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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1981-01-31, Collections de BAnQ.

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[" PAPETERIE LA COLÈRE ÉCLATE ¦ GASPESIE page A 7.0 75 CENTS MONTRÉAL, SAMEDI 31 JANVIER 1981, 97e ANNÉE, no 26, 216 PAGES, 11 CAHIERS LE RAPPORT KERSHAW ¦ ; I CESSONS PARLER Tel est le commentaire qu'a formulé, hier, M.Claude Demers de Saint-Jérôme, à la suite de la comparution du présumé meurtrier de son fils, Jean-Yves, devant le coroner Rock Héroux.Ce dernier a fixé à vendredi prochain l'enquête publique sur le meurtre du jeune adolescent.\u2022D O 0 photo Pierre McCann page A 4 o Ci O 1.tsDDLTCÔJ m Montréal Trust ABONNEMENT.LUNDI AU SAMEDI M 75 o on edition d'hier un thre et un texte qui portaient à confusion entre* les deux édifices, et s'excuse auprès de Loin Quebee d'avoir par erreur associe son nom a un edifice qui ne lui appartient plus.o .Is 82 (/> o Q) 0) o LU 00 ¦LU Q-O 1§ X A6/ LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 31 JANVIER 1981 PAUL DESMARAIS président du conseil d'administration la près ROGER LEMELIN président et éditeur HOGER-D LANDRY vice-président exécutif et directeur général JEAN SISTO éditeur adjoint YVON DUBOIS dlrecteui do l information MARCEL ADAM iHSttori:ilir en chef \"*\" I < * La solution ne peut venir de Londres si] La réaction passionnée du Premier ministre Trudeau au rapport du comité parlementaire britannique des Affaires étrangères et les propos colériques du ministre Chrétien à l'endroit de ce comité montrent qu'Ottawa ne prend pas à la légère les derniers développements londoniens.On sait que ce prestigieux comité, qui étudie depuis plusieurs semaines le projet de rapatriement de la constitution canadienne et d'enchâssement dans celle-ci d'une charte des droits et libertés, publiait hier un volumineux rapport dont la conclusion peut se résumer ainsi: Le gouvernement britannique ne devrait pas donner suite à la requête du Parlement canadien parce qu'elle ne traduit pas le désir clairement exprimé du Canada en tant qu'entité fédéra-lement structurée, faute d'un accord provincial suffisant et significatif.Le président de ce comité, M.Anthony Kershaw, a dit que le Parlement tiendra compte de ce rapport, mais il pense qu'il aura surtout pour effet d'alimenter le débat aux Communes anglaises et de retarder l'adoption du projet Trudeau.Les propos de M.Kershaw confirment l'embarras des parlementaires britanniques et, par la force des choses, du gouvernement anglais lui-même, qui se voient sollicités par le gouvernement canadien d'intervenir de manière beaucoup plus considérable dans les affaires intérieures du Canada que ce qu'ils prévoyaient.Ce n'est pas le rapatriement comme tel qui les gêne.Parce qu'il est voulu en principe par toutes les parties concernées au Canada, les Britanniques s'acquitteraient volontiers de cette formalité.Mais leur demander d'inclure dans la constitution canadienne une charte des droits et libertés à rencontre de la majorité des provinces qui n'en veulent pas et des citoyens qui réprouvent ce procédé, c'est confier à un pays étranger une opération que le Parlement canadien n'a pas le droit de faire, et d'imposer l'odieux de prendre parti dans une querelle qui divise profondément le Canada.Devant ces derniers développements M.Trudeau crâne.Parce que l'opinion d'un comité parlementaire ne lie pas un gouvernement, le Premier ministre rappelle la promesse de Mme Thatcher et la coutume qui, selon lui, oblige la Grande-Bretagne à donner suite à une requête du Parlement canadien.Mais personne n'est dupe.Les embûches se multiplient sur sa route.Il atteindra peut-être son but \u2014 ce qui est de moins en moins sûr \u2014 mais ce sera contre une majorité de provinces et de Canadiens, au prix de l'amertume d'une partie croissante de son caucus québécois, de l'amitié de la Grande-Bretagne et peut-être de l'humiliation du Canada sur la scène internationale.Les opposants au projet Trudeau trouveront un grand réconfort dans les nouvelles qui leur parviennent de Londres.Mais si ce projet devait échouer, il ne serait pas bon que Londres en soit directement la cause parce qu'alors M.Trudeau reculerait pour mieux sauter.Ses mises en garde adressées jeudi et vendredi aux Britanniques comportaient des menaces plus ou moins voilées très instructives sur ce qui pourrait se passer si Londres lui faisait des difficultés.Prenant prétexte d'une prétendue ingérence extérieure dans nos affaires intérieures, invoquant le droit du Canada à l'indépendance et à l'affranchissement de ses liens coloniaux, M.Trudeau pourrait exploiter à fond le thème de la fierté nationale pour reconquérir cet appui populaire qui lui fait défaut et dénaturer davantage notre fédéralisme.Dans les paroles et le ton de M.Trudeau se révélait l'homme qui voit venir une crise majeure et décisive, mais donnant davantage l'impression de l'anticiper que de l'appréhender.Dans l'état actuel des choses, comment renverser autrement le cours des événements et redonner au moins une apparence de légitimité démocratique à un projet qui n'en a plus?Aussi les provinces, les partis et les groupes qui s'opposent au projet Trudeau ne devraient pas trop compter sur la Grande-Bretagne pour résoudre un problème qui ne peut être bien résolu qu'au Canada.Depuis plusieurs mois le processus démocratique fait son oeuvre.Si la crise doit s'aggraver, il est préférable que ce soit à la suite de la discussion publique et d'une prise de conscience démocratique des Canadiens, qu'à la suite d'un iobby des provinces à Londres.Dans le premier cas ce serait peut-' être salutaire, dans le second ce' serait sûrement néfaste pour la fédération canadienne.La seule solution canadienne* à l'impasse actuelle n'exige-t-; elle pas la convocation d'une,* conférence constitutionnelle\" dans les plus brefs délais?Plusieurs provinces la réclament; depuis un certain temps.LeJ Québec commence aussi à la réclamer et, fait à souligner, paraît enfin prêt à faire un com- 5 promis au sujet du rapatriement.Même M.Trudeau \u2014 si je ne S m'abuse \u2014 paraît ces jours-ci ^ envisager l'idée avec moins de I répugnance.J Khrouchtchev écrivait à Kennedy durant la crise des missi- î les: «Si nous ne cessons pas de ! tirer sur la corde il sera impossi- î ble de délier le noeud.» Les deux hommes l'ont compris à temps.Aurons-nous cette sagesse au Canada?MARCEL ADAM Le cours d'éducation sexuelle les parents avant les enfants Le programme d'éducation sexuelle prévu par le ministère de l'Éducation n'est presque pas connu; et pourtant, à la suite de quelques fuites probablement tactiques, quelques jours après leur parution dans les journaux, on entend un peu partout des réactions très vives.Ce n'est pas demain que le fameux programme sera facilement accepté dans toutes les commissions scolaires.En général, onpeutdireque la majorité des parents serait en faveur d'une éducation sexuelle à l'école; les commissions scolaires aussi et les professeurs aussi.Mais il vaut ia peine de scruter les chiffres de plus près.Le printemps dernier, le ministère de l'Éducation a effectué une enquête auprès des 250 commissions scolaires du Québec pour connaître le sort de l'éducation sexuelle dans leur milieu.Première surprise: seulement 70 pour cent des commissions ont daigné faire parvenir une réponse.Autre surprise: 50 pour cent de ces commissions ont déjà un programme d'enseignement dans ce domaine.Ce qui signifie que d'un côté, en certains milieux, on évite même de parler du sujet; et en certains autres, on le croit assez important pour se donner un programme local.On sent déjà l'opposition qui existe au sein même du monde scolaire.Parfois, l'opposition devient encore plus radicale.Par exemple, une enquête menée à la Commission scolaire catholique de Sherbrooke a démontré, cette semaine, que le personnel des écoles refuse, à 88 pour cent, que l'éducation sexuelle soit faite par des sexologues.De leur côté, les sexologues semblent bien convaincus qu'un enseignement valable ne peut venir que des spécialistes, au moins à certains niveaux.Mais à O'^els niveaux faut-il offrir cet enseignement?Les sexologues disent qu'il faut commencer dès la maternelle; les professeurs acceptent cette hypothèse dans une proportion de 65 pour cent; et les parents, eux, la refusent dans une proportion de 57,3 pour cent.Qui sera entendu?Qui sera écouté?Il ne faut pas oublier que, pour une foule de raisons, le débat se déroule passionnément, que l'on touche non seulement à un système de valeurs mais aussi à un certain droit des parents, et que les parents ont exercé leur droit à l'éducation sexuelle de leurs enfants de façons très variées.On est loin du consensus.Ce qui démontre que même si une majorité de parents et d'éducateurs sont d'accord sur le principe, il faut s'attendre à de sérieux désaccords sur son application.Les uns trouveront toujours une raison pour éviter cette mise en pratique; d'autres continueront à combattre le principe lui-même avec autant d'acharnement que de conviction.Avant de présenter un programme aux étudiants, le ministère devra entreprendre une campagne de sensibilisation des parents au problème de l'éducation sexuelle, avant tout ce que cela comprend de véritable éducation à l'intérieur d'un système de valeurs.Les auteurs du programme du ministère reconnaissent, comme un a priori, que l'éducation donnée à l'école ne fait que compléter celle qui est reçue à la maison.Il est donc important de trouver, à la maison, chez les parents, une volonté commune de collaboration appuyée sur une vision semblable de ce type d'éducation.On dit, à Québec, que le programme sera proposé avec prudence.La première prudence serait peut-être de rejoindre les parents avant les enfants.JEAN-GUY DUBUC .i Droits réservés Nouvelle réplique de quatre intellectuels à M.Trudeau Suite à la réponse que leur servait récemment le pre-mier ministre Trudeau, les quatre intellectuels impliqués, soit MM.Paul Cham-berland et Denis Meniere, Mmes Michèle Lalonde et Hélène Pelletier-Baillargeon, nous ont fait parvenir leur réaction.Leur texte vise à démontrer qu'ils sont loin d'être coupés du peuple.Nous en reproduisons ici de larges extraits.D'autres suivront lundi.Entre le politicien et l'intellectuel, il y a fréquemment conflit de légitimité et c'est précisément l'enjeu de l'actuel débat entre M.Trudeau et les intellectuels québécois.M.Trudeau voudrait, au nom de la force du nombre, écraser la force de l'esprit de contestation.Il oppose sa légitimité à celle des intellectuels et, pour paraître moins odieux, il utilise la tactique de l'amalgame en associant les intellectuels au Parti québécois.Il cherche ainsi à enfermer le débat sur la scène électorale.Non seulement faus-se-t-il la réalité en faisant abstraction des inégalités de pouvoir entre un gouvernemet provincial et le gouvernement central, mais encore, il voudrait évacuer l'opinion publique comme lieu de débat.En réduisant celui-ci à des querelles de partis, il pense être justifié de récuser le bien-fondé de la parole des intellectuels, puisque, selon lui, ceux-ci n'ont pas de soutien électoral.Comme il ne peut dissimu-I 1er sa partisanerie libérale, il fait passer les autres pour des partisans péquistes.(.) La légitimité du politicien est fondée sur la délégation du pouvoir à travers des mécanismes plus ou moins démocratiques de représentation.C'est une légitimité provisoire qui varie selon les conjonctures électorales.C'est une légitimité dépendante, en ce sens qu'elle est fonction des diverses médiations et outils que sont les partis politiques concrets et les intérêts socio-économiques qui les soutiennent.Le discours politicien s'évertuera souvent «au nom du peuple» à défendre les intérêts économiques particuliers de ceux qui, dans les coulisses, dirigent réellement la société.Le politicien est soumis à des forces qui ne relèvent donc pas nécessairement de la «volonté populaire.» (.) Tout autre est l'aune à laquelle se mesure la légitimité de l'intellectuel: la légitimité de l'intellectuel est d'abord culturelle et morale.Elle est fonction de la résonance universelle de son discours et de sa capacité à dévoiler les contradictions.Son influence ne repose donc pas sur le pouvoir mais sur la maîtrise du savoir, sur ses connaissances philosophiques, historiques, sociologiques ou encore sur sa capacité imaginative et prophétique.(.) Ces deux formes de lég'timité peuvent coexister pacifiquement lorsque les sociétés sont ouvertes aux changements, comme ce fut le cas durant la Révolution tranquille au Québec et depuis qu'il y a un gouvernement souverainiste au pouvoir.Mais lorsque la gouverne collective n'obéit pas aux mouvements sociaux, lorsque, pour défendre les intérêts dominants elle résiste au changement en utilisant la censure et la manipulation, alors la force morale entre en conflit avec le pouvoir politique comme ce fut le cas sous le régime Du-plessis et sous le régime Trudeau.(.) Comment (.) peut-on prétendre parler au nom du peuple québécois lorsque seulement 43% des inscrits ont donné leur appui au parti de M.Trudeau, alors que celui-ci ne demandait aucun mandat constitutionnel précis?(.) Comment, en outre, peut-on prétendre rapatrier unilatéralement la Constitution au nom de l'intérêt des Canadiens alors qu'il n'y a qu'un seul et unique député libéral survivant à l'Ouest de l'Ontario?De quelle autorité peut-on se réclamer lorsqu'on bafoue les principes du fédéralisme en passant outre aux volontés d'une majorité de provinces?Quelle crédibilité peut-on avoir lorsqu'on prétend représenter la volonté générale et que tous les sondages démontrent qu'il y a une majorité de Canadiens qui s'opposent au projet de rapatriement unilatéral proposé par le gouvernement Trudeau?À quelle mascarade assiste-ton lorsqu'au nom de l'anticolonialisme on demande, dans un premier temps, à un Parlement étranger d'amender notre constitution et que, dans un deuxième temps, on cherche à conserver simultanément le principe monarchique?(.) a De qui se moque-t-on en ce pays?De qui doit-on se méfier?Des intellectuels ou des politiciens?(.) M.Trudeau nous a toujours présenté le fédéralisme comme une garantie des libertés démocratiques en présupposant que les Québécois, totalitaires par tempérament, ne pouvaient assumer par eux-mêmes cette responsabilité.(.) Or nous ne nous sentons pas en sécurité dans le régime fédéral.La totale liberté d'expression dont nous jouirions, selon le Premier ministre, a connu des accrocs.M.Trudeau a sur ce sujet, des pertes de mémoire douteuses.Les libertés démocratiques ont été violées par ordre de ce chef d'Etat en 1970 et des centaines de Québécois, intellectuels ou non, ont été détenus sans motifs.On a interdit la diffusion à la télévision du film «Un pays sans bon sens».«L'Acadie l'Aca-die» a été charcutée.Le fait que la situation soit «pire» pour les intellectuels sous d'autres cieux et d'autres régimes, ne saurait dispenser qui que ce soit de rappeler ces «tendances» et ces «précédents» inquiétants.Dans quelque régime que ce soit, la liberté ne nous est pas donnée.Les libertés qu'on nous permet ne sont pas gratuites.Elles sont concédées en raison du rapport de force.(.) Le Québec de 1981 où les francophones commencent à peine à occuper la place qui leur revient, n'est pas un «cadeau» du fédéral! Il est le produit direct des luttes menées depuis plus de vingt ans par les militants nationalistes de la première he(\\re, par le RIN d'abord, par le Parti québécois ensuite.(.) Un référendum n'est qu'une étape dans l'histoire d'un peuple.C'est une procédure de consultation qui permet de saisir l'état de l'opinion à un moment donné.Certaines sociétés, le Jura suisse notamment, ont dû y recourir plus d'une fois avant d'atteindre leur objectif.Les résultats d'une telle consultation ne reflètent pas seulement les principales tendances idéologiques qui s'affrontent dans une société, ils traduisent aussi le rapport de force sur le plan matériel.La campagne référendaire ne fut pas un combat d'idées à armes égales, même si une législation provinciale a tenté de garantir l'égalité des chances entre les deux camps en présence.Au mépris des règles du jeu, le gouvernement Trudeau a violé systématiquement la loi québécoise régissant les dépenses publicitaires.Quoi qu'il en soit le gouvernement du Québec n'a pas obtenu le mandat demandé et s'est conformé à la volonté exprimée en négociant de bonne foi la réforme constitutionnelle, alors que le fédéral sabotait de façon délibérée la négociation.Qui respecte la démocratie en ce pays?M.Trudeau voudrait taire croire que les intellectuels sont coupés du peuple parce qu'ils sont souverainistes et que «le» peuple a voté «NON» au référendum.Or la réalité est plus complexe.D'une part l'option des intellectuels est partagée par plus de 40% de Québécois et par la moitié de la population francophone du Québec (peut-être - \u2022 sont-ils tous des intellectuels?): D'autre part la logique triw deauiste suppose une conception^ étriquée de la démocratie qui/ est.par essence, un débat permanent.La démocratie s'ac-commode mal des absolus et des; solutions finales.C'est un processus qui, par définition, suppo-1 se le changement.Si les intellect tuels des années 50 s'étaient conformés au formalisme de l'ana-l lyse trudeauiste après chaque* défaite électorale aux mains de* Duplessis, il est probable quel l'Union nationale serait encore au pouvoir! (.) L'affirmation* politique du Québec a une légitimité historique et repose sur les forces vives de la société.Cette tendance ne s'évanouira pas parce qu'une première consultation référendaire n'a pas été; concluante.Enfin, quand Nf.* Trudeau rappelle les onze défaites en ligne des péquistes aux mains des libéraux provinciaux, il feint d'oublier qu'en termes de suffrages exprimés, le PQ conr naît une progression constante depuis sa fondation.(.) Le progrès continu d'une formation politique qui passait, il n'y a pas si longtemps, pour un groupuscule dans les beaux discours de ses opposants n'a pas pu avoir lieu sans profonde nécessité et la longue courbe statistique n'est pas sans ressembler à une vague de fond.Pourquoi-dès lors les intellectuels ne feraient-ils pas confiance au peuple quéébcois?En suivant la logique de M.Trudeau, il faudrait conclure que les intellectuels québécois sont de moins en moins coupés du peuple.L'histoire en jugera; SUR L'ACTUALITÉ \u2022 A 7 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 31 JANVIER 1 981 LA DIPLOMATIE AMERICAINE siroté Le secrétaire d'État Alexander Haig s'habille en civil mais sa réthorique est celle du généra! à quatre étoiles qui, Tan dernier, revenait des quartiers généraux de l'OTAN pour mesurer en Amérique ses chances à la présidence des Etats-Unis.¦ JEAN PELLETIER (de notre bureou de Washington) Les «vicaires» de la politique étrangère du président Ronald Reagan, depuis son arrivée à Foggy Bottom (le nom du secrétariat d'Etat) il y a dix jours, ont eu vite fait d'effacer tous les vestiges de la diplomatie tranquille et secrète Vance-Muskie, au profit d'une stratégie agressive, directe et autoritaire.Finies les politesses Finies les politesses entre Moscou, le Tiers-monde.l'Amérique centrale ou Cuba, Washington dorénavant entend dire ce qu'il pense et agir sans hésiter.Résultat: on remplace les droits de l'homme par la défense et la protection des intérêts vitaux de l'Amérique dans le monde, l'aide extérieure par le soutien du (FMS) Foreign Military Sales aux pays du Tiers-monde qui luttent en première ligne contre Moscou, et le vocabulaire feutré de la détente a cédé la place à la dénonciation du terrorisme international que pratique Moscou à travers le monde.Depuis deux semaines, l'ambassadeur soviétique à Washing- ton.M.Anatoly Dobrynin.est forcé d'entrer au département d'Etat par la grande porte et non plus en secret par le garage souterrain, et le nouveau porte-parole, M.Dyess, n'hésite pas à renchérir lorsque les journalistes lui réclament plus de détails sur les conspitations soviétiques dans le monde.A preuve les commentaires de M.Dyess jeudi matin.«L'Union soviétique, dit-il, pratique une politique consciente de terrorisme à travers le monde.File finance et ont raine l'Organisation de libération de la Palestine.Par l'entremise de Cuba et de la Libye elle fournit des appuis colossaux à plusieurs organisations terroristes.Par des outils de propagande très élaborés elle prête son secours à divers mouvements de libération à travers le monde.Tout au long de la crise des otages en Iran.Moscou a soutenu ce dernier par des propos mensongers sur les intentions américaines et enfin, au Salvador, Moscou incite les mouvements de gauche a la révolte armée pour déstabiliser l'ensemble rie l'Amérique centrale.» Réplique du général Haig Qu'entend faire le secrétariat d'Etat devant pareil danger?Le général Haig réplique sans hésiter: «Mettre un terme aux actes de terrorisme international constituera une priorité plus urgente que la défense des droits de l'homme car, explique-t-il, le terrorisme constitue l'abus ultime des droits de l'homme».En pratique, une telle politique se traduira par une reformulation de la détente.L'administration Reagan ne négoeiera avec Moscou qu'en tenant compte des politiques de cette dernière dans i le Tiers-monde: en Amérique latine et en Afrique plus particulièrement.Au lieu de miser sur la carte centriste au Salvador, il n'est pas exclu, de souligner le général Haig jeudi, que les Etats-Unis accroissent leurs exportations d'armes vers ce pays minuscule déchiré par une guerre civile sanglante.Ainsi donc, en début de semaine, l'ambassadeur américain au Salvador, M.Robert White, fut rappelé pour consultation.Il fait peu de doute que la Maison-Blanche le remplacera sous peu par l'un des siens, un diplomate plus soucieux de contrer l'influence de Cuba que de comprendre les aspirations d'une paysannerie opprimée à la fois par l'extrême gauche et l'extrême droite.Sur les grands dossiers, les accords Salt II, le Moyen-Orient et l'aide américaine au Tiers-monde ainsi qu'aux organismes internationaux, le virage ne pourrait être plus prononcé.Les négociations sur le désarmement feront d'abord l'objet d'é- Teléphoto UPI ' - W Alexander Haig s'habille en civil mais sa rhétorique est celle du général à quatre étoiles.changes préliminaires qui ne compromettront pas la production d'armes aux Etats-Unis.Au Moyen-Orient, pas question de reconnaître l'Organisation de libération de la Palestine.Quant à l'aide extérieure enfin, un rapport du contrôleur du budget propose une réduction draconienne de son volume, sujette» à l'alignement des pays pauvres aux objectifs poursuivis par Washington.«Pourquoi fournirions-nous de l'aide à des pays qui «flirtent» avec Moscou?» de déclarer à LA PRESSE un officiel du département d'Etat nouvellement promu au septième étage.«Il faut être réaliste» mentionne-t-il.«L'argent des contribuables américains doit d'abord servir les intérêts américains dans le monde».Il s'ensuit que des organismes comme 'Unesco, l'ONU et la Banque mondiale se verront soumis au même régime d'amaigrissement aligné sur Washington.Le président Reagan, le 20 janvier dernier, n'avait pas encore eu le temps d'enlever son habit de cérémonie, que le général Haig lui remettait un rapport de 20 pages établissant clairement son autorité sur la conduite globale de la politique étrangère des Etats-Unis.Fort des conseils de ses parrains, MM.Kissinger et Nixon, le nouveau secrétaire d'Etat ne tolère pas que le Conseil national de sécurité s'immis- ce dans l'orientation et la gestion de la politique étrangère.Jusqu'à preuve du contraire, la Maison-Blanche entend se plier aux désirs de l'ancien général.Jeudi après-midi le président Reagan, à l'occasion de sa première conférence1 de presse, a repris les attaques belliqueuses de son secrétaire d'Etat.M.Carter aurait utilisé le même langage contre Moscou qu'il aurait fait la premiere page des journaux.Il n'en fut rien hier dans le cas du nouveau président.Le compromis habile, le langage feutré, l'accommodement, sont des stratégies du passe, la diplomatie américaine est entre les mains d'un général.XV m v v m à f dit neuve I) ici quelques semaines, le président des Etats-Unis, Ronald Reagan, dévoilera à la Chambre des Représentants et au Sénat américains le programme économique qu'entend poursuivre son gouvernement.Déjà l'orientation économique qu'avait proposée M.Reagan au cours de la campagne électorale suscite de nombreuses controverses tant aux Etats-Unis qu'ailleurs dans le monde.Peut-on en même temps couper de façon massive les impôts et réduire les dépenses fédérales et le déficit budgétaire et corriger le déficit budgétaire et corriger le problème de stagnation qui affaiblit depuis près de dix ans la santé économique des Etats-Unis?Il ne faudrait tout de même pas répéter l'erreur de plusieurs journalistes qui continuent d'associer étroitement le plan Reagan à la politique économique, essentiellement monétariste, du premier ministre britannique Margaret Thatcher.Tout en s'appuyant sur une politique monétaire restrictive Reagan propose une approche fort différente, ni purement monétariste, ni étroitement keynsésienne dans le sens où les gouvernements ont interprété Keynes depuis 25 ans.Le président Reagan s'inspire de ces deux écoles de pensée mais il choisit, par contre, de mettre l'accent sur la production plutôt que sur la consommation, sur l'offre de biens et services plutôt que sur la demande.D'où l'expression maintenant fort répandue aux Etats-Unis de «supplyside économies».En plus d'exprimer une préoccupation plus grande pour l'offre, cette nouvelle orientation économique incarne aussi une perception différente du rôle de l'Etat dans l'économie moderne.Ces théories s'inspirent de Jean-Baptiste Say et ont vu jour suite aux travaux, entre autres personnes, d'Arthur Laffer en Californie, de Norman Ture, de Paul Craig Roberts et de Jude Wan-niski.Depuis les derniers jours plusieurs de ces économistes ont accédé à des hauts postes dans l'administration Reagan et leur influence risque de se propager au fil des mois.Il ne faut pas non plus lire dans les propos du président Reagan les théories du laissez-faire chères à Adam Smith.M Reagan ne propose pas d'abolir l'économie de bien-être mais plutôt d'en améliorer la gestion.Loin de s'opposer au «New Deal» de Roosevelt M.Reagan met plutôt l'accent sur l'efficacité économique.En 1976, lors de sa campagne à la candidature présidentielle, M.Reagan avait démontré une opposition trop vive a l'économie de bien-être ou au New Deal.Il a depuis rajusté son tir.En 1981, son programme semble s'appuyer d'abord sur une réduction des impôts.S'ins pi rant du projet de loi Kemp-Roth, on s'attend à ce que le président propose une coupure des impôts des particuliers de 10% et ce, possiblement pendant trois ans.Cette mesure s'accompagnerait de déductions d'amortissement plus généreuses pour les entreprises.La théorie économique traditionnelle voudrait qu'une telle mesure stimule la consommation en accroissant le revenu disponible.Selon les économistes qui ont inspiré le projet de loi Kemp-Roth, les coupures d'impôt n'auraient pas d'effet immédiat sur le revenu disponible et sur la consommation.Ils prétendent que pour chaque dollar d'augmentation du revenu disponible il s'ensuivrait une réduction d'un dollar dans le revenu disponible des citoyens qui reçoi- vent l'aide du gouvernement ou dans celui des acheteurs d'obligations qui auraient été vendues pour financer le déficit.Les effets sur la demande seraient neutralisés.Par ailleurs du côté de la production, on prétend multiplier aussi les incitations à travailler et à investir.S'appuyant sur les taux marginaux d'impôt, on maintient qu'au delà d'un certain revenu l'Etat en gruge une part trop grande et réduit l'attrait de revenus plus élevés.En réduisant les impôts, on pense par exemple que les travailleurs seraient encourages à faire du temps supplémentaire ou que les investisseurs investiraient plutôt que de courir les abris fiscaux.En outre, on pre tend même que cette stimulation de l'activité économique générerait des revenus additionnels suffisants pour compenser la baisse des impôts.Cette dernière hypothèse est évidemment optimiste puisque même si les coupures d'impôts devaient raviver l'économie, l'augmentation des revenus de l'Etat accuserait un retard certain.Programme de réduction des dépenses Voilà la raison pour laquelle des conseillers du président, plus particulièrement son adjoint personnel Martin Anderson et le Secrétaire au Trésor.Donald Regan, l'ont convaincu d'assor- tir ses coupures d'impôt d'un programme de réduction des dépenses fédérales.Le président a déjà gelé l'embauche de fonctionnaires.Il demandera au Congres d'éliminer certains programmes gouvernementaux et même d'abolir certaines prestations sociales.Les choix politiques seront durs.Il entend aussi s'attaquer aux offices de réglementation et aux diverses agences dont les dépenses ne sont pas comprises dans le budget fédéral.Bref, il promet de corriger, en peu de temps, une situation qui s'est développée depuis les vingt dernières années.Les droits acquis, le marché politique seront ses plus grandes embûches.Les solutions économiques traditionnelles ont été inefficaces pour solutionner la stagflation et adapter l'économie américaine au contexte international changeant.L'équipe de M.Reagan propose» des mesures fondamentalement différentes et dans ce sens prend un pari sur une politique économique tout à fait neuve.Il serait illusoire d'attendre des solutions rapides.Il serait aussi surprenant que le président Reagan réussisse à mettre en application toutes ces nouvelles idées sans devoir se soumettre à des compromis politiques importants.Mais s'il réussit au cours de son mandat à relancer l'économie américaine toul en ralentissant la poussée inflationniste, il aura servi une leçon importante à tous les pays industrialisés. A 8 SUR L'ACTUALITE LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 3 I JANVIER 1 931 LE BUDGET ELECTORAL S'EN VIENT wm Le temps des v aches gras ses semble être bien révolu ML \u2022au sein du gouvernement du ^Québec et ce n'est pas cette an-! née que la grenouille va prétendre devenir aussi grosse que le boeuf.Dans sa boule de cristal.Ile devin Jacques Parizeau ne ; voit que des gens maigres et l'on n'entend plus prononcer sur la colline parlementaire que les mots: resserrement, restriction, compression, etc.peut prévoir une baisse de 92 impôt et du déficit prochaine année fiscale débutant le 1er avril.Évidemment, le premier responsable de la préparation du budget a parlé de pure spéculation sur le montant avancé mais il n'en demeure pas moins que les ministères ont été dans l'obligation de livrer une système de sécurité sociale et qu'il avait fait construire un nombre impressionnant de HLM et de centres d'accueil.Ce n'est pas pour rien que le bruit court actuellement voulant qu'on ait fixé au ministère des Affaires sociales l'objectif de CLAUDE-V MARSOLAIS de notre bureau de Quebec Aux oreilles des contribuables, ces paroles peuvent provoquer tout aussi bien des sentiments d'inquiétude qu'une impression ;de satisfaction en pensant que le «gouvernement se prépare probablement à alléger son existence *en diminuant les impôts au prix d'une réduction des services.Après l'année faste du référendum qui a valu aux contribuables québécois une reduction générale de ses impôts de 3 pour cent depuis juillet et une indexation de l'exemption de base pour les personnes mariées de 12.5 pour cent, que reserve le grand argentier aux travailleurs aux prises avec la récession et l'inflation en cette période électorale?Sûrement quelques douceurs mais aussi une diminution appréciable du deficit budgétaire ($2.68 milliards en 1980-1981) puisqu'il s'y prepare depuis quelques moi^ Dès la fin de l'été dernier.M.Parizeau commençait à sonner le premier signal de la fin de la récréation en invitant les ministères à réduire le rythme de teurs dépenses.Puis, le 11 novembre, il émet une directive limitant le nombre d'effectifs autorisés des ministères à 57,784 au lieu de (il.067.interdisant le temps supplémentaire sauf dans des cas exceptionnels, supprimant les frais de voyage à l'extérieur du Québec et les frais de participation à des congrès, limitant rengagement de professionnels ou de firmes professionnelles à l'extérieur du gouvernement, et suspendant la location ou l'achat d'édifices ou de terrain^ Cette opération visait à faire épargner à la Province quelque S'400 millions de dollars en crédits périmés lesquels deviendront disponibles pour le prochain budget 1981-1982.Depuis ce temps, diverses rumeurs ont circulé dont plusieurs ont été confirmées à l'effet que M Parizeau s'était fixé comme but de couper jusqu'à $1 milliard de dollars dans les dépenses gouvernementales la Dans sa boule de cristal, le devin Jacques Parizeau ne voit que des gens maigres.guerre de tranchées au Conseil du trésor pour qu'au moins l'accroissement de leurs dépenses reflète le taux d'inflation.En somme, on se dirigerait vers un premier BBZ (Budget by zero) québécois comme cela se pratique aux Etats-Unis depuis quelques années D'abord le social et le culturel En période d'austérité, les gouvernements ont tendance à sabrer dans les dépenses sociales et culturelles.C'est tout à fait logique si l'on considère que les budgets des Affaires sociales et de l'Education accaparent $10 milliards de dollars sur un budget total de $17.68 milliards.En décembre dernier, dans une entrevue qu'il accordait à la Presse Canadienne, M.Parizeau avait laissé entendre qu'il était peut-être temps de changer les priorités dans le domaine social maintenant que le gouvernement s'était applique depuis quatre ans à perfectionner le réduire ses dépenses de $250 millions.À l'Education, la réduction des dépenses se situerait autour des $200 millions.De nouveaux programmes qui devaient entrer en vigueur en septembre prochain seraient reportés d'un an, notamment celui qui vise à augmenter de 30 minutes la durée habdomadaire de l'enseignement à l'élémentaire.De même, le personnel technique et auxiliaire des commissions scolaires verrait ses effectifs diminuer de deux pour cent au cours de l'année prochaine.A la Fédération des commissions scolaires, l'on se prépare au pire en pensant que le ministère se prépare à serrer davantage le noeud de strangulation qui va empêcher toute marge de manoeuvre.D'autres ministères moins importants se sont tous vu fixer des objectifs de réductions de dépenses.Quinze millions aux Affaires municipales, S2 à S3 millions aux Affaires culturelles, $1.7 million aux Communica- tions, $1.2 million aux Affaires intergouvernementales, etc.Le Conseil du trésor s'est même fixé comme but de réduire de $45 millions à $41 millions les frais téléphoniques du gouvernement.Les sommes exigées pour mettre de l'avant de nouveaux programmes ou services seront récupérées en réduisant ou en abolissant carrément d'autres services ou programmes anciens qui ne sont plus justifiés.Inquiétude Chez les fonctionnaires, on commence à s'inquiéter sérieusement de l'impact des mesures déjà prises, notamment au niveau de la réduction des effectifs, sur la qualité des services.Le président du Syndicat des fonctionnaires provinciaux, M.Jean-Louis Harguindeguy, signalait ces derniers jours que 5,000 nouveaux prestataires étaient venus s'ajouter depuis décembre à l'ensemble des bénéficiaires de l'aide sociale sans que l'on augmente le personnel.De nombreuses personnes qui s'étaient présentées aux bureaux de l'aide sociale jeudi pour y recevoir leur chèque ont dû rentrer bredouilles à leur foyer.Chez les professionnels du gouvernement qui ont vu leurs effectifs diminuer de 1,500 postes sur une base annuelle, on commence à se plaindre de l'accroissement de la charge de travail.D'autres sont mécontents que les directives du Conseil du trésor soient venues mettre fin à leur espoir d'être mutés à d'autres fonctions.Même les cadres intermédiaires se plaignent qu'on les oblige à utiliser l'autobus dans leurs déplacements en province.Pour éviter que la léthargie et l'inefficacité gagnent trop les rangs de la Fonction publique, le gouvernement sera sans doute dans l'obligation de recourir aux services d'employés occasionnels comme il le lait constamment.L'an dernier, on a embauché de 500 à 600 professionnels sur une base temporaire et de 25.000 à 30,000 fonctionnaires.Un budget populaire Il est tout à fait prévisible que ie grand magicien des Finances prépare un budget populaire à l'intention des contribuables québécois qui seront bientôt appelés à élire un nouveau gouvernement.Disposant d'une marge de manoeuvre supérieure au milliard de dollars, M.Parizeau pourra ménager la chèvre et le chou.Un allégement fiscal des contribuables combiné à une réduction du déficit budgétaire serait bien accueilli et rapporterait sûrement des dividendes électoraux.Depuis le temps que l'on parle de «dégraisser» ce glouton administratif.Elections: tout est prêt pour avril Plus rien ne peut désormais justifier le premier ministre Lévesque de retarder la tenue d'une élection générale au Québec.Il l'admet lui-même.Et explique que, «le train d'enfer de Trudeau ayant maintenant déraillé, l'obstacle en vue de la tenue d'élections est maintenant levé».PIERRE VINCENT (de notre bureau de Québec) L'affaire suivra son cours devant les tribunaux, et laisse toute liberté d'action aux hommes politiques de la scène provinciale: Claude Morin est allé se ressourcer en Europe, Marc-André Bédard est parti se refaire des forces dans le Sud, Claude Charron se permet quelques escapades hors du Québec, Jacques Parizeau se consacre entièrement à la rédaction finale de son budget et René Lévesque multiplie ses activités éleetora-listes.Mais, avant le déclenchement d'une élection générale, le gouvernement a déjà indiqué qu'il veut se livrer à quelques dernières grandes manoeuvres d'ici à la fin de l'hiver.Donc, point de précipitation pour aller affronter l'électorat.Février, mois des commissions parlementaires, dont deux seront exceptionnellement télédiffusées: celle sur la Constitution de mardi, mercredi et jeudi prochains, qui devrait permettre au gouvernement de river un peu plus «le clou des contradictions constitutionnelles du Parti libéral du Québec» (les libéraux de M.Ryan ont déjà clamé leur indignation devant ce qu'ils considèrent «un exercice de propagande éhonté») et qui devrait permettre de crier encore un peu plus fort toute l'opposition du Québec au projet constitutionnel de M.Trudeau.L'autre commission parlementaire à être télédiffusée viendra à la toute fin du mois et portera sur le plan d'équipement et de développement d'Hydro pour les dix prochaines années.Une belle occasion pour démontrer comment la plus grande entreprise québécoise assurera l'avenir économique des Québécois.Et, au même moment, dans une autre salle, une autre importante commission parlementaire permettra aux partis politiques de mieux préciser à quelle enseigne de la «social-démocratie» ils logent vraiment, puisqu'il y sera question du droit de grève dans les secteurs public et parapublic.Pendant tout ce temps-là, par tout ailleurs au Québec, les stratèges du PQ s'appliqueront à réaliser leur objectif d'avoir complété pour le début de mars la liste des candidats, et s'affaireront également à atteindre leur objectif de $3 millions pour la campagne de financement.Mars, mois de la reprise des travaux parlementaires en Chambre.Qui ne reprendront essentiellement que pour permettre à M.Parizeau de déposer son budget.Un budget qui baignera, il va sans dire, dans une épaisse sauce électorale.Dans les milieux gouvernementaux on répète que M.Parizeau a trouvé les moyens pour réussir le miracle de réduire le déficit de S3 milliards, tout en évitant d'augmenter les impôts des contribuables dont les revenus ne s'approchent pas de trop près de $30,000 par année.Le ministre des Finances va procéder à d'importantes coupures de budget.La règle du «-10% dans le budget» et du «-2% dans les postes» va être appliquée avec plus de rigueur que jamais dans tous les ministères.«On ne coupera pas dans la viande, mais on va couper dans le gras, partout», explique-t-on d'un ministère à un autre.Des observateurs ont avancé que, par ces coupures, M.Parizeau pourrait ainsi récupérer un milliard de dollars.I ne belle réalisation à servir aux électeurs, si tel devait être le cas! En tout cas, une chose est certaine: au PQ, on est confiant que le budget Pari/eau apportera des retombées positives, à un point tel qu'un peu tout le monde s'attend que le premier ministre déclenchera des elections quelques jours après son depot en Chambre, soit dans la première quinzaine de mars.La rumeur la plus persistante est a l'effet que le scrutin se tiendra par conséquent dans la premiere quinzaine d'avril, avant Pâques.Un des lundis 6 ou 13 avril.L'immense majorité des pé-quistes se disent tout fin prêts pour ce moment-là.et estiment qu'ils prendraient ainsijun peu de court les libéraux «qiii n'auront pas eu le temps dl faire adopter en bonne et due forme leur programme, leur Livre rouge», ainsi que les unionistes «qui.s'ils ont trop de temps pour s'organiser, pourraient nous enlever des votes dans certaines i ireon-scriptions francophones.Enfin, autant les péquistes étaient moroses et défaitistes à l'automne dernier, autant ils sont redevenus confiants en leur bonne étoile.Devant quelques consuls en poste à Québe< .il y a quelques jours, le premier ministre Lévesque a confie que «nos derniers sondages nous apprennent que, s'il y avail une élection générale aujourd'hui, nous serions réélus avec 70 du 72 circonscriptions».Décidément, plus rien n'empêche le premier ministre Lèves que de déclencher une élection générale.Davis galope vers une majorité en Ontario A la veille du déclenchement des élections générales en Ontario, le gouvernement conservateur minoritaire de William Davis a le vent dans les voiles et l'Opposition, qu'elle soit iibérale ou néo-démocrate devra redoubler d'efforts pour s'assurer une cote d'amour auprès de l'électorat.RHEAL BERGER (de notre bureau de Toronto Mais d'ores et déjà, à moins de scandales de dernière heure qui pourraient éclater, les libéraux et les néo-démocrates savent d'avance que leur campagne sera défensive et que le gros de leurs efforts sera consacré à «sauver les meubles».Tous les événements jouent en faveur du PC ontarien, dont la furieuse Big Blue Machine \u2014 un véritable rouleau à vapeur redouté par l'Opposition \u2014, créature personnelle de M.Davis, donne l'apparence d'être prête \u2014 comme jamais elle ne l'a été \u2014 à écraser ses adversaires.En un an, les choses ont bien changé dans ce royaume conservateur âgé maintenant de 38 ans, dont 10 sous le règle de M.Davis.Il y a eu d'abord l'élection de Joe Clark à la direction du pays, qui a été favorisé en Ontario par uij désir de changement et un sentiment anti-Trudeau.Mais le budget fédéral, qui devait lui causer sa défaite aux Communes, confirmée par l'é- lectorat a grandi le PC ontarien qui a maintenu sa loyauté envers la formation politique fédérale tout en s'opposant à la mise en vigueur de ce budget, l'arme unique peut-on dire \u2014 en plus des fanfaronnades de M.Clark en politique internationale \u2014 qui a ramené les libéraux de Pierre Trudeau au pouvoir à Ottawa.Vint ensuite la campagne référendaire au Québec, où le leadership du chef de gouvernement ontarien a contribué à un revirement d'attitude des Ontariens à l'égard de la «négociation économique» de l'Ontario avec un Québec politiquement souverain.Avant son excursion au Québec, une majorité d'Onta-riens favorisait cette «négociation».Après son apparition-éclair au Québec, le courant contraire a prévalu.En effet, M.Davis jouit d'un ascendant très fort auprès de l'opinion publique, mais n'en abuse pas.Par la suite, Queen's Park a maintenu envers Ottawa la politique de juste redistribution des revenus des ressources naturelles; l'émergence de l'Ouest comme force économique surtout \u2014 avant de devenir politique \u2014 réduisant l'Ontario à devenir une province pauvre au chapitre de la péréquation, même si elle demeure la plus importante province au pays.Ottawa a épaulé Toronto dans cet «justement» contenu dans son budget.Ce qui est bon pour l'Ontario est bon pour l'ensemble du Canada.Vrai ou faux, les Ontariens aiment se le faire dire et M.Davis le sait très bien.La réforme constitutionnelle l'appui de l'Ontario au rapatriement de la constitution cana- dienne et le maintien du régime monarchique devait ajouter à la popularité de M.Davis.Encore plus, son opposition à l'enchâssement des droits des minorités linguistiques dans la constitution et son refus d'accepter le bilinguisme institutionnel en Ontario ont cimenté sa base partisane en plus de répondre favorablement aux adversaires du «French power», un groupe très nombreux qui s'est surtout manifesté à l'élection fédérale qui a élu Joe Clark.Sur le pian intérieur, le gouvernement de M.Davis doit faire face à une situation économique péréclitante.La colonne vertébrale de son économie constitue l'industrie automobile et ce secteur subit une courbe ascendante! Le Conference Board au Canada révélait cette semaine que la situation au Québec en 1981 sera plus reluisante que celle de l'Ontario à ce chapitre.Quelques jours avant, le premier ministre de l'Ontario avait rendu public un programme d'expansion économique quinquennal de l'ordre de $1.5 milliard dans lequel on retrouve la décision de son gouvernement de donner le feu vert à plusieurs projets importants qui touchent autant de communautés.De tout pour tout le monde, pourrait-on ajouter.L'opposition n'a jamais pu tirer ses marrons du feu.Il faut d'abord dire à leur décharge que les Ontariens considèrent que leur véritable gouvernement se situe à Ottawa et non pas à Queen's Park.Mais, malgré cela, les libéraux de Stuart Smith de même que les néo-démocrates de Mi- chael Cassidy n'ont jamais pu opposer de véritables alternatives, programmes ou suggestions capables d'améliorer les propositions gouvernementales.Ils sont restés au rôle de critique et non d'acteur devant un artiste qui recule ou avance, selon ce que les sondages lui dictent.Il n'existe donc pas de véritable solution de rechange et des sondages révèlent que même si l'opposition en mettait une de lavant, les Ontariens, dans leur majorité, sont «satisfaits» et La furieuse Big Blue Machine est la créature personnelle de William Davis.«très satisfaits» de leur gouvernement.A une époque où l'on vote contre plutôt que pour un changement et que l'on veut que ce «changement» ne soit pas trop coûteux, dans une période d'inflation galopante, M.Davis réunit beaucoup d'atouts de même que la meilleure image.Les dernières élections provinciales remontent au 9 juin 1977, où le leader du PC faisait élire 58 conservateurs, mais les libéraux réunissaient à conserver 34 siè- ges et les néo-démocrates étaient choisis pour représenter 33 circonscriptions.M.Davis n'avait été élu que deux ans auparavant et les électeurs lui ont fait savoir que l'élection était inutile.Celui-ci a bien appris sa leçon et s'est réfusé, au cours des derniers mois, à inviter les Ontariens à se rendre aux urnes.Le NDP a tenté à plusieurs reprises de défaire le gouvernement, mais le PC a survécu avec l'appui des libéraux.Quand ceux-ci se sont aperçus que le gouvernement allait mener à bien un terme de quatre ans tout en étant minoritaire, il a présenté des motions de non-confiance, mais les néo-démocrates, sentant la soupe chaude, ont refusé d'emboîter le pas.Un des arguments invoqués en coulisse pour ne pas défaire le gouvernement, c'est que 17 membres du NPD seraient éligi-bles à leur pension de député, ce qui est maintenant chose faite.Avec un système politique de tiers partis, il est difficile de prévoir l'issue du scrutin, mais il serait prévisible de voir le PC recruter facilement cinq autres députés; ce qui lui assurerait la majorité à l'Assemblée législative.Là où les conservateurs ne l'ont pas emporté, ils se sont classés solides deuxièmes dans 59 circonscriptions où l'on élisait 32 libéraux et 27 néo-démocrates.Le PC a bénéficié de la majorité absolur dans 26 comtés.M.Davis est le seul des trois chefs en lice à pouvoir se targuer d'avoir obtenu autant de voix dans sa propre circonstrip-tion de Brampton.Cinq élections partielles ont été tenues depuis 1977 et les conservateurs ont retenu leurs sièges dans trois circonscriptions tandis que le NPD conservait leur représentation dans deux comtés, mais avec des majorités réduites qui ont avantagé le PC.Quand les Ontariens seront appelés à voter très bientôt, probablement le 19 mars, il s'agira de la 32e élection générale de l'Ontario depuis le 3 septembre 1867.L'histoire note que 16 gouvernements ont choisi des mandats de quatre ans, 11 de trois ans, 2 de deux ans, 1 de cinq ans et un de sept ans.Oui.Dans ce dernier cas.c'était durant la Dernière Guerre mondiale (1937 à 1913) et les libéraux étaient au pouvoir.Les partis ont voté unanimement pour amender la loi de la législature pour ne pas tenir de scrutin populaire durant cette période.Le premier ministre d'alors, Mitchell Hepburn, devait se retirer, par la suite, de la politique active et son successeur devait aussi démissionner.Harry Nick-son devenait premier ministre, peu après être élu chef de son parti par ses collègues, déclenchait des élections et les perdaient.C'est alors que le règne conservateur a fait ses debuts en Ontario.Elu en 1913, le conservateur George Drew devait toutefois se contenter d'un gouvernement minoritaire.Défait deux ans plus tard par une motion de non-confiance, il se présentait devant le peuple pour solliciter un nouveau mandat et celui-ci lui accorda la majorité souhaitée pour mener à bi r les destinées de la province. » A 9 SUR L'ACTUALITE Le camouf lage ne réside là où certains le cherche Plusieurs événements presque simultanés ont ravivé cette Semaine le débat sur ia Crise d'octobre.Alors même que le gouvernement du Québec publiait la partie inconnue du rapport Duchaîne, décrivant l'action de la cellule Libération et le rôle du sixième ravisseur de Cross (Nigel Hamer), Pane ien Carole de Vault felquiste Paul Rose bénéficiait de sa première sortie sans escorte, pour assister aux funérailles de sa mère, Mme Rosa Rose.Par ailleurs.Pex-informatrice Carole de Vault et le journaliste William Johnson contestaient, à l'intérieur d'un long article publié dans le Globe and Mail, la valeur du rapport Duchaîne: celui-ci selon les coauteurs, aurait sous-estimé les effectifs des cellules Libération et Ché-nier.Enfin, l'ancien solliciteur général dans le gouvernement Clark.M.Allan Lawrence, accusait le premier ministre Trudeau de cacher des informations sur octobre 1970.Dans tout cela, c'est peut, être la théorie de Pex-indicatrice Carole de Vault et du journaliste Bill Johnson qui a le plus étonné l'opinion publique.Selon ces deux auteurs, le rapport Duchaîne est bourre d'erreurs de fait.Il manifeste un évident parti pris qui lui fait limiter le nombre des participants aux deux enleve- ments et minimiser le rôle de divers acteurs.De cela résulte, selon Mme de Vauit et M.Johnson, un camouflage involontaire de la vérité.Le bizarre duo indicatrice-journaliste fait preuve d'un certain culot.Car.alors que le procureur spécial Jean-François Duchaine a rencontré la plupart des felquistes directement impliqués dans tes enlèvements, interrogé les membres concernés des corps policiers, Pex-informatrice ne détient que des renseignements de troisième main sur les enlèvements.Nigel Hamer racontait certaines choses à Robert Comeau, qui.à son tour, les transmettait à Carole de Vault, qui n'est d'ailleurs entrée dans le milieu felquiste qu'au debut de novembre, bien après la consommation des enlèvements Mme Devault peut certes décrire en connaissance de cause la rédaction ci la distribution de communiques qui s'effectuaient dans la cellule de soutien (Viger) qu'elle avait infiltrée, mais elle n'avait des cellules Libération et Chénier (impliquées dans les enlèvements), qu'une perception indirecte, par oui-dire.Le rapport Duchaine a certes ses failles et ses incohérences de détail.N'étant pas base sur des témoigna ges assermentés qui auraient valeur de preuve judiciaire, il ressemble à un récit journalist!-que.Mai> contrairement à la version de Vault Johnson, il s'appuie sur une véritable pluralité de sources.Mme Carole de Vault et M.Bill Johnson soutiennent que le rapport Duchaine minimise la participation de tous les joueurs, sauf ceux qui sont allés à Cuba ou en prison, en 1970.Certes, un enquêteur rencontre ce réflexe prévisible, chez les déviants politiques, qui consiste à éviter d'incriminer des complices.Mais cela n'a pas empêché Me Jean-Francois Duchaine d'apprendre, de se faire confirmer et de révéler le rôle de Nigel Hamer dans l'enlèvement de Cross et dans la fourniture d'importants stocks de dynamique À notre connaissance personnelle, les ex-fel- quistes se sont efforcés de limiter le rôle de soutien de Mme Louise Verrault, ex-amie de Paul Rse; le rapport Duchaine contient quand même des précisions très embarrassantes pour Mme Verrault, qui a servi de point de contact entre les ravisseurs de Cross et ceux de La porte.Selon le duo de Vault-Johnson, au moins 9 personnes, probablement davantage, auraient séjourné au 10915 des Récollets, lieu de détention de Cross.Mais faut-il rappeler que le témoignage de James Cross compte quelque peu dans cette affaire?Me Duchaine s'est patiemment rendu à Londres pour recueillir la version de l'ex-diplomate.Cela doit, bien valoir les évaluations du tandem de Vault-Johnson.Le rapport Duchaime souligne le rôle dune septième participante à la séquestration, une «jeune femme».Alors que le ministère de la Justice, à tout le moins, pour des raisons de preuve, n'en- Allan Lawrence taiiie pas encore de poursuites, le duo de Vault-Johnson souhai-terait-il qu'on lance des noms, comme il se permettait de le fa! re cet automne?l.^a version de Vault-Johnson cor-fond, clans le FLQ, les participants directs aux enlèvements et les membres du groupe de soutien.La caractéristique de ces derniers est précisément d'avoir joué un rôle très utile au FLQ mais quand même périphérique.D'ailleurs, parmi les 35 personnes qui ont déclenché les événements d'octobre (comprenant la dizaine de ravisseurs et quelque 25 auxiliaires), presque tous ont reçu des sentences de prison.L'article de Bill Johnson et Carole de Vault, dans ce contexte, apparait comme une invitation à la chasse aux sorcières.L'ex-informatrice et le columnist du Globe and Mail estiment que le rapport Duchaine est biaisé.Mais doit-on croire que le curieux tandem n'a aucune idéo- logie ou these avantageuse à promouvoir?Quiconque a lu attentivement les articles de l'un et suivi les témoignages de l'autre à la commission Keable les voit quelque peu venir avec leurs gros sabots.En grossissant le nombre de participants aux deux rapts, M.Bill Johnson justifie implicitement le recours aux mesures de guerre.Devant cette menace aggravée, ce péril ac cru, Mme de Vault, pour sa part, augmente l'importance de son rôle, salutaire comme indicatrice de police.Or il faudrait s'entendre.Au cours de son entrevue a Teié-mag, l'hiver dernier, Mme Carole de Vault estimait te nombre des felquistes d'octobre 1970 à 35, y compris 5 ou G informateurs.Est-ce que la venue d'un livre prochain a modifié son évaluation?M.Bill Johnson, dans le Globe and Mail en octobre dernier, saluait la parution du rapport Duchaine en soulignant que le rapport était bien fait, bien aligné et à point («right on»).M.Johnson formulait cependant une réserve principale.Selon le bouillant columnist, le recours aux mesures de guerre avait été justifié, notamment par i'exis-tence de certaines manifestations d'appui au FLQ.Qui cache la vérité sur octobre 1970?S'il faut en croire la surprenante version du duo de Vault-Johnson, ce serait le procureur du gouvernement du Québec.Pourtant, un ancien solliciteur général.M.Allan Lawrence, qui a eu accès aux dossiers fédéraux, affirme que c'est M.Pierre Trudeau qui camoufle des informations au public sur le recours aux mesures de guerre et qui s'est même servi de diverses subtilités légales pour en bloquer la divulgation sous le régime Clark.«Il y a un tas d'autres choses à apprendre sur la crise du FLQ, un tas d'autres choses que je connais», devait affirmer l'ancien solliciteur général.Rappelons aussi que le rapport McDonald sera rendu public lorsqu'on l'aura expurgé des éléments qui affectent «la sécurité de l'Etat».Mme de Vault el M.Johnson veulent dénoncer ceux qui font du camouflage?L'étrange duo regarde peut-être, pour le moment, du mauvais côté.ence Ce qill S Le saccage inouï de l'école Chomedey-de Maisonneuve, à Montréal, la semaine dernière, remet en lumière un problème qu'on croyait en voie de rémission: celui du vandalisme dans les immeubles publics et plus particulièrement dans les écoles.Ce phénomène de la violence qui s'attaque au bien public, les écoles en ont eu plus que leur part.Souvent situées en périphérie des villes et villages, à l'écart des regards indiscrets, elles sont une cible parfaite pour petits m F MARIANE FAVREAU malfaiteurs en mal d'émotions ou de vengeance.Même a Montréal, en plein coeur d'un réseau urbain dense, les écoles sont plus exposées que d'autres immeubles.Et ce.non seulement à cause d'une sorte de ceinture d'isolement qui les sépare des immeubles a voisinants mais également à cause du désintéressement des citoyens.Crainte ou manque de seps civique, il est très rare qu'un citoyen signale des mouvements suspects autour d'une école, encore moins de «jeux» bizarres (des jeunes qui montent sur les toits, lancent des objets dans les vitres, etc.).Si bien que le vandalisme dit «de l'extérieur», qui se produit en dehors des heures de classe, est un fléau sur lequel on a encore bien peu de prise.A la CECM, on a commencé à installer des Systèmes d'alarme qui permet tent à la police d'être sur les lieux peu de temps après qu'un intrus se soit introduit dans lé cole C'est ainsi que lors de l'incen- die allumé a la polyvalente Pier-re-Dupuy, il y a deux ans.les dégâts ont pu être circonscrits: l'alarme avait alerte la police.Toutefois, sur les 250 immeubles de la CECM, seule une centaine en sont actuellement munies.El l'école Chomedey-de-Mai-sonneuve.récemment saccagée, n'en avait pas.Si bien que ce n'est qu'au matin que les enseignants ont découvert l'ampleur du désastre.Si ce vandalisme après les heures de classe est parfois spectaculaire, il y a une autre sorte de vandalisme qui est également fort coûteux quoique moins visible dans le public.Ce sont les dégâts que font dans l'école les élèves eux-mêmes.Bien que les statistiques de la CECM ne distinguent pas les dépenses imputées aux deux sortes de vandalisme, celui du jour et celui du soir, on juge très élevé le coût de remplacement du matériel abîmé ou détruit pendant les heures de classe.C'est ainsi que la reparation et le remplacement des casiers-vestiaires, rideaux diviseurs de gymnase, de vitres atteignent des montants de plusieurs centaines de milliers de dollars.On signale à la CECM que les employés de métier passent au moins 20 p.cent de leur temps à reparer le travail du vandalisme dans les écoles.Remplacement de serrures, réparation de cloisons de salles de toilettes, dégâts de toute natu-i.' occupent ces employés.En additionnant les coûts directs et indirects du vandalisme (du jour et du soir) c'est près de trois millions que la CECM a dû débourser en 1978-79 pour remettre les choses en état.L'an dernier, la facture était de $2.6 millions.Mais à côté des chiffres, ce qu'il y a de plus inquiétant, c'est une mentalité.On tente bien, depuis quelques années, de sensibiliser les écoles, de les amener à se prendre en charge face à cette question.Dans certaines commissions scolaires, on «paie» même les élèves pour les inciter à modérer leurs transports: un budget est mis à la disposition de l'école pour réparer les dégâts du vandalisme et ce qui n'est pas dépensé à cet effet est remis aux élèves.Une incitation parmi d'autres.Mais qui illustre à quel point les jeunes peuvent se ficher du bien public.Serait-ce qu'ils ne font que transporter à l'école leur comportement familial?Il serait bien étonnant que les parents endurent, comme un comportement normal, la dégrada- tion de leur salle de bain ou de leurs garde-robes, le bris de leurs vitres «pour ie plaisir» ou les déchirures de leurs fauteuils.Ou ne serait-ce pas plutôt cette curieuse mentalité qui veut que ce qui appartient à tous n'appartient à personne?En cette ère de restrictions budgétaires, remplacer des vitres cassées pour 8659,000 comme ce fut le cas à la CECM l'an dernier, rogne sérieusement sur l'enseignement.Cet argent serait sûrement mieux placé a mettre sur pied un programme d'éducation civique.LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 31 JANVIER 1981 L'école Chomedey-de-Maisonneuve, à Montréal, après le passage des vandales.photo Pierre McCann, LA PRESSE Un système qui manque d'humanité Que faut-il penser d'un système carcéral qui ne répugne pas, pour des motifs sans rapport avec la sécurité publique, à interdire les derniers adieux d'un fils à sa mère?Ne faudrait-il pas permettre aux detenus, dans tous les cas où l'un de leurs très proches parents se trouve gravement malade \u2014 et sans nécessairement exiger que le décès soit imminent puisque cela ne se prévoit généralement pas \u2014 de leur rendre visite avec ou sans escorte policière selon les cas?Ce problème essentiellement humain a donné aux obsèques delà mère de Paul Rose, la semaine dernière, une couleur particulièrement pathétique, car son fils, emprisonné depuis dix ans, n'avait pu la voir avant sa mort malgré ses demandes répétées.Ainsi sera-t-il en dix ans sorti à l'air libre deux journées seulement, et les deux fois à cause d'un deuil, son père étant mort l'automne dernier.Comme l'a bien expliqué dans ces pages notre collègue Marc Laurendeau, Paul Rose \u2014 dont il est prouvé qu'il n'était pas dans la maison de ta rue Armstrong lorsque le ministre Pierre La-porte est mort, et qui a pris sur lui la responsabilité collective des gestes de la cellule Chénier \u2014 Paul Rose donc est eligible à une libération conditionnelle, que la Commission du même nom persiste à lui refuser apparemment pour une seule raison: parce qu'il refuse de renier publiquement ses anciens engagements politiques.Sa dernière demande fut refusée le 31 décembre, et il n'eut pas droit non plus, comme 637 autres detenus l'ont fait cette année, de passer quelques jours dans sa famille durant les Fêtes.A cette époque, sa mère éta it déjà malade, souffrant d'un cancer généralisé.Quand elle fut hospitalisée au Roy ai Victoria, dans un état tel que sa famille commença à s'alerter considérablement.Paul Rose demanda, redemanda et supplia qu'on lui permette au moins une sortie, serait-ce sous escorte, pour aller lui rendre visite.(«J'y serais allé menotte et enchaîné s'il l'avait fallu», confia-t-il le jour des obsèques à un reporter.).Les autorités refusèrent, et firent savoir cette semaine qu'on s'était fondé sur un rapport médical où l'on n'indiquait pas que Mme Rose risquait de décéder d'ici peu.Mais si c'est sur ce genre de rapport médical que se fondent ordinairement la Commission des Liberations conditionnelles et les autorites pénitentiaires lorsqu'il s'agit de permettre a un détenu de rendre visite à un proche parent gra\\ement malade, ces normes d'appréciation doivent changer, car elles n'ont pas de sens.A-t-on déjà vu un médecin se risquer à évaluer, et par écrit en plus, le moment même approximatif d'un décès?A plus forte raison dans les cas de cancer, dont l'évolution précise n'est jamais entièrement prévisible?(C'est d'ailleurs d'un arrêt du coeur que Mme Rose serait décé-dee).Le sens commun et l'élémentaire humanité demanderaient au contraire que l'on permette à un détenu de rendre visite à tout proche parent atteint d'une grave maladie sans exiger au préalable l'assurance morbide qu'un décès est imminent.\u2022 \u2022 \u2022 Privé du besoin qu'il avait, cet homme, de serrer sa mere entre ses bras à l'heure où il la savait gravement malade, privé du désir qu'il avait de la réconforter comme elle l'avait toujours réconforté, lui, durant ses dix années passées en cellule, Paul Rose lui parla une dernière fois sur cassette, car Mme Rose allait si mal qu'elle ne pouvait même plus parler au téléphone.La cassette fut transmise à l'hôpital où Mme Rose mourut deux jours après.Cette cruauté du système est bien inutile lorsqu'il s'agit, -comme Paul Rose, de détenus dont on sait bien qu'ils ne s'é- I- I * m chapperonnt pas et qu'ils ne sont pas «dangereux».Et dans ce cas très précis, quand on connaît l'é-troitesse du lien qui unissait Paul Rose à sa mère \u2014 cela n'est pas un secret de famille, car leur attachement mutuel et leurs fidélités communes ont été souvent décrits dans les journaux \u2014.le fait d'avoir empêche cette dernière rencontre a quelque chose d'infiniment triste, qui a saisi à la gorge tous ceux qui -ont suivi, cette semaine.eefi événements, et cela indépenj damment du jugement qu'ils; peuvent porter sur la crise d'octobre, à propos de laquelle d'aile leurs, Paul Rose a sans doute amplement payé, comme on dît.\u2022sa dette envers la société.(Croire le contraire, c'est s'en tenir à la loi du talion).\u2022 \u2022 \u2022 Et à propos de la loi du talion, justement, peut-être faudrait-il dire ici qu'on peut être à la fois horrifié(e) par le souvenir de ia mort injuste et inutile de Pierre Laporte, et porté(e) à estimer que les ex-felquistes, après dix ans de detention où ils ont perdu cette chose qui ne revient pas c'est-à-dire leur jeunesse, (sans compter les traumatismes et les risques d'échecs multiples qui pèseront ensuite sur leurs vies): que les ex-felquistes donc ont droit au pardon de la société, d'autant plus d'ailleurs qu'aucun, parmi tous ceux des différentes «vagues» terroristes qui se sont succédées a partir do 1964, n'a jamais récidivé dans ia moindre mesure, une fois remis en liberté.Ainsi plusieurs lecteurs ont téléphoné à l'auteur de ces li gnes pour lui reprocher violemment une chronique écrite cette semaine sur le mode émotionnel à propos des funérailles de Mme Rose.Ils ont tort de m'a-voir crié, sur la ligne téléphonique, que j'étais du côté des «terroristes» et que j'avais dû applaudir a la mort de Pierre Laporte.Le terrorisme, j'ai toujours été contre \u2014 surtout au Québec ou il y a d'autres façons de changer les choses, et je me souviens très clairement du choc que j'ai éprouvé, comme des milliers de citoyens, à la mort de Pierre Laporte.Mais ce n'est pas en disant «oeil pour oeil» qu'on le fera revivre.sans compter que les circonstances de sa mort n'ont jamais été éclaircies.Un conflit d'intérêt ¦ ¦ r BU I T ¦ r- v t s a i ¦ % ! a* «i « a* r.» an 9 \u2022f » »* Puisqu'on parle de la crise d'octobre, que faut-il penser de l'attitude du Globe and Mail \u2014 dont on attendrait un sens de IV thique plus pointilleux puisqu'il est le quotidien le plus presîi-gieux du Canada anglais \u2014 cjui laisse son correspondant parle mentaire à Québec.M.William Johnson, s'associer proîosion- t nellement avec une ex-indicatri-de de police, Mme Carole de Vault, dont la Commission Keable avait eu la naïveté de faire son témoin-vedette?Mercredi dernier, le Globe publiait sur une demi-page et sous leur double signature, une longue dénonciation du rapport Duchaine sur la crise d'octobre, et nous apprenait en même temps que Mme de Vault et M Johnson préparent ensemble un livre sur ces événements Nos deux co auteurs s'en prennent au fait que le rapport Duchaine ne dénonce pas nom moment tous ceux qui.selon eux.auraient été mêles aux cellules felquistes de l'époque.Me Duchaine a déjà répliqué à cet le attaque en rappelant que Mme, de Vault n'a eu de la crise d'octo-; bre proprement dite qu'une connaissance limitée et fragmentai re.et qu'elle survalorise considérablement son rôle.On pourrait aussi ajouter que pour un journaliste, une indicatrice de police n'est pas la source la plus fiable ni la plus crédible qui soit.Que les indicateurs soient occasionnellement utiles à la poli ce et à la société, personne n'en, doute.Mais un indicateur, c'est quelqu'un dont la carrière si l'on peut dire a ete fondée sur l'abus de confiance et la trahison systématique.Quelle crédibilité peut conserver un journal qui publie les récits \u2014 car celui de mercredi n'est pas le premier \u2014 d'un journaliste dont la source principale est une proche associée qui s'est elle-même trouvée dans la mouvance felquiste et s'y est impliquée \u2014 tardivement et à la périphérie \u2014 comme agent dou ble?.Voilà qui ressemble fort à un conflit d'intérêt.r \u2022H I* » r u* M «* » r a* r ¦» v r r r Cette chronique ne paroîtra pas en février, et reviendra au tout debut de mars.\u2022j j A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 31 JANVIER I 981 LIGNES À SENS UNIQUE Impossibilité pour Hydro-importer autant qu'elle Même si le Québec en avait un urgent besoin, le réseau d'Hydro-Québec serait Incapable d'importer autant d'électricité qu'il n'en exporte a l'heure actuelle.Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce déséquilibre n'est pas dù au fait que les ré-seaux voisins n'ont pas d'énergie ALAIN DUBUC à vendre, mais à ce que les interconnexions entre les réseaux sont de capacité inégales, selon la direction du courant! Tandis qu'Hydro peut livrer 3,000 megawatts, elle ne peut en obtenir que 1.200.Toile d'araignée Hydro-Quebec est l'un des éléments d'une toile d'araignée qui associe plus ou moins directement dix partenaires, soit les six provinces canadiennes du centre et de l'est, de même que quatre Etats américains.Notre société d'Ftat entretien' toutefois avec ses voisins énergétiques des relations très variables et pas toujours réciproques Les échanges entre Hydro et ses voisins restent en effet inégaux, les interconnexions ne permettant pas au Quebec de devenir un importateur.«Nos interconnexions n'ont pas été conçues pour importer», explique-ton à Hydro-Québec.Cela n'est pas dû aux lignes de transport elles-mêmes, mais aux contraintes techniques que posent pour chaque réseau le fait d'être relié à un autre.C'est ainsi que les échanges avec Pasny (Power Authority of the State of New York ) ou avec 1'Ontario-Hydro passent par le poste de Beauharnois.Et ceiui-ei ne peut absorber que 800 mégawatts des Etats-Unis, ou encore 100 d'Ontario et 400 de Pasny.Et c'est là le principal canal par lequel le Québec peut faire appel à ses voisins.Par ailleurs deux autres inter-* connexions avec l'Ontario, dans l'Outaouais et dans l'Abitibi, permettent d'aller chercher 100 mégawatts chacune, tandis que la ligne nous liant au Nouveau-Brunswick ne peut absorber que 200 megawatts.En tout, ces diverses possibilités permettent d'obtenir 1.200 mégawatts, contre des exportations possibles de 3.000.Il faut cependant noter que, de façon générale, ce déséquilibre est peu inquiétant à court terme, puisque le Québec dispose d'impor- tants surplus pour l'instant.A plus long terme, les investissements d'Hydro-Québec à Châ-teauguay permettront de corriger cette anomalie.5 partenaires Les relations d'un réseau à l'autre se font en effet presque toujours à sens unique.D'un côté, le Québec importe du Labrador, et de l'autre, il expédie de l'énergie à ses quatre autres voisins immédiats, soit l'Ontario, le Nouveau-Brunswick.les Etats de New York et du Ver-mont.Dans un second temps, certains de ces partenaires exportent à leur tour, le Nouveau-Brunswick vers la Nouvelle-Ecosse, l'Ile - du - Prince -Edouard et le Maine, et l'Ontario, vers les Etats de New York et du Michigan.Intermédiaires Dans le cas des exportations de ces deux provinces, il s'agira souvent d'énergie québécoise, où Hydro-Québec exporte par réseau interposé.Traditionnellement c'est l'Ontario Hydro qui était, et de loin, le principal exportateur.HydroQuébec était en effet liée jusqu'en 1978 par un contrat rigide avec la province voisine, ce qui fait que celle-ci revendait aux Etats-Unis l'énergie québécoise en faisant un important profit.Depuis, le Québec s'est doté de sa ligne à haute tension vers Pasny ce qui lui permet de contrôler ses livraisons.L'Ontario reste néanmoins le principal exportateur, avec 12,000 MWh contre 7,600 au Québec, suivi d'assez près par les 3,800 du Nouveau-Brunswick.On peut se convaincre que ces exportations des autres provinces sont en partie alimentées par l'énergie québécoise.Dans le cas du Nouveau-Brunswick, les livraisons au Maine sont à peu près équivalentes à ce que l'on importe du Québec.L'Ontario, de son côté, sur les 12,000 qu'elle exporte, en tire environ 5,000 de sa propre production et le reste des autres provinces, 1,500 du Québec et environ 2,500 du Manitoba.Ces calculs doivent cependant être sujets à caution car ils s'appliquent à une année entière: il se peut par exemple qu'un réseau soit importateur l'hiver et exportateur l'été.Par ailleurs, Hydro-Québec profite également de ces arrangements parce qu'il en profite pour exporter une énergie que ses propres lignes ne peuvent pas acheminer, quitte à partager le profit avec le réseau de transit.LUNDI: Importance et efficacité de Hydro-Québec EXPORTATIONS DES RÉSEAUX CANADIENS (GWh) Prowict\t\tExporteront\t; _ .à.,.,.,\tExpottotioAt\tConte*\u2014fnflhM \t\t\t tion sur l'émission d'actions ordinaires de la compagnie, payable en devises canadiennes le 16 mars 1981, aux actionnaires inscris a la fermeture des bureaux le 18 février 1981.NE VOUS PRECIPITEZ SURTOUT PAS POUR ACHETER UN REÉR, MEME LE NÔTRE .1 Les REÉR sont avantageux a bien des points de vue, surtout lorsqu'il s'agit de réduire votre impôt sur le revenu.Pourtant, même si nous vendons des REÉR, nous sommes parfois d'avis qu'un autre type de placement vous conviendrait mieux.Il suffit de quelques minutes d'entretien pour répondre à cette question.Le but du groupe financier Laton Baie est de pouvoir offrir à ses clients un programme financier complet qui conviendra parfaitement à chaque situa tion individuelle.Après tout, ce oui convient à une personne n'est pas nécessairement ideal pour une autre.Le RELR vous permet de différer le paiement de votre impôt sur le revenu mais ses avantages peuvent varier selon vos revenus, votre âg
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