La presse, 3 juin 1983, Cahier A
[" LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMERIQUE Sears i ¦ vous en avez pour votre argent.et plus MONTRÉAL, VENDREDI 3 JUIN 1983, 99e ANNÉE, n° 128, 56 PAGES, 4 CAHIERS \u2022 LA MÉTÉO : GÉNÉRALEMENT ENSOLEILLÉ, MIN.: 8°, MAX.: DEMAIN: NUAGEUX AVEC AVERSES.DÉTAILS PAGE A 2 20 35 cents hors de la zone métropolitaine 45c REGLEMENT HORS COUR DU SACCAGE DE LG-2 QUÉBEC \u2014 Le premier ministre du Québec, M.René Lévesque, a répété hier qu'il n'avait pas trompé l'Assemblée nationale à propos du règlement hors cour des poursuites consécutives au saccage de la Baie James, contrairement à ce qu'affirmait LA PRESSE du 17 mars dernier.LOUIS FALARDEAU de notre bureau de Québec Il a toutefois reconnu devant les membres de la commission parlementaire qui enquête depuis plus de deux mois sur cette affaire, avoir « escamoté », dans la réponse faite le 20 février 79 au député libéral Fernand La-londe, toute référence à cette rencontre du 3 janvier précédent, au cours de laquelle, à sa demande, son chef de cabinet, Jean-Roch Boivin, avait fait connaître au PDG de la SEBJ son opinion éminemment favorable à un règlement.Mais c'est parce qu'il l'avait complètement oubliée, cela ne lui paraissant pas central.On ne peut tout dire, fait-il valoir, lors d'une période de questions.Il faut s'en tenir à l'essentiel.« Et voir LÉVESQUE en A 2 Le premier ministre fustige LA PRESSE page 4 ¦ La réplique de l'éditeur, Roger-D.Landry, en page A 7, et un éditorial de l'éditeur adjoint, Michel Roy, en page A 6 ~* ¦ De larges extraits du témoignage de M.Lévesque devant le Comité parlementaire en page A 7 Ci-contre, M.Lévesque brandissant hier une photocopie de la manchette incriminée.photo upc Les taux d'intérêts: Ottawa ne dicte pas CHARMANTS, CES PISSENLITS V les règles du jeu page B 1 LES TURBULENCES D'AIR CANADA Le déménagement du siège social d'Air Canada, à Montréal, ne se fait pas sans rebondissements particulièrement spectaculaires.Dans les premiers d'une série d'articles consacrés à cette affaire, le journaliste Guy Pinard démêle l'écheveau d'intrigues qui ont abouti au choix du nouvel immeuble que la société occupera dans la métropole.Entre autres, il y est question du rôle que la maison de courtage A.E.Lepage a joué dans cette affaire.A 0 page A 8 Certains le considèrent comme une mauvaise herbe.D'autres, au contraire, disent qu'il fait revivre le gazon en lui donnant de la couleur.Pour la majorité des gens de la ville, le pissenlit est la première fleur naturelle qu'ils voient pousser.Après sa floraison, ses multiples petits parachutes s'envolent au gré du vent, au grand émerveillement des enfants, des tout-petits, ceux qui ne sont encore qu'à l'âge de Ja Guerre des étoiles.Si les propriétaires de terrains de golf dépensent des fortunes pour enlever ces taches jaunes de leurs grands tapis vorts, ils ne peuvent que s'en prendre à leurs ancêtres venus de l'Ancien Monde, il y a trois cent ans.Comme eux, le pissenlit est un immigrant.D'ailleurs, en Amérique du Nord, il suivit l'homme dans presque tous ses déplacements.On fait une salade légèrement amère avec ses feuilles et du vin avec ses fleurs.Moulue, sa racine séchée avant floraison peut servir de succédané au café.Les enfants font parfois de longs colliers avec sa tige.ou des bouquets sans prétention.photo René Picord, LA PRESSE Andropov tend une perche à Ronald Reagan MOSCOU (AFP, Fleuter) \u2014 Le numéro un du Kremlin.M.Youri Andropov, a estimé hier que l'URSS et les États-Unis devaient faire preuve de «modération réciproque» afin de trouver des «ententes mutuellement acceptable-» pour «éviter l'irréparable».M.Andropov a tenu ces propos au cours d'un entretien avec M.Averell Harriman, ancien ambassadeur des États-Unis à Moscou et spécialiste des relations soviéto-américaines.Selon M.Harriman, M.Andropov a exprimé sa préoccupation devant l'état actuel des relations soviéto-américaines et a affirmé que «le voeu le plus sincère et fervent du gouvernement soviétique est d'avoir avec les États-Unis des relations normales et de les développer dans la meilleure tradition du passé».L'URSS, a ajouté le leader soviétique, est «prête et intéressée à prendre des initiatives communes qui rendraient la situation présente plus facile».Le numéro un soviétique a déclaré que le danger de guerre devrait être le dénominateur commun incitant l'URSS et les USA à «la modération réciproque».Il devrait devenir «la base des efforts communs visant à trouver des ententes mutuellement acceptables afin d'éviter l'irréparable».M.Andropov a rappelé qu'il y a 40 ans au moment où M.Harriman était ambassadeur à Moscou (1943-46), l'URSS et les Etats-Unis étaient «alliés» et «défendaient ensemble le monde contre la menace fasciste».Aujourd'hui, «les Soviétiques et les voir ANDROPOV en A 2 I m Youri ANDROPOV « ARTS DE LA RUE » Une Biennale se tiendrait à Montréal en 85 V La Ville de Montréal a formé un comité spécial pour étudier la possibilité de monter des expositions artistiques dans tous les quatiers de la métropole en 1985.PIERRE GBNGRAS Ce projet consisterait à accueillir la Biennale mondiale des arts de la rue dont la dernière représentation a eu lieu à Lyon, en France, en 1980.Il s'agit d'une manifestation culturelle d'envergure où sont exposées durant plusieurs semaines, dans tous les quartiers de la ville, différentes créations qui font partie de vie urbaine (affiches, murales, fontaines, sculptures, etc).C'est ce qu'a confié, le maire Jean Drapeau à un petit groupe d'invités a l'inauguration du Pa- lais des congrès de Montréal, la semaine dernière, en présence du président de l'Ordre des architectes du Québec, M.Hubert Chamberland ainsi que du représentant de LA PRESSE.Le comité formé par la ville qui s'est déjà réuni à quatre reprises, a rencontré récemment à ce sujet M.André Parineau, le président de l'Académie nationale des arts de la rue, un organisme français.C'est d'ailleurs M.Parineau qui a suggéré au maire Drapeau de tenir la prochaine biennale à Montréal, une initiative qui donnerait un caractère international à cette manifestation.La première version de cet événement a eu lieu à Paris en 1978.Selon certaines sources à l'hôtel de ville, la biennale de 1985 à voir BIENNALE en A 2 AUJOURD'HUI MADELIPÊCHE En vertu d'un règlement intervenu entre les ministres Pierre De Bané et Jean Garon, les six chalutiers de SOQUIA amarrés aux Îles-de-la-Madeleine pourront prendre la mer dès aujourd'hui.page A 4 DÉCHETS TOXIQUES Le gouvernement se propose d'exiger des responsables de l'enfouissement de produits dangereux dans 22 emplacements secrets qu'ils assument les frais de la remise en état des lieux.page A 4 CARMEN En dépit de certaines faiblesses évidentes au niveau du chant et du jeu, l'expérience du Théâtre de Bon'Humeur mérite d'obtenir la plus large audience possible.page B 7 SALVADOR Le secrétaire d'État américain George Shultz affirme que la politique des États-Unis à l'endroit de la crise en Amérique centrale demeure inchangée, en dépit du remplacement de deux de ses principaux artisans.page A 9 ÉDITORIAL Il ne faut pas nécessairement, écrit Vincent Prince, attribuer à ceux qui ont manifesté contre la visite du ministre israélien Ariel Sharon à Montréal des motifs s'apparentant à l'antisémitisme.page A 6 SOMMAIRE Annonces classées.B 2, C 3 àC9 Arts et spectacles.B 7 à B 11 \u2014Cinéma.À 10 Décès, naissances, etc.C 11 Économie.B 1 à B 6 Êtes-vous observateur?.C 7 Horoscope.C 4 Le monde.A 9 Météo.A 2 Mots croisés.C 9 « Mot mystère ».C 9 Pleins feux.A 8 Quoi faire aujourd'hui.A 10 Télévision.B 7 \u2014Télé-câble.B 7 Tribune libre.A 7 TABLOÏD SPORTS Bandes dessinées.14 Mots croisés.14 photothèque, LA presse certificats de DÉPÔT GARANTI doublement avantageux + TRUST GENERAL (5 ans) Intérêt annuel Dépôt minimum IOO0 \u2022 y4% (15 mois) Intérêt à l'échéance Dépôt minimum 1 000 % tt TRUST Gtftf RAI Institution tasertte 11* R*gk de r«»»ur«K« «kpùta du Qutbec Monlréal/UnWerelty: 1100.Unlvenlty.671-7200 Montréal/Place Ville Marie: Galerie d«i Boutique».861-6383 Outremont: I.Vincent d'Indy.739-3263 LavelChomcdey: Place du Carrefour, 687-6760 Crarby: 398.Principale.378-6461 A 2 LEVESQUE SUITE DE LA PAGE A 1 l'essentiel, dit-il, c'était (le premier février 79) quand j'étais face à face avec les trois principaux dirigeants (de la SEBJ.MM.Laliberté, Boyd et Saul nier) qui venaient vérifier justement, je suppose, les tenants et* les aboutissants de mon sentiment et de l'opinion que je leur avais fait transmettre.(.) C'est à ce moment-là, il me semble, que se trouvait le coeur de la question.M.Lévesque ajoute que si M.Lalonde lui avait alors posé d'autres questions, il n'aurait certes pas caché cette rencontre du 3 janvier et celles avec les avocats des parties qui avaient servi à son chef de cabinet à se faire une opinion.M.Lalonde a longuement insisté hier sur cette omission du premier ministre.Il a fait valoir que dans sa longue réponse de février 79 et dans le mini-débat sur le sujet qui a suivi en fin de soirée, le premier ministre avait parlé à de nombreuses reprises d'une consultation à son bureau faite à la demande des dirigeants de la SEBJ, qui voulaient avoir son sentiment, laissant entendre aux membres de l'Assemblée nationale qu'il n'a donné son opinion sur l'affaire que lorsque sollicité par la société d'Etat.Or, affirme le leader de l'opposition, la vérité est plutôt \u2014 et elle a été largement établie devant la commission \u2014 qu'il a donné son opinion un mois avant que la SEBJ la sollicite et que c'est son bureau, via cette rencontre Jean-Roch Boivin \u2014 Claude Laliberté, qui a pris l'initiative du règlement.Cela a été «la gâchette qui a fait partir le coup».M.Lalonde comprend mal également que M.Levesque ait pu lui répondre que « la décision (de régler), ni de près ni de loin, le bureau du premier ministre ne pèse dessus », compte tenu de ce qu'on sait maintenant, c'est-à-dire des nombreuses rencontres des gens de son bureau avec des dirigeants et des avocats de la SEBJ.A cela, M.Lévesque répond que M.Yves Gauthier peut bien aller manger avec qui il veut, mais que seul lui-même et son chef de cabinet avaient d'affaire là-dedans.Ils ont exprimé clairement leur sentiment, à la demande de la SEBJ \u2014 et cela avait été dit en Chambre.Mais, ajoute-t-il, ça n'a pas eu l'air de peser sur le vote pris en mars.«Cela n'a pas eu l'air d'affecter les opinions qui étaient en train de se former librement.» Au début de son témoignage, après avoir fait une déclaration solennelle à la demande des libéraux, le premier ministre avait lu un long texte (dont nous publions de larges extraits en page A 7) dans lequel il reprenait ce qu'il avait dit en Chambre, en février 79, et tentait de démontrer qu'en mettant dans le contexte de sa longue réponse les « ni de près ni de loin » que lui reprochent les libéraux, il devenait évident qu'il avait dit la vérité, qu'il n'avait pas tenté de cacher une partie des faits.« D'ailleurs, qu'avais-je à gagner à cacher quoi que ce soit », a-t-il demandé à plusieurs reprises.Le premier ministre a d'abord expliqué les raisons qui l'ont amené à favoriser un règlement : ¦ le syndicat américain poursuivi était probablement solvable mais «d'aucune façon» responsable « d'un coup monté exclusivement par des mécréants de chez nous ».Et de toute façon, les faire payer aurait nécessité un « pèlerinage judiciaire » qui ne serait pas encore terminé et qui aurait coûté des millions ; ¦ les syndicats québécois étaient de toute évidence responsables, mais il aurait été injuste de faire payer par l'ensemble des travailleurs des sommes importantes pour des événements dont ils n'étaient « franchement pas responsables ».Il y va alors de longues citations du Rapport Cliche, dont la relecture à l'époque avait suffi à le convaincre qu'il ne convenait pas de faire payer les travailleurs ordinaires pour un crime imputable à des « bandits professionnels (qui) avaient fait main basse sur la FTQ-Construction ».Elles tendent à prouver essentiellement deux choses : ¦ la démocratie n'existait plus dans les syndicats oeuvrant à la Baie James; les votes de grève étant pris dans des lieux clos d'où ceux qu'on soupçonnait de vouloir voter contre étaient tenus à l'écart par des bandes de fiers-à-bras armés de revolvers, de chaînes et de « battes » de baseball ; ¦ le gouvernement d'alors (dirigé par Robert Bourassa) et le Parti libéral avaient leur part de responsabilité dans cette affaire.N'était-ce pas le bras droit du premier ministre, M.Paul Desrochers, qui négociait à Québec le monopole syndical avec « Dédé » Desjardins, et le retrouvait le soir à Sept-Iles pour lui demander de l'aide pour que l'élection partielle qui s'y déroulait se passe dans un climat serein ?Et les deux principaux auteurs du saccage, René Mantha et Yvon Duhamel, ne s'étaient-ils pas fait arrêter à deux reprises, en octobre 73, alors qu'ils « travaillaient » les élections dans Taillon et Laporte pour le compte des Libéraux ?Son opinion faite \u2014à la suite également de conversations avec son chef de cabinet\u2014 il demande à M.Boivin de la faire connaître à M.Laliberté.Il rencontre ensuite les trois principaux dirigeants de la SEBJ.Il ne se rappelle pas leur avoir dit le fameux « Réglez, crisse.» mais « puisque M.Laliberté se l'est rappelé sous serment, moi je veux bien qu'à un certain moment, me sentant excédé, j'aie pu dire quelque chose comme ça ».Car l'attitude de M.Boyd, qui semblait « avoir quelque chose de vengeur » lui « tapait sur les nerfs ».(M.Lévesque traite de Tartuffes ceux qui s'étonnent que des gros mots, qu'il entend souvent en Chambre ou dans les coulisses, aient pu être prononcés par lui.) Enfin, M.Lévesque jure que ni lui ni son bureau n'ont participé aux négociations « pour tâcher de concrétiser l'éventuel règlement ».Il ne s'est jamais occupé non plus du montant, qu'il a d'ailleurs trouvé plutôt mince quand il l'a connu, considérant « qu'à tout le moins on aurait pu exiger l'équivalent des frais judiciaires engagés par la SEBJ».ANDROPOV SUITE DE LA PAGE A 1 Américains ont également un ennemi commun: la menace de guerre qui est incomparable par ses conséquences destructrices avec la guerre passée».Selon l'agence Tass, M.Andropov a déploré l'attitude de l'actuelle administration américaine: «une politique qui s'assigne pour but de parvenir à la supériorité militaire par rapport à l'URSS et de lui dicter ses conditions n'a aucune perspective», a-t-il dit.Une telle politique ne fait que «biffer tout ce qui a été réalisé de positif entre les deux pays antérieurement».Pour M.Andropov, l'attitude de Washington «compromet les bases de la confiance entre les deux super-grands et il s'ensuit un climat qui ne peut que susciter l'inquiétude».«Chaque année manquée pour la réalisation des accords sur la limitation des armements fait naître de nouveaux problèmes, rend plus compliqué l'arrêt de la course aux armements,» a encore affirmé M.Andropov, cité par Tass.De son côté, le diplomate américain, âgé de 91 ans, a qualifié de «cordial et franc» son entretien avec le dirigeant soviétique qui a duré 80 minutes et s'est déroulé au siège du comité central du Parti communiste soviétique.L'éventualité d'un sommet Reagan-Andropov n'a pas été évoquée au cours de l'entretien, a précisé M.Harriman, qui était accompagné de son épouse.M.Harriman a souligné qu'il se trouvait à Moscou à titre privé et que M.Andropov ne l'avait chargé d'aucun message pour le président Reagan.M.Andropov lui est apparu «en bonne forme, énergique et son discours était clair et intelligent», a ajouté l'ancien ambassadeur américain.M.Harriman, qui a connu tous les leaders soviétiques depuis Joseph Staline, estime pour sa part que les relations soviéto-américaines sont actuellement dans un piètre état, mais il ne voit pas de danger de guerre.Il croit que les deux puissances devraient d'abord s'attaquer à des questions mineures qui pourraient être résolues facilement et commencer ainsi à améliorer leurs relations.La Quotidienne Tirage d'hier 4130 Numéro-boni 033375 rLAMÉTÉa I1 DATl: Vendredi le 3 juin AUJOURD'HUI: Mm.: 8 B^SOlilUÉ Mox.: 20 22 5 01 M.n\tMai 5\t20 8\t20 ô\t18 8\t18 3\t20 5\t19 \u20223\t19 5\t16 4\t14 2\t14 5\t14 Min.\tMax 11\t17 6\t18 5\t16 8\t18 11\t18 7\t22 8\t20 7\t18 8\t15 \t *\t Aufovrd'hvi DEMAIN: NUAGEUX AVEC AVERSES Québec Abitibi Ouroooais Laurentides Cantons de l'Est Maurice Québec loc-Soint-Jeon Rimouski Gospésie Baio-Comeau Sept-IUs Canada Victoria Edmonton Regino Winnipeg Toronto Predericton Halifax Chariottetown Soint-J«an États-Unis Boston Buffalo Chicago Miami New York Min 13 3 16 24 14 Max.23 18 22 31 21 N.Orleans Pittsburgh S.Francisco Washington Dallas Min.Max.19 27 8 16 13 19 16 25 les capitales Aujourd'hui \tMin.Max.\t\t\ti n Max\t Amsterdam\t14\t22\tMadrid\t11\t22 Athènes\t17\t29\tMoscou\t12\t29 Acapulco\t22\t34\tMexico\t13\t27 Berlin\t15\t25\tOslo\t9\t18 Bruxelles\t13\t26\tParis\t12\t22 Buenos Aires\t7\t12\tRome\t12\t29 Copenhague\t15\t21\tSéoul\t17\t29 Genève\t11\t20\tStockholm\t12\t15 Hong Kong\t28\t31\tTokyo\t20\t26 Le Caire\t20\t33\tTrinidod\t24\t33 Lisbonne\t11\t19\tVienne\t13\t25 Londres\t13\t19\t\t\t Dans la paroisse Sainte-Claire comme dans un certain nombre d'endroits du diocèse de Montréal, la Fête-Dieu a été célébrée avec éclat hier soir.Et elle a rappelé de bons souvenirs à plusieurs fidèles.photo Robert Nadon, LA PRESSE LA PRESSE, MONTREAL, VENDREDI 3 JUIN 1983 Une Fête-Dieu qui rappelle des souvenirs d'autrefois «Ça me rappelle des bons souvenirs.J'aime ça ! » Postée devant l'église Sainte-Claire, dans l'est de Montréal, Mme Corinne Fortier était tous yeux et toutes oreilles.Elle observait, par le temps magnifique dont nous a enfin gratifiés la météo, la formation de la procession de la Fête-Dieu qui allait dans un moment se mettre en marche vers le reposoir.JULES BÉLIVEAU_ « Dans mon temps, s'est soudain remémoré à haute voix la dame âgée, je faisais un ange.Maman me frisait les cheveux en grands boudins.» Ouverte par un bon nombre d'enfants de choeur en aubes blanches, la procession composée de quelque 1000 fidèles de Sainte-Claire et des paroisses environnantes, tous munis de flambeaux, s'éloignait déjà de l'église.Un premier cantique s'est élevé : « Loué soit à tout moment Jésus au Saint Sacrement ».Puis il y a eu des invocations, des prières, et d'autres hymnes religieux.Au reposoir dressé sur le perron du couvent des religieuses salésiennes, 14 anges personnifiés par autant de fillettes ayant récemment fait leur Première communion, attendaient la foule.« C'est vrai que nous n'avons pas d'ailes, a noté un de ces anges.Mais ça ne nous empêche pas de voler plus vite ! » Soeur Pauline Cossette, qui avait pour fonction de calmer les bambines le moment venu, a fait remarquer pour sa part : « Autrefois, la procession de la Fête-Dieu était beaucoup plus solennelle.Mais c'était une autre époque.Si nous sommes revenus aujourd'hui à une telle célébration \u2014 avec certaines différences \u2014 c'est parce que les gens l'ont désiré : ils veulent manifester leur foi, et ils veulent le faire d'une façon renouvelée.» Malgré l'espoir qu'entretenait toujours le syndicat hier matin que les négociations continueraient pour sauver la boulangerie Steinberg, l'entreprise fermera définitivement ses portes le 6 août prochain, entraînant la mise à pied de 465 personnes.Les employés en étaient avisées hier.LISA BINSSE_ Cette décision, annoncée par Steinberg hier après-midi, est attribuable au refus du syndicat de « régler immédiatement les conditions majeures » dont dépendait la survie de l'entreprise, exploitée par les Aliments Steinberg Ltée.Et il n'est pas question de reprendre les négociations.Un porte-parole de la compagnie a reconnu que l'Union des employés de commerce (FTQ), comme l'annonçait hier matin son président Jules Lavoie, avait effectivement donné son accord sur des modifications à certaines clauses normatives.Mais le syndicat, dit-il, a rejeté un projet de convention collective soumis le 30 mai dernier qui tenait compte des exigences patronales pour la survie de la boulangerie : une convention collective distincte, un réaménagement des salaires ainsi que des bénéfices sociaux.C'est la séparation du certificat d'accréditation que le syndicat refuse d'envisager.D'abord le 16 mars Steinberg, incapable de réduire les coûts de production de la boulangerie qui s'achemine vers un déficit de $1,5 millions 465 MISES À PIED Steinberg fermera sa boulangerie le 6 août (la compagnie a par la suite refusé d'ouvrir ses livres au syndicat ), avait d'abord annoncé la fermeture de la boulangerie le 16 mars dernier.À la demande du syndicat qui se disait conscient des problèmes que connaît l'entreprise et prêt à négocier afin d'éviter cette fermeture, Steinberg avait accepté de surseoir à son plan de fermeture jusqu'au 1er juin pour permettre la tenue de ces pourparlers intensifs.Ces négociations ne touchaient que la boulangerie.La survie de l'entreprise dépendait des concessions que le syndicat accepterait de faire.Au>départ, afin de réduire les coûts de production et de rationaliser les opérations de la boulangerie pour la rendre compétitive avec l'ensemble de l'industrie, Steinberg exigeait une réduction de salaire variant entre $54 et $96 par semaine.Dans sa proposition du 30 mai, la compagnie baissait cette demande à $40 par semaine pour tous avec un ajustement des bé- néfices marginaux en conséquence.Le porte-parole patronal a déclaré que le syndicat avait refusé de discuter des demandes patronales à incidence monétaire, préférant attendre le début des négociations des employés d'entrepôts.La convention actuelle couvre les employés de la boulangerie et les employés d'entrepôts ( 1 500 personnes en tout).Elle prend fin le 14 septembre prochain.Des rencontres de négociations pour les autres employés débutent aujourd'hui.Les employés n'y croyaient pas Cette décision a pris le syndicat tout à fait par surprise.Il ne s'y attendait pas, n'y croyait pas.Il espérait toujours une reprise des pourparlers pour discuter des questions à incidence monétaire.Une conférence de presse avait été convoquée hier matin afin justement de faire le point sur les négociations.Rejoint en fin d'après-midi, M.Lavoie a réitéré que tout est négociable, sauf le certificat d'accrédition.« On est prêt à négocier les demandes de Steinberg.Mais, il n'est pas question de scinder l'accréditation, de dire M.Lavoie.Le certifcat d'accréditation est intouchable.Notre mandat est clair : sauver des jobs mais sans affaiblir le syndicat ».« Je vous jure que si Steinberg ferme la boulangerie, le syndicat va prouver hors de tout doute que ce n'est pas de sa faute ».Hier matin, M.Lavoie émettait l'avis qu'après les concessions que le syndicat avait acceptées au chapitre des clauses normatives, il lui semblait incroyable que Steinberg puisse aller de l'avant avec cette fermeture.Il affirmait alors que 90 p.cent des clauses étaient réglées, ce que refute Steinberg.« On leur a tout donné pour opérer.Les problèmes opérationnels sont presque tout réglés », de conclure M.Lavoie.PREMIÈRE DE SES TROIS PRIORITÉS POUR 1983-1984 Centraide met le paquet pour aider les jeunes chômeurs La préoccupation majeure de Centraide, pour 1983-84, a été de donner priorité aux trois groupes les plus touchées par la crise économique: 1) les jeunes de 18 à 29 ans, sans emploi et de- BIENNALE SUITE DE LA PAGE A 1 Montréal durerait deux mois, durant l'été, et donnerait aussi lieu à la tenue d'un congrès de deux jours réunissant des spécialistes de l'aménagement urbain.Rejoint à Paris par LA PRESSE, M.Parineau a confié que le site de Montréal était propice à l'organisation de la biennale parce qu'il s'agissait notamment d'une ville dynamique et que la présence des îles de Terre des Hommes représentait un atout additionnel pour mener à bien le projet.« Une biennale n'est pas une fête qui passe sans laisser de traces, a t-il dit.Les éléments qui sont créés à cette occasion doivent rester dans la ville et contribuer à l'enrichissement artistique de son environnement.C'est tout un état d'esprit qui anime alors la ville.C'est une grande fête populaire où les artistes, les comédiens et les musiciens descendent dans la rue ».M.Parineau cite alors l'exemple de Lyon où la ville a décidé d'acheter 17 scupltures à l'issue de l'exposition afin de les exposer en permanence dans autant de quartiers de la ville.«Ce sont les habitants de Lyon eux-mêmes qui ont manifesté le désir de conserver ces oeuvres» a t-il précisé.Ironie du sort, on se souvient que le maire Jean Drapeau avait ordonné personnellement la démolition de l'exposition Corri-dart, dans la nuit du 13 au 14 juillet 1976.Cette manifestation artistique organisée dans le cadre des Jeux olympiques et considérée comme «une pollution visuelle» par les autorités municipales olympiques demeure toujours un sujet d'actualité.Une douzaine d'artistes lésés par cette démolition avaient exigé une indemnisation de $350,000 de la part de la Ville de Montréal.Déboutés par la Cour supérieure en mai 1981, les plaignants souhaitent interjeter appel mais manquent de fonds.C'est en faisant allusion à cette exposition que le maire Drapeau a confié à ses interlocuteurs au sujet de la Biennale mondiale de 1985: «Ce sera plus qu'un Corridart.» vant vivre d'une allocation mensuelle de l'aide sociale de $146.; 2) les nouveaux chômeurs et assistés sociaux: 3) les femmes, chefs de famille, vivant de l'aide sociale.CONRAD BERNIER Centraide a d'ailleurs accepté au cours des dernières semaines vingt-trois projets spéciaux qui confirment sa volonté d'aider prioritairement ces trois « populations-cibles ».Huit de ces projets spéciaux veulent répondre aux problèmes et aux besoins des jeunes sans emploi de 18 à 29 ans et vivant de l'aide sociale.Ce qui caractérise l'ensemble de ces projets, c'est qu'ils visent « à favoriser le regroupement, l'entraide et la solidarité ».Cinq projets s'adressent aux femmes chefs de famille, vivant de l'aide sociale.Cinq organismes ont en effet développé des programmes visant à aider les familles monoparentales.Quatre projets veulent répondre aux problèmes vécus par les nouveaux chômeurs et les nouveaux assistés sociaux.Il s'agit essentiellement de projets mis sur pied par « des organismes de dépannage » ou «d'éducation populaire» qui \\ ont vu augmenter sensiblement la demande de services au cours de la dernière année.Centraide annonce aussi deux projets visant à contrôler le phénomène de la violence dans les groupes de jeunes de 18 à 25 ans.Pour 1983-84, Centraide-Mont-réal a alloué $11.5 millions aux 170 organismes qu'il finance dans la région métropolitaine.Cela représente 85 p.cent de la somme totale recueillie lors de la dernière campagne de souscription.26 p.cent sont consacrés aux familles en difficulté, 29 p.cent aux besoins et problèmes des jeunes, 13 p.cent aux personnes âgées, 14 p.cent aux personnes handicapées, 7 p.cent à la vie de quartier, 11 p.cent à la coordination du bénévolat et à l'information.La Ligue des droits et libertés et l'Office des droits des détenus ne comptent plus parmi les organismes aidés par Centraide.Par suite d'une entente commune, Centraide a consenti à ces deux organismes une prime de séparation de $110 000.Les responsables de Centraide affirment, enfin, que l'analyse des programmes et des projets que les organismes ont soumis au cours des derniers mois démontre qu'il y existe « un extraordinaire dynamisme pour faire face à des difficultés nouvelles ». LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 JUIN 1983 CINCINNATI (AP) \u2014 Au moins 23 personnes auraient été tuées et 18 autres blessées hier soir dans l'incendie d'un DC-9 d'Air Canada qui a pris feu en vol, alors qu'il se rendait de Dallas à Toronto, et qui a dû atterrir en catastrophe à l'aéroport de Cincinnati.« Nous croyons qu'il y a encore du monde dans If avion », a déclaré Mme Lynn Sutter, porte-parole de l'aéroport.« Je viens de contacter, dit-elle, M.Dale Keith ( directeur des opérations à l'aéroport ) et il a dit que le National Transportation and Safety Board ( Conseil national des transports et de la sécurité ) avait donné l'autorisation de débarquer les quelque 23 morts ».Près de 18 personnes, blessées et incommodées par la fumée, ont été transportées au Booth Memorial Hospital, de Florence, et au centre médical St.Elizabeth, à Edgewood, ont déclaré les autorités hospitalières.L'avion, ( le vol 797 ), qui transportait 11 passagers et cinq membres d'équipage, avait quitté Dallas-Fort Worth à destination de Toronto, quand l'incendie s'est déclaré, a dit à Washington M.Dennis Feldman, porte-parole de l'administration américaine de l'aéronautique civile ( FAA ).Le feu a pris dans le fuselage, a déclaré M.Dale Keith, directeur des opérations à l'aéropori, situé dans la région métropolitaine de Cincinnati.Une fumée épaisse couvrait IL SE POSE EN CATASTROPHE À CINCINNATI Un DC-9 d'Air Canada prend feu en vol : au moins 23 morts l'aéroport et sa région et M.Feldman a déclaré que l'aéroport serait fermé pour quelques heures.La zone autour de l'avion a été isolée et encerclée par des camions de pompiers.« Le feu à bord » Selon M.Feldman, l'avion a adressé un message radio au centre de contrôle de la FAA à Indianapolis en disant : «J'ai le feu à bord ».Dans pareil cas, l'espace aérien est aussitôt dégagé et le pilote est envoyé au plus proche aéroport.« Il a appelé à 19h06 et on l'a fait atterrir à 19hl9 », a ajouté M.Feldman.A 20h20, M.Feldman annonçait que « l'avion était en feu au moment de l'atterrissage et il continuait de brûler il y a quelques minutes ».Les passagers ont été amenés au terminal et tenus isolés.Certains pleuraient et d'autres s'étaient rués sur les téléphones.Un passager du Québec Trois personnes ( un homme du Québec et deux femmes de l'Ontario ) ont été transportées au centre médical St.Elizabeth, à Edgewood, incommodées par la fumée, a déclaré M.Joe McGo-vern, l'adjoint à l'administrateur de l'hôpital.«L'homme se lève et marche, mais il refuse absolument de parler, a dit M.McGovern.Les deux femmes se font administrer de l'oxygène par mesure de précaution.» Au moins deux personnes ont été transportées au Booth Memorial Hospital, de Florence, a déclaré une porte-parole de la salle d'urgence, qui a refusé de décli- ner son identité.Elle a également refusé de divulguer l'identité des deux personnes et leur état.Le gérant du restaurant River Queen, qui surplombe la piste, a dit qu'il avait vu la fumée se dégager de l'avion.«Nous avons vu des colonnes de fumée se dégager du bas de l'avion et recouvrir entièrement l'appareil », a.dit M.Bob Rowel.C'est la deuxième fois en un mois qu'un DC-9 d'Air Canada est victime d'un acident majeur.Un appareil qui avait glissé hors de la piste à Regina, le 13 mai, sous une tempête de neige, y est encore retenu pour examens.Il n'y a cependant pas eu de victimes dans ce dernier accident.Le 2 juin 1982, Air Canada avait perdu sa queue au cours d'un vol de Boston à Yarmouth ( en Nouvelle-Ecosse ) le 19 septembre 1979.AU PROCÈS DES FRÈRES DUBOIS ET DE DUBEAU Grandeurs et misères des délateurs sont évoquées dans les plaidoyers Résolument engagées depuis hier, les plaidoiries, au procès Dubois-Dubeau, vont à nouveau et principalement se faire, si l'on peut dire, sur.le dos des trois délateurs-vedettes de la police.Les faits de la cause prenant même un certain recul devant l'évocation discordante que font les avocats de ce que l'on pourrait appeler les «grandeurs et misères » de cette nouvelle génération de témoins.LEOPOLD LIZOTTE Devant le jury que préside le juge Jean-Guy Boilard, redevenu particulièrement calme à la suite de ses percutantes interventions de la veille, c'est Me André Vincent, le procureur de la Couronne, qui a été le premier à s'adresser aux douze hommes et femmes, avec la même sobriété dans le ton et les expressions qui avait marqué sa plaidoirie au précédent procès, qui avait débouché sur un désaccord.Résumant tout d'abord la preuve qu'il avait présentée de la participation de Claude Dubeau et des frères Jean-Guy et Adrien Dubois à l'assassinat de Jacques Me Sween, il devait souligner avec emphase que la défense n'ayant pas présenté de défense, aucun fait n'avait été prouvé pour contredire les prétentions de la poursuite.On devra donc tenter de démolir ceux qui ont impliqué les trois prévenus dans le crime d'octobre 1974.Mais le procureur de la Couronne soumet que tous les trois restent, malgré ce qu'on va leur reprocher, fort crédibles.Pomer-leau n'a pas d'intérêt particulier dans cette affaire, et s'il se rappelle des détails qui confirment Lavoie, eh bien il a aussi bonne mémoire pour ses propres crimes.Il n'en cache rien.Quant à Jodoin, on a pu se moquer de ses tics et même de son physique, mais on ne peut nier le courage qu'il a eu de quitter le milieu qu'il fréquentait pour se mettre au service de la justice, en réalisant soudainement ce qu'on pouvait exiger de lui.Lavoie, lui, n'a évidemment pas le palmarès d'un évêque à exhiber à la cour.Mais lui aussi démontre un très grand courage, depuis deux ans, en exposant sans réticence son passé, et en avouant publiquement les dizaines d'asassinats qu'il a commis.En se levant, à son tour, Me Robert La Haye, le procureur de Dubeau, reprend vite un argument soulevé la veille : on n'a pas à juger les prévenus, ou tout au moins deux d'entre eux, sur le nom qu'ils portent.Us ont droit comme tout le monde à la pré- somption d'innoncence.C'est un droit garanti par la Constitution même du pays.Sitôt cette mise en garde faite, le premier procureur de la défense décèle, au hasard des témoignages rendus, des contradictions non seulement entre les versions de certains témoins, mais également entre les déclarations que certains ont faites à des périodes différentes, Puis il s'attaque au trio de délateurs en soutenant qu'il s'agit d'un défilé grotesque de gens intéressés, qui se composent une image nouvelle et qui jouent la commédie de la réhabilitation et de la vérité, alors qu'ils assouvissent tout simplement leurs vengeances ou crient leur haine.Ce sont des mercenaires du témoignage, dit-il encore, qui ont troqué leur revolver ou leur mitraillette pour une arme encore plus dangereuse : le mensonge.A 3 La RIO veut se lancer dans le spectacle La direction du Stade olympique examine actuellement les différentes options afin de se doter d'une scène rapidement assemblable et démontable de manière à se lancer à fond de train dans la production de spectacles.Cette décision découle du désir du président Jean Deschamps de rechercher tous les'moyens susceptibles d'apporter des revenus additionnels à la RIO.La scène sera éventuellement recouverte de la toiture acquise à l'occasion de la désastreuse soirée de boxe de juin 1981.La superficie de cette toile de 40 pi.par 40 pi.serait portée à 40 pi.par 60 pi.par une ralllonge de 10 pi.de largeur ajoutée à chaque extrémité.Selon M.Réal Desjardins, directeur des activités du stade pour la Régie des installations olympiques, la RIO ne veut pas s'attaquer (sans par ailleurs les négliger complètement) aux spectacles à grand déploiement et susceptibles d'attirer entre 50 000 et G0 000 spectateurs.Pour ces spectacles il faut bloquer les réservations du stade pendant trois ou quatre jours, ce qui n'est pas toujours facile lorsqu'il faut composer avec les calendriers de matchs de trois équipes professionnelles (Expos, Concordes et Manie ).Le marché visé est plutôt celui des producteurs locaux qui peuvent se contenter d'une scène mobile qu'on peut monter et démonter en une journée, pour des spectacles pouvant attirer de 20 000 à 25 000 personnes.La RIO entend présenter des spectacles de ce genre dès le début d'août en utilisant temporairement une estrade sur échafaudage.Quant à l'autre scène, les dirigeants ont trouvé un fabricant qui, croit-on, serait en mesure de satisfaire aux exigences de la régie, soit la société Gagnon et Laforest, de la rue Wellington, à Verdun.Il n'y a rien d'extraordinaire là-dedans, sauf qu'on a appris l'existence de cette maison .à Houston, Texas! Le coût de location du stade Dans un autre ordre d'idées, vous devez, comme beaucoup d'autres Montréalais sans doute, vous demander quel coût exige la RIO pour la location du Stade olympique.Le loyer est fixé à $60 000 ou à 15 p.cent de la recette si la somme découlant de ce pourcentage est plus élevée.En plus de ce loyer pour la journée du spectacle, la RIO demande $10 000 par jour d'entrée et de sortie, le cas échéant.Et bien sûr, la RIO ne consent aucune remise sur les concessions, exigeant même 20 p.cent du produit brut de la vente des programmes et des souvenirs.En retour de cette somme, la RIO offre les services de sécurité, de placiers, de la presse et de la billetterie, prévente exclue, en plus d'assumer les coûts d'entretien et d'éclairage.Les coûts d'installation technique sont entièrement assumés par le producteur.En ce qui a trait à la publicité, la RIO exige le versement de 20 p.cent des revenus bruts de la publicité qu'on ajoute à la publicité permanente du stade.\u2022 9 \u2022 Le ministre Biron se décide Le projet de loi concernant les réformes de la Société des alcools du Québec a finalement été déposé à l'Assemblée nationale au cours de la semaine.Ce projet de loi était attendu depuis la session d'automne, et il arrive plus de 15 mois après la table de concertation de janvier 1982.\u2022 \u2022 \u2022 Un prix citron bien mérité Mme Lise Bissonnette, rédactrice en chef du journal Le Devoir, a ajouté sa voix aux critiques de l'exécrable slogan retenu pour stimuler la fierté des Montréalais.Mme Bissonnette a en effet attribué au slogan « la fierté a une ville », le prix citron des slogans de l'année, en précisant qu'il « tombe lourd comme une roche de la mafia aux pieds d'un noyé ».Il sera d'ailleurs intéressant de voir qui viendra réclamer le prix au nom de son auteur.Mais qu'à cela ne tienne, on va continuer de nous le faire subir pendant des semaines, à la radio et à la télévision, aux accords du Boléro dç Ravel, cela va de soi.\u2022 \u2022 \u2022 Précision importante M.Bernard Théoret, porte-parole de la Société du Vieux-Port de Montréal, tient à préciser qu'il ne faut pas confondre cette société responsable de mettre en valeur et de gérer les propriétés portuaires fédérales désaffectées situées sur le territoire du Vieux-Port avec l'Association du Vieux-Port, organisme sans but lucratif créé en 1978 à l'instigation du ministère des Affaires urbaines dans le but d'évaluer les différentes formes d'aménagement recommandées.Il est exact que les médias ont tendance à confondre les deux organismes, surtout quand, à l'occasion d'une conférence de presse organisée par la société, il se trouve sur les lieux des représentants de l'association aujourd'hui dissoute.Et on sait que c'est la société et non pas l'association qui, selon les promesses faites par M.Paul Gérin-Lajoie, président de la société (et non pas de l'association), doit divulguer le projet final de développement du Vieux-Port.Si jamais il y a un retard, c'est donc la société, et non pas l'association, qu'il faudra blâmer.Enfin, c'est aussi la société qui doit dévoiler à plus ou moins court terme le programme d'animation prévu dans le Vieux-Port pour cet été.Ce programme tarde à venir, au point qu'un intervenant, en l'occurrence le Marché aux puces du Vieux-Port, a décidé de prendre les devants en faisant savoir aux médias d'informations qu'il ouvrira ses portes au cours des deux prochains week-ends en attendant l'ouverture officielle du 17 juin.# Un manuel indispensable Si vous songez à acquérir une motocyclette, il serait sage de vous procurer le Manuel du motocycliste, que vient de publier le Conseil canadien de la sécurité.C'est un outil indispensable qui vous permettra de préparer votre examen pour l'obtention du permis de conduire.Même les motocyclistes expérimentés seraient bien avisés d'y jeter un coup d'oeil.On peut se procurer ce manuel au coût de $4,25, au bureau de la Ligue de sécurité du Québec.LE DOUBLE MEURTRE DE VERDUN Kurk Murray est tenu criminellement responsable Kurk Murray photo Robert Mailloux, LA PRESSE « Quand il y a une guitare, de la bière et du haschisch on peut s'imaginer un peu ce qui peut s'ensuivre.Je n'ai absolument rien contre la guitare, au contraire.» GEORGES LAMON La conclusion du coroner Roch Héroux n'a pas été longue, hier, à l'issue de l'enquête qu'il présidait relativement à la mort de Denis Cormier, 19 ans et Douglas Brecknell, 21 ans, et pour lesquelles il a tenu Kurk Murray, 20 ans, criminellement responsable.Rappelons que Cormier avait été atteint en premier d'un coup de fusil de calibre 12 à la tête tandis que son compagnon Brech-nell, lui, écopait de deux coups à l'abdomen sur le quai d'urte petite marina, à l'arrière de l'arèna Guy-Gagnon, à Verdun.Une bagarre entre les deux victimes et Murray pour une histoire de chiens serait à l'origine de ce drame qui s'est déroulé le 25 mai : Murray avait été battu et avait décidé de se venger.Témoin oculaire Seul témoin du drame à déposer à l'enquête, Ross Prosser, 19 ans, a raconté, par l'entremise d'une interprète, comment Murray avait descendu Cormier et Brecknell sur la berge du fleuve*.Prosser participait alors en compagnie d'un groupe de gars à une petite réunion où l'on jouait de la guitare, buvait de la bière et fumait du haschisch.Environ une heure après la bagarre, quelques gars dont Cormier, Brecknell et Prosser, étaient assis à écouter de la guitare en buvant de la bière sur ce quai à bateaux, lorsque Murray, qui les avait quittés auparavant, est revenu un fusil sur l'épaule.Prosser a précisé que Murray avait pointé l'arme vers lui en disant de « se mêler de ses affaires et de partir ».Puis, il a tiré sur Cormier qui s'est écroulé.Une fois son premier meurtre perpétré, Murray invitait Breck- nell à « prier pour sa vie », avant de l'atteindre d'un premier coup de feu à l'abdomen.On porta secours à Brecknell en le plaçant dans une chaloupe; c'est là que Murray tirait un autre coup dans le dos de sa victime, pour s'enfuir par la suite.Aucune réaction de Murray Le ministère public, représenté par Me André Barnachy, n'a pas fait témoigner Murray, qui était défendu par Me Robert Sacchitel-le, de l'Aide juridique.Cheveux longs et barbiche, l'air vraiment perdu, Murray a écouté sans broncher la tombée du verdict du coroner.UN CAHIER SPECIAL A CONSERVER TOUT L'ETE 3 LOISIRS t.PUBLIE LE SAMEDI 4 JUIN \u2022 A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 JUIN 1983 RÈGLEMENT À MADELIPÊCHE REGLEMENT HORS COUR DU SACCAGE DE LG-2 ê Les chalutiers Lévesque insinue que des motifs reprennent politiques auraient guidé LA PRESSE mer aujourd'hui QUÉBEC \u2014 Un règlement est intervenu tôt hier soir entre les ministres Pierre De Bané et Jean Garon qui permettra aux six chalutiers de SO-QUIA amarrés aux Iles-de-la-Madeleine de prendre la mer dès aujourd'hui.CLAUDE-V.MARSOLAIS de notre bureau de Québec C'est ce qu'a fait savoir rattaché de presse du ministre de l'Agriculture, M.Simon Begin, aussitôt que l'entente a été ratifiée par les deux parties.Le ministre des Pêches et Océans Canada aurait accepté d'émettre les permis de pêche aux six chalutiers spécialisés dans la capture de la sébaste selon trois conditions précises tout en respectant les principes de la loi 23 assurant la reprise des activités de Madelipêche.Les trois conditions exigés par le fédéral sont les suivantes : qu'un des trois administrateurs du conseil d'administration provisoire décrété par la loi 23 soit nommé par le fédéral, que SOQUIA loue les six bateaux à Madelipêche et que Québec renonce provisoirement à récupérer les $2,7 millions dus à Madelipêche par la coopérative Pêcheurs-Unis.La première condition n'a pas posé de problèmes puisque le ministre Garon n'avait procédé qu'à la nomination de deux administrateurs.M.Jules Pépin, consultant en agro-alimentaire de Montréal, et de M.Jean Car-bonneau.cadre au ministère de l'Agriculture.La seconde condition non plus puisque le gouvernement du Québec demeure toujours propriétaire des chalutiers.Quant à la troisième condition, le ministre Garon a promis de ne pas jouer aux vilains usuriers dans l'immédiat sans toutefois renoncer à récupérer les redevances de (2.7 millions dus par Pêcheurs-Unis, Entretemps, il compte former une commission d'enquête publique qui fera la lumière sur la mauvaise administration de Madelipêche.Aux Iles-de-la-Madeleine.la nouvelle a été accueillie avec soulagement comme une victoire de la solidarité et de la persévérance.La députée des Iles, Mme Denise Leblanc-Bantey, a quitté précipitamment Québec hier soir pour aller fêter cette victoire avec les siens.QUEBEC \u2014 Le premier ministre a fait hier une autre violente sortie contre LA PRESSE, laissant cette fois entendre que le titre «René Lévesque a trompé l'Assemblée nationale » qui coiffait la série d'articles du 17 mars dernier avait pu être autorisé ou même dicté, pour des motifs politiques, par le PDG du journal, « personnage à la fois insatiable en matière de publicité personnelle et férocement partisan », M.Roger-D.Landry.Dans le texte écrit qu'il a lu au début de son témoignage, M.Lévesque, après avoir qualifié de «job de bras journalistique» et de « proprement débile » le texte du journaliste Michel Girard, s'en est pris au titre « à la fois explosif et injustifié ».LOUIS FALARDEAU de notre bureau de Québec « Justement, a-t-il demandé, qui fait les titres, ou plus précisément qui donc les autorise.ou encore les dicte peut-être à l'oc- casion ?Tout ce que je peux dire, sans la moindre hésitation, c'est quç ce genre de titre, disons « risqué », ça me rappelle forcément que La Presse appartient à de gros intérêts financiers dont la famille politique est bien connue, et qu'au départ de Monsieur Roger Lemelin, ces mêmes intérêts lui ont choisi pour successeur à la présidence un Monsieur Roger (quelquechose) Landry, personnage à la fois insatiable en matière de publicité personnelle et férocement partisan.Ce qui peut avoir une terrible influence sur le choix des sujets et des titres.» Le premier ministre a également évoqué la possibilité d'obliger les médias d'information (par une loi?) à rendre compte de leurs responsabilités, à être « imputables », comme on dit pour les fonctionnaires.Car, a-t-il dit, ces médias et les intérêts qui les contrôlent.« sont à la fois très puissants et foncièrement irresponsables, susceptibles par conséquent de faire du mal à volonté et sans aucune 'imputabili- té\\ Ou alors, les recours qui restent aux victimes sont à la fois coûteux, aléatoires et de toute façon très lents.» M.Lévesque a par contre admis qu'il avait commis une erreur dans sa réplique à LA PRESSE du 18 mars dernier quand il avait expliqué la présence de l'avocat Michel Jasmin à une rencontre entre son conseiller Yves Gauthier et M.Yvan La-touche, en disant qu'il était l'avocat de ce dernier.Il a expliqué l'erreur par la précipitation mise à répondre au journal et a ajouté que de toute façon elle ne portait pas sur l'essentiel.Ça lui a néanmoins valu une sévère remontrance du député John Ciaccia qui a vite fait un lien entre cette erreur et la réponse qu'il avait faite en Chambre en février 79.C'est à partir de ce moment d'ailleurs -en début de soirée- que le climat de l'interrogatoire du premier ministre, qui avait jusque-là été plutôt serein, s'est gâté, alors que les libéraux se sont plutôt employés à le sermonner qu'à lui poser des questions.(Michel Page, par exemple, l'accusant d'avoir pavé la voie à un règlement pour des «pinottes» après avoir attaché les mains de la SEBJ par sa recommandation.) M.Lévesque est resté calme, mais ses députés ont pris sa défense et on a assisté à l'habituel échange d'injures et de questions de règlement.La discussion la plus vive, au cours de laquelle le gouvernement a été accusé de « camouflage » et le président pris à partie par les libéraux, s'est produite quand le député Ciaccia a interrogé le premier ministre sur son engagement à entendre tous les témoins en regard du refus du gouvernement d'inviter M.Maurice Pouliot.Doit-on accorder la même crédibilité à cet engagement qu'à vos réponses de février 79, lui a-t-il en substance demandé.Les libéraux ont d'ailleurs présenté une motion pour entendre le témoin et les péquis-tes ont promis de la battre.SITES SECRETS D'ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS Les responsables devront payer les études QUÉBEC \u2014 Le ministre de l'Environnement du Québec, M.Adrien Ouellette, a indiqué hier à l'Assemblée nationale que lorsque les études préliminaires sur les 22 sites secrets d'enfouissements de produits dangereux seront connues au cours de l'été, le gouvernement exigera des responsables d'effectuer à leurs frais des recherches plus approfondies pour déterminer les dangers d'intoxication et par la suite les réparations nécessaires.CLAUDE-V.MARSOLAIS de notre bureau de Québec La crédibilité du ministre a cependant été mise en cause par la 11 Le comité d'appui à Garneau s'est-il évaporé?Depuis la tenue du Conseil général du Parti libéral à la mi-mai où un mouvement d'appui avait été lancé pour solliciter la candidature de M.Raymond Garneau, président de la Banque d'Epargne, l'opération s'est à ce point diluée que l'on se demande si elle portera fruits.On se rappelle que lors du Conseil général, certaines personnes supposément favorables à la candidature de M.Garneau avaient lancé l'idée de faire circuler une pétition avec l'objectif de recueillir des centaines de milliers de noms favorables à la venue du candidat malheureux de la campagne de 1978.Or, après une enquête rapide de LA PRESSE dans certaines régions du Québec, force est de signaler qu'aucune pétition de ce genre ne circule ou n'a circulé.En second lieu, l'instigateur du mouvement, M.Marc-Yvan Côté, qui est plongé en pleine campagne électorale dans le comté de Charlesbourg, refuse de retourner les appels des journalistes qui veulent s'enquérir du succès de l'opération.Il semble que le sondage sur la popularité des présumés candidats publié dans notre édition de lundi et qui démontre que M.Bourassa jouit d'une confortable avance parmi la population aurait coupé les ailes du mouvement.Le député de Maskinongé, M.Yvon Picotte, un ardent parti-sande M.Garneau.souligne que la popularité de M.Bourassa auprès de la population franco-' phone « a piqué la curiosité de plusieurs ».Or.c'est un élément important même si ce n'est pas la population qui élit le chef d'un parti.M.Picotte n'en conserve pas moins son optimisme puisqu'il souligne que des pro-garnistes font actuellement des sondages auprès des militants libéraux dans les comtés afin de mesurer ses appuis.Ce n'est toutefois avant trois semaines que l'on saura avec précisions l'étendue de la popularité de M.Garneau.Rivest au comité organisateur Le député de Jean-Talon.M.Jean-Claude Rivest, a accepté de faire partie du comité d'organisation à la direction du Parti libéral.Ce faisant, le député a choisi la voie la moins douloureuse, la neutralité, ce qui lui évitera de faire un choix déchirant entre les divers aspirants chez qui il ne compte que des amis.C'est hier soir que l'exécutif du parti devait procéder à la nomination des membres du comité organisateur.On sait déjà que Me Hughes Poulin, qui avait piloté le comité d'étude préparatoire au congrès, en sera le président.On signale également que Me Louis Rémil-lard qui avait assumé les mêmes fonctions au congrès de 1978 aurait accepté d'en faire partie à un autre titre.Selon Me Poulin, même si le comité n'a pas amorcé son travail, la frénésie du congrès a déjà commencé puisque de nombreux militants et des médias lui ont déjà demandé de leur garantir de réservations d'hôtels pour le week-end des 14 et 15 octobre prochains.De la cassonade pour la Raffinerie St-Laurent Le ministre Jean Garon veut faire raffiner de la cassonade par la Raffinerie Sucres Saint-Laurent de Montréal mais les négociations à cet effet n'ont pas encore abouti avec la Raffinerie de sucre du Mont-Saint-Hi-laire.Cette dernière commercialise actuellement de la cassonade produite par Atlantic Sugar des Maritimes.M.Garon a précisé que la base de discussion avec Sucres St-Laurent était la même que celle qui avait eu cours avec Redpath de Toronto pour la commercialisation du sucre Marie-Perle.Essentiellement, on est prêt à payer le coût du raffinage plus le coût de transport entre Toronto et Saint-Hi-laire.Quant à savoir si Sucres Saint-Laurent pourrait fermer ses portes, le ministre de l'Agriculture est plutôt sceptique en signalant que le bilan 1982 de la compagnie démontre des profits appréciables.«Je n'ai pas l'habitude de voir des entreprises qui font de l'argent fermer leurs portes.Si Sucres St-Laurent veut fermer ses portes, elle sait bien que les entreprises qui ne se vendent pas comme un « going concern » mais comme une entreprise fermée sont une aubaine pour l'acquéreur.Je suis persuadé qu'elle aurait des acheteurs.» Plusieurs personnes sont persuadées que le ministre Garon qui a amorcé plusieurs acquisitions dans l'agro-alimentaire depuis sa nomination en 1976 n'hésiterait à mettre le grappin sur la compagnie si elle était à vendre.CLAUDE-V.MARSOLAIS députée libérale de Chomedey, Mme Lise Bacon, lorsqu'elle lui a rappelé que le ministère ne disposait que de peu d'argent pour effectuer lui-même les études préliminaires et qu'il n'avait même pas élaboré son projet de règlement sur les déchets industriels, promis depuis 1978.Le ministre a répliqué que son ministère avait d'autres moyens pour connaître l'état de gravité de chacun des sites notamment en déterminant quels sont les entreprises qui utilisent tel ou tel site.« Une fois ces renseignements connus, il nous suffit d'aller voir l'entreprise, vérifier son type de production, vérifier le type de déchet toxique ou non qu'elle veut déverser dans le site et nous avons déjà un premier point qui nous permet d'établir des priorités avant d'aller plus loin dans nos études », a-t-il laissé entendre.Ce n'est que par la suite que le ministère fait effectuer des études hydrogéologiques compor- tant des analyses au niveau biologique et au niveau physico-chimique.Ce sont des études très dispendieuses, variant entre $50 000 et $150 000 chacune.Or, le budget du ministère, comme l'avouait lui-même le ministre Ouellette à LA PRESSE récemment, ne lui permet d'en compléter que deux par année ce qui signifie qu'il faudra onze ans avant de connaître la gravité de la situation.Actuellement, le ministère procède à la réparation de huit sites contaminés dont une somme de $5,7 millions servira à pomper la nappe d'eau phréatique de Ville Mercier, de la traiter avant de la rejeter dans les cours d'eau.Cette facture sera présentée ultérieurement aux responsables du site.Quant au règlement anticipé sur les déchets industriels, le ministre Ouellette a semblé indiquer que seules les pressions du public permettront de faire accoucher une politique gouvernementale en cette matière.Visite de Sharon : désaccord au sein du PLQ QUÉBEC (PC) \u2014 Lorsqu'il est intervenu à l'Assemblée nationale pour dénoncer la campagne menée par la CEQ contre la venue à Montréal du général israélien Ariel Sharon, le député libéral Herbert Marx ne défendait pas le point de vue de son parti.C'est ce que soutient son collègue de Papineau, M.Mark Assad, qui se définit lui-même comme pro-Palestinien.La visite à Montréal cette semaine de l'ex-ministre israélien de la défense, déchu à la suite des massacres survenus dans des camps palestiniens de Sabra et Chatila au Liban alors occupé par l'armée israélienne, avait soulevé les passions.«La posititon défendue par M.Marx est la sienne, ça n'est pas celle du parti », nous a confié hier en entrevue M.Assad, dont le père était Libanais d'origine.« Herbert Marx, a-t-il dit, a cédé aux pressions énormes de la communauté juive de son comté.» « Moi personnellement, et je sais que d'autres membres du caucus du PLQ pensent la même chose, je crois que l'invitation faite a Sharon est incompréhensible puisque cet homme est loin de faire l'unanimité à l'intérieur même de la communauté juive.» « Je n'irais pas jusqu'à dire que sa visite est un geste de provocation, a-t-il ajouté, mais ça manque à tout le moins de discrétion.» Le président Benoit Lavigne démissionne 0 Spectaculinaire! Changez votre ordinaire, passez une soirée spectaculinaire au Beni Hana Grillades japonaises.À peine assis à votre table, le chef, armé de tout son attirail culinaire, commence le spectacle.En un tour de main, votre table se transforme en scène de théâtre.Vos yeux sont éblouis.Votre palais est ravi.Steak Hibachi, succulentes crevettes, poulet Terriyaki.pourquoi pas ce soir.Beni Hana GRILLADES |ArONAIS£S ET SALONS TATAMI OUEST 7965, boul.Décarie 731-8205 EST 5666, rue Sherbrooke Est 256-1698 ^ (à l'entrée de Bill Wong Restaurant, il y a un Beni Hana) ^^^^^^^^^^^^^^^ VESTONS .COMPAS SPORT TISSUS LÉGERS «BLAZER.T1SSUS1ÎBERS h 39 wm ÉPARGNEZ.$36 OU $46 ÉPARGNEZ ; $76 v,STONSl'OKT.l'U P*» \u2022 COURTES \u2022 RÉGULIÈRES \u2022 ÉLANCÉES TAILLES 36 à 46 \u2022 COULEURS DERNIER CRI \u2022 TIÇSUS DE CHOIX MAGASINEZ TÔT POUR UN MEILLEUR CHOIX À TOUS NOS MAGASINS.388 0., m-Clm^ PROMENADES ST-BRUNO LE CARREFOUR LAVAL \u2022 960 o.STECATHERINE\u2022 LES GALERIES D'ANJOU \u2022 OUVERTURE AU NOUVEAU CENTRE ROCKLAND AU MOIS O AOUT AMltlCANt&HSS.VU.HA$1ftCAiD.CAW N ANC ht tl LA CA*H A CCXD i SONS QUEBEC (PC) - Après avoir essuyé l'affaire des ristournes illégales dans l'industrie du lait et le renversement par le conseil des ministres de deux ordonnances de son organisme, M.Benoit Lavigne vient d'offrir sa démission comme président de la Régie des marchés agricoles du Québec/ C'est pour éviter une crise de crédibilité à l'organisme décisionnel qu'il dirige depuis 13 ans que M.Lavigne a posé ce geste qu'il veut une sorte de «signal d'alarme ».«Je voulais m'assurer que les récentes décisions du conseil des ministres n'avaient pas sapé la crédibilité de la Régie », a confié hier le président démissionnaire dans une entrevue à la Presse canadienne.Le geste de M.Lavigne semble avoir atteint, du moins partiellement, l'objectif recherché puisque sa lettre de démission a amené le ministre de l'Agriculture Jean Garon à entreprendre avec lui des discussions sur les pouvoirs et responsabilités de la Régie.M.Lavigne a laissé entendre' que sa décision de démissionner n'est pas irrévocable, qu'il pourrait se laisser convaincre par M.Garon de demeurer à son poste jusqu'à l'expiration de son deuxième mandat, le premier août 1985.Interrogé sur cette affaire, le ministre Garon a insisté sur le fait qu'il n'existe aucun problème de relations entre lui et M.Lavigne mais il n'a pas voulu indiquer s'il tenterait ou non de convaincre le président démissionnaire de revenir sur sa décision. LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 JUIN 1983 FABRICATION D'HÉLICOPTÈRES A 5 Investissement de plus de $100 millions au uébec si le projet fédéral aboutit OTTAWA - Le projet du gouvernement fédéral de créer une industrie canadienne de fabrication d'hélicoptères provoquera des investissements de GILBERT LAVOIE de notre bureau d'Ottawa $100 à $300 millions au Québec si Ottawa réussit à y attirer l'une des compagnies intéressées.C'est ce qu'a révélé à LA PRESSE le vice-président du caucus libéral du Québec à Ottawa, le député Bernard Loiselle, à la veille d'une rencontre que doivent avoir lundi prochain à Montréal les ministres Marc Lalonde, André Ouellet, Don Johnston Francis Fox et Serge Joyal avec les représentants du COPEM (comité de promotion économique de Montréal) pour discuter de l'avenir économique de la métropole.Cette rencontre, qui permettra de faire le tour des grands dossiers de Montréal, portera notamment sur l'avenir de l'industrie de l'aéronautique au Québec.La question est d'actualité ces temps-ci au sein des députés libéraux québécois qui se sont réunis hier soir pour faire le point sur les retombées économiques du F-18, et étudier les mesures à prendre pour obtenir le plus de contrats possible pour le Québec dans les circonstances.M.Loiselle a indiqué que les informations transmises hier soir aux députés seront publiées prochainement.Le député Loiselle, qui s'occupe tout particulièrement des dossiers de nature économique au Regan aime bien voyager avec sa famille aux frais des contribuables OTTAWA \u2014 Selon des documents du ministère fédéral des Transports, des membres de la famille du ministre d'État au commerce international M.Gerald Regan l'ont accompagné à 15 reprises à bord des avions du gouvernement alors qu'il effectuait des voyages au Canada et à l'étranger.D'après le leader-adjoint de l'Opposition Doug Lewis il s'agit d'un abus évident des privilèges ministériels.Il peut arriver que l'épouse du ministre l'accompagne à certaines occasions mais certainement pas dans 60 p.cent de ses voyages officiels.GILLES PAQUIN de notre bureau d'Ottawa Lors d'un voyage à Antigua en octobre 1981, où il devait représenter le Canada aux cérémonies d'accession à l'indépendance de l'île, M.Regan a même fait escale en Floride pour cueillir ses beaux-parents.Le Jet Star fédéral a d'ailleurs fait un deuxième crochet vers West Palm Beach au retour d'Antigua.Les dossiers du ministère révèlent également que M.Regan a effectué au moins quatre de ces voyages spéciaux en compagnie de seuls membres de sa famille.Habituellement les fonctionnaires peuvent profiter des places libres lorsque les ministres se déplacent à bord des appareils du ministère des Transports.Interrogé aux Communes hier, le ministre responsable de la flotte de six avions constamment à la disposition des ministres, M.Jean-Luc Pépin, a indiqué que les règlements permettaient que l'on invite la famille lors des voyages officiels.Il a expliqué que les ministres voyaient leur famille plus souvent ainsi et que de toutes manières cela n'entraînait aucun frais supplémentaire.Selon les directives du ministère des Transports les ministres ne doivent avoir recours aux vols spéciaux qu'en l'absence de service commercial ou lorsque les compagnies aériennes n'offrent pas d'envolée satisfaisante vers certaines destinations.Or, le 16 avril 1981, M.Regan, son épouse et trois de leurs enfants ont profité d'un avion du ministère pour aller à Calgary alors qu'un vol régulier d'Air Canada s'y rendait une heure plus tôt.L'appareil gouvernemental est revenu à Ottawa sans passager et son périple a coûté $11 000 à l'État.Si M.Regan s'était prévalu de son laissez-passer ministériel sur les ailes d'Air Canada le voyage n'aurait entraîné aucun frais au gouvernement, mais la famille du ministre ne pouvait en faire autant.Rejoint a Moscou où il conduit une délégation canadienne, M.Regan a dit qu'il n'avait recours aux avions du gouvernement qu'en l'absence de vols réguliers.Il a dit qu'il amenait ses enfants ou son épouse aussi souvent qu'il le pouvait dans ces circonstances et qu'il n'avait pas l'intention de changer d'attitude.Ce n'est pas la première fois que les ministres fédéraux se retrouvent au milieu d'une controverse au sujet de l'utilisation des avions du ministère des Transports.L'an dernier, trois ministres s'étaient rendu à Winnipeg le même jour dans trois avions gouvernementaux.SVEND ROBINSON INTERVIENT Robert Kaplan et nouvelle agence: aux oubliettes ! OTTAWA (PC) - Le gouvernement fédéral devrait reléguer aux oubliettes son projet de loi destiné a créer une agence civile de renseignements ainsi que son parrain, le Solliciteur général Robert Kaplan.C'est ce qu'a soutenu hier le député néo-démocrate de Burnaby, M.Svend Robinson, promettant que son parti mettrait tout en oeuvre pour que cette loi ne soit adoptée « ni dans cette session, ni dans d'autres ».Le NPD avait fait une farouche opposition aux modifications aux Tarifs du Pas-du-Nid-de-Cor-beau, qui a paralysé les travaux de la Chambre, M.Robinson a soutenu que son parti « utiliserait tous les moyens dont il dispose » pour faire obstacle au projet de loi « si le gouvernement tente de le « buldozer » aux Communes.« Le solliciteur général a échoué à nous présenter un projet légitime et décent, a la place on est devant la plus grave attaque aux droits fondamentaux de l'histoire canadienne », a-t-il dit.« L'intention fédérale constitue un outrage aux citoyens et a été-vertement dénoncée par une déclaration sans précédent des ministres de la Justice des provinces », a mentionné M.Robinson.Déposé il y a deux semaines le projet de loi prévoit la création d'une « agence civile de renseignement ».Cet organisme, après en avoir obtenu l'autorisation d'un juge de la Cour fédérale, pourrait ouvrir le courrier, faire des perquisitions sans mandat, écouter les conversations téléphoniques et avoir accès à des informations confidentielles sur les citoyens.Pour M.Robinson les dispositifs prévus pour contrôler les gestes de l'agence sont loin d'être suffisants pour assurer que les droits fondamentaux des citoyens ne seront pas bafoués.« Les nouveaux services auront carte blanche, les autorisations juridiques qui leur sont nécessaires seront accordées de façon automatique » dit M.Robinson.Audrey lylutt LE RÉGIME PLAN FIBRES POUR MAIGRIR RAPIDCMCNT l T VIVRI PLUS lONGTfMPS LE RÉGIME LE PLUS VENDU DANS LE MONDE! (en vente partout) sein du caucus, a rappelé que les retombées du F-18 ne représentent que 7 p.cent des activités de l'industrie de l'aéronautique au Québec et ajouté qu'il ne faut pas s'affoler si le Québec n'obtient pas le pourcentage des retombées promises lors de l'octroi du contrat.Dans ce sens, a-t-il dit, la fabrication des hélicoptères constituerait un atout de taille pour l'industrie de l'aéronautique du Québec.Les Forces armées canadiennes doivent remplacer leurs 36 hélicoptères « Sea King » vers la fin de la décennie.Le gouvernement fédéral tente d'utiliser cet achat pour attirer un fabricant au pays, et la compagnie Bell Helicopters de Fort Worth au Texas semble être celle qui a fait l'offre la plus intéressante.L'implantation d'une telle usine au Québec serait d'autant plus intéressante que le Canada, avec ses 1,660 hélicoptères en service, dont* 193 appartiennent aux Forces armées, est le deuxième plus important utilisateur de ce genre d'appareil au monde, après les Etats-Unis.Cependant, il faudra des pressions du fédéral pour convaincre la compagnie choisie de s'installer au Québec.Déjà en juillet 1982, le directeur de la division de l'Est canadien de Bell Helicopters, M.Jim Madden, déclarait ouvertement que le choix de sa compagnie se portait du coté on-tarien de la vallée de l'Outaouais.en raison de la concentration à cet endroit de l'industrie de haute technologie, et à cause également de la proximité de nombreuses ambassades.Les gouvernements sont des clients importants pour ce genre d'appareils, et les ambassadeurs sont des cibles désignés pour établir des contacts et promouvoir les ventes.Bell Helicopters aime-rait implanter une usine de 200 000 pieds carrés sur un terrain de 100 à 200 acres lui offrant suffisamment d'espace pour procéder aux essais de ses appareils.Une telle usine pourrait, selon M.Madden, employer 400 à 500 employés.Le gouvernement fédéral semble toutefois déterminé à implanter cette usine au Québec et M.Loiselle reconnaît que les négociations sont assez ardues.«Ce n'est pas vrai, ajoute-t-il cependant, que la compagnie veuille tout avoir.Ce sont des hommes d'affaires et ils savent que le gouvernement n'est pas un organisme de charité ».Moteur 2,2 litres sûr et économique Batterie sans entretien Espace intérieur pour 6 personnes Coffre à bagages: 428 cm3 (15 pi.eu.) Phares à iode standard Servofreins standard Enduit anti-éraflures standard Pneux radiaux standard Les ventes de Dodge Aries K et de Plymouth Reliant K surpassent les ventes de compactes GM et Ford.Comparez les avec la Ford Fairmont ou la Chevy Citation.Vous constaterez, comme la grande majorité des Canadiens, qu aucune autre compacte n'offre autant d'avantages que les voitures K de Chrysler.La qualité, la fiabilité et le bas prix de nos compactes expliquent leur énorme popularité.TRACTION AVANT FIABLE Tout le monde est unanime, même la presse spécialisée: les voitures K de Chrysler sont parmi les plus sûres qui soient.Des milliards de kilomètres de route sans problème le prouvent.Maniabilité, économie d'essence, grand espace intérieur, voilà ce que vous offrent les tractions avant de Chrysler.7,3L/I00km (VILLE/ROUTE) 39 Mi/G AL ESSENCE ORDINAIRE AU PLOMB Selon les méthodes de tests approuvés par Transports Canada.Votre consommation réelle peut varier.VALEUR DE REVENTE EXCEPTIONNELLE ENCORE PLUS! Faites la comparaison!\tvaleur actuelle * 1981\tcomparée au prix Original Aries 2 portes coupé\t80.1% Reliant 2 portes custom\t80,3% Citation 2 portes hatchback\t67,7% Fairmont 2 portes coupé\t67,3% PROTECTION SANS FRAIS À L'ACHAT Les pourcentages représentent le prix de gros de voitures d'occasion comparé à leur prix de gros original.Source: Canadian Black Book.15 avril 1983 (Édition Québec), section évaluation des voitures d'occasion.Quand on veut une valeur sûre.ça prend une Chrysler! Si vous pouvez trouver mieux, profitez-en! i) 2) 5 ANS OU 80 000 km.Protection du moteur et du rouage d'entraînement Protection contre la corrosion de la carrosserie extérieure Votre concessionnaire à tous les détails.AujoWtA Uui, M m \u2022Rapport des immatriculations de véhicules neufs pour la période d'octobre 1982 a mars 1983 selon R.L.Polk.\t Plymouth\t[âodge\\ Cornions Qodqt]\t[ornions Ooilqe CHRYSLER\tCHRYSLER A 6 ÉDITORIAL PAUL DES MARAIS ROGER-D.LANDRY président du conseil d'administration président et éditeur la presse MICHEL ROY éditeur adjoint LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 JUIN 1983 Après la visite d'Ariel Sharon On pouvait entretenir de sérieuses appréhendons.Heureusement, les manifestations pro et anti Sharon qui avaient lieu avant-hier soir à Montréal se sont déroulées dans l'ordre.On pouvait entretenir de sérieuses appréhensions parce que, de part et d'autre, les opinions qu'on entretenait étaient mêlées d'une forte dose démotivité.Beaucoup de sympathisants à la cause palestinienne, en particulier, avaient vu dans la venue ici de M.Ariel Sharon, l'ancien ministre de la Défense d'Israël, une sorte de provocation qui ne pouvait être passée sous silence.Évidemment, ceux qui avaient sollicité sa venue n'avaient probablement pas pensé offenser qui que ce soit.Un porte-parole du gouvernement israélien a expliqué, par exemple, que M.Sharon avait des liens très étroits avec l'hôpital de Jérusalem pour lequel avait été organisé le souper-bénéfice de mercredi soir.Ces liens auraient été la raison principale pour laquelle on avait souhaité sa présence à Montréal.D'accord sur les intentions.Mais, comme le signalait hier mon confrère Marcel Adam, on a été au moins imprudent en ne prévoyant pas les réactions que susciterait la venue à Montréal d'un des personnages qui incarne peut-être de la façon la plus voyante le caractère intransigeant et expansionniste de la politique israélienne.Les Arabes et ceux qui sympathisent avec eux n'ont pas une très haute opinion de M.Sharon.L'homme est d'ailleurs très controversé dans son propre pays.Une commission royale d'enquête mise sur pied par le gouvernement Begin pour étudier les carnages perpétrés dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila lui a adressé de très durs reproches.Son chef a été forcé de le reléguer au rang de simple ministre sans portefeuille.Comme je l'écrivais mercredi, on ne devait pas voir dans le boycottage de la visite de M.Sharon une manifestation d'antisémitisme.On n'est pas antisémite parce qu'on critique la politique ou certaines politiques d'Israël, pas plus qu'on est antiaméricain parce qu'on formule des reproches aux États-Unis sur un point ou sur l'autre.Ce contre quoi j'en avais dans mon article d'avant-hier, c'était la transposition possible du débat sur la question palestinienne au niveau de l'école et, surtout, l'équation que font M.Yvon Charbonneau, président de la CEQ, et ses collègues entre sionisme et racisme.Bien sûr, l'État hébreux est, en quelque sorte, un État racial, même s'il compte une force minorité arabe.Mais c'est l'ONU qui l'a voulu ainsi.Il devait d'ailleurs y avoir, à côté, un État arabe.Ce n'est pas la faute d'Israël si celui-ci n'a pas vu le jour.On peut faire ces distinctions, me semble-t-il, sans être à la solde d'Israël et du lobby juif.Ceci dit, on ne peut s'empêcher de constater qu'Israël reste toujours un signe de contradiction.Seul pays juif dans cette région du globe dominée par le monde arabe, il se sent constamment menacé, à tort ou à raison, dans son existence même.Et, pour se défendre, il donne l'impression de croire bien davantage à la force des armes qu'à la persuasion diplomatique ou à la signature de traités.Son refus, par exemple, de dialoguer avec l'OLP s'apparente, aux yeux de beaucoup d'observateurs neutres, à un incompréhensible entêtement.Et il y a les annexions et la création de colonies de peuplement.Il y a eu, l'an dernier, l'opération anti-OLP au Liban.Beaucoup de ces initiatives ont été prises et se perpétuent en dépit de l'opposition des meilleurs amis d'Israël.On peut juger tout cela sévèrement sans approuver, du même coup, les tactiques du camp opposé et sans être taxé d'antisémitisme.La manifestation anti-Sharon se faisait contre un symbole.Vincent PRINCE M.Lévesque et le rôle de la presse Le premier ministre, M.Lévesque, a raison sur un point fondamental: les médias d'information ne peuvent échapper aux obligations sociales que leur impose, comme corollaire, la très grande liberté d'expression dont ils font usage dans cette société.LA PRESSE reconnaît donc qu'elle a, comme ses confrères, des comptes à rendre, avant tout au public-lecteur qui veut savoir et comprendre.Par conséquent, que le premier ministre se rassure: cette notion d'imputabilité, à laquelle les femmes et les hommes politiques sont déjà soumis, cette notion qu'il voudrait étendre à la presse, elle s'applique déjà aux médias d'information.Les entreprises de presse assument des responsabilités à l'égard de l'opinion publique, de leurs lecteurs, du Conseil de presse, des tribunaux, et même de l'Assemblée nationale qui aurait pu, qui pourrait encore convoquer Michel Girard, reporter à LA PRESSE qui a signé les articles publiés en mars sur l'affaire de la Baie James.Un journal qui trahirait la confiance des lecteurs, qui lancerait de fausses nouvelles, qui tromperait l'opinion, qui accuserait sans preuves s'exposerait à perdre toute crédibilité et, à plus ou moins long terme, le respect du public et de sa clientèle.C'est un châtiment autrement plus rigoureux qu'une poursuite en justice et une condamnation ponctuelle.LA PRESSE n'a aucune prétention à l'immunité, comme celle dont s'entoure le premier ministre quand il multiplie les épithètes choisies à l'égard du reporter ou les hyperboles envers le président de LA PRESSE.M.Roger Landry (dont on lira la déclaration dans la page voisine) n'est évidemment pas chargé de faire, ni même d'inspirer les titres dans cette maison.L'aurait-il voulu ce jour-là qu'il n'aurait pu y parvenir puisqu'il se trouvait en Floride.C'est là du reste qu'il a pris connaissance, comme les autres lecteurs de LA PRESSE, de la manchette et de l'article.Ce qui est plus inquiétant de la part d'un homme qui connaît bien le fonctionnement et la pratique des entreprises de presse, c'est l'étonnante facilité avec laquelle il aperçoit des complots politico-financiers à l'ombre des «gros intérêts» qui possèdent LA PRESSE.À l'époque où M.Lévesque séjournait dans les salles de rédaction, il a bien connu un autre premier ministre qui imaginait ainsi des scénarios diaboliques au sujet de la presse, dénonçant le propriétaire d'un journal qu'il rendait responsable d'un compte rendu Incomplet.Quand il tient un tel langage, le premier ministre colporte des fables anachroniques.Il sait parfaitement que les idées exprimées par M.Landry dans ses discours publics sont régulièrement contredites dans les colonnes de ce journal.LA PRESSE ne redoute pas l'épreuve de l'imputabilité.C'est avec une attention studieuse que nous examinerons la déclaration faite hier par le premier ministre en commission.Nous ne pensons pas que les propos de M.Lévesque, sauf erreur, nous amènent à modifier, quant à l'essentiel, ce qui fut publié en mars.Mais il importe d'y regarder de plus près.Aussi devrons-nous attendre de connaître les conclusions que les-porte-parole ministériel et libéral auront tirées des travaux de la commission parlementaire dans quelques jours.Michel ROY i Droits réservés Jean-Guy Dubuc Quand Montréal grandit, elle se fait mal aussi Se préoccuper de sa ville, ça s'exprime comment?Parfois, malheureusement, en se blessant les uns les autres.De cela on peut donner trois regrettables exemples.Cette semaine, les Voisins de la rue Duluth ont tenu une réunion dans la rue.Avec beaucoup d'humour et de bonnes blagues touchant autant Tad-ministration municipale que les nouveaux propriétaires des restaurants du quartier, ils ont manifesté leur déception et leur inquiétude.Ils savent bien qu'ils ne peuvent changer la vocation de la rue Duluth: les dizaines de restaurants qu'on y trouve ne vont sûrement pas disparaître pour leur faire plaisir.Ils acceptent donc le bruit et les odeurs, l'affolement des fins de semaine et les processions de touristes.Ils acceptent surtout de ne plus se sentir chez eux dans un quartier qu'ils avaient choisi pour des qualités disparues et qu'ils veulent habiter malgré tout, quitte à rire joyeusement des inconvénients qui pullulent.Mais trop, c'est trop.Des restaurateurs, forts de leur succès, veulent profiter davantage des lieux et demandent des permis d'agrandissement.Les Voisins ne montrent pas trop d'exigences: ils veulent le gel des permis, l'appli- cation plus sévère de la réglementation du stationnement et, tout simplement, être mis au courant des aménagements futurs que la Ville de Montréal pourrait encore leur faire subir.Bref, ils demandent humblement un peu de respect.Mais ils ne sont pas du tout certains d'être entendus.Rue de La Roche, d'autres voisins se regroupent.Parce que là aussi, on prévoit une transformation du quartier: huit restaurants doivent bientôt ouvrir leurs portes.Jusqu'à maintenant, une cinquantaine de personnes ont dû quitter leur logement.Les résidents craignent de voir se répéter chez eux le phénomène des rues Prince-Arthur et Duluth.Ils savent que c'est la fin de la vie quotidienne qu'ils ont connue avec l'apparition des foules qui arriveront avec leur sac de la SAQ sous le bras et partiront dans le chahut.Un représentant du groupe affirme qu'il a deviné depuis longtemps les transformations qui se préparaient: il aurait même écrit au président du comité exécutif, M.Yvon Lamarre, un an avant l'émission des permis.Mais Monsieur le président n'a répondu à la lettre du groupe qu'après avoir émis des permis aux commerçants.Évidemment, la maniè- re n'a pas plu aux gens du quartier.Ils disent: «Le citoyen de Montréal n'a aucun droit de se prononcer sur ce qui le concerne.» Ils savent qu'il est maintenant trop tard pour espérer influencer l'administration municipale.Leur seule arme consiste à tenter de dissuader la population qui viendrait fréquenter ces commerces.On peut s'attendre à des moments peu agréables de part et d'autre.Enfin, dans le Vieux Montréal, sur la place d'Youville, Montréal a décidé d'ériger un «parking décoré».On l'appelle on parc, mais c'est un parking.Donc, une des places historiques les plus importantes de la ville sera «décorée» de voitures.Cette fois, ce ne sont pas les voisins qui réagissent; ce sont plutôt des groupes de conser-vationnistes, des gens préoccupés de garder à Montréal les lieux historiques qui constituent son patrimoine culturel.Un groupe d'intervention en architecture urbaine a même préparé un plan d'aménagement de la place.L'administration municipale l'a réfusé, présentant au ministère des Affaires culturelles un projet «temporaire», au coût de $640,000, que M.Clément Ri- chard a accepté «parce que temporaire».Mais le ministère ne s'est pas préoccupé de vérifier les données proposées par la ville.Le conseiller John Gardiner, du Rassemblement des citoyens et citoyennes de Montréal, considère que les travaux entrepris ont un caractère tout à fait permanent.Encore ici, les citoyens n'ont pas été entendus.Que peuvent-ils faire pour se faire entendre?Faut-il des manifestations agressives?Des protestations tapageuses et même violentes?Faut-il s'insulter pour bien se comprendre?Avec ces trois exemples tirés de la vie des Montréalais ces jours derniers, on touche du doigt une des plus graves anomalies de notre démocratie: la difficulté pour les gens simples et sincères de présenter leur point de vue à une administration qui se ferme les yeux et les oreilles.Autre anomalie: ces espèces de transformations de quartiers qui en changent la vérité traditionnelle.Les rues que l'on altère perdent le caractère qui avait attiré leurs habitants.Elles attirent par leur charme.et on l'efface.Dernière anomalie: l'évolution de la vie diminue la qualité de vie.Il est certain que les restaurants de Duluth et de Prince-Arthur font plaisir à bien des gens; mais seulement à ceux qui sont de passage, pas à ceux qui y vivent.Et il est certain que le stationnement de la place d'Youville fera quelques heureux; mais il blesse le coeur du passé.Triste évolution qui flétrit ce qui fait vivre.houos:.Discordances après la belle harmonie du Sommet \u2022Falls veut renforcer les arsenaux conventionnels», titrait hier ce journal, à propos de la réunion des ministres de la Défense de l'OTAN, qui se tient présentement à Bruxelles.Qui est «Falls»?Aucun rapport naturellement avec Niagara Falls.Pourtant, l'amiral Falls est un Canadien.Il est depuis trois ans le président du comité militaire de l'OTAN.Il n'y a pas un Canadien sur cent qui sait qui est l'amiral Falls.Et il n'y en a pas un sur mille qui soit au courant de ses interventions publiques depuis trois ans.L'OTAN, c'est lointain.On sait, bien sûr, qu'il s'agit d'une organisation militaire.Mais c'est aussi une organisation politique.La guerre est une chose trop sérieuse pour qu'on l'abandonne aux militaires, dit-on couramment.Voilà pourquoi les chefs politiques n'omettent pas de se mêler.de ce qui les regarde.Voici deux exemples d'intervention, pris dans l'actualité courante.À la réunion ministérielle de l'OTAN, le Danemark a demandé que l'échéance du 31 décembre 1983, date prévue pour l'installation des missiles Cruise -j,- et des fusées Pershing II en Europe, soit reportée.Le patron du Pentagone, M.Weinberger, a été scandalisé.Oh! hommes de peu de foi! M.Reagan n'a-t-il pas déjà dit que les Russes ne négocieraient des accords que le pistolet sur la tempe?Ce n'est pas l'avis du premier ministre du Canada qui, rentrant du seminar de Williamsburg, déclare à la Chambre des communes, qu'il ne s'accorde pas avec le président Reagan sur ce point.À son avis, les Russes se montreront disposés à négocier des accords sur le désarmement sans attendre ultimatums et mises en demeure.Dans ces vues entrent des évaluations très subjectives.Il est bien possible que M.Trudeau connaisse mieux l'âme russe que le président des États-Unis.Après tout, pourquoi pas?Faisons un grand effort d'imagination et supposons pour un instant que le Canada et les États-Unis, formant un seul pays-continent, ont un seul gouvernement et une seule capitale (Washington ou Ottawa, au choix).Il n'est pas certain que si Trudeau était a la tête de ce vaste empire, à la place de l'ancien gouverneur de la Californie, le monde dût s'en trouver forcément plus malheureux.Mais on sait bien que la réalité politique ne se présente pas de cette manière.Le Canada et .les États-Unis ont des gouvernements séparés.Le chef de l'un de ces gouvernements, M.Trudeau, tout en se déclarant fondamentalement d'accord avec les orientations capitales de son voisin, allié et ami, ne cesse de multiplier les réserves.Vous dites missiles Cruise?Oui.mais.Vous dites qu'il faut négocier en position de force avec l'URSS?Oui.mais.Vous dites à l'OTAN qu'il faut accroître les budgets militaires?Oui.mais.On ne gouverne pas avec des «oui.mais», dit un jour un grand homme.Et M.Reagan, qui est essentiellement un pragmatique, est probablement du même avis.Alors, les nuances introduites par le chef du gouvernement canadien ne peuvent avoir que deux résultats: ou elles impressionnent favorablement Washington ou elles sont traitées comme des agaceries.À 77 mon avis, elles agacent, sans résultat pratique.Entre-temps, à Bruxelles, les États-Unis insistent: il faut_aug-menter de 3 p.cent les budgets de défense.Très bien, répondent les autres, mais il faut partager le gâteau, le commerce des armes s'élevant à $275 milliards annuellement, les USA se réservent la quasi-totalité des bénéfices.Partageons! Il est bien évident que ces calculs ne vont pas au fond des choses.Dans un rapport préparé pour le Conseil de l'Europe sur les relations Est-Ouest, le député conservateur Harold Lied (Norvège) conclut: «La limitation des dépenses militaires permettrait de dégager des investissements massifs indispensables au tiers monde.Il faut inscrire le désarmement dans la logique du développement de toute l'humanité.» Entre ceux qui veulent plus d'argent pour la défense et ceux qui réclament plus de ressources «pour le développement de toute l'humanité» le fossé ne sera pas aisément franchi.Guy CORMIER TRIBUNE LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 JUIN 1983 LIBRE A 7 / LE SAC DE LG-2 I «Je me sens I a la conscience tranquille» M.René Lévesque Voici un large extrait de Ja déclaration faite hier en corn-mission parlementaire par le premier ministre, M.René Lévesque, au sujet de son rôle dans l'affaire du règlement à l'amiable du sac de LG-2.Ce 20 février 1979, jour de fin de session, lorsque le député de Mar-guerite-Bourgeoys me fit l'honneur de me poser quelques questions et ensuite de réclamer un mini-débat sur le même sujet, ce règlement hors cour n'était pas encore une certitude, tout au plus une probabilité.Ce qui explique amplement, je crois, la prudence avec laquelle je répondis à la première question, où Ton me demandait s'il était exact qu'un tel règlement était envisagé.«Premièrement, ai-je répondu, il est exact qu'il est question d'un règlement.C'est même, paraît-il, pour ce que j'en sais, assez avancé.» Ce qui était strictement conforme à l'état de la situation tel que je le connaissais.Question suivante du député de Marguerite-Bourgeoys: «Deuxièmement, est-il exact que c'est dans le bureau du Premier ministre, en présence du Premier ministre ou d'un de ses représentants, qu'une partie de cette négociation de règlement a eu lieu?» Première partie de ma réponse: «Ce n'est pas du tout, ni de près ni de loin, dans le bureau du Premier ministre, que le règlement ou partie du règlement a eu lieu.» Et bien sûr, si l'on prend cette phrase toute seule, hors de son contexte, qu'on la prend donc très malhonnêtement comme on l'a fait à maintes reprises depuis quelques semaines, ça pouvait avoir l'air de cacher une partie des faits.Mais si l'on a la simple bonne foi de replacer cette phrase dans le contexte global de mes deux interventions de ce jour-là, il me semble que, là encore, un minimum de bonne foi permet de voir aussitôt que je n'avais rien déguisé.D'ailleurs, qu'avais-je à gagner à cacher quoi que ce soit?Un peu plus loin, au cours de cette même réponse en Chambre, voici en effet ce que j'ajoutais à propos de l'opinion que j'avais transmise aux dirigeants de l'Hy-dro et de la SEBJ.«Mon sentiment a été clair, la décision appartient forcément à l'Hydro-Québec et à son conseil d'administration.Tout en étant bien clair là-dessus, et le demeurant encore aujourd'hui, mon sentiment \u2014 et je leur ai donné, comme ils le deman-1 daient \u2014 est éminemment favorable à un règlement.Les modalités, je ne veux pas les connaître, jusqu'au jour où on les connaîtra tous.Ce n'est sûrement pas à mon bureau de commencer à dire que ce sera tant, etc.Ce n'est pas de notre affaire.Mais l'idée, le principe du règlement, oui.» Donc, très clairement, mon bureau et moi-même étions éminemment favorables à un règlement hors cour, et nous l'avions fait savoir à qui de droit.Après nous être formé une opinion, que d'ailleurs je résumais aussitôt après, en poursuivant ma réponse.Après quoi, en m'appuyant sur cet énoncé, je répétais à nouveau: «Il me semble \u2014 c'est le sentiment que j'en ai \u2014 qu'il serait injuste de faire payer par l'ensemble des travailleurs qui sont membres des syndicats défendeurs, les syndicats québécois qui peuvent être tenus techniquement et juridiquement responsables \u2014 d'ailleurs ils l'admettent \u2014 des montants importants pour lesquels ils ne sont franchement pas responsables.» Lorsque j'avais dit, au début de ma réponse, que ce n'était pas, «ni de près ni de loin, dans le bureau du Premier ministre, que le règlement ou partie du règlement avait eu lieu», il me semblait et il me semble encore évident que cette phrase-là n'avait rien à voir avec le principe du règlement hors cour.Au contraire, je l'avais dit et répété, l'opportunité quant à moi d'en arriver à un tel règlement, l'opinion «éminemment favorable» dans ce sens que j'avais transmise aux dirigeants de l'entreprise, c'était clair et net dans mes propos.Qu'est-ce que c'est alors qu'on n'avait touché «ni de près ni de loin», dans quoi s'était-on interdit de s'ingérer de quelque façon que ce soit?La réponse, avec la distinction qu'elle comporte, n'est-elle pas elle aussi d'une évidence aveuglante, à moins d'être absolument tordu par la partisanerie, ou encore d'être entraîné dans une certaine caricature du métier de l'information, sur laquelle je reviendrai brièvement avant de terminer?Le 20 février 1979, en Chambre, toujours dans ma réponse aux questions du député de Marguerite-Bourgeoys, à peu près une minute après le début, voici ce que je disais: «.La décision appartient forcément à l'Hydro-Québec et.à son conseil d'administration qui coiffe 'ft t- toute l'opération chantier, énergie, etc., et bien sûr, à la Société d'énergie de la Baie James elle-même, qui est là comme partie.» Et en terminant cette même réponse, après avoir résumé les raisons pour lesquelles je croyais qu'on devrait régler hors cour, je déclarais à nouveau: «A partir de là, la décision appartient à la Société d'énergie de la Baie James, mais comme elle l'avait fait en 1975, au moment de poursuivre, en consultant, elle a eu l'opinion du Premier ministre d'aujourd'hui, s'il s'agit d'un règlement éventuel.» Et puis, comme le député de Marguerite-Bourgeoys revenait à la charge en me prodiguant de sages conseils de prudence, j'ai encore une fois conclu comme suit: «.La décision appartient à ceux qui administrent l'entreprise, y compris les modalités d'un règlement, les questions de responsabilité, etc.Cela ne nous regarde pas, c'est leur droit.» Et puis enfin, le même jour, 20 février 1979, le même député de Marguerite-Bourgeoys revenait à la charge en réclamant à 10 heures du soir, juste avant la fin de la session, ce qu'on appelle en jargon parlementaire un «mini-débat», où cette fois il se concentrait plutôt, à toutes fins utiles, sur un appel au retour de l'État-fainéant, un appel bien emmitoufflé comme il se doit dans la meilleure démagogie pseudo-populiste, et qui se terminait ainsi: «Qu'on laisse la justice suivre son cours ou alors que le Premier ministre justifie objectivement, documentation à l'appui, pourquoi les Québécois devraient échanger une réclamation de 32 millions $ pour à peu près rien.» Pour ce qui est de la «documentation à l'appui», j'ai référé de nouveau au rapport de la Commission Cliche, car c'était vraiment ma documentation fondamentale.J'avoue que j'ai oublié d'en transmettre une copie au député de Marguerite-Bourgeoys.Et là-dessus, et pour la dernière fois ce jour-là, je me suis évertué à resituer mon intervention, et les limites de cette intervention, dans les termes suivants: «Partant de là, ai-je déclaré, sachant aussi que les syndicats québécois qui sont intimés sont incapables de toute façon de payer des sommes le moindrement substantielles, j'ai donné mon assentiment.Et c'était que puisqu'un règlement a été demandé par quelques-uns des syndicats ou leurs procureurs, au début de 1979, quant à moi, il me semblait meilleur, dans l'intérêt du Québec et d'une certaine paix sociale \u2014 il ne s'agit pas de favoritisme politique, il s'agit de chantiers lointains où il est important que la paix règne \u2014 (il me semblait meilleur, donc) si un règlement était possible, de le soutenir, de l'appuyer, mais que c'est aux parties/ à commencer par la Société d'énergie de la Baie James qui est demanderesse là-dedans, de décider ce qu'elles veulent faire.» Et c'est effectivement ce qu'elles ont fait, quelques jours plus tard.Et pour ce qui est de la SEBJ, cette décision de régler fut prise assez librement, en dépit de mon insistante recommandation, pour que certains administrateurs, à commencer par M.Robert Boyd, n'hésitent pas à voter contre.Mon bureau et moi n'avions donc ni décidé, ni négocié, ni encore moins prétendu imposer un règlement, comme ça s'était déjà produit dans le passé.C'est d'ailleurs devenu d'une telle évidence, au cours de cette Commission que, tout en continuant de prétendre croire le contraire, certains «procureurs» libéraux se sont mis tout à coup à nous reprocher éloquemment de ne pas nous être ingérés suffisamment pour aller chercher plus d'argent! Quand même.Tous ces propos de février 1979, que je viens de citer ou d'évoquer, se retrouvent évidemment dans mes deux interventions.Comme ces dernières n'ont, semble-t-il, été évoquées à cette Commission que par bribes plutôt éparses et trop souvent isolées pour l'effet, je me Rene lévesque a tr l'Assemblée nation Le premier ministre Lévesque en commission parlementaire hier.suis permis de les annexer au complet à cette déclaration.(Annexe 1, Journal des Débats, 20 février 1979, pp.5739-40-41 et pp.5792-93-94.) On y verra, soit dit en passant, que d'aucune façon le député de Marguerite-Bourgeoys n'avait cru bon de poser de questions sur la façon précise dont Me Boivin et moi-même nous étions formé une opinion Et je dois dire que je n'ai absolument pas pensé qu'il fallait évoquer certaines consultations préalables, tellement, je suppose, ça me paraissait aller de soi.Au cours du mini-débat de la fin de soirée, le passage que j'en ai cité démontre que j'ai mentionné spontanément des demandes faites par «des syndicats ou leurs procureurs».Et si on avait voulu faire un plat sur les rencontres des avocats avec Me Boivin comme on n'a pas cessé de le faire à cette Commission, j'aurais volontiers répondu \u2014 après m'étre informé, puisque je n'avais jamais vu, et je ne vois pas encore, la raison pourquoi j'aurais tenu une sorte de compilation de ces va-et-vient, qui me paraissaient tout bonnement aller de soi.On m'a dit que certains, la semaine dernière, avaient prétendu apercevoir là une restriction mentale, une sorte de «péché d'omission».Pour les raisons que je viens de donner, je dois dire que je me sens la conscience tranquille là-dessus, comme sur le reste.Je sais que cette déclaration a déjà mangé un bon morceau du temps si précieux de cette Commission.Et pourtant, je ne m'excuserai pas d'ajouter en terminant quelques brefs commentaires sur deux points en particulier: La Presse (avec un grand P, La Presse de Montréal, «le plus grand quotidien français d'Amérique»); et puis, deuxièmement, la façon dont cette Commission parlementaire s'est déroulée depuis plus de deux mois.Et justement, puisque pendant ces deux mois nos «amis d'en face», à 80% et davantage, ont ainsi monopolisé plus de temps et de fonds publics que le règlement de la Baie-James lui-même, on comprendra que je ne me sente pas trop gêné de prendre quelques minutes de plus pour dire ma façon de penser sur ces deux points.1.D'abord, premier point: tout cela a découlé d'un article de La Presse de Montréal, et surtout de l'énorme titre «à la une» dont on avait cru bon de coiffer cet article.Avant de dire ce que j'en pense, je me permets de souligner qu'une des idées à la mode en ce moment, c'est celle d'imputabilité, traduction un peu barbare de l'anglais \u2022accountable* \u2014 c'est-à-dire, en termes de tous les jours, que si on a des responsabilités dont l'impact peut affecter les autres, on doit accepter tout simplement d'en rendre compte.C'est là une notion qu'on applique depuis toujours (et à juste titre) aux hommes et aux femmes politiques.Il est question de l'imposer aussi, désormais, aux fonctionnaires les plus importants, ceux qu'on appelle les «grands commis de l'État».Pourquoi pas?Et pourquoi pas, également, aux syndicats et aux milieux d'affaires les plus pesants, dont les décisions peuvent influer tellement sur le sort des gens?Et pourquoi pas, aussi, aux médias d'information?C'est ce que j'évoquais, il y a quelques jours à peine, à l'Assemblée nationale, en soulignant à quel point ces médias d'information, et les intérêts massifs qui les contrôlent, sont à la fois très puissants et foncièrement irresponsables, susceptibles par conséquent de faire du mal à volonté et sans aucune «imputabilité».Ou alors, les recours qui restent aux victimes sont à la fois coûteux, aléatoires et de toute façon très lents.Quoi qu'il en soit, le 17 mars dernier, s'étalait dans La Presse de Montréal un article, signé par un Monsieur Michel Girard.Il s'agissait en fait d'un pseudo-reportage sur le règlement hors cour du saccage de la Baie-James.Un sujet, on l'admettra, tout à fait original après quatre ans et demi, et peut-être même pour cette seule raison, était-ce un sujet révélateur d'in- tentions plus proches de la propagande que de l'information?Quoi qu'il en soit, ce texte était tout bonnement un tissu d'erreurs, de faussetés, ae procès d'intention parfaitement gratuits.Sur les passages qu'il était en mesure d'évaluer personnellement, mon chef de cabinet, Me Boivin, a fourni à cette Commission une analyse très «factuelle» qui a eu le grand honneur d'être publiée.elle aussi.Mais cette analyse mérite, à mon humble avis, de ne pas si vite s'en aller aux oubliettes.C'est pourquoi, en la reprenant tout entière à mon compte, je l'ai reproduite en annexe de ma propre déclaration (Annexe 2, extraits de la déclaration de Me Jean-Roch Boivin, pp.9, 10, II, 12, 13 et 14.) Je n'y ajouterai donc que deux constatations qui touchent mon cas personnel.La première, c'est que Monsieur Girard avait réussi, par un tour de force qui ne pouvait surtout pas être accidentel, à escamoter à peu près complètement les précisions que j'avais données à l'Assemblée nationale, et à déguiser sournoisement le peu qu'il en avait conservé.C'était en quelque sorte une «job de bras» journalistique, pour parler comme les bandits de la Baie-James.Quant à ma seconde remarque, elle concerne le titre dont on avait coiffé ce chef-d'oeuvre.Énorme manchette sur six colonnes à la une, ce titre disait, textuellement, que «René Lévesque a trompé l'Assemblée nationale».D'aucune façon, ce titre n'était justifié par le texte proprement débile de l'article en question.Mais ça ne l'a pas empêché de faire son chemin, dans les ragots de bas étage, radiophoniques et autres, et aussi dans les propos prudemment téméraires de ces messieurs d'en face.Or, un gros titre en première page \u2014 surtout lorsqu'il est à la fois explosif et injustifié \u2014 ce n'est pas le simple reporter qui en décide.Comme l'a si bien dit le député de Marguerite-Bourgeoys, un jour de la semaine dernière \u2014 ça m'avait frappé; «Celui qui fait les titres au journal La Presse, parce qu'on ne peut pas accuser le journaliste de faire les titres.» Justement, qui fait les titres, ou plus précisément qui donc les autorise.ou encore les dicte peut-être à l'occasion?Tout ce que je peux dire, sans la moindre hésitation, c'est que ce genre de titre, disons, «risqué», ça me rappelle forcément que La Presse appartient à de gros intérêts financiers dont la famille politique est bien connue, et qu'au départ de Monsieur Roger Lemelin, ces mêmes intérêts lui ont choisi pour successeur à la présidence un Monsieur Roger (quelquechose) Landry, personnage à la fois insatiable en matière de publicité personnelle et férocement partisan.Ce qui peut avoir une terrible influence sur le choix des sujets et des titres.2.Et je termine en me demandant très simplement pourquoi l'Opposition libérale a sauté à deux pieds joints sur ce très fragile et très douteux tremplin?Et pourquoi, après avoir paralysé l'ouverture de la session afin de dramatiser le terrible sentiment d'urgence que ça lui inspirait, pourquoi s'y est-elle agrippée si longtemps, et à si grands frais pour les contribuables?Ça ne peut pas être uniquement pour la volupté et la rentabilité du spectacle télévisé; rentabilité aléatoire, d'ailleurs, quand ça dure trop longtemps et qu'on finit par voir à quel point c'est cousu de fil blanc.Alors, quoi?J'avoue que je ne sais pas.Sauf que j'ai l'impression qu'en sautant ainsi sur une apparente occasion en or d'abattre l'adversaire (ce qui est dans la «game» comme on dit), on n'a pas vraiment fait avancer la cause partisane, mais en revanche on a très certainement fait reculer celle du parlementarisme et de la réforme dont il a si grandement besoin.Et ça, je ne suis pas le seul à l'avoir constaté.Déclaration du président de LA PRESSE Je suis surpris et abasourdi par l'attaque personnelle dont m'a gratifié le premier ministre M.René Lévesque.Je ne puis en comprendre ni le ton ni la forme.Tout d'abord, je m'explique mal qu'un homme aussi au fait que lui des pratiques journalistiques imagine qu'un président de journal puisse dicter les titres qui doivent coiffer les articles de ses journalistes.Ceux-ci, il le sait, ne le toléreraient pas longtemps.Deuxièmement, il m'accuse d'être «insatiable en matière de publicité personnelle et férocement partisan».Je lui ferai remarquer, a ce propos, que je ne me suis invité jusqu'ici nulle part et que je ne me suis pas gêné, a l'occasion, pour critiquer aussi les libéraux.De toute façon, M.Lévesque aurait dû noter que si j'ai attaqué son gouverne- ment, je n'ai jamais attaqué la personne même du premier ministre.Enfin, je voudrais dire que ce ne sont pas des ^méchancetés» de ce genre de sa part qui m'empêcheront, à l'avenir, de dire ce que je pense, en bien ou en mal, de son administration.Roger D.LANDRY Président et éditeur LA PRESSE 7 OPINION Afin que médecine s'humanise En lisant la lettre ouverte de Madame Edith Meney publiée dans votre quotidien en date du jeudi 12 mai, réclamant une médecine plus efficace, on imagine que cette personne désire avant tout soulever le problème de l'humanisation de la médecine contemporaine et tout particulièrement des relations patients-médecins.Contrairement à ce qu'elle semble penser, il existe un bon nombre de médecins parfaitement conscients des faits mentionnés, et c'est ainsi que depuis plus de dix ans, divers mouvements s'efforcent de réinstituer la médecine familiale et réintroduire les sciences humaines dans le curriculum des études médicales.\u201e .En effet, la médecine est devenue, au cours de ce dernier siècle, une synthèse de plus de 30 sciences fondamentales qu'il serait fastidieux d'énumérer ici, mais qui permettent d'accorder le titre de SCIENCE à cette discipline avec les inconvénients que cela comporte, à savoir un raisonnement objectif, laissant peu de place à l'empirisme et à l'émotion.Qui pius est, on estime, à ce jour, à plus de .dix mille le nombre de maladies différentes que la gent humaine est susceptible de présenter.Or, il est impossible qu'un seul individu puisse les connaître toutes et c'est la raison pour laquelle il existe des spécialités et des sous-spécialités.Mais, pour en revenir à la question qui nous préoccupe, c'est un fait incontesté que les médecins formés depuis une dizaine d'années étaient peu sensibilisés aux aspects psycho-sociologiques en relation avec les maladies, d'où la déshumanisation des soins qui s'inscrit du reste dans le contexte beaucoup plus général d'une civilisation technocratique et individualisée.C'est ainsi qu'au cours de ces années, tant en Amérique qu'en Europe, les facultés ou écoles de médecine n'acceptaient que des étudiants ayant surtout un bon bagage en sciences exactes, soit des sujets ayant dès le départ une tournure d'esprit encline à une cer-.taine rigueur et peu préparés à affronter les problèmes affectifs de leurs futurs clients.L'enseignement se poursuivait ensuite dans des laboratoires sophistiqués et surtout dans des hôpitaux universitaires qui se devaient d'être à la pointe des techniques médicales, accueillant une clientèle de malades très sélectionnée.D'une façon plus prosaïque, il est possible de comparer l'enseignement médical actuel à l'apprentissage de la conduite d'un véhicule de compétition Formule 1, alors que le conducteur aura toute sa vie une petite voiture à sa disposition.Le résultat engendrera une tendance très naturelle à traiter sa petite cylindrée comme un véhicule de course! Or, on estime actuellement que seulement 20% de la population des patients ont l'occasion d'être hospitalisés, ce qui fait que les étudiants en médecine acquièrent un mauvais profil des maladies les plus courantes dans leur pays, i-gnorant les problèmes des 80 autres pour cent.De plus, ils sont au contact avec des techniques et des méthodes qui ne sont justifiables que dans des circonstances extrêmes, alors que plus de 60% d'entre eux n'auront plus l'occasion d'intervenir en milieu hospitalier ilors de leur pratique ultérieure.Pourquoi en est-il ainsi?Parce que depuis le 10e siècle, le corps médical a conservé la tradition d'enseigner la médecine dans les hôpitaux, ceci pour différentes raisons et qui ont porté leurs fruits dans les sciences cliniques tout en suivant le principe de «Qui peut le plus, peut le moins».Or, la plupart des institutions de soins apparte- naient à des congrégations religieuses qui prenaient en charge les aspects psychologiques et spirituels des malades.Une des erreurs des enseignants en médecine fut de négliger cet aspect émotionnel lors de la laïcisation des hôpitaux, d'où les plaintes actuelles concernant la déshumanisation des soins.Tout ceci est actuellement en train de changer, mais il faudra encore attendre une bonne dizaine d'années avant de ressentir les effets des réformes entreprises, bien que celles-ci soient encore trop timides à mon avis.En effet, avec la très rapide venue des «technologies de pointe» le fossé entre les approches techniques et l'AF-FECT va se creuser encore plus.La micro-informatisation va certainement faciliter, améliorer les diagnostics et traitements, mais ne modifiera pas grand-chose quant au comportement des futurs médecins qui seront encore plus rigoureux dans leurs jugements.Ce qu'il faudrait, ce serait une préparation beaucoup plus intensive des étudiants en médecine en matière de sciences humaines, quitte à accepter en médecine au moins 50% d'étudiants nantis d'une solide formation en psychologie et en sociologie, tout en réservant les autres 50% aux scientifiques purs ou même en panachant avec des ingénieurs, des juristes, des économistes.Le domaine de la santé est devenu de nos jours tellement vaste qu'il faut dès maintenant prévoir une formation multidisciplinaire.\u2022Une autre mesure à prendre consisterait à diversifier les lieux de formation en faisant connaître aux étudiants les différents milieux (familiaux, de travail, de loisirs) qui présentent de hauts risques pour la santé afin que le futur médecin soit conscient que la maladie ne se rencontre pas uniquement à l'hôpital.Madame Edith Meney soulève aussi la question des médecines douces et dénonce la surconsommation de médicaments.Ces faits 'sont reconnus internationalement au point que l'O.M.S.recommande la recherche et l'application des médecines traditionnelles dans le Tiers-Monde.Mais là encore, il n'est pas facile de trancher car si certaines thérapeutiques «douces» peuvent soulager certaines affections mineures, on est pour l'instant dans l'incapacité de prévoir quand celles-ci évolueront en affections majeures.Tout ce que l'on est capable d'affirmer pour le moment et encore pour un nombre restreint de maladies, c'est le risque ou la probabilité pour un patient présentant des signes mineurs, de développer une affection majeure.Pour l'instant, la science médicale est incapable de prédire quels seront les heureux élus qui auront la chance de ne pas présenter de troubles majeurs.Qui plus est, les probabilités d'un défaut de jugement en la matière incite les malades à des poursuites judiciaires contre les médecins.Du reste, dans le même journal, quelques pages plus loin, on trouve les plaintes d'un travailleur exposé aux acides: le médecin en place lui aurait suggéré de se doucher pour prévenir les brûlures, ce qui est tout à fait raisonnable, mais cette mesure a paru trop simpliste à l'accidenté.Il n'est donc pas facile de satisfaire tout le monde, surtout à une époque régie par la vitesse et les changements dans tous les domaines, mais la médecine se doit de rester avant tout une science humaine, capable de résoudre autant les douleurs physiques que les douleurs morales des HOMMES.Docteur YANG Robert Ottawa Ces monstres corporatifs En 1980 les locataires de Montréal ont déposé des réclamations auprès la Régie du Logement pour obtenir de leur propriétaire un remboursement suite à l'abolition d'une surtaxe selon les lois concernant les fiscalités municipales (Loi 57).Plusieurs propriétaires ont payé leurs locataires par une diminution de loyer dès 1980-1981.Mais des milliers de locataires à Montréal sont aux prises avec des procédures judiciaires quasi insurmontables.Les propriétaires ne veulent pas s'en tenir à la décision de la Régie du logement.Et qui sont ces propriétaires: les CORPORATIONS qui sont responsables pour au moins 75% des appels déposés en cour provinciale.Ils remettent en question la consti-tutionnalité des pouvoirs des régisseurs de la Régie du Logement, en disant que les pouvoirs accordés à la Régie du logement par la loi sont inconstitutionnels et que la Régie du logement n'a pas le droit ou le pouvoir de condamner le 'locataire à payer quoi que ce soit au locataire, tout ceci entraînant des procédures judiciaires qui peuvent durer des années et coûter très cher.Un simple citoyen se sent bien petit devant le pouvoir financier de ces corporations; les citoyens n'ont pas l'argent pour les combattre, pour pouvoir récupérer l'argent qui leur appartient et qui leur est dû de par la loi.Pourquoi sommes-nous obligés de nous battre?-i- Ces sommes ont été attribuées aux propriétaires, lesquels auraient dû rembourser leurs locataires.De la façon dont tout cela se déroule maintenant: ils ont profité de cet argent et ils profitent encore aujourd'hui avec les intérêts que cet argent leur rapporte.Tout cela dure depuis 198Ô et nous \"nous demandons: «Que fait le gouvernement du Québec?» La réponse est: RIEN.Comment le gouvernement peut laisser bafouer ses lois à ce point?C'est incompréhensible.N'y a-t-il pas une loi qui protège les citoyens contre ces corporations?L.PLAMONDON Montréal LE RÉGIME PLAN FIBEES POUR MAIGRIR RAPIDCNHNT IT VIVRE PLUS LONGTEMPS LE MOYEN LE PLUS SIMPLE ET LE PLUS EFFICACE TROUVÉ JUSQU'À CE JOUR POUR ÉLIMINER LES KILOS SUPERFLUS ET RETROUVER LA FORME.(&n vwito partout) I A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 JUIN 1983 SUR L'ACTUALITE - \u2022 ME RENÉ AMYOT ASSOCIÉ AUX PROMOTEURS DE L'ÉDIFICE CHOISI Air Canada déménage : une valse des sur fond d'intrigues et de tergiversations ions tfï LES TURBULENCES D'AIR CANADA Le choix du nouveau siège social d'Air Canada, à Montréal, donne ponctuellement lieu depuis quelques semaines à des rebondissements aussi inattendus que spectaculaires.Et au fur et à mesure que la lumière se fait, il devient de plus en plus clair que la toile de fond formée d'intrigues et d'associations troublâmes qui ont abouti à ce choix s'est tissée à l'insu du président directeur général d'Air Canada, M.Claude Taylor, comme en fait foi la succession de faits divulgués par les journaux.Le plus récent rebondissement exposé par The Gazette samedi dernier est d'ailleurs à la hauteur de ce dossier qui fourmille de troublantes incongruités.En effet, nos confrères ont découvert, document à l'appui, que peu de temps avant que la maison A.E.LePage Ltée n'accepte d'Air Canada le mandat de l'éclairer dans le choix d'un siège social, A.E.LePage Québec, succursale québécoise de la première, avait Tout commence au début de l'année 1982 quand Air Canada annonce son intention de déménager son siège social de la place Ville-Marie.Jusqu'au choix définitif, le responsable du dossier chez Air Canada, M.Ralph Drabinsky, aura eu l'occasion de se pencher sur pas moins d'une quinzaine de projets, si on inclut les projets tardifs de la place Mercantile et du 500 Sherbrooke ouest, des promoteurs Gagnon et Archambault.Le 8 août 1982, le choix est réduit à deux présentations.Le premier édifice, toujours à l'état de projet, est proposé par la First Quebec Corporation, présidée par M.Eugene Reismann.Il s'agirait alors de construire un é-difice sur l'avenue McGill College, et la participation d'Air Canada lui coûterait $32,4 millions en 10 ans.Le deuxième édifice, connu sous le nom de place Beaver Hall, est très avancé lorsque Air Cana- Me René Amyot, président du conseil d'administration d'Air Canada.Textes de guy pinard M.Claude Taylor, pdg d'Air Canada.déjà accepté, contre rémunération, de convaincre Air Canada d'opter pour le projet de First Quebec Corporation.(Notons qu'une première allusion dans Le Devoir du 17 mai au rôle de A.E.LePage dans ce dossier a entraîné une mise en demeure de la part des procureurs de la maison de courtage, soit le bureau d'avocats Stikeman, Elliott et Associés, lequel considère comme inexacts les allégués contenus dans l'article du quotidien.) Et si, jusqu'à ce moment, le nom du président du Conseil d'administration d'Air Canada.Me René Amyot, avocat de Québec, avait été surtout accolé à celui de promoteurs reliés de près ou de loin au projet de First Quebec Corporation, LA PRESSE est en mesure d'ajouter que Me Amyot a déjà été associé aux promoteurs de l'édifice choisi par Air Canada.L'édifice en question, place Beaver Hall, depuis rebaptisé place Air Canada, a été construit par le promoteur Trizec Corporation Ltd.Or, dans un prospectus de 1972 publié à l'occasion du lancement d'une émission d'obligations pour le projet de Place Québec Inc.(une filiale à part entière de Trizec, précise le prospectus), le nom de Me Amyot figure sur la liste des directeurs de Place Québec Inc., à titre de directeur et de secrétaire de corporation.Un déménagement difficile Mais tellement d'événements sont survenus dans ce dossier au cours de la dernière année qu'il convient de faire le point.Notons qu'il sera plus facile de suivre le scénario en consultant régulièrement le « générique » pour en savoir plus long sur chacun des « acteurs ».da procède au choix, et le promoteur, en l'occurrence Trizec Corporation Ltd., est l'actuel locateur d'Air Canada à la place Ville-Marie.Sur la même période de temps, l'engagement d'Air Canada lui coûterait $31,7 millions.Face à ce dilemme, le Conseil d'administration d'Air Canada accepte le 12 août le principe de confier l'analyse des deux propositions à un courtier en immeubles réputé.Comme il devait le confirmer au début de mai 1983 devant le Comité des transports de la Chambre des communes, c'est M.Taylor qui propose A.E.LePage Ltée.Puis le president du Conseil, Me Amyot, renchérit en insistant pour que le travail soit confié à la succursale du Québec, alors présidée par M.Yvon Lavoie.Un retour dans le temps Ouvrons ici une parenthèse pour rappeler trois événements qui ont leur importance dans ce scénario même s'ils ne touchent pas directement Air Canada.En premier lieu, retournons au 2 août 1982.Ce jour-là, le président de First Quebec confirmait dans une lettre adressée à M.Lavoie que la société LePage toucherait une commission de $3,8 millions, à la condition expresse qu'Air Canada accepte de s'installer avenue McGill College.Le 8 août, soit le jour où Air Canada décidait d'arrêter son choix entre les deux projets précités, M.Lavoie consentait par contrat à verser à un groupe de promoteurs, regroupés sous l'appellation Pierre Jolicoeur in trust, tout montant supérieur à $200 000, donc en l'occurrence $3,6 millions, de la commission que la so- La petite histoire d'un projet ambitieux: Place Mont-Royal De tous les projets dont les promoteurs convoitaient la société Air Canada comme locataire principal, le plus ambitieux fut sans doute celui qu'on connaissait à l'époque sous le nom de Place Mont-Royal.Ce projet voit le jour au début de 1981; Me René Amyot y participe , mais avant d'accéder à la présidence du Conseil d'administration d'Air Canada.Le projet est ambitieux puisque ses promoteurs parlent alors d'un investissement de $270 millions.De concert avec les principaux bailleurs de fonds intéressés, S.B.McLaughlin Associates (Quebec) Ltd et Marine Equities Ltd, MM.Isaac Gelber et Yvon Lavoie, ce dernier à titre de président de la succursale québécoise de la société A.E.LePage Ltée, rêvent de moderniser l'hôtel Mont-Royal et de lui adjoindre un édifice ultra-moderne dans le quadrilatère tout juste au sud de l'hôtel et borné par les rues Metcalfe, Sainte-Catherine, Peel et place Mont-Royal.Dans l'esprit des promoteurs, la chaîne d'hôtels Hilton se verrait confier l'administration de l'hôtel, tandis qu'Air Canada serait le principal locataire de l'édifice à bureaux, avec façade sur le rue Sainte-Catherine.En mars 1981, alors qu'il cherche des financiers pour faire progresser le projet, M.Gelber se rend à Paris où il retrouve Me Amyot.Dans la ville lumière, les deux hommes rencontrent un financier français non identifié auquel ils proposent, de toute évidence sans succès, de s'engager dans le projet.Les deux hommes poursuivent ensuite leur périple jusqu'à Rome, où M.Bernard Claude Saint-Jacques vient les rejoindre.C'est à cet endroit que les trois hommes rencontrent M.Joseph Zappia, un des quatre actionnaires des Terrasses Zarolega, les promoteurs et propriétaires du Village olympique jusqu'à ce que le gouvernement du Québec décide d'exproprier le village quelques semaines avant les Jeux.On sait que M.Zappia fait actuellement l'objet d'un mandat d'amener pour répondre à 23 accusations de fraude, d'extorsion et d'acceptation de pots-de-vin, en rapport avec la conduction du village.Selon différentes sources, M.Zappia vivrait à Abu Dhabi.Le projet est toujours en cours à l'été de 1981, donc après ce voyage en Europe de MM.Amyot, Gelber et Saint-Jacques, puisque ie 12 août, MM.Lavoie et David Pemberton-Smith, président de McLaughlin Quebec, signent un contrat par lequel les promoteurs retiennent les services de la maison A.E.LePage comme courtier immobilier du projet.Selon l'entente convenue, la société LePage doit, pour toucher sa commission de 4 p.cent, convaincre Air Canada de déménager son siège social dans l'édifice à bureaux, et veiller à ce que la Caisse de dépôt et de placements du Québec finance le projet au moins à 50 p.cent de son coût.Cinq mois plus tard, la succursale québécoise de A.E.LePage s'engage à verser 80 p.cent de la commission perçue dans ce dossier à Pierre Jolicoeur in trust, à la èondition que cette dernière société réponde elle-même aux exigences imposées à A.E.LePage Québec.M.Joseph Zappia, un des quatre actionnaires des Terrasses Zarolega.Mais le projet devait finalement être abandonné au début de 1982, faute de financement.Les « acteurs » et leurs scènes PERSONNALITÉS IMPORTANTES AMYOT/ René \u2014 Avocat de Québec et président du Conseil d'administration d'Air Canada depuis octobre 1981.DRABINSKY^ Ralph \u2014 Responsable du dossier du déménagement chez Air Canada.GELBER/ Isaac \u2014 Homme d'affaires montréalais.JOLICOEUR/ Pierre \u2014 Avocat de Québec.LAROCHELLE/ Emile \u2014 Partenaire de M.Lavoie dans la succursale québécoise de A.E.LePage.LAVOIE/ Yvon \u2014 Président de la succursale du Québec de A.E.LePage Ltée.PÊMBERTON-SMITH/ David \u2014 Président de S.B.McLaughlin Associates (Quebec) Ltd.REISMANN, Eugene \u2014 Président de First Quebec Corporation.SAINT- JACQUES/ Bernard Claude \u2014Lobbyist.STODDART, Alex \u2014 Vice*président du groupe des ressources de A.E.LePage Ltée, au siège social de Toronto.TAYLOR, Claude I.\u2014 Président directeur général d'Air Canada.SOCIÉTÉS MENTIONNÉES A.E.LePage Ltée \u2014 Maison de courtage.Fiduscom International Ltd (Bahamas) \u2014 Société dont M.Gelber serait un des principaux actionnaires.First Quebec Corporation \u2014 Promoteur du projet de l'avenue McGill College.Pierre Jolicoeur in trust \u2014 Compte en fiducie, propriété de plusieurs individus.Place Air Canada \u2014 Ex-place Beaver Hall.Place Beaver Hall \u2014 Édifice appartenant à la société Trizec.Place Mont-Royal \u2014 Proiet de $257 millions moussé par S.B.McLaughlin Associates (Quebec) Ltd, Marine Equities Ltd et Isaac Gelber.Trizec Corporation Ltd \u2014 Promoteur immobilier.ciété A.E.LePage devait toucher dans cette transaction.Le document était signé par M.Lavoie et Me Pierre Jolicoeur, avocat de Québec.Notons au sujet de ce dernier que le 7 juillet 1982, le gouvernement fédéral ordonnait au shérif du district judiciaire de Québec, de vendre aux enchères les biens meubles et immeubles au domicile du 2025, rue Brûlart, à Québec, en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu, pour une facture impayée de $11 279,31, en rapport avec la déclaration de 1980.Le 9 mai dernier, le bureau du shérif fixait au 21 juin 1983 la vente des dits biens de Me Jolicoeur, et établissait la mise à prix à $33 000, soit 25 p.cent de TévaluaMon de l'immeuble.Pour revenir au compte Pierre Jolicoeur in trust, on connaît au moins trois de ses propriétaires, soit Me Jolicoeur, le lobbyist Bernard Claude Saint-Jacques et l'homme d'affaires montréalais Isaac Gelber.Et toujours le 8 août, First Que-bec signait avec la société Fiduscom Intrenational Ltd, des Bahamas, une entente selon laquelle les deux devenaient partenaires égaux dans le projet de l'avenue McGill College.L'entente précisait également que le contrat de courtier en immeubles devait aller à A.E.LePage Québec.Enfin, l'entente devenait inopérante de consentement commun dans l'éventualité où Air Canada n'accepterait pas de devenir le principal locataire du projet de First Quebec.Huit jours plus tard, c'était la rupture alors que M.Reismann, de First Quebec, mettait fin à l'entente.L'entrée en scène de LePage Mais revenons à l'intrigue principale.Nous nous retrouvons donc au 12 août 1982.à cette date-là, A.E.LePage Québec se voit confier le mandat d'évaluer les deux projets convoités par Air Canada.On aura noté que ce mandat survient 10 jours après la lettre adressée à M.Lavoie par M.Reismann.A.E.LePage aurait peut-être dû refuser le mandat à cause d'un risque de conflit d'intérêts, d'autant plus que M.Taylor, pdg d'Air Canada, avait pris la peine de s'assurer auprès de LePage que rien n'empêchait cette dernière de jouer son rôle; mais rien ne permet de croire que le siège social de A.E.LePage était au courant de toutes les démarches de sa filiale québécoise.Cette remarque est d'autant plus pertinente qu'à peine quatre jours plus tard, donc le 16 août, M.Lavoie, de A.E.LePage Québec, mentionne dans une lettre adressée à Fiduscom (on se demande bien pourquoi), qu'à son point de vue tout au moins, Air Canada devrait s'installer avenue McGill College.La démarche de M.Lavoie est plus facile à comprendre dès qu'on sait que MM.Gelber et Lavoie avaient participé à un autre projet, connu sous le nom de place Mont-Royal, et traité dans un autre texte.Toujours est-il que le 1er septembre, A.E.LePage Québec soumet un premier rapport, qui effectivement favorise le projet First Quebec au détriment de place Beaver Hall.Ce rapport était-il final comme l'affirme Me Amyot?S'agissait-il plutôt d'un premier jet susceptible de subir des transformations aussi importantes que celle 4 d'un changement radical d'orientation comme le prétend M.Taylor?Le mystère reste entier à ce sujet, d'autant plus que Me Amyot, président du Conseil d'administration, et M.Taylor, pdg de l'entreprise, se sont contredits sur le sujet devant le Comité des transports lors de leur comparution le 5 mai.Cette contradiction explique en partie l'existence de l'enquête actuellement en cours à la demande expresse du ministre fédéral des Transports, M.Jean-Luc Pépin.Cette enquête de la Gendarmerie royale du Canada a été marquée par une série de perquisitions au domicile et aux bureaux de Me Amyot, le 21 avril.Quoi qu'il en soit, le Conseil d'administration, moins Me Amyot (il prétend en avoir été écarté volontairement) décide de demander à A.E.LePage de soumettre un autre rapport.Et M.Taylor a affirmé à ce sujet qu'aucune règle du jeu n'a été changée, ce que conteste Me Amyot.Le deuxième rapport de LePage Préparé cette fois par le siège social de A.E.LePage, à Toronto, sous la surveillance de M.Alex Stoddart, ce deuxième rapport recommande l'édifice place Beaver Hall.Parmi les facteurs qui ont milité en faveur de ce projet et dont on ne tenait pas compte dans le premier raport, on note le fait que l'édifice de l'avenue McGill College n'en était toujours qu'à l'état de projet, d'où possibilité que la construction ne soit pas terminée à temps pour le déménagement à la fin du bail en 1985.On souligne aussi l'avantage de déménager dans un édifice dont le propriétaire \u2014 Trizec \u2014 serait le même qu'à la place Ville-Marie.Cette décision ne plait pas à Me Amyoi, et le 27 octobre, il écrit au ministre Pépin pour lui dire qu'il favorise plutôt le projet First Quebec, d'une part parce qu'Air Canada économiserait de $2,5 à $5 millions avant taxes, et d'autre part parce qu'au plan politique, ce projet permettrait de créer des emplois.Nouveau rebondissement inattendu: une semaine plus tard, M.Reismann avisait Air Canada qu'à cause des longs délais dans la prise de décision, First Quebec se retirait de la course.En conclusion, le 9 décembre 1982, le Conseil d'administration approuvait à l'unanimité (Me Amyot compris) qu'on déménagerait à place Air Canada (explace Beaver Hall) en septembre 1983 dans les dix étages supérieurs acquis en copropriété au coût de $30 millions.Une semaine plus tard, MM.Gelber et Saint-Jacques suggéraient au Vérificateur général du Canada de faire enquête sur ce déménagement, en faisant valoir qu'Air Canada aurait pu économiser $10 millions si la société de la Couronne avait choisi First Quebec.Le choix du nouveau siège social est maintenant chose du passé, mais le dossier est loin d'être fermé.Au contraire, on peut raisonnablement s'attendre à d'importants rebondissements au cours des prochaines semaines.DEMAIN: L'affaire des $500 mimons. LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 JUIN 1983 JLEMONDEL.Ai » ENVOI D'UNE ÉQUIPE MÉDICALE MILITAIRE Salvador: nouveaux artisans mais politique inchangée, selon Shultz d'après AFP, Reuter, PA Le secrétaire d'Etat George Shultz a affirmé hier que la politique des Etats-Unis face à la» crise en Amérique centrale était inchangée, en dépit du remplacement de deux de ses principaux artisans.De son côté, le président Reagan annonçait l'envoi au Salvador d'une équipe médicale militaire d'une vingtaine de personnes pour faire face à une situation qualifiée d'accablante par la Maison Blanche.Au cours d'une brève conférence de presse entièrement consacrée aux problèmes d'Amérique centrale, M.Shultz a déclaré que «nbtre nouvelle équipe pour l'Amérique centrale est maintenant prête et notre politique demeure inchangée».Il a annoncé la nomination d'un diplomate de carrière de 51 ans, Mj Thomas Pickering, comme nouvel ambassadeur des USA au Salvador.M.Pickering, actuellement ambassadeur au Nigeria, remplacera M.Deane Hinton.M.Shultz a tenu à rendre hommage aux efforts entrepris au cours des deux dernières années* par M.Thomas Enders, qui vient d'être remplacé par M.Langhorne-Motley au poste de secrétaire d'Etat adjoint aux affaires interaméricaines, ainsi qu'à M.Hinton.Le secrétaire d'Etat a également qualifié d'importante la mission qu'a entreprise hier en Amérique centrale le nouvel ambassadeur itinérant américain popr la région, M.Richard Stone.Celui-ci a quitté Washington pour une mission de 12 jours dans 10 pays d'Amérique centrale, dont le Nicaragua, où il s'entretiendra avec des responsables du gouvernement sandiniste, a rappelé M.Shultz.M.Shultz a réaffirmé les grandes lignes de la politique du gouvernement américain face au conflit en Amérique centrale, créé selon lui par l'exportation de la révolution par le Nicaragua «avec l'aide et l'encouragement de l'URSS et de Cuba.Cette politique, a-t-il précisé, demeure fondée sur quatre principes de bases: encourager le développement économique de la région; soutenir les institutions démocratiques; aider les pays alliés et amis des Etats-Unis à ériger un rempart solide contre les tentatives de déstabilisation; soutenir un règlement politique au Salvador et promouvoir la recherche de solutions régionales en Amérique centrale.Le secrétaire d'Etat a démenti, en réponse à une question, que le remplacement de M.Enders ait été motivé par un quelconque désaccord au sein du gouvernement américain sur la conduite de la politique des USA en Amérique centrale.«Il n'est nullement inhabituel qu'un diplomate change d'affectation à peu près tous les deux ans.Nous ne pouvcons pas demander à quelqu'un de rester indéfiniment au même poste», a dit M.Shultz.En annonçant de son côté l'envoi au Salvador d'une équipe mé- Euromissiles: l'OTAN réaffirme sa décision BRUXELLES (AP-AFP) \u2014 Au terme de deux jours de réunion, les ministres de la Défense de l'OTAN réunis à Bruxelles ont réaffirmé bier leur volonté de déployer d'ici la fin de l'année 572 nouveaux missiles américains en Europe occidentale pour faire face aux SS-20 et aux missiles soviétiques de moindre portée, conformément à la décision prise en décembre 1979.Cette volonté commune \u2014 entachée par le vote d'une motion hostile au déploiement des missiles au Danemark par le Folketing la semaine dernière et par un refus grec \u2014 constitue une victoire pour la Maison-Blanche, qui attend du déploiement de 572 \"Pershing II\" ou \"Cruise\" une accélération des négociations de Genève avec l'URSS.Les plans de l'OTAN ne prévoyaient pas d'installer des missiles au Danemark ou en Grèce.Le secrétaire général de l'OTAN, M.Joseph Luns,a néanmoins regretté ces failles dans la cohésion du pacte atlantique, qui pourraient être interprétées comme des faiblesses à Moscou.Le gouvernement danois, qui n'est pas tenu de se plier à la motion adoptée par son parlement, continue à soutenir îe déploiement des missiles.En revanche, le gouvernement grec a refusé de signer le passage consacré au déploiement des missiles dans la déclaration finale de l'OTAN.Les premières fusées seront installées en Grande-Bretagne, en RFA et en Italie.D'autres suivront au Pays-Bas et en Belgique, qui pourraient mettre des pas de tir à la disposition de l'OTAN d'ici la fin de la décennie.Dans le domaine des armes conventionnelles, les ministres européens n'ont en revanche pas suivi les désirs de Washington, à cause des contraintes financières qui résultent de la crise économique.Le secrétaire américain à la Défense M.Caspar Weinberger souhaitait que les dépenses militaires des pays signataires croissent au rythme de trois pour cent par an.L'Espagne, dont le gouvernement socialiste compte revoir l'appartenance de son pays à l'OTAN, a réservé sa position sur l'ensemble du communiqué.DÉPÊCHES POLOGNE: plusieurs milliers de Varsoviens ont applaudi hier le cardinal primat Jozef Glemp quand il a dénoncé les «violations de la dignité humaine» dans une homélie prononcée en plein air à l'occasion de la procession de la Fête Dieu.Le primat a évoqué la discrimination envers ceux qui restent attachés à des syndicats non reconnus et a dénoncé la «pédagogie des coups et blessures» appliquée notamment à l'égard des jeunes gens.FRANCE: le gouvernement français a catégoriquement refusé la proposition du parti communiste d'une participation de la France à la conférence de Genève sur le désarmement.La négociation doit avoir lieu entre les deux puissances mondiales surarmées et il n'est pas question que la France envisage de s'associer à cette conférence, a dit M.Max Gallo, porte-parole du gouvernement.Il a également adressé une mise en garde à peine voilée au secrétaire générai du PCF, M.Georges Marchais, en déclarant: «À trop jouer avec les cactus, on peut se piquer».GRÈCE: des centaines de milliers de syndicalistes grec: de tous secteurs ont observé hier un arrêt de travail de 24 heures pour protester contre une nouvelle loi qui restreint, selon eux, le droit de grève des fonctionnaires.Selon le porte-parole du comité des grévistes, le mouvement a été suivi par près d'un million de personnes, soit un tiers des travailleurs citadins.CHILI: le président Augusto Pinochet a .fustigé durement ceux qui, selon lui, désirent profiter de l'actuelle situation économique du Chili en ayant recours à la violence.Il a aussi critiqué ceux qui affirment qu'il n'y a ni démocratie ni dialogue au Chili, en affirmant qu'il prenait des petits déjeuners avec les dirigeants syndicaux, les dames des oeuvres de bienfaisance, les travailleurs et les corps de métier.PACIFISTES: plus de 500 manifestants antinucléaires ont été arrêtés depuis le début de leur tentative d'obstruction d'une base de bombardiers nucléaires américains, il y a trois jours.Plus de 240 manifestants ont été arrêtés hier devant la base d'Upper Heyford, venant ainsi grossir les rangs des 299 arrêtés au cours des deux jours précédents.BELGIQUE: les funérailles nationales du prince Charles, comte de Flandre, oncle du roi Baudouin, décédé mercredi soir, auront lieu mardi prochain à Bruxelles, dans l'église Saint-Jacques.Elles seront suivie de l'inhumation dans la crypte de l'église Notre-Dame à proximité du palais de Laeken, résidence des souverains dans la banlieue de Bruxelles.Le prince Charles, âgé de 78 ans, avait assumé la régence du royaume de 1944 à 1950 pendant l'exil de son frère, le roi Leopold III, père de Baudouin, condamné par son peuple pour être resté en Belgique sous l'occupation allemande.SOLITUDE?m Club de rencontre ; Les amis des arts 842-3903- Awdrty fylon LE RÉGIME PLAN FIBRES f»OUR MAICWIH RAPIDEMENT FT VIVRE PtUf.LONGTEMPS TRÈS EFFICACQ SI VC US NE MAJQRIttEZ PAS RETOtftNEZ LE LIVRE A L'ÉDITEUR.IL VOUS L£ REMBOURSERA! ¦ '(Éditions Stanké) '4 M.Shultz annonce la nomination de Thomas Pickering comme ambassadeur au Salvador et de Langhorne Motley (à droite), comme sous-secrétaire d'État pour les affaires latino-américaines, téléphoto UPI dicale militaire, le président Reagan a précisé que cette décision sera soumise à l'approbation du Congrès.Il s'agit exclusivement d'une démarche humanitaire, a insisté le porte-parole de la Maison Blanche, M.Larry Speakes, ajoutant que les USA ne resteront pas les bras croisés alors que la souffrance humaine est si grande au Salvador.M.Speakes a précisé que les hôpitaux salvadoriens sont bondés et qu'ils manquent de personnel qualifié.Ces spécialistes ne seront pas envoyés dans les zones de combat et ne seront pas armés, du moins dans la capitale, a ajouté M.Speakes.Cette équipe médicale ne fera pas partie du contingent de conseillers militaires déjà au Salvador et dont le nombre a été fixé à 55.Elle comprendra au moins un tiers de médecins, mais aussi des infirmiers et des spécialistes des problèmes de logistique appartenant au service de santé des forces armées américaines.Elle aura pour mission de former des cadres salvadoriens et de soigner des malades civils et militaires.On a par ailleurs appris que plus d'une centaine de «bérets verts» se rendront au Honduras dans environ deux semaines pour y entraîner des soldats salvadoriens.Une dizaine d'instructeurs sont déjà sur place pour préparer le programme d'entrainement prévu sur plusieurs mois, à partir de la mi-juin.Campagne israélienne d'arrestations dans le sud du Liban i.1 i.d'après AFP, Reuter L'armée israélienne mène depuis 10 jours au Liban-Sud la plus vaste opération d'arrestations depuis les grandes rafles qui avaient suivi l'entrée des troupes israéliennes il y a un an, rapportaient hier les correspondants de presse dans la région.Ces arrestations et gardes à vue à fin d'enquête ont touché depuis 10 jours 250 Libanais et Palestiniens, dont une partie a été relâchée.Ces personnes appartiennent à toutes les catégories professionnelles, avec notamment des avocats, un ingénieur, un maître d'école, l'assistant du maire de Sarafand, précisent les correspondants.Selon les informatins publiées par plusieurs journaux libanais, 48 personnes touchées par ces arrestations ont été récemment internées dans le camp de prisonniers d'Al Ansar, au Sud-Liban, alors que des dizaines de suspects sont gardés dans plusieurs centres militaires, notamment au siège du gouverneur militaire de Saida.Selon Radio-Liban, les arrestations se sont étendues hier à la partie de la plaine de la Be-kaa sous contrôle israélien, où 8 personnes ont été arrêtées dans le village de Qaraoun et 14 dans celui de Ain Arab.Ces arrestations, qui se font en général de nuit, ont créé une atmosphère de peur dans la ville de Saida, paralysant l'activité économique et entraînant un exode des jeunes vers Beyrouth.Selon des sources policières libanaises, près de 50 femmes, en majorité palestiniennes, sont détenues dans une prison de femmes installée récemment dans la ville de Nabatiyeh.Une dizaine de notables, dont le député de la ville de Saida, M.Nazih Berri, ont lancé hier un appel à l'opinion arabe et internationale pour intervenir afin de mettre un terme aux mesures israéliennes.Ces arrestations interviennent après îa recrudescence des attendats dirigés contre l'armée israélienne au Sud-Liban.Selon les correspondants, pour le seul mois de mai, 33 opérations ont été lancées contre les forces israéliennes au Sud-Liban, faisant huit tués et 33 blessés.Cependant, la Syrie a accusé hier les dirigeants américains de «vivre dans un rêve» et affirmé qu'elle ne reviendra pas sur son refus de s'associer à l'accord israélo-libanais sur le retrait des troupes du Liban.Il ne peut y avoir de marchandage sur la décision de la Syrie de rejeter l'accord, disait un commentaire diffusé par la radio de Damas.Ce dernier refus syrien a eu lieu quelques heures après le retour du président Hafaz Al-Assad d'une visite en Libye.Le numéro un libyen, le colonel Kadhafi, a d'ailleurs lancé hier un nouvel appel à la résistance contre l'accord israélo-libanais et a déclaré que son pays est prêt à fincner, équiper et entraîner les combattants en lutte contre cet accord.Kadhafi a par ailleurs critiqué la direction actuelle de l'OLP pour «n'avoir pas su régler lé problème palestinien».De son côté, le ministre israélien des Affaires étrangères, M.Shamir, a déclaré à Bruxelles que son gouvernement n'atteti-drait pas indéfiniment que la Syrie en vierine à retirer ses troupes du Liban.Mais il a ajouté qu'Israël n'avait pas fixé de date limite à Damas.Si la Syrie persiste dans son refus, plusieurs options se présenteraient à Israël, a-t-il ajouté, notamment un redéploiement de ses forces au Liban, qui serait décidé après des consultations avec le gouvernement libanais et les États-Unis.Par contre, le parti travailliste israélien a réclamé hier un retrait immédiat des forces israéliennes de ses positions avancées au Liban et leur remplacement par le contingent multinational actuellement déployé à Beyrouth.Ce retrait partiel devrait être suivi dans les trois mois par une évacuation complète du Liban, estime l'exécutif du parti.«Il faut au plus vite procéder à une séparation des forces syriennes et israéliennes au Liban afin d'éviter une conflagration incontrôlable», a dit M.Shimon Peres.v - I ; I l I i i 1 i ! \u2022i i- i ['«< 91 ' *!
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