériver dans les joncs.T'allumes une cigarette.Et tu regardes passer les petits canards.L'aventure c'est quand tu as tout l'été devant toi.Hausse des alcools: sursis jusqu'à lundi Malgré la surtaxe fédérale le prix des vins et spiritueux au Québec ne sera pas augmenté avant lundi.» Même si l'exposé budgétaire surprise du ministre des Finances prévoyait que la nouvelle taxe sur les alcools entrait en vigueur hier, la Société des Alcools du Québec ne modifiera pas le prix de ses produits avant lundi prochain, 28 avril 1980.On sait que la SAQ avait déjà annoncé un ajustement du prix de ses produits d'environ 9%, devant entrer au vigueur le 28 avril.A ces nouveaux prix, viendra s'ajouter la surtaxe fédérale qui variera d'une catégorie de produits à l'autre et dont les détails n'ont pas encore été communiqués à la SAQ par le gouvernement fédéral.Entre-temps, la Société des Alcools du Québec absorbera cette nouvelle taxe afin de laisser aux consommateurs québécois quelques jours additionnels pour faire leurs provisions avant la hausse.LONGU SUXT-MAK.) MANOIR POUR RETRAITÉS PHASE 2 PHASE 1 Le Saint-Malo vous offre plus pour votre argent.Il est situé à Longueuil tout près du métro donnant vue sur le St-Laurent et Montréal.SMNI^MAIO 390, rue Bord de l'F.au Longueuil (Québec) .1411 3Z4 (514)651-0290 Ouvert 7 {ours par semaine VENEZ COMPARER Nos prix incluent les item suivants: \u2022 Suites spacieuses 1 xh \u2022 2*h \u2022 Trois (3) repas par jour servis à la salle à manger (vin inclus au souper); \u2022 Entretien ménager tous les jours; \u2022 Drops et serviettes fournis et entrenus par la maison \u2022 Soins infirmiers d'urgence jcmr et nuit; Bain tourbillon,-Service religieux; Programme de loisirs et d'activités; » Service d'intercom 24 heures par jour; Sonnerie d'urgence.-Chauffage électricité et air climatisé; Câble de télévision; Détecteurs thermiques; \u2022 Service de sécurité; \u2022 De très grandes pièces,- \u2022 Toutes les taxes; \u2022 Grand terrain aménagé incluant potager; » Réceptionniste à l'entrée 24 heures par jour; 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I information MARCEL ADAM éditorialiste en chef II I.¦ La crise syndicale dans la construction Mon confrère Pierre Vennat signale, ailleurs dans ce journal, qu'une grave crise secoue présentement le Congrès du travail du Canada (CTC) et, par ricochet, ses affiliées provinciales, dont la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).Quelle est la cause de cette crise?Des travailleurs canadiens de la construction exigent le droit de ne pas obéir nécessairement aux diktats des leaders syndicaux américains.Or, le Building Trades Council de Washington ne l'entend pas de la sorte.Il a décidé, depuis le 1er avril, de ne plus verser au CTC la part de la cotisation de ses membres qui revient normalement à ce dernier.Le problème se pose avec une acuité particulière au Québec.L'affilié québécois du Building Trades Council est le Conseil provincial des métiers de la construction qu'on a pris l'habitude de désigner sous le nom familier de FTQ-construction.Conformément à la directive de Washington, il a cessé de verser quelque cotisation que ce soit à la grande centrale canadienne.La FTQ a réagi vivement.Elle a estimé qu'elle ne pouvait endurer pareille humiliation et elle a récemment provoqué la création d'un organisme parallèle qu'elle a baptisé du nom de «Conseil du Québec des métiers de la construction».Cet organisme parallèle a pu être constitué à partir de syndicats de métier qui avaient déjà répudié l'internationale américaine.Avec le résultat qu'on se retrouve aujourd'hui avec deux groupes de syndicats qui se réclament de la FTQ et dont le plus important, à ce qu'on dit, est l'organisme parallèle.Malheureusement pour ce dernier, c'est le groupe rival dirigé par MM.Guy Dumoulin et Maurice Pouliot qui, en vertu de la Loi sur la négociation dans le secteur de la construction, est seul habilité à représenter les travailleurs de la construction auprès de la partie patronale, soit l'Association des entrepreneurs en construction du Québec.Et on apprenait hier que le ministre du Travail, M.Pierre-Marc Johnson, n'entendait pas modifier cette loi.La décision du ministre s'explique probablement par le fait que l'on espère toujours, à la haute direction de la FTQ, destituer complètement le groupe Dumoulin-Pouliot et substituer à sa place celui qui dirige l'organisme parallèle.À ce moment-là, tout reviendrait à la normale et il n'y aurait plus qu'une seule voix, comme par le passé, pour parler au nom de l'ensemble des travailleurs de la construction.On pourrait retourner à la désignation prévue à la loi et le tour serait joué.Mais, en attendant, cet imbroglio retarde indûment le règle- ment du conflit de la construction qui dure, chez nous, depuis de nombreux mois.Pareille situation est extrêmement malsaine.Pourtant, ce n'est là qu'un effet immédiat et local de la crise qui secoue les rangs du syndicalisme canadien face à ses rapports avec les maisons mères américaines dans le secteur de la construction.Plusieurs syndicats de métier dans d'autres provinces ressentent le même malaise.Celui-ci ne saurait se résorber vraiment et pour de bon que lorsque l'on aura trouvé un « modus vivendi» qui satisfasse la grande majorité de nos travailleurs.A cet égard, plusieurs voies devront être explorées.Mais, on peut présumer qu'un grand nombre de ceux qui oeuvrent dans la construction rechercheront d'abord une solution de compromis permettant de sauvegarder le caractère internatio- nal de leurs syndicats.Il y a, en effet, des avantages certains à être affilié à des «unions» internationales: facilités de placement sur un plus grand territoire, fonds de pension, secours de grève, etc.Si ces avantages peuvent être préservés à un prix raisonnable, il ne fait pas de doute qu'on voudra les maintenir.Mais ce prix, pour être raisonnable, devra être compatible avec une large dose d'autonomie pour nos syndicats.Ceux-ci ne sauraient accepter d'être traités comme des mineurs dont on peut répudier les décisions et qui doivent copier tout ce qui se fait aux États-Unis.Sauf erreur, on a trouvé dans le monde de la métallurgie une formule qui n'empêche pas les affiliés canadiens de mener leur barque à peu près à leur gré.Pourquoi cela ne pourrait-il pas se réaliser dans le secteur de la construction?Si les «unions» internationales ne veulent pas démordre de leurs privilèges, il faudra par contre ne pas hésiter à les remplacer par des regroupements exclusivement canadiens, même au risque de s'affaiblir quelque peu au plan de la négociation.Cette voie, d'ailleurs, pourrait même être indiquée, quelle que soit la tournure des discussions avec les centrales américaines.D'autre part, si Ton en vient à cette conclusion, il importera que les organismes pancana-diens tirent les leçons qui s'imposent du comportement des maisons mères américaines à leur endroit pour ne pas l'infliger à leur tour, le cas échéant, à leurs affiliés québécois.C'est un cas où la coopération doit pouvoir se faire dans le respect des particularités locales ou régionales.VINCENT PRINCE I u ¦ r ¦ t i i c I» » I \u2022 Le maire Drapeau dit pourquoi il s'abstient de prendre parti Communication du maire Jean prapeau, chef du Parti Civique i O a tif pour, dans un premier temps, réorganiser et refinancer le parti, ce qui permettrait de verser un salaire convenable au chef et défrayer ses frais de déplacement.Les militants, à quelques exceptions près, ne peuvent en effet reprocher à M.Roy d'avoir coulé le mouvement politique cré-ditiste.Il a pris ce parti laissé à la dérive à la suite des décès successifs de MM.Réal Caouette et André Fortin.Si effectivement M.Roy quitte la direction du Parti créditis- te, il dit ne pas avoir envisagé la possibilité de faire un retour éventuel sur la scène politique provinciale, bien qu'il se soft déjà prononcé en faveur du «OUÏ» au référendum.Il précise à ce sujet que les militants créditistes sont tout à faire libres de choisir l'option qui leur convient lors de cette consultation et qu'il n'y a pas de ligne de parti.M.Roy avait quitté son siège de Beauce-Sud à l'Assemblée nationale pour prendre la direction du Parti créditiste fédéral le 30 mars 1979.Il avait été élu comme député de Beauce et cinq vieux créditistes de la première heure avaient aussi réussi à résister à cette pre* mière marée libérale du 22 mai.La véritable débâcle s'est produite le 18 février alors que tous les créditistes ont été battus.M.Roy devait cependant se présenter à nouveau dans Fronted nac lors de l'élection complémentaire du 24 mars, rendue nécessaire à la suite du décès du candidat créditiste à quelques jours du scrutin génér ral.Défait là aussi, il avait cependant réduit la majorité du, libéral Leopold Corri: veau de 2,000 voix et ce malgré le fait que pas moins de dix anciens ministres et* plusieurs députés libéraux soient venus à son secours au cours de la campagne.fiducie populaire pour votre intérêt! prêt hypothécaire Pour un prêt hypothécaire sur une propriété résidentielle, commerciale ou industrielle, 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A son premier discours, elle a admis que le Canada avait beaucoup de torts envers le Québec mais qu'il avait aussi de grandes richesses, que c'était une terre de liberté.A son second discours, elle a commenté le climat dans lequel m* déroulait le débat à l'Assem-blee pour déclarer que cela augurait bien du genre de société que nous aurions si les Québécois votaient oui.Entendre, par là, que ce ne serait pas rose.Quand on rapproche ces discours des placards publicitaires de «le Canada j'y suis j'y reste pour ma liberté» et «le Canada j'y suis j'y reste pour ma sécurité», on voit que le propos de Mme Rolland n'a qu'un sens: les Québécois, laissés a eux-mêmes, ce n'est pas très joli.Et quand elle ajoute que c'est avec un peu de tristesse qu'elle votera, on la comprend.Ce n'est pas très gai d'admettre qu'on a à ce point peu confiance en ses compatriotes qu'on ne voudrait surtout pas se retrouver seule avec eux sur la planète! (.) Plusieurs de ceux qui voteront non se méfient des Québécois et particulièrement des francophones du Québec.Ils se méfient d'eux-mêmes pour renvoyer toute leur force, toute leur foi sur tous ces «Anglais» qui font l'équilibre de notre beau grand pays.Oh, bien sûr, il y a eu les mesures de guerre.Peut-être a-t-on été un peu rapide sur l'emprisonnement préventifs, mais c'était la faute au F.L.Q.Bien sûr, il y a les agissements illégaux de la G.R.C.; c'est malheureux, mais c'était pour la bonne cause.(.) Ça ne me dit rien pour ma part de dénigrer le Canada, de lui chercher des puces.Sauf que je suis Québécois.Je ne crois pas que les Québécois soient meilleurs que les autres mais je me refuse à penser que laissés à eux-mêmes ils vont sombrer dans l'intolérance, dans la guerre civile; ça m'agace d'entendre dire que seule la diversité canadienne peut assurer notre liberté.Nos ancêtres sont arrivés ici il y a plus de 350 ans.Leurs efforts ont toujours été dans le sens d'une plus grande autonomie, dans le sens d'un pays qui soit un peu à leur image, un peu à la mesure de leurs aspirations.Ce pays, c'est le Québec et je me vois mal voter non à une question qui nous propose de négocier une entente qui concrétiserait davantage ce pays que nous voulons depuis tant de siècles (.) \" Michel R.DENIS/ avocat Boucherville Les tenants du non ont des vues bien étroites Je ne peux m'empècher de dénoncer plusieurs affirmations contenues dans le Manifeste des Québécois pour le non.A propos du système fédéral, on y lit: «Aucun autre système de gouvernement ne serait concevable pour le Canada».Voilà une déclaration qui en dit long sur l'aptitude à l'ouverture des tenants du non et leur capacité à envisager des changements réels.Propagande qui fait bon ménage avec celle de la sinistre Fondation Pro-Canada qui peut se payer à la pelle des placards dans le* journaux clamant «De toute façon, c'est non».En tout cas, si aucun autre système de gouvernement n'était concevable pour le Canada, d'autres le sont pour le Québec.On peut y lire aussi que «un oui signifierait l'abandon de tous les avantages et défis que représente pour le Québec l'appartenance à l'ensemble économique et politique canadien».Eh bien, notre appartenance à cet ensemble nous permet de «jouir de l'avantage» d'être en permanence en position minoritaire et de faiblesse face à notre partenaire, de celui de supporter un taux de chômage plus élevé que la moyenne canadienne et de celui de devoir nous priver d'importants leviers pourtant nécessaires à notre épanouissement.Voilà les «avantages» que Claude Ryan et les tenants du non nous exhortent à ne pas abandonner! Ça revient à nous demander d'accepter de porter un masochiste cilice! Dans un souffle missionnaire ou messianique, les tenants du non s'inquiètent du sort des Canadiens anglais: «Si le Québec décidait de devenir un Etat souverain, on ne sait même pas ce qu'il resterait du Canada actuel».Autrement dit, sans nous les pauvres Canadiens ne peuvent rien! Peu flatteur vous en conviendrez.Qu'ils mettent donc leurs inquiétudes du côté des Québécois puisque ce sont eux qui ont eu à subir les injustices! Les tenants du non ont même le front d'affirmer que dans le régime actuel, les Québécois jouissent de l'égalité: «A cette égalité artificielle et fragile, nous préférons l'égalité plus sûre et plus solide que procure déjà et que peut procurer encore davantage à l'avenir, la fédération canadienne».Drôle d'égalité à la Chambre des Communes, 75 députés du Québec face à 282 députés du Canada anglais! Par de grossières insinuations, on laisse entendre que les libertés seraient limitées dans un Québec souverain et associé comme le «J'y suis j'y reste» de Pro-Canada.On laisse entendre que grâce à l'encadrement par les Canadiens anglais les Québécois ne peuvent suivre leurs instincts anti-démocratiques! Noël LAFLAMME Montréal Les «Anglais» ont changé Voici le cri du coeur d'un Canadien qui aime son pays.C'est bien possible que beaucoup de Québécois contemplent sérieusement la sécession du Québec parce qu'ils possèdent une compréhension du reste du Canada qui est démodée et, par conséquent, fausse.Peut-être ne sont-ils pas conscients du fait que.tout comme la société du Québec a changé radicalement depuis 20 ou 30 ans, la société des autres provinces (et des Territoires) a subi un changement important en même temps.Une partie du changement dans le reste du Canada est due précisément à une appréciation croissante des anglophones du rôle de leurs compatriotes francophones dans notre vie nationale, et une reconnaissance croissante que notre vie nationale peut être enrichie au moyen de meilleures communications entre les communautés anglophone et francophone.Par exemple: \u2014l'établissement, à l'insistance de milliers.de parents partout dans le pays, de cours d'immersion française dans des écoles primaires; \u2014l'amélioration notable des méthodes d'enseignement de la langue française dans les écoles et les universités du Canada anglais; \u2014le nombre croissant de politiciens fédéraux et provinciaux, de fonctionnaires, de juges, de savants, et de gens d'affaires qui sont devenus, délibérément et au prix d'un grand effort, bilingues; \u2014l'usage croissant des interprétations simultanées pour les réunions des organisations nationales et commerciales, etc.(.) Nous sommes en train de transformer la société du Canada anglais.En même temps nous contrecarrons l'influence culturelle des Etats-Unis, de manière à créer quelque chose qui soit uniquement canadien.Je répète que les changements que j'ai mentionnés ont eu lieu en grande partie à cause du Québec, à cause du fait français.Des millions de Canadiens anglophones seront infiniment tristes si, au moment historique où ils offrent à leurs compatriotes francophones la main d'amitié et de sympathie, la population du Québec décide de se séparer du Canada.Les séparatistes (.) sous-es-timent l'impact sur les émotions de la population du reste du Canada d'une sécession du Québec, d'une rupture de l'intégrité physique du pays, de l'interposition d'un pays étranger entre les provinces de l'Atlantique et l'Ontario.Je suis certain que des millions de Canadiens regarderaient un tel événement avec beaucoup de regret, beaucoup de tristesse \u2014 et avec colère- Advenant la sécession du Québec il y aurait sans doute des négociations visant des accords sur une variété de matières \u2014 les transports ferroviaires et routiers, la Voie maritime, les pensions des fonctionnaires fédéraux, les limites maritimes, la dette nationale, les relations commerciales, et beaucoup d'autres.Que personne n'imagine qu'elles auraient lieu dans une atmosphère de sérénité! On ne doit pas imaginer que le reste du Canada accepterait un arrangement institutionnel sous lequel nous devrions consulter un Québec séparé sur les détails de notre politique financière et économique.Pour que le Québec soit souverain, nous devrions limiter notre souveraineté! Si le Québec se sépare, l'attitude du reste du Canada sera: que le Québec se tire seul d'affaire! (Let Quebec paddle her own canoe!) Les Québécois, suivant leur tradition intellectuelle, possè- ffVRAC Le oui de la rupture dent la réputation d'être logl-j ques.Le gouvernement du Part?québécois demande un mandat; de négocier sur une base que les** interlocuteurs possibles rejet-! tent fermement.Il propose une; association dans laquelle le Ca-v nada et le Québec seraient associés égaux.En cas de désac-î cord, le Québec accepterait-il laj volonté de l'associé plus< populeux?Si oui, que vaudralti; l'indépendance?Imagine-t-on! que le Canada céderait à un; Québec indépendant?Moi,;, comme simple Anglo-Saxon», pragmatique, je ne comprends! pas la logique de la souveraine-! té-association.Il y a, de la part de beaucoupi de Canadiens résidant partout! dans le pays, un désir dè change-! merits constitutionnels, pour un! fédéralisme renouvelé.Des mil-»: lions de Canadiens désirent que! leurs leaders s'engagent dans!* des discussions significatives.J.Ils nourrissent l'espoir que la»; population du Québec s'y joindra! afin d'élaborer une constitution! sous laquelle les deux commu-J nautés linguistiques pourront; vivre ensemble en harmonie, etî offrir au reste du monde un!, exemple de conduite civilisée, j» Benjamin ROGERS; OttawaJ -Il ««Le faute des Anglais»» Un vote oui au référendum c'est la première étape vers la rupture de la Confédération et l'accession du Québec à l'indépendance.Les péquistes tentent de faire croire à la population qu'un vote affirmatif facilitera le déblocage des négociations constitutionnelles.C'est une fausseté(.) Ce qu'ils veulent, c'est la dislo cation du Canada rien d'autre (.) Le ministre Claude Morin l'a dit clairement, il y a quelques semaines.Nous voulons récupérer d'Ottawa tous les pouvoirs, a- t-il précisé.Il a ajouté que si Ottawa offrait de céder à Québec certains pouvoirs, le gouvernement québécois refuserait catégoriquement.Les péquistes ne sont prêts qu'à négocier la rupture de la Confédération (.) Pour clarifier ma pensée, je ferai une comparaison.Un vote affirmatif, c'est confier au gouvernement le mandat de vendre votre maison, même si vous ne voulez pas la vendre.En posant un tel geste, vous risquez de vous trouver dans la rue sans que vous l'ayez voulu.Un vote oui, c'est un mandat de négocier l'indépendance du Québec et non un fédéralisme renouvelé comme le propose le chef du Parti libéral, Claude Ryan.J'incite tous les Québécois à votrer massivement non au référendum afin que le Parti québécois sache enfin que l'immense majorité de la population canadienne-française ne veut pas de séparatisme.Marcel BRI EN Fabreville Imitez donc M.Biron!.Oui, j'ai bien peur d'être canadienne.Ce pays est trop vaste, trop beau, trop grand pour moi.Je vais me sentir plus en sécurité si je me mets des frontières plus petites.En plus, tous mes problèmes viennent des Anglais.Nous Québécois de langue française, on est irréprochables.Si ce n'était pas des Anglais, on n'aurait pas de grèves dans nos hôpitaux, nos transports en commun, notre téléphone, notre hydro, nos écoles, nos cols bleus.Avec un gouvernement vraiment québécois on se serrerait les coudes; on penserait aux autres.Les grèves, ça.c'est des histoires d'Anglais.En plus, c'est effrayant la langue anglaise.Notre cerveau pourrait éclater.Imaginez, savoir deux langues.On n'est pas aussi smart que les Européens.Eux, ils peuvent apprendre 2, 3 ou 4 langues; mais eux, Dieu leur a donné un cerveau plus gros.En plus, on m'a toujours trai-; tée de mouton.Je ne veux pas perdre mon appellation.Avant, je me laissais guider par le cler-|-gé, maintenant j'apprends qu'il;-faut dire oui.Je ne vois pas ce» que j'y gagnerai mais comme!; j'ai encore besoin de me faire!-mener, je fais le jeu dés unions, ; je dis oui.Je continue en disant oui aux péquistes qui veulent! diviser mon beau grand pays.Ils! y arriveront peut-être car j'ai; tellement peur de la liberté et de» prendre mes responsabilités.! C'est tellement plus facile de! rejeter le blâme sur le dos des] Anglais.Mais comme je ne spjsj! pas dire non, en servile que je!; suis, je dirai encore oui.!; Mais moi, je me réveille et jeji vous dis que je crois en l'unité et», non en la division, que ma vision! et mes aspirations sont à la! grandeur du Canada et j'ose dire; non.Hélène COME AU Hemmingford Madame Solange Chaput-Rolland Député de Prévost (.) Dans votre volume: «Québec, année zéro», vous avez assuré que quel que soit le gouvernement qui proposerait au peuple du Québec cette souveraineté-association, «il faudrait l'appuyer car nous n'avons plus «grand-chose» à attendre du Canada.» N'avez-vous pas affirmé: «J'ai honnêtement cherché un dénominateur commun entre Canadiens de langues anglaise et française et je ne l'ai pas trouvé.En conséquence, je reviens à la terre Québec plus Québécoise que Canadienne française parce que j'ai appris durement, douloureusement et définitivement que, pour demeurer fidèle à là ligne profonde de mon passé, de mon présent et de tout ce qui compose mon être de langue et de culture française, je dois vivre au Québec dans un pays qui, un jour, deviendra peut-être mon pays.» Pourquoi suivez-vous M.Ryan?(.) Mais relisons ce que vous avez écrit dans la revue Relations de juin 1979 (c'est assez récent).«Si, malgré la force que nous représentions, si, en dépit d'une consultation à l'échelle pancana-dienne avec les grands experts constitutionnalistes fédéralistes de dix provinces, nous avons échoué à changer le grand ordre fédéral, pourquoi imaginer que Claude Ryan, libéral, partisan et chef de l'opposition d'une seule province et qui de plus est la province la plus discutée et la plus détestée du pays, pourra réussir à imposer ses propositions au gouvernement canadien?» Que trouvez-vous en M.Ryan qui justifie votre volte-face?Que vous a-t-on fait avaler pour vous changer ainsi?Le masque qui couvre votre visage ne vous va pas.Si vous êtes la personne sincère, droite, honnête que nous avions vue en vous, vite débarrassez-vous de ce masque et ayez le courage de M.Biron (.) Laurette MARCHAND Drummondville-Sud, Québec i.\u2022 Duplicité et imposture René Lévesque affirme à l'hebdomadaire français Le Point que, «parce qu'ils ne sont pas complètement idiots», les stratèges péquistes ont refusé de nous demander si nous sommes ou non pour l'indépendance du Québec.Au lieu de cela, et pour amasser le plus de oui possible, on a fait appel à la duplicité et à l'imposture pour nous demander un mandat de négocier.A la question-fleuve des indépendantistes je réponds non.FJt, ce faisant, je ne me sens pas moins fier ni moins patriote que tout autre Québécois.Le Québec est ma patrie.J'y appartiens et ce ne sont pas les tenants de la souveraineté-association qui m'en ont fait prendre conscience.Je suis également citoyen canadien et j'entends bien le demeurer.Sur ce pays aux immenses ressources j'ai des droits et ce n'est pas en me sauvant que je les ferai respect ter.Au sol canadien je suis pro->.fondement attaché et je dis non!; à ceux qui veulent que je m'en! sépare.Je dis non à ces bons apôtres; qui tentent, en vain, de me faire! croire qu'en donnant seulement; un mandat d'aller négocier un; statut d'Etat associé et souve-; rain je ne m'engage pas définiti-1 vement.Le camouflage ne tient! pas sur l'épaisse couche de par-; tisanerie politique de la question» référendaire.Qui veut-on berner?Les Québécois ne se font pas facilement'/ duper et les mots ne leur font pas;', peur.Si la thèse péquiste vaut la! peine d'être vendue qu'on ne le' fasse pas sous de fausses représentations.Vaut mieux poser une question brutale mais honnête que de frauder le consomma- teur M.J.HIBBERT Drummondville! La gauche doit dire oui Un non sans équivoque Comment peut-on à la fois se dire socialiste et nationaliste au Québec?Puisque vous posez la question, mon cher Gilles Beau-champ, laissez-moi vous répondre.Dans le débat référendaire, j.* ne crois pas qu'il y ait 100,000 positions à prendre.En fait, trois positions s'offrent aux travailleurs québécois: l'abstention, le oui ou le non.Un vote pour le non est un vote pour le clan Ryan-Trudeau.pour l'État fédéral et .pour Pro-Canada.Reste à savoir qui se cache derrière Pro-Canada et l'Etat fédéral.Essentiellement, les multinationales américaines (l'impérialisme U.S.) et la bourgeoisie canadienne.Voilà les intérêts défendus par les tenants du non.Très peu pour moi, merci! Au tour du oui, maintenant.Mais H'abord une question.A quoi rime la souveraineté-association du PQ?Lévesque l'a déjà dit assez clairement et répété assez souvent, je pense.La souveraineté-association, c'est d'abord et avant tout un réaménagement des pouvoirs au Canada.Le PQ en veut davantage.Deuxième question.Pour qui le PQ veut-il plus de pouvoirs?.Pour une certaine fraction de la bourgeoisie québécoise, celle que le PQ vise par ses programmes «Ose», c'est-à-dire la PME québécoise.Rien de bien sorcier à comprendre là-dedans, me semble-t-il.D'un côté, on retrouve l'impérialisme U.S.et la bourgeoisie canadienne, de l'autre, une partie de la bourgeoisie québécoise qui cherche à s'étendre grâce au support de l'Etat québécois.Pour la bourgeoisie canadienne, il n'est pas question de laisser la bourgeoisie québécoise se déve- lopper sous l'impulsion d'un Etat québécois plus fort, surtout si cela se fait à ses dépens.Sachant cela, pourquoi voter pour le oui?Dans les circonstances actuelles, l'abstention est un geste purement symbolique, sans poids réel dans le débat référendaire.Dans la conjoncture l'abstention fait le jeu des forces dominantes au Canada, celles de l'impérialisme américain et de la bourgeoisie canadienne.Dans ce sens, une victoire du non stabiliserait la situation politique canadienne au profit de ces forces.A l'inverse, une victoire du oui renforcerait le conflit entre bourgoisies canadienne et québécoise.Historiquement, les divisions au sein des classes dominantes favorisent les travailleurs.En favorisant le, oui, les socialistes du Québec poseront un geste concret d'appui au désir des Québécois de vivre d'égal à égal avec leurs frères du Canada.Toutefois, la gauche québécoise doit présenter la lutte nationale dans une perspective radicalement différente de celle du PQ.L'autodétermination du peuple québécois sera réelle dans la mesure où les travailleurs exerceront tous les pouvoirs économiques et politiques.En se liant de plus près aux luttes du peuple québécois, en montrant les limites du nationalisme péquiste, la gauche trouvera une audience plus large, susceptible de l'appuyer dans son combat pour le socialisme.Jean-Pierre DAGENAIS Montréal Le Parti québécois est tellement à court d'arguments pour convaincre les Canadiens français de voter oui qu'il se voit contraint de remonter parfois jusqu'à deux siècles en arrière pour justifier un vote affirmatif.Lors du débat référenfdaire à l'Assemblée nationale, j'ai entendu nos députés péquistes nous parler de la déportation des Acadiens, de la bataille des plaines d'Abraham, de la pendaison des patriotes de 1837-1838 et de la pendaison de Riel en 1885.Il faut être d'une naïveté inconcevable pour croire qu'un vote oui va changer quelque chose.Qu'on ne s'imagine pas qu'on va rapatrier les victimes de la déportation de 1755.Elles sont toutes mortes.A la bataille des plaines d'Abraham, les Canadiens ont été vaincus et le Canada est passé sous la domination britannique.On ne peut remonter le cours de l'histoire, à moins que le Parti québécois ait l'inten- tion de recommencer la bataille,; qu'il n'est pas certain que nous gagnerons.! Je ne crois pas qu'il y ait assez; d'imbéciles au Québec pour as sumer l'aventure d'une nouvelle' guerre pour venger notre défai-i te, voilà plus de deux siècles.; Revenons sur terre.Quant aux ; patriotes et à Riel, qui ont été exécutés, il n'y a aucun moyen ! de les ressusciter.Le Christ est! ressuscité, il y a deux mille ans., mais le même phénomène ne; s'est pas reproduit.Qu'on cesse donc de prendre! les Canadiens français pour des; sots.Il est temps de cesser de jouer à l'émotivité pour inciter' nos compatriotes à voter pour le! oui.Cette propagande m'a grandement dégoûté.Aussi je suis bien décidé à voter non et je ne changerai pas d'opinion d'ici le grand jour.Ce sera un non sans équivoque.T.Robert McCarratfher Duvcrnay, Laval* T \u2022 TRIBUNE LIBRE A 9 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 23 AVRIL 1980 L'affaire des s ' ' Yvette (suit* et.fin?) Hypersensibles, nous le sommes toutes devant la condition féminine.(.) Hypersensibles, nous le sommes surtout, femmes et hommes, devant la gaffe d'une femme dont le rôle est public.Nous sommes alors d'une intolérance absolue.Que nous soyons auditrices (teurs), lectrices (teurs), journalistes, caricaturistes, notre réaction est immense, super-émotive et déchaînée.Pourquoi?Nous avons, à l'égard des femmes publiques, une exigence de perfection totale et sans faille qui ne semble pas être la même envers leurs collègues masculins.Pourquoi?Cette constatation n'est pas nouvelle.Les femmes qui sont dans le monde du travail, dans quelque secteur que ce soit, sont quasi unanimes à en témoigner.Lise Payette se souvient-elle que Jeanne Sauvé en avait parlé au cours d'une émission de la série «Appelez-moi Lise»?Quoi qu'il en soit, on nous divise actuellement entre femmes au foyer qui disent oui à Yvette et non au référendum et les au- tres qui adoptent la position inverse^.) Cette division n'est-elle pas des plus arbitraires?Bien des féministes désireuses de réaliser des changements face à la condition féminine disent non au référendum.Et beaucoup d'autres femmes au foyer qui se sentent bien dans leur rôle, ayant réalisé chez elle un statut d'égal à égal, disent oui.Elles sont nombreuses à cheminer ainsi avec une paisible assurance vers cette étape importante.«Après avoir donné des enfants à ce pays», dit Lise Payette, «je travaille de toutes mes forces à donner un pays à mes enfants».Elles aussi, ces femmes au foyer, décident de donner un pays à leurs familles que, par leur travail soutenu et leur éducation quotidienne, elles ont menées à pleine maturité.Elles constatent que le Québec aussi a atteint sa maturité.Et elles disent «oui».Elisabeth HOME-BELLE M ARE Montréal Trop d'émotivité Promettez-lui un bonbon (contrat pour les avions), menacez-le (fuite de sièges sociaux, perte de pension, etc.) il votera comme vous le désirez.Le plus bel exemple, c'est nos Yvette.Elles ont été insultées, peu importe les excuses, elles sont décidées.Prises par les sen-liments.elles ont déjà oublié le but.le pourquoi elles votent, (\"est peu important.L'important! c'est de venger un affront! Que le Québec cherche à devenir autonome, c'est secondaire.C'est de cette façon que les Québécois ne sont jamais arrivés à taire quelque chose.Ils n'ont presque jamais voté avec discernement: De «race.Québécois(e) votez en adulte.Pesez le pour, le contre, réfléchissez, puis branchez-vous! Si vous votez non parce qu'un tel dit non, ou oui parce qu'un tel dit oui, vous ne méritez pas votre droit de vote.Si vous votez après mûre réflexion, sans être aveuglé par les sentiments, vous avez accompli votre devoir, vous ayez voté objectivement et vous méritez des félicitations, peu importe le résultat.L'enjeu est grand, prière de ne pas l'oublier.On est en train de nous passer un savon.Ce référendum prend la tournure d'une campagne électorale, et ce n'en est pas une.Ne l'oubliez pas.Louis ARCAND, Trois-Rivières Soirée extraordinaire A loi.mon amie indépendantiste qui, hier, m'as demandé en toute innocence, je l'espère, si les Yvette étaient l'équivalent des «Femmes totales» (mouvement américain contre la libération de la femme) permets que je te réponde, surtout maintenant, encore émue d'avoir participé à ce rassemblement extraordinaire de nos consoeurs.Bien sûr, tu diras oui au référendum et c'est ton droit le plus sacré.Tu veux l'indépendance, peut-être que tu l'auras, mais je te croyais moins influençable quant à la rhétorique boiteuse de l'exanimatrice de la télé.Elle a su glisser dans vos esprits que seules les femmes libérées auraient le courage de dire oui, son patron se chargeant des hommes avec des mots, toujours le,s mêmes, traîtres et peureux.(.) La grande différence entre notre rassemblement et les vôtres, des gros noms (non) d'articles.Nous les Yvette, nous n'avons pas besoin des lumières des comédiens, poètes ou chansonniers pour nous aider à réfléchir.Regarde la liste de celles qui nous ont parlé, des femmes bien ordinaires pour toi, mais qui ont quand même fait beaucoup pour toi et à bien des niveaux, sans fanfare souvent, mais sans recul, pour améliorer la qualité de la vie.(.).Jacqueline CLERMONT-LASNIER Outremont Changement irréversible Les «Yvette» se sentant menacées ont voulu réagir à l'attaque de Mme Payette.Elles disent ' non à un changement déjà amorcé et irréversible.Hetjreusement d'ailleurs, car leur position se veut une conti-nuité'de la soumission des fem- mes.Les mentalités ont changé et continuent de changer.La femme d'aujourd'hui ne considère plus(comme un devoir d'être du mènie parti que son mari.Elle ne s'enorgueillit plus de s'effacer derrière lui.Si, il y a 40 ans, on pouvait dire fièrement: «Derrière chaque grand homme il y a une femme», aujourd'hui ces dernières veulent être reconnues comme étant associées «d'égal à égal».Simple évolution -quoi.Evidemment il y a encore un phénomène qui fait que les «Yvette» se perpétuent de mère en fille, tout comme on est libé-.ral ou conservateur de père en fils, ou sur le bien-être social de mère en famille.Je crois que Mme Payette atteindra finalement son but., Blandine DEROME Montréal Triste et désolant Oui.elles étaient quatorze mille ce lundi soir pascal dans cette vaste enceinte, jusque-là surtout fréquentée par la gent masculine.Oui.quatorze mille insoumises sorties de leur cuisine afin de nous clamer qu'elles y étaient bien.Pourquoi pas?C'est leur droit! (.).Distribution de macarons, distribution d'identité à la petite semaine, on choisit encore pour elles! Et si elles n'avaient pas le droit de vote?Piégées une fois de plus! L'illusion du respect continue.' Ce ressac à forte teneur passionnelle, partisane, voire amè-re, ressemblé à un reproche camouflé et dirigé contre une femme.C'est ça qui me parait triste et désolant.On ne pardonne pas aux femmes qui tentent de se démarquer des canons féminins habituels.(.) Monique KARSENTY ' Montréal Merci, Madame Payette Merci Madame Payette! Merci pour nous avoir fait prendre conscience de notre solidarité, nous les Québécoises partisanes du non (.) Contrairement à ce que vous pensez, mes- dames et messieurs les péquis-tes, nous sommes fortes, courageuses et québécoises à cent pour cent.Jocelyne L.MOULIN Mont-Royal N.D.L.R.' Bien qu'elle ait déjà consacré une page complète à ce qu'il est maintenant convenu d'appeler «l'affaire des Yvette» et qu'elle y consacre aujourd'hui les deux tiers de cette page, LA PRESSE n*a pu publier toutes les lettres qu'elle a reçues à ce propos.Elle s'excuse donc auprès des personnes dont elle n'a pu faire écho aux opinions et regrette d'avoir à mettre un terme à ce débat, les lettres oortant sur les autres aspects de la campagne référendaire étant elles, aussi fort nombreuses.^ Réaction Le ministre Lise Payette Une «Yvette» de 82 ans J'ai quatre-vingt-deux ans.Après avoir élevé cinq enfants, je suis maintenant grand-mère de sept petits-enfants.Je désire protester énergique-ment contre cet abus que le Parti libéral et le comité du «non» entretiennent avec cette vilaine histoire des «Yvette».Je suis une «vieille'Yvette» et je trouve que Madame Lise Payette, malgré sa malencontreuse gaffe, a déjà fait beau- coup pour aider les femmes du Québec.Je trouve honteux que Monsieur Ryan continue à colporter que les Québécois de l'âge d'or perdraient leur pension de vieillesse en votant oui au référendum.Moi, je n'ai pas peur et je pense que dans la vie, le courage mène plus loin que l'asservissement.Votons donc oui.Aline MACKAY Montréal Pour sauver «d'amant» «Si le ridicule tuait, les rues seraient jonchées de cadavres-.Sacha Guiltry Quelqu'un de vulgaire, de mal embouché et que je m'étais complètement refusé à écouter m'avait affirmé, au lendemain du spectaculaire rallye des Yvette, que les femmes au foyer étaient en train de «se faire baiser par les Libéraux» (sic).Hélas, voilà que la confirmation vient de m'en être donnée en page 18 dans le Devoir du 13 avril.Au Club social de Sherbrooke, M.Ryan a bel et bien été présenté par ses supporteurs comme «l'amant de toutes les Yvette de la province» (sic).Les Québécois pour le Non doivent être actuellement plongés dans l'angoisse et la consternation: compte tenu de l'ampleur que prend en ce moment le mouvement des Yvette, comment, en dépit de sa fougue naturelle et de ses performances passées, leur chef réussira-t-il à s'acquitter d'une tâche aussi colosalle d'ici le référendum?Sa seule chance de ne pas y laisser tragiquement sa peau, c'est évidemment la consigne prophétique qu'il a su donner lui-même à toutes ses troupes il y à de cela plusieurs mois: à toute question, qu'elle quelle soit qu'on vous posera, tel un bloc irréductible de Maria Goretti, vous devez toutes répondre non! Hélène PELLETIER BAILLARGEON Montréal Elles ont du culot.Elles ont du culot ces dames «émancipées» de la haute société de se comparer à des «Yvette», prototype de la femme ménagère soumise.Les Michelle Tissey-re, Thérèse Casgrain, Jeanne Sauvé, Solange Chaput-Roland.Monique Bégin, Thérèse Lavoie-Roux et autres sont toutes des femmes de carrière.Elles ont justement suivi le conseil de Lise Payette: elles se sont libérées d'une partie des tâches quotidiennes de la femme au foyer pour faire un travail plus enrichissant.Comme le soulignait Lise Bis-sonnette dans «Le Devoir» du 9 avril: «.elles sont souvent bien plus proches de l'univers de Mme Payette que de celui des Yvette.» Ça ne m'étonne pas que ces femmes intelligentes n'aient rien voulu comprendre au message du ministre Payette.La politique libérale du non est plus importante que la vraie condition féminine.Pour obtenir un non, tous les prétextes sont bons.Maurice DUMAS Mirabel Non à l'autodestruction Monsieur Jean-Guy Dubuc Editorialiste ' Si je suis allée au Forum c'était par conviction profonde dans un Canada intact et puissant.Il n'était pas question de relever la bourde monumentale de Mme Payette et d'imiter ainsi la triste et pauvre stratégie du PQ qui pendant des mois s'est moqué de M.Ryan avec la désormais célèbre phrase de la main de Dieu.Je me demande où se trouve l'intégrité de certains artistes qui, se déclarant en faveur de la souveraineté, touchent régulièrement leur chèque du fédéral (.) Il nous faudra plus que le chant d'une alouette pour nous décider à voter en faveur de la destruction du deuxième plus grand pays du monde et laisser ainsi à nos enfants un patrimoine diminué et déchiré.Nous serons là pour voter le non le plus positif de notre histoire: non à l'autodestruction.Alix GALARNEAU Boucherville Lise a atteint son but Chères consoeurs.Je voudrais vous dire combien Lise Payette a réussi son «coup».Elle voulait vous faire .sortir de vos foyers pour que vous vous exprimiez, que ce soit pour le oui ou pour le non, mais que vous vous exprimiez personnellement, vous en tant que femmes au foyer.Je suis une femme au foyer, je voterai oui au référendum, mais je sais qu'il y a beaucoup de femmes qui ne se préoccupent pas du référendum, s'i-maginant qu'elles n'ont pas d'opinion.C'est po,ur cette raison que Lise Payette a voulu secouer ces femmes, les «déranger» de leur foyer parce que t'est l'avenir de tous, hommes et femmes, qui est concerné.Je le répète, que ce soit pour le oui ou pour le non.je respecte l'opinion de chacun, je suis persuadée que ce que Lise Payette voulait c'était de vous réveiller et e|le a réussi.Laurette HALL PAQUIN Pdinte-aux-Trembles «Le Parti québécois me fait peur.» Comment accepter l'inconnu alors que ce qui est connu est inacceptable?Nous avons besoin d'une société à visage plus humain.Le Parti québécois a une vision fausse de la société dans laquelle je veux vivre.Il nous offre une société intransigeante.Pour lui, tout ce qui n'est pas péquiste n'est pas québécois.Quiconque ne pense pas péquiste n'est pas québécois).) Le Parti québécois nous offre aussi une société bureaucratique.Il a voué son premier mandat au pouvoir à créer de grandes structures sans âmes, administrées par un nombre croissant de fonctionnaires.La Commission des normes de travail, la Régie des accidents d'automobile, la Régie des territoire agricoles, quels que soient leurs objectifs louables, sont des structures qui accroissent le pouvoir des fonctionnaires', augmentent le fardeau fiscal des travailleurs et déshumanisent notre société tout entière (.) Si la souveraineté-association passe par là je n'en veux pas.Le Parti québécois nous offre une société de confrontation.Canadien français contre Canadien anglais, Québécois francophone contre Québécois de toutes autres origines.(.) Même au sein de ce qui devrait le plus valoriser l'homme, soit le travail, on a élevé la confrontation à son plus haut niveau.Du préjugé favorable aux travailleurs on a fait un préjugé favorable à l'establishment syndical en quête de pouvoir et voilà la confrontation perpétuelle d'où violence continue.Si la souveraineté-associatii nous mène à la confrontation! comme celle que nous connais' sons actuellement, je n'en veux pas, je cherche une société au visage humain.« Le Parti québécois nous offre-' une société animée de fausses') valeurs.On parle de prise en charge de notre économie: (.)\u2022\u2022 cela veut dire accroître les pouvoirs des hauts fonctionnaires en' matière économique: plus de' société d'Etat, plus de contrôle!' plus de réglementation.On parle de lois sociales d'avant-garde!'1 création de garderies populai-' res, salariat des médecins/ droits des enfants face à leurs' parents, égalité complète des-époux face à la loi, favorisation-de l'accès de la femme à tous les1 milieux de travail: Qui, mais quand allons-nous, trouver le temps de valoriser lés,, véritables valeurs de notre socié-L té, comme par exemple la viç.familiale, seule oasis de frai-; cheur dans cette société qui perd; ses racines.Quand allons-nous axer nos efforts sur la qualité des soins médicaux et cesser de, disserter sur le salaire des mé,7 decins; quand enfin allons-nous, axer nos efforts sur la qualité de.vie dans la liberté individuelle fit, \u2022 le respect de tous les citoyens du Québec?Il faut retrouver les vraies valeurs dans notre société et personne ne m'a encore dit* comment la souveraineté-asso-j dation va m'aider à le faire.Gérard-P.LATULIPPÈ Avocat \u2014 Montréalf «Démagogie péquiste» j Depuis le début de la présente campagne référendaire, il m'ar-rive souvent de lire dans LA PRESSE les pages réservées aux lettres des lecteurs.Je constate qu'un grand nombre des tenants du ouiétayent leurs opinions' par , sieur, cette fois-ci vous ne m'au-: ! rezpas.\u2022>( Votre question camoufle enco-j re une fois vos véritables intentions et si vous aviez courage et honnêteté vous remplaceriez les mots «nouvelle entente» et «souveraineté» par les mots « séparation du Canada».(.).Pierre THIBAULT* Laval des Rapides «Non.à la violence» On pouvait lire dans LA PRESSE du 28 mars 1980: «Une bombe endommage un panneau Pro-Canada», et dans celle du 31 mars: «Les panneaux Pro-Canada; deuxième bombe».Celui qui suit l'actualité constate rapidement que l'intolérance des hommes mène souvent à la violence: l'Armée rouge en Afghanistan, l'affaire du Shah d'Iran, les conflits entre catholiques et protestants en Irlande, les ambassadeurs tenus en otages à San Salvador, les Brigades rouges en Italie.Que l'on Se rappelle les actes du Eront de Libération du Québec, en octobre 70.L'élection du Parti québécois, en 76, a entamé un processus démocratique menant vers la souveraineté de notre province.Ce cheminement a fait cesser lés J' actes de violence de la part delf ^ extrémistes séparatistes.Si le oui est majoritaire dans .cette psychologique bataille ré1\" féréndaire, les extrémistes indé^ pendantistes devraient so calmer.pour un certain tempe»/ en tout cas.Mais, si le non l'envl' portait, à quels actes de violence se livreraient alors ces séparât tistes acharnés?Bien que la ¦ campagne référendaire vienne4* tout justedecommencer, deux\"\" bombes ont déjà explosé.'¦'-> Faudra-t-il que le Québec ré-\"\"-ponde oui au référendum, pour dire non à la violence?Louis LAMBERT' Anjou\" \u2022Htt 4 A 10 .-A LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 23 AVRIL 1980 \u2022I UNITE MURALE DECORATIVE ET PRATIQUE Plus qu'une étagère, elle met en valeur, dans sa vitrine éclairée, vos bibelots.De plus on peut y ranger: télé de 20\", radio, livres, bouteilles.Armoire de rangement à 2 portes.Grandeur approx.66\"H x 66 L.Fini chêne antique.«389 JULIETTE' CHAÎNE STÉRÉO AVEC MAGNÉTOPHONE À CASSETTE Comprend: Magnétophone 2 cassette encastré: avance rapide, pause, compte-tour.Récepteur à cadran illuminé, contrôle de volume à 41 détentes.Tourne-disque auto.Pointe diamant.Haut-parleurs 4 voies à suspension acoustique.SYLVANIA TÉLÉCOULEUR PORTATIF 14\" DE SYLVANIA Système automatique «permatint» correction des tons de la peau.Tube-image «chroma-line».Châssis entièrement transistorisé.Accord précis avec mémoire.Coffret fini noyer.Prise pour écouteur.pour 1 .VI.L\u20ac t « i » i ¦ \u2022i t -m f Michel Frechette À Laval, Michel Frechette est clairement identifié au maire Lucien Paiement et depuis l'ouverture de la campagne référendaire, lui qui a travaillé JEAN-PAUL CHARBONNEAU pour Guy Joron et Bernard Landry, lors des dernières élections provinciales, s'occupe activement du «non».M.Frechette se défend bien toutefois d'être l'écho du maire Paiement, qui a refusé à plusieurs reprises de se prononcer.«Je n'ai jamais été un militant, je n'ai jamais eu de carte de membre du PQ.J'ai travaillé avec Joron et Landry, en 1976, simplement comme professionnel en communications, souligne M.Frechette.L'une des principales raisons qui m'a poussé à quitter le PQ: l'arrogance du gouvernement provincial à l'égard de Laval.» M.Frechette, un travailleur de la première heure de l'équipe Paiement, soutient que lors de la campagne qui a conduit le PQ au pouvoir, Joron et Landry avaient fait plusieurs promesses au sujet de Laval mais qu'une fois à l'Assemblée nationale, ils n'ont rien fait pour défendre la ville devant l'attitude de certains ministres.Frechette est confiant d£vbir le non remporter la victoifejau Québec, surtout à Laval.«L'important ici c'est d'amener un débat économique, ce que les tenants du «oui» ne font p4s.M.Frechette, qui est président du Comité pour le non du comté de Mille-Iles en plus de s'occuper du marketing au niveau prcTvJn-cial, affirme que «la souveraineté - association, c'est un peu comme réinventer la roûei.c'est inutile et inopportun.On nous propose un dollar que nejus avons et une association que nous avons aussi.» ! L'évolution des idées d'indépendance et de fédéralisme \u2022 » Les deux principales idées défendues à l'intérieur de cette campagne référendaire quelque peu survoltée ont été notablement modifiées depuis leur origine.Ainsi, le concept d'indépendance, tel qu'on l'a connu au 20e siècle, a pris forme chez les intellectuels de droite, où il voisinait avec une recherche de conservatisme social: cette idée s'est momentanément déplacée vers la gauche et s'est finalement logée au centre gauche.Quant à la notion de fédéralisme, ce fut d'abord, dans sa forme la plus articulée, une contre-idée, destinée à combattre au 19e siècle le projet d'union législative; le fédéralisme fut présenté comme un instrument de protection collective et non pas dans l'actuelle perspective du PLQ, soit la défense des libertés individuelles.Le fédéralisme, c'est-à-dire l'idée d'inclure les francophones dans un ensemble le plus vaste possible, fut en premier lieu une création anglophone, à laquelle les Canadiens français espérèrent ensuite trouver certains avantages.C'est ce qu'affirme notamment M.Guy Bouthillier, professeur de science politique à l'Université de Montréal.En 1822, les «JEnglish Montrealers», embarrassés de se voir minoritaires dans un Bas-Canada francophone, proposèrent d'englober le Québec dans un ensemble plus étendu.L'idée n'eut guère de succès.Elle fit cependant une seconde apparition sous Lord Durham vers 1839.Après la révolte des Patriotes, l'idée avait d'ailleurs un caractère quelque peu punitif.Notant d'abord que les colonies canadiennes étaient marquées par un problème de race et par une division tranchée de deux communautés, Lord Durham proposa d'assimiler les Canadiens français pour les inclure dans une entité politique plus vaste.En réaction contre cette notion assimilatrice et surtout contre le projet qui devait en découler, c'est-à-dire l'union législative (proposée successivement par Lord Durham et John A.MacDonald) les Canadiens français se réfugièrent dans la formule des deux ordres de gouvernement.Au Canada anglais, plusieurs personnages politiques préconisaient volontiers la création d'une sorte d'Etat unitaire muni d'un seul parlement commun et donc d'un seul niveau décisionnel.Les francophones du Québec, qui venaient de perdre leur homogénéité administrative par l'Acte d'Union de 1840, comptaient plutôt «sauver les meubles» par la mise en place de deux paliers: un provincial et un autre fédéral.Ce partage des pouvoirs visait à protéger une liberté collective et à maintenir la nationalité canadienne française.Les libertés individuelles (pouvoir judiciaire indépendant, MARC LAURENDEAU collaboration spéciale droit d'association, droit à l'intégrité physique, droit de ne pas subir de détention arbitraire, de ne pas subir de discrimination, etc.) existaient avant la signature de la Confédération ou alors elles sont venues après, souligne le professeur Bouthillier.Ces libertés n'ont aucun lien direct avec l'entrée en vigueur du texte constitutionnel.Cette constatation est d'autant plus intéressante que le Parti libéral du Québec dépeint le régime fédéral comme l'instrument par excellence de protection des libertés de la personne.Une telle insistance sur les droits individuels est présente dans les documents du parti depuis quelques années («Le Québec des libertés»), dans le discours du chef («le fédéralisme est capable d'offrir la plus grande mesure de liberté») et dans la campagne stridente menée par la Commission des minorités ethniques du PLQ, qui dénonçait le gouvernement pé-quiste comme une dictature pouvant éventuellement devenir tortionnaire.L'accent sur les libertés individuelles se trouve également dans le Livre beige de M.Ryan.A cet égard, les conceptions fédéralistes de MM.Pierre Trudeau et Claude Ryan se ressemblent beaucoup, comme le soulignait récemment M.Jean-Paul L'Allier.Les deux leaders libéraux plaçaient au tout premier plan de leurs projets respectifs de réforme constitutionnelle une charte des droits individuels.Ce Canada qu'ils envisagent est surtout fondé sur l'addition de 22 millions d'individus dont les droits sont rigoureusement assurés.Les deux principales collectivités peuvent se rabattre sur certains mécanismes de protection linguistique et culturelle dans la nouvelle chambre haute.Le Livre blanc du gouvernement péquiste, au contraire, fait abstraction des individus et propose un pays qui s'appuie sur les deux peuples fondateurs, détenant chacun pour lui-même le pouvoir exclusif de taxer et de légiférer.Mais même si les péquistes aiment la situer dans le prolongement de la révolution tranquille, l'idée de souveraineté elle-même a subi une curieuse évolution.Prenant force malgré les volontés du haut clergé et d'une bonne partie de l'élite politique, t cette notion d'indépendance fut, lors de la révolte des Patriotes de 1837, une idée nettement à gauche pour l'époque.Mais lorsque le concept d'indépendance réapparut au 20e siècle, au lendemain de la Première Guerre mondiale, ce fut à l'intérieur d'un courant traditionnaliste de droite.En 1920, dans la revue Action française, fondée par le chanoine Lionel Groulx, Emile Bruchési invite ses lecteurs à préparer l'indépendance au nom de la survivance de la «population de race latine».En 1936, à la veille du second conflit mondial, l'idée d'indépendance resurgit à nouveau.Dosta-ler O'Leary publie en 1937 un livre intitulé «Le séparatisme: doctrine constructive*.Le jeune écrivain de 29 ans (on le connaîtra ensuite comme correspondant de Radio-Canada à Paris jusqu'en 1965; il est le frère de Walter O'Leary, qui est le mari de Gratia O'Leary, l'importante attachée de presse du premier ministre Lévesque) propose un Etat libre canadien-français soùs le modèle de l'indépendance formelle de l'Irlande fraîchement obtenue.Par ailleurs, ce courant s'inspire du mouvement déclenché par la signature du traité de Versailles, alors que plusieurs pays européens ont accédé à l'indépendance.L'indépendantisme de Dosta-ler O'Leary était très marqué à ^07 m droite.Anti-socialiste, O'Leary préconisait un Etat corporatiste.Paul Bouchard, fondateur du journal «La Nation», et Wilfrid Morin, prêtre et rédacteur d'ujie thèse intitulée «nos droits à l'Indépendance politique», se situeront dans le même courant de conservatisme.Tout comme Raymond Barbeau et Marcjel Chaput, lorsque l'idée renaîtra vers la fin des années 50.\\ Vers 1959, la revue socialiste, dirigée par Raoul Roy, situeraje mouvement indépendantiste nettement à gauche, dans l'optique d'une transformation des structures sociales.Puis, le Rassemblement pour l'indépendance nationale, voulant regroupes les indépendantistes dé différences tendances sociales, connut de pénibles déchirements internes avant d'opter pour un indépendantisme de centre gauche ejt Be se liquider en faveur du P^tfi québécois.Celui-ci regroupe tout aussi bien des anciens créditâtes comme Gilles Grégoire qôe des militants de gauche comrjie Gérald Godin.Telle qu'elle nous est présentée aujourd'hui,1 la souveraineté-association esï 3a résultante de tous ces courants et du propre cheminement de René Lévesque à l'intérieur du PLQ.: : Il n'est pas* interdit de croife qu'après le référendum, les deax notions de fédéralisme et d'indépendance puissent évoluer enejo- re.! t \u2022 / LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 23 AVRIL 1980 11 11 RÉFÉRENDUM A 13 ne dénonce fend train tu 1 «\u2022 -IV » - ¦ M I t Parizeau: le référendum n'inquiète pas les investisseurs ASBESTOS (PC) \u2014 Il est faux de prétendre que certaines entreprises attendent le résultat du référencum avant d'annoncer leurs intentions d'investir au Québec; s'il y a retard, c'est plutôt parce que trois cabinets se sont succédés à Ottawa en un an, a déclaré, hier, le ministre des Finances du Québec, M.Jacques Parizeau.Prenant la parole au lancement officiel de la campagne du Oui du comté de Richmond, M.Parizeau a donné en exemple le /cas du programme de modernisation des usines de pâtes et papiers du Québec, subventionné à 40 pour cent par le fédéral «.et /tous ces changements ne se prêtent pas à des décisions rapides».,,.Si le référendum avait pu avoir un certain impact sur l'économie, ce serait déjà fait, a [expliqué M.Parizeau, qui ajoute ,que l'Hydro-Québec avait récemment emprunté plusieurs centaines de millions de dollars sur les marchés étrangers, , «comme d'habitude».; Selon le ministre, les milieux > financiers sont convaincus de-, puis fort longtemps de la victoire du Oui au référendum.Par ailleurs, commentant le - dépôt d'un mini-budget, lundi à \u2022Ottawa, M.Parizeau estime que ,les mesures prévues ne seront pas suffisantes, à une époque où l'économie canadienne aurait eu besoin d'un solide coup de pouce.«Seule la déductibilité pour fin d'impôt de la rémunération versée à un conjoint dans une entreprise non constituée en société mérite quelques louanges», a dit le ministre des Finances.Plus ça va, plus il y en a à la télé Ce soir, la télévision de Radio-Canada présente à 22 heures un débat qui devrait être d'un peu plus haute volée que celui chez M.Nadeau lundi.Il s'agit d'une rencontre entre l'ex-premier ministre Robert Bou-rassa et M.Jean-Pierre Chevènement, chef du groupe Ceres au LOUISE COUSINEAU ;sein du Parti socialiste français.On se souvient que M.Michel -Rocard du même parti a révélé il y a quelques jours qu'il était en faveur du «oui».L'Enjeu (qui est présentée exceptionnellement ce soir, la soirée de vendredi prochain étant déjà consacrée à un grand spécial de deux heures &ur le référendum) fera un parallèle entre l'expérience communautaire européenne et les propositions du Livre blanc, «i' Toujours dans le domaine du référendum, L'Opinion, cette période de cinq minutes (à 23h 05) occupée jusqu'ici par des universitaires, entre dans une nouvelle phase ce soir.On y entendra désormais ce qu'un communiqué de Radio-Canada appelle «l'expression de l'opinion populaire», avec le «oui» et le «non» en alternance.Et à partir du vendredi 2 mai, i Radio-Canada mettra à l'affiche une nouvelle émission d'une heure qui fera le bilan de la campagne référendaire.Ça va passer bien tard, à 23h 20.Deux autres éditions sont prévues, les 9 et 16 mai.Et depuis lundi, on peut voir tous les soirs à 17h 55 les périodes gratuites des comités du oui et du non.A Télé-Métropole, les gens qui .accordent les périodes aux comités du «oui» et du «non» ont fait preuve du jugement de Salomon.Quatre émissions sont prévues, de 30 minutes chacune, à partir de lundi prochain.Pour que personne ne se plaigned'avoirétémal placéà l'horaire, les «oui» et les «non» déplacent tous deux les mêmes émissions en alternance, soit Que sera sera et Venez donc chez moi.C'est à partir de lundi prochain à 20h.Premier lundi, le *tfon, premier mercredi le oui et vice-versa la semaine suivante.SEPT-ILES \u2014 C'est à une charge à fond de train contre le gouvernement libéral fédéral que s'est livré hier soir le premier ministre québécois et chef du camp du «oui», M.René Lévesque.YVES L1CLERC v Devant un auditoire enthousiaste de quelque 500 personnes, il a accusé les dirigeants d'Ottawa d'avoir menti au peuple depuis dix ans, d'avoir utilisé les événements d'octobre 70 pour une «opération politique», et de jouer au «bonhomme sept heures» dans le débat référendaire plutôt que de régler les problèmes du Canada, qu'il a appelé «le pays actuellement le plus mal administré du monde occidental».Il a cité en preuve le déficit fédéral «qui en est rendu à 14 milliards de dollars, et c'est pas fini», la baisse relative du niveau de vie («du deuxième au dixième ou douzième rang mondial»), l'absence totale de stimulation dans le mini-budget de M.MacEachen, et l'affaire des ' avions F-18.Dans la liste des «mensonges», il a mentionné ce qu'il appelle «la balloune des événements d'octobre», le contrôle des prix et des salaires de 1974, la récente querelle sur le budget Crosbie et le prix du baril de pétrole.Il s'en est pris nommément au sénateur Jean Marchand, «un ancien ami qui a été chef syndical et qui est allé se gâter en politique» et aux ministres Marc Laionde, qualifié de «ridicule et malhonnête», et André Ouellet.Enfin, il a encore une fois confronté son adversaire Claude Ryan à un de ses textes passés, de 1971 cette fois, qui stigmatisait «la poursuite chimérique d'un rêve canadien abstrait» qui a pu servir «la vanité d'un certain personnel politique canadien-français».Plus tôt, M.Lévesque avait reçu une pétition de 10,000 noms en faveur de la réouverture de l'usine de ITT Rayonier de Port- Cartier, et il s'était engagé à se pencher sur le problème.Le ghetto Hier matin, avant son départ de Montréal, le premier ministre avait dénoncé «l'espèce de ghetto qu'on tente d'organiser autour de ceux qui ne parlent pas français.pour essayer de les coller dans un NON complètement bloqué, figé dans le statu quo».Parlant devant des partisans du OUI dans le comté de Gouin, M.Lévesque avait incité ses auditeurs à travailler pour obtenir une majorité éclatante chez les francophones, afin de com- penser pour le fait que «ceux qui ne parlent pas français vont voter en majorité NON».Il avait rendu responsables de ce fait «les propriétaires des grands journaux anglais et ceux qui ont des licences de télévision et de radio qui sont en général maintenant des succursales de l'extérieur.» Il s'en était pris aussi au gouvernement fédéral pour avoir poursuivi des politiques sociales qui ne correspondent pas aux besoins particuliers du Québec.«On réduit les allocations familiales, et on nous dit: arran- gez-vous avec vos troubles au niveau provincial.On réduit l'assurance-chômage, et on nous dit: arrangez-vous pour les récupérer dans l'assistance sociale.C'est toujours unilatéral, et ça risque toujours d'entrer en contradiction.» Il a cité aussi l'exemple de l'aide aux propriétaires, qui répond aux besoins de l'Ontario, mais non à ceux du Québec qui compte beaucoup plus de locataires.Aujourd'hui, M.Lévesque poursuit sa campagne aux Ues-de-la-Madeleine, à Matane et à Rimouski.é allume la cigarette de son mari après une assemblée hier à Montréal liât A\\M Pour Claude Ryan et &a femme Madeleine, une rencontre inattendue hier à Québec: Doris Lussier.Ryan n'a pas l'intention de se mettre à aenoux devant les médias BEAUPORT \u2014 Parlant hier soir après une douzaine d'orateurs dans une salle de loisirs du quartier Courville à Beau-port, le président du Comité national du «non» a déclaré aux 400 militants présents qu'il pouvait se passer de la télévision pendant la campagne référendaire et qu'il ne se mettrait jamais à genoux devant la presse.wmimmm\u2014ÊÊÊÊÊiÊimimÊÊËmÊÊmÊÊÊÊÊmÊÊmm CLAUDE-V.MARSOLAIS de notre bureau de Québec M.Ryan parlait de l'esprit qui animait sa campagne lorsqu'il a fait une allusion au rôle de la télévision.«On m'avait dit de ne pas tenir de.réunion en soirée parce qu'il fallait s'ajuster à ce puissant média qui doit dominer la politique d'aujourd'hui.J'ai répondu que la farce avait assez duré.» Puis le chef du «non» a affirmé ave^force qu'il entendait tenir des réunions aux heures convenues et dans l'ordre des orateurs.«S'ils ne veulent pas en parler, on se transmettra le message de bouche en bouche à travers le Québec car ce n'est pas en se mettant à genoux devant la presse que l'on va améliorer le processus démocratique.Je n'ai jamais connu cela de ma vie et je ne commencerai pas à 55 ans.» Plus tôt dans la journée M.Ryan avait soutenu que les panneaux-réclame du programme ^SE (Opération solidarité économique) constituent une véritable provocation pendant la campagne référendaire en ce sens qu'ils inviteraient à voter «oui».Les panneaux-réclame qu'on peut voir un peu partout près des axes routiers et les artères principales des villes arborent un soleil sous lequel on peut lire le mot (OSE» en bleu et une enumeration des 14 programmes d'aide à l'industrie.Pour M.Ryan, il s'agit d'un cas d'utilisation des fonds publics pour amener les citoyens à voter pour le mandat de négocier la souveraineté-association.Le Conseil de presse Concernant l'initiative du Conseil de presse de mettre sur pied un sous-comité chargé d'étudier rapidement toutes les plaintes qui pourraient être formulées à l'endroit des médias d'information pendant la campagne référendaire, M.Ryan s'est dit surpris car il ne croyait pas que l'organisme était en mesure d'agir aussi vite qu'une semaine.«Ils ont beaucoup mieux compris l'enjeu de la liberté de presse et du droit du public à l'information dans cette campagne référendaire», a-t-il dit.Par ailleurs, le président du Non s'est réjoui que le juge Ma-louf, chargé d'enquêter sur les dépenses olympiques, ait décidé de ne remettre son rapport qu'a- près la tenue du référendum.«11 est préférable qu'il en soit ainsi car il aurait été dangereux qu'on l'utilise comme un instrument de diversion au moment du référendum.» Les réunions des Yvette M.Ryan, comme il le fait devant chacun des auditoires qu'il rencontre, fait un bilan des foules qui ont assisté aux diverses assemblées du «non» dans la province.Il a tenu à indiquer aux militants de Charlesbourg qu'une assemblée des Yvette à Sherbrooke, tenue lundi soir, avait attiré quelque 5,000 femmes.Selon lui, ce type de manifestation publique n'est pas près de s'éteindre.«Il y en a qui dans leur sagesse voudraient mettre un terme à ce genre de réunion.Ce n'est pas mon opinion car nous sommes en faveur de la liberté d'association.* * i Jean Laporte Le fils de Laporte dit NON Le Comité du non du comté de Taillon s'enorgueillit d'avoir le plus jeune président de comité référendaire du Québec.Il s'agit de Jean Laporte OERMAIN TARDIF_ qui, âgé de 21 ans et étudiant en droit, est le fils de Pierre Laporte, ancien ministre du cabinet provincial.Lors de l'ouverture officielle de la campagne du «non» dans ce comté, à Longueuil, hier après-midi, il a donné les raisons de son adhésion au «non».«J'ai choisi librement cette thèse, a-t-il dit parce que je veux demeurer Québécois tout en demeurant Canadien.«Avec l'option du oui, a-t-il ajouté, on détruit sans garantie de pouvoir reconstruire.Il faudra expliquer aux gens le vrai sens du oui et sa vraie portée».M.Laporte a terminé son allocution en invitant la population à embarquer sur le bateau du «non», «bateau réaliste qui nous mènera vers un «non» constructs f.i Charron presque anonyme C'est l'heure du dîner aux résidences Maisonneuve, un centre d'accueil pour personnes âgées, en face du parc Lalancet- MARIANE FAVREAU te.On prend son rang pour se servir à la cafétéria tout en faisant des petits signes d'amitié à une connaissance déjà attablée.Plafond bas, abat-jour coquets, une soixantaine de tabies placées tout près les unes des autres.De bonnes odeurs.Un petit homme frisé, bien mis, s'approche des quelques personnes qui attendent leur tour.Un vieux monsieur qui semblait l'attendre, le salue chaleureusement, le présente à une autre personne.Les autres regardent, discrètement.Une employée passe et serre la main du visiteur.\u2014Bonjour, monsieur Charron! Bien oui, c'est le ministre Charron, chuchote quelqu'un.Il entre un bref moment à la cafétéria, serre quelques mains, reconnaît Mme Burns, la mère de l'ancien député du coin, demande à quelques-uns si la vie ici leur plaît, et disparaît.Dans la salle de loisirs, tout à côté, une trentaine de personnes sont éparpillées.Deux ou troiis personnes s'approchent du ministre.Le photographe de service en profite pour prendre dels clichés.\u2014 Photographiez-vous pour le «oui» ou pour le «non»?, demande un pensionnaire, assis plus loin.Intimidé, le photographe (sans doute appointé par le bureau du comté) répond qu'il photographie pour le «oui».\u2014Ben, vous allez le photographier tout seul!, s'exclame l'autre en désignant le vieux monsieur en conversation avec M.Charron.Un peu plus loin, un groupe de dames causent entre elles, sans soupçonner l'oreille attentive dune journaliste: \u2014Il faut être discrète, très discrète dans ces choses-là.Le vote, c'est secret.Tant que le ministre restera dans cette salle, s'il salue les nouveaux arrivants, peu iront d'eux-mêmes le saluer ou discuter.Sait-on d'ailleurs qui il est?Pourtant, au moment de sortir, un monsieur lui fera un grand clin d'oeil, sans bouger de sa chaise.\u2014J'ai bien connu Robert Burns, dira-t-il en guise de salut Et la conversation s'engage, parce que le ministre s'est avancé.< rk Puis le ministre remonte vers la sortie.«Pas chaud, l'accueil.Monsieur le ministre.» «Non, mais il faut les comprendre.IÛ sont sur la réserve, ils ne veulent pas faire de chicane.» Pourtant, ils raconteront peut-être qu'ils ont eu de la belle visite, hier.r A 14 UB RÉFÉRENDUM LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 23 AVRIL 1 980 I* i v * _ TROIS OU QUATRE DISCOURS AU QUÉBEC D'ICI LE 20 MAI Trudeau ne veuf pas porter ombrage à Ryan; OTTAWA \u2014 A moins de faits nouveaux, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau limitera à trois ou quatre ses GILBERT LAVOIE de notre bureau d'Ottawa interventions au Québec dans le cadre de la campagne référendaire.«Notre principale crainte à L'endroit d'une participation plus intensive de sa part est qu'il vole la vedette à M.Claude Ryan, et qu'il devienne ainsi un obstacle a une victoire libérale advenant un scrutin provincial après le référendum», a confie à LA PRESSE l'un des responsables de la stratégie libérale fédérale à Ottawa.Les détenus voteront en grand nombre Pour la premiere lois dans l'histoire du Québec, les detenus qui sont dans les différents centres de detention fédéraux a travers la province seront invites a voter le 20 mai.Selon JEAN-PAUL CHARBONNEAU des informations colligées par LA PRESSE 79.2 p.cent de ceux qui sont incarcérés à Laval et à Sa inte-Anne-des-Pl aines ont accepté que leur nom soit sur la liste électorale.Ce pourcentage peut toutefois baisser ou augmenter entre le 28 avril et le :i mai alors qu'il y aura révision de la liste électorale «Ceux qui ont mis leur nom pourront alors l'enlever s'ils le désirent et ceux qui n'avaient pas voulu le mettre seront invités à s'inscrire.La liste peut également s'allonger à cause de l'arrivée de nouveaux pensionnaires», a souligné Tun des dirigeants d'un centre de détention.Les différents responsables des centres de détention, soit le complexe pénitentiaire de Saint-Yincent-de-Paul et à l'Institut Archambault, n'ont pas hésité à donner a LA PRESSE les renseignements pertinents pour ce qui pst du nombre des résidants qui semblent intéresses à se prononcer sur le référendum Président muet Il n'en a pas été de même toutefois pour le président des élections du comté des Mille-Iles, M.Robert Lachance, qui a déclaré qu'il ne pouvait rien dire parce qu'il avait prêté serment.Il s'est contenté de mentionner que les détenus avaient le droit de vote en vertu de la loi sur la consultation populaire.L'adjoint au directeur de l'Institut Archambault, section maximum.M.Laval Marchand, a relaté que les detenus étaient informés sur le déroulement de la campagne référendaire par .les journaux, la radio ou la télévision.«La plupart sont abonnés aux journaux.De plus, tous ceux dont le nom est inscrit sur la liste électorale recevront un dépliant explicatif sur le référendum.Mais, il est interdit à ceux oeu-; vrant pour le non ou pour le oui de venir s'adresser à nos pensionnaires.Dans la majorité des endroits, la «campagne» référendaire semble être calme.A l'Institut Leclerc, à Laval, un responsable ;a cependant fait savoir que beaucoup se promenaient avec des macarons du «oui».Les détenus pourront voter le 20 mai aux mêmes heures que tout le monde et auront leur propre bureau de votation.«Les personnes qui travailleront dans les bureaux de scrutin viendront de l'extérieur des prisons.Il est défendu au personnel de travailler dans ces bureaux», a précisé M.Marchand.Un relevé effectué par LA PRESSE auprès des différents responsables des centres fédé-,'raux démontre qu'il y a 1,561 détenus qui ont à l'heure actue'le accepté de voir leur nom sur la liste électorale sur un total possible de 1,970.Pour ce qui est des centres situés dans le complexe pénitentiaire de Saint-Vincent-de-Paul, les chiffres obtenus sont: Centre de développement correctionnel (super maximum) 71 sur 113; à l'Institut de la montée Saint-François 105 sur 125; à l'Institut Leclerc 475 sur 500 à l'Institut Laval 304 sur 460; et au Centre de détention médium fédéral 301 sur 377.A l'Institut Archambault, dans la section à sécurité minimale on en a enregistré 100 sur 125 et, dans celle à sécurité maximale 205 sur 270.Le bureau du premier ministre a fait savoir hier que M.Trudeau prononcera son premier discours «référendaire» au Québec devant la Chambre de commerce de Montréal, le 2 mai.Deux autres interventions de sa part sont actuellement prévues, mais aucune décision définitive n'a encore été prise.Les hypothèses les plus plausibles sont que le premier ministre participe à la réunion régionale des forces du «non» à Québec le 7 mai, et à une autre réunion du même style dans l'Est de Montréal le 14 mai.D'ailleurs, selon les renseignements obtenus par LA PRESSE hier, il appert que les dirigeants du Comité du NON ont réservé le Vélodrome, d'une capacité d'environ 10,000 places, pour le 14 mai et que, pour ce qui est de la réunion du 7 mai, on hésite à l'heure actuelle entre le Centre des congrès et le Colisée de Québec.Les responsables du comité du NON ont par ailleurs fait savoir que la planification des cinq dernières journées de la campagne référendaire ne sont pas encore déterminées, et qu'elles le seront à la lumière des événements qui surviendront d'ici là.Tant à Ottawa qu'à Montréal, on n'écarte pas la possibilité d'une intervention de dernière minute de M.Trudeau pendant cette période, si le besoin s'en fait sentir.Le bureau du premier ministre a par ailleurs fait savoir que M.Trudeau donnera probablement une ou deux entrevues à des média d'information, dans le cadre de la campagne référendaire.«A moins de faits nouveaux, il n'y aura pas de participation intensive.tout dépend bien sûr du succès de M.Ryan», a-t-on ajouté.Les libéraux fédéraux à Ottawa estiment néanmoins qu'une participation plus active de leur chef accroîtrait les chances des forces fédéralistes au référendum.«Mais on veut surtout, à plus long terme, que Ryan gagne les prochaines élections et on n'a pas l'intention de lui donner des jambettes», a-t-on expliqué à LA PRESSE.«D'ailleurs on n'a pas intérêt à tenter d'enlever du prestige à M.Ryan.on ne peut pas rendre M.Trudeau plus populaire qu'il ne l'est déjà au Québec, et on n'a pas d'élections fédérales en vue», a-t-on ajouté.Les stratèges du parti admettent toutefois que les militants de la base réclament une participation plus active de la part de M.Trudeau.Blitz de députés Les députés et ministres libéraux fédéraux sont, d'autre part, activement impliqués dans la campagne du NON, et il est question qu'ils organisent de véritables «blitz» dans les comtés, un peu sur le modèle de la campagne électorale lors des élections partielles dans le comté de Frontenac.Le caucus du Québec se réunit aujourd'hui et doit discuter de la question.Quoi, qu'il advienne, les députés et minisires auront plus de liberté pour faire campagne au Québec, à la suite de l'acco: survenu avec les partis de l'opposition aux Communes, poqr alléger leur fardeau de travail a Ottawa d'ici le 20 mai.Déjà, la plupart des libéraux fédéraux $jT| Québec ont participé aux activités du comité du NON, et ils coiv tinueront de le faire de plus en plus intensivement d'ici le 20 mai.Par ailleurs, les députés de^ Longueuil et de Chambly, Jacques Olivier et Raymond.Dupont, ne sont pas les seuls à avoir décidé de procéder à det nouveaux «envois collectifs» pendant la campagne référeri,1.daire, en dépit des contrainte^, sur les dépenses imposées par la loi 92.Mme Monique Bégin'ét: quelques autres députés aui.raient décidé de faire de même?** | SELON LE DOYEN LLOYD L'indépendance aurait un effet négatif sur le crédit agricole \"nul .U .I 'III rp \u2022\u201e ' ¦.¦¦¦¦ >' photo Armand Trottier, LA PRESSE Henri A Hard, 87 ans, vice-président du comité du «oui» dans l'Assomption.À 87 ans, Henri Allard est encore nationaliste Henri Allard avait 17 ans, en 1910, lorsqu'il commença à rédiger ses premiers articles dans le «Nationaliste», à côté de la prose enflammée d'Armand FLORiAN BERNARD Lavergne, Orner Héroux et Henri Bourassa.Aujourd'hui Henri Allard a 87 ans.Toujours nationaliste, il a accepté le poste de vice-président du comité du OUI dans le comté de l'Assomption et parcourt la région.* En 1976, malgré ses 83 ans.il avait porté la flamme olympique et, quelques semaines plus tard, il avait défié le Père de la Sa-blonniére dans un marathon d'un mille! Surnommé l'homme le plus en forme du Québec, ce vieil Acadien d'origfne (ses ancêtres ont été déportés de Beau-bassin en Louisiane), il demeure l'un des plus anciens nationalistes du Québec.Déjà, dans les an.-nées 1920, il militait activement dans l'ACJC (Association catholique de la jeunesse canadienne) et collaborait étroitement avec le chanoine Lionel Groulx.Le premier fleurdelysé Vers la même époque, Henri Allard adhérait au mouvement créé par le notaire Baillargé de Québec dans le but de faire adopter la «relique de Carillon» comme drapeau officiel du Québec.Quelques années plus tard, avec l'ancien maire Horace Boi-vin de Granby, il créait le mouvement des Chevaliers de Carillon.«Nous allions faire des pressions chez les commerçants pour les forcer à rédiger leurs affiches en français.», a-t-il confié.Ce militantisme devait l'amener à être l'un des premiers membres de l'Ordre de Jacques-Cartier puis, un peu plus tard, des «Aramis», mouvement ultranationaliste qui prit cause pour la sauvegarde de la race.Henri Allard raconte qu'en 1914, alors âgé de 21 ans, il a assisté à la distribution de fusils dans les écoles par les militaires canadiens.«On préparait la guerre de 1914-18 où la fleur de notre jeunesse fut sacrifiée.» Après avoir organisé des manifestations populaires contre l'anglicisation des francophones du Manitoba et de l'Alberta, Henri Allard se retrouvait quelques années plus tard aux côtés des Germain Chouinard et des Henri DeGuise dans le premier noyau de la Ligue ouvrière catholique (LOC) dont il fut le trésorier durant quatre ans.Puis, avec le chanoine Groulx, il organisait les fameuses «semaines sociales» du Canada français.Chevalier de Colomb au 4ème degré et membre de l'Alhambra, il lançait une campagne d'achat chez nous dont la présidence fut confiée au maire Camilien Hou-de, de Montréal.Aujourd'hui, malgré son grand âge, cet ancien conseiller en gestion occupe sa retraite à répandre l'idée du OUI.«J'ai eu Henri Bourassa comme maître à penser et Lionel Groulx comme père spirituel.Je rends grâce au ciel d'être encore vivant pour assister à la réalisation des rêves que nous avons entretenus pendant près d'un siècle.» L'autodétermination politique du Québec n'aurait pas d'effet négatif sur la recherche scientifique \u2014 c'est là un domaine ouvert à tous ceux qui peu- JEAN-PIERRE BONHOMME vent lire les publications \u2014 mais elle en aurait un à l'égard du crédit agricole.Le doyen de la faculté d'agriculture de l'Université McGill (Macdonald College), M.L.E.Lloyd, a dit craindre hier au cours d'une entrevue accordée à LA PRESSE, que le nouvel arrangement politique proposé par le gouvernement ne réduise la capacité des agriculteurs d'emprunter les importants capitaux nécessaires à l'achat de la coûteuse machinerie moderne.Dans l'éventualité de l'indépendance, a-t-il soutenu, le Québec perdrait les bénéfices de sa participation à un plus grand tout.Ces phrases, M.Lloyd, qui parle français et dont l'affabilité est reconnue, les a dites dans les confortables locaux des pavillons de Sainte-Anne-de-Bellevue d'où l'on a une réconfortante perspective sur le lac Saint-Louis.C'est le lieu privilégié de la seule faculté d'agriculture et d'agronomie de la plaine de Montréal, une enclave anglo-saxonne du West-Island, qui accueille un milier d'élèves au niveau du baccalauréat, de la maîtrise et du doctorat.L'institution fournit également l'enseignement à une centaine de candidats au diplôme des Instituts de technologie, ces écoles du type de celui de Saint-Hyacinthe qui offrent une formation de caractère pratique.Et depuis que le cégep anglais de cette région \u2014 4000 élèves \u2014 s'est greffé au campus de McGill, tout le bord du lac est devenu un prospère complexe éducatif où les architectes ont discrètement intégré des édifices administratifs et autres en respectant les immeubles anciens traditionnels.L'atmosphère du campus MacDonald n'est pas au OUI, par les temps qui courent.Un immense NON a été placé sur la surface du château d'eau qui ne laisse pas de doute sur les sentiments ambiants.M.Lloyd n'a pas voulu s'étendre sur ce sujet controversé mais il n'a pas manqué d'indiquer que le choix des Québécois pour le Oui aurait pour lui de lourdes conséquences i> pratiques.La faculté d'agriculture dfill( McGill est en pleine expansion.Depuis cinq ans, le nombre des étudiants est passé de 500 à 1000.Depuis ce temps, également, lq; nombre des étudiants de culture .française a augmenté au poin^ de former, aujourd'hui la moitié du corps étudiant.M.Lloyd e*.-'.' plique cette évolution par le dç;,, sir qu'ont les étudiants montré^-lais de faire d'une pierre trois! coups: les francophones de Mon1- ' tréal, qui assistent aux coujj» entièrement donnés en anglais, apprennent du coup la langue de' Shakespeare; ils n'ont par ail-.' leurs pas à déménager à Québer; et ils ont un accès facile aux ^ grandes entreprises multinatio-*1 nales de l'agro-alimentaire.,M° L'administrateur souligne qu£ son principal souci, justement, n'est pas d'augmenter le nombre des étudiants, mais d'intéresfféV' les meilleurs élèves à poursuivre' leurs études à des niveaux avap^ ces.Les étudiants en agriculture de McGill, a-t-il dit, reçoivent tôt\" les offres d'emploi de l'industrie\" agro-alimentaire et, de ce fait,\" ils ont peine à se résigner à poursuivre leur scolarité de doctorat, À cause de ce phénomène, a-t-Tl\" expliqué, le corps professoral en' agriculture, et ce dans l'ensem-' ble du Canada, est affaibli.Il l'est au point où le recrutement\" des spécialistes des diverses' sciences, à MacDonald, se fait à l'étranger, particulièrement en Europe et aux USA.Plus de dix pour cent des professeurs de Macdonald sont actuellement des étrangers et, à cause du vieillissement, la proportion devrait augmenter très rapidement.Pour M.Lloyd, la situation est possiblement plus problematic que encore au Canada françafj où la tradition scientifique agricole et agronomique est plus courte.Par ailleurs, autre diffl^ culte, le gouvernement du Quç£ bec n'ayant pas la charge, dans l'état actuel des choses, de (a recherche fondamentale \u2014 lè'S^ grandes stations agricole^;* comme celles de Saint-Jean ettie; Lennoxville sont fédérales \u2014 \\\\;i ne se rend pas suffisamment^' compte de la nécessité de formée ' des scientifiques.Les stations' agricoles québécoises, elles/-poursuivent des objectifs pràtP\" ques et technologiques plutôt que scientifiques.Il s'ensuit, dit Mv Lloyd, que les énergies scientifiques du monde agricole n'arf I-vent pas à répondre à tous Ie*s.besoins du Québec.MMI I « i i » '«/I ) l \u2022 I * I * Lalonde: le très dépendant du Canada en matière énergétique QUEBEC \u2014 «Un Québec prétendument souverain ne le serait pas du tout dans le domaine de l'énergie.Le Québec sans le Canada est extrêmement PIERRE VINCENT de notre bureau de Québec dépendant des caprices imprévisibles du marché mondial des hydrocarbures, des prix toujours croissants du pétrole, d'approvisionnements incertains.Enfin, si précieuse soit-elle, l'hy-dro-électricité ne suffit pas à tout, les exportatic.s d'électricité n'apporteraient qu'une compensation négligeable.» M.Marc Lalonde, ministre de l'Energie, des Mines et des Ressources du gouvernement fédéral, prenait hier la parole devant le Club Rotary de Québec.Au terme de son discours, en conférence de presse, il a confirmé qu'il interviendrait souvent dans la campagne référendaire: «Mais je ne parlerai pas toujours d'énergie».Et, invité à préciser si ses dépenses étaient comptabilisées au Comité des Québécois pour le NON, M.Lalonde, de toute évidence excédé par la question, a répondu sèchement: «Je ne suis membre d'aucun comité, je suis ministre de PEnergieî » Mais hier, en ce terrain conquis, devant ces «Rotariens» visiblement satisfaits de constater le chemin parcouru par un de leurs ex-boursiers («Grâce à cette bourse, j'ai pu suivre des cours à l'étranger»), M.Lalonde faisait beaucoup plus figure de chevalier du NON qu'autre chose: «voie prometteuse» pour relever les défis énergétiques de l'avenir, si on vote NON au référendum; ou «voie sans issue», si l'on vote OUI, si l'on opte pour un Québec souverain.«De toute façon, que ce soit un OUI pour la souveraineté ou pour de simples négociations, c'est un cul-de-sac: René Léves-que ne pourrait que constater l'impossibilité de négocier, il reviendrait donc par la suite proposer l'indépendance.» Et l'indépendance, selon M.Lalonde, non seulement ferait-elle grimper les factures de la consommation énergétique pour le Québec, mais encore elle le priverait des garanties d'approvisionnement que lui confère son actuelle appartenance à la fédération canadienne.Le pétrole.Grâce au fédéralisme, il nous coûte moins cher.Et M.Lalonde précise: «En 1980, une famille québécoise moyenne économisera $1,250 ($850 sur le chauffage et l'essence et $400 sur les produits autres que l'énergie), tout ça grâce à nos politiques et à nos principes fédéraux.» Le ministre de l'Energie promet même que cette situation avantageuse pour le Québec durera longtemps encore, «parce que nous avons l'intention de maintenir des prix concurrentiels, parce que les sources de pétrole canadien ne tariront pas, parce que le Canada atteindra à long terme son autonomie pétrolière et s'affranchira du marché international du pétrole».Et le gaz naturel.«Laissé à lui-même, soutient M.Lalonde, le Québec n'aurait pas de gaz, alors qu'au sein du Canada il a accès à un approvisionnement sûr et bon marché.Nous veillerons à ce que le gazoduc soit prolongé à l'Est de Montréal et vers les autres régions de la province.Nous voulons que des encouragements soient offerts à ceux qui désirent se convertir au gaz naturel.Pour ça, nous ne pouvons y arriver tout seuls.Nous avons besoin, au Québec, d'un gouver- nement disposé à coopérer.» Enfin, l'hydro-éleetricité.D'abord, M.Lalonde affirmemw qu'après 1995, quand tous les cours d'eaux rentables auront./» été aménagés, il faudra au,,; moins deux centrales nucléaires seulement pour satisfaire la-demande intérieure; ensuite, il,, soutient que de toute façon les' exportations d'électricité du Québec ne lui permettraient pas de payer sa facture pétrolière.«En 1979, les exportations d'éleq- ., tricité n'auraient permis de payer que 5 pour cent de la facture pétrolière du Québec.» Dans sa conclusion, le minisr tre fédéral de l'Energie a insisté,, sur le fait qu'un Québec souve-\"' rain aurait du mal à obtenir les,., faveurs d'Ottawa ou des autres , provinces riches en ressources, énergétiques «Si le Québec ne 4u Canada, \u2022>ir la pré-,,, Unis?» faisait y pourqui férenct ' \u2014 onri LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 23 AVRIL 1980 Un i annonceur lit lui-même à la télé la nouvelle de son adhésion du OUI! § A*1 i JONQUIERE \u2014 On peut parier qu'il n'y a qu'au Sa-guenay où la fièvre référendaire soit assez forte pour qu'on permette à un annonceur de télévision de lire lui-même la nouvelle annonçant son adhésion au camp dù«oui»! RÉJEAN TREMBLAY Jean Ducharme est le lecteur du bulletin de nouvelles régionales de la station CKRS de Jon-quière depuis des années.Lundi soir, comme à l'habitude, c'est lui qui lisait le bulletin de nouvelles régionales complétant le «Ce soir» de Radio-Canada.Très digne, sans une trace d'émotion dans le visage, M.Ducharme a commencé à lire urlè nouvelle.\u2014 «Par ailleurs, deux personnalités bien connues de la radio et télévision régionale, M.Jean Ducharme et Louis Champagne dé'la station CKRS ont annoncé cet après-midi, lors d'une conférence de presse, leur adhésion officielle au comité du Oui du comté de Jonquière.M.Ducharme a expliqué.etc., etc.» j Puis, sans le moindre changement dans le ton, M.Ducharme à enchaîné en lisant un communique du comité du Non faisant part de la réussite du brunch des ?Yvette dimanche matin à Chi-coutimi.j ï?ar ailleurs, les employés de l'autre station de télévision régionale CJPM-TV, à Chicoutimi, se sont prononcés officiellement pour le Oui assurant cependant la population que toutes les règles d'éthique professionnelle 'seraient respectées par les journalistes de la salle des nouvelles.\u2022 ; E* dimanche, les journalistes affectés à la couverture ont provoqué de véhémentes réactions des tenants du «Non» quand ils ont décidé de rester assis à la fin {lu déjeuner alors que les quelque 450 Yvette se levaient pour entonner le 0 Canada.j «Se lever à la fin d'un déjeuner pour chanter PO Canada, ça devient un geste politique rendant hommage au fédéralisme et c'est un geste que nous n'avons pas à endosser», a expliqué un des journalistes présents.LE RÉFÉRENDUM A 15 Les quatre premiers ministres de l'Ouest n'ont pas été approchés par Ryan LETHBRIDGE, Alberta \u2014 A 27 jours de la date du référendum, les quatre premiers ministres de l'Ouest du pays n'ont pas été approchés par le chef du «non» quant à leur éventuelle participation à la campagne référendaire.RHÉAL BERCIER envoyé spécial de LA PRESSE W.C.Bennett (Colombie - Britannique), Alan Blakeney (Saskatchewan), Peter Lou-gheed (Alberta) et Sterling Lyon (Manitoba) ont.confirmé l'information à LA PRESSE.Des leaders politiques de l'Ouest, un seul jusqu'ici, M.Bennett, compte se rendre à Montréal.Il y a été invité par la Chambre de commerce du dis- trict de Montréal et du Montreal Board of Trade.Il y prononcera une conférence sur l'avenir du Canada le 12 mai.Cette intervention ne s'inscrit toutefois pas dans la stratégie des forces du «non», a précisé M.Bennett.Il ne s'en est donc pas entretenu avec le chef de l'Opposition du Québec.«Je n'ai pas de permission à demander à M.Ryan pour faire part de l'opinion constitutionnelle de la Colombie-Britannique au Québec, car je suis le premier ministre de cette province.» M.Blakeney a déclaré de son côté qu'il ne s'était pas entretenu «depuis des mois» avec le chef libéral québécois.Le premier ministre de la Saskatchewan n'a donc pas de stratégie particulière à l'égard du référendum, mais se dit disponible pour se rendre au Québec et y faire à nouveau part de l'opinion des Canadiens de la Saskatchewan à l'égard de la souveraineté-association.Il en est de même pour son collègue de 1'Alberta qui n'a, pour l'instant, aucun projet spécifique pour faire campagne dans la belle province.«Si je suis invité, j'irai», a-t-il fait observer, notant que 100,000 Albertains ont signé la pétition invitant les Québécois à demeurer au sein du Canada.Quant à M.Lyon, il a déclaré qu'il ne connaissait pas M.Ryan, mais que s'il est invité à intervenir dans le débat référendaire au Québec, il faudrait qu'il soit convaincu que sa participation aura des effets positifs lors du scrutin du 20 mai.Les chrétiens pour le OUI demandent à Ryan de retirer ses paroles M.Paul Bouchard, porte-parole du Comité des chrétiens pour le «oui» demande à M.Claude Ryan de retirer publiquement «les paroles blessantes» qu'il a eues à l'endroit de seS membres.Le président du Comité national des Québécois pour le «non» JULES BEL)VEAU avait vivement condamné, la semaine dernière cette formation regroupant une quinzaine de chrétiens en vue.M.Ryan s'en était pris particulièrement au Père Ambroise Lafortune, voyant en lui \u2014 mais à tort \u2014 le premier responsable de cette initiative qu'il a dénoncée comme un geste «complètement sot».Déplorant que M.Ryan ait utilisé les expressions «faux prêtres» et «faux frères» à l'endroit de ses membres, le Comité des chrétiens pour le «oui» souligne que ces épithètes «ne peuvent certes pas être qualifiées de très chrétiennes».A l'intention des personnes pouvant croire à une nouvelle ingérence du clergé dans les affaires publiques, le Comité précise que l'initiative de sa formation «revient à un groupe de laïcs qui en sont venus à poser ce geste comme un fruit naturel de la recherche qu'ils poursuivent depuis quatre ans sur l'engagement socio-politique du chrétien dans le débat historique qui agite notre milieu québécois».Et à ceux qui les accusent de faire «une lecture politique de l'Evan- \u2022vC ^^^mm.tail photo Réal St-Jean, LA PRESSE Paul Bouchard gile», les membres du comité disent répondre qu'ils font, au contraire, «une lecture évangéli-que de la politique».Les chrétiens pour le «oui», protestant contre l'invitation que leur a faite M.Ryan de «se faire tout simplement», demandent au nom de quel principe, dans une société se voulant démocratique,, on voudrait ostraciser l'expression d'une analyse chrétienne de la réalité.Ils déclarent d'ailleurs à ce sujet: «Lorsque le chef du Parti libéral soutient qu'il est interdit spirituellement d'accoler le mot chrétien à une option particulière, il affirme implicitement que le chrétien engagé serait l'unique exception à la règle démocratique qui veut que tout citoyen ait un droit strict de rendre publique son opinion selon le point de vue dans lequel il se place.Interdit qui équivaudrait en pratique à rétrécir le champ d'action du croyant au seul domaine de la vie privée.ce à quoi prétendent d'ailleurs le réduire les Etats totalitaires et athées pour ne pas être embarrassés, dans la poursuite de leurs objectifs, par les exigences de la morale.» Abordant la question de l'utilisation de la religion par les tenants du «non» à laquelle ils affirment avoir voulu faire contrepoids, les chrétiens pour le «oui» signalent: «Sans entrer dans les détails, il était nécessaire de démasquer l'opportunisme des tenants du «non» qui, consciemment ou non, voient dans ce large pan de la masse populaire (des croyants conservateurs) une clientèle naturelle qu'ils voudront accrocher en projetant, de façon subliminale, des images frisant parfois la tartuferie et propres à accentuer cette identification des bonnes gens religieux et de l'option du Non».Ils poursuivent: «L'on comprendra alors l'exaspération de M.Ryan devant la formation d'un comité d'une quinzaine de personnes.Ce n'est pas le nom: bre qui a pu impressionner le chef du Parti libéral mais le fait que ce comité pratique une brèche dans le monopole qu'il croyait détenir sur le plan de la religion.» Le Comité assure enfin de son plus grand respect toutes les personnes, y compris M.Ryan, ne partageant pas ses opinions.1/ ACTUALITÉ RÉFÉBENDAÎRE Paré: l'Ontario ne doit pas négocier ; .Le président du conseil d'ad-;n)inistration de la société Imas-[cpj M.Paul Paré, affirme que Ipour des raisons d'ordre géographique et historique, et aussi parce que le PaTti québécois y «voit la province la plus directe-ment tributaire du Québec et la plus susceptible de s'associer à Juq Québec indépendant, l'Ontario occupe une place de premier fclan dans le débat constitutionnel ' p.avant le Canadian Club de Hamilton, l'homme d'affaires montréalais a rappelé hier que Je gouvernement péquiste soutient que l'Ontario, à rencontre des autres provinces, n'aurait 'd'autre ressource que de s'asso-fcieî à un Etat québécois souverain et séparé pour y écouler ses produits manufacturés et maintenir son niveau d'emploi industriel.| Qualifiant la question référendaire de question fourre-tout, M.taré s'est dit d'avis que la seule façon pour 1'Ontario de respecter la volonté démocratique des Québécois était de refuser de négocier la souveraineté-association, et non l'inverse, i Une réponse au « What does Quebec Want?» ; Un «oui» au référendum sera accueilli avec soulagement dans les autres provinces canadiennes, a affirmé, hier, le ministre d'Etat au développement économique, M.Bernard Landry.1 M.Landry, qui participait à fyne tournée référendaire dans la circonscription de Vanier, en compagnie du député de l'endroit, M.Jean-François Bertrand, a déclaré qu'un «oui» des citoyens du Québec constituera ane réponse précise à l'éternelle Iuestion «What does Quebec ant?».' L*t ministre s'est dit convaincu que l'opinion publique dans les autres provinces était majoritairement favorable à l'ouverture de négociations avec le Québec.Pas de journalistes à la prison La question référendaire ne manque pas d'échauffer certains esprits, même à l'air libre.Il n'est pas difficile d'imaginer ce que pourraient donner des cabales orchestrées à l'intérieur des murs d'une institution péni-tenciaire.C'est un peu comme cela que M.Jean-Paul Lupien, directeur de l'Institution pénitenciaire de Cowansville, comprend les directives émises récemment par ses supérieurs concernant le débat référendaire à l'intérieur des institutions fédérales.Pas de comités du OUI ou du NON.Pas de macarons et encore moins de débats contradictoires.Les prisonniers ont le droit de vote, ce qui constitue une première.Mais ils devront se limiter aux media d'information pour éclairer leur lanterne.Et en plus, alors que M.Lupien avait accepté que LA PRESSE rencontre, hier, le comité des détenus de Cowansville, les directives sont venues l'interdire au dernier moment.Aucun journaliste, aucune caméra ne pourront pénétrer derrière les barreaux pour décrire comment s'y déroule la campagne référendaire.Brèves rencontres Le chef des Québécois pour le «non», M.Claude Ryan, a fait des rencontres inattendues hier lorsqu'il a fait campagne au Salon international du Livre de Québec.En effet, il est arrivé face à face avec deux de ses adversaires, MM.Doris Lussier et le Père Ambroise Lafortune.M.Lussier, un supporteur du Parti québécois, a remis au chef libéral une copie de son nouveau livre sur le père Gédeon en lui disan'^ue c'était pour combattre se.?;)isomnies.M.Ryan lui a répliqué qu'il ne perdait aucune heure de sommeil à cause des tenants du «oui».Un peu plus loin, M.Ryan est arrivé nez à nez avec le Père Ambroise qui est membre d'un comité de chrétiens favorables à la souveraineté-association.Pointant son macaron fédéraliste, M.Ryan a lancé: «Vous savez, votre affaire ne marche pas très bien.» Le leader du «non» a critiqué récemment ce groupement, affirmant qu'il ne fallait pas mêler la religion et la politique.1200 «oui» l'université Laval Plus de 1,200 membres du personnel de l'université Laval \u2014 professeurs, cadres et personnel de soutien \u2014 diront oui au Québec le jour du référendum.C'est ce que le regroupement pour le oui de l'université Laval annoncera demain, au cours d'une rencontre avec la presse à laquelle participera M.Pierre-Marc Johnson, ministre du Travail et de la Main-d'oeuvre.L'ex-dépuîé Béland n'a pas dit «non» Deux personnalités du comté de Lotbinière, MM.Jean-Louis Béland, ex député créditiste à l'Assemblée nationale et exmaire de Saint-Gilles, et Maurice Labonté, maire de Val-Alain, affirment qu'ils ne font pas partie du comité du «non» de Lotbinière, contredisant ainsi les propos de M.Hughes Lapointe, président de ce comité.M.Lapointe avait en effet annoncé, la semaine dernière, la participation active de MM.Béland et Labonté.Le président du comité de campagne du regroupement pour le oui de Lotbinière, M.Pierre Labelle, a souligné à ce propos que le comité du non utilisait des méthodes douteuses, en omettant de s'assurer du consentement des citoyens avant de proclamer leur adhésion au non.Professionnels pour le «non» Une soixante de professionnels se sont prononcés publiquement en faveur du non, à l'occasion d'une conférence de presse tenue hier dans les locaux du comité pour le non du comté de Drummond.Le groupe, formé de notaires, avocats, ingénieurs, comptables, etc., a émis par la suite un communiqué dans lequel il souligne que tout en souhaitant un changement constitutionnel profitable pour le Québec, il considère que la question telle que formulée est trompeuse et qu'une réponse favorable de la part de la population entraînerait inévitablement les Québécois vers l'indépendance, alors que la solution viendra d'une nouvelle fédération née d'une concertation avec les autres provinces et de négociations calmes et éclairées.Les Franco-Colombiens La Fédération des Franco- f%r\\\\r\\w\\\\\\\\\u20ac\\r\\c a fait cotrnir lunHi qu'elle reconnaissait aux Québécois le droit à l'auto détermination.La fédération, qui est l'organisme parapluie des quelque 40 groupes francophones en Colombie-Britannique, a annoncé par voie de communiqué qu'elle adoptait une attitude de non-ingérence dans le référendum québécois sur la souveraineté-association.Toutefois, la Fédération franco-colombienne note que la situation qui prévaut actuellement au Québec «est l'aboutissement d'une perpétuelle politique d'inégalité concernant les droits des parlants français au sein de la Confédération canadienne».Les chefs Aujourd'hui, M.Lévesque fait campagne aux ïles-de-la- Madeleine, à Matane et à Rimouski avant de passer la nuit à Québec.M.Ryan, lui, a quitté Québec ce matin et il passera la journée à Mont rea 1 et sur la Rive sud.«Barrer la route au communisme» Pierre Gravel TROIS-RIVIERES \u2014Tout le monde, à Trois-Rivières, connaît Conrad Godin et personne ne connaît mieux sa ville natale que lui.Ce légendaire dentiste de 75 ans qui pratique encore sa profession, constitue à la fois une encyclopédie inépuisable sur l'histoire régionale de la Mauri-cie et un personnage haut en couleur qui ne laisse personne indifférent.Quand on l'a rencontré une fois, on s'en souvient.Toujours.De taille moyenne, mince et droit, le sourire moqueur, souvent mal rasé et les cheveux gris en bataille, il court inlassablement de son bureau à une réunion de la Société d'histoire, ou de France-Canada, ou de la So- tre des Affaires culturelles et député péquiste de Trois-Riviè-rés, Denis Vaugeois, s'est engagé activement, à la grande surprise de plusieurs Trifluviens dans le camp du «non».«D'abord, pour barrer la route au communisme», explique-t-il avec conviction.C'est bien là, selon lui, le véritable enjeu du prochain référendum et il se fait fort d'en fournir des preuves qu'il juge irréfutables et dont il se sert dans les conférences et discours qu'il présente partout.Il y a d'abord les crucifix qui sont disparus des écoles où l'enseignement religieux a été supplanté par celui de la sexologie; les prières qu'on ne dit plus à l'Assemblée nationale, ni dans photo LA PRESSE Le bureau professionnel de Conrad Godin ressemble à un véritable capharnaum.ciété Saint-Jean-Baptiste.Il y arrive toujours les poches bourrées de coupures de presse, de lettres ou encore de feuillets imprimés sur toutes sortes de sujets (prières originales, pensées philosophiques, devises, slogans, capsules d'optimisme ou histoires drôles) qu'il distribue à la cantonnade.Sans oublier son éternel petit calepin noir, semblable à celui de Claude Ryan, dans lequel ii note scrupuleusement toutes les blagues nouvelles qu'il entend afin de pouvoir ensuite les raconter à d'autres.Collectionneur Conrad Godin ne fait pas que distribuer des messages à tous ceux qu'il rencontre; il est aussi un collectionneur invétéré.Son bureau professionnel, un appartement de sept pièces, rue Bona-venturc, voisin de la maison qu'habitait Maurice Duplessis, ressemble à un véritable capharnaum à mi-chemin entre une bibliothèque d'ouvrages anciens et un musée de médailles, photos, statues, décorations et souvenirs de toutes sortes.Au point où sa chaise de dentiste, ses instruments chirurgicaux et son assistante, en blouse blanche, y prennent un caractère d'incongruité.Ses patients, (ii esi lout fier de dire qu'il en a traité 25,832 depuis 1934!) pourront, avec un peu de chance, se faire extraire une molaire et avoir en prime un cours d'histoire du Canada et une visite des lieux.Ils y verront les 7,000 volumes et les 300 caisses de découpures de journaux que Conrad Godin a accumulés avec les années.Immanquablement, ils pourront contempler le diplôme d'officier de l'Ordre de la Fidélité française qu'il a reçu en 1977 et une photo en couleurs du premier ministre Trudeau.D'ici au 20 mai, ils auront la chance aussi, de se faire expliquer par leur dentiste pourquoi ils devraient voter «non» au référendum.L'enjeu: le communisme Car Conrad Godin, qui se définit comme un farouche nationaliste, disciple de Maurice Du-plysis et ancien ami et compagnon d'action de l'actuel minis- les conseils municipaux, les réunions de commissions scolaires ni même en classe.«C'est rendu au point où les enfants font leur première communion sans même connaître les dix commandements de Dieu», s'excla-me-t-it en s'emportant.«J'ai d'ailleurs rencontré récemment des religieuses missionnaires à Madagascar et au Vietnam qui m'ont expliqué que c'est exactement comme cela que la révolution a commencé là-bas.J'ai même fait la connaissance d'Américains haut placés et bien informés qui m'ont supplié de ne pas laisser faire l'indépendance du Québec parce que ça ferait un nouveau Cuba en Amérique du Nord.» Mais le Parti québécois peut-il être tenu responsable des changements sociaux survenus au Québec bien avant son arrivée au pouvoir?Et la question référendaire ne porte-i-elle pas sur la souveraineté-association et non sur !a simple indépendance?Et un nouveau référendum n'est-il pas prévu comme un préalable essentiel à tout changement éventuel?Un piège Conrad Godin ne s'embarrasse pas de telles objections.«Si les péqu^ît/> n'étaient pas des communistes, ils auraient profité de leur arrivée au pouvoir pour corriger les choses et empêcher la situation de se détériorer.Quant aux promesses pour l'après-référendum, c'est un piège et il ne faut pas y croire.Comment pouvez-vous avoir confiance en un gouvernement qui contient des anciens prêtres défroqués, des hommes divorcés, des accotes.» et bien d'autres turpitudes encore qui scandalisent ce vaillant défenseur des valeurs traditionnelles.Si, par hypothèse, le même projet de souveraineté-association était proposé par des hommes de bonne conduite à qui on puisse se fier?«Je voterais alors «oui» sans aucune hésitation.» Même au risque de briser le Canada en deux?«Il n'y aurait alors pas de danger parce que si j'étais honnête et fier de leur tradition religieuse et historique, ils ne tenteraient pas de détruire le plus beau pays du monde.» A 16 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 23 AVRIL T 980 LES SURVIVANTS S'EN VONT EN FLORIDE Montréal dJ0 Montréal n'a plus de dauphins: les trois survivants \u2014 Pierrot, Kim et Carole \u2014 prennent l'avion aujourd'hui pour le Flipper Sea School de Miami, en Floride.GEORGES LAMON et GILLES NORMAND Quant à ceux qui sont morts \u2014 Brigitte, Judith et Fanny \u2014il est permis de croire qu'ils vivraient encore, si l'aquarium de Montréal avait fonctionne normalement.Et tout indique que ce n'était déjà pas le cas bien avant la récente grève des employés manuels, même si les personnes confrontées directement avec ia situation ont fait leur gros possible dans les circonstances.Les mammifères marins vedettes du spectacle, dans ce cirque qui faisait l'orgueil de l'aquarium depuis l'Expo 1967, ont succombé à la déshydratation et à la faim, apprend-on dans les rapports préliminaires de l'autopsie pratiquée sur leurs cadavres, dans les heures qui ont suivi leur mort inutile.Des analyses supplémentaires plus approfondies devraient toutefois permettre, dans un avenir prochain, d'en apprendre davantage qu'il n'est pour le moment possible, sur les conditions de vie auxquelles ces dauphins ont été soumrs à l'aquarium Alcan, dont le prestige et la réputation viennent d'être durement secoués.Ces tests sont faits à l'Université de Guelph, en Ontario, et à l'hôpital Notre-Dame, à Montréal.Ils constituent un complément rigoureux aux autopsies, et ils devraient nous renseigner sur des choses aussi élémentaires que la qualité de la nourriture des dauphins, et la qualité de leur environnement immédiat, dont bien sûr celle de l'eau.Peut-être les examens microscopiques des tissus (sanguins et autres) déboucheront-ils sur des conclusions banales, mais il n'est pas impossible non plus qu'ils révèlent des faits troublants Déjà un rapport préliminaire d'autopsie parle d'une quantité incroyable de calculs dans les reins de Judith, phénomène plus que rare.Cela nous aiderait peut-être à comprendre pourquoi, avant les départs d'aujourd'hui, il ne restait plus que trois dauphins \u2014 dont deux moribonds \u2014 sur les 26 adultes qu'a possédés l'aqua- BRIGITTE, JUDITH ET FANNY VIVRAIENT SI L'AQUARIUM AVAIT FONCTIONNÉ NORMALEMENT ri il m de Montréal depuis son ouverture, en 1967.Pas d'appels à J'aide Durant la récente grève des cois bieus, qui a éclaté le 12 février, quelques cadres municipaux, dont M.Claude Lebrun, gérant du Planétarium Dow, ont prêté main-forte au surintendant-adjoint M.Julio Rachielle, pour nourrir les dauphins et les autres espèces de l'aquarium.Quelques heures avant la mort des dauphins, M.Rachielle déclarait à LA PRESSE qu'il avait soumis à la Ville quatre rapports pour obtenir de l'aide, soit les 17 janvier, 7 et 14 février, par écrit, et le 4 mars verbalement.Il est à noter que la grève ayant commencé le 12 février, la situation était loin d'être alarmante lorsque les demandes écrites ont été faites.Au comité des services essentiels du syndicat des cols bleus, où toutes les demandes d'assistance ont été notées, remplissant quelque 400 pages de deux énormes cahiers, on affirme n'avoir reçu aucune autre demande pour l'aquarium que celle du 12 février concernant le système de filtration.L'unique requête de la Ville concernant les dauphins est arrivée le 19 mars, à 10h05 a.m., mais il était déjà trop tard.Alarmés par le journal The Gazette, les entraîneurs se présentaient au travail le jour même, et à 21 h le 20 mars un premier dauphin, Fanny, mourait.Compétence et incompétence Ce n'est un secret pour personne dans les milieux plus ou moins bien informés que les relations de travail à l'aquarium se sont gravement détériorées au fil du temps.Si bien qu'aujourd'hui, tout le monde se renvoie la balle de la responsabilité quant à la mort des dauphins, et que les accusations d'incompétence des uns envers les autres fusent, du dernier échelon au premier.Quand l'aquarium a ouvert ses portes, en 1967, il était animé par une équipe composée d'éminents spécialistes.En effet, son premier directeur, M.Paul Montreuil, spécialisé en zoologie et en parasitolo- photo Robert Nadon, LA PRESSE Les Drs Jack Pearson et Joseph Geraci, deux éminents spécialistes américains, ont pris la responsabilité du transport vers la Floride des trois dauphins qui ont survécu à la grève des cols bleus de Montréal.En l'absence des dauphins, le grand bassin sera transformé et recevra, semble- t-ii, des tortues marines, des phoques et autres espèces.LE DR GERACI EST INDIGNÉ «C'est inexcusable d'avoir abandonné ainsi des animaux pendant «En 17 ans d'expérience avec les animaux, je n'ai jamais vu de morts de dauphins aussi inutiles! Car je persiste à croire que les trois dauphins de l'aquarium de Montréal sont morts sans aucune raison justifiable.C'est vraiment inexcusable que quelque chose comme cela arrive.» Le Dr Joseph R.Geraci, attaché à l'Université de Guelph en Ontario, et considéré comme une sommité mondiale en matière de mammifères marins, n'a pu, au cours d'une entrevue téléphonique avec LA PRESSE, cacher toute sa déception, toute son indignation devant la situation engendrée par la grève des cols bleus.Et il est bien à l'aise pour en parler.Lui qui est toujours, avec M.Jack Pearson de l'aquarium de Boston, le vétérinaire consultant de l'aquarium de Montréal.Il fut d'ailleurs tout à tour dans les années 60, conservateur et pathologiste en chef à Montréal, après avoir été directeur adjoint à l'aquarium de New York.C'est inexcusable «Je comprends qu'un dauphin puisse être malade et en mourir, on s'attend à cela bien sûr» a encore précisé M.Geraci qui poursuit actuellement des re cherches sur les mammifères marins en Floride.«Mais lorsqu'un dauphin commence à dépérir parce que des gens qui en prennent ordinairement soin ne le font pas (durant la grève), c'est totalement inexcusable.» Et selon M.Geraci, même au retour des entraîneurs, il était déjà trop tard pour sauver les dauphins: ils étaient déjà beaucoup trop maigres, en très mauvaise santé et surtout déshydratés.«Quand je les ai vus le 21 mars, insiste-t-il, ils étaient à ce point amaigris et malades qu'ils n'avaient plus aucune chance de s'en sortir.» En fait, les dauphins avaient établi eux-mêmes leur routflae depuis de nombreuses années: cette routine faisait de leur nourriture une partie intégrante de leur entraînement.L'interruption continue de cette routine à cause de la grève a Hé suffisante pour changer complètement leur régime de vie.Et même si les cadres se sont occupé des dauphins durant l'absence des entraîneurs, ils ne connaissaient pas pour autant leurs habitudes.De sorte que les mammifères n'ont pas repondu à leur appel puisque cela ne faisait pas partie de la routine du spectacle.Sans vouloir rejeter la responsabilité de la mort des dauphins sur l'une ou l'autre des parties, le Dr Geraci constate cependant des failles dans le système: par exemple, ce qu'il croit être la trop grande rigidité des lois relatives à la grève.Au cours de ses nombreuses années d'expérience avec les animaux, il n'a «jamais vu que des gens qui prennent soin des animaux puissent faire une grève sur leur dos».Situation unique «Je ne comprends vraiment pas cela, confie-t-il.Cette situation des dauphins créée par la grève des cols bleus n'est jamais arrivée ailleurs sur le continent nord-américain.C'est le seul endroit où ça s'est produit.Peut-être est-ce une question de mentalité des entraîneurs, je ne sais pas! » Certes, M.Geraci a une conception bien différente de celle qu'on a à Montréal quant aux soins constants à prodiguer aux dauphins, ces animaux quand même capricieux et fragiles.Il est catégorique là-dessus: ce qu'il leur faut avant tout c'est de l'affection qui peut aller jusqu'au dévouement.«La plupart des entraîneurs de dauphins que je connais et qui ont appris la situation à Montréal à la suite de la grève, se sont opposés au fait que des çn-traîneurs puissent abandorf^er photo Robert Nadon, LA PRESSE Le Dr.Joseph Geraci, une sommité mondiale en matière de mammifères marins, est indigné de la situation qu'a engendrée la grève des cols bleus de Montréal.leurs animaux ainsi, durant 20 ou 30 jours.C'est inconcevable.» Il fait sienne d'ailleurs cette sorte de relation d'affection réciproque qui devrait exister entre entraîneurs et animaux dans ce genre de travail.Il explique avoir vu des entraîneurs travailler 24 heures par jour pour demeurer continuellement près de leurs animaux malades, campant même à leurs côtés durant trois ou quatre jours.Ce dévouement allait tellement loin que des dizaines de personnes pouvaient même s'occuper d'un seul animal malade, qu'on traitait comme un membre de sa propre famille.La grève de Montréal l'a amené à citer en exemple le oroprié-taire d'un chien qui partirait en le laissant seul à la maison et qui dirdait à ses voisins: «Occupez-vous de mon chien, ce n'est plus mon ouvrage, moi je pars».Comment expliquer le fait qu'après 13 ans, l'aquarium de Montréal qui a compté jusqu'à 26 dauphins adultes (âgés de deux ou trois ans) et a vu naître huit bébés qui n'ont pas survécu, ne puisse plus aujourd'hui en conserver un seul?À cette question, le Dr Geraci ne peut apporter de réponse.Tout au plus, peut-il donner une idée de la manière dont un aquarium comme Montréal devrait fonctionner, particulièrement au niveau des entraîneurs.Ailleurs, dit-il, les dirigeants d'aquarium établissent des critères de base précis dans l'embauche d'entraîneurs.Ainsi par exemple, sur un certain nombre de candidats on choisit celui qui possède l'habileté à prendre soin des animaux,, son expérience passée avec eux, sa patience et sa compréhension de la sensibilité de ces mêmes animaux.Aussi M.Geraci soutient-il quo les cadres de l'aquarium de Montréal même s'ils ont fait tout leur possible durant la grève pour soigner les dauphins, ne pouvaient pas pour autant combler le manque d'affection et saisir la sensibilité de ces mammifères.Cela a sans doute eu un effet sur leur état psychique.& gie de l'Université McGill, arrivait droit de l'aquarium de New York dont il dirigeait les destinées.Il a été embauché à Montréal comme directeur scientifique, après quoi il s'est adjoint le Dr Joseph Geraci, comme conservateur et comme pathologiste en chef.Le Dr Geraci, avant de venir à Montréal, était conservateur adjoint à l'aquarium de New York.MM.Montreuil et Geraci étaient assistés, entre autres, de M.Bryan Beck, un des meilleurs entraîneurs de dauphins au monde \u2014 selon M.Montreuil \u2014, et qui avait une vaste expérience comme technicien en mammifères marins.Postes abolis De 1967 à 1975, l'aquarium de Montréal a traversé trois grèves et aucune n'a été néfaste aux dauphins parce que le personnel cadre, resté sur place jour et nuit, campant près des bêtes, connaissait et les dauphins et son métier, estime aujourd'hui M.Montreuil.En 1975, M.Montreuil quittait l'aquarium de Montréal désenchanté tant par les relations de travail qui avaient commencé à se détériorer, que par le peu de compréhension de la part des autorités municipales.Compréhension d'un aquarium s'entend.Le poste de M.Montreuil, celui de directeur scientifique, devait par la suite être aboli, tandis que la plupart des collaborateurs qui lui restaient lui emboîtaient le pas et quittaient pour un ailleurs meilleur.Déjà en 1970, la ville avait aboli le poste de chef - en traineur - contremaître, selon toute apparence pour des raisons d'économie.a¦ .is la fonction de vétérinaire en poste a elle aussi été effacée.Le Dr Geraci demeure vétérinaire consultant et tout se fait au téléphone, à l'exception de deux ou trois visites par an.Qui plus est, on n'a jamais comblé le poste de conservateur laissé vacant l'année dernière par la mort de M.Vincent Frederick Penfold, qui avait succédé au Dr Joseph Geraci.M.Penfold avait d'abord été conservateur d'aquarium à Vancouver.Quant au départ, en 1970, du contremaître-entraîneur, cela devait signi-.fier qu'il n'y avait plus personne de hautement qualifié, par la suite, pour «entraîner» les entraîneurs de dauphins.Aujourd'hui, et ce depuis le départ de M.Montreuil, l'aquarium et le cirque marin sont sous la direction unique de M.Raymond Roth, qui chapeaute aussi le planétarium Dow et le jardin zoologique municipal.Son surintendant-adjoint, depuis décembre 1 9 à Montréal avant au moins deux \u20ac5 BIS Les trois dauphins survivants de l'aquarium de Montréal \u2014 Kim, Pierrot et Carole \u2014 devaient quitter la métropole à lOh ce matin, à bord d'un fret nolisé de la Rich Airline, à destination du Flipper Sea School de Miami, en Floride.Cette décision, selon le surintendant de l'aquarium de Montréal, M.Raymond Roth, a été prise parce que l'on considère que c'est «la seule vraie façon de mettre les dauphins sur la voie de la guérison», soit en les retournant pour une période indéterminée dans leur milieu naturel, dans la mer floridienne d'où ils viennent.Les deux éminents spécialistes américains en matière de mammifères marins, le Dr Jack Pearson, directeur du Marine Mammals New England Aquarium de Boston, et le Dr Joseph Geraci, de Floride, sont arrivés à Montréal en fin d'après-midi hier, afin de prendre la responsabilité des opérations de transbordement et de transport des trois bêtes aquatiques, qu'ils ont aussi mission d'accompagner jusqu'en Floride.Les dauphins n'ont reçu aucune nourriture depuis hier matin, puisqu'il leur faut être à jeun depuis 24 heures pour effectuer le voyage.Ils devaient être hissés sur des civières de caoutchouc coussinées de mousse de plastique, pour être déposés dans des caissons protecteurs.Leurs corps doivent être graissés à la vaseline et entourés de serviettes mouillées que l'on doit arroser au fur et à mesure.On estime que la pension des dauphins coûtera environ $3.000 pour chacun par annéeJ^e qui constitue une somme très modeste selon M.Roth.Cela représente au prix coûtant leur nourriture en poissons.Les soins éfla pension proprement dite seront assurés gratuitement, «pour l'amour des dauphins».Les dauphins vont-ils revenir à Montréal?Nul ne le sait.La seule réponse que l'on peut donner, à la direction de l'aquarium, c'est qu'on ignore quand ils pourraient revenir.Ils seront certaU nement partis durant plus de 1g mois, assure-t-on.Qu'adviendra-t-il entre-temps des quatre entraîneurs de dauphins?Selon la tendance en usage à la Ville de Montréal, ils sont mis en disponibilité et donc affectée à d'autres tâches.Selon les cols bleus, ces événements ne sont pas sans servir les «intérêts» de la ville de Montréal: «Ça fait 12 ans que la ville voulait confier à l'entreprise privée l'entretien et le dressage des dauphins», a commenté un porte-parole.On doute fort, en certains milieux, que les dauphins reviennent jamais à Montréal.D'ici là, le cirque marin perd sa vocation et le grand bassin sera transformé en élément majeur d'exposition.Il sera incorporé à l'aquarium et les visiteurs n'auront pas à payer davantage pour Ppb-server, comme ils devaient le faire pour assister au spectacle des dauphins.On songe à habiter le bassin de tortues marines, de phoques et d'autres espèces, a annoncé M.Raymond Roth.Le mâle, Pierrot, logeait à l'a- : quarium Alcan depuis le 13 mart .* 1967, tandis qu'on avait fait l'acquisition de Kim et de Carole 17 février 1977.* l^PRÉSSE, MONTRÉAL, MERCREDI 23 AVRIL 1980 A 17 1 LE TEST DE GROSSESSE CONFIDELLE.PERSONNE N'EST AU COURANT, SAUF VOUS.I ' 1 Ouverture du courrier par la GRC: Kaplan dévoilera un rapport RÉCOMPENSE DE \u2022 Ta \u2022'.¦V ¦\u2022> Il existe un moyen rapide et discret de savoir si vous rtcs enceinte sans devoir en parler à quiconque.Cest Confidellc.Un test de grossesse qu'on fait soi-même et qui n'est vendu qu'en pharmacie.Il consiste en 4 étapes et vous obtenez le résultat en TrrVvdeux heures.Dés que vous êtes enceinte, votre corps commence à , i produire une hormone spéciale.Le 9e jour après celui ou \\< >s règles devaient commencer, votre urine devrait contenir Suffisamment de cette hormone pour que le résultat du test '\"'\"de grossesse soit précis.Lorsque le test Confidelle est bien administré les résul tats positifs^sont précis à 95% après le 12e jour de retard (les règles.Si le résultat est négatif mais que vos règles l|(ÎJ -n'apparaissent pas au cours des quelques jours qui suivent, ^consultez votre médecin.Confidelle ne remplace pas le diagnostic de votre \"«\"médecin.Nous vous recommandons même de le consulter quelque soit le résultat du test Confidelle.Mais il y a de fortes chances que vous connaissiez déjà son diagnostic.OTTAWA (PC) \u2014Le solliciteur général du Canada, M.Robert Kaplan, a promis de rendre .public cette semaine un rapport qui, selon ses dires, expose les raisons pour lesquelles la GRC devrait être investie du droit d'intercepter le courrier postal de première classe.Et, déjà, l'opposition parlementaire et les défenseurs des libertés civiques l'accusent de chercher à doubler la Commission McDonald qui, pendant deux ans, a enquêté sur divers agissements illégaux de la gendarmerie royale, notamment l'interception du courrier.Les experts juridiques des partis conservateur et néo-démocrate, MM.Ray Hnatyshyn et Svend Robinson, estiment que M.Kaplan devrait attendre que la Commission ait publié son rapport \u2014 prévu pour la fin de cet été \u2014 avant de décider de l'élargissement des pouvoirs de la GRC.Ils se demandent d'ailleurs de quels éléments nouveaux dispose le ministre, puisque la GRC n'a pu fournir à la Commission McDonald des preuves convaincantes à l'appui de sa requête concernant le droit d'intercepter le courrier postal dans les affaires touchant aux narcotiques et à la sécurité nationale.Pour M.Walter Tarnopolsky, président de la Société canadienne des libertés civiques, il est décevant de découvrir que M.Kaplan \u2014 lui-même membre de l'Association \u2014 se soit laissé amadouer par les arguments de la GRC.Le 4 mars dernier, une demi-heure après avoir prêté serment, M.Kaplan déclarait aux journalistes qu'il était persuadé que la police avait besoin du droit d'intercepter le courrier postal.Par la suite, il avait dit qu'il attendrait le rapport de la Commission McDonald avant de déposer un projet de loi dans ce sens.Selon M.Robinson, le solliciteur-général, à l'instar de ses prédécesseurs, a voulu dès le départ donner à la hiérarchie de la GRC des gages de sa bonne volonté.«Il est regrettable de le voir suivre la voie tracée par ses prédécesseurs.» Si M.Kaplan décide de déposer le projet de loi promis, ce sera un triomphe pour la GRC qui, depuis des années, sollicite ce pouvoir.Pour toute information conduisant à l'arrestation et à la condamnation de ou des personnes qui ont participé à l'attentat de vol à main armée contre des employés de la Cie BRINK'S CANADA LIMITÉE, à la Banque de Commerce Canadienne Impériale, 1605 est, Fleur y, Montréal, le mardi 15 avril 1980, vers 11h 15 a.m.Toute personne possédant de telles informations est priée de communiquer avec l'une des personnes suivantes: POLICE DE MONTRÉAL Sergent-détective Luc Trudeau Sergent-détective André Jolicoeur Tél.: (514) 934-2413 ou BRINK'S CANADA LIMITÉE m.FrodMehin Tél.: (514) 8612731 poste 20 Toute communication demeurera secrète et confidentielle.En cas de duplication d'informations, ou de disputes, la direction de la Cie BRINK'S CANADA LIMITEE sera le seul juge du récipiendaire de la récompense, de même que de la façon dont la récompense pourra être divisée.BRINK'S CANADA LIMITÉE 190, rue Shannon Montréal, Québec H3C 2J3 (T.JUS be POMME ALLEN PUR 48 ol 79 SUPERMARCHE LIQUIDE PALMOLIVE 24 oz $109 BEURRE D'ARACHIDES KRAFT PÊCHES DELMONTE MOITIÉS OU 99 GLAÇAGE CRÉMEUX DE LUXE BETTY CROCKER MARGARINE MOLLE LACTANCIA 79' J0LE LOUIS ou DEMI- MqA LUNE VACH0N * 11$ PAQUET D\u20ac 6 >\tIKAHUnLCO toi CRÈME GLACÉE FRONTENAC 2 SAVEURS VARIÉES\t$J29\tBISCUITS ASSORTIS VIAU \u2014 MéUftM, num.grmi wees, Pierre! 350\t.85*\t1 id ¦ w PAPIER HYGIÉNIQUE e^ 07 COTTONELLE *|*' 4 roul*oux - UÎHLKKKArT\u2014^ macaroni LT V / QQv fromage 225 q %M / WW\tJUS D URANGt UÛ 01 PAMPLEMOUSSE POUR libbt 48 .Jeudi, von.1 Oh a.m.à 9h p.m.SamexU 8h30 a.m.à 5h p.m.TOUS VOS ACHATS SONT GARANTIS À 100S PAR LE FABRICANT >> 84 A 18 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 23 AVRIL 1980 Pitfield a reçu $108,000 en quittant le Conseil privé La fraîcheur.avec ces nouveaux appareils «Beaumark» OTTAWA (PC) \u2014 M.Michael Pitfield a déclaré, hier, qu'il avait reçu $107,800 en dommages et en indemnité de congédiement lorsqu'il a quitté son poste de greffier du Conseil privé à la demande de l'ex-pre-mier ministre Joe Clark.M.Pitfield a ajouté avoir remis $10,000 de cette somme au gouvernement lorsque le premier ministre Trudeau Ta réengagé neuf mois plus tard.Ami intime de M.Trudeau pendant plusieurs années, M.Pitfield a déclaré avoir reçu 58 semaines de salaire à titre de dédommagement et l'indemnité habituelle d'une semaine de salaire par année de service.Comme il a fait partie de la fonction publique pendant 20 ans, il a reçu un grand total de 78 semaines de salaire.M.Pitfield a de plus affirmé qu'il avait de son plein gré remis une somme de $10,000 au gouvernement après s'être entretenu avec M.Trudeau.Il a affirmé qu'on avait tenu compte de ce que la compensation touchée était imposable.M.Pitfield a émis cette déclaration après que le député conservateur Tom Cossitt eut affirmé aux Communes que le greffier avait touché deux ans de salaire, soit environ $150,000 au moment de sa démission.Lorsque les conservateurs ont remporté les élections le 22 mai 1979, M.Pitfield avait fait savoir qu'il ne démissionnerait pas de son plein gré.M.Clark a alors demandé sa démission et M.Pitfieid a donné suite à cette requête le 4 juin.Il s'est ensuite rendu à l'université de Harvard pour y enseigner.Lorsque M.Trudeau a été réélu le 18 février, il n'a pas attendu longtemps avant de rappeler son vieil ami.M.Pitfield a repris son poste à Ottawa le 11 mars.Beau*mark ,~; \u2022 \u2022\u2022\u2022\u2022 ¦ LOCATION \u2022 L0CATI0H \u2022 L0CATI0H SPÉCIAUX DE LOCATION RAPIDES FORD f '145 MUSTANG '195 MOIS Stock 474 MOIS FAIRMONT '175 THUNDERBIRD'205 Stock 182 MOIS Stock 624 MOIS POUR LIVRAISON IMMÉDIATE (36 mois, taxe, assurance et licence en sus) B Offre de lancement Simpsons Pratiques et efficaces climatiseurs et déshumidificateurs Voilà ce qu'il vous faut par ces temps humides et chauds: des appareils que vous désirez depuis longtemps maintenant offerts à bas prix de lancement.Vous trouverez sûrement le climatiseur et le déshumidificateur «Beaumark» qui conviennent le mieux à vos besoins! 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